LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Structure de l’OMC ………………………………………………………………6
Figure 2 : Organigramme du Secrétariat de l’OMC, à la fin de mai 2023…………………...8
SOMMAIRE
INTRODUCTION......................................................................................................................1
CHAPITRE I : NAISSANCE ET FONDEMENTS DE L’OMC................................................2
SECTION 1 : Introduction à l’Organisation Mondiale du Commerce.......................................2
CHAPITRE II : STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DE L’OMC...................................5
SECTION 2 : Structure de l’OMC.............................................................................................5
SECTION 3 : Fonctionnement de l’OMC..................................................................................9
CHAPITRE III : PRINCIPES ET DEFIS DE L’OMC.............................................................12
SECTION 4 : Règlement de différend à l’OMC.......................................................................12
SECTION 5 : Les défis de l'OMC............................................................................................16
CHAPITRE IV : ADHESION ET OPPPORTUNITES DE MADAGASCAR AVEC L’OMC20
SECTION 6 : Madagascar et l’OMC :......................................................................................20
CONCLUSION.........................................................................................................................24
INTRODUCTION
Pour veiller à la bonne application des accords commerciaux internationaux, plusieurs
États ont trouvé bon de mettre en place en Janvier 1995 l’OMC (Organisation Mondiale du
Commerce) ; issue des nombreux cycles de négociations sur la libéralisation du commerce
mondiale qui ont lieu depuis la seconde guerre mondiale ; elle s’est imposée comme une
organisation clé dans l’architecture économique internationale. L’on est donc tenté de se
demander comment se présente son bilan. Nous nous verrons d’abord la naissance et
fondements de l’OMC ensuite nous étudierons son structure et fonctionnement de l’OMC et
dans l’ultime partie nous relèverons principes et défis de l’OMC et enfin la dernière partie,
adhésion et opportunités de Madagascar avec l’OMC.
CHAPITRE I : NAISSANCE ET FONDEMENTS DE L’OMC
SECTION 1 : Introduction à l’Organisation Mondiale du Commerce
1.1 Contexte historique de la création de l'OMC
L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est née d'une longue évolution du système
commercial international, c'est le résultat d'un processus d'intégration économique mondiale
très long et d'une volonté de contrôler les échanges commerciaux internationaux. Il trouve ses
origines dans l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), conclu à la fin
de la Seconde Guerre mondiale en 1947.
1.1.1 Les origines : l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT)
- Après la Seconde Guerre mondiale, en 1944, les accords de Bretton Woods établissent le
Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale. Un troisième pilier était prévu :
l'Organisation Internationale du Commerce (OIC).
- L'OIC ne voit jamais le jour en raison de l'opposition du Congrès américain. À la place,
quelques pays signent en 1947 l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce
(GATT).
- Le GATT, initialement conçu comme un accord provisoire, devient de facto l'instrument de
régulation du commerce international pendant près de 50 ans.
1.1.2 L'évolution du GATT
- Le GATT fonctionne à travers des cycles de négociations commerciales multilatérales,
appelés "rounds".
- Les premiers rounds se concentrent principalement sur la réduction des tarifs douaniers.
- Le Kennedy Round (1964-1967) introduit l'Accord antidumping du GATT.
- Le Tokyo Round (1973-1979) s'attaque aux barrières non tarifaires et améliore le système
commercial pour les pays en développement.
1.1.3 L'Uruguay Round et la naissance de l'OMC
- L'Uruguay Round, lancé en 1986, est le plus ambitieux des cycles de négociations.
- Il aborde de nouveaux domaines comme les services, la propriété intellectuelle, l'agriculture,
et les textiles.
- Les négociations durent près de 8 ans et culminent avec les Accords de Marrakech en 1994.
- Ces accords établissent l'Organisation Mondiale du Commerce, qui entre en vigueur le 1er
janvier 1995.
1.1.4 La transition du GATT à l'OMC
- L'OMC incorpore les principes du GATT mais va bien au-delà en termes de portée et de
pouvoirs institutionnels.
Elle établit un cadre institutionnel permanent pour la gestion du commerce international.
- L'OMC introduit un mécanisme de règlement des différends plus efficace et contraignant.
1.2 Objectifs et missions de l'OMC
Les objectifs actuels de l'OMC ont été modifiés afin de s'ajuster aux défis du commerce
Mondial moderne, tout en préservant les bases établies lors de son établissement.
Les objectifs majeurs actuels de l'OMC sont les suivants :
Amélioration du commerce à l'échelle mondiale
- Réduction des entraves au commerce : droits de douane, exclusions, aides, etc.
- Favoriser une concurrence loyale et juste entre les pays.
- Favoriser une libéralisation progressive et structurée du commerce international.
Élaboration et exécution d'accords commerciaux
- Mise en place de réunions visant à négocier des accords commerciaux multilatéraux
. - Contrôle de la mise en place des accords déjà en place
- Actualisation et ajustement des accords en fonction des changements dans le commerce
mondial.
Règlements des conflits commerciaux
- Proposer un système de résolution des conflits entre les membres
- Analyse des contrats commerciaux en cas de conflits.
Surveillance des politiques commerciales :
- Analyse des accords commerciaux en cas de différends.
- Examen régulier des politiques commerciales des membres.
- Assurer la transparence des pratiques commerciales nationales.
- Encourager l'adhésion aux principes et règles de l'OMC.
Assistance technique et renforcement des capacités
- Fournir une assistance technique aux pays en développement.
- Organiser des formations et des ateliers pour renforcer les capacités des pays membres.
- Aider les pays les moins avancés à s'intégrer dans le système commercial mondial.
Coopération avec d'autres organisations internationales
- Collaborer avec le FMI, la Banque mondiale, et d'autres organisations internationales.
- Participer aux efforts mondiaux pour le développement durable et la réduction de la
pauvreté.
- Coordonner les politiques économiques mondiales.
Encouragement de la précision et de la stabilité
- Minimiser l'instabilité dans les échanges commerciaux internationaux.
Instaurer un environnement commercial prévisible afin de simplifier la planification à long
terme des sociétés.
Favoriser la croissance économique et le progrès.
- Améliorer la disponibilité des marchés afin de favoriser la croissance économique.
- Favoriser la croissance économique, notamment dans les pays en voie de développement.
Préservation de la nature et encouragement du développement durable
- Inclure les enjeux liés à l'environnement dans les contrats commerciaux.
- Favoriser la vente de produits et de services respectueux de l'environnement.
Résistance face aux défis du 21e siècle
- Discuter des problématiques concernant le commerce en ligne et l'économie numérique.
- S'ajuster aux réalités actuelles du commerce mondial, telles que les chaînes de valeur à
l'échelle mondiale.
