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Mécanique des fluides
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La mécanique des fluides est un domaine de la physique consacré à
l’étude du comportement des fluides (liquides, gaz et plasmas) et des
forces internes associées. C’est une branche de la mécanique des milieux
continus qui modélise la matière à l’aide de particules assez petites pour
relever de l’analyse mathématique, mais assez grandes par rapport
aux molécules pour être décrites par des fonctions continues.
Elle comprend deux sous-domaines : la statique des fluides, qui est l’étude
des fluides au repos, et la dynamique des fluides, qui est l’étude des
fluides en mouvement.
Historique
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Article connexe : Histoire de la mécanique des fluides.
Principales branches
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Statique des fluides
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Article détaillé : Hydrostatique.
L'hydrostatique, ou statique des fluides, est l'étude des fluides immobiles.
Ce domaine a de nombreuses applications comme la mesure de pression
et de masse volumique. Elle offre des explications physiques à de
nombreux phénomènes de la vie quotidienne, comme la poussée
d’Archimède ou les raisons pour lesquelles la pression atmosphérique
change avec l'altitude.
L'hydrostatique est fondamentale pour l'hydraulique, l'ingénierie des
équipements de stockage, de transport et d'utilisation des fluides. Elle est
également pertinente pour certains aspects de la géophysique ou de
l'astrophysique (par exemple, pour comprendre la tectonique des
plaques et les anomalies du champ gravitationnel de la Terre), pour
la météorologie, la médecine (dans le contexte de la pression artérielle) et
de nombreux autres domaines.
Dynamique des fluides
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La dynamique des fluides, ou hydrodynamique, est une sous-discipline de
la mécanique des fluides qui traite de l'écoulement des fluides, soit les
liquides ou les gaz en mouvement1. La dynamique des fluides offre une
structure systématique qui englobe des lois empiriques et semi-
empiriques, dérivées de la mesure du débit et utilisées pour résoudre des
problèmes pratiques. La solution à un problème de dynamique des fluides
implique généralement le calcul de diverses propriétés du fluide, telles
que la vitesse, la pression, la densité et la température, en tant que
fonctions de l'espace et du temps.
La dynamique des fluides couvre plusieurs sous-disciplines comme :
l'aérodynamique2,3,4,5 (l'étude des gaz en mouvement) ;
l'hydrodynamique6,7 (l'étude des liquides en mouvement).
Mesures, dans l'air, des caractéristiques
hydrodynamiques d'un sous-marin dans la soufflerie Full-scale de Langley.
Distribution des pressions sur des ogives
ellipsoïdales de fusées (en subsonique) d'après les mesures en tunnel
hydraulique de Rouse et McNown.
S'agissant d'écoulements de gaz incompressibles (ou assimilés),
l'aérodynamique rejoint précisément l'hydrodynamique (et vice-versa),
c'est-à-dire que les raisonnements théoriques et les mesures
expérimentales qui valent pour les liquides valent aussi pour les gaz
(incompressibles ou assimilés) et vice et versa. Ainsi peut-on calculer
théoriquement avec les mêmes méthodes les efforts suscités par des
écoulements liquides ou gazeux (incompressibles ou assimilés) ; ainsi
encore peut-on déterminer expérimentalement les caractéristiques
de portance et de traînée de fusées dans l'eau (image de gauche) ou de
sous-marins dans l'air (image de droite).
La dynamique des fluides a un large éventail d'applications, dont le calcul
des forces et moments s'appliquant sur les aéronefs, la détermination
du débit massique de pétrole dans les pipelines, la prévision de l'évolution
des conditions météorologiques, la compréhension des nébuleuses dans
l'espace interstellaire et la modélisation des explosions. Certains principes
de dynamique des fluides sont utilisés dans l'ingénierie du trafic et
la dynamique des foules.
