Éducation des Filles Rurales à Ngweshe
Éducation des Filles Rurales à Ngweshe
1997-1998
PROLOGUE
" L`Eternel est mon berger : je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans les verts
pâturages, il me dirige vers les eaux paisibles. "
Psaumes 23 : 1-2
DEDICACE
A l'Eternel Dieu des armées qui a guidé et protégé cette barge durant ce long parcours
parsemé de vagues, menant au rivage du premier cycle d'études supérieures.
A toi cher Papa Zénon KARUMBA : tu nous a donné la vie, le caractère noble et
persévérant. De to nous avons hérité l'inné et l'acquis par les sacrifices louables
consentis et les privations pour notre éducation et instruction.
A toi notre inoubliable mère Jeanne NTABUGI pour tout ton amour, ton affection,
pour la sueur intarissable de ton front.
De toi nous avons cultivé le principe " supporte et abstiens-toi " (ces peines vont passer) !
L'essentiel n'est pas, comme le dit Jean Paul Sartre, ce qu'on a fait de l'homme, mais ce
qu'il a fait de ce qu'on a fait de lui.
A vous tous,
Nous adressons nos remerciements à toute personne physique ou morale qui a apporté
une pierre de base à l'édification de cet ouvrage.
Nous restons reconnaissants, envers tous nos encadreurs de stage pour leur soutien et
collaboration pendant notre séjour à l'UNICEF/COMA.
Nos remerciements s'adressent aussi à nos frères et soeurs dans le seigneur, qui nous
ont soutenue par les prières; à la Famille Adolf BUSHIRI, aux amis et collègues dont
la compagnie a rendu notre parcours à l'I.S.D.R. fructueux et agréable.
Nous pensons particulièrement à Fabio Mondelli, Josiane Falla, Stefano Savi, Irène,
Adrien, Apame Saidi, Paulin Byadunia, Frank Kashando, Abbé Dieudonné
Musanganya et Boskyh Mpanda.
Nous exprimons également nos sentiments d'attachement à toutes nos sœurs et frères
biologiques et à tous ceux dont les noms n'ont pas été cités mais qui nous ont
soutenue dans cette oeuvre.
0. INTRODUCTION GENERALE
0.1. PROBLEMATIQUE
Dans nombreuses régions du monde les préjugés à l'égard des filles sont
fortement ancrés et leurs droits fondamentaux à une bonne nutrition, aux soins de
santé, à l'éducation, à l'égalité et parfois même à la survie sont sans cesse bafoués.
Et pourtant, si l'Afrique est aujourd'hui vivante dans histoire c'est grâce à la femme
gardienne fidèle de toutes les valeurs qu'elle a la charge de communiquer, de
transmettre à ses enfants.
Et voilà, qu'insensiblement notre mémoire fait surgir du grand livre de l'Afrique les
vers de Camara Laye qui magnifient la plénitude de la culture noire à travers la
maternité : " femme noire, femme africaine, toi qui la première m'ouvris les yeux aux
prodiges de la terre, je pense à toi1
Dans notre pays le Congo, particulièrement dans les zones rurales, l'impact,
l'influence des pratiques culturelles et traditionnelles sur les filles sont très forts.
Ce phénomène résulte dans certain cas de la résistance de la population au
changement acquises par elle à tous les niveaux, y compris la femme elle-même.
Toutefois, une évolution positive est notée. La femme participe au progrès de la
société.
1
La civilisation de la femme dans la société traditionnelle : la femme source de vie dans l’Afrique traditionnelle.
COLETTE HONETO. P. 53
2
Forum National sur les droits et le leadership de la femme Zaïroise, Kinshasa du 2 au 6 septembre 1996. p. 11
Les auteurs Regina Maria et Winfried Schneider corroborent cela en disant que
: " même, si l'idéal social attribue à la femme le rôle de l'épouse et de la mère au
foyer, il n'y a très peu de familles qui se confrontent à cette réalité vu que ce sont les
femmes qui contribuent pour le maintien de leur foyer. C'est ainsi que les familles
pauvres ne peuvent pas se permettre de renoncer à la contribution des femmes aux
revenus familiaux3
Cette situation a été constatée aussi dans la société qui fait l'objet de notre étude.
En outre, lorsqu'on considère l'aide que, peut apporter une fille dans un foyer,
par exemple la. collecte d'eau et de bois, les soins aux jeunes enfants et aussi partant
de la conception qu'on se fait de la femme, l'idée a toujours été de la préparer à sa vie
future d'épouse et de mère.
Ainsi soustraites aux seuls travaux ménagers, les filles se trouvent condamnées à
vivre dans une ignorance généralisée, dans un état de santé médiocre, avec des
attentes réduites et les capacités diminuées.
Le comble est qu'une fois devenue mères, elles transmettent les mêmes attitudes et
handicaps à leurs enfants.
3
La promotion féminine dans le cadre du développement rural, Régnia maria Schneider et Dr Winfried
En notre qualité d'apôtre de développement, nous préconisons, partant du rôle
que joue la femme dan l'éducation des enfants une bonne éducation et formation des
filles.
