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Said

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Nous allons présenter aujourd’hui avec Kenya et Melinda l’Orientalisme d’Edward Said et quelques

points controversés, pour discuter après l’atelier.

"Je me suis intéressée à l'aspect musical du travail d'Edward Said dans le


but initial de savoir s'il avait traité l'ontologie Orient et Occident aussi dans
ce domaine, motivée par une approche ethnomusicologique et
anthropologique de la danse. "

J'ai travaillée sur l'aspect politique de l'Orientalisme. Mon idée initial est de
critiquer l'ignorance du Japon dans son l'Orientalisme, mais au final, je me
suis trouvé que l'idée de l'Orientalisme était utile et idéal pour l'impérialisme
dans l'histoire impériale au Japon.

Qu’est-ce que l’orientalisme ? Avec le mot « orientalisme » on parle d’une part des ouvres
artistiques, de la peinture ou de la littérature qui prend l’orient, la partie est du monde, comme
centre d’inspiration, et d’autre part on parle de l’orientalisme en tant qu’étude de cultures
orientales. L’orientalisme officiel est né au XVIII siècle avec les études philologiques et bibliques qui
s’intéressent à l’Inde, au moment où les linguistes rompent avec l’idée d’une origine divine des
langues et vont désigner le sanscrit comme protolangue et origine des langues indo-europeenes.

L’orientalisme permettait le comparatisme, permettait le développement d’une pratique


comparatiste, comparatiste sur les langues, les religions, la mythologie de l’humanité par-délà la
barrière entre Occident et Orient, cet orientalisme, cet idéal, se propose une perspective
« transnational », universal. C’est l’ideéal de cet nouvelle approche scientifique. Et c’est à cette idéé,
à cet utopie interculturel que Said va démonter. Parce que pour lui, et c’est l’idée central de sa
pensée, l’orientalisme devient une approche occidental, un style occidental, une approche
systématique que l’occident a fait de l’Orient. La thèse de Said est fondé sur la rélation, sur
convergence entre l’épanouissement de l’orientalisme, cette mouvement intellectuel et littéraire, et
l’expansion europeenne, l’imperialisme de l’Occident, qui a comme point de départ l’expedition en
Egypte de Napoleon Bonaparte à la fin du XVIII siècle.

Quelques mots sur la vie d’Edward Said, parce que c’est important. C’est intéressant que à chaque
fois qu’on parle de l’orientalisme de Said, dans les articles et j’ai trouvé des conférences, on fait
référence à la vie d’Edward Said, notamment au texte Out of place, qui est l’autobiographie de Said.
Et c’est une critique qui se fait à Saîd, comment une personne peut lier sa vie, son expérience de vie,
avec les études intelectuels, comme quelqu’un défend et justifie des études intellectuels en fonction
de son identité, de son parcours, de ses idées politiques. La vie de Said c’est complexe, il a un identité
multiple ; il est chrétien et arabe, il est palestinien et étatsunien. Il est né en Jérusalem il était forcé à
quitter sa maison familiale, il est partie en Egypte et aux seize ans il est partie aux Etats_Unis où il a
suivi des études en littérature comparé à l’Université de Columbia.

Pour revenir à l’idée qu’il soutient en 1978 dans le livre L’Orientalisme. Said associe le
développement de la littérature comparée, le savoir des grands érudits, dans les sciences humaines,
comme l’ethnologie, avec la cartographie, la géographie impérial. Il instaure une lecture
géographique des textes. En Orientalisme, le livre de 1978, Said travaille sur un corpus de textes en
arabe, en anglais, en français, et des textes de nature différents (journalistiques, des essais, fiction,
lettres, textes juridiques) qui parlent de l’Orient. Et toutes ces textes sont pour lui affiliés à l’Empire,
la littérature et les sciences sont impliqués dans le projet de l’empire qui cherche plus à conquérir
uniquement des territoires mais aussi à leur apporter la civilisation, aux cultures distants.