Échelles et nature du problème hydrodynamique
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Niveau microscopique
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Au niveau le plus bas de la modélisation, on décrit le milieu par position et
vitesse de chaque particule constitutive et le potentiel d'interaction entre
elles. Cette approche est bien sûr limitée par la quantité d'information
qu'elle suppose. Elle est utilisée :
en pratique dans les méthodes de dynamique moléculaire où elle
constitue une véritable expérience numérique possible pour un
liquide comme pour un gaz,
en théorie pour des tentatives de construction ab initio d'un système
formel de description macroscopique du milieu. Ce type d'approche
est extrêmement difficile et peu de résultats ont été obtenus depuis
les travaux de Jean Leray. En particulier, l'existence de solutions
régulières des équations de Navier-Stokes fait l'objet du prix Clay.
Pour les gaz et à un niveau moins détaillé on se contente de décrire
la distribution statistique des vitesses et éventuellement de tous les autres
degrés de liberté (énergie interne, rotation et vibration dans le cas de
molécules). Ludwig Boltzmann a ainsi réussi à écrire l'équation cinétique
qui porte son nom. Cette fonction du temps, de la position et de la vitesse
peut être calculée à partir d'outils comme la simulation directe Monte
Carlo ou la méthode de gaz sur réseau particulièrement bien adaptée aux
milieux poreux. Il s'agit de calculs coûteux en raison de la dimension 7 du
problème. Pour cette raison on utilise généralement un potentiel
d'interaction peu réaliste physiquement mais conduisant à des résultats
acceptables.
Niveau mésoscopique
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Par ce vocable on entend la description de phénomènes descriptibles à
une échelle grande devant la précédente mais petite devant l'échelle du
continu.
Concept de particule élémentaire du fluide
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La particule fluide décrit un fluide à l'échelle mésoscopique : c'est un
volume de dimension suffisamment petite pour que les propriétés du
fluide ne varient pas spatialement dans la particule et suffisamment grand
pour qu'une quantité importante de molécules soient comprises dedans de
manière à moyenner les fluctuations statistiques 8.
On peut effectuer dans cette particule un bilan de masse, de quantité de
mouvement et d'énergie en utilisant les flux correspondants sur les limites
du domaine. Cette approche conduit à l'écriture des équations de
conservation correspondantes et, par passage à la limite, aux équations
descriptives du phénomène. Cette méthode est aussi la base de la
description numérique, le volume élémentaire étant alors la maille
élémentaire du calcul.
Suppression des détails de taille intermédiaire
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La géométrie étudiée peut comprendre des détails dont la prise en compte
explicite va rendre le problème coûteux, par exemple une rugosité de la
surface ou le détail de la géométrie d'un milieu poreux. Dans ce dernier
cas les méthodes bien connues de la prise de moyenne volumique ou de
l'homogénéisation permettent le calcul de quantités intervenant sous
forme de coefficients comme le coefficient de diffusion dans l'équation de
Darcy. Dans le cas d'une rugosité l'homogénéisation aboutit à l'écriture
d'une relation de saut à la paroi, c'est-à-dire une relation liant toute valeur
à sa dérivée spatiale.
On peut faire également entrer dans cette catégorie les phénomènes de
raréfaction dans un choc ou une couche pariétale. Dans ces régions
d'espace les équations du continu sont invalides sur une distance de
quelques libres parcours moyens. On peut généralement les ignorer.
Lorsque ce n'est pas les cas leur modélisation aboutit comme
précédemment à des équations de saut. Les relations de Rankine-
Hugoniot en sont un exemple.
Enfin, et ce n'est pas le moindre problème, on peut faire disparaître toutes
les fluctuations d'un écoulement turbulent par des méthodes de
moyennage très diverses, pouvant ramener le problème à une simple
diffusion équivalente. Là aussi le but est de simplifier le calcul, possible
par la simulation directe, mais coûteux.
Niveau macroscopique
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Le niveau macroscopique résulte donc d'une simplification drastique de
tous les détails du problème, lesquels sont tout de même présents au
travers des coefficients qui interviennent dans les équations descriptives,
des conditions aux limites et de l'équation d'état du milieu.
Compressible et incompressible
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Ces notions qui séparent nettement deux types d'écoulements ont une
origine microscopique :
le caractère compressible généralement associé à un gaz est lié au
fait qu'un tel milieu est formé d'objets très espacés ayant des
interactions rares, caractérisées par un potentiel particule-particule.
