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Intégrales généralisées et applications

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Mathématique

Calcul intégral II : une extension et quelques


applications

Pierre Mathonet

Département de Mathématique
Faculté des Sciences

Liège, automne 2019


Intégrales généralisées I
Problème : définir l’intégrale d’une fonction définie sur [a, b[, ]a, b] ou
]a, b[, pas nécessairement continue sur [a, b].

2
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Intégrales généralisées I
Problème : définir l’intégrale d’une fonction définie sur [a, b[, ]a, b] ou
]a, b[, pas nécessairement continue sur [a, b].
Exemples : sur l’intervalle ]0, 1[ :
1
f1 :]0, 1[→ R : x 7→ ,
x
ou
1
7 √
f2 :]0, 1[→ R : x →
x
ou
1
f3 :]0, 1[→ R : x 7→ .
x2

2
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Intégrales généralisées I
Problème : définir l’intégrale d’une fonction définie sur [a, b[, ]a, b] ou
]a, b[, pas nécessairement continue sur [a, b].
Exemples : sur l’intervalle ]0, 1[ :
1
f1 :]0, 1[→ R : x 7→ ,
x
ou
1
7 √
f2 :]0, 1[→ R : x →
x
ou
1
f3 :]0, 1[→ R : x 7→ .
x2
40
35
30
25
20
15 f1 (x ) f3 (x )
10
5
f2 (x ) t
2 0 1
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Intégrales généralisées II

Chaque fonction est intégrable sur [t, 1] pour t ∈]0, 1[. On calcule
• I1 (t) = t1 f1 (x ) dx = [ln(x )]1t = − ln(t) ;
R
√ √
• I2 (t) = t1 f2 (x ) dx = [2 x ]1t = 2 − 2 t.
R

• I3 (t) = t1 f3 (x ) dx = [ −1 1 1
R
x ]t = −1 + t .

3
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Intégrales généralisées II

Chaque fonction est intégrable sur [t, 1] pour t ∈]0, 1[. On calcule
• I1 (t) = t1 f1 (x ) dx = [ln(x )]1t = − ln(t) ;
R
√ √
• I2 (t) = t1 f2 (x ) dx = [2 x ]1t = 2 − 2 t.
R

• I3 (t) = t1 f3 (x ) dx = [ −1 1 1
R
x ]t = −1 + t .

On calcule les limites

lim I1 (t) = +∞, lim I2 (t) = 2, lim F3 (t) = +∞,


t→0+ t→0+ t→0+

donc seule I2 admet une limite finie en 0. On dira que les autres fonctions
ne sont pas intégrables sur ]0, 1].

3
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Définitions formelles
Définition (Intégrabilité sur ]a, b])
Soit f une fonction continue sur l’intervalle ]a, b] (b ∈ R, a ∈ R ou
a = −∞). Alors f est intégrable sur ]a, b], ou f est intégrable en a+ (si
a ∈ R), si la fonction
Z b
I(t) = f (x ) dx
t
+
admet une limite finie en a . Si tel est le cas, on note
Z b Z b
f (x ) dx = lim+ I(t) = lim+ f (x ) dx .
a t→a t→a t

Rb
• L’intégrale a f (x ) dx est appelée intégrale impropre. Sa définition
ne permet pas d’avoir les mêmes propriétés que l’intégrale vue au
chapitre précédent.
• L’intégrabilité sur [a, b[ se définit de la même manière en
4 considérant la limite en b − .
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Intégrabilité sur un intervalle ouvert
Définition (Intégrabilité sur ]a, b[)
Soit f une fonction continue sur ]a, b[ et c ∈]a, b[. La fonction f est
intégrable sur ]a, b[ si et seulement si elle est intégrable sur ]a, c] et sur
[c, b[, auquel cas on définit l’intégrale sur ]a, b[ par
Z b Z c Z b
f (x ) dx = f (x ) dx + f (x ) dx .
a a c

Le nombre ainsi défini ne dépend pas de c et est une intégrale impropre.

1. f est absolument intégrable sur I si |f | est intégrable sur I.


2. Pour les fonctions à valeurs positives, la notion d’intégrabilité
absolue est la même que la notion d’intégrabilité.
3. Toute fonction absolument intégrable est intégrable.
4. Certains auteurs ne considèrent comme intégrables que des fonctions
qui sontR absolument intégrables, et onR parle d’intégrale flèchée
t t
quand a f (x ) dx converge et quand a |f (x )| dx ne converge pas.
5
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Théorème fondamental

Théorème
Si f est une fonction continue et intégrable sur ]a, b[ (resp. [a, b[, ]a, b]),
alors on a Z b
f (x ) dx = [F ]ba ,
a

pour toute primitive F de f sur ]a, b[ (resp. [a, b[, ]a, b]), où
[F ]ba = limx →b − F (x ) − limx →a+ F (x ).