(Image)

Trois ans après le livre L’Orientalisme il publie Covering Islam, où il reviens avec les mêmes idées. Par
example que lorsqu’en parle d « Islam », le terme, surtout aux Etats Unis à ce moment, début des
années 80, relève à la fois de la fiction, du label idéologique, et de l’appellation simpliste.

Il critique l’usage abusif du terme Islam, en disant qu’il n’est pas l’apanage de l’Occident. Il analyse
dans ce livre l’image que les Etats Unis se font de L’islam et l’usage que font les Etats Unis de cette
image. Pour lui, les réactions que déclenche l’Islam en Occident sont dominés par un mode de
pensée simpliste, qui est pour lui, qu’il appelle orientaliste. Et le fondement de cet pensée
orientaliste c’est une géographie imaginaire polarisé, divisant le monde en deux parties inégales :
celle qui est différente, l’Orient et « notre « monde appellé Occident.

Selon Said l’Occident, et il parle des Etats Unis, parle de L’Islam en faisant de caricatures, en
caricaturant. Said décrit par exemple comment l’ayatollah Khomeiny qui était très présent dans les
médias à la fin des années 80, est caricaturé comme quelqu’un obstiné, puissant, et hostile aux Etats
Unis. Et ça, cette attitude, c’est pour Said l’orientalisme, qu’il s’agisse d’un film, d’une bande dessiné,
d’une fiction, tous ces supports véhiculent la même image de l’Islam. Ce qu’il fait c’est questionner la
façon dont l’occident construit une image sur le monde arabe et pourquoi cet orientalisme, cet
image, c’est une image négative, basé sur des stéreotypes négatives, et vu par occident depuis une
position de supériorité.

Donc Said essaye de retracer cette relation entre l’occident et l’Islam dans l’histoire en disant que
dans le Moyen Age l’Islam était considéré comme une réligion démoniaque, le fait que l’islam a été
une puissance politique qui était proche de l’Europe, et qui constitué une menace par cette
proximité.

De là découlent les représentations des musulmans comme des fournisseurs de pétrole ou comme
des terroristes. « Dès qu’il s’agit d’aborder l’Islam les romanciers, les journalistes, les dirigents
politiques, et les experts ne distinguent pas la passion religieuse, la lutte pour une juste cause, la
faiblesse humaine ordinaire, la rivalité politique de l’histoire des hommes, des femmes et des
sociétés. « L’islam » comme terme parait réduire cet ensemble, dit Said, à une essence hostile et
impulsive ». Donc, au lieu d’une analyse à chaque fois s’impose le même schéma, un schéma
sommaire, celui de nous contre eux. L’orientalisme repose sur un principe de confrontation entre
deux mondes séparés par une ligne de démarcation. Deux entités qui se construisent en négatif l’une
de l’autre. D’autre part il interroge aussi le fait que l’orient, la catégorie d’oriental soit lié au monde
islamique, l’Islam capture l’idée de l’oriental.

Dans le chapitre L’Islam en tant qu’actualité, Said dit que l’Islam est entré dans la conscience des
étatsuniens exclusivement parce qu’il a été associé aux grandes questions qui faisaient l’actualité,
comme le pétrole, l’Iran, le terrorisme. Il donne quelques exemples dans les médias. En 1979 la revue
Times met en couverture une peinture de Gêrome, le peintre français du XIX siècle, qui fait un
muezzin, un réligieux musulman, qui appelle les fidèles à la prière, une scène paisible qui était
surmontée par Times avec le titre « The militant Revival ». Cela montre donc la representation que
l’Occident construit des musulmans, une représentation anachronique, et comment ils utilisent cette
image.
Said dit que dès qu’une tension politique se fait sentir entre l’occident et son orient, l’occident a
recours dans un premier temps non pas à la violence directe mais aux instruments neutres de la
representation scientifique, quasi objective. « La Grande Bretagne n’aurait pas occupé l’Egypte au
moyen d’un appareil institutionnel aussi lourd, si elle n’avait investi dans le savoir oriental. L’orient
pouvait être vu, étudié et maitrisé. Il ne devait plus demeurer un endroit distant, incomprehensible, il
pouvait être ramené en Europe ». On voit là, l’inspiration de Said de la French Theory, et la théorie
de savoir et pouvoir de Foucault.

