Espaces Vectoriels et Applications Linéaires
Espaces Vectoriels et Applications Linéaires
ET
APPLICATIONS LINÉAIRES
Ressource élaborée par
GUEYAP KOUNGA Brice Romuald
Matricule : CM04-08SCI0405
Sous la direction de :
+ Dr. NDJEYA Selestin
Chargé de Cours, E.N.S de Yaoundé I
+ M. TCHOUTIO Moïse
Inspecteur National de Mathématiques
+ M. KAMDEM KAMDEM Gaetan F.
P.L.E.G en Mathématiques
Objectifs i
Introduction 1
1 ESPACE VECTORIEL 2
1.1 Structure d’espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Sous-espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Combinaison linéaire des vecteurs d’une famille finie . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.1 Famille génératrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.2 Famille libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.3 Base d’un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.4 Dimension d’un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Sous-espace vectoriel supplémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.1 Somme de deux sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.2 Somme directe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2 APPLICATIONS LINÉAIRES 16
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2 Matrice d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.1 Quelques propriétés sur les matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2.2 Déterminant d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3 Noyau d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.4 Image d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.5 Déterminant d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Exercices 31
Bibliographie 38
Dans toutes les mathématiques, on rencontre des objets sur lesquels on peut définir
deux (02) opérations naturelles dont l’une a exactement les propriétés de l’addition usuelle
dans R et l’autre n’est rien d’autre qu’une multiplication par un nombre (réel ou com-
plexe). C’est le cas des vecteurs de la géométrie plane ou de l’espace, et de bien d’autres
exemples comme les ensembles de fonctions ou de suites.
Un espace vectoriel est une structure stable par combinaison linéaire. Les espaces vec-
toriels sont l’outil de base de l’algèbre linéaire et des mathématiques en générale. Ceci
étant, si on se donne un «R-espace vectoriel» E, est-ce que E possède «peu» ou «beau-
coup» de sous-espaces vectoriels ? Y a-t-il toujours un sous-espace vectoriel contenant un
certain nombre de vecteurs donnés ? À-t-on dans E l’équivalent des droites et de plans ?
À partir de deux (ou plus) sous-espaces vectoriels de E, peut-on en construire d’autres,
par des opérations usuelles sur les ensembles comme la réunion et l’intersection ?
Ainsi, pour y répondre à ces diverses questionnement dans ce travail, on découvrira
en particulier :
• La structure d’espaces vectoriels sur l’ensemble des nombres réels ;
• Une catégorie d’applications bien adaptée à la structure d’espaces vectoriels : les appli-
cations linéaires ;
• Pour ces applications, nous définirons les notions de noyau, d’images.
• Enfin, comment on peut associer à toute application linéaire, une matrice (un tableau de
nombres) qui traduit toutes les informations de l’applications linéaire qu’elle représente.
ESPACE VECTORIEL
Pour résumer l’axiome 1, on dit que (E, +) est un groupe commutatif ou encore un
groupe abélien.
→
−
Les éléments de E sont appelés des vecteurs (parfois habillés d’une flèche : →−
x ,→−
y , 0 ...
parfois non !) et ceux de R, des scalaires.
La loi de composition interne (notée "+") correspond à l’addition que vous connaissez,
et l’externe (notée "·") à la multiplication habituelle (aussi on se permettra la plupart
du temps d’écrire λx au lieu de λ · x).
+Remarque 1.1.1.
• L’élément neutre est unique !
• Pour tout vecteur x, son opposé est unique !
Avant de donner des exemples, énonçons d’abord quelques propriétés bien connues
dans R.
Proposition 1.1.1.
P1 - ∀x ∈ E, on a : 0x = 0E et ∀λ ∈ R, λ0E = 0E ;
P2 - ∀x ∈ E, ∀λ ∈ R, on a : λx = 0E ⇔ (λ = 0 ou x = 0E )
P3 - ∀x ∈ E, −x = (−1)x ;
P4 - ∀λ, µ ∈ R et ∀x, y ∈ E, on a : (λ − µ)x = λx − µx et λ(x − y) = λx − λy ;
P5 - ∀λ, µ ∈ R et ∀x, y ∈ E, on a : λx = µx ⇔ (λ = µ ou x = 0E )
et λx = λy ⇔ (λ = 0 ou x = y).
Exemple 1.1.1.
a) (Z, +, ·) est un espace vectoriel ;
b) R, R2 , R3 et plus généralement Rn sont des espaces vectoriels sur R :
c) Soit A une partie non vide de R. L’ensemble F(A, R) des applications de A dans R est
un espace vectoriel sur R car elle est muni d’une structure d’espaces vectoriels sur R
définie par :
– La somme f + g de deux éléments quelconques f et g de F(A, R) est définie par :
∀x ∈ A (f + g)(x) = f (x) + g(x) ;
– Le produit λf du réel quelconque λ par un élément quelconque f de F(A, R) est défini
par : ∀x ∈ A (λf )(x) = λf (x).
verrons une caractérisation des espaces vectoriels qui nous permettra, à l’aide des espaces vectoriels de
référence, d’éviter la définition d’origine.
Solution 1.2.1.
a˚) On a 0 + 0 = 0, donc (0, 0) ∈ F . Par suite F est un ensemble non vide.
b˚) Pour tout (x, y) ∈ F , (x, y) ∈ E par définition. Donc F est un sous-ensemble de E
(F ⊂ E).
c˚) Soient u = (x, y), v = (a, b) ∈ F , montrons que u + v ∈ F .
u ∈ F ⇒ x + y = 0 et v ∈ F ⇒ a + b = 0.
u+v = (x, y)+(a, b) = (x+a, y +b). Or (x+a)+(y +b) = (x+y)+(a+b) = 0+0 = 0.
