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Chapitre 2: Quelle Action Publique Pour L'Environnement ?: Questionnement Objectifs D'apprentissage

Transféré par

Gabriel Domin-khemari
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Thèmes abordés

  • ressources naturelles,
  • taxation,
  • subvention,
  • acteurs environnementaux,
  • développement durable,
  • tourisme durable,
  • engagements climatiques,
  • innovation verte,
  • mesures incitatives,
  • responsabilité différenciée
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Chapitre 2: Quelle Action Publique Pour L'Environnement ?: Questionnement Objectifs D'apprentissage

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Thèmes abordés

  • ressources naturelles,
  • taxation,
  • subvention,
  • acteurs environnementaux,
  • développement durable,
  • tourisme durable,
  • engagements climatiques,
  • innovation verte,
  • mesures incitatives,
  • responsabilité différenciée

CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

Questionnement Objectifs d’apprentissage


Quelle action publique pour þ Savoir identifier les différents acteurs (pouvoirs publics, ONG,
l’environnement ? entreprises, experts, partis, mouvements citoyens) qui participent
à la construction des questions environnementales comme
problème public et à leur mise à l’agenda politique ; comprendre
que ces acteurs entretiennent des relations de coopération et de
conflit.
þ Comprendre que l’action publique pour l’environnement articule
différentes échelles (locale, nationale, européenne, mondiale)
þ En prenant l’exemple du changement climatique :
Connaître les principaux instruments dont disposent les pouvoirs
publics pour faire face aux externalités négatives sur
l’environnement : règlementation, marchés de quotas d’émission,
taxation, subvention à l’innovation verte ; comprendre que ces
différents instruments présentent des avantages et des limites, et
que leur mise en œuvre peut se heurter à des dysfonctionnements
de l’action publique ;
Comprendre qu’en présence de bien commun les négociations et
accords internationaux liés à la préservation de l’environnement
sont contraints par des stratégies de passager clandestin et les
inégalités de développement entre pays.

Notions à savoir Définition


Problème public Phénomène social qui, du fait de l’interaction de différents acteurs, acquiert une visibilité et
suscite un débat public
Agenda politique Inscription du problème public à l’ordre du jour politique
Action publique Action des pouvoirs publics (État, Union Européenne, collectivités locales) pour répondre au
problème mis à l’agenda politique
Environnement Ensemble des actifs qui ne sont pas produits par les activités humaines (airs, eau, forêts,
biodiversité, roches, faune, flore)
Règlementation Au sens large, toute règlementation de l’État visant à corriger des défaillances et
imperfections de marché. Ici, on entend par règlementation les outils règlementaires ; c’est-
à-dire les normes (règles qui doivent influencer le comportement des agents économiques).
Le non-respect d’une norme est un comportement déviant qui peut faire m’objet d’une
sanction négative (administrative, pénale et financière)
Marchés des quotas Un marché des quotas d’émission est un marché où s’échangent (s’achètent et se vendent)
d’émission des droits à polluer, des quotas d’émission de gaz à effet de serre. Il consiste à attribuer un
prix aux droits à émettre des gaz à effet de serre (GES) afin d’inciter les acteurs – États ou
entreprises, - à réduire leurs propres émissions en échangeant entre eux des droits à polluer
Taxation Instauration par les pouvoirs publics d’une taxe sur les émissions polluantes ou sur un flux
les représentant (carburant par exemple). La taxe augmente les coûts des pollueurs et les
incite à tenir compte des externalités qu’ils génèrent. Elle repose sur le principe du pollueur-
payeur, la régulation du niveau de pollution se fait donc par les prix.
Subvention à l’innovation Subvention des pouvoirs publics aux producteurs dont les innovations contribuent à
verte préserver l’environnement ou à lutter contre le réchauffement climatique
Passager clandestin Situation d’un agent qui, dans une action collective obtient un gain sans en avoir supporté
les coûts

1
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

1- L’environnement comme problème public


1.1-Comment l’environnement devient-il un problème public ? Quels sont les acteurs qui
participent à la construction des questions environnementales ?
1.2-Quelles relations les acteurs entretiennent-ils ?
2- L’action des pouvoirs publics s’exercent à différents niveaux
2.1- Une action qui s’exerce à différente échelle
2.2- Les actions sont contraintes par des stratégies de passager clandestin et les
inégalités de développement entre pays.
3- Quels sont les principaux instruments pour faire face aux externalités négatives
sur l’environnement ?
3.1- Les instruments qui reposent sur la contrainte : lois et réglementation
3.2- Les instruments qui reposent sur l’incitation : taxation, subvention à l’innovation
verte et marché de quotas d’émission
3.3- La mise en œuvre de ces instruments peut se heurter à des dysfonctionnements de
l’action publique

Dissertations Épreuve composée (EC1 ou EC3)


Ä Comment la préservation de l’environnement est-elle Ä Vous montrerez que la préservation de l’environnement
devenue un problème public ? implique une diversité d’acteurs à différentes échelles.
Ä Quels sont les instruments dont disposent les pouvoirs Ä A l’aide d’un exemple, vous montrerez que les acteurs
publics pour faire face aux externalités négatives sur impliqués dans les questions environnementales
l’environnement ? entretiennent des relations de coopération et de conflits.
Ä La taxation est-elle le seul instrument dont dispose les Ä Vous montrerez que les pouvoirs publics disposent de
pouvoirs publics pour faire face aux externalités négatives plusieurs instruments pour faire face aux externalités
sur l’environnement ? négatives sur l’environnement/ vous montrerez que les
Ä Pourquoi les négociations et accords internationaux liés à différents instruments à disposition des pouvoirs publics
la préservation de l’environnement sont-ils contraints ? peuvent permettre de faire face au changement
climatique.
Ä Montrez comment un marché des quotas d’émission (ou
la règlementation/ la taxation/ les subventions à
l’innovation verte) peut permettre aux pouvoirs publics
de faire face aux externalités négatives sur
l’environnement.
Ä Montrez que la mise en œuvre des instruments pour faire
face aux externalités négatives sur l’environnement peut
se heurter à des dysfonctionnements de l’action publique.
Ä A l’aide d’un exemple, vous montrerez en quoi les
stratégies de passager clandestin peuvent contraindre la
mise en place d’accords environnementaux à l’échelle
internationale.

2
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

Introduction :
Confrontés aux questions environnementales, les pays industrialisés ont dû repenser l’action
publique afin de répondre aux enjeux écologiques. L’environnement a donc pris place dans les
agendas politiques grâce à la mobilisation de plusieurs acteurs (I). Le changement climatique à des
effets environnementaux, économiques et sociaux sur l’ensemble des États, c’est pourquoi l’action
publique est menée à différentes échelles (II). Plusieurs instruments peuvent être mis en place par
les États pour lutter contre les externalités négatives sur l’environnement. Cependant, l’action
publique se heurte à des dysfonctionnements (III).

Ì Ce chapitre est un Regard Croisé Science politique/ Sciences économiques :


Ä On mobilise (I et II) la science politique pour se demander comment l’environnement
a émergé come problème public et comment l’action publique pour l’environnement
s’organise
Ä On mobilise la Science Économique (III) pour se demander quels instruments les
pouvoirs publics (Institutions internationales, Union Européenne, État central,
collectivités territoriales) peuvent utiliser pour lutter contre le dérèglement
climatique

1. L’environnement comme problème public

þ Objectifs :
Ce que dit le programme Ü Savoir identifier les différents acteurs (pouvoirs publics, ONG,
Entreprises, experts, partis, mouvements citoyens) qui participent à la
construction des questions environnementales comme problème
public et à leur mise à l’agenda politique ;
Ü Comprendre que ces acteurs entretiennent des relations de
coopération et de conflit
Savoirs Ü Savoir définir ; environnement, problème public, agenda politique,
action publique
Savoirs faire F

Les questions environnementales se sont progressivement construites comme problème public,


débouchant sur leur mise à l’agenda politique sous l’effet de l’action de différents acteurs (A). Ces
acteurs entretiennent des relations de coopération et conflit (B).

3
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

1.1. Comment l’environnement devient-il un problème public ? Quels sont les acteurs qui
participent à la construction des questions environnementales

Environnement : ensemble des actifs qui ne sont pas produits par les activités humaines, tels
que l’air, l’eau, les forêts, la biodiversité, les roches, la faune, la flore.

Problème public : phénomène social qui, du fait de l’interaction de différents acteurs,


acquiert une visibilité et suscite un débat public.

Mise à l’agenda politique : inscription du problème public à l’ordre du jour politique.

Action publique : action des pouvoirs publics pour répondre un problème mis à l’agenda
politique.