CHAPITRE II : STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DE L’OMC
SECTION 2 : Structure de l’OMC
L’OMC entant qu’une institution internationale, regroupe des différents pays ou
encore des territoires douaniers autonomes qui effectuent des accords et des engagements afin
de réguler le commerce international. En vue de faciliter la coopération entre les membres,
l’OMC est dotée d’une structure hiérarchique pour que le commerce mondial soit bien
règlementé. L’institution internationale possède plusieurs organes tels que : La conférence
ministérielle, le conseil général, les conseils spécialisés, les comités et groupes de travail.
2.1. Les organes principaux de l’OMC et ses rôles
- La conférence ministérielle : c’est l’organe de décision suprême de l’OMC, cet organe est
chargé de prendre toutes les décisions qui concernent le commerce international. Elle
regroupe les ministres du commerce des pays membres et se réunissent au moins une fois tous
les deux ans. C’est cet organe qui surveille toutes les activités effectuées par l’OMC. Durant
cette réunion, les ministres mettent à jours les accords existants et peuvent aussi adopter des
nouveaux accords internationaux comme des accords sur les échanges. De plus, l’adhésion de
nouveaux membres doit passer sous l’autorité de cet organe. Partant de cette supériorité,
l’organe peut résoudre des litiges commerciaux complexes.
- Le conseil général : il est composé des chefs de délégation poste et des ambassadeurs et
représentant permanents de chaque membres. Ils se réunissent plusieurs fois tout au long de
l’année au siège de l’organisation à Genève en tant qu’Organe d’Examen des Politiques
Commerciales (OEPC) et agissent aussi en tant qu’Organe de Règlement de Différends
(ORD). Cette réunion doit porter le nom de la conférence ministérielle. Le conseil général est
chargé de contrôler les travaux des comités et des conseils spécialisés.
- Les conseils spécialisés : Le niveau suivant est celui des conseils spécialisés qui supervisent
chacun leurs domaines spécifiques. L’OMC possède trois conseils spécialisés :
Le conseil du commerce des marchandises : son rôle est d’examiner les accords sur les
échanges de biens comme par exemple l’accord sur l’agriculture.
Le conseil du commerce des services : effectue un contrôle des engagements des
membres sur l’ouverture des marchés de services. Ce conseil est aussi chargé de
superviser l’Accord Général sur le Commerce des services (AGCS).
Le conseil des aspects des droits de propriété intellectuelle (AADPIC) : c’est celui qui
examine la conformité aux règles relatives à la propriété intellectuelle, il régisse les
droits d’auteurs ou des brevets liés au commerce international.
-Les comités et groupes de travail : Ils s’occupent des divers accords sur des domaines
spécifiques : l’environnement, le développement, les demandes d’accession et adhésion de
nouveaux membres. On distingue les comités qui surveillent les restrictions à l’exportation
des pays membres, des comités sur le commerce et le développement qui observe de près le
commerce dans les pays en développement (PED) et élabore des politiques sur le
développement dans le cadre de l’OMC, les groupes de travail sur les adhésions vérifient si
les politiques commerciales des pays membres sont conformes aux règles imposées par
l’OMC, ces groupes
Figure 1 : Structure de l’OMC
Source : OMC. « Structure organisationnelle de l’OMC ». Rapport annuel de l’OMC 2023,
pp. 20-21.
2.2. Les membres de l’OMC
L’OMC regroupe un large éventail de pays après avoir respecté les engagements spécifiques
d’adhésion à cette institution internationale. Actuellement, l’OMC regroupe 164 membres de
pays ou des territoires ayant des autonomies douanières. Les membres de l’OMC peuvent
représenter une différence en termes de capacité économique, de pratique sociale ou
traditionnelle et surtout les structures institutionnelles. En général, ces membres sont repartis
comme suit :
Pays développés : ces pays sont plutôt prioritaires dans cette institution d’autant plus
qu’ils possèdent une grande capacité et un taux élevé en échange international. Ces
pays sont aussi privilèges dans l’élaboration des politiques et les négociations
commerciales de l’OMC. Dans cette répartition, on y trouve : les Etats-Unis, le Japon,
l’Australie, l’Union Européenne et le Canada
Pays en développement (PED) : cette composition représente la majorité des membres
de l’OMC. Ces pays cherchent tous à s’inscrire davantage sur le commerce
international même si les intérêts attendus ne sont pas identiques. Les pays émergents
comme la Chine, l’Afrique du Sud, le Brésil font parties de cette répartition des
membres de l’OMC.
Pays les moins avancés (PMA) : des pays les plus économiquement vulnérables sont
aussi accordés par l’OMC d’être parmi ces membres. Cette décision est prise afin de
les soutenir à intégrer dans le commerce international. Cette catégorie inclut plusieurs
pays de l’Afrique Subsaharienne, des pays en retard de développement comme le
Népal, le Bangladesh.
Territoires douaniers autonomes : des plusieurs territoires possédant une autonomie
douanière en dehors de leur Etats souverains sont aussi membres de l’OMC. Comme
par exemple, l’OMC a permis un territoire de la Chine pour être membre, l’Hong-
Kong en est aussi un exemple dans cette catégorie.
2.3. Secrétariat de l’OMC
En vue de faciliter les négociations commerciales et la mise en œuvre des accords, le
secrétariat de l’OMC occupe une place importante dans l’activité quotidienne de cette
institution. Cependant, seuls les pays membres ont des pouvoirs de décision et non pas ce
secrétariat. Actuellement, Ngozi Okonjo-Iweala est la directrice générale qui dirige le
secrétariat de l’OMC, elle est la première africaine et la première femme qui a pu occuper ce
poste. Ce secrétariat comprend : le directeur général, des directeurs généraux adjoints et des
départements et divisions et compte 620 fonctionnaires à Genève.
Le directeur général : est chargé de représenter l’OMC durant des forums internationaux.
C’est le premier responsable à gérer le secrétariat.
Les directeurs généraux adjoints : aident le directeur général à surveiller les actes des
départements et divisions.
Les départements et divisions : leurs principales missions sont d’aider les membres de
l’OMC dans les domaines spécifiques comme la négociation commerciale, la coopération
technique.
Le secrétariat de l’OMC effectue des appuis techniques en organisant des formations pour
aider les PED à participer dans les échanges mondiaux. De plus, ce secrétariat fournisse des
services juridiques sur le processus de règlement des différends. C’est le secrétariat qui
organise les conférences ministérielles. Pour une meilleure négociation commerciale entre les
pays membres, le secrétariat procure une assistance logistique et prend en charge les calculs et
analyses économiques sur le domaine du commerce pour que les pays membres possèdent des
renseignements sur le commerce mondial. En somme, le secrétariat soutient les membres de
l’OMC à s’intégrer efficacement au système commercial international, l’assistance de ce
secrétariat peut favoriser la confiance entre les membres sur des sujets commerciaux. Ce
secrétariat est par conséquent indispensable pour le bon fonctionnement de l’organisation.
Figure 2 : Organigramme du Secrétariat de l’OMC, à la fin de mai 2023
Source : Organisation Mondiale du Commerce (OMC). “Structure du Secrétariat de l’OMC.”
pp. 4.
