Introduction générale
Plan de l’introduction
Définition du Droit du travail
Objet du Droit du travail
Sources du Droit du travail
Le contentieux social
La représentation du personnel
L’inspection du travail
Le plan du cours
Définition du Droit du travail
Le Droit du travail est :
«L’ensemble des règles juridiques applicables aux
relations individuelles et collectives qui naissent
entre les employeurs privés et ceux qui travaillent
sous leur autorité, à l’occasion de ce travail » (Rivero
et Savatier).
Qu’est-ce qu’un employé ?
C’est celui qui travaille sous la direction et le
contrôle d’une autre personne, appelée
« employeur »
Objet du Droit du travail
Le Droit du travail régit le travail dépendant (ou encore
subordonné)* :
Le travail subordonné est effectué par un salarié sous la direction, le
contrôle et l’autorité de son employeur.
L’employeur dirige le travail, c’est-à-dire que c’est lui qui détermine
comment doit être effectué le travail,
Pourquoi ?
Parce que c’est l’employeur qui assume les risques de son activité. Il
doit donc en avoir le contrôle pour s’assurer qu’il est conduit tel qu’il
l’a décidé. Ce droit de direction et de contrôle est complétée par une
autorité qui se manifeste par un double pouvoir normatif et
disciplinaire.
Objet du Droit de travail
2/4
Le travail indépendant s’effectuant dans le cadre d’une
profession libérale, commerciale, artisanale ou agricole
n’est pas régit par le Droit du travail.
Le droit du travail régit le travail subordonné dans le
secteur privé.
• Le travail effectué sous l’autorité de l’Etat et des autres
personnes publiques relève du droit administratif (La loi
n° 83-112 du 12 décembre 1983 portant statut général des
personnels de l’Etat, des collectivités publiques locales et
des établissements publics à caractère administratif).
Objet du Droit de travail
3/4
Le droit du travail régit les relations individuelles
de travail.
Le contrat de travail fait naître des relations individuelles de
travail, entre l’employé et l’employeur, et ne bénéficie ni ne
nuit aux tiers.
L’employeur, étant pourvu d’une autorité à l’égard du
futur employé, il risque d’imposer sa « loi » à
l’employeur lors de la formation du contrat.
L’intervention du législateur (par des lois
impératives) est donc nécessaire pour protéger la
partie faible au contrat.
Objet du Droit de travail
4/4
Le droit du travail régit les relations collectives de
travail.
L’employé, individuellement, constitue la partie faible du
contrat de travail et subit les conditions de travail prévue par
l’employeur.
C’est uniquement en agissant collectivement, que les
employés, à travers leurs représentants, peuvent peser
(relativement) lors de négociations avec le ou les employeurs.
Le fruit de ses négociations, à la différence du contrat de
travail, s’applique et bénéficie à tous ceux qui travaillent dans
un secteur ou une entreprise déterminée.
Les sources du Droit du travail
Sources Etatiques
Sources nationales
Sources internationales
Sources Professionnelles
Convention collectives de travail
Règlement intérieur de l’entreprise
Les sources du droit du travail
Sources Etatiques (1/2)
Sources Nationales
Loi (sens large)
Constitution (voir les articles 21, 36, 40 )
Loi (sens strict)
La loi n° 66-27 du 30 avril 1966, portant promulgation du
Code du travail)
Les Règlements
Décret de gouvernement
Arrêté ministériel
Circulaire ministérielle
Coutume
Jurisprudence
Les sources du droit du travail
Sources Etatiques (2/2)
Sources Internationales
Conventions internationales bilatérales
Pour assurer un traitement équitable aux travailleurs qui passent d'un pays à
l'autre,
Les conventions de main-d'œuvre permettent l'émigration des travailleurs
dans des pays ayant besoin de main-d'œuvre.
Les traités relatifs au régime de sécurité sociale stipulent l'égalité de traitement
des nationaux des parties contractantes au regard des prestations de sécurité
sociale
Conventions internationales multilatérales
La nécessité s'est fait sentir d'adopter des normes internationales multilatérales du travail à l'effet
d'assurer une certaine uniformité dans la condition des travailleurs dans le monde.
Conventions signées sous l’égide de
L’O.N.U.
L’O.I.T.
L’O.A.T.
Sources professionnelles
On entend par sources professionnelles les
dispositions applicables aux travailleurs et
employeurs qui émanent de la profession même.
Ainsi, les conventions collectives de travail sont
le fruit d’un accord de volontés entre les
employeurs ou un employeur et les travailleurs.
Le règlement intérieur est, par contre,
l’expression du pouvoir normatif de l’employeur
dans le cadre de son pouvoir de direction.
Les conventions collectives
Article 31/1 et 2 du Code du travail tunisien : «La convention
collective est un accord relatif aux conditions de travail
conclu entre, d’une part des employeurs organisés en
groupement ou agissant individuellement, et d’autre part
une ou plusieurs organisations syndicales de travailleurs.