Donc ∀u, v ∈ F, u + v ∈ F .
d˚) Soient u = (x, y) ∈ F et λ ∈ R, montrons que λu ∈ F .
u∈F ⇒x+y =0
λu = λ(x, y) = (λx, λy). Or λx + λy = λ(x + y) = λ0 = 0.
Donc ∀u ∈ F, ∀λ ∈ R, λu ∈ F .
---En pratique : On dit dans ces conditions que F = {(x, y) ∈ R2 /x + y = 0} est
un sous-espace vectoriel de E = R2 .
Définition 1.2.1. Soit (E, +, ·) un espace vectoriel et F une partie non vide de E.
On dit que F est un sous-espace vectoriel de E si la restriction des lois "+" et "·"
de E à F fait de F un espace vectoriel.
+Remarque 1.2.1.
• Tout sous-espace vectoriel de E contient 0E .
• Dans la pratique, pour montrer que F 6= ∅, on montrera assez souvent que 0E ∈ F .
• La dernière condition peut être synthétisée par : ∀(x, y) ∈ F 2 , ∀λ ∈ R, x + λ · y ∈ F .
+Remarque 1.2.3. Ainsi, il est donc beaucoup plus facile de montrer qu’un ensemble
est un sous-espace vectoriel plutôt qu’un espace vectoriel. En effet toutes les propriétés
propres aux lois (commutativité, associativité ...etc) restent vraies par restriction donc
n’ont pas besoin d’être démontrées.
Exemple 1.2.1.
a) R2 est un sous-espace vectoriel de R.
b) Soit I un intervalle de R. Alors l’espace C(I, R) des fonctions continues sur I à valeur
dans R est un sous-espace vectoriel de F(I, R). De même, l’espace D(I, R) des fonctions
dérivables sur I à valeur dans R est un sous-espace vectoriel de F(I, R). De plus, comme
toute fonction dérivable est continue, il s’ensuit que D(I, R) est aussi un sous-espace
vectoriel de C(I, R).
c) L’ensemble F = {(x, y) ∈ R2 /x + y = 2} n’est pas un sous-espace vectoriel de R2 .
En effet, le vecteur nul 0R2 n’appartient pas à F .
→
− → −
Activité 1.3.1. On donne dans la base B = ( i , j ), les vecteurs →
−
u (1, −3) et →
−
v (− 21 , 7).
→
− →
−
Exprimer les vecteurs →
−
u et →
−
v en fonction des vecteurs i et j .
→
− →
− →
− →
−
Solution 1.3.1. On a : → −
u = i − 3 j et →−
v = − 21 i + 7 j
---En pratique : On dit qu’on a écrit le vecteur → −
u (respectivement →
−
v ) comme com-
→
− →
−
binaison linéaire des vecteurs i et j de la base B.
Pp
On note x sous la forme condensée suivante : x = i=1 λi xi ; les λi sont appelés les
coefficients de la combinaison linéaire.
Exemple 1.3.1.
a) Cherchons le sous-espace vectoriel de R3 engendré par les vecteurs x1 = (1, 2, 0) et
x2 = (1, −1, 1). Ce sous-espace est l’ensemble des combinaisons linéaires de x1 et de
x2 , c’est-à-dire l’ensemble des vecteurs x ∈ R3 tel que :
x = λ1 x1 + λ2 x2 = λ1 (1, 2, 0) + λ2 (1, −1, 1) = (λ1 + λ2 , 2λ1 − λ2 , λ2 ) où (λ1 , λ2 ) est un
élément quelconque de R2 .
b) R × {0} est le sous-espace vectoriel de R2 engendré par le vecteur (1, 0). On peut
remarquer que c’est aussi le sous-espace vectoriel engendré par le vecteur (19, 0) et
plus généralement par n’importe quel vecteur (a, 0) où a est un réel non nul.
Activité 1.3.2. Considérons la famille S = (1, 3), (−1, 5) de R2 .
Trouver, si possible, les réels α et β tels que ∀→
−
u ∈ R2 , on ait : →
−
u = α(1, 3) + β(−1, 5).
Si E est engendré par une famille finie de vecteurs (x1 , x2 , · · · , xp ), on note alors
E = hx1 , x2 , · · · , xp i ou E = V ect(x1 , x2 , · · · , xp ). On dit aussi que S est un système
générateur de E.
Exemple 1.3.2.
a) La famille {e1 = (1; 0), e2 = (0; 1)} est une famille génératrice de R2 puisque tout
élément x = (x1 , x2 ) de R2 peut s’écrire : x = (x1 , x2 ) = (x1 , 0) + (0, x2 ) = x1 e1 + x2 e2 .
La famille {e1 = (2; 0), e2 = (1; 1)} en est une autre, prouvez la !
b) Dans l’espace R2 [X] des polynômes de degré au plus 2, la famille (1, X, X 2 ) est une
famille génératrice puisque tout polynôme de degré au plus 2 est combinaison linéaire
de vecteurs de cette famille.
Propriétés 1.3.1.
P1 - Toute famille contenant une famille génératrice est elle même génératrice.
P2 - Si F1 est une famille génératrice que chacun de ses vecteurs peut s’exprimer comme
combinaison linéaire des vecteurs d’une autre famille F2 , alors F2 est aussi une
famille génératrice.
Activité 1.3.3. Considérons la famille S = (1, −3), (−1, 2) de R2 .
Montrer que si on a α(1, −3) + β(−1, 2) = (0, 0) alors α = β = 0.
Solution 1.3.3. Soient α, β ∈ R tels que : α(1, −3) + β(−1, 2) = (0, 0).
α(1, −3) + β(−1, 2) (= (0, 0) ⇔ (α, −3α) + (−β, 2β) = (0, 0) ⇔ (α − β, −3α + 2β) = (0, 0).
α−β = 0
Ce qui nous donne qui a pour solution α = 0 et β = 0.
