Culture Cellulaire et RPMI
Culture Cellulaire et RPMI
INTRODUCTION
Définitions de base :
Elle correspond au maintien en dehors de l’organisme des tissus d’une manière qui
permettrait la conservation des fonctions spécifiques de chaque tissu.
La culture cellulaire :
Elle correspond au maintien en dehors de l’organisme des cellules non organisées en tissus,
cependant capables de se diviser et d’exprimer in vitro un métabolisme et une fonction
spécifique.
Historique :
2) Dés 1907 : période de la culture des tissus, elle a été initiée par Harrison et
développée par Alexis Carrel. Durant cette période ils ont beaucoup apporté à l’élaboration
des règles d’asepsie et à l’étude des besoins nutritionnels.
3) Dés 1952 : période de la culture cellulaire qui s’est caractérisée par l’introduction de
la Trypsination des tissus. A l’époque la Trypsination consistait à faire digérer un
fragment d’embryon de poulet dans une solution de trypsine. Les observations effectuées
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après ont porté sur l’aptitude au développement in vitro de cellules isolées après action de
la trypsine.
La culture cellulaire est très utilisée dans la biologie cellulaire, elle est utilisée par
exemple pour l’étude des phénomènes physiologiques tels que la division cellulaire, la
différentiation cellulaire, le vieillissement cellulaire et dans l’étude des processus
physiopathologiques.
Dans le domaine de la santé, la culture cellulaire est utilisée pour le diagnostic des
maladies virales mais aussi dans le diagnostic pré et post natal des maladies génétiques
ainsi que dans la toxicologie.
L’interféron α est produit sur une culture de leucocytes sous l’action d’un agent viral ou un
ARN bi caténaire (traitement des hépatites B et C).
L’interféron β est produit sur une culture de fibroblastes sous l’action d’un virus ou un
ARN bi caténaire (traitement de la sclérose en plaques).
L’interféron γ est produit sur une culture de lymphocytes T sous l’action d’un antigène
spécifique ou d’agents pathogènes (traitement des infections parasitaires telle la
Leishmaniose).
Remarque :
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Définitions :
Primo culture : c’est une culture dérivant des cellules, des tissus ou d’organes prélevés
directement de l’organisme.
Repiquage, passage : c’est le transfert des cellules d’un plateau de culture à un ou plusieurs
flacons de culture. Le nombre de repiquage ou de repassage est le nombre de fois que la
culture a été transférée.
Lignée cellulaire : elle est dérivée d’une primo culture au moment du 1 er repiquage, si le
statu de la lignée est connu on dira que c’est une lignée continue ou une lignée à vie
limitée.
Souche cellulaire : elle est dérivée d’une primo culture ou d’une lignée cellulaire par
sélection ou par clonage des cellules possédant des propriétés ou des marqueurs
spécifiques.
Clone cellulaire : c’est une population de cellules dérivant d’une seule cellule par division.
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I) Méthodes de culture
Cellules libres (circulantes) : ce sont les cellules du sang, exsudats, ascites et lymphe.
Cette différence entre les deux types de cellules nécessite l’utilisation de méthodes
d’obtention différentes :
A) Méthodes d’obtention :
Pour les cellules circulantes, elles sont obtenues par les méthodes de prélèvement
habituelles (centrifugation…).
Pour les cellules organisées en tissus, leur isolement fera appel soit aux méthodes de
dissection soit aux méthodes enzymatiques.
Pour éviter de passer par ces étapes, on peut mélanger le sang avec du Ficoll et on
centrifuge, il y aura formation d’un anneau de lymphocytes qui seront ensuite récupérées
par une chromatographie d’affinité (greffage d’un ligand : Ac. Monoclonal anti-CD3).
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Préparation des PBL
Prélèvement sanguin
Agitation
Centrifugation
Refaire 2 autres lavages Le culot cellulaire est suspendu dans
du culot avec du PBS un volume minimum de RPMI-1640
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gouttes d’extrait embryonnaire. Après 24h d’incubation, on observera la migration des 1 ères
cellules appartenant à l’explant.
Méthode de Jensen : dans ce cas, les fragments de tissu sont réduits à 1mm2 de
surface et alors placés sur un disque de papier filtre qui repose lui-même sur un support
métallique dans une boite de Pétri. La migration se fera sur le disque et le rendement est
très faible.
La trypsine brute ou cristallisée doit être utilisée à des concentrations allant de 0,5 à 2,5
g/l en solution de sel de Hanks ou de tampon PBS.
Les techniques utilisant la trypsine sont nombreuses dont celle de Fernandes (1958) qui
a le protocole suivant :
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L’inactivation de la trypsine par plusieurs lavages PBS, puis centrifugation 1500 rpm/5 à
10 min en présence du milieu de culture, puis on ajuste à la concentration voulue. Pour
certains tissus riches en collagène, on utilise la collagénase.