Ceci est vrai même dans le cas de milieux contenant des espèces
chargées en faible proportion, où les électrons ne sont pas
totalement libres et accompagnent (statistiquement) les ions
(diffusion ambipolaire). La connaissance de ces potentiels,
aujourd'hui d'origine spectroscopiquea, est suffisante pour permettre
le calcul de toutes les propriétés de transport du milieu : coefficients
de diffusion binaire et thermique (équations de Stefan-
Maxwell), viscosités dynamique et volumique, conductivité. Ce
caractère de milieu peu dense n'est pas affecté par un changement
de pression donc une variation du libre parcours moyen entre deux
collisions.
le caractère d'incompressibilité associé aux liquides est lié aux
liaisons que voit une particule dans un tel milieu. Elle est en effet
liée à plusieurs voisins, même si ces liaisons ne sont pas aussi
strictes que dans un solide. Ce caractère interdit une approche
formelle comme dans les gaz : les propriétés de transport sont
mesurées, la théorie ne permettant que d'expliquer les variations
avec la température par exemple9. L'incompressibilité des liquides
n'est cependant pas absolue : une pression très élevée de quelques
centaines de GPa telle que rencontrée dans le noyau terrestre met
en évidence une variation de masse volumique des composants
liquides.
Dans la pratique, pourtant, on peut souvent considérer les gaz
comme incompressibles, du moins lorsqu'ils s'écoulent à un nombre
de Mach inférieur à 0,4 (ou plus, selon la précision requise). Cette
licence d'ingénieur ne signifie pas que, dans ces circonstances, les
gaz soient vraiment incompressibles (ils sont compressibles) mais
elle vaut parce que leur compressibilité modifie assez peu les
conditions de calcul de leur écoulement (et des forces qui vont avec,
pour l'ingénieur).
Équations
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Les équations de Navier-Stokes pour un fluide simple (newtonien) sont la
pierre angulaire du domaine, à partir desquelles on déduit de nombreuses
autres lois.
Ces équations sont écrites dans un repère fixe, avec deux expressions des
différentes grandeurs en fonction de la position : soit en fonction des
coordonnées actuelles dans le repère (description eulérienne), soit en
fonction des coordonnées occupées à un certain instant initial (description
lagrangienne). Dans le premier cas le vecteur représente la vitesse à
l'instant t et au point de coordonnées () (mais à différents instants il ne
s'agira pas de la même portion de matière), dans le second
cas représente la vitesse à l'instant t de la matière qui à l'instant initial
occupait la position (et qui à l'instant t se trouve en un point différent ).
On utilise le plus souvent la description eulérienne.
Équations de base
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On peut obtenir ces équations par au moins deux voies :
à partir des relations de conservation de la masse, de la quantité de
mouvement et de l'énergie,
à partir de l'équation de Boltzmann décrivant l'évolution moléculaire
par la méthode de Chapman-Enskog. Cette méthode n'est utilisable
que pour les gaz en raison de la simplicité relative des interactions
au niveau microscopique dans ce cas.
Dans la première méthode apparaissent le tenseur des contraintes (ou
tenseur de pression, incluant contraintes visqueuses et pression) et le flux
de chaleur. Pour ces deux quantités on fait l'hypothèse qu'elles sont liées à
un gradient :
le flux de chaleur est proportionnel au gradient de température (loi
de Fourier),
le tenseur des contraintes est proportionnel au tenseur des vitesses
de déformation (hypothèse de Stokes). En une dimension d'espace
cette expression s'exprime en disant que la contrainte visqueuse est
proportionnelle au taux de cisaillement. Ceci définit un écoulement
« newtonien ».
Le mécanisme sous-jacent dans les deux cas n'est pas très apparent : on
se doute que cette proportionnalité est liée à une linéarisation des
équations qui décrivent le problème exact sous-jacent. C'est là un
processus général en physique mathématique.
La méthode partant du microscopique permet d'éclairer cet aspect. Les
équations de Navier-Stokes sont l'expression d'une petite perturbation de
la fonction de distribution microscopique des vitesses et, éventuellement,
des énergies internes (statistique de Maxwell-Boltzmann). A
contrario les équations d'Euler décrivent le cas correspondant à l'équilibre
thermodynamique local.
