Analyse du terrain.
Généralités.
- Quel que soit le type de construction, il est souhaitable d’analyser le sous-sol (sous le niveau des assises de
fondations).
- La conception et l’exécution de fondations nécessitent en effet que l’on connaisse la nature du sous-sol et plus
particulièrement : - sa composition.
- l’épaisseur des couches successives.
- sa force portante.
- le niveau de la nappe phréatique.
Moyens utilisés pour connaître tous les renseignements.
A. Pour des constructions de type unifamilial.
1. En s’informant des constatations faites lors de la construction des bâtiments avoisinants.
2. En creusant des puits (attention blindage→sécurité des ouvriers).
3. En utilisant une tige de sondage.
4. En effectuant des sondages en surface → à effectuer sur fond de fouille de fondation.
B. Pour des constructions importantes.
1. En effectuant des forages en profondeur.
2. En effectuant des sondages en profondeur.
3. En utilisant des charges d’essais (essais à la table : moyens faciles sur petits chantiers).
Types d’analyses.
Analyse superficielle.
- Analyse réalisée à l’aide d’une barre de diamètre suffisant enfoncé à la main par une
personne expérimentée.
- Pour avoir une analyse superficielle chiffrée, on réalise un «essai à la
plaque » afin de calculer la résistance du sol et donc sa réaction au tassement
dans le cas de construction d’élément plat sur le sol : dalle de sol, radier…
Analyse en profondeur.
- Réalisée par une entreprise.
- La résistance du sol doit normalement augmenter en fonction de la profondeur.
- La profondeur de ces sondages sera fonction de la composition du terrain et éventuellement du type de fondations
préconisées.
- Pour des semelles, on estime qu’un essai à une profondeur égale à 5 fois la largeur de la semelle est suffisante.
- On distingue les essais statiques et les essais dynamiques légers.
Essai à la table.
Cet essai consiste à déterminer le poids d’une charge disposée sur une table jusqu’au léger
enfoncement du pied dans le sol.
Cette table est constituée d’une plate-forme qui repose sur le sol par un pied central unique dont les
dimensions sont bien déterminées (généralement 20x20cm.).
Elle est maintenue en équilibre par des cornières en planches solidement enfoncées dans le sol et
placées aux 4 coins de la table ou par câbles tendus aux 4 coins également.
Le principe d’utilisation est le suivant :
- Repérer le niveau de la table sur les cornières.
- Charger la table au moyen de sacs de 50 kg Jusqu’à ce que le pied s’enfonce légèrement : c’est la
Limite de la résistance
- déterminer la résistance théorique du sol en divisant le poids de la charge placée sur le plateau
par la section du pied.
Exemple.
- Prenons un prisme avec une base de 20 cm. De côté, soit400 cm2 de surface.
- Admettons que la charge placée sur la table soit de 5000 kg Au moment où la base commence à s’enfoncer.
- Cela signifie que l’on vient de dépasser la charge limite d’élasticité du terrain.
-
Limite élastique en cm2 =charge________
La section du pied.
- Cette limite est donc : 5000 = 12,5 kg Par cm2
400
Tension admissible du sol.
Il faut incorporer un coefficient de sécurité à la limite d’élasticité.
Dans l’exemple, on incorpore un coefficient de 10.
Ex : l’essai 12,5 kg ; par cm2.
= 12,5 = 1,25 kg /cm2
10
Le terrain expérimenté ne permettra donc qu’une tension admissible de 1,25 kg Par cm 2 pour les calculs de l’ouvrage.
Classification des terrains et tensions admissibles.
Conclusion.
Toutes les analyses permettent de choisir le type de fondation appropriée pour la réalisation du bâtiment.
INSTALLATION DU CHANTIER.
L’aménagement du chantier doit être fait avant de commencer les travaux et est, en général, aux frais de
l’entrepreneur.
L’installation de chantier comprend notamment :
- une clôture provisoire du chantier et la pose de panneaux interdisant l’accès au chantier ;
Sans panneau «interdit de circuler sur le chantier » et sans clôture, l ‘entrepreneur sera responsable des
Accidents qui pourraient survenir à des personnes étrangères au chantier.