6
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Exemples
1. La fonction f (x ) = 1−ln(x
x2
)
est intégrable et absolument intégrable
1
sur ] 2 , +∞[. En effet, on a
Z +∞
1 − ln(x ) ln(x ) +∞ 1
2
dx = [ ] 1 = 0 − 2 ln( ) = 2 ln(2).
1
2
x x 2 2
et
+∞ e +∞
1 − ln(x ) 1 − ln(x ) ln(x ) − 1
Z Z Z
| | dx = dx + dx
1
2
x2 1
2
x2 e x2
1 1 1 2
= − 2 ln( ) − (0 − ) = + 2 ln(2).
e 2 e e
2
2. La fonction f (x ) = xe −x est absolument intégrable sur [0, +∞[ :
Z t
2 1 2 1 2
xe −x dx = [− e −x ]t0 = − (e −t − 1)
0 2 2
donc Z +∞
2 1 2 1
xe −x dx = lim − (e −t − 1) = .
7 0 t→+∞ 2 2
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Contre-exemples

3. La fonction définie par f (x ) = sin(x ) n’est pas intégrable sur


[0, +∞[. En effet, pour tout t ∈ [0, +∞[, on a
Z t
sin(x ) dx = [− cos(x )]t0 = 1 − cos(t),
0

et cette fonction n’admet pas de limite quand t tend vers l’infini.


sin(x )
4. On peut montrer que la fonction f (x ) = x est intégrable, mais
pas absolument intégrable sur ] π2 , +∞[.
5. La fonction
1
f : [0; +∞[→ [0; +∞[: x 7→ √
x
n’est pas intégrable en +∞.

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Application I : Aires, longueurs, volumes

Commençons par l’aire comprise entre les graphes de deux fonctions.


On suppose le repère orthonormé.

Proposition
L’aire comprise entre les graphes de deux fonctions continues f et g sur
un intervalle [a, b] et les droites d’équation x = a et x = b (donc l’aire
au dessus du segment [a, b] est donnée par
Z b
A= |f (x ) − g(x )| dx .
a

9
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Illustration
f f
g g

0 a b 0 a b
Rb Rb
a
f (x ) dx a
g(x ) dx

f
g

0 a b
Rb Rb Rb
f (x ) dx − g(x ) dx = (f (x ) − g(x )) dx .
10 a a a

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Longueur de courbes
Proposition
La longueur de la courbe donnée par {(x , f (x )) : x ∈ [a, b]}, où f est
dérivable sur ]a, b[, continue sur [a, b] est donnée par
Z b p
L= 1 + (Df (x ))2 dx ,
a
p
pour autant que la fonction x 7→ 1 + (Df (x ))2 soit intégrable sur ]a, b[.

L’idée : approcher la longueur de la courbe par une somme de longueurs


de segments.
I
F
B E G
H
C
D
A

11 x0 x1 x2 x3 x4 x5 x6 x7 xn
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Démonstration
1. Soit Dn = [a = x0 , x1 , . . . , xn−1 , b = xn ] un découpage ;
2. La somme des longueurs des segments
n
X p
S(Dn ) = (xk − xk−1 )2 + (f (xk ) − f (xk−1 ))2
k=1
s 
n  2
X f (xk ) − f (xk−1 )  (xk − xk−1 ).
=  1+
xk − xk−1
k=1

3. il existe rk ∈]xk−1 , xk [ tel que


f (xk ) − f (xk−1 )
= Df (rk ).
xk − xk−1
4. Alors
n q
X
S(Dn ) = 1 + (Df (rk ))2 (xk − xk−1 ).
k=1
p
C’est une somme de Riemann pour la fonction x 7→ 1 + (Df (x ))2 . On
passe à la limite.
Z b q
L = lim S(Dn ) = 1 + (Df (x ))2 dx .
n→+∞
a
Périmètre du cercle
Le demi-cercle déterminé par les points de C d’ordonnée positive est
 2
2 x + y 2 = R2 p
{(x , y ) ∈ R : } = {(x , R 2 − x 2 ) : x ∈ [−R, R]}.
y > 0.
On a donc
−x
Df (x ) = √
R2 − x2
et
r
p x2 R 1
1 + Df (x )2 = 1+ =√ =q .
R2 −x 2 2
R −x 2 x 2

1− R

On en déduit
Z R Z R
1 1 1
L = q  dx = R  dx q
−R −Rx 2 x 2 R
1− R R 1−
x R
= R[arcsin( )]−R = R(arcsin(1) − arcsin(−1)) = πR.
R
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Volume d’un solide de révolution
Solide de révolution :
1. f continue sur [a,b] ;
2. Cf = {(x , f (x ), 0) : x ∈ [a, b]} : graphe de f dans le plan de
coordonnées x , y ;
3. On fait tourner cette courbe autour de l’axe de coordonnées x .