Dans le 3 eme chapitre Said se demande si compte tenu du conflict entre l’Occident et L’islam c’est
possible d’acquérir un savoir sur d’autres cultures. Lui, il est pessimiste. Pour lui, la condition la plus
élémentaire pour connaitre une autre culture, qui est l’etablissement d’un rapport non coercitif avec
cette culture n’est pas remplie par la communauté universitaire aux Etats Unis. Les occidentaux, dit il,
Font preuve d’un optimisme alarmant, qui place dans leur savoir une confiance aveugle. Et il revient
aux premiers orientalistes europeens, comme il l’explique aussi dans son livre L’orientalisme, qui
étaient convaincus que l’étude de l’orient, notamment du monde musulman, était la voie royale vers
le savoir universel. L’orientalisme est pour Said une conséquence, de cette attitude positive, qui n’est
pas habitué aux remises en question d’ordre méthodologique.

Il dit que la possibilité d’élaborer un savoir objectif ne fait aucun doute pour les universitaires, malgré
des limites posées par l’appartenance de ces chercheurs à un temps et à un espace bien définis. Said
dénonce l’autosuffisance et l’autoconsacration des orientalistes. Il dénonce comment les études
arabes en Occident ont été ghettoïsés, se convirtieron en un ghetto, en lugares etnocéntricos que
miran hacia si mismos. Les chercheurs qui travaille sur l’orient exercent dans une sphère isolé, fermé
et autarcique.

Pour terminer, je peux soulèver peut-être pas une controverse, mais une perception personnel, à
moi qui connaissait pas Edward Said, qui n’avait pas lu ses livres. Après avoir visité la pensée de Said,
à travers plusieurs livres et articles, parce que je l’ai trouvé très intéressant. Et j’adopte la critique de
Said. Said peut nous aider aujourd’hui pour penser notre actualité ; notre rapport à d’autres cultures.
Mais je trouve que Said il fait la moitié du boulot. Pourquoi je dis ça ? Comme je disais j’ai lu
beaucoup de choses et je n’ai pas trouvé une alternative travaillé, en fait il ne propose rien au niveau
méthodologique pour sortir de cette impasse. Il décrit, il critique, je suis d’accord avec ce qu’il dit
mais il reste dans la critique, il reste au niveau pessimiste. Et c’est bien le pessimisme
épistemologiquement parlent mais il reste là. J’aurais bien voulu trouver une réflexion sur une
possible sortie.

D’autre part les critiques qui sont faites à Said, qui disent qu’il est trop simpliste. Qu’il est un militant
qui simplifie parlent de l’Occident contre l’Orient. Je sais pas, mais c’est vrai qu’il est simple, vous
prenez le livre l’orientalisme et c’est simple, et de fois c’este tellement simple que tu doutes, mais
simple ça veut pas dire simplificateur. Je ne suis pas sûre que simplifier ce soit nécessairement un
problème. C’est vrai qu’on parle des choses complexes, de l’accès à une autre culture,
l’interpretation d’une culture, comment écrire sur une autre culture, notre position dans le monde
par rapport à ce culture. S’il a eu un telle succès c’est peut-être en partie à sa simplicité, et après le
succès des nouvelles études ont été lancé, c’est à partir de ce livre qui est né les étudies
postcoloniales.
L’interpretation d’une culture n’est possible que si certaines circonstances ont préalablement rendu
cette culture accesible à l’interpretation. Même lorsque les orientalistes allemands etudianet le
sanskrit leurs travaux étaient moins empreints de l’hypothetique curiosité pure que d’un rapport
particulier aux universités et bibliotheques aux autres chercheurs et aux gratifications dont
dependaient leur carrière. Il dit que les orientalistes, les spécialistes del Islam ils sont convaincues
que cette discipline procurait à la culture occidentale tous les renseignements dont elle avait besoin
sur l’Orient.

