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Éducation des Filles Rurales à Ngweshe

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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE

ENSEIGNEMENTS SUPERIEURS ET UNIVERSITAIRES

INSTITUT SUPERIEUR DE DEVELOPPEMENT RURAL I.S.D.R.

B.P. 2849 BUKAVU

ANALYSE CRITIQUE DE L'EDUCATION


DE LA JEUNE FILLE RURALE
CAS DE LA COLLECTIVITE CHEFFERIE DE NGWESHE
PROJET DE CREATION D'UN CENTRE PILOTE
D'INTEGRATION SOCIOCULTURELLE DES FILLES
Par

CHRISTINE KARUMBA KALIMURHIMA

Directeur: Victor Posho KILISHO Travail de fin de


cycle Assistant
Licencié en Développement Rural Présenté en vue de l'obtention du
Diplôme de Gradué en Développement
Rural Niveau de technicité : Al

1997-1998
PROLOGUE

" L`Eternel est mon berger : je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans les verts
pâturages, il me dirige vers les eaux paisibles. "

Psaumes 23 : 1-2
DEDICACE

A l'Eternel Dieu des armées qui a guidé et protégé cette barge durant ce long parcours
parsemé de vagues, menant au rivage du premier cycle d'études supérieures.

A toi cher Papa Zénon KARUMBA : tu nous a donné la vie, le caractère noble et
persévérant. De to nous avons hérité l'inné et l'acquis par les sacrifices louables
consentis et les privations pour notre éducation et instruction.

A toi notre inoubliable mère Jeanne NTABUGI pour tout ton amour, ton affection,
pour la sueur intarissable de ton front.
De toi nous avons cultivé le principe " supporte et abstiens-toi " (ces peines vont passer) !

L'essentiel n'est pas, comme le dit Jean Paul Sartre, ce qu'on a fait de l'homme, mais ce
qu'il a fait de ce qu'on a fait de lui.

A vous tous,

Nous dédions ce travail.

Christine Karumba Kalimurhima


REMERCIEMENTS

Nous adressons nos remerciements à toute personne physique ou morale qui a apporté
une pierre de base à l'édification de cet ouvrage.

Nos gratitudes s'adressent particulièrement à l'Assistant Victor POSHO KILICHO


pour son soutien moral et les efforts consentis pour diriger ce travail malgré bien ses
occupations.

Nous restons reconnaissants, envers tous nos encadreurs de stage pour leur soutien et
collaboration pendant notre séjour à l'UNICEF/COMA.
Nos remerciements s'adressent aussi à nos frères et soeurs dans le seigneur, qui nous
ont soutenue par les prières; à la Famille Adolf BUSHIRI, aux amis et collègues dont
la compagnie a rendu notre parcours à l'I.S.D.R. fructueux et agréable.
Nous pensons particulièrement à Fabio Mondelli, Josiane Falla, Stefano Savi, Irène,
Adrien, Apame Saidi, Paulin Byadunia, Frank Kashando, Abbé Dieudonné
Musanganya et Boskyh Mpanda.

Nous exprimons également nos sentiments d'attachement à toutes nos sœurs et frères
biologiques et à tous ceux dont les noms n'ont pas été cités mais qui nous ont
soutenue dans cette oeuvre.
0. INTRODUCTION GENERALE

0.1. PROBLEMATIQUE

Dans nombreuses régions du monde les préjugés à l'égard des filles sont
fortement ancrés et leurs droits fondamentaux à une bonne nutrition, aux soins de
santé, à l'éducation, à l'égalité et parfois même à la survie sont sans cesse bafoués.
Et pourtant, si l'Afrique est aujourd'hui vivante dans histoire c'est grâce à la femme
gardienne fidèle de toutes les valeurs qu'elle a la charge de communiquer, de
transmettre à ses enfants.
Et voilà, qu'insensiblement notre mémoire fait surgir du grand livre de l'Afrique les
vers de Camara Laye qui magnifient la plénitude de la culture noire à travers la
maternité : " femme noire, femme africaine, toi qui la première m'ouvris les yeux aux
prodiges de la terre, je pense à toi1

Dans notre pays le Congo, particulièrement dans les zones rurales, l'impact,
l'influence des pratiques culturelles et traditionnelles sur les filles sont très forts.
Ce phénomène résulte dans certain cas de la résistance de la population au
changement acquises par elle à tous les niveaux, y compris la femme elle-même.
Toutefois, une évolution positive est notée. La femme participe au progrès de la
société.

Madame Odette GEMA DILOYA Délégué Générale Adjointe du Fonds de Promotion


de l'industrie et Présidente de l'Association des Femmes entrepreneurs du Zaïre à
l'époque a mis en exergue la participation combien significative de la femme à
l'économie nationale et aux revenus des ménages contrairement à ce
qu'habituellement nous présentons la femme inférieure, opprimée, sans liberté
d'action, sans créativité ou esprit d'entreprise.
Elle a ensuite fait savoir qu'on la retrouve dans le petit commerce, l'artisanat,
l'agriculture et la petite industrie alimentaire, mais plusieurs obstacles se dressent
encore à elle dans le domaine économique, lesquels ne lui permettent pas d'offrir des
produits de qualité sur le marché ni d'opérer dans la. structure formelle2

1
La civilisation de la femme dans la société traditionnelle : la femme source de vie dans l’Afrique traditionnelle.
COLETTE HONETO. P. 53
2
Forum National sur les droits et le leadership de la femme Zaïroise, Kinshasa du 2 au 6 septembre 1996. p. 11
Les auteurs Regina Maria et Winfried Schneider corroborent cela en disant que
: " même, si l'idéal social attribue à la femme le rôle de l'épouse et de la mère au
foyer, il n'y a très peu de familles qui se confrontent à cette réalité vu que ce sont les
femmes qui contribuent pour le maintien de leur foyer. C'est ainsi que les familles
pauvres ne peuvent pas se permettre de renoncer à la contribution des femmes aux
revenus familiaux3
Cette situation a été constatée aussi dans la société qui fait l'objet de notre étude.

En effet, il se dégage de nos enquêtes que la collectivité de ngweshe a connu


des écueils vis-a--vis de 1 promotion de la fille : à la méconnaissance des droits de la
fille, et à la pauvreté des parents se sont joints le facteurs traditionnels les plus
influents qui soutiennent l'idée selon laquelle il faut donner une éducation et
instruction aux garçons car ils auront à gagner le pain pour leur famille et à soutenir
leurs vieux parents. Cela s'apparente à la crainte émise par les sociétés traditionnelles
africaines que Réné Dumont a si bien traduite par la phrase: " Si ta sœur va à l'école,
tu mangera la plume."
Ces considérations se vérifient chez les Bashi où la naissance d'une fille passe
inaperçue, voire méprisée pendant que celle d'un garçon est un motif de joie, de fête
quand bien même celui-ci pourra aider ou pas sa famille.
Dans cette même orientation, on observe, que la femme n'est pas égale à l'homme, de
ce fait, jadis elle ne pouvait pas consommer certains mets, tels que la poule, les oeufs,
...
Bien plus, l'épouse n'a pas le droit de prendre son repas en compagnie de son mari.
Parfois, elle ne se contente que des restes laisser par ce dernier.

En outre, lorsqu'on considère l'aide que, peut apporter une fille dans un foyer,
par exemple la. collecte d'eau et de bois, les soins aux jeunes enfants et aussi partant
de la conception qu'on se fait de la femme, l'idée a toujours été de la préparer à sa vie
future d'épouse et de mère.
Ainsi soustraites aux seuls travaux ménagers, les filles se trouvent condamnées à
vivre dans une ignorance généralisée, dans un état de santé médiocre, avec des
attentes réduites et les capacités diminuées.
Le comble est qu'une fois devenue mères, elles transmettent les mêmes attitudes et
handicaps à leurs enfants.

3
La promotion féminine dans le cadre du développement rural, Régnia maria Schneider et Dr Winfried
En notre qualité d'apôtre de développement, nous préconisons, partant du rôle
que joue la femme dan l'éducation des enfants une bonne éducation et formation des
filles.
L'un des facteurs importants qui puisse permettre à la jeunesse féminine de jouer
pleinement et librement leur rôle, pouvant être sa participation à l'alphabétisation, et
la maximisation de production de ses entreprises, chose qui n peut être réalisée que
par une éducation et instruction adéquate, et à égalité et le concours des mouvements
populaires forts.

La mission est lourde mais nous devons l'accepter, l'aborder avec optimisme
en utilisant toutes les techniques possibles capables de susciter la prise de conscience.
Nous sommes convaincues que la jeunesse féminine est en mesure de changer
la face de l'humanité, à condition qu'elle y soit préparée.
A nous de nous poser la question de savoir : pourquoi cette collectivité de Ngweshe,
bien qu'elle souhaite voir ces filles instruites et productives ne lève-t-elle pas les
obstacles qui inhibent l'épanouissement, la promotion de la fille ?

0.2. HYPOTHESE

La démarche scientifique implique que l'hypothèse soit formulée en des termes


tels que l'observation l'analyse et la conception de la recherche puissent fournir une
réponse aux questions posées.

Pour notre part une hypothèse est une réponse initiale à partir de laquelle nous
conduisons notre raisonnement. C'est une supposition, une éventualité.

La précarité de la vie actuelle qui prédispose la fille a la déviance constitue un


facteur d échec dans la vie en général.

Pour contourner ce désagrément nous partageons l'avis de Senghor qui averti en


disant : " éduquer une femme, c'est éduquer toute une nation."

Tout au long de notre travail, nous nous emploierons à vérifier si une bonne
éducation, une bonne instruction et formation en petits métiers ne peuvent-elles pas
constituer une garantie pour le développement de la collectivité, à voir si la mise en
marche du centre pilote d'intégration socio-culturelle des jeunes filles pourrait
déclencher un véritable élan vers le développement de nos milieux ruraux en général,
la collectivité de Ngweshe en particulier.

Considérant la situation qui prévaut sur le terrain nous nous évertuerons à


voir si une réorientation de la pédagogie rurale pourrait permettre une éducation à
l'utilité. Cette démarche nous permettrait de trouver des réponses à la préoccupation
des jeunes filles rurales de la Collectivité de Ngweshe, en particulier qui se trouvent
actuellement en train de nager entre deux grandes eaux : le modernisme et la
tradition.