4
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

F Avant d’étudier la manière dont l’environnement est devenu un problème public il faut
présenter un certain nombre de notions
F Document 1 : Construction d’un problème public et mise à l’agenda politique
Pourquoi un problème social va-t-il donner lieu à une politique publique ? Autrement dit, qu’est-ce qui va conduire
l’État à se saisir d’une question et à se décider à intervenir ? La question est très simple à formuler mais la réponse
est en revanche plus complexe.
Une erreur très souvent commise consiste à accorder trop d’importances aux responsables politiques, et à croire
que l’intervention de l’État ne dépend que d’eux (…). Comme on l’a souligné, les politiques publiques sont définies,
élaborées et appliquées dans le cadre d’un système d’interaction. Ce qui signifie que les détenteurs du pouvoir
politique ne sont que l’un des acteurs qui participent à leur élaboration. Même s’ils en sont l’acteur principal, ils
doivent tenir compte de « l’opinion publique », des intérêts et des demandes des autres participants (…). C’et
l’apport décisif des analyses de l’agenda politique, et de la construction des problèmes publics, que d’avoir mis
cet aspect en lumière.
Pour chercher à comprendre cette phase capitale où un problème social devient un problème public, et pour
comprendre ce qui pousse les autorités à intervenir et à agir, les chercheurs ont élaboré un concept largement
utilisé : celui d’agenda. On peut définir l’agenda comme l’ensemble des problèmes qui sont perçus comme
appelant un débat public, voire l’intervention des pouvoirs publics. L’agenda c’est donc l’ensemble des problèmes
qui font l’objet de l’attention des pouvoirs publics. (…)
La question est donc de savoir à travers quels mécanismes un problème peut conduire à une intervention
publique. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de lien de causalité automatique entre la gravité d’un problème et le
déclanchement d’une intervention publique. Par exemple, le phénomène de la pollution atmosphérique apparaît
dès le 19ième siècle, avec la révolution industrielle : pourtant les premières politiques de protection de
l’environnement ne débutent que dans les années 1970. On ne peut donc pas expliquer l’intervention publique
par le seuil d’intensité du problème à régler (…). Il n’y a donc pas de problèmes qui, par leur nature ou en raison
de leur gravité, seraient automatiquement des « enjeux politiques ». Un problème devient un enjeu politique
lorsque des acteurs parviennent à susciter un débat public autour de lui t à le faire inscrire à l’agenda politique. Il
faut donc que des acteurs perçoivent le problème, s’en saisissent, le définissent et le portent devant les autorités.
JY Dormagen et D. Mouchard, Introduction à la sociologie politique, De Boeck, 5e édition
1) Qu’est-ce qu’un problème public ?

2) Un problème est-il par nature public ?


3) Comment un problème public devient-il un problème politique ?
4) Distinguez action publique et politiques publiques

F Comment l’environnement est-il devenu un problème public ?

F Document 2- La construction des questions environnementales comme problème public


Constituer un problème public, c’est transformer une situation, une pratique, une expérience de vie en quelque
chose qui se trouve défini comme problématique (…). C’est faire d’un enjeu ou d’une activité un objet de débat
et de revendication pour qu’une action soit entreprise pour en changer le statut ou les effets. Un classique de la
littérature scientifique anglophone a pour titre Naming, Blaming, Claiming1. C’est de cela qu’il s’agit ici. Pour
qu’il y ait un problème public, il faut qualifier une situation, l’associer à quelque Chose d’inacceptable (…). Il faut
déployer un registre d’accusation (c’est la faute de… ») et si possible esquisser des revendications qui donnent la
solution tenue pour optimale.

1
« Qualifier, reprocher, réclamer »
5
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
Concrètement, la liste des faits et des et des comportements éligibles au statut de problème public est illimité.
Le sac en plastique si commode pour envelopper les courses va devenir un problème public si des voix s’élèvent
pour souligner qu’on en retrouve plein la nature, qu’il tue les dauphins ou tortues marines qui l’ingèrent/
Erik Neveu « L’analyse des problèmes publics : un champ d’étude interdisciplinaire au cœur des enjeux sociaux
présents » IDEES, décembre 2017

F Document 3 : La mise en agenda de la question environnementale

5) L’environnement a-t-il toujours été un problème public ?


6) Quels acteurs ont contribué à faire de l’environnement un problème public et à le mettre à
l’agenda politique ?

7) Reformulez les différentes étapes de la construction d’un problème public et de sa mise à


l’agenda politique

6
Remarque à l’oral : Par exemple, le GIEC (groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du
climat) créé en 1988 rassemble une grande diversité de chercheurs qui font des recherches et publient
des rapports sur les conséquences du changement climatique et l’impact de l’activité humaine sur ce
CHAPITRE
changement. Les 2 : QUELLE
Etats ACTIONsurPUBLIQUE
s’appuient notamment POUR
les travaux du GIEC pour L’ENVIRONNEMENT
trouver des accords afin de ?
lutter contre le réchauffement climatique (nous y reviendrons dans la suite du cours).

À l’oral : en quoi les associations, les ONG et les partis politiques contribuent-ils à la construction des
F Exercice
problèmes publics ?

Les associations, les ONG et les partis politiques contribuent à la construction des problèmes publics
cet exercice permetled’illustrer
en identifiant problème l’action des acteurs
et en menant engagés
des actions sur les problèmes
collectives environnementaux.
(manifestation, sit-in, appel au
boy/buycott, organisations de débats) afin que ce problème s’installe dans la sphère publique et soit
perçu par le plus grand nombre, comme devant faire l’objet d’une politique publique appropriée.

Q3 : Les acteurs qui participent à la construction d’un problème public ont-ils forcément les mêmes
intérêts ? Que peut-on en déduire ?

Les différents acteurs qui participent à la construction d’un problème public n’ont pas forcément les
mêmes intérêts ce qui peut les conduire à entrer en conflit. Par exemple, les entreprises cherchant à
maximiser leur profit peuvent s’opposer à l’établissement de normes environnementales demandées
parUn
lesproblème
ONG… public devient un problème politique lorsqu’il est inscrit à l’agenda politique, c’est-à-dire
lorsqu’il
Par exemple faitenl’objet
2020,delal’attention des pouvoirs
réintroduction publics.
partielle Cela signifie
des pesticides que ces derniers
néonicotinoïdes s’emparent
a fait du
l’objet de
problème
nombreux publicetetal’intègre
débats à leur agenda
été dénoncée par les politique afin de prendre des mesures. Pour qu’un problème
associations.
public devienne politique il faut qu’il soit considéré comme relevant de la sphère publique (et non de
Apport de l’enseignant
la sphère privée). : Les différents acteurs qui participent à la construction d’un problème public
peuvent entrer en conflit pour imposer leur représentation d’un problème public. Dans cette
Apport deon
perspective, l’enseignant
dit que les :acteurs
La miseenà l’agenda politique
conflit sont dépend
dans une deset
arène, fenêtres d’opportunités.
le vainqueur Enimpose
est celui qui effet, il
son8) Identifiez
existe des moments
approche queloùtype
du problème en d’acteur
il est plus facile les
éliminant queapproches
d’autres dealternatives
faire en sorte qu’un problème
(approches portéespublic devienne
par les autres
un problème
acteurs). politique et fasse l’objet d’une politique publique appropriée (contexte favorable). Par
exemple, la publication des rapports alarmants du GIEC concernant les effets du changement
Schéma récapitulatif àclimat
faire propice
avec lesàélèves :
9) Parmi
climatique ces un
crée acteurs, distinguez ceux qui relèvent
la mobilisation de publiques
des pouvoirs la sociétéencivile organisée.
matière de lutte contre
le réchauffement climatique.
Les principaux
Q5 : Proposez une définition du concept d’action [Link]
participant à la construction
L’enseignant pourra, si besoin, guider les élèves
d’un par des questions
problème public intermédiaires.
L’action publique désigne l’ensemble des interactions entre des institutions publiques et des acteurs
(publics et privés) qui conduisent à la mise en œuvre des politiques publiques. L’action publique
renvoie
Pouvoirs aux différentes
publics étapes (processus)
Entreprise ONGauetcours desquelles émergent des
Partis politiques publiques.
Experts Mouvements
Q6 : Complétez le schéma ci-dessousassociations politiques citoyens

L’action publique
Q4 : Comment un problème public devient-il : un processus
un problème politique ?

Mise à l’agenda Peut


Problème devient un politique conduire à 6
Problème Problème Politique
économique et
public politique publique
ou social
Sous l’effet de

La mobilisation de
différents acteurs

Action publique

Transition à l’oral : Nous allons maintenant voir au travers d’un exemple les relations que peuvent
7
entretenir les différents acteurs participants à la construction d’un problème public.

Document 3 : « L’affaire du siècle »

La justice reconnaît pour la première fois que l’Etat a commis une « faute » en se montrant incapable
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

Synthèse à compléter page 323

Expertise- problèmes publics- mobiliser- débat politique – pouvoirs publics- dimension


collective- action politique -mise à l’agenda) médiatiser-sélection.

