Extrait 42573210
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III
Cet ouvrage fait par tie de
Verres et céramiques
(Réf. Internet ti589)
composé de :
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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Verres et céramiques
(Réf. Internet ti589)
Jacques AUBERT
Ingénieur ICAM (EUR-ING), Les experts du verre
Pierre LEFORT
Professeur à l’Université de Limoges
Jacques POIRIER
Professeur émérite à l’Université d’Orléans
Stéphane VALETTE
Maître de Conférences à l’Université de Limoges
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V
Les auteurs ayant contribué à cet ouvrage sont :
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VI
Sciences et technologies du verre
(Réf. Internet 42573)
SOMMAIRE
Authentification de bouteilles de vin anciennes par faisceaux d'ions de haute énergie IN109 79
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VII
Fibres de verre de renforcement AM5132 87
Altération par l'eau des verres borosilicatés. Exemple des verres nucléaires COR450 107
Détermination des épaisseurs des vitrages en façade et toiture, en pose traditionnelle N4405 135
Détermination des épaisseurs des vitrages : vitrages extérieurs collés (VEC) et attachés N4406 141
(VEA)
Altération des verres. Cas des vitraux du Moyen Âge RE242 155
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Sciences et technologies du verre
(Réf. Internet 42573)
1
1– Verre - Généralités Réf. Internet page
3– Applications - Emballage
4– Applications - Composites
5– Applications - Énergie
7– Applications - Constructions
8– Applications - Santé
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1
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Référence Internet
AF3600
Verres
Aspects théoriques
par Jean PHALIPPOU
1
Professeur à l’Institut des Sciences de l’Ingénieur de Montpellier (ISIM)
Département Matériaux
Laboratoire des Verres, UMR CNRS n° 5587
Université de Montpellier II
ment comprise, son analyse reste délicate à réaliser. Les techniques spectro-
scopiques permettent d’accéder à des informations locales concernant certains
éléments sélectionnés du verre. L’ensemble de ces informations conduit à
proposer l’existence d’un ordre local aux premiers voisins et d’un désordre à
longue distance.
Ces connaissances sont cependant insuffisantes pour rendre compte des pro-
priétés des verres et des efforts continus sont déployés pour obtenir des infor-
mations sur la structure à moyenne distance. C’est dans ce domaine, compris
entre un et quelques nanomètres, que l’on devrait trouver l’explication de
l’agencement structural des verres.
Dans un matériau désordonné, les techniques expérimentales permettant
d’accéder à la fonction de distribution radiale donnent des représentations uni-
dimensionnelles du réseau tridimensionnel. Les informations sont nécessaire-
ment moyennées et ne permettent pas de distinguer des détails ponctuels de la
structure.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Sciences fondamentales AF 3 600 − 1
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Référence Internet
AF3600
VERRES _____________________________________________________________________________________________________________________________
1. Le verre : types et analyse atomique est désordonné à longue distance mais peut présenter un
ordre à courte distance, c'est-à-dire aux premiers voisins. Cet état
condensé possède la faculté de s'écouler. Le cristal correspond à un
arrangement ordonné des atomes suivant une séquence qui se tra-
duit par un type de structure. Cet état condensé et ordonné présente
1.1 Solides non cristallins les propriétés d'un solide. Les atomes vibrent autour d'une position
d'équilibre déterminée. Cependant, il existe une famille de maté-
riaux qui présentent globalement les propriétés d'un solide, mais
■ Selon la température et la pression, les composés chimiques se dont l'arrangement atomique ne présente pas d'ordre à longue dis-
rencontrent sous divers états de la matière. Les trois états usuels tance. Contrairement aux solides cristallins qui montrent des pics
sont le gaz, le liquide et le cristal. L'état gazeux est caractérisé par le sur les diffractogrammes de rayons X, les solides non cristallins pré-
fait que les molécules sont distantes les unes des autres. Elles sont sentent un « halo » diffus relativement large.
animées d'un mouvement aléatoire désordonné. L'état gazeux est
un état désordonné non condensé. Dans l'état liquide, les molécules ■ Les solides non cristallins peuvent être décomposés en deux
sont nettement plus proches les unes des autres. L'arrangement grandes familles : les amorphes et les verres.
Historique
Le verre a toujours été un élément du développement des techni- obtenus par soufflage d'une ampoule de verre qui, après ouverture,
ques. Les verres naturels (obsidienne) étaient jadis utilisés dans la était étalée sous forme de disque. Les verres colorés, dont la com-
confection des pointes de flèche. Au troisième millénaire avant J.-C. position comporte souvent une quantité non négligeable de K2O,
le verre apparaît sous forme d'émail recouvrant des poteries céra- entrent dans la confection des vitraux.
miques. Le verre massif, sous forme de pâte de verre, fait son appa- En 1675, les verriers anglais commercialisent le verre au plomb.
rition en Mésopotamie, puis en Égypte. Les compositions verrières L'indice de réfraction élevé de ce verre le fait associer au cristal de
ne sont d'ailleurs pas très éloignées des compositions actuelles. On roche. Il conserve, de nos jours, le qualificatif abusif de « cristal».
y retrouve les composants majeurs du verre à vitre : la silice, SiO2, Une dizaine d'années après, le procédé de coulée sur table permet
l'oxyde de sodium, Na2O, et l'oxyde de calcium, CaO. À cette épo- une production intensive, bien que discontinue, de larges plaques
que, le verre est un matériau de décoration (collier en perles de de verre à vitre. Actuellement, le liquide est directement déversé en
verre) et, plus rarement, un objet ayant une fonction de récipient. Le continu sur un bain d'étain liquide sur lequel il flotte.
verre creux est tout d'abord réalisé à l'aide d'un noyau de sable ou
d'argile trempé dans le bain en fusion ou sur lequel était enroulé un La technologie verrière et la quantité pratiquement infinie des
cordon de ce liquide visqueux. La réalisation d'objets creux par compositions et, par conséquent, des propriétés a permis à chaque
soufflage est découverte par les Phéniciens 300 ans environ avant avancée scientifique de formuler des verres répondant à la fonction
J.-C. Pendant plusieurs siècles, les progrès du verre sont associés souhaitée. Les ampoules électriques et les fibres optiques sont, à
aux techniques d'élaboration et de mise en forme. Les premiers ver- des dates différentes, la démonstration de la flexibilité de ce maté-
res plats semblent avoir été fabriqués à l'époque romaine. Ils sont riau qui autorise des cadences de production élevées.
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AF 3 600 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Sciences fondamentales
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Référence Internet
AF3600
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ont acquis les propriétés d'un solide sans pour autant présenter un
ordre cristallin.
● Les verres présentent le phénomène de transition vitreuse Domaine de
caractéristique d'un matériau obtenu par refroidissement d'un transition vitreuse
liquide.
Lors du refroidissement, un liquide peut se trouver à une tempé-
rature inférieure à la température de fusion (TF) dans un état métas- Verre
table de surfusion. Pour certains d'entre eux, cet état de surfusion
al
peut s'établir sur un grand intervalle de température. On parle alors Crist
de liquide verrogène. La figure 1a permet de comprendre la forma-
tion d'un verre. Partant de la phase liquide haute température, le
volume molaire VM (ou l'enthalpie H) décroît avec la température. À
une température inférieure à la température de fusion, pour un trai-
tement de durée infinie, le liquide sera transformé en un cristal dont
Tam Tg TF T
le volume molaire (ou l’enthalpie) est bien plus faible que celui du
liquide surfondu correspondant. Cependant, si le refroidissement
est continu et rapide depuis l'état liquide stable jusqu'à très basse a évolution de VM (ou H ) depuis le liquide stable jusqu'au verre
température, le liquide passe dans un domaine de température où il
se trouve dans un état de surfusion. C'est cet état métastable qui va
progressivement se figer pour donner naissance au verre à tempé-
rature ambiante. Le passage continu du liquide surfondu au verre
est appelé domaine de transition. La température de transition VM
vitreuse Tg est définie comme l'intersection des courbes extrapo-
lées à partir du liquide et du verre. Ce domaine s'étend sur un inter-
valle de température dépendant de la nature du verre et de la vitesse Liquide
v de refroidissement. Plus la vitesse de refroidissement est élevée et surfondu
plus la transformation s'effectue à haute température. L'inverse est
vrai pour un refroidissement lent (figure 1b).
La variation du volume molaire du verre en fonction de la tempé-
rature est continue et pratiquement linéaire. Ainsi, le coefficient de
dilatation thermique linéique est quasiment constant. C'est là une
des propriétés du verre. (v1)
Verre
À température ambiante, Tam (figure 1a), le verre présente un VM1
volume molaire supérieur à celui du cristal correspondant. Sa struc- (v2)
ture ouverte facilite la diffusion des espèces chimiques de faible
taille. VM2
(v3)
VM3
1.2 Grandes familles de verres
Tg 3 Tg 2 Tg 1 T
■ Les verres inorganiques d'oxydes constituent la plus grande
famille de verres industriels. Le verre à vitre est un verre d'oxydes
VM1 , VM2 , VM3 indiquent les volumes molaires respectifs des verres
optimisé pour son inertie chimique, sa dureté, sa transparence et
son coût de fabrication. La composition d'un verre d'oxyde indus- obtenus pour les différentes vitesses de refroidissement :
triel est toujours exprimée en pourcentage pondéral d'oxydes. Il est v1 > v2 > v3
généralement constitué par un grand nombre d'éléments. La multi-
plicité des éléments contribue au désordre et favorise l'obtention b influence de la vitesse de refroidissement
d'un verre en évitant la cristallisation lors de l'étape de refroidisse-
ment. Les silicates, les borates, les phosphates ou des mélanges de
Figure 1 – Phénomène de transition vitreuse
ces constituants forment la série des verres usuels.
Le tableau 1 donne quelques compositions de verres industriels.
● La famille des silicates fait intervenir la silice SiO2 comme élé-
par pulvérisation...). Un verre de silice est caractérisé par sa qualité
ment essentiel de la formation du réseau vitreux. La silice à l'état optique, son taux d'impuretés et sa teneur résiduelle en eau, mesu-
naturel est très abondante sous forme de cristaux de quartz (sable). rée à l'aide de la bande d'absorption située à 2,73 µm. La masse
Au-delà de 1 750 °C, on obtient un liquide qui, refroidi rapidement, volumique de ce verre est très faible : 2,2 g/cm3. Il possède par
donnera naissance à un verre de silice vitreuse. (0) ailleurs une excellente transparence dans le domaine de l'ultraviolet
Les différentes nuances des verres de silice sont innombrables car et, de ce fait, est très utilisé comme enveloppe de lampes, fenêtres
un verre de silice peut aussi être obtenu par d'autres voies de syn- ou cuves. La température de transition vitreuse est de l'ordre de
thèse (réaction de SiCl4 avec O2, gels, irradiation de quartz, dépôt 1 200 °C et son coefficient de dilatation linéique, 5.10–7K –1, est parmi
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AF3601
Verres
Propriétés et applications
par Brigitte BOULARD
1
Maître de Conférences
Institut des Molécules et Matériaux du Mans, UMR CNRS 6283, Le Mans Université,
Le Mans, France
et Jean-Luc ADAM
Directeur de Recherche CNRS
Institut des Sciences Chimiques de Rennes, UMR CNRS 6226, Université de Rennes 1,
Rennes, France
Note de l’éditeur :
Cet article est la réédition actualisée de l’article [AF 3601] intitulé « Verres - Propriétés et
applications » rédigé par Jean PHALIPPOU et paru en 2001.
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VERRES ___________________________________________________________________________________________________________________________
1. Les verres et l’optique pression et du fluide. Les abrasifs les plus utilisés sont CeO2,
Fe2O3, Cr2O3, ZrO2, Al2O3 et le diamant. Il est maintenant admis
que, lors du polissage, une couche hydratée se forme à la surface
Le verre, matériau homogène et isotrope, présente des proprié- du verre. La formation de cette couche dépend de la nature du
tés intrinsèques uniques dans le domaine de l’optique. Le verre verre et du fluide utilisé. Cette couche subit l’action des grains
est homogène à des échelles de longueur bien inférieures à celles abrasifs. Un grain de dureté moyenne comme CeO2 et un support
des longueurs d’onde du visible. S’il est préparé dans de bonnes élastique ou viscoélastique (polyuréthane) donnent d’excellents
conditions, il ne contient aucune imperfection pouvant entraîner résultats.
une réfraction ou une réflexion interne de la lumière incidente.
Les verres d’oxydes et quelques verres fluorés sont retenus
pour la plupart des applications optiques dans le domaine du 1.1 Transparence et couleur
visible. Leur transparence n’est pas leur seul atout. Les verres
d’oxydes minéraux ont une dureté supérieure aux aciers usuels. La transparence d’un verre est une notion liée à la transmission
Ils peuvent surtout être facilement mis en forme par moulage, optique définie par la loi de Beer Lambert :
pressage ou étirage. Par un pressage de haute précision, on
atteint maintenant une précision dimensionnelle meilleure que le
centième de millimètre avec des rugosités inférieures à 10 nm.
Certaines lentilles asphériques sont réalisées par pressage. La
fabrication des fibres optiques pour télécommunications est réali- avec I0 intensité d’un rayon entrant dans un volume,
sée par étirage. défini à l’intérieur du verre, d’épaisseur x,
À température ambiante ou peu élevée (hors du domaine de I intensité du rayon émergeant.
relaxation), la géométrie de la surface d’un verre n’est pas évolu- α coefficient d’absorption relié à l’indice
tive dans le temps. d’absorption K (λ) [1] par :
Une surface de qualité optique est obtenue par polissage. Le
polissage et l’état final de la surface dépendent de la nature du
verre, du grain d’abrasif, du support permettant le transfert de
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AF3601
___________________________________________________________________________________________________________________________ VERRES
Si la transmission est mesurée au travers d’un volume de résonance de l’oscillateur. Pour cette fréquence, l’absorption est
matière limité par deux surfaces planes parallèles et convenable- maximale.
ment polies, l’intensité transmise est plus faible en raison des
Pour les verres d’oxydes classiques, les absorptions K sont
pertes par réflexion sur les faces d’entrée et de sortie. Dans le cas
localisées dans le domaine du proche UV et vers 3 à 4 μm dans le
où le rayon lumineux entrant est sous incidence normale, on
domaine de l’infrarouge. Dans le domaine du visible (λ1, λ2), n
obtient :
décroît de n1 à n2 lorsque la longueur d’onde augmente. La varia-
tion de l’indice avec la longueur d’onde, appelée dispersion, est
1
de la plus haute importance pour les dispositifs optiques. Techni-
quement, on modifiera la dispersion en déplaçant la bande
où R exprime la réflexion : d’absorption côté UV vers les grandes longueurs d’onde par ajout
de certains éléments (Tl, Pb, Bi…).
La transparence optique est limitée aux hautes énergies (basses
longueurs d’onde) par les transitions électroniques entre la bande
de valence (BV) et la bande de conduction (BC) du verre. Cet écart
est la largeur de bande interdite souvent appelé « band gap ».
avec rapport entre l’indice de réfraction du verre et Ainsi, lorsque l’énergie E = hν (ν la fréquence et h la constante de
celui du milieu environnant. Planck) des photons incidents est suffisante, ils provoquent le saut
n et K respectivement les parties réelles et imaginaires d’un électron de BV sur BC et le photon incident est absorbé. Par
de l’indice de réfraction complexe : contre, si l’énergie E est inférieure à la largeur de bande interdite,
elle est insuffisante pour permettre la transition électronique et le
flux de photons traverse le verre sans être absorbé. Pour les
Dans le domaine du visible, K, qui a une très faible valeur, peut verres d’oxydes de notre environnement quotidien, le band gap
être négligé (figure 1). optique est de l’ordre de 8 électron-volt (eV), correspondant à une
longueur d’onde de 150 nm assez loin dans l’ultra-violet (UV). Ces
Ces grandeurs sont les manifestations de l’interaction d’une verres sont donc transparents à la lumière visible. La plupart des
onde électromagnétique avec des oscillateurs du réseau. éléments entrant dans la formulation des verres de chalcogénures
L’indice de réfraction du verre est : (S, Se, Te, As, Sb…) sont porteurs de doublets libres électro-
niques non liants à l’origine de niveaux électroniques qui s’inter-
v calent entre les niveaux liants et anti-liants dans le diagramme
d’énergie. Ces niveaux non liants diminuent la bande optique
avec c vitesse de la lumière dans le vide, interdite, qui devient voisine de 2 eV, rendant ainsi ces verres pra-
tiquement opaques dans le visible.
v vitesse de la lumière dans le verre.
À l’autre extrémité de la plage de transparence, dans l’infra-
Le verre étant un matériau diélectrique, l’indice de réfraction rouge (IR), ce sont les vibrations des liaisons constitutives du
complexe est relié à la permittivité relative complexe par : réseau vitreux qui absorbent l’énergie des photons. Sur le modèle
de l’oscillateur, il apparaît que plus les atomes constitutifs du
verre sont lourds, plus la fréquence de vibration, et donc l’énergie
À l’aide de cette expression et de l’équation du mouvement associée, seront faibles. Ainsi, toute chose égale par ailleurs, les
pour un oscillateur harmonique simple, on peut calculer les évolu- verres au tellure sont ceux qui présentent les énergies d’absorp-
tions de n et K en fonction de la fréquence (figure 1). tion multi-phonons les plus basses, plus basses que celles des
L’indice de réfraction n varie brutalement lorsque la fréquence verres au sélénium et au soufre.
de la lumière incidente devient proche de celle correspondant à la Notons, qu’en plus de la vibration fondamentale d’une liaison
chimique, ils existent des harmoniques d’ordre supérieur dont les
énergies sont des multiples entiers de l’énergie fondamentale
avec p = 2, 3, 4… Ces harmoniques donnent naissance à
des bandes d’absorption dès lors que l’énergie des photons inci-
dents E = hν est égale à Ep. Le rendement de ces absorptions dites
multiphonons décroît rapidement avec p. Cependant, alors que les
fréquences de vibrations fondamentales sont pour la plupart loin
Dis dans la gamme de l’infrarouge (au-delà de 20 μm pour les chalco-
per génures), les harmoniques d’ordre supérieur se déplacent vers le
sion
moyen infrarouge et limitent l’extension des domaines de trans-
parence à typiquement 7-8 μm pour les sulfures (figure 2), 11 μm
pour les séléniures et 18 μm pour les tellurures. Il ne s’agit là que
d’ordres de grandeur qui dépendent également de la nature des
autres éléments entrant dans la formation du verre et de l’épais-
seur de l’échantillon.
La transmission optique décroît lorsque l’indice augmente en
raison des réflexions déjà mentionnées. La perte par réflexion est
particulièrement importante pour les verres de chalcogénures
([AF 3600], § 1.2) qui, bien que transparents dans le domaine de
l’infrarouge, ont un indice élevé (figure 3).
Dans les dispositifs optiques de précision, les pièces en verre
sont recouvertes de couches antireflets. Les antireflets sont consti-
Figure 1 – Évolution de l’indice de réfraction et de l’absorption du
tués par un assemblage (3 ou 4) de couches d’épaisseur et
verre en fonction de la fréquence ou de la longueur d’onde de la d’indice différents. Les couches sont élaborées par dépôt sous
lumière incidente vide ou par dépôt sol-gel. Indice et épaisseur des couches sont
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AF3601
VERRES ___________________________________________________________________________________________________________________________
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Sulfures rieurement, cette couleur était obtenue par précipitation d’amas
Séléniures colloïdaux d’or. La réduction des ions Au3+ thermiquement acti-
60 vée est assurée par la présence d’ions Sn2+ ou Sb3+. Des réduc-
1
Tellurures
tions par des rayonnements agissant sur les éléments
40 photoréducteurs Ce3+ sont aussi utilisées.
20
rigoureusement contrôlés et quelquefois optimisés pour donner avec RM réfraction molaire du verre
un effet coloré (verres d’oxydes). RM,i réfraction molaire ionique de l’élément i,
La coloration des verres est essentiellement obtenue par l’ajout masse molaire moyenne
de métaux de transition ou de terres rares qui possèdent des
couches 3d ou 4f incomplètes. La couleur provient des transitions ρ masse volumique.
électroniques induites par le champ des ligands [2]. La couleur xi fraction atomique de l’élément i.
dépend de la nature de l’élément, de la géométrie du site, lui- En supposant le verre constitué par des ions, la réfraction
même dépendant de la nature du verre. Par exemple, l’ion cobalt molaire serait la sommation pondérée des réfractions ioniques
qui, dans les verres de silicates, donne une coloration d’un bleu des divers éléments. Dans les verres d’oxydes, les atomes d’oxy-
profond, donne une coloration rose dans les verres riches en gène, comparativement beaucoup plus volumineux que les
B2O3. Les verriers modifient une coloration par ajout d’un autre cations, participent majoritairement à la valeur de la réfraction
élément, par modification de l’atmosphère du four de fusion ou molaire. Les oxygènes non pontants, porteurs d’un électron excé-
par substitution partielle de l’oxygène dans le verre (par exemple, dentaire, sont nettement plus polarisables que les oxygènes pon-
soufre associé au Fe3+ en position tétraédrique pour les verres tants. Leur réfraction ionique est élevée. Une modification de
ambrés). composition, entraînant une variation notable du nombre d’oxy-
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Référence Internet
N4403
Verres de sécurité
Sécurité des personnes et des biens
par Philippe GRELL
1
Directeur technique et marketing
Pilkington Glass Service France (NSG Group), Limay, France
e verre a connu, depuis les années 1980, une évolution technologique spec-
L taculaire dans le secteur du bâtiment. Il est présent autant dans la
construction en façade qu’en décoration intérieure. Sa transparence et son côté
design contemporain contribuent évidemment à cet essor. Le choix d’un verre
inapproprié à sa destination peut avoir des conséquences pour la sécurité des
utilisateurs. Cet article explique les différents types de verres de sécurité et ras-
semble toutes les dispositions à prendre en compte pour l’utilisation en toute
sécurité du verre en fonction de son application.
Le première partie de cet article décrit précisément les différents types de
vitrages de sécurité et vise à faciliter le choix d’un vitrage, lorsque des caracté-
ristiques demandées de sécurité sont applicables à l’ouvrage ou à des parties
d’ouvrage d’un bâtiment. Toutes les normes françaises ou européennes trai-
Parution : septembre 2020
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Référence Internet
N4403
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N4403
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3 15 lines, mais le verre est plus particulièrement sensibilisé aux
formes NiS, Ni1-x S , Ni7S6.
Glace et verre étiré 4 à 12 40 Le NiS peut apparaître sous deux formes cristallines dans le
verre :
15 à 19 30 – forme , stable au-dessus de 330 oC (hexagonal) ;
– forme , stable en dessous de 330 oC (rhomboèdre).
Verre imprimé 4 à 10 30
■ Les casses spontanées différées
Au cours de la production du verre de base, la température
de transition du NiS est franchie lentement au refroidissement
bâtiments. La fragmentation du verre trempé dépend du niveau lors de la recuisson du verre et ainsi, à la température
de compression de surface induit lors du refroidissement brus- ambiante, le NiS se retrouve sous sa forme (figure 1). Lors
que du verre. Plus le niveau de compression sera élevé, plus la de l’opération de trempe du verre, le réchauffage de celui-ci
fragmentation sera dense. La fragmentation d’un vitrage trempé transforme tout le NiS de sa forme , stable à basse tempéra-
est généralement définie par les dimensions maximales des frag- ture, en forme , stable à haute température. Lors du refroidis-
ments et un nombre minimal de ces fragments pour une surface sement rapide, le NiS sous forme n’a pas le temps de se
donnée. Elle dépend de la nature du verre, de son épaisseur transformer en NiS sous forme (figure 2).
et varie de façon significative selon le niveau de contrainte induit
dans le verre. Le nombre minimal de particules en cas de bris Ainsi dans la masse du verre nous allons retrouver, à la tem-
est défini dans les normes NF EN 12150-1 et NF EN 14179-1 pérature ambiante, une variété instable qui va se transfor-
(tableau 2). mer lentement en variété stable.
Cette transformation, qui peut durer plusieurs années, va
s’accompagner d’un gonflement de l’inclusion de NiS. Le pas-
1.3.2 Verre trempé avec traitement sage de la forme à la forme s’accompagne d’une dilatation
Heat Soak (HST) d’environ 4 % en volume.
Les variations de volume et les différences de coefficients de
On constate parfois des casses aléatoires et différées du verre. dilatation entre le NiS et le verre vont générer des micro-
Par mesure de facilité, on a souvent attribué, à tort, ces casses à de fissures autour de l’inclusion qui peuvent, dans certains cas,
minuscules inclusions de sulfure de nickel. Il n’en reste pas moins provoquer des casses du verre trempé après livraison.
vrai que le sulfure de nickel existe et est dangereux dans le verre Si l’inclusion se trouve dans la zone en extension, la pro-
trempé. De nombreuses études ont été effectuées dans les années pagation de la casse sera favorisée. Par contre les inclusions
1970, celles-ci ont conduit à des conclusions maintenant assez situées dans les zones en compression, près des faces, ne
généralement admises, même s’il reste des incertitudes dans les sont pas dangereuses.
détails.
Il est possible de limiter intentionnellement les contraintes au
Ce phénomène est rare mais le risque doit être écarté dans cer- moment de la trempe du verre afin d’obtenir un vitrage semi-
taines applications ou pour des raisons mécaniques, structurelles trempé ou durci pour des applications spécifiques, notamment
ou de sécurité. La casse spontanée du verre n’est pas admissible. en assemblage verre feuilleté. Le verre durci est moins sensible
Pour réduire ce risque, il existe un traitement spécifique connu aux casses spontanées dues à des inclusions de sulfure de nickel
sous le nom de test « heat soak ». Ce traitement est décrit dans la (NiS), donc le traitement HST n’est pas utile pour le verre durci.
norme européenne NF EN 14179. Il s’agit de soumettre les Le verre durci seul n’est pas considéré comme un verre de
vitrages trempés à une température élevée (290 oC ± 10 oC, pen- sécurité, sa fragmentation se rapprochant plus d’un verre recuit
dant un temps minimal de 2 h). Les vitrages défectueux éclateront que d’un verre trempé thermiquement.
durant le traitement. Les vitrages intacts à la sortie de ce traite-
ment sont fiables et leur probabilité de casser spontanément est
réduite à un risque proche de zéro.
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Référence Internet
N4403
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Référence Internet
N4403
1
plaques élaborés à partir d’un copolymère d’éthylène. Ces inter-
calaires répondent à la définition de « ionomère ». Ils existent née, ces performances relèvent des réglementations nationales.
généralement en épaisseurs de 0,89 mm, 1,52 mm et 2,28 mm.
Les qualités mécaniques améliorées de ces intercalaires les desti-
nent particulièrement aux applications de sécurité de type heurts ou 2.1 Norme NF EN 12600 :
chute de personnes, mais leur utilisation est surtout intéressante sécurité face aux chocs
pour les applications où une résistance mécanique supérieure est
requise. Leurs performances mécaniques sont supérieures aux inter-
et comportement des vitrages
calaires de type PVB.
La norme NF EN 12600 définit les niveaux de sécurité et le
Ils sont également utilisés dans le cas de températures maxi- comportement des vitrages en cas de bris. Elle ne spécifie pas les per-
males en œuvre pouvant atteindre 80 °C. Néanmoins, quand ils formances requises pour une application donnée, ces performances
sont utilisés comme composant d’un vitrage isolant les tempéra- relèvent de la réglementation française. Cette norme permet de
tures maximales ne doivent pas dépasser celles définies dans le qualifier les vitrages de sécurité. Elle permet de différencier un
cahier n° 3242 du CSTB et ceci au niveau des joints de scellement. verre feuilleté de sécurité, relevant de la norme NF EN 12543-2, par
Pour que ce type de vitrage feuilleté puisse remplir des fonctions rapport à un verre feuilleté qui n’est pas de sécurité.
de sécurité au regard de la chute de personnes et des heurts, la
plage de température en œuvre (vitrage feuilleté seul) doit être La résistance des vitrages est vérifiée par la réalisation d’un
comprise entre –15 °C et +80 °C. essai de chocs pendulaires, le corps de choc d’une masse de 50 kg
est composé de deux pneus (pression : 0,35 MPa). Les hauteurs de
L’ensemble des verres feuilletés relève des normes NF EN 12543
chute vont de 190 à 1 200 mm et permettent de classer le produit
(parties 1 à 5) qui définissent les verres feuilletés et les verres feuil-
testé (tableau 3). Quatre ou huit échantillons de 876 × 1 938 mm
letés de sécurité et la norme NF EN 14449: Verres feuilletés et les
sont testés (figure 3).
verres feuilletés de sécurité - relative à l’évaluation de conformité.
Le choix du type de verre feuilleté varie en fonction du niveau de ■ Classification des performances
résistance et de comportement requis dans la norme NF DTU 39.
La classification des performances d’un produit verrier doit être
exprimée de la manière suivante :
1.5 Films collés sur vitrage α (β) Φ
Depuis quelques années, sont apparus sur le marché des films où α est la plus haute classe de hauteur de chute pour laquelle le
plastiques destinés à être appliqués sur des vitrages existants. Ces produit ne s’est pas cassé ou s’est cassé conformément à la norme
films, en polyester transparent et d’une épaisseur de 100 microns, (non-pénétration d’une sphère de diamètre 76 mm pour le verre
sont enduits d’un adhésif puissant protégé par une pellicule anti- feuilleté ou poids minimal de particules, pour le verre trempé), β le
adhérente qui est enlevée avant la pose. Ils sont collés sur la face mode de cassure et Φ la plus haute classe de hauteur de chute
interne ou externe des vitrages. Leur pose est réalisée par des spé- pour laquelle le produit ne s’est pas cassé ou s’est cassé confor-
cialistes car elle nécessite quelques précautions (propreté, tempéra- mément à la norme (non-pénétration d’une sphère de diamètre
ture...). Leur objectif principal est d’améliorer la tenue des vitrages 76 mm pour le verre feuilleté).
face à certaines sollicitations possibles, en réduisant la projection La classification des vitrages prend en compte le mode de casse
des éclats de verre. des vitrages (β), ainsi :
Les essais effectués dans des laboratoires français ou étrangers – A : le verre se casse en de nombreux morceaux. Ces morceaux
ont surtout porté sur : plus ou moins grands se détachent et sont coupants. Le mode de
– la résistance à la chaleur ; casse est similaire à celui d’un verre recuit ;
– la résistance aux ondes de choc dues à une explosion (tenue – B : le verre se casse en une multitude de petits morceaux. Ces
face à un feu de fuel, à une charge de plastic, au jet d’un cocktail morceaux plus ou moins grands ne se détachent pas et restent en
Molotov) ; place. Le mode de casse est similaire à celui d’un verre feuilleté ;
– la résistance à l’effraction.
Les résultats montrent (contrairement à certaines publicités) que
ces films n’améliorent que très faiblement la résistance d’un vitrage Tableau 3 – Classification des vitrages
face à une tentative de cambriolage. En particulier, ils ne retardent selon la hauteur de chute de l’impacteur
que de quelques secondes le passage d’un bras à travers la vitre. d’après la NF EN 12600
En d’autres termes, si le bris de vitres et la décondamnation de
l’espagnolette représentent le type d’intrusion classique dans les Classification Hauteur de chute Énergie à l’impact
maisons individuelles et dans les appartements facilement acces- α [mm] [J]
sibles, la pose de ces films nécessite un investissement relative-
ment important, non garant d’une amélioration équivalente à un
vitrage feuilleté de sécurité. Quelle que soit la nature d’un film 3 190 98
additionnel, celui-ci change sensiblement les caractéristiques
spectrophotométriques des vitrages et peut engendrer des casses 2 450 221
thermiques dues à des augmentations de température impor-
tantes. Dans tous les cas, une étude pour vérifier le risque de 1 1 200 589
casse thermique doit être demandée.