L'un des facteurs importants qui puisse permettre à la jeunesse féminine de jouer
pleinement et librement leur rôle, pouvant être sa participation à l'alphabétisation, et
la maximisation de production de ses entreprises, chose qui n peut être réalisée que
par une éducation et instruction adéquate, et à égalité et le concours des mouvements
populaires forts.
La mission est lourde mais nous devons l'accepter, l'aborder avec optimisme
en utilisant toutes les techniques possibles capables de susciter la prise de conscience.
Nous sommes convaincues que la jeunesse féminine est en mesure de changer
la face de l'humanité, à condition qu'elle y soit préparée.
A nous de nous poser la question de savoir : pourquoi cette collectivité de Ngweshe,
bien qu'elle souhaite voir ces filles instruites et productives ne lève-t-elle pas les
obstacles qui inhibent l'épanouissement, la promotion de la fille ?
0.2. HYPOTHESE
Pour notre part une hypothèse est une réponse initiale à partir de laquelle nous
conduisons notre raisonnement. C'est une supposition, une éventualité.
Tout au long de notre travail, nous nous emploierons à vérifier si une bonne
éducation, une bonne instruction et formation en petits métiers ne peuvent-elles pas
constituer une garantie pour le développement de la collectivité, à voir si la mise en
marche du centre pilote d'intégration socio-culturelle des jeunes filles pourrait
déclencher un véritable élan vers le développement de nos milieux ruraux en général,
la collectivité de Ngweshe en particulier.
Cela étant nous espérons, à travers cette initiative, apporter une pierre à
l'édifice qui est entrain d'être érigé.
Il est vrai que l'actuelle condition, situation de la femme, son impuissance sur
le plan professionnel, si faible représentativité au niveau décisionnel est une
conséquence du taux élevé d'analphabétisme chez la fille.
De ce fait, nous espérons apporter un réel outil, un éveil de conscience qui peut
remédier à la, situation ci haut décrite.
Aux personnes éprises de la promotion de la fille rurale, notre travail est utile
vu que les programmes dé ce genre n'ont pas encore été initiés dans le milieu qui fait
l'objet de cette étude.
Notre initiative ne manquera pas d'intérêt auprès des autorités locales et nationales,
notre pays ayant ratifié depuis 1985 la convention relative aux droits des enfants.
Nous espérons qu'elles prendront des mesures qui s'imposent en faveur du bien être
social de la fille en particulier.
Dans le temps, l'étude s'étend sur une période de 4 ans allant de 1994 à 1998,
période qui correspond à notre formation de cadre de développement rural à l'Institut
Supérieur de Développement Rural de Bukavu.
La méthode au sens large est comprise, selon Grawitz comme étant "
l'ensemble d'opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à
atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontre et vérifie4
4
M. GRAWITZ, Les méthodes des sciences sociales, Ed° Dalloz, Paris 1976. p.331-332.
0.5.1. La méthode participante
Cette méthode nous a été utile pour décrire et décomposer les éléments du
phénomène en ces différentes parties en vue de mieux l'appréhender.
Elle nous a été utile pour suivre l'évolution du phénomène dans le temps au cours
des périodes complètement différentes afin de dégager les écarts.
Le concept " technique " sous entend : " l'utilisation des procédés opératoires
rigoureux, bien définis, transmissibles susceptibles d'être appliqués à nouveau dans les
mêmes conditions adaptées au genre de problème et de phénomène en cause."5
Pour une société comme des Bashi où tout se transmet par tradition orale, il nous
a paru indispensable de constituer une documentation consistante.
Malgré le caractère réduit nous espérons contribuer à la perpétuité de cette société quant
à ses coutumes, ses réalités.
5
M. GRAWITZ, op. Cit., p. 333
0.6.2. La technique d'analyse documentaire
Grâce aux différents travaux de fin de cycle et/ou mémoires, rapports scolaires
des différentes écoles de la place et d'autres documents qui se rapportent à notre sujet
d'étude, nous avons pu obtenir une compréhension globale des informations recueillies
oralement.
En effet, il sera question de faire une étude rétrospective sur la, situation de
l'éducation dans la société traditionnelle, d'étaler la matière, le contenu de cette
éducation dans le but de confronter le phénomène à la réalité telle qu'elle se vit
actuellement, d'en dégager les écarts et de proposer une approche adaptée.
CHAPITRE I : MENTALITE ET COUTUMES ANCESTRALES
SECTION 1. RETROSPECTION SUR LA SITUATION DE L'EDUCATION DANS
LA SOCIETE TRADITIONNELLE
1.1. Statut et rôle de la femme
Que ce soit pour les femmes congolaises en général et Shi en particulier, il nous a
été donné de constater que la femme n'a pas de statut spécial.
Lorsqu'elle vit encore sous le toit paternel elle est la fille d'un tel, que le mashi traduit
par " mwali wa ". Une fois mariée, elle devient la femme d'un tel, en mashi " mukazi wa
".