Il faut alors donner les coefficients qui interviennent : pression, viscosité et
conductivité. La pression est définie par l'équation d'état. Les propriétés
de transport, viscosité et conductivité peuvent résulter dans le cas du gaz
d'un calcul effectué à partir du niveau microscopique (du potentiel
interatomique). Pour les liquides ces quantités relèvent de l'expérience.
[afficher]
Exemple : fluide incompressible
Similitude
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La similitude est la mise en évidence de nombres sans dimensions
permettant de réduire le nombre de paramètres intervenant dans les
équations afin de simplifier son analyse, éventuellement de définir des
expériences à l'échelle du laboratoire. Elle est basée sur l'invariance
d'échelle qui assure la covariance des équations : celles-ci sont valides
dans tout référentiel galiléen.
On peut alors par un changement de variable faire apparaître des nombres
adimensionnels et diminuer ainsi le nombre de variables d'un problème.
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Exemple : nombre de Reynolds
Instabilités et turbulence
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Instabilités
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Instabilité de Kelvin-Helmholtz matérialisée par des nuages.
transport de quantité de mouvement V ⋅ ∇V. Elles correspondent à une
L'instabilité des solutions des équations est due au terme non linéaire de
bifurcation de la solution obtenue pour une certaine valeur du nombre de
Reynolds. On rencontre divers types d'instabilités :
instabilité de cisaillement bidimensionnelle pour des profils de
vitesse perpendiculaire à l'écoulement ayant un point d'inflexion
(instabilité de Kelvin-Helmholtz). Le tourbillon généré est dans le
plan de l'écoulement ;
instabilités centrifuges de type Taylor-Couette qui se crée lorsque le
moment cinétique r V(r) décroît lorsque l'on s’éloigne du centre de
courbure. Le tourbillon généré est perpendiculaire à l'écoulement,
conduisant par exemple aux tourbillons de Görtler. Il existe nombre
d'autres instabilités de type inertiel telles l'instabilité elliptique et
l'instabilité de Crow rencontrées en aéronautique ou en
géophysique10.
De plus les interfaces soumises à une accélération ou à un champ de
gravité peuvent être le siège d'instabilités : Rayleigh-Taylor, Richtmyer-
Meshkov, etc.
Transition vers la turbulence
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Strioscopie de l'écoulement transitionnel créé par une chandelle.
Le passage de l'état laminaire d'un écoulement vers un état totalement
turbulent peut emprunter plusieurs voies :
transition naturelle : une perturbation quelconque est amplifiée
comme le montre une analyse de stabilité (équation de Orr-
Sommerfeld). Les perturbations d'abord régulières (ondes de
Tollmien-Schlichting) se déforment, créent des tourbillons
longitudinaux qui sont eux-mêmes déformés et qui finissent par
créer des régions (« spots ») turbulentes, lesquelles finissent par
occuper tout l'espace.
transition « by-pass » : ce phénomène, présent dans les couches
limites, désigne une transition forcée par la contamination par une
turbulence externe. Les premières étapes de la transition naturelle
sont contournées, d'où le nom.
transition par rugosité : les irrégularités de la paroi sont un moteur
puissant de déstabilisation de la couche limite.
transition par décollement de l'écoulement moyen créant une
couche de cisaillement instable.
Il n'existe pas de modèle universel de transition. Ceci est aisément
compréhensible dans le cas de la transition naturelle où la source de
l'instabilité peut être diverse et où de plus son amplitude joue un rôle. De
même on ne maîtrise pas forcément une turbulence externe. En pratique
on utilise des critères expérimentaux valides sur telle ou telle
configuration.
Turbulence
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Visualisation par fluorescence induite par laser d'un jet turbulent.
La turbulence est un phénomène étudié depuis Léonard de Vinci mais
encore mal compris. Il n'existe pas de théorie permettant de décrire le
phénomène à partir des équations de Navier-Stokes. La cascade
créées par les gradients de vitesse - encore le terme V ⋅ ∇V - vers les
turbulente se manifeste par un transfert d'énergie des grandes structures
petits tourbillons détruits par dissipation visqueuse. Un résultat majeur
obtenu par Kolmogorov est la description des échelles intermédiaires où se
produit une diffusion de l'énergie cinétique par mélange et étirement/repli
des tourbillons. Cette région possède une propriété d'auto-similitude : les
transferts se produisent identiquement à toutes les échelles. Ce résultat
illustre la capacité explicative de l'approche physique
statistique et systèmes dynamiques.