23
1
24
Référence Internet
N2720
Propriétés mécaniques
des verres métalliques
1
par Yannick CHAMPION
Directeur de recherche au CNRS
et Marc BLÉTRY
Maître de conférences à l’Université Paris 12
années 1980 pour qu’ils soient élaborés sous forme massive, c’est-à-dire avec
une plus petite dimension supérieure au millimètre, par des techniques de
creuset froid. Ces alliages se définissent avant tout par leur absence d’ordre à
longue distance, qui leur confère des propriétés mécaniques profondément dif-
férentes de celles de leurs homologues cristallins. En effet, dans le cas des
métaux ordinaires, celles-ci sont essentiellement fixées par les défauts à
l’échelle du cristal (dislocations, joints de grains, lacunes, etc.). Dans le cas des
verres, en l’absence de réseau cristallin et de symétrie de translation, ces
défauts ne peuvent pas être définis. Il s’ensuit, notamment, une élévation
importante de la limite élastique à température ambiante, proche de la limite
théorique. Par ailleurs, si la structure des verres métalliques les éloigne des
métaux ordinaires, elle les rapproche d’autres classes de matériaux : les maté-
riaux amorphes, tels que les polymères ou les verres d’oxydes. De fait, les
verres métalliques vont présenter des comportements analogues à ces classes
25
Référence Internet
N2720
La formation et les méthodes d’élaboration des verres métalliques sont détaillées dans
l’article [M 50] (cf. [Doc. N 2 720]). Parmi les méthodes les plus connues, le melt spinning,
ou trempe sur roue, consiste à former un ruban d’épaisseur variant de 10 à 100 micromè-
tres, par dépôt continu d’un flux de matière liquide sur une roue métallique en rotation.
Cette technique permet d’atteindre un taux de refroidissement de l’ordre de 106 K ⋅ s–1. Il
existe des variantes où la coulée de l’alliage se fait entre deux roues en rotation donnant
des tôles de 500 micromètres d’épaisseur avec des taux de refroidissement de plusieurs
centaines de K/s. Les alliages qui possèdent une capacité à l'amorphisation (glass forming
ability, GFA) élevée peuvent être obtenus sous forme de plaques ou de cylindre de plu-
sieurs centimètres d’épaisseur par coulée en lingotière avec des taux de refroidissement
de l’ordre de 1 à 100 K ⋅ s–1.
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Référence Internet
N2720
1
1 µm
a b
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Référence Internet
N2720
Traitement Traitement
thermique thermique
Figure 3 – Représentation schématique de la structure atomique d’un verre métallique formé de cinq atomes. (a) structure contenant du volume
libre (en pointillé) générée par la trempe (pour rendre la figure plus lisible, le volume libre dessiné a été arbitrairement exagéré) ; (b) relaxation
du volume libre par traitement thermique ; (c) cristallisation après traitement proche de la température de cristallisation (Tx) ou pour des temps
plus longs
L’effet du volume libre sur le comportement mécanique d’un Figure 4 – Représentation (multiélémentaire) schématique
verre métallique peut être évalué par une expérience très de la base du modèle atomique de déformation de Spaepen
simple. Un ruban amorphe d’une cinquantaine de micromètres
d’épaisseur préparé par melt spinning contient une fraction
importante de volume libre. Un tel ruban est souple, peut être Utilisant la même description structurale mais s’inspirant du
courbé et même plié sans se rompre. Après un traitement ther- mode de déformation dans les polymères, Argon [10] a proposé
mique de quelques minutes à Tg , le ruban, bien que toujours un modèle dans lequel un processus élémentaire – la déformation
amorphe, est rigide et se brise comme du verre (de vitre). en cisaillement – est produit par le réarrangement d’un ensemble
d’atomes. Ce « paquet », ou cluster élémentaire d’atomes appelé
communément STZ pour shear transformation zone, subit, sous
Le volume libre (sur la base de cette description) est un para- l’effet du cisaillement, une distorsion inélastique d’une configura-
mètre essentiel dans le comportement mécanique des verres tion de faible énergie vers une configuration identique, passant par
métalliques. une configuration activée de volume et d’énergie plus élevés. La
STZ n’est pas un défaut structural de la matière (comme l’est la
Il existe d’autres descriptions de la structure des verres métal- dislocation dans les cristaux), mais apparaîtra temporairement à
liques, comme celle proposée par Egami [8], reposant sur une l’état activé sous l’effet de la contrainte.
approche géométrique d’empilement de sphères dures de rapport
de rayons atomiques variables et permettant d’aborder notam- Il est difficile de démontrer expérimentalement qu’une relaxa-
ment la formation du verre et son comportement mécanique. tion partielle du volume libre se produit lors du processus de
transformation. Sur la figure 5, nous avons schématisé le proces-
sus de déformation inélastique de la STZ avec, sur le dessin du
milieu, le passage par l’état thermiquement activé. Les dessins de
1.2 Modèles de déformation gauche et de droite représentent des états identiques (à la relaxa-
tion de volume libre éventuelle).
Initialement, Spaepen [9] s’est inspiré du modèle de la diffusion
dans les liquides de Turnbull pour aborder la déformation dans les La STZ est dans ce modèle l’élément central qui commande l’ini-
verres. Ce modèle (unanimement reconnu aujourd’hui comme peu tiation de la déformation plastique. Un mécanisme de déformation
pertinent) est fondé sur l’idée qu’un atome peut se déplacer sous n’est pas encore très clair pour les verres : la STZ peut être perçue
l’effet d’une contrainte, de sa position atomique vers une zone de comme un germe initiant un abaissement local de la viscosité pour
volume libre car, d’une part les liaisons atomiques métalliques accommoder la contrainte. D’autres auteurs suggèrent que la per-
peuvent être facilement coupées puis reformées et, d’autre part, colation de STZ est nécessaire pour initier la déformation plastique.
l’atome est peu sensible à son environnement chimique, ce qui On remarquera que ce modèle est en accord avec les deux
n’est pas le cas pour les composés iono-covalents. Ce processus grands modes de déformation observés pour un verre métallique
de déformation est schématisé sur la figure 4. et représente ainsi une bonne base pour l’étude des processus de
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Référence Internet
N2720
1
Angle de cisaillement
γ d
Volume libre Plan de cisaillement
Figure 5 – Modèle de la zone de transformation en cisaillement (STZ) proposé initialement par Argon [10]. Dans son modèle original, les sphères
représentant les atomes sont identiques
déformation plastique des verres. Lorsque le verre est visqueux à Il est intéressant de noter que, contrairement aux métaux et
T > Tg , le processus de déformation est diffusif avec formation par alliages cristallins dont les mécanismes de déformation varient
dilatation et annihilation de volume libre dans les STZ suivant un avec la température (contrôle par les dislocations, puis par la diffu-
régime permanent. La contrainte est continuellement redistribuée sion), la déformation dans les verres, quel que soit le domaine,
par ces processus et la déformation est homogène et peut atteindre sera décrite par un processus unique de formation de STZ.
macroscopiquement plusieurs centaines de pour-cent (cf. § 2). L’approche des volumes libres qui a été esquissée ci-dessus et
Lorsque la phase est rigide à T < Tg , le réarrangement atomique qui sera développée dans la suite de cet article ne constitue pas la
au niveau de la STZ produit un abaissement de la viscosité et un seule proposition pour rendre compte des propriétés mécaniques
adoucissement local. La déformation plastique est localisée et la des verres métalliques. On peut citer, par exemple, l’approche des
localisation est à l’origine de l’absence de ductilité macroscopique : défauts quasi ponctuels, qui n’est pas sans ressemblance avec le
on parle ici de déformation hétérogène (cf. § 3). modèle d’Argon, mais qui résulte en un formalisme tout différent.
Mieux comprendre les processus de déformation, le lien entre Ce modèle, issu de la physique des polymères, repose sur la
chimie et plasticité mais également tenter de concevoir des notion de processus hiérarchiquement corrélés [11]. Perez consi-
alliages fonctionnels, nécessiterait de connaître la structure de la dère que la déformation plastique résulte de réarrangements inter-
STZ en termes de répartition des atomes, de taille (Ω ), de densité venant entre plusieurs « zones de cisaillement » ayant subi des
ou de fraction volumique de volume libre (on perçoit ici la perti- réarrangements de nature anélastique. L’occurrence de réarrange-
nence du modèle structural des clusters, plus précis en terme de ments atomiques sous l’effet de la contrainte à une échelle donnée
répartition et de densité atomique que la distribution aléatoire permet le développement d’événements anélastiques et plastiques
d’atomes associés à du volume libre du modèle d’Argon). Le à une échelle supérieure. Enfin, il existe également des modèles
volume libre joue très probablement un rôle important dans le pro- plus phénoménologiques, tel par exemple le modèle de la
cessus de transformation de la zone cisaillée car un verre contrainte fictive de Chen [12], pour lesquels les auteurs s’effor-
contenant une large fraction de volume libre est susceptible cent avant tout de proposer un formalisme rendant compte des
d’accommoder plus aisément un cisaillement local. résultats expérimentaux, sans spéculer outre mesure sur les origi-
nes microscopiques de la plasticité des verres métalliques.
Le volume de la STZ aurait également pour sa part un effet sur
le comportement du verre dans le domaine de la déformation
hétérogène. Cet aspect est discuté au paragraphe 3. Le volume Ω 1.3 Élasticité
n’est pas mesurable expérimentalement ; il a été estimé à partir de
simulation numérique, de manière très approximative et contien- Avant de détailler les modes de déformation homogène et hété-
drait de quelques atomes à une centaine d’atomes. La grandeur rogène, il est intéressant d’examiner la déformation élastique
pertinente reliée au volume de la STZ et mesurable expérimentale- (avant la déformation hétérogène, T < Tg) pour laquelle les verres
ment est le volume d’activation V associé au processus thermique- font l’objet d’une attention particulière. L’absence de défaut du
ment activé du cisaillement local. Les détails nécessaires sur la type dislocation résulte en une plasticité localisée, initiée par les
théorie de l’activation, l’établissement des relations et leur utilisa- STZ, à des niveaux de contrainte assez proche de la contrainte
tion pour étudier les mécanismes de déformation sont présentés théorique de rupture. Le tableau 1 donne les ordres de grandeur
dans le paragraphe 2. Argon a montré que le volume d’activation de contraintes à rupture pour différents alliages, allant de 650 MPa
est proportionnel au volume de la STZ suivant : à 4,2 GPa. Comme les modules d’Young, E, sont ceux d’alliages
métalliques donc relativement faibles allant de 30 à 195 GPa, il en
V =γ ×Ω (1) résulte un domaine de déformation élastique très étendu. Pour
l’ensemble des verres métalliques, Johnson rapporte que la défor-
où γ est le cisaillement élémentaire de la STZ qu’Argon propose mation élastique est de l’ordre de 2 % [13]. Ces alliages peuvent
arbitrairement de l’ordre de 0,1. Cette valeur est en réalité ainsi stocker une très grande quantité d’énergie élastique.
inconnue et varie probablement avec les propriétés intrinsèques
de l’alliage, ce qui rend le volume de la STZ non estimable. Néan-
moins, le volume d’activation qui rend compte de la quantité de On remarquera que la contrainte à rupture pour les verres
matière impliquée dans le processus thermiquement activée est un E E
paramètre précieux pour aborder les mécanismes de déformation. métalliques est de l’ordre de < σ y < . La contrainte
70 40
Il peut être mesuré par des essais avec variation de vitesse de E
déformation dans le domaine homogène, comme cela est présenté théorique de rupture est plutôt de l’ordre de .
dans le paragraphe 2. 20
29
1
30
Sciences et technologies du verre
(Réf. Internet 42573)
1– Verre - Généralités 2
2– Fabrication et transformation du verre Réf. Internet page
3– Applications - Emballage
4– Applications - Composites
5– Applications - Énergie
7– Applications - Constructions
8– Applications - Santé
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31
9– Applications – Objets d’art et du patrimoine
32
Référence Internet
J2296
Formulation du verre
et produits verriers
33
Référence Internet
J2296
2 – la composition du verre ;
– la structure de la matrice verrière ;
– la surface du verre ;
– le dépôt de couches minces sur la surface du verre ;
– enfin, la réalisation de produits verriers complexes.
On se contentera dans ce dossier de choisir un ou deux exemples dans
chacune de ces catégories.
Un peu d’histoire
Découvert, semble-t-il par hasard, il y a près de 4 000 ans, le verre n’était pourtant pas un matériau totalement inconnu. En effet, le verre
sous diverses formes existe depuis toujours dans la nature et avait été remarqué par les premiers hommes pour ses caractéristiques
particulières, notamment sa dureté, sa brillance et son poli. Si la fulgurite, produite lors de l’impact d’un éclair sur le sable semble avoir
été peu utilisée, l’obsidienne, d’origine volcanique, a tout de suite intéressé les hommes pour en faire des pointes de flèches... et les
femmes, pour en faire des miroirs, dont on disait qu’ils reflétaient également l’âme de celles qui s’y regardaient ! Plus étrange encore,
certaines éponges au fond des océans, fabriquent, par un procédé mal connu, de longues aiguilles de verre appelées spicules,
extrêmement souples, qui leur permettent de s’accrocher sur le sol.
Pline l’ancien rapporte que des marchands de natron, un carbonate de sodium hydraté utilisé pour la dessiccation des momies, ayant
utilisé des blocs de ce sel alcalin sur du sable pour y encadrer leur feu de bois, ont constaté le lendemain matin une coulée d’un solide
brillant inconnu. Il s’agissait de verre. En effet, la silice, SiO2 qui constitue le sable ne fond qu’à une température d’environ 1 800 oC, trop
élevée pour être atteinte par un feu de bois. Par contre, au contact d’un sel alcalin, sa température de fusion peut être abaissée jusque vers
1 200 oC, température atteignable dans des conditions de confinement adéquates par un feu de bois. Le mélange silice-sel alcalin fondu se
solidifie ensuite sous forme d’un verre, une structure chimique complexe de silicium, d’oxygène et d’autres atomes alcalins et métalliques.
Histoire ou légende, cette découverte est plausible, et de nombreux objets de verroterie (pendentifs, perles...) ont été découverts datant de
cette époque. Plus tard, aux époques grecque et romaine, le verre, de plus en plus transparent sera utilisé pour fabriquer des vases et des
coupes.
Ce n’est qu’un siècle et demi avant notre ère que sera inventée la technique de soufflage du verre : on cueille au bout d’une canne
métallique creuse, une grosse goutte de verre (la paraison), que l’on gonfle en la tournant et en la manipulant de façon à former une
bouteille, un flacon, un vase, etc. Cette technique sera la principale utilisée par les verriers jusqu’au XVIIIe siècle, y compris pour faire le
verre plat nécessaire aux miroirs ou aux vitres : le verre était soufflé en forme de cylindre, puis, fendu selon une génératrice et encore
légèrement chaud, s’étalait pour devenir une plaque à peu près plane.
En 1666, Colbert et Louis XIV, n’acceptant pas la primauté des verriers vénitiens dans la production des verres pour miroirs, créent la
Manufacture royale des glaces, dont les activités s’établiront quelques années plus tard dans le petit village de Saint-Gobain dans l’Aisne,
et qui deviendra la Compagnie de Saint-Gobain, aujourd’hui une entreprise industrielle de 200 000 personnes, dont un bon tiers de
l’activité reste aujourd’hui encore dans le domaine du verre.
C’est dans l’usine du village de Saint-Gobain que sera développée une nouvelle technique de fabrication du verre plat, la coulée sur table :
on versait le verre liquide sur une grande table métallique, puis on le laminait pour en faire une feuille que l’on laissait refroidir. Cette
technique fut la première permettant de réaliser de très grandes pièces de verre plat pour les fenêtres et les miroirs. La Galerie des glaces
du Palais de Versailles reste la marque des premières années d’activités de la Manufacture royale des glaces, futur Saint-Gobain.
De façon générale, de très nombreux objets utiles ou décoratifs en verre, jalonnent l’histoire de l’architecture et de l’art. Les vitraux des
grandes cathédrales gothiques en sont un exemple éclatant. Dans un genre plus méconnu, on peut citer le « Lion et le Serpent »,
magnifique groupe animalier grandeur nature, réalisé par Lambourg vers 1850, entièrement en fils de verres, et visible au Musée national
des arts et métiers à Paris.
34
Référence Internet
J2296
2
Solide
les uns des autres, mais sans liaisons chimiques entre eux, ce qui cristallisé
Température
permet au liquide de se déformer, un peu comme le ferait le
contenu d’un sac de billes. Si, enfin, on refroidit le liquide, il se fige Tf
en un « solide cristallisé » : cette fois-ci, non seulement les atomes
ou molécules sont liés les uns aux autres par des liaisons chi-
a solide cristallisé
miques, donc ne peuvent plus glisser les uns sur les autres comme
les billes du sac, mais ils sont rangés dans un ordre donné. Cet
ordre est imposé par la taille des atomes et la nature des liaisons
chimiques. C’est ce que l’on nomme une structure cristalline.
Entropie
Cette dernière transition, du liquide au solide, peut se décrire
comme sur la figure 1a par la diminution brutale, à la température
de solidification (appelée ici Tf pour température de fusion, la
fusion étant le phénomène inverse, de passage du solide au Liquide
liquide, qui se produit à la même température lorsque l’on chauffe
le solide) d’un paramètre thermodynamique appelé l’entropie.
L’entropie est en quelque sorte une mesure du degré d’ordre d’un
milieu : une foule désordonnée a une entropie plus grande qu’une Liquide surfondu
troupe qui marche au pas. Sur la figure 1a, on voit qu’après solidi-
fication, l’entropie du cristal continue à décroître jusqu’à être nulle
Solide
au zéro absolu : cela est due à de petits mouvements d’agitation cristallisé
thermique des atomes autour de leur position d’équilibre. Au zéro Température
absolu, les atomes sont devenus immobiles au sein d’un cristal
parfaitement ordonné : l’entropie est nulle. Tk Tf
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2
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Référence Internet
BM7428
2
1. Découpe à la molette .............................................................................. BM 7 428 – 2
1.1 Principe......................................................................................................... — 2
1.2 Paramètres de traçage ................................................................................ — 2
1.3 Rompage ...................................................................................................... — 4
1.4 Exemples de défauts de découpe .............................................................. — 6
1.5 Découpe manuelle – découpe industrielle ................................................ — 6
2. Autres méthodes de découpe............................................................... — 7
2.1 Découpe laser .............................................................................................. — 7
2.2 Découpe jet d’eau ........................................................................................ — 8
2.3 Comparaison................................................................................................ — 8
3. Exemple de difficulté de découpe de verres spéciaux .................. — 8
4. Synthèse ..................................................................................................... — 8
5. Compléments théoriques sur la mécanique de la fracture .......... — 8
5.1 Mécanisme d’indentation ........................................................................... — 9
5.2 Facteur d’intensité des contraintes ............................................................ — 9
5.3 Modes de chargement mixtes .................................................................... — 10
5.4 Fractographie ............................................................................................... — 11
5.5 Contraintes thermiques (résiduelles ou transitoires) ............................... — 11
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© Techniques de l’Ingénieur BM 7 428 − 1
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Référence Internet
BM7428
1. Découpe à la molette
Surface
du verre
1.1 Principe
Surface
De façon générale, couper du verre signifie guider la propagation de fracture
d’une fracture dans le verre. Cela est communément réalisé en Fissure latérale Fissure médiane dans l'épaisseur
créant une fissure initiale (fissure médiane) à l’aide d’une molette, et
ensuite en appliquant une contrainte bien orientée. La première
Le traçage peut être réalisé mécaniquement en déplaçant un Figure 3 – Vue en coupe d’un tracé à la molette [21]
indenteur pointu sur la surface du verre. La molette utilisée est une
roue comportant une arête aiguë et possédant une dureté supé-
rieure à celle du verre. Une charge normale P est appliquée sur la
molette lors de son déplacement. La molette a trois caractéristiques
principales : le matériau dont elle est faite, son diamètre D, son
angle α (figure 1). Ces paramètres sont à adapter en fonction du
type de verre à découper (composition, épaisseur...). Le matériau
utilisé est généralement à base de carbure de tungstène, quelque- Profondeur de la fissure médiane
fois en diamant. Le diamètre de la molette D varie généralement
entre 4 et 6 mm, et l’angle α entre 95 et 160˚.
1.2.1 Charge
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
BM 7 428 − 2 © Techniques de l’Ingénieur
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Référence Internet
BM7428
2
200 µm
être augmentés lorsque l’épaisseur du verre augmente, pour plu-
sieurs raisons.
Plus le verre est épais, plus la fissure médiane doit être profonde.
Figure 5 – Vue de dessus de la surface du verre après traçage Le niveau de la contrainte de surface (résiduelle ou transitoire) varie
à la molette également en fonction de l’épaisseur du verre (cf. § 5). Géné-
ralement, la surface est d’autant plus en compression que le verre
est épais. Une augmentation de la charge sur la molette est alors
— plus intense est le champ des contraintes résiduelles nécessaire pour que la fissure puisse se propager assez profondé-
d’indentation ; ment malgré la présence de cette zone en compression.
— plus longues sont les fissures latérales ;
Une augmentation de l’angle de la molette permet également de
— plus nombreuses sont les spliures ;
diminuer la vitesse d’usure de la molette.
— plus faible est la résistance mécanique de bord ;
— plus faible est la durée de vie de la molette. Au contraire, sur du verre mince ou pelliculaire, il est nécessaire
La charge exercée sur la molette devrait donc être contrôlée de de diminuer la charge, l’angle et le diamètre de la molette, pour évi-
façon rigoureuse. ter de l’endommager. Le verre peut également se déformer par
flexion. La contrainte de flexion étant en compression sur la surface
D’après Swain [38], la profondeur de la fissure médiane est pro-
tracée par la molette, elle s’oppose à la propagation de la fissure
portionnelle à la charge exercée sur la molette à la puissance 4/3. La
médiane.
résistance mécanique est proportionnelle à la charge à la puissance
− 1/2.
Pour une même charge sur la molette, la profondeur de la fissure 1.2.5 Durée de vie
médiane peut être augmentée si la surface de contact entre le verre
et la molette est réduite. Cela explique l’influence des paramètres
géométriques de la molette, détaillés ci-après. Plus faibles sont l’angle et le diamètre de la molette, plus faible
est sa durée de vie. Quand la molette s’use, l’angle effectif de la
molette s’ouvre. La surface de contact augmente. L’intensité des
1.2.2 Angle contraintes d’indentation dans le verre diminuent. Pour compenser
cet effet, la charge sur la molette doit être augmentée. Ce n’est pas
Plus faible est l’angle de la molette : recommandé, car cela augmente le risque de créer des fissures laté-
rales ou spliures. Typiquement, la durée de vie d’une molette est de
— plus profonde est la fissure médiane [38] ;
l’ordre de 5 à 20 km de longueur découpée.
— plus facile est le rompage ;
— plus localisé est le champ des contraintes résiduelles
d’indentation ;
— plus faible est la durée de vie de la molette. 1.2.6 Matériau
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur BM 7 428 − 3
39
2
40
Référence Internet
N4401
41
Référence Internet
N4401
1. Avant-propos
Température T (oC)
sur la découpe
à la molette (Annealing point,
to supérieure 600
de recuit)
L’opération de découpe du verre est la première phase du cycle 450
de transformation verrière. Elle constitue la base de la formation (Strain point,
du miroitier. Elle est primordiale pour le bon déroulement des to inférieure
de recuit)
autres étapes (façonnage, trempe, feuilleté et assemblage en dou-
ble-vitrage). Le but est d’obtenir une découpe propre et précise,
c’est-à-dire linéaire et sans écailles importantes. Pour ce faire, la
maîtrise des différents paramètres de l’opération n’est pas suffi-
sante. Il est impératif aussi d’exploiter une feuille de verre ayant Temps
subi une bonne recuisson lors de son élaboration. Le principe Relaxation (dépend de
même de cette découpe à la molette repose sur les contraintes des contraintes l'épaisseur)
thermiques élaborées lors du « recuit » de la feuille.
Les modalités de la découpe à la molette sont basées sur deux Figure 1 – Courbe théorique de recuisson
opérations distinctes : le traçage et le rompage.
42
Référence Internet
N4404
2
1. Chimie et production des intercalaires PVB pour verre feuilleté N 4 404 - 2
1.1 Résine butyral de polyvinyle (PVB) ............................................................ — 2
1.2 Production du film PVB ............................................................................... — 2
2. Chimie des intercalaires « non PVB » pour verre feuilleté .......... — 3
2.1 Résine et films d’acétate de vinyle éthylène (EVA) ................................... — 3
2.2 Polymères « Ionoplast » .............................................................................. — 4
2.3 Polyuréthannes thermoplastiques (TPU) ................................................... — 4
2.4 Résines de coulée (CIP) ............................................................................... — 4
2.5 Autres polymères ......................................................................................... — 5
3. Propriétés des intercalaires .................................................................. — 5
4. Spécificité et différenciation des films intercalaires .................... — 9
5. Conclusion.................................................................................................. — 11
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. N 4 404
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Référence Internet
N4404
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Référence Internet
N4404
2
H
CH2 CH2 CH2 C
Finalement après élimination et séchage de l’eau de surface, le
film est refroidi, coupé à la largeur voulue et bobiné. Les rouleaux n m
sont emballés sous forme réfrigérée ou interfoliée (à l’aide d’un O
film PET). Les chutes de PVB seront, quant à elles, broyées et recy-
clées. Le film PVB sera livré sous forme de rouleaux de différentes
longueur et largeur pouvant aller jusqu’à 3,22 m de large par C
1,5 km de long soit un poids maximal supérieur à 2 tonnes.
H3C O
Chaque fabricant de PVB a ses « brevets/secrets de fabrication »
10 Acétate de vinyle éthylène (EVA)
lui permettant de fabriquer une gamme étendue de PVB spécifiques
pour chaque marché concerné. La nomenclature du produit corres-
pond au nom de la marque du fabricant, suivi d’un code qui renvoie L’EVA est normalement produite soit par un procédé de polymé-
à la mise en œuvre du produit et à son application finale (exemple : risation en masse continue ou en solution. Le premier procédé
Saflex® RB 41 ; Butacite® B50 série, Trosifol® PV Solar ; S’LEC® produit des copolymères à bas poids moléculaire, alors que le
Sound Acoustic). Pour plus d’informations, le lecteur pourra second procédé donne des produits à haut poids moléculaire.
consulter les sites web respectifs des producteurs d’intercalaires. Lorsque le niveau d’acétate de vinyle dans le polymère augmente,
alors le niveau de cristallinité trouvé dans le polyéthylène seul
diminue de 60 % à 10 %. Cela conduit à des produits présentant
des performances et caractéristiques comprises entre celles du
2. Chimie des intercalaires polyéthylène à basse densité et le caoutchouc flexible. Les grades
usuels peuvent contenir de 2 % à 50 % d’acétate de vinyle. Leur
« non PVB » pour verre transparence, souplesse, résistance et solubilité dans les solvants
augmentent avec le taux d’acétate de vinyle. Les films d’EVA ont
feuilleté de bas taux d’AV (2 % à 10 %). Ayant une bonne résistance à l’eau
et autres environnements salins, leur résistance aux solvants dimi-
nue lorsque le taux d’AV augmente. Étant de nature thermo-
2.1 Résine et films d’acétate plastique, l’EVA peut être moulé par extrusion, injection, soufflage,
de vinyle éthylène (EVA) calandrage et moulage rotationnel. Leur réticulation en présence
de peroxydes peut donner des produits thermodurcissables. L’EVA
■ Généralités peut être facilement pigmenté pour ajouter des gammes de cou-
Au début des années 1950, de nombreux groupes chimiques leur. Les copolymères EVA sont principalement utilisés dans les
furent impliqués dans le développement des copolymères EVA applications de spécialités ou ils sont en concurrence avec les PVC
(acétate de vinyle éthylène). Imperial Chemical Industry (ICI) – plastifiés et les caoutchoucs.
racheté depuis par Akzo Nobel – déposa le premier brevet EVA en Les films EVA ayant une réticulation tridimensionnelle sont
1950 et commença la commercialisation du produit. Dupont utilisés pour la fabrication des verres feuilletés bâtiment, pour
déposa aussi un brevet en 1956 et introduisit la gamme de l’encapsulation des cellules photovoltaïques, et pour la décoration
produits « Elvax » en 1960. Depuis, les principaux producteurs (insertion de motif décoratif, film PET...). Typiquement, ils
d’EVA copolymères sont Bridgestone, Dupont, Exxon Mobil contiennent moins de 10 % d’AV. On notera qu’ils ne sont pas
Chemicals et beaucoup d’autres. En ce qui concerne l’encapsula- qualifiés pour les verres feuilletés automobile et qu’ils font
tion des cellules pour modules photovoltaïques, on retiendra prin- souvent l’objet d’avis techniques en France généralement à cause
cipalement les noms de Bridgestone (gamme de produits de leur adhérence trop élevée par rapport au PVB, d’où une résis-
« Evasky® »), Sekisui (« S-LEC »), Tohso (« Nippoflex »), Dupont tance à l’impact plus faible que le PVB. Les points forts de l’EVA
(« Elvax® »), Eastman (« Vistasolar® »), Exxon (« Escorène™ »). sont inhérents à la composition chimique. Ils sont hydrophobes et
ne contiennent pas de plastifiant alors que le PVB est hydrophile et
■ Chimie contient des plastifiants. C’est pourquoi ils sont principalement
La production de la résine EVA est basée sur la copolymérisa- spécifiés dans les pays chauds et humides ainsi que pour certaines
tion de l’éthylène (9) et de l’acétate de vinyle (3). Le procédé de applications structurelles comme en VEA (verre extérieur attaché)
fabrication à partir de l’acétylène est aussi possible (voir ci-dessus et en VEC (verre extérieur collé) à bord libre ou en contact avec les
la première étape de fabrication du PVB) mais plus cher. mastics.
– 1re étape : l’éthylène (9) (C2H4) réagit d’abord avec l’acide En ce qui concerne les applications photovoltaïques, l’EVA est le
acétique (CH3CO2H) pour former l’acétate de vinyle : numéro un incontesté à ce jour. La raison en est que l’EVA se prête
bien à des petites unités de production, est facile à mettre en
O œuvre, a une excellente durabilité, une très haute adhésion et une
O bonne résistance à la chaleur, à l’humidité et aux UV. De plus, les
fabricants de PVB ont longtemps ignoré stratégiquement ce mar-
CH2 = CH2 OH O ché entre les années 1980 à 2000, en lui préférant ceux de l’auto-
mobile et du bâtiment beaucoup plus prometteur en termes de
9 Éthylène 2 Acide acétique 3 Acétate de vinyle croissance et de retour sur investissement. À juste titre, et avec le
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2
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Référence Internet
N4409
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Docteur en chimie-physique
Consultant-Expert verre feuilleté
les façades double peau, les vitrages en toiture. Cet article fait le point sur les
exigences et recommandations relatives à la fabrication des verres feuilletés
trempés et à leurs applications dans le bâtiment.
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Référence Internet
N4409
1. Procédés de fabrication
des verres feuilletés
trempés B–t
B+t
Comment fabriquer de façon économique un verre feuilleté
trempé de qualité ? Voilà la question fondamentale que se posent H–t
en permanence les fabricants. Les procédés de fabrication des ver-
res feuilletés trempés présentent de nouveaux défis et nécessitent la
recherche de solutions individuelles adaptées à chaque ligne de
production. Ainsi les matériaux de base – verres trempés et interca-
2
laires viscoélastiques – doivent présenter des caractéristiques et des H+t
critères de sélection adaptés à la fabrication du produit fini. Les
fabricants de machines-outils offrent des équipements sophistiqués Figure 1 – Longueur, largeur, parallélisme et tolérance pour VFT
et innovants permettant d’améliorer les rendements de la ligne de
production. Les fournisseurs d’intercalaires collaborent à la mise en
œuvre de leurs produits de façon à établir les meilleures conditions
de fabrication et à minimiser les rejets dus au bullage et au délami- Tableau 1 – Suggestion de tolérances
nage excessifs. Les recommandations suivantes devraient permet- sur la largeur B et la longueur H pour VFT
tre aux fabricants de ne plus vivre de « cauchemars ».