−3α + 2β = 0
---En pratique : On dit dans ce cas que la famille S = (1, −3), (−1, 2) est une
famille libre. Dans le cas contraire, on dit qu’elle est liée.
+Remarque 1.3.1.
• Toute famille contenant 0E est liée.
• Toute famille dont les vecteurs ne sont pas deux à deux distincts est nécessairement
liée. Par suite, les vecteurs de toute famille libre sont deux à deux distincts.
• Deux vecteurs non colinéaires forment une famille libre, trois vecteurs non coplanaires
forment une famille libre.
Exemple 1.3.3.
a) Une famille composée d’un seul vecteur non nul est toujours libre.
b) la famille {e1 = (1; 0), e2 = (0; 1)} est une famille libre de R2 .
c) Soient les vecteurs x1 = (1, 2, 3) et x2 = (−3, −6, −9) de R3 . On a : 3x1 + x2 = (0, 0, 0)
ou encore x2 = −3x1 ; la famille (x1 , x2 ) est donc liée.
Propriétés 1.3.2. Toute famille contenant une famille liée est elle même liée.
Activité 1.3.4. Considérons la famille (1, 1), (1, −1) de R2 .
a˚) Montrer que c’est une famille libre.
b˚) Montrer que c’est une famille génératrice de R2 .
Solution 1.3.4.
a˚) Montrons que la famille (1, 1), (1, −1) est libre.
Soient α, β ∈ R tels que : α(1, 1) + β(1, −1) = (0, 0).
α(1, 1) + β(1, −1)( = (0, 0) ⇔ (α, α) + (β, −β) = (0, 0) ⇔ (α + β, α − β) = (0, 0). Ce
α+β = 0
qui nous donne qui a pour solution α = 0 et β = 0.
α−β = 0
Donc notre famille (1, 1), (1, −1) est bel et bien une famille libre.
b˚) Montrons que (1, 1), (1, −1) est une famille génératrice de R2 .
Soit →−
u (a, b) ∈ R2 cherchons α, β ∈ R tels que : →−
u = α(1, 1) + β(1, −1).
(a, b) = α(1, 1) + β(1, −1) ⇔ (a, b) = (α, α) + (β, −β) ⇔ (a, b)(= (α + β, α − β).
a = α+β
Ce qui nous conduit au système d’inconnues α et β suivant : qui a
b = α−β
pour solution α = a+b2
et β = a−b
2
.
Finalement pour tout vecteur u (a, b) ∈ R2 on a : →
→
− −u = a+b
2
(1, 1) + a−b
2
(1, −1).
2
Donc notre famille (1, 1), (1, −1) est une famille génératrice de R .
---En pratique : On vient de montrer que la famille (1, 1), (1, −1) est une base
de R2 .
Définition 1.3.4. Une famille de vecteurs B = (e1 , e2 , · · · , ep ) est une base d’un
espace vectoriel si et seulement si cette famille est à la fois libre et génératrice,
c’est-à-dire pour tout vecteur x de E, il existe un unique p-uplet (α1 , α2 , · · · , αp ) de
Rp tel que : x = α1 e1 + α2 e2 + · · · + αp ep .
Ainsi, on dit que (α1 , α2 , · · · , αp ) sont les composantes de x dans la base
B = (e1 , e2 , · · · , ep ).
Exemple 1.3.4.
a) La base canonique de R2 est la famille des deux vecteurs (e1 , e2 ) où e1 = (1, 0) et
e2 = (0, 1).
b) La famille (0, 1, 2), (1, 2, 0), (2, 0, 1) est une base de R3 .
Définition 1.3.5. Soit E un espace vectoriel sur R, non réduit au singleton {0E }
(c’est-à-dire E 6= {0E }). Si E possède une base de p vecteurs, alors toute autre base
de E a également p vecteurs.
L’entier naturel non nul p est appelé la dimension de E et on dit alors que E est
un espace vectoriel de dimension p et est notée par : dim E = p.
Exemple 1.3.5. La dimension de R est 1, celle de R2 est 2 et, plus généralement, celle
de Rn est n.
+Remarque 1.3.3.
• ∅ est une base de {0E } et dim({0E }) = 0.
• Si p = 1 alors une base de E est constituée d’un seul vecteur. Ainsi, on dit que E est
une droite vectorielle.
• Si p = 2 alors une base de E est constituée de deux vecteurs. Ainsi, on dit que E est
un plan vectoriel.
Preuve : D’après la définition d’une base, (iii) implique trivialement (ii) et (i).
(i) ⇒ (iii) Si (x1 , x2 , ..., xp ) est libre, on peut compléter en une base de E via le théorème
de la base incomplète. Or toutes les bases de E on exactement p éléments, donc en fait
(x1 , x2 , ..., xp ) est déjà une base de E.
(ii) ⇒ (iii) Si (x1 , x2 , ..., xp ) est génératrice de E, on peut extraire une base de E via le
théorème de la base incomplète. Or toutes les bases de E on exactement p éléments, donc
en fait (x1 , x2 , ..., xp ) est déjà une base de E.
Activité 1.3.5. Montrer que la famille (0, 1, 2), (1, 2, 0), (2, 0, 1) est une base de R3 .
Solution 1.3.5. Comme R3 est de dimension trois, et comme la famille considérée est
constituée de trois éléments, nous saurons que cette famille est une base de R3 quand nous
aurons montré qu’elle est libre ou génératrice.
Montrons qu’elle est libre. Soient α, β, λ ∈ R.
On suppose que α(0, 1, 2) + β(1, 2, 0) + λ(2, 0, 1) = (0, 0, 0).
Alors on a : (β + 2λ, α + 2β, 2α + λ) = (0, 0, 0) ce qui nous donne α = −2β, β = −2λ et
λ = −2α. Alors α = −2β = 4λ = −8α, et donc α = 0, puis β = λ = 0 également.