Une turbulence quasi-bidimensionnelle est obtenue lorsque l'une des
dimensions du problème est limitée. C'est le cas de l'atmosphère, où les
grands tourbillons excèdent largement la « hauteur utile » où peut se
développer une troisième dimension. Il se produit alors une double
cascade d'énergie11.
En pratique, l'approche physique statistique ne permet pas un calcul
global. De même la résolution directe des équations est beaucoup trop
coûteuse et ne sert qu'à générer des expériences numériques servant de
test à une théorie. En pratique la mécanique des fluides numérique utilise
une méthode où les moments des corrélations statistiques des variables
issus d'une prise de moyenne sont modélisés par une hypothèse physique
raisonnable. Il existe plusieurs modèles, chacun étant plus ou moins
adaptée à une situation donnée.
Les effets de la turbulence sur l'écoulement sont importants. Directement
ils favorisent les échanges de masse, quantité de mouvement et énergie.
Ce phénomène augmente également le bruit acoustique. Il a aussi un effet
indirect en modifiant la structure globale d'une région, par exemple la
région décollée d'une couche limite ou un jet.
Lois de comportement
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La loi de comportement d'un milieu solide ou fluide (voire intermédiaire)
relie les contraintes σij exercées dans le milieu aux déformations εij du
milieu et/ou à leurs dérivées par rapport au temps.
Fluide newtonien
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Article détaillé : Fluide newtonien.
Pour beaucoup de fluides, le tenseur des contraintes peut s'écrire comme
la somme d'un terme isotrope (la pression p) et d'un déviateur (le
cisaillement):
δij est le symbole de Kronecker, μ la viscosité dynamique et V la vitesse.
En réalité, il existe toujours un terme de viscosité volumique μ' div V δij
correspondant à une variation isotrope de volume et dû à des interactions
moléculaires inélastiques. Ce terme est généralement négligé quoique
mesurable et, dans le cas des gaz, calculable 12. Très petit, il est supposé
nul dans l'hypothèse de Stokes.
Certains matériaux comme les verres ont un comportement qui passe
continûment de l'état solide à l'état liquide. C'est vraisemblablement le
cas du verre commun si l'on en croit les mesures de viscosité dans la
plage où celles-ci sont faisables en un temps raisonnable 13,b ou celle
du Silly Putty.
Fluides non newtoniens
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Versement vertical d'un shampooing qui crée un jet latéral par effet Kaye.
De nombreux fluides ont des comportements différents, particulièrement
en cisaillement. Ce comportement est lié à leur composition : phase solide
en suspension, polymère, etc. Leur étude relève de la rhéologie. On
présente généralement leur comportement sous un cisaillement simple
pour lequel la viscosité est la pente de la courbe contrainte-déformation :
le fluide de Bingham (boue de forage, dentifrice) qui a un
comportement visqueux newtonien passé un seuil de déformation
correspondant à la dislocation de sa structure au repos.
fluides rhéofluidifiants ou pseudo-plastiques (sang, peintures, pâte à
papier, etc.) dont la viscosité apparente diminue avec la contrainte
appliquée, le phénomène étant lié à une diminution des liaisons
internes, affectées par l'écoulement. Certains fluides de Bingham
ont un comportement pseudo-plastique.
à l'inverse certains fluides sont rhéoépaississants ou dilatants
comme les suspensions concentrées.
La relation contraintes-déformation n'est pas suffisante pour caractériser
certains fluides dont le comportement est plus complexe :
dépendance en fonction du temps comme les
fluides thixotropes comme le ketchup dont la viscosité apparente
diminue avec le temps sous contrainte constante. Ce phénomène
est lié à une déstructuration plus ou moins rapide du milieu. Plus
rarement on rencontre des fluides antithixotropes comme le latex.
Un autre caractère possible est l'élasticité de fluides comme
certaines résines polyacrilamides capables d'aligner leurs chaînes
macromoléculaires dans le sens de l'écoulement.