SECTION 3 : Fonctionnement de l’OMC
L’OMC repose sur plusieurs principes clés : non-discrimination entre partenaires,
réduction des barrières commerciales, transparence des politiques commerciales et promotion
de la concurrence loyale, en mettant un accent particulier sur les besoins des pays en
développement. Concrètement, l'OMC fonctionne par le biais de trois mécanismes
principaux : la négociation d'accords commerciaux, la mise en œuvre et le suivi de ces
accords, et un système de règlement des différends pour résoudre les conflits commerciaux
entre ses membres. L’organisation joue un rôle crucial dans la gouvernance du commerce
international en encourageant la coopération tout en équilibrant la libéralisation du commerce
avec les intérêts nationaux. Elle se conforme aux principes du multilatéralisme économique et
influence fortement le système commercial global. Pour approfondir, nous examinerons
d'abord les principes de base du commerce international, puis les accords de l'OMC.
3.1. Principes de base du commerce International
Les bases du commerce international reposent sur des théories économiques développées
au fil des siècles. David Ricardo a introduit le concept d'avantage comparatif au début du 19e
siècle, suggérant que chaque pays devrait se spécialiser dans les biens et services pour
lesquels il est le plus efficace, même sans avantage absolu dans tous les domaines. Ce concept
permet une allocation plus efficace des ressources globales. Les théories modernes, comme le
modèle Heckscher-Ohlin, examinent les facteurs de production tels que le travail, le capital et
les terres pour déterminer les modèles commerciaux entre pays. Ces théories favorisent la
productivité, la diversité des choix pour les consommateurs et l'innovation par la concurrence.
Le commerce international est également crucial pour le développement, permettant aux pays
d'accéder à de nouveaux marchés, d'attirer des investissements et de bénéficier de transferts de
technologie, bien que certains pays puissent être désavantagés en raison de leurs systèmes
internes moins compétitifs.
3.1.1. La libéralisation des échanges
La libéralisation du commerce est un processus complexe visant à réduire
progressivement les barrières commerciales telles que les tarifs douaniers, les quotas
d'importation, les subventions nationales, les réglementations techniques et les restrictions sur
les investissements étrangers. Son objectif est de créer un environnement plus ouvert et
compétitif. Depuis la Seconde Guerre mondiale, ce processus a évolué avec la création du
GATT en 1947 et de l'OMC en 1995, qui ont mené à divers cycles de négociations
multilatérales, dont le Cycle d'Uruguay (1986-1994) qui a élargi les accords aux services
commerciaux et à la propriété intellectuelle. En parallèle, les accords régionaux et bilatéraux,
tels que l’ALENA (ACEUM) et l'Union européenne, sont devenus plus fréquents et parfois
vont au-delà des exigences de l'OMC. La libéralisation a entraîné une forte expansion du
commerce mondial, mais a aussi suscité des préoccupations concernant les pertes d'emplois
dans certaines industries, l'impact environnemental et la perte de souveraineté nationale.
3.1.2. La réciprocité et la non-discrimination.
Un autre principe fondamental dans les négociations commerciales est celui de la
réciprocité. Les principes de non-discrimination se matérialisent par deux concepts principaux
dans le système commercial de l’OMC. Premièrement, il est la clause de la nation la plus
favorisée. Cela signifie qu’un membre doit accorder à chacun de ses partenaires commerciaux
le même traitement qu’il accorde à sa nation la plus favorisée : qui est en général une
pratique. Dans l’exemple simple, si un pays accorde un tarif douanier plus favorable pour un
bien produit par la France, il ne peut pas discriminer le même bien produisant un pays
membre d’OMC. L’autre concept essentiel est le traitement national : une fois que les biens,
services ou éléments de propriété intellectuelle étrangers du marché de consommation ont été
importés, ils doivent être traités de manière non moins favorable que ceux de l’origine
nationale qui sont comparables. Les objectifs derrière ces principes sont rendus le commerce
moins discriminatoire et plus prévisible. Mais il y a des exceptions telles que les accords
commerciaux régionaux ou les clauses de non application aux pays en développement.
3.1.3. Résolution de différends et gouvernance.
Le système de règlement des différends de l'OMC est considéré comme essentiel pour le
commerce multilatéral. Il offre des règles et procédures pour résoudre les conflits entre
membres de manière équitable et réglementée. Le processus comprend des consultations, la
formation de groupes spéciaux pour examiner les cas, et la possibilité d'appel. Depuis sa
création, des centaines de cas, allant des subventions agricoles aux restrictions quantitatives,
ont été traités, avec plusieurs décisions mises en œuvre. En parallèle, l'OMC surveille les
politiques commerciales des pays membres pour renforcer la transparence. La gouvernance du
commerce mondial doit également évoluer pour inclure des enjeux modernes tels que le
commerce numérique, les chaînes de valeur mondiales, les questions environnementales et les
inégalités exacerbées par la mondialisation. Au-delà de l'OMC, d'autres organisations comme
la CNUCED et des mécanismes de gouvernance régionaux et bilatéraux jouent un rôle
crucial, ce qui rend le cadre commercial mondial encore plus complexe.
3.2. Les accords de l’OMC
Les règles juridiques de l'OMC forment la base du commerce multilatéral et couvrent divers
aspects du commerce mondial. Elles résultent principalement d'accords négociés entre les
membres, établissant des normes pour le commerce des biens et services, la protection de la
propriété intellectuelle, ainsi que des accords spécifiques sur l'agriculture, les questions
sanitaires et phytosanitaires, et les obstacles techniques au commerce. Ces accords créent un
cadre global visant à réguler les échanges internationaux et à promouvoir un commerce plus
ouvert et équitable. L'OMC administre ces accords, qui constituent les règles fondamentales
du commerce international. Ces accords sont le résultat de négociations entre les pays
membres et couvrent divers aspects du commerce. Voici un aperçu des accords les plus
importants :
3.2.1. L'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT)
Le GATT, bien qu'antérieur à l'OMC, reste la base des règles du commerce des
marchandises. Il établit les principes fondamentaux tels que la non-discrimination, la
réduction des barrières tarifaires, et l'élimination des restrictions quantitatives. Le GATT a été
mis à jour et incorporé dans le cadre de l'OMC en 1995.
3.2.2. L'Accord général sur le commerce des services (AGCS)
L'AGCS étend les principes du GATT au secteur des services. Il couvre une large
gamme de services, de la banque aux télécommunications, en passant par le tourisme et les
services professionnels. L'accord vise à libéraliser progressivement le commerce des services
tout en reconnaissant le droit des gouvernements à réglementer.
3.2.3. L'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au
commerce (ADPIC)
L'ADPIC établit des standards minimums pour la protection et l'application des droits
de propriété intellectuelle, y compris les brevets, les droits d'auteur, les marques déposées et
les indications géographiques. Il vise à équilibrer les droits des créateurs avec les besoins des
utilisateurs et de la société dans son ensemble.