Proposition
Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b], dérivable sur ]a, b[.
Le volume du solide de révolution déterminé par la rotation de la courbe
Cf autour de l’axe des abscisses est donné par
Z b
V =π f (x )2 dx .
a

Preuve : comme pour la longueur d’une courbe.


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Exemple : la boule


On fait tourner le demi-cercle {(x , R 2 − x 2 , 0) : x ∈ [−R, R]}
La formule donne

Z R p 2 Z R
R 2 − x 2 dx

V = π 2
R −x 2 dx = π
−R −R
R
x3

4
= π R 2x − = πR 3 .
3 −R 3

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Aire latérale d’une surface de révolution
Proposition
Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b], dérivable sur ]a, b[.
L’aire latérale du solide de révolution déterminé par la rotation de la
courbe Cf autour de l’axe des abscisses est donnée par
Z b p
A = 2π f (x ) 1 + Df (x )2 dx ,
a

pour autant que cette la fonction soit intégrable sur ]a, b[.

Exemple : la surface d’une sphère de rayon R


Z R Z R
p R
A = 2π R2 − x2 √ dx = 2π R dx = 4πR 2 .
R 2 − x2
−R −R

16
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Le problème de John Napier of Merchiston
Comment calculer (sans machine) le produit 512.1024 ?

17
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Le problème de John Napier of Merchiston
Comment calculer (sans machine) le produit 512.1024 ?
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
2 4 8 16 32 64 128 256 512 1024

11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
2048 4096 8192 16384 32768 65536 131072 262144 524288 1048576

17
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Le problème de John Napier of Merchiston
Comment calculer (sans machine) le produit 512.1024 ?
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
2 4 8 16 32 64 128 256 512 1024

11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
2048 4096 8192 16384 32768 65536 131072 262144 524288 1048576

On a une fonction x 7→ 2x (x ∈ {0, . . . , 20}), qui transforme la somme en


produit, et sa réciproque qui transforme le produit en somme. Mais ce n’est pas
très précis. Peut-on l’améliorer ?

17
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Le problème de John Napier of Merchiston
Comment calculer (sans machine) le produit 512.1024 ?
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
2 4 8 16 32 64 128 256 512 1024

11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
2048 4096 8192 16384 32768 65536 131072 262144 524288 1048576

On a une fonction x 7→ 2x (x ∈ {0, . . . , 20}), qui transforme la somme en


produit, et sa réciproque qui transforme le produit en somme. Mais ce n’est pas
très précis. Peut-on l’améliorer ? On peut choisir x ∈ Z, ou x ∈ Q.

17
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Le problème de John Napier of Merchiston
Comment calculer (sans machine) le produit 512.1024 ?
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
2 4 8 16 32 64 128 256 512 1024

11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
2048 4096 8192 16384 32768 65536 131072 262144 524288 1048576

On a une fonction x 7→ 2x (x ∈ {0, . . . , 20}), qui transforme la somme en


produit, et sa réciproque qui transforme le produit en somme. Mais ce n’est pas
très précis. Peut-on l’améliorer ? On peut choisir x ∈ Z, ou x ∈ Q.

Problème
Définir une fonction f : R → R inversible et telle que
f (ab) = f (a) + f (b), ∀a, b ∈ domf .
• Pour obtenir une fonction régulière, nous demanderons que f soit
dérivable.
• Nous verrons que l’on peut restreindre le domaine de f à ]0; +∞[ (c’est
une convention).
17 Toute fonction ayant cette propriété sera appelée logarithme (en grec : rapport
de nombres). Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Analyse du problème I
Proposition
Si la fonction f satifait les conditions imposées, alors
• elle satisfait f (1) = f (−1) = 0, f (−a) = f (a), f ( ba ) = f (a) − f (b)
• de plus f (ar ) = rf (a) pour tout r rationnel et a ∈ domf .
• enfin f ne peut pas être définie en 0.
Preuve : Pour tous a, b convenables, on utilise les relations
f (1) = f (1.1) = f (1) + f (1)
f (1) = f ((−1)(−1)) = 2f (−1)
f (−a) = f (−1) + f (a) = f (a)
a a
f (a) = f ( b) = f ( ) + f (b)
b b
f (an ) = f (a · · · a) = nf (a) ∀n ∈ N0
f (1) = f (a−n an ) = f (a−n ) + f (an ) ∀n ∈ N0
1 n 1
f (a) = f ((a ) ) = nf (a )
n n ∀n ∈ N0 .

