Cours sur les Matrices et Exercices
Cours sur les Matrices et Exercices
3
4 TABLE DES MATIÈRES
Cette version est encore en cours de rédaction. Par conséquent elle souffre d’imperfec-
tions et peut être aussi de quelques erreurs.
5
6 TABLE DES MATIÈRES
Matrices
Définition
Une matrice de type n, p est un ensemble de nombres réels ou complexes(appelés coef-
ficients de la matrice) rangés dans un tableau de n lignes et p colonnes.
Exemple
0 1 2
A=
3 5 6
Est une matrice de type 2, 3
Notations
— On notera Mn,p (R) l’ensemble de matrices de type n, p à coefficients réels et Mn,p (C)
celles à coefficients complexes.
— On notera Mn (R), respectivement Mn (C), l’ensemble de matrices de type n, n à co-
efficients réels, respectivement complexes. On appellera de telles matrices : matrices
carrées d’ordre n.
0 2 6
Par exemple 1 3 −1 ∈ M3 (R).
−1 5 7
— Soit A ∈ Mn,p . On écrit
A = (A(i, j))1≤i≤n (1)
1≤j≤p
Où le coefficient aij se trouve sur l’intersection de la ligne numéro i avec la colonne
numéro j.
1 5
Exemple A = 2 6 ; A(1, 1) = 1, A(3, 2) = 7, A(2, 2) = 6 . . .
4 7
— On notera par Rn l’ensemble des matrices Mn,1 (R) qui n’ont
qu’une seule colonne.
1
Ce type de matrice sera appelé vecteur. Par exemple 2 ∈ R3
3
7
0.1. OPERATIONS SUR LES MATRICES TABLE DES MATIÈRES
Exercice 1
(−1)i+j
Explicitez la matrice A = (A(i, j) = i+j
) 1≤i≤2
1≤j≤2
Exemple
0 −1 1 2 0 + 1 −1 + 2 1 1
1 2 + 1 −1 = 1 + 1 2 + (−1) = 2 1
3 5 1 3 3+1 5+3 4 8
Exemples
2 1
1 5 3 15 4
2
3 = ; = 2
0 6 0 18 8 4
0 0
p
X
C = (C(i, l))1≤i≤n ; C(i, l) = A(i, j)B(j, l) (4)
1≤l≤q
j=1
Notation :
parfois utilisée.
Aussi on utilisera dans la suite les deux notations indifféremment.
Exemple 1 :
a11 a12 c11 c12
a21 a22 b11 b12 = c21 c22
b b
a31 a32 | 21 {z 22 } c31 c32
| {z } de type 2,2 | {z }
de type 3,2 de type 3,2
2
X
c32 = a3j bj2 = a31 b12 + a32 b22
j=1
Exemple 2 :
1 1
1 3 5 1 × 1 + 3 × 2 + 5 × 1 1 × 1 + 3 × 3 + 5 × 0 12 10
2 3 = =
0 2 1 0×1+2×2+1×1 0×1+2×3+1×0 5 6
| {z } 1 0 | {z }
de type 2,3 | {z } de type 2,2
de type 3,2
Exercice 2 :
Soient les matrices
1
0 5 1 2 1
A= ; B= ; C= ; D= 0
1 3 5 3 2
5
1 1 5
E= 1 1 2 ; F = 0 −1 1
1 2 1
Calculez AB, BA, BC, DE, ED, EF et F D.
Remarques
— On ne peut pas calculer F A, ni DB . . .
— DE est de type 3, 3 et ED est de type 1, 1
— AB et BA sont de type 2, 2, mais AB ̸= BA. Le produit de matrices carrées (d’ordre
n, en général) n’est pas commutatif.
0.1.4 Transposition
La transposée d’une matrice A = (aij )1≤i≤n ∈ Mn,p est la matrice notée At ∈ Mp,n et
1≤j≤p
définie par
At = (a′ij ) 1≤i≤p ; où a′ij = aji , ∀i, j, 1 ≤ i ≤ p, 1 ≤ j ≤ n
1≤j≤n
Remarquons que cette définition implique que la colonne numéro i de la matrice At est la
ligne numéro i de la matrice A.
Exemple
1 0
1 3 7
A= , At = 3 6
0 6 9
7 9
Remarque
Soient A, B ∈ Mn et λ ∈ R.
On a A + B ∈ Mn , λA, λB ∈ Mn , AB et BA ∈ Mn . Ainsi l’ensemble Mn est stable par
addition, multiplication et multiplication par un scalaire. Dans la suite nous allons étudier
cet ensemble muni de ces opérations.
Autrement dit les coefficients de la diagonale sont égaux à 1 et les autres sont nuls.
Par exemple
— I1 =
(1)
1 0
— I2 =
0 1
1 0 0
— I3 = 0 1 0
0 0 1
On pourra vérifier que ∀A ∈ Mn , on a AIn = In A = A.
aij = 0, ∀i, j /i ̸= j
Autrement dit tous les coefficients qui ne se trouvent pas sur la diagonale sont nuls. On
notera Dn le sous ensemble de Mn constitué des matrices diagonales, et pour toute matrice
A ∈ Dn , on notera A = (aii )1≤i≤n
Par exemple
2 0 0 0
0 6 0 0
0 0 −7 0 ∈ D4
0 0 0 5
— Soient A et B ∈ Dn . Vérifiez que AB = BA. Deux matrices diagonales commutent.