B) Méthodes de culture :
Des améliorations ont été apportées en 1954 par Earl et al. qui ont changé le paramètre
de la vitesse de rotation des tubes (en le baissant), puis Cherry et ses collaborateurs 1956
ont amélioré la technique en instaurant un système d’agitation composé par des barreaux
magnétiques siliconés, ce système de culture est dit « SPINNER » qui est un appareil
permettant la cytoculture. Cela a permis dans le temps de fabriquer des appareils
d’agitation très perfectionnés qu’on appelle cytoculteurs et qui sont utilisés à l’échelle
industrielle.
Avantages : ils permettent la culture en masse avec le maintien des paramètres suivants :
Le contact.
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L’attachement : interaction cellule -cellule et cellule- support.
La matière plastique utilisée pour la culture cellulaire est traitée par des supports
physiologiques tels que le collagène, fibronectine et protéoglycanes.
Boite Falcon.
Boite de Pétri.
Tubes Leighton.
Les systèmes clos (lignées résistantes à l’acidité, à la pression osmotique ….etc.) sont
constitués par des plateaux de différentes formes et tailles et qui son appelés Boites
Falcon. Ces flacons sont placés dans un étuve classique (étuves bactériologiques), le
système étant clos, l’environnement gazeux et le PH sont modifiés rapidement d’où la
nécessité d’apporter du CO2. On notera dans ce cas un appauvrissement progressif en
facteurs nutritifs ce qui engendre une baisse du PH (acidité ↗) d’où la nécessité du
renouvellement du milieu de culture de manière plus fréquente et ce malgré l’utilisation
d’un système tampon (PH constant), le plus utilisé est le HCO3Na.
- Des microplaques.
Systèmes ouverts (système de perfusion) : ils sont applicables pour les cultures de petites
quantités de cellules, ils sont constitués par des chambres de culture et dans ce cas
l’environnement gazeux est intégré dans la chambre. Ces systèmes sont utilisés pour les
études nécessitant une observation au microscope photonique et plus particulièrement en
microcinématographie (filmer ce qui se passe sous le microscope) = (video imaging).
Dans le système semi-clos, les boites Falcon et les microplaques sont mises dans des
étuves spéciales (à CO2) où l’atmosphère est régulée avec une arrivée constante d’un
mélange gazeux fréquemment composé de 5% CO2 + 95% d’air et de vapeur d’eau. Dans
ce cas il assure une meilleure régulation de l’environnement gazeux et du PH.
Remarque : le CO2 intervient surtout dans la synthèse des bases puriques et pyrimidiques
et dans la régulation du PH.
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II) Besoins nutritifs des cellules en culture
La trypsine doit être utilisée à une concentration de 0,01 à 0,02% préparée dans du
tampon PBS (PH=7,2) qui ne doit pas contenir du Ca2+ ni Mg2+ car en absence de ces
composés, les interactions cellule-cellule et cellule-support sont faibles ce qui facilite le
détachement.
Rôle du milieu de culture : c’est le vecteur des éléments nutritifs et à coté de ça il doit
jouer un rôle dans le maintien des constantes physico-chimiques (PH et osmolarité).
Un milieu de culture doit contenir tous les facteurs responsables du maintien de toutes
les fonctions cellulaires.
Actuellement, les milieux les plus utilisés sont tous synthétiques de composition plus ou
moins complexes alors que les premiers milieux étaient des liquides biologiques comme la
lymphe, le plasma ou les liquides d’ascites.
Un milieu de culture est constitué d’un milieu de base auquel on ajoute une certaine
concentration de sérum de veau fœtal (+ facteur de croissance) afin d’établir un
environnement optimal pour la survie des cellules.
A. Milieux synthétiques :
- Minéraux.
- Vitamines.
Constituants minéraux : il y a 7 ions (Na+, K+, Ca2+, Mg2+, PO42-, Cl- et CO3-). Les
minéraux constituent la base de toute solution saline physiologique (solution de Hanks).
- Transport membranaire.
- Métabolisme.
Na+, K+, Ca2+, Mg2+ jouent un rôle fondamental dans le maintien des potentiels
membranaires.
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→ Dans la culture cellulaire : attachement et étalement des cellules sur leur
support.
Certains milieux contiennent des métaux à l’état de traces, ces derniers sont indispensables
à certaines réactions enzymatiques.
Molécules énergétiques :
→ Acides aminés : 12 acides aminés (dont 8 essentiels + 4 autres : Lys, Tyr, Arg et His)
+ [Link] (Gln) qui agit comme un facteur limitant.
