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Taxe sur la Valeur Ajoutée au Burkina

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Taxe sur la Valeur Ajoutée au Burkina

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1

FISCALITE DE LA DEPENSE OU DE LA CONSOMMATION

Il s’agit essentiellement des impôts indirects dont on dit qu’ils frappent le revenu au moment
de leur utilisation. C’est pour cette raison qu’ils prennent l’appellation d’impôts sur la
dépense ou impôts sur la consommation.
2

CHAPITRE I : LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE


La Taxe sur la Valeur Ajoutée communément appelée T.V.A est un impôt indirect sur la
consommation et les investissements qui est directement facturé aux clients sur les biens
qu’ils consomment ou sur les services qu’ils utilisent. C’est un impôt général sur la dépense
qui s’applique aux livraisons de biens et aux prestations de services situés sur le territoire
Burkinabé. Comme son nom l’indique, la T.V.A ne porte que sur la valeur ajoutée, c.-à-d. la
marge brute du commerçant ou de l’industriel qui intervient dans le circuit économique. La
TVA est un impôt de consommation intérieure dont le montant est incorporé dans le prix de
vente de la marchandise ou du service et supporté par le consommateur. C’est dire qu’en
définitive, la TVA est supportée par le consommateur final puisqu’elle est incluse dans le prix
de vente des produits ou des services qu’il utilise. La TVA n’est donc pas à la charge de
l’entreprise contrairement à ce que veulent faire croire nombre de commerçants. Elle est
perçue à chaque étape du circuit économique.
La TVA occupe une place importante dans le dispositif de la Direction Générale des Impôts
puisqu’à elle seule, elle représente 35 à 40% des recettes fiscales totales.

Section I: champ d’application

Paragraphe 1 : Les opérations imposables, les personnes imposables et la territorialité.

1. Les opérations imposables


Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) les affaires faites au Burkina Faso par
des personnes physiques ou morales assujetties qui, habituellement ou
occasionnellement, accomplissent des actes relevant d’une activité autre que salariée.
Par affaire, il faut entendre toute opération réalisée entre deux personnes juridiques
distinctes moyennant une contrepartie en espèces ou en nature, quels que soient les buts
recherchés ou les résultats obtenus.
Les agences, succursales, bureaux, établissements situés à l’étranger sont assimilés à des
personnes juridiques distinctes.
Aux termes de l’article 298 du CGI, constituent des affaires imposables :
1) Les livraisons de biens
Par livraison de biens, il faut entendre toute opération ayant pour effet de transférer la
propriété de biens matériels et immatériels à des tiers et réalisée aux conditions de
livraison définies à l’article 304, que ces biens soient ou non fabriqués par celui qui
effectue l’opération.
3

Sont notamment assimilées à des livraisons de biens :


• les fournitures d’eau, d’électricité et de gaz ;
• les ventes à tempérament ou ventes à crédit ;
• la transmission de biens effectuée en vertu d’un contrat de commission à l’achat ou à la
vente.
2) Les travaux immobiliers
Par travaux immobiliers, il faut entendre :
• tous les travaux exécutés par les différents corps de métier participant à la
construction, à la rénovation, à l’entretien et à la réparation de bâtiments et d’ouvrages
immobiliers ;
• les travaux publics ;
• les travaux de chaudronnerie de bâtiments et de constructions métalliques ;
• les travaux de démolition ;
• les travaux accessoires ou préliminaires à des travaux immobiliers.
3) Les prestations de services
Par prestation de services, il faut entendre toute opération qui ne constitue pas une
livraison de biens effectuée entre deux personnes juridiques distinctes et comportant une
contrepartie en espèces ou en nature, notamment :
• les concessions de biens incorporels ;
• les locations de fonds de commerce ;
• les locations de biens meubles ou immeubles ;
• les opérations d’entremise ;
• les opérations de banque, d’assurance et de réassurance ;
• les travaux à façon ne relevant pas des actes de production ;
• les opérations d’entretien et de réparation de biens meubles ;
• les ventes à consommer sur place ;
• les opérations de tourisme, d’hôtellerie et de restauration ;
• les activités de spectacles et de divertissement ;
• les opérations de transport ;
• les fournitures de télécommunication ;
• les opérations réalisées par les professions libérales.
Sont également passibles de la TVA :
1) Les importations
4

Par importation, il faut entendre le franchissement du cordon douanier au Burkina Faso pour
la mise à la consommation qu’il s’agisse de marchandises provenant de l’extérieur ou placées
jusqu’alors sous un régime douanier suspensif.
Sont assimilées à des importations :
• les prestations de services rendues par des non-résidents ;
• les acquisitions de biens immatériels acquis auprès de non-résidents.
2) Les opérations de transformation de produits agricoles et piscicoles et toutes autres
opérations, réalisées par les agriculteurs, les pêcheurs, leurs coopératives ou leurs unions de
coopératives, qui en raison de leur nature ou de leur importance sont assimilables à celles
réalisées par les industriels et les commerçants, que les opérations constituent ou non le
prolongement de l’activité agricole ou piscicole.
3) Les livraisons de biens, de prestations de services ou de travaux qu’un assujetti se fait à lui-
même(LASM) :
• a) pour les besoins de son exploitation s’il s’agit de biens extraits, fabriqués,
transformés ou construits, de services ou de travaux et si ils concourent à la
réalisation d’affaires portant :
- sur des biens autres qu’immobilisations et services, non imposables ou imposables lorsque
le droit à déduction de la taxe afférente aux biens, travaux ou services peut faire l’objet d’une
exclusion ou d’une limitation ;
- sur des immobilisations.
• b) pour les besoins autres que ceux de son exploitation notamment pour ses besoins propres,
les besoins de son personnel ou les livraisons à titre gratuit au profit des tiers, lorsque les
biens, travaux ou services ont ouvert droit à déduction.
Les retraits d’immobilisations de l’actif d’une entreprise pour les porter dans le patrimoine
privé de l’exploitant ne sont pas soumis à la TVA mais sujets à la régularisation visée à
l’article 332.
4) D’une manière générale, toute activité lucrative autre que les emplois salariés.
2. Les personnes imposables(les assujetties)
Sont assujetties à la TVA, les personnes physiques ou morales qui réalisent des affaires
imposables et relevant du régime d’imposition du réel normal.
L’État, les collectivités territoriales et leurs établissements publics sont assujettis de plein
droit à la TVA pour leurs activités à caractère industriel ou commercial.
Sont assujettis à la TVA par option, les exploitants agricoles, les planteurs, les éleveurs, les
sylviculteurs et les pêcheurs, quel que soit leur chiffre d’affaires annuel.
5

L’option est irrévocable et prend effet à compter du premier jour du mois au cours duquel elle
est exercée.
Lorsqu’un redevable n’est pas domicilié au Burkina Faso, il doit faire accréditer auprès d’un
service des impôts, un représentant domicilié au Burkina Faso qui s’engage à remplir les
formalités incombant à ce redevable et à acquitter la taxe à sa place.
À défaut, la taxe et le cas échéant les pénalités, sont exigées de la personne destinataire de
l’opération imposable.

