Institut des politiques publiques
République du
Sénégal
Un peuple –Un but – une
foie
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Ministère De
l’enseignement supérieur
de la recherche et de
THEME : L’approvisionnement et
la commercialisation de la
mangue au Sénégal
Réalisé par : Encadré par :
PAPA ABDOULAYE Mr : PAPA ABDOULAYE
NDAW Mr : NDAW
PROMOTION
2023/2024
PAPA ABDOULAYE NDAW
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Table des matières
1 LA PRODUCTION DE LA MANGUE AU SÉNÉGAL
3
1.1 Zones et période de production Au Sénégal,
3
1.2 . Variétés de mangues produites au Sénégal
4
2 LA PHASE DE TRANSFORMATION DE LA
MANGUE....................4
3 COMMERCIALISATION DE LA MANGUE 6
3.1 L’exportation de la mangue 6
Sénégal est liée aux mouches des
fruits qui entraînent d’énormes
Résumé : dégâts au niveau des plantations. En
outre, la vétusté des vergers
traditionnels, qui tardent à se
1 La production de la moderniser, plombe également le
mangue au Sénégal niveau et la qualité de la production.
S’il y a un relatif manque de visibilité De plus, la haute taille des manguiers
sur les données statistiques de la est souvent indexée comme
filière mangue au Sénégal, il est contributive aux pertes post-récoltes
communément admis qu’elle joue un même s’il ne faut pas occulter le
rôle important dans l’économie manque de maîtrise des techniques
sénégalaise tant en termes de de récolte pour éviter de casser la
devises que d’emplois. La mangue à la récolte. Parmi, les
Casamance, principale zone de contraintes, il faut ajouter le manque
production de mangue au Sénégal, d’entretien des vergers dont la
n’est pas assez contributrice en canopée constitue un refuge pour les
termes d’exportations (à peine 10%) mouches des fruits. La divagation du
vers les marchés internationaux bétail, de même que les singes
notamment l’Union européenne. En errants notamment dans la région de
plus, la principale contrainte de la Kolda, constituent aussi un handicap
filière mangue dans cette région du pour les vergers de la Casamance
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sans oublier le déficit d’accès à l’eau centres urbains et les marchés
pour irriguer les plantations. Le hebdomadaires. A cela, s’ajoute le
développement de l’irrigation pourrait risque de pourriture de la mangue
être un moyen d’améliorer non compte tenu des conditions de
seulement la qualité et la quantité de transport qui ne sont pas adaptées
la production mais aussi d’accélérer (manque criard de camions
la maturité de la mangue pour frigorifiques). Quant aux produits
échapper aux attaques de la mouche transformés, ils sont souvent écoulés
qui débute souvent avec l’arrivée des dans des canaux de
pluies. Entre les vergers et les commercialisation comme les foires,
consommateurs de mangue fraîche, les événements ponctuels, les
se glissent les banabanas et les cérémonies familiales, religieuses,
transporteurs pour négocier le prix des accords avec des boutiquiers
bord champ dans une atmosphère de moyennant une commission, etc.
volatilité des prix et d’absence grâce à la mobilisation des véhicules
d’harmonisation des unités de de transport en commun qui évacuent
mesure. La structure des prix est très également la mangue fraîche vers
souvent affectée par la location de l’intérieur du pays. Quant à
camions, l’enclavement des sites de l’exportation, la Casamance y
production, le temps, la distance, les contribue très sommairement (de 6%
formalités sur la route, la concurrence en 2018 à moins de 3% en 2022) car
des pays limitrophes, la situation des les variétés Kent et Keitt n’y sont pas
marchés d’écoulement dans les aussi développées que dans les Niaye
1.1 Zones et période de Figure 9 : Principales zones de
production de la mangue au Sénégal
production Au Sénégal,
Source : ASEPEX, 2016 La période de
la production est essentiellement
production de mangues au Sénégal
assurée dans la zone des Niayes
est la plus longue d’Afrique de
(Dakar, Thiès), la petite Côte (Thiès),
l’Ouest. En effet, dans la sous-région
le Sine Saloum (Kaolack) et
(Mali, Côte d’Ivoire) la production de
Casamance (Ziguinchor, Kolda et
mangues d’exportation s’étale sur 4
Sédhiou). La zone des Niayes et la
mois (de mars à juin) alors qu’au
principale zone de production de
Sénégal, selon les zones, la
mangues export du Sénégal. La
production mangues s’étale sur 6
Casamance dispose d’un potentiel de
mois (avril à septembre) avec une
production important mais reste
fenêtre d’exportation de 3 à 4 mois
pénaliser par l’insécurité et
(Strebelle, 2013). Dans la région des
l’enclavement logistique persistant. -
Niayes la production s’étale sur la
10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 120
période juillet-août-septembre, ce qui
000 122 000 124 000 126 000 128
permet au pays de prendre le relais
000 130 000 132 000 134 000 136
de la production ouest africaine. Dans
000 2014 2015 2016 2017 2018
le Sud, dans la zone du Sine Saloum
Valeur en Milliard de FCFA production
et sur la Petite Côte la production est
en tonne Titre de l'axe Production
plus précoce (mai-juin-juillet)
(tonne) Valeur (milliards de FCFA) 19
Figure 8 : Principales zones de
production de la mangue au Sénégal
. 1.2 . Variétés de mangues
produites au Sénégal
