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Les Sciences de La Nature: SECTION 2 Qu'est-Ce Que La Réalité ?

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SECTION 1 : L’épistémologie dans la recherche et dans le management

L'épistémologie en recherche en management examine les hypothèses sous-jacentes et les


débats théoriques au sein de ce domaine. Trois grands référentiels influencent cette réflexion :

1. Les sciences de la nature : Ce référentiel, dominant et basé sur le positivisme,


privilégie la quantification, la validation empirique et l'objectivité du chercheur. Bien
qu'il évolue vers le post-positivisme, il demeure prédominant dans plusieurs
disciplines, y compris le management.
2. Les sciences humaines et sociales : Contrairement au précédent, ce référentiel rejette
l'application des principes des sciences naturelles aux phénomènes sociaux. Il repose
sur l'interprétativisme, qui met l'accent sur la compréhension des significations et des
contextes sociaux plutôt que sur la recherche de régularités causales.
3. Les sciences de l’ingénieur : Ce référentiel se concentre sur la conception et la
construction d'artefacts. Le constructivisme radical qui en découle soutient que la
connaissance est activement construite par le chercheur, en fonction de son
expérience.

Ces trois perspectives soulèvent des questions fondamentales sur la nature de la réalité, la
connaissance, ses critères de validité et son influence sur le monde. Les débats entre réalisme
et constructivisme structurent le champ, mais ces frontières évoluent continuellement,
enrichissant ainsi la réflexion épistémologique et méthodologique.

SECTION 2 Qu’est-ce que la réalité ?

Cette section examine la question de la réalité en management à travers divers paradigmes


épistémologiques, en distinguant deux approches principales : réaliste et constructiviste.

1. Paradigmes réalistes (positivisme, post-positivisme, réalisme critique) :


o Ces paradigmes soutiennent que la réalité possède une essence propre,
indépendante de l'observation humaine. Le positivisme considère la réalité
comme un ensemble de lois immuables qui régissent l'univers, avec une
méthodologie scientifique visant à découvrir ces lois universelles. Le réalisme
critique, en revanche, reconnaît que l'essence de la réalité est inaccessibile,
mais qu'il est possible d'observer des manifestations partielles à travers des
événements concrets.
2. Paradigmes constructivistes (interprétativisme, postmodernisme, constructivisme
ingénierique) :
o Dans cette perspective, la réalité est perçue comme une construction humaine,
dépendante des interactions sociales, du contexte et du langage. Il n'existe pas
d'essence propre à la réalité ; les phénomènes sociaux résultent des intentions,
des significations et des pratiques des acteurs. Cette approche met en avant la
nature subjective, symbolique et dynamique de la réalité, qui évolue
constamment à travers les interactions et les interprétations des acteurs.

En somme, les divergences épistémologiques entre ces deux courants révèlent différentes
manières de comprendre la nature et la connaissance du management.
SECTION 3 Qu’est ce que la connaissance

La théorie de la connaissance, ou gnoséologie, est une branche de la philosophie qui interroge


la nature, les moyens et la valeur de la connaissance. Elle aborde des questions telles que :
Qu'est-ce que connaître ? Quels sont les moyens humains d'acquérir la connaissance
(expérience, raison) ? Comment peut-on garantir l'authenticité de la connaissance d'un objet ?

Un des débats centraux concerne la relation entre le sujet connaissant et l'objet à connaître,
particulièrement dans les sciences humaines, sociales et de l’ingénieur. Cela soulève deux
grands axes de réflexion : la nature de la connaissance (objective ou relative) et les critères de
validité de cette connaissance.

1. Réalismes : Les épistémologies réalistes soutiennent que la connaissance permet de


décrire la réalité et vise à découvrir les lois qui la régissent. Par exemple, le
positivisme prône une méthodologie visant une objectivité totale, où l'observation d'un
objet ne doit pas en altérer la nature. En revanche, le réalisme critique admet que la
connaissance est contextuelle et difficile à reproduire en laboratoire, préférant des
méthodes qualitatives pour appréhender la réalité.
2. Relativismes et constructivismes : À l'opposé du réalisme, le constructivisme et le
relativisme soulignent que la connaissance est influencée par le sujet connaissant et
par les contextes d'interaction. La réalité est perçue comme instable, dépendante des
expériences et des intentions. Les approches interprétativistes et constructivistes
insistent sur le fait que la réalité est construite plutôt que simplement perçue,
nécessitant une méthodologie qui tienne compte de cette dynamique de construction.

