Migration à Madagascar
PROFIL NATIONAL 2013
Migration à Madagascar PROFIL NATIONAL 2013
17 route des Morillons, C.P. 17, 1211 Genève 19, Suisse
Tél : +41 22 717 91 11 • Télécopie : +41 22 798 61 50
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Madagascar MP [Link] 1 3/7/2014 [Link] AM
Les opinions exprimées dans la présente publication sont celles des auteurs et ne reflètent pas
nécessairement les positions de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les
appellations utilisées et la présentation des données dans le rapport n’impliquent pas l’expression
d’opinion de la part de l’OIM concernant des faits tels que le statut légal du pays, territoire, ville ou
zone particulière, ou à propos de leurs autorités, ou de leurs frontières ou confins. Toute omission et
erreur reste de la seule responsabilité des auteurs.
L’OIM croit fermement que les migrations organisées, s’effectuant dans des conditions décentes,
profitent à la fois aux migrants et à la société toute entière. En tant qu’organisme intergouvernemental,
l’OIM collabore avec ses partenaires au sein de la communauté internationale afin de résoudre
les problèmes pratiques de la migration, de mieux faire comprendre les questions de migration,
d’encourager le développement économique et social grâce à la migration, et de promouvoir le
respect effectif de la dignité humaine et le bien-être des migrants.
Editeur : Organisation internationale pour les migrations
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par quelque moyen que ce soit – électronique, mécanique, photocopie, enregistrement ou autres –
sans l’autorisation écrite et préalable de l’éditeur.
2 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Migration à Madagascar
Profil National 2013
Préparé pour l’OIM par
Prof. Michel POULAIN
Thierry RAZANAKOTO
Migration à Madagascar: Profil National 2013 3
Table des matières
Groupe de travail technique national 7
Liste des tableaux 9
Liste des graphiques 12
Liste des abréviations et acronymes 13
Remerciements 15
Avant-propos 17
Carte du pays et statistiques clés 18
Résumé 21
Partie A. Population et Migrations à Madagascar 25
A.1. La population de Madagascar: les faits et les tendances 25
A.1.1. Historique des recensements de la population 25
A.1.2. Fécondité, mortalité et croissance démographique 28
A.1.3. Structure de la population par âge et sexe 28
A.1.4. La population active 31
A.2. La population étrangère à Madagascar 32
A.2.1. Evolution historique de la population étrangère 32
A.2.2. Cadre législatif et institutionnel en vigueur concernant les migrations
35
internationales et la population d’origine étrangère
A.2.3. Evaluation des flux de migration internationale par l’analyse des passages aux
39
frontières
A.2.4. Caractéristiques et évolution du flux de migration internationale de la
41
population étrangère
A.2.5. La population étrangère actuelle et ses caractéristiques 44
A.2.6. Le cas particulier des ressortissants français 51
A.3. La diaspora malagasy 51
A.3.1. Historique de l’émigration malagasy 52
A.3.2. La diaspora malagasy de nos jours 53
A.3.3. La mobilité des jeunes et des professionnels malagasy 55
A.3.4. Les transferts de fonds 57
A.3.5. Autres groupes spécifiques d’émigrants : les enfants adoptés, les travailleurs
58
domestiques, les demandeurs d’asile et refugiés et les clandestins
A.4. La migration interne à Madagascar 60
A.4.1. La toile de fond des migrations internes 60
A.4.2. Les différents types de migrations internes 61
A.4.3. Les migrations rurales - urbaines et l’urbanisation croissante 67
A.4.4. Une analyse des migrations interrégionales depuis 1993 68
Migration à Madagascar: Profil National 2013 5
Partie B. Effets et défis de la migration 74
B.1. Migration, pression démographique et développement 74
B.2. Immigration, population d’origine étrangère et développement à Madagascar 76
B.2.1. La présence étrangère et son intégration 76
B.2.2. Un contrôle de l’entrée des étrangers défaillant 76
B.2.3. Attraction des investisseurs étrangers et problème des faux investisseurs 78
B.2.4. Des dizaines de milliers d’apatrides ou de « sans nationalité » 79
B.2.5. L’accaparement des terres par les investisseurs étrangers 80
B.2.6. L’immigration et le tourisme sexuel 82
B.3.L’émigration des Malagasy et la diaspora 83