L’émergence des questions environnementales en France et leur prise en compte par les
pouvoirs publics peuvent être analysées comme résultant d’un processus de mise à l’agenda.
En effet, la pollution, le dérèglement climatique ou encore les atteintes à la biodiversité ne
deviennent des problèmes publics que lorsque des acteurs leu confèrent une dimension
collective. Ces derniers interagissent, que ce soit pour mobiliser le grand public, pour médiatiser
tel aspect ou encore apporter une expertise. Ces actions conduisent à une sélection de ces
enjeux par les participants du débat politique et potentiellement par une action politique.

Vers le bac : Étude d’un document


Sujet : A l’aide du document ci-dessous, vous caractériserez les dépenses environnementales en France en
2017, puis vous les comparerez avec le pays de votre choix

8
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

1.2 Quelles relations les acteurs entretiennent-ils ?

Rappels des acquis de première : Notions de coopération et conflits

Coopération : situation dans laquelle des individus ou des groupes concourent à la réalisation
d’objectifs communs.

Conflit : expression d’antagonismes (oppositions) entre des individus ou des groupes.

F Document 4 : « L’affaire du siècle »: un exemple de relation, de coopération et de conflit


La justice reconnaît pour la première fois que l’État a commis une « faute » en se montrant incapable de tenir ses
engagements de réduction à effet de serre.
« Une victoire historique pour le climat ». C’est peu de dire que le jugement rendu mercredi 3 février 2021 par le
tribunal administratif de Paris a donné satisfaction aux associations de défense de l’environnement et à leurs
avocats. Deux ans après avoir recueilli plus de 2 millions de signature en moins d’un mois – une mobilisation sans
précédent en France - pour dénoncer l’inaction climatique de l’État, « l’affaire du siècle » avait rendez-vous avec
la justice. Les 4 ONG à l’origine de la pétition (Notre affaire à tous, Oxfam et la Fondation Nicolas Hulot) avaient
déposé » en mars 2019 un recours devant le tribunal administratif de Paris pour « carence fautive de l’État ».
A l’issue de ce premier grand procès climatique en France, la justice reconnaît pour la première fois que l’État a
commis une faute en se montrant incapable de tenir ses engagements de réduction de Gaz à effet de serre (GES)
sur la période 2015-2018. Pour rappel, la France s’est engagée à diminuer ses émissions de 40% d’ici à 2030 par
rapport au niveau de 1990. (…°
La France n’est en effet pas sur la bonne trajectoire. Dans son rapport annuel, publié en juillet 2020, le Haut Conseil
pour le climat juge sévèrement la politique du gouvernement : ‘Les actions climatiques ne sont pas à la hauteur
des enjeux ni des objectifs ». Ainsi, les émissions de GES ont baissé de 0,9% entre 2018 et 2019, alors que le rythme
devrait être d’une diminution annuelle de 1,5% et de 3,2% à partir de 2025 (…) ».
Le Monde « L’affaire du siècle : l’État condamné pour « carences fautives » dans la lutte contre le réchauffement
climatique » Février 2021
10) Quels sont les acteurs mobilisés dans cette « affaire du siècle » ?
11) A l’aide du document, montrez que les différents acteurs qui participent à la construction d’un
problème public entretiennent des relations de coopération et de conflit ?

S’entrainer : Autoévaluation- Vrai/Faux


1. Un conflit environnemental est nécessairement violent.
2. Les médias n’ont aucun rôle à jouer dans un conflit sur des questions environnementales.
3. Les groupes d’intérêt représentent seulement les entreprises.
4. Les acteurs mobilisés face aux problèmes environnementaux ne choisissent pas toujours la
coopération.

9
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

2. L’action des pouvoirs publics s’exercent à différents niveaux


Tous les États sont concernés par les effets environnementaux, économiques
et sociaux du changement climatique : l’action publique pour l’environnement est menée à différente
échelle (A). Cependant, en présence d’un bien commun comme la qualité du climat, certains États se
comportent en passager clandestin ; de plus les inégalités de développement posent aussi la question
du juste partage des efforts à fournir (B).

þ Objectifs :
Ce que dit le programme Ü Comprendre que l’action publique pour l’environnement articule
différentes échelles (locales, nationales, européenne, mondiale)
Ü Comprendre qu’en présence de biens commun les négociations et
accords internationaux liés à la préservation de l’environnement sont
contraints par des stratégies de passager clandestin et les inégalités
de développement entre pays
Savoirs Ü
Savoirs faire F

2.1. Une action qui s’exerce à différentes échelles

F Document 5 : Le réchauffement climatique et l’interdépendance des États


A qui appartient l’Amazonie ? au neuf pays d’Amérique latine sur les territoires desquels s’étend la forêt vierge ?
Au Brésil, qui en abrite 60% ? Ou à la planète, dont le sort environnemental est lié à sa santé ?
La multiplication alarmante des incendies dans la forêt amazonienne, ces dernières semaines, a donné une
nouvelle acuité à cette interrogation.
La crise a pris un tour diplomatique. A la veille de l’ouverture du sommet du G7 (…) Emmanuel Macron s’est
emparé de l’affaire « Notre maison brûle, a-t-il tweeter. Littéralement. L’Amazonie, poumon de la planète qui
produit 20% de notre oxygène, est en feu ». (…)
L’Amazone est-elle un bien commun universel comme l’affirme la France ? (…) Ou bien est-elle « à nous, le Brésil »
comme le revendique le président Bolsonaro ? Les conséquences de la destruction progressive de la forêt
amazonienne pour le reste des habitants du monde donnent clairement raison aux pays européens : l’Amazonie
est une source importante d’oxygène, d’eau et de biodiversité dont dépend l’ensemble de la planète. Sans même
parler de son impact sur la population indigène, la déforestation massive par brulis s’inscrit dans le dérèglement
global du système climatique. Elle entraîne une hausse des émissions de gaz à effet de serre ; détruits, les arbres
ne peuvent plus capter l’eau des sols pour produire la pluie.
Le Monde, aout 2019, « L’Amazonie, bien commun universel »
F Document 6 : pour être efficace, l’action publique pour l’environnement doit articuler différentes
échelles
Les différentes zones géographiques sont fortement indépendantes : la situation sur un territoire donné dépend
non seulement de ce qu’il s’y passe, mais aussi de ce qui se passe ailleurs.
Une dégradation locale de l’environnement, comme la déforestation, peut avoir des conséquences locales en
détruisant l’habitant de certaines espèces animales et végétales mais aussi globales en participant au
réchauffement climatique (les forêts absorbant le CO2). L’action publique pour combattre ces dégradations est
donc tout aussi légitime au niveau du territoire qu’à l’échelle internationale.
Des problèmes locaux ont aussi parfois des origines globales. C’est le cas par exemple, lorsque certaines régions
sont touchées par la multiplication d’évènements climatiques extrêmes, tempêtes ou sècheresses, qui trouve son
origine dans le réchauffement global de la planète.

10
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
Pour être efficace, l’action publique pour l’environnement doit par conséquent articuler différentes échelles, au
niveau local, national, européen et international.
M. Navarro Bled des SES, Hachette 2020
12) Pourquoi peut-on dire que pour être efficace, l’action publique pour l’environnement doit
articuler différentes échelles, au niveau local, national, européen et international ?

F Document 7 - La complémentarité des niveaux d’action publique : le cas des transports

13) Quel est l’objectif des mesures prises à chaque niveau dans le secteur des transports ?
14) Montrez que les moyens employés pour atteindre cet objectif sont divers.
15) Montrez, à partir de l’exemple de la vignette Crit’Air, que l’action publique articule deux
niveaux d’action publique.

11
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

F Exercice 2

Synthèse à compléter page 327

Interdépendance- transversale- échelles -collectivités- territoriales- environnement-pouvoirs publics-


Union européenne- national- individuels

Les actions en faveur de l’environnement menées par les pouvoirs publics s’articulent à différentes
échelles. Si des choix individuels de consommation ont un impact important, des réponses plus larges
doivent aussi être apportées. En France, les collectivités territoriales (communes, départements et
régions) disposent de nombreuses compétences en matière d’aménagement du territoire,
d’infrastructures publiques et de protection des écosystèmes. Au niveau national, l’État agit dans de
nombreux domaines de manière de manière transversale. Plus largement, l’ Union européenne et les
traités internationaux engagent les pays dans une collaboration plus étroite en faveur de
l’environnement ceci dans un contexte de mondialisation et d’interdépendance.

F Vers le bac : Mobiliser ses connaissances


A l’aide d’un exemple, montrez qu’un même problème environnemental peut faire l’objet d’actions
publiques du niveau local au niveau mondial.