— Vérifiez que 2 2
a 0 0 a 0 0
0 b 0 = 0 b2 0
0 0 c 0 0 c2
Matrices triangulaires
Matrices nilpotentes
Une matrice carrée A d’ordre n non nulle est dite nilpotente si et seulement si il existe
p ∈ N tel que Ap = 0 (la matrice nulle)
2
0 a 0 0
Par exemple = ∀a ∈ R
0 0 0 0
0 b c
— Vérifiez que A = 0 0 e est nilpotente.
0 0 0
— Plus généralement soit A = (aij ) 1≤i≤n ∈ Mn telle que aij = 0 pour i ≥ j. Vérifiez
1≤j≤n
que A est nilpotente.
Exercice 3
0 3 0 0
Soient les matrices A = et B =
0 0 0 1
— Vérifiez que B = B. Remarquer que, dans R, b2 = b =⇒ b = 1 ou 0. Ceci n’est
2
Exercice 4
On considère la matrice
1 2 3 4
A= 5 6 7 8
9 10 11 12
2
— Trouvez une matrice X telle que AX = 6 . Autrement dit, on se propose
10
d’extraire le deuxième colonne.
2
— Peut-on trouver une matrice Y telle que Y A = 6 ? On justifiera.
10
— Trouver une matrice Y telle que Y A = 5 6 7 8 . Autrement dit, on se propose
d’extraire la deuxième ligne.
— Peut-on trouver une matrice X telle que AX = 5 6 7 8 ? On justifiera.
— Trouver les matrices X et Y telles queY AX
= 7.
2 3
— Trouver la matrice Z telle que AZ =
6 7
A retenir :
Dans la foulée de l’exercice précédent plaçons nous dans le cadre des espaces Rn et Rm ,
considérons une matrice A ∈ Mn,m et retenons les faits suivants :
— La base canonique de Rn est donnée par
0
0
..
.
..
C = (e1 , e2 , . . . . . . , ei , . . . . . . , en ), où ei = .
1
0
..
.
0
Le seul coefficient non nul du vecteur ei vaut 1 et se trouve sur la ligne numéro i.
— Le produit matriciel Aej fournit le vecteur colonne numéro j de la matrice A.
— Le produit matriciel eti A fournit le vecteur ligne numéro i de la matrice A
0.2.4 Le déterminant
Idée
a c
Soient et deux vecteurs de R2 . Deux cas sont possibles : ou bien il existe
b d
une relation entre ces deux vecteurs (on dit alors qu’ils sont colinéaires) ; ou bien il n’existe
aucune relation (auquel
cas on dit qu’ils sont libres). Dans le premier cas il existe un
a c
nombre α tel que =α , ce qui est équivalent à ad − bc = 0. Dans le deuxième
b d
cas α ne peut exister et, par conséquent, on a nécessairement ad − bc ̸= 0. De sorte que le
nombre ad − bc indique si les deux
vecteurs
′ sont liés par une relation ou non.
a′′
a a
Dans le cas de trois vecteurs b , b′ et b′′ de R3 l’existence d’un lien se
c c′ c′′
traduit par le fait que l’un des trois vecteurs s’écrit en fonction des deux autres. Le nombre
qui indique l’existence ou non d’un lien est alors : ab′ c′′ + a′ b′′ c + a′′ bc′ − ab′′ c′ − a′ bc′′ − a′′ b′ c.
Exemples :
2 1
— On a =2 . Ces deux vecteurs sont donc colinéaires ;
4 2
et
on : 2 ×2 −
a bien 4×1= 0.
0 1 −1
— 5 = 2 + 3 . Ces trois vecteurs sont donc liés (coplanaires) ; et on
2 −2 4
a bien : 1×5×4+0×3×(−2)+(−1)×2×2−1×3×2−0×2×4−(−1)×5×(−2)
= 0.
1 0 −1
— Par contre, aucun des trois vecteurs 2 ; 1 ; et 3 ne peut s’écrire
1 0 4
en fonction des deux autres, et on a bien, en effet :
1 × 1 × 4 + 0 × 3 × 1 + (−1) × 2 × 0 − 1 × 3 × 0 − 0 × 2 × 4 − (−1) × 1 × 2 = 5 ̸= 0.
Dans la suite nous allons définir le déterminant d’une familles de n vecteurs de Rn ; autre-
ment dit, d’une matrice carrée d’ordre n.
Ce nombre servira à prédire si l’un des n vecteurs peut s’écrire en fonction des autres.
Exercice 5
Ecrire les 8 autres mineurs de la matrice A.
Le déterminant
A chaque matrice A dans Mn on associe un nombre appelé le déterminant de A et noté
detA. Nous allons définir ce nombre d’une manière inductive.
— Dans M1 , A = (a), detA = a
a b
— Dans M2 , A = , detA = ad − bc.
c d
— Dans M3 nous travaillerons
avecun exemple.
1 0 1
Soit la matrice A = 2 3 1 .
1 1 2
Pour chaque i, 1 ≤ i ≤ 3 considérons le nombre
3
X
∆i = (−1)i+j aij detAij = (−1)i+1 ai1 detAi1 + (−1)i+2 ai2 detAi2 + (−1)i+3 ai3 detAi3
j=1
On a
3
X
∆2 = (−1)2+j a2j detA2j = (−1)2+1 a21 detA21 + (−1)2+2 ai2 detA22 + (−1)2+3 a23 detA23
j=1
0 1 1 1 1 0
= −2det + 3det − det
1 2 1 2 1 1
= −2(0 × 2 − 1 × 1) + 3(1 × 2 − 1 × 1) − (1 × 1 − 1 × 0)
= 4
et
n
X
Γj = (−1)l+j alj detAlj (6)
l=1
Remarque
En developpant le déterminant d’une matrice il est pratique de choisir la ligne ou la
colonne qui contient le plus de zéros.