Ces caractéristiques peuvent donner naissance à des comportements
remarquables comme :
l'effet Weissenberg pour les fluides pseudo-plastiques14 ;
l'effet de siphon ouvert pour les fluides élastiques 15 ;
l'effet Kaye pour les fluides thixotropes16.
Les comportements peuvent être décrits par des modèles
rhéologiques obtenus en ordonnant de manière plus ou moins complexes
des éléments de base : ressort pour l'élasticité, amortisseur pour le
comportement visqueux, patin pour la pseudo-plasticité 17. On obtient ainsi
le modèle de Kelvin-Voigt ou le modèle de Maxwell pour décrire la
viscoélasticité.
Les caractéristiques sont mesurées à l'aide de rhéomètres ou, dans le cas
des polymères, peuvent être prédites18.
Types d'écoulement (milieu homogène)
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Stationnarité, instationnarité
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Allée de tourbillons de Karman.
Un écoulement peut être stationnaire ou instationnaire ou les deux à la
fois. Prenons l'exemple de l'écoulement autour d'un cylindre infini 19 :
à bas nombre de Reynolds basé sur le diamètre l'écoulement est
laminaire et stationnaire ;
lorsque le nombre de Reynolds augmente (Re ≈ 10), on voit
apparaître une région de recirculation à l'arrière : cet écoulement est
stationnaire ;
cette recirculation entraîne une instabilité de type Kelvin-
Helmholtz (Re ≈ 100) et l'apparition d'allées de Kármán par
appariement des tourbillons produits de part et d'autre 20,21 ;
à plus grand nombre de Reynolds (Re ≈ 1000) l'écoulement de
sillage devient turbulent donc instationnaire mais stationnaire
en moyenne statistique.
Vorticité
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Tourbillon de bout d'aile.
Les tourbillons peuvent naître dans une région décollée comme la
recirculation dans l'exemple précédent. Il s'agit alors d'un phénomène
entretenu d'origine visqueuse.
Ils peuvent également avoir pour origine une dissymétrie des conditions
aux limites : c'est le cas des extrémités d'une aile d'avion. Dans ce cas il
s'agit d'un phénomène inertiel non entretenu (en un point de l'espace
donné). Les tourbillons ainsi créés sont de grande taille et peu affectés par
la viscosité, ce leur confère une grande durée de vie.
Mathématiquement, le tourbillon (ou vorticité) se définit comme
le rotationnel de la vitesse ou la moitié de cette valeur. On sait écrire une
équation de transport pour cette quantité22 qui est à la base des études
sur la turbulence vue sous l'angle mécanique des fluides et non sous
l'angle statistique comme dans l'étude de la cascade turbulente.
Compressibilité
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Balle de fusil en vol transsonique.
Tous les fluides sont visqueux jusqu'à un certain degré.
La compressibilité de l'eau par exemple vaut environ 5 × 10−10 m2 N−1, ce
qui suppose des pressions de l'ordre du kilobar pour obtenir un effet
mesurable. Cette faible valeur permet dans le cas général de faire
l'approximation de masse volumique constante. Les écoulements dans
lesquels cette approximation est valide sont généralement tels que la
température y est sensiblement constante et où l'on peut par suite
supposer la viscosité constante. L'équation de conservation de l'énergie
est découplée et les équations de Navier-Stokes réduites à une forme plus
simple. Si de plus on suppose le nombre de Reynolds petit (Re ≈ 1) on
aboutit à l'équation de Stokes. Dans le cas d'un écoulement irrotationnel
on montre que la vitesse découle d'un potentiel : on parle d'écoulement
potentiel.
Toutefois, la compressibilité d'un liquide n'est jamais nulle et il est possible
d'y propager une onde de choc, laquelle suppose une discontinuité des
toutes les variables comme indiqué par les relations de Rankine-Hugoniot.
Celles-ci sont relatives aux équations d'Euler, donc à un milieu sans
viscosité. Cette discontinuité n'existe qu'au point de vue macroscopique
puisque la théorie cinétique montre pour les gaz une variation rapide sans
discontinuité sur une distance de quelques libres parcours moyens.