18 Si f est définie en 0, alors f (0) = 0, et 0 = f (0a) = f (0) + f (a). Donc


f (a) = 0,... Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Analyse du problème II
Remarques supplémentaires :
• Puisque toute solution du problème sera paire, il suffit de définir une
solution f sur ]0; +∞[. Alors g(x ) = f (|x |) est une solution sur R0 .
• Si f est une solution, alors pour tout k ∈ R0 , kf aussi.

Proposition
Si f est une solution sur ]0; +∞[, alors il existe une constante c telle que
f 0 (x ) = c x1 , pour tout x .
Preuve : Pour tout x ∈]0; +∞[, on a
f (x + h) − f (x ) f ( x +h ) f (1 + xh ) 1 f (1 + xh )
f 0 (x ) = lim = lim x
= lim = lim .
h→0 h h→0 x xh h→0 x xh x h→0 h
x

La dernière limite existe puisque f est dérivable. Elle est indépendante


de x et vaut (limites de fonctions composées)
f (1 + y )
c = lim = f 0 (1).
y →0 y
19
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Analyse du problème II
Remarques supplémentaires :
• Puisque toute solution du problème sera paire, il suffit de définir une
solution f sur ]0; +∞[. Alors g(x ) = f (|x |) est une solution sur R0 .
• Si f est une solution, alors pour tout k ∈ R0 , kf aussi.

Proposition
Si f est une solution sur ]0; +∞[, alors il existe une constante c telle que
f 0 (x ) = c x1 , pour tout x .
Preuve : Pour tout x ∈]0; +∞[, on a
f (x + h) − f (x ) f ( x +h ) f (1 + xh ) 1 f (1 + xh )
f 0 (x ) = lim = lim x
= lim = lim .
h→0 h h→0 x xh h→0 x xh x h→0 h
x

La dernière limite existe puisque f est dérivable. Elle est indépendante


de x et vaut (limites de fonctions composées)
f (1 + y )
c = lim = f 0 (1).
y →0 y
19 On n’a plus que le choix de c pour fixer la définition. On fixe c = 1.
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La définition
Définition (pas exactement celle de J. Napier (1550 -1617))
La fonction logarithme népérien ln est la fonction dérivable sur ]0, +∞[
dont la dérivée satisfait ln0 (x ) = x1 (x ∈]0, +∞[) et telle que ln(1) = 0.
Rx
On a donc ln(x ) = 1 1t dt, pour tout x ∈]0; +∞[.

Proposition (Propriété fondamentale)


Pour tous a, b > 0, on a

ln(ab) = ln(a) + ln(b).

Preuve : Pour a > 0, la fonction g :]0, +∞[→ R : x 7→ ln(ax ) satisfait


1 1
g 0 (x ) =
a= .
ax x
Il existe c ∈ R t.q. g(x ) = ln(x ) + c, ∀x > 0. On trouve c = ln(a).
La fonction ln est donc une solution du problème de Napier, et toutes les
20 solutions (dérivables) sont les multiples (non nuls) de ln.
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Bijection et représentation graphique
Proposition
La fonction dérivable ln :]0, +∞[→ R : x 7→ ln(x ) est strictement
croissante. On a limx →0 ln(x ) = −∞ et limx →+∞ ln(x ) = +∞. Donc la
fonction ln définit une bijection de ]0, +∞[ sur R.
Preuve : La dérivée est strictement positive, donc ln est strictement
croissante, donc injective. De plus ln(ar ) = r ln(a), pour r ∈ Q, on
obtient donc les limites, et la fonction est surjective par le TVI.

4
3
2
1

1 5 10 20 30 40
−1

21
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Fonctions logarithmes de base quelconque
Si a ∈ R, on a ln(ar ) = r ln(a), pour tout rationnel r . On veut de débarrasser
de ce facteur ln(a).

Proposition
Pour tout a 6= 1, il existe une seule fonction logarithme f telle que f (a) = 1.
On a alors f (ar ) = r pour tout r ∈ Q.
Preuve : On sait que c’est un multiple de ln, facile à déterminer...

Définition
Pour tout a ∈]0, +∞[\{1}, la fonction définie ci-dessus est appelée logarithme
de base a, et notée loga .

Proposition
On a loga (x ) = ln(x )
ln(a)
, pour tout x > 0. Cette fonction est une bijection. Elle est
strictement croissante pour a > 1 et strictement décroissante pour a < 1. On a
1
D loga (x ) = x ln(a) pour tout x > 0.