Tout en étant mère, elle est aussi une épouse soumise à l'autorité maritale. Elle doit du
respect au mari, de l'obéissance, de la politesse et par-dessus tout de la subordination.
Ceci exige qu'elle soit prudente et réservée dans la manière même de présenter ses
objections à son mari.
Ainsi, lui reviennent toutes les tâches domestiques et les activités économiques telles
que le labour, le sarclage, le semis, l'emmagasinage des récoltes et gestion des produits
agricoles.
Elle est la maîtresse du foyer limité aux seules activités ménagères. C'est pourquoi, elle
ne devrait pas se mêler des affaires publiques sauf si elle y était conviée.
Cette distinction est basée sur le but visé par l'éducation. Ainsi, toutes les familles
inculquent une éducation morale édictée par les lois humaines, connues sous le nom de "
lushika " en mashi, des lois morales exprimées dans les " misiro " en mashi, ou tabous en
français, et une sagesse exprimée dans les " migani " en mashi ou proverbes.
Toute l'éducation suppose au moins deux choses dans l'ordre intellectuel. Il s'agit
d'une vision du monde et d'un modèle d'homme à former.
L'éducation qui découle de cette conception repose sur une donnée qui doit être développée
dans le sens de l'unité, de la santé, de la solidarité, de l'épanouissement et du rôle que la
société lui confère.
Partant de cela, l'éducation de la fille Shi se faisait selon la conception ci-après : la préparer
à sa vie future d'épouse et de future mère de famille. Pour ce faire, elle doit apprendre
auprès de sa mère ce double rôle qu'elle aura à jouer dans la société.
Son éducation sera parfaite ou déficitaire suivant les qualités de sa mère d'une part, et ses
propres aptitudes d'autres
a) développement des aptitudes physiques
Le jeune garçon est un futur époux, futur père de famille, un futur citoyen, dans la
famille et dans le clan. Sur ces différents points, le garçon doit recevoir une éducation qui le
prépare à son futur rôle. C'est au père qu'échoit cette fonction éducateur.
Au jeu, il doit manifester sa joie et son endurance, malheur à lui s'il vient se plaindre
auprès de son père, car il sera jugé incapable et de " ciganyi ".
Futur citoyen, il doit connaître l'histoire de son pays, de son clan et la généalogie de
sa famille en vue de la transmettre à la postérité.
Pour cela il doit fréquenter des hommes sages, intelligents, courageux et même astucieux,
par exemple les " Baganda ", de qui il apprendra le langage, les gestes de politesse, l'histoire
du clan, les légendes, les contes, les proverbes, les mimiques, les valeurs, ...
En tant que futur père de famille, le garçon doit acquérir des vertus nécessaires au
maintien du ménage, le travail sous ses formes, les vertus de patience et de pardon7
6
MPINGA KAHANDA, Implications sociologiques de la vache dans la société Shi (Kivu). Mémoire 1975,
Université de Lubumbashi.
7
BURUME LOUIS LWIGULIRA, Histoire des six derniers règnes antérieurs à 1980 et Culture des bashi au
Zaïre, page 81…… références incomplètes.
SECTION 2. SITUATION DE L'EDUCATION DANS LA SOCIETE EN
EVOLUTION
2.1. Résultats de l'enquête
a) Objectifs
b) Déroulement
c) Outils utilisés
Deux techniques d'interviews nous ont permis de réunir les différentes informations.
Il s'agit de la technique d'interview libre et la technique d'interview semi-structurée.
Un guide d'entretien comprenant 7 questions nous a été d'un apport important pour la
collecte d'informations.
8
120 personnes, dont 50 parents, 50 jeunes filles et 20 garçons
2.1.2. Résultats de l'enquête
Question n° l portant sur la manière que se faisait l'éducation des filles dans la société
traditionnelle Shi.
Sur 120 enquêtés, 120 reconnaissent que l'éducation des filles se faisait à trois niveaux
différents :
* En famille par sa mère qui dès le jeune âge de la fille l'initie à tous les travaux ménagers
et champêtres, aux règles de politesse et de conduite, la préparant à sa vie future de femme
et mère,
* Par le clan pour l'éducation sexuelle de la fille. Car les règles de pudeur interdisent aux
parents d'instruire leurs filles sur les choses touchant la vie sexuelle. Par conséquent la jeune
pubère est à la charge de sa tante paternelle ou des amies intimes de sa mère et/ou sages
femmes du village.
* Par tout le village car selon un adage " omwana arhaba wa mugumu " toute personne a
l'obligation de veiller sur la bonne conduite des enfants, et de leur tenue.
La fille subit aussi l'influence des compagnes du village pour son éducation sexuelle;
pratique connue sous le nom de " kushina mishino ". Comme nous l'indique ces résultats
100 % d'enquêtés reconnaissent l'existence d'une solidarité en matière d'éducation des
enfants. 550 parents et 70 jeunes ont été touchés par le questionnaire.
* 70 % soutiennent que la femme n'est pas égale à l'homme. D'où elle ne doit pas
consommer les mêmes mets que les hommes.