12
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
2.2 Les actions sont contraintes par des stratégies de passager clandestin et les inégalités
de développement entre pays

Notion : passager clandestin

F Document 8 : Le difficile respect des accords pour le climat

[Link]

16) A quoi les pays s’étaient-ils engagés lors de la COP21 en novembre 2015 ?
17) Le niveau d’engagement est-il le même pour tous les signataires de l’accord ? Et le respect des
engagements ?
18) Selon vous, pourquoi des pays ne respectent-ils pas leurs engagements ?
Ü Les difficultés de négociation et accords internationaux liés à la préservation de
l’environnement proviennent de la présence des biens communs (révision 1ière et chapitre 1)

F Document 9 : La tragédie des biens communs


Garett Hardin est biologiste. (…) Dans 3The tragedy of commons”, il montre comment l’usage collectifs de terres
communales aboutit, en l’absence de régulation, à la ruine des paysans. Chaque paysan a le droit de faire pâturer
autant de vaches qu’il souhaite sur les terres communales. Individuellement, chaque paysan a donc intérêt à
mettre le plus grand nombre d’animaux possibles sur les prés. Ce faisant, il contribue à ce que peu à peu les terres
soient surchargées de vaches. Ainsi, chaque animal supplémentaire fait baisser le rendement laitier par tête, mais
cette perte se fera aux dépens de l’ensemble des paysans.
On peut bien entendu tirer des conclusions de cette « tragédie ». La 1ière consiste à montrer que ce scénario réfute
les postulats classiques selon lesquels la somme des intérêts individuels conduit à l’intérêt général. En
l’occurrence, la somme des intérêts individuels conduit à la ruine générale.

13
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
On peut ainsi démontrer que cette tragédie illustre comment l’absence de droits de propriété sur les biens
environnementaux empêche la bonne allocation de ressources.
F Document 10 : bien commun et tragédie des biens communs
Les ressources communes (…) ne sont pas excluables : elles sont disponibles gratuitement pour quiconque veut
les utiliser. Les ressources communes sont cependant des biens rivaux : le fait qu’une personne utilise une
ressource commune réduit la capacité des autres personnes à l’utiliser aussi. (…)
Imaginez la vie dans une petite ville médiévale. (…) Au début de notre histoire, les moutons passent beaucoup de
temps à brouter l’herbe du pâturage entourant la ville, appelé Pâturage commun. Aucune famille n’est
propriétaire du terrain. (…) Cette propriété collective fonctionne bien car le terrain st productif. Tant que cette
situation perdure, le Pâturage commun n’est pas un bien rival et laisser pâturer les bêtes gratuitement ne pose
pas de problème. (…) Les années passent, la population de la ville croît ainsi que le nombre de mouton qui paissent
sur Pâturage communs. Davantage de moutons sur un terrain de taille inchangée empêchent la terre de se
régénérer. Le pâturage est tellement sollicité que la terre devient aride. La disparition de l’herbe du Pâturage
commun rend l’élevage impossible et l’industrie lainière de la ville s’effondre. (…) par essence, la Tragédie des
biens communs arrive à cause d’une externalité. Lorsque le troupeau d’une famille pâture sur le terrain commun,
il réduit la qualité de la surface disponible pour d’autres familles. Comme les résidents négligent cette externalité
lorsqu’ils décident de la taille de leur troupeau, le résultat est un nombre trop important de moutons. (…)
L’eau propre et l’air pur sont des ressources au même titre que les pâturages communs et une pollution excessive
est identique à une pâture excessive. La dégradation de l’environnement est la version moderne de la Tragédie
des biens communs
N. Gregory Mankiw, M. Taylor Principes de l’économie, De Boeck 2019

19) Qu’est-ce que la rivalité et l’exclusion par les prix ?


20) Qu’est-ce qu’un bien collectif ?
21) Qu’est-ce qu’un bien commun ?
22) Montrez que les ressources halieutiques et le climat sont des biens communs
* Donner d’autres exemples de biens communs
Ü A reproduire dans le cahier

23) Qu’est-ce que la tragédie des biens communs ?

Ü L’existence des biens communs implique une stratégie de passager clandestin qui explique
en partie la difficulté des négociations internationales

14
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
F Document 11 : Tragédie des communs et passagers clandestins
Non seulement l’essentiel des bénéfices et des efforts de réduction des émissions d’une nation ne se
matérialiseront que dans un horizon temporel inaccessible aux générations présentes, mais en plus ces bénéfices
iront pour l’essentiel à des citoyens d’autres pays. Comme pour le paysan utilisant ces prés banaux pour faire
paître ces animaux t qui ne tient pas compte de l’impact de ses décisions sur le bien-être des autres paysans, le
décideur politique élu par les français n’a pas d’incitation à tenir compte des bénéfices de ses décisions sur les
citoyens d’autres pays, puisqu’ils ne sont pas ses électeurs. Quand les scientifiques estiment qu’une tonne de CO2
émise aujourd’hui en France ou ailleurs génère un dommage actualisé de 50 euros, il s’agit d’un dommage subi
par l’ensemble des citoyens du monde, pas seulement pas les français. (…)
Cette histoire illustre un état de fait dans tous les pays du monde, une version nationale du problème du passager
clandestin. (…) pourquoi m’embêter alors que mon voisin pourrait très bien faire le travail à ma place ? Dans la
version dynamique de cette histoire, attendons plutôt que les autres se mettent à faire des efforts avant de nous
y mettre nous-même. Bien entendu, à l’équilibre, personne ne fait rien et tout le monde perd. Ce dilemme est
renforcé par ce que les économistes appellent le problème des fuites carbones. Imaginons que l’Europe soit seule
au monde à imposer à l’ensemble de ses industries un prix du carbone à la hauteur du défi climatique. Quelles
seraient les conséquences d’une telle situation ? (…) Le pire c’est que ces sacrifices européens n’auront aucun
effet sur le climat (…).
Cette tragédie spatio-temporelle explique pourquoi le citoyen du monde assiste depuis trois décennies à une
course de lenteur dans les négociations internationales sur le climat.
C. Gollier « Le climat après la fin du mois », PUF 2019
24) Rappelez ce qu’est la stratégie de passager clandestin.
25) Montrez qu’en présence de biens communs, les stratégies de passager clandestin rendent
difficile la mise en œuvre d’accords internationaux visant à préserver ces biens.

Ü Ainsi, les négociations internationales sont freinées par les stratégies de passager
clandestin. Elles sont également contraintes par les inégalités de développement

Inégalités de développement : inégalités de niveau de vie et de conditions de vie entre pays développés et
pays en développement.

F Document 12 : La justice climatique internationale


La question de la « justice climatique » est une dimension fondamentale des négociations internationales sur
l’environnement. Les discussions autour de la responsabilité historique des pays du Nord dans le réchauffement
du globe et du partage légitime des efforts à consentir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES)
constituent le principal élément de blocage pour parvenir à un accord. (…)
Le Brésil avant introduit dès 1997 une proposition demandant aux pays développés de réduire les émissions de
GES de 30% d’ici 2020 par rapport à 1990, tandis que les pays en développement seraient dispensés de tout effort
en ce sens tant qu’ils n’auraient pas rattrapé le niveau de développement des premiers (…). Plus récemment, la
Bolivie demandait, au nom de l’équité, à être indemnisée par les pays développés pour les dommages déjà subis
et à venir du changement climatique et pour les contraintes supplémentaires qui allaient peser sur son
développement économique futur (…). Parallèlement, les États-Unis refusaient de ratifier le protocole de Kyoto
(…) du fait du caractère jugé inéquitable de la segmentation entre deux groupes de pays dont l’un est dispensé
d’efforts de maîtrise de ses émissions.
O. Godard « La justice climatique en débat » Les cahiers français, juin 2013
26) Pourquoi peut-on dire que les pays ont une responsabilité différenciée en ce qui concerne le
changement climatique ?
27) Pourquoi certains pays émergents ou en développement demandent-ils à être dispensés
d’effort de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre ?
15
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
28) En quoi les inégalités de développement conduisent-elles à rendre difficile les négociations
internationales ?

Synthèse à compléter page 329

Complétez le texte avec les mots suivants : inégalités de développement- bien commun-
passager clandestin- rivalité- négociations internationales- coûts- non excluabilité.

L’environnement est considéré par les économistes comme un bien commun, c’est-à-dire un
bien qui possède des caractéristiques spécifiques : rivalité et non-excluabilité. Les
négociations internationales liées à sa préservation connaissent ainsi plusieurs difficultés :
certains pays peuvent adopter un comportement de de passager clandestin afin de bénéficier
de l’action des autres, déjà engagés, sans en payer les coûts.
Aussi, tous les pays ne semblent pas avoir la même responsabilité face au dérèglement
climatique, il est donc nécessaire de tenir compte des inégalités de développement.

16
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

3. Quels sont les principaux instruments pour faire face aux externalités
négatives sur l’environnement ?

Notions : lois et réglementation, externalités négatives, taxation, subventions à l’innovation


verte, marché des quotas d’émission.