Dimension nominale Épaisseur
Épaisseur nomi-
des côtés, nominale
nale des verres
B ou H des verres
1.1 Exigences et recommandations (mm)
d 艋 12 mm
d > 12 mm
relatives à la préparation
des verres plats pour VFT 艋 2 000 ± 1,5 ± 2,0
Les épaisseurs nominales et les tolérances du verre plat doivent 2 000 < B ou H 艋 3 000 ± 2,0 ± 3,0
être conformes à celles définies par la norme NF EN 572-2 (Produits
à base de verre de silicate sodo-calcique – Partie 2 : verre flotté). Les > 3 000 ± 3,0 ± 4,0
tolérances d’épaisseur sur le verre float dépendent de l’épaisseur du
verre. Elles peuvent varier de ± 0,2 mm (pour un verre de 3 mm) à
± 1,0 mm (pour des verres de 19 et 25 mm). En principe, ces toléran-
ces ne causent pas de problème. Cependant, il est bien connu que Tableau 2 – Suggestion de tolérances
les bords latéraux du verre float peuvent présenter une surépaisseur sur le diamètre des trous pour VFT
due au procédé de fabrication par débordement du lit d’étain du
verre float lui-même. Le phénomène est plus prononcé pour les ver- Diamètre nominal des trous
Tolérances
res de 6 mm et plus. Les variations d’épaisseur supérieures à ces ⵰
(mm)
tolérances sont synonymes de problème potentiel lors du procédé (mm)
d’assemblage et de dégazage des verres feuilletés trempés. L’air
4 艋 ∅ 艋 20 ± 1,0
enfermé entre le verre et l’intercalaire peut se dissoudre dans ce
dernier pendant la mise en œuvre, mais réapparaître après installa-
20 艋 ∅ 艋 100 ± 2,0
tion sur site sous forme de bullage ou de délaminations. Pour élimi-
ner ces risques de défauts après installation, il conviendra ∅ > 100 Consulter le fabricant
d’éliminer les bandes latérales en surépaisseur sur une largeur
minimale de 20 mm. Cette précaution est nettement moins oné-
reuse que de devoir jeter à la benne le verre feuilleté trempé en bout
de ligne ou d’augmenter l’épaisseur de l’intercalaire. 1.2 Exigences et recommandations
La découpe, perforation des trous, encoches et finissage des relatives au procédé de trempe
bords sont effectués avant de procéder à la trempe des verres et en thermique
accord avec la norme NF EN 572-2 et les « Règles de conception et
de mise en œuvre des installations en verre trempé » de la FFPV. Il existe deux types de trempe thermique : la trempe horizontale
La longueur (H), la largeur (B) et le parallélisme de chaque et la trempe verticale. La fabrication des verres trempés par
volume et les tolérances (t ) sont illustrés figure 1 et tableau 1. trempe verticale est non seulement obsolète mais les verres
Nous préconisons de diminuer les tolérances de 1 mm par rapport trempés produits par ce procédé doivent être proscrits de la fabri-
aux « Règles de conception de la FFPV ». cation de VFT. En effet, la trempe verticale introduit des distorsions
optiques et mécaniques sévères sur les bords. Les pinces utilisées
Le diamètre des trous ne doit pas être inférieur, en général, à pour suspendre verticalement le verre sont à l’origine de ces
l’épaisseur nominale du verre. Il existe aussi des limitations déformations connues sous le nom de « tong marks » en anglais,
concernant la position et le nombre de trous par rapport aux côtés ou « empreintes de pinçage », qui peuvent être visibles jusqu’à
et aux angles des panneaux de verre, ainsi que leurs dimension et 20 mm des bords et avoir un rayon de 100 mm.
forme (tableau 2).
Le procédé de trempe horizontale permet de mieux contrôler la
Toute déviation supérieure à celle rapportée dans ces tableaux planéité des verres trempés sans toutefois atteindre complètement
va créer des conflits au niveau de l’alignement des bords et/ou de celle des verres recuits. Il existe trois principaux obstacles à
centrage des verres dus au décalage des trous d’un verre par surmonter pour fabriquer la qualité requise, mais les conditions de
rapport à l’autre. Cela peut se traduire par des problèmes de déla- trempe peuvent être optimisées de façon à minimiser ces défauts
minage et de casse autour des trous lors du montage des volumes et rendre le verre trempé apte à son assemblage en verre feuilleté
sur chantier. trempé.
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Fours de verrerie
— soit, simultanément, dans différentes parties du four, dans le cas des fours
à bassin continus ;
— soit, successivement, dans le cas des fours à creusets (fours à pots) ou des
fours « day tank ».
Parution : avril 2000
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2
— les fours électriques dans lesquels l’énergie thermique est produite par
effet Joule dans la masse du verre en fusion.
Un chauffage d’appoint électrique est souvent installé sur les fours à
flammes, soit pour augmenter momentanément la production du four, soit
pour améliorer la qualité du verre.
1. Généralités sur le verre — les fours de trempe (verre plat et verrerie de table) ;
— les fours de bombage de verre plat (pare-brise et autres).
Le tableau 1 reprend quelques exemples de procédés d’élabo-
ration des produits courants.
Dans le texte, nous utiliserons systématiquement les termes
spécifiques à l’industrie verrière (composition, feeders), tels
que définis dans l’introduction. Nous ne traiterons ici que des fours de fusion, proprement
dit, et des canaux de conditionnement qui sont étroitement liés
aux fours de fusion de verre creux.
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2
10/15 terme « tubes télévision »), les fibres de verre d’isolation, les fibres
Feldspath Al2O3 } de verre de renforcement et les vitrocéramiques (articles culinaires,
plaques de cuisson).
Oxydes métalliques colorants
■ Verrerie à la main : il s’agit essentiellement de verreries artis-
tiques et, d’une façon générale, d’objets fabriqués en petite série,
Le verre le plus anciennement connu et encore le plus utilisé principalement dans le domaine du cristal.
pour la fabrication du verre plat et du verre d’emballage est le
verre sodocalcique, dont la composition est résumée dans le La quantité de verre nécessaire à la fabrication de l’objet (la
tableau 2. D’autres éléments peuvent être ajoutés pour modifier paraison) est cueillée manuellement au moyen d’un tube creux (la
les caractéristiques physiques du verre et pour faciliter son affi- canne) pour être soufflée, ou d’une tige métallique (le ferret) pour
nage. être pressée. Il existe maintenant des robots permettant de méca-
niser ces opérations.
■ Les principaux types de verre sont : Nota : les verriers utilisent le verbe « cueiller » pour cueillir.
— le verre sodocalcique ;
— le verre borosilicate ;
Nota : l’adjonction du bore permet l’obtention d’un verre à faible dilatation et à bonne
résistance aux chocs thermiques. Les principales applications sont : verrerie culinaire,
éclairage, laboratoire, industrie chimique. Les verres au bore à faible teneur en soude
2. Fours à flammes
(dits « verres neutres ») sont utilisés pour le conditionnement des produits pharmaceu-
tiques injectables du fait de leur résistance hydrolitique). Ce type de verre est plus difficile
à élaborer que les verres sodocalciques.
— le cristal (verre au plomb et à la potasse) ;
2.1 Conception générale
Nota : l’incorporation du plomb modifie les caractéristiques physiques du verre en
modifiant la densité, la réfraction (brillance) la sonorité et rend le verre plus tendre à la
taille. Les applications sont nombreuses : verrerie de table, d’art, lustrerie, verre tech- 2.1.1 Présentation
nique.
— les verres techniques ; La gamme de production des fours à flammes est très étendue
— le verre opale ; puisqu’elle va de 5 à 1 000 t/j ; par exemple, on a :
— les verres d’optique ; — 5 t/j pour un four destiné au travail manuel ayant une surface
— les fibres de verre pour l’isolation ; de 8 m2 et dont la masse du garnissage réfractaire est d’environ
— les fibres de renforcement (verre textile) utilisées dans 50 t ;
l’industrie des plastiques ; — 1 000 t/j pour un four « float » de grande capacité ayant une
— les « frittes » utilisées pour l’émaillage, obtenues par broyage surface de 1 100 m2 et dont la masse du garnissage réfractaire,
de verres de couleur ayant une composition particulière ; les frittes incluant les régénérateurs, est d’environ 8 000 t.
sont élaborées dans des fours très spéciaux ; Les principaux éléments d’un four à flammes sont :
— le silicate vitreux. — le bassin de fusion ;
Nota : le silicate vitreux, élaboré à partir d’un mélange sable carbonate de soude, est — l’avant-bassin ;
soluble dans l’eau, c’est le produit de base pour la fabrication de silice précipitée utilisée
comme charge dans des domaines très divers comme industries du caoutchouc, des
— le système de chauffage ;
peintures, des papiers, etc. — le dispositif d’enfournement de la composition ;
— éventuellement, un dispositif de dépollution des fumées.
■ La cuve en réfractaires, contenant le verre en fusion (figures 1 et 2),
comporte deux compartiments distincts :
1.3 Produits verriers
— le bassin de fusion, à l’extrémité duquel est enfournée la
composition et dans lequel se produit la fusion, l’affinage et l’homo-
■ Verre plat : il est réalisé par le procédé « float » qui consiste à généisation ;
déverser le verre à la sortie du four sur un bain d’étain en fusion — l’avant-bassin, appelé aussi bassin de travail ou distributeur.
permettant ainsi d’obtenir une feuille de verre ayant des surfaces Dans la plupart des fours, ces deux parties sont complètement
planes et parallèles. distinctes et reliées entre elles par un conduit appelé « gorge »
Le verre plat, obtenu par le procédé « float », a remplacé à la fois (figures 1, 2 et 3) situé au niveau de la sole du bassin de fusion
le verre à vitre obtenu par étirage vertical ou horizontal et la glace ou à un niveau inférieur (gorge dite « sous-marine »). Dans le cas
obtenue par laminage et usinage. du verre plat (procédé « float ») la séparation entre les deux bas-
sins est constituée par un rétrécissement appelé « corset »
■ Verre imprimé : comporte des motifs imprimés dans la masse. (figure 2). Cet avant-bassin, appelé également « bassin de braise »,
Il est utilisé dans le bâtiment. Le formage se fait par passage du alimente directement le bain d’étain sur la surface duquel s’étale le
verre liquide entre deux rouleaux en acier allié. L’un des rouleaux, verre, donnant à la feuille sa largeur et son épaisseur définitives.
et, pour certains modèles, les deux, comporte des motifs gravés qui Le verre se refroidit progressivement et se solidifie avant de traver-
s’impriment dans le verre. ser l’étenderie de recuisson.
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Composition
Régénérateur Conduit de brûleur
Point chaud
Voûte Pignon gorge
Gorge
Bain de verre
Avant-bassin en fusion
Feeders
Bouillonneurs Gorge
Mur antiretour
2
Figure 3 – Courants de verre dans la cuve
Cuve (bassin de fusion et d’affinage)
Carneau
Dog house Piédroit
Ces courants sont essentiellement induits par un point chaud
qui doit se trouver approximativement aux deux tiers de la
Figure 1 – Four pour verre creux. Régénérateurs, flammes en boucle longueur du bassin. Ce point chaud, appelé aussi « point source »,
crée un mouvement de « courroie » dans le verre :
— le verre plus froid dans la zone d’enfournement, donc plus
dense, a tendance à s’écouler vers le fond de la cuve ;
Conduit de Piédroit Pignon Vers — le verre chaud moins dense a tendance à remonter au point
brûleur bain chaud.
Pignon Voûte d’étain
d’enfournement On contrôle la position du point chaud en agissant sur la
répartition de la puissance thermique. Pour stabiliser le point
chaud on prévoit quelquefois :
Avant-bassin — en aval du point chaud, un mur barrage, (mur antiretour) en
Corset
réfractaires, encastré dans la sole et noyé dans le verre en fusion ;
Chambres — un dispositif « bouillonneurs » constitué par un système
d’injection d’air au niveau de la sole, les bulles d’air créant un
mouvement ascensionnel du verre (surtout efficace avec le verre
coloré).
Régénérateur Empilages Il en résulte que l’on a intérêt à avoir une cuve profonde pour
gauche autant que le verre du fond soit assez fluide, donc suffisamment
Bassin de fusion
Dog house chaud pour participer aux courants de convection.
et d’affinage
(enfournement)
■ La profondeur de la cuve de fusion sera donc fonction de la
Figure 2 – Four « float ». Régénérateurs ; brûleurs latéraux transparence du verre vis-à-vis de la radiation des flammes (donc de
sa couleur), et de la température de flamme.
Certains verres nécessitent des hauteurs de cuve réduites, du fait
Bassin de fusion et avant-bassin sont constitués chacun par une de leur tendance à se répartir en couches de compositions chi-
cuve en réfractaires contenant le verre en fusion. miques différentes (verres borosilicate, cristal en particulier). En
pratique, la hauteur de verre du bassin de fusion s’étage entre 600
■ Au-dessus des deux compartiments se trouve un espace fermé, et 1 600 mm.
également en matériaux réfractaires, appelé « laboratoire », et
constitué (figures 1 et 2) :
— de murs latéraux ou piédroits ; 2.1.3 Avant-bassin
— de murs d’extrémité ou pignons ;
— d’une voûte qui coiffe l’ensemble ; ■ L’avant-bassin alimente les machines par l’intermédiaire des
— d’une niche d’enfournement appelée « dog house ». « feeders » ou directement le bain d’étain dans le cas des fours
C’est dans le laboratoire que se développent les flammes. « float ». Il comporte des dispositifs de chauffage et de refroidisse-
ment et son rôle est de :
— constituer un volume tampon permettant l’homogénéisation
2.1.2 Bassin de fusion du verre provenant du bassin de fusion ;
— éviter, dans le cas où le four alimente plusieurs machines,
Le chauffage du verre est obtenu par des flammes qui se qu’une modification du débit ou l’arrêt de l’alimentation de l’une
développent au-dessus de la surface du bain. Une partie de d’elles perturbent les autres ;
l’énergie thermique dégagée par la combustion est transmise — limiter l’influence de la température du bassin de fusion sur
directement au bain par rayonnement et convection, une autre par- celle du verre fourni par l’avant-bassin ;
tie est transmise à la voûte qui la restitue au bain par rayonne- — assurer un préconditionnement du verre ou son conditionne-
ment. ment final dans le cas du verre plat.
■ La qualité de l’affinage, qui conditionne celle du verre sortant du ■ Il existe différentes géométries d’avant-bassins :
four, est basée sur l’existence de courants thermiques dans la — l’avant-bassin demi-rond qui a tendance à être abandonné,
masse vitreuse. Ces courants de convection (figure 3) : car sa voûte en demi-coupole est d’une construction assez
— opèrent un brassage du verre ; complexe ;
— augmentent le temps de séjour du verre dans le four ; — l’avant-bassin rectangulaire ;
— évitent que du verre incomplètement fondu ou mal affiné — l’avant-bassin constitué par un canal transversal, appelé
s’écoule directement vers la gorge. souvent distributeur, celui-ci est installé à la sortie de la gorge per-
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Départ de verre
l’avant-bassin est nettement plus faible que celle du bassin de
fusion, généralement 400 à 600 mm, alors que dans les fours Dog house
« float » elle est du même ordre ou un peu plus faible que celle du (enfournement)
Bain de verre en fusion
bassin de fusion. Dans les fours « float », afin d’améliorer l’homogé-
Cuve
néisation du verre, l’avant-bassin peut comporter un dispositif de
brassage mécanique.
2
2.1.4 Caractéristiques d’un four
Il est usuel de caractériser un four par le tonnage journalier
maximal qu’il est capable de fournir aux machines, ce que les Brûleur Gorge sous-marine
verriers désignent sous le nom de « tirée journalière ».
De même, on caractérise l’efficacité d’un four par sa « tirée
spécifique », définie par :
P
T = -----
S
avec P (t/j) production journalière,
S (m2) surface de fusion (surface du bassin avant la Avant-bassin
gorge ou surface couverte par les flammes dans
le cas des fours « float »). Figure 4 – Four à brûleurs à air froid, type Unit Melter
Cette tirée spécifique dépend d’un certain nombre d’éléments :
— le type de verre ;
— la qualité recherchée (à partir d’une certaine production d’un Ce four chauffé par des brûleurs alimentés en air froid est
four, une augmentation de celle-ci entraîne une dégradation de la généralement connu sous le nom de four « unit Melter », nom
qualité) ; commercial déposé par la Société Emhart (États-Unis). Il n’existe
— la taille du four (la tirée spécifique du four augmente avec pratiquement plus de fours de ce type en service, ceux qui
celle-ci) ; subsistent ayant été modifiés par l’adjonction d’un récupérateur
— la température de flamme qui dépend du mode de chauffage. métallique.
■ Caractéristiques
● Rapport longueur/largeur important (supérieur à 4).
2.2 Différents systèmes de chauffage ● Faible profondeur de verre.
● Chauffage par brûleurs latéraux alimentés en air froid.
La solution la plus simple consiste à utiliser des brûleurs alimen-
tés en air froid. Toutefois, pour augmenter les performances du ● Enfournement en extrémité du four.
four en capacité de fusion et en rendement thermique, il est ● Départ de fumée en extrémité du four (au-dessus de l’enfourne-
souhaitable de disposer d’une température de flamme la plus ment), donc avec une circulation des fumées à contre-courant par
élevée possible. Les deux techniques les plus utilisées sont : rapport à l’écoulement du verre.
— le préchauffage de l’air de combustion par utilisation de la Du fait du rapport longueur/largeur important et de la faible
chaleur sensible contenue dans les fumées qui sortent du four profondeur, les courants de retour sont inexistants ; l’affinage est
entre 1 300 et 1 500 oC, soit dans des régénérateurs en matériaux cependant bon, grâce à la grande longueur et la faible épaisseur du
réfractaires, soit dans des échangeurs métalliques air/fumée verre.
(appelés récupérateurs dans l’industrie verrière) ;
— l’utilisation d’oxygène ou d’air suroxygéné comme combu- ■ Avantages
rant. ● Faible coût d’investissement.
De ce fait, les fours à flammes sont généralement classés par ● Grande souplesse d’utilisation : facilité de changement de cou-
leur système de combustion : leur du verre et facilité d’arrêt et de redémarrage.
— four à brûleurs à air froid (§ 2.2.1) ; Nota : pour des raisons commerciales, il peut être intéressant de changer de couleur
— four à régénérateurs (§ 2.2.2) ; de verre (si la profondeur de la cuve le permet). Comme il n’est pas possible de vider le
four pour ne pas détériorer les réfractaires, on produit une certaine quantité de verre
— four à récupérateur métallique (§ 2.2.3) ; d’une couleur intermédiaire inutilisable. Le tonnage de verre perdu est d’autant plus fai-
— four à oxycombustion (§ 2.2.4). ble que la capacité de la cuve est réduite. Ce n’est pas utilisable pour les frittes qui sont
élaborées dans des fours très spéciaux.
● Verre de bonne qualité.
2.2.1 Four à brûleurs à air froid
■ Inconvénients
La figure 4 donne le schéma de principe d’un tel four. Son intérêt ● Consommation d’énergie importante.
est de représenter tous les types de four. On peut noter également
que les fours chauffés par oxycombustion sont très similaires (seul ● Faible tirée spécifique.
le type de brûleurs change). ● Mauvaise adaptation aux grandes productions.
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Bain de verre
Vanne d’inversion en fusion
2.2.2.1 Principe air-fumées Empilages
Le four à régénérateurs ou four à inversion est basé sur le Cuve
principe du four Siemens Martin (utilisé en aciérie). Il est équipé de Ventilateur Injecteur
deux séries d’orifices appelés colliers de brûleurs, localisés dans d’air de
les piédroits ou dans le pignon du four. Ces orifices fonctionnent combustion
alternativement :
— soit comme départ de fumée ; Vers
— soit comme arrivée d’air de combustion ; cheminée
l’intervalle entre deux inversions se situant entre 20 et 30 min. Voûtains sous Rang
empilages d’entretoises
Des conduits (figures 1 et 2) relient les colliers de brûleurs à
deux ensembles de régénérateurs constitués par des chambres en
maçonnerie à l’intérieur desquelles sont installées des pièces en Figure 5 – Chambre de régénérateur
réfractaires, « l’empilage », au travers duquel circulent soit les
fumées, soit l’air de combustion à réchauffer (figure 5). Les pièces
réfractaires constituant l’empilage reposent sur des entretoises
supportées par des voûtains. Lorsque les fumées traversent
l’empilage, elles lui cèdent une partie de leur chaleur sensible ;
l’empilage restitue ensuite cette chaleur à l’air de combustion.
Le combustible est injecté dans la veine d’air de combustion
réchauffé (flamme de diffusion). Suivant l’importance du débit de Cerveau Conduit Collier de brûleur
combustible, il peut y avoir de 1 à 4 injecteurs par conduit. chambre de brûleur
Injecteur de combustible
Malgré le développement d’autres types de four, celui-ci reste Voûte
encore le plus utilisé, car le régénérateur est le seul dispositif per-
mettant d’obtenir de l’air réchauffé à des températures de 1 100- Mur de frappe
1 250 oC.
Ce four n’est, toutefois, guère utilisable pour la fusion de cer- Régénérateurs
Bain de verre en fusion
tains verres, car les empilages sont rapidement détériorés par les Vanne d’inversion
air-fumées
poussières de composition entraînées par les fumées. C’est, en
particulier, le cas :
Ventilateur
— des verres au bore (verre neutre, verre « Pyrex ») ; d’air de
— des verres borosodiques (verre isolation) ; combustion
Gorge
— des verres au plomb (cristal).
On distingue deux types de fours à régénérateurs :
— le four à flamme en boucle (brûleurs dans le pignon) ; Registre pivotant (réglage de la pression du four)
— le four à brûleurs transversaux (brûleurs dans les piédroits).
Canal de
2.2.2.2 Four type à flamme en boucle Chambre Piédroits Pignon
feeder
gauche gorge
C’est le four qui s’est le plus développé à partir des années 1970
dans l’industrie du verre d’emballage. Pendant longtemps, on a
pensé qu’il n’était pas souhaitable de dépasser une surface de 30-
35 m2 pour ce type de four. L’utilisation du fioul ou du gaz naturel
et les améliorations apportées aux injecteurs de combustible font
que l’on construit maintenant des fours de 150 m2 qui permettent
d’atteindre des productions de 300 à 400 t/j.
Les figures 6 et 7 donnent des schémas de ce type de four.
■ Caractéristiques Chambre Pignon Dog house
droite brûleur (enfournement)
● Les colliers de brûleurs sont placés dans le pignon arrière du Avant-bassin
four et les régénérateurs sont placés derrière le four.
● L’enfournement se fait latéralement par un ou deux « dog
houses » suivant la capacité du four. Figure 6 – Four à régénérateurs, chauffage par flammes en boucle
● Les régénérateurs peuvent être à simple ou double passage. (simple chambre)
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2
Université de Pau et des Pays de l’Adour, IPREM UMR UPPA/CNRS 5254, Pau, France
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2
satinage. Différents aspects satinés peuvent être obtenus selon la nature de la
solution de satinage, son homogénéité ou les paramètres procédé appliqués,
sans oublier le savoir-faire et la technicité de chaque atelier de dépolissage.
Si une maîtrise expérimentale du procédé de satinage chimique du verre et
les savoir-faire associés existent dans la grande majorité des ateliers de dépo-
lissage, les mécanismes chimiques régissant ce procédé sont peu, voire mal
connus. Le contenu de cet article s’articule autour de la description du méca-
nisme chimique de satinage, des différents aspects qu’il est possible d’obtenir
et enfin des paramètres influant sur l’aspect satiné et leurs déclinaisons.
L’objectif est une meilleure maîtrise des phénomènes qui se produisent au
cours du procédé de satinage afin d’en optimiser la gestion, la qualité du sati-
nage obtenu et éventuellement de développer des satinages innovants. En
effet, l’industrie du satinage des objets en verre est dépendante de fluctuations
de la mode et la proposition de finitions satinées innovantes permettrait de
fidéliser ce marché grâce à des nouveautés récurrentes.
Les cibles de cet article sont les ingénieurs méthodes et production respon-
sables de chaînes de dépolissage acide qui ont besoin de comprendre le
fonctionnement du procédé de satinage en vue de savoir sur quel levier inter-
venir en cas de problème de non-conformité.
56
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1 100
générateur de poussières particulièrement polluantes. 3 000
549
Zone de traçage
2 500
1.2 Dépolissage par laquage
Intensité [u.a.]
2 000
Le laquage ou « coating organique » consiste à pulvériser une
résine et des composés inertes chimiquement à la surface des
956
793
1 500
objets en verre pour donner un aspect visuel dépoli. Son principal
défaut est une faible résistance mécanique et en particulier une
faible résistance à l’abrasion. De plus, il nécessite souvent l’utilisa- 1 000
tion de solvants organiques dont les émanations peuvent être
nocives et le traitement coûteux. 500
b
a 2
0
0 500 1 000 1 500 2 000
1.3 Dépolissage chimique (satinage) Nombre d’onde [cm–1]
Le satinage résulte d’une attaque chimique de la surface du
verre qui peut être obtenu grâce à différents moyens : atmosphère Figure 2 – Spectre Raman de la surface d’un verre silico-sodo-
calcique avant et après satinage
d’acide fluorhydrique (HF) gazeux, solutions ou pâtes à satiner [1]
[2]. La méthode la plus couramment utilisée est le contact des
pièces en verre avec une solution de satinage. (figure 2). En effet, une analyse par spectrométrie Raman montre
Le procédé mis en œuvre dans la plupart des unités industrielles des spectres qui présentent les mêmes pics caractéristiques,
de dépolissage est simple. Il consiste d’abord à nettoyer les objets démontrant ainsi que la nature chimique de la surface du verre
en verre dans un bain de décapage puis à les mettre en contact n’a pas été modifiée, d’un point de vue qualitatif, après mise en
avec la solution de satinage, pendant un temps plus ou moins contact avec la solution de satinage et rinçage de la couche de
court allant de la minute pour le satinage de flacons ou autres précipités déposée à sa surface.
objets décoratifs à plus de 10 minutes dans le cas du traitement du Le rôle et les effets de la dissolution du matériau et de la forma-
verre plat. Au sortir de ce bain, les pièces sont recouvertes d’une tion d’une couche à sa surface sont donc tout autres.
couche de précipités de couleur blanche qu’il faut éliminer par une
étape de rinçage pour laisser apparaître le satinage. Seront détaillés dans cet article les facteurs influant sur l’aspect
du satinage et les informations relatives à la compréhension de ce
Ce procédé donne au verre un aspect satiné plus ou moins
phénomène.
mat. Les dépolis obtenus sont très homogènes, ont un toucher
doux et une esthétique particulièrement appréciés dans l’indus-
trie du flaconnage. L’aspect mat est dû au phénomène de
réflexion non spécifique de la lumière sur la surface dépolie du
verre [A 8 785]. Ce phénomène trouve une explication quand on 2. Mécanisme chimique
regarde la structure microscopique du satinage, où l’on peut dis-
tinguer des pyramides de taille et de forme variables en surface du satinage
du verre (figure 1).
La composition de surface d’un verre silico-sodo-calcique avant Les solutions de satinage contiennent généralement de l’acide
et après satinage ne présente aucune modification chimique fluorhydrique (HF) et des sels fluorés d’alcalins ou d’alcalino-ter-
reux. Parmi eux, les sels fluorés majoritairement employés sont
le fluorure d’ammonium (NH4F) et le fluorure de potassium (KF),
parfois accompagnés d’autres sels tels que le fluorure de sodium
(NaF), le fluorure de calcium (CaF2) ou le fluorure de magnésium
(MgF2) [3] [4] [5]. Les formulations initiales ne comportent pas
toujours d’HF, mais des acides forts comme l’acide chlorhydrique
(HCl), l’acide nitrique (HNO3) ou l’acide sulfurique (H2SO4) [4] [6]
[7]. L’acide fluorhydrique, essentiel au phénomène de satinage,
se forme alors par réaction acide-base entre les différents acides
présents dans le mélange et les sels fluorés dissous. En effet, les
sels bifluorés tels que le bifluorure d’ammonium génèrent de
l’acide fluorhydrique et des ions fluorures qui par réaction acide-
base avec un acide fort tel l’acide chlorhydrique donne de l’acide
fluorhydrique.
D’autres composés, de nature chimique très variée peuvent
être retrouvés dans certaines compositions, tels des alcools, des
acides et des solvants organiques, des charges neutres comme
du sulfate de baryum, de l’amidon de maïs, ou des sels divers
20 μm [3] [5] [8].
Le satinage chimique du verre résulte alors de l’attaque de la
surface du verre par l’acide fluorhydrique. Cette attaque est
accompagnée de la précipitation des produits de réaction avec
des cations alcalins présents dans la solution de satinage. Ce
Figure 1 – Surface de verre dépolie vue au microscope mécanisme très simplifié est en réalité plus complexe.
57
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2
tion supérieures ont été observées dans le cas de solutions
en fonction de la force ionique de la solution. Ses valeurs sont
concentrées en HF et H2SO4 par rapport à des solutions concen-
données dans le tableau 1 [9] [10] [11] :
trées en HF/HCl ou HF/HNO3. Ceci est probablement dû à la forma-
En solution aqueuse l’acide fluorhydrique donne les espèces tion de l’acide fort HSO3F [11].
, F– et , une partie restant sous forme non dissociée HF [9]
[11]. À 25 °C, pour I = 0, les concentrations de ces différentes
espèces sont régies par les équilibres suivants : 2.2.3 Addition de fluorures alcalins
L’ajout de sels fluorés alcalins se traduit par une augmentation
(1) de la concentration en ions F- et donc en ions entraînant une
augmentation du pH et de la vitesse de dissolution de SiO2. De
plus, de même que les ions , les cations alcalins ( ,
Na+ ou K+) ont un rôle catalytique sur la réaction de dissolution de
(2) SiO2. Cela est vrai jusqu’à une certaine concentration en fluorure
alcalin, au-delà on assiste à une précipitation des ions avec
les cations alcalins. Les solubilités de ces composés sont indi-
quées dans l’eau et dans une solution de HF (16,5 mol/l) dans le
2.2 Réaction de l’acide fluorhydrique tableau 2.
sur la silice
La réaction d’attaque de la silice vitreuse par HF s’écrit de façon 2.2.4 Chimie de l’ion
simplifiée : D’après l’équation (3), le diacide H2SiF6 est un produit de réac-
tion de l’acide fluorhydrique sur la silice. Ce composé est un dia-
(3)
cide fort (pKa < 0) qui se décompose en solution en ses espèces
La dissolution de la silice vitreuse par l’acide fluorhydrique ioniques et . Or l’ion est instable en solution :
est hétérogène et ne peut se résumer à l’écriture de cette équa- (4)
tion. La propriété spécifique de HF d’attaquer le verre est reliée
à la présence dans la solution des espèces F–, et HF. Des En milieu concentré en acide fluorhydrique, comme c’est le cas
études ont montré que des solutions de NaF ou NH4F dans notre étude, la présence importante d’ions F– déplace cet
n’attaquent pas la silice, montrant ainsi que la réactivité des équilibre et empêche la dissociation de l’ion .
ions F– peut être considérée comme négligeable [11] [14]. Il a
aussi été montré que l’agitation de la solution n’a aucun rôle sur Cet ion peut aussi présenter une forme ionisée métastable,
la vitesse d’attaque [11]. Ceci signifie donc que l’adsorption ou , de géométrie octaédrique. L’existence de cette forme, esti-
la chimisorption des espèces réactives et l’effet de cette adsorp- mée par le calcul par Gutsev, n’a jamais été prouvée expérimenta-
tion sur les liaisons siloxane, à la surface du verre, dominent le lement [17] :
processus de dissolution.