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On distingue les variétés locales est Typologie des vergers de
celles destinées à l’exportation. Les
variétés appréciées et exportées sont mangues
la Kent et la Keitt, bien que d’autres Les vergers de mangues peuvent être
intéressantes pour l’exportation classés en trois grandes catégories :
(Tommy Atkins, Zill, Palmer) et vergers villageois et vergers de case,
plusieurs variétés de mangue locales vergers améliorés et vergers
(diorou, sierra leone, papaye, bouko modernes ou industriels. Au Sénégal,
diékhal, balanta, passy, thias, duile, les vergers de mangue peuvent être
mbeug mbeug…) peuvent se trouver classés en trois catégories (Strebelle,
dans les vergers sénégalais et surtout
2013). On note d’abord les vergers
au sud du pays (Strebelle, 2013). Le
traditionnels qui sont de petites
Sénégal se positionne sur le marché
20 export européen avec les variétés superficies (10 à 100 pieds) et
de référence, Kent principalement et produisent généralement des variétés
dans une moindre mesure Keitt, très de mangues d’origine locale. Ils sont
prisées par les consommateurs. La principalement localisés dans la zone
variété Kent qui donne un gros fruit sud du pays et dans quelques rares
de coloration externe rouge pourpre localités du centre et représentent
avec une chair orangée fondante et encore la majorité des superficies
juteuse, sans fibre représente plus de plantées au Sénégal. Cependant, son
70 % des mangues exportées au impact économique reste
Sénégal (Ternoy et al, 2006). 1.3 exclusivement local et marginal.
2 La phase de transformation de la mangue.
En ce qui concerne la transformation, elle est marginale et inégalement existante
en fonction des localités de la Casamance. En effet, elle traîne autour de 2% au
niveau national. Cette tendance se confirme en Casamance car il y a très peu
d’unités de transformation de la mangue dont la quasi-totalité est concentrée
dans la région de Ziguinchor au détriment des régions de Sédhiou et Kolda qui
sont pourtant tournées vers la production de variétés locales qui pourrissent très
souvent sur place malgré l’existence des technologies de transformation. Les
rares unités de transformation qui existent dans ces zones sont confrontées
surtout aux difficultés d’accès aux fournitures de services d’emballage et
d’étiquetage qui sont absentes de la Casamance. Cette situation crée ainsi une
dépendance vis-à-vis de Dakar qui les en fournit sans en oublier les surcoûts de
production qui impactent négativement la compétitivité des produits
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transformés. Par conséquent, plusieurs opportunités d’investissement existent.
Les investigations laissent nettement apparaître dans chaque localité une
capacité de production largement sous exploitée et une niche d’activités
logistiques et de transformation qui pourrait générer des créations de richesses
et d’emplois substantielles pour les jeunes et les femmes. Le défi immédiat est
d’améliorer significativement la productivité par la modernisation des vergers et
l’accompagnement des acteurs et des porteurs de projets en termes de matériels
et de fonds de roulement.
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3 Commercialisation de la mangue
La production de mangue est essentiellement destinée à la
consommation locale et à l’exportation. Au niveau national, les
circuits de commercialisation sont nombreux et se situent aux
niveaux des marchés ruraux, des villes secondaires et des
grandes villes. Les les fruits et sont principalement
commercialisés au niveau de places appelées communément «
syndicat » qui sont l’expression d’une forme d’organisation
zonale où gravitent autour d’un ou de plusieurs responsables,
24 des commerçants grossistes, des distributeurs, des bana
banas, des coxeurs6 et des transporteurs. Les prix sont
structurés suivant quatre la saison, le conditionnement, le
marché et la région. Concernant les exportations, le Sénégal se
positionne sur le marché avec les variétés de référence, Kent
principalement et dans une moindre mesure le Keit. En
quelques années, la mangue du Sénégal est devenue la 2ème
plus importante origine ouest-africaine juste après la Côte
d’Ivoire (Guide export – Mangue, 2016). Les exportations ont
fait des bonds importants ces dernières années. Elles sont
passées à 14 685 tonnes en 2015 à 15 900 tonnes en 2019 soit
une hausse de 8,3%.
3.1 L’exportation de la mangue
L’Allemagne, les Pays-Bas, la France et la Belgique sont les
principales destinations des exportations soit 65% du total.
Ensuite il y a les destinations sous régionales (Mauritanie,
Ghana, Maroc) et enfin le Moyen-Orient ([Link]-
[Link]). L’accès au marché américain reste problématique
pour les liaisons logistiques difficiles, la concurrence des fruits
d’origine latino-américaine (surtout Mexique) et les strictes
normes phytosanitaires qui déterminent une barrière pour
l’entrée des productions africaines. Par rapport au canal
d’exportation, on note que depuis 2002, l'origine Sénégal a
renforcé d'année en année sa position sur le créneau maritime.
Toutes destinations confondues, il a représenté 81% des
exportations en 2015 (ASEPEX, 2016)
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