La these souligne la relation entre les textes et la constitution d’un mode discours sur l’orient. Said
montre le rôle de l’imperialisme european et de toutes les attribut de son autorité, (notmment
scientifique) dans les constructions de l’Orient.

Said cherche à situer les ouvres de la littérature occidentale dans le contexte de l’Empire, C’est une
lecture particulière qu’il propose, il cherche à integrer l’imperialisme dans les Etudes des Lettres.

Orientalisme es el origen de los estudios poscoloniales. De estos estudios poscoloniales proviene una
critica al propio libro de Sais, fueron los poscoloniales los que han denunciado que él aplicara en
orientalismo una mirada eurocéntrica. “qué puede saber una persona que estudia solo como
representa el mundo árabe los pintores y escritores de cultura inglesa y que además habla desde
universidad que es la de Columbia.

El analiza novelas donde aunque las historias sean de amor, el horizonte donde se desenvuelven esas
/historias es el horizonte de las colonias, es un fondo colonial.

Cual es el planteo de Orientalismo? Dice que Oriente es una invención europea, es una construcción
europea. Europa produce saberes sobre qué es oriente, que van a terminar definiendo el
orientelismo, que se puede definir de 3 maneras. 1 el orientalismo es una institución academica,
todas las universidades han tenido un depto de estudios orientales, es decir el saber autorizado y
legitimo sobre oriente lo encontramos en las universidades occidentales, si quiero estudiar historia
del imperio otomano leo a un autor inglés. El saber legitimo esta en Europa, es el saber que habla en
nombre de oriente. Luego de las torres gemelas se veía en la televisión expertos explicando el mundo
musulmán, y son tipos que trabajan en la universidad de Chicago, no son pakistanís. Ese es el sentido
académico. 2 Otro sentido es un “estilo de pensamiento” ese saber académico termina definiendo
una manera de pensar sobre oriente, de relacionarse con oriente, que supone una distinción
ontiologica, que parte de un supuesto de que existe un oriente y que ontológicamente son diferente
de nosotros. Oriente es otro que ontológicamente difiere de nosotros. 3 Por ultimo, un sentido
histórica material, mas concreto.

El orientalismo es una institución colectiva de como nos vinculamos con oriente de tal manera que se
define a occidente como autoridad, el orientalismo es una practica, un modo de vincularse con
oriente, que define a occidente como el locus de enunciation privilegiado para hablar de oriente. “La
autoridad no tiene nada de misterioso, es instrumental…

El dice que el orientalismo es la aparición de la autoridad de occidente sobre oriente. La relación de


Oriente y occidente supone una relación de poder, no hay que pensar que únicamente que hablar
sobre oriente es ‘yo conté lo que me paso en mi viaje”. Esa practica discursiva constituye o instituyye
una relación de poder, y por supuesto son relaciones de poder desiguales. El orientalismo, es el signo
del poder europe atlantico sobre oriente. El orientalismo expresa un tipo de relación colonial de
poder. Las relaciones de poder son relaciones coloniales de poder.

Critique à Said

Ils lui reprochent une radicalité et une univocité qui aboutissent à une répresentation idéologique et
peu nuancéé de la perception occidentale de l’Orient. Mais l’originalité de l’approche de Said tient
dans sa conception de l’orientalisme en tant que style occidental de domination et d’autorité sur
l’Orient. Dans Covering Islam, l’orientalisme se révèle sous la forme d’une appréhension essentialisé
de l’islam comme système réligieux et culturel objectivé par le discours médiatique occidental.

