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Stabilité des structures métalliques

Cours_Tome1 CH5

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Chapitre 5

Stabilité des structures

L'ossature d'un bâtiment en construction métallique est formée d'un ensemble d'éléments
de types barres prolées ou reconstituées.
Elle doit non seulement assurer la xation des éléments d'enveloppe, mais aussi des éléments
de séparations intérieures. Elle doit également supporter les actions et les charges auxquelles
elle est soumise et les transmettre aux fondations.
L'analyse du cheminement des actions et charges depuis leurs sources jusqu'aux fondations
est indispensable pour obtenir une structure stable et comprendre son fonctionnement.
Les éléments de stabilisation d'une structure doivent remplir trois fonctions :
• Limiter les déformations par une structure porteuse minimale constituée de portiques,
• Assurer la stabilité de la structure,
• Assurer la stabilité de forme.

5.1 LIMITATION DES DEFORMATIONS

Considérons une structure porteuse constituée de portiques et de butons longitudinaux.


Toutes les liaisons sont des articulations.
Examinons l'eet de certaines actions exercées sur cette structure.

5.1.1 Eort horizontal exercé en pignon


Sous l'eet d'une force exercée sur la façade pignon, la structure se déforme selon la gure
5.1.a. Les déformations dans le plan horizontal (O, x, y) peuvent être limitées en bloquant la
déformation d'un rectangle par adjonction d'une poutre auvent tranversale , gure 5.1.b. On
peut ensuite limiter les déformations dans le plan vertical (O, y, z) en bloquant la déformation
de rectangles par adjonction de stabilités verticales (ou contreventement) de long-pan, gure
5.1.c.
39
40 CHAPITRE 5. STABILITÉ DES STRUCTURES

Figure 5.1  Stabilisation sous un eort en façade pignon (a) déformation sans éléments
de stabilité, (b) déformation avec poutre auvent transversale, (c) déformation réduite avec une
structure stabilisée

5.1.2 Eort horizontal exercé en long-pan


Sous l'eet d'une force exercée sur la façade long-pan, la structure se déforme selon la gure
5.2.a. Les déformations dans le plan horizontal (O, x, y) peuvent être limitées en bloquant les
déformations diérentielles selon l'axe (O, y) par adjonction d'une poutre auvent longitudinale,
gure 5.2.b. On peut ensuite limiter les déformations dans le plan vertical (O, y, z) en pignon
en bloquant la déformation de rectangles par adjonction de stabilités verticales (ou contreven-
tement) de pignon, gure 5.2.c.

Figure 5.2  Stabilisation sous un eort en façade long-pan

5.2 CHEMINEMENT DES EFFORTS VERS LES FON-

DATIONS

5.2.1 Eorts horizontaux exercés en pignon


Les eorts exercés par le vent sur le bardage en pignon sont transmis aux portiques par
l'intermédiaire des lisses de bardages, puis des potelets. Les pieds de potelets transmettent
directement les eorts aux fondations.
Les eorts exercés en tête des potelets sont transmis à des pannes. Ces eorts cheminent le long
des pannes jusqu'à rencontrer le contreventement transversal de toiture ( poutre auvent). Celui-
5.2. CHEMINEMENT DES EFFORTS VERS LES FONDATIONS 41
ci se comporte comme une poutre treillis sur deux appuis réalisés par les deux contreventements
verticaux de long pan. Les eorts sont donc transmis aux contreventements verticaux de long
pan par le biais de ces appuis, gure 5.3.

Figure 5.3  Cheminement des eorts exercés en façade

Les contreventements verticaux de long pan sont aussi des poutres treillis en appuis sur les
fondations et transmettent donc les eorts à celles-ci par ce biais. Ils assurent en même temps
une fonction de stabilité longitudinale, d'où leur nom de  palée de stabilité .

5.2.2 Eorts horizontaux exercés en long-pan

Les eorts exercés sur le bardage des long-pans sont transmis à la structure via les lisses de
bardage qui sont en appui sur les poteaux des portiques.
Les portiques sont ainsi sollicités dans leur plan et transmettent directement les eorts aux
fondations (s'ils sont stables), gure 5.4.
42 CHAPITRE 5. STABILITÉ DES STRUCTURES

Figure 5.4  Cheminement des eorts exercés en long-pan


Dans le cas de travées de plus de 9m, des potelets sont intercalés entre deux portiques an de
limiter la portée des lisses. Les eorts sont alors également transmis par les lisses aux potelets.
En pied les eorts sont transmis directement aux fondations. En tête, le potelet transmettra les
eorts par l'intermédiaire du contreventement longitudinal de toiture, gure 5.5. Le contreven-
tement longitudinal de toiture est une poutre treillis ayant pour membrures la panne sablière
et la première panne courante.