- un chemin d’accès (si nécessaire) ;
- un local bureau ;
- les locaux destinés aux ouvriers (réfectoire, vestiaire, sanitaire). Ils doivent être conformes aux R.G.P.T ;
- l’éclairage de chantier ;
- Le raccordement provisoire pour la durée et les besoins du chantier en eaux et en électricité ;
- L’autorisation (communales, provinciales, régionales ou d’un privé) et notamment pour l’utilisation d’un espace
Situé en dehors du chantier (trottoir…) ;
- l’affichage du permis de l’urbanisme ;
- les autorisations pour l’utilisation d’une grue ou pour un raccord provisoire au réseau d’égouttage ;
- les états des lieux (constructions mitoyennes, clôtures, servitudes…) ;
Préalablement aux travaux, l’entrepreneur dresse ou fait dresser par une autre personne (architecte, …) un
état des lieux contradictoire avec les personnes concernées.
Cet état des lieux concerne :
- pour les travaux touchant à la stabilité (les constructions mitoyennes, jointives).
- dans le périmètre du chantier ( les clôtures, les servitudes, les voiries).
- dans le bâtiment lui même ( les d ‘autres entreprises, les revêtements des parois finies).
Ce document permet de se dégager de dégradations existantes avant les travaux.
A défaut de cet état, les lieux sont réputés en parfait état.
L’entrepreneur fait signer l’état par toutes les parties concernées, il en transmet ensuite une copie à
l’architecte.
Après l’exécution des travaux l’entrepreneur procède au récolement de l’état des lieux.
- l’organisation de l’espace autour de la future construction pour les locaux repris ci-dessus, pour des aires et/ ou des
hangars de stockage, pour les engins de manutention mobiles ou immobiles (grue) ainsi que pour les conteneurs à
déchets.
STOCKAGE DES DECHETS.
- Il existe 3 classes de déchets devant suivre des filières de traitement ou de recyclage différentes.
- Aucun déchet ne peut rester sur le chantier ; si des déchets inertes sont laissés dans les fouilles avant
remblayage, ils doivent être de petite dimension et subir le même traitement que la terre c’est-à-dire un
compactage énergique.
- L’évacuation des déchets se fait généralement par conteneurs selon le type de déchets.
Classe 1 : déchets industriels dangereux.
Absorbants souillés, acide chlorhydrique, acide phosphorique, aérosol, amiante libre, anticorrosion, antigel, bois
traités, colle avec solvants, résidus de décapage, emballages souillés, filtres (à mazout, huile, …) huile silicone,
matériel souillé, papier et carton souillé, PCB, peinture à base de bitume, peinture à l’huile métallique, pesticides,
piles, produits de traitement du bois, sciures et copeaux de bois traités, solvant, terre de déblai contaminée, tubes
d’éclairage.
Classe 2 : déchets ménagers et assimilés et déchets industriels non dangereux.
Adjuvants, amiante lié, béton armé, bois non traité, boue aqueuse, boue de sciage et polissage de pierres calcaires,
colle naturelle et sans solvant, détergent de type ménager, équipement électrique et électronique, emballages non
souillé, isolants en fibres minérales artificielles, isolants synthétiques, isolant végétaux, mastic à l’eau et séché, métaux
ferreux ou non ferreux, papier et carton non souillés, peinture et vernis à l’eau, plastique, pneus usés, sciures et
copeaux de bois non traités, déchets verts.
Classe 3 : déchets inertes.
Ardoise naturelle, éléments en terre cuite, asphalte, béton et ciment, carrelage, meulage de marbre, terre de déblais non
contaminée, verre.
! Aucun déchet de classe 1 ou 2 ne peut être enfoui ou brûlé sur le chantier.
PREPARATION DU TERRAIN.
Il se peut que le terrain ne permette pas de commencer les travaux de construction sans travaux préalables aux
terrassements.