3. La Territorialité
Sont soumises à la TVA, les opérations réalisées au Burkina Faso, non comprises dans
la liste des exonérations prévues aux articles 307 et 308, même lorsque le domicile ou le siège
social du redevable réel est situé en dehors des limites territoriales du Burkina Faso.
Le lieu d’une livraison de bien est réputé situé au Burkina Faso dès lors que le bien s’y trouve
au moment de la livraison.
En cas de transport du bien, le lieu de livraison du bien est réputé situé au Burkina Faso au
moment du départ de l’expédition ou du transport à destination de l’acquéreur.
Si le bien fait l’objet d’une installation ou d’un montage par le fournisseur ou pour son
compte, le lieu de la livraison est réputé se situer à l’endroit où est fait l’installation ou le
montage.
Les prestations de services sont imposables au Burkina Faso lorsqu’elles y sont exécutées.
Toutefois, lorsque la prestation, bien qu’exécutée dans un autre pays, est utilisée ou exploitée
au Burkina Faso, l’imposition est faite au Burkina Faso.
Les prestations de services exécutées au Burkina Faso mais utilisées dans un autre pays sont
assimilées à des exportations de services et ne sont pas imposables au Burkina Faso.
Le lieu d’imposition des prestations de services est réputé se situer :
- pour les prestations de services se rattachant à un bien immeuble, à l’endroit où le
bien est situé ;
- pour les prestations de nature artistique, culturelle ou sportive, au lieu où elles se sont
matériellement déroulées.
Le lieu d’imposition des travaux immobiliers est situé au Burkina Faso lorsque ceux-ci y sont
effectués.
Les commissions sont réputées perçues au Burkina Faso à l’occasion des ventes de
titres de transport par les agences de voyage immatriculées au Burkina Faso, quel que soit la
destination ou le mode de transport ou le siège de la société de transport.
6

Paragraphe 2 : Le fonctionnement de la TVA

Le fonctionnement de la TVA repose sur deux mécanismes : la TVA collectée ou TVA brute
à laquelle on soustrait la TVA déductible. En effet, le principe veut que chaque intermédiaire
(industriel, commerçant, prestataire, ….) collecte sur son client la TVA lorsqu’il vend des
produits et des services (TVA collectée) et déduit de celle-ci la TVA qu’il a lui-même payé
lorsqu’il a acheté des produits et des services en amont à son propre fournisseur (TVA
déductible) et qu’il reverse le solde à la recette des impôts dont il dépend (TVA nette).

1. La T.V.A brute ou T .V.A collectée


La T.V.A brute ou TVA collectée est la T.V.A que le commerçant ou l’entrepreneur facture à
ses clients relativement à ses opérations de vente, de prestations de services ou de travaux
immobiliers. C’est le point de départ du mécanisme de la T.V.A. Le tableau suivant nous
donne un bref aperçu sur le mécanisme de la TVA.

RUBRIQUES Fait générateur Exigibilité


Ventes ou livraison de Délivrance du bien Délivrance du bien ou
biens facturation
Prestations de services Date d’exécution Date d’encaissement
ou Travaux immobiliers de la prestation (réception d’avances ou
acomptes ou règlement des
factures)
Livraisons à soi-même 1ère utilisation 1ère utilisation
Importations Dédouanement Dédouanement

Rappel :
Le taux de la TVA au Burkina Faso est fixé à 18%. Ce taux s’applique à des bases hors taxes
Par exemple, si le taux de la TVA est de 18%, le prix TTC sera de 18% supérieur au prix HT.
La détermination de la base H.T à partir de la base T.T.C se fait à partir d’un coefficient
&=1/1,18
T.T.C = H.T + 18%H.T
= H.T (1+18%)
= H.T (1+0,18)
= 1,18 H.T
TTC = 1,18HT HT = TTC/1.18 = 1/1,18TTC
7

2. La T.V.A Récupérable ou T.V.A déductible


Les assujettis à la TVA bénéficient de la possibilité de déduire la TVA qu’ils ont supportée
sur leurs achats de biens ou de services nécessaires à leurs activités. Ce mécanisme a été mis
en place afin que la TVA reste neutre pour les entreprises assujetties de manière à ne pas
rajouter une charge fiscale temporaire et surtout pour que cette taxe porte effectivement sur la
valeur ajoutée.
Si l’entreprise doit collecter la TVA sur les ventes qu’elle réalise, elle a le droit de déduire la
TVA que lui facturent ses fournisseurs. Pour en bénéficier, il faut réunir un certain nombre de
conditions :
- être justifiée par des factures relatives aux achats donnant lieu à déduction. La
facture doit être normalisée et comporter plusieurs mentions obligatoires dont les plus
importantes sont : le Prix HT, le montant de la TVA, le taux appliqué. En outre, la facture doit
correspondre à une opération réelle ;
Pour bénéficier de cette déduction, la condition la plus importante est d’être redevable de la
TVA. De plus, la TVA n’est déductible que si les biens concernés sont affectés à la
production ou au fonctionnement de l’exploitation.
En gros, la T.V.A déductible est la T.VA que l’entreprise supporte lors de ses achats. Cette
T.V.A déductible constitue la pièce maîtresse du mécanisme de T.V.A. C’est la T.VA
déductible qui explique la neutralité de la T.V.A dans le circuit économique. En principe,
cette T.V.A est déductible en totalité sur la T.V.A brute facturée, sauf exception.
N.B : Du fait de sa déductibilité, la TVA n’est ni une charge, ni un produit pour
l’entreprise, de fait elle est neutre pour l’entreprise.

3. La T.VA nette à payer


Tous les mois, l’entreprise reverse au service des impôts de rattachement la TVA qu’elle a
collectée auprès de ses clients. Elle déduit la TVA qu’elle a payée à ses fournisseurs et reverse
la différence au service des impôts. Quand le montant de la TVA collectée est supérieur au
montant de la TVA déductible, on parle de TVA nette à payer. En revanche, si la TVA
déductible est plus importante que la TVA collectée, l’entreprise a ce qu’on appelle un crédit
TVA.
Deux solutions s’offrent alors à elle :
-Soit le crédit TVA sera déduit de la TVA à reverser sur la prochaine déclaration ;
-Soit, l’entreprise peut demander aux impôts de lui rembourser ce crédit (cas des entreprises
exportatrices ou celles qui font de gros investissements).
8

La T.V.A nette est par définition la T.V.A à payer au trésor. C’est la matérialisation de la
dette fiscale.
La formule suivante peut être retenue : T.V.A nette = T.V.A brute - T.V.A déductible.

Remarque :
** Si Résultat> 0, Il y a une TVA à reverser car TVA brute > TVA
déductible (Ce que tu as collecté dépasse ce que tu as déduit, reverse donc la différence
aux impôts)
** Si Résultat < 0, Il y a un Crédit TVA car TVA déductible >
TVA brute (Ce que tu as déduit dépasse ce que tu as collecté, tu es donc en crédit TVA)

Récapitulatif :
La collecte de la TVA se fait de manière fractionnée par les entreprises assujetties. Chaque
entreprise qui ajoute de la Valeur à un produit ou à un service, quelle que soit la nature de cet
ajout (production, stockage ou distribution), collecte de la TVA incluse dans son prix TTC et
la reverse à l’Etat. Chaque entreprise qui achète elle-même d’autres produits ou services pour
ajouter par son activité de la valeur à ses produits, déduit cette TVA déjà versée par
l’entreprise fournisseur de ce qu’elle versera à l’Etat au titre de sa propre TVA collectée. Ce
mécanisme s’appelle la récupération de la TVA sur les achats.
Les entreprises fonctionnent donc globalement en Hors Taxes. Quant au consommateur final
qui n’est pas autorisé à récupérer cette TVA, il paie ses achats en TTC et donc paie cet impôt
indirect en payant ses achats. C’est donc dire que la TVA est supportée en définitive par le
consommateur final puisqu’elle est incluse dans le prix de vente des produits ou des
services.

Paragraphe 3 : Obligations et sanctions

* Obligations :
 Faire une déclaration d’existence lors de la création de son entreprise ;
 Tenir une comptabilité régulière en français ;
 Fournir des factures détaillées aux clients faisant apparaître notamment le prix Hors
TVA, le taux et le montant de la TVA, et le numéro d’identification à la TVA du
vendeur ou du prestataire ;
9

 Déclarer mensuellement (R.N) son chiffre d’affaires et payer spontanément la Taxe y


afférente auprès du Receveur des Impôts lors du dépôt des déclarations de TVA.
Depuis avril 2018, la téléprocédure permet aux contribuables d’effectuer les déclarations et
les paiements en ligne à travers une plateforme en ligne.

* Sanctions
 Défaut de déclaration d’existence = 100 000 F CFA
 Défaut de déclaration de T.V.A ou déclaration tardive (pénalités=25% des droits dus
sans être inférieur à 50 000 FCFA.
 Facturation illégale de T.V.A, pénalités = 200% du montant illégalement
facturé.
 Obligation de régler ses achats par chèque pour tout achat dont le montant est
supérieur ou égal à 100 000 FCFA sous peine de pénalité = 50% du montant des
achats.