3.2.4. L'Accord sur l'agriculture
Cet accord vise à réformer le commerce des produits agricoles et à rendre les
politiques plus orientées vers le marché. Il couvre des domaines tels que l'accès aux
marchés, les subventions à l'exportation et le soutien interne aux agriculteurs.
3.2.5. L'Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS)
L'accord SPS définit les règles de base pour la sécurité alimentaire et la santé animale
et végétale. Il permet aux pays de fixer leurs propres normes tout en veillant à ce que ces
réglementations soient basées sur des preuves scientifiques et n'entravent pas inutilement le
commerce.
3.2.6. L'Accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC)
L'accord OTC vise à garantir que les réglementations techniques, les normes et les
procédures d'évaluation de la conformité ne créent pas d'obstacles non nécessaires au
commerce international.
3.2.7. L'Accord sur les subventions et les mesures compensatoires
Cet accord réglemente l'utilisation des subventions gouvernementales et les actions
que les pays peuvent entreprendre pour contrer les effets des subventions.
3.2.8. L'Accord antidumping
Il définit les règles pour l'application de mesures antidumping lorsqu'un pays exporte
un produit à un prix inférieur à celui pratiqué normalement sur son marché intérieur.
3.2.9. L'Accord sur les sauvegardes
Cet accord permet aux pays membres de prendre des mesures temporaires pour
protéger une industrie nationale spécifique contre une augmentation imprévue des
importations qui cause ou menace de causer un préjudice grave à cette industrie.
3.2.10. L'Accord sur la facilitation des échanges
Le plus récent accord majeur de l'OMC, entré en vigueur en 2017, vise à simplifier,
moderniser et harmoniser les procédures d'exportation et d'importation.
Ces accords forment l'épine dorsale du système commercial multilatéral géré par
l'OMC. Ils sont constamment révisés et mis à jour à travers des cycles de négociations pour
s'adapter aux évolutions du commerce mondial.
CHAPITRE III : PRINCIPES ET DEFIS DE L’OMC
SECTION 4 : Règlement de différend à l’OMC
Le règlement des différends est une activité centrale de l'OMC, visant à faciliter la
résolution des conflits commerciaux et à prévenir leurs effets négatifs. Ce système a été
élaboré lors du Cycle d'Uruguay en 1995, s'appuyant sur les procédures du GATT de 1947,
qui étaient jugées rigides. Le système est régi par un mémorandum d'accord qui définit les
règles et procédures en vigueur, et est administré par l'Organe de Règlement des Différends
(ORD). Les membres de l'OMC peuvent participer en tant que parties ou tierces parties dans
les procédures.
Le mémorandum d'accord est crucial pour stabiliser les relations commerciales et promouvoir
le libre-échange, en tenant compte des besoins des pays en développement et en favorisant
leur croissance économique à travers la résolution des différends. Bien que les procédures
soient complexes et varient selon les cas, l'OMC propose un module de formation pour guider
les participants dans le système de règlement des différends.
4.1. Procédure de règlement de différend
4.1.1. Demande de consultation
La demande de consultation et la première étape de règlement de différend de l’OMC.
Il s’agit ici d’une requête ordonnée par un plaignant, à un pays ayant violer les accords de
l’OMC. L’objectif est de faire une consultation bilatérale visant à trouver une solution à
l’amiable au différend. En ce sens, les parties entame une procédure de de bons office, de
conciliation et de médiation1 dans le but de résoudre de manière productive et objective du
différend. Cela nécessite l’intervention d’un médiateur (comme le directeur général de
l’OMC), qui contribue aux dialogues et il peut proposer une solution que les deux parties ne
sont pas obligatoirement tenues d’accepter.
Les procédures de consultation durent pendant 60 jours. Le plaignant doit adresser la
demande au membre défendeur mais aussi à l’ORD. Le défendeur est tenu de comprendre et
répondre à la requête dans un délai de 10 jours et engager des consultations de bonne foi au
plus tard 30 jours après la date de réception. Dans le cas où le délai n’est pas respecté, ou à la
1
Prévu par l’article 5:1 du mémorandum d’accord.
condition que la consultation n’avait pas abouti à une solution satisfaisante, la partie
plaignante peu demander l’établissement d’un groupe spécial.
4.1.2. La constitution d’un groupe spécial.
La constitution d’un groupe spéciale s’effectue dans un cas où les consultations
n’aboutissent pas à un règlement de différent. Elle marque le début de la phase
juridictionnelle. Cette perspective a pour but de créé un groupe chargé de rendre une décision
juridictionnelle. L’organe spéciale offre une occasion le plaignant de plaider leur cause
conformément aux avantages ou au droit conféré par les accords de l’OMC. L’objet de la
demande de constitution d’un groupe spécial doit déterminer le mandat type du groupe spécial
c’est-à-dire spécifier la portée et les limites du différend permettant de définir la sphère de
compétence de ce dernier. L’ORD est en charge de la formation du groupe spéciale et il doit
être réuni après sa deuxième réunion. Le groupe spécial est essentiellement constitué de
spécialiste, des intellectuelles. Ces derniers étant membre d’un comité au sein de l’OMC.
4.1.3. Rapport du groupe spécial.
Le rapport du groupe spécial comprend 2 phases : la phase opérationnelle et la phase
finale. D’une part, la phase opérationnelle du processus de règlement de différend comprend
les procédures d’examen et de réexamen effectué par le groupe spécial, sa remise du rapport
aux parties concernées et à sa soumission auprès de l’ORD.
L’organe spécial consulte les parties au différend, en faisant une évaluation objective de la
situation et analyser des possibilités appropriées d’application des règles dans le cadre de la
disposition des accords visés. Les rapports de l’organe spécial permettent aussi à l’ORD de
soumettre une décision abordable au partis concernées suivant les termes de l’accord visé.
D’autre part, la phase finale qui concerne l’adoption du rapport. Le rapport est une
recommandation de la partie perdante à se plier à la règle de l’OMC accompagné des
recommandations pour y parvenir. Cependant l’adoption du rapport se fait 60 après sa date de
distribution sauf si ce dernier fasse objet d’appel.
4.1.4. Procédure d’appel
Cette procédure ne démarre que si les parties concernées s’oppose aux conclusions
rendu par l’organe spécial. L’appel est porté devant une instance permanente de l’ORD qui est
l’organe d’appel. La procédure ne doit pas dépasser les 60 jours. L’affaire ne doit concerner
que sur des questions de légitimité et des questions sur l’aspect juridique du rapport de
l’organe spéciale. Ainsi l’organe appel peut modifier, confirmer les décisions de l’organe
spéciale.
4.1.5. La mise en œuvre des recommandations
L’ORD suit de très près les la mise en œuvre des recommandations, les décisions et les
rapports venant de l’organe spécial et de l’organe d’appel. Le perdant doit informer de ses
intentions sur le respect de ces recommandations et s’il ne peut pas les appliquer
immédiatement, il dispose d’un délai de raisonnable pour affirmer sa capaciter à respecter la
décision.
