Primitive
Primitive
Calculs de primitives
1.1 Définitions
Définition 1.1.1 Soit I un intervalle de R et f : I −→ R une fonction. On appelle primitive de f , toute
fonction F définie sur I telle que
❶ F est dérivable sur I
❷ Pour tout x ∈ I, F 0 (x) = f (x).
x2
Exemple 1.1.1 Si f (x) = x, alors F (x) = est une primitive de f sur R. Mais, pour tout réel x, la
2
fonction G(x) = F (x) + cte est aussi une primitive de f .
Proposition 1.1.1 Si F est une primitive de f , alors toute primitive de f est de type
G(x) = F (x) + cte , pour tout x ∈ I.
Z
Notation 1.1 On note alors f (x)dx = F (x) + cte .
Z
Remarque 1.1.1 Soit f une fonction dérivable. Alors f 0 (x)dx = f (x) + cte . On en déduit les primi-
tives usuelles suivantes :
xn+1
Z
n
❶ x dx = + cte (n 6= −1).
Z n + 1
dx
❷ = ln |x| + cte .
Z x
❸ cosh(x)dx = sinh(x) + cte .
Z
❹ sinh(x)dx = cosh(x) + cte .
2 STIC
√
Z
dx
❺ √ = x + cte .
Z 2 x
dx
❻ = tan(x) + cte .
Z cos2 (x)
dx
❼ = tanh(x) + cte .
Z cosh2 (x)
dx
❽ = arctan(x) + cte .
Z 1 + x2
dx
❾ √ = arcsin(x) + cte .
Z 1 − x2
dx
❿ −√ = arccos(x) + cte .
1 − x2
Théorème 1.1.1 (Existence)
Si f une fonction continue sur un intervalle I, alors f admet une primitive sur cet intervalle.
Exemple 1.1.2 Les fonctions x 7−→ ex , x 7−→ cos(x) et x 7−→ sin(x) sont continues sur R, donc elles
admettent des primitives sur R.
Exemple 1.2.1
Z Z Z Z
5ex − 4x2 + x dx = 5 ex dx − 4 x2 dx +
xdx
4 1
= 5ex − x3 + x2 + cte .
3 2
Exemple 1.2.2Z
❶ Calculer xex dx.
On pose
u0 (x) = 1
u(x) = x
=⇒
v 0 (x) = ex v(x) = ex .
1.2. Calcul de primitives 3
Alors
Z
xex dx = xex − ex + cte .
Z
❷ Calculer ln(x)dx.
Posons
u0 (x) = x1
u(x) = ln(x)
=⇒
v 0 (x) = 1 v(x) = x.
Donc
Z
ln(x)dx = x ln(x) − x + cte .
• 1er cas : P (x) cos(αx), P (x) sin(αx), P (x)eαx , eαx cos(βx), eαx sin(βx)
avec α,β ∈ R et P est un polynôme.
• 2ème cas : f (x) arccos(x), f (x) arcsin(x), f (x) arctan(x), f (x) arccos2 (x),
f (x) arcsin2 (x), f (x) arctan2 (x) avec f une fonction admet une primitive.
Proposition 1.2.2 Soit f : I −→ R une fonction continue et u : J −→ R une fonction de classe C 1 telle
que u(J) ⊆ I. Alors
Z Z
f (u(x))u0 (x)dx = f (t)dt.
Exemple 1.2.3
❶ Soit f (x) = cos(x) sin2 (x). On pose t = sin(x), alors dt = cos(x)dx et
Z Z
1 3 1
f (x)dx = t2 dt = t + cte = sin3 (x) + cte .
3 3
1 dx
❷ Soit f (x) = . On pose t = ln(x), alors dt = et on a
x + x ln2 (x) x
Z Z
dt
f (x)dx = = arctan(t) + cte = arctan(ln(x)) + cte .
1 + t2
f F
n+1
u (x)
u0 (x)un (x) + cte
n+1
u0 (x)
ln |u(x)| + cte
u(x)
u0 (x) p
p u(x) + cte
2 u(x)
u0 (x)
tan(u(x)) + cte
cos2 (u(x))
u0 (x)
tanh(u(x)) + cte
cosh2 (u(x))
u0 (x)
arctan(u(x)) + cte
1 + u2 (x)
u0 (x)
p arcsin(u(x)) + cte
1 − u2 (x)
Application
(ax + b)n+1
Z
❶ (ax + b)n dx = + cte (n 6= −1).
a(n + 1)
Z
1 1 1
❷ exp dx = − exp + cte .
x2 x x
ex
Z
❸ dx = ln(1 + ex ) + cte .