La base du logarithme népérien est notée e. C’est l’unique nombre tel que
22 ln(e) = 1. On a donc ln = loge .
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Représentations graphiques

4
3 log2 (x )
2 ln(x )
log4 (x )
1

0 1 2 3 4 5 6 7 8
−1
log 14 (x )
−2
−3 log 12 (x )
−4

23
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Représentations graphiques

4
3 log2 (x )
2 ln(x )
log4 (x )
1

0 1 2 3 4 5 6 7 8
−1
log 14 (x )
−2
−3 log 12 (x )
−4

Pourquoi a-t-on log 12 (x ) = − log2 (x ) ?

23
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Exponentielles
Les fonctions logarithmes loga sont toutes inversibles, pour a 6= 1. On a
log−1 r
a (r ) = a pour tout r rationnel. On arrive donc naturellement à :

Définition
Pour a > 0 et a 6= 1, l’exponentielle de base a, notée
expa : R →]0; +∞[: x 7→ expa (x ) = ax ,
est la réciproque de loga .
Les fonctions exponentielles sont toutes liées entre elles :
ln(ax )
x = loga (ax ) = , donc ln(ax ) = x ln(a).
ln(a)

Proposition (Propriété fondamentale)


Pour tous x , y ∈ R, on a
1
ax = e x ln(a) , a(x +y ) = ax ay , a0 = 1 a−x = .
ax
24
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Fonction logarithmes et exponentielles
1. La fonction exponentielle diffère d’une fonction puissance. La
première s’écrit ax tandis que la deuxième s’écrit x p .
2. On peut maintenant donner un sens à toute expression du type ab
quel que soit a > 0.
3. L’expression ax que nous venons définir généralise, pour a > 0,
toutes celles qui ont été introduites auparavant.
4. On a D(ax ) = ax ln(a) pour tout x ∈ R.
5. Pour tout a ∈]0, 1[, la fonction ax est décroissante et vaut 1 en 0.
C’est une bijection de R sur ]0, +∞[. Sa limite en −∞ vaut +∞ et
sa limite en +∞ vaut 0.
6. Pour tout a ∈]1, +∞[, la fonction ax est croissante et vaut 1 en 0.
C’est une bijection de R sur ]0, +∞[. Sa limite en −∞ vaut 0 et sa
limite en +∞ vaut +∞.

25
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Représentations graphiques

40 40
6x ( 16 )x
ex e −x
30 30

20 2x ( 12 )x 20

10 10
5 5
1 1
−1 0 1 2 3 4 −1 0 1 2 3 4

26
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Fonctions hyperboliques, pour votre information
Définition
Les fonctions cosinus hyperbolique cosh et sinus hyperbolique sinh
(parfois notée sh) sont définies par

exp(x ) + exp(−x )
cosh : R → R : x 7→ ,
2
et exp(x ) − exp(−x )
sinh : R → R : x →
7 .
2

Proposition
Les fonctions cosh et sinh sont continues et dérivables sur R. On a
D cosh = sinh et D sinh = cosh. Les propriétés de croissance-décroissance
se déduisent de celles de exp. On a

cosh2 (x ) − sinh2 (x ) = 1, ∀x ∈ R.
et cosh(x ) + sinh(x ) = exp(x ), cosh(x ) − sinh(x ) = exp(−x ).
27
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Le théorème de L’Hospital
f (x )
On veut calculer la limite limx →a g(x ) , où a ∈ R ∪ {−∞; +∞}, dans un
cas où le théorème sur les quotients ne s’applique pas.
Un cas simple :
Si on a le cas 00 , a ∈ R, f et g dérivables en a et g 0 (a) 6= 0 :
f (x )−f (a)
f (x ) f (x ) − f (a) x −a f 0 (a)
lim = lim = lim = .
x →a g(x ) x →a g(x ) − g(a) x →a g(x )−g(a) g 0 (a)
x −a

f 0 (x )
Remarque : Si f 0 et g 0 ont continues en a, c’est aussi limx →a g 0 (x ) .
Exemples :
1−cos(x )
1. On a limx →0 x = limx →0 sin(x ) = 0.
2. On a sin(4x )
limx →0 sin(5x ) = limx →0 54 cos(5x
cos(4x ) 4
) = 5
cos(x )−1
Mais cela ne s’applique pas pour limx →0 x2 . Il faut un théorème plus
performant...