Par exemple, en choisissant la ligne i = 2 on a
1 7 2
5 1 7
det 0 0 1 = (−1) det = −(2 − 7) = 5
1 2
1 2 4
Si on avait choisit la ligne i = 1 on aurait fait un calcul plus long pour aboutir au même
résultat. En effet :
1 7 2
1+1 0 1 1+2 0 1 1+3 0 0
det 0 0 1 = (−1) det + (−1) 7det + (−1) 2det
2 4 1 4 1 2
1 2 4
=7−2=5
Exercice 6
a 0 0
— Vérifier que det 0 b 0 = abc
0 0 c
Plus généralement soit A = (aii )1≤i≤n ∈ Dn . Vérifier que detA = a11 a22 . . . ann .
En particulier on a detIn = |1 × 1{z· · · × 1} = 1
n fois
a b c
— Verifier que det 0 d
e = adf .
0 0 f
Plus généralement soit A = (aij ) 1≤i≤n ∈ Tn une matrice triangulaire supérieure,
1≤j≤n
vérifier que
detA = a11 a22 . . . ann (7)
— Posons :
5 0 4 5 2
4 0 9 11 7
A=
4 0 54 13 7
78 0 12 33 5
93 0 13 17 3
Quelques proprietés
1. Soient A et B deux matrices dans Mn . On a
Exercice 7
Soit A ∈ M4 . Trouvez les matrices X{i,j} ∈ M4 telles que l’opération AX{i,j} per-
mute les colonnes i et j de A. On fera les 6 cas.
En d’autres termes :
a11 a12 ... a1p + λa1q . . . a1n a11 a12 . . . a1p . . . a1n
a21 a22 ... a2p + λa2q . . . a2n
a21 a22 . . . a2p . . . a2n
det
... ... ... ... ... ... = det
... ... ... ... ... ...
... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
an1 an2 ... anp + λanq . . . ann an1 an2 . . . anp . . . ann
(10)
Quelques soient les colonnes p et q, (p ̸= q) et le scalaire λ.
Autrement dit le déterminant reste inchangé si on ajoute à une colonne un multiple
réel d’une autre. Un résultat analogue vaut aussi pour les lignes. Remarquons par
ailleurs que ce résultat sert à simplifier le calcul du déterminant. Par exemple :
1 2 3 1 + (−2) × 2 2 3 −1 2 3
det 2 1 1 = det 2 + (−2) × 1 1 1 = det 0 1 1 = −(1−2) = 1
4 2 1 4 + (−2) × 2 2 1 0 2 1
Exercice 8
— Calculez rapidement
1 2 −1 7 1 1 1 1
1 2 −1 1
2 1 3 1
det ; et det
1 3 −1 2 4 1 −1 1
1 5 3 4 1 2 2 1
3 1 4 4 2
4 1 9 4 7
— Posons A = 4 1 54 4 7 . Vérifiez rapidement que det(A) = 0.
78 1 12 4 5
93 1 13 4 3
— Soit A ∈ Mn . Montrez que si A possède deux colonnes (resp. deux lignes) iden-
tiques alors detA = 0. Montrez que si A possède deux colonnes (resp. deux lignes)
proportionnelles alors detA = 0
Exemple
Soit
1 2
A=
3 5
On a
1 0 X 0
— XI2 = X = (multiplication par un scalaire).
0 1 0 X
1 2 X 0 1−X 2
— A − XI2 = − = (addition de matrices)
3 5 0 X 3 5 − X
1−X 2
— det(A − XI2 ) = det = X 2 − 6X − 1 (définition du déterminant)
3 5−X
Enfin PA (X) = X 2 − 6X − 1
Remarque
On a
2 7 12 6 12 1 0 0 0
PA (A) = A − 6A − I2 = − − =
18 31 18 30 0 1 0 0
Exercice 9
1 0 1
Soit A = 2 0 1 .
3 1 1
Vérifier que PA (X) = −X 3 + 2X 2 + 3X + 1 et que PA (A) = 0 (la matrice nulle de M3 ).
A retenir
Exemple 1
0 1
Soit la matrice P = .
3 0
— Vérifiez que : P 2 = 3I2
— En déduire que P ( 31 P ) = I2 .
— Conclure que :
0 31
−1
P =
1 0
Exemple 2
1 2
Soit A = . On se propose de trouver une matrice B telle que AB = I2 .
2 5
— Verifiez que PA (X) = X 2 − 6X + 1
— Justifiez que A2 − 6A + I2 = 0. En déduire que A2 − 6A = −I2 .
— Remarquez que A2 − 6A = −I2 =⇒ 6A − A2 = I2 . D’où, en mettant en facteur :
A (6I2 − A) = I2
| {z }
A−1
— Enfin
−1 5 −2
A = 6I2 − A =
−2 1
— Vérification : en effet, nous avons
1 2 5 −2
= I2
2 5 −2 1
Exercice 10
Soit la matrice
1 0 1
A= 2 0 1
3 1 1
Exercice 11
Soit la matrice
1 2 1
A= 0 3 5
0 2 2
1 21 − 74
A−1 = 0 − 12 54
0 21 − 34
Exercice 12
Soient A et B deux matrices non nulles de Mn . On suppose de plus que AB = 0. On
se propose de démontrer que cette condition implique que A n’est pas inversible. A cette
fin on supposera le contraire, et on cherchera une contradiction.
