Droit et contentieux du CEDH
Examen : oral (questions de cours) => 10mn de préparations puis 10 minutes de questions.
(intro sera au partiel)
Bibliographie : CEDH + CDFUE
Runochi, Droit européen et droit de l’homme
Introduction
Objet du cours. L’objet du cours est le droit de la convention européenne des droits de l’homme, mais des incursions
seront fait sur le droit de l’Union européenne car il y a des contentieux communs. Nous étudierons le droit positif de
la CEDH : les droits et les libertés prévus par des normes.
Le droit européen des droits de l’Homme s’est développé après la Seconde Guerre Mondiale : les droits de l’Homme
ont été considéré comme l’un des moyens d’assurer la paix mondiale. Cela a débouché sur la CEDH.
Nous verrons trois parties :
- I. Définition de la notion des droits de l’Homme
- II. L’internationalisation des droits de l’Homme
- III. L’européanisation des droits de l’Homme
I. Définition de la notion des droits de l’Homme
La notion de droits de l’Homme est ancienne puisqu’elle apparait dans la DDHC de 1789 : « l’ignorance, l’oubli ou le
mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics ».
Evolution. La terminologie de « droits de l’Homme » a évolué : la notion de « droit » se distingue de celle de
« liberté » (A)
A. La distinction entre les « droits » et les « libertés »
Définition. La liberté est le pouvoir d’agir selon sa propre détermination : c’est l’absence de contrainte. Selon
la DDHC, tous les hommes naissent libre et le droit de reconnaître cette liberté.
Dans la DDHC, il existe deux articles importants. L’article 4 de la DDHC donne une définition négative de la liberté : la
liberté consiste, ici, à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque
Homme n’a de borne que celle qui assure aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces
bornes ne peuvent être déterminés que par la loi ».
Certes, la liberté est le pouvoir d’agir sans contrainte : mais en droit, la liberté n’est pas absolue puisqu’elle doit
s’arrêter là dès qu’elle nuit à autrui. La loi va interdire certains comportements qui porteraient atteinte aux autres
membres de la société.
L’article 5 de la DDHC précise que « la liberté est ce qui n’est pas interdit par la loi ».
Définition. Le droit ne peut que résulter de l’ordre juridique : il ne peut pas être antérieur au droit. Tant dit
que la liberté existe à l’origine, puis la loi vient la limité. Le droit à l’origine n’existe pas : lorsque vous naissez, vous
n’avez pas un droit en tant qu’individu mais parce qu’on est dans un ordre juridique qui promeut ce droit.
La définition entre « droit » et « liberté » est parfois confuse : on utilise de manière interchangeable. Il existe 2
catégorisations :
Catégorie 1. Les droits-libertés. Ils sont essentiellement composés de libertés.
- Génération 1. Les droits naturels
- Génération 2. Les droits sociaux
- Génération 3. Les droits environnementaux
Exemple. La liberté d’aller et venir, la liberté d’expression, la liberté de conscience ou la liberté de mener une vie
familiale normale.
Catégorie 2. Les droits-créance. Ce sont bel et bien des droits.
Exemple. Le droit à la santé, le droit au travail, le droit au logement ou encore le droit au transport.
Il existe 3 différences entre ces deux catégories :
- Différence 1. Le mode de réalisation est différent : les libertés exigent une abstention de l’Etat (l’individu ne
doit pas être entraver dans la jouissance de ces libertés individuelles) alors que le droit-créance suppose une
intervention active des pouvoirs publics.
- Différence 2. La philosophie générale est différente : les droits-libertés ont une connotation libérale qui
garantissent à l’individu une autonomie intellectuelle et juridique alors que les droits-créances ont une
connotation sociale (ils ont pour objectif de réduire les inégalités dans une perspective de justice sociale).
- Différence 3. Les droits-libertés sont des droits de l’Homme dont la protection est garantie en justice de
manière absolue, alors que les droits-créances sont subordonnés à certaines conditions (= droit
conditionnel).
o Exemple. Droit au chômage
A retenir. Il y a une distinction entre « droit » et « liberté » : il faut être capable de comprendre que ça c’est plutôt
une liberté et non réellement un droit.
B. La notion de liberté public
Histoire. Dès la IIIe République, les droits fondamentaux sont protégés par l’intermédiaire de la loi (celle-ci est la
norme fondamentale : Etat légale). A cette époque, on parlait de « liberté public » et non droits de l’Homme : il est
toujours utilisé aujourd’hui, mais devenu désuet.