0.3. CHOIX ET INTERET DU SUJET

0.3. l. CHOIX DU SUJET

Le sujet que nous avons choisi de développer se rapporte à une analyse


critique de l'éducation de la jeune fille rurale.
L'étude a été orientée dans la collectivité de ngweshe, localité de Mudusa, en
groupement de Walungu vu l'intérêt que cette unité représente pour nous.

Etant originaire du milieu, ayant partagé la vie de cette population et éprise de


la promotion féminine, nous nous trouvons inquiétée par le train de vie que mène cette
population à l'aube de l'an 2000.

Cela étant nous espérons, à travers cette initiative, apporter une pierre à
l'édifice qui est entrain d'être érigé.

0.3.2. INTERET DU SUJET

La promotion de la femme est une préoccupation permanente dans maintes


collectivités du Congo en particulier et de l'Afrique en général, mais peu
d'initiatives s'orientent dans celle de la fille.

Il est vrai que l'actuelle condition, situation de la femme, son impuissance sur
le plan professionnel, si faible représentativité au niveau décisionnel est une
conséquence du taux élevé d'analphabétisme chez la fille.
De ce fait, nous espérons apporter un réel outil, un éveil de conscience qui peut
remédier à la, situation ci haut décrite.

Aux personnes éprises de la promotion de la fille rurale, notre travail est utile
vu que les programmes dé ce genre n'ont pas encore été initiés dans le milieu qui fait
l'objet de cette étude.
Notre initiative ne manquera pas d'intérêt auprès des autorités locales et nationales,
notre pays ayant ratifié depuis 1985 la convention relative aux droits des enfants.
Nous espérons qu'elles prendront des mesures qui s'imposent en faveur du bien être
social de la fille en particulier.

0.4. DELIMITATION DU SUJET

Notre sujet a été délimité dans le temps et dans l'espace.

Dans l'espace notre travail a porté sur le groupement de Walungu, localité de


Mudusa en Collectivité de Ngweshe, Territoire de Walungu.
Il est situé à une quarantaine de kilomètres à l'Ouest de la ville de Bukavu au Sud-
Kivu.

Dans le temps, l'étude s'étend sur une période de 4 ans allant de 1994 à 1998,
période qui correspond à notre formation de cadre de développement rural à l'Institut
Supérieur de Développement Rural de Bukavu.

0.5. METHODES UTILISEES

La méthode au sens large est comprise, selon Grawitz comme étant "
l'ensemble d'opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à
atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontre et vérifie4

4
M. GRAWITZ, Les méthodes des sciences sociales, Ed° Dalloz, Paris 1976. p.331-332.
0.5.1. La méthode participante

Nous avons eu l'occasion d'observer et de vivre les différents maux que


donnait la fille rurale, et nous sommes conscientes de la réalité telle que décrite grâce
aux entretiens que nous avons eus avec la base.

0.5.2. La méthode descriptive

Cette méthode nous a été utile pour décrire et décomposer les éléments du
phénomène en ces différentes parties en vue de mieux l'appréhender.

0.5.3. La méthode historico-comparative

Elle nous a été utile pour suivre l'évolution du phénomène dans le temps au cours
des périodes complètement différentes afin de dégager les écarts.

0.5.4. La méthode statistique

Cette méthode consiste en une utilisation des techniques statistiques pour


l'analyse des données en vue de leur interprétation. Elle nous a permis d'analyser toutes
les données chiffrées obtenues au cours de nos investigations sur terrain.

0.6. LES TECHNIQUES UTILISEES

Le concept " technique " sous entend : " l'utilisation des procédés opératoires
rigoureux, bien définis, transmissibles susceptibles d'être appliqués à nouveau dans les
mêmes conditions adaptées au genre de problème et de phénomène en cause."5

Pour une société comme des Bashi où tout se transmet par tradition orale, il nous
a paru indispensable de constituer une documentation consistante.
Malgré le caractère réduit nous espérons contribuer à la perpétuité de cette société quant
à ses coutumes, ses réalités.

0.6.1. La technique d'interview semi-structurée


Cette technique nous a guidé dans la collecte des informations par communication
verbale avec certain: habitants de Walungu. Notre but a été de réunir les données de la vie
politique, économique et socio-culturelle.

5
M. GRAWITZ, op. Cit., p. 333
0.6.2. La technique d'analyse documentaire

Grâce aux différents travaux de fin de cycle et/ou mémoires, rapports scolaires
des différentes écoles de la place et d'autres documents qui se rapportent à notre sujet
d'étude, nous avons pu obtenir une compréhension globale des informations recueillies
oralement.

0.7. DIFFICULTÉS RENCONTRÉES

Compte tenu de l'insuffisance des documents contenant des renseignements et des


informations sur la collectivité de Ngweshe, nous nous sommes heurté aux divers
problèmes, à savoir
- les difficultés financières et les problèmes liés à l'état sécuritaire.
En effet, nous n'avons pas pu épuiser notre enquête suite aux troubles survenus en date
du 3 Août 1998, guerre menée par le Rassemblement congolais Démocratique, "R.C.D."
en sigle.
PREMIERE PARTIE :
GENERALITES

Il s'avère indispensable de préciser certaines notions afin de mieux appréhender


l'objet de notre étude.

En effet, il sera question de faire une étude rétrospective sur la, situation de
l'éducation dans la société traditionnelle, d'étaler la matière, le contenu de cette
éducation dans le but de confronter le phénomène à la réalité telle qu'elle se vit
actuellement, d'en dégager les écarts et de proposer une approche adaptée.
CHAPITRE I : MENTALITE ET COUTUMES ANCESTRALES
SECTION 1. RETROSPECTION SUR LA SITUATION DE L'EDUCATION DANS
LA SOCIETE TRADITIONNELLE
1.1. Statut et rôle de la femme

1.1.1. Conceptions générales

Que ce soit pour les femmes congolaises en général et Shi en particulier, il nous a
été donné de constater que la femme n'a pas de statut spécial.
Lorsqu'elle vit encore sous le toit paternel elle est la fille d'un tel, que le mashi traduit
par " mwali wa ". Une fois mariée, elle devient la femme d'un tel, en mashi " mukazi wa
".
Tout en étant mère, elle est aussi une épouse soumise à l'autorité maritale. Elle doit du
respect au mari, de l'obéissance, de la politesse et par-dessus tout de la subordination.
Ceci exige qu'elle soit prudente et réservée dans la manière même de présenter ses
objections à son mari.

Ensuite, la femme est maîtresse de sa maison partant la division sociale du travail.

Ainsi, lui reviennent toutes les tâches domestiques et les activités économiques telles
que le labour, le sarclage, le semis, l'emmagasinage des récoltes et gestion des produits
agricoles.
Elle est la maîtresse du foyer limité aux seules activités ménagères. C'est pourquoi, elle
ne devrait pas se mêler des affaires publiques sauf si elle y était conviée.

Partant de cela, l'éducation de la fille visait un double objectif : la préparer à sa


vie future de mère et de femme responsable.

1.1.2. L'éducation de l'enfant au bushi

Au Bushi, il y a une distinction nette entre l'éducation du jeune garçon et celle de la


jeune fille.

Cette distinction est basée sur le but visé par l'éducation. Ainsi, toutes les familles
inculquent une éducation morale édictée par les lois humaines, connues sous le nom de "
lushika " en mashi, des lois morales exprimées dans les " misiro " en mashi, ou tabous en
français, et une sagesse exprimée dans les " migani " en mashi ou proverbes.

1.1.2.1. L'éducation de la fille

Toute l'éducation suppose au moins deux choses dans l'ordre intellectuel. Il s'agit
d'une vision du monde et d'un modèle d'homme à former.
L'éducation qui découle de cette conception repose sur une donnée qui doit être développée
dans le sens de l'unité, de la santé, de la solidarité, de l'épanouissement et du rôle que la
société lui confère.
Partant de cela, l'éducation de la fille Shi se faisait selon la conception ci-après : la préparer
à sa vie future d'épouse et de future mère de famille. Pour ce faire, elle doit apprendre
auprès de sa mère ce double rôle qu'elle aura à jouer dans la société.
Son éducation sera parfaite ou déficitaire suivant les qualités de sa mère d'une part, et ses
propres aptitudes d'autres
a) développement des aptitudes physiques

Dès les premières années, la fille doit s'épanouir, se développer gracieusement


pour donner au corps un port droit, une poitrine bien ressortie et les hanches bien
dégagées afin de préparer le bassin aux futures maternités.
Elle développait son agilité ainsi que son endurance et sa résistance grâce à certains
travaux : fendre du bois, ports d'objets sur le dos, longue marche, ... éléments qui
faisaient d'elle une bonne et courageuse femme.

b) formation du caractère et formation culturelle

La mère apprend à sa fille à acquérir de bonnes habitudes de respect, de


reconnaissance, d'obéissance, d'éffacement devant les personnes respectables, elle apprend
la vertu de chasteté, de justice et de soumission.
Grâce au concours de toutes les mères de l'entourage et de la. tante paternelle en
particulier la fille reçoit son éducation ou initiation de future épouse et mère. Elle apprend
toute une série de renseignements propres aux femmes, des légendes des défenses rituelles,
des proverbes, des remèdes et panacées habituels en usage dans la famille, de devinettes,
des chansons, ...
1.1.2.2. Education du garçon

Le jeune garçon est un futur époux, futur père de famille, un futur citoyen, dans la
famille et dans le clan. Sur ces différents points, le garçon doit recevoir une éducation qui le
prépare à son futur rôle. C'est au père qu'échoit cette fonction éducateur.

a) développement des aptitudes physiques

Contrairement à la fille, le jeune garçon devrait s'épanouir, développer ses aptitudes


physiques par des exercices physiques : lutte corps à corps, saut en longueur, des courses,
des combats de coqs, ils se lancent des morceaux desséchés de bouse da vache, pratique
connue sous le nom de " mashishi "6, et des travaux lourds : fendre le bois, travaux de
culture, transport d'objets sur la tête, ...

Au jeu, il doit manifester sa joie et son endurance, malheur à lui s'il vient se plaindre
auprès de son père, car il sera jugé incapable et de " ciganyi ".

b) formation du caractère et formation culturelle

Futur citoyen, il doit connaître l'histoire de son pays, de son clan et la généalogie de
sa famille en vue de la transmettre à la postérité.
Pour cela il doit fréquenter des hommes sages, intelligents, courageux et même astucieux,
par exemple les " Baganda ", de qui il apprendra le langage, les gestes de politesse, l'histoire
du clan, les légendes, les contes, les proverbes, les mimiques, les valeurs, ...