Section II La gestion de la T.V.A

Paragraphe 1 : Application de la réglementation en matière de TVA collectée

o le champ d’application : recenser les opérations imposables (taxables)


et les opérations exonérées (non taxables).
o la territorialité : pour les biens et les prestations de service (les
acquisitions, les livraisons et prestations intracommunautaires, les
importations et les exportations)
o respect des règles d’assiette, de taux applicables, de fait générateur et
d’exigibilité
Paragraphe 2 : Gestion du droit à déduction de la TVA

a) L’exercice du droit à déduction


La TVA facturée à un assujetti ouvre en principe droit à déduction. C’est pourquoi l’article
326 du code général des impôts stipule que : la TVA ayant grevé les éléments du prix d’une
opération imposable est déductible de la TVA applicable à cette opération.
La TVA pour être déductible doit remplir les 3 conditions suivantes :
o porter sur un bien ou service non exclu du droit à déduction ;
10

o concourir à la réalisation d’affaires taxables ;


o être nécessaire à l’exploitation.

b) Les exclusions au droit à déduction


Est exclue du droit à déduction la TVA afférente aux biens et services suivants :
Les acquisitions de véhicules conçus pour le transport des personnes ou de véhicules à usage
mixte dont le nombre de places assises, y compris celle réservée au conducteur, est supérieur
ou égal à trois (3) et inférieur à dix (10).
Cette exclusion ne concerne pas la TVA afférente aux véhicules :
• destinés à être revendus en l’état ;
• acquis par des loueurs professionnels ou des sociétés de crédit-bail et utilisés pour la
location ;
• affectés au transport public de personnes ;
• affectés au transport de la clientèle des établissements hôteliers ;
• affectés à l’enseignement de la conduite.
L’exclusion s’applique également aux parties et pièces détachées ainsi qu’aux
accessoires desdits véhicules.
Les dépenses exposées pour assurer le logement ou l’hébergement à l’exception de celles
profitant au personnel chargé de la surveillance ou de la sécurité des unités
industrielles ou des chantiers de travaux.
Les dépenses de réception, de restaurant, de spectacles et de déplacement à l’exclusion
des dépenses de transport engagées en vertu d’un contrat permanent de transport
conclu pour conduire le personnel sur le lieu de travail et des dépenses exposées pour
la satisfaction des besoins collectifs du personnel sur le lieu de travail.
Les objets mobiliers de décoration autres que ceux ayant le caractère de mobilier et matériel
commercial ou industriel, ou de mobilier et matériel de bureau.
Les biens cédés et les services rendus gratuitement ou à un prix sensiblement inférieur au prix
de revient à titre de commission, salaire, gratification, rabais, bonification, cadeau, quelle que
soit la qualité du bénéficiaire.
Ne sont toutefois pas concernés par cette exclusion les objets publicitaires d’une valeur
unitaire inférieure à dix mille (10 000) francs CFA hors TVA, l’essence d’aviation, le super
carburant, le gas-oil et le bio carburant, les services de toute nature portant sur des biens
exclus du droit à déduction de la TVA.
c) Les limitations ou restrictions au droit à déduction
11

L’exercice du droit à déduction obéit à la règle de l’affectation des biens et services.


Par application de ce principe, la TVA ayant grevé l’acquisition de biens et services est :
- déductible en totalité lorsque ces biens et services concourent à la réalisation
d’affaires taxables ou à des exportations portant sur des opérations taxables en régime
intérieur ;
- déductible partiellement lorsqu’ils ne concourent pas en totalité à la réalisation
d’affaires taxables ou à des exportations portant sur des opérations taxables en régime
intérieur ;
- exclue du droit à déduction lorsqu’ils concourent à la réalisation d’affaires non
taxables.
Les assujettis partiels à la TVA doivent déterminer leur droit à déduction :
- selon la règle de l’affectation pour les biens et services concourant à la réalisation,
soit d’opérations taxables, soit d’opérations non taxables ;
- selon la règle du pourcentage de déduction pour les biens et services concourant
simultanément à la réalisation d’opérations taxables et d’opérations non taxables.
Les opérations effectuées à l’exportation qui seraient exonérées en régime intérieur
n’ouvrent pas droit à déduction.
Pour les entreprises assujetties partiellement à la TVA, le pourcentage de déduction est
déterminé par le rapport existant entre :
* d’une part, les opérations taxables et les exportations portant sur des
opérations taxables en régime intérieur ;
*et, d’autre part, l’ensemble des affaires réalisées à l’exclusion :
- des cessions d’éléments d’actifs immobilisés ;
- des subventions d’équipement ;
- des indemnités d’assurance ne constituant pas la contrepartie d’opérations soumises à
la TVA ;
- des débours ;
- des dommages et intérêts.
CA taxable + exportations
Ce pourcentage = ……………………………
CA global

e) Assurer le respect des obligations légales en matière de TVA


- s’assurer du respect des obligations comptables et fiscales
12

- s’assurer que les déclarations mensuelles ont été faites et bien faites ainsi que le
paiement y afférent.
- être en Crédit de TVA : modalité de remboursement
d) Les régularisations en matière de TVA

La TVA ayant grevé l’acquisition des biens doit être reversée en cas :
• de cessation d’activités ;
• de destruction de biens ;
• de cession séparée à titre gratuit ou à un prix sensiblement inférieur à la valeur vénale
d’éléments d’actif ;
• de perte de la qualité d’assujetti à la TVA ;
• d’affectation d’un bien à une activité ou à un usage n’ouvrant pas droit à déduction.

Pour les biens autres que des immobilisations, le montant de la taxe déduite lors de
l’acquisition de ces biens doit être régularisé à concurrence de la partie restant en stock à la
date de l’événement motivant la régularisation de la taxe.
Pour les immeubles, la régularisation correspond à une fraction égale à la différence entre le
montant de la taxe qui a grevé le coût et le produit du dixième de cette taxe par le nombre
d’années écoulées depuis l’acquisition du bien.
Pour les biens non amortissables et pour les biens amortissables et non encore amortis,
la régularisation correspond à une fraction égale à la différence entre le montant de la taxe qui
a grevé le coût et le produit du cinquième (1/5) de cette taxe par le nombre d’années écoulées
depuis l’acquisition du bien.
La TVA perçue à l’occasion de livraisons de biens ou de prestations de services qui par la
suite sont résiliées, annulées ou impayées, peut être imputée sur la taxe due au titre d’affaires
réalisées ultérieurement. L’imputation est subordonnée à la justification de la rectification
préalable de la facture initiale.
La TVA antérieurement déduite sur achats de biens ou services qui par la suite sont
résiliés, annulés ou impayés, doit être reversée dans les délais prévus par la loi.

DEUXIEME PARTIE : LES DROITS D’ACCISE

INTRODUCTION GENERALE

Les accises constituent une forme d'imposition très ancienne ; il s’agit des plus anciennes
sources de revenu des gouvernements du monde entier.

Traditionnellement, on distingue le droit d’accise de la taxe ad valorem. L’accise est une taxe
qui porte sur une quantité et non sur une valeur : ainsi par exemple, la taxe sur les alcools
consiste à prélever n francs par hectolitre d’alcool vendu. Au contraire, une taxe ad valorem
porte sur la valeur d’un bien ou d’un service, comme la TVA.
13

Le terme accise est dérivé du terme accès : il s’agit donc d’un droit à acquitter pour accéder à
la consommation de certains produits; autrefois cette taxe était désignée sous le terme «
acquis ».

On peut définir les droits d'accise comme des taxes à la consommation de produits
particuliers, que ce soit une consommation intermédiaire ou finale. Ils sont évalués
généralement par référence au poids, au volume ou au degré du produit en question, mais
rarement à sa valeur.

À l’origine, les droits d’accise avaient pour unique objet de fournir des recettes à
l'Administration, elles sont bien davantage aujourd'hui associées à des objectifs :

 de santé publique (tabacs, alcools) ;


 de défense ou de sécurité (cartouches) ;
 d’environnement (emballages plastiques, pollution, etc.).