Donc notre famille considérée est libre. Par conséquent elle est une base de E.
APPLICATIONS LINÉAIRES
On formalise dans ce chapitre le deuxième concept abstrait fondamental en algèbre linéaire : celui
d’application linéaire. Le terme « linéarité » apparaît souvent en Mathématiques : linéarité de la somme,
de la dérivation, de l’intégration(...). Voici précisemment ce qui se cache derrière ce mot.
2.1 Généralités
Soient E et F deux espaces vectoriels sur R.
R2 −→ R
Activité 2.1.1. Considérons l’application f : .
(x, y) 7−→ x + y
a˚) Montrer que ∀→
−
u ,→
−
v ∈ R2 , f (→
−
u +→
−v ) = f (→
−
u ) + f (→
−v ).
b˚) Montrer que ∀→
−
u ∈ R2 et ∀α ∈ R, f (α→−
u ) = αf (→
−u ).
Solution 2.1.1.
a˚) Soient →
−
u (x, y), →
−
v (a, b) ∈ R2 .
f (→
−
u +→−
v ) = f ((x + a, y + b)) = (x + a) + (y + b) = (x + y) + (a + b) = f (→
−
u ) + f (→
−
v ).
b˚) Soient →
−
u (x, y) ∈ R2 et α ∈ R, f (α→
−
u ) = f ((αx, αy)) = αx+αy = α(x+y) = αf (→
−
u ).
---En pratique : On dit dans ces conditions que f est une application linéaire de
R2 vers R.
Autrement dit, une application linéaire est une application qui préserve la structure
d’espace vectoriel.
+Remarque 2.1.1.
• Les deux conditions précédentes sont équivalentes à la condition suivante :
∀→
−
u ,→
−v ∈ E ∀α ∈ R f (→ −u + α→−
v ) = f (→
−
u ) + αf (→
−
v ).
• Si f est linéaire, alors f (0E ) = 0F .
• Lorsque l’espace d’arrivée F = R, les applications linéaires sont appelées formes li-
néaires.
Exemple 2.1.1.
E −→ F
a) Une homothétie vectorielle de rapport k ∈ R∗ , f : →
− , est une application
7 → k→
u − −
u
linéaire.
b) La dérivation est une application linéaire de E = C 1 (R) (ensemble de fonctions déri-
vables et de dérivées continues sur R) dans F = C 0 (R) (ensemble de fonctions continues
sur R).
Définition 2.1.2.
→ Un homomorphisme est une application linéaire définie de E vers F .
→ Un endomorphisme de E est une application linéaire définie de E vers E.
→ Un isomorphisme est un homomorphisme bijectif.
→ Un automorphisme est un endomorphisme bijectif.
E −→ E
Exemple 2.1.2. L’application f : → − (k ∈ R∗ ) encore appelée homothétie
u −7 → k→−u
vectorielle de rapport k, est un automorphisme de E.
Preuve : Soient → −
u ,→−
v ∈ E et α ∈ R.
f ◦ g( u + α v ) = f (g( u + α→
→
− →
− →
− −v )) = f (g(→
−
u ) + αg(→−v )) "Car g est linéaire".
Donc f ◦ g( u + α v ) = f (g( u ) + αg( v )) = f (g( u )) + αf (g(→
→
− →
− →
− →
− →
− −
v )) "Car f est linéaire".
Donc f ◦ g( u + α v ) = f (g( u )) + αf (g( v )) = f ◦ g( u ) + αf ◦ g(→
→
− →
− →
− →
− →
− −
v ).
D’où la composée f ◦ g est une application linéaire de E dans G.
→
− →− → −
Activité 2.1.2. Soit ( i , j , k ) une base de E et f un endomorphisme de E tel que :
→
− →
− → − → − →
− →
− → − →
− →
− →
− − →
→ −
f ( i ) = 2 i + j + k , f ( j ) = i − j + 3 k et f ( k ) = − i + 2 j − k .
Donner la forme analytique de l’endomorphisme f .
→
−
Solution 2.1.2. Soit → −u (x, y, z) un élément de E et u0 (x0 , y 0 , z 0 ) un élément de E tel que :
→
−0
u = f (→
−
u ) ; où x, y, z, x0 , y 0 , z 0 ∈ R
→
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
−
u ∈E⇔→ −u = x i + y j + z k et u0 ∈ E ⇔ u0 = x0 i + y 0 j + z 0 k .
→
−0 →
− →
− →
− →
− →
− →
−
u = f (→−u ) ⇔ x0 i + y 0 j + z 0 k = f (x i + y j + z k )
→
− →
− →
−
= xf ( i ) + yf ( j ) + zf ( k ) car f est linéaire
→
− → − → − →
− → − →
− →
− − →
→ −
= x(2 i + j + k ) + y( i − j + 3 k ) + z(− i + 2 j − k )
→
− →
− →
− →
− →
− →
−
x0 i + y 0 j + z 0 k = (2x + y − z) i + (x − y + 2z) j + (x + 3y − z) k
0
x = 2x + y − z
Ainsi, on obtient par identification : (S) y 0 = x − y + 2z
0
z = x + 3y − z
(S) est la forme analytique de l’endomorphisme f .
→
− → − → −
Définition 2.2.1. Soient E un espace vectoriel de dimension 3 et B = ( i , j , k )
une base de E. On considère l’endomorphisme f définie par B tel que :
→
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
−
f ( i ) = a i + b j + c k , f ( j ) = a0 i + b0 j + c0 k et f ( k ) = a00 i + b00 j + c00 k
avec a, b, c, a0 , b0 , c0 , a00 , b00 , c00 ∈ R.