En tant que futur père de famille, le garçon doit acquérir des vertus nécessaires au
maintien du ménage, le travail sous ses formes, les vertus de patience et de pardon7

6
MPINGA KAHANDA, Implications sociologiques de la vache dans la société Shi (Kivu). Mémoire 1975,
Université de Lubumbashi.
7
BURUME LOUIS LWIGULIRA, Histoire des six derniers règnes antérieurs à 1980 et Culture des bashi au
Zaïre, page 81…… références incomplètes.
SECTION 2. SITUATION DE L'EDUCATION DANS LA SOCIETE EN
EVOLUTION
2.1. Résultats de l'enquête

2.1.1. Présentation de l'enquête

a) Objectifs

L'objectif de nos enquêtes était de recueillir les données sur la matière de


l'éducation actuelle par rapport à la matière de l'éducation traditionnelle alors que les
structures familiales, sociales en général ont été bouleversées par le courant rapide du
modernisme.
II a été question de :
- dégager les écarts ;
- relever les statistiques des jeunes filles scolarisées et le taux d'abandon ;
- cerner les obstacles à l'épanouissement, à la promotion de la fille rurale de Walungu.

b) Déroulement

L'enquête s'est déroulée dans la collectivité de Ngweshe, groupement de Walungu,


dans la localité de Mudusa et ses environs. Mais suite aux perturbations survenues avec la
guerre menée par le R.C.D., nous n'avons as pu couvrir tout notre échantillon. 120
personnes ont été touchées8 par le questionnaire d'enquête au lieu de 160 préalablement
prévues.

c) Outils utilisés

Deux techniques d'interviews nous ont permis de réunir les différentes informations.
Il s'agit de la technique d'interview libre et la technique d'interview semi-structurée.
Un guide d'entretien comprenant 7 questions nous a été d'un apport important pour la
collecte d'informations.

8
120 personnes, dont 50 parents, 50 jeunes filles et 20 garçons
2.1.2. Résultats de l'enquête

Question n° l portant sur la manière que se faisait l'éducation des filles dans la société
traditionnelle Shi.
Sur 120 enquêtés, 120 reconnaissent que l'éducation des filles se faisait à trois niveaux
différents :

* En famille par sa mère qui dès le jeune âge de la fille l'initie à tous les travaux ménagers
et champêtres, aux règles de politesse et de conduite, la préparant à sa vie future de femme
et mère,
* Par le clan pour l'éducation sexuelle de la fille. Car les règles de pudeur interdisent aux
parents d'instruire leurs filles sur les choses touchant la vie sexuelle. Par conséquent la jeune
pubère est à la charge de sa tante paternelle ou des amies intimes de sa mère et/ou sages
femmes du village.
* Par tout le village car selon un adage " omwana arhaba wa mugumu " toute personne a
l'obligation de veiller sur la bonne conduite des enfants, et de leur tenue.
La fille subit aussi l'influence des compagnes du village pour son éducation sexuelle;
pratique connue sous le nom de " kushina mishino ". Comme nous l'indique ces résultats
100 % d'enquêtés reconnaissent l'existence d'une solidarité en matière d'éducation des
enfants. 550 parents et 70 jeunes ont été touchés par le questionnaire.

Question n°2 relative au tabou lié à certains mets.


100 % des enquêtés soutiennent que les filles ne devraient pas consommer les mêmes mets
que les garçons. Signalons ici que plusieurs raisons ont été avancées
Dé ces 100 % :

* 70 % soutiennent que la femme n'est pas égale à l'homme. D'où elle ne doit pas
consommer les mêmes mets que les hommes.
* 30 % soutiennent que c'est par égoïsme des hommes que certains mets étaient interdits aux
femmes et pour couvrir leur esprit pastoral et économique.

Question n°3 Partant sur l'évolution intervenue dans les habitudes alimentaires.

100 % des enquêtés reconnaissent que les filles actuellement consomment les mêmes mets
que les hommes. Par exemple la poule, les neufs, ...
Les enquêtés soutiennent que plusieurs facteurs ont conditionné cela à savoir :
l'école, les sensibilisations des églises, de l'hôpital et la présence des tribus étrangères.

Question n°4 Relative à l'organisation sociale du travail

* 70 personnes sur 120, soit 58 %, interrogées déclarent que les filles ne faisaient pas les
activités dévolues aux hommes.
Elles soutiennent que c'est un manque de respect si par exemple un Papa exigeait à sa fille
de construire une hutte.

* 50 personnes sur 120, soit 42 %, soutiennent que la. distinction nette des tâches
intervenait à l'âge de la puberté. Tous doivent effectuer les travaux champêtres jusqu'à l'âge
adulte.
Avant la puberté un garçon ou une fille peut aller à la collecte d'eau, du bois, la fille peut
effectuer la garde des petits bétails, le garçon peut piler le manioc mais dès que l'enfant
atteint au moins 10 ans, il serait un manque de respect si ont lui exigeait d'effectuer une
activité qui ne cadre pas avec la nature de son sexe.

Question n°5 Relative aux comportements et attitudes injustes vis-à-vis des filles.

Les 40 filles interrogées nous déclarent qu'elles n'observent pas des comportements ou
attitudes de leurs parents qui sont injustes et qui puissent les prédisposer à une révolte.
Signalons que cela nous paraît anormal car les inégalités s'observent dans nos familles
situées en ville alors qu'elles ont connu une certaine influence. C'est un indicateur qui
prouve l'opportunité des actions en faveur d'une prise de conscience de ses responsabilités et
de ses droits.
Question n°6 Portant sur les difficultés que les parents et les éducateurs (enseignants) ont
pour éduquer les filles.

40 parents sur 50 soulèvent 4 grandes difficultés

- la pauvreté
- le manque de dialogue entre les deux parents et leurs enfants
- les enfants au sortit de l'école considèrent les parents comme des " dépassés ".
- l'indifférence des enfants d'effectuer les travaux champêtres.
10 enseignants de l'école primaire soutiennent que la grande difficulté qu'ils ont
actuellement d'éduquer les enfants en général est l'irresponsabilité des parents, qui se
déchargent de leur tâche d'éducation. Cela se joint à :
- la présence de plusieurs tribus sur le territoire du Bushi,
- l'irresponsabilité de certains religieux et enseignants, et,

- l'influence des médias.

Question n°7 Relative aux souhaits particuliers des parents, des éducateurs et des jeunes
filles.
40 parents parmi lesquels 10 enseignants souhaitent que l’éducation et l'instruction des filles
soient fonctionnelles que les programmes scolaires préparent les filles à leur vie future de
femme et mère.
Que les parents et les enseignants se complètent dans l’œuvre éducative. Parmis les 30
parents (hommes) interrogés, 20 parents souhaitent que les mamans collaborent et
dialoguent avec leurs maris pour consolider les efforts dans l'oeuvre éducative.
10 parents sur 50 souhaitent que les filles restent analphabètes pour qu'elle s'occupent
complètement de leurs enfants et de leurs maris.
30 filles sur 50 interrogées souhaitent être alphabétisées.

20 filles sur 50 interrogées veulent effectuer des petits métiers : coupe et couture, tricotage,
etc.

15 garçons sur 20 interrogées souhaitent avoir comme compagne de vie, une femme qui est
valide au point de vue professionnel c'est-à-dire couturière, infirmière, etc.
5 garçons sur les 20 interrogés veulent que les filles restent à la maison: qu'elles n'étudient
pas.

2.1.3. Les canaux d'éducation

Dans la société Shi, l'éducation se fait sur le tas. C'est à travers les légendes, les
contes, tes chants, les us et coutumes, l'évangile d'une part et d'autre part le paralangage, par
exemple l'habillement, l'allure général, le maintien, la posture, les gestes de politesse, les
mouvements des mains, des bras etc. que se réalise la formation, l'éducation qui se fait du
père au fils de la mère à la fille, de sorcier à un autre sorcier, de conteur à un autre conteur,
de griot à un autre griot, etc.
D'une manière générale la communication verbale et le paralangage constituent le
moyen par lequel l'initié acquiert différentes connaissances et valeurs qu'il intériorise en
observant et en imitant.

2.1.4. Obstacles à la promotion de la fille

Toute société a un passé constitué des traditions, des coutumes, des


considérations, en bref d'un système des valeurs adapté et ce, en fonction de chaque
époque de l'histoire.
Aujourd'hui, suite à leur anachrome, ou dynamique de la culture toutes les valeurs ne
répondent pas à l'épanouissement de la femme.
Plusieurs facteurs contribuent négativement à la promotion de la fille rurale du
Bushi; c'est ce qui justifie les difficultés qu'a actuellement la femme à jouer pleinement
son rôle éducatif dans son foyer.

Au dépouillement des résultats de l'enquête apparaissent les obstacles ci-après

a) La conception traditionnelle de la femme

Cette conception limite la femme aux seules tâches de ménage, à la procréation et à


l'assouvissement des besoins de sa famille.
Les tâches domestiques étant elles-mêmes trop lourdes et exigeant d'efforts considérables,
la femme n'a pas assez de temps pour développer ses facultés mentales et/ou s'unir aux
autres dans les actions d'auto promotion. Situation qui a été reconnue par 87 % de nos
enquêtés.

b) Le manque de ressources financières

Il est presque inutile d'espérer étudier si les parents n'ont pas de revenu, les études
étant elles-mêmes devenues trop coûteuses.