Comment peut-on lutter contre le réchauffement climatique ? Comment expliquer la surémission des
GES ?
Les pouvoirs publics disposent d’instruments règlementaires et économiques pour modifier le
comportement des agents économiques et internaliser les externalités sur l’environnement. Ces
différents instruments présentent chacun des avantages et des limites (A). Cependant la mise en
œuvre de ces peut se heurter à des dysfonctionnements de l’action publique (B).

Externalités négatives : conséquences négatives de l’action d’un agent économique sur le bien –être des
autres agents sans compensation monétaire. Exemple d’externalités négatives environnementales :
pollution, réchauffement climatique, désertification…

þ Objectifs :
Ce que dit le programme Ü Connaître les principaux instruments dont disposent les pouvoirs
publics pour faire face aux externalités négatives sur
l’environnement : règlementation, marchés des quotas d’émission,
taxation, subvention à l’innovation verte ;
Ü Comprendre que ces différents instruments présentent des avantages
et des limites et que leur mise en œuvre peut se heurter à des
dysfonctionnements de l’action publique
Savoirs Ü Définir externalités négatives, règlementation, marchés des quotas
d’émission, taxation, subvention à l’innovation verte
Savoirs faire F

F Document 8 : La pollution, une externalité


(…) L’économiste suppose en effet que le marché met en relation deux agents : le producteur et
l’acheteur. Le premier cherche à se procurer, grâce à la cession du bien qu’il détient (…) les ressources
qu’il affectera à divers usages : il souhaite donc en tirer le meilleur prix possible ; mais son prix de réserve
– le niveau en deçà duquel il n’acceptera pas de céder le bien qu’il possède – dépend des coûts privés qu’il
a encourus pour produire ou se procurer le bien qu’il ou se procurer le bien qu’il veut vendre. Le second
souhaite acquérir le bien et sa disposition à payer dépend du budget dont il dispose et de l’intensité de la
satisfaction que lui procurera la consommation du bien dont il se porte acquéreur. Il n’y a dans cet
échange, personne d’autre : on suppose que l’usage qui est fait du bien acquis par l’acheteur ne concerne
que lui et n’affecte personne d’autre. Mais est-ce le cas le plus fréquent ? (…) La plupart des activités
économiques et une bonne part des échanges affectent directement ou indirectement des tiers, qui, le
17
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
plus souvent, n’ont pas voix au chapitre : comme l’indiquaient les manuels économiques des années 1960,
c’est la présence des fleurs dans les environs qui permet aux abeilles de produire le miel que l’apiculteur
récolte et vend ; mais, comme le montrent de nombreuses études récentes sur le rôle économique des
abeilles (…) c’est surtout la présence de celles-ci qui permet la production de fruits et légumes. C’est la
présence de la tour Eiffel qui attire à Paris les touristes t procure aux hôteliers, restaurateurs et autres
métiers du tourisme leur clientèle. C’est l’usage du charbon dans les usines et les chaudières qui rendaient,
au 19ième siècle, l’air des villes irrespirables, et l’usage, dans les automobiles, de carburants fossiles qui
pollue celui des villes de ce début du 21ième siècle. La conséquence de la présence de tels « effets
externes » est une « défaillance de marché » : celui-ci ne prend pas en compte de tels effets induits sur
les tiers, qui ne participent pas à l’échange marchand ; or, les décisions de chacun sont prises sur la base
des coûts privés supporté par le décideur et le coût social supporté par l’ensemble de la population. S’il
s’agit d’une externalité positive – les abeilles et les arbres fruitiers, le rendement privé est inférieur au
rendement social - ; dans le cas contraire, la pollution par exemple, le coût privé est inférieur au coût
social.
D’après « Économie de l’environnement et économique écologique », J. Le Cacheux et E. Laurent, A. Colin,
2015
29) Rappelez la distinction entre « coût social » et « coût privé » et entre « rendement social » et
« rendement privé »
30) Rappelez la définition des concepts « d’externalité » et de « défaillance de marché »
31) Montrez que l’usage du charbon dans les usines est un exemple d’externalité négative
32) Pourquoi dit-on que l’activité de l’apiculteur génère une externalité positive pour les
producteurs de fruits et légumes ?
33) Montrez que les externalités constituent des défaillances de marché

Les économistes ont donc étudié les problèmes environnementaux sous l’ange des externalités. En
conceptualisant de cette façon ce problème, ils ont proposé des solutions pour enrayer ces problèmes.
Quelles sont ces solutions ?

18
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
3.1. Les instruments qui reposent sur la contrainte : lois et règlementation

Règlementation : au sens large, toute intervention de l’État visant à corriger des défaillances
et imperfections de marché. Ici on entend par règlementation les outils règlementaires, c’est-
à-dire les normes (règles qui doivent influencer le comportement des agents économiques). Le
non-respect d’une norme est un comportement déviant qui peut faire l’objet d’une sanction
négative (administrative, pénale ou financière.
F Document 9 : Les instruments règlementaires
1- Les instruments règlementaires (…) ne laissent, en principe, aucun choix aux agents à qui ils sont
imposés : celui qui ne respecte pas la règlementation se met en dehors de la loi (…).
En matière de politique environnementale, on (…) distingue traditionnellement 4 types de normes :
Types de normes Principes.
Normes de d’émission et Plafonner la quantité de polluants émise.
de rejets Possibilité d’interdire totalement l’émission de certains polluants
Normes de procédé ou de Obliger à utiliser des technologies spécifiques pour produire ou réduire les
processus émissions polluantes
Normes de produit Imposer des caractéristiques ou des exigences auxquelles doivent répondre
les produits
Normes de qualité Imposer des seuils de polluants à ne pas dépasser dans les milieux récepteurs
de l’environnement (air, eau)
D’après Lahsen Abdelmalki et Patrick Mundler, Économie de l’environnement et du développement
durable, De Boeck, 2010
2- ainsi, du point de vue des entreprises, les règlementations imposent des coûts supplémentaires, ce qui
peut affecter leur compétitivité. Porter et Van Der Lindle (1995) à travers des études de cas, soulignent
(toutefois) que la pollution constitue souvent une perte de ressources et qu’une réduction de la pollution
permettraient une amélioration de la productivité. Ainsi, une règlementation stricte et bien conçue peut
favoriser l’innovation, ce qui permet non seulement d’améliorer la performance environnementale mais
aussi de couvrir partiellement ou totalement les coûts de la règlementation.
Linh Tran-Dieu et Marie-France Vernier « La prévention des déchets : une analyse empirique des
déterminants du comportement des entreprises », Revue d’économie industrielle, De Boeck Supérieur,
2017.

34) La règlementation agit-elle par l’incitation ou la contrainte ?

35) La règlementation agit-elle sur les quantités ou sur les prix ?

36) Classez les normes suivantes selon leur type :


a. Norme Euro 6 qui limite les rejets de CO2 des moteurs thermiques
b. Seuil d’alerte pour la présence de particule fine dans l’air (80 microgr/m3)
c. Interdiction de gaz CFC dans les bombes aérosols
d. Obligation du pot d’échappement catalytique
37) La règlementation environnementale est-elle néfaste pour les entreprises ?

19
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

Ü A noter dans le cahier


Types de normes Principes.
Normes de d’émission et Fixent une quantité maximale d’émission de produits polluants (pour un type
de rejets d’activité ou pour des pollueurs nommément désignés). Par exemple, la Commission
européenne fixe un seuil minimal d’émission de CO2 des véhicules automobiles.
Remarque : la norme peut être évolutive et inciter à l’innovation : en annonçant à
l’avance le durcissement progressif de la norme d’efficacité énergétique des
véhicules, on vise à obtenir chez les producteurs des progrès technologiques
conduisant à consommer moins de carburant et à émettre moins de CO2

Normes de procédé ou de Elles cherchent à imposer l’utilisation de technologies moins polluantes afin de
processus produire ‘plus proprement ».
Par exemple, le chlorofluorocarbone a été interdit alors qu’ils étaient largement
utilisés dans les circuits de refroidissement des réfrigérateurs car ils ont été identifiés
comme responsable du « trou de la couche d’ozone »
Normes de produit Imposent certaines caractéristiques aux produits.
Par exemple, la règlementation a imposé que toutes les automobiles soient équipées
de pots d’échappement catalytiques, elle a interdit le plomb dans l’essence
Normes de qualité De l’air, de l’eau qui doivent faire l’objet de contrôles et de mesures appropriées en
cas de dépassement de la norme.
Par exemple, en cas de pollution à l’ozone (qualité de l’air insuffisante) on peut
limiter la circulation automobile (circulation alternée) ou limiter la vitesse
* Remarque : ces types de normes ne sont pas à retenir ; il faut juste retenir la diversité des normes
existantes et retenir quelques exemples