Dans tout établissement compris dans le champ
d’application d’une convention, les dispositions de cette
convention s’imposent aux rapports nés des contrats
individuels ou d’équipe, sauf si les clauses de ces contrats
sont plus favorables aux travailleurs que celle de la
convention ».
Etude comparative sommaire
Les parties
Le contrat de travail Les conventions collective
D’une part une personne D’une part, un employeur ou
postulant à un poste de un groupement représentant
salarié les employeurs
D’autre part une personne Un groupement représentant
(physique ou morale) qui se les travailleurs
propose de recruter une
personne pour le poste de
salarié
Objectif de la convention
Contrat de travail Convention collective
Créer des relation de travail Améliorer les conditions de
entre les deux parties. travail
Forme de la convention
Contrat de travail Convention collective
Contrat en principe Est obligatoirement écrite.
consensuel.
Le contrat de travail est
exceptionnellement formel.
Les parties affectées par la
convention
Contrat de travail Convention collective
Le principe de l’effet relatif du La convention collective a un
contrat effet général : elle s’applique à
tous ceux qui travaillent dans
le champ d’application de
cette convention.
Les types de conventions collectives
On distingue, selon la portée de la convention
collectivité :
La convention collective agréée
La convention collective d’établissement (C.C.E.).
Dans les conventions collectives agréées, on distingue
entre
La convention collective cadre (C.C.C.)
Les conventions collectives (nationales) sectorielles
(C.C.S.)
La convention collective agréée
Est conclue entre les organisations syndicales,
patronales et ouvrières, les plus représentatives.
Doit recevoir l’agrément du Ministre pour avoir un
effet juridique.
A pour objet de régler les rapports entre
employeurs et employés de l’ensemble d’une
branche d’activité.
Son champ d’application territorial et
professionnel doit être déterminé par arrêté du
Ministre des affaires sociales.
C.C.C. (cadre) / C.C.S. (sectorielle)
On distingue, dans les conventions collectives
agrées:
La convention collective cadre : C’est le cadre
général qui doit être respecté par toutes les
conventions sectorielles.
La convention collective sectorielle : vise une
branche d’activité particulière. Ses dispositions
ne peuvent être moins favorables que celle de la
convention cadre.
La convention collective d’établissement
Ne concerne qu’un établissement ou un groupe
d’établissements.
Le secteur d’activité de l’établissement en question
doit être soumis à une convention sectorielle, sauf
dérogation spéciale du ministre des affaires sociales.
Ne peut pas contenir de dispositions moins
favorables que celle de la convention collective
sectorielle applicable à l’établissement.
Le règlement intérieur
Détermine l’organisation pratique du travail dans les
entreprises.
Obligatoire en Droit français lorsque l’entreprise atteint
une certaine dimension**
Rédigé par l’employeur, il est l’expression de ses
prérogatives de direction et d’organisation du travail dans
son entreprise.
L’employé est, par principe, soumis à ce règlement et est
tenu de le respecter.
Le contentieux social
La particularité de la matière fait que l’essentiel du contentieux
est soumis à une juridiction d’exception : le conseil des
prud’hommes.
Art. 183 C.T. :
« Les conseils de prud'hommes ont pour attributions de résoudre les
conflits individuels qui peuvent surgir entre les parties
contractantes à l'occasion de l'exécution des contrats de travail ou
d'apprentissage dans les activités régies par les dispositions du
présent code. Leur compétence s'étend également aux différends nés
entre salariés à l'occasion du travail.
Cependant, ils ne peuvent connaître des actions fondées sur des
accidents du travail et des maladies professionnelles ainsi que
des litiges relatifs aux régimes de sécurité sociale.
Ils doivent donner leurs avis sur les questions qui leur sont soumises
par l'autorité administrative ».
CPH, Organisation
C’est l'originalité la plus importante de cette juridiction
spécialisée :
Le conseil de prud'hommes est composé d'un magistrat de
carrière et d'un nombre égal, pour chaque catégorie, de
salariés et de patrons.
La présidence du conseil de prud'homme est assurée par un
magistrat de carrière qui est désigné par le ministre de la
Justice pour une période de 2 ans renouvelable (art. 188 C.T.).
Le conseil, lorsqu'il est appelé à juger, est composé par le
magistrat président assisté d'un prud'homme patron et d'un
prud'homme salarié.
Le jugement relève de la seule décision du magistrat
président, le conseiller patron et le conseiller salarié
n'ayant qu'une voix consultative.
Qui représente les travailleurs
La représentation du personnel est de deux sortes :
Une représentation prévue, encadrée et exigée par
le législateur
Une représentation choisie par le travailleur lui-
même.
Représentation légale des travailleurs
Commissions consultatives d’entreprise
Dans le secteur privé, Il est institué dans chaque entreprise régie par
les dispositions du code du travail et employant au moins quarante
travailleurs permanents (sauf dispositions contraires de la convention
collective sectorielle), une structure consultative dénommée
« commission consultative d’entreprise ».