Partant de la conception traditionnelle que les Bashi se font de la femme,


l'éducation scolaire de la fille rurale est jugée inutile.
C'est donc elle qui est condamnée à ne pas accéder à une formation adéquate; c'est elle
qu'on retire souvent de récole au profit de son jeun. Car son râle se résume en ménagère,

c) Le mariage précoce

Il ressort de la cupidité des parents de leur envie incessante d'encaisser la dot de


considérer leurs filles comme une source de richesse.
Les Bashi traduisent cela au travers d'un adage qui dit: " Omunyere ye nankafu, omunyere
ye nabintu " c'est-à-dire " quand on a une fille, on a tout, on a une vache ".
Ainsi, à l'âge pubère (12 ans) la fille a moins de chance d'accéder aux études
secondaires au cas où elle a eu le privilège de voir le tableau noir.
Cette situation, reconnue par 78 % des filles interrogées, n'est pas de nature à promouvoir
la jeunesse féminine.

d) L'insuffisance d'écoles

L'insuffisance d'écoles tant primaires que secondaires pose un sérieux problème


dans nos milieux ruraux en général, et dans le Bushi rural en particulier.
Suite à cela certaines filles sont condamnées à rester à la maison compte tenu de la grande
distance entre l'école et le village.

e) Le programme scolaire peu adapté

Bien que la fille ait accédé à une formation scolaire, l'inadaptation du programme
scolaire à sa vie future de femme et mère rend cette dernière c'est-à-dire la formation
scolaire nulle et stérile.
Au contraire, comme le soulèvent les parents : tes enfants qui quittent l'école se dégoûtent
des travaux champêtres, des travaux d'élevage, etc.

f) Le manque du personnel enseignant

Le ministère de l'enseignement primaire secondaire et professionnel considère


comme sous-qualifié " tout enseignant sans diplôme en sciences pédagogiques de niveau D4
et/ou D6 pour le cas de récole primaire et sans titre académique pour le cas de l'école
secondaire"9

Suite aux conditions de vie précaire, nos milieux ruraux manquent un personnel
qualifié et compétent.

Tous les jeunes qui y terminent leurs études ne veulent plus rentrer au village pour y
enseigner. D'où une fuite de cerveaux au niveau du village créant ainsi une quasi-absence
des compétences scientifiques.

9
Arrêté Ministériel : MINEDN/EPSP/CABMIN.SECOPER-BUKAVU/077/92.
2.1.5. Facteurs probables à la promotion de la fille

L'enquête que nous avons menée a permis de cerner les facteurs ci-après :

a) L'indogénéité

L'amélioration des conditions de vie d'un peuple ne peut se réaliser que si celui-ci
compte d'abord sur ses propres efforts.
Ce qui revient à dire que la future femme et mère doit compter en premier lieu sur ses
propres efforts si elle veut améliorer sa situation et sa position sociale.
Pour ce faire, elle doit fournir des efforts considérables pour pouvoir sortir de son état
d'infériorité où les impératifs familiaux traditionnels pèsent encore sur sa tête.
La jeune fille que nous avons trouvée est en mesure de lever ce défi.

b) Responsabilisation

La femme doit prendre conscience de ses responsabilités dans la famille et à l'égard


de la société, et se nourrir de cette envie incessante de s'instruire et d'élargir ses
connaissances car c'est de cette prise de conscience que naît silencieusement la personne et
que commence la promotion humaine. L'éducation que la fille recevait dans la société la
préparait à ses responsabilités.

c) Education et instruction des filles

Le niveau d'instruction est un des éléments importants dans la promotion sociale


de tout individu.

Les filles, mères de demain auront l'obligation, dans leur rôle éducatif d'épanouir
en leurs enfants la vie physique, morale, affective, intellectuelle et spirituelle.
Cela suppose de leur part une valeur et une formation adéquate l'acquisition d'idées
générales, la faculté de réfléchir, de juger, de créer de nouveaux comportements face à
des situations nouvelles.
d) Aspirations et désirs des filles

La scolarisation crée chez l'individu de nouveaux besoins et est souvent à


l'origine de bonnes ambitions. Plus on est instruit, plus on a en soi de nouvelles idées,
des considérations, et plus on aspire à une vie meilleure. Chaque fille qui étudie nourrit
en elle l'ambition d'être demain une femme ayant réussi, remplissant au mieux son rôle
dans la société.

Ainsi les filles voudraient que des changements positifs interviennent dans leur vie.

Elles citent en illustration : être affranchies des coutumes aliénantes. Elles


espèrent de cette façon remplir efficacement leurs devoirs de femme et jouir de tous
leurs droits.

2.2. Les principaux Centres transmetteurs

L'éducation constitue la base de la vie sociale. C'est un processus qui, chez


l'homme, commence à sa naissance et se termine avec sa mort.
Tout homme vient au monde en état " tabula rasa " et doit tout apprendre avec la vie, le
savoir, le savoir-faire et le savoir-être.

Cependant, les formes d'éducation sont multiples, et déjà au 18è siècle


Montesquieu disait: " nous recevons 3 éducations différentes : celle du père reçue en
famille, celle des maîtres et celle du monde."10

a) La famille

Considérée comme premier centre où se transmet du père au fils, de la mère à la


fille les préceptes ou principes de base de la vie, la famille crée les premiers liens chez
l'individu qui le rattachent à sa communauté.

C'est elle qui développe le socle de la personnalité de l'enfant à travers les


principes de politesse, d hygiène, de savoir-vivre, de savoir-faire, mais elle est aussi le

10
MONTESQUIEU cité par MUMBU MUKUNA MUNTU, Cours de communication sociale, 1997-1998,
Cours inédit.
foyer des premières tensions, des premiers conflits, des premières discussions, des
premières discordes, des inégalités, ...
D'où elle se veut être une structure solide où règne un bon climat d'entente, de respect
mutuel, ... Car l'homme vient au monde à l'état d`une page vierge où sera inscrit
différentes phrases qui constitueront sa personnalité.

La famille au Bushi constitue un centre transmetteur en ce sens que les valeurs se


transmettent des plus âgés au moins âgés au sein du ménage, d'un foyer.

b) l'école

Eduquer c'est communiquer les règles de comportement technique (instruction) et


moral (formation) qui sont communes à des degrés divers aux membres d'une société
donnée.
C'est ainsi que Segers pense que : " former des hommes et des femmes qui soient en
mesure de s'intégrer dans la société en mutation et de contribuer à son développement
est normalement la tâche de l'école."11

En tant qu'auxiliaire de la famille dans l’œuvre de l'éducation, l'école constitue un


instrument indispensable et un centre transmetteur des valeurs morales, civiques, des
connaissances techniques si l'éducation s'oriente dans cette optique.

c L'église

L'église est une société en soi plus ou moins structurée véhiculant la doctrine religieuse.

C'est à travers elle que tout être humain se reconnaît être une créature de Dieu et que se
prônent les principes moraux, à savoir: aimer son prochain, faire du bien, respecter
autrui et ses biens, etc.

Dans son rôle missionnaire (évangélisation), l'église est un facteur d'intégration


primordiale au cas où il existe dans un pays, dans une ville ou dans un village une très
forte unité religieuse.
Par souci de communion avec Dieu, de communion fraternelle et de par l'attachement à
la croyance (foi) l'outil utilisé touche différemment les adhérents.

L'église peut aussi servir de canal pour transmettre et démultiplier les


informations pour le développement qui visent la promotion de la jeunesse féminine.

d) La vie sociale en, général

L'homme reçoit de la société une foule d'enseignements et de comportements


(réglementa et lois) qu'il absorbe et qu'il insère dans son réservoir culturel.
Les amis, les confrères de travail, les collègues d'auditoire et/ou de classe, les voisins,
etc. font également partie de ce moyen d'éducation empirique ou éducation non formelle.

2.3. Aperçu sur le programme éducatif Shi

Le programme éducatif chez les Bashi est conçu en institution, selon différents
stades d'intégration sociale.

Comme soulevé précédemment, la famille, le clan et le village constituent les centres


transmetteurs des us et coutumes qui précisent le type d'homme à former.

Le système éducatif Shi prône une auto-éducation. L'enfant au cours de son


initiation passe par 2 stades, à savoir

- le stade d'observation, et,

- le stade d'imitation.

a) Stade d'observation

Dès son jeune âge la fillette reste à l'ombre de sa mère. Elle a l'obligation
d'accompagner sa mère partout où elle va et dans toutes ses tâches ménagères car elle sera
obligée d'accomplir les mêmes actes.

11
SEGERS, J., Le Cours d’initiation au développement, in zaïre Afrique, n°105, Mai 1975. p. 279
C'est donc de sa mère que la fillette apprendra les règles de pudeur, de respect, et toutes
activités ménagères et le langage.
Vu qu'elle doit observer les attitudes et comportements de sa mère et aspirer à être et à faire
un jour comme sa mère, les qualités et attitudes de sa mère ont une part importante dans la
formation du caractère, de la personnalité de la fille; du socle de sa personnalité.

b) Stade d'imitation

La petite fille qui observait doit passer au stade d'imitation. Ainsi par exemple sa
mère peut lui acheter une houe pour cultiver, la fille peut cuire les aliments alors que la
maman est au champ, elle peut surveiller et s'occuper de ses petits frères, etc.

Progressivement, l'éventail de ses activités sociales s'élargit et déborde le cadre


strictement familial.

La fille pour ce faire peut bénéficier d'un champ autonome, elle peut effectuer la vente de
certains produits, tels que les bananes, les haricots, les avocats, etc.

2.3.1. Essais de conciliation de la tradition à la modernité

Nous partageons l'avis de Burume Louis LWIGULIRA qui soutient que : " toute
culture est essentiellement dynamique et statique : en tant que dynamique elle est influencée
par les apports extérieurs qu'elle ne rejette mais intègre."12

L'éducatrice traditionnelle, nos grands-mères et mères analphabètes n'ont pas été


préparées à la vie moderne en perpétuelle mutation, n'ont plus perfectionné leurs attitudes
innées afin d'adapter l'acquis traditionnel à l'évolution actuelle.
La grande problématique c'est la rapide transformation de nos sociétés devant l'état statique
de nos traditions.

C'est un mouvement qui nous éloigne davantage de notre passé historique, miroir de notre
avenir, et, qui bascule nos institutions, nos coutumes, nos particularités.
Le cas le plus frappant est la tenue des filles : aujourd'hui par manque de pudeur certaines
filles perdent leur authenticité en imitant le modèle d'habillement occidental.

12
BURUME LOUIS LWIGULIRA, op. cit, p. 14
Loin de nous lamenter, il faudra que la femme, première éducatrice puisse regarder
avec des yeux neufs ce que le modernisme a de positif et le concilie aux principes
traditionnels en matière d'éducation.
Par exemple instruire les filles sur les choses touchant la vie sexuelle alors que jadis cela
était un tabou au sein d'une famille.

Pour sa part, l'attitude la plus positive, la plus féconde est celle qui consiste à ne pas
juger les choses avec passion, à demeurer ariviste et mimétique mais faire preuve de lucidité
et de bon sens afin d'éviter l'aliénation des éduqués et de continuer à assumer sa mission
d'éducatrice permanente.