F Document 10 : La règlementation, avantages et limites


L’arme règlementaire est généralement celle que préfèrent les pouvoirs publics, car elle semble s’attaquer
directement à la cause du problème pour en interdire ou en limiter l’utilisation ; la règlementation est, en
outre, souvent perçue comme n’ayant pas de coûts économiques directs. Il est indéniable que
l’intervention règlementaire peut être efficace : interdire l’usage de certaines substances, bannir certains
composants, imposer des limites quantitatives à certains rejets ou certaines émissions polluantes, toutes
ces modalités sont couramment mobilisées par les autorités, aux différents échelons, pour lutter contre
des nuisances ou dans le cadre de politiques sanitaires. L’interdiction de l’essence au plomb, de l’amiante,
du bisphénol dans les biberons, sont autant d’exemples de mesures relevant de la règlementation. Dans
l’Union Européenne, c’est également la démarche adoptée pour les substances chimiques toxiques (…)
qui fait obligation aux industriels de faire la preuve de l’innocuité des substances qu’ils mettent sur le
marché ou qu’ils utilisent dans la fabrication de leurs produits ; dans le cas contraire, la commercialisation
est interdite ou sévèrement règlementée. Le domaine des produits pharmaceutiques offre également de
nombreux exemples de ce mode d’intervention publique, qui offre l’immense avantage de mettre les
produits et substances visés hors d’état de nuire.
En outre, du point de vue des incitations, les interdictions et normes environnementales peuvent produire
des effets durablement bénéfiques (…). En effet, dès lors que l’usage de certaines substances est interdit,
que des limites sont imposées à certains rejets, (…) la norme peut faire naître une incitation à l’innovation,
pour réduire les rejets visés. On peut dans ce registre cité le cas des pots d’échappement catalytiques,
développés pour réduire certaines émissions des moteurs au gazole, la réduction de la consommation de
carburant des véhicules automobiles en réponse à l’abaissement des quantités maximales de gaz à effet
de serre émis. (…)
Toutefois, la règlementation présente l’inconvénient (…), du point de vue économique, de l’uniformité
imposée : or, la réduction des quantités de rejets de polluants est, à l’évidence, plus ou moins coûteuses
20
Remarque : Néanmoins le risque est que l’incitation à l’innovation se limite aux objectifs fixés par les
normes imposées.

Q5 : Quelles sont les limites de la règlementation ?


CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
La règlementation s’impose à tous les agents économiques de manière « uniforme », c’est-à-dire quel
selon
que soitles cassecteur
leur (techniques utilisées
d’activité, et procédés
leur profit, la naturededefabrication, environnement
leur production, leur revenu… immédiat
Autrement etc.).
dit,Dès lors, on
montre
elle qu’il
ne tient pasest presque
compte, selontoujours préférable
les situations, auou
de la plus sens degrande
moins plus efficient,
difficulté àou encore
réduire moins coûteux de
l’utilisation
recourir
de certainesà des mécanismes
substances décentralisés
et ou supprimer fondés
l’usage sur dessubstances.
de certaines prix à chaque fois que cela apparaît possible et
que
De l’information
même, des agents
la règlementation économiques
induit des coûts de estsurveillance
[Link] de contrôle des comportements des
D’après
agents « Économie de l’environnement et économique écologique », J. Le Cacheux et E. Laurent, A. Colin,
économiques.
2015
À l’oral : Quelle peut être la conséquence de la norme imposant aux constructeurs automobiles de
38) Rappelez la définition d’une invention
produire des véhicules consommant moins de carburant ?
39) Quelles sont les conditions d’une règlementation efficace ?
40) Quels
Cela abaisse sont
le coût les de
privé avantages dedes
l’utilisation la règlementation
véhicules (baisse?de la quantité de carburant nécessaire
41) Quelles
pour parcourir sontoules
autant limites
plus de km) decelaqui
règlementation ?
peut paradoxalement inciter les agents économiques à
rouler davantage => effet pervers.

Cela montre que la réglementation doit être complétée par d’autres instruments.

Tableau récapitulatif (demander aux élèves de le faire).

Avantages de la règlementation Limites de la règlementation

- Permet de réduire et ou d’éradiquer les - S’impose de manière uniforme aux


effets délétères de certaines pollutions agents économiques, ce qui peut poser
jugées particulièrement dangereuses des problèmes de justice sociale
pour la santé et l’environnement. - Peut avoir des effets pervers => cas de la
Autrement dit, elle permet de réduire et norme imposant aux producteurs de
ou supprimer les externalités négatives produire des véhicules moins
- PEUT inciter les agents économiques à gourmands en carburant.
innover - Coûts plus ou moins important de
surveillance et de contrôle

Q6 : Commentez la phrase soulignée

Dans certains cas, face aux limites de la règlementation, le recours à d’autres instruments de la
politique climatique fondés sur le mécanisme des prix doit être privilégié car ils peuvent être plus
efficients, c’est-à-dire qu’ils peuvent permettre d’atteindre les objectifs fixés en matière de
préservation de l’environnement à moindre coûts.

Transition à l’oral : Quel(s) instruments peuvent venir compléter la règlementation en incitant les
agents économiques à adopter un comportement plus respectueux de l’environnement ?

17

21
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
3.2 Les instruments qui reposent sur l’incitation : taxation, subvention à l’innovation
verte et marché des quotas d’émission

Cette partie aborde les mesures incitatives mobilisées par les pouvoirs publics : la taxation, les subventions
et le marché des quotas d’émissions. Les mesures incitatives recouvrent les différents moyens d’encourager
les agents économiques à orienter leurs consommations, leurs investissements ou leurs productions dans
une direction moins émettrice de GES. De même que dans la séquence précédente, il s’agit d’en présenter
les avantages et les limites en matière d’efficacité à agir sur le changement climatique.

F Taxation et subvention
F Des exemples :
F [Link]
F [Link]

F RQ : la taxation environnementale revient à Arthur Cecil Pigou, un économiste britannique, qui en


décrivit le principe dès 1920 : comme le marché ne donne aucune valeur aux biens environnementaux
« gratuits » d’accès et communs à tous, tels que l’air, l‘eau ou le vent, il convient que le gouvernement
taxe leur usage pour les protéger d’une surexploitation.

F Document 11 : Taxation et subvention


1 – les économistes ont montré que lorsque le coût social d’une activité était supérieur à son coût privé
en raison de la présence d’externalité négative, il convient de taxer à hauteur de la différence entre ces
deux coûts. C’est le principe du pollueur payeur. A l’inverse, en cas de rendement social supérieur au
rendement privé, il convient plutôt de subventionner l’activité. Ainsi en est-il du bonus/malus appliqué
aux véhicules automobiles vendus en France et cela en fonction de leurs émissions de gaz à effet de serre/
par ces taxes/ subventions, les incitations économiques privées peuvent être modifiées.
D’après « Économie, sociologie et histoire du monde contemporain » sous la direction d’Alain Beitone,
Armand Colin, 2018
2- La fiscalité écologique2souffre aussi de quelques faiblesses, notamment parce qu’on connaît mal
l’ampleur des réactions des producteurs et des consommateurs de prix et ou de coûts – incertitude sur la
valeur des élasticités – et que les taxes sont susceptibles d’avoir des effets sur la compétitivité externe
(compétitivité prix) des producteurs nationaux et sur le pouvoir ‘achat des consommateurs : mais est-ce
là une raison suffisante pour s’en priver ? (…) Dans les cas les mieux documentés – comme la
consommation des carburants fossiles – sur lesquels la taxation est pratiqué depuis plusieurs décennies
(…) les estimations disponibles montrent l’efficacité des signaux de prix : ainsi, une étude menée sur la
France établit-elle clairement la corrélation inverse entre le prix relatif du gazole, depuis longtemps
beaucoup moins taxé que l’essence, et la part du parc automobile français que représentent les véhicules
diesel qui a fortement progressé depuis les années 1990.
D’après « Économie de l’environnement et économique écologique », J. Le Cacheux et E. Laurent, A. Colin,
2015
42) (Oral) qu’est-ce qu’une corrélation ?
43) Définir « internalisation des externalités ».

2
C’est l’ensemble des mesures fiscales (impôts, taxes) qui ont pour but d’inciter les agents à mooins polluer, à préserver
l’environnement
22
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
44) En cas d’externalité négative comment doit être fixé le montant de la taxe ? Quelle est la
conséquence de cette taxation ?

45) Qu’est-ce que le principe du pollueur-payeur ?


46) En cas d’externalité positive, comment doit-être fixé le montant de la subvention ?
47) Proposez une définition de taxation/ subvention. Sur quoi repose-t-elle ?
48) Quels sont les avantages du système de taxe et de subventions ?
49) Quelles sont les limites du système de taxe et de subventions ?