 Cheminement des eorts exer-


Figure 5.6
Figure 5.5  Cheminement des eorts exercés cés en long-pan via les potelets, la poutre auvent
en long-pan via les potelets longitudinale et les stabilités verticales en pi-
gnon

Cette poutre est donc en appui sur les portiques qui transmettront les eorts aux fondations.
Dans le cas de portiques hypostatiques (non stables dans leur plan), il faut prévoir un contre-
ventement vertical transversal de pignon an d'assurer cette fonction, gure 5.6.
5.3. CONSTITUTION D'UNE STRUCTURE 43
5.2.3 Eorts verticaux
Les charges verticales sont appliquées sur la couverture et/ou les planchers. Elles circulent
via les pannes, les traverses avant de redescendre en fondation le long des poteaux, gure 5.7.

Figure 5.7  Cheminement des eorts verticaux

5.3 CONSTITUTION D'UNE STRUCTURE

Une structure a nécessairement un caractère spatial car elle doit être capable de reprendre
et de conduire aux fondations des actions agissant dans n'importe quelle direction. Malgré cette
conception tridimensionnelle des bâtiments classiques, on peut concevoir et calculer une struc-
ture à partir de modélisations simpliées de structures planes selon les directions principales
du bâtiment.

5.3.1 Ossature porteuse


Pour une halle classique, en forme de parallélépipède rectangle, la plupart des systèmes
porteurs sont constitués par des cadres ou portiques plans. Ces cadres comprennent une poutre
ou traverse (supportant les pannes et la couverture) et des poteaux qui servent d'appuis à la
traverse et reportent les charges vers les fondations. Les éléments structuraux du portique sont
la poutre, les poteaux, ainsi que les n÷uds et pieds de poteaux. La forme du portique peut être
plus ou moins compliquée (traverse horizontale, inclinée, brisée, courbe, de hauteur constante ou
variable). Les portiques peuvent éventuellement comporter plusieurs nefs. Les portées courantes
sont de l'ordre de 10 à 30m et les travées (espace inter portique dans le sens longitudinal) sont
espacées de 5 à 7m, sans dépasser 15m.
44 CHAPITRE 5. STABILITÉ DES STRUCTURES

5.3.2 Statique de systèmes


Les liaisons utilisées entre les diérents éléments de la structure sont des appuis simples,
des articulations, et des encastrements. Suivant la répartition de ces liaisons sur un portique,
on peut obtenir des structures hypostatiques, isostatiques ou hyperstatiques, gure 5.8 à 5.15.

Figure 5.8  Portique ri- Figure 5.9  Portique ri- Figure 5.10  Portique ri-
gide isostatique gide hyperstatique de degré 1 gide hyperstatique de degré 3

Figure 5.11  Portique ri- Figure 5.12  Portique ri- Figure 5.13  Portique tri-
gide isostatique gide hyperstatique de degré 2 articulé isostatique

Figure 5.15  Portique articulé iso-


Figure 5.14  Portique articulé hy-
statique. La stabilité est assurée par un
postatique instable
appui donné par un contreventement

Les structures isostatiques et hyperstatiques sont stables, tandis que les structures hyposta-
tiques sont instables. L'équilibre des structures hypostatiques peut être assuré par une réaction
d'appui supplémentaire apportée par un contreventement. On parle alors de stabilité statique.
L'hyperstaticité d'une structure a pour conséquences :
• L'obtention d'une bonne répartition des moments échissants avec des valeurs extrêmes
plus faibles que dans une structure isostatique, et donc des déplacements plus petits.
• Une bonne redistribution des eorts en cas d'endommagement d'une partie de la struc-
ture.
• Une grande sensibilité aux déplacements des appuis, tassements diérentiels, variations
de température, . . ..
5.3. CONSTITUTION D'UNE STRUCTURE 45

Les structures isostatiques sont très peu sensibles à ces phénomènes.