B.4. Migration interne et urbanisation 85
B.5. Migration, utilisation du sol et effets néfastes sur l’environnement 87
Partie C. Evaluation de la situation relative aux migrations à Madagascar 90
C.1. Améliorer les statistiques disponibles sur la migration 90
C.2. Relever les défis auxquels fait face Madagascar dans le domaine des migrations 93
C.3. Assurer la viabilité du processus concernant la mise à jour périodique du Profil Migratoire
96
et son utilisation dans la mise en œuvre de la politique migratoire à Madagascar
Annexes 98
Annexe 1 : C
oncepts et définitions proposées par les recommandations internationales
98
dans le domaine des statistiques de la migration
Annexe 2 : Madagascar : brève description géographique et historique 100
Annexe 3 : Les sources de données statistiques sur les migrations à Madagascar 103
Annexe 4 : Méthodologie utilisée pour estimer le taux de migration nette de chacun des 22
115
régions
Annexe 5 : L es flux migratoires internes les plus importants selon les enquêtes faites
116
auprès des représentants des 22 régions
Annexe 6 : Informations collectées auprès des responsables des 22 régions afin de
118
caractériser la situation spécifique de leur région par rapport à la migration
Annexe 7 : Indicateurs pris en compte dans l’analyse exploratoire des taux d’accroissement
119
migratoire des régions
Annexe 8 : Tableaux statistiques et cartes 124
Annexe 9 : L iste des personnes rencontrées pour des entretiens dans le cadre du projet de
140
profil migratoire de Madagascar
Annexe 10 : O
rganigramme de nos partenaires interministériels impliqués dans la
142
migration à Madagascar
Bibliographie 143
6 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Groupe de travail technique national
• Ministère de l’Agriculture : RANAIVO RABEHAJA Gabriel
• M
inistère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : RASOAMIARAMANANA
Armand
• M
inistère de l’Environnement et des Forêts : RALISON Paul Olivier, RANDRIAMIHARISOA Jules Felix
• M
inistère de l’Intérieur: BAZEZY Jeannie Cylliah, BEZOKINY Jacky, RAVOHITRARIVO Lalasoa Volatiana,
ANDRIANASOLO Bakoly, RASITEFANOELINA Haingotiana
• M
inistère de la Fonction Publique, du Travail et des Lois Sociales : GEORGES Harivelo
Sylvia, RANDRIAMBOLOLONA Justin, RASAMIMANANA Tojoarisoa, SAMISOA Gilbertine,
RANDRIATIANARISOA Fenitra,
• M
inistère de la Jeunesse et des Loisirs : RAJAOARINARIVO Tiavina Jean, RAKOTOVOLOLONA Nathalie
• M
inistère de la Justice : RAJOELISON Fanja, RALINIRINA Marie Simone
• M
inistère de la Population et des Affaires Sociales : RAMANDASOA ANDRIAMBOAHANGY Jaona,
Harilala Fara
• M
inistère de la Santé Publique : RANDRIAMANAMPISOA Carmen, MAMISOA Herizolala,
RAZAFINDRAFARA Parisoa, ANDRIANTSOA Norotiana
• M
inistère de la Sécurité Intérieure : ANDRIANISA Mamy Jean Jacques, RAKOTOARIVELO Nathalie,
ZAFIMBELO Clairette, RANDRIANALITOAVINA Tovo, RABEMANANJARA Herizo Odettin, ZANDRY
Maurice
• M
inistère des Affaires Etrangères : ANDRIAMIARISOA Henintsoa, SAMBANIAINA Victor,
RAZAFIMANDIMBY Tiana, RANDRIANARIVONY Faniry
• M
inistère des Transports : RANDRIANARISON Jean Jacques, RASOARINTSALAMA Mirana et pour
l’Agence Portuaire Maritime et Fluviale : RAZAFIARISOA Jean Michel
• Ministère du Tourisme : RAVELOSON David
• CERED : RAZAFINDRAKOTO Jean Lucien
• C
PGU : RAZAKANAIVO Mamy, ANDRIANAIVO Jaona, MARAMPIAVY Francis, RANDRIAMANALINA
Julot Herman, AINAHARIVELO Annie, RATSARAHEVITRA Andriamisetra
• INSTAT : RAKOTOSON Lina, RANDRETSA Iarivony
• S yndicat des Professionnels Diplomés en Travail Social : JEANNODA Norotiana, RALIMANGA Noëlla
Weul, RAZAFIMANDIMBY Aimée
• Ambassade des Comores : BAKRI Anturia Said Mohamed
• B
ureau International du Travail : RASOLOFONIAINARISON Lauréat, DJANKOU Gabriel
• OIM : RAZANAKOTO Thierry, ETCHEPARE Laurie
• PNUEH : RASOLOMAMONJY Jaotiana, RAMANANTSOA Serge
Migration à Madagascar: Profil National 2013 7
Avec la participation active des représentants des vingt-deux régions :
• Alaotra Mangoro : RAZAFINDRAMANITRA Daniel Christophère
• Amoron’i Mania : RAMANDANIARIVO Manfred
• Analamanga : RANDRIANANDRASANA Andry, RAKOTOMANGA José Solovoniriny
• Analanjirofo : RASOLONAMPANONA Emmanuel
• Androy: RAVELONANDRO Tsimbazafy Abdon Marie
• Anosy : RAMAHENINA Bay
• Atsimo Andrefana : SOLONDRAZA Arson, Théodolin Lydore Adoré
• Atsimo Atsinanana : BELAHY Theophile, NOBELISEN Robert qui a collaboré depuis Août 2012 à juillet 2013
• Atsinana : TALATA Michel
• Betsiboka : RAKOTONDRASOA Daniel
• Boeny : BAZEZY Vanombe Clovelah Roslan
• Bongolava : RANDRIARANISON Jean Claude
• Diana: RADAMONANDRASANA A., BANOMA Arsène
• Haute Matsiatra : NOHARINJANAHARY Jean Raymond
• Ihorombe : RAKOTOARISON Mandimby
• Itasy : RAKOTOSON Haingo Solofomanana, RAKOTONIRINA Edwin,
• Melaky : RANDIMBIMANANA Sylvain
• Menabe : SABIRE Jérôme
• Sava : RABENEFITRA Henri
• Sofia : TATA Albert
• Vakinankaratra : RAKOTOMAHANDRY Thimoté
• Vatovavy Fitovinany : FILANONA Barthélémy, RAKOTO Raymond
8 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Liste des tableaux
Tableau 1 : Evolution de la population de Madagascar selon les anciens recensements 27
Tableau 2 : Evolution de la population étrangère (non-autochtone) de Madagascar de 1896
33
à 2000 selon différentes sources et auteurs
Tableau 3 : Nombre des personnes naturalisées malagasy depuis l’introduction du Code de
38
la nationalité malagasy, le 26 juin 1960, jusqu’en 1997
Tableau 4 : Statistiques relatives aux passages des frontières à l’aéroport d’Ivato des années
2007 à 2012. Entrées et sorties selon le pays de nationalité et la distinction 40
entre résidents et non-résidents
Tableau 5 : Nombre d’immigrants et d’émigrants de nationalité étrangère à Madagascar
42
pendant les années 2011 et 2012 et bilan migratoire selon le pays de nationalité
Tableau 6 : N
ombre d’immigrants et d’émigrants étrangers pendant les années 2011 et
43
2012 et bilan et efficience migratoires selon la décennie de naissance
Tableau 7 : Nombre d’immigrants des années 2011 et 2012 selon le motif de séjour 43
Tableau 8 : Distribution des visas valides au 1er janvier 2013 par pays de nationalité et selon
44
l’institution ayant délivré ou renouvelé le visa
Tableau 9 : Diverses estimations de population étrangère par pays de nationalité entre
45
1993 et 2013, selon différentes sources
Tableau 10 : N
ombre de personnes ayant un permis de séjour valide au 1er janvier des
années 2011, 2012 et 2013 par pays de nationalité (par ordre de taille 47
décroissante en 2013)
Tableau 11 : Nombre de personnes ayant un permis de séjour valide au 1er janvier 2013 par
47
groupe d’âges et rapport de masculinité
Tableau 12 : N
ombre de personnes détenant un permis de séjour valide au 1er janvier 2013
48
selon le motif du séjour, par nationalité
Tableau 13 : N
ombre de personnes détenant un permis de séjour permanent au 1er janvier
2013 selon la période d’attribution et les principales nationalités. Proportion
50
de visas permanents par rapport à l’ensemble des visas valides au 1er janvier
2013
Tableau 14 : R
épartition croisée des personnes inscrites sur les registres consulaires de la
51
France à Madagascar en 2010, selon leur nationalité et leur pays de naissance
Tableau 15 : Estimation de l’importance de la présence malagasy à l’étranger selon
53
différentes bases de données
Tableau 16 : D
ifférentes mesures de la présence malagasy au sein des principaux pays de
54
l’Union Européenne : données récentes
Migration à Madagascar: Profil National 2013 9
Tableau 17 : E volution de l’importance de la présence malagasy à l’étranger selon Docquier
55
(2013)
Tableau 18 : N
ombre de bourses d’études accordées aux étudiants malagasy soit par le
pays où se font les études (total pour trois années universitaires successives) 56
ou Madagascar (une année universitaire seulement)
Tableau 19 : M
édecins et infirmier(ière)s originaires de Madagascar qui exercent leur
profession dans quelques pays étrangers vers l’an 2000. Données de 57
comparaison pour l’ensemble des pays de l’Afrique sub-saharienne
Tableau 20 : R
emise de fonds par les Malagasy à l’étranger, selon le pays de provenance
57
(moyenne annuelle pour les années 2010, 2011 et 2012, en millions d’ariary)
Tableau 21 : Remise de fonds par années et moyen de transfert en million d’ariary 58
Tableau 22 : N
ombre d’enfants adoptés ayant été autorisé à obtenir des documents
de voyage, 2010-2012 (Nationalité des parents adopteurs: allemande,
58
américaine, anglaise, belge, danoise, espagnole, finlandaise, française,
guinéenne, italienne, ivorienne, norvégienne, slovène, suédoise, suisse).
Tableau 23 : N
ombre de visas de sortie (2006-2012) délivrés aux travailleurs émigrants par
59
sexe et par pays de destination
Tableau 24 : D
emandes d’asile faites par des citoyens malagasy dans un pays étranger.
59
Total pour les années 2006 à 2012
Tableau 25 : N
ombre de réfugiés originaires de Madagascar selon leur pays de résidence au
60
1er janvier des années 2000 à 2012
Tableau 26 : E volution de la population urbaine, de celle d’Antananarivo et taux
68
d’urbanisation 1900 – 2010
Tableau 27 : R
ésultats de l’analyse exploratoire considérant un ensemble de variables
appréhendées à l’échelle des régions et susceptibles de rendre compte de 73
l’importance de leur bilan migratoire entre 1993 et 2012.
Tableau 28 : Nombre de visas ou permis de séjour délivrés à Madagascar par institution et
111
par année de 2007 à 2013 (Annexe 3)
Tableau 29 : Estimation du chiffre de population des régions selon les estimations faites
par les responsables régionaux (colonne A) et les projections de l’INSTAT
116
(colonne B). Calcul du bilan migratoire des régions (taux annuel de migration
nette pour la période 1993 à 2012) (Annexe 4)
10 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 30 : D
istribution relative de la population par groupes d’âges âge aux recensements
de 1975, 1993, 1966 et 2009 sur la base des résultats des enquêtes 124
démographiques et EDSMD- IV (Annexe 8)
Tableau 31 : P
opulation par âge et sexe au recensement de 1993 et en 2009 sur la base des
125
résultats de l’enquête EDSMD- IV (Annexe 8)
Tableau 32 : Evolution de la population d’âges actifs en 1966, 1975, 1993 et 2009 (Annexe 8) 126
Tableau 33 : P
opulation active en 1993, au recensement et en 2001, 2005 et 2010 sur la
127
base de l’enquête périodique des ménages (EPM) (Annexe 8)
Tableau 34 : R
épartition de la population active par branche d’activité en 1993
127
(recensement), 2001 (EPM) et 2010 (EPM) (en pourcent) (Annexe 8)
Tableau 35 : R
épartition de la population active par catégorie socioprofessionnelle en 2001,
2005 et 2010 selon les résultats de l’enquête périodique des ménages (EPM) 128
(Annexe 8)
Tableau 36 : R
épartition de la population par niveau d’éducations en 2001, 2005 et 2010,
128
selon l’enquête sur les ménages (EPM) (Annexe 8)
Tableau 37 : N
ombre de personnes ayant fait l’objet d’une décision administrative
d’expulsion, d’interdiction d’entrée ou d’annulation de visa assortie d’une
129
interdiction d’entrée pendant les années 2007 à 2012 par pays de nationalité
(Annexe 8)
Tableau 38 : R
ésultats de l’enquête EPSTV99 sur le motif de présence et la nationalité des
étrangers résidant à Madagascar selon leur statut d’activité (Razafindrakoto et 129
Roubaud 1999) (Annexe 8)
Tableau 39 : P
ersonnes inscrites sur les registres consulaires de la France à Madagascar, en
130
2010, selon leur seconde nationalité ou leur pays de naissance (Annexe 8)
Tableau 40 : P
ersonnes inscrites sur les registres consulaires de la France à Madagascar en
2010, selon leur groupe d’âges, le sexe et leur groupe sur la base du pays de 131