Supposons donc que A est inversible (A−1 existe), on a
Remarque
Rappelons que dans R, xy = 0 =⇒ x = 0 ou y = 0. L’exercice précédent montre que
ce résultat n’est plus vrai dans Mn (sauf pour n = 1).
Exercice 13
1 2 −4 2
Soient A = et B = .
2 4 2 −1
Vérifiez que AB = 0 (la matrice nulle de M2 ). En déduire que A n’est pas inversible (A−1
n’éxiste pas).
Cas particuliers
a 0 0
— Soit A = 0 b 0 avec a, b et c non nuls.
0 0 c 1 1
a 0 0 a
0 0 1 0 0 a
0 0
Il est clair que 0 b 0 0 1b 0 = 0 1 0 d’où A−1 = 0 1b 0
0 0 c 0 0 1c 0 0 1 0 0 1c
Exercice 14
Soit
a b 0
A= c d 0
0 0 1
telle que ad − bc ̸= 0. Trouvez A−1 . En s’inspirant de cet exemple, donnez deux autres
formules analogues.
A retenir
Condition d’inversion
Le résultat précédent nous permet de trouver la condition nécessaire et suffisante pour
qu’une matrice soit inversible.
En effet, soit A ∈ Mn et PA (X) = a0 + a1 X + . . . an X n , son polynôme caractéristique.
— Supposons que det(A) ̸= 0. Ceci implique que a0 ̸= 0.
D’autre part
PA (A) = 0 =⇒ an An + an An−1 + · · · + a1 A + a0 In = 0
A retenir
Soit A ∈ Mn . A est inversible si et seulement si det(A) ̸= 0.
Exercice 14
Soient A et B ∈ Mn toutes les 2 inversibles. Montrer que AB est inversible et que
1
A−1 = tcom(A) (16)
det(A)
1 1 2
Exemple : Soit la matrice A = 2 1 1
1 1 3
— Vérifiez que det(A) = −1.
2 −5 1
— Vérifiez que com(A) = −1 1 0
−1 3 −1
−2 1 1
— En déduire que A−1 = 5 −1 −3 . On pourra s’assurer, en explicitant le
−1 0 1
−1
calcul, que AA = I3 .
0.2.8 L’équation AX = b
Dans R, l’équation ax = b, avec a ̸= 0, admet pour unique solution le nombre ab = a−1 b.
Dans Rn , a est remplacé par une matrice A ∈ Mn 3 et x par un vecteur X ∈ Rn . La condition
a ̸= 0 devient alors det(A) ̸= 0, et la solution de l’équation AX = b est X = A−1 b.
Exemple : Résoudre le système :
x + y + 2z = 1
2x + y + z = 1
x + y + 3z = 1
troisième ligne (la ligne L3 ) la première ligne (la ligne L1 ) qu’on aura préalablement mul-
tiplié pa -1 on obtiendrait le système :
x + y + 2z = 1
2x + y + z = 1
z = 0
En passant par les étapes suivantes : −L1 + L2 ; −L1 + L3 ; −L1 + L4 nous obtenons la
matrice :
1 2 1 −2 2
0
1 −1 3 0
0 −1 0 1 3
0 2 1 5 1
En passant par les étapes suivantes :L2 + L3 ; −2L2 + L4 nous obtenons la matrice
1 2 1 −2 2
0 1 −1 3 0
0 0 −1 4 3
0 0 3 −1 1
Enfin passant par l’étape suivante : 3L3 + L4 , nous obtenons la matrice
1 2 1 −2 2
0 1 −1 3 0
0 0 −1 4 3
0 0 0 11 10
1
L’étape L
11 1
nous fournit la matrice :
1 2 1 −2 2
0
1 −1 3 0
0 0 −1 4 3
10
0 0 0 1 11
−4L1 + L3 donne
1 2 1 −2 2
0
1 −1 3 0
4×10
0 0 −1 0 3 − 11
10
0 0 0 1 11
En continuant ainsi on finit par trouver
0 81
1 0 0 11
0 1
0 0 − 23
11
0 0 7
1 0 11
10
0 0 0 1 11
10 7 23
Autrement dit t = 11 , z = 11 , y = − 11 et x = 81
11
.
La méthode que nous venons d’illustrer à travers les deux exemples précédents est appelée
Pivot de Gauss (du nom du mathématicien allemand qui l’a formalisée). A chaque étape
le pivot est le coefficient diagonal aii qu’on utilise pour élimener la variable xi .
(I3 |A−1 ) = 0 1 0 12 1 12
0 0 1 14 21 34
.
4. Dans le membre gauche on aura In = A−1 A, et alors, nécessairement, dans le membre droite on doit
avoir A−1 In ; car A−1 s’écrit sous la forme A−1 = Ap . . . A1 où les matrices Ai représentent les opérations
élémentaires éffectuées
— En déduire que
3 1 1
4 2 4
A−1 = 1
2
1 1
2
1 1 3
4 2 4
— Faire une vérification.
Équations incompatibles
x + 3y = 1 x + 3y = 1
Le système équivaut au système . Évidemment il
2x + 6y = 8 x + 3y = 4
ne possède pas de solutions rélles car 1 ̸= 4 dans R.