(5)
2.2.1 Effet de la concentration en HF Étant donné que dans cette étude nous ne sommes pas en pré-
sence de conditions redox, la présence de l’ion est peu pro-
Dans des solutions peu concentrées en HF (1-10 % en poids) la bable. En effet, cette espèce n’a jamais été mise en évidence par
vitesse de dissolution de la silice évolue linéairement avec aucune analyse de surface de la couche de précipités ni par
Solubilité Solubilité
Température Température
[g/100 ml Solubilité [mol/l] [g/100 ml Solubilité [mol/l]
de mesure de mesure
de solvant] de solvant]
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15
sures dans les liaisons siloxane, la dissolution est plus rapide que
dans le cas de la silice vitreuse. De plus, certains résultats laissent
à penser que les espèces fluorées diffusent dans le matériau
10 hydraté et attaquent les liaisons [11].
5
2.3 Solubilités de K2SiF6, Na2SiF6
et en milieu acide
2
0
0 10 20 30 fluorhydrique
% molaire de Na2O L’attaque de l’acide fluorhydrique sur un verre silicaté donne
des ions hexafluorosilicate , selon les équations (3) et (7).
Ces ions sont formés à l’interface verre-solution, puis diffusent
Figure 3 – Effet du taux de Na2O sur la vitesse de dissolution d’un dans la solution. Dans le cas de solutions à base d’acide fluorhy-
verre à 25 °C dans une solution de HF 5 % en drique fortement concentrées en sels fluorés (NH4F, NaF ou KF),
poids (d’après [11]) comme cela est le cas dans les bains de satinage, on assiste à la
précipitation d’hexafluorosilicates d’ammonium (8), de sodium (9)
ou de potassium (10), en raison de la solubilité limitée de ces pro-
duits (tableau 3).
200 (8)
180
(9)
Solubilité [10-3mol/l]
160
(1)
140
(10)
120
100 Les valeurs de solubilités indiquées dans le tableau 3 pour les
(2)
80 trois hexafluorosilicates étudiés ne sont valables qu’en milieu
60 aqueux et ne sont donc pas extrapolables dans des milieux com-
40 plexes tels que les bains de satinage concentrés en acide fluorhy-
20 drique.
0
30
Or la connaissance de ces constantes dans de tels milieux est
0 5 10 15 20 15
essentielle pour la compréhension des mécanismes chimiques se
[HF] [mol/l] produisant à la surface du verre et leur maîtrise lors de l’appari-
tion de défauts. En effet, la précipitation des hexafluorosilicates
responsable de la couche de passivation, empreinte du satinage
Figure 4 – Variation des solubilités de K2SiF6 (1) et de Na2SiF6 (2) en se produit essentiellement à la surface du verre, là où de fortes
fonction de la concentration en HF dans la solution (d’après [19])
concentrations en ions sont présentes.
Les solubilités des trois hexafluorosilicates varient en effet en
aucune analyse des solutions de satinage. Seule la forme stable fonction de la concentration en HF dans la solution (figures 4 et 5).
existe dans de tels milieux. Les comportements et les amplitudes de variation diffèrent d’un
composé à l’autre.
2.2.5 Influence de la composition du verre Une augmentation de la solubilité de K2SiF6 et de Na2SiF6 est
clairement observée avec la concentration en HF de la solution
L’ajout d’oxydes modificateurs au réseau de silice, tels que alors que celle de décroît.
Na2O, K2O, CaO ou BaO, brisent les liaisons siloxane et les ponts
oxygène et détruisent partiellement la structure du réseau
[J 2 296] :
Tableau 3 – Solubilités tabulées
(6) de trois hexafluorosilicates dans l’eau
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2
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INNOVATION
Matériaux et microfluidique
Collage du verre à basse température :
nouvelles perspectives 2
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INNOVATION
Points clés
Domaine : microfluidique
Degré de diffusion de la technologie : Émergence | Croissance | Maturité
Technologies impliquées : microstructuration
Domaines d’application : chimie analytique, chimie de synthèse, biologie,
agroalimentaire, industrie pétrolière, métrologie environnementale
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INNOVATION
2
– logique
– traitement signal
Électroniques – chiffrage
– écran
– batterie
– antenne
Transduction – avec marquage
du signal – sans marquage
Récepteurs – protéines
– acide nucléïque
– SAM fonctionnalisée
– valve – autres architectures
– verre Puce
microfluidique – pompe – structuration et intégration
Matériaux – silicium
– papier – mélangeur
– PDMS – séparation de cellules ou traitement
Traitement de
– polymères
l’échantillon – préconcentration ou amplification
– mesure
Le système doit détecter quantitativement plusieurs analytes, en quelques minutes, avec une sensibilité de l’ordre du femtomolaire
à partir de 1µL de liquide brut d’un patient. Le dispositif aurait la possibilité de concentrer, en un plus grand volume, l’échantillon
avec de très faibles concentrations d’analytes. La puce microfluidique, ici encapsulée dans du plastique violet, est jetable et le coût
de fabrication faible.
Glossaire Acteurs
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conséquent comme nous l’avons vu, elle est attendue comme diffuser sur 1 mm, il ne lui faudra que 100 ms pour diffuser
une technique révolutionnaire dans un grand nombre de sur 10 µm [10]. En réduisant le libre parcours moyen des
volets applicatifs et a été identifiée en 2001 par la Technologi- espèces dans les microcanaux, on favorise les réactions en
cal Review du Massachusetts Institute of Technology (MIT) augmentant leurs performances [11].
comme « une des dix technologies qui changeront le monde ».
Bien que récente, la microfluidique est aujourd’hui une disci-
pline scientifique à part entière, tout en restant à l’interface de Exemple : l’analyse d’un échantillon de sérum humain par
la physique, de la chimie et de la biologie. Elle peut se définir chromatographie liquide et spectrométrie de masse a été
2 comme « la science et la technologie des systèmes qui manipu- réalisée sur puce et sur capillaire par Horvatovich et
lent de petits volumes de fluides (de 10–9 à 10–18 L) dans des al. [12] : la comparaison des deux méthodes montre que le
canaux de la dimension de quelques dizaines de micromètres ». dispositif sur puce a une résolution double pour un volume
d’échantillon consommé trente fois inférieur.
Cette définition de Georges Whitesides [7] fait apparaître la
dualité de la microfluidique, à la fois science et technologie.
Elle est une science car elle englobe l’étude de la mécanique • Portabilité et automatisation : créer une chaîne
des fluides à l’échelle micrométrique. Le confinement engen- complète d’analyses sur quelques centimètres carrés permet-
dre des déplacements de fluides différents par rapport aux trait d’obtenir de véritables plates-formes fluidiques d’analyse
canaux de large dimension. En effet, à l’échelle macroscopi- possédant des caractéristiques compatibles avec la portabilité
que, les fluides se mélangent par convection et l’inertie est d’un système d’analyse (connectiques réduites, réduction des
plus importante que la viscosité. En revanche, à l’échelle canaux et donc des volumes morts). Un laboratoire portable
microscopique, des fluides, tels que l’eau, ne se mélangent capable de réaliser l’intégralité d’un processus analytique
pas par convection car ils s’écoulent en flux laminaire, ouvre des perspectives immenses dans le domaine du dia-
c’est-à-dire en parallèle, sans turbulences. Le seul mélange gnostic médical à domicile, des urgences sanitaires à grande
pouvant intervenir se produit alors par diffusion à l’interface échelle, de l’analyse environnementale sur site, etc. On ima-
entre les deux fluides. Pour assurer, si nécessaire, un mélange gine ces plates-formes fluidiques d’analyses miniaturisées
efficace, des designs particuliers doivent donc être envisagés. devenir compatibles avec une fabrication en série, à l’instar
Citons par exemple les travaux de Whitesides [8] dans ce des circuits imprimés en microélectronique, et ce, en utilisant
domaine. Du flux laminaire résulte la création d’une interface les mêmes outils de production. La production à grande
liquide-liquide stable et bien définie de dimension cellulaire et échelle entraînerait alors une diminution des coûts de fabrica-
le fait que d’importants gradients de concentration puissent tion. De plus, la possibilité d’automatisation des plates-formes
être appliqués et leurs effets mesurés à l’échelle de la cellule entraîne une baisse des coûts d’utilisation de celles-ci dans la
unique [9]. En outre, dans des systèmes microscopiques, le mesure où un opérateur qualifié n’est plus nécessaire. Elle
rapport surface sur volume subit une forte augmentation. De assure également une plus grande reproductibilité dans les
ce fait, la surface des canaux joue un rôle accru et il devient résultats d’analyse.
essentiel de contrôler les phénomènes physico-chimiques qui
Un véritable engouement pour la microfluidique, en tant que
s’y déroulent. Pour cela, des traitements chimiques ou bien
science, discipline technologique et applications nouvelles, prit
des fonctionnalisations de surfaces peuvent être nécessaires.
forme au début des années 2000 avec la création d’une revue
Enfin, la manipulation de fluides dont les dimensions sont de
spécialisée, Lab on a Chip, en 2001. Près de 20 000 articles
l’ordre de la longueur de Debye (ou nanofluidique) [NM 250]
ont été publiés depuis les années 1990 sur le sujet de la
ouvre la voie vers de nouveaux phénomènes en mécanique
microfluidique et le nombre de nouvelles publications par
des fluides impliquant, de façon encore plus prononcée, la
année croît constamment (figure 2) (étude réalisée sur la
compétition entre effets de volume et effets de surface.
base de données Web of science en décembre 2013 avec le
La dimension de technologie de la microfluidique vient du mot clé « microfluidics »).
fait qu’elle inclut des techniques de microfabrication, héritées
de la microélectronique, ainsi qu’un volet applicatif extrême-
ment important en chimie analytique, chimie de synthèse,
biologie, agroalimentaire, industrie pétrolière, environnement,
etc. 3 000
Les atouts des dispositifs microfluidiques sont aujourd’hui
Nombre de publications / an
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Historique de la microfluidique
Les origines de la microfluidique (figure 3) remontent aux Au cours des années 1990, deux domaines ont été des
années 1950 avec les premières études concernant l’injec- facteurs de développement de la microfluidique. Tout
tion de nano-pico volumes de liquides formant la base de la d’abord, la biologie moléculaire avec le Projet Génome
technologie actuelle des têtes d’imprimantes à jet d’encre. humain, visant à établir le séquençage complet de l’ADN du
Les technologies microfluidiques n’auraient néanmoins pas génome humain, qui a contribué à l’essor des puces à
pu émerger sans le développement de la miniaturisation. Des
avancées remarquables dans le domaine de la microfabrica-
tion (premiers circuits intégrés) ont été réalisées dans les
ADN [RE 6], capables d’assurer un fort rendement d’analy-
ses, tout en conservant une résolution et une sensibilité
adéquates. Le deuxième moteur fut le développement, dans
2
années 1960, notamment dans le cadre de la recherche spa- un contexte de fin de guerre froide, d’outils de prévention
tiale et du programme Apollo (développement de la photoli- contre l’utilisation d’armes chimiques ou biologiques.
thographie et des technologies des semi-conducteurs au
silicium). Issus des technologies de la microélectronique et Le département de la Défense des États-Unis finança des
de l’utilisation des techniques de gravure du silicium, les programmes de recherche visant à développer des capteurs
MEMS (Micro Electro Mechanical Systems ) [R 430] ont chimiques et biologiques utilisant la technologie microfluidi-
émergé au début des années 1970. Dans le domaine de que et pouvant être déployés sur le terrain.
l’analyse, les premiers projets de manipulation de liquide en La fin des années 1990 est marquée par la toute première
environnement confiné ont débuté avec le développement de
utilisation du PDMS pour la fabrication des dispositifs
la chromatographie en phase gazeuse, de la chromatogra-
phie liquide à haute pression et de l’électrophorèse capillaire. microfluidiques [15]. La fabrication de systèmes en PDMS a
Il est généralement admis que la première application micro- permis de « démocratiser » la microfluidique du fait de son
fluidique date de 1979. Terry et al. [13] développèrent un faible coût, mais surtout de sa facilité de fabrication et de la
système miniaturisé d’analyse de gaz par chromatographie rapidité avec laquelle un prototype peut être élaboré par
sur un substrat de silicium. Dix ans plus tard, en 1990, Manz rapport aux matériaux historiques que sont le verre et le
et al. [14] développèrent le premier système miniaturisé de silicium. Actuellement, le PDMS est le matériau clé à partir
chromatographie liquide à haute pression (HPLC) en utilisant duquel la majorité des premières recherches exploratoires
la technologie silicium-pyrex. sont réalisées.
Dispositifs microfluidiques
Premiers transistors MEMS
de diagnostic
Pour développer un système microfluidique, le choix du nouveaux polymères structurables ont fait leur apparition,
matériau est primordial et directement relié à l’application leurs propriétés venant combler une ou plusieurs lacunes d’un
visée. C’est un critère important sur lequel il faut réfléchir dès précédent.
le départ en tenant compte des propriétés et des limitations
des matériaux par rapport aux prérequis de l’application
(travail à haute température ou non, milieu aqueux ou
organique, nécessité d’instrumentation intégrée comme des
3. Matériaux pour la microfluidique
électrodes, etc.). Historiquement, le silicium et le verre étaient
les matériaux prépondérants de par les avancées en miniatu- Dans cette partie, nous présenterons les matériaux les plus
risation dues à la microélectronique pour le silicium et du fait utilisés actuellement pour la fabrication de dispositifs micro-
que le verre est le matériau de choix utilisé en chimie et en fluidiques, à savoir les matériaux polymères et le verre. Leurs
biologie. Les polymères, principalement le poly(diméthyl- principaux avantages, caractéristiques et limitations seront
siloxane) ou PDMS, ont depuis plus d’une dizaine d’années décrits, et nous nous attarderons plus spécifiquement sur les
pris une large place dans la réalisation de systèmes micro- procédés permettant de sceller les puces microfluidiques, et
fluidiques. Contrairement au verre et au silicium, ils sont de notamment un procédé de scellement du verre à basse
faible coût et faciles à mettre en forme. Régulièrement, de température.
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Nombre de publications / an
– les élastomères comme le PDMS ; 350
– les résines photosensibles comme la SU-8 ; 300
2
– les thermoplastiques comme le PMMA, COC, COP, PS, PEEK ; 250
– le papier.
200
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
tion de dispositifs microfluidiques à partir d’un élastomère : le
poly(diméthylsiloxane) (PDMS) [16]. Ce matériau a suscité un
engouement important, comme le montre la figure 4 représen- Année
tant le nombre de publications par an sur des dispositifs en
PDMS de 1998 à nos jours. Sa facilité de mise en œuvre en est
Figure 4 – Nombre de publications utilisant le PDMS (recherche
la principale raison puisqu’un dispositif peut être fabriqué rapi- effectuée avec « PDMS » et « microfluidics » sur la base de données
dement sans nécessiter l’utilisation d’une salle blanche. Le Web of Science de Thomson Reuters en décembre 2013)
PDMS est simplement versé sur un tampon où il réticule sous
l’effet d’un léger recuit (70 oC) ou par UV. Un dispositif peut
donc être réalisé en seulement quelques heures à partir d’un Le PDMS, même une fois réticulé, a des propriétés rhéolo-
moule qui est réutilisable un grand nombre de fois. Il permet un giques inhabituelles. Sa température de fusion étant négative,
prototypage rapide, simple et permet donc de tester de nom- il devrait se présenter sous forme de fluide (comme de l’eau)
breuses géométries de canaux pour un coût faible par rapport à à température ambiante. Cependant, il est extrêmement
la structuration sur puces en silicium et en verre. viscoélastique et agit donc plutôt comme le ferait du miel,
s’écoulant lentement. Son comportement liquide se visualise
3.1.1.1 Propriétés du PDMS donc aux temps « longs ». Aux temps courts par contre, il se
comporte comme un solide élastique (comme du caoutchouc).
Le PDMS appartient à la famille des siloxanes et sa formule
Ses propriétés mécaniques dépendent donc de l’échelle de
brute est (C2H6OSi)n . Élastomère le plus utilisé, on le
temps à laquelle on le regarde mais également du rapport
retrouve par exemple dans les shampoings, le Coca-Cola, les
monomère/réticulant utilisé pour fabriquer la puce [17].
huiles de lubrification... Il est vendu sous deux formes diffé-
rentes mais dont la composition exacte est inconnue : le Après polymérisation et réticulation, le PDMS est
PDMS RTV-615 et le PDMS Sylgard 184. La longueur des chaî- hydrophobe [18] rendant le mouillage de solvants polaires dif-
nes de monomères est variable en fonction du rapport réticu- ficile et facilitant l’adsorption de molécules hydrophobes. Des
lant/monomère mélangé par l’utilisateur, ce qui a pour effet traitements de surface (par plasmas sous air ou sous argon)
de modifier ses propriétés physiques. Une large gamme de permettent de modifier cette chimie de surface grâce à l’aug-
module d’Young a donc ainsi pu être reportée [17] mentation du nombre de groupements silanol (Si—OH). Ces
(tableau 1). traitements sont très utilisés en microfluidique pour assurer la
66
Sciences et technologies du verre
(Réf. Internet 42573)
1– Verre - Généralités
Authentification de bouteilles de vin anciennes par faisceaux d'ions de haute énergie IN109 79
4– Applications - Composites
5– Applications - Énergie
7– Applications - Constructions
8– Applications - Santé
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Référence Internet
A9785
Emballages en verre
par Michel MOSSÉ
Docteur en Métallurgie
Ancien adjoint au Directeur technique, Recherche et Développement
de la Branche Conditionnement de Saint-Gobain
Consultant en Emballage
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2. Compositions et propriétés des verres pour emballages............. — 3
3. Fabrication des bouteilles, pots et flacons en verre
par moulage............................................................................................... — 4
3.1 Atelier de composition ................................................................................ — 5
3.2 Principaux types de fours ........................................................................... — 5
3.3 Conditionnement thermique du verre ....................................................... — 6
3.4 Formations des paraisons........................................................................... — 6
3.5 Procédés de formage .................................................................................. — 6
3.6 Traitement thermique de recuisson ........................................................... — 7
3.7 Traitements de surface ................................................................................ — 7
3.8 Contrôles de qualité .................................................................................... — 8
3.9 Emballages pour stockage et transport ..................................................... — 9
4. Fabrication des ampoules, flacons et piluliers en verre étiré ..... — 9
4.1 Fabrication des tubes par étirage............................................................... — 9
4.2 Fabrication des ampoules à partir des tubes ............................................ — 9
4.3 Fabrication des flacons à partir des tubes................................................. — 10
5. Propriétés fonctionnelles ...................................................................... — 10
5.1 Propriétés mécaniques................................................................................ — 10
5.2 Résistance chimique.................................................................................... — 11
5.3 Inertie bactériologique ................................................................................ — 12
5.4 Imperméabilité aux agents extérieurs ....................................................... — 12
6. Parachèvements ....................................................................................... — 12
6.1 Parachèvement par ablation de matière.................................................... — 12
6.2 Parachèvement par addition d’autres matières ........................................ — 13
7. Bagues et systèmes de bouchage ....................................................... — 14
8. Recyclage du verre pour emballages ................................................. — 16
8.1 Systèmes de collecte................................................................................... — 16
8.2 Traitement du verre après collecte............................................................. — 17
8.3 Économies d’énergie liées au recyclage.................................................... — 17
8.4 Résultats de la collecte et du recyclage en France et en Europe
de l’Ouest ..................................................................................................... — 17
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 9 785
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Cela est dû, d’une part, à la modernisation des installations de production ayant
permis d’augmenter la productivité et donc de maîtriser les coûts et, d’autre part,
aux efforts technologiques qui ont permis aux verriers – mais ils ne sont pas
les seuls – un allègement significatif de leurs emballages standards, permettant
ainsi de répondre à la concurrence des autres matériaux et aux contraintes
environnementales. Toutefois, il est clair que ces observations sont aussi valables
pour la quasi-totalité des autres matériaux d’emballage, soumis à la même
concurrence et aux mêmes contraintes, l’emballage étant toujours considéré par
certains comme le symbole d’une tendance au gaspillage alors qu’il constitue
pratiquement un des meilleurs indicateurs de développement économique.
Par rapport aux autres matériaux d’emballage classiques (papier-carton,
matières plastiques, métal, composites), le verre pour emballages présente des
spécificités qui sont des points forts ou des points faibles.
Parmi les points forts, on peut citer :
— ses qualités « hygiéniques » : inertie, non toxicité, imperméabilité aux gaz et
3 aux odeurs ;
— sa fonction d’image pour le contenu, en alimentaire ou en parfumerie-
cosmétique ;
— sa transparence ;
— ses possibilités de valorisation du contenu : flexibilité des formes, des
couleurs ou des décors ;
— la stabilité de ses prix à court et moyen terme ;
— sa recyclabilité pour fabriquer des articles de même nature, de manière
infinie et sans qu’il soit possible de distinguer ou même de mesurer les quantités
de matière recyclée.
En revanche, le verre pour emballages présente certaines caractéristiques qui
constituent des points à améliorer :
— le poids, dans les marchés de grande consommation (alors que pour certains
produits haut de gamme, c’est une caractéristique appréciée par tradition) ;
— la résistance mécanique liée à sa nature de matériau « fragile » ;
— les problèmes liés au risque « verre », c’est-à-dire à son pouvoir coupant en
cas de rupture accidentelle.
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A9785
— l’emballage de transport ou emballage tertiaire, c’est-à-dire Les emballages en verre s’adressent donc à quatre principaux
l’emballage conçu de manière à faciliter la manutention et le trans- marchés de produits liquides, pâteux ou solides :
port d’un certain nombre d’unités de vente ou d’emballages groupés — produits alimentaires ;
en vue d’éviter leur manipulation physique et les dommages liés au — produits pharmaceutiques ;
transport. L’emballage de transport ne comprend pas les conteneurs — parfumerie et cosmétique ;
de transport routier, ferroviaire, maritime et aérien. — produits chimiques et divers.
Les emballages en verre sont dans la quasi-totalité des embal- Les parts de marché respectives face aux emballages concurrents
lages primaires. varient beaucoup d’un pays à l’autre en fonction notamment :
Les principales fonctions de l’emballage primaire (et aussi en — du niveau de développement économique ;
général de l’emballage secondaire) sont les suivantes : — des habitudes de consommation ;
— maintenir la qualité du produit contenu tout au long du cycle — de l’âge des populations et de la démographie ;
de vie du couple contenant/contenu, depuis le conditionnement du — des réglementations et sensibilités environnementales ;
contenu jusqu’au stockage chez le consommateur (ou l’utilisateur) — de la nature des circuits de distribution ;
final ; — de la concurrence locale des autres emballages.
— satisfaire les besoins du consommateur (ou de l’utilisateur) : Le lecteur se reportera dans le « Pour en savoir plus »
commodité d’usage, de stockage, etc. ; [Doc. A 9 785] pour connaître les statistiques récentes sur les parts
— assurer la présentation du produit pour déclencher l’acte de marché observées en France dans certains secteurs des liquides
d’achat et la reconnaissance de la marque ;
— satisfaire aux règlements le concernant (fonctionnels, santé
publique, etc.) ;
alimentaires où il existe une forte concurrence des autres matériaux.
En ce qui concerne les marchés de la pharmacie et de la santé
en général, le verre doit faire face à une très forte concurrence des
3
— satisfaire aux contraintes des lignes de conditionnement, du
plastiques dans le domaine des sirops et des flacons pour perfusion.
transport et de la distribution ;
Il conserve toutefois de très fortes positions pour le conditionnement
— satisfaire aux contraintes environnementales.
de produits sensibles.
Cette liste n’est pas exhaustive.
Dans le domaine de la parfumerie, le verre conserve des positions
L’ensemble des fonctionnalités attendues ne peut en général être extrêmement fortes dans la « haute parfumerie », marché où la
atteint qu’en associant emballages primaires, secondaires et France est leader mondial incontesté. La concurrence des embal-
tertiaires lors de la conception de l’emballage primaire. Dans le cas lages en plastique est forte dans le cas des produits cosmétiques
des emballages en verre, les fonctions de l’emballage ne sont et de la parfumerie dite « de grande diffusion ».
également obtenues que par l’association des principaux
Pour le conditionnement des produits chimiques, le verre est
composants : bouteille, pot au flacon, bouchage et parachèvement.
utilisé chaque fois que la nature du contenu le rend nécessaire.
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— les verres borosilicatés, dont la résistance chimique et/ou au Les diverses teintes sont obtenues comme suit.
choc thermique est très supérieure, sont utilisés pour certains Verres blancs : ce sont des verres incolores, contenant des teneurs
produits pharmaceutiques ou chimiques ; en oxyde de fer aussi faibles que possible ; en pratique, ces teneurs
— les verres opales, qui sont des verres sodocalciques enrichis se situent entre 0,020 % et 0,060 % en Fe 2O3. Leur élaboration
en fluor dans lesquels l’opalisation est obtenue par précipitation de nécessite donc des matières premières, notamment le sable, de pre-
cristaux de CaF2 ou NaF. Ils sont utilisés pour les produits de la parfu- mière qualité. Les quelques traces de fer néanmoins introduites par
merie, de la cosmétique et parfois pour conditionner des spiritueux les matières premières confèrent au verre une légère nuance ver-
ou des liquides alimentaires de haut de gamme. dâtre en milieu oxydé qui peut être neutralisée par l’introduction
Le lecteur pourra se reporter aux articles cités précédemment pour d’éléments apportant une coloration rose, violacée
plus de précisions sur le rôle des différents composants dans les complémentaire ; il s’agit du procédé de décoloration chimique.
processus de fabrication et les propriétés des différentes classes de Verres mi-blancs : la teneur en oxyde de fer est alors supérieure
verre (également [9]). à 0,060 % et le procédé de décoloration ne peut être appliqué. La
Le tableau 1 regroupe les compositions usuelles des verres cités teinte très claire peut varier du bleu au jaune en fonction du degré
ci-dessus : on distingue les oxydes formateurs, les oxydes modifi- d’oxydation du fer, le bleu étant apporté par FeO et le jaune-vert
cateurs (comprenant fondants et stabilisants) et les constituants par Fe2O3 .
secondaires (colorants). On utilise aussi en très faible quantité des Verres champagne : ils possèdent une teinte verte nettement
constituants affinants oxydants (sulfates) ou réducteurs (coke ou prononcée, engendrée par la présence d’oxyde de fer en forte teneur
3
laitiers de haut-fourneau). (0) (de 0,1 % à 0,3 % en Fe2O3) et l’introduction d’oxyde de chrome
(environ 0,15 % en Cr2O3). Pour masquer l’effet trop cru de ce dernier
colorant, on peut exceptionnellement ajouter en très faible quantité
Tableau 1 – Composition pondérale (en % d’oxyde) des oxydes de nickel et de manganèse. La constance de la teinte
des verres pour emballages (caractéristiques spectrales) exige un contrôle précis et permanent
de l’état d’oxydo-réduction de la masse en fusion (verres champagne
sodocalciques borosilicatés filtrant les rayons UV en particulier).
Verres à nuance jaune-brun : il s’agit d’une teinte particulière due
Verres neutre à la présence de sulfure et de polysulfures de fer développés dans
transpa-
opales ou Pyrex un verre de base fortement réducteur. Ces types de verre sont réputés
rents
verre I pour leur pouvoir filtrant élevé vis-à-vis de radiations nocives pour
Usages (1) A/B/C/D C B D certains liquides alimentaires et pharmaceutiques.
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1.3 Définition du matériau verre....................................................................... — 3
1.4 Exigences en matière de contact alimentaire............................................ — 3
1.5 Différents types d’emballages alimentaires en verre ............................... — 3
2. Organisation structurale du verre d’emballage............................... — 4
2.1 Structure ....................................................................................................... — 4
2.2 Composition du réseau ............................................................................... — 5
3. Composition du mélange vitrifiable ................................................... — 6
3.1 Constituants ................................................................................................. — 6
3.2 Matières premières...................................................................................... — 6
3.3 Critères de choix des matières premières ................................................. — 6
4. Fabrication de verre d’emballage ........................................................ — 7
4.1 Préparation de la composition vitrifiable................................................... — 8
4.2 Fusion du mélange ...................................................................................... — 8
4.3 Conditionnement thermique....................................................................... — 10
4.4 Formation des paraisons............................................................................. — 10
4.5 Formage des articles ................................................................................... — 10
4.6 Recuisson ..................................................................................................... — 15
4.7 Traitements de surface................................................................................ — 15
4.8 Contrôles de la qualité des emballages ..................................................... — 15
4.9 Décoration et parachèvement de l’emballage en verre............................ — 17
4.10 Conditionnement ......................................................................................... — 17
5. Propriétés physico-chimiques et fonctionnelles du verre............ — 18
5.1 Résistance chimique.................................................................................... — 18
5.2 Résistance mécanique................................................................................. — 18
5.3 Résistance thermique .................................................................................. — 19
5.4 Propriétés optiques...................................................................................... — 19
5.5 Inertie bactériologique ................................................................................ — 19
Parution : mars 2012 - Dernière validation : décembre 2017
e verre qui a vu le jour, quelque part au Proche-Orient il y a 4 500 ans, est une
L des créations humaines, vraisemblablement fortuite, et des plus
étonnantes ! Depuis ses origines, vers 2 500 avant Jésus Christ et jusqu’au XVIe
siècle, le verre resta toutefois une denrée chère et, par conséquent, réservée à
des emplois nobles, tels que des bijoux, des amulettes ou même, dans le cas de
compositions renfermant de l’antimoine, des médicaments ingérés sous forme
de poudres fines.
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Il fallut attendre le début de notre ère pour voir apparaître deux inventions
majeures :
– amélioration de la pureté de la matière première utilisée, la silice, avec
l’obtention d’un verre transparent, permettant l’amélioration de l’aspect des
objets fabriqués ;
– une innovation technologique, avec la possibilité de fabriquer des corps
creux, grâce au procédé de soufflage.
Le verre est un matériau d’emballage qui, bien que relativement ancien, jouit
encore de nos jours, notamment en raison de sa neutralité, vis-à-vis de son
contenu, d’un effet rassurant auprès du consommateur. En effet, une enquête
conduite, en 2009, par la Fédération européenne du verre, auprès de 6 200
familles, a démontré que les trois quarts des consommateurs européens privilé-
giaient le verre comme matériau d’emballage des denrées alimentaires
(aliments et boissons). Depuis quelques années, avec la prise en compte de
3
l’impact environnemental et plus particulièrement de l’empreinte carbone des
produits alimentaires et de leurs emballages, le verre a fait l’objet de critiques
implicites de la part de fabricants d’emballages concurrents...
Cela dit, l’industrie du verre, consciente non seulement des atouts de son
matériau, mais aussi des faiblesses de ce dernier, met en œuvre toute une
série de mesures en direction de l’éco-conception et du développement
durable. Elles concernent principalement trois aspects :
– les matières premières : l’augmentation de la proportion de calcin (verre
recyclé traité) dans le mélange vitrifiable, réduit le rejet de CO2 par le four.
Ainsi, il a été démontré que l’emploi d’une tonne de calcin diminue le rejet de
CO2 , de l’ordre de 500 kg. Cela sous-entend, à l’évidence, de poursuivre les
efforts en matière de tri sélectif des emballages afin d’accroître le pourcentage
de recyclage, qui n’était en 2009 que de 61 % avec un objectif pour 2012 de
75 %. Dans ce registre, on constate que le recyclage du verre est très inégal
entre les régions françaises, d’où la nécessité de développer des mesures
d’incitation dans les zones moins performantes en matière de tri... ;
– la logistique : des progrès peuvent encore être réalisés en matière de
réduction des distances de transport qui existent entre les centres de traite-
ment des verres recyclés et les verreries. L’optimisation de la logistique
relative au transport de verre brisé permettra des gains entre les centres de
traitement et ceux de fabrication du verre, en termes de rejet de CO2 ;
– les emballages : la réduction du poids des bouteilles de vin tranquille, de
l’ordre de 15 %, est une solution qui a été envisagée en début d’année 2009,
avec pour contrainte l’assurance d’une conservation du vin, et la résistance
mécanique, comparables à celle obtenue avec une bouteille classique.
L’industrie du verre, récemment mise en cause dans un contexte
concurrentiel dispose de nombreux atouts afin d’une part, de répondre à ses
détracteurs et d’autre part, de préserver le capital de confiance qui lui est
accordé depuis longtemps par les consommateurs.