4.1.6. Mesure de rétorsion
Si le membre perdant n’est pas en mesure de respecter dans un délai raisonnable ses
obligations conformément aux recommandations imposées par l’organe d’appel, le plaignant a
le droit de jouir d’une compensation. Cela peut se manifester par une initiative de
compensation mutuelle afin de régler les différends sans déstabiliser les termes de l’accord
visé. Par exemple une compensation sur la réduction des barrières tarifaire pour le plaignant
mais de même systématiquement pour les autres membres.
4.2. Les apports règlement de différend de l’OMC et exemple de litige résolu.
4.2.1. L’importance de système de règlement de différend.
Les différends commerciaux sont courants et peuvent perturber le commerce
international. Le système de règlement des différends de l'OMC est crucial pour maintenir le
bon déroulement des échanges et favoriser la coopération multilatérale. Ce système a
plusieurs avantages : il assure le respect des engagements des membres selon les accords
commerciaux, offre une solution aux différends sans recours à des mesures unilatérales, et
renforce la stabilité et la sécurité des échanges, réduisant ainsi l'incertitude pour les
investisseurs. Une résolution efficace des conflits augmente la confiance entre les membres et
soutient la coopération commerciale. Économiquement, elle promeut le libre-échange,
objectif central de l'OMC. Le système inclut également des mesures pour renforcer la
participation des pays en développement, tels que des rapports sur le traitement spécial
différencié et une assistance juridique, facilitant ainsi leur intégration économique
indépendamment de leur niveau de développement.
4.2.2. Cas de litige du règlement de différend de l’OMC :
Le différend sur le régime de la Communauté européenne (CE) concernant
l’importation, la vente et la distribution des bananes a été porté devant l'OMC par l'Équateur,
le Guatemala, le Honduras, le Mexique et les États-Unis. Ils ont accusé la CE de violer
plusieurs articles du GATT et divers accords commerciaux. Un groupe spécial, créé en mai
1996, a confirmé que les procédures de licences d’importation de la CE étaient incompatibles
avec le GATT. Bien que la CE ait fait appel, l'Organe d’appel a maintenu cette décision, mais
a ajusté certaines constatations. Le rapport modifié a été adopté en septembre 1997, avec un
délai de mise en œuvre jusqu'au 1er janvier 1999.
Le différend a évolué lorsque les plaignants ont contesté les nouvelles mesures de la CE. En
décembre 1998, la CE a demandé un groupe spécial pour vérifier la conformité de ses
mesures aux règles de l'OMC, tandis que l'Équateur a demandé la réactivation du groupe
spécial initial. En janvier 1999, l'ORD a reconvoqué le groupe spécial. Les États-Unis ont
demandé l'autorisation de suspendre des concessions commerciales à hauteur de 520 millions
de dollars EU, mais ce montant a été réduit à 191,4 millions de dollars EU après décision des
arbitres. Le 19 avril 1999, l'ORD a autorisé cette suspension de concessions
SECTION 5 : Les défis de l'OMC
Les dernières décennies ont été marquées par des changements majeurs dans le commerce
mondial en raison de la mondialisation. La période susmentionnée a entraîné des avancées
technologiques et des marchés libéralisés qui ont accéléré le processus d’intégration
économique, rendant ainsi la coopération internationale plus complexe que jamais. Sans
aucun doute, l’Organisation mondiale du commerce a toutes les raisons de demeurer le
principal contrôleur du système ; cependant, de nouveaux défis inattendus se posent, y
compris une tendance croissante aux politiques protectionnistes, les déficits commerciaux et
des acteurs nouveaux et agressifs.
5.1. Les critiques de l’OMC
5.1.1. La transparence de l’OMC
L’OMC, essentielle pour le commerce multilatéral, fait face à des critiques,
notamment concernant son manque de transparence. Les États-Unis illustrent ce problème en
utilisant leur droit de veto sur les nominations à l'Organe d'appel (OA), central dans la
résolution des différends commerciaux. Cela entraîne des retards dans l'application des
décisions, pouvant pousser les pays à adopter des représailles unilatérales comme des hausses
tarifaires. Les Instruments de Défense Commerciale (IDC), initialement conçus comme des
exceptions, sont de plus en plus utilisés, surtout contre les produits chinois depuis 2001. Bien
que régulés par l’OMC, leur application varie entre pays, créant des divergences et des litiges.
De plus, la pratique interdite du "zeroing" par les États-Unis a conduit à des sanctions
chinoises, montrant les tensions dans la mise en œuvre des règles de l’OMC.
5.1.2. L’OMC et l’environnement
La conférence des Nations Unies sur le développement durable, tenue du 20 au 22 juin
2012, marque le 20e anniversaire du sommet de Rio et le 40e de la conférence de Stockholm.
Elle aborde pour la première fois la relation entre commerce international et protection de
l'environnement. Le Plan d'action de Stockholm (1972) avait stipulé que la protection de
l'environnement ne devait pas servir de prétexte à des politiques commerciales
discriminatoires.
Depuis les années 1990, la libéralisation du commerce, les investissements étrangers et les
avancées technologiques ont globalisé l'économie, réduisant les coûts d'échange. Cependant,
cette globalisation a conduit à une hausse des émissions de CO2, principalement via les
services de transport et le « carbone virtuel » incorporé dans les importations. Le transport
international contribue à 37% des émissions globales des énergies fossiles, tandis que les
émissions associées aux biens échangés ont augmenté plus rapidement que le PIB mondial.
Les accords de libre-échange comme l’ALENA et ceux entre les États-Unis et l’Australie ont
exacerbé ces émissions, tandis que les délocalisations industrielles vers des pays à faibles
normes environnementales ont intensifié les émissions transférées. Les pays à revenu élevé
sont devenus des exportateurs nets de carbone, tandis que les pays en développement sont
devenus des importateurs nets de produits énergétiques.
L’analyse de Chen et al. (2011) révèle que les grandes économies comme le G7 sont des
exportateurs nets de carbone, tandis que les BRIC et le reste du monde ont des déficits. Cette
situation montre que la globalisation ne réduit pas les émissions mondiales de carbone. Les
recherches d’Aichele et Felbermayr (2010) confirment que les contraintes climatiques
internationales n’ont pas significativement diminué les émissions associées aux importations.
La globalisation, loin de favoriser une réduction nette des émissions, pose des défis
importants pour une transition écologique efficace
5.2. Le protectionnisme
L'ouverture aux échanges, souvent promue par la théorie économique, est également
sujette à des critiques. En effet, la mondialisation est accusée de conduire à la destruction
d'emplois et à la baisse des salaires, ce qui engendre parfois la mise en place de mesures
protectionnistes. Cependant, ces mesures ont, par le passé, donné des résultats mitigés.