1 + ex
Z
2 2
❹ sin(2x)esin (x) dx = esin (x) + cte .
Z
dx
❺ = ln | ln(x)| + cte .
x ln(x)
Z
sin(ln(x))
❻ dx = − cos(ln(x)) + cte .
x
Z
dx
❼ q = arcsin(ln(x)) + cte .
2
x 1 − ln (x)
1.2. Calcul de primitives 5
1 1 1 1
1.2.4 Primitives de x 7→ , x 7→ 2 , x 7→ √ et x 7→ √
a2 +x 2 a −x 2 2
a −x 2 a + x2
2
avec a > 0 et a 6= 1
☛ En effectuant le changement de variable x = at, alors dx = adt.
On a donc
Z Z
dx 1 x dx 1 a+x
= arctan + cte ; = ln + cte
a2 + x2 a a a2 − x2 2a a−x
Z Z
dx x dx p
√ = arcsin + cte ; √ = ln x + a2 + x2 + cte .
a2 − x2 a a2 + x2
Application
❶
Z Z
dx 1 dx
=
2x2 + 8 2 x2 + 4
1 x
= arctan + cte .
4 2
❷
Z Z
dx dx
√ = √
9 − x2 32
− x2
x
= arcsin + cte .
3
❷
Z Z
5
cos (x)dx = (1 − t2 )2 dt
2 1
= t − t3 + t5 + cte
3 5
2 1
= sin(x) − sin3 (x) + sin5 (x) + cte .
3 5
6 STIC
2dt 1 − t2 2t
dx = , cos(x) = et sin(x) = .
1 + t2 1 + t2 1 + t2
1 x
Exemple 1.2.5 Soit f (x) = . On pose t = tan , on aura
sin(x) 2
1 + t2 2dt
Z Z
f (x)dx = .
2t 1 + t2
= ln |t| + cte
x
= ln tan + cte .
2
Cas particulier : Règles de Bioche.
P (cos(x), sin(x))
On pose f (x) = .
Q(cos(x), sin(x))
• 1er cas : si f (−x) = −f (x), alors faire le changement de variable t = cos(x).
• 2ème cas : si f (π − x) = −f (x), alors faire le changement de variable t = sin(x).
• 3ème cas : si f (π + x) = −f (x), alors faire le changement de variable t = tan(x).
Exemple 1.2.6 Soit f (x) = (1 + sin(x)) tan(x). On a f (π − x) = −f (x), on pose alors t = sin(x).
Donc
Z Z
tdt
f (x)dx = (1 + t).
1 − t2
Z
1
= − 1 dt
1−t
= −t − ln |1 − t| + cte
= − sin(x) − ln |1 − sin(x)| + cte .
1
sin(αx) cos(βx) = (sin((α + β)x) + sin((α − β)x))
2
1
cos(αx) cos(βx) = (cos((α + β)x) + cos((α − β)x))
2
1
sin(αx) sin(βx) = (cos((α − β)x) − sin((α + β)x)) .
2
Exemple 1.2.7 On a
x x x
1 7x
sin cos = sin + sin .
3 4 2 12 12
Donc Z
x x 6 7x x
sin cos dx = − cos − 6 cos + cte .
3 4 7 12 12
1.2. Calcul de primitives 7
1
1.2.9 Primitives de x 7→ avec a ∈ R∗ , b et c ∈ R
ax2 + bx + c
Pour cela, on utilise la forme canonique
2 !
2 b ∆
ax + bx + c = a x+ − 2 avec ∆ = b2 − 4ac.
2a 4a
b
Trois cas à étudier selon le signe de ∆. On pose α =
2a
• 1er cas : si ∆ > 0, alors
√
x+α−β
Z
dx 1 ∆
= ln avec β = .
ax2 + bx + c 2aβ x+α+β 2a
Exemple 1.2.9
x 2x + 2 1
❶ On a = − , alors
x2 + 2x + 2 2(x2 + 2x + 2) x2 + 2x + 2
Z
x 1
2
dx = ln |x2 + 2x + 2| − arctan(x + 1) + cte .
x + 2x + 2 2
x−1 2x + 2 2
❷ On a = − , donc
x2 + 2x + 1 2(x2 + 2x + 1) x2 + 2x + 1
x−1
Z
1 2
2
dx = ln |x2 + 2x + 1| + + cte .
x + 2x + 1 2 x+1
Théorème 1.2.1 Soit f : [a,b] → R une fonction continue. La fonction F : I → R définie par
Z x
F (x) = f (t)dt.
a
est une primitive de f , c’est-à-dire F est dérivable et F 0 (x) = f (x). Par conséquent pour une primitive
F quelconque de f :
Z b
f (t)dt = F (b) − F (a).
a
8 STIC
Exercice n◦ 2 : Calculer les primitives des fonctions suivantes en utilisant la méthode d’intégration par
parties :
1. f (x) = x sin(x) 2. f (x) = x ln(x) 3. f (x) = cos(x)ex 4. f (x) = (x2 + 1)ex
5. f (x) = arccos(x) 6. f (x) = arcsin (x) 7. f (x) = arctan (x) 8. f (x) = 2x arctan (x).