La commission consultative d'entreprise est composée d'une façon
paritaire de représentants de la direction de l'entreprise dont le chef
d'entreprise et de représentants des travailleurs.
La commission est présidée par le chef d'entreprise ou en cas
d'empêchement, par son représentant dûment mandaté.
Les représentants de la direction sont désignés par le chef d'entreprise
et les représentants des travailleurs sont élus par ces derniers.
Représentation légale des travailleurs
Commissions consultatives d’entreprise (2)
La commission consultative d'entreprise est consultée
sur les questions suivantes :
L'organisation du travail dans l'entreprise en vue d'améliorer
la production et la productivité
Les questions se rapportant aux œuvres sociales existantes
dans l'entreprise au profit des travailleurs et de leurs familles
La promotion et le reclassement professionnel
L'apprentissage et la formation professionnelle
La discipline, et dans ce cas, la commission s'érige en conseil
de discipline et applique la procédure fixée par les textes
législatifs, réglementaires ou conventionnels, régissant
l'entreprise.
Représentation légale des travailleurs
Commissions consultatives d’entreprise (3)
Lorsque la commission consultative d'entreprise
est appelée à examiner les questions relatives à la
discipline, sa composition sera modifiée de telle
façon que seuls les membres représentant le
collège électoral auquel appartient le travailleur
concerné et un nombre égal de membres
représentant la direction de l'entreprise
participent aux travaux de la commission.
Dans tous les cas, les membres de la commission ne
peuvent pas participer à la discussion des questions les
concernant personnellement.
Représentation légale des travailleurs
Les délégués du personnel
Dans les entreprises employant un nombre de travailleurs
permanents égal ou supérieur à vingt et inférieur à
quarante, il est élu un délégué du personnel titulaire et un
délégué suppléant.
Le délégué du personnel exerce les mêmes attributions que
celles confiées aux représentants du personnel dans la
commission consultative d'entreprise.
L'employeur ou son représentant reçoit le délégué du
personnel chaque fois qu'il est nécessaire et au moins une
fois tous les deux mois.
Les réunions entre le chef d'entreprise ou son représentant
et le délégué du personnel tiennent lieu de réunions de la
commission consultative d'entreprise.
Représentation syndicale des
travailleurs
L’article 36 de la constitution :
Le droit syndical est garanti y compris le droit de grève.
La garantie du droit syndical signifie :
La liberté de constituer un syndicat
Donc, reconnaissance du pluralisme syndicale.
La liberté d’être membre d’un syndicat.
L’article 5 de la loi du 12 décembre 1983 portant statut des
personnels de la fonction publique : Le droit syndical est reconnu
aux agents publics.
Leurs syndicats professionnels, régis par le code du travail,
peuvent ester en justice devant toute juridiction.
Schéma représentatif des syndicats en Tunisie
Syndicat de
travailleurs Syndicat
d’employeurs
Syndicat Syndicat Syndicat
multi- uni- Syndicat uni-
sectoriel sectoriel multi- sectoriel
sectoriel
UGTT
CGTT Ex. IJABA UTICA Ex.
UTT (ens. Sup.) CONECT SPOT
OTT
Art. 243 du Code du travail :
« Les syndicats professionnels ont
exclusivement pour objet l’étude et la
défense des intérêts économiques et
sociaux de leurs adhérents »
L'inspection du travail
Le contrôle du respect de l'application du Droit du travail
Le souci de la protection des employés fait qu'il est nécessaire de
se doter d'un moyen pour s'assurer de l'effectivité et de la bonne
application de ces dispositions.
L'inspection du travail fut créée en Tunisie en 1910 pour le secteur
industriel et commercial. Son action fut étendue au secteur
agricole en 1944.
Les inspecteurs et contrôleurs de l'inspection du travail sont
chargés de veiller à l'application des dispositions légales,
réglementaires et conventionnelles organisant les relations
du travail ou qui en découlent, dans tous les domaines d'activités
prévus à l'article premier du C.T.
Ils sont également chargés de fournir des informations et des
conseils techniques aux employeurs et aux travailleurs sur
les moyens les plus efficaces d'appliquer la législation du
travail.
L’inspection du travail
2/2
Les inspecteurs du travail sont habilités à constater les
infractions, par procès-verbaux concurremment avec les
autorités de la police et de la garde nationale. Ces procès-
verbaux seront transmis par voie hiérarchique au ministre
qui est chargé de saisir le procureur de la République aux
fins de poursuite.
Ils sont également habilités à mettre l'employeur en
demeure afin qu'il apporte aux installations les
aménagements qui s'imposent en vue de faire respecter les
dispositions relatives à la santé et à la sécurité des
travailleurs et peuvent même, en ce domaine, prescrire des
mesures immédiatement exécutoires en cas de danger
imminent
Plan du cours
Thème 1 :
La formation du contrat de travail
Thème 2 :
Les clauses du contrat de travail et les pouvoirs de
l’employeur
Thème 3 :
Les obligations des parties au contrat de travail
Thème 4 :
La fin du contrat de travail