5.2.1. Les Gains Attendus du Libre-Échange
Les théories classiques du commerce international suggèrent que chaque pays
bénéficie de la spécialisation dans les productions où il est le plus productif. En exportant des
biens ou services dans lesquels il excelle et en important ceux fabriqués plus efficacement
ailleurs, un pays peut accroître sa productivité globale. Ce mécanisme de spécialisation
permet d’augmenter la production et la consommation de biens et services.
Cette logique se compare à celle des individus se spécialisant dans des tâches distinctes : par
exemple, un boulanger se concentre uniquement sur la fabrication du pain, tandis qu’un
maçon se consacre à la construction de maisons. Cette spécialisation améliore la productivité
des deux métiers, augmentant ainsi la production totale.
Les théories d'Adam Smith (avantage absolu) et de David Ricardo (avantages comparatifs)
exposent ces gains de manière détaillée. Selon Ricardo, chaque pays a toujours un intérêt à se
spécialiser et à commercer. Bien que la théorie de Ricardo puisse paraître simpliste, les
avantages comparatifs demeurent un pilier fondamental de la réflexion sur le commerce
international.
5.2.2. Les Critiques du Libre-Échange
Malgré les avantages théoriques, l'application des principes de Ricardo peut engendrer
des effets négatifs. La spécialisation d’un pays peut entraîner la disparition de certaines
industries et la perte d'emplois, rendant difficile la reconversion des travailleurs dans les
nouvelles activités dominantes. En outre, la mondialisation intensifie la concurrence avec les
pays en développement, ce qui peut provoquer des délocalisations et des licenciements
massifs dans les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre peu qualifiée.
Face à ces défis, le protectionnisme est souvent proposé comme une réponse. Il peut prendre
diverses formes :
Droits de douane : Taxes sur les importations visant à protéger les industries locales.
Normes sanitaires : Régulations sanitaires qui peuvent parfois être utilisées pour
limiter les importations sous prétexte de protection du consommateur.
Favoritisme des producteurs domestiques : Préférence pour les entreprises locales dans
les appels d’offres publics.
Subventions : Aides financières accordées aux producteurs locaux pour les protéger de
la concurrence étrangère.
5.2.3. Le Protectionnisme Éducateur
L’argument du protectionnisme éducateur, formulé par Friedrich List au XIXe siècle,
propose qu’un gouvernement protège ses industries naissantes jusqu'à ce qu’elles soient
capables de rivaliser avec les producteurs internationaux. Cette stratégie vise à favoriser le
développement d'industries locales, qui, une fois matures, pourront affronter la concurrence
mondiale sans protection.
5.2.4. Les Limites du Protectionnisme
En période de crise, les gouvernements peuvent être tentés d'imposer des barrières
douanières pour protéger leurs économies locales. Cependant, l’histoire montre que de telles
mesures peuvent avoir des effets néfastes. Par exemple, la montée du protectionnisme dans les
années 1930 a exacerbé la crise économique, tandis que la période d'après-guerre, marquée
par la réduction progressive des barrières commerciales, a vu une prospérité accrue.
Des mesures protectionnistes comme celles mises en place par Donald Trump, telles que les
droits de douane sur les importations chinoises et européennes, ont des effets secondaires
importants. Elles peuvent réduire les importations, mais également entraîner une appréciation
du dollar, rendant les exportations américaines plus coûteuses et diminuant ainsi la
compétitivité des produits américains à l’étranger. Ce phénomène peut annuler les bénéfices
escomptés pour l'emploi et réduire la productivité économique globale.
Le débat persiste quant à la réponse appropriée aux mesures protectionnistes étrangères.
L'économiste Frédéric Bastiat avait critiqué cette approche avec la célèbre maxime : « Ce
n’est pas parce que les étrangers ont des côtes rocheuses que nous devons mettre des rochers
dans nos ports. »
5.2.5. Difficultés de Mise en Œuvre du Protectionnisme
Enfin, le protectionnisme éducateur, bien que séduisant, repose sur l’hypothèse que
l’État peut identifier précisément les secteurs à protéger. En réalité, les protections peuvent
souvent bénéficier aux industries les mieux représentées politiquement plutôt qu’à celles qui
seraient réellement économiquement pertinentes. Parfois, ces mesures protègent des rentes
économiques plus qu'elles ne soutiennent le développement industriel véritable, ce qui peut
nuire à l'économie globale.
Ainsi, la mise en œuvre de politiques protectionnistes doit être soigneusement évaluée pour
éviter qu'elles ne servent les intérêts d'un petit groupe au détriment de l'économie nationale
dans son ensemble.
CHAPITRE IV : ADHESION ET OPPPORTUNITES DE MADAGASCAR
AVEC L’OMC
SECTION 6 : Madagascar et l’OMC :
6.1. L’adhésion de Madagascar :
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) est une institution internationale qui
régit les règles du commerce entre les pays. Madagascar est membre de l'OMC depuis 1995, il
a adhéré à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) plus précisément le 17 novembre
1995. Depuis cette date, le pays a engagé des efforts pour s'intégrer dans le système
commercial mondial. En tant que membre de l'OMC, Madagascar doit se conformer aux
règles internationales du commerce, ce qui inclut la notification des réglementations
techniques et le respect des normes sanitaires et phytosanitaires.
Ensuite, ils existent quelques aspects de cette relation entre l’OMC et Madagascar tels que :
l’accès au marché, les règlementations commerciales, le soutien au développement, …
Cependant, Madagascar rencontre des défis importants, notamment la corruption, la
bureaucratie et le manque de transparence réglementaire. Ces obstacles affectent la
compétitivité économique et compliquent les efforts pour attirer des investissements
étrangers. Les investisseurs étrangers soulignent souvent l'imprévisibilité des processus
législatifs et réglementaires du pays, ainsi que les retards bureaucratiques et les inefficacités
qui en découlent. En termes de commerce extérieur, Madagascar participe également à
plusieurs organisations régionales, telles que le COMESA, la SADC et la Commission de
l'océan Indien (COI). Bien que le pays ait signé l'accord de la Zone de libre-échange
continentale africaine (ZLECA), il n'a pas encore ratifié cet accord sur l’OMC. Le commerce
extérieur contribue à environ 49 % du PIB de Madagascar. Les principaux partenaires
commerciaux du pays incluent la France, la Chine, les États-Unis, les Émirats arabes unis,
l'Inde, l'Allemagne, l'Afrique du Sud et les Pays-Bas. La balance commerciale de Madagascar
s'est améliorée récemment, principalement grâce à une augmentation significative des recettes
d'exportation de produits tels que la vanille, les clous de girofle, et les minerais de titane et de
nickel.
En conclusion, la relation entre Madagascar et l'OMC est cruciale pour le développement
économique du pays, en facilitant son intégration dans le commerce mondial et en soutenant
ses efforts pour adopter des pratiques commerciales équitables et durables. Bien que
Madagascar ait fait des progrès depuis son adhésion à l'OMC, le pays doit encore surmonter
de nombreux défis pour tirer pleinement parti des avantages du commerce international et
améliorer son environnement économique et réglementaire pour les investissements étrangers.