Maxime Rodinson redoute qu’en poussant trop loin les choses, on arrive à « un dérapage »
comparable à « la théorie jdanovienne des deux sciences » : d’un côté, « une science noire », de
l’autre, « une science blanche», comme il y eut une science bourgeoise opposée à une science
prolétarienne

La critique de L’Orientalisme au nom de la rigueur philologique reste ainsi un motif majeur de la


critique, comme le montre par exemple l’article de Sophie Basch qui, en 2008, se met dans les pas de
Bernard Lewis et de Robert Irwin pour dénombrer ses « erreurs » et ses « faiblesses

Revue

Que chacun ait plus ou moins conscience de mettre de soi dans sa recherche est une chose (c’est un
fait que l’on identifie avec le temps qui passe); mais mettre en avant cette généalogie intime et
identifier publiquement les inscriptions biographiques de son propre texte scientifique n’est pas de
mise dans l’univers académique2

Intellectuel

Said définit l’intellectuel comme une « conscience sceptique », une conscience en exil, pas seulement
au sens où elle serait celle d’un Said exilé au Caire ou aux États-Unis, mais au sens où l’exil – le fait
d’être, comme ill’écrit, un outsider, d’être en marge de tous les pouvoirs – serait sa condition de
possibilité.

Où le classer ?

Que sont les livres de Said? Des livres relevant d’une posture critique ou d’une posture militante – et
ces deux caractéristiques n’en font finalement qu’une en 2000 avec la réception française de Culture
et impérialisme, paru sept ans plus tôt aux États-Unis. Première œuvre traduite en français relevant
explicitement des études postcoloniales et consacrée à la question de la domination symbolique et
de son possible renversement, l’« ouvrage, écrit au moment de la guerre du Golfe [et qui] s’en
ressent », puisque « l’auteur enrôle sous sa bannière tous les contempteurs de l’hégémonie
américaine et se réfère à tous les courants anti ou plutôt contre-mondialistes », constitue ainsi, selon
l’africaniste Daniel Rivet, « un énième essai de démythologisation passionnelle de l’Occident » qui
mélange « le registre de la littérature comparée, où Said fait autorité, et le genre du pamphlet
politique, où il se cache sous le voile du grand professeur érudit, et qui lui fait proférer de criantes
contre-vérités ».

L’Orientalisme et Culture et impérialisme ne sont pas seulement des pamphlets politiques; ce sont
des pamphlets politiques qui sont aussi des essais savants. La pensée de Said est souvent réduite à
un militantisme tiers-mondiste naïf et simplificateur (l’Orient contre l’Occident, les « subalternes »
contre l’impérialisme et le néocolonialisme, etc.). La portée idéologique et politique postcoloniale ne
doit pas être isolée de la recherche en théorie littéraire entreprise depuis la thèse sur Joseph Conrad

Said, par son itinéraire dans le monde anglophone, est ainsi lui-même porteur de la tradition des
humanités, qu’il souhaite seulement ouvrir et rénover. À tel point d’ailleurs que les postcolonialistes
lui reprochent justement de perpétuer le « canon » en consacrant prioritairement ses analyses au
corpus « classique » anglais et européen, à Jane Austen, George Eliot, Thackeray, Thomas Hardy,
Henry James, Joseph Conrad, Flaubert, Goethe. Le même reproche est adressé au musicologue, qui
étudie seulement la musique classique occidentale, Mozart, Beethoven, Wagner. L’Orientalisme et
Culture et impérialisme ne sont pas destinés à s’opposer au choix académique des « Grands livres »
des humanités occidentales, mais plutôt à montrer en quoi ceux-ci s’inscrivent dans les rapports de
domination entre l’Occident et le monde colonisé. Fidèle à l’idéal d’un humanisme bien compris,
défenseur des valeurs universelles de justice et de tolérance, Said est en ce sens plus occidental que
les Occidentaux.