* 30 % soutiennent que c'est par égoïsme des hommes que certains mets étaient interdits aux
femmes et pour couvrir leur esprit pastoral et économique.
Question n°3 Partant sur l'évolution intervenue dans les habitudes alimentaires.
100 % des enquêtés reconnaissent que les filles actuellement consomment les mêmes mets
que les hommes. Par exemple la poule, les neufs, ...
Les enquêtés soutiennent que plusieurs facteurs ont conditionné cela à savoir :
l'école, les sensibilisations des églises, de l'hôpital et la présence des tribus étrangères.
* 70 personnes sur 120, soit 58 %, interrogées déclarent que les filles ne faisaient pas les
activités dévolues aux hommes.
Elles soutiennent que c'est un manque de respect si par exemple un Papa exigeait à sa fille
de construire une hutte.
* 50 personnes sur 120, soit 42 %, soutiennent que la. distinction nette des tâches
intervenait à l'âge de la puberté. Tous doivent effectuer les travaux champêtres jusqu'à l'âge
adulte.
Avant la puberté un garçon ou une fille peut aller à la collecte d'eau, du bois, la fille peut
effectuer la garde des petits bétails, le garçon peut piler le manioc mais dès que l'enfant
atteint au moins 10 ans, il serait un manque de respect si ont lui exigeait d'effectuer une
activité qui ne cadre pas avec la nature de son sexe.
Question n°5 Relative aux comportements et attitudes injustes vis-à-vis des filles.
Les 40 filles interrogées nous déclarent qu'elles n'observent pas des comportements ou
attitudes de leurs parents qui sont injustes et qui puissent les prédisposer à une révolte.
Signalons que cela nous paraît anormal car les inégalités s'observent dans nos familles
situées en ville alors qu'elles ont connu une certaine influence. C'est un indicateur qui
prouve l'opportunité des actions en faveur d'une prise de conscience de ses responsabilités et
de ses droits.
Question n°6 Portant sur les difficultés que les parents et les éducateurs (enseignants) ont
pour éduquer les filles.
- la pauvreté
- le manque de dialogue entre les deux parents et leurs enfants
- les enfants au sortit de l'école considèrent les parents comme des " dépassés ".
- l'indifférence des enfants d'effectuer les travaux champêtres.
10 enseignants de l'école primaire soutiennent que la grande difficulté qu'ils ont
actuellement d'éduquer les enfants en général est l'irresponsabilité des parents, qui se
déchargent de leur tâche d'éducation. Cela se joint à :
- la présence de plusieurs tribus sur le territoire du Bushi,
- l'irresponsabilité de certains religieux et enseignants, et,
Question n°7 Relative aux souhaits particuliers des parents, des éducateurs et des jeunes
filles.
40 parents parmi lesquels 10 enseignants souhaitent que l’éducation et l'instruction des filles
soient fonctionnelles que les programmes scolaires préparent les filles à leur vie future de
femme et mère.
Que les parents et les enseignants se complètent dans l’œuvre éducative. Parmis les 30
parents (hommes) interrogés, 20 parents souhaitent que les mamans collaborent et
dialoguent avec leurs maris pour consolider les efforts dans l'oeuvre éducative.
10 parents sur 50 souhaitent que les filles restent analphabètes pour qu'elle s'occupent
complètement de leurs enfants et de leurs maris.
30 filles sur 50 interrogées souhaitent être alphabétisées.
20 filles sur 50 interrogées veulent effectuer des petits métiers : coupe et couture, tricotage,
etc.
15 garçons sur 20 interrogées souhaitent avoir comme compagne de vie, une femme qui est
valide au point de vue professionnel c'est-à-dire couturière, infirmière, etc.
5 garçons sur les 20 interrogés veulent que les filles restent à la maison: qu'elles n'étudient
pas.
Dans la société Shi, l'éducation se fait sur le tas. C'est à travers les légendes, les
contes, tes chants, les us et coutumes, l'évangile d'une part et d'autre part le paralangage, par
exemple l'habillement, l'allure général, le maintien, la posture, les gestes de politesse, les
mouvements des mains, des bras etc. que se réalise la formation, l'éducation qui se fait du
père au fils de la mère à la fille, de sorcier à un autre sorcier, de conteur à un autre conteur,
de griot à un autre griot, etc.
D'une manière générale la communication verbale et le paralangage constituent le
moyen par lequel l'initié acquiert différentes connaissances et valeurs qu'il intériorise en
observant et en imitant.
Il est presque inutile d'espérer étudier si les parents n'ont pas de revenu, les études
étant elles-mêmes devenues trop coûteuses.
c) Le mariage précoce
d) L'insuffisance d'écoles
Bien que la fille ait accédé à une formation scolaire, l'inadaptation du programme
scolaire à sa vie future de femme et mère rend cette dernière c'est-à-dire la formation
scolaire nulle et stérile.
Au contraire, comme le soulèvent les parents : tes enfants qui quittent l'école se dégoûtent
des travaux champêtres, des travaux d'élevage, etc.
Suite aux conditions de vie précaire, nos milieux ruraux manquent un personnel
qualifié et compétent.