1. Ce qu’il faut retenir ■ Le conditionnement des denrées alimentaires met en œuvre trois
éléments :
– un emballage : contenant ;
1.1 Définition de l’emballage alimentaire – une denrée alimentaire : contenu ;
La définition de l’emballage, qui figure dans la Directive – une technologie, qui s’appuie sur des machines et qui peut être :
UE 94/62, distingue et définit les diverses classes d’emballages.
• conventionnelle (atmosphérique),
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■ Les emballages sont classés en trois catégories, en fonction de – les limites dans l’aptitude au recyclage ;
leur rôle et de leur proximité avec le produit conditionné : – la biodégradabilité pour les emballages non-recyclables... sont
– emballage primaire : directement en contact avec le produit, autant d’aspects incontournables au niveau sociétal actuel.
avec par conséquent des exigences relatives notamment à son À ces fonctions techniques, viennent s’ajouter des fonctions
innocuité en termes de réaction chimique entre contenu et commerciales indissociables de la vente des denrées en libre ser-
contenant ou de migrations de composés du contenant dans le vice. À ce niveau, on peut citer les fonctions de repérage du pro-
contenu ; duit en linéaire par l’acheteur, de support de communication
– emballage secondaire : qui peut regrouper plusieurs unités, (données imposées par le marketing afin de séduire le client), de
appelé encore « unité de vente consommateur » ; praticité d’utilisation par le consommateur (facilité de transport, de
– emballage tertiaire : qui regroupe plusieurs unités de vente au préhension, d’ouverture, de fermeture)...
sein d’un carton ou d’une palette, et qui sert au transport des mar-
chandises. On parle également d’« unité logistique ».
Compte tenu de ses propriétés, le verre est un matériau qui est 1.3 Définition du matériau verre
exclusivement réservé à la fabrication d’emballages de type primaire. Selon la DGCCRF, « on entend par verre, un matériau inorga-
nique non métallique, obtenu par fusion complète de matières pre-
mières à température élevée, en un liquide homogène qui se
1.2 Différentes fonctions de l’emballage
3
refroidit ensuite à l’état rigide, essentiellement sans cristallisation.
L’emballage doit assurer, dans un premier temps des fonctions Les objets en verre peuvent être unis et/ou décorés ».
techniques comme celles qui suivent.
■ Contenance 1.4 Exigences en matière
Le récipient est associé à des servitudes réglementaires métrolo- de contact alimentaire
giques, telles que la masse, et/ou le volume de produit hébergé.
Parfois, dans certains cas, la forme est étudiée pour favoriser le On peut les classer en cinq catégories.
transfert de chaleur et la résistance mécanique... ;
■ Critères d’aptitude au contact alimentaire
■ Conservation Au stade du matériau ou de l’objet, l’industriel fabricant ou utili-
L’emballage a pour mission prioritaire de maintenir le plus sateur doit vérifier que les critères d’inertie sont respectés, à
longtemps possible, le plus haut degré de qualité de la denrée, savoir, pour le verre, la migration du plomb et du cadmium.
en ralentissant (ou en supprimant) les effets des mécanismes
physico-chimiques ou microbiologiques d’altération. ■ Limites d’acceptabilité (catégorie 1)
Objets non remplissables et objets remplissables dont la profon-
■ Sécurité deur interne mesurée entre le point le plus bas et le plan horizontal
La protection vis-à-vis d’une contamination (perméabilité du passant par le bord supérieur, est inférieure ou égale à 25 mm.
matériau d’emballage aux gaz, interactions entre le matériau et le Pour le plomb : 0,8 mg/dm2, pour le cadmium : 0,07 mg/dm2.
contenu, migrations de composés issus du matériau vers la denrée
alimentaire) ou d’une pollution délictueuse, est également impé- ■ Conditions d’essais :
rative (inviolabilité des emballages). – lavage des échantillons, selon les normes applicables au maté-
riau considéré ;
■ Distribution
– liquide simulateur : solution d’acide acétique à 4 % ;
Le regroupement en unités de vente et la protection lors du – température : 22 oC ± 2 oC ;
transport et de la manutention, de même que la facilité de mise en – temps de contact : 24 h ± 0 h 30 ;
linéaire des produits, sont des fonctions primordiales pour la – conditions de contact : jusqu’à 1 mm du point de débordement.
commercialisation.
■ Méthode d’essai
■ Information
Détermination de la migration spécifique de plomb et de cad-
Elle est nécessaire tant en interne, comme la traçabilité (numéro de mium par spectrophotométrie d’absorption atomique ou tout autre
lot), qu’en externe avec les mentions réglementaires obligatoires, méthode équivalente ayant une limite de détection au moins égale
via : au dixième des limites indiquées ci-dessus.
– l’étiquetage à destination du consommateur (dénomination du
produit) ; ■ Résultats
– le nom et la raison sociale du fabriquant ; Lorsque pour un objet testé, les migrations de plomb et de cad-
– ou du conditionneur ; mium ou de l’un des deux dépassent les limites fixées ci-dessus,
– la liste des ingrédients ; sans que ce dépassement excède la limite de plus de 50 %, cet
– le volume ; objet est cependant considéré comme conforme si les quantités de
– le poids total, voire le poids net égoutté ; plomb, de cadmium, extraites des trois autres objets au moins,
– les conseils de conservation ; identiques sur le plan de la forme, des dimensions et soumis à un
– la date de durabilité (date limite de consommation ou date essai effectué dans les conditions prévues ci-dessus, ne dépassent
limite d’utilisation optimale) ; pas en moyenne les limites fixées et si, pour chacun de ces objets,
– le numéro d’agrément de l’atelier (denrées animales et d’origine les limites ne sont pas dépassées de plus de 50 %.
animale).
Il faut noter que certaines informations optionnelles peuvent éga-
lement être précisées (données nutritionnelles, conseils de prépara- 1.5 Différents types d’emballages
tion...). alimentaires en verre
■ Environnement
Les emballages en verre destinés à l’industrie agroalimentaire
L’utilisation, ou non, de matières premières d’origine fossile : appartiennent à l’un des trois secteurs de l’industrie du verre, qui
– le bilan carbone pour la fabrication, mais aussi pour la réutili- est appelé le verre creux mécanique et qui est très largement
sation de matériaux d’emballages recyclés ; majoritaire en termes de tonnage fabriqué et de chiffres d’affaires.
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important que les bouteilles, leur ouverture est supérieure à
28 mm. Les bocaux ont une contenance supérieure à celle des
pots. Les bocaux peuvent être destinés à la fabrication de produits Cette solidification, avec une variation continue de la visco-
stérilisés tels que des pâtés, des légumes et des fruits ou pasteuri- sité, n’est donc pas une cristallisation (qui n’a pas le temps
sés comme des confitures, des sauces acides, des cornichons, etc. pour se réaliser), mais une transition vitreuse qui ne s’effectue
Quant aux pots, on peut les rencontrer pour le conditionnement de pas à une température donnée, mais s’étend sur une plage
yaourts, de desserts lactés, etc. thermique (figure 2).
C’est une caractéristique d’un matériau solide obtenue par
■ Catégories d’emballages en verre (figure 1) :
refroidissement d’un liquide en état de surfusion existant dans
– bocaux à stériliser en verre, bouchons couvercles et autres dis- un grand intervalle de température. À ce moment-là, le
positifs de fermeture en verre ; mélange visqueux devient plastique et peut être mis en forme.
– récipients en verre pour produits alimentaires et boissons infé-
rieure à 2,5 L, autre que bouteilles et flacons (notamment les pots) ;
– récipients en verre d’une contenance nominale supérieure ou Au final, on obtient un solide présentant un désordre structural
égale à 2,5 L (sauf bocaux à stériliser) ; important et, par conséquent, de nature isotrope.
– bouteilles et flacons en verre non coloré d’une contenance La structure microscopique du verre révèle l’absence d’ordre à
nominale inférieure à 2,5 L pour produits alimentaires et boissons ; grande distance. Ainsi, on peut considérer la structure du verre
– bouteilles et flacons en verre coloré d’une contenance nomi- comme un réseau tridimensionnel comparable à celui d’un cristal,
nale inférieure à 2,5 L pour produits alimentaires et boissons ; mais dans lequel seul l’ordre à courte distance est conservé...
– récipients en verre d’une contenance nominale supérieure ou (figure 3).
égale à 2,5 L (sauf bocaux à stériliser) ;
– bouteilles et flacons en verre non coloré d’une contenance
nominale inférieure à 2,5 L, pour produits alimentaires et boissons ;
– bouteilles et flacons en verre coloré d’une contenance nomi-
Viscosité (en poises)
Verre solide
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O
O O
O
Si Si
O O
O O
O O M+
Si
O
Al O
O O O O
a silice cristalline (cristobalite) Si
Si O
Si
O
O
O
Si
3
O O
En raison de sa structure, le verre est très peu soumis à des Ils peuvent avoir deux rôles structuraux bien distincts, soit modi-
contraintes stoechiométriques. En conséquence, le verre peut ficateurs de réseau vrais, soit compensateurs de charge.
inclure, au sein du réseau qui le constitue, une très grande variété
• Les ions modificateurs de réseau vrais rompent les liaisons
d’éléments et offrir des compositions très complexes.
entre les polyèdres du réseau vitreux provoquant une dépolyméri-
Dans un verre d’oxydes, ces différents éléments sont sous forme sation de ce dernier. Ils transforment ainsi les ions oxygène pon-
cationique, afin de former des oxydes avec l’anion oxygène O2–. tants, qui lient deux éléments formateurs du réseau, en ions
Les cations intervenant dans la composition des verres peuvent oxygène non-pontants, liés à un seul ion formateur de réseau.
être classés en trois catégories, selon le rôle structural qu’ils Cela se traduit à l’échelle macroscopique par une diminution du
jouent lors de la formation du verre ou « vitrification ». point de fusion et de la viscosité.
■ Cette classification s’appuie sur le nombre de coordinations, • Les ions compensateurs de charge, quant à eux, compensent
c’est-à-dire sur le nombre d’atomes d’oxygène auquel est lié le une charge négative sur un polyèdre formateur de réseau, par
cation, ainsi que le nombre et le type des forces de liaison. exemple BO4–, lui permettant d’être stable dans cette
configuration.
■ Ainsi, on distingue trois types d’ions :
– ions formateurs du réseau ; • Les ions intermédiaires ont des comportements différents. En
– ions modificateurs (ou non formateurs) du réseau ; effet, certains de ces éléments ont, soit un rôle de formateurs de
– ions intermédiaires. réseau, soit un rôle de modificateurs de réseau, selon la
composition du verre. Tandis que d’autres n’auront ni l’une, ni
• Les ions formateurs du réseau sont des ions qui sont l’autre de ces fonctions, mais un rôle intermédiaire.
capables, à eux seuls, de former du verre. Les éléments les plus
couramment utilisés en industrie sont des oxydes de : Les principaux éléments intermédiaires dans les verres d’oxydes
sont :
– silicium SiO2 ;
– l’aluminium ;
– bore B2O3 ;
– phosphore P2O5 ; – le fer ;
– germanium GeO2 ; – le titane ;
– arsenic As2O3. – le nickel ;
– le zinc.
Ce sont des éléments métalliques de valence assez élevée
(3, 4, voire 5) qui forment des liaisons mi-covalentes et mi-ioni-
ques avec les atomes d’oxygène. Ils donnent des polyèdres de
faible coordinence (3 ou 4 atomes voisins pour 1 atome donné), Le verre ordinaire dit « silico-sodo-calcique » est représenté par
comme SiO4, BO4 ou BO3. Ces polyèdres sont reliés par leurs un assemblage de tétraèdres de SiO4 , liés deux à deux par des
sommets pour former le réseau vitreux (figure 4). ions oxygène entre lesquels se placent des ions modificateurs.
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INNOVATION
Authentification de bouteilles
de vin anciennes par faisceaux
d’ions de haute énergie
par Hervé GUÉGAN
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INNOVATION
Aimant
d’analyse Ligne
nanofaisceau
Accélérateur
Murs pour
radio-
protection
3
Dalle
antivibration
3m
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4– Applications - Composites Réf. Internet page
5– Applications - Énergie
7– Applications - Constructions
8– Applications - Santé
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4
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Référence Internet
AM5110
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Référence Internet
AM5110
dépasser les 1 000 bar. En particulier, elles doivent conserver toutes leurs pro-
priétés de flottabilité, c’est-à-dire ne pas se déformer, ni être perméable à l’eau.
Signalons que les microsphères de verre sont souvent utilisées en complé-
ment d’autres charges cellulaires telles que les cendres volantes à base de
silice et d’alumine, les microsphères de résines synthétiques et les perlites, qui
sont brièvement décrites en fin d’article.
Cet article traite des modes de fabrication ainsi que des propriétés physico-
chimiques des microsphères de verre puis il aborde en détail la technologie
des mousses syntactiques pour lesquelles les microsphères de verre sont un
des composants indispensables.
verre pour que celui-ci présente une très faible alcalinité et une
1. Microsphères creuses très bonne résistance à l’hydrolyse.
de verre
1.3 Caractéristiques physico-chimiques
4 1.1 Origine
C’est aux États-Unis, dans les années 1960, que les micros-
1.3.1 Composition chimique
phères creuses de verre ont été produites pour la première fois de Les recherches effectuées par les fabricants de microsphères
façon industrielle par un procédé inspiré de l’observation du phé- de verre sont axées sur les paramètres suivants : inertie
nomène ci-après. chimique, performances mécaniques, tenue thermique et prix
Lors du contrôle de qualité de panneaux rétroréfléchissants de revient.
constitués de microbilles en verre plein, il apparaissait qu’à cer-
tains endroits, la lumière incidente, au lieu d’être réfléchie, était Exemple de composition massique chimique typique
diffusée dans toutes les directions. L’analyse de ces défauts a per- – Silice SiO2 : 70 à 80 % ;
mis de constater que des impuretés contenues dans la formula- – Oxyde de sodium Na2O : 3 à 8 % ;
tion du verre jouaient le rôle d’agent d’expansion ; il en résultait la – Chaux CaO : 8 à 15 % ;
formation de sphères creuses qui diffusaient la lumière plutôt que – Oxyde de bore B2O3 : 2 à 6 %.
de la réfléchir.
La forte teneur en silice confère aux microsphères une bonne
inertie chimique et des propriétés mécaniques satisfaisantes.
1.2 Procédés de fabrication Les oxydes alcalins sont employés en tant que fondants afin
Il existe différentes méthodes de production des microsphères de diminuer la température de fusion du mélange vitrifiable, ce
creuses de verre, décrites ci-après. qui permet d’optimiser les coûts de fabrication.
L’oxyde de bore est employé pour augmenter la résistance aux
■ Une solution aqueuse de silicate de sodium et de borate chocs thermiques en diminuant le coefficient de dilatation ther-
d’ammonium est pulvérisée sous forme d’un fin brouillard dans mique.
un courant d’air chaud. Les particules creuses qui en résultent,
contenant une quantité résiduelle d’eau, sont ensuite séchées en Exemple : dans le verre Pyrex, la teneur massique en B2O3 est de
plusieurs étapes dans des tours séchoirs. Une étape supplémen- l’ordre de 12 %.
taire consiste à traiter la surface de ces microsphères constituées
d’un verre soluble dans l’eau, à l’aide d’acides gras ou d’organosi-
lanes afin de rendre leur surface hydrophobe. 1.3.2 Aspect
■ Une solution de silicate de sodium contenant un agent Les microsphères creuses de verre se présentent en général
d’expansion est gélifiée dans un milieu faiblement acide. Le gel sous la forme d’une poudre blanche s’écoulant librement, for-
obtenu, partiellement séché, est broyé pour obtenir une poudre de mée de particules unicellulaires non poreuses et parfaitement
fines particules qui sont ensuite expansées dans une flamme. sphériques (figure 1).
■ Une pâte d’un verre de borosilicate de sodium et de La sphère étant le volume qui présente la surface minimale,
chaux est fondue dans un four à verre classique à environ les microsphères ont donc une surface spécifique très faible :
1 000 °C. Un agent d’expansion est alors ajouté à cette pâte avant moins de 1 m2/cm3, mesurée par la méthode BET (Brunauer,
refroidissement rapide. Les grains de verre obtenus sont ensuite Emett, Teller).
broyés jusqu’à obtenir la répartition granulométrique voulue. La
Pour un même taux volumique de charge dans la résine, le
poudre de verre est ensuite projetée dans une flamme. Les parti-
mélange avec des microsphères présente une plus faible viscosité
cules se ramollissent et l’agent d’expansion contenu dans chaque
que celle des mélanges contenant des charges minérales clas-
particule de verre se décompose pour former un gaz à l’intérieur
siques, de formes géométriques aléatoires (figure 2).
du verre pâteux, lequel expanse les particules pour former des
sphères creuses qui sont ensuite refroidies dans l’air puis collec-
tées dans des cyclones avant passage sur un tamis pour la sélec- 1.3.3 Masses volumiques
tion granulométrique. Cette troisième technique offre l’avantage
de fabriquer les microsphères par un procédé à sec, donc sans Trois sortes de masse volumique sont utilisées pour caractéri-
humidité résiduelle et de maîtriser la composition chimique du ser les microsphères creuses de verre.
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14
12
10
Volume (%)
8
6
4
2
0
1 10 100 1 000
Taille des particules (μm)
1.3.4 Granulométrie
20 000
Viscosité (mPa.s)
85
4
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e terme fibres de verre désigne à la fois les fibres utilisées comme isolant
L thermique, bien connues parce qu’elles sont apparentes dans de nom-
breuses utilisations courantes, et celles utilisées comme renforts, objet de ce
dossier, peu visibles dans leurs applications finales parce que le plus souvent
associées à des matrices organiques pour former ce que l’on appelle commu-
nément des composites. Tenant compte de la présentation et de l’adaptation
des fibres de renfort aux méthodes de transformations textiles, la normalisa-
tion française a retenu, pour distinguer ces dernières, le terme générique verre
textile.
La principale application des fibres de verre textile est le renforcement des
plastiques. Cependant, et en particulier au cours des vingt dernières années,
leur champ d’application s’est élargi à d’autres matrices (ciment, plâtre,
Parution : janvier 2008
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Le verre est un matériau largement utilisé pour le renforce- 1.1.1 Verres E (pour Electrique)
ment pour ses qualités spécifiques, à savoir sa très bonne résis- Ce sont des alumino-borosilicates à très faible teneur en oxydes
tance mécanique, sa forte résistivité électrique, son inertie de métaux alcalins (moins de 2 % en masse en Na2O + K2O).
thermique et chimique. De plus, à l’inverse de fibres naturelles
comme le lin, le chanvre... aussi utilisées pour renforcer des Développés initialement pour leurs bonnes propriétés électri-
thermoplastiques ou thermodurcissables, les fibres de verre ques d’isolation, ils ont vu leur production et leur emploi
humides ne moisissent pas. ensuite généralisés en raison de leur relative facilité de fibrage,
de leurs bonnes propriétés mécaniques et de leur coût modéré.
A Forte teneur en alcalins (Li2O, Na2O, K2O) Verre sodocalcique (verre Float)
(1) B2O3, Li2O, Na2O... oxydes constituant le verre – voir paragraphe 1.3
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1.1.2 Verres A
Tableau 2 – Compositions massiques
(pourcentages) de verre E suivant l’usage Ce sont des verres silico-sodocalciques à faible taux d’alumine
ASTM D 578 ASTM D 578 (silice + alcalin + alcaline-terreux – tableau 3) habituellement utili-
Composant sés pour la fabrication de verre plat (bâtiment/automobile) ou de
usage général circuit imprimé verre bouteilles.
oxyde d’alcalins R 2O 0à2 0à2 Ces verres sont fortement concentrés en alcalin (plus de
12 % en masse contre moins de 2 % en masse pour les verres
oxyde de bore B 2 O3 0 à 10 5 à 10 E) ; ils présentent donc des propriétés diélectriques et une
résistance hydrolytique (en milieu aqueux) dégradés par rap-
oxyde de fer Fe2O3 0,05 à 0,8 0,05 à 0,4
port au verre E.
oxyde de titane TiO2 0 à 1,5 0 à 0,8 Leur intérêt réside principalement dans leur bas coût de
oxyde de silice SiO2 52 à 62 52 à 56 fabrication par rapport au verre E car ils ne contiennent pas de
bore et peuvent être fondus à partir de matières premières
alumine Al2O3 12 à 16 12 à 16 plus grossières que le verre E. Ces verres A sont aujourd’hui
utilisés pour certaines qualités de voile de surface ou la fabri-
chaux CaO 16 à 25 16 à 25 cation de grilles pour renfort de meules abrasives. Les produc-
magnésie MgO 0à5 0à5 teurs de fibres de verres A sont essentiellement localisés en
Asie.
fluor F/F2 0à1 0à1
4
(1) R2O = Li2O + Na2O + K2O 1.1.3 Verres C (pour résistance Chimique)
À noter dans cette catégorie le verre Advantex® d’Owens Ce sont des borosilicates de calcium et d’alumine contenant
Corning qui présente l’avantage d’un verre type E-CR au coût du plus de 12 % en masse en alcalins (Na2O + K2O). Leur forte teneur
verre E. en silice (jusqu’à 65 % en masse) leur confère une meilleure tenue
Les verres E représentent plus de 95 % du marché mondial des que les verres E dans les ambiances chimiques et particulièrement
fibres de verre de renforcement, à savoir un tonnage annuel de dans les milieux acides. Ce sont des compositions typiquement
2,65 millions de tonnes. Leur composition suivant l’usage est utilisées pour la fabrication de fibres d’isolation et donc présentant
donnée dans le tableau 2. l’intérêt d’être biosolubles.
SiO2 72 64 74 52 à 56 58 à 63 60 65
CaO 10 8 16 à 25 21 à 23 9
B 2 O3 6 22,7 0 à 10
ZnO 0 à 3,5
SO3 0,6
F2
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Sous forme de voiles, ils sont utilisés comme couche superfi- Comme les verres E et malgré leur température de fusion éle-
cielle de renfort dans la barrière anticorrosion des pièces de vée, ils se fibrent facilement dans une gamme de diamètre
génie chimique en composite ou encore enduits de bitumes compris entre 13 et 24 µm.
pour faire des « shingles » (matériaux de couverture). Sous
■ Verres E-CR (pour E Corrosion Résistant)
forme de tissus, ils entrent dans la réalisation de bacs pour
accumulateurs. Enfin, sous forme de mèches voluminisées, Comme les verres E, il s’agit de verres à base de silicate de cal-
après tissage, ils entrent dans la fabrication des tissus de revê- cium et d’alumine, à très faible teneur en oxydes alcalins
tements muraux à base de verre (communément appelés (Na2O + K2O) et sans bore.
« verranne »). Il en résulte des propriétés mécaniques identiques à celles des
verres E et des propriétés électriques tout à fait comparables. En
revanche, sa résistance aux acides s’en trouve fortement amé-
1.2 Verres de spécialités liorée, ce qui en fait un verre particulièrement adapté aux appli-
cations de stratifiés composites nécessitant une bonne
résistance à la corrosion sous contrainte dans un environnement
1.2.1 Verres à hautes performances mécaniques acide.
R, H, S et S2
Ce sont des verres à hautes teneurs en silice et en alumine, 1.2.3 Verres à hautes performances diélectriques
sans bore, ni alcalin. L’absence de ces composants (dits fondants ■ Verres D (pour Diélectrique)
car ils diminuent la température de fusion des mélanges vitrifia-
bles) entraîne des conditions d’élaboration et de fibrage plus dif- Ces verres sont composés essentiellement de silice et de bora-
ficiles et donc des coûts de production plus élevés que la gamme tes et sont dotés de très bonnes propriétés diélectriques (faible
4
verre E. facteur de pertes diélectriques dans le domaine des MHz et GHz),
ce qui rend ces fibres transparentes aux ondes radar.
Ces compositions de verre se distinguent des verres E par de
Développés pour les applications électroniques à très hautes
meilleures propriétés mécaniques : leur résistance en traction et
performances, par exemple les radômes pour avions militaires,
leur module d’Young sont respectivement de 20 % (pour le verre leur usage tend à s’étendre à d’autres applications telles que les
S2) et 15 % (verres S, R et H) plus élevés que celui des verres E. circuits imprimés de hautes performances pour la téléphonie
Leur masse volumique est légèrement inférieure : environ − 4 %. mobile notamment.
Ils possèdent également une meilleure tenue en température que
les verres E (voir données de température de Littelton dans le ■ Verres LD (pour Low Diélectrique)
tableau 4, ainsi qu’une meilleure résistance chimique (en milieux C’est une nouvelle génération de verres à faibles permittivité
acides, notamment). ε (= ε ′ + iε ′′) et pertes diélectriques dans le domaine des hautes
fréquences (GHz). Ces verres sont plus spécifiquement utilisés
pour le renfort des circuits imprimés de la téléphonie mobile
La température de Littelton ( Tlittelton) est définie par la
dernière génération. Ils nécessitent d’être produits sous forme
norme ISO 7884-6. Il s’agit de la température correspon-
de fils fins (5 à 7 µm). Les principaux producteurs de ces fibres
dant à une vitesse d’allongement de 1 mm/min d’une fibre
de spécialités sont des verriers asiatiques NEG, Nitto Boseki et
calibrée sous son propre poids. Pour un verre classique,
OCV.
cela correspond à une viscosité η (en poises) telle que
Log η = 7,6.
1.2.4 Conclusion
Ces verres sont utilisés dans des applications nécessitant des La gamme de verres fibrables et commercialisés sous forme de
performances mécaniques élevées, dans les domaines fibres est donc large : des verres bas coût, type A ou C, aux verres
aéronautiques (renfort des pâles d’hélicoptères...), de l’arme- hautes performances, type H, S, S2, D, en passant par les verres E
ment, de la balistique (protection pare-balles...), dans l’éolien avec ou sans bore. Avec l’optimisation des procédés de fusion et
(allongement des pâles d’éoliennes pour champs éolien de fibrage, le coût de fabrication des verres hautes performances
marin...) mais aussi dans l’industrie chimique (séparateur de se rapprochent des coûts des verres E avec bore et le champ
batterie...). d’application envisageable s’en trouve élargi.
Ce marché des fibres hautes performances est en constant La comparaison des principales caractéristiques des verres est
essor. Ainsi, de nouvelles fibres ont été mises depuis 2005 sur le donnée sur la figure 1.
marché, à savoir les fibres de verres H, HiPer-tex et HS. Du point
de vue processabilité, ces nouvelles fibres constituent de réelles
avancées par rapport aux versions antérieures R et S et permettent 1.3 Compositions
d’envisager des productions sous grosses filières, c’est-à-dire à
plus forte tirée. Les compositions des fibres de verre de renforcement résultent
toujours d’un compromis technico-économique entre les proprié-
tés spécifiques recherchées, l’aptitude au fibrage dans des condi-
1.2.2 Verres à hautes performances chimiques tions industrielles et les prix admissibles au niveau des
applications.
■ Verres AR (pour Alcali Résistant) Des exemples de compositions sont donnés dans le tableau 3.
Leur particularité est une teneur élevée en oxyde de zirconium Dans ce tableau apparaissent un certain nombre d’oxydes appor-
ZrO2 (16 à 20 % en masse) et en soude Na2O (> 13 % en masse) tés la plupart du temps par des matières premières d’origine natu-
d’après la norme DIN 1259-1. Ces verres sont dits alcali-résistants relle (voir paragraphe 3.1).
car ils présentent une très bonne résistance en milieu alcalin Ces compositions sont toujours susceptibles de variations d’un
(milieu basique). Ces verres ont été mis au point pour le renforce- producteur à l’autre ou même de réajustements dans le temps
ment du ciment. Il s’avère qu’ils présentent aussi une excellente chez un même producteur. Cela peut entraîner parfois des écarts
résistance à la corrosion acide, meilleure que celle de tous les ver- de propriétés et, lorsqu’une grande précision sur les caractéristi-
res utilisés pour les fibres de renforcement. ques est recherchée, il y a lieu de consulter les fournisseurs.
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5
Verre H et S 5 Verre A 5 Verre E sans bore
4
4 4
Performances 3 Protection Protection Protection
Performances 3
Performances 3
mécaniques 2 de mécaniques 2 de de
l'environ- l'environ- mécaniques 2 l'environ-
1 1
nement nement 1 nement
0 0
0
5
Verre E avec bore 5 Verre AR Échelle : 0 à 5
4 5 : point fort
4
Performances 3 Protection 3 0 : bas niveau de performance
2 de Performances Protection ou point faible
mécaniques 2 de
1 l'environ- mécaniques
nement 1 l'environ-
0 nement
0
Résistance
à l'eau
Basse
température
de fusion
Résistance
à l'eau
Basse
température
de fusion
4
Aptitude au fibrage Aptitude au fibrage
91
4
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a structure des mats de verre à filaments continus est basée sur l’assem-
L blage, dans un plan, d’un grand nombre de filaments de verre continus (non
coupés) et assemblés sous forme de fils, ce qui permet d’enrouler et de livrer
sous forme de rouleaux.
La gamme de ce produit permet de l’utiliser de manière spécifique avec prati-
quement toutes les résines thermodurcissables.
Il se prête à la réalisation, par moulage en procédé continu ou discontinu, d’un
grand nombre d’applications :
— plaques ondulées translucides pour le bâtiment (voir photo § 3) ;
— peaux de panneaux latéraux de grande dimension pour camions frigori-
fiques ;
— renfort de mousses d’isolation ;
— éléments moulés en pultrusion ou injection de résine liquide (voir photo
§ 1),
ainsi qu’à la réalisation d’autres applications plus spécifiques.
Enfin, le mat à filaments continus peut se prêter à la technologie de préfor-
mage.
Parution : janvier 1999
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Plastiques et Composites AM 5 133 - 1
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4
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Sciences et technologies du verre
(Réf. Internet 42573)
1– Verre - Généralités
3– Applications - Emballage
4– Applications - Composites
5
5– Applications - Énergie Réf. Internet page
Altération par l'eau des verres borosilicatés. Exemple des verres nucléaires COR450 107
7– Applications - Constructions
8– Applications - Santé
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(AVM) a démarré pour confiner les déchets issus du traitement des combustibles
usés des réacteurs à uranium naturel. À l’issue de développements
complémentaires, ce procédé a été implanté dans six chaînes de vitrification des
ateliers R7 et T7 sur le site de La Hague (AVH), respectivement en 1989 et 1992,
où sont traités des combustibles usés à oxyde d’uranium enrichi. Le procédé
actuellement mis en œuvre à La Hague se caractérise par deux étapes :
– une étape de calcination des solutions liquides de PF, vers 400 oC ;
– puis une étape de fusion à 1 100 oC dans un pot métallique ovoïde chauffé
par induction électromagnétique. C’est dans ce pot de fusion que s’opère la
fusion du mélange d’adjuvants de vitrification et du calcinat de PF. Après affi-
nage, la fonte verrière est coulée puis solidifiée dans des conteneurs
métalliques d’une contenance de 400 kg. À la date de leur démarrage, les ins-
tallations AVM, R7 et T7 (ou AVH) ont eu à traiter les stocks accumulés de
solution de produits de fission issus des opérations de retraitement démarées
plus tôt. Depuis, les solutions de produits de fission de haute activité, issues du
traitement des combustibles UOX, sont vitrifiées en ligne.
Des procédés de vitrification de solutions de produits de fission ont été éga-
lement mis en œuvre dans plusieurs autres pays, à l’échelle industrielle. En
Grande-Bretagne, trois chaînes de vitrification type AVH sont exploitées depuis
le début des années 1990. Aux États-Unis, en Russie, au Japon, en Belgique (à
l’arrêt maintenant), les solutions de produits de fission sont vitrifiées par ali-
mentation liquide directe dans des fours céramiques chauffés par électrodes.
L’Inde, qui a mis en œuvre initialement un procédé de vitrification en pot
5 métallique cylindrique (type PIVER) avec alimentation liquide, est en train
d’évoluer vers la technologie des fours céramiques.