Pourquoi le terme « droits de l’Homme » n’a pas été repris ? Car le terme est trop philosophique et historique : on a
préféré adopter le terme de « liberté public ».
Les libertés sont publiques pour deux raisons :
- Raison 1. Ce sont des libertés consacrées par l’Etat : elles supposent l’intervention du législateur.
- Raison 2. Les libertés publiques n’ont pas seulement une finalité individuelle mais aussi une finalité sociale.
C. La notion de liberté fondamentale
Evolution. Le passage de « liberté public » à « liberté fondamentale » a été faite parallèlement par le passage de
« l’Etat légale » (IIIe République) à « l’Etat de droit » (Ve République) : le Conseil constitutionnel peut contrôler la
constitutionnalité de la loi.
« Fondamentale » car elles sont prévues par un texte suprême et par conséquent au sommet de l’ordre juridique :
elle doit être respectés par les autres normes juridiques (notamment la loi).
En droit européen, on parle plutôt de « droit fondamentale » : mais il ne faut pas en faire une généralité.
II. L’internationalisation des droits de l’Homme
A l’origine, le droit international ne consacrait pas le droit de l’homme : il était là pour régir les relations entre les
Etats. Pourquoi ? En vertu du principe de souveraineté des Etats, le droit international n’a pas à vocation à régir les
relations entre les Etats et leurs nationaux. Or, s’il vient garantir des droits fondamentaux, il impose en réalité aux
Etats de respecter ces droits vis-à-vis de ces nationaux.
Toutefois, le droit international a toujours eu pour vocation de régir le droit humanitaire : de protéger les victimes de
conflits armés. Mais à part ça, rien.
La première évolution vers une consécration des droits fondamentaux par le droit international a eu lieu après la
Première Guerre Mondiale. Après la PGM, les droits fondamentaux sont apparus comme le moyen d’assurer la paix
mondiale. Dans l’évolution, il y a eu 5 étapes différentes :
- Etape 1. La protection des minorités
- Etape 2. La consécration des droits fondamentaux par la Charte de l’ONU
- Etape 3. La consécration des droits fondamentaux par la CEDH (et les protocoles additionnels)
- Etape 4. L’adoption de Convention internationale particulière : ces conventions vont être concentré dans un
domaine spécifique
- Etape 5. L’approfondissement de la protection des droits fondamentaux au niveau régionale.
A. La protection des minorités
Après la PGM, deux traités consacrent des droits de l’Homme pour la première fois :
- Le traité concernant la reconnaissance de l’indépendance de la Pologne et la protection des minorités (1919)
- Le traité concernant l’indépendance de la Tchécoslovaquie et la protection des minorités (1919)
Ces deux traités posent le principe d’égalité des citoyens de ces pays devant la loi et précisent que l’appartenance à
une minorité ne doit jamais conduire à une situation diminuée quant à la jouissance des droits civiques, politiques et
autres. Cela signifie que la Pologne et la Tchécoslovaquie doivent respecter l’égalité des citoyens devant la loi, y
compris ses minorités.
En plus, ces traités prévoient une procédure de sanction lorsque ces 2 Etats ne respectent pas leurs obligations. Dans
le cadre de la procédure :
- Etape 1. Chaque membre des minorités s’estimant lésés pouvaient adressés des pétitions au Conseil de la
Société des Nations.
- Etape 2. Le Conseil pouvait saisir la Cour permanente de justice internationale
Mais, cela n’a pas fonctionné en pratique : le Conseil n’a pratiquement pas saisi la Cour.
B. La Charte des Nations unies
Signée le 26 juin 1945, cette charte pose les fondements de l’ONU. Dans le cadre de cette charte, le respect des
droits de l’Homme apparaît comme primordiale. D’abord, on le retrouve dans le préambule de la Charte puis à
l’article 1er de la Charte.
Le préambule de la Charte mentionne la volonté « d’éviter le retour à la guerre et la foi des auteurs du texte dans les
droits fondamentaux de l’Homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des
Hommes et des Femmes ainsi que des nations grandes et petites ».
Il est rappelé à l’article 1er de la Charte que l’objectif des Nations unies est d’encourager le respect des droits de
l’Homme et des libertés fondamentales pour tous sans distinction de race, de sexe, de langue, ou de religion.