Elles permettent aussi d'orienter la structure de la consommation en cas de produits dégageant


des externalités négatives (huiles minérales).
En général, cette taxe frappe les alcools, les tabacs, les produits énergétiques (les carburants et
les combustibles, tels que le pétrole et l'essence, l'électricité, le gaz naturel, la houille et le
coke, etc.), les véhicules ou les produits dits « de luxe ». Le but recherché par le législateur est
de dissuader la consommation de produits qu’il considère comme ayant une externalité
négative, mais parfois aussi l’accise frappe le thé ou le café (bien que leur justification sur ces
produits soit aujourd’hui contestée car le but n’est pas d’en dissuader la consommation).
Plus récemment, l’accise a été introduite sur certaines formes de transport considérées comme
polluantes (comme le transport aérien) ou sur la consommation de produits générateurs de
déchets polluants peu ou pas recyclés, ou nuisibles à la protection de l’environnement
(comme les produits électroniques, certains emballages plastiques1, etc.).

1
Au Burkina une taxe sur les emballages plastiques a été proposée mais rejetée par l’Assemblée Nationale au titre
de la Loi de finance gestion 2009
14

TITRE II : LES DISPOSITIONS COMMUNAUTAIRES


L’UEMOA, par la Directive n°03/98/CM/UEMOA du 22 décembre 1998 portant
harmonisation des législations des États membres a règlementer les droits d’accises.

Les États membres possédaient chacun des dispositions propres en la matière ; depuis
l’adoption de la directive ils se devaient de conformer leur législation à celle-ci au plus tard le
31 décembre 2000.

La Directives définit un champ d’application, la base d’imposition, des taux minimums et


maximums constituant des fourchettes dans lesquelles les États membres peuvent fixer des
taux et le délai de mise en œuvre.

CHAPITRE I CHAMP D’APPLICATION

L’article x de la Directive désigne les produis que les États membres doivent obligatoirement
soumettre à un droit d’accises ; d’autres produits peuvent être facultativement soumis à un
droit d’accises ; enfin les produits pétroliers font l’objet d’une règlementation spécifique.

Section I : Les produits obligatoirement soumis aux droits d’accises

Ce sont les produits suivants :


 les boissons, alcoolisées et non alcoolisées à l’exclusion de l’eau ;

 les tabacs.

Section II : Les produits facultativement soumis aux droits d’accises

Le législateur communautaire a le souci de rationaliser le nombre de produits soumis aux


droits d’accises ; c’est pourquoi il dispose que les États membres ont la faculté de soumettre
également à un droit d’accises au maximum quatre produits sélectionnés parmi ceux qui
suivent :
 le café,
 la cola,
 les farines de blé,
 les huiles et corps gras alimentaires,
 les produits de parfumerie et cosmétiques,
 le thé,
 les armes et munitions.

Section III : Le cas particuliers des produits pétroliers

Les droits applicables aux produits pétroliers est l’objet d’une Directive spécifique.

Les droits d’accises s’appliquent aux produits fabriqués localement et aux produits importés,
lors de leur première vente ou de leur mise à la consommation.
15

CHAPITRE II DETERMINATION DU DROIT

Section I : base d’imposition

La base d’imposition des droits d’accises est constituée :

 à l’importation par la valeur en douane majorée des droits et taxes perçus à l’entrée, à
l’exception de la taxe sur la valeur ajoutée ;

 en régime intérieur, par le prix de vente sortie usine, à l’exclusion de la Taxe sur la
Valeur Ajoutée.

Section II Taux d’imposition

Les États membres déterminent, par produit imposable, un taux d’imposition compris dans les
limites communautaires ci-après.
Aucune discrimination de taux ne doit être faite entre les produits fabriqués localement et
importés.

produits Taux minimum Taux maximum Taux au BF


boissons non alcoolisées à 0% 10 %
l’exclusion de l’eau
boissons alcoolisées 20 % 45 %
Tabacs 10 % 40 %
Café 1% 12 %
Cola 10 % 30 %
Farines de blé 1% 5%
Huiles et corps gras 1% 15 %
Thé 1% 12 %
Armes et munitions 15 % 40 %
Produits de parfumerie et 5% 15 %
cosmétiques

Les États membres doivent transmettre à la Commission les mesures législatives ou


réglementaires qu’ils adoptent pour se conformer aux dispositions de la directive. Le délai de
mise en œuvre est de deux (2) ans, c'est-à-dire 2000.
16

TITRE II : LES PRINCIPAUX DROITS D’ACCISE AU BURKINA FASO

CHAPITRE I : LA TAXE SUR LES BOISSONS (TSB)

Section I : Opérations et personnes imposables


La fabrication et l'importation pour la mise à la consommation de boissons, sont frappées
d'une taxe spéciale.

Les redevables de cette taxe sont les producteurs, en ce qui concerne les fabrications locales et
le propriétaire de la marchandise ou le déclarant en douane pour les importations.
Sont exonérés de la taxe, les fabrications ou importations portant sur les produits ci-après:
 les produits médicamenteux alcoolisés ;
 les boissons fabriquées au Burkina Faso et destinées à être exportées ;
 les jus de fruits ou de légumes fabriqués au Burkina Faso à partir de matières premières
locales ;
 les eaux, y compris les eaux minérales naturelles ou artificielles et les eaux gazéifiées, non
additionnées de sucre ou d’autres édulcorants, ni aromatisées ;
 les vinaigres ;
 les boissons locales produites selon les procédés traditionnels ;
 les vins destinés à la célébration du culte ;
 les alcools importés au Burkina Faso pour la production de boissons ou liquides
alcoolisés.
Les modalités de mise en œuvre de cette exonération sont fixées par arrêté du Ministre chargé
des finances.

Section II Fait générateur

Le fait générateur de la taxe est constitué :


- pour les boissons produites au Burkina Faso par la sortie d'usine après fabrication ou par la
livraison que le fabricant se fait à lui-même ;
- pour les autres boissons par la mise à la consommation.

Section III Base d’imposition et tarifs

La base imposable est déterminée pour les produits importés, par la valeur des marchandises
en douane majorée des droits et taxes perçus par les services des douanes à l’exception de la
TVA, et, pour les fabrications locales, par la valeur du chiffre d'affaires avant application de
la TVA.

Il est fait application du taux suivant, quelle que soit l’origine des produits :
I- Boissons alcoolisées
1- Bière titrant moins de 8° d’alcool: 30%
2- Bière titrant plus 8° d’alcool : 40%
3- Vins : 70%
4- Autres boissons alcoolisées titrant moins de 35° d’alcool : 50%
5- Autres boissons alcoolisées titrant 35° d’alcool et plus : 70%
II- Boissons non alcoolisées
1- Boissons non alcoolisées énergisantes : 50%
2- Autres boissons non alcoolisées : 15%
17

Section IV Obligations des redevables


Tout redevable doit tenir une comptabilité matières faisant ressortir en nature et en quantité :
1° le stock au 1er de chaque mois ;
2° les entrées ou fabrications du mois inscrites au jour le jour ;
3° les sorties inscrites également au jour le jour ;
4° les restes en magasins au dernier jour du mois, ces restes constituant le stock de reprise au
premier du mois suivant.

CHAPITRE II LA TAXE SUR LES PRODUITS PETROLIERS

Depuis le 17 janvier 1994, taxe sur les carburants et sur les lubrifiants ainsi que toutes les autres
taxes parafiscales perçues précédemment sur les produits pétroliers autres que les droits et taxes
inscrits au tarif des douanes, ont été remplacée par la taxe unique sur les produits pétroliers.
La liste des produits concernés et le taux de la TUPP par nature de produits sont fixés par voie
réglementaire aux termes de la loi 5-94 ADP du 11/3/1994 portant institution d'une Taxe
Unique sur les Produits Pétroliers (TUPP). Cette taxe a elle-même été remplacée par la Taxe sur
les Produits Pétroliers (TPP) par l’article 22 de la loi de finances 2001.