Ces travaux peuvent consister en :
- la démolition de bâtiments, de clôtures ;
- l’enlèvement des végétaux (haies, …) ;
- l’évacuation des débris (en conformité avec les réglementations en matière d’environnement) ;
- la protection des constructions et des végétations à conserver ;
- le détournement des eaux de surfaces ;
- le repérage de canalisations souterraines existantes à conserver ;
! L’entrepreneur doit se renseigner du passage, dans le terrain (servitudes) ou dans les accotements (aménagés
ou non), de canalisations et de câbles souterrains :
- auprès de toutes les société de distribution (eau, …) ;
- à l’administration communale ;
- éventuellement aux sociétés de transport ;
Il demande les tracés et les niveaux d’enfouissement de manière à pouvoir les repérer et éviter toutes
dégradations de ceux-ci.
Sans demandes préalables, les assurances refusent toute indemnité en cas de dégâts accidentels.
IMPLANTATION DU BATIMENT.
On appelle implantation la détermination de l’emplacement du bâtiment sur le terrain.
Elle se fait sur base d’un plan d’implantation, sur lequel sont indiquées les distances à laisser entre le bâtiment à
construire et les limites de parcelles ou des éléments existants fixes du terrain.
L’implantation ne peut pas être conçue tout à fait librement par l’architecte, elle est soumise à des prescriptions
urbaines déterminées telles que :
- l’interdiction de bâtir dans la zone située entre l’alignement et la ligne de construction ;
- la limitation de profondeur autorisée pour la construction ;
- le respect d’une distance minimum entre le bâtiment et les limites de la parcelle.
LIMITES A RESPECTER
Distances imposées pour l’alignement des façades.
- Le code civil impose une distance de 1 m. entre les limites du terrain et les façades latérales, mais l’urbanisme
impose une distance minimum de 3 m. de recul latéral et arrière ; le commissaire voyer impose en milieu rural de
l’axe de la route au de la limite du terrain, cette distance est fonction de l’importance de la route. Grande
communication, petite communication ou agglomération s’effectue sur l’alignement des façades existantes.
- En site rural lorsque l’habitation est construite le long d’une route de petite communication l’alignement est de 7
m. de la limite du terrain.
- Pour les routes nationales en site rural, la zone de recul est de 23 m. de l’axe de la route.
- Les autoroutes et routes nationales réservées à la circulation automobile, les riverains n’y ont pas accès.
LES SERVITUDES
Une servitude est une charge imposée sur une propriété, à l’usage et pour l’utilisation d’une propriété appartenant à un
autre propriétaire.
Trois types de servitudes :
[Link] dérivent de la situation des lieux.
Le propriétaire d’un fond enclavé, n’ayant aucune issue sur la voie publique, peut réclamer un droit de passage sur
le fond voisin, afin d’exploiter son bien, moyennant une indemnité.
2.Légale.
Droit d’une source, le propriétaire d’une source ne peut détourner celle-ci, si elle alimente les habitations d’une
commune en eau.
3. Conventionnelles.
Relatives aux murs et fossés mitoyens, aux cours d’eau non navigables qui traversent ou bordent un terrain ;
Droit de passage avec certains produits ;
Alignements ou zones de recul imposés pour les nouvelles constructions ;
Les murs mitoyens.
Murs mitoyens : propriété en commun de 2 propriétaires.
Les frais de réparation et d’entretien sont supportés en commun par les 2 parties.
Il est interdit d’ouvrir une baie, encastrer un conduit de fumé ou d’effectuer tout travail qui en
diminuerait la résistance.
REPERAGE EN PLAN.
On peut distinguer deux phases dans le repérage en plan : le
repérage exact de la future construction par les points rentrants et saillants et le repérage des limites des travaux.
Instruments de traçage.
L’équerre à prisme .
L’équerre à prisme est un
instrument permettant de tracer
des angles droits dans un plan
horizontal.
Cette équerre permet de voir 3 jalons dans les miroirs placés à 90°. Le premier droit devant, un
deuxième à gauche et le troisième à droite.
Elever et abaisser une perpendiculaire.