Nuance. Les instances de l’ONU ne peuvent pas faire grand-chose pour garantir l’effectivité des droits fondamentaux.
- Limite 1. L’AG des Nations unies et le Conseil économique et sociale peuvent adopter seulement des
recommandations ou des projets en ce qui concerne les droits fondamentaux.
- Limite 2. L’article 2§7 de la Charte : « aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations unies à
intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un Etat ni n’oblige les
membres à soumettre les affaires de ce genre à une procédure de règlement au terme de la présente
charte ».
L’article 2 a été interprété de manière restrictive : les droits fondamentaux relèvent essentiellement de la
compétence de l’Etat. Cette interprétation a exclu toute portée contraignante de la Charte à l’égard des droits de
l’Homme.
C. La déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) et les pactes internationaux de 1966
DUDH = 1948 = pas de portée contraignante
L’AG souhaite adopter une charte des droits de l’Homme ayant portée contraignante. Elle créé une commission
chargée de rédiger cette charte : après 2 années de négociations, le projet abouti en 2 textes distincts (1966).
- Le pacte relatif au droit civil et politique = droit 1er génération = droits-libertés
- Le pacte relatif au droit économiques, sociaux et culturelles = droit 2e génération = droit-créance
Ces pactes ont une procédure de contrôle en cas de non-respect par les Etats.
- Etape 1 (contrôle en amont). D’abord, il va être créer un comité des droits de l’Homme : ce comité demande
aux Etats des rapports sur les mesures prisent pour rendre effectif les droits garantis.
- Etape 2. Ce comité ne vient pas ici condamner l’Etat : il peut seulement obliger les Etats à s’expliquer devant
un comité de conciliation.
Critique. C’est une avancé, mais pas importante.
D. L’adoption de Convention particulière au niveau international
Sous l’égide de l’ONU, des conventions vont être signés : ils vont garantir des droits fondamentaux dans certaines
domaines.
Exemple. Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (1948). La convention contre la
torture et autres peines ou traitements inhumains/dégradants (1984). Convention relative au droit de l’enfant :
l’intérêt de l’enfant est une considération primordiale.
Limite. Pas de procédure de sanction.
C’est au niveau régional que la protection des droits de l’Homme va être réellement consacré.
E. L’approfondissement de la protection des droits de l’Homme au niveau régionale
Cette protection s’opère dans le continent américain, européen et africain de manière différente.
1. La protection en Europe
L’adoption de la Conv. EDH (1950) consacre une liste de droits fondamentaux garanties.
2. La protection en Amérique
Elle s’est faite en plusieurs étapes :
- 1. Adoption de la Charte de l’Organisation des Etats américains (1948)
o Consolidation du régime des libertés individuelles et de justice basée sur le respect des droits
fondamentaux de l’Homme
o Limites. Pas d’instance permettant de garantir que les droits fondamentaux seront respectés +
n’établie pas une liste de droits fondamentaux.
- 2. Création de la commission interaméricaines des droits de l’Homme chargés de promouvoir le respect des
droits de l’Homme
- 3. Adoption de la Convention américaine relative au droit de l’Homme (1969)
o CEDH mais version continent américain
o Création de la Cour américaine des droits de l’Homme afin de mettre en œuvre un mécanisme de
contrôle
a) Etape 1. Si un Etat américain viole la Convention, le requérant peut adresser une pétition à la
Commission interaméricaines des droits de l’Homme
b) Etape 2. La Commission va favoriser un règlement amiable des affaires (solution
diplomatique).
c) Etape 3. En cas d’échec, la Commission saisie la Cour américaine
Par opposition, les Etats peuvent directement saisir la Cour américaine ou la Commission interaméricaine.
3. La protection en Afrique
Organisation de l’unité africaine a adopté, en 1963, la Charte de l’Unité africaine. Cette charte affirme l’adhésion au
principe de la DUDH.
2 organes afin de respecter les droits fondamentaux : la Commission africaine des droits de l’Homme et la Cour
africaine des droits de l’Homme.
III. L’européanisation des droits de l’Homme
Au niveau européen, la protection des droits de l’Homme est beaucoup plus poussée. Il y a 2 textes principaux :
- CDFUE
- Conv. EDH
A. Le processus historique de la proclamation des droits de l’Homme
1. Le Conseil de l’Europe (CdE) et la Conv. EDH
La Conv. EDH a été signé à Rome en 1950, puis entrée en vigueur en 1953. Elle est considérée comme le modèle le
plus perfectionné de la protection des droits de l’Homme au niveau mondial.
