Le Fonds monétaire international (FMI)
est une institution internationaleregroupant 189 pays, dont le but est de « promouvoir la
coopération monétaire internationale, garantir la stabilité financière, faciliter les échanges
internationaux, contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et faire
reculer la pauvreté1 ».
Le FMI a ainsi pour fonction d'assurer la stabilité du système monétaire international (SMI)
et la gestion des crises monétaires et financières. Pour cela, il fournit des crédits aux pays
qui connaissent des difficultés financières mettant en péril l'organisation gouvernementale
du pays, la stabilité de son système financier (banques, marchés financiers) ou les flux
d'échanges de commerce international avec les autres pays.
Lors d'une crise financière, pour éviter qu’un pays ne fasse « défaut » (c’est-à-dire que ce
pays ne puisse plus rembourser ses créanciers, voire ne plus payer ses dépenses
courantes), le FMI lui prête de l’argent le temps que la confiance des agents
économiques revienne. Le FMI conditionne l’obtention de prêts à la mise en place de
certaines réformes économiques visant en principe à réguler la gestion des finances
publiques (ingérence financière) et à établir une croissance économique équilibrée à long
terme.
L'institution a été créée en 1944 et devait à l'origine garantir la stabilité du système
monétaire international, dont l'écroulement après le krach de 1929 avait eu des effets
catastrophiques sur l'économie mondiale. Après 1976 et la disparition d’un système de
change fixe, le FMI perd l'essentiel de sa raison d'être et hérite d'un nouveau rôle face aux
problèmes d'endettement des pays en développement et à certaines crises financières.
Le FMI est né en juillet 1944 lors de la conférence de Bretton Woods afin d'essayer de
garantir la stabilité du système monétaire international de l’après Seconde Guerre mondiale.
L'objectif était d'empêcher les grandes économies mondiales de retomber dans la situation
des années 1930, où les dévaluations de monnaie et les décisions de politique économique
unilatérales avaient aggravé les tensions internationales.
Le nouvel ordre économique proposé par le représentant américain Harry Dexter
White reposait sur trois règles :
Chaque État devait définir sa monnaie par rapport à l’or, ou au dollar américain lui-même
convertible en or. Il en découlait pour chaque monnaie une parité officielle en or ou en
dollar (système dit d’« étalon de change-or » ou « gold exchange standard »).
la valeur des monnaies sur le marché des changes ne devait fluctuer que dans une
marge de 1 % par rapport à leur parité officielle.
chaque État était chargé de défendre cette parité en veillant à équilibrer sa balance des
paiements.
Le rôle du système monétaire international est donc de promouvoir l’orthodoxiemonétaire
afin de maintenir un contexte favorable à l’essor du commerce mondial, tout en accordant
des prêts à certains pays en difficultés dans le contexte de la reconstruction d’après guerre.
Le FMI est plus ou moins complémentaire des autres grandes institutions économiques
créées à l’époque : la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le
développement, aussi appelée Banque mondiale) qui fut créée en même temps que le FMI,
et le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) signé peu de temps après.
Lors des négociations de Bretton Woods, le représentant britannique, l’économiste John
Maynard Keynes, souhaitait la création d’une institution bien plus importante, une véritable
Banque centrale mondiale destinée à émettre une monnaie internationale, le « Bancor ».
Cette proposition fut rejetée. Elle aurait signifié pour les États-Unis une perte de
souveraineté vis-à-vis d’une institution internationale et les aurait empêché de profiter de la
position dominante du dollar américain à l’époque.