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N ota 1 : vitesse de digestion : vitesse de solubilisation à hautes températures des Teneur des éléments (en g/L) pour 711 L/tU (1)
oxydes du déchet dans le bain fondu silicaté.
Na 14,09
Nota 2 : nappage : durant toute la phase de remplissage du conteneur, la surface de la Al 3,52
fonte verrière coulée est plane.
P 0,51
Nota 3 : dans le Système International, l’unité de viscosité est le Pascal ⋅ seconde Cr, Fe, Ni 11,22
(Pa ⋅ s). 1 Pa ⋅ s = 10 dPa ⋅ s = 10 poises (unité du système CGS).
Rb 0,50
La conductivité électrique de la fonte verrière est un troisième Sr 1,18
paramètre important, mais uniquement dans le cas des fours céra- Y 0,65
miques chauffés par électrodes et les fours en creuset froid
chauffés par induction électromagnétique directe dans le bain de Zr 6,48
verre. En effet, dans ces fours, l’énergie de fusion est fournie par Mo 4,70
effet Joule en faisant circuler le courant dans la masse de la fonte Tc 1,16
verrière. Typiquement, la conductivité électrique des verres doit Ru, Rh, Pd 5,48
être comprise entre 10 et 100 S/m à la température d’élaboration.
Ag, Cd, Sn, Sb, Se 0,38
Enfin, les propriétés thermiques de la fonte verrière (Cp , Te 0,67
conductivité thermique) sont des paramètres à contrôler et à opti-
miser, au travers de la composition chimique, pour assurer la Cs 3,72
conduite des fours de fusion et la dissipation optimale de la Ba 2,21
chaleur. La 1,70
Ce 3,30
■ Propriétés de comportement à long terme
Pr 1,56
La fonction du verre de confinement est d’être stable chimi-
Nd 5,63
5
quement, physiquement et thermiquement sur des périodes de
temps longues. Les propriétés requises sont ainsi la conservation Pm 0,10
dans le temps de l’inertie chimique, par résistance à l’eau qui sera Sm 1,12
l’agent de dégradation et de dispersion potentielle des radionu- Eu 0,18
cléides, et du confinement sous l’effet de l’auto-irradiation. Le cas Gd 0,11
particulier de l’effet de la chaleur dégagée sur la stabilité de l’état
vitreux, en conséquence des réactions de désintégration radio- U 0,11
active, s’évalue en regard des phénomènes de dévitrification. Pu 0,00
Am, Cm, Np 1,08
(1) 711 L/tU est une valeur correspondant au volume de la solution de PF
1.2 Choix des systèmes vitreux résultant du traitement d’une masse de combustible usé normalisée à
1 tonne d’uranium lourd métal initial.
Les solutions de PF (tableau 1) après calcination sont des
mélanges complexes d’oxydes, qui ne contiennent aucun forma-
teur de réseau vitreux en quantité notable. Des oxydes à caractère particulier sont ajoutés pour optimiser la
L’insertion des PF dans un verre d’oxyde est uniquement pos- formule du verre. À ce stade, une composition de verre de réfé-
sible grâce à l’ajout d’au moins deux types d’oxydes : rence est sélectionnée.
– l’un pour former la structure vitreuse. Le formateur le plus La seconde phase consiste à ajouter au verre de référence tous les
souvent utilisé est SiO2, ou dans une moindre mesure P2O5 ([1] éléments de la solution de PF. Des isotopes stables et des éléments
[2]) ; simulants inactifs de certains radionucléides sont mis en œuvre à
– l’autre pour modifier la structure vitreuse, afin d’augmenter la cette étape, ce qui évite de faire appel à des manipulations de
flexibilité chimique du réseau vitreux vis-à-vis des différents matière radioactive en environnement nucléarisé. L’ensemble des
groupes d’éléments chimiques caractérisant les PF. Le modifica- propriétés physico-chimiques de base (faisabilité, homogénéité, vis-
teur de réseau vitreux est un oxyde ionique, type oxyde d’alcalin. cosité) est alors déterminé. En parallèle, des essais de vitrification à
l’échelle technologique, sur pilote industriel inactif, sont réalisés
Un verre nucléaire de haute activité est ainsi composé d’environ
pour définir le procédé. Les verres fabriqués à cette échelle font
70 à 80 % massiques d’oxydes d’éléments inactifs, appelés adju-
alors l’objet de caractérisations, en vue de valider les propriétés
vants de vitrification (majoritairement SiO2 + B2O3 + Na2O + Al2O3
définies préalablement à l’échelle du laboratoire.
dans le cas des verres borosilicatés).
La troisième phase aboutit d’une part aux études de
La première phase de recherche d’une composition de verre
comportement à long terme, et d’autre part à la mise en œuvre
adéquate débute par l’établissement de diagramme quaternaire.
d’étude sur des verres en actif (utilisation d’isotopes radioactifs
Les zones d’obtention et d’homogénéité des verres sont ainsi déli-
tels que les actinides, le technétium, etc.).
mitées. Les quatre sommets des diagrammes quaternaires sont :
– le formateur principal du réseau vitreux comme SiO2 ou P2O5 ; Une quatrième étape peut mettre en œuvre les mesures des
propriétés d’un échantillon de verre industriel actif, prélevé sur
– les oxydes de PF ;
l’atelier de vitrification.
– un autre formateur de réseau vitreux comme B2O3, qui est
capable d’augmenter significativement la solubilité d’éléments tels Les adjuvants de vitrification sont apportés sous deux formes
que le molybdène et les terres rares ; possibles, dans un procédé de vitrification :
– le modificateur de réseau vitreux, généralement l’élément Na. – soit un mélange de matières premières telles que du sable de
Ce dernier choix est dicté par la composition même de la solution silice, des carbonates de sodium et de calcium, de l’alumine. Ce type
de PF, car les solutions sodiques de lavage des solvants sont d’adjuvant, largement mis en œuvre dans l’industrie verrière, per-
mélangées aux solutions de PF. met d’ajuster au mieux la composition du verre visé par rapport à
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5
les verres de phosphates d’autre part. La nomenclature employée
pour désigner les familles de verres se décline de la manière Oxydes de produits de
suivante : fission, Zr, actinides et
– SON pour les verres dont les constituants principaux sont par fines 12,8 4,2 18,5
teneurs décroissantes SiO2, oxydes de PF et Na2O ;
Oxydes d’actinides 0,9
– SAN pour les verres dont les constituants principaux sont
SiO2, Al2O3, Na2O ; SiO2 + B2O3 + Al2O3 > 60
– SPNM pour les verres dont les constituants principaux sont
SiO2, P2O5, Na2O, MoO3.
Les verres aluminoborosilicatés produits actuellement en pot rares et des oxydes de cérium ainsi que des chromites (oxydes
métallique chaud dans les ateliers de vitrification R7 et T7 de La mixtes de fer, zinc et chrome) se forment, du fait de l’atteinte de
Hague permettent un taux d’incorporation global du déchet (solu- sursaturations locales. Un produit hétérogène est alors formé,
tion de PF et autres flux, cf. § 2.1.2.1) de l’ordre de 25 % massiques constitué d’un mélange de zones riches en cristaux et de zones
(tableau 2). L’activité moyenne du verre à la date de fabrication est plus riches en fonte verrière (figure 1) ;
de l’ordre de 4 × 1010 Bq/gverre en émetteurs bêta/gamma et – une étape d’agitation du mélange permet la dilution des agré-
environ 5 × 108 Bq/gverre en émetteurs alpha. gats cristallisés puis leur dissolution. Le verre final est alors homo-
gène en composition chimique. Il ne subsiste à cette étape, dans
un verre type R7T7, que des particules insolubles de métaux
nobles, dont la taille est de l’ordre de la dizaine à la centaine de
1.3 Réactivité chimique du déchet micromètres (figure 2). Signalons que la notion d’homogénéité
dépend finalement de la résolution des instruments employés, et
avec l’adjuvant de vitrification reste donc une notion relative. Le contrôle est pour cela effectué à
diverses échelles : à l’œil nu, au microscope électronique à
Le processus de fusion est une combinaison complexe de réac- balayage (figure 2), et au microscope électronique à transmission.
tions chimiques, souvent hors équilibre thermodynamique, entre À l’échelle la plus fine atteinte grâce à cette dernière technique
les produits de départ, et de processus physiques conduisant à (échelle nanométrique), l’homogénéité de la composition a pu être
l’homogénéité de la fonte verrière. Les processus de thermo- vérifiée sur le verre R7T7.
convection prennent une place importante, où la viscosité et la
densité du verre sont des paramètres clés. La maîtrise de la fusion
garantit la qualité du verre final. Plusieurs stades se succèdent :
chauffage, fusion primaire, affinage et homogénéisation avant 1.4 Quelques propriétés de base
coulée dans le conteneur final. des verres de PF
Dans le cas plus particulier des verres nucléaires borosilicatés de
type R7T7, fabriqués par réaction entre un calcinat de PF et une 1.4.1 Solubilité d’éléments particuliers
fritte de verre, les étapes successives ont été mises en évidence :
– les particules de fritte de verre passent sans discontinuité de Certains éléments de la solution à vitrifier rendent difficile
l’état solide élastique à l’état liquide visqueux, au-dessus de la l’obtention de verres homogènes. La température d’élaboration
zone de transition vitreuse située vers 510 oC ; joue évidemment un rôle essentiel. Dans la plupart des procédés
– la fritte visqueuse imprègne les fragments millimétriques à de vitrification mis en œuvre, la température de fusion est limitée
centimétriques du calcinat, constitué de composés complexes de à 1 150 oC. C’est alors grâce à la combinaison avec des oxydes
type nitrates et oxydes de PF. Ils commencent à se dissoudre. Des particuliers que certains éléments à solubilité limitée voient leur
cristaux réactionnels intermédiaires, tels que des silicates de terres limite d’incorporation au réseau vitreux croître.
100
Référence Internet
BN3664
RuO2
Spinelles
(Ce, Zr)O2 (Fe, Ni, Cr, Mn)
a image en microscopie électronique à balayage (mode électrons b vue de détail des cristaux réactionnels dispersés dans
rétrodiffusés mettant en évidence les différences de composition une phase vitreuse
chimique) d’un stade réactionnel intermédiaire entre la fritte
de verre et le calcinat
Figure 1 – Mise en évidence des différences de composition chimique du verre, source CEA
Figure 2 – Image au microscope électronique à balayage du verre final, après homogénéisation, source CEA
L’aluminium et le cérium, en grande quantité (respectivement derniers se présentent sous la forme d’alliages métalliques à
plus de 10 % et 1 % massiques d’oxydes), conduisent à une vitesse points de fusion relativement bas (typiquement autour de 700 oC).
de silicatisation longue. La durée de contact entre la fritte et le
calcinat étant imposée par le procédé, les teneurs de ces oxydes Les oxydes MoO3 et P2O5 conduisent, au-delà de teneurs de 2 à
sont généralement limitées. 3 % massiques, à des séparations de phases. Le phénomène de
séparation en deux phases, l’une silicatée et l’autre molybdique ou
Le magnésium augmente le caractère réfractaire du calcinat, ce phosphatique, s’amorce lorsque la température d’élaboration
qui diminue la réactivité entre la fritte et le calcinat. Par ailleurs, le devient inférieure à une certaine valeur.
magnésium est un élément nucléant, susceptible d’augmenter la
cristallisation des verres. Il faut remarquer que la répartition homogène d’une phase
vitreuse secondaire, voire microcristalline, peut être acceptée dès
Le chrome a tendance à former des chromites (spinelles) à base lors qu’elle n’entraîne pas de détérioration de la stabilité chimique
de nickel, fer et zinc, au-delà d’une teneur d’environ 1 % massique de la matrice de confinement, ni de ses propriétés physiques ou de
d’oxyde. Il n’est pas rare d’en retrouver dans le verre final, car la la résistance à l’irradiation.
température à partir de laquelle ces composés sont dissous dans
une fonte borosilicatée est généralement supérieure à 1 100 oC.
Exemple : c’es tle casdu verre type SPNM ,mis au point pour le
Les platinoïdes, quelle que soit la forme sous laquelle ils sont confinement de solutions de PF très riches en Mo et P, et qui
introduits dans le verre, se retrouvent dispersés sous la forme de résultent du traitement de combustibles métalliques constitués d’ura-
précipités de RuO2 – x, et de particules métalliques Rh et Pd-Te. Ces nium et de molybdène (figure 3).
101
5
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Référence Internet
D2325
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Référence Internet
D2325
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Référence Internet
D2325
Tableau 2 – Principales caractéristiques physiques des verres classés dans les groupes G-110 et
G-120 de la norme CEI 60672 Groupe G-100
Propriété Symbole Unité G-110 G-120
Résistance à la flexion Rf MPa Min. 30 Min. 150
Module d’élasticité E GPa Min. 70 Min. 70
Coefficient expansion linéaire α (20-400) 10–6 K–1 8,5 à 10 8,5 à 10
Température de transition vitreuse Tg °C 500 à 560 500 à 560
Tenue diélectrique Ed kV/mm Min. 25 Min. 25
Permittivité relative 1 MHz, 20 °C Er 6,5 à 7,6 7,3 à 7,6
Facteur de dissipation à 20 °C Tg δ (1 MHz) Max. 10 × 10–3 Max. 60 × 10–3
Résistivité volumique à 20 °C Pv Ω · cm Min. 1012 Min. 1012
Résistivité volumique à 200 °C Pv Ω · cm Min. 107 Min. 107
Température pour 100 MΩ · cm Tk100 °C Min. 170 Min. 180
Température pour 1 MΩ · cm Tk1 °C Min. 280 Min. 280
§ Les caractéristiques des verres destinés aux applications de L’enfouissement progressif des lignes de distribution a conduit à
5
fibres de renforcement peuvent varier d’une manière plus large une forte diminution des demandes de ce type de produit. On a
que dans le cas des verres moulés selon les applications visées assisté au cours des dernières années à une forte réduction, voire la
mais aussi selon les fabricants. quasi-disparition, des fabrications d’isolateurs de ce type en verre
recuit. Face à la nécessité d’avoir une arche de recuisson, et des
Nota : le lecteur se reportera à l’article [AM 5 132] pour les caractéristiques plus temps de fabrication longs, les fabricants ont généralisé la trempe
détaillées des verres utilisés dans les fibres.
pour cette gamme de produits. On constate aujourd’hui que l’un des
principaux secteurs d’application des isolateurs composites se situe
sur les réseaux de distribution, remplaçant ainsi les isolants classi-
2. Application aux isolateurs ques en verre recuit ou porcelaine. Cela s’explique en outre par le
de lignes aériennes
faible enjeu économique (à tort ou à raison) d’une interruption éven-
tuelle de service sur ces niveaux de tension.
105
5
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Référence Internet
COR450
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Référence Internet
COR450
5
les divers mécanismes d’altération conduit à des cinétiques d’altération diffé-
rentes et représentatives des taux de renouvellement des solutions. Sont
également présentées les méthodes expérimentales utilisables pour caracté-
riser les mécanismes et quantifier les cinétiques d’altération des verres.
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Référence Internet
COR450
5
quatre éléments majeurs sont les oxydes de base de la matrice Dans le cas où une précipitation importante de phases
borosilicate (SiO2 , Na2O et B2O3) et les oxydes de produits de secondaires intervient, précipitation liée à l’atteinte de conditions
fission) (tableau 1), de type SAN (les quatre éléments majeurs sont de concentrations en solution ou de pH favorables, on peut obser-
alors SiO2 , Al2O3 , Na2O et B2O3) ou de type UMo (les quatre ver un phénomène dit « de reprise d’altération » qui se maintient
éléments majeurs sont alors SiO2 , P2O5 , Na2O ou B2O3 , MoO3). tant que les conditions favorables à ces précipitations prévalent
(conditions extrêmes de pH, de température et/ou de confi-
nement). C’est le cas pour des verres très alcalins ou pour des
2. Phénoménologie générale milieux où des pH très élevés sont maintenus constants du fait de
l’altération des différents matériaux en présence (verres très sodi-
de l’altération des verres ques, bétons et ciments...). C’est le cas aussi pour des verres
riches en Al, dont la stœchiométrie Si/Al est proche de celle de
par l’eau phases secondaires de type zéolithe qui se formeront au détriment
de la formation d’un gel passivant.
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COR450
La figure 1 représente les processus qui contrôlent la cinétique Le coefficient de diffusion dépend du pH, de la température, de
d’altération ; ceux-ci se produisent en série ou en parallèle et sont la composition du verre, de la composition de la solution
étroitement couplés. Les blocs bleus représentent les processus altérante : le processus de diffusion est favorisé à pH acide, à tem-
gouvernant le relâchement sélectif des ions, les blocs jaunes repré- pérature élevée, pour des verres riches en alcalins, et, en fonction
5
sentent les mécanismes d’altération de la matrice vitreuse [2]. Les de la composition du verre, pour des solutions peu chargées en
valeurs de vitesses sont données à titre d’illustration et correspon- alcalins.
dent à celles mesurées pour le verre SON68 à 90 oC. Ce schéma
peut être interprété comme un circuit électrique avec ses résistan- Pour le verre SON68, il a été défini pour des valeurs de pH allant
ces et ses capacités. Dans le cas de mécanismes ayant lieu en de 6 à 10,5 et pour des températures allant de 30 à 90 oC [7]. Il est
parallèle, c’est la vitesse du mécanisme le plus rapide (plus petite donné par l’équation :
résistance) qui contrôle les autres vitesses. Pour les mécanismes
intervenant en série, c’est l’étape la plus lente qui contrôle la
Ea
vitesse globale d’altération. La capacité appelée « saturation de la −
DIRP = D0 [OH− ]n e RT (1)
solution » entraîne une annulation de la voie correspondante
quand la saturation est atteinte.
avec DIRP coefficient de diffusion de l’eau dans l’interphase
réactive passivante (IRP),
3.1 Hydratation du verre n coefficient de dépendance en pH (n = 0,65 ± 0,1),
L’hydratation du verre correspond à la pénétration de l’eau dans Ea énergie d’activation (Ea = 94,7 ± 2 kJ · mol–1),
le réseau silicaté vitreux. Ce mécanisme est étroitement associé au
mécanisme d’interdiffusion et il est rarement étudié comme un D0 constante d’interdiffusion (avec ln (D0 (m2 · s–1)) =
mécanisme à part entière [3]. – 24 ± 1).
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Référence Internet
COR450
100 j
1 000 j Épaisseurs 1E-5
d’interdiffusion
1E-6
Figure 2 – Ordre de grandeur du temps d’atteinte de l’état stationnaire en fonction du coefficient de diffusion et de la vitesse d’hydrolyse de la
matrice (d’après [9])
111
5
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Sciences et technologies du verre
(Réf. Internet 42573)
1– Verre - Généralités
3– Applications - Emballage
4– Applications - Composites
5– Applications - Énergie
7– Applications - Constructions
8– Applications - Santé
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6
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Référence Internet
E6416
6
1.4 Autres méthodes d’élaboration .............................................................. — 5
2. Propriétés physiques des verres fluorés ....................................... — 5
2.1 Propriétés thermiques et mécaniques ................................................... — 5
2.2 Fenêtre de transmission des verres massifs ......................................... — 6
2.3 Luminescence des ions de terre rare ..................................................... — 7
3. Fibres optiques...................................................................................... — 11
3.1 Compositions fibrables............................................................................ — 11
3.2 Conditions de fibrage .............................................................................. — 11
3.3 Fibres de transmission ............................................................................ — 12
4. Guides d’onde planaires et confinés .............................................. — 15
4.1 Propagation de la lumière ....................................................................... — 15
4.2 Techniques de fabrication des guides planaires ................................... — 16
4.3 Guides d’onde confinés........................................................................... — 18
5. Microrésonateurs ................................................................................. — 19
5.1 Physique des microrésonateurs ............................................................. — 19
5.2 Élaboration des microsphères ................................................................ — 20
5.3 Applications.............................................................................................. — 21
6. Conclusion.............................................................................................. — 22
7. Glossaire ................................................................................................. — 22
Pour en savoir plus ....................................................................................... Doc. E 6 416
es verres de fluorures, ou verres fluorés, traités dans cet article sont des
L verres à base de fluorure de zirconium ou indium/gallium ou encore alumi-
nium, à l’exception des verres de fluorure de béryllium, connus depuis des
décennies mais inutilisables en pratique à cause de leur hygroscopicité et de
leur toxicité.
La découverte des verres à base de fluorure de zirconium dans les années
1970 est, à l’inverse, à l’origine de nombreux développements technologiques
dans le domaine de l’optique.
Parution : avril 2019
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Référence Internet
E6416
1. Synthèse des verres fluorés L’une des compositions les plus stables, et donc la plus utilisée,
est le verre d’acronyme ZBLAN. Dans ce verre, ZrF4 joue le rôle de
formateur, BaF2 et NaF le rôle de modificateur. AlF3 et LaF3 sont
des stabilisants qui améliorent la qualité du verre.
1.1 Compositions vitreuses D’autres compositions à base de fluoroaluminate (AlF3), fluo-
roindate (InF3), fluorogallate (GaF3) ont ensuite été développées
Les verres fluorés ont été découverts en 1975 de façon acciden- (tableau 1, figure 1 [2] [3]).
telle par M. Poulain à l’université de Rennes, alors qu’il travaillait À l’exception de BeF2, aucun fluorure simple ne peut donner un
sur des composés cristallisés à base de ZrF4 [1]. Ce type de verres verre à lui seul. Tous les verres fluorés sont multicomposants afin
ne pouvait être prédit par aucun des critères communément utili- d’atteindre une stabilité thermique suffisante vis-à-vis de la cristal-
sés pour les verres d’oxyde (Goldschmidt, Sun, Rawson...). lisation.
116
Référence Internet
E6416
4 % AIF3 4 % AIF3
6
NaF BaF2 LaF3 BaF2 YF3 0,5 BaF2
+
0,5 CaF2
a ZrF4-BaF2-NaF b ZrF4-BaF2-LaF3 c AlF3-(Ba0,5Ca0,5)F2-YF3
La stabilité thermique est souvent estimée à partir de l’écart ΔT Ni2+, Cu2+, Fe2+, Co2+ doit être faible (tableau 2) : de l’ordre du
entre la température de début de cristallisation et la température ppb (part par billion, milliard en français), voire même du ppt
de transition vitreuse Tg. (part par trillion) pour des fibres à perte ultra-faible, et de l’ordre
Les verres fluorés ont des vitesses critiques de refroidissement du ppm (part par million) pour des fibres de courte longueur.
Rc très supérieures à celle des verres de silicate (10–5 °C/min). Le
verre ZBLAN possède la Rc la plus faible, de l’ordre de 1 °C/min [4].
Remarque
Les verres de fluoroaluminate et de fluoroindate présentent une
bonne durabilité chimique dans l’eau, au contraire des verres de Le fer est l’élément le plus difficile à éliminer.
fluorozirconate. Le fluorure de lanthane LaF3, souvent utilisé dans la compo-
sition des verres à hauteur de 3 à 5 mol%, contient toujours
Par exemple la perte de masse dans l’eau à température des traces d’autres lanthanides, qui ont également de nom-
ambiante d’un morceau de verre ZBLAN est 3 000 fois plus grande breuses bandes d’absorption dans le visible et l’IR [6].
que celle du verre ABCY [5].
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Référence Internet
E6416
Tableau 2 – Concentration typique en impuretés (en ppm) dans les fluorures commerciaux
de haute pureté et coefficient d’absorption α
Fluorures Fe2+ Cu2+ Ni2+ Co2+ Pr3+ Nd3+
ZrF4 0,5 à 2
BaF2 1à5 < 0,02
NaF 1à5
LaF3 1à5
AlF3 5 à 10 1à5
NH4HF2 1à5
α (dB/km/ppm)
15 3 2,4 17 1,2 à 1,8 21
@ 2,5 µm
6
Recristallisation <3 <1
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Référence Internet
E6416
À haute température, la plupart des hydroxydes peuvent être éli- De plus, la décomposition des composés organométalliques fait
minés car ils réagissent avec les ions fluorures suivant la réaction : apparaître des résidus de carbone qui sont des points diffusants
dans le verre. La qualité optique des verres obtenus s’est avérée
insuffisante.
L’affinage à haute température (850 °C) en atmosphère sèche Dans la méthode classique de fusion en creuset, les parois du
permet de réduire la quantité en OH à quelques ppb ; la contribu- creuset sont souvent responsables de contaminations chimiques et
tion aux pertes optiques de ces groupements est alors inférieure à causes de germination hétérogènes.
0,01 dB/km à 2,5 µm. La technique de fusion sans contact, utilisant la lévitation sur
film de gaz de poudre a été utilisée. Les verres ZBLAN affinés sous
1.3.2 Coulée et recuit SF6, puis NF3, ont d’excellentes qualités optiques, avec des pertes
par diffusion proches des minima théoriques [11].
Le mélange fondu est refroidi dans le creuset juste au-dessus de
la température de fusion, puis coulé dans un moule. L’abaissement
de température permet de limiter l’apparition de bulles le long des
échantillons cylindriques. 2. Propriétés physiques
La vitesse de refroidissement dépend de :
– la température du moule ;
des verres fluorés
– sa géométrie ;
– la quantité de matière.
2.1 Propriétés thermiques et mécaniques
Elle est limitée par la diffusivité thermique du verre.
En général, la température du moule n’excède pas la tempéra- Comme tous les verres, les verres fluorés possèdent trois tem-
ture de transition vitreuse Tg pour éviter l’adhérence entre le verre pératures caractéristiques :
et le moule métallique, souvent en bronze. On peut aussi utiliser – la température de transition vitreuse (Tg) ;
un moule en graphite mais sa surface est souvent contaminée. – la température de début de cristallisation (notée Tc ou Tx) ;
La contamination par l’atmosphère est un point critique lors de – la température de début de fusion des espèces cristallisées
la coulée. Certaines espèces volatiles (comme ZrF4) peuvent (notée Tf ou Tm).
s’hydrolyser et former des microcristaux d’oxydes ou d’oxyfluo- La stabilité d’un verre vis-à-vis de la cristallisation s’évalue en
rures dans le mélange fondu. premier lieu par l’écart de température ΔT, introduit au
L’étape de coulée, génératrice de défauts dans le verre, peut paragraphe 1.1, entre la température de cristallisation et la tempé-
6
être évitée en laissant le mélange refroidir dans le « moule- rature de transition vitreuse.
creuset ». Cette méthode s’applique uniquement aux verres ayant Les compositions vitreuses stables, et donc a priori celles qui
une Rc faible. La faible vitesse de refroidissement crée souvent sont le mieux adaptées pour la préparation des préformes de
des bulles le long des parois. La partie externe du verre doit alors fibres optiques (§ 3), présentent un ΔT de l’ordre de 100 °C ou plus.
être éliminée par polissage. À lui seul, ce critère ne peut rendre compte pleinement de la stabi-
La vitesse de refroidissement trop rapide du verre jusqu’à lité d’un verre. La connaissance de la vitesse de refroidissement
l’ambiante peut générer des contraintes mécaniques qui fragilisent critique, Rc, est un complément essentiel. Celle-ci est définie
le verre. Une étape de recuit est nécessaire pour libérer ces comme la vitesse de refroidissement minimale du bain vitreux, en-
contraintes dans les verres massifs. dessous de laquelle des phases cristallisées vont commencer à se
former lors du refroidissement.
Le temps et la température de recuit, proche de la Tg, sont ajus-
tés de manière empirique. Un verre stable se caractérise par un coefficient Rc le plus faible
possible.
Dans le cas des verres de fluorures, le verre le plus stable connu
1.4 Autres méthodes d’élaboration à ce jour est le verre ZBLAN présenté dans le tableau 1, avec un ΔT
de 90 °C et un Rc de l’ordre de 1 °C/mn. Il est de loin le verre le
D’autres procédés de préparation des verres à basse tempéra- plus utilisé pour la préparation de fibres optiques fluorées, notam-
ture peuvent être mis en œuvre avec des réactifs ultra-purs. ment de fibres lasers opérant à des longueurs d’onde inaccessibles
avec les fibres de silice.
■ Procédé sol-gel
Bien connu pour la silice, ce procédé passe par la fluoration par ■ Réalisation d’une préforme
HF de gels d’oxydes qui doivent contenir tous les cations présents La viscosité est un paramètre important à connaître pour contrô-
dans le verre final. ler les conditions de fibrage d’un verre à partir d’une préforme,
Un mélange de poudres de fluorures anhydres est obtenu, mais dans la gamme de températures comprise entre Tg et Tc. Les pré-
la fabrication d’un verre massif sans l’étape de fusion n’a pas été formes étant constituées classiquement de deux verres de compo-
possible [9]. sitions vitreuses différentes, il est essentiel que leur comportement
viscosité-température soit similaire autour de la température de
■ Technique de dépôt chimique en phase vapeur (CVD pour fibrage.
Chemical Vapor Deposition) Pour certaines compositions vitreuses, l’évolution de la visco-
Son succès pour la fabrication de fibres optiques en silice a sité en fonction de la température peut suivre une simple loi
conduit à imaginer un procédé équivalent pour les verres fluorés, d’Arrhenius, sur de petits intervalles thermiques (30 à 40 °C).
en partant d’organométalliques volatiles (β-dicétonates) réagissant
avec HF ou NF3 [10] (méthode MOCVD). C’est le cas, par exemple, du verre ZBLA ou de certains
Le problème est complexe du fait que les verres sont fluoroindates ([12] [13]).
multicomposants : il est en effet difficile de trouver des précur- Plusieurs modèles, certains empiriques, ont été proposés pour
seurs volatils dans la même gamme de température et qui réa- rendre compte de l’évolution thermique complexe de la viscosité
gissent avec le gaz fluorant en dessous de 300 °C. observée dans la plupart des cas [14].
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Référence Internet
E6416
Compositions Microdureté Hv E α
Acronymes d
(en % molaire) (en MPa m1/2) (en GPa) (en GPa) (10–6 K–1)
ZBLAN 53ZrF4 20BaF2 20NaF 4LaF3 3AlF3 0,32 – 53,8 20,0 4,34
ZBLA 57ZrF4 34BaF2 5LaF3 4AlF3 0,31 2,5 56,0 17,3 4,60
ABCY 40AlF3 20BaF2 20CaF2 20YF3 0,38 (2) 3,6 (2) 63,8 (2) – –
6
SiO2 ZBLAN
– coefficient de dilatation thermique (α).
60
On peut constater que les paramètres mécaniques varient peu
d’un verre fluoré à l’autre, que le formateur de verre soit Zr, In/Ga,
ou Al. En revanche, ils sont tous moins favorables par rapport à la 40
silice, ce qui se traduit par des conditions de mise en forme et
d’usage des verres de fluorures plus délicates, d’autant plus que
ces verres présentent en général une certaine sensibilité à l’humi-
20
dité.
Néanmoins, moyennant des conditions de préparation adaptées
et contrôlées (§ 1.3), certains verres de fluorures peuvent être syn- 0
thétisés et mis en forme, conduisant à des produits technologiques 0 5 10
disponibles sur le marché, en particulier dans le domaine des Longueur d’onde (en µm)
fibres lasers et des sources de lumière infrarouge (§ 1.1).
Figure 2 – Domaines de transparence des verres de fluorures
et de la silice
2.2 Fenêtre de transmission des verres
massifs
Exemples
Une des propriétés essentielles des verres de fluorures est très
certainement leur transparence dans le domaine du moyen infra- • Pour un verre de fluorures tel que ZBLAN, l’absorption
rouge. Cette propriété est à l’origine de l’intérêt que de nombreux multiphonon est essentiellement le fait des vibrations Zr-F à 580 cm–1.
laboratoires à travers le monde ont porté à ces matériaux dès leur • Dans le cas de la silice, les vibrations Si-O, de plus haute
découverte en 1975. énergie (1 100 cm–1), sont responsables de la position de la limite IR
à environ 3 µm
Les courbes de transmission, représentées à la figure 2,
montrent que les verres de fluorures transmettent la lumière • Les verres de fluoroindate à base de BaF2, InF3 et
jusqu’à 6-8 µm dans l’infrarouge moyen, suivant la nature des GaF3, référencés BIG sur la figure 2, présentent, quant à eux, un
cations constituant le verre. décalage de plus de 1,5 µm par rapport à ZBLAN. Cela s’explique par
la présence de vibrateurs de plus faible énergie comme In-F à
On peut noter que cela représente un décalage vers les grandes ≈ 510 cm–1.
longueurs d’onde de près de 3 µm par rapport à la silice.