Exercice n◦ 3 : Calculer les primitives des fonctions suivantes en utilisant la formule de changement de
variable :
1 1 √
1. f (x) = 2. f (x) = √ √ 3. f (x) = sin x cos x 4. f (x) = ex − 1
3 − ex x+ x 3
ex ln(x) 1 1
5. f (x) = 6. f (x) = 7. f (x) = √ 8. f (x) = √ .
1 + ex x 1+ 1−x x x2 − 1
x3 1 1
4. f (x) = 5. f (x) = 6. f (x) = .
x2 + 4 x2 + x + 1 (x + 2)(x2 + 2x + 5)
Exercice n◦ 5 :
2x + 1
1. Décomposer en éléments simples la fonction f (x) = 2 .
x (x + 1)
ln (x2 + x)
Z
2. Calculer à l’aide d’une intégration par parties dx.
x2
Exercice n◦ 6 :
t2
Z
1. Calculer F (t) = 2 2
dt.
Zt − 1
√
2. En déduire G(x) = ex + 1dx.
Chapitre 2
Equations différentielles
Exemple 2.1.1
❶ 2xy 0 + cos(x)y = ex I = R.
√
❷ xy 0 + x2 y = sin(x) I = R+ .
Définition 2.1.2 Une fonction y : I −→ R est solution de (E) sur I si et seulement si y est dérivable
sur I et pour tout x ∈ I,
a(x)y 0 (x) + b(x)y(x) = c(x).
Exemple 2.1.2
❶ L’équation différentielle y 0 + y = 2ex admet la fonction y(x) = ex comme solution sur R.
❷ L’équation différentielle cos(x)y 0 + sin(x)y = 1 admet la fonction y(x) = sin(x) comme solution sur
R.
Théorème 2.1.2 La solution générale de l’équation (E) est la somme d’une solution générale de l’équation
homogène (E0 ) et d’une solution particulière de l’équation (E).
Soit y(x) = λe−A(x) la solution générale de l’équation homogène (E0 ). On va chercher une solution
particulière sous la forme yp (x) = λ(x)e−A(x) , alors
b(x) −A(x)
yp0 (x) = λ0 (x)e−A(x) − λ(x) e .
a(x)
Donc
yp0 (x) = λ0 (x) cos(x) − λ(x) sin(x).
Puisque yp est une solution de (E), alors
y (x0 ) = y0 .
y 0 (x) + 2xy(x) = 2x
y(0) = 2
Il est simple de voir que les solutions de l’équation y 0 + 2xy = 2x sont les fonctions
2
yG (x) = 1 + λe−x , λ∈R
2
Comme y(0) = 2 alors λ = 1 et donc yG (x) = 1 + e−x est la solution de notre système.
Définition 2.2.2 Une fonction y : I 7−→ R est une solution de (E) sur I si et selement si y est deux
00
fois dérivable sur I et pour tout x ∈ I, on a ay + by 0 + cy = d(x).
où yh est une solution générale de l’équation homogène (E0 ) et yp est une solution particulière de (E).
12 STIC
ar2 + br + c erx = 0, ∀x ∈ I.
3ème cas : si ∆ < 0, alors l’équation caractéristique (Ec ) admet deux racines complexes
√
b −∆
r1 = α + iβ, r2 = α − iβ avec α = et β = .
2a 2a
Dans ce cas, la solution générale de (E0 ) est de la forme
yp (x) = Qn (x)eαx .
✦ Si α est une solution simple de (Ec ), alors la solution particulière est de la forme
✦ Si α est une solution double de (Ec ), alors la solution particulière est de la forme
yp (x) = x2 Qn (x)eαx .
respectivement n et m.