Section I : Champ d’application

La TPP au Burkina Faso s’applique aux cessions de tous produits pétroliers effectuées à titre
onéreux ou à titre gratuit par les entreprises importatrices directes. Les prélèvements effectués
par ces entreprises pour leurs propres besoins sont assimilés à des cessions.
Les produits concernés sont :
-l’essence d’avion ;
-le super carburant ;
-l’essence auto (ordinaire)2 ;
-le pétrole lampant ;
-le Gas-oil ;
-le fuel-oil domestique ;
-le fuel-oil lourd I
-le gaz de pétrole et autres hydrocarbures gazeux ;
-le fuel-oil lourd II ;
-l’huile lubrifiante (destinée à être mélangée, pour frein hydraulique, graisse et autres huiles
de pétrole et de minéraux bitumineux).

Section II : Le fait générateur et l’exigibilité


Ils sont constitués par la mise à la consommation ou par le prélèvement en cas de livraison à
soi-même.
Section III : Tarifs au litre
Produits Tarifs Observations
-l’essence d’avion ; 0
-le super carburant ; 125 F
2
L’importation de cette essence est désormais interdite.
18

-le pétrole lampant ; 0


-le Gas-oil ; 50 F
-le fuel-oil domestique ; 0
-le fuel-oil lourd I 0
-le gaz de pétrole et autres hydrocarbures gazeux ; 0
-le fuel-oil lourd II ; 0
-l’huile lubrifiante (destinée à être mélangée, pour frein hydraulique, 0
graisse et autres huiles de pétrole et de minéraux bitumineux
Les tarifs de la taxe sur les PP sont fixés une fois l’an. La taxe est perçue par la douane.
19

CHAPITRE III TAXE SUR LE CAFÉ ET LE THÉ

Section I Opérations et personnes imposables

La taxe intérieure sur le café et le thé destinés à être consommés au Burkina Faso a été
instituée par l’article 7 de la Zatu 86-11 du 11/2/86, portant Zatu de finances pour l'exercice
1986.
La taxe frappe aussi bien les produits destinés à la vente que ceux réservés à la consommation
personnelle de l'importateur.

Le redevable de la taxe est le propriétaire de la marchandise ou le déclarant en douane.

Section II Fait générateur

Le fait générateur est constitué par la mise en consommation du café et du thé sur le territoire
burkinabè.

Section III Tarif

Le taux de la taxe sur le café et le thé est fixé à 12% de la valeur des marchandises telle que
définie à l'article 22 du code des douanes.

Section IV Obligations des redevables

Toute personne important du café et du thé au Burkina Faso est tenue d'en faire la déclaration.
20

CHAPITRE IV TAXE SUR LES TABACS

Section I Opérations et personnes imposables

La fabrication et l'importation des tabacs sont soumises à une taxe ad valorem. Sont
redevables de cette taxe, les producteurs et les commerçants agréés pour l'importation et la
commercialisation des produits concernés. Il est précisé que les tabacs fabriqués au Burkina
Faso et destinés à être exportés sont exonérés de la taxe sur les tabacs.

Section II Base d’imposition

En ce qui concerne les produits importés, les taxes assises sur la valeur des marchandises en
douane majorée des taxes perçues par le service des douanes, seront perçues par le service des
Douanes.

En ce qui concerne les produits de fabrication locale, les taxes sont assises sur le prix hors
TVA. Les producteurs de tabacs sont tenus de payer avant le 15 de chaque mois au receveur
des impôts dont ils relèvent, le montant de la taxe due sur les ventes du mois précédent. Le
paiement sera accompagné d'une déclaration comportant par nature et par produits :
- les stocks au 1er du mois concerné ;
- les quantités fabriquées au cours du mois ;
- les quantités vendues au cours du mois concerné ;
- les stocks à la fin du mois ;
- le chiffre d'affaires taxable ;
- le montant de la taxe due.

Section III Tarif

Les tarifs ont connu de nombreuses modifications, l’article 19 de la Loi 42-2000 AN du 20


décembre 2000 avait distingué deux catégories et abolit la distinction de tarification fondé sur
l’origine des produits ainsi qu’il suit :
1) produits classés " bas de gamme " ou " produits populaires " : 17 %
2) produits classés " haut de gamme " et de luxe : 22 %.

La loi de finances gestion 2016 a modifié l’article 354 bis en introduisant deux
catégories et en rehaussant les tarifs :
1°) produits classés « bas de gamme » et « produits standard» : 30%
2°) produits classés « de luxe » : 40%.

Le CGI a fixé un taux unique de 45% qui a été porté à 55% par la loi de finances
2023 (article 365 du CGI).

Cette tarification s’applique indifféremment aux produits de fabrication locale et aux


produits importés.
La production et l'importation des tabacs, sont soumises au régime fiscal et douanier de droit
commun.
21

CHAPITRE V TAXE INTERIEURE SUR LES COLAS

Section I Opérations et personnes imposables

La taxe intérieure sur les colas destinés à être consommées au Burkina Faso a été instituée par
l’Ordonnance 75-62 du 29/12/75

La taxe frappe aussi bien les noix de colas destinées à la vente que celles réservées à la
consommation personnelle de l'importateur]
Le redevable de la taxe est le propriétaire de la marchandise ou le déclarant en douane.

Section II Fait générateur

Le fait générateur est constitué par l'introduction des colas sur le territoire burkinabè.

Section III Tarif

La taxe intérieure sur la cola est fixée à 10% de la valeur des marchandises telle que définie à
l'article 22 du code des douanes.

Section IV Obligations des redevables

Toute personne important des colas au Burkina Faso est tenue d'en faire la déclaration.
22

CHAPITRE VI : LA TAXE SPECIFIQUE SUR LES PRODUITS DE LA


PARFUMERIE ET DES COSMETIQUES.

Cette taxe a été instituée pour compter du 1er janvier 2009 par la Loi de Finances pour
l’exécution du budget 2009.

Section I : Opérations et personnes imposables

La fabrication et l’importation des produits de la parfumerie et de la cosmétique sont


soumises à une taxe spécifique.
Sont redevables de la taxe :
- en ce qui concerne la fabrication, les producteurs ;
- en ce qui concerne les importations, le propriétaire de la marchandise ou le déclarant
en douane.
Sont exonérés de la taxe les produits de fabrication locale destinés à l’exportation.
Cette taxe frappe aussi bien les produits destinés à la vente que ceux réservés à l’usage
personnel du fabricant ou de l’importateur.

Section II Fait générateur

Le fait générateur est constitué :


- pour les produits fabriqués au Burkina Faso, par la sortie d’usine ou par la livraison
que le fabricant se fait à lui-même ;
-pour les autres produits par l’importation pour la mise à la consommation.

Section III Tarif et base imposable

Il est fait application d’un taux de 15% quelle que soit l’origine du produit.
-en ce qui concerne les produits importés, la taxe est assise sur la valeur des
marchandises en douane majorée des droits et taxes perçus par le service des douanes ;
elle est perçue par le service des Douanes.
-en ce qui concerne les produits de fabrication locale, la taxe est assise sur le prix hors
TVA.

Section IV Obligations des redevables

Les producteurs sont tenus de payer, le 15 de chaque mois au receveur des impôts dont
ils relèvent, le montant de la taxe due sur les ventes du mois précédent. Le paiement
est accompagné d’une déclaration comportant par nature et par produits :
-les stocks au 1er jour du mois concerné ;
-les quantités fabriquées au cours du mois concerné ;
-les quantités vendues au cours du mois concerné ;
-les stocks à la fin du mois concerné ;
-le chiffre d’affaires taxable ;
-le montant de la taxe due.
En cas de retard dans le paiement, le redevable acquittera une pénalité conformément
aux dispositions de l’article 386 du CGI.
Les dispositions des titres IV, V et VI du deuxième livre sont également applicables en
ce qu’elles ne sont pas contraires aux dispositions de la taxe sur les produits de la
parfumerie et des cosmétiques.
23

CHAPITRE VII LE PRELEVEMENT SUR LES BILLETS D’AVION

Cette taxe a été instituée par la loi n°050-2008/AN du 11 novembre 2008.

Section I : Opérations et personnes imposables


Le prélèvement s’applique aux billets d’avion émis au Burkina Faso pour le transport
international de personnes.
La taxe est assise sur tout billet émis et selon la classe de voyage quelles que soient les
conditions tarifaires accordées.
Les personnes redevables sont :
-les compagnies aériennes ;
-les agences de voyages ;
-les autres structures de vente de titres de transport aérien.