L'onde de choc résulte d'une propriété remarquable des équations
d'Euler : leur caractère hyperbolique. L'information dans le milieu est
transportée par les caractéristiques. Ceci a donné lieu par le passé à des
méthodes de résolution par construction géométrique dans des cas assez
simples comme une tuyère ou l'onde accompagnant un objet en vol
supersonique. Cette propriété est aujourd'hui à la base des méthodes de
résolution numérique par volumes finis : les solveurs de Riemann.
Écoulements visqueux et non visqueux, couche limite
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Hors problème de turbulence, les effets dits visqueux, en fait tous les
effets liés au transport de masse (diffusion), de quantité de mouvement
(cisaillement) et d'énergie (conduction), sont généralement confinés à des
régions particulières, généralement une paroi et dans ce cas on parle
de couche limite. Un immense progrès dans la compréhension de ce
phénomène a été fait au début du XXe siècle. Il a permis l'avènement de
l'aérodynamique moderne grâce à l'analyse que permet son
caractère parabolique : l'information ne remonte pas l'écoulement. En
outre la relative simplicité des équations autorise la mise en évidence
de solutions approchées.
Écoulement en milieu inhomogène
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Écoulements à surface libre
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La Grande Vague de Kanagawa ou la transition
d'un écoulement à surface libre vers un écoulement diphasique
Les écoulements à surface libre désignent les écoulements d'un fluide
limité par une surface libre continue. Ils concernent essentiellement
l'atmosphère, les océans ou les lacs et les rivières ou canaux, mais
peuvent aussi décrire une étoile par exemple.
Les problèmes à grande échelle dans l'atmosphère ou l'océan ne
possèdent pas de caractère spécifique. Ils sont décrits par les équations de
Navier-Stokes. D'autres sont limités dans une ou plusieurs directions
d'espace. Ce sont :
les écoulements en eau peu profonde qui peuvent se rencontrer
dans l'atmosphère. Ils sont décrits par une vitesse où deux
composantes sont dominantes. On décrit ainsi les courants de
marée, les seiches, les mascarets, les vagues non déferlantes, les
ondes de gravité comme le tsunami mais aussi dans l'atmosphère
les ondes de Rossby, de Kelvin, etc.
les écoulements de canaux et rivières qui sont décrits par leur seule
vitesse moyenne.
La tension superficielle ne joue pas de rôle dans ce type de problème.
Écoulements polyphasiques
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Article détaillé : Écoulement polyphasique.
Cavitation générée par une hélice.
Ce domaine de la mécanique des fluides23 s'intéresse à ce qui se passe
lorsque l’on a affaire à plusieurs phases qui s’écoulent ensemble. Dans la
majorité des cas il s'agit d'un milieu diphasique où une phase mineure en
volume est dispersée dans la phase majeure. On peut distinguer en
fonction du milieu majoritaire :
liquide contenant un gaz sous forme de bulles (ébullition, échangeur
de chaleur), de liquide (nombreuses applications industrielles, en
particulier l'industrie pétrolière), de solide (suspensions diluées) ou
de vide (cavitation),
gaz contenant un liquide sous forme de gouttes (sprays).
Cette systématisation des phénomènes peut faire illusion : cela cache des
problèmes de natures très différentes. Par exemple les bulles et leur
interaction avec leur environnement constituent à elles seules un vrai
problème physique que l'on doit aborder avant même de s'intéresser au
problème diphasique.
Pour le traitement théorique et numérique du problème on distingue les
méthodes cinétique où l'on suit chaque élément de la phase diluée en lui
appliquant les lois d'interaction ad hoc (par exemple dans l'équation de
Mason-Weaver) et méthodes bifluides où des équations de Navier-Stokes
couplées sont écrites pour chaque phase, moyennant certaines
hypothèses sur le moyennage des phases (exemple de la méthode du
volume de fluide. Cette méthode est plus économique mais pose souvent
des problèmes de conditions aux limites où les hypothèses ne sont pas
respectées.
Il faut noter que les systèmes diphasiques sont susceptibles de montrer
des instabilités spécifiques, un exemple remarquable étant le geyser.
En taille et fraction suffisante les éléments dispersés peuvent affecter la
turbulence.