En somme, la connaissance oscille entre ces deux conceptions, présentant des positions
variées selon les paradigmes adoptés.

SECTION 4 Qu’est ce qu’une connaissance valable

La notion de connaissance valable interroge la valeur et la validité des connaissances


produites, reposant sur deux questionnements fondamentaux : d'une part, la valeur, souvent
liée à la vérité, qui sert de critère pour évaluer la connaissance scientifique, et d'autre part, la
validité, qui se concentre sur les procédures assurant cette valeur.

Traditionnellement, la vérité est vue comme un critère de distinction entre les connaissances
scientifiques et les croyances ou opinions non vérifiables. Pour qu'une connaissance soit
considérée comme valable, elle doit établir les conditions de sa vérité, ce qui nécessite
d'examiner différentes conceptions de la vérité.

1. Vérité-correspondance : Dans une perspective réaliste, la vérité est définie par sa


correspondance avec la réalité. Le positivisme cherche à établir une vérité universelle
par le biais de la vérifiabilité. Le critère de confirmabilité proposé par Carnap souligne
la nature probabiliste de la vérité, tandis que Popper introduit le critère de réfutabilité,
affirmant qu'une théorie est scientifique si elle peut être falsifiée.
2. Vérité-adéquation : En contraste, les épistémologies constructivistes, telles que
l’interprétativisme, soutiennent que la connaissance est relative et dépend du contexte.
Une connaissance adéquate est alors celle qui est jugée pertinente par rapport à une
situation donnée, en tenant compte des perspectives et des interactions des acteurs
concernés.
Ces débats sur la validité et la généralisabilité des connaissances engendrent des discussions
au sein de la communauté de recherche. Il est essentiel d’expliciter le « point de vue de
connaissance » du chercheur pour éviter le réductionnisme. Les épistémologies
constructivistes soulignent également que la recherche est influencée par son environnement
social, remettant en question l'impact et la réception de la connaissance produite.

En résumé, la connaissance valable oscille entre ces deux conceptions, avec des implications
variées selon les paradigmes épistémologiques adoptés.

SECTION 5 LA connaissance est elle sans effet

Les débats épistémologiques en management au cours des deux dernières décennies ont
enrichi la réflexion sur les méthodes de recherche et les critères d'évaluation. Ils ont amené à
reconsidérer certains concepts traditionnels, tels que le leadership et le changement, tout en
introduisant de nouveaux objets d'étude comme le discours. Cependant, certains chercheurs
soulignent que ces réflexions peuvent détourner l'attention des dimensions politiques et
éthiques de la recherche, suggérant que la question de la valeur de la connaissance pourrait
masquer les valeurs que le chercheur promeut.

Ce débat s'inscrit dans les discussions en sociologie des sciences, où deux perspectives
s'opposent :

1. Conception autonome de la science : Les partisans d'une science indépendante de la


société affirment que l'activité scientifique doit se dérouler sans influences sociales.
Ce point de vue, soutenu par des philosophes comme Bachelard et Popper, défend une
séparation entre science, technologie et politique, affirmant que la science est régie par
ses propres normes.
2. Science en société : À partir des années 1960, d'autres travaux contestent cette vision,
suggérant que les choix scientifiques et techniques sont également des structures
politiques. Ils interrogent la performativité des sciences, se demandant comment
celles-ci peuvent contribuer à l'émancipation et au fonctionnement démocratique.

La performativité peut être définie de deux manières :

 Dans un sens technique (Lyotard, 1978) : Elle fait référence à l'efficacité d'un
système à produire des résultats tout en augmentant sa capacité à administrer la
preuve, souvent au détriment des valeurs de la recherche.
 Dans un sens discursif (Austin, 1963 ; Butler, 1996) : Elle désigne les effets produits
par un énoncé dans un contexte donné, soulignant le rôle du discours dans le maintien
des institutions et des rapports de force.

Ces considérations incitent les chercheurs à réfléchir sur les valeurs et les finalités de leur
recherche, ainsi que sur ses conséquences concrètes. Une réflexivité "radicale" est essentielle,
car elle permet de remettre en question les hypothèses sous-jacentes et de dépasser les
approches dominantes. Les tournants linguistique, réaliste et pragmatiste mettent en évidence
l'importance du questionnement épistémologique dans le développement de la recherche en
management.

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