Sont exemptés du prélèvement :


-les vols officiels exclusifs ;
- les évacuations sanitaires d’urgence ;
-l’assistance humanitaire d’urgence.

Section II : Fait générateur


Le fait générateur est constitué par l’achat du titre d’embarquement (titre de transport).

Section III : Tarif

Il est fait application des tarifs suivants :

Destination Passagers de la première Passagers de la


Passagers de la
classe classe
classe affaires
économique
Pays de la zone 2500 1500 1000
UEMOA
Autres destination 7500 5000 2500
Ces tarifs ne s’appliquent pas aux passagers en transit

Section IV : Obligations

Les compagnies aériennes, les agences de voyages et les autres structures de vente de
titres de transport aérien sont tenues de déclarer au plus tard le 15 de chaque mois, sur
un imprimé fourni par l’administration fiscale, la situation des billets émis le mois
précédent pour les vols effectués au départ du territoire du Burkina Faso vers
l’étranger.
24

Chapitre VIII – LA TAXE SUR LES JEUX DE HASARD

La taxe sur les jeux de hasard, perçue au profit du budget de l’État, est
applicable à tous les jeux de hasard à l’exclusion des jeux dont la loterie nationale
burkinabè détient le monopole.
La taxe est due par l’entreprise qui organise les jeux.
La taxe est assise sur les produits bruts des jeux ou le chiffre d’affaires réalisé sur
l’ensemble des jeux mis à la disposition du public.
Le taux de la taxe est de 15%.
La taxe est retenue à la source par les parieurs et ceux provenant des autres jeux de hasard.

Chapitre XIX– LA TAXE SPÉCIFIQUE SUR LES ENTREPRISES DE


TÉLÉCOMMUNICATION
La taxe spécifique sur les entreprises de télécommunication est perçue au taux de 7% sur le
chiffre d’affaires annuel hors taxes des entreprises de téléphonie installées au Burkina
Faso.
Le produit de la taxe est réparti comme suit :
• 20% au budget de l’État ;
• 80% à un compte ouvert auprès de la direction générale du trésor et de la
comptabilité publique pour le financement :
- de la promotion du sport ;
- de la promotion de la culture ;
- de la promotion des technologies de l’information et de la communication ;
- de l’équipement et de la modernisation de l’administration fiscale.
Les modalités de répartition du produit de la taxe affectée au compte ouvert seront
déterminées par arrêté du Ministre chargé des finances.
Les entreprises de téléphonie sont tenues de déclarer et d’effectuer les paiements au
plus tard le 20 de chaque mois sur la base du chiffre d’affaires mensuel au service des impôts
dont elles dépendent.

CHAPITRE X. LA TAXE SUR LES ACTIVITES FINANCIÈRES (TAF).


Il est institué au profit du budget de l'Etat une taxe sur les activités financières TAF).

Section 1 : Opérations imposables


Sont soumises à la TAF, les opérations qui se rattachent aux activités bancaires, financières et
d'une manière générale, au commerce des valeurs et de l'argent à l'exception des opérations de
crédit-bail.

Section 2 : Assujettis
Sont assujettis à la taxe :
1. les banques et établissements financiers agréés au Burkina Faso ;
2. les personnes physiques ou morales réalisant de l'intermédiation financière ;
3. les opérateurs de change;
4. les personnes physiques ou morales réalisant des opérations de transfert d'argent.

Section 3 : Exonérations
Sont exonérées de la taxe sur les activités financières (TAF) :
- les agios afférents à la mobilisation par voie de réescompte ou de pension des
effets publics ou privés figurant dans les portefeuilles des banques, des
25

établissements financiers et dans les organismes publics ou semi publics


habilités à réaliser des opérations d'escompte ainsi que ceux afférents à la
première négociation d'effets destinés à mobiliser les prêts consentis par les
mêmes organismes ;
- les opérations de refinancement des institutions mutualistes ou coopératives
d'épargne et de crédit, constituées conformément à la loi n°023-2009/AN du 14
mai 2009 portant règlementation des systèmes financiers décentralisés,
auprès des banques et établissements financiers ;
- les intérêts servis par les établissements financiers sur les comptes
d'épargne des personnes physiques et des associations légalement
autorisées ;
- les opérations de crédits dits crédits de masse ou crédits collectifs octroyés aux
organisations paysannes par les établissements financiers ou bancaires au titre
de leurs activités agro-sylvo-pastorales ;
- les opérations réalisées par l'institut d'emission de la monnaie ;
- les intérêts et commissions sur prêts et avances consentis à l'Etat et aux
collectivités territoriales ;
- les intérêts sur des prêts consentis aux personnes physiques pour la
construction ou l'acquisition de la première maison ou du premier appartement
destiné à leur habitation principale lorsque la valeur hors taxes de cette
habitation ne dépasse pas un montant fixé par arrêté du ministre en charge des
finances ;
- les intérêts et commissions sur les opérations de collecte de l'épargne et de
distribution du crédit effectués par les institutions du système financier
décentralisé, telles que définies par la loi portant règlementation des systèmes
financiers décentralisés ;
- les intérêts et commissions perçus sur les opérations de financement agricole
réalisées par la Banque agricole du Faso ;
Lorsqu'une même rémunération est partagée entre plusieurs établissements, chaque
établissement est imposé sur la fraction de rémunération qui lui est définitivement acquise.
- les opérations relatives au mandat postal.

Section 4: Base imposable


L'assiette de la taxe sur les activités financières est constituée par le montant brut des intérêts,
agios, commissions et autres rémunérations, la taxe elle-même étant exclue de la base
d'imposition.
La TAF perçue à l'occasion des opérations imposables qui sont par la suite résiliées, annulées
ou impayées, peut être imputée sur la taxe due au titre d'opérations faites ultérieurement.
L'imputation est subordonnée à la production de document justifiant les opérations annulées,
résiliées ou impayées avec l'indication des motifs.

Section 5 : Taux
Le taux de la taxe sur les activités financières est fixé à 17%.
Ce taux est réduit à 15% pour :
- les entreprises relevant du régime du bénéfice réel normal d'imposition (RNI),
selon les seuils fixés à l'article 527;
- le refinancement interbancaire.

Section 6 : Fait générateur et exigibilité


Le fait générateur et l'exigibilité de la taxe sont constitués par :
26

- l'encaissement ou l'inscription du montant des intérêts au crédit du compte du


bénéficiaire du prêt, des avances et opérations assimilées ;
- l'accomplissement de la prestation pour les autres opérations.

Section 7 : Obligations

Les modalités des déclarations, de contrôle et de recouvrement ainsi que les obligations et
sanctions sont comme celles prévues en matière de taxe sur la valeur ajoutée.

TITRE III. LES AUTRES IMPÔTS INDIRECTS


27

Chapitre I. LA TAXE UNIQUE SUR LES ASSURANCES


Section 1 - Champ d’application
Toute convention d’assurance conclue avec une société d’assurance est soumise, quels
que soient le lieu et la date auxquels elle est conclue, à une taxe annuelle et obligatoire
appelée Taxe unique sur les assurances (TUA).
La taxe est recouvrée au profit du budget de l’État.
Sont exonérées de la taxe :
• les réassurances ;
• les assurances sur la vie et assimilées ou les contrats de rentes viagères ;
• les assurances maladie et santé ;
• les assurances passées par les sociétés ou caisses d’assurances mutuelles agricoles, les actes
intéressant les sociétés de secours mutuels, les unions de sociétés de secours mutuels,
et les syndicats professionnels à condition que ces organismes soient reconnus.
Est dispensé de la taxe tout contrat d’assurance contre des risques qui se trouvent situés hors
du Burkina Faso ou qui ne se rapportent pas à un établissement industriel, commercial
ou agricole sis au Burkina Faso.
Si la situation du risque n’est pas clairement précisée, le risque est réputé situé au lieu du
domicile ou du principal établissement du souscripteur.
Il ne peut être fait usage au Burkina Faso de ces contrats, soit par acte public, soit en justice
ou devant toute autre autorité constituée, s’ils n’ont été préalablement enregistrés gratis si
l’assureur est immatriculé au Burkina Faso ou au droit fixe des actes innomés dans le cas
contraire.