On appelle matrice de l’application linéaire f dans la base B, le tableau carré noté
par :
a a0 a00 a a0 a00
M(f,B) = b b0 b00 ou M(f,B) = b b0 b00
c c0 c00 c c0 c00
→
− →
− →
−
On peut aussi écrire cette matrice sous la forme : M(f,B) = (f ( i ), f ( j ), f ( k ))
Ce tableau est une matrice carrée réelle d’ordre trois, à trois lignes et à trois colonnes.
Les réels a, b, c, a0 , b0 , c0 , a00 , b00 , c00 sont appelés les coefficients de la matrice.
Notation 2.2.1. Nous noterons par M2 , l’ensemble des matrices carrées réelles d’ordre
2 et par M3 , l’ensemble des matrices carrées réelles d’ordre 3.
z z 0 z 00 c c0 c00
P1 - Addition de deux matrices
M(f +g,B) = M(f,B) + M(g,B)
x x0 x00 a a0 a00 x + a x0 + a0 x00 + a00
M(f,B) + M(g,B) = y y 0 y 00 + b b0 b00 = y + b y 0 + b0 y 00 + b00
z z 0 z 00 c c0 c00 z + c z 0 + c0 z 00 + c00
x + a x0 + a0 x00 + a00
Donc, M(f +g,B) = y + b y 0 + b0 y 00 + b00
z + c z 0 + c0 z 00 + c00
P2 - Multiplication d’une matrice par un réel
M(λf,B) = λM(f,B)
x x0 x00 λx λx0 λx00
λM(f,B) = λ y y 0 y 00 = λy λy 0 λy 00
z z 0 z 00 λz λz 0 λz 00
λx λx0 λx00
Donc, M(λf,B) = λy λy 0 λy 00
λz λz 0 λz 00
P3 - Multiplication de deux matrices
M(f ◦g,B) = M(f,B) × M(g,B)
x x0 x00 a a0 a00
M(f,B) × M(g,B) = y y 0 y 00 × b b0 b00
z z 0 z 00 c c0 c00
xa + x0 b + x00 c xa0 + x0 b0 + x00 c0 xa00 + x0 b00 + x00 c00
= ya + y 0 b + y 00 c ya0 + y 0 b0 + y 00 c0 ya00 + y 0 b00 + y 00 c00
+Remarque 2.2.1.
!
0 0
• L’élément neutre pour la loi "+", appelé matrice nulle,est la matrice .
0 0
• L’élément neutre pour
! la loi "×", appelé matrice unité ou matrice identité, est
1 0
notée I2 = .
0 1
( ! ! ! !)
1 0 0 0 0 1 0 0
• La base canonique de M2 est : , , ,
0 0 1 0 0 0 0 1
+Remarque 2.2.2. Une application linéaire est aussi déterminée par la donnée de sa
matrice dans une base donnée.
a a0 a00
→
− →− → − →
− →
− →
− →
−
Si B = ( i , j , k ) et M(f,B) = b b0 b00 . Soit u0 = x0 i + y 0 j + z 0 k l’image de
c c0 c00
→
− →
− →
− →
−
u = x i + y j + z k par f .
0
x a a0 a00 x ax + a0 y + a00 z
→
−
Alors, u0 = f (→
−u ) ⇔ y 0 = b b0 b00 y = bx + b0 y + b00 z
z0 c c0 c00 z cx + c0 y + c00 z
0 0 00
x = ax + a y + a z
On a finalement, par identification, (S) y 0 = bx + b0 y + b00 z
0
z = cx + c0 y + c00 z
−2 3 0
→
− → − → −
Activité 2.2.1. Dans la base B = ( i , j , k ), on donne : M(f,B) = −1 5 1 .
0 2 −3
Donner la forme analytique de f .
Solution
2.2.1. D’après ce qui précède, la forme analytique de f est donnée par :
0
x
= −2x + 3y
(S) y 0 = −1x + 5y + z
0
z = 2y − 3z
!
a c
Définition 2.2.2. Soit A = une matrice de M2 .
b d
a c
On appelle déterminant de A le réel noté : det A = = ad − bc.
b d
a a0 a00
Si A = b b0 b00 est une matrice de M3 , on aura :
c c0 c00
a a0 a00
b0 b00 a0 a00 a0 a00
det A = b b0 b00 = a 0 00 − b 0 00 + c 0 00 .
c c c c b b
c c0 c00
Si A et B sont deux matrices carrées quelconques, alors on a :
det(A × B) = (det A) × (det B) = det(B × A).
Définition 2.3.1. Soit f une application linéaire d’un espace vectoriel réel E dans
un espace vectoriel réel F .
On appelle noyau de f , l’ensemble des vecteurs de E qui ont pour image le vecteur
nulle de F . On le note Kerf = {→
−
u ∈ E/f (→
−u ) = 0F }.
Théorème 2.3.1. Soit f une application linéaire d’un espace vectoriel réel E dans un
espace vectoriel réel F .
L’ensemble Kerf est un sous-espace vectoriel de E.
Théorème 2.3.2. Soit f une application linéaire d’un espace vectoriel réel E dans un
espace vectoriel réel F .
L’application f est injective si et seulement si : Kerf = {0E }.
f (→
−
u ) = f (→
−
v ) ⇔ f (→
−
u )−f (→
−
v ) = 0F ⇔ f (→
−
u −→
−
v ) = 0F , car f est une application linéaire
⇔ u − v ∈ Kerf ⇔ u − v = 0E car Kerf = {0E } ⇔ →
→
− →
− →
− →
− −u =→ −v.
Donc f est une application injective.
