Chapitre 1
L’histoire de la vie sur la Terre et l’Evolution des espèces
I. Les grandes périodes de la vie sur la Terre
1. Construction d’une chronologie de l’histoire de la vie sur Terre
Après avoir étudié les différents documents, construire une frise à échelle représentant une
chronologie de l’histoire de la vie sur Terre en veillant à y indiquer les principales périodes
géologiques, les grandes crises et l’apparition des principaux groupes.
Document 1 : « Il y a environ 4,6 milliards d'années, la planète Terre est née au sein de
l'Univers, dans la galaxie appelée Voie Lactée. Un milliard d'années correspondant à une Giga-
année (Ga), la Terre est donc apparue il y a 4,6 Ga. »
Document 2 : « Les archives paléontologiques montrent que
l'apogée de l'explosion cambrienne culmine entre il y a 540 et 520
millions d'années. L’explosion cambrienne correspond à
l'apparition soudaine, à l'échelle des temps géologiques, de la
plupart des grands groupes animaux actuels, comme les phylums
tels que les arthropodes et les vertébrés dont nous faisons partie. »
Document 3 : « Voici 2,3 milliards d'années, notre atmosphère se serait brusquement enrichie
en dioxygène O2, probablement sous l'action de cyanobactéries, des êtres unicellulaires
pratiquant la photosynthèse. En réalité, ces formes de vie sont apparues durant l'Archéen,
donc bien avant la Grande Oxygénation, mais l'oxygène qu'elles émettaient alors se liait
directement à des composés ferreux présents dans les océans. »
Document 4 : « Des communautés de cyanobactéries, connues
aussi sous le nom d'algues bleues, pullulent dans les zones
littorales où elles s'établissent entre les limites extrêmes des
marées. Ces colonies bactériennes fixent le dioxyde de carbone
CO2 qui abonde dans l'atmosphère en construisant des
stromatolithes. La découverte de fossiles de ces structures
marines dans les plus vieilles roches terrestres (dans la province
de Pilbara au nord-ouest de l'Australie, par exemple) permet
d'attester que la vie sur Terre est apparue voici plus de 3,5
milliards d'années. »
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Document 5 : Evolution du nombre de Document 6 : Evolution du nombre de
genres de trilobites au cours des temps groupes d’ammonites au cours des temps
géologique géologiques
Document 7 : Evolution du nombre de
familles de dinosaures non aviens et de
mammifères au cours du temps
Note : L'expression « dinosaure non aviaire » désigne les
dinosaures préhistoriques, ceux qui se sont éteints il y a 65
millions d'années. Cette précision permet de distinguer les
dinosaures disparus de ceux toujours présents, les oiseaux.
Document 8 : La 6ème extinction de masse, celle de l’Holocène (-10 000 ans à aujourd’hui)
« Une analyse gigantesque des populations de 27 600 espèces de mammifères, d’oiseaux, de
reptiles et d’amphibiens - soit près de la moitié des espèces de vertébrés connues à ce jour -
et de leur évolution au fil des décennies sur chacun des cinq continents montre que 8 851
d’entre elles (soit 32%) ont décliné tant d’un point de vue purement quantitatif qu’en terme
d’étendue, c’est-à-dire de surface terrestre occupée par ces espèces. Les chercheurs
établissent un bilan consternant : 50% des animaux ont tout bonnement disparu entre 1970
et 2017. Les poissons, les invertébrés et les plantes subissent probablement également le
même désastre.
Alors que la disparition des espèces animales et végétales étaient jusqu’alors due à la sélection
naturelle, l’Homo sapiens est cette fois bien le seul et unique responsable de l’extinction
massive et étendue des espèces depuis le début du XIXe siècle, ère du développement et de
l’industrialisation croissante des sociétés. Parmi les principaux facteurs de la destruction de la
faune par l’Homme, on retrouve l’anéantissement de l’habitat naturel des animaux, dû
notamment à la surexploitation agricole, l’exploitation minière, l’urbanisation ou l’exploitation
forestière, puis, viennent la pollution, la pêche, la chasse et le braconnage intensif, les
maladies, les espèces invasives et le sempiternel réchauffement climatique qui dérégule,
fragilise et bouleverse les écosystèmes. »
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2. L’origine de la vie sur la Terre
La Terre s’est formée il y a 4,6 milliards d’années (Ga).
La vie y est apparue dans les océans, il y a environ 3,8 Ga.
Les premières cellules se sont formées entre -3,8 et – 3,5 Ga, il s’agissait de cellules
procaryotes sans noyau.
Les cyanobactéries, premiers organismes procaryotes photosynthétiques, ont produit le
dioxygène O2 qui a diffusé dans l’atmosphère puis a constitué la couche d’ozone O3 protectrice.
Les premières cellules eucaryotes, comportant un noyau, sont apparues il y a 1,5 Ga. Elles ont
formé des organismes pluricellulaires qui se sont ensuite diversifiés.