Section 2 - Base imposable


La taxe est perçue sur le montant des sommes stipulées au profit de l’assureur et de tous
accessoires dont celui-ci bénéficie directement ou indirectement du fait de l’assuré.

Section 3 - Liquidation et paiement


Le tarif de la taxe est fixé à :
• 8% pour les assurances contre les risques relatifs aux transports maritimes, fluviaux,
aériens ou ferroviaires ;
• 10% pour les assurances de responsabilité civile des voitures particulières ;
• 12% pour les assurances des risques divers et de responsabilité civile des véhicules
de transports publics routiers de personnes ou de marchandises y compris les taxis ;
• 20% pour les assurances contre l’incendie. Les risques d’incendie couverts par des
assurances ayant pour objet des risques de transport sont compris dans les risques
suivant qu’il s’agisse de transport par eau, par air, par fer ou de transports terrestres.
Pour les conventions conclues avec des assureurs ayant au Burkina Faso soit leur siège social,
soit un établissement, une agence, une succursale ou un représentant responsable, la taxe est
perçue par l’assureur ou son représentant ou par l’apériteur de la police, si le contrat est
souscrit par plusieurs assureurs, et versée par lui au service des impôts du lieu du siège
social, de l’agence, de la succursale ou de la résidence du représentant.
La taxe est due au titre de chaque trimestre civil ; elle est payée au plus tard le 15 des mois de
janvier, avril, juillet et octobre.
La taxe est liquidée au tarif en vigueur au jour de l’échéance sur toutes les sommes
stipulées au profit de l’assureur et leurs accessoires comptabilisées au cours du trimestre
écoulé.
Du montant ainsi obtenu est déduit le montant de la taxe perçue sur toutes les sommes
stipulées au profit de l’assureur et leurs accessoires constatés en comptabilité comme
ayant fait l’objet, au cours de la même période, d’un remboursement.
28

Pour les conventions avec les assureurs n’ayant au Burkina Faso ni établissement, ni
agence, ni succursale, ni représentant responsable, conclues par l’intermédiaire d’un
courtier ou de toute autre personne qui, résidant au Burkina Faso, prête habituellement
ou occasionnellement son entremise pour des opérations d’assurance, la taxe est perçue
par l’intermédiaire et versée par lui au service des impôts compétent.
Les assureurs, leur représentant responsable, les courtiers, les intermédiaires en assurance et
les assurés sont tenus solidairement pour le paiement de la taxe et des pénalités.

CHAPITRE II : LES DROITS D’ENREGISTREMENT


29

L’enregistrement est une formalité fiscale qui entraîne le paiement d’un droit perçu au
profit du budget de l’État.
Sont soumis à la formalité de l’enregistrement :
- les actes limitativement énumérés par la loi ;
- les actes présentés volontairement à la formalité par les parties.

Section 1 - Actes soumis à l’enregistrement


Sont obligatoirement soumis à la formalité de l’enregistrement, sauf s’ils en sont exemptés
par l’article 396 du CGI :
- les mutations d’immeubles ou de droits réels immobiliers ;
- les mutations de titres miniers ;
- les mutations de titres de sociétés, de droit au bail, de fonds de commerce
ou de clientèle ;
- les ventes publiques de meubles ;
- les baux immobiliers, le crédit-bail immobilier ;
- les contrats de location-gérance ;
- les partages de sociétés, d’indivisions ou de communautés ;
- les contrats de mariage ;
- les commandes publiques ;
- les mutations à titre gratuit ;
- les nantissements, warrants et autres sûretés sans dépossession ;
- les actes des notaires ;
- les actes judiciaires ;
- les actes de sociétés ;
- les cessions et concessions de brevets, marques et autres droits de propriété
intellectuelle ;
- les actes extra-judiciaires, les actes des huissiers et greffiers expressément
prévus par la loi.

Section 2 - Exonérations - Exemptions


En dehors des cas prévus par la loi, les droits d’enregistrement ne peuvent faire l’objet
d’aucune exonération, modération ou suspension à quelque titre que ce soit.
Les actes exonérés de droit d’enregistrement par une disposition législative ou un accord
international restent soumis à la formalité de l’enregistrement et enregistrés gratis.
Sont enregistrées en débet et les droits, impôts et taxes qui s’y rattachent mis à la charge du
budget de l’État, les commandes publiques lorsqu’elles sont financées sur ressources
extérieures à la condition que la convention de financement prévoit expressément des
droits.
Sont exemptés de la formalité de l’enregistrement :
• 1° les actes judiciaires, jugements et arrêts :
- concernant l’état civil des personnes et leur régime matrimonial ;
- relatifs à l’application de la réglementation de sécurité sociale ;
- relatifs aux commandements, saisies et ventes ayant pour objet le recouvrement des
amendes et condamnations pécuniaires au profit des comptables publics ;
- relatifs aux inscriptions et opérations électorales ;
- en exécution des lois portant organisation des procédures collectives d’apurement du
passif;
- en matière pénale à la seule condition qu’il s’agisse d’actes effectués à la requête du
ministère public et qu’ils n’incombent pas à une partie civile ;
- ayant exclusivement pour objet la protection des pupilles de la Nation ;
30

• 2° les cédules ou avertissements pour citer devant le tribunal d’instance ;


• 3° les actes de procédure d’avocat défenseur à avocat défenseur devant les juridictions
de tous ordres ainsi que les exploits de signification de ces mêmes actes ;
• 4° les actes faits en vertu des textes sur l’expropriation pour cause d’utilité publique ;
• 5° les actes de sociétés :
- les apports en numéraires et les apports en nature de biens dont la mutation à titre onéreux
n’entraîne pas l’application de droits proportionnels ;
- prorogation et fusion de sociétés, quel que soit le mode de fusion ;
- les actes portant augmentation du capital, à l’exception de ceux entraînant la création
de parts ou actions nouvelles ;
- les actes de dissolution de société qui ne portent aucune transmission de biens
meubles ou immeubles entre les associés ou autres personnes ;
• 6° le gage automobile.

Section 3 - Territorialité
Sont obligatoirement soumis à la formalité et aux droits d’enregistrement au Burkina Faso,
les actes passés à l’étranger et portant :
• sur des immeubles, fonds de commerce ou droit au bail sis au Burkina Faso ;
• sur des titres miniers de droit burkinabè ;
• sur des titres de sociétés immatriculées au Burkina Faso.
Les actes passés au Burkina Faso et portant sur des immeubles, des fonds de
commerce, un droit au bail, un titre minier ou des titres de sociétés sis ou immatriculés en
dehors du Burkina Faso, sont dispensés de la formalité de l’enregistrement au Burkina Faso.
Sont soumis aux droits de mutation par décès les fonds publics, actions, obligations,
parts d’intérêts, créances et généralement toutes les valeurs mobilières étrangères de
quelque nature qu’elles soient, dépendant d’une succession assujettie à déclaration au
Burkina Faso, quelle que soit la nationalité du défunt.
Lorsqu’elles s’opèrent par acte passé au Burkina Faso ou par acte passé à l’étranger dont il est
fait usage au Burkina Faso, les transmissions entre vifs à titre gratuit de biens mobiliers sis
hors du Burkina Faso, sont soumises aux droits de mutation dans les mêmes
conditions que si elles avaient pour objet des biens de même nature sis au Burkina
Faso.

Section 4 - Fait générateur et exigibilité


Le fait générateur et l’exigibilité des droits d’enregistrement sont constitués par la signature
de l’acte, le transfert de propriété, d’usufruit ou de jouissance, le décès ou l’approbation de la
commande publique.

Section 5 : Les différents droits d’enregistrement


Les Droits d’enregistrement sont soit fixes, soit proportionnels mais également progressifs.