28
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Le théorème
Théorème (L’Hospital)
Si il existe un voisinage V de a tel que
1. f et g sont dérivables sur V ;
2. g et g 0 ne s’annulent pas sur V \ {a} ;
3. On a lim f (x ) = lim g(x ) = 0 ou lim f (x ) = lim g(x ) = ∞ ;
x →a x →a x →a x →a
0
4. On a limx →a gf 0(x )
(x ) = ` ∈ R ∪ {−∞; +∞}
alors f (x )
lim = `.
x →a g(x )
Remarques :
1. Le théorème s’applique aussi si a = r + ou a = r − (r ∈ R). Le
voisinage V est alors de la forme ]r ; r + ε[ ou ]r − ε; r [.
2. On peut appliquer le théorème plusieurs fois :
cos(x ) − 1 − sin(x ) − cos(x ) 1
lim = lim = lim =− .
29 x →0 x2 x →0 2x x →0 2 2
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Applications
Le théorème de L’Hospital permet de calculer les limites suivantes,
parfois en utilisant une astuce de calcul.
sin(3x ) 3
1. limx →0 sin(4x ) = 4 ;
2. limx →0+ x ln x = 0 ;
ln x
3. limx →+∞ x = 0;
4. sin x
limx →0+ x = limx →0− sinx x = 1, limx →0 sin x
x = 1.
5. limx →0 2 sin(x )−sin(2x )
x −sin(x )
3x −1
6. limx →0 2x −1
(ln(x ))2
7. limx →+∞ x
8. limx →0 x 3 (ln(x ))2
ln(4x 2 −3x +2)
9. limx →+∞ ln(7x 2 +3x −4)

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Dérivées multiples
1. si f est dérivable sur ]a, b[, on a f 0 ;
2. f 0 peut être dérivable aussi sur ]a, b[, on a alors f 00 , ou f (2) ou D 2 f ;
3. Plus généralement : f (n) = (f (n−1) )0
Propriétés : ce sont des dérivées, donc on a

(kf )(2) = kf (2) ,

(fg)(2) = f (2) g + 2f 0 g 0 + fg (2) ,


ou plus généralement la formule de Leibniz :
n
X
(fg)(n) = Cnp f (n−p) g (p) .
p=0

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Développement de Taylor
L’idée : approcher une fonction compliquée par une fonction simple
(polynomiale), au voisinage d’un point x0 , et maîtriser l’erreur.

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Développement de Taylor
L’idée : approcher une fonction compliquée par une fonction simple
(polynomiale), au voisinage d’un point x0 , et maîtriser l’erreur.

−3 −2 −1 1 2 3

Figure – La fonction sinus et ses approximations en 0.

32
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Développement de Taylor
L’idée : approcher une fonction compliquée par une fonction simple
(polynomiale), au voisinage d’un point x0 , et maîtriser l’erreur.

−3 −2 −1 1 2 3

Figure – La fonction sinus et ses approximations en 0.

32
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Développement de Taylor
L’idée : approcher une fonction compliquée par une fonction simple
(polynomiale), au voisinage d’un point x0 , et maîtriser l’erreur.

−3 −2 −1 1 2 3

Figure – La fonction sinus et ses approximations en 0.

32
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Développement de Taylor
L’idée : approcher une fonction compliquée par une fonction simple
(polynomiale), au voisinage d’un point x0 , et maîtriser l’erreur.

−3 −2 −1 1 2 3

Figure – La fonction sinus et ses approximations en 0.

32
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Développement de Taylor
L’idée : approcher une fonction compliquée par une fonction simple
(polynomiale), au voisinage d’un point x0 , et maîtriser l’erreur.

−3 −2 −1 1 2 3

Figure – La fonction sinus et ses approximations en 0.

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Deux cas connus et une définition
• Approximation à l’ordre 0 : C’est le théorème de Lagrange (TAF) :
f (x ) = f (x0 ) + (x − x0 )f 0 (u)
| {z } | {z }
P0 (x ) R0 (x )

où u est compris strictement entre x0 et x . On a limx →x0 R0 (x ) = 0.

33
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Deux cas connus et une définition
• Approximation à l’ordre 0 : C’est le théorème de Lagrange (TAF) :
f (x ) = f (x0 ) + (x − x0 )f 0 (u)
| {z } | {z }
P0 (x ) R0 (x )

où u est compris strictement entre x0 et x . On a limx →x0 R0 (x ) = 0.


• Approximation à l’ordre 1 : C’est la définition de la tangente :
f (x ) = f (x0 ) + (x − x0 )f 0 (x0 ) +R1 (x ).
| {z }
P1 (x )

R1 (x )
Le reste devrait “se comporter en (x − x0 )2 ”. On a limx →x0 x −x0 = 0.

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Deux cas connus et une définition
• Approximation à l’ordre 0 : C’est le théorème de Lagrange (TAF) :
f (x ) = f (x0 ) + (x − x0 )f 0 (u)
| {z } | {z }
P0 (x ) R0 (x )

où u est compris strictement entre x0 et x . On a limx →x0 R0 (x ) = 0.


• Approximation à l’ordre 1 : C’est la définition de la tangente :
f (x ) = f (x0 ) + (x − x0 )f 0 (x0 ) +R1 (x ).
| {z }
P1 (x )

R1 (x )
Le reste devrait “se comporter en (x − x0 )2 ”. On a limx →x0 x −x0 = 0.