De ce fait, la femme Shi a l'obligation d'éveiller au sein de son ménage l'esprit de


dialogue, base et élément fondamental de tout processus d'éducation.

2.3.2. Considération sur les méthodes pédagogiques

Au Bushi, l'éducation était fonctionnelle, c'est à travers les actes et les rapports
sociaux que se faisait l'éducation du père au fils, de la mère à la fille.
L'enfant était préparé en fonction des besoins de la société : construire la hutte, traire les
vaches, faire la cuisine, etc.

Lorsque furent introduites les premières écoles au Bushi, ces dernières sapèrent cette
éducation qui se faisait par symbiose avec le milieu adulte.13
D'où nécessité d'une méthode adaptée aux besoins de la cible.

Pour ce faire, cette étude s'oriente dans le processus de formation de la jeune fille à l'utilité,
processus qui sera activé par la méthode pédagogique conseillée par Carl ROGERS dans "
liberté pour apprendre " : le " learning by doing ".
C'est en fait de l'auto formation, qui passera par une analyse qui consistera à s'examiner, à
s'étudier, à voir ce que l'on est afin de définir ce qui manque et qu'il faudrait conquérir pour
son auto promotion, pour être utile à soi-même et à la société entière.

13
NTAMBALA MUZINDUSI, L’enseignement primaire dans la zone de Walungu. 1960-1973.
TFC/ISDR/BUKAVU, 1973, p. 355
CONCLUSION PARTIELLE

Le problème de la promotion féminine est de nos jours devenu un phénomène


social tellement généralisé qu'il préoccupe tant les femmes que les hommes épris de la
promotion féminine, c'est à dire libérer la femme de l'emprise de la tradition et l'intégrer
dans la société en mutation.

La plus grande partie de la population du Bushi vit dans le milieu rural où elle
subit fortement le poids de la tradition. Ce poids n'épargne personne. Cependant, il pèse
trop lourd sur la femme et la fille les empêchant de s'épanouir.

A cet effet, ,les voies et moyens pouvant intégrer la fille selon que l'exige la
société en perpétuelle mutation sont recherchés. Car jusque là, avons-nous remarqué, la
femme en général est restée en marge de l'évolution de la société, elle est déconsidérée
et rendue inférieure pour tout usage social.

En vue de réussir la promotion de la jeune fille, mère de demain, un projet de


création d'un centre pilote d'intégration socio-culturelle des filles a été souhaité par 89 %
de nos enquêtés.
Ce projet fait l'objet de la. deuxième partie de cette étude.
IIème PARTIE

PROJET DE CREATION D'UN CENTRE PILOTE


D'INTEGRATION SOCIOCULTURELLE :

" AMIS DES JEUNES FILLES "


CHAPITRE I : IDENTIFICATION DU PROJET

1.1. DEFINITION DU PROJET

Pour Poumaillon, " le projet de développement est une tentative de solution à


un problème ou un ensemble de problèmes posés dans un milieu précis à des groupes
sociaux tout en demeurant une totalité dynamique recouvrant les aspects sociaux,
politiques et économiques d'un endroit ".

Quant à nous, ce projet que nous définissions comme étant un Centre pilote
d'intégration socioculturelle des jeunes filles constitue une proposition de solution, un
pas en plus dans la résolution des problèmes de la promotion de la fille; une garantie au
progrès social de la collectivité de Ngweshe en particulier et de notre pays le Congo en
général.
Ce centre pilote est un lieu de réflexion, de dialogue, de départ, de formation
andragogique selon les métiers appropriés aux filles en milieu rural, et d'information sur
la problématique de la promotion de la fille.
En somme, ce Centre pilote est un carrefour d'échange d'expériences et d'appui
technique.

1.2. OBJECTIFS ET BUTS

L'objectif étant la fin ultime à laquelle tend un individu, ce projet vise comme
principal objectif la réorientation de la pédagogie rurale, frein à l'épanouissement et/ou à
la promotion sociale de la jeune fille rurale dans le territoire de Walungu.

Pour y parvenir, sachant que le but est un moyen par lequel on réalise
l'objectif, notre projet s'assigne plusieurs buts, à savoir :
- l'ouverture d'un centre pilote d'apprentissage : formation en coupe et couture,
et tricotage, alphabétisation des adultes (éducation morale et civique, éducation à la vie,
etc.).
1.3. DUREE ET LOCALISATION DU PROJET

Situé dans l'espace, ce projet se localise dans la collectivité chefferie de


Ngweshe, Territoire de Walungu dans la localité de Mudusa.

Circonscrit dans le temps la durée de l'opérationalisation de ce projet est de


trois ans renouvelables. Elle se situe entre 1999 et 2002.
1.4. PRINCIPAUX BENEFICIAIRE ET ACTEURS DU PROJET

La population de Walungu est la principale bénéficiaire du projet. Elle est à la


fois réalisatrice et bénéficiaire.

D'autres bénéficiaires sont : la. population des localités voisines de la localité


de Mudusa.

Pour sa réalisation et son succès, ce projet collaborera avec d'autres


organisations et/ou structures dynamiques oeuvrant sur place, à savoir
ƒ les initiatives locales de développement, les organisations non
gouvernementales de développement,
ƒ les autorités coutumières et politico-administratives;
ƒ les confessions religieuses;
ƒ les bailleurs de fonds, l'Etat Congolais, le Fonds des Nations Unies
pour l'Enfance, le Programme des Nations Unies pour le
développement.

1.5. CADRE JURIDIQUE DU PROJET

Le centre pilote d'intégration socioculturelle se veut être une association sans but
lucratif (ASBL) de droit congolais.
Juridiquement c'est une initiative privée qui présente les caractéristiques d'être
apolitique, non confessionnel et non discriminatoire.

Il est un projet de type concerté.


Les filles afin d'atteindre les objectifs assignés par elles et pour elles grâce à leurs initiatives,
et leurs propres ressources et une autoresponsabilité, sont les principales actrices et artisanes
Etant une association qui vise la promotion de la jeunesse féminine, elle aura besoin
d'un appui d'autres ONGD et/ou groupements féminins durant son opérationalisation
pour une amélioration de ses performances et un échange d'expériences.

1.6. STRATEGIES GLOBALES DU CENTRE

En planification, la. stratégie se définit comme " l'art de coordonner des activités
et de manœuvrer pour atteindre un but".
C'est former des projets compatibles avec les moyens disponibles, compte tenu des
ressources existantes"14

L'approche choisie afin de réaliser avec efficacité et efficience ce projet, nous


procéderons par :
- la conscientisation, sensibilisation, animation et mobilisation, cette stratégie consistera
à éveiller la conscience de toute la cible pour décrocher sa participation active dans le
processus de réalisation de projet;
- l'implication des autorités politico-administratives locales afin de solliciter une
subvention et une assistance active de leur part;
- susciter et décrocher la participation active des communautés et confessions religieuses
locales;

- définir les quotes parts, les apports en nature pour la participation de chacune des
adhérentes au centre pilote.

14
BULAMBO WA TOMBO, cité par MUSAFIRI TAHABATU, Promotion de l’habitat dans la zone de Fizi,
TFC-ISDR.
CHAPITRE II :PERTINENCE ET FAISABILITE DU PROJET

II. 1. PERTINENCE

L'épanouissement de la fille, mère et femme de demain étant l`ultime moyen de


promouvoir les atouts de la femme, celle-ci doit s'impliquer dans le processus.

Ayant passé en revue la situation socioculturelle de la jeunesse féminine de la


collectivité de Ngweshe, nous avons pu déceler les lacunes, le mode de vie qui constituent
des obstacles à la promotion de la jeune fille.

De ce fait, il a semblé opportun aux enquêtés à nous d'initier, de nous engager dans
un projet qui a comme mobile l'encadrement socioculturel de jeunesse féminine qui se
trouve aujourd'hui marginalisée.
Cela dénote une certaine médiation, une recherche pouvant concilier la tradition au
modernisme à travers une structure adaptée, un centre d'intégration.

Nous sommes convaincue de la nécessité du centre d'encadrement des jeunes filles


dans la collectivité de Ngweshe et de son opportunité dans notre pays le Congo en
particulier et de toute l'Afrique en général.
Le projet se révèle être ainsi pertinent.

11.2. FAISABILITE

Après un regard minutieux sur les différents maux, les contraintes et/ou obstacles
que connaît la jeunesse féminine, et les difficultés qu'a l'éducatrice traditionnelle à s'adapter
automatiquement aux exigences de la modernité, bien malgré les besoins ressentis, nous
estimons opportune la mise sur pieds d'un centre d'intégration des jeunes filles.
Car comme le dit un adage Chinois : " si tu fais des plans pour un an, sème du blé, pour 5
ans plante des arbres, pour une vie forme et instruis les hommes".

Bien plus les filles qui ont reçu une formation voulue et adéquate peuvent jouer un
rôle utile dans bien des secteurs de la vie.
La société retire un grand profit de leur éducation lorsque celles-ci ont atteint l'âge de
devenir épouses et mères vu que c'est toute leur vie qu'elles auront à épanouir en leurs
enfants la vie physique, morale, affective, intellectuelle, spirituelle et technique.

Le fait que la. jeunesse féminine de Ngweshe éprouve, ressent le besoin de


s'épanouir, de jouir pleinement de tous ses droits révèle avec certitude qu'elle sera prête,
disposer à s'engager dans l’œuvre entreprise.
Mais aussi, le projet n'exige pas une certaine expertise, donc tout le personnel sera trouvé
localement et initié à l’œuvre.
CHAPITRE III: OPERATIONNALISATION DES EXTRANTS DU
PROJET

3.1. PLANIFICATION DES ACTIVITES


Cette phase consiste à définir les grandes activités du projet. Elles sont :
1. Sensibilisation et animation
2. Recrutement et sélection des encadreurs, des adhérents et autres membres.
3. Recherche de financement.
4. Achat des matériels et fournitures divers.
5. Formation des membres.
6. Ouverture des ateliers pilotes d'apprentissage des métiers.
7. Suivi et évaluation.