Infinité de solutions :
x + 2y + 3z = 0
En appliquant la méthode du pivot de Gauss au système 3x + 4y + 7z = 0 nous
x − 2y − z = 0
obtenons
1 2 3 0 1 2 3 0 1 2 3 0
3 4 7 0 → 0 −2 −2 0 → 0 −2 −2 1
1 −2 −1 1 0 −4 −4 0 0 0 0 1
x + 2y + z = 0
Ce qui se traduit par le système . On voit bien que ces conditions
y+z = 0
= z =−y. Autrement
équivalentà x dit, le vecteur solution doit nécessairement prendre
x x
la forme y = −x . Pour chaque choix de x nous avons donc une solution, et
z x
l’ensemble de toutes les solutions est donné par :
1
S = {x −1 , x ∈ R}
1
Exercice 15
— Vérifiez qu’on a bien
1 0 0 1 a b c d a+i b+j c+k d+l
0 1 0 0 x y z t x
y z t
0 0 1 0
e =
f g h e f g h
0 0 0 1 i j k l i j k l
— Résoudre le système :
2x − y − z − t = −1
x − 3y + z + t = −2
x + y − 2z + 4t = 4
x − y + z − 2t = −8
Exemple
1 1
7 1
2 2
2 1 1 1 2
− 2
1 =
2
− 12 1 3 1 −1 − 21 32
| {z } | {z } | {z } | {z }
P B P −1 A
Remarque
Etant donnée une matrice carrée A, il est très avantageux (bien que ce ne soit pas
toujours possible) de trouver une matrice diagonale qui lui est équivalente.
Exercice 16
Soient A, B et P ∈ Mn telles que A = P BP −1 .
— Montrez que A2 = P B 2 P −1 .
— Montrez que An = P B n P −1 , ∀n ∈ N.
— Montrez que si B est inversible alors A est inversible et on a A−1 = P B −1 P −1
— Montrez que det(A) = det(B)
A − XIn = P BP −1 − X P
|P
−1 −1 −1
{z } = P (BP − XP ) = P (B − XIn )P
−1
In
Exercice 17
−11 30
Soit la matrice A = .
4 −11
— Vérifiez que
5 3 1 0 −1 3
A=
2 1 0 −1 2 −5
— En déduire A2 , A3 , A2n et A2n+1 , où n ∈ N
Exercice 18
1 2 1 1
Soient A = et P =
2 1 −1 1
7
— Essayez de calculer A .
−1 −1 0
— Calculez P . Vérifiez que A = P P −1 .
0 3
— En déduire A7 .
M1 = {(a), a ∈ R}
Exercice 19
Montrez qu’il est impossible de trouver l’analogue de i dans M3 . (On pourra supposer
le contraire et penser au déterminant).
L’analogie entre K2 et C permet de voir que la notion de matrice est une généralisation
de la notion de nombre, de sorte que l’on peut parler de nombres matriciels. L’ensemble C
généralise l’ensemble R ; l’ensemble M2 généralise l’ensemble C et ainsi de suite.
Dans le domaine de l’informatique les matrices jouent un rôle trés important puisque
l’ordinateur ne comprend que le langage numérique. Pour communiquer quelque chose à
un ordinateur il faut d’abord le traduire dans le langage des nombres(matriciels).
Par exemple si l’on veut programmer un robot pour faire certains mouvements il faut
d’abord exprimer ces mouvements en termes de matrices. Nous en verront des exemples
simples dans le paragraphe suivant.
Exercice 20
— Trouvez SO , la matrice associée avec la symétrie centrale de centre O.
— Trouvez SOx , la matrice associée avec la symétrie orthogonale d’axe (Ox). Trouvez
SOy . Calculez leur produit et interprétez.
— Trouvez la matrice associée avec l’homothétie de centre O et de rapport k.
— Trouver S∆′ , où ∆′ : x = −y.
— Ecrire la matrice associée avec la projection orthogonale sur l’axe (Ox).
0.4.2 Rotation
′ x
— Trouvez les coordonnées du point M , image du point M par la rotation de
y
centre O et d’angle π2 . En déduire R π2 , la matrice associée avec cette rotation.
— Considérons
Rθ , la rotation de centre O et d’angle
θ. Vérifiez que l’image du point
x x cos θ − y sin θ
M est le point M ′ . Il est clair que la matrice qui permet
y x sin θ + y cos θ
cos θ − sin θ
de passer du point M au point M ′ est Rθ =
sin θ cos θ
Composition
On considère le mouvement suivant :on fait d’abord une rotation d’angle θ, puis une
rotation d’angle θ′ autour du point O. Le mouvement résultant est une rotation d’angle
θ + θ′ (Rθ′ oRθ = Rθ′ +θ ).
Remarquez que
cos θ′ − sin θ′ cos θ cos θ′ − sin θ sin θ′ −(sin θ cos θ′ + sin θ′ cos θ)
cos θ − sin θ
=
sin θ′ cos θ′ sin θ cos θ sin θ cos θ′ + sin θ′ cos θ cos θ cos θ′ − sin θ sin θ′
cos(θ + θ′ ) − sin(θ + θ′ )
=
sin(θ + θ′ ) cos(θ + θ′ )
La matrice associée avec la composée de deux rotations est le produit des matrices associées.
Exercice 21
Ecrire la matrice associée avec la composée S∆ oRθ
Exemple
x
Soit M y . Faites tourner le point M autour de l’axe (Oz) d’un angle π2 et déterminez
z
les coordonnées du point M ′ correspondant. Quelle est la matrice qui permet de passer du
point M au point M ′ ?
Cas général
Notons Rz,θ la matrice associée à la rotation d’axe (Oz) et d’angle θ. Montrez que :
cos θ − sin θ 0
Rz,θ = sin θ cos θ 0
0 0 1
Exercice 22
ank
— Trouvez X et Y telles que Y AX = ars , où 1 ≤ r ≤ n et 1 ≤ s ≤ p.