120
Sciences et technologies du verre
(Réf. Internet 42573)
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Détermination des épaisseurs des vitrages en façade et toiture, en pose traditionnelle N4405 135
Détermination des épaisseurs des vitrages : vitrages extérieurs collés (VEC) et attachés N4406 141
(VEA)
8– Applications - Santé
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122
Référence Internet
BE9080
7
4. Couches minces métalliques : modèle de Drude............................ — 7
4.1 Quelques notions de conduction électrique.............................................. — 7
4.2 Modèle de Drude ......................................................................................... — 7
5. Couches minces métalliques à base d'argent ................................. — 8
5.1 Couches métalliques transparentes........................................................... — 8
5.2 Méthodes de dépôt de couches minces métalliques ............................... — 9
5.3 Caractéristiques des traitements à l'argent à basse émissivité............... — 9
6. Couches minces à base d'oxydes transparents conducteurs ..... — 9
6.1 Oxydes transparents conducteurs ............................................................. — 10
6.2 Méthodes de dépôt des couches d'oxydes semi-conducteurs................ — 10
6.3 Caractéristiques des traitements à base de SnO2:F à basse émissivité.. — 11
7. Applications des vitrages à basse émissivité .................................. — 11
7.1 Double vitrage et isolation.......................................................................... — 11
7.2 Autres applications des couches transparentes conductrices................. — 12
Pour en savoir plus............................................................................................ Doc. BE 9 080
D ans les habitations et les bâtiments du secteur tertiaire, les parois vitrées ne
sont plus simplement destinées à assurer l'entrée de la lumière naturelle ;
outre la transparence lumineuse, elles présentent un certain nombre de pro-
priétés telles que l'isolation thermique ou acoustique, le contrôle solaire, un
caractère antireflet...
Une volonté de plus en plus franche se fait jour de limiter la consommation
Parution : novembre 1999
d'énergie, d'une part par souci d'économie, d'autre part afin de réduire les émis-
sions atmosphériques (dioxyde de carbone CO2 , oxydes d'azote NOx , dioxyde
de soufre SO2 ...), avec pour motivations la réduction de l'effet de serre et la pro-
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie énergétique BE 9 080 − 1
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Référence Internet
BE9080
7 N
R■
cm–3
Ω
densité de porteurs de charges
résistance par carré
les murs mais également au travers des parois vitrées. Pour cela,
l'analyse des modes de transfert de la chaleur permet de définir le
vitrage isolant le plus efficace.
T transmission
θ K température absolue
β K–1 coefficient de dilatation
1.1 Modes de transfert de la chaleur
du fluide à température
ambiante Les déperditions calorifiques au travers d'un vitrage s'effectuent
ε émissivité de façon classique comme la transmission de la chaleur : par con-
vection, conduction et rayonnement.
ϕ, ϕm W · m–3 flux énergétique
(par unité de longeur d’onde dλ)
λ, λm m longeur d’onde 1.1.1 Transfert par conduction
µ cm2 · V –1 · s–1 mobilité Au niveau macroscopique, ce transfert s'effectue sans transport
η kg · m–1 · s–1 viscosité du milieu de matière ; au niveau microscopique, il est fondé sur les transferts
d'énergie provenant des collisions des différents constituants du
ρ Ω · cm résistivité
milieu entre eux (collisions des électrons d'un métal, vibrations des
Λ W · m–1 · K–1 coefficient de conduction réseaux d'atomes, chocs de molécules...). Dans un milieu immobile
thermique (liquide, gaz ou solide), la chaleur se transmet d'une surface iso-
Φ W · m–2 flux énergétique total therme à une autre, de température inférieure, proportionnelle-
ment à l'écart de température, à l’élément de surface considéré, au
c 3 · 108 m · s–1 vitesse de la lumière temps et inversement proportionnellement à l'épaisseur mesurée.
e 1,60 · 10–19 C charge de l’électron Le transfert par conduction est régi par le coefficient de conduction
thermique Λ du milieu dans lequel il se produit.
h 6,63 · 10–34 J · s constante de Planck
k 1,38 · 10–23 J· K–1 constante de Boltzmann
ε0 8,85 · 10–12 F · m–1 permittivité du vide
1.1.2 Transfert par convection
σ 5,67 · 10–8 constante À la différence de la conduction, le transfert par convection
de Stefan-Boltzmann
W · m–2 · K–4 s'opère par transport de matière. Ainsi, la convection spontanée
dans un fluide est-elle provoquée par des variations de masse
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BE9080
volumique liées aux différences de température. Le transfert par c) Loi de Stefan-Boltzmann : si l’on note Φ le flux total surfacique
convection naturelle est régi par le coefficient de conduction ther- rayonné vers un demi espace extérieur par une surface de corps
mique Λ, le coefficient de dilatation du fluide à température noir, on a :
ambiante β, la viscosité du milieu η, la masse volumique mv et la
capacité thermique massique du fluide à pression constante Cp Φ =σθ4
dans lequel il se produit.
avec σ constante de Stefan-Boltzmann définie par :
5 4
1.1.3 Transfert par rayonnement 2π k
σ = ------------------
2 3
-
15 c h
Le transfert par rayonnement fait intervenir l'émission et la
réception d'ondes électromagnétiques qui se propagent sans et égale à :
transport de matière. σ = 5,7 · 108 W · m–2 · K–4
Considérons un corps quelconque, non fluorescent, soumis à un
À la température ordinaire (10 oC ou 283 K), un objet se rappro-
rayonnement électromagnétique de longueur d’onde λ . Le corps
chant d'un corps noir, par exemple une surface noire mate, émet
transmet une partie de ce rayonnement [coefficient de transmis-
un rayonnement situé dans l'infrarouge lointain (autour de 13 µm),
sion T (λ )], en réfléchit une partie [coefficient de réflexion R (λ )] et
ce qui explique qu'il apparaisse noir. Le rayonnement solaire cor-
en absorbe une partie (coefficient d'absorption A (λ )). On a alors :
respond à un spectre d'émission d'un corps noir à la température
T ( λ ) + R ( λ ) + A (λ ) = 1 de 6 500 K (température de rayonnement du soleil). Enfin, un corps
noir commence à émettre dans le domaine visible pour des tem-
Parmi les différents types de rayonnement, on retiendra particu- pératures θ ≈ 1 000 K (par exemple, les braises d'un feu ou un fer
lièrement le rayonnement du corps noir qui intervient largement chauffé au rouge).
dans les phénomènes de transfert thermique.
1.2.1 Corps noir À température égale, un corps quelconque non noir, c'est-à-dire
qui n'absorbe pas tout le rayonnement qu'il reçoit, rayonne moins
Le corps noir est un objet théorique modèle qui tire son nom du que le corps noir. Cette proposition découle de la loi de Kirchhoff.
fait qu'il absorbe complètement l'énergie rayonnante qu'il reçoit. Considérons un corps quelconque placé dans une enceinte portée
Pour toutes les longueurs d'onde λ, on a donc A (λ ) = 1. à la température d'équilibre θ ; pour chaque longueur d'onde λ, le
corps absorbe une partie A (λ ) du rayonnement E (λ ) qu'il reçoit et
Le corps noir peut être représenté schématiquement par une
émet un rayonnement propre E*(λ ). On peut alors démontrer la loi
enceinte vide constituée d'un corps isotherme dont la paroi est
de Kirchhoff qui s'énonce de la façon suivante :
imperméable à la chaleur et qui contient un petit orifice par lequel
s'échappe le rayonnement que l'on peut ainsi mesurer. Lorsque les
parois de l'enceinte sont portées à la température θ, il s'établit un
équilibre thermodynamique parfait entre celles-ci et l'intérieur de
E∗ ( λ )
--------------- = A ( λ )
E(λ)
7
l'enceinte. Cet équilibre se traduit par l'émission par ces parois soit :
d'un rayonnement électromagnétique purement thermique. En
E*(λ ) = A(λ ) × E(λ )
d'autres termes, l'énergie rayonnée par le corps doit être emprun-
tée totalement à sa chaleur propre et l'énergie de rayonnement Ainsi, le corps émet pour chaque longueur d'onde un rayonne-
absorbée se transforme intégralement en chaleur. Ce rayonnement ment égal au rayonnement émis par un corps noir porté à la même
d'équilibre thermique est appelé rayonnement de corps noir et a température multiplié par le facteur d'absorption A (λ ) du corps
pour caractéristiques d'être homogène, isotrope et non polarisé. considéré. Ce coefficient multiplicatif est appelé pouvoir émissif ou
Le rayonnement du corps noir, qui n'est fonction que de la tem- émissivité ; il est communément noté ε (λ ).
pérature, suit un certain nombre de lois :
Le rayonnement, dit ambiant, découle totalement du phénomène
a) Loi de rayonnement de Planck : sur l’intervalle de longueur de corps noir.
d’onde [λ, λ + dλ], le flux énergétique émis par le corps noir vers
l'hémisphère qui l'entoure est donné par :
2π hc
2 1.3 Rayonnement ambiant
ϕ ( λ , θ ) = ---------------------------------------------------------
5
-
λ [ exp ( hc ⁄ kθλ ) – 1 ]
Le rayonnement ambiant, auquel sont soumis les êtres, objets,
b) Loi de Wien : pour chaque température, il existe dans le habitations, et en particulier les parois vitrées, peut être décrit
rayonnement du corps noir une longueur d'onde pour laquelle le comme la somme de deux contributions :
flux rayonné est maximal. Cette longueur d'onde est inversement
proportionnelle à la température d'émission θ et est donnée par : — le rayonnement solaire qui correspond aux longueurs d'onde
comprises entre 280 et 2 500 nm et qui est séparé en trois
λm θ = b domaines : l'ultraviolet (280 à 380 nm), le visible (380 à 780 nm cor-
respondant à l'intervalle de sensibilité de l'œil humain) et l'infra-
avec b = 2,9 · 10–3 K · m. rouge solaire (780 à 2 500 nm). Il s'apparente au rayonnement de
Le flux énergétique rayonné ϕm(θ ) pour la longueur d'onde λm corps noir du soleil à la température de 6 500 K ;
est proportionnel à θ 5 : — le rayonnement thermique ambiant qui correspond au rayon-
ϕm(θ ) = Bθ 5 nement de corps noir des objets qui nous entourent, maintenus à
une température proche de 300 K. Il est situé à des longueurs
avec B = 1,3 · 10–5 W · m–3 · K–5. d'onde allant de 3 à 50 µm.
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7
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N4402
—
9
10
7
5.3 Pressions ambiantes extérieure et intérieure au vitrage isolant.............. — 12
5.4 Pression interne dans les espaces de gaz
(vitrage avec ou sans store) ........................................................................ — 13
5.5 Paramètres influant sur les contraintes et les déformations.................... — 13
6. Effets mécaniques sur les verres et les joints ................................. — 14
6.1 Flèches au centre des verres....................................................................... — 14
6.2 Contraintes au centre des verres ................................................................ — 15
6.3 Réactions en traction sur les joints des intercalaires ................................ — 15
7. Critères d’acceptabilité .......................................................................... — 15
7.1 Casse des verres par contraintes thermiques ........................................... — 15
7.2 Température des joints collés ..................................................................... — 15
7.3 Contraintes admissibles .............................................................................. — 15
7.4 Réactions admissibles ................................................................................. — 16
8. Conclusion.................................................................................................. — 16
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. N 4 402
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N4402
2. Vitrages isolants
Figure 1 – Double vitrage
à intercalaires collés
La principale fonction des vitrages isolants est, comme nous
l’avons indiqué, d’apporter une meilleure isolation thermique que
celle des vitrages simples. Ils sont constitués de plusieurs
composants verriers séparés par une barrière d’étanchéité
(figures 1 et 2).
L’espace de gaz (air ou gaz rare) ainsi formé constitue un sys-
tème clos.
Un vitrage isolant doit rester transparent. Cela implique
qu’aucun dépôt de poussière ou de buée ne se forme sur les faces
intérieures des lames de gaz. Cela nécessite que la liaison périphé-
rique entre les composants verriers soit étanche à la vapeur d’eau
et éventuellement aux gaz autres que l’air.
Les vitrages isolants à intercalaires collés « double barrière »,
font l’objet de la plus grande production mondiale (figure 3). Figure 2 – Triple vitrage
128
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N4402
Étanchéité
Scellement
3. Sollicitations naturelles
Le ou les espaces de gaz déshydraté, ainsi formé, sont sensibles
aux variations de pressions atmosphériques, de température et
éventuellement au poids propre et à la neige pour les vitrages
inclinés.
129
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N4402
Quand un vitrage est incliné, il est soumis à l’action du vent, de Le flux solaire, exprimé en W/m2, dépend de la latitude, de l’alti-
la neige et du poids propre de chaque constituant (figure 6). tude, de l’orientation de la façade, de l’inclinaison, de l’heure de la
Pour simplifier, on considère que ces actions sont des charges journée, de l’environnement (réflexion du sol, de la mer, de la
uniformément réparties. neige...).
En cas d’accumulation de neige, on considère qu’un vitrage est Quand nous n’avons pas les informations nécessaires quant à la
incliné quand l’angle qu’il fait avec l’horizontale est inférieur à 60o. localisation et à l’orientation du bâtiment, nous retenons les
Dans ce cas, généralement, le joint du vitrage isolant est mis en valeurs conventionnelles présentées dans le tableau 2 (pour la
compression et n’entraîne pas de réactions dangereuses. France).
En première approximation, nous considérerons que la pression
du vent est donnée par la relation suivante :
7 P=
v2
16 4. Caractéristiques
avec v (m/s) vitesse du vent. des vitrages isolants
Le vitrage est soumis aux actions décrites dans le tableau 1.
4.1 Épaisseurs des composants verriers
3.3 Ensoleillement ■ Composants monolithiques recuits ou trempés
Quand le vitrage est soumis à l’ensoleillement, il y a absorption Pour le calcul des déformations et des contraintes, l’épaisseur
énergétique du rayonnement solaire par les constituants verriers. Il des composants monolithiques à prendre en compte est égale à
en résulte des élévations de température dans ceux-ci et dans les l’épaisseur commerciale, publiée par les manufactures.
lames de gaz. Ces dernières se dilatent et créent des déformations
et des contraintes dans les verres ainsi que des réactions dans les Les épaisseurs normalisées des glaces usuelles pouvant être
joints (figure 7). assemblées en vitrage isolant sont : 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 15, 19 mm.
Pe = Ppose ± Pvent Pe = Ppose ± Pvent (ou + Pneige cos θ ) + (Ppropre V1 + Ppropre V2 + Ppropre V3 ) cos θ
V1, V2 , V3 = verre 1, 2, 3
Ppropre V1 = 25 × e1, Ppropre V2 = 25 × e2 , Ppropre V3 = 25 × e3 (Pa)
e1 , e2 et e3 exprimés en mm
θ = angle que fait le vitrage avec l’horizontale
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N4408
7
5.1 Déperditions thermiques et apports solaires .......................................... — 9
5.2 Bilan énergétique....................................................................................... — 10
6. Effet de serre........................................................................................... — 11
6.1 Principe de l’effet de serre ........................................................................ — 11
6.2 Température ambiante.............................................................................. — 11
7. Confort thermique et visuel................................................................ — 12
7.1 Échanges de chaleur ................................................................................. — 12
7.2 Effet de paroi froide................................................................................... — 12
7.3 Condensation ............................................................................................. — 13
8. Contrôle de l’énergie ............................................................................ — 14
8.1 Vitrages de protection solaire................................................................... — 14
8.2 Occultation fixe .......................................................................................... — 14
8.3 Occultation mobile .................................................................................... — 15
8.4 Écrans incorporés dans le vitrage isolant................................................ — 15
8.5 Risque de casse thermique....................................................................... — 15
9. Conclusion ............................................................................................... — 15
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. N 4 408
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N4408
Les vitrages actuels, quand ils sont à isolation thermique renforcée, présentent
une bonne transmission lumineuse combinée à des performances thermiques
élevées. Les pertes énergétiques sont réduites en hiver, et le confort thermique
est augmenté. De plus, la température de surface du verre est plus élevée, ce qui
réduit la sensation de « paroi froide » et diminue les risques de condensation.
Par contre, il est souvent nécessaire de limiter l’entrée de l’énergie solaire
qui risque d’augmenter « l’effet de serre », notamment pour les orientations
Est, Sud et Ouest.
L’inconfort thermique en saison chaude des locaux, climatisés ou non, doit
être traité à l’aide de vitrages à faible facteur solaire et éventuellement à l’aide
de protections complémentaires tels les stores ou les brise-soleil.
Une bonne protection solaire, combinée à une ventilation appropriée, permet
dans de nombreux cas de se passer de climatisation.
Après avoir montré dans cet article comment se caractérisent les vitrages par
rapport à la lumière et à l’énergie solaire, on indiquera comment il est possible
d’agir sur ces deux caractéristiques par le biais de la coloration des verres ou
par le dépôt de couches réfléchissantes, ou encore en associant aux vitrages
des occultations. On verra comment agissent ces dispositions sur le confort
thermique et visuel et comment elles permettent de maîtriser l’énergie.
Un tableau des symboles est présenté en fin l’article.
1. Vitrages isolants
et rayonnement solaire
Le rayonnement solaire auquel sont soumis les vitrages est
7
composé de rayons ultraviolets, de rayons visibles et de rayons
Flux incident
infrarouges proches. Les composantes de ce rayonnement sont
données dans la figure 1 en fonction des longueurs d’onde.
Ce rayonnement est, en partie, réfléchi, transmis et absorbé par
le verre, tel que présenté dans la figure 2.
Flux réfléchi
Les facteurs de transmission, réflexion et d’absorption, par longueur
d’onde, sont les rapports de ces différents flux au flux incident.
Dans le cas des vitrages isolants, nous devons tenir compte des Flux transmis
réflexions multiples dans le sens du rayonnement, et inversement. Flux absorbé
Dans la pratique, nous ne retenons que les premières réflexions,
extérieure et intérieure, de chaque constituant (figure 3).
Les valeurs de ces facteurs spectrophotométriques sont calcu- Figure 2 – Verre et rayonnement solaire
lées conformément à la norme NF EN 410 d’avril 2011 « Verre dans
la construction – Détermination des caractéristiques lumineuses et
solaires des vitrages » [1].
UV
µm
0,38 0,78 2,5
132
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N4408
780 nm 780 nm
∑ D λ τ (λ) V (λ) ∆λ ∑ Dλ ρ (λ ) V (λ ) ∆λ
380 nm 380 nm
τv = 780 nm
ρv = 780 nm
∑ D λ V (λ) ∆λ ∑ Dλ V (λ ) ∆λ
380 nm 380 nm
avec τv = τ ℓ transmission lumineuse du vitrage, avec Dλ répartition spectrale relative de l’illuminant D65
ρv = ρ ℓ réflexion lumineuse du vitrage, (cf. norme NF EN 410),
∆λ intervalle de longueur d’onde, V (λ) efficacité lumineuse pour la vision photopique
(cf. norme NF EN 410).
τ (λ) facteur de transmission spectrale,
ρ (λ) facteur de réflexion spectrale,
2 500 nm 2 500 nm
∑ S λ τ (λ ) ∆λ ∑ Sλ ρ (λ ) ∆λ
300 nm 300 nm
τe = 2 500 nm
ρe = 2 500 nm
∑ S λ ∆λ ∑ S λ ∆λ
300 nm 300 nm
avec τe transmission énergétique du vitrage, avec Sλ répartition spectrale relative du rayonnement solaire
ρe réflexion énergétique extérieure du vitrage, (cf. norme NF EN 410 ),
τ (λ) facteur de transmission spectrale, ∆λ intervalle de longueur d’onde.
ρ (λ) facteur de réflexion spectrale,
τ 1(λ) τ 2 (λ) τ 3 (λ) τ 12 (λ) ρ2 (λ)[1 − ρ2′ (λ) ρ3 (λ)] + τ 12 (λ)τ 22 (λ) ρ3 (λ)
τ (λ) = ρ (λ) = ρ1(λ) +
[1 − ρ1′ (λ) ρ2 (λ)] [1 − ρ2′ (λ) ρ3 (λ)][1 − τ 22 (λ) ρ1′ (λ)ρ3 (λ)] [1 − ρ1′ (λ) ρ2 (λ)] [1 − ρ2′ (λ) ρ3 (λ)][1 − τ 22 (λ) ρ1′ (λ)ρ3 (λ)]
avec τ (λ) facteur de transmission spectrale du triple vitrage, avec ρ1′ (λ ) facteur de réflexion spectrale du verre extérieur mesuré
τ1 (λ) facteur de transmission spectrale du verre extérieur, dans la direction opposée au rayonnement incident,
τ2 (λ) facteur de transmission spectrale du verre central, ρ2 (λ) facteur de réflexion spectrale du verre central mesuré
dans la direction du rayonnement incident,
τ3 (λ) facteur de transmission spectrale du verre intérieur,
ρ 2′ (λ ) facteur de réflexion spectrale du verre central mesuré
ρ1 (λ) facteur de réflexion spectrale du triple vitrage mesuré dans la direction opposée au rayonnement incident,
dans la direction du rayonnement incident,
ρ3 (λ) facteur de réflexion spectrale du verre intérieur mesuré
dans la direction du rayonnement incident.
133
Référence Internet
N4408
Encadré 1 – Exemple de nomenclature avec αe1 absorption directe de l’énergie solaire du verre
extérieur dans le double vitrage,
■ Double vitrage 4 – 16 – 6 clair αe2 absorption directe de l’énergie solaire du verre
Un verre clair de 4 mm, un espace de gaz de 16 mm, un intérieur dans le double vitrage,
verre clair de 6 mm.
α 1′ absorption énergétique du verre extérieur seul dans
■ Triple vitrage 4 – 12 – 4 – 12 – 4 verres clairs, gaz argon, le sens opposé du rayonnement,
couche faiblement émissive en face 2. α1 absorption énergétique du verre intérieur seul dans
Trois verres clairs de 4 mm, deux espaces d’argon de le sens direct du rayonnement.
7
12 mm, une couche faiblement émissive en face 2. τ1 (λ), ρ1′ , ρ2 , Sλ , ∆λ sont tels que définis au § 1.2.
2 500 α ′ (λ)τ 1(λ) ρ2 (λ)[1 − ρ2′ (λ) ρ3 (λ)] + α1′ (λ)τ 1(λ)τ 22 (λ)ρ3 (λ)
∑ Sλ α1(λ) + 1
[1 − ρ1′ (λ) ρ2 (λ)][1 − ρ2′ (λ) ρ3 (λ)] − τ 22 (λ)[ρ1′ (λ) ρ3 (λ)]
∆λ
Verre extérieur α e1 = λ =300 2 500
∑ Sλ ∆λ
λ = 300
2 500 α (λ)τ 1(λ)[1 − ρ2′ (λ) ρ3 (λ)] + α 2′ (λ)τ 1(λ)τ 2 (λ) ρ3 (λ)
∑ Sλ 2 ∆λ
[1 − ρ1′ (λ) ρ2 (λ)][1 − ρ2′ (λ) ρ3 (λ)] − τ 22 (λ)[(ρ1′ (λ) ρ3 (λ)]
Verre central α e2 = λ =300 2 500
∑ Sλ ∆λ
λ = 300
avec αe1 absorption directe de l’énergie solaire du verre extérieur dans le double vitrage,
αe2 absorption directe de l’énergie solaire du verre central dans le double vitrage,
αe3 absorption directe de l’énergie solaire du verre intérieur dans le double vitrage.
134
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N4405
et article expose les règles de calcul qui s’appliquent aux vitrages mis en
C œuvre dans les ouvrages de bâtiment de manière à déterminer leur
épaisseur.
Ces règles définissent, d’une part, les charges qui sont à prendre en compte et,
d’autre part, les critères qui sont à respecter selon la technique de leur mise en
œuvre.
Comme, d’une part, les performances mécaniques des vitrages dépendent de
la nature de leurs composants de base et de la manière dont ces composants
Parution : novembre 2012
sont associés dans le vitrage final et, d’autre part, que la charge provenant du
poids propre du vitrage ne peut être connue au moment du calcul puisque le
calcul a pour but, justement, de définir l’épaisseur de chacun des verres le
constituant, le principe des calculs est alors de déterminer l’épaisseur minimale
135
Référence Internet
N4405
DÉTERMINATION DES ÉPAISSEURS DES VITRAGES EN FAÇADE ET TOITURE, EN POSE TRADITIONNELLE _____________________________________________
nécessaire et suffisante d’un verre monolithique recuit qui répond aux charges
qui lui sont appliquées, puis de vérifier que la composition que l’on s’est donnée,
a priori, répond à l’épaisseur minimale obtenue par calcul et au critère de flèche
qui s’applique pour l’ouvrage dans lequel le vitrage est installé.
On abordera donc, dans cet article, les vitrages lorsqu’ils sont installés dans
des châssis avec parcloses et qui satisfont aux exigences du DTU no 39 [1] ou
encore lorsqu’ils constituent un ensemble en verre trempé, puis, dans un
second article, les vitrages lorsqu’ils sont mis en œuvre par collage sur un
support (VEC – vitrage extérieur collé), ou fixés par point sur une structure
(VEA – vitrage extérieur attaché).
On s’attachera, dans un premier temps, à préciser les charges qui s’exercent
sur les vitrages selon leur type de mise en œuvre, puis on donnera les for-
mules de calcul qui permettent de définir leur épaisseur.
Des exemples de calcul sont donnés afin d’illustrer le cheminement à suivre
pour parvenir à la composition correcte d’un vitrage.
7
et de réduire les risques de blessures par eF
de sécurité en mm
coupure ou pénétration. Ce verre est
conforme à la NF EN ISO 12543-2 Épaisseur équivalente pour le calcul
et NF EN 14449, et classé vis-à-vis eR
de la vérification de la résistance, en mm
des chocs mécaniques suivant
la NF EN 12600 Somme des épaisseurs nominales de tous les
ep composants verriers, pour le calcul de poids propre,
en mm
es Épaisseur d’un stabilisateur en verre, en mm
Tableau des symboles
ei , ej , e k , Épaisseur nominale des verres i, j, k, ℓ
A altitude, en m
eℓ respectivement, en mm
P Pression de calcul, en Pa
Pvent Pression de vent, en Pa H Hauteur du bâtiment, en m
Pp Charge due au poids propre, en Pa Rayon de la zone permettant de définir, en fonction
R de la hauteur d’un bâtiment, la catégorie de terrain
Composante du poids propre du vitrage, parallèle
Ppar à considérer du point de vue de l’action du vent
à son plan, en Pa
Composante du poids propre du vitrage, L Grand côté du vitrage, en m
Pper
perpendiculaire à son plan, en Pa ℓ Petit côté du vitrage, en m
Pneige Pression de neige, en Pa Dimensions des différents côtés d’un vitrage
a, b, c, d
PAV Charge due à une avalanche, en Pa rectangulaire ou non, en mm
Sk Charge de neige au sol, en Pa Dimension équivalente d’un côté de vitrage non
x
SAd Charge de neige exceptionnelle, en Pa rectangulaire, en mm
Ce Coefficient d’exposition au vent du site Surface réelle calculée au moyen des dimensions L
S
Ct Coefficient thermique de la toiture et ℓ exprimées avec deux décimales, en m2
136
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N4405
_____________________________________________ DÉTERMINATION DES ÉPAISSEURS DES VITRAGES EN FAÇADE ET TOITURE, EN POSE TRADITIONNELLE
1. Détermination
de la charge P résultante
s’appliquant sur le vitrage
Les efforts qui s’exercent sur les vitrages de bâtiment résultent
de quatre actions différentes :
– l’action du poids propre du vitrage ;
– l’action du vent ;
– l’action de la neige en toiture ;
– l’action de charges exceptionnelles, qui dépendent de risques
particuliers (cyclones, avalanches, séismes).
Chacune de ces actions ne s’exerce pas nécessairement en
même temps que les autres et ne s’additionnent pas purement et
simplement. Elles sont alors pondérées pour refléter au mieux la
réalité des phénomènes climatiques et physiques. C’est la plus
forte charge ainsi déterminée qui est retenue pour la détermi-
nation de l’épaisseur du vitrage.
La pression du vent Pvent qui s’exerce perpendiculairement au Cette pression de vent est fonction de la région où se situe
plan du vitrage est définie à partir d’une simplification de la l’ouvrage. Elle est aussi fonction de la hauteur du bâtiment et de la
NF EN 1991-1-4 et son annexe nationale [2] et [3], pour chacune catégorie de terrain de son environnement immédiat.
des quatre régions climatiques qui sont définies et illustrées en
figure 2 pour la France métropolitaine.
1.2.2 Hauteur du bâtiment
Nota : pour les Dom-Tom, chaque territoire constitue une région en propre.
• H ⭐9 m;
Vitrage
• 9 < H ⭐ 18 m ;
• 18 < H ⭐ 28 m ;
Pper = Pp cos β
Ppar = Pp sin β
• 28 < H ⭐ 50 m ;
Pp • 50 < H ⭐ 100 m .
β
La pression de vent à considérer dans le cas des bâtiments de
plus de 100 m de hauteur doit être précisée dans le document
Figure 1 – Décomposition du poids propre d’un vitrage particulier du marché.
137
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N4405
DÉTERMINATION DES ÉPAISSEURS DES VITRAGES EN FAÇADE ET TOITURE, EN POSE TRADITIONNELLE _____________________________________________
Guyane
Ain*), Aisne, Allier, Alpes-de-Haute-Provence*), Hautes-Alpes*), Alpes-Maritimes*), Ardèche, Ardennes, Ariège, Aube,
Aude*), Aveyron, Calvados, Cantal*), Charente, Charente-Maritime*), Cher, Côte-d’Or*), Doubs*), Drôme, Eure, Eure-et-Loir,
Gard*), Haute-Garonne*), Gironde*), Ille-et-Vilaine, Indre, Indre-et-Loire, Isère*), Landes*), Loir-et-Cher, Loire, Haute-Loire,
Loire-Atlantique*), Loiret, Lozère, Maine-et-Loire, Manche, Marne, Haute-Marne, Mayenne, Meurthe-et-Moselle, Meuse,
2 Moselle, Nièvre, Nord*), Oise, Orne, Pas-de-Calais*), Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Rhône,
Haute-Saône*), Saône-et-Loire, Sarthe, Seine-Maritime*), Deux-Sèvres, Somme*), Tarn*), Tarn-et-Garonne, Var, Vaucluse,
Vosges, Yonne, Belfort (Territoire)
Région Ile-de-France, ville de Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne,
Val-d’Oise
*) Pour une partie du département. Voir le découpage par cantons dans le tableau 2.