Cette méthode est basée sur la particularité géométrique selon laquelle dans un triangle rectangle, le carré de
l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des 2 autres côtés.
L’exemple ci-dessus est en effet une illustration de ce théorème puisque 52 = 42 + 32.
A l’aide de l’équerre à prisme.
Lorsque les jalons vus dans l’équerre sont alignés, l’emplacement de l’instrument coïncide avec le point d’intersection
de la perpendiculaire abaissée du jalon vu droit devant X sur la ligne constituée par les jalons A et B.
PLAN D’IMPLANTATION.
TRACE DE L’IMPLANTATION.
Phase 1.
[Link] 2 alignements particuliers : - le recul par rapport à la limite de propriété ou par rapport à l’axe de la
voirie.
- le recul par rapport à une limite latérale de propriété.
2. L’implantation consiste à déterminer un ensemble de point par tracé de perpendiculaires et mesurage.
Le tracé des perpendiculaires se réalise à l’aide de l’équerre optique à prisme.
Le contrôle des diagonales permet de vérifier le tracé rectangulaire des bâtiments.
Application.
1. Placer les jalons 1et 2 pour
former le recul par rapport à la
limite de propriété à rue.
2. Placer les jalons 3et 4 pour
former le recul par rapport à la
limite de propriété voisine.
3. Placer les jalons 5 et 6 pour
former un alignement
parallèle à 3 et 4 correspondant
à la largeur du volume
principal.
4. Placer le jalon A (coin extérieur
bâtiment) à l’intersection des
alignements 1 – 2 et 5 – 6.
5. Placer les jalons B et 7 pour
former un alignement
perpendiculaire à l’alignement
3 et 4, placer le jalon par A.
6. Sur l’alignement 3 et 4, placer
le jalon C.
7. Placer le jalon D et 8 pour
former l’alignement
perpendiculaire à l’alignement
3 et 4 au point C.
8. Sur les alignements
perpendiculaires à 3 et 4,
reporter les distances pour
placer les jalons 9 et 10.
9. On obtient un tracé
rectangulaire de construction du
bâtiment avec quatre coins : B,
C, 9 et 10. Il faut contrôler les
diagonales B-9 et C-10 qui
doivent être égales.
10. Il suffit alors de placer les
jalons : E et F sur 9 et 10,
G et H sur AD,
I et J sur BC,
Et K et L
perpendiculairement à I J en reportant les distances.
Phase 2.
1. Cette phase est réalisée en plaçant des chaises.
2. Les chaises sont placées en fonction des alignements du
bâtiment.
3. Placer les chaises à ± 1 m. Leur écartement à
l’alignement varie selon le type de terrassement à
effectuer et la nature des terres.
4. Les chaises peuvent être en angle ou simple.
5. Reporter l’alignement façade sur les chaises au moyen
des cordeaux ensuite les autres alignements.
6. Enfoncer des clous dans les chaises suivant le cordeau
7. Continuer à enfoncer des clous dans les chaises d’après
le travail de maçonnerie à exécuter.
8.
Avant de commencer les travaux de terrassements tendre les 2
cordeaux extrêmes qui coïncide avec les fondations.
Repérage de niveaux.
On attribue habituellement le niveau 0.00 au niveau fini du rez- de –chaussée.
O n détermine la cote 0.00 qui est renseignée sur le plan d’implantation sur un point fixe qui est le repère pour les
autres niveaux.
Il peu être : une borne du terrain, plaque d’égout public, trottoir, repères d’altitude de I.G.M.
Sur une chaise ou tout autre repère sur le chantier on notera le niveau fixe 1.00 qui permettra de se vérifier
facilement en le transcrivant sur les murs et au niveau des baies de portes intérieures.
On porte les niveaux : -sur une latte clouée aux chaises,
- sur les piquets des chaises avant de clouer les traverses dans ce cas les ficelles tendues
donnent 2 éléments ; alignement et les niveaux.
Les instruments pour réaliser ce repérage seront identiques à ceux qui servent pour l’analyse topographie.
Pour les distances courtes, on peut aisément utiliser un niveau d’eau.