Exercice 24
Rappelons d’abord que si a et b sont deux nombres réels tels que a ̸= 0, alors l’équation
ax = b admet une unique solution, à savoirx = a−1 b.
b1
b2
.
Soient maintenant A = (aij ) 1≤i≤n et B = .. telles que A est inversible.
...
1≤j≤n
bn
x1
x2
L’équation AX = B, où X = .. ∈ Mn1 est l’inconnue admet une unique solution, à
.
xn
−1
savoir la matrice A B ∈ Mn1 .
En effet AX = B =⇒ A−1 AX = A−1 B =⇒ X = A−1 B.
Dans la suite, nous noterons l’ensemble Mn1 par Rn . Ses éléments seront appelés vecteurs.
Exercice 25
On se propose de trouver les réels x, y et z tels que
x − 2y + z = 1
2x + y − z = −5
x + 3y + z = 2
On a
x − 2y + z = 1 1 −2 1 x 1
2x + y − z = −5 =⇒ 2 1 −1 y = −5
x + 3y + z = 2 1 3 1 z 2
−1
x 1 −2 1 1
=⇒ y = 2 1 −1 −5
z 1 3 1 2
−1
1 −2 1 4 5 1
1
— vérifiez que 2 1 −1 = 15 −3 0 3
1 3 1 5 −5 5
19
x = −5
— En déduire que y = 15
z = 83
Exercice 26
1 2 x 0
Montrez que l’unique solution de l’équation = 0 est 0 = .
3 5 y 0
Exercice 27
Soit A = (aij ) 1≤i≤n . Montrez que, lorsque detA ̸= 0, l’unique solution de l’équation
1≤j≤n
x1 0
x2 0
. .
A .. = 0 est 0 = .. .
. .
.. ..
xn 0
Définition
Soit V = {v1 , v2 , . . . , vp } une famille de p vecteurs de Rn .
— On dit que ces vecteurs sont indépendants si et seulement si aucun de ces vecteurs ne
peut s’écrire sous la forme d’une combinaison linéaire (Par exemple α1 v1 +α2 v2 +α3 v3
est une combinaison linéaire des vecteurs v1 , v2 et v3 ) des autres.
— On associe à ces vecteurs une matrice, notée MV , et dont les colonnes sont ces
mêmes vecteurs.
1 1 1 1
— Exemple : V = { 3 ; 1 }. On a MV = 3 1 .
1 1 1 1
Exercice 28
— Montrez que la définition précédente implique que l’unique solution de l’équation
x1
x2
MV =0
..
.
xp
Définition
Soit A ∈ Mnp . On appelle rang de M , le nombre maximum de colonnes indépendantes
de M .
Exemple :
2 3 3 1
— Ecrire les vecteurs 4 , 5 et 7 en fonction des vecteurs 1 et
3 5 4 2
1
3
1
1 1 2 3 3
— En déduire que rang 1 3 4 5 7 = 2
2 1 3 5 4
Exercice 29
1 2 x
On se propose de résoudre le système : =0
3 6 y
−2 −4
— Vérifiez que et sont des solutions de léquation.
1 2
— Montrez que l’équation estéquivalente
à x + 2y
= 0
x −2y −2
— Ceci est équivalent à = =y .
y y 1
Exercice 30
x
1 3 2 1 y
On se propose de résoudre AX = 0, où A = et X =
z .
1 1 1 2
t
— Exprimez x et t en fonction de y et z.
— En déduire que l’ensemble de toutes les solutions de AX = 0 est
−5 −3
1 0
S = {y
0 +z 1
, x, y ∈ R}
2 1
2 1
Exercice 31
Exercice 32
Soit A ∈ Mm,n avec m ≤ n, une matrice de rang m. Soit S l’ensemble des solutions de
b1
b2
.
l’équation AX = b = .. .
.
..
bm −1
B b − B −1 N Y
Montrez que S peut s’écrire sous la forme { , Y ∈ Rn−m } où B ∈ Mm
Y
est une matrice inversible extraite de A.
Définition
Soit A ∈ Mmn . On appellera Espace Vectoriel l’ensemble des solutions de l’équation
AX = 0 5
Exercice 33
Soient A ∈ Mmn , λ ∈ R, X1 et X2 deux solutions de AX = 0. Montrez que X1 +λX2 est
une solution de AX = 0. On dit qu’un espace vectoriel est stable par combinaison linéaire.
Remarquez que tout espace vectoriel contient le vecteur nul.
Remarquez que Rn est un espace vectoriel ∀n ∈ N
A = (V1 V2 . . . Vn )
AX = x1 V1 + x2 V2 + . . . xn Vn
Les coefficients aij , 1 ≤ i ≤ m de chaque vecteur Vj peuvent être vus comme étant
les coordonées de Vj pa rapport à la base canonique C = {e1 , e2 , . . . em }, de sorte
que
Vj = a1j e1 + a2j e2 + . . . amj em
Si X est un vecteur de Rn , on considérera à priori que ses coefficients sont ses
coordonnées dans la base canonique. Aussi écrira-t-on
x1 x1
x2 x2
.. = ..
. .
xn xn C
Pour spécifier la base dans laquelle ce vecteur est exprimé. En algèbre une base est
un système de référence par rapport auquel tous les autres vecteurs sont observés.
— On remarquera que
Aej = Vj
C’est à dire que les colonnes Vj de A sont les images respectives des vecteurs de la
base canonique par l’application ϕ. On remarquera de même que :
Exercice 35
On se propose de résoudre le système
f ′ (t) = f (t) + g(t)
g ′ (t) = 2f (t) + g(t)
f (0) = g(0) = 1
— Montrez que
p − 1 −1 Lf (p) 1
=
−2 p − 1 Lg(p) 1
— En déduire Lf (p) et Lg(p), puis f (t) et g(t).