Paragraphe 1-Les Droits Fixes


Le Droit fixe de 6 000 s’applique aux actes qui ne constatent ni transmission de propriété,
d’usufruit ou de jouissance de biens immeubles ou meubles, ni condamnation de somme et
valeurs, ni apport en mariage, ni apport en société, ni partage de biens meubles ou immeubles,
ni marchés et, d’une façon générale à tous autres actes même exempts de l’enregistrement qui
sont présentés volontairement à la formalité (Art. 429 du CGI) :
- les certificats de propriété ;
- les actes des huissiers et autres ayant pouvoir de faire des exploits et procès-verbaux,
- qui ne contiennent aucune disposition pouvant donner lieu au droit proportionnel ;
31

- les prisées de meubles ;


- les contrats de mariage ne contenant que la déclaration du régime adopté par les
futurs époux, sans constater de leur part aucun apport ; en cas d’apport, le droit
proportionnel applicable aux mutations à titre onéreux est exigible ;
- les actes portant nantissements des droits d’associés et valeurs mobilières, de fonds de
commerce, de matériel professionnel, des véhicules automobiles et des stocks des matières
premières et des marchandises ;
- les cessions de titre minier ainsi que les contrats ou accords par lesquels le titulaire d’un
titre minier confie, cède ou transmet, partiellement ou totalement, les droits et
obligations résultant dudit titre ;
- les concessions de licences d’exploitation, de brevets et de marques ;
- et généralement tout acte non tarifé, présenté volontairement à la formalité de
l’enregistrement.
- etc.

Paragraphe 2-Le Droit Proportionnel


I- mutation à titre onéreux
Il s’applique essentiellement aux mutations à titre onéreux, partages, condamnation à payer
des sommes, apport en société :
- échange d’immeuble : 5% ;
- cession de fonds de commerce : 8%
- cession d’immeubles ou baux d’immeubles à vie ou à durée illimitée : 8%
- cession de meubles ou baux de meubles à vie ou à durée illimitée : 5%
- marchés administratifs : 3%
- bail à durée limitée d’immeubles : 5% (usage commercial ou professionnel), 3%
(usage d’habitation) ;
- emphytéose: 5%(professionnel) et 3%(habitation)
- location-gérance 5% ;
- Partage de biens meubles et immeuble : 0.5%
- concession de brevet d’invention, marque et autres droits de propriété : 5%;
- contrat de mariages avec apport : 0,50% ;
- etc.
II- mutation à titre gratuit

Paragraphe 3 : Le régime des droits d’enregistrement

1-Fait générateur
La créance du trésor résulte de la rédaction de l’acte ou de la mutation. Pour les actes non
obligatoirement soumis à l’enregistrement, le fait générateur se place à la date de la
présentation volontaire de l’acte.

2-Assiette
En général, la valeur taxable figure dans l’acte ou la déclaration présentée à la formalité et
résulte des conventions des parties (prix, au cas de vente, de bail….).
Dans certains cas, les contribuables sont tenus de fournir une déclaration estimative pour la
perception de l’impôt.

3-Liquidation :
32

Pour la perception des droits, il est fait abstractions des sommes et valeurs inférieures à 1 000
Frs. Les sommes résultant des liquidations sont arrondies au franc le plus voisin. Si le droit
exigible est inférieur à 6 000 Frs, on retient 6 000 frs, sauf pour les baux à usage d’habitation
ou le minimum de perception est de 1 000 frs.
La formalité accomplie dans un bureau incompétent est en principe inopérante et le paiement
des droits à ce bureau non libératoire.
Les notaires doivent faire enregistrer leurs actes au bureau dans la circonscription duquel ils
ont leur résidence légale.
Les huissiers et autres agents ayant pouvoir de faire des exploits ou procès-verbaux sont tenus
de faire enregistrer leurs actes soit au bureau de leur résidence, soit au bureau du lieu où ils les
ont faits.
Les greffiers, les secrétaires des administrations locales et municipales doivent faire
enregistrer leurs actes au bureau dans le ressort duquel ils exercent leurs fonctions.
Les actes sous seing privé qui portent transmission de propriété, d’usufruit ou de jouissance
d’immeuble, de fonds de commerce doivent être enregistrés au bureau de la situation des
biens. Les autres actes sous seing privés sont présentés au bureau du domicile de l’une des
parties contractantes et pour les actes de société au bureau du siège social.
Les actes non soumis obligatoirement à l’enregistrement et les actes passés à l’étranger
peuvent être enregistrés dans n’importe quel bureau.

4-Délai :
En règle générale le délai est d’un mois sauf dans certains cas :
- les actes d’huissier : 15 jours ;
- les testaments : 3 mois à compter du décès du testateur ;
- les successions : 6 mois à compter du décès du défunt ;
- délai d’un mois prorogé à 3 lorsque les actes sont passés hors du Burkina ou
dans une localité du pays où il n y a pas de bureau d’enregistrement.

TITRE IV – SANCTIONS DES IMPÔTS INDIRECTS


33

Section 1 - TVA
Le défaut d’établissement de facture par un assujetti à la TVA, l’omission de la facturation
séparée de la taxe sur la valeur ajoutée et les irrégularités dans le libellé des factures sont
passibles d’une amende égale à 100% de la taxe due.
La facturation illégale de la taxe sur la valeur ajoutée est sanctionnée par une amende égale à
200% du montant indûment facturé.
Le redevable qui a sciemment déduit à tort la taxe sur la valeur ajoutée illégalement facturée
est solidairement responsable du paiement de cette amende.
Le défaut de déclaration des affaires réalisées dans les délais prévus à l’article 334
entraîne pour son auteur et ses complices l’application d’une pénalité égale à 25%, majorée
de 1% des droits dus par mois ou fraction de mois de retard. Cette pénalité ne peut
être inférieure à cinquante mille (50 000) francs.
En cas de taxation d’office, la pénalité est portée à 50% majorée de 1% par mois ou fraction
de mois de retard avec un minimum de cinq cent mille (500 000) francs.
Lorsqu’une des déclarations visées à l’article 334 susvisé laisse apparaître une base
d’imposition ou des éléments servant à la liquidation de l’impôt insuffisants, inexacts ou
incomplets, le montant des droits mis à la charge du contribuable est assorti d’une
majoration de 50% en cas de bonne foi, de 100% lorsque la mauvaise foi est établie, 200% en
cas d’agissements constitutifs de manœuvres frauduleuses.
Le défaut ou l’insuffisance dans le paiement ou le versement tardif de la taxe sur la valeur
ajoutée est passible d’une pénalité égale à 10% de l’impôt exigible.
Si ce retard excède quinze (15) jours, la pénalité de 10% est majorée d’un intérêt de retard
égal à 1 % de l’impôt exigible par mois ou fraction de mois de retard.
Toute demande de remboursement de crédit de TVA fictif entraîne, indépendamment
des poursuites pénales pour fraude fiscale, l’application d’une pénalité égale à 100% du
montant de TVA indûment réclamé.
Si le crédit a fait l’objet d’un remboursement, le contribuable est tenu de rembourser le
montant de taxe indûment remboursé, majoré d’une pénalité de 200% et d’un intérêt de retard
de 1% par mois ou fraction de mois depuis le jour du paiement par le Trésor public jusqu’au
jour du remboursement.

Paragraphe 2 - Autres impôts indirects


Les sanctions applicables aux impôts et taxes indirects sont celles prévues en matière de taxe
sur la valeur ajoutée, notamment :
• par l’article 776 en matière de facturation ;
• par l’article 777 en matière de déclaration ;
• par l’article 778 en matière de paiement.
En matière de taxe de développement touristique, les infractions aux dispositions de
l’article 340 relatives à la facturation de la taxe sont sanctionnées par une amende de vingt
mille (20 000) francs CFA par infraction constatée.
La non tenue de la comptabilité matière visée à l’article 360 pour l’établissement de la taxe
sur les boissons, ou l’existence d’erreurs graves et répétées entachant cette comptabilité
matière, sont sanctionnées par une amende de deux millions (2 000 000) de francs CFA pour
chaque exercice concerné.
Lorsqu’il incombe à un assureur, courtier ou intermédiaire, le simple retard de paiement de
la taxe unique sur les assurances entraîne l’application aux sommes exigibles d’un
intérêt moratoire liquidé au taux de 1% par mois ou fraction de mois de retard.

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