✦ Si α + iω n’est pas racine de (Ec ), alors la solution particulière est de la forme
Méthode de variation des constantes: Lorsque le second membre n’a pas l’une des formes indiquées
précédemment, on emploie la méthode dite la variation des constantes. Soit y1 et y2 deux solutions
00
linéairement indépendantes de l’équation homogène associée ay + by 0 + cy = 0. On cherche une solution
particulière de l’équation (E) sous la forme
yp0 (x) = A0 (x)y1 (x) + B 0 (x)y2 (x) + A(x)y10 (x) + B(x)y20 (x)
= A(x)y10 (x) + B(x)y20 (x)
et
00 00 00
yp (x) = A0 (x)y10 (x) + B 0 (x)y20 (x) + A(x)y1 (x) + B(x)y2 (x)
00 00 d(x)
= A(x)y1 (x) + B(x)y2 (x) + .
a
Ainsi l’équation (E) est vérifiée par yp . On a utilisé le fait que y1 et y2 sont solutions de l’équation
homogène. Le système (S) se résout facilement, ce qui donne A0 et B 0 , puis A et B par intégration.
Application 2.2.3 Résoudre sur − π2 , π2 l’équation
00 1
(E) : y +y = .
cos(x)
X Résolution de l’équation homgène associée : l’équation caractéristique associée est r2 +1 = 0, qui admet
deux racines complexes i et −i. Les solutions sont donc de la forme
yh (x) = A cos(x) + B sin(x), avec A et B ∈ R.
X Recherche d’une solution particulière : on cherche une solution particulière de l’équation (E) sous la
forme
yp (x) = A(x) cos(x) + B(x) sin(x),
où A et B sont deux fonctions vérifiant :
A0 (x) cos(x) + B 0 (x) sin(x) = 0
1
−A0 (x) sin(x) + B 0 (x) cos(x) = .
cos(x)
ex
(ex + 1)y 0 − y = .
1 + x2
Z
dx
1. Montrer que = x − ln(1 + ex ) + c, avec c est une constante.
1 + ex
2. Déterminer la solution homogène yh (x) de (E).
3. Déterminer une solution particulière yp (x) de (E) à l’aide de la méthode de variation de la constante.
4. Déterminer la solution générale de (E).
π
5. Donner la solution y(x) telle que y(0) = − .
4
Exercice n◦ 4 : Résoudre sur R les équations différentielles suivantes :
00
1. y − 3y 0 = 2.
00
2. y + y 0 − 2y = ex .
3. Résoudre le problème de Cauchy suivant :
00
y + 2y 0 + y = xex
(S) :
0
y (0) = 0 et y(0) = 1.
16 STIC
Chapitre 3
3.1 Définitions
Définition 3.1.1
– Une matrice A est un tableau rectangulaire d’éléments de K.
– Elle est dite de taille n × p si le tableau possède n lignes et p colonnes.
– Les nombres du tableau sont appelés les coefficients de A.
– Le coefficient situé à la i-ème ligne et à la j-ème colonne est noté aij
Un tel tableau est représenté de la manière suivante
a11 a12 · · · a1p
a21 a22 · · · a2p
A= .
.. .. ..
.. . . .
an1 an2 ··· anp
On notera souvent A = (aij )i,j .
On note Mn,p l’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes.
Exemple
1 0 4 1 1
A= ∈ M2,3 , B = ∈ M2,2 .
−2 5 1 3 2
– Deux matrices sont égales lorsqu’elles ont la même taille et que les coefficients correspondants sont
égaux: si A = (aij )i,j et B = (bij )i,j ∈ Mn,p , alors A = B ⇔ aij = bij , ∀ i,j.
– Si n = p (même nombre de lignes que de colonnes), la matrice est dite matrice carrée. On note Mn
au lieu de Mn,n .
– La matrice (de taille n × p) dont tous les coefficients sont des zéros est appelée la matrice nulle et
est notée 0Mn,p ou plus simplement 0.
Matrices particulières
– Si n = 1, on parle d’une matrice ligne, on la note
A = (a11 a12 · · · a1p )
Définition 3.2.1 Soient A = (aij ) ∈ Mn,p et B = (bij ) ∈ Mp,q , on définit alors le produit AB comme
étant la matrice AB = (cij ) ∈ Mn,q la matrice à n lignes et q colonnes dont les termes sont donnés
comme suit
p
X
cij = ai1 b1j + ai2 b2j + · · · + aip bpj = aik bkj .
k=1
20 STIC
Exemple
1 0 −1
2 2 × 1 2 × 0 2 × (−1)
AB = 5 = 5 × 1 5 × 0 5 × (−1)
7 7 × 1 7 × 0 7 × (−1)
2 0 −2
= 5 0 −5
7 0 −7
et
0 0 1
0 2 1
1 2 0 0 4 3
1 1 2
CD = 0 0 1 = 1 1 2
3 −1 0 0 −2 2
Définition 3.2.2 Pour tout A ∈ Mn , on définit les puissances successives de A par A0 = In et Ap+1 =
Ap × A pour tout p ∈ N. Autrement dit, Ap = A × A × · · · × A, p facteurs.