Écoulements en milieu poreux
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Microtomographie d'un composite Ti2AlC / Al.
Les écoulements en milieu poreux sont présents dans de nombreux
domaines comme l'hydrologie, les protections thermiques, etc. Il s'agit
souvent de fluides homogènes mais on rencontre des cas hétérogènes
comme dans l'extraction pétrolière. Ce sont par nature des écoulements
de fluide à faible vitesse, généralement décrits par l'équation de Stokes à
l'échelle du pore. La loi de Darcy établie expérimentalement est
démontrable par prise de moyenne volumique ou homogénéisation sous
cette condition. L'extension à des écoulements plus rapides (loi de Darcy-
Forchheimer) se fait en introduisant un nombre de Reynolds. Pour les gaz
on sait également traiter tous les régimes d'écoulement depuis le
moléculaire jusqu'au continu (équation de Darcy-Klinkenberg).
La quantité importante dans le domaine est la perméabilité. Celle-ci est
mesurable. Elle a longtemps été évaluée théoriquement par des modèles
utilisant des porosités de forme simple, respectant la porosité (par
exemple la loi de Kozeny-Carman). Ces méthodes ont une prédictibilité
limitée aux variations et non aux valeurs absolues. Ceci a changé avec
l'avènement de la microtomographie qui permet une simulation
numérique directe du phénomène à l'échelle du pore.
Branches interdisciplinaires
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Microfluidique
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Article détaillé : microfluidique.
Magnétohydrodynamique
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Article détaillé : magnétohydrodynamique.
Mécanique des fluides numérique
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Article détaillé : Mécanique des fluides numérique.
La mécanique des fluides numérique consiste à étudier les mouvements
d'un fluide, ou leurs effets, par la résolution numérique des équations
régissant le fluide. En fonction des approximations choisies, qui sont en
général le résultat d'un compromis en termes de besoins de
représentation physique par rapport aux ressources de calcul ou de
modélisation disponibles, les équations résolues peuvent être
les équations d'Euler, les équations de Navier-Stokes, etc.
La mécanique des fluides numérique a grandi d'une
curiosité mathématique pour devenir un outil essentiel dans pratiquement
toutes les branches de la dynamique des fluides, de la
propulsion aérospatiale aux prédictions météorologiques en passant par le
dessin des coques de bateaux. Dans le domaine de la recherche, cette
approche est l'objet d'un effort important, car elle permet l'accès à toutes
les informations instantanées (vitesse, pression, concentration) pour
chaque point du domaine de calcul, pour un coût global généralement
modique par rapport aux expériences correspondantes. Les méthodes ont
porté non seulement sur le calcul proprement dit mais également sur le
traitement des données issues de l'expérience (éventuellement
numérique).
Cette discipline a prospéré grâce aux progrès des ordinateurs bien sûr
mais aussi grâce à ceux de l'analyse numérique et de l'analyse tout court.
Notes et références
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Notes
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a. ↑ Pendant longtemps, une approche intermédiaire a consisté à
déduire le potentiel (par exemple de type Lennard-Jones) de la
mesure de viscosité et de calculer les autres coefficients.
b. ↑ On ne peut pas caractériser un phénomène par une observation
effectuée pendant une durée faible devant le temps caractéristique
de variation de celui-ci. Cette observation triviale est contenue dans
le nombre de Deborah.
Références
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Voir aussi
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Bibliographie
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Sur les autres projets Wikimedia :
Mécanique des fluides, sur Wikimedia Commons
mécanique des fluides, sur le Wiktionnaire
Mécanique des fluides, sur Wikiversity
Ouvrages de référence
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Vulgarisation
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Étienne Guyon, Jean-Pierre Hulin et Luc Petit, Ce que disent les
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Romain Rioboo, « Introduction à la mécanique des
fluides [archive] », sur YouTube
Isabelle Gallagher, « Kolmogorov, le spectre de la
turbulence [archive] », sur Bibliothèque nationale de France
Articles connexes
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Une catégorie est consacrée à ce sujet : Mécanique des fluides.
Cinématique des fluides
Ligne de courant
Estimation stochastique en mécanique des fluides
Liens externes
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ent
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dilatant (en)
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