Solution2.3.2. L’endomorphisme
f a pour matrice dans la base B,
0
1 1 1 x = x+y+z
M(f,B) = 1 −1 1 et pour expression analytique le système : (S) y 0 = x − y + z
0
1 1 −1 z = x+y−z
→
− →
−
Cherchons u (x,y, z) ∈ E tel que : f ( u ) = 0E .
x+y+z = 0
→
−
f ( u ) = 0E ⇔ x − y + z = 0 ⇔ x = y = z = 0.
x+y−z = 0
Donc le vecteur u (x, y, z) = →
→
− −
u (0, 0, 0) ⇔ →−
u =0 .E
Donc Kerf = {0E }. D’où l’endomorphisme f est injectif.
1 1 −2
a˚) Déterminer l’expression analytique de f .
b˚) Soit →
−
u (x, y, z) ∈ E. Déterminer l’ensemble des vecteurs →
−
v (a, b, c) ∈ E tel que :
f (→
−
u)=→ −v.
Solution 2.4.1.
→
−0 0 0 0
a˚) Soient →
−
u (x, y, z) ∈ E et u ,z ) ∈
(x , y E l’image
→
−
u parf .
du vecteur
0
x −2 1 1 x −2x + y + z
→
−0 →
− 0
Alors on a : u = f ( u ) ⇔ y = 1 −2 1 y = x − 2y + z
z0 1 1 −2 z x + y − 2z
0
x = −2x + y + z
Par identification, l’expression analytique de f est : (S) y 0 = x − 2y + z
0
z = x + y − 2z
a = −2x + y + z
→
− →
−
b˚) f ( u ) = v ⇔ b = x − 2y + z ⇔ a+b+c=0 ⇔ a = −b − c.
c = x + y − 2z
→
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− → − − →
→ −
Donc v = a i + b j + c k = (−b − c) i + b j + c k = b(− i + j ) + c(− i + k )
= b(−1, 1, 0) + c(−1, 0, 1).
D’où l’ensemble cherché est le plan vectoriel de E engendré par les vecteurs →
−
e1 (−1, 1, 0)
→
−
et e2 (−1, 0, 1).
---En pratique : Cet ensemble est appelé image de l’application linéaire f .
Définition 2.4.1. Soit f une application linéaire d’un espace vectoriel réel E dans
un espace vectoriel réel F .
On appelle image de f , l’ensemble des vecteurs de F qui ont au moins un antécédent
dans E. C’est-à-dire l’ensemble f (E) noté Imf = {→
−v ∈ F / ∃→ −u ∈ E : f (→
−
u)=→ −v }.
Théorème 2.4.1. Soit f une application linéaire d’un espace vectoriel réel E dans un
espace vectoriel réel F .
L’ensemble Imf est un sous-espace vectoriel de F .
Preuve : On a : Imf = {→ −
v ∈ F / ∃→ −
u ∈ E : f (→
−
u)=→
−v }.
Le vecteur 0F est l’image par f du vecteur 0E (car f est une application linéaire) et par
suite Imf n’est pas vide.
→
− →
−
Soient →
−v et v 0 deux éléments quelconques de Imf . Il existe donc deux éléments →
−
u et u0
→
− →
−
de E tels que : f (→
−
u)=→ −
v et f ( u0 ) = v 0 .
→
− →
− →
−
On a alors : →
−
v + v 0 = f (→
−u ) + f ( u0 ) = f (→
−u + u0 ).
→
−
Il résulte que →−
v + v 0 est un élément de Imf .
Soient →−
v un élément quelconque de Imf et λ un réel quelconque. Il existe donc un élément
→
−u de E tel que : → −
v = f (→−
u ).
On a alors : λ v = λf ( u ) = f (λ→
→
− →
− −
u ). Il en résulte que λ→
−
v est un élément de Imf .
L’ensemble Imf est non vide ; il est stable pour l’addition et pour la multiplication par
un scalaire ; c’est donc un sous-espace vectoriel de F .
Théorème 2.4.2. Soit f une application linéaire d’un espace vectoriel réel E dans un
espace vectoriel réel F .
L’application f est surjective si et seulement si : Imf = F .
1 1 −1
Determiner Imf . L’endomorphisme f est-il surjectif ?
→
− →
− →
− →
−
Soit v (a, b, c) ∈ E, Cherchons u (x, y, z) ∈ E tel que : f ( u ) = v .
Solution 2.4.2.
x + y + z = a (1)
→
− →
−
f( u ) = v ⇔ x − y + z = b (2)
x + y − z = c (3)
b+c
(2) + (3) ⇔ 2x = b + c ⇔ x = .
2
a−c
(1) + (2) ⇔ 2x + 2z = a + b ⇔ 2z = a − c ⇔ z = .
2
(1) + (3) ⇔ 2x + 2y = a + c ⇔ 2y = a − b ⇔ y = a−b .
2
→
− b+c a−c a−b
Donc u ( 2 , 2 , 2 ) existe et est bel et bien un vecteur de E. Par suite, Imf = E.
Conclusion : L’endomorphisme f est surjectif.
+Remarque 2.4.1. Une application linéaire est bijective si et seulement si elle est à
la fois injective et surjective.
Théorème 2.4.3 (Théorème du Rang). Soit f une application linéaire d’un espace
vectoriel réel E dans un espace vectoriel réel F .
On a alors : dim Kerf + dim Imf = dim E.
Corollaire 2.4.1. Soit f une application linéaire d’un espace vectoriel réel E dans un
espace vectoriel réel F .
Si E et F sont de même dimension finie, les propositions suivantes sont équivalentes :
(i)- f est injective
(ii)- f est surjective
(iii)- f est bijective
→
− → −
Définition 2.5.1. Soient E un espace vectoriel réel de dimension 2 et B = ( i , j )
une base de E. Soient f un endomorphisme de E et M(f,B) sa matrice dans la base B
→
− →
− →
− →
− →
− →
−
tels que : f ( i ) = a i + b j et f ( j ) = c i + d j .
On appelle déterminant de l’endomorphisme f , le réel noté det f défini par :
a c
det f = = ad − bc.
b d
→
− →
−
C’est le determinant des vecteurs f ( i ) et f ( j ).