6.2. Opportunités pour Madagascar dans le cadre de l’OMC :
Madagascar, en tant que membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), peut
tirer parti de plusieurs opportunités pour stimuler son développement économique. Voici
quelques-unes de ces opportunités :
6.2.1. Accès aux Marchés Internationaux :
L'adhésion à l'OMC permet à Madagascar d'accéder à des marchés internationaux plus
vastes c’est – à – dire qu’un accès privilégié aux marchés, ce qui facilite l'exportation de ses
produits, notamment agricoles et miniers. Cela permet au pays de vendre ses produits à un
plus grand nombre de consommateurs à travers le monde. L'OMC favorise la réduction des
barrières tarifaires et non tarifaires, facilitant ainsi les exportations de produits tels que la
vanille, le café, et les minerais. Madagascar bénéficie d'un commerce extérieur, en grande
partie grâce à ses produits agricoles et miniers
6.2.2. Renforcement des Capacités Commerciales :
L'OMC offre des programmes de formation et d’assistance ou de soutien technique pour
aider les pays en développement à renforcer leurs capacités commerciales. Madagascar peut
bénéficier de ces programmes pour améliorer ses infrastructures commerciales et sa
conformité aux normes internationales, ce qui rend ses produits plus compétitifs sur le marché
mondial. Le soutien technique de l'OMC aide Madagascar à améliorer ses capacités
réglementaires et commerciales. Les pays en développement comme Madagascar peuvent
s'intégrer plus efficacement dans le système commercial mondial. Dans l’initiative et
programme, Madagascar participe à diverses initiatives de l'OMC visant à promouvoir le
commerce équitable et durable, ainsi qu'à améliorer les capacités commerciales du pays.
6.2.3. Réglementations commerciales :
Madagascar doit respecter les règles et régulations établies par l'OMC, ce qui inclut les
politiques de libre-échange, les droits de douane, et les mesures sanitaires et phytosanitaires.
6.2.4. Promotion des Investissements Étrangers
En adhérant aux règles de l'OMC, Madagascar peut améliorer son environnement
d'investissement, rendant le pays plus attractif pour les investisseurs étrangers. Une
réglementation claire et stable est essentielle pour attirer des investissements qui peuvent
stimuler la croissance économique. Malgré les défis, Madagascar continue de réformer son
cadre réglementaire pour attirer les investissements étrangers et stimuler la croissance
économique.
6.2.5. Résolution des Différends Commerciaux
L'OMC offre un mécanisme de règlement des différends qui permet aux pays membres de
résoudre les conflits commerciaux de manière équitable et transparente. Madagascar peut
utiliser ce mécanisme pour garantir que ses différends commerciaux sont traités de manière
juste, renforçant ainsi la confiance de ses partenaires commerciaux. L'adhésion à l'OMC
fournit à Madagascar un cadre pour cette résolution sur les différends commerciaux
internationaux.
6.2.6. Diversification Économique
L'OMC encourage les pays à diversifier leurs économies. Madagascar peut ainsi
développer de nouveaux secteurs économiques, réduisant sa dépendance vis-à-vis de certains
produits et améliorant sa résilience économique. Madagascar peut ainsi développer de
nouveaux secteurs économiques, Cela peut inclure l'exploitation de nouvelles opportunités
dans l'industrie, le tourisme, et les services. Il fait des efforts pour varier son économie et
diminuer les obstacles structurels qui entravent la croissance.
6.2.7. Intégration Régionale :
En tant que membre de l'OMC et de plusieurs organisations régionales (COMESA,
SADC), Madagascar peut bénéficier de la coopération régionale pour améliorer les
infrastructures et les chaînes de valeur. Cette intégration facilite les échanges commerciaux
intra-régionaux et peut attirer des investissements supplémentaires. Madagascar est membre
de plusieurs groupements régionaux et travaille à améliorer ses échanges commerciaux
régionaux.
En tirant parti de ces opportunités, Madagascar peut maximiser les bénéfices de son
adhésion à l'OMC et promouvoir un développement économique durable. Les efforts pour
diversifier l'économie, améliorer les infrastructures, et renforcer les capacités commerciales
sont essentiels pour atteindre ces objectifs et améliorer la prospérité du pays.
CONCLUSION
L’Organisation Mondiale du Commerce est issue d’un long processus historique dont
le précurseur est l’Accord Général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Sa
vocation est la poursuite d’un système commercial mondial prévisible et beaucoup plus
intégré. Le côté informel et flexible du GATT devenait problématique, et suite à des reformes
plus tard devient l’OMC. Le GATT et l’OMC visent à mettre en œuvre un processus de
libéralisation des échanges commerciales sur la base du multilatéralisme tout en ayant la
possibilité de maintenir les objectifs fondamentaux en politique intérieure, et à assurer le
respect des principes permettant une concurrence loyale entre les pays. C’est une organisation
conduite par ses membres catégorisés en deux notamment les membres à part entière et les
observateurs qui n’adhère pas à l’organisation mais suivent les travaux de l’OMC et
participent aux négociations. Ainsi, l’OMC diffère des autres organisations dans le fait qu’elle
ne dispose pas de délégation du pouvoir à un conseil d’administration, du droit de véto pour
les grandes puissances ou encore du droit de vote pondéré. Les grandes décisions comme
l’orientation stratégique au sein de l’organisation nécessitent tout d’abord l’adoption par
consensus lors des conférences ministérielles rassemblant les ministres du commerce des pays
membres. Le fonctionnement de l’OMC repose sur des principes fondamentaux, ces principes
régissent les échanges commerciaux entre les pays membres, qui visent un environnement
commercial stable, transparente et non discriminatoire. Parmi eux, le principe de la nation la
plus favorisée, le traitement national, la transparence, et le mécanisme de règlement des
différends qui est d’ailleurs classé comme l’un des grands accomplissements du cycle
d’Uruguay. A travers le mémorandum d’accords, les procédures sont codifiées dans le
système de règlement des différends permettant à l’OMC de faire respecter les accords
commerciaux multilatéraux, ainsi les obligations issues du MRD a été limité par un délai.
L’OMC gère de nombreux accords multilatéraux dans plusieurs domaines et a élargi les
champs d’action dans l’agriculture, la propriété intellectuelle et le secteur des services. Ces
accords établissent les règles du jeu dans les échanges commerciaux, et sont régulièrement
négociés pour les actualisé en fonction de l’évolution du commerce international. Même si les
progrès en matière commerciale sont remarquables et en partie stimuler par l’OMC,
l’organisation fait face à des critiques, accusé de favoriser l’intérêt des grandes puissances les
critiques portent sur le fait que l’organisation leur sert d’instrument et reflète le pouvoir entre
les acteurs du système international. Les Etats puissants exigent que les règles permettent au
donateur de dicter l’utilisation de leur contribution et ainsi avoir l’influence sur l’organisation.