La biosynthèse des acides aminés ne se fait pas in vitro. Griffith et Put ont montré que
le [Link] était indispensable (cela était fait sur une culture cellulaire de poumon de souris).
Après 120h ils ont remarqué qu’il y avait disparition de [Link] d’où le rôle limitant de
[Link] (qui intervient dans le cycle de Krebs).
D’acides aminés.
De sucres (Glc).
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2) Comment maintenir les constantes physico-chimiques :
Les origines du sérum : (animales) il doit provenir de donneurs jeunes car l’effet co-
stimulant est inversement proportionnel à l’âge du donneur. Les plus fréquemment utilisés
sont :
- Sérum de veau.
On pense que tous ces éléments ont un effet synergique co-stimulant sur la croissance
globale des cellules en culture. Toute fois, la présence de sérum est un facteur limitant. En
effet, les concentrations d’hormones et de facteurs de croissance sont instables dans les
sérums et varient selon les individus. Ces 2 paramètres peuvent engendrer une instabilité
du pouvoir prolifératif attendu par le sérum en déstabilisant la régulation du métabolisme
cellulaire.
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Les sérums animaux peuvent être contaminés par des virus ou des champignons. En
effet, ces derniers peuvent perturber le métabolisme des cellules en culture.
Selon James (1984), un facteur de croissance doit répondre aux critères suivants :
Son action sur les cellules cibles pour initier une réponse cellulaire ne s’effectue que si le
facteur de croissance (FC) s’attache sur le récepteur membranaire (RFC) d’où la formation
de complexes spécifiques [FC-RFC]. La formation de ce complexe engendre une réponse
hypertrophique (↗ de la taille cellulaire) et hyperplasique (↗ de la population cellulaire).
Pour distinguer les FC des hormones on se base sur leur nature et leur mode de
production (FC : endo, auto et paracrine. Hormones : endocrines), tandis que pour
différencier les FC des cytokines, il faut noter que les cytokines sont synthétisées de
manière INDUCTIVE alors que les FC sont produits de manière CONSTITUTIVE.
EGF : (epidermal growth factor) (Cohen 1959). L’EGF est mitogène pour les cellules
épithéliales et épidermiques in vivo et in vitro. Il a été caractérisé à partir de la glande sous-
maxillaire et à partir d’urine humaine. C’est un polypeptide de 53 aa dont le pH i = 4,5.
IGF : (insuline-like growth factor). Il a des effets similaires à l’insuline sur les tissus
adipeux in vivo et in vitro. Il est non neutralisable par les anticorps anti-insuline. Son
activité spécifique est 60 fois plus faible que celle de l’insuline, il a une activité mitogène
sur les fibroblastes. Il existe 2 sous types (IGF1 et IGF2) faisant chacun 5800 Da et dont le
pHi est basique, ils ont une homologie de séquence de 70%.
NGF : (nerve growth factor). C’est un facteur qui augmente la survie et la différenciation
des cellules gliales sensorielles embryonnaires. Le NGF a été isolé à partir des glandes
sous-maxillaires de souris adultes mâles et de différents venins de serpents.
TGF : (platelet derived growth factor). C’est un facteur de croissance transformant présent
en 2 sous types :
- TGFβ isolé de plusieurs tissus d’origine normale ou néoplasique, son 23 < PM < 25 kDa
et constitué de 2 chaînes (dimérique).
Dans les 2 cas, les TGF α et β sont capables de conférer un phénotype transformé aux
fibroblastes normaux de rat. A travers cette propriété du TGF, on a pu mettre en évidence
une lignée cellulaire NRK (sous l’action des 2 TGF).
FGF : (fibroblast growth factor). Il stimule in vitro la croissance des cellules d’origine
mésodermique, ectodermique, épithéliale et les myoblastes. Il a une affinité assez étroite
pour l’héparine. Le récepteur membranaire du FGF a été partiellement caractérisé sur les
cellules de rein d’hamster. Ceci a permis de mettre en évidence 2 types de récepteurs de
FGF différents sur le plan de la taille (145 000 et 125 000).
Les mêmes cellules placées sur des supports différents peuvent répondre de manière
différente aux facteurs de croissance, cela est dû à l’engagement des récepteurs dans
d’autres interactions (avec le support).
Un facteur de croissance peut jouer le rôle d’inhibiteur pour un autre FC. On a observé
que le PDGF régulait négativement les récepteurs de l’EGF (régulation post
transcriptionnelle). Donc il est indispensable de connaître les interactions possibles entre 2
FC mis ensemble dans un même milieu de culture. Dans certains cas on a montré que
l’EGF régulait négativement son propre récepteur.
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Conclusion : on dira que la stabilité des facteurs de croissance dans un milieu de culture
détermine leur efficacité d’action.