1 −1
Exemple Soit A = , on a alors
0 1
0 1 0
A =
0 1
1 −2
A2 = A × A =
0 1
3 2 1 −3
A =A ×A=
0 1
1 −4
A4 = A3 × A =
0 1
(A + B)2 = A2 + AB + BA + B 2 .
3.3. Inverse d’une matrice 21
Proposition 3.2.2 Soient A et B deux matrices de Mn qui commutent, c’est à dire AB = BA, alors
p
X p
X
p
∀p ∈ N, (A + B) = Cpk Ak B p−k = Cpk Ap−k B k
k=0 k=0
p!
Cpk = .
k!(p − k)!
Définition 3.2.3 On dit qu’une matrice carrée A est nilpotente s’il existe p ∈ N tel que Ap soit la
matrice nulle.
0 2 6 1 0 0
A = 0 0 2 et B = I3 = 0 1 0
0 0 0 0 0 1
On a alors
0 0 4 0 0 0
A2 = 0 0 0 , A3 = A2 A = 0 0 0
0 0 0 0 0 0
La matrice A est nilpotente d’indice 3 et elle commute avec la matrice B. On peut donc appliquer la
formule du binôme qui nous donne :
p
X 2
X
M p = (A + B)p = (A + I3 )p = Cpk Ak I3p−k = Cpk Ak I3p−k
k=0 k=0
2
X
= Cpk Ak = Cp0 I3 + Cp1 A + Cp2 A2
k=0
p(p − 1) 2
= I3 + pA + A .
2
Donc
1 0 0 0 2p 6p 0 0 2p(p − 1)
Mp = 0 1 0 + 0 0 2p + 0 0 0
0 0 1 0 0 0 0 0 0
1 2p 2p(p + 2)
= 0 1 2p .
0 0 1
Exemple Soit
0 1 −1
A = −3 4 −3 ,
−1 1 0
22 STIC
1
on a alors A2 = 3A − 2I3 ⇔ 2 3A − A2 = I3 ⇔ A 12 (3I3 − A) = 12 (3I3 − A) A = I3 . Donc la matrice
A est inversible, d’inverse
1
A−1 = (3I3 − A).
2
(AB)−1 = B −1 A−1 .
AC = BC ⇒ A = B.
3.4 Trace-Transposition
Définition 3.4.1 Soit A = (aij ) une matrice de Mn,p . On appelle transposée de A et on la note t A la
matrice de taille p × n obtenue en intervertissant les lignes et les colonnes de A. Autrement dit,
a11 . . . an1
t
A = (aji ) = ... ..
.
a1p ... anp
Si
5 1 −1 5 −3 −1
t
A= −3 4 −3 ⇒ A= 1 4 1 .
−1 1 2 −1 −3 2
Définition 3.4.2 Pour toute matrice carrée A = (aij ), sa trace est la somme des éléments diagonaux,
n
X
c’est-à-dire T r(A) = akk .
k=1
Si
5 1 −1
A = −3 4 −3 ,
−1 1 2
alors
T r(A) = 5 + 4 + 2 = 11.
Effectuer, lorsque cela est bien défini, les opérations suivantes : A + B, BA, AB, CD, DC, E + F , AE.
Exercice n◦ 2 :
On considère la matrice
0 1 −1
A = −3 4 −3 .
−1 1 0
1. Calculer A2 et A3 .
2. Déterminer les réels x et y tels que A2 = xA + yI3 .
3. Exprimer A3 en fonction de A et de I3 .
4. Déduire de la deuxième question que A est inversible et calculer son inverse.
Exercice n◦ 4 :
On considère les matrices à coefficients réels A et P définies par:
1 1 1
1
A= 1 1 1 et P = (I3 + A).
4
1 1 1
1. Calculer A2 , AP et P A.
2. Calculer (4I3 − A)P et P (4I3 − A). Que peut-on conclure?
3. Montrer par récurrence que
n 1 1 1
P = n I3 + 1 − n A, ∀n ∈ N.
4 3 4
4. Montrer que
1
P −n = 4n I3 + (4−n − 1)A , ∀n ∈ N.
3
Exercice n◦ 7 : Soient A,B ∈ Mn (K) tels que AB −BA = A. Calculer Tr(An ) pour tout entier non nul n.