Extrant 1 : Sensibilisation et animation

Cette phase est capitale car elle nous permettra d'insuffler du zèle et un nouveau souffle aux
membres, aux leaders fonctionnels de développement, à toute la population de Walungu en général et de
Mudusa en particulier.
Elle s'emploiera à enrayer la méfiance de la population vis-a--vis de la promotion de la jeunesse
féminine. La phase apportera l'information nécessaire à l'élite dirigeante et lui assurera une bonne
formation pratique. Cible
- Amener les différents membres à comprendre et à saisir le bien fondé du projet.
- Conscientiser les populations bénéficiaires de l'action sur les avantages qu'elles tireront de
l'éducation de leurs filles.
Echéance :
de Janvier 1999 en Décembre 2001.
Durée: 36 mois

Responsables

- la coordinatrice du projet

- le responsable de service d'encadrement technique.


Sous-activités :
- mise en place d'une équipe locale des animateurs issus de
leaders locaux,
- définition et programmation des thèmes d'animation ;
- Organisation des journées de réflexion, de symposium, de conférence-débat, de travaux en
carrefour selon les problématiques.

Suppositions critiques :

- Que la sélection de leaders naturels et locaux soit rationnelle

- Que l'équipe des encadreurs soit habile, douée en la matière et dévouée au


service de la cible.

Moyen de vérification
- Registre de sélection
- Rapports des encadreurs sur la participation aux séances de sensibilisation et d'animation.
Evaluation
- Elle se fera par la coordinatrice du projet, et l'équipe des encadreurs.

Extrant 2 : Recrutement et sélection des encadreurs des adhérents et autres

membres.

Toute organisation doit être dotée d'un personnel dans le but de l'accomplissement
de ses tâches.

En ce qui concerne notre projet, un recrutement d'un personnel compétent, selon le


profil professionnel préalablement tracé et une sélection des membres adhérents par
rapport aux critères d'adhésion définis seront fait.

Cible :

Doter le projet d'un personnel d'encadrement compétent et dévoué en matière d'éducation


et formation technique.
Echéance : de Février en Avril 1999.
Durée: 2 mois.

Responsables :

- la coordinatrice des projets

- Equipe de recrutement.

Suppositions critiques :
- que les qualités voulues de formateurs soient clairement définies.

- que les spécialistes en la matière soient disponibles et disposés


à travailler pour la cible.

Sous-activités :
- Etablissement des demandes d'emplois, passation du test,
publication des résultats du test.
Moyens de vérification :
- rapport final des travaux
- rapport de l'équipe de recrutement
Evaluation
Elle sera faite par la coordinatice des projets et les membres de l'équipe de
recrutement à la fin des travaux.

Extrant 3 : Recherche de financement

Vu qu'aucun projet ne peut se réaliser sans capital ou moyen de financement, cette


phase sera consacrée à la recherche d'un fond de démarrage.
De ce fait nous allons solliciter un financement auprès du gouvernement Congolais, à
l'UNICEF, au PNUD et autres organisations qui oeuvrent en faveur de la promotion
sociale de la fille.
Cible :

- constituer le capital du projet permettant son


fonctionnement, sa réalisation.

- Echéance : De Février en Juin 1999.


Durée: 4 mois.
Responsable
- Coordinatrice des projets.
Sous-activités
- Envoi des demandes de financement,

- contacts avec différents partenaires locaux, nationaux et internationaux.

Suppositions critiques :
- que le fonds sollicité nous parvienne à temps,
- que ce fonds soit en mesure de couvrir tous les besoins du projet,
- que la situation sécuritaire se rétablisse.

Moyens de vérification :

- bordereaux de transfert,

- extraits de banque,
- Bons de réception des biens meubles et immeubles.
Evaluation :
Elle sera faite par le comptable et la coordinatrice des projets.

Extrant 4 : Achat des matériels et fournitures

Notre projet sera équipé de tous les matériels et autres biens d'équipement
nécessaires à son fonctionnement, à savoir : équipements de bureau, équipement des
ateliers pilotes et des classe d'alphabétisation.
Cible :

Equiper le Centre pilote d'un matériel nécessaire capable de permettre


un bon fonctionnement.

Echéance
De Janvier 1999 en Août 1999.
Durée: 2 mois
Sous-activités :

o Acheter les biens d'équipement, des ateliers, des classes d'alphabétisation,


des fournitures de bureau et les matériels roulants.
o Achat de matériel d'apprentissage technique de coupe et
couture, broderie et tricotage.
Suppositions critiques :
- Que l'argent nous parvienne à temps,
- Que les prix ne changent pas,
- Qu'il n'y ait pas inflation.
Moyen de vérification :
- Pièces comptables,
- Inventaire physique.
Evaluation :
- Coordinatrice des projets,
- Comptable.

Extrant 5 : Formation des membres adhérents

C'est la principale activité du projet. Sa fin ultime est l'intégration sociale des jeunes
filles à travers une éducation et une formation des techniques adaptées appropriées à leur
nature de femme.
Cible :

Doter un savoir, un savoir-faire et un savoir-être aux adhérents.


Echéance : Septembre 1999 en Août 2001.
Durée: 24 Mois.
Responsables :
Le staff (service) chargé d'encadrement et formation au sein du Centre pilote.
Sous-activités :
- Désignation des modules de formation

* alphabétisation conscientisante et éducation à la vie,

* apprentissage de techniques en coupe et couture, tricotage et broderie.

Suppositions critique :
- Que les adhérentes comprennent le bien fondé de la formation,
- Que les formateurs soient outillés et douées en la
matière,
- Que le programme de formation soit préétabli.
Moyens de vérification :
- Registre de membres,
- Programme de formation et calendrier de formation,
- Rapport sur le test sélectif,
- Rapport sur les résultat de fin de formation.
Evaluation :
- L'encadreur technique et le chargé de formation,
- La coordinatrice des projets,
- Les formateurs.
Extrant 6 : Ouverture des ateliers pilotes d'apprentissage de petits métiers.

Cette phase est l'étape d'expérimentation et, de concrétisation des mirai projets, des
techniques appropriées.

Cible : Ouvrir les ateliers de coupe et couture, broderie et tricotage.

Echéance : Août 1999 en Octobre 1999. Durée: 2 mois.


Sous-activités :

i. Emplacement et disposition des locaux abritant les ateliers,

ii. Disposition des matériels et meubles dans les ateliers,

iii. - opérationalisation des ateliers,

- publicité et vente des produits finis (brassières, tricots, nappes, et autres services);

- approvisionnement des ateliers en matière première (tissus, fils à coudre, fils à


tricoter, ...)

iv. Dotation des salles de machines à coudre et autres équipements indispensables.

Responsables :

- Le chargé de service encadrement et de formation technique

- L'équipe des encadreurs techniques.

Suppositions critiques :

- Que tous les matériels (machines et autres biens d'équipements) soient disponibles au
Centre avant le démarrage de la première phase de l'activité.
- Que les encadreurs soient dévoués au service de la cible.
Moyens de vérification
- Rapport sur les activités en atelier,
- Le cahier de charges sur les oeuvres réalisées (produits finis et services rendus).
- L'inventaire du patrimoine atelier.

Evaluation

Périodiquement, c'est-à-dire après, un mois par la coordinatrice des projets et le chargé


de service d'encadrement et de formation technique.
Extrant 7 : Suivi et évaluation

Pour notre projet, le suivi et l'évaluation seront tenus régulièrement à


l'échéance de chaque phase de formation telle que prévue et exécutée dans le délai.
Ces activités correspondent à un contrôle des résultats obtenus et à la démarche rationnelle
par laquelle les différentes ressources ont été combinées et coordonnées vers la réalisation
des buts poursuivis.

Le suivi interviendra quotidiennement. Il sera une activité permanente tandis que


l’évaluation sera faite après une année d'exercice. C'est-à-dire chaque Décembre.

Echéance :

- De Janvier en Décembre 2001 activité de suivi,

- L'évaluation se fera à la fin de chaque exercice en Décembre de chaque année.

Responsables :
- Chaque chef de service,
- La Coordinatrice des projets.
Sous-activités :
- Visites périodiques sur terrain,
- Vérification des documents tenus par les encadreurs et les différents rapports.
Suppositions critiques :
o Que le projet soit opérationnel,
o Que les agents chargés de suivi soient à la hauteur de leurs tâches.

Moyens de vérification :
- Rapport de suivi,
- Recommandation des différents évaluateurs,
- Suggestions des partenaires.
3.2. PROGRAMMATION DES EXTRANTS-SERVICES

3.2.1. Organigramme

3.2.2. Fonctionnement des organes et attributions


a) Coordination

C'est l'organe de gestion journalière et de contrôle de toutes les activités du


centre.
Elle exécute la politique cadre du centre , programme les activités dégageant les grandes
orientation du projet en vue de leur réalisation.

Titre du poste: Coordinateur

Nature du poste : à temps plein

Responsabilités : en collaboration avec le comité de gestion et la supervision, entretenir les


bonnes relations avec l'extérieur, créer des débouchés et un cadre d'échange d'expérience.
Exigences de l'organe : Etre un technicien en développement rural (TDR : avoir une
expérience dans le domaine de l'encadrement des filles d'au moins 3 ans.

Qualités:

- Objectivité et honnêteté

- Esprit d'initiative
- Amour du travail

b) Le comité de gestion

C'est l'organe de décision et de contrôle de toutes les activités du centre (contrôles


financiers, comptables et techniques) sur base des rapports de la. supervision.

Titre du poste : Gestionnaire

Nature du poste : à temps plein

Responsabilités : Assurer la réalisation des programmes et des activités quotidiennes du


Centre.

Exigences de l'organe
- Avoir un diplôme de niveau Al en gestion des entreprises.
- Avoir une expérience d'au moins 4 ans.
- Etre dévoué au travail.
c) La supervision

Titre du poste : Directeur superviseur


Nature du poste: temps plein
Responsabilités :
- Superviser et contrôler les activités quotidiennes du centre pour l'atteinte de ses
objectifs.
- Assurer le respect scrupuleux des règlements régissant le fonctionnement quotidien du
centre.
- Contrôler les activités des différents services et en assurer le suivi quotidien.
- Veiller à la. communicabilité entre les différents services.
- Rédiger les rapports des activités du Centre et les soumettre à la hiérarchie.

Qualités :
- Honnêteté et disponibilité
- Etre de bonne moralité
- Avoir l'amour du travail

Exigences de l'organe
- Etre un T.D.R.
- Avoir une connaissance approfondie en langue locale,
- Avoir une ancienneté de 3 ans sur le terrain,
- Avoir l'esprit d'abnégation au service de tout le projet.

d) Secrétariat et comptabilité

En collaboration avec le Comité de gestion, cet organe administratif est chargé de


centraliser tous les archives et autres documents du projet. 11 relie les différents services du
projet.