On trouvera ( √ √ √ √
f (t) = 21 [(1 + 22 )e(1+√2)t + (1 − 22 )e(1− √2)t ]
√ √
g(t) = 12 [(1 + 2)e(1+ 2)t + (1 − 2)e(1− 2)t ]
Exercice 36
Trouvez les fonctions f et g, vérifiant les conditions du système S
′
f (t) = −6f (t) + 28g(t)
S g ′ (t) = −2f (t) + 9g(t)
f (0) = g(0) = 1
Exercice 37
Résoudre le système
f ′ (t) = f (t) + 3g(t)
g ′ (t) = 3f (t) − 2g(t) − h(t)
h′ (t) = −g(t) + h(t)
f (0) = g(0) = h(0) = 1
Cette formule est encore valable si on remplace q par une matrice (pour une certaine classe
de matrices que nous préciserons dans la suite).
Exemple
1
2
0
Soit la matrice A = 1
0 3
( 12 )n
n 0
— Vérifiez que A = 1 n
0 (3)
— Vérifiez que
N
2(1 − ( 12 )N +1 )
X
n 2 3 N 0
A = I2 + A + A + A + · · · + A = 3 1 N +1
0 2
(1 − ( 3
) )
n=0
1
−1
−1 0 2 0
— Remarquez que (I2 − A) = 2
2 =
0 3
0 32
— Conclure que
∞
X
An = (I2 − A)−1
n=0
Plus généralement, si A = (λij ) est une matrice diagonale d’ordre p telle que |λii | < 1, ∀i,
0 ≤ i ≤ p alors
X∞
An = (I2 − A)−1
n=0
Exercice 38
— En déduire que
∞
X
An = P (Ip − D)−1 P −1
n=0
Montrer que A = P DP −1
En déduire que :
∞ 1
X 1 n 5 2
A = 11
3 1 2
n=0
Exercice 40
On considère les matrices
−1 1 1 1 1 1 −2 0 0
B = 1 −1 1 ; P = −1 0 1 ; D = 0 −2 0
1 1 −1 0 −1 1 0 0 1
— Vérifiez que B = P DP −1
— Calculez etB , où t ∈ R.
Exercice 41
On considère les matrices
0 1 0 −1
K= ; J=
1 0 1 0
Exercice 42
a b a 0 0 b
On considère les matrice E = ,A= et B = où a, b et c
0 c 0 c 0 0
sont des nombres réels.
— Montrer que
n−1
X
n
E = Ck , où Ck = Ak BAn−1−k
k=0
— En déduire l’expression de E n
— Calculez eE
0.8.2 Géneralisation :
Soit A ∈ Mn une matrice carrée d’ordre n constituée de n vecteurs colonne u1 , u2 ,. . .. . .un .
On suppose de même que det(A) ̸= 0. Alors A peut être vue comme étant la matrice de
passage de la base canonique C = (e1 , . . . , . . . , en ) à la base U = (u1 , . . . , . . . un ). La ma-
trice de passage inverse (de la base U à la base canonique C) est, bien évidemment A−1 (ce
que suggère clairement l’identité précédente). Ainsi la multiplication par A−1 transforme
les coordonnées dans la base canonique en les coordonnées dans la nouvelle base U .
Enfin, tous ce qui a été dit précédemment pour les bases U et C est valable pour deux
bases B et B ′ quelconques.
x1
x2
Soit XC = .. un vecteur exprimé dans la base canonique, et P la matrice de passage
.
xn C
de la base canonique à une autre base B. On suppose que les coordonnées de X dans cette
′
x1
x′
2
base sont donnés par le vecteur colonne XB = .. . Nous avons alors les relations
.
x′n B
suivantes :
P −1 XC = XB ; et P XB = XC
A = P BP −1
Posons P = (P1 P2 . . . Pn ) ; c’est à dire qu’on note P par ses vecteurs colonnes. Il est
clair que P peut être vue comme la matrice de passage de la base canonique à la base
{P1 , P2 , . . . . . . , Pn }. Alors A et B représentent la même application linéaire ϕ, mais
dans des bases différentes ; A représente ϕ dans la base canonique et B représente ϕ dans
la base {P1 , P2 , . . . . . . , Pn }.
Exercice 43
Vérifiez que les vecteurs
1 1 1
v1 = 1 ; v2 =
1 et v3 = 2
2 1 1
constituent une base de R3 et calculez les coordonnées des vecteurs de la base canonique
dans cette nouvelle base.
Définition :
L’exercice précédent suggère la définition suivante : Soit A ∈ Rn . On dit que A est une
matrice orthogonale si A−1 = At .
Remarque :
Dans plusieurs disciplines (Réseaux de neurones, par exemple) on a souvent affaire à
des matrices gigantesques (carrées d’ordre n=100000 voir 1000000 et plus). Même avec
un bon ordinateur il est très difficile de les inverser, alors que l’inversion d’une matrice
orthogonale (quel que soit son ordre) est une simple opération de transposition.
Exercice 45
— Montrez que dans R2 la matrice Rθ (voir le paragraphe Matrices et Géométrie )
associée avec la rotation d’angle θ est orthogonale.
— Montrez que dans R3 la matrice Rz,θ associée avec la rotation d’angle θ autour de
l’axe (Oz) est orthogonale.