Tous les jeunes qui y terminent leurs études ne veulent plus rentrer au village pour y
enseigner. D'où une fuite de cerveaux au niveau du village créant ainsi une quasi-absence
des compétences scientifiques.
9
Arrêté Ministériel : MINEDN/EPSP/CABMIN.SECOPER-BUKAVU/077/92.
2.1.5. Facteurs probables à la promotion de la fille
L'enquête que nous avons menée a permis de cerner les facteurs ci-après :
a) L'indogénéité
L'amélioration des conditions de vie d'un peuple ne peut se réaliser que si celui-ci
compte d'abord sur ses propres efforts.
Ce qui revient à dire que la future femme et mère doit compter en premier lieu sur ses
propres efforts si elle veut améliorer sa situation et sa position sociale.
Pour ce faire, elle doit fournir des efforts considérables pour pouvoir sortir de son état
d'infériorité où les impératifs familiaux traditionnels pèsent encore sur sa tête.
La jeune fille que nous avons trouvée est en mesure de lever ce défi.
b) Responsabilisation
Les filles, mères de demain auront l'obligation, dans leur rôle éducatif d'épanouir
en leurs enfants la vie physique, morale, affective, intellectuelle et spirituelle.
Cela suppose de leur part une valeur et une formation adéquate l'acquisition d'idées
générales, la faculté de réfléchir, de juger, de créer de nouveaux comportements face à
des situations nouvelles.
d) Aspirations et désirs des filles
Ainsi les filles voudraient que des changements positifs interviennent dans leur vie.
a) La famille
10
MONTESQUIEU cité par MUMBU MUKUNA MUNTU, Cours de communication sociale, 1997-1998,
Cours inédit.
foyer des premières tensions, des premiers conflits, des premières discussions, des
premières discordes, des inégalités, ...
D'où elle se veut être une structure solide où règne un bon climat d'entente, de respect
mutuel, ... Car l'homme vient au monde à l'état d`une page vierge où sera inscrit
différentes phrases qui constitueront sa personnalité.
b) l'école
c L'église
L'église est une société en soi plus ou moins structurée véhiculant la doctrine religieuse.
C'est à travers elle que tout être humain se reconnaît être une créature de Dieu et que se
prônent les principes moraux, à savoir: aimer son prochain, faire du bien, respecter
autrui et ses biens, etc.
Le programme éducatif chez les Bashi est conçu en institution, selon différents
stades d'intégration sociale.
- le stade d'imitation.
a) Stade d'observation
Dès son jeune âge la fillette reste à l'ombre de sa mère. Elle a l'obligation
d'accompagner sa mère partout où elle va et dans toutes ses tâches ménagères car elle sera
obligée d'accomplir les mêmes actes.
11
SEGERS, J., Le Cours d’initiation au développement, in zaïre Afrique, n°105, Mai 1975. p. 279
C'est donc de sa mère que la fillette apprendra les règles de pudeur, de respect, et toutes
activités ménagères et le langage.
Vu qu'elle doit observer les attitudes et comportements de sa mère et aspirer à être et à faire
un jour comme sa mère, les qualités et attitudes de sa mère ont une part importante dans la
formation du caractère, de la personnalité de la fille; du socle de sa personnalité.
b) Stade d'imitation
La petite fille qui observait doit passer au stade d'imitation. Ainsi par exemple sa
mère peut lui acheter une houe pour cultiver, la fille peut cuire les aliments alors que la
maman est au champ, elle peut surveiller et s'occuper de ses petits frères, etc.
La fille pour ce faire peut bénéficier d'un champ autonome, elle peut effectuer la vente de
certains produits, tels que les bananes, les haricots, les avocats, etc.
Nous partageons l'avis de Burume Louis LWIGULIRA qui soutient que : " toute
culture est essentiellement dynamique et statique : en tant que dynamique elle est influencée
par les apports extérieurs qu'elle ne rejette mais intègre."12
C'est un mouvement qui nous éloigne davantage de notre passé historique, miroir de notre
avenir, et, qui bascule nos institutions, nos coutumes, nos particularités.
Le cas le plus frappant est la tenue des filles : aujourd'hui par manque de pudeur certaines
filles perdent leur authenticité en imitant le modèle d'habillement occidental.
12
BURUME LOUIS LWIGULIRA, op. cit, p. 14
Loin de nous lamenter, il faudra que la femme, première éducatrice puisse regarder
avec des yeux neufs ce que le modernisme a de positif et le concilie aux principes
traditionnels en matière d'éducation.
Par exemple instruire les filles sur les choses touchant la vie sexuelle alors que jadis cela
était un tabou au sein d'une famille.
Pour sa part, l'attitude la plus positive, la plus féconde est celle qui consiste à ne pas
juger les choses avec passion, à demeurer ariviste et mimétique mais faire preuve de lucidité
et de bon sens afin d'éviter l'aliénation des éduqués et de continuer à assumer sa mission
d'éducatrice permanente.
Au Bushi, l'éducation était fonctionnelle, c'est à travers les actes et les rapports
sociaux que se faisait l'éducation du père au fils, de la mère à la fille.