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III) Contrôles fonctionnels des cellules en culture
Il faut effectuer un test de viabilité (bleu de Trypan) pour déterminer l’état de départ des
cellules. Si on est en présence de quelques cellules mortes, il est nécessaire de les éliminer
par centrifugation. Le % de viabilité nécessaire pour démarrer une culture doit être > 90%.
Vérifier la morphologie des cellules soit par observation au microscope inversé (dans
certains cas on a recours au microscope électronique) soit à l’immunofluorescence dirigées
contres les marqueurs phénotypiques (CD4, CD3 …etc.).
2) Le contrôle de routine : effectués quand la culture est en route. Son objectif est d’établir
des conditions pour le maintien en vie des cellules en culture, il repose sur le changement
de milieu. La fréquence de changement de milieu dépend des cellules et ne doit jamais
excéder 5 jours. Le renouvellement du milieu doit se faire même quand les cellules ne sont
plus en phase de prolifération car elles continuent à métaboliser des molécules.
La modification du pH est indiquée par des indicateurs que contiennent les milieux de
culture. La forte concentration des cellules tend à l’acidification du pH du milieu. Le
contrôle de l’état de confluence des cellules doit être effectué tous les 2 jours.
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IV) Contrôle de contamination des cultures cellulaires
Les mycoplasmes sont les germes les plus représentatifs dans la contamination des
cultures cellulaires.
Le 1er geste à faire pour détecter une contamination est l’ensemencement et l’incubation
(virage + opacification).
a) Voie directe : Cette détection peut se faire par PCR en amplifiant spécifiquement le
matériel génétique des mycoplasmes. Une PCR positive serait le reflet de la présence des
mycoplasmes.
b) Voie indirecte : on utilise l’hôte eucaryote des mycoplasmes (la lignée fibroblastique
3T6). Cette lignée est utilisée comme cellule indicatrice à cause de sa grande sensibilité à
la prolifération des mycoplasmes. On incube la lignée durant 24h puis on ajoute le milieu
suspicieux, s’il y a contamination par les mycoplasmes, il y aura formation d’agrégations
cellulaires formant des colonies (UFC : unités formant colonies). C’est une méthode
quantitative.
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Une autre méthode indirecte porte sur la coloration de l’ADN à l’aide de substances
fluorescentes (fluorochromes) telles que le DAPI (diamidine phényle indole). Les cellules
non infectées présentent une fluorescence du noyau, par contre si elles sont infectées, on
aura une fluorescence extra nucléaire traduisant la présence de mycoplasmes.
Aberrations chromosomiques.
Mitogenèse (parasite) des lymphocytes en plus de celle induite par les agents mitogènes
utilisés.
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Conservation des cellules
Intérêt :
La conservation doit être de longue durée. Pour cela, la température instaurée doit
être la lus basse possible.
La cryoconservation :
Elle se fait à – 180°C sous azote liquide. Le matériel nécessaire :
- Un container de stockage
Réactifs :
Méthode de congélation :
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Attendre la fin de la phase exponentielle de croissance pour entamer la
conservation.
3) Bien disperser les cellules dans leur milieu de culture à une densité de 106-107
cellules/ml. Ajouter 5 à 10% d’agent cryo-protecteur.
4) Maintenir toujours la suspension tout en répartissant les cellules dans les cryotubes
qui doivent porter les caractéristiques suivantes :
- Type cellulaire
- Date de la congélation
A cette température, les cellules sont transférées rapidement dans l’azote liquide à
une température de -180°C.
Cette méthode est très efficace. Elle permet la conservation des cellules et de leurs
fonctions pendant de nombreuses années. En effet, il a été montré que si on abaisse
la température au delà de -180°C, la viabilité peut être altérée.
La décongélation :
Stérilisation du tube
Dispersion
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le culot est alors remis en suspension dans le milieu de culture et les cellules sont
placées dans un flacon de culture de 25 cm² à 37°C (95% d’air, 5% CO 2)
Remarque:
Le démarrage après décongélation nécessite une plus grande quantité de sérum qu’au
cours de la culture.
Diminution du rendement
Déviation des activités métaboliques du lot congelé qui ne sera pas représentatif
du type cellulaire à étudier.
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Transport cellulaire
Le transport en flacon de culture est plus sur que le transport en cryotubes car on
évite:
- l’étape de congélation
- gain de temps
C’est une pratique très courante en dépit des écarts de température (lors du
transport). Le conditionnement plastique est plus sur.
On utilise des boites Falcon de 25cm² de volume contenant la culture adhérente. Les
boites avec les cellules sont remplies de milieu de culture afin d’éviter le maximum
de détachement cellulaire dû à l’agitation.
- Quantité de milieu
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