Titre du poste: Secrétaire comptable

Nature du poste : temps plein

Responsabilités :

- coordonner toutes les activités du projet au point de vue administratif, et assurer la liaison
entre les différents services.

Exigences du poste

- Etre diplômé en sciences commerciales et administratives.

- Avoir des notions en informatique.

- Avoir une ancienneté dans le travail d'au moins 2 ans.


- Connaissance approfondie du français et de la langue locale.

Qualités :

- Honnêteté
- Objectivité
- Amour du travail,

e) Service d'encadrement

C'est l'organe qui est chargé de l'exécution des différents programmes


d'encadrement. Il supervise 3 services, à savoir : le service de formation et alphabétisation
conscientisante, les ateliers techniques et le service marketing et vente.

Titre du poste : Encadreur technique

Nature du poste : temps plein

Responsabilités :
- coordonner les activités d'encadrement et la formation technique.
- effectuer le suivi des différentes activités.

Exigences du poste :

- Avoir une formation approfondie en coupe et couture,

- Avoir une spécialisation dans ce même domaine dans un autre centre technique,

- Avoir une ancienneté de 5 ans dans le même travail,


- Etre voué à encadrer les filles en dépit de leur nature.

- Connaissance approfondie du français et de la langue locale.

3.2.3. Programmation des activités


Tableau de programmation voir page suivante.
PROGRAMMATION DES ACTIVITÉS 1999-2001
ACTIVITÉS ANNEE I ANNEE II ANNEE III
J F M A M J J A S O N DJ F M A M J J A S O N D J F M A M J J A S O N D
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
1. Sensibilisation et animation
2.Recrutement et sélection des
encadreurs, des adhérents et autres - -
membres
- - - -
3. Recherche de financement
-- 1
4.Achat des matériels et fournitures
diverses
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
5. Formation des membres
6. Ouverture des ateliers pilotes
d’apprentissage des métiers et leurs
- - - - - - -
opérationalisation.
7 a) Suivi - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- - - - - - - - - - - - - - - - - -
b) Evaluation
x x x

Légende x Activité intermittente

- Activité continue
3.3. BUDGETISATION ET FINANCEMENT
Seule la ressource humaine ne suffit pas pour atteindre les objectifs que nous nous
sommes assignés, il faut y adjoindre les moyens matériels et financiers.

Notre budget reprend les différents coûts nécessaires à la réalisation du projet.

Etant une prévision chiffrée des dépenses et recettes, il se veut être un garde-fou
indispensable et un élément important dans tout processus de planification.
La budgétisation est faite en monnaie locale puis le total général du coût sera converti en
monnaie forte ($US) vu les fluctuations de notre monnaie.

Le taux du jour est de 1 Franc congolais et 40 centimes pour 1 dollar américain.


Tableau 1 Frais de location d'un immeuble

Désignation mensuel Annuel Total en FC Total en $US


Loyer 210 2520 7560 5400

sous-total 210 2520 7560 I 5400

Tableau 2. Charges du personnel


Enveloppe Enveloppe Total durée
Total en
Postes Unités mensuelle annuelle du projet
$US
en FC en FC en FC
Coordinatrice 1 280 3360 10080 7200
Gestionnaire 1 210 2520 7560 5400
Secrétaire comptable 1 112 1344 4032 2880
Encadreurs techniques 6 840 10080 30240 21600
Vendeurs 2 252 3024 9072 6480
Sentinelle 2 168 2016 6048 4320
Huissier 2 126 1512 4536 3240

Total 15 23856 71568 51120


Equipement classe
d'alphabétisation
Tableaux 4 28 112 80
Registres 3 4,2 12,6 9
Craies 140 100
Cahiers 200 0,7 140 100
Boîtes à stylo 15 7 105 75
Divers (ardoises, crayons,
140 100
frotteurs,...)
Sous-total 649,6 464

Total général 12850,6 9179

Tableau 4. Matériels roulants

Désignation Quantité P. U(en F.C.) P.T. (en F.C.) Total en $US


Moto 1 2100 2100 1500
Vélos 5 210 1050 750
Divers (casques, gants,...) 140 100
Total 3850 2750

Tableau 5. Fonctionnement matériels roulants

Désignation Quantité P.U.(en F.C.) P.T. (en F.C.) Total en $US


Carburant (3ans) 25001/an 0,7 5250 3750
Lubrifiant 2520 1800
Entretien et réparations 1400 1000
Assurances (3ans) 4200 3000
Total 13370 9550
Tableau 3 Equipements du projet
Désignation Quantité P. U. (en F.C.) P.T. (en F.C.) Total en $US
Equipements de bureau
Machine à écrire 1 420 420 300
Chaises 15 14 210 150
Tables 5 21 105 75
Etagères 4 35 140 100
I 40 9,8 392 280
Calculatrices 2 112 224 160
Divers(agrafeuses, etc.) 420 300
Sous total 1911 1365 I
Equipements Ateliers
Tables à coupe 4 56 224 160 j
Table de repassage 4 56 224 160
Armoires 4 35 140 100
Etagères 1 35 35 25
Chaises 40 14 560 400
Planches 4 5,2 21 15
jeannettes 10 7 70 50
Machines à coudre 10 280 2800 2000
Machines à pédales 7 210 1470 1050
Machines à tricoter 3 980 2940 2100
Ciseaux 30 7 210 150
Mètres rubans 30 7 210 150
Boites à épingles 20 7 140 100
Fer à repasser 5 28 140 100
Aiguilles tricotage 60 2,1 126 90
Papiers patrons 560 400
Lattes + craies 140 100
Divers (dé à coudre,
280 200
huile,...)
10290 7350
Sous-total
Tableau 6. Formation et recyclage + séances de réhabilitation
Désignation Montant annuel Total Sans Total en $US
Matériels de formation,
700 2100 1500
logement,
Rémunérations 466 1398 1000
Imprévus 466 1398 1000
Total 1632 4896 3500

3.4. RECAPITULATION DU COUT DU PROJET

Tableau 7. Budget total du projet

coût total Coût total


Désignation
(en F.C.) en $US
Location d'un immeuble 7560 5400
Charges du personnel 71568 51120
Equipements de bureau 2121 1515
Equipements ateliers 10290 7350
Equipements des 649,6 464
Acquisition matériel roulant 3850 2750
Fonctionnement matériel roulant 13370 9550
Frais de fonctionnement et recyclage +
4900 3500
sensibilisation
Sous-total 114308,60 81049
Imprévus 11430,86 8164,90
Tota1 général 125739,46 89813,90

3.5. SOURCES DE FINANCEMENT


Notre projet s'inscrit parmi les initiatives locales de développement. Il
s'intégrera dans les activités de développement de la Collectivité de Ngweshe.
Au fonds toutes les jeunes filles et/ou filles-mères désœuvrées souscriront et
libéreront en espèce ou en nature selon leurs avoirs en vue de l'opérationalisation du
projet.

De ce fait, notre projet sera financé à 60 % par le gouvernement congolais et


différents partenaires locaux et internationaux, et par la population locale à concurrence
de 40 %, qui proviendront des droits d'adhésion des membres et autres bénéficiaires des
actions à mener au sein du centre.

Tableau 8 Sources de financement

Sources de financement Apports en espèce en $USA


Apport local (40 %) 35.925,56
Bailleurs de fonds (UNICEF, PNUD, B.M.,
2626,944,17
...)(300%,)
Pouvoir public (30 %) 26.944,17

Total général 89.813,90

3.6. CONDITIONS DE REUSSITE

Il sied de préciser que notre projet est à caractère social. De ce fait il sera
difficile de préciser sa réussite et sa rentabilité par des données quantifiables. Toutefois,
la réussite de notre projet dépendra des moyens mis à sa disposition pour son
opérationalisation et se matérialisera à travers les mutations, les transformations dans les
structures institutionnelles et/ou structures sociales et dans le vécu quotidien de la
population bénéficiaire du projet.

3.7. L'APRES-PROJET

A l'issue de ces 3 années d'activité du projet, nous espérons arriver à une


amélioration des conditions de vie de la fille en particulier et de toute la population
féminine en général.
Cependant, vu le caractère et la nature de notre projet, il est loin d'être un projet
à fonds perdu.

C'est pourquoi il projette de devenir un service durable à travers une mobilisation des
ressources internes, la gestion du projet avec rigueur et efficacité, un réinvestissement
des bénéfices réalisés pour augmenter la capacité d'autofinancement et développement
propre du projet.
CHAPITRE IV: RENTABILITÉ ET ÉVALUATION

4.1. RENTABILITÉ

Bien malgré le caractère de ce projet, sa rentabilité peut être observée par rapport à
la production dans les centre d'apprentissage technique.
Les produits finis (vêtements et autres textiles) seront mis en vente à un moindre prix et
pourront générer quelques ressources pour le fonctionnement du projet en plus des autres
sources de financement énumérées ci-avant.

4.2. ÉVALUATION DU PROJET

Un suivi régulier et une évaluation des activités du projet doivent être assurés pour
des raisons évidentes.
Après l'installation et le début effectif des activités du projet une auto évaluation doit être
faite par les acteurs directs afin d'apprécier minutieusement l'évolution des activités par
rapport aux prévisions et ajuster les tirs chaque fois qu'il sera nécessaire.

Aussi, une évaluation sommative assistée se fera après chaque année en vue de
s'assurer objectivement de l'efficacité des actions menées.
Cependant, après une installation durable du projet, le système d'évaluation peut être
révisé.
4.3. CADRE LOGIQUE

INDICATEUR
MOYENS DE SUPPOSITIONS
RESUME NARRATIF OBJECTIVEMENT
VERIFICATION CRITIQUES
VERIFIABLE

Les méthodes et
techniques de la
pédagogie rurale
réorientées et
redynamisées par une
Rapports de
OBJECTIFS éducation et
coordination
La réorientation de la instruction à égalité
Observation
pédagogie par une alphabétisation
participante sur
rurale frein à la promotion conscientisante de non
le terrain c'est-à-dire
de la jeune fille. scolarisées et une
les visites sur terrain
formation pratique en
coupe et couture,
broderie et tricotage à
75 % au 31/12/2002 à
Walungu.