Exercice n◦ 8 : Les matrices suivantes sont-elles inversibles? Si oui calculer leurs inverses.
−1 0 −2
0 1
A= , B= 0 1 −1
2 1
−2 −1 0
Chapitre 4
Déterminants
Il existe une unique application de Mn (K) dans K, appelée déterminant, telle que
1. le déterminant est linéaire par rapport à chaque vecteur colonne, les autres étant fixés,
2. si une matrice A a deux colonnes identiques, alors son déterminant est nul;
3. le déterminant de la matrice identité In vaut 1.
Soit A ∈ Mn (K). On note souvent det(A) = |A|.
N.B : Ne pas confondre avec la valeur absolue |det(A)| du déterminant.
Remarque :
1. Si A est une matrice diagonale, A = diag (a1 , . . . ,an ) alors det A = a1 . . . an .
2. Si A est une matrice carrée triangulaire, alors le déterminant de A est égal au produit des termes
diagonaux.
Soit
0 1 −1
1 0 1 .
−1 −1 0
On effectue l’opération L2 ← L2 + L3 . On peut alors développer par rapport à la première colonne.
L2 ←L2 +L3
0 1 −1 0 1 −1
1 −1
det(A) = 1 0 1 = 0 −1 1 = − = 0.
−1 1
−1 −1 0 −1 −1 0
Proposition 4.3.2 3. Soit A ∈ Mn (K) une matrice ayant les colonnes C1 ,C2 , . . . ,Cn . On note A0 la
matrice obtenue par une des opérations élémentaires sur les colonnes, qui sont :
1. Ci ← λCi avec λ 6= 0 : A0 est obtenue en multipliant une colonne de A par un scalaire non nul.
Alors det A0 = λ det A.
2. Ci ← Ci + λCj avec λ ∈ K (et j 6= i ) : A0 est obtenue en ajoutant à une colonne de A un multiple
d’une autre colonne de A. Alors det A0 = det A.
3. Ci ↔ Cj : A0 est obtenue en échangeant deux colonnes distinctes de A· Alors det A0 = − det A.
1 1 0
On considère la matrice A = 0 1 1 . On a alors
1 0 1
1 1 0 1 0 1
+ 0 − +
1 1 1 1 0
1 1 −1
1 0 1 0 1 1
= −1 1
Com(A) − 0
=
1
+
1 1
−
1 0
1 .
1 −1 1
1 0 1 0 1 1
+ − +
1 1 0 1 0 1
1 t
A−1 = Com A.
det A
28 STIC
1 1 0
Si A = 0 1 1 alors
1 0 1
1 1 −1
Com(A) = −1 1 1
1 −1 1
et
1 −1 1
t
Com(A) = 1 1 −1 .
−1 1 1
Donc
1 −1 1
1
A−1 = 1 1 −1 .
2
−1 1 1
0 1 −1 3 3 2 a b c b b c 1 1 1
1 0 1 ; 2 1 2 ; b c a ; b c b ; a b c ;
−1 −1 0 −3 −2 −2 c a b c b b b+c a+c a+b
c a b c
1 1 1
a c c b
a b c ; ; a,b,c ∈ R.
b c c a
a2 b2 c2
c b a c
Exercice n◦ 3 : Montrer:
1. Si A est une matrice inversible, alors det(A−1 ) = 1
det(A) .
2. Si A et P sont des matrices inversibles de taille n × n alors
det(P AP −1 ) = det(A).
1 1 0
Exercice n◦ 4 : On considère la matrice A = 0 1 1 .
1 0 1
1. Calculer det(A). En déduire que A est inversible.
2. Déterminer la comatrice de A.
3. Calculer le produit A.t com(A) en fonction de det(A) et I3 .
4. En déduire que A−1 = det(A)
1 t
com(A).
4.4. Calcul d’inverse d’une matrice 29
Espaces vectoriels
– Une loi de composition interne (L.C.I) appelée l’addition et notée (+), c’est une application de
E × E à valeurs dans E :
(+) : E × E −→ E
(x,y) 7−→ x + y
telle que (E,+) soit un groupe commutatif, c’est à dire ;
X ”+” est associative: ∀x,y,z ∈ E, (x + y) + z = x + (y + z)
X ”+” est commutative: ∀x,y,z ∈ E, x + y = y + x
X ”+” admet un élément neutre 0E ∈ E tel que ∀x ∈ E,x + 0E = x.
X ”+” admet un inverse ( dit opposé ou symétrique et noté -x ): ∀x ∈ E,∃y ∈ E; x + y = y + x = 0E .