Définition
Soit une fonction f définie sur ]a, b[ et x0 ∈]a, b[. Un polynôme Pn de
degré inférieur ou égal à n est une approximation de f à l’ordre n en x0 si
Rn (x )
lim = 0.
x →x0 (x − x0 )n
33 où Rn (x ) = f (x ) − Pn (x ) est le reste de l’approximation.
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Une idée intuitive pour la construction
Si on dérive le développement à l’ordre 1, on obtient
f 0 (x ) = f 0 (x0 ) + R10 (x ).
Par continuité de f 0 c’est le développement à l’ordre 0. D’où l’idée :
obtenir le développement à l’ordre n + 1 en primitivant celui à l’ordre n.

34
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Une idée intuitive pour la construction
Si on dérive le développement à l’ordre 1, on obtient
f 0 (x ) = f 0 (x0 ) + R10 (x ).
Par continuité de f 0 c’est le développement à l’ordre 0. D’où l’idée :
obtenir le développement à l’ordre n + 1 en primitivant celui à l’ordre n.
• Données : f deux fois dérivable sur ]a, b[, x0 ∈]a, b[, x ∈]a, b[,
x > x0 .

34
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Une idée intuitive pour la construction
Si on dérive le développement à l’ordre 1, on obtient
f 0 (x ) = f 0 (x0 ) + R10 (x ).
Par continuité de f 0 c’est le développement à l’ordre 0. D’où l’idée :
obtenir le développement à l’ordre n + 1 en primitivant celui à l’ordre n.
• Données : f deux fois dérivable sur ]a, b[, x0 ∈]a, b[, x ∈]a, b[,
x > x0 .
• Développement à l’ordre 1 : Pour t ∈]x0 ; x ], il existe u ∈]x0 ; t[ :
f 0 (t) = f 0 (x0 ) + (t − x0 )f 00 (u(t)).

34
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Une idée intuitive pour la construction
Si on dérive le développement à l’ordre 1, on obtient
f 0 (x ) = f 0 (x0 ) + R10 (x ).
Par continuité de f 0 c’est le développement à l’ordre 0. D’où l’idée :
obtenir le développement à l’ordre n + 1 en primitivant celui à l’ordre n.
• Données : f deux fois dérivable sur ]a, b[, x0 ∈]a, b[, x ∈]a, b[,
x > x0 .
• Développement à l’ordre 1 : Pour t ∈]x0 ; x ], il existe u ∈]x0 ; t[ :
f 0 (t) = f 0 (x0 ) + (t − x0 )f 00 (u(t)).
• On peut rendre t 7→ f 00 (u(t)) continue sur [x0 ; x ], elle admet donc
un minimum (resp. maximum) m (resp. M).
• On primitive : (on calcule la primitiveZqui s’annule en x0 ).
x
f (x ) − f (x0 ) = (x − x0 )f 0 (x0 ) + (t − x0 )f 00 (u(t)) dt .
x0
| {z }
R1 (x )

34
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Une idée intuitive pour la construction
Si on dérive le développement à l’ordre 1, on obtient
f 0 (x ) = f 0 (x0 ) + R10 (x ).
Par continuité de f 0 c’est le développement à l’ordre 0. D’où l’idée :
obtenir le développement à l’ordre n + 1 en primitivant celui à l’ordre n.
• Données : f deux fois dérivable sur ]a, b[, x0 ∈]a, b[, x ∈]a, b[,
x > x0 .
• Développement à l’ordre 1 : Pour t ∈]x0 ; x ], il existe u ∈]x0 ; t[ :
f 0 (t) = f 0 (x0 ) + (t − x0 )f 00 (u(t)).
• On peut rendre t 7→ f 00 (u(t)) continue sur [x0 ; x ], elle admet donc
un minimum (resp. maximum) m (resp. M).
• On primitive : (on calcule la primitiveZqui s’annule en x0 ).
x
f (x ) − f (x0 ) = (x − x0 )f 0 (x0 ) + (t − x0 )f 00 (u(t)) dt .
x0
| {z }
R1 (x )
On a
(x − x0 )2 (x − x0 )2
34 m
2
6 R1 (x ) 6 M
2
.
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Le théorème
On a donc
2R1 (x )
m6 6 M.
(x − x0 )2

1. Brook Taylor (1685-1731)


35
Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Mathématique.
Le théorème
On a donc
2R1 (x )
m6 6 M.
(x − x0 )2
Par le Théorème des Valeurs Intermédiraires, il existe t1 ∈ [x0 , x ] tel que
2R1 (x ) (x − x0 )2 00
= f 00 (u(t1 )), donc R1 (x ) = f (u(t1 ))
(x − x0 )2 2
On constate aussi que u1 = u(t1 ) ∈]x0 , t1 [⊂]x0 ; x [.