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3. Les événements majeurs
Document « Extinctions »
L’histoire de la vie sur la Terre est marquée par l’apparition, l’essor, le déclin et la disparition
de grands groupes animaux et végétaux.
Ces événements sont utilisés pour découper les intervalles de temps géologiques.
Les divisions les plus importantes, ou ères, correspondent à l’apparition ou à la disparition de
grands groupes d’organismes :
• la disparition des trilobites marque la fin de l’ère Primaire ou ère Paléozoïque
• la disparition des ammonites et des dinosaures termine l’ère Secondaire ou ère
Mésozoïque
• l’ère Cénozoïque qui s’étend jusqu’au temps présent comprend deux périodes : le
Tertiaire et le Quaternaire, comprenant lui-même l’Holocène ou époque récente.
Les extinctions de moindre importance sont utilisées pour diviser les ères en périodes plus
courtes.
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Document « Echelle des temps géologiques »
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II. Les étapes de la construction de la théorie de l’Evolution
1. Les différentes conceptions de l’Evolution
Avant le XIXe siècle et les travaux de Darwin, les conceptions créationnistes et fixistes
prévalaient.
Elles supposaient que les espèces se perpétuaient identiques à elles-mêmes depuis la création
du monde.
Les travaux de Lamarck (1809) ont conduit à une première théorie, la transformation
progressive des espèces par adaptation au milieu avec deux grands principes :
• le principe de l’usage et du non-usage
• l’hérédité des caractères acquis.
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2. La théorie synthétique de l’Evolution
La théorie de l’évolution formulée par Darwin en 1859 s’articule en deux grands principes :
• Les espèces actuelles proviennent d’espèces ancestrales par l’accumulation de
modifications.
• La sélection naturelle et l’adaptation sont les moteurs de l’évolution. Quand un
organisme est adapté à son environnement, il survit et peut se reproduire.
La paléontologie, la systématique et la génétique ont permis de compléter la théorie émise
par Darwin.
Le processus évolutif est une réalité mais les mécanismes de l’évolution sont constamment
l’objet de recherches.
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III. Une réalité plus qu’une théorie
1. Qu’est-ce qu’une théorie ?
« Il faut comprendre ce qu’est une théorie scientifique. En sciences, on n’a que deux types
d’objets : des observations directes sous nos yeux, et ce qu’on appelle des théories qu’on
n’observe pas directement mais dont on observe les conséquences. Si vous avez perdu vos
clés vous allez élaborer la théorie selon laquelle elles ont glissé de votre poche quand vous
étiez assis, sous un banc précis dans un parc. C’est une théorie parce que vous n’observez pas
directement vos clés tomber de votre poche. Si vous allez sous ce banc et que vous trouvez
vos clés, c’est une observation qui confirme cette théorie. Le statut d’une théorie en sciences,
c’est exactement la même chose. La théorie de l’évolution c’est une théorie parce qu’on ne
l’observe pas directement mais on a accumulé un nombre incroyable d’observations qui
confirment cette théorie. Un nombre si grand qu’aujourd’hui la théorie de l’évolution fait
partie des théories scientifiques les plus solides de tout le domaine de la science. »
Extrait d’une entrevue du chercheur J-B André, Institut Jean Nicod, Ecole Normale Supérieure de Paris.
2. Descendance de formes plus anciennes
a. Les fossiles
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1) Expliquer comment des fossiles permettent de reconstituer une fresque de l’histoire
de la vie.
Les fossiles sont des empreintes d’espèces vivantes ayant existées à une époque
donnée. On peut donc établir, grâce à la roche, la localisation d’une espèce, son
abondance et l’époque où elle a vécu.
2) Expliquer le lien entre les ères géologiques et l’histoire de la vie.
Une ère correspond à un ensemble d’espèces de leur apparition à leur extinction. Par
exemple, les dinosaures ont vécu pendant le mésozoïque.
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3) Décrire de grands changements dans la forme du corps au cours de l’évolution des
cétacés.
Le corps des cétacés était d’abord compact avec des membres longs leur permettant
d’évoluer sur Terre. Il s’est ensuite allongé et ses membres sont devenus plus courts et
palmés afin d’évoluer également dans l’eau (amphibien). Par la suite, leur corps a
continué à s’allonger tandis que leurs membres à réduire, se transformant en nageoires
leur permettant d’évoluer en milieu marin.
b. La morphologie
Il existe des liens de parenté entre toutes les espèces. Expliquer cette affirmation en reliant
chaque caractère du document 1 aux numéros du document 2.
6 : Bouche 5 : Vertèbres 4 : Doigts 3 : Plumes 2 : Poils 1 : Bipédie exclusive
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1) Construire le tableau des caractères d’Archéoptéryx et de Sinornithosaurus.
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2) Démontrer que ces trois espèces partagent une organisation commune de leur
squelette (nommer les caractères nouveaux et exclusifs que les oiseaux ne partagent
pas avec le dinosaure – doc 1).