Le CdE est une organisation internationale créé en 1949 avec la signature du Traité de Londres : une volonté d’éviter
un nouveau conflit au niveau européen. Après le discours de Churchill (1946), le Congrès de la Haye (1948) va
permettre de naître une opposition entre les unionistes et les fédéralistes.
- Les unionistes souhaitent établir une OI fondée sur la coopération interétatique (une décision ne peut être
prise qu’à l’unanimité)
o Exemple. Royaume-Unis
- Les fédéralistes souhaitent créer une organisation d’intégration dans laquelle les instances de l’organisation
pourraient prendre des décisions à la majorité.
o Exemple. France, Allemagne, Italie
A la fin du Congrès de la Haye, les unionistes remportent une victoire : le Conseil de l’Europe est mis en place. En
1949, le Traité de Londres est signé par 10 Etats afin d’adhérer au Conseil de l’Europe.
Article 1er. Le principe du CdE est de « réaliser une union plus étroite entre ses membres par la sauvegarde et le
développement des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ».
C’est la raison pour laquelle que la toute première convention adoptée par le CdE est la Conv. EDH. La France a ratifié
la Conv. EDH en 1974. La convention est considérée par la Cour. EDH comme l’instrument constitutionnelle de l’ordre
juridique européen (CEDH, 1995, Loizidou c. Turquie).
2. Le retard de l’Union européenne dans la consécration écrite des droits fondamentaux
Dans le droit de l’UE, la CDFUE garantie les droits fondamentaux : contraignant depuis 2009 (Traité de Lisbonne). La
construction communautaire s’est réalisée au travers de la CECA (6 fondateurs : DE, FR, IT, NL, LX) = une construction
économique au travers de la Communauté économique européenne (CEE).
3. Le recours de la CJCE au PGD
L’objectif est économique et non de protéger les droits fondamentaux. En absence de protection, la CJCE est devenu
protéger des droits fondamentaux au travers des PGD en 1969 et 1970.
Au début. Silence des traités : pas de protection des droits fondamentaux car le Traité de Rome a une vocation
commerciale et non politique
Il y a eu une résistance des cours constitutionnelles nationales qui refusaient d’appliquer le droit communautaire
(droit de l’UE prime sur le droit national) :
- C. constitutionnel italienne (Sollange, 1964) et allemande (Frontini, 1973) : si le droit de l’UE ne respecte pas
nos droits fondamentaux inscrit dans nos constitutions, on ne respectera pas la primauté de l’UE.
o CJCE, 1969, Stauder : déclare que les droits fondamentaux vont être protégé grâce à des PGDc
- CJCE, 1970, Internationale H. : afin de créer des PGD, elle s’inspire :
o 1) des traditionnels constitutionnels communes aux Etats membres ;
o 2) des accords internationaux que les Etats ont ratifiés tel que la CEDH (CJCE, 1974, Nold)
a) La Conv. EDH devient une source matérielle des droits fondamentaux en tant que PGD (CJCE,
1975, Rutili) : la CJCE s’inspire des principes garantis par la CEDH et elle le fait entrer dans
l’ordre juridique communautaire pour pouvoir les contrôler dans la catégorie des PGD.
Traité de Maastricht (1992) : inscription des droits fondamentaux = ce traité constitutionnalise l’acquis
jurisprudentiel. Mais l’adoption de cette disposition opère la reconnaissance d’un acquis plutôt qu’elle ne représente
une avancée véritablement nouvelle : elle se borne à codifier la jurisprudence d’abord développée par la Cour de
justice des C.E. à sa propre initiative.
Traité d’Amsterdam (1997) : mise en place d’une garantie politique des droits fondamentaux au travers du nouvel
article 7 du TUE (procédure de sanction à l’égard d’un Etat membre qui ne respecte pas de l’UE : vise à supprimer le
droit de vote).
Sanction du fait du non-respect de l’article 2 du TUE :
- Article 7 du TUE : mécanisme de sanction en réponse aux violations des libertés fondamentales perpétrées
par un État membre.
o 1. Le Conseil (phase préventive) = donne des recommandations à l’Etat
o 2. Si persistance de l’Etat (phase répressive)
a) a) Le Conseil européen, statuant à l’unanimité sur proposition d’1/3 des Etats membres (1)
ou de la Commission et après approbation du Parlement (2), peut constater formellement la
violation grave et persistante de l’article 2 du TUE
b) b) Grâce à la constatation = Conseil à la majorité qualifiée, peut suspendre le droit de vote de
l’Etat au sein du Conseil.