Said a fait ses études dans les années 1960, au moment même où la tradition des humanités
commençait à être interrogée et discutée aux États-Unis. La question de la théorie littéraire prend
donc une dimension largement politique.

Cette attitude commune à Said et à Spivak est bien l’apanage d’un « outsider » par ses origines qui
utilise sa position d’« insider » dans l’université et le champ intellectuel. Said, un immigré comme
nombre d’universitaires aux États-Unis, surtout dans le domaine littéraire, est finalement devenu un
représentant de l’establishment universitaire.

Lecteur de Qu’est-ce que la littérature? et des textes anticolonialistes de Sartre, Said s’oppose à
l’idée d’une « autonomie » de la littérature. Toute sa réflexion est placée sous le signe du nécessaire
« engagement » de l’intellectuel face au « pouvoir.

La démarche saidienne consiste à s’affranchir de l’idée d’une « littérature pure »; ou encore de la


clôture du texte, empruntée à la French Theory et à la déconstruction, et plus généralement au «
textualisme »

Dans l’introduction à The World, the Text and the Critic, Said regrette donc que la « théorie littéraire
américaine d’aujourd’hui ait isolé la textualité des circonstances, des événements, des sens
physiques qui l’ont rendue possible et intelligible, comme le résultat du travail humain». Il affirme
que « les textes sont dans le monde, ils sont dans une certaine mesure des événements », « une part
du monde social, de la vie humaine »

L’Orientalisme et Culture et impérialisme mettent en œuvre ce paradigme critique en réinscrivant


l’œuvre dans l’histoire – l’histoire impériale et coloniale, en l’occurrence, et les représentations qui
lui sont attachées.

Tous les débats autour de l’humanisme, vers 1955-1965, permettent de mieux comprendre la
position de Said, qui peut sembler étrange ou paradoxale du point de vue français. Il y va d’une
réforme critique des humanités au nom de la philologie, elle-même rapprochée du marxisme, et de
l’appel aux « clercs » à pratiquer une « critique séculière ». Dans ce contexte académique nord-
américain, la philologie d’inspiration européenne, loin d’apparaître comme conservatrice, est au
contraire un moyen de combattre les préjugés ethnocentriques des humanités américaines.
Une des thèses centrales de Culture et impérialisme d’Edward W. Said1 est que l’ampleur de
l’expansion territoriale caractéristique des dynamiques impériales modernes, au moins depuis
l’époque coloniale, doit être mise en lien avec une certaine conception « spiritualiste » de la culture,
qui s’est forgée dans le monde occidental. L’insistance sur l’élévation d’esprit des grands auteurs du
patrimoine culturel européen aurait doté l’entreprise impériale d’une confiance sans faille en sa
propre légitimité et aurait renforcé son autorité.

Toute une politique de l’altérité est mise en œuvre, dont l’analyse minutieuse a été faite dans
L’Orientalisme9 . Il n’y a donc pas une culture impériale, mais un dispositif impérial de cloisonnement
des cultures

La mise en place, à partir des années 1980, d’un système mondial d’information et de
communication sous contrôle américain conduit Said à penser les conditions d’une extension des
pratiques de décloisonnement culturel. Sa thèse est que la nouvelle autorité culturelle est désormais
liée à la croissance de l’appareil de diffusion et au contrôle de l’information.

Dans le nouvel ordre impérial qui émerge, la multiplication des assignations identitaires n’est plus
l’effet de la construction d’un savoir sur l’autre, mais de la distribution d’étiquettes dans la clôture
d’un système d’information mondial. En passant en régime mondial, la domination impériale s’est
« systématisée » et n’a plus besoin de l’alibi culturel pour se justifier : la spécialisation des experts en
tous genres s’est substituée à la vaste culture des grands humanistes européens.

La pensée de Said est souvent réduite à un militantisme tiers-mondiste naïf et simplificateur (l’Orient
contre l’Occident

C’est pas un reproche


C’est vraie que

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