Les critiques sur l’OMC reposent aussi sur la protection du travail dont l’importance à travers
les règles de l’organisation n’est pas significative. Outre ces critiques, l’OMC voit ses règles
marginaliser au fil du temps, l’augmentation massive du nombre d’accords commerciaux
préférentiels favorise la montée du protectionnisme, dont les conséquences directes seraient la
réduction du commerce mondiale, l’augmentation des prix causé par l’inexistence de
concurrence, une distorsion du marché et des tensions commerciales entre les pays. Un cas
récent démontrant la montée de ce régime protectionniste est celle du début de la pandémie du
COVID 19, le manque de matériels médicaux a conduit à plusieurs pays de limiter les
exportations de ces biens médicaux, un recul historique des exportations et des importations a
été observé durant cette pandémie. Les défis auxquels l’OMC fait face dans un contexte de
mondialisation de plus en plus complexe figurent parmi les points à revoir et nécessite une
reforme juridique des règles par le renforcement du mécanisme de règlement des différends.
La dernière section a illustré ces enjeux à travers le cas spécifique de Madagascar, membre
depuis le17 Novembre 1995, Madagascar se doit de tirer parti des avantages du commerce
international pour soutenir sa croissance économique et réduire le taux de pauvreté dans le
pays. Cependant d’autres défis notamment les infrastructures, la diversification économique et
beaucoup plus de compétitivité des produits au niveau international sont à relever et nécessite
l’intérêt des dirigeants.
Il est indiscutable que le système commercial international a progressé dans l’après-guerre.
L’OMC autrefois le GATT sont largement responsables d’une très grande partie de ce progrès.
Toutefois, la croissance du protectionnisme, la prolifération des accords commerciaux
bilatéraux et régionaux, la montée et le déclin des puissances hégémoniques n’augurent rien
de bon pour l’organisation. Nombreux défis internes et externes mettent à l’épreuve
l’efficacité de l’OMC, nécessitant des reformes au sein de l’organisation sur ses règles et son
mécanisme décisionnel pour l’adapter aux réalités du XXIe siècle. Ainsi que des
collaborations avec d’autres organisations internationales pour aborder les défis liés au
commerce. Une plus grande transparence au sein de l’organisation pourrait lui être bénéfique
pour attirer de nouvelles adhésions, notamment des pays en développement. La promotion
d’un commerce équitable, un commerce durable et bénéfique pour tous.
TABLE DES MATIERES
LISTE DES FIGURES................................................................................................................i
SOMMAIRE...............................................................................................................................ii
INTRODUCTION......................................................................................................................1
CHAPITRE I : NAISSANCE ET FONDEMENTS DE L’OMC................................................2
SECTION 1 : Introduction à l’Organisation Mondiale du Commerce.......................................2
1.1 Contexte historique de la création de l'OMC...............................................................2
1.1.1 Les origines : l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). 2
1.1.2 L'évolution du GATT............................................................................................2
1.1.3 L'Uruguay Round et la naissance de l'OMC.........................................................2
1.1.4 La transition du GATT à l'OMC...........................................................................3
1.2 Objectifs et missions de l'OMC....................................................................................3
CHAPITRE II : STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DE L’OMC...................................5
SECTION 2 : Structure de l’OMC.............................................................................................5
2.1. Les organes principaux de l’OMC et ses rôles.............................................................5
2.2. Les membres de l’OMC...............................................................................................7
2.3. Secrétariat de l’OMC...................................................................................................7
SECTION 3 : Fonctionnement de l’OMC..................................................................................9
3.1. Principes de base du commerce International..............................................................9
3.1.1. La libéralisation des échanges..............................................................................9
3.1.2. La réciprocité et la non-discrimination...............................................................10
3.1.3. Résolution de différends et gouvernance............................................................10
3.2. Les accords de l’OMC................................................................................................11
3.2.1. L'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT).....................11
3.2.2. L'Accord général sur le commerce des services (AGCS)...................................11
3.2.3. L'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au
commerce (ADPIC)..........................................................................................................11
3.2.4. L'Accord sur l'agriculture....................................................................................11
3.2.5. L'Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS).............................12
3.2.6. L'Accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC)..............................12
3.2.7. L'Accord sur les subventions et les mesures compensatoires.............................12
3.2.8. L'Accord antidumping........................................................................................12
3.2.9. L'Accord sur les sauvegardes..............................................................................12
3.2.10. L'Accord sur la facilitation des échanges........................................................12
CHAPITRE III : PRINCIPES ET DEFIS DE L’OMC.............................................................12
SECTION 4 : Règlement de différend à l’OMC.......................................................................12
4.1. Procédure de règlement de différend..........................................................................13
4.1.1. Demande de consultation....................................................................................13
4.1.2. La constitution d’un groupe spécial....................................................................13
4.1.3. Rapport du groupe spécial..................................................................................14
4.1.4. Procédure d’appel...............................................................................................14
4.1.5. La mise en œuvre des recommandations............................................................14
4.1.6. Mesure de rétorsion.............................................................................................14
4.2. Les apports règlement de différend de l’OMC et exemple de litige résolu...............15
4.2.1. L’importance de système de règlement de différend..........................................15
4.2.2. Cas de litige du règlement de différend de l’OMC :...........................................15
SECTION 5 : Les défis de l'OMC............................................................................................16
5.1. Les critiques de l’OMC..............................................................................................16
5.1.1. La transparence de l’OMC..................................................................................16
5.1.2. L’OMC et l’environnement.................................................................................16
5.2. Le protectionnisme.....................................................................................................17
5.2.1. Les Gains Attendus du Libre-Échange...............................................................17
5.2.2. Les Critiques du Libre-Échange.........................................................................18
5.2.3. Le Protectionnisme Éducateur............................................................................18
5.2.4. Les Limites du Protectionnisme..........................................................................18
5.2.5. Difficultés de Mise en Œuvre du Protectionnisme.............................................19
CHAPITRE IV : ADHESION ET OPPPORTUNITES DE MADAGASCAR AVEC L’OMC20
SECTION 6 : Madagascar et l’OMC :......................................................................................20
6.1. L’adhésion de Madagascar :..........................................................................................20
6.2. Opportunités pour Madagascar dans le cadre de l’OMC :............................................21
6.2.1. Accès aux Marchés Internationaux :...................................................................21
6.2.2. Renforcement des Capacités Commerciales :.....................................................21
6.2.3. Réglementations commerciales :........................................................................21
6.2.4. Promotion des Investissements Étrangers...........................................................22
6.2.5. Résolution des Différends Commerciaux...........................................................22
6.2.6. Diversification Économique...............................................................................22
6.2.7. Intégration Régionale :........................................................................................22
CONCLUSION.........................................................................................................................24
TABLE DES MATIERES..........................................................................................................iv