Grâce à l’adoption de la CDFUE (Traité de Nice, 2000), l’UE est enfin dotée de son propre catalogue de droits
fondamentaux. Elle consacre des droits civils, politiques et sociaux.
A une valeur juridique de droit primaire contraignant avec le traité de Lisbonne à l’article 6§3 du TUE (confirmée
CJUE, 2010, Kücükdeveci)
B. Le contenu du droit européen des droits de l’Homme
1. La Conv. EDH
Ici, nous parlerons de la structure et le contenu de la Convention.
Question. Comment est structurée la Conv. EDH ?
- 1. D’abord, il y a un préambule : elle énonce les objectifs des auteurs du texte
- 2. Ensuite, il y a les 59 articles listés en 3 titres
o Titre 1 (art. 2 à 19). Droits et libertés
a) Art. 2 : droit à la vie
b) Art. 3 : interdiction de la torture
c) Art. 4 : interdiction de l’esclavage
d) Art. 5 : droit à la liberté et à la sûreté
e) Art. 6 : droit à un procès équitable
f) Art. 8 : droit au respect à la vie privée
g) Art. 10 : liberté d’expression
h) Art. 14 : interdiction de la discrimination
o Titre 2 (art. 19 à 51). Cour européenne des droits de l’Homme (= explique le fonctionnement)
o Titre 3 (art. 52 à 59). Dispositions diverses
Il existe deux types de droits :
- Les droits intangibles : aucune dérogation (ex : art. 2, art. 3, art. 4).
- Les droits conditionnels : dérogation possible mais soumis à 3 conditions (le reste des articles).
o Condition 1. La dérogation doit être prévu par la loi
o Condition 2. La dérogation doit poursuivre un intérêt légitime
o Condition 3. La dérogation doit être nécessaire dans une société démocratique
A la fin de la Conv. EDH, il y a des protocoles additionnels : ce sont des accords qui complètent ou modifient un traité.
Il y a 2 types de protocoles :
- Protocoles garantissant les champs d’application de la Convention
o Protocole n°6 et 13 : relatif à la peine de mort
- Protocoles relatifs au système de contrôle (modifie la manière dont fonctionne la Cour. EDH)
o Protocole n°11, n°14, n°16
2. La CDFUE
La CDFUE contient différents droits qui vont être classés dans différents titres.
- Titre 1. La dignité
- Titre 2. Les libertés
- Titre 3. L’égalité
- Titre 4. La solidarité
- Titre 5. La citoyenneté
- Titre 6. La justice
- Titre 7. L’interprétation et l’applicabilité de la Charte
Séance n°2. Le système de la protection de la Conv. EDH
Histoire. A l’origine, il existait 3 institutions qui pouvaient opérés le contrôle du respect des droits fondamentaux par
les Etats membres.
- 1. La CEDH
- 2. La Commission européennes des droits de l’Homme (Com. EDH)
- 3. Le Comité des ministres
Comment cela fonctionnait à l’époque ? Lorsqu’un justiciable considérait qu’un Etat partie à la Convention violait la
Conv. EDH, il devait saisir la Com. EDH (1). La Com. EDH vérifiait la recevabilité de la requête (2) (et dans certains cas,
le fond de l’affaire). Si l’affaire était trop sensible/complexe, elle pouvait saisir la Cour. EDH ou le Comité des ministres
(3). La Cour. EDH ou le Comité des ministres pouvaient rendre une décision juridictionnelle.
Critique. Procédure trop longue et complexe.
C’est pourquoi une modification a été réalisé : le protocole n°11 (1998) => suppression de la Com. EDH et le Comité
des ministres ne peut plus rendre de décisions juridictionnelles.
Procédure. La CEDH est composée de plusieurs formations :
- D’abord, le Comité de 3 juges vérifie la recevabilité de la requête : à l’unanimité, ils peuvent déclarés la
requête irrecevable
o Si la requête est recevable : celle-ci est renvoyé vers une chambre de 7 juges
- Ensuite, la chambre de 7 juges vérifie la recevabilité de la requête : après tentative de conciliation, ils
statuent sur le fond de l’affaire.