— Montrez que dans R2 la matrice S∆ associée avec la symétrie orthogonale par rapport
à la première bissectrice est orthogonale.
— Complétez la matrice A suivante pour qu’elle devienne orthogonale :
1 −1 .
1
A= 0 0 .
2
1 1 .
Exercice 46
Soit A une matrice orthogonale de R2 . Montrez que |det(A)| = 1
Plus généralement :
Soit A ∈ Mn une matrice orthogonale. On retiendra que det(A)=1 ou -1.
Remarque :
— Plaçons nous d’abord dans R2 et considérons la base canonique (e1 , e2 ). Soit U =
(u1 , u2 ) une autre base orthogonale directe de R2 . Appelons θ l’angle de vecteurs
(e1 , u1 ), il est alors facile de voir que l’angle de vecteurs (e2 , u2 ) vaut aussi θ, de
sorte que le passage de la base canonique à la base U se fait par la rotation Rθ .
C’est à dire que :
La matrice (u1 u2 ) = Rθ
On voit bien, entre autres, que le déterminant de la matrice (u1 u2 ) vaut 1 car le
déterminant associé avec une rotation quelconque vaut 1.
— Soit U = (u1 , . . . . . . , un ) une base orthonormée directe de Rn , alors la matrice
(u1 u2 . . . . . . un ) dont les colonnes sont les vecteurs de cette base est une rotation
de Rn . Son déterminant vaut 1.
0.9 Diagonalisation :
Dans des paragraphes précédents nous avons déjà souligné l’avantage de travailler avec
des matrices diagonales (ou avec des matrices équivalentes à des matrices diagonales). Dans
ce paragraphe nous allons voir que certaines matrices sont équivalentes à des matrices
diagonales et que, par conséquent, elles peuvent se décomposer sous la forme avantageuse
P DP −1 , où D est une matrice diagonale.
3. Montrez qu’une rotation (dans le plan ou dans l’espace) n’est pas diagonalisable :
c’est à dire qu’il n’existe pas de base dans laquelle la matrice d’une rotation serait
diagonale.
4. Dans le paragraphe ”Matrices et géométrie” nous avons trouvé les matrices respec-
tives associées avec les rotations par rapports aux axes du repère canonique de R3 .
On voudrait maintenant trouver la matrice d’une rotation par rapport à un axe
quelconque.
Munissons donc R3 de sa base canonique et considérons un axe ∆ définit de la
manière suivante : ∆ passe par l’origine et fait un angle θ avec le demi axe [Oz). Le
plan (∆, (Oz)) fait un angle ϕ avec le plan (Oxz).
— Déterminez la matrice de la rotation d’angle Ψ et d’axe ∆ dans une base sphérique
(→
−
u θ, →
−
u ϕ, →
−
u r ) appropriée (→
−
u r étant un vecteur unitaire qui dirige ∆).
Dans le plan :
Plaçons nous d’abord dans R2 . Posons
−11 30
A=
4 −11
Rappelons la décomposition
5 3 1 0 −1 3
A=
2 1 0 −1 2 −5
Donnée dans l’exercice 17. Comment a-t-on trouvé cette décomposition ? C’est à dire com-
ment, en ayant seulement A, trouver les autres matrices ?
Définition :
Soit A une matrice carrée d’ordre n. On suppose qu’elle est diagonalisable 7 . On retien-
dra les faits suivants :
— Les racines λi de son polynôme caractéristiques sont dites les valeurs propres de
A.
— Chaque vecteur non nul solution de l’équation AX = λi X est un vecteur propre
associé avec la valeur propre λi .
— Pour chaque valeur propre λi l’ensemble de toutes les solutions de l’équation
AX = λi X
est le sous-espace propre (souvent noté Eλi ) associé avec la valeur propre λi .
— Posons αi = la multiplicité de la valeur propre λi , c’est à dire la puissance du monôme
(X − λi ) dans la décomposition de PA (X). Alors la valeur λi apparaı̂t exactement
αi fois sur la diagonale de D, et l’espace Eλi est engendré par au moins αi vecteurs
propres.
Méthode :
Voici les étapes à suivre pour diagonaliser une matrice diagonalisable 8
— Calculez le polynôme caractéristique de A et trouver ses racines λi .
— Résolvez les équations AX = λi X et trouvez une base convenable de chacun de ces
espaces.
— Rassemblez les vecteurs de base précédents dans une matrice P .
— Inversez la matrice P et obtenez la décomposition souhaitée
Exercice 48 :
1. On considère la matrice
−1 10
A=
5 4
— Vérifiez que PA (X) = X 2 − X − 6. En déduire que les valeurs propres sont 3 et
-2.
1 2
— Vérifiez que v1 = et v2 = sont des vecteurs propres correspon-
1 −1
dant à 3 et -2 respectivement (dans cet ordre).
— Ecrire la décomposition diagonale de la matrice A.
On trouvera
1 1 2 3 0 1 2
A=
3 1 −1 0 −2 1 −1
7. Nous n’avons encore donné aucun critère qui permette de déterminer si une matrice est diagonalisable
ou non
8. Dans leur pratique les ingénieurs et les scientifiques ont souvent affaire à des matrices énormes, et on
préfère alors à la méthode directe que nous décrivons ici des méthodes plus efficaces relevant de l’algèbre
numérique.
— Montrez que PA (X) = −(X + 2)2 (X − 1). En déduire les valeurs propres de A.
— Résoudre l’équation matricielle AX = −2X et montrez que l’espace propre
associé avec la valeur propre -2 est le plan engendré par les vecteurs
1 1
v1 = −1 et v2 = 0
0 −1