L'enfant était préparé en fonction des besoins de la société : construire la hutte, traire les
vaches, faire la cuisine, etc.
Lorsque furent introduites les premières écoles au Bushi, ces dernières sapèrent cette
éducation qui se faisait par symbiose avec le milieu adulte.13
D'où nécessité d'une méthode adaptée aux besoins de la cible.
Pour ce faire, cette étude s'oriente dans le processus de formation de la jeune fille à l'utilité,
processus qui sera activé par la méthode pédagogique conseillée par Carl ROGERS dans "
liberté pour apprendre " : le " learning by doing ".
C'est en fait de l'auto formation, qui passera par une analyse qui consistera à s'examiner, à
s'étudier, à voir ce que l'on est afin de définir ce qui manque et qu'il faudrait conquérir pour
son auto promotion, pour être utile à soi-même et à la société entière.
13
NTAMBALA MUZINDUSI, L’enseignement primaire dans la zone de Walungu. 1960-1973.
TFC/ISDR/BUKAVU, 1973, p. 355
CONCLUSION PARTIELLE
La plus grande partie de la population du Bushi vit dans le milieu rural où elle
subit fortement le poids de la tradition. Ce poids n'épargne personne. Cependant, il pèse
trop lourd sur la femme et la fille les empêchant de s'épanouir.
A cet effet, ,les voies et moyens pouvant intégrer la fille selon que l'exige la
société en perpétuelle mutation sont recherchés. Car jusque là, avons-nous remarqué, la
femme en général est restée en marge de l'évolution de la société, elle est déconsidérée
et rendue inférieure pour tout usage social.
Quant à nous, ce projet que nous définissions comme étant un Centre pilote
d'intégration socioculturelle des jeunes filles constitue une proposition de solution, un
pas en plus dans la résolution des problèmes de la promotion de la fille; une garantie au
progrès social de la collectivité de Ngweshe en particulier et de notre pays le Congo en
général.
Ce centre pilote est un lieu de réflexion, de dialogue, de départ, de formation
andragogique selon les métiers appropriés aux filles en milieu rural, et d'information sur
la problématique de la promotion de la fille.
En somme, ce Centre pilote est un carrefour d'échange d'expériences et d'appui
technique.
L'objectif étant la fin ultime à laquelle tend un individu, ce projet vise comme
principal objectif la réorientation de la pédagogie rurale, frein à l'épanouissement et/ou à
la promotion sociale de la jeune fille rurale dans le territoire de Walungu.
Pour y parvenir, sachant que le but est un moyen par lequel on réalise
l'objectif, notre projet s'assigne plusieurs buts, à savoir :
- l'ouverture d'un centre pilote d'apprentissage : formation en coupe et couture,
et tricotage, alphabétisation des adultes (éducation morale et civique, éducation à la vie,
etc.).
1.3. DUREE ET LOCALISATION DU PROJET
Le centre pilote d'intégration socioculturelle se veut être une association sans but
lucratif (ASBL) de droit congolais.
Juridiquement c'est une initiative privée qui présente les caractéristiques d'être
apolitique, non confessionnel et non discriminatoire.
En planification, la. stratégie se définit comme " l'art de coordonner des activités
et de manœuvrer pour atteindre un but".
C'est former des projets compatibles avec les moyens disponibles, compte tenu des
ressources existantes"14
- définir les quotes parts, les apports en nature pour la participation de chacune des
adhérentes au centre pilote.
14
BULAMBO WA TOMBO, cité par MUSAFIRI TAHABATU, Promotion de l’habitat dans la zone de Fizi,
TFC-ISDR.
CHAPITRE II :PERTINENCE ET FAISABILITE DU PROJET
II. 1. PERTINENCE
De ce fait, il a semblé opportun aux enquêtés à nous d'initier, de nous engager dans
un projet qui a comme mobile l'encadrement socioculturel de jeunesse féminine qui se
trouve aujourd'hui marginalisée.
Cela dénote une certaine médiation, une recherche pouvant concilier la tradition au
modernisme à travers une structure adaptée, un centre d'intégration.
11.2. FAISABILITE
Après un regard minutieux sur les différents maux, les contraintes et/ou obstacles
que connaît la jeunesse féminine, et les difficultés qu'a l'éducatrice traditionnelle à s'adapter
automatiquement aux exigences de la modernité, bien malgré les besoins ressentis, nous
estimons opportune la mise sur pieds d'un centre d'intégration des jeunes filles.
Car comme le dit un adage Chinois : " si tu fais des plans pour un an, sème du blé, pour 5
ans plante des arbres, pour une vie forme et instruis les hommes".
Bien plus les filles qui ont reçu une formation voulue et adéquate peuvent jouer un
rôle utile dans bien des secteurs de la vie.
La société retire un grand profit de leur éducation lorsque celles-ci ont atteint l'âge de
devenir épouses et mères vu que c'est toute leur vie qu'elles auront à épanouir en leurs
enfants la vie physique, morale, affective, intellectuelle, spirituelle et technique.