– Une loi de composition externe (L.C.E) dite multiplication par un scalaire de K notée (.) et définie
sur K × E à valeurs dans E :
(.) : K × E −→ E
(λ,X) 7−→ λ.x
telle que :
X ∀ λ,µ ∈ K, ∀x ∈ E, λ.(µ.x) = (λµ).x
X ∀ λ,µ ∈ K, ∀x ∈ E, (λ + µ).x = λ.x + µ.x
X ∀ x,y ∈ E, ∀λ ∈ K, λ.(x + y) = λ.x + λ.y
X ∀ x ∈ E, 1.x = x.
Remarques et notation :
– Les éléments de E sont appelés vecteurs.
– L’élément neutre 0E , s’il existe alors il est unique.
– Soit x ∈ E. Si x admet un inverse x0 ∈ E alors il est unique.
Exemples :
1. R est un R-espace vectoriel.
2. C est un C-espace vectoriel.
3. C est un R-espace vectoriel.
4. R2 est un R-espace vectoriel; l’addition est définie par:
Exemple :
Tout vecteur u ∈ R2 s’écrit de la forme u = (x,y) = x(1,0) + y(0,1) d’où R2 = vect {(1,0)} + vect {(0,1)}.
D = (x,y,z) ∈ R3 | x + 3y + z = 0 et x − y + 2z = 0
Est-ce que D est sous-espace vectoriel de R3 ? L’ensemble D est l’intersection de F et G, les sous-
ensembles de R3 définis par:
F = (x,y,z) ∈ R3 | x + 3y + z = 0
G = (x,y,z) ∈ R3 | x − y + 2z = 0
Ce sont deux plans passant par l’origine, donc des sous-espaces vectoriels de R3 . Ainsi D = F ∩ G est
Définition 5.3.2 On dit que F et G sont des sous espaces vectoriels supplémentaires dans E et on note
E = F ⊕ G si tout vecteur z ∈ E s’écrit d’une manière unique z = x + y, avec x ∈ F et y ∈ G, où encore :
∀z ∈ E,∃!x ∈ F,∃!y ∈ G; z = x + y.
α1 v1 + ... + αn vn = 0E =⇒ α1 = ... = αn = 0.
On dit aussi que les vecteurs v1 ,...,vn sont linéairements indépendants.
– On dit que la famille {v1 ,...,vn } est liée ou que les vecteurs v1 ,...,vn sont linéairements dépendants
s’il existe α1 ,...,αn ∈ K non tous nuls tels que α1 v1 + ... + αn vn = 0E .
Exemple :
1. E=R2 ; v1 = (1,1), v2 = (−1,2). Montrons que {v1 ,v2 } est une famille libre: soient α,β ∈ R tel que αv1 +
βv2 = 0 alors α(1,1) + β(−1,2) = 0R2 = (0,0) ou encore (α − β,α + 2β) = 0 ce qui implique que
α − β = 0 et α + 2β = 0 =⇒ α = β et 3α = 0 =⇒ α = β = 0. Ainsi la famille {v1 ,v2 } est libre dans
R2 .
2. E = C3 , v1 = (1,i,0), v2 = (2i,0,1), v3 = (3 + 2i,3i,1). La famille {v1 ,v2 ,v3 } est liée dans C3 . En
effet, 3v1 + v2 − v3 = 0.
Propriétés :
1. Toute famille contenant le vecteur nul est liée. En effet, soient v1 ,...,vn ∈ E et supposons qu’il existe
i ∈ {2,...,n − 1} tel que vi = 0 alors 0v1 + 0v2 + ... + 0vi−1 + [Link] + 0vi+1 + ... + 0vn .
2. Toute famille contenue dans une famille libre est libre.
3. Toute famille contenant une famille liée est liée.
4. Toute famille contenant un même vecteur plus qu’une fois est liée. En effet, on considère la famille
{v1 ,v1 ,v2 ,...,vn } alors on a : 1.v1 + (−1)v1 + 0v2 + ... + 0vn = 0.
Proposition 5.4.1 La famille {v1 ,...,vn } est liée si et seulement si au moins l’un des vecteurs vi est
combinaison linéairre des autres.
Exemples :
1. La famille {v1 ,v2 ,v1 + v2 } est liée.
2. Une famille de deux vecteurs {u,v} est liée si et seulement s’il existe λ 6= tel que v = λu. On dit
que u et v sont colinéaires.