→
− →
− a c
Donc on a : det f = det(f ( i ); f ( j )) = = ad − bc.
b d
→
− →−
Définition 2.6.1. Soient E un espace vectoriel réel de dimension 2 et B = ( i , j )
une base de E. Soient f un endomorphisme bijectif de E et M(f,B) sa matrice dans la
base B. Alors f admet une bijection réciproque notée f −1 .
La matrice de l’application f −1 est appelée l’inverse de la matrice(ou matrice
−1
inverse) de M(f,B) et est notée : M(f −1 ,B) = M(f,B) .
→
− →−
+Remarque 2.6.1. Soient E un espace vectoriel réel de dimension 2 et B = ( i , j )
une base de E. Soient f un endomorphisme de E et M(f,B) sa matrice dans la base B tels
→
− →
− →
− →
− →
− →
−
que : f ( i ) = a i + b j et f ( j ) = c i + d j .
• M(f,B) est inversible si et seulement si det M(f,B) 6= 0.
• f ◦ f −1 = f −1 ◦ f = IdE ⇔ M(f,B) M(f −1 ,B) = M(f −1 ,B) M(f,B) = I2
⇔ det M(f −1 ,B) × det M(f,B) = 1.
• Nous avons la relation suivante :
! !
a c 1 d −c
M(f,B) = ⇔ M(f −1 ,B) =
b d det M(f,B) −b a
.
• B est une base de E si et seulement si det B 6= 0.
→
− →− → −
+Remarque 2.6.2. Soient E un espace vectoriel réel de dimension 3 et B = ( i , j , k )
une base de E. Soient f un endomorphisme de E et M(f,B) sa matrice dans la base B tels
→
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
−
que : f ( i ) = a i + b j + c k , f ( j ) = a0 i + b0 j + c0 k et f ( k ) = a00 i + b00 j + c00 k .
M(f,B) est inversible si et seulement si det M(f,B) 6= 0. Dans cette condition, on a :
1 1 1
Calcul du déterminant de A.
1 2 2
2 1 2 2 2 2
det A = 1 2 1 = − + = (2 − 1) − (2 − 2) + (2 − 4) = −1.
1 1 1 1 2 1
1 1 1
Donc det A = −1.
2 1 2 2 2 2
1 1 −
1 1 2 1
1 0 −2
A−1 =
1 − 1 1 1 2
−
1 2 = − 0 −1 1 .
det A
1 1 1 1 1 1
−1 1 0
1 2 1 2 1 2
−
1 1 1 1 1 2
−1 0 2
La matrice inverse de A cherchée est donnée par : A−1 = 0 1 −1 .
1 −1 0
Exercice 1. Parmi les ensembles suivants, reconnaître ceux qui sont des sous-espaces
vectoriels :
a. A = {(x, y, z) ∈ R3 : x + y = 0} b. B = {(x, y, z) ∈ R3 : z = 1}
c. C = {(x, y, z, t) ∈ R4 : x = t et y = z} d. D = {(x, y) ∈ R2 : x2 + xy ≥ 0}
e. E = {(x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 ≥ 1} f. F = {f ∈ R, R : f (0) = 1}
3 2
g. G = {(x, y, z) ∈ R : z(x + y2) = 0} h. H = {f ∈ R, R : f croissante }
i. I = {(x, y, z) ∈ R3 : x2 − z 2 = 0} j. J = {f ∈ R, R : f (1) = 0}
3
k. K = {(x, y, z) ∈ R : x + y − z = x + y + z = 0}
→
− →− → −
Exercice 4. Soit E l’espace vectoriel des vecteurs de l’espace rapporté à une base ( i , j , k ).
Soit F le sous-espace vectoriel de E engendré par les trois vecteurs →
−
u1 , →
−
u2 , →
−
u3 définis par :
→
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
−
u1 = 3 i + j + 2 k , →−
u2 = − i et → −
u3 = −2 k − 3 i − 4 j .
Quelle est la dimension de F ?
→
− → − → −
Exercice 5. Soit ( i , j , k ) la base canonique de R3 . Soient → −e1 , →
−e2 , →
−
e3 trois vecteurs
de R définis par leurs composantes dans la base canonique : e1 (0, 1, −1), →
3 →
− −e2 (2, 3, 1),
→
−
e3 (5, 0, 1).
1. Montrer que (→ −
e1 , →
−
e2 , →
−
e3 ) est une base de R3 .
2. Soit → −
u le vecteur de composantes (1, 1, 1) dans la base (→
−
e1 , →
−
e2 , →
−
e3 ). Quelle sont ses
→
− → − →−
composantes dans la base ( i , j , k ) ?
→
− → − → −
3. Soit → −
v le vecteur de composantes (1, 1, 1) dans la base ( i , j , k ). Quelle sont ses
composantes dans la base (→ 1
−
e ,→
2
−
e ,→
3
−
e )?
Exercice 8. Soit P3 l’espace vectoriel des fonctions trinômes et soit B = (e0 , e1 , e2 ) la base
canonique de P3 . Soient f1 , f2 , f3 , f4 quatre vecteurs de P3 donnés par leurs composantes
respectives sur la base canonique : f1 (1, 2, 3), f2 (0, 2, −1), f3 (2, 5, 0), f4 (3, 7, 3).
1. Soit x un réel quelconque. Calculer : (5f1 + 2f3 )(x).
2. Soient F le sous-espace vectoriel engendré par f1 et f2 et F 0 le sous-espace vectoriel
engendré par f3 et f4 . Quelle sont les dimensions respectives de F et de F 0 ?