Cette phase est capitale car elle nous permettra d'insuffler du zèle et un nouveau souffle aux
membres, aux leaders fonctionnels de développement, à toute la population de Walungu en général et de
Mudusa en particulier.
Elle s'emploiera à enrayer la méfiance de la population vis-a--vis de la promotion de la jeunesse
féminine. La phase apportera l'information nécessaire à l'élite dirigeante et lui assurera une bonne
formation pratique. Cible
- Amener les différents membres à comprendre et à saisir le bien fondé du projet.
- Conscientiser les populations bénéficiaires de l'action sur les avantages qu'elles tireront de
l'éducation de leurs filles.
Echéance :
de Janvier 1999 en Décembre 2001.
Durée: 36 mois
Responsables
- la coordinatrice du projet
Suppositions critiques :
Moyen de vérification
- Registre de sélection
- Rapports des encadreurs sur la participation aux séances de sensibilisation et d'animation.
Evaluation
- Elle se fera par la coordinatrice du projet, et l'équipe des encadreurs.
membres.
Toute organisation doit être dotée d'un personnel dans le but de l'accomplissement
de ses tâches.
Cible :
Responsables :
- Equipe de recrutement.
Suppositions critiques :
- que les qualités voulues de formateurs soient clairement définies.
Sous-activités :
- Etablissement des demandes d'emplois, passation du test,
publication des résultats du test.
Moyens de vérification :
- rapport final des travaux
- rapport de l'équipe de recrutement
Evaluation
Elle sera faite par la coordinatice des projets et les membres de l'équipe de
recrutement à la fin des travaux.
Suppositions critiques :
- que le fonds sollicité nous parvienne à temps,
- que ce fonds soit en mesure de couvrir tous les besoins du projet,
- que la situation sécuritaire se rétablisse.
Moyens de vérification :
- bordereaux de transfert,
- extraits de banque,
- Bons de réception des biens meubles et immeubles.
Evaluation :
Elle sera faite par le comptable et la coordinatrice des projets.
Notre projet sera équipé de tous les matériels et autres biens d'équipement
nécessaires à son fonctionnement, à savoir : équipements de bureau, équipement des
ateliers pilotes et des classe d'alphabétisation.
Cible :
Echéance
De Janvier 1999 en Août 1999.
Durée: 2 mois
Sous-activités :
C'est la principale activité du projet. Sa fin ultime est l'intégration sociale des jeunes
filles à travers une éducation et une formation des techniques adaptées appropriées à leur
nature de femme.
Cible :
Suppositions critique :
- Que les adhérentes comprennent le bien fondé de la formation,
- Que les formateurs soient outillés et douées en la
matière,
- Que le programme de formation soit préétabli.
Moyens de vérification :
- Registre de membres,
- Programme de formation et calendrier de formation,
- Rapport sur le test sélectif,
- Rapport sur les résultat de fin de formation.
Evaluation :
- L'encadreur technique et le chargé de formation,
- La coordinatrice des projets,
- Les formateurs.
Extrant 6 : Ouverture des ateliers pilotes d'apprentissage de petits métiers.
Cette phase est l'étape d'expérimentation et, de concrétisation des mirai projets, des
techniques appropriées.
- publicité et vente des produits finis (brassières, tricots, nappes, et autres services);
Responsables :
Suppositions critiques :
- Que tous les matériels (machines et autres biens d'équipements) soient disponibles au
Centre avant le démarrage de la première phase de l'activité.
- Que les encadreurs soient dévoués au service de la cible.
Moyens de vérification
- Rapport sur les activités en atelier,
- Le cahier de charges sur les oeuvres réalisées (produits finis et services rendus).
- L'inventaire du patrimoine atelier.
Evaluation
Echéance :
Responsables :
- Chaque chef de service,
- La Coordinatrice des projets.
Sous-activités :
- Visites périodiques sur terrain,
- Vérification des documents tenus par les encadreurs et les différents rapports.
Suppositions critiques :
o Que le projet soit opérationnel,
o Que les agents chargés de suivi soient à la hauteur de leurs tâches.
Moyens de vérification :
- Rapport de suivi,
- Recommandation des différents évaluateurs,
- Suggestions des partenaires.
3.2. PROGRAMMATION DES EXTRANTS-SERVICES
3.2.1. Organigramme
Qualités:
- Objectivité et honnêteté
- Esprit d'initiative
- Amour du travail
b) Le comité de gestion
Exigences de l'organe
- Avoir un diplôme de niveau Al en gestion des entreprises.
- Avoir une expérience d'au moins 4 ans.
- Etre dévoué au travail.
c) La supervision
Qualités :
- Honnêteté et disponibilité
- Etre de bonne moralité
- Avoir l'amour du travail
Exigences de l'organe
- Etre un T.D.R.
- Avoir une connaissance approfondie en langue locale,
- Avoir une ancienneté de 3 ans sur le terrain,
- Avoir l'esprit d'abnégation au service de tout le projet.
d) Secrétariat et comptabilité
Responsabilités :
- coordonner toutes les activités du projet au point de vue administratif, et assurer la liaison
entre les différents services.