1. Brook Taylor (1685-1731)


35
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Le théorème
On a donc
2R1 (x )
m6 6 M.
(x − x0 )2
Par le Théorème des Valeurs Intermédiraires, il existe t1 ∈ [x0 , x ] tel que
2R1 (x ) (x − x0 )2 00
= f 00 (u(t1 )), donc R1 (x ) = f (u(t1 ))
(x − x0 )2 2
On constate aussi que u1 = u(t1 ) ∈]x0 , t1 [⊂]x0 ; x [.

Proposition (Développement de Taylor 1 limité)


Soit f une fonction n + 1 fois dérivable sur ]a, b[ et x0 ∈]a, b[. Pour tout
x ∈]a, b[, x 6= x0 , il existe u compris strictement entre x et x0 tel que
n
X f (k) (x0 ) (x − x0 )n+1 (n+1)
f (x ) = (x − x0 )k + f (u).
k! (n + 1)!
k=0

1. Brook Taylor (1685-1731)


35
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Développement de Taylor

Proposition (Développement de Taylor)


Soit f une fonction n + 1 fois dérivable sur ]a, b[. Pour tout x0 ∈]a, b[, le
polynôme défini par
n
X f (k) (x0 )
Pn (x ) = (x − x0 )k
k!
k=0

est l’approximation à l’ordre n de f en x0 .

1. En x0 = 0, l’approximation est appelée développement de


Mac-Laurin.
2. Le graphe de l’approximation à l’ordre 2, si f 00 (x0 ) 6= 0, est la
parabole osculatrice au graphe de f en (x0 , f (x0 )).

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Exemple
On cherche le développement à l’ordre 4 de cos en 0. On calcule les
dérivées successives :
• f (x ) = cos(x ) • cos(0) = 1
• D 1 cos(x ) = − sin(x ) • D cos(0) = 0
• D 2 cos(x ) = − cos(x ) • D 2 cos(0) = −1
• D 3 cos(x ) = sin(x ) • D 3 cos(0) = 0
• D 4 cos(x ) = cos(x ) • D 4 cos(x ) = 1

Le développement est donc


x2 x4
cos(x ) = 1 − + + R4 (x ),
2 4!
5
Et le reste peut s’exprimer par R4 (x ) = x5! (− sin u), pour un u compris
entre 0 et x . Comme | sin(u)| 6 1,
|x |5
|R4 (x )| 6
5!
et par exemple cos(1) ∼ 1 − 1/2 + 1/24 = 0, 5416 avec une erreur d’au
37 plus 1/120.
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Une application théorique

Proposition (Critère de la dérivée seconde)


Soit f une fonction deux fois continûment dérivable sur ]a, b[. Soit x0 un
point stationnaire de f tel que f 00 (x0 ) > 0 (resp. < 0). Alors f admet un
minimum (resp. maximum) strict local en x0 .

On a en effet
(x − x0 )2 00
f (x ) = f (x0 ) + f 0 (x0 )(x − x0 ) + f (u),
| {z } 2 | {z }
=0 >0

si x est assez proche de x0 .

Pour se rappeler ce résultat, penser aux fonctions f : x 7→ x 2 en x0 = 0


et f : x 7→ −x 2 en x0 = 0.

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Et pour finir, un mot sur la concavité
Un fonction convexe Une fonction concave

f (x2 )

S(x2 ) (x3 , f (x3 ))


S(x2 )
(x1 , f (x1 ))
f (x2 )

x1 x2 x3 x1 x2 x3

f (x2 ) 6 S(x2 ) f (x2 ) > S(x2 )

f (x3 )−f (x1 )


f (x2 ) 6 f (x1 ) + x3 −x1
(x2 − x1 )

f (x3 )−f (x1 )


f (x2 ) 6 f (x3 ) + x3 −x1
(x2 − x3 )
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Définition formelle et caractérisation
Définition
Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert ]a, b[.
1. f est convexe sur I si pour tous x1 6 x2 6 x3 ∈ I, f (x2 ) 6 S(x2 ), où
S est l’unique fonction du premier degré telle que f (x1 ) = S(x1 ) et
f (x3 ) = S(x3 ).
2. f est concave sur I si, avec les mêmes notations, on a f (x2 ) > S(x2 ).

Proposition
Soit f une fonction dérivable sur ]a, b[. Alors f est convexe sur ]a, b[ si,
et seulement si f 0 est croissant sur ]a, b[.

Proposition
Soit f une fonction deux fois dérivable sur ]a, b[. Alors f est convexe sur
]a, b[ si et seulement si f 00 (x ) > 0 pour tout x ∈]a, b[.

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