Tableau 2 – Départements appartenant à plusieurs régions de vent : découpage selon les cantons
(Extrait de NF EN 1991-1-4/NA)
Département Régions Cantons
Alaigne, Alzonne, Belpech, Carcassonne (tous cantons), Castelnaudary (tous cantons), Chalabre,
2
11 Aude Conques-sur-Orbiel, Fanjeaux, Limoux, Mas-Cabardès, Montréal, Saissac, Salles-sur-l’Hers
Archiac, Aulnay, Burie, Cozes, Gémozac, Jonzac, Loulay, Matha, Mirambeau, Pons, Saintes (tous
17 Charente-Maritime 2 cantons), Saint-Genis-de-Saintonge, Saint-Hilaire-de-Villefranche, Saint-Jean-d’Angély, Saint-Por-
chaire, Saint-Savinien, Saujon, Tonnay-Boutonne
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Référence Internet
N4405
_____________________________________________ DÉTERMINATION DES ÉPAISSEURS DES VITRAGES EN FAÇADE ET TOITURE, EN POSE TRADITIONNELLE
Tableau 2 – Départements appartenant à plusieurs régions de vent : découpage selon les cantons
(Extrait de NF EN 1991-1-4/NA) (suite)
Département Régions Cantons
4 Bonifacio, Figari, Levie, Porto-Vecchio, Serra-di-Scopamène
2A Corse-du-Sud
3 Tous les autres cantons
3 Belgodère, Calenzana, Calvi, Île-Rousse (l’)
2B Haute-Corse
4 Tous les autres cantons
Auxonne, Chenôve, Dijon (tous cantons), Fontaine-Française, Fontaine-les-Dijon, Genlis, Gran-
1 cey-le-Château-Neuvelle, Is-sur-Tille, Mirebeau-sur-Bèze, Pontailler-sur-Saône,
21 Côte-d’Or Saint-Jean-de-Losne, Saint-Seine-l’Abbaye, Selongey
2 Tous les autres cantons
Audincourt, Clerval, Etupes, Hérimoncourt, Isle-sur-le-Doubs (l’), Maîche, Montbéliard (tous can-
2
25 Doubs tons), Pont-de-Roide, Saint-Hippolyte, Sochaux, Valentigney
1 Tous les autres cantons
Aigues-Mortes, Aimargues, Aramon, Beaucaire, Bouillargues, Saint-Gilles, Marguerittes, Nîmes
3
30 Gard (tous cantons), Quissac, Saint-Mamert-du-Gard, Sommières, Vauvert
2 Tous les autres cantons
2 Auterive, Caraman, Cintegabelle, Lanta, Montgiscard, Nailloux, Revel, Villefranche-de-Lauragais
31 Haute-Garonne
1 Tous les autres cantons
2 Castelnau-de-Médoc, Lesparre-Médoc, Pauillac, Saint-Laurent-Médoc, Saint-Vivien-de-Médoc
33 Gironde
1 Tous les autres cantons
2 Beaurepaire, Heyrieux, Saint-Jean-de-Bournay
38 Isère
1 Tous les autres cantons
Amou, Castets, Dax (tous cantons), Montfort-en-Chalosse, Mugron, Peyrehorade, Pouillon,
2
40 Landes Saint-Martin-de-Seignanx, Saint-Vincent-de-Tyrosse, Soustons, Tartas (tous cantons)
1 Tous les autres cantons
Ancenis, Blain, Châteaubriant, Derval, Guémené-Penfao, Ligné, Moisdon-la-Rivière,
7
2 Nort-sur-Erdre, Nozay, Riaillé, Rougé, Saint-Julien-de-Vouvantes, Saint-Mars-la-Jaille, Saint-Nico-
44 Loire-Atlantique las-de-Redon, Varades
3 Tous les autres cantons
Anzin, Arleux, Avesnes-sur-Helpe (tous cantons), Bavay, Berlaimont, Bouchain, Cambrai (tous
cantons), Carnières, Cateau-Cambrésis (le), Clary, Condé-sur-l’Escaut, Denain, Douai (tous can-
2 tons), Hautmont, Landrecies, Marchiennes, Marcoing, Maubeuge (tous cantons), Orchies, Ques-
59 Nord noy (le) (tous cantons), Saint-Amand-les-Eaux (tous cantons), Solre-le-Château, Solesmes, Trélon,
Valenciennes (tous cantons)
3 Tous les autres cantons
2 Bapaume, Bertincourt, Croisilles, Marquion, Vitry-en-Artois
62 Pas-de-Calais
3 Tous les autres cantons
Autrey-lès-Gray, Champlitte, Dampierre-sur-Salon, Fresne-Saint-Mamès, Gray, Gy, Marnay, Mont-
1
70 Haute-Saône bozon, Pesmes, Rioz, Scey-sur-Saône-Et-Saint-Albin
2 Tous les autres cantons
Bacqueville-en-Caux, Blangy-sur-Bresle, Cany-Barville, Dieppe (tous cantons), Envermeu, Eu, Fon-
3
76 Seine-Maritime taine-le-Dun, Offranville, Saint-Valéry-en-Caux
2 Tous les autres cantons
Ailly-sur-Noye, Albert, Bray-sur-Somme, Chaulnes, Combles, Ham, Montdidier, Moreuil, Nesle,
2
80 Somme Péronne, Roisel, Rosières-en-Santerre, Roye
3 Tous les autres cantons
Cadalen, Castelnau-de-Montmiral, Cordes-sur-Ciel, Gaillac, Graulhet, Lavaur, Lisle-sur-Tarn,
81 Tarn 1
Rabastens, Saint-Paul-Cap-de-Joux, Salvagnac, Vaour
139
7
140
Référence Internet
N4406
et article expose les règles de calcul qui s’appliquent aux vitrages mis en
C œuvre dans les ouvrages de bâtiment de manière à déterminer leur
épaisseur.
Ces règles définissent, d’une part, les charges qui sont à prendre en compte
et, d’autre part, les critères qui sont à respecter selon la technique de leur mise
en œuvre.
Comme, d’une part, les performances mécaniques des vitrages dépendent de
la nature de leurs composants de base et de la manière dont ces composants
sont associés dans le vitrage final et, d’autre part, que la charge provenant du
poids propre du vitrage ne peut être connue au moment du calcul puisque le
calcul a pour but, justement, de définir l’épaisseur de chacun des verres le
constituant, le principe des calculs est alors de déterminer l’épaisseur minimale
nécessaire et suffisante d’un verre monolithique recuit qui répond aux charges
qui lui sont appliquées, puis de vérifier que la composition que l’on s’est donnée,
a priori, répond à l’épaisseur minimale obtenue par calcul et au critère de flèche
qui s’applique pour l’ouvrage dans lequel le vitrage est installé.
L’article [N 4 405] aborde les vitrages lorsqu’ils sont installés dans des châssis
avec parcloses et qui satisfont aux exigences du DTU no 39 ou encore lorsqu’ils
constituent un ensemble en verre trempé. Le présent article traite des vitrages
lorsqu’ils sont mis en œuvre par collage sur un support (VEC – vitrage extérieur
Parution : août 2013
collé), ou fixés par point sur une structure (VEA – vitrage extérieur attaché).
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Référence Internet
N4406
DÉTERMINATION DES ÉPAISSEURS DES VITRAGES : VITRAGES EXTÉRIEURS COLLÉS (VEC) ET ATTACHÉS (VEA) _______________________________________
7
Espaceur
■ Conventions
Repérage des composants verriers.
Chaque face d’une feuille de verre monolithique utilisée
seule ou associée à une ou plusieurs autres feuilles de verre Vitrage
monolithique est repérée par un numéro allant en ordre crois- Mastic de collage
sant depuis l’extérieur du bâtiment vers l’intérieur, à partir de
1 (figure 3).
142
Référence Internet
N4406
________________________________________ DÉTERMINATION DES ÉPAISSEURS DES VITRAGES : VITRAGES EXTÉRIEURS COLLÉS (VEC) ET ATTACHÉS (VEA)
Charge de vent : W Action du vent caractéristique avec une période de retour de 50 ans selon l’Eurocode NF EN 1991-1-4
et NF EN 1991-1-1/NA [3] [4]
Nota 1 : dans le cas d’essais en soufflerie à couche limite turbulente, les valeurs caractéristiques de charges de vent découlent des résultats de l’essai.
Nota 2 : pour les parties inclinées, W est considéré dans le sens des efforts descendants (allant de l’extérieur du bâtiment vers l’intérieur) et des efforts
ascendants (allant de l’intérieur du bâtiment vers l’extérieur).
Vitrage
La charge perpendiculaire qs à l’ELS et qu à l’ELU à prendre en
compte dans les calculs est celle qui résulte du cas le plus défavo-
rable des combinaisons d’actions ci-après du tableau 2, dont
7
l’intensité dépend, en partie, de l’angle d’inclinaison sur l’horizon-
tale θ des vitrages.
143
Référence Internet
N4406
DÉTERMINATION DES ÉPAISSEURS DES VITRAGES : VITRAGES EXTÉRIEURS COLLÉS (VEC) ET ATTACHÉS (VEA) _______________________________________
Tableau 2 – Combinaison d’actions à l’ELS et à l’ELU pour les remplissages, cadres vitrés
et les ossatures secondaires
ELU
Combinaisons d’actions ELS
VEC VEA
Poids propre + neige (2) + vent G + 0,9 (S + W) 1,35 (G + S + W) 1,35 G + 1,5 S + 0,9 W
Tableau 3 – Combinaison d’actions à l’ELS et à l’ELU pour les remplissages, cadres vitrés
et les ossatures secondaires
ELU
Combinaisons d’actions ELS
VEC VEA
7
(1) Neige normale Sk ou accidentelle Sa.
Tableau 4 – Combinaison des actions perpendiculaires et parallèles au plan des vitrages à l’ELS
Inclinaison par rapport Charge
Actions
à l’horizontale (Pa)
144
Référence Internet
N4406
________________________________________ DÉTERMINATION DES ÉPAISSEURS DES VITRAGES : VITRAGES EXTÉRIEURS COLLÉS (VEC) ET ATTACHÉS (VEA)
Tableau 5 – Combinaison des actions perpendiculaires et parallèles au plan des vitrages à l’ELU
Inclinaison par rapport Charge
Actions
à l’horizontale (Pa)
Actions perpendiculaires au plan des vitrages
0o à 60o qu = 1,35 G cos θ + 1,5 Sk cos2 θ
Poids propre + neige
qu = 1,35 G cos θ + Sa cos2 θ
Poids propre – action descendante qu = 1,35 G cos θ + 1,5 W
+
vent – action ascendante qu = G cos θ – 1,5 W
7
en compte)
• La déformation au centre du vitrage ne doit pas dépasser le 1/60 de • Les contraintes en partie courante des vitrages ne doivent pas
la plus petite dimension ou 30 mm. dépasser les valeurs indiquées au tableau 7
Recuit 9 12 20 30
Trempe 60 60 70 80
Trempe imprimée 40 40 50 60
Trempe émaillée 30 30 40 50
Durci 25 30 35 45
Durci imprimé 15 20 25 35
Durci émaillé 9 12 20 30
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Sciences et technologies du verre
(Réf. Internet 42573)
1– Verre - Généralités
3– Applications - Emballage
4– Applications - Composites
5– Applications - Énergie
7– Applications - Constructions
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8
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Référence Internet
N4955
Verres bioactifs
8
4. Conclusion .............................................................................................. — 16
Pour en savoir plus ......................................................................................... Doc. N 4 955
149
Référence Internet
N4955
Nous évoquerons dans le détail les facteurs déterminant la bioactivité dans les
verres, qui est liée autant à leurs structure et morphologie qu’à leur composition.
Ces paramètres étant aisément ajustables par procédé de fusion et plus encore
par le procédé sol-gel, il en résulte que la bioactivité dans les verres peut être
contrôlée finement et adaptée à une grande variété d’applications. Malgré tout,
et en dépit de quelques succès cliniques et commerciaux importants, les verres
bioactifs ne restent que modérément utilisés par les praticiens, principalement
pour des raisons de mises en forme qui seront abordées dans cet article.
Il n’en demeure pas moins vrai que le futur de la régénération osseuse est en
partie lié à l’essor des verres bioactifs, que ce soit sous forme de supports pour
la reconstruction de greffons tissulaires in vitro, ou comme constituants de nou-
veaux matériaux composites et hybrides mimant de mieux en mieux l’os.
Dans le premier paragraphe de cet article, nous définirons la notion de bioac-
tivité (§ 1.1) et préciserons les mécanismes mis en jeu dans le cas des
bioverres (§ 1.2). Le deuxième paragraphe présentera les différents procédés
d’élaboration possibles pour ces matériaux (§ 2.1 et § 2.2) et les méthodes
pour obtenir une structuration à l’échelle nanométrique (§ 2.3). Seront ensuite
présentés les domaines de recherche les plus récents concernant la prépara-
tion de supports macroporeux (§ 2.4) et de matériaux composites et hybrides à
base de bioverres (§ 2.5), puis l’élaboration de verres dopés et l’influence des
produits de dissolution seront évoquées (§ 2.6). Enfin, dans le troisième para-
graphe, les diverses applications des bioverres seront présentées.
8
réponse biologique spécifique à l’interface. Plus précisément, un nier test répond à la norme ISO 23317, dans lequel le matériau est
matériau bioactif est défini par rapport aux conséquences finales immergé dans du SBF (Simulated Body Fluid ), un milieu physiologi-
qui résultent du processus de bioactivité [2] [3] : que de composition ionique similaire à celle du plasma sanguin
humain [6]. Malgré quelques controverses [7] sur le degré de
confiance à accorder à ces tests in vitro, leur bon accord général avec
La bioactivité correspond à la propriété particulière que possède les tests in vivo en font des outils privilégiés pour la compréhension
un matériau d’engendrer, par une succession de réactions de sur- du mécanisme de minéralisation et pour une présélection des maté-
face, une liaison intime à l’interface avec les tissus hôtes. riaux, avant de les soumettre à des essais in vivo.
De manière quantitative, la bioactivité d’un matériau peut être
Les matériaux bioactifs tentent de recréer une interface naturelle évaluée in vivo au moyen d’un indice IB lié à t1/2 le temps
et « leurrent » l’organisme [4]. Il en résulte la création d’une nécessaire pour que la moitié de sa surface soit liée aux tissus :
attache à l’interface implant/tissus hôtes appelée « fixation
bioactive ». Cet ancrage diffère d’une simple fixation biologique ou 100
IB = (1)
morphologique par sa résistance plus importante, mais aussi par t1/ 2
son mode de formation : ici la réactivité du matériau, autant que le
comportement du milieu biologique, sont à l’origine de la fixation Indépendamment du caractère bioactif, d’autres propriétés
bioactive. Par réactivité du matériau bioactif, on entend sa trans- importantes pour un substitut osseux sont l’ostéoconduction et
formation partielle ou totale suite à un ensemble de réactions l’ostéo-induction :
physico-chimiques donnant naissance à une interface stable avec – l’ostéoconduction est la propriété passive d’un matériau à
les tissus environnants [5]. recevoir la repousse osseuse, par invasion vasculaire et cellulaire.
Dans le cas des substituts osseux, le phénomène de bioactivité Le lien entre biomatériau et tissus receveurs est alors garanti par
se traduit alors par la formation, en surface de l’implant, d’une la croissance des tissus au sein de l’implant, soit que celui-ci est
couche de phosphate de calcium de composition analogue à la poreux, soit qu’il existe du vide interparticulaire ;
phase minérale de l’os, à savoir une hydroxyapatite carbonatée – l’ostéo-induction correspond à la capacité d’induire une différencia-
(HAC) (Ca10(PO4)6(CO3)x(OH)2–2x) mal cristallisée. La liaison avec tion cellulaire en vue de synthétiser une matrice osseuse minéralisée.
les tissus osseux environnants est ensuite assurée par l’adsorption Ces propriétés supplémentaires ont conduit à définir deux
de protéines, l’incorporation de fibrilles de collagène, l’adhésion classes de bioactivité [8]. La bioactivité de classe A concerne ainsi
des cellules et leur prolifération, et enfin la minéralisation de les matériaux bioactifs présentant à la fois des propriétés
150
Référence Internet
N4955
8
tendaient, par exemple, à montrer que la matrice vitreuse devait tissus osseux. L’hypothèse de base est que le corps humain
contenir une proportion élevée de phosphore et de calcium pour rejette ou isole les implants de type métallique ou polymère
développer la couche de phosphate de calcium. Cela a été infirmé parce que leur composition est très différente de celle des
plus tard, les propriétés texturales du matériau, en particulier une tissus hôtes. Un matériau qui serait capable de former une
importante porosité, pouvant pallier le manque de certains de ces couche de minéral osseux au contact des tissus environnants
éléments (phosphore par exemple) dans la composition initiale du devrait donc être bien toléré. Le professeur Hench en déduit
verre. Il convient donc de décrire explicitement le mécanisme de qu’il faut élaborer un matériau dégradable, qui contienne par
bioactivité afin d’identifier la contribution propre des paramètres ailleurs du calcium et du phosphore en proportions suffisantes
de composition, de texture et de structure, et ainsi pouvoir appré- pour alimenter la formation de minéral osseux, qui n’est autre
hender le comportement des bioverres de manière globale. qu’un phosphate de calcium proche de l’hydroxyapatite. Ainsi,
le premier verre bioactif voit le jour en 1969 : il s’agit d’une
matrice vitreuse connue sous la dénomination « 45S5 » ou
encore Bioglass® (tableau 1). Cette composition est encore
1.2 Mécanisme de la bioactivité aujourd’hui une référence. Le premier succès clinique du
dans les verres Bioglass 45S5® eut ainsi trait à la réparation des os de l’oreille
interne ; les études ont montré à l’époque que les perfor-
La capacité des verres bioactifs à se lier à l’os résulte de deux
mances du dispositif surpassaient celles des prothèses métal-
mécanismes :
liques et autres biocéramiques [10], le lien établi étant même
– la formation d’une couche d’HAC dite « biomimétique » simi- plus intense que la liaison entre tissus hôtes natifs.
laire au minéral osseux, par suite de la dissolution du verre au
contact des fluides biologiques ;
– l’action ostéogénique de certains produits issus de la disso- Une caractéristique fondamentale des verres bioactifs est leur
lution de la matrice vitreuse promouvant la formation d’os par les dissolution au contact d’un milieu aqueux du type physiologique.
cellules. À la différence d’un verre classique, un verre bioactif est très insta-
Nous discuterons dans ce paragraphe uniquement du méca- ble du point de vue hydrolytique. Cela tient aux proportions
nisme physico-chimique aboutissant à la formation d’apatite, d’oxydes modificateurs de réseaux, comme les oxydes d’alcalins
l’effet des produits de dissolution sur les cellules osseuses sera, et alcalino-terreux, dont la présence modifie le réseau vitreux en
quant à lui, discuté au paragraphe 2.6. générant des oxygènes non pontants (cf. encadré 2 « Brefs rappels
151
Référence Internet
N4955
120 8,4
liaisons Si—O—Si du réseau vitreux par hydrolyse. Il s’ensuit un relar-
100 8,2
gage d’espèces solubles (SiO4)4– dans le milieu, et des groupements
80 8 silanols Si—OH sont à nouveau formés à la surface du verre :
pH
60 7,8 — Si— O— Si — + H2O → — Si— OH + HO— Si — (3)
8
six autres étapes consistant en des réactions cellulaires. L’ostéo-
Des groupements silanols Si—OH sont créés, le pH du milieu génèse se fait d’abord par l’adsorption de protéines, puis par l’arri-
augmente et une zone déplétée en cations se forme en surface du vée de cellules osseuses directement sur le matériau, puis par
a état de surface initial, l’aspect lisse b après 1 jour d’immersion dans le liquide c grossissement à × 30 000 de l’image précédente
typique du verre est bien visible physiologique, des précipités se sont montrant la morphologie en aiguille des cristaux
(grossissement × 10 000) formés et revêtent intégralement la surface de phosphates de calcium formés
(grossissement × 10 000)
Figure 2 – Évolution de l’état de surface de grains de verre bioactif observé au MEB (reproduit avec la permission d’Elsevier, d’après [15])
152
Sciences et technologies du verre
(Réf. Internet 42573)
1– Verre - Généralités
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4– Applications - Composites
5– Applications - Énergie
7– Applications - Constructions
8– Applications - Santé
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9
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Référence Internet
RE242
RECHERCHE
Résumé : Les verres peu durables des vitraux du Moyen Âge du Nord de l’Europe
présentent souvent un mauvais état de conservation. Afin de les préserver, une stra-
tégie de recherche, prenant en compte l’environnement atmosphérique et le matériau,
a été mise en place pour comprendre leur altération. La comparaison de verres de
vitraux du Moyen Âge et de verres modèles a été menée. Les principaux résultats mon-
trent qu’à cause des pluies, de la condensation et des polluants, les verres subissent
des modifications structurales qui provoquent leur écaillage et leur fissuration. Après
avoir introduit l’état de l’art dans cet article, les techniques de caractérisation y seront
détaillées, puis seront présentés les résultats principaux. Enfin, seront abordées les
démarches en conservation-restauration.
9
into account the atmospheric environment and the material was conceived to better
understand their degradation. The comparison between ancient stained-glass and
model glass was undertaken. The results show that due to the rain, condensation and
pollutants glass undergoes scaling and cracks. After introducing the state of the art in
this article, the analytical techniques will be detailed, and then the main results will be
presented. Finally, the conservation-restoration approaches will be described.
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Référence Internet
RE242
RECHERCHE
Points clés
Domaine : corrosion atmosphérique, technique d’analyse
Degré de diffusion de la technologie : Émergence/Croissance/Maturité
Technologies impliquées : microscopies électroniques, spectroscopie, diffrac-
tion des rayons X
Domaine d’application : science de l’environnement, corrosion, conserva-
tion-restauration
Principaux acteurs français :
• Pôle de compétitivité : université, CNRS, ministère de la Culture
• Centre de compétence : formation des restaurateurs de vitraux (MASTER
CRBC, Sorbonne, Paris 1), formation des restaurateurs et des conservateurs à
l’Institut national du patrimoine (INP), formation des architectes du patrimoine
(école de Chaillot, Paris), CERFAV
• Industriels : verrerie de Saint-Just, groupe Saint-Gobain
Autres acteurs dans la monde : universités, centre de formation des restaura-
teurs (Institut of fine art New York University, University of Antwerp…)
156
Référence Internet
RE242
RECHERCHE
Les objectifs principaux de ces nouvelles recherches sont 3.1 Altération en milieu aqueux
donc de mieux comprendre les mécanismes d’altération se
mettant en place en milieu atmosphérique. En particulier, il est L’altération des verres résulte de réactions de dissolution ;
important de comprendre les premières étapes de l’altération, trois modes sont possibles [21] :
puis son évolution. Cela implique une description détaillée et la – la dissolution congruente a lieu quand tous les élé-
plus précise possible, à différentes échelles, des produits de ments (modificateurs et formateurs) qui composent le verre
corrosion afin de mieux comprendre les mécanismes en jeu et passent en solution (dissolution stœchiométrique) ;
d’identifier le rôle spécifique de chaque paramètre environne- – la dissolution incongruente correspond également à
mental. Il est aussi important de comprendre si les produits de une dissolution totale du matériau. Toutefois, le rapport des
corrosion, tels que les phases cristallines, agissent comme éléments en solution diffère de celui du verre en raison de la
agent d’altération en facilitant un développement ultérieur. condensation et la précipitation de phases secondaires, on
La démarche expérimentale adoptée dans cette recherche parle de dissolution/précipitation [22] [23]. Pour les verres
repose sur l’étude comparée des états d’altération de verres riches en silice, ces minéraux seront des alumino-silicates,
de vitraux anciens des XIIIe et XIVe siècles (altération à long généralement des phyllosilicates, smectites et
terme) et de verres modèles (court terme) afin de retracer la palagonites [23] [24] [25] [26] [27] ;
chronologie des différents processus. Les verres modèles ont – la dissolution sélective est caractérisée par une extrac-
été exposés soit in situ, en atmosphère urbaine réelle, soit en tion préférentielle de certains éléments, les modificateurs pos-
laboratoire, dans des enceintes à température et hygrométrie sédant en général les liaisons les plus faibles au sein du
contrôlées. La caractérisation de l’état d’altération de ce cor- réseau. On parle également de processus de lixiviation ou
pus d’échantillons nécessite une approche multi-instrumentale d’interdiffusion.
à différentes échelles (macro-, micro-, nano-échelle) visant à Pour les verres silicatés, les mécanismes de lixiviation et de
décrire les modifications morphologiques, chimiques et struc- dissolution incongruente sont prédominants. La mise en place
turales ayant lieu, à différentes profondeurs, dans la matrice de l’un de ces deux processus dépend principalement du pH
vitreuse. En effet, si l’on considère que les processus d’altéra- de la solution altérante [8] [28] [29] [30] [31] [32].
tion se mettent en place au niveau du réseau à courte dis-
tance (~ 10 Å autour d’un tétraèdre de silice), la La dissolution congruente du verre a lieu en milieu basique
caractérisation à micro-échelle traditionnellement adoptée et est effective sur tous les verres indépendamment de leurs
pour l’étude des verres anciens ne sera pas la mieux adaptée compositions. Ce processus opère directement sur la structure
pour rendre compte finement des processus et des morpholo- vitreuse, lorsque les groupements OH– viennent rompre les
gies d’altération. L’apport de l’étude à nano-échelle permettra liaisons entre les oxygènes pontants et le silicium. Le résultat
entre autre de mettre en évidence les hétérogénéités de est la destruction du réseau vitreux qui peut se manifester,
composition locales inhérentes au verre (présentes au dans le cas des verres de vitraux, par l’apparition de cratères
moment de sa fabrication) ou induites par l’altération, mais et piqûres à la surface du verre.
aussi de mettre en évidence l’influence de l’état de surface La lixiviation ou interdiffusion se met en place préférentiel-
(nano-rugosité). lement en milieu acide. Les cations modificateurs sont peu à
peu extraits de la matrice vitreuse et substitués par les ions
H+ ou H3O+ diffusant depuis la surface du verre [8] [11] [33]
3. Mécanismes d’altération [34] [35]. La lixiviation affecte les verres à forte teneur en
alcalins et alcalino-terreux. Elle entraîne la formation d’une
couche de verre hydraté et désalcalinisé. Toutefois, en milieu
§ Qu’est-ce qu’un verre ? aqueux lorsque l’épaisseur de la couche lixiviée atteint des
valeurs trop importantes, l’interdiffusion des cations peut être
Le verre est un solide non cristallin formé par l’enchaîne-
9
freinée et on observe un ralentissement du processus de
ment tridimensionnel d’unités de base : les tétraèdres de lixiviation [36] [37].
silice. Le silicium est considéré comme un élément forma-
teur ou vitrifiant. En plus du silicium, l’aluminium, le La lixiviation entraîne une modification du pH de la solution
bore, le phosphore, le fer ou encore l’arsenic peuvent agir altérante qui peut mener à la précipitation de phases secon-
comme formateurs du réseau vitreux. daires (des éléments dissous du verre et des éléments de la
solution). Ces trois mécanismes (interdiffusion, dissolution et
Des oxydes d’éléments alcalins ou d’alcalino-terreux, dits précipitation de phases secondaires) sont communs à l’ensem-
modificateurs ou fondants, sont ajoutés lors de la fabri- ble des verres silicatés en contact avec un milieu aqueux [27].
cation du verre afin d’abaisser la température de fusion de
la silice de 1 700-2 000 oC à 1 200-1 500 oC. Leur intro-
duction induit la rupture des liaisons entre tétraèdres et 3.2 Spécificité du milieu atmosphérique
diminue la viscosité du liquide.
L’altération des verres a été principalement étudiée en
La durabilité d’un verre dépend de sa composition
milieu aqueux ; or, les verres de vitraux se situent en milieu
chimique ; en première approximation, celle-ci diminue lors
atmosphérique qui se caractérise par l’alternance de phases
de l’ajout des modificateurs. Pour les alcalins, la réactivité
sèches et humides et de cycle de température.
des verres augmente selon l’ordre suivant : Cs, Rb, K, Na, Li.
Pour en savoir plus sur le verre et sa formulation, le lecteur En période humide, lors d’événements pluvieux, leur alté-
pourra consulter l’article [J 2 296] et les références [19] [20]. ration est vraisemblablement contrôlée principalement par les
réactions de surface décrites précédemment. Ainsi, les proces-
§ Qu’est-ce qu’un verre modèle ? sus d’altération rencontrés semblent être similaires : lixivia-
Un verre modèle est un verre formulé à partir de compo- tion, dissolution avec précipitation de phases secondaires. En
sitions chimiques de verres de vitraux anciens, légèrement atmosphère, l’apport d’eau se fait aussi par le biais de la
modifiées pour une meilleure réactivité en un temps limité. condensation, qui est donc un vecteur d’altération spécifique
du milieu atmosphérique. Les études [13] [38] [39] [40] ont
Ces verres sont fabriqués en laboratoire dans des
démontré que l’augmentation de l’humidité entraîne une
conditions contrôlées et reproductibles.
augmentation de l’altération. Il reste toujours à prouver que
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RECHERCHE
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matrice lors du phénomène de lixiviation. Des sels (néocristalli- concentrations de MgO et de P2O5 a été mise en évidence. Cela
sations) y sont formés par réaction entre ces cations et les s’explique par le fait que le MgO pourrait remplacer le CaO
anions apportés par les gaz atmosphériques [42] [57] [58] [59] (comme modificateur) et le P2O5 remplacer Al2O3 au sein du
[60]. Ces phases peuvent aussi précipiter au sein des fissures. verre (en qualité de formateur). CaO et Al2O3 sont interdépen-
Il s’agit principalement des carbonates et des sulfates et parfois dants pour les verres du corpus et on leur associe l’axe F1.
des phosphates ou des sulfites [3] [44] [61] [62]. La croissance L’axe F2 est, pour sa part, associé au K2O et au SiO2 dont les
de produits cristallins néoformés en surface peut progresser concentrations sont fortement dépendantes et anti-corrélées.
jusqu’à la formation d’un encroûtement [59] [60]. L’encroûte- La concentration en Na2O semble fortement anti-corrélée au
ment représente un dépôt à la surface du verre. Il s’agit très K2O et CaO. Les oxydes métalliques tels que le MnO et le Fe2O3
souvent de produits d’altération formés par la pollution sont associés à un troisième axe F3.
atmosphérique [5] [46]. À noter que, pour certains auteurs, le
L’ACP permet de classer les vitraux du corpus en trois caté-
terme « encroûtement » ou « croûte d’altération » recouvre à
gories en fonction de leur composition (figure 2b) :
la fois la couche de verre altéré et les produits cristallisés [4]
[5] [50]. Les croûtes superficielles sont surtout observées sur la – des verres silico-calco-potassiques (Ou1) très enrichis en
face extérieure des verrières [50] [63] qu’elles recouvrent par- CaO et en SiO2 ;
fois entièrement [4]. Ces croûtes sont d’épaisseur variable – des verres silico-potasso-calciques (encerclés en vert)
(jusqu’à quelques micromètres), de différentes couleurs et plus enrichis en K2O ;
ou moins cohérentes [48]. D’un point de vue minéralogique, – et finalement des verres possédant des concentrations
ces encroûtements ont la même composition que les phases similaires pour CaO et K2O (rectangle).
néoformées, à savoir des sulfates et de carbonates [4] [5] [6] Cette méthode analytique permet également de rassembler
[14] [50] [64]. On peut observer des phases accessoires : les échantillons provenant des mêmes vitraux (échantillons a et
quartz, feldspaths, silicates de plomb, oxalates de calcium et b) et permet donc une meilleure discrimination des échantillons
apatite [3] [6] [50]. Des particules atmosphériques (suies, cen- en montrant la variabilité de composition au sein d’un même
dres volantes...), ainsi que des éléments provenant de l’envi- verre. Par exemple, le verre Ou2 et le verre Ev2 présentent tous
ronnement immédiat du verre (poussières, fragments de deux une forte variabilité des concentrations de K2O et CaO
maçonnerie...) sont piégés au sein des encroûtements [63]. conjointement, alors que Ev3 ne montre pas une telle variabilité.
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RECHERCHE
a b
c d
La face interne est photographiée en lumière transmise a et en lumière réfléchie b . La face externe est photographiée en
lumière réfléchie c . L’ensemble de ces clichés permet de visualiser l’ampleur des altérations sur les deux faces. Le panneau
9 (XIIIe siècle) présente une altération par cratère en face externe d . Les pièces de restauration sont identifiées par la
présence d’une peinture marron, simulant l’aspect des cratères sur la face externe. Les verres bleus, composant le fond de la
scène, présentent des rayures et des produits d’altération ponctuels.
Figure 1 – Clichés photographiques, effectués suivant une méthodologie détaillée, de la baie 6 du chœur Légende de l’enfant de
Bourges et miracle de Théophile, cathédrale Saint-Julien du Mans (Sarthe)
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