Exigences du poste
Qualités :
- Honnêteté
- Objectivité
- Amour du travail,
e) Service d'encadrement
Responsabilités :
- coordonner les activités d'encadrement et la formation technique.
- effectuer le suivi des différentes activités.
Exigences du poste :
- Avoir une spécialisation dans ce même domaine dans un autre centre technique,
- Activité continue
3.3. BUDGETISATION ET FINANCEMENT
Seule la ressource humaine ne suffit pas pour atteindre les objectifs que nous nous
sommes assignés, il faut y adjoindre les moyens matériels et financiers.
Etant une prévision chiffrée des dépenses et recettes, il se veut être un garde-fou
indispensable et un élément important dans tout processus de planification.
La budgétisation est faite en monnaie locale puis le total général du coût sera converti en
monnaie forte ($US) vu les fluctuations de notre monnaie.
Il sied de préciser que notre projet est à caractère social. De ce fait il sera
difficile de préciser sa réussite et sa rentabilité par des données quantifiables. Toutefois,
la réussite de notre projet dépendra des moyens mis à sa disposition pour son
opérationalisation et se matérialisera à travers les mutations, les transformations dans les
structures institutionnelles et/ou structures sociales et dans le vécu quotidien de la
population bénéficiaire du projet.
3.7. L'APRES-PROJET
C'est pourquoi il projette de devenir un service durable à travers une mobilisation des
ressources internes, la gestion du projet avec rigueur et efficacité, un réinvestissement
des bénéfices réalisés pour augmenter la capacité d'autofinancement et développement
propre du projet.
CHAPITRE IV: RENTABILITÉ ET ÉVALUATION
4.1. RENTABILITÉ
Bien malgré le caractère de ce projet, sa rentabilité peut être observée par rapport à
la production dans les centre d'apprentissage technique.
Les produits finis (vêtements et autres textiles) seront mis en vente à un moindre prix et
pourront générer quelques ressources pour le fonctionnement du projet en plus des autres
sources de financement énumérées ci-avant.
Un suivi régulier et une évaluation des activités du projet doivent être assurés pour
des raisons évidentes.
Après l'installation et le début effectif des activités du projet une auto évaluation doit être
faite par les acteurs directs afin d'apprécier minutieusement l'évolution des activités par
rapport aux prévisions et ajuster les tirs chaque fois qu'il sera nécessaire.
Aussi, une évaluation sommative assistée se fera après chaque année en vue de
s'assurer objectivement de l'efficacité des actions menées.
Cependant, après une installation durable du projet, le système d'évaluation peut être
révisé.
4.3. CADRE LOGIQUE
INDICATEUR
MOYENS DE SUPPOSITIONS
RESUME NARRATIF OBJECTIVEMENT
VERIFICATION CRITIQUES
VERIFIABLE
Les méthodes et
techniques de la
pédagogie rurale
réorientées et
redynamisées par une
Rapports de
OBJECTIFS éducation et
coordination
La réorientation de la instruction à égalité
Observation
pédagogie par une alphabétisation
participante sur
rurale frein à la promotion conscientisante de non
le terrain c'est-à-dire
de la jeune fille. scolarisées et une
les visites sur terrain
formation pratique en
coupe et couture,
broderie et tricotage à
75 % au 31/12/2002 à
Walungu.
Nous voilà au bout de la piste d'analyse au sein de notre travail de fin de cycle dont
la problématique a consisté à une analyse critique dont la problématique a consisté à une
analyse critique de l'éducation de la jeune fille rurale.
Certes, cette piste qui reste à allonger, sa poursuite est léguée aux chercheurs et/ou toute
personne éprise de la promotion de la fille et de la fille-mère.
Il ressort de nos investigations telles que circonscrites tout au long de notre analyse
critique que le goulot d'étranglement réside et demeure :
- dans l'inadaptation et la non-conciliation des programmes pédagogiques, calqués du
modèle éducatif européen, et les exigences de la tradition et de la coutume shi à la
nature de la jeune fille paysanne;
- l'inégalité institutionnalisée entre les activités dévolues à homme et à la femme
partant de la division sociale du travail;
- la conception traditionnelle de la femme la considérant comme un fourre-tout, et dont
le rendement de son travail reste sous- estimé par l'homme qui le juge lié à la nature
de la femme suivant la conception qu'il se fait de la femme;
- le manque de ressources matérielles et financières.
En somme, notre travail, modeste soit il s'inscrit parmi tant d'autres oeuvres
humaines non exemptes de lacunes et imperfections nécessitant toute critique des
observateurs avisés, et cela pour nous permettre de mieux faire dans le future afin que nous
justifiions notre nature de fille et de femme facilitatrice des actions de développement et
partenaires incontournables.
BIBLIOGRAPHIE
I. OUVRAGES ET COURS
8. UNICEF, les enfants d'abord: Convention relative aux droits des enfants.
Prologue i ………………………………………………………………………………2
Dédicace ii ……………………………………………………………………………...3
Remerciements iii ……………………………………………………………………....4