- Enfin, l’arrêt rendu par la chambre de 7 juges devient définitif dans un délai de 3 mois si aucune partie n’a
demandé le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre
o Un collège de 5 juges accepte le renvoi vers la grande chambre si l’affaire soulève une question grave
relative à l’interprétation ou à l’application de la Convention ou de ses protocoles
I. La Cour. EDH
A. Caractéristiques générales
La Cour. EDH a été créé en 1950 : elle est une juridiction internationale permanente et indépendante depuis 1998.
Composition. Il y a autant de juge que de partie à la Convention : 46 juges pour 46 Etats membres. Les juges ont un
mandat unique de 9 ans. Le juge est élu par l’Assemblée du Conseil de l’Europe à la majorité, sur une liste de 3
candidats qui a été présenté par chaque Etat membre.
Les juges exercent à plein temps : toute autre activité est incompatible avec les exigences d’indépendance,
d’impartialité et de disponibilité. La Cour. EDH élit pour 3 ans, son président et son vice-président.
B. Les formations de la Cour. EDH
L’assemblée plénière de la Cour. EDH n’a pas de compétence contentieuse : c’est la réunion de tous les juges de la
Cour. EDH. Celle-ci exerce uniquement des compétences administratives (ex : élire le Président de la Cour, les
Présidents des chambres, le greffier etc..).
Il existe 4 sections contentieuses et au sein de ces sections, ils existent plusieurs formations. Depuis le protocole
n°14, il y a :
- 1. Un juge unique
o Compétence. Rejette la requête manifestement irrecevable.
- 2. Un comité de 3 juges
o Peut vérifier la recevabilité des requêtes individuelles
o Statue sur le fond de l’affaire à la condition que celle-ci fasse l’objet d’une jurisprudence établie (=
jurisprudence constante/fixer par un arrêt de principe par la grande chambre)
- 3. La chambre des 7 juges
o Compétence. Rend un jugement au fond : ils traitent des requêtes individuelles et étatiques.
- 4. La grande chambre de 17 juges
o Constitué pour 3 ans et sa composition doit assurer un équilibre géographique
o Compétence. Fonction contentieuse et consultative
a) Fonction contentieuse. Il existe 2 situations
Situation 1. L’article 43 de la Conv. EDH : dans un délai de 3 mois, à compter de la
date de l’arrêt de la chambre, toute partie à l’affaire peut dans des cas exceptionnels
demander le renvoi de l’affaire devant la G. ch (la question soulève une question
grave relative à l’interprétation de la Convention ou de ses protocoles).
Situation 2. L’article 30 de la Conv. EDH :
o Hypothèse 1. Si l’affaire pendante devant une chambre soulève une
question grave relative à l’interprétation de la Convention ou de ses
protocoles
o Hypothèse 2. Si la solution d’une question peut conduire à une contradiction
avec un arrêt rendu antérieurement par la Cour. EDH, la chambre peut
(avant qu’elle rende son arrêt) se dessaisir au profit de la grande chambre à
moins que l’une des parties ne s’y opposent
1. Compétence de la CEDH
a) Compétence consultative.
Il en existe 2 :
Fonction 1. L’article 46§3 : « lorsque le Comité des ministres estime que la surveillance de l’exécution d’un arrêt
définitif est entravée par une difficulté d’interprétation de cet arrêt, il peut saisir la grande chambre de la Cour afin
qu’elle se prononce sur cette question d’interprétation »
- Le Comité surveille que les Etats respectent bien les arrêts rendu par la Cour : par exemple, en demandant un
rapport.
- Si le Comité remarque que l’arrêt rendu par la Cour soulève une question d’interprétation, il va pouvoir saisir
la grande chambre pour lui demander de se prononcer sur cette interprétation.
Fonction 2. Le protocole n°16 : « la Cour, à la demande du Comité des ministres, donnait des avis consultatifs sur des
questions juridiques concernant l’interprétation de la Convention et de ses protocoles »
- Le protocole n°16 de la Conv. EDH (2013) permet aux plus hautes juridictions nationales de saisir la grande
chambre de la CEDH pour lui demander de se prononcer sur l’interprétation sur tel ou tel dispositions.
o Précision 1. Seule le Conseil d’Etat, la Cour de cassation et le Conseil constitutionnel peuvent saisir la
grande chambre
o Précision 2. La procédure est facultative : ils ont le choix de saisir la Cour. EDH d’une demande d’avis.