Subvention à l’innovation verte : Subvention des pouvoirs publics aux producteurs dont les
innovations contribuent à préserver l’environnement ou à lutter contre le réchauffement
climatique.

Taxation : instauration par les pouvoirs publics d’une taxe sur les émissions polluantes ou sur
un flux les représentant (carburant par exemple). La taxe augmente les coûts des pollueurs et
les incite à tenir compte des externalités qu’ils génèrent. Elle repose sur le principe du pollueur-
payeur, la régulation du niveau de pollution se fait donc par les prix.

23
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
Tableau récapitulatif (demander aux élèves de le faire)

Avantages des taxes et subventions Limites des taxes et subventions

- Internalise les externalités ce qui - Peut à court terme réduire la


conduit à une modification des compétitivité prix des entreprises ce qui
incitations des AE via la modification des peut favoriser le dumping
signaux envoyés par les prix environnemental si la fiscalité
- Contrôle le coût de la pollution écologique n’est pas harmonisée entre
- Génère des recettes publiques qui les Etats => « fuite de carbone »
peuvent être allouées au financement - Evaluer le montant d’une taxe et d’une
de projets visant à protéger subvention
l’environnement - Peur réduire à court terme le pouvoir
d’achat des consommateurs et pose des
problèmes redistributifs.

À l’oral : A l’aide d’un exemple, montrez que la taxation/subvention est un instrument des politiques
climatiques qui permet de compléter la réglementation.

Par exemple, nous avons vu que la norme imposant aux constructeurs automobiles de produire des
véhicules consommant moins de carburant pouvait paradoxalement inciter les AE à utiliser davantage
2)leur
Le marché
vé[Link] quotas d’émission
En augmentant le prix relatif du carburant, la taxe désincite « toutes choses égales par
ailleurs » les AE à utiliser plus fréquemment leur véhicule. La conjugaison de ces deux instruments est
Marché de quotas d’émission : un marché de quotas d’émission est un marché où s’échangent
donc efficiente pour atteindre les objectifs visés par la politique climatique.
(s’achètent et se vendent) des droits à polluer, des quotas d’émission de gaz à effet de serre. Il
consiste à attribuer
Transition un prix
à l’oral : Quel aux
autre droits à émettre
instrument peut êtredes gazpar
utilisé à effet de serrepublics
les pouvoirs (GES) pour
afin d’inciter des
lutter contre
acteurs – États ou entreprises –à réduire leurs propres émissions en échangeant entre
le réchauffement climatique ? Comment inciter les AE à adopter un comportement respectueux de eux des
«l’environnement
droits à polluersans
». passer par les taxes et ou les subventions ?
Document 8 : Le marché des quotas

« L’autre manière de modifier les incitations privées, (…) consiste à modifier les droits de propriété
privés pour y intégrer les sources des émissions polluantes : il s’agit alors, par exemple, comme l’ont
expérimenté les Etats-Unis depuis la fin des années 1970 pour le dioxyde de soufre (SO2), ou encore
comme on l’a fait en Europe depuis 2005 pour le dioxyde de carbone (CO2), de créer des « quotas
d’émission », attribués selon une certaine procédure, aux agents à l’origine des effets que l’on cherche
à combattre, et d’autoriser les échanges de ces quotas sur un marché. Généralement reconnue comme
un mode de régulation efficace, la création de « quotas d’émission » se heurte toutefois à plusieurs
difficultés qui rendent sa généralisation problématique : d’une part, un tel mode de régulation suppose
une capacité de contrôle importante, pour vérifier que les agents privés se conforment bien aux droits
[Link]
qu’ils ont acquis, ce qui rend la technique difficilement généralisable aux consommateurs privés, par
exemple ; d’autres part les mécanismes marchands sont susceptibles, dans certaines circonstances,
d’emballements spéculatifs1 qui brouillent, de temps à autre les signaux de prix. En outre, le recours
aux quotas négociables suppose, pour être vraiment efficace, que les autorités émettent une quantité
totale de quotas suffisamment faible pour que les objectifs globaux de réduction d’émission soient
respectés et que les quantités offertes de quotas ne soient pas supérieures aux quantités demandées,
comme le montre l’expérience récente du marché européen du carbone. (…)
La solution de création de marché, présente l’avantage économique de permettre aux pouvoirs publics
de fixer le volume global des émissions polluantes autorisées, et de laisser à la confrontation des
quantités offertes avec les quantités demandées émanant des divers émetteurs le soin de déterminer
le prix donc le coût encouru par une unité d’émission polluante. Que la distribution initiale des quotas

24 21
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

F Document 12 : Le système d’échanges de quotas d’émissions de CO2

50) Qu’est-ce qu’un quota d’émission ?

51) Quel est l’objectif du marché de quota ?


52) Sur quoi repose le marché de quotas d’émission ?
53) Quelle est la condition de l’efficacité du marché des quotas d’émission ? pourquoi ?
54) Quels sont les résultats attendus par la Chine de l’instauration d’un marché du Carbone ?
55) Montrez que, comme la taxation, ce système s’inspire de la règle pollueur-payeur.
56) Quels choix ont les entreprises qui dépasseraient, année après année, leurs quotas
d’émissions ?
57) Quel avantage ont les entreprises qui n’atteignent pas leurs quotas ?
-> L’avantage d'un marché de quotas d'émission est d'inciter les entreprises à introduire des innovations de
procédé pour diminuer la pollution et avoir moins de droits à acheter.

25
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

F Document 13 : Les effets d’un surplus de quotas d’émission sur le marché européen

58) Comment a évolué le prix de la tonne de CO2 sur le marché européen d’échanges de quotas
d’émission entre 2008 et 2013 ? Utilisez un taux de variation.
Le prix de la tonne de CO2 est passé de 22 euros à 4 euros soit une diminution de 82%
59) Pourquoi le prix du carbone a-t-il ainsi diminué ?
Le prix a diminué car les permis distribués étaient trop nombreux sur le marché par rapport à la
demande. En effet, la demande de permis a diminué en raison de la crise de 2008, du
développement des énergies renouvelables et de l’apparition des crédit « Kyoto »
60) Quels ont été les effets de la réforme du marché du quotas ? justifiez à l’aide de données.
La réforme du marché en diminuant le nombre de permis, a entraîné une augmentation du prix
de la tonne de CO2 : il a été multiplié par 5 entre 2017 et 2019
61) Quels sont les avantages et les inconvénients du marchés des quotas d’émission ?
Les avantages :
Fixer le volume total c’est-à-dire le plafond des émissions polluantes
Ce système incite via les mécanismes du marché à réduire les émissions polluantes è
internalisation des externalités
Permet la répartition décentralisée de l’effort de réduction des émissions polluantes. En effet, il
n’y a pas d’autorité centrale qui répartit cet effort de réduction des émissions polluantes. Elle est
réalisée par le marché à travers la confrontation des quantités offertes et demandées de quotas
qui aboutit à un prix. Elle dépend dont des comportements individuels
Politique de « cap and trade » politique qui consiste à fixer un plafond et à laisser le marché la
répartition de l’effort
Les limites :
Il implique des coûts de surveillance (vérifier que les agents économiques ne vendent pas des
quotas déjà utiliser)
Les signaux envoyer par les prix peuvent être brouillés par des logiques spéculatives

26
durable-94882.

Remarque à l’oral : Cela montre qu’il faut mettre en place des institutions marchandes susceptibles
de permettre aux marchés de remplir la fonction et donc les objectifs qu’on leur attribue.
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
Tableau récapitulatif :

Avantage du marché des quotas d’émission Limite du marché des quotas d’émission

- Contrôler le volume total des émissions - Coûts de surveillance


de polluants - Les signaux envoyés par les prix peuvent
- Incitation à la réduction des émissions être brouillés par des logiques
de polluants via les mécanismes de spéculatives
marché => internalisation des
externalités
- Répartition décentralisée de l’effort de
réduction

Schéma
Q7 : Qu’est-ce récapitulatif
qui distingue :
l’instrument réglementaire des instruments de la taxation et du marché
des quotas ?
Reposant sur
Ce qui distingue la règlementation de la taxation et du marché des quotas d’émissions, c’est que
l’instrument réglementaire repose sur la contrainte alors que les deux autres instruments des
La contrainte La règlementation
politiques climatiques que sont la taxation et le marché des quotas reposent sur les incitations.
Instruments des
politiques climatiques
Les incitations La taxation/ la
Subvention
24
Le marché des quotas

Ces trois instruments sont complémentaires, c’est-à-dire qu’étant donné leurs avantages et leurs
limites respectifs, ils peuvent être combinés de manière lutter contre le réchauffement climatique.
Remplir le document de synthèse sur les politiques climatiques
Synthèse partie 2 :
ème
Vers le bac – 32) partie
Les d’EC instruments des politiques climatiques (documents 5 à 8)
principaux
Sujet : Présentez les objectifs et les principales limites du marché du carbone.
La surémission des gaz à effet de serre (GES) a été analysée par les économistes comme étant le
résultat de défaillances de marché, c’est-à-dire de situations dans lesquelles la recherche de l’intérêt
personnel
Les pouvoirs ne conduit
publics pas au
ont donc bien-être
quatre général. privilégiés pour inciter les agents économiques à
instruments
lutter contre En effet, la surémission
la pollution de GES à l’origine
: la réglementation, du réchauffement
la taxe, les subventions climatique a été analysée
et le marché de quotas sousd’émission-
l’angle des
externalités. Dans le cas d’une externalité négative, l’agent économique ne prend
chacun des systèmes reposant sur un fonctionnement particulier. Ces instruments ne sont pas équivalents pas en compte dans
ses choix
certains se révèlent de adaptés
plus productionqueetd’autres
ou de consommation le coût socialCependant,
selon les circonstances. engendré parlason
miseactivité.
en œuvreÀ l’inverse,
de ses
dans le cas d’une externalité positive, c’est le rendement
instruments peut se heurter à des dysfonctionnements de l’action publique. social qui n’est pas pris en compte. Dans ces
deux cas, les agents économiques vont adopter un comportement non compatible avec le bien-être
collectif.