3. Donner une base pour chacun d’eux.
EXERCICES DE SYNTHÈSE
→
− →−
Exercice 12. Soient E un espace vectoriel de dimension 2 et B = ( i , j ) une base de
→
− →
− →
−
E. Soient k ∈ R et fk l’endomorphisme de E défini par : fk ( i ) = (1 − k) i + j et
→
− →
− →
−
fk ( j ) = i + (1 − k) j . On défini l’ensemble Fk = {→
−
u ∈ E : fk (→
−
u ) = k→
−
u }.
1. Écrire la matrice de l’endomorphisme fk dans la base B.
2. Démontrer que Fk est un sous-espace vectoriel de E.
3. Déterminer le(s) réel(s) k pour que Fk contient au moins un vecteur non nul.
1 0 −1
→
− →
− →
−
1. Déterminer f (2 i − 3 j + 5 k ).
2. Déterminer Kerf et Imf .
3. Montrer que Kerf ⊕ Imf = R3 .
4. Calculer M 2 et M 3 .
1 −3 3
1. Montrer que f est un automorphisme de R3 et déterminer f −1 .
2. Déterminer une base (→−
e1 , →
−
e2 , →
−
e3 ) de R3 telle que f (→
−
e1 ) = →
−
e1 , f (→
−
e2 ) = →
−
e1 + →
−
e2 et
→
− →
− →
−
f (e ) = e + e .
3 2 3
→
− → − →
−
3. Exprimer les vecteurs i , j et k en fonction des vecteurs de la base (→
−
e1 , →
−
e2 , →
−
e3 ).
4. Déterminer la matrice des applications f ◦ f et f ◦ f ◦ f .
Exercice 15. Dans chacun des cas, calculer le déterminant des matrices suivantes et leur
matrice inverse si possible
:
! 1 0 6 1 0 2 1 0 −1
7 11
a. b. 3 4 15 c. 3 4 5 d. 2 3 5
−8 4
5 6 21 5 6 7 4 1 3
a b c 2 1 0 2 1 0 −1 1 12
e. c a b f. −3 −1 1 g. 1 −1 4 h. −2 2 12
b c a 1 0 −1 1 0 −1 −2 1 32
2 −1 0
Exercice 16. On considère les matrices carrées suivantes : A = −3 −1 1 et
1 0 −1
0 1 0
B = 0 0 1 . Calculer, dans chaque cas, les opérations suivantes :
1 −3 3
a. A + B b. A − B c. A × B d. B × A e. A−1
f. B −1 g. (A + B)−1 h. (A × B)−1 i. (B × A)−1 j. A−1 × B −1
k. B − A
EXERCICES D’APPROFONDISSEMENT
Exercice 18. On considère l’espace vectoriel R3 muni de sa base canonique B= (e1 , e2 , e3 )
2 1 0
3 3
et soit f : R −→ R une application linéaire dont la matrice sur B est : A = 1 −1 4 .
1 0 −1
On pose u1 = e2 − e1 , u2 = e1 + e2 et u3 = −e3 .
1. Montrer que la famille B 0 = (u1 , u2 , u3 ) est une base de R3 .
2. Déterminer Kerf et Imf .
3. Écrire la matrice de f dans la base B 0 .
1
−1 1 2
1
Exercice 19. On considère la matrice A = −2 2 .
2
3
−2 1 2
1. Donner l’application linéaire f dont A est la matrice dans la base canonique.
Exercice
20. Soit f l’application linéaire de R3 dans lui-même de matrice
1 −1 2
A = −2 1 −3 dans la base canonique de R3 .
−1 1 −2
1. Déterminer des vecteurs non nuls u, v et w tels que : f (u) = 0, f (v) = u et
f (w) = v.
2. Vérifier que B = (u, v, w) forme une base de R3 .
3. Déterminer la matrice B de f dans la base B.
4. Calculer B 2 , B 3 .
4 4 4
base canonique est A.
1. Déterminer Kerf et Imf .
2. Montrer que la famille U = (e1 − 2e2 + e3 , e1 − e2 , e2 + 2e3 ) est une base de R3 .
3. Déterminer la matrice B de f dans la base U.
4. Pour n ∈ {0, 1, 2, 3}, calculer B n et An .
Exercice 23. Soient trois vecteurs e1 , e2 , e3 formant une base de R3 . On note φ l’appli-
cation linéaire définie par : φ(e1 ) = e3 , φ(e2 ) = −e1 + e2 + e3 et φ(e3 ) = e3 .
1. Écrire la matrice A de φ dans la base (e1 , e2 , e3 ). Déterminer le noyau de cette
application.
2. On pose f1 = e1 − e3 , f2 = e1 − e2 et f3 = −e1 + e2 + e3 . Calculer e1 , e2 , e3 en
fonction de f1 , f2 , f3 . Les vecteurs f1 , f2 , f3 forment-ils une base de R3 ?
3. Calculer φ(f1 ), φ(f2 ), φ(f3 ) en fonction de f1 , f2 , f3 . Écrire la matrice B de φ dans
la base (f1 , f2 , f3 ).
1 1 −1
4. On pose P = 0 −1 1 . Vérifier que P est inversible et calculer P −1 .
−1 0 1
Quelle relation lie A, B, P et P −1 ?
→
− → −
Exercice 24. Soient P!un plan vectoriel réel de base ( i , j ) et ϕ un endomorphisme de
a c →
− → −
P , de matrice dans la base ( i , j ).
b d
1. Soient →−v (1, 1), →
−
v1 (1, 2), →
−
w (−1, −1), −→(2, 1) les vecteurs de coordonnées dans la
w 1
→
− → −
base ( i , j ). Déterminer a, b, c et d pour que l’on ait : →−
w = ϕ(→ −
v ) et −
→ = ϕ(→
w 1
−
v1 ).
2. Montrer que l’endomorphisme ϕ trouvé est bijective (On montrera que ϕ est injectif
et surjectif ).
→
− → −
3. Calculer la matrice de ϕ−1 dans la base ( i , j ).