La grande chambre n’a pas l’obligation de répondre : elle le fait uniquement si c’est pertinent
o Précision 3. La Cour. EDH rend un avis non contraignant et non un arrêt.
- Dans quel cas un avis peut-il être opéré ?
o Condition 1. La demande ne peut être sollicité que dans le cadre d’une affaire pendante devant la
juridiction
o Condition 2. La demande doit concerner des questions de principe relative à l’interprétation ou à
l’application des droits et libertés défini par la Conv. EDH ou ses protocoles.
o Condition 3. L’affaire doit poser des questions juridiques importantes
o Condition 4. La juridiction nationale doit démontrer que la question est déterminante pour l’issue de
l’affaire.
Précision. Bien apprendre la formation de la Cour. EDH.
b) Compétence contentieuse (art. 32)
Depuis le protocole n°11 (1994), la juridiction de la CEDH est obligatoire pour tous les Etats parti à la Convention. La
Cour. EDH se reconnaît compétente pour toutes questions relatives à l’interprétation et à l’application de la Conv.
EDH ou de ses protocoles additionnels (art. 32§1).
En cas de contestation sur le point de savoir si la Cour est compétente, la Cour décide elle-même si elle est
compétente pour trancher le litige (art. 32§2)
2. La saisine de la Cour. EDH
Il existe 2 types recours possible devant la CEDH
- Recours interétatique (art. 33)
- Recours individuelle (art. 34)
a) Recours interétatique (art. 33)
L’article 33 dispose que « Toute Haute Partie contractante peut saisir la Cour de tout manquement aux dispositions
de la Convention et de ses protocoles qu'elle croira pouvoir être imputé à une autre Haute Partie contractante ».
Condition. Seul un Etat partie à la Convention (1) peut saisir la Cour (2) pour une violation de la Conv. EDH (3) par un
autre Etat contractant (4)
Un Etat ne peut pas saisir la CEDH contre un individu.
Il s’agit une action publique : l’Etat requérant agit, non pas pour faire respect ses propres droits, mais pour
soumettre à la Cour une question qui touche à l’« ordre publique de l’Europe » (CEDH, 1961, Autriche c. Italie) :
comprend les valeurs de la Conv. EDH.
Un Etat, lorsqu’il fait un recours interétatique, il peut agir au nom des nationaux des autres Etats. Le plus souvent,
c’est fait pour violation de l’article 3 CEDH (tortures et traitements inhumains et dégradants).
Exemple. CEDH, 1978, Irlande c. Royaume-Unis
Elle émet des amendes (des satisfactions équitables).
b) Le recours individuel
i) Article 34
L’article 34 dispose : « La Cour peut être saisie d'une requête par toute personne physique, toute organisation non
gouvernementale ou tout groupe de particuliers qui se prétend victime d'une violation par l'une des Hautes Parties
contractantes des droits reconnus dans la Convention ou ses protocoles. Les Hautes Parties contractantes s'engagent
à n'entraver par aucune mesure l'exercice efficace de ce droit ».
Le recours individuel est une originalité : il confère à un individu un droit d’action direct devant un organe
international de contrôle. Selon la Cour. EDH, ce recours est la clé de voute du mécanisme de sauvegarde des droits
garanties par la CEDH (CEDH, 1995, Loizidou c. Turquie).
Jusqu’en 1981, les individus français ne pouvaient pas saisir la CEDH s’ils considéraient que la France violait les droits
garantis par la Convention. Ils pouvaient toutefois utiliser la Conv. EDH devant les tribunaux internes.
Avant le protocole n°11 (1994), le requérant devait saisir la Commission européenne des droits de l’Homme et
ensuite celle-ci saisit la CEDH.
Le recours individuel doit être garantie par les Etats : la CEDH peut condamner dans le cadre du non-respect d’une
mesure provisoire. CEDH, 2005, Mamatkulov Eskarov c. Turquie : la CEDH condamne, pour la première fois, un Etat
pour non-respect d’une mesure provisoire. Dans cette affaire, la CEDH n’avait pas pu examiner les griefs des
requérants du fait de leur extraction vers l’Ouzbékistan alors qu’une mesure provisoire demandait à la Turquie de ne
pas procéder à l’expulsion. En l’espèce, l’inobservation des mesures provisoire met en péril l’efficacité du droit de
recours individuel.
ii) Les titulaires du recours individuel