Dans cette perspective, quelle politique climatique mettre en œuvre ? (Documents 6 à 8)

Deux catégories d’instruments permettent de lutter contre le réchauffement climatique :

- La réglementation. Celle-ci repose sur l’autorité hiérarchique des pouvoirs publics qui peuvent
contraindre les agents économiques à adopter ou pas tel ou tel comportement.
- Des instruments ayant recours à un signal-prix, pour inciter les agents à modifier leurs
comportements. Il s’agit de la taxation et de la subvention ainsi que et du marché des quotas
d’émission. Dans ces deux cas, il s’agit d’internaliser l’externalité.
Chacun de ces instruments présente des avantages et des limites.

La réglementation (Document 6) 27
La règlementation permet, via les interdictions et les limitations qu’elle impose, de réduire et ou
d’éradiquer les effets délétères de certaines substances et rejets polluants sur l’environnement et la
santé. Elle est donc indispensable pour les pollutions jugées particulièrement dangereuses pour la
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?
3.3AuLa mise
regard de en
leursœuvre deetces
avantages instruments
inconvénients peut
respectifs, ces se heurtersont
instruments à des
donc dysfonctionnements de
complémentaires pour réduire
l’action publique
les externalités négatives sur l’environnement et favoriser les externalités positives.

Les dysfonctionnements de l’action publique pour l’environnement se manifestent à l’échelle


mondiale
3) en raison
AGIR POUR de l’absence
L’ENVIRONNEMENT deDIFFICULTES
: LES réelle gouvernance. A l’échelle nationale, l’action publique se
heurte à des problèmes de mise en œuvre et produit des effets parfois contradictoires sur
l’environnement.
A. La mise en œuvre des mesures se heurte à des dysfonctionnements de l’action publique

F Document 14: les dysfonctionnements de l’action publique – l’exemple du tourisme


Document 9 : Les dysfonctionnements de l’action publique : L’exemple du tourisme

L’objectif de faire de la France le leader mondial du tourisme avec 100 millions de visiteurs annuels est affirmé sans
intégrer une réflexion prospective1 […]. La politique de développement du tourisme ne pose […] de manière claire la
question de la soutenabilité d’une hausse significative de la fréquentation touristique dans les zones soumises à un
fort risque de stress hydrique2.
Enfin se pose la question plus globale de la cohérence entre la politique de développement du tourisme et les
objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dès lors, en effet, que la France entend développer le
tourisme lointain en provenance notamment des pays émergents, comme la Chine et l’Inde, cela se traduira par une
hausse forte des émissions de GES liées aux trajets en avion. On peut bien sûr dire, que si les tourismes
extracommunautaires ne viennent pas en France, ils iront ailleurs en Europe [….]. Il n’empêche : il existe bien une
contradiction entre deux politiques publiques.
Source : Extrait du rapport d’information n°511 (2018-2019) de Ronan Dantec et Jean-Yves Roux, fait au nom de la
délégation sénatoriale à la prospective, déposé le 16 mai 2019 sur « L’adaptation de la France aux dérèglements
climatiques à l’horizon 2050 ».
1 Prospective : Recherche visant à prévoir les effets économiques de certaines mesures à long terme.
2 Stress Hydrique : Situation dans laquelle la consommation d’eau dépasse les ressources disponibles.

62) La France accueilli 30,1 millions de touristes internationaux en 1980. Quelle évolution du
tourisme est attendu si l’objectif de 100 millions est atteint ?
63) Quels problèmes la hausse de la fréquentation touristique peut-elle provoquer dans les zones
soumises à un stress hydrique ?
64) Expliquez la dernière phrase.

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CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

29
CHAPITRE 2 : QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

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Common questions

Alimenté par l’IA

Les acteurs tels que les pouvoirs publics, les ONG, les entreprises, et les mouvements citoyens jouent un rôle crucial en qualifiant une situation comme inacceptable, en établissant des accusations, et en proposant des solutions . Les pouvoirs publics intègrent ensuite ce problème à l'agenda politique, souvent influencés par des fenêtres d'opportunités et par des rapports accablants comme ceux du GIEC qui incitent une action publique . L'interaction et parfois le conflit entre ces acteurs aboutissent à la mise en place de politiques publiques .

Les experts, comme ceux du GIEC, fournissent des données scientifiques et des rapports qui établissent la gravité des problèmes environnementaux, influençant ainsi l'opinion publique et les décideurs politiques . Les ONG militent activement pour la reconnaissance des problèmes en organisant des campagnes et des débats publics, poussant ainsi à l'inscription de ces problèmes à l'agenda politique et à la mise en œuvre de politiques adéquates .

Le marché des quotas offre une flexibilité et permet de contrôler le volume total des émissions par un mécanisme de marché, incitant les agents à réduire les émissions à moindre coût via des échanges de quotas . Cette méthode décentralisée est souvent plus efficace car elle s'appuie sur des incitations économiques plutôt que sur des interdictions directes. Cependant, elle nécessite une capacité de contrôle significative et peut être perturbée par des spéculations .

Les dysfonctionnements de l'action publique proviennent de la complexité de coordonner entre divers acteurs aux intérêts divergents, comme les entreprises et les ONG, et des difficultés à appliquer et surveiller efficacement les politiques environnementales. Ces dysfonctionnements peuvent apparaître sous la forme de politiques inefficaces, d'effets pervers ou de manque de conformité aux règles établies .

La réglementation impose des restrictions qui peuvent efficacement réduire ou éradiquer des pollutions dangereuses pour la santé et l'environnement . Elle incite aussi à l'innovation mais pose des problèmes de justice sociale et peut générer des coûts de surveillance. De plus, elle peut entraîner des effets pervers, comme l'incitation à la surutilisation de véhicules moins gourmands en carburant .

Les fenêtres d'opportunités correspondent à des moments favorables où des problèmes publics, sous l'effet de facteurs exogènes comme des rapports alarmants ou des événements médiatiques, parviennent plus facilement à capter l'attention des décideurs politiques. Par exemple, les rapports du GIEC sur le changement climatique créent un climat propice à la mobilisation politique pour le réchauffement climatique .

Le principe du 'pollueur-payeur' est intégré dans la taxation environnementale en augmentant les coûts pour les pollueurs afin qu'ils prennent en compte les externalités négatives qu'ils génèrent. L'objectif principal est d'inciter à la réduction des émissions polluantes en modifiant les signaux envoyés par les prix et en générant des recettes publiques pour financer des projets environnementaux .

Les conflits émergent principalement entre acteurs ayant des intérêts divergents, comme les entreprises et les ONG. Par exemple, les entreprises peuvent s'opposer à une réglementation stricte qui affecterait leurs profits tandis que les ONG se battent pour des mesures environnementales rigoureuses. Ces conflits affectent le processus en ralentissant la mise en place de politiques publiques et parfois en détournant le problème de son objectif initial .

Ces instruments sont efficaces car ils internalisent les externalités et modifient les incitations des agents économiques par un signal-prix . La taxation impose un coût aux pollueurs, les incitant à réduire les émissions, tandis que les subventions à l'innovation verte encouragent des comportements responsables. Toutefois, elles peuvent réduire la compétitivité prix et poser des problèmes de redistribution, limitant leur efficacité .

La principale différence réside dans la nature des mesures : la réglementation repose sur la contrainte et l'application de règles fixes aux agents économiques, tandis que les instruments basés sur le prix, comme les taxes et les quotas, reposent sur l'incitation pour modifier le comportement des agents économiques en internalisant les externalités par le biais du signal-prix .

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