Définition 5.5.1 On dit que E est de dimension finie s’il est engendré par un nombre fini de vecteurs de
E, c’est à dire : ∃v1 ,...,vn ∈ E; vect {v1 ,...,vn } = E. Dans le cas contraire on dit que E est de dimension
infinie.
Définition 5.5.2 On appelle base de E toute famille qui est à la fois libre et génératrice.
Théorème 5.5.1 – Tout espace vectoriel de dimension finie possède une base.
– Dans un espace vectoriel de dimension finie, toutes les bases ont le même nombre d’éléments appelé
dimension de E et est noté dimK E ou dim E.
Exemples :
1. dimR R = 1, dimR C = 2, C est engendré par 1 et i.
2. dimC C = 1.
3. dim{0} = 0.
4. dimK Kn = n, Kn est engendré par la famille e1 = (1,0,...,0), e2 = (0,1,0,...,0), ..., en = (0,...,0,1)
36 STIC
Proposition 5.5.1 Soit B = (v1 ,...,vn ) une base de E alors tout vecteur x ∈ E s’écrit de une manière
unique :
Théorème 5.5.3 Soient E un K-espace vectoriel de dimension n, et B = (v1 , . . . ,vn ) une famille de n
vecteurs de E. On a l’équivalence entre:
1. B est une base de E,
2. B est une famille libre de E,
3. B est une famille génératrice de E.
Exemple: E = R3 , v1 = (1,1, − 1), v2 = (2,3, − 4). On vérifie que {v1 ,v2 } est une famille libre. On choisit
v3 = (0,0,1). On vérifie que {v1 ,v2 ,v3 } est une famille libre. Comme dim E = 3 alors {v1 ,v2 ,v3 } est une
base de E.
Théorème 5.5.5 Soit E un K espace vectoriel tel que dim E = n < +∞. Soient F et G des sous espaces
vectoriels de E. Alors :
– dim(F + G) = dim F + dim G − dim(F ∩ G).
– dim(F ⊕ G) = dim F + dim G.
F ∩ G = {0}
– F et G sont supplémentaires dans E ⇐⇒
dim E = dim F + dim G.
Exemple : E = R3 ; F = (x,y,z) ∈ R3 ; x + y + z = 0 . Déterminer la dimension et donner une base de
F. Il est facile de vérifier que F est un
sous espace vectoriel de E.
x = −y − z
(x,y,z) ∈ F ⇐⇒ x + y + z = 0 ⇐⇒ y=y
z=z
Donc (x,y,z) = (−y − z,y,z) = y(−1,1,0) + z(−1,0,1) = yv1 + zv2 où v1 = (−1,1,0); v2 = (−1,0,1) ∈ F .
La famille v1 ,v2 engendre F et F = vect {v1 ,v2 }. On vérifie que {v1 ,v2 } est une famille libre, d’où {v1 ,v2 }
est une base de F et dim F = 2.
Propriétés :
1. rg {v1 ,...,vp } ≤ n.
2. rg {v1 ,...,vp } ≤ p.
3. rg {v1 ,...,vp } = p ⇐⇒ {v1 ,...,vp } est une famille libre dans E.
4. rg {v1 ,...,vp } = p ⇐⇒ {v1 ,...,vp } est une famille génératrice de E.
Exemple :
On pose E = R4 . v1 = (1,0,1,0); v2 = (3,1,1, − 1); v3 = (2,1,0, − 1). On a : v2 = v1 + v3 ce qui implique
que {v1 ,v2 ,v3 } est une famille liée. Donc rg {v1 ,v2 ,v3 } ≤ 2. De plus, on vérifie facilement que {v1 ,v2 } est
libre d’où rg {v1 ,v2 ,v3 } = 2.
la multiplication •, par
λ • (x,y) = (2x,0).
Exercice n◦ 3 : Soit E le R-espace vectoriel des applications de [0,1] dans R muni des opérations usuelles.
Dans quel cas F est-il un sous-espace vectoriel de E ?
n o
1. F = f ∈ E; f (0) = 0 .
n o
2. F = f ∈ E; f (1) = 12 .
n o
3. F = f ∈ E; f (0) + f (1) = 0 .
n o
4. F = f ∈ E; 2f (0) = f (1) + 3 .
n o
5. F = f ∈ E; f (x) ≥ 0; ∀ x ∈ [0,1] .
n o
6. F = f ∈ E; f (x) + f (1 − x) = 0; ∀ x ∈ [0,1] .
Exercice n◦ 7 : Soient F et G des s-e-v d’un K-espace vectoriel E de dimension finie n. On suppose que
dim(F ) + dim(G) > n. Montrer que F ∩ G 6= {0E }.