La gure suivante 5.16 présente une comparaison des propriétés et caractéristiques d'une
structure isostatique et d'une structure hyperstatique.

Figure 5.16  Comparaison des comportements des portiques isostatiques et hyper-


statiques

5.3.3 Les contreventements


Les contreventements ont pour objectifs d'assurer trois fonctions :
• assurer la stabilité statique de la structure,
• limiter les déformations,
• assurer la stabilité de la forme.

Stabilité statique
Il s'agit ici d'assurer l'équilibre des charges horizontales agissant sur la structure, c'est-à-dire de
garantir leur cheminement vers les fondations. Une halle de forme simple est stable si chaque
46 CHAPITRE 5. STABILITÉ DES STRUCTURES

direction de l'espace est stabilisée. On distingue ainsi plusieurs contreventements ayant chacun
leur fonction propre (gure 5.17).

• (1) Contreventement
vertical longitudinal
de long pan ou palée
de stabilité,
• (2) Contrevente-
ment transversal de
toiture,
• (3) Contreventement
vertical transversal
de pignon,
• (4) Contreventement
 Diérents types de contreventements sur un bâti-
longitudinal de toi-
Figure 5.17
ment simple et transmission schématique des eorts horizontaux
ture.
aux fondations

Les portiques sont des structures


planes considérées rigides dans leur
plan (transversal), mais n'ayant au-
cune stabilité dans la direction per-
pendiculaire (longitudinal).
Dans le plan longitudinal la struc-
ture fonctionne donc comme si tous les
pieds de portique étaient articulés. Le
contreventement vertical longitudinal
de long-pan ( gure 5.17.(1) et gure
5.18) ou palée de stabilité assure cette
stabilité.

Figure 5.18  Fonction stabilité statique assurée par la


palée de stabilité
5.3. CONSTITUTION D'UNE STRUCTURE 47
Limitation des déformations
Les halles industrielles sont souvent équipées de
pont(s) roulant(s). Le fonctionnement de ceux-
ci et notamment le freinage du(des) chariot(s)
entraîne une charge locale importante sur le
portique support qui par conséquent aura des
déformations plus grandes que les portiques voi-
sins. Les contreventements longitudinaux dans
le plan de la toiture gure 5.17.(4) associés au
contreventement vertical transversal de pignon
gure 5.17.(3) permettent de limiter et d'ho-
mogénéiser ces déplacements sur l'ensemble des
portiques.
De plus, la présence d'un contreventement ver-
tical de pignon ou de long-pan peut réaliser un
Figure 5.19  Limitation des déformations
point de stabilisation latérale permettant de di-
des portiques par contreventements longitudinal minuer la longueur de ambement des poteaux
dans le plan de la toiture du portique et donc de modier le chargement
que celui-ci peut supporter (Figure 5.19).
Stabilité de forme

Une poutre en acier soumise à une


compression selon son axe va avoir
tendance à se dérober et donc échir,
c'est le phénomène de ambement.
Une poutre échie présente une se-
melle comprimée. Cette semelle peut
aussi avoir tendance à se dérober la-
téralement. Ce phénomène est appelé
déversement.
Lorsque qu'une âme de poteaux ou de
poutre cloque, on appelle cela le voi-
lement.
Pour diminuer la probabilité d'appa-
rition de l'un ou de plusieurs de ces
trois phénomènes, on peut :
• Augmenter la section des
barres,
• Diminuer la longueur libre des
barres.
Figure 5.20  Instabilités des poutres

En plus d'assurer le transfert des charges vers les fondations, les contreventements horizon-
taux ou verticaux permettent de créer des points d'appuis "xes" complémentaires permettant
de stabiliser les éléments porteurs comprimés.
Ainsi, pour un portique sollicité dans son plan, la présence du contreventement vertical de pi-
gnon (5.17.(3)) peut modier la longueur de ambement et donc la charge que peut supporter
le portique. La création d'appuis au moyen du contreventement transversal de toiture (5.17.(2))
48 CHAPITRE 5. STABILITÉ DES STRUCTURES

permet d'augmenter la résistance au déversement des traverses.


An d'obtenir cette stabilisation, il est important de veiller aux liaisons entre l'élément stabilisé
(le portique) et l'élément stabilisateur (le contreventement). Ces liaisons sont réalisées par les
pannes en toitures et par les lisses en long-pan.

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