BUTS Au 31 décembre 2002 Les rapports Que le projet


L'ouverture d'un centre la quasi-totalité des techniques de disponibilise tous les
pilote d'apprentissage : filles non scolarisées formation intrants pour
formation en et filles mères soit 75 Les résultats final des l'opérationalisation du
alphabétisation en coupe et % de Walungu, lauréats. Centre pilote.
couture, broderie et formées en différentes Les rapports des Qu'il n'y ait pas de
tricotage. techniques. encadreurs pratiques guerre durant trois ans.
Que les animateurs
Cible sensibilisée et soient
EXTRANTS animée à 90 % en motivés à 80 % et se
Rapports sur
Population ou cible Décembre 2002 à dé
l'animation et
sensibilisée Walungu vouent à cette activité.
sensibilisation
et animée Au 30 avril 1999 un Que le projet soit
Rapports sur le
Encadreurs adhérents et/ou effectif de opérationnel
recrutement et
membres recrutés et 13 personnes Que les critères de
résultats de sélection.
sélection-nés encadreur, recrutés et élection soient
sélectionnés confectionnés sans
objectivité
INTRANTS
*Formation d'équipe locale
des animateurs
*Programmation des
*Apports locaux de 40 Que le fond soit liberé
thèmes d'animation
% soit la somme de Bordereaux de à temps afin de réaliser
*Organisation des journées
35925,56 $US livraison pour chaque les différentes sous-
ou séances d'animation
Apports pouvoirs bailleur de fonds pour activités telles que
*Contracter avec les
publics de 30 % soit: le financement du prévues.
bailleurs de fonds sur les
26944,17 $US projet.
quotes pars de financement
Apports bailleurs de
*Achat de biens
fonds extérieurs de 30
d'équipement d'atelier, de
% soit la somme de
bureau et d'alphabétisation
26944,17 $US
*Opérationnalisation des
Bons de réception et * Que le bailleurs de
ateliers
Au 31 juillet 199, un accréditifs des fonds soient disposés à
*Approvisionnement des
fonds de 75.010 $US bailleurs de fonds financer à 40% le
ateliers en matières
sera sollicité et budget du projet,
premières
liberé
*Marketing et vente des
produits finis des ateliers
techniques.
Financement sollicité
*que le pouvoir public
et la population
Au 31 juin 1999 des
* factures d'achat bénéficiaire se libèrent
matériels et fournitures
* bilan du patrimoine aussi de leur part
diverses achetés et
Matériels et fournitures du projet de financement.
disponibilisés par le
divers achetés * rapports de * Qu'il n'y ait pas
projet.
formation détournement du
Au 31 AOUT 2002, 90 %
Les membres formés * résultats des patrimoine du projet
des membres formés en
finalistes * Que la gestion soit
différents modules ou
Atelier pilote *produits finis et saine.
ateliers techniques au
d'apprentissage œuvres réalisés par * Que le programme
sein du centre pilote.
technique des métiers les lauréats. de formation soit
Au 31 Décembre 2002,
ouvert et rendu * Visites des ateliers d'emblée conçu.
tous les ateliers de
opérationnel * Observation *Que les machines
formation soient
participante lors des soient
opérationnel à 80 %,
travaux pratiques installées au sein du
centre
au moment opportun.
CONCLUSION GENERALE

Nous voilà au bout de la piste d'analyse au sein de notre travail de fin de cycle dont
la problématique a consisté à une analyse critique dont la problématique a consisté à une
analyse critique de l'éducation de la jeune fille rurale.
Certes, cette piste qui reste à allonger, sa poursuite est léguée aux chercheurs et/ou toute
personne éprise de la promotion de la fille et de la fille-mère.

Il ressort de nos investigations telles que circonscrites tout au long de notre analyse
critique que le goulot d'étranglement réside et demeure :
- dans l'inadaptation et la non-conciliation des programmes pédagogiques, calqués du
modèle éducatif européen, et les exigences de la tradition et de la coutume shi à la
nature de la jeune fille paysanne;
- l'inégalité institutionnalisée entre les activités dévolues à homme et à la femme
partant de la division sociale du travail;
- la conception traditionnelle de la femme la considérant comme un fourre-tout, et dont
le rendement de son travail reste sous- estimé par l'homme qui le juge lié à la nature
de la femme suivant la conception qu'il se fait de la femme;
- le manque de ressources matérielles et financières.

Après analyse critique de phénomènes sociaux et des structures d'encadrement et de


formations pédagogiques et technique sises dans le territoire de Walungu, nous avons
déniché, après l'administration de notre questionnaire d'enquête les vœux des jeunes filles et
filles-mères, et des parents de la contrée, qui sont ceux de réorienter et de créer un centre
d'intégration sociale à Walungu. Il découle de leurs vœux la conception de ce projet, qui
constitue la deuxième partie de notre travail de fin de cycle : projet de création d'un centre
pilote d'intégration socioculturelle des jeunes filles.

Néanmoins, ce projet n'est pas une solution magique ou miraculeuse capable de


modifier le train de vie de la cible. Mais un palliatif pouvant promouvoir l'épanouissement
de la fille, ses atouts par rapport à sa nature de femme.

En somme, notre travail, modeste soit il s'inscrit parmi tant d'autres oeuvres
humaines non exemptes de lacunes et imperfections nécessitant toute critique des
observateurs avisés, et cela pour nous permettre de mieux faire dans le future afin que nous
justifiions notre nature de fille et de femme facilitatrice des actions de développement et
partenaires incontournables.
BIBLIOGRAPHIE

I. OUVRAGES ET COURS

1. Présence africaine, La civilisation de la femme dans la tradition africaine, in


Colloque d'Abidjan, 3-9 juillet 1972.

2. M. GRAWITZ, les méthodes en sciences sociales, Ed° Daloz, Paris 1976.

3. Marcel DECLERK, L'éducation et le villageois, de l'éducation de base à


l'alphabétisation fonctionnelle, L'harmattan, Paris, 1984.

4. P. POUMAILLON cité par SADIKI BYOMBUKA, cours de planification


régionale, Graduat, I.S.D.R.Bukavu, 1994-1995. Inédit.

5. Père d'HOENS, la jeunesse et le développement, in Eglise et développement,


Rapport du 3è Séminaire national de la commission épiscopale pour le
développement, Kinshasa du 15 - 22. Novembre 1991.

6. Forum national sur les droits et le leadership de la femme zaïroise, Kinshasa du 2


au 6 septembre 1996. Rapport final.

7. Regina Maria Schneider et Wilfried Schneider, La promotion féminine dans le


cadre du développement rural, un guide d'orientation. Publication de la GTZ,
Eschborn.

8. UNICEF, les enfants d'abord: Convention relative aux droits des enfants.

II. T.F.C. ET MEMOIRES

1. Mpinga Kahanda, Implications sociologiques de la vache dans la société shi


(Kivu), Mémoire, Université de Lubumbashi, Juillet 19975.

2. Ntambala Muzindusi, L'enseignement primaire dans la zone de Walungu 1960-


1973, T.F.C., I.S.D.R./Bukavu, 1975.
3. Jeanne d'Arc Idola Chakupewa, Promotion de l'éducation de la femme &Uvira par
sa mobilisation pour l'alphabétisation conscientisante, T.F.C., I.S.D.R./Bukavu,
1995.

4. Bashizi Gamwanya, Essai d'analyse des mécanismes de post alphabétisation au


sein de l'association Elimu/Uvira, T.F.C., I.S.D.R.ABukavu, 1995.
TABLE DES MATIERES

Prologue i ………………………………………………………………………………2
Dédicace ii ……………………………………………………………………………...3
Remerciements iii ……………………………………………………………………....4

0. Introduction générale ………………………………………………………………..5


0.1. Problématique ……………………………………………………………………..5
0.2. Hypothèse ………………………………………………………………………….7
0.3. Choix et intérêt du sujet …………………………………………………………....8
0.4. Délimitation du sujet ……………………………………………………………….9
0.5. Méthodes utilisées ………………………………………………………………….9
0.6. Techniques utilisées ……………………………………………………………….10
0.7. Difficultés rencontrées …………………………………………………………….11

PREMIERE PARTIE ………………………………………………………………...12


Généralités ……………………………………………………………………………...13

Chapitre I. MENTALITES ET COUTUMES ANCESTRALES …….14


Section 1. Retrospection sur l’éducation dans la société traditionnelle ………………...14
1.1. Statut et rôle de la femme …………………………………………………………..14
1.1.1. Conceptions générales …………………………………………………………..14
1.1.2. L’éducation de l’enfant au Bushi ……………………………………………….14

Section 2. Situation de l’éducation dans la société en mutation ………………………..17


2.1. Résultats de l’enquête ……………………………………………………………...17
2.2. Les principaux centres transmetteurs ………………………………………………25
2.3. Aperçu sur le programme d’éducation au Bushi …………………………………...27

Conclusion partielle …………………………………………………………………….30


DEUXIEME PARTIE ………………………………………………………………..31
Projet de création d’un centre pilote d’intégration socioculturelle des
jeunes filles …………………………………………………………………………….31

Chapitre I. IDENTIFICATION DU PROJET ………………………..32


1.1. Définition du projet ………………………………………………………………32
1.2. Objectifs et buts …………………………………………………………………...32
1.3. Durée et localisation du projet …………………………………………………….33
1.4. Principaux acteurs et bénéficiaires du projet ……………………………………...33
1.5. Cadre juridique du Centre pilote …………………………………………………..33
1.6. Stratégies globales du centre ………………………………………………………34

Chapitre II. PERTINENCE ET FAISABILITE DU PROJET ……....35


2.1. Pertinence ………………………………………………………………………….35
2.2. Faisabilité ………………………………………………………………………….35

Chapitre III. OPERATIONNALISATION DU SUJET ………………37


3.1. Planification des activités ………………………………………………………….37
3.2. Programmation des extrants-services ……………………………………………...45
3.3. Budgétisation et financement ……………………………………………………...50
3.4. Récapitulation du coût total du projet ……………………………………………..53
3.5. Sources de financement …………………………………………………………... 53
3.6. Conditions de réussite ……………………………………………………………...54
3.7. L’après-projet ………………………………………………………………………54

Chapitre IV. RENTABILITE ET EVALUATION ……………………56


4.1. Rentabilité du projet …………………………………………………………....56
4.2. Evaluation du projet ……………………………………………………………56
4.3. Cadre logique du projet ………………………………………………………...57
Conclusion générale …………………………………………………………………….60
Bibliographie ……………………………………………………………………………62
Tables des matières ……………………………………………………………………..64

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