Les 3 espèces ont en communs les caractères C1 (bipède), C2 (fourchette), C3 (plumes),
C4 (orteil n°1 tourné vers l’arrière), C5 (os du poignet arrondis). Par contre, le caractère
C6 (membres antérieurs capables de se replier en arrière) n’est pas présent sur le
dinosaure, et le caractère C7 (bréchet) n’est présent que chez le pigeon.
3) Construire un arbre phylogénétique avec ces trois espèces.
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4) Recopier l’arbre b et placer dessus les caractères nouveaux dans leur ordre
d’apparition.
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5) Justifier le fait que les oiseaux fassent partie des dinosaures.
Ces 4 espèces ont un ancêtre commun : un dinosaure apparu avant l’allosaure.
Conclusion : expliquer comment l’évolution permet de comprendre les liens de parenté
entre les espèces.
L’évolution est un ensemble de modifications de caractère d’une espèce pour en donner
une ou plusieurs autres. En recherchant les caractères communs à des espèces, on peut
ainsi retracer des liens de parenté.
Autre exemple : sur le squelette de baleine actuelle, on observe une paire d’organes
articulés postérieurs, composés de deux os et noyés dans la chair.
1) D’après leur position, que représente ces
organes articulés ?
2) Proposer une hypothèse pour expliquer
la présence de ces membres postérieurs
réduits dans le cadre de l’évolution.
3) Justifier que les baleines sont bien des
tétrapodes.
1) Ces organes articulés représentent les restes d’un bassin.
2) L’ancêtre de la baleine avait des membres postérieurs.
3) Les baleines ont eu des membres postérieurs qui ont disparu au cours du temps. Ils
font donc bien partie des tétrapodes.
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c. La génétique
Doc 2 bis
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1) Nommer le second élément qui, avec la cellule, fonde l’unité du vivant (doc 1).
C’est l’ADN qui, avec la cellule, fonde l’unité du vivant.
2) A. Trouver des arguments en faveur d’une parenté étroite entre l’Homme et le
chimpanzé (doc 2 bis).
13 paires de chromosomes identiques
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B. Proposer une hypothèse pour expliquer la différence du nombre de chromosomes
entre l’Homme et le chimpanzé (doc 2 bis).
Il semblerait qu’il y ait eu une fusion de 2 chromosomes : la paire 2a et 2b chez le
chimpanzé pour donner la paire 2 chez l’Homme.
C. Proposer une explication à la forte ressemblance entre l’ADN de l’Homme et celui
du chimpanzé (doc 1 et 2).
L’Homme et le chimpanzé ont 98,8% d’information génétique en commun.
Seulement 49 régions dans la molécule d’ADN sont différentes.
3) Repérer les espèces du doc 3 sur l’arbre du vivant. Que pouvez-vous dire sur le gène
pax-6 ?
Trois espèces sont présentées : la mouche du vinaigre, la souris domestique et
l’Homme qui ont un gène identique, pax-6, qui provoquent la cécité.
4) Rédiger deux arguments pour démontrer que tous les organismes vivants cités ont une
origine commune et ont donc des liens de parenté.
Toutes les espèces citées ont un certain pourcentage d’ADN en commun. De plus,
certains gènes ont exactement la même fonction d’une espèce à l’autre.
Conclusion : expliquer l’unité du vivant dans le cadre de l’évolution.
Tous les êtres vivants descendent d’un ancêtre commun inconnu, qui a transmis ses
caractères à des espèces d’aujourd’hui, d’où le fait que toutes les espèces ont un
pourcentage de gènes en commun.
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3. La phylogénie humaine
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Dans le document 1, on peut voir que l’Homme appartient au groupe des primates
(dont un caractère est le pouce opposable) tout comme le chimpanzé, le gorille,
l’orang-outan et le gibbon.
Le document 2 nous montre quelques espèces de la lignée humaine, dont certaines
vivaient à la même époque. L’évolution de l’Homme n’est pas linéaire mais
buissonnante !
Le document 3 est une carte montrant la conquête du monde par Homo sapiens,
commençant il y a 200 000 ans en Afrique.
Le document 4 met en évidence des caractéristiques physiques, technologiques et
culturelles entre Homo sapiens et Homo erectus, prouvant de fait que les deux espèces
étaient proches.
Conclusion :
L’Homme est bien un primate de par ses caractéristiques identiques à des espèces
d’aujourd’hui (chimpanzé, gorille…).
La découverte de nombreux fossiles et leur datation ont permis de mettre en lumière
le long processus évolutif de l’Homo sapiens, dernier vestige d’une évolution
buissonnante.
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Dans une première version de la lignée humaine, celle-ci était linéaire. On plaçait en
tant qu’ancêtre le fossile le plus âgé : Australopithèque (Lucy), H. habilis, H. erectus, H.
Néanderthalensis et H. sapiens.
Mais des fossiles encore plus anciens que Lucy ont été découverts en Afrique. Lucy
n’était donc plus « la mère de l’espèce humaine ». Ceci a remis en cause la version
linéaire de la lignée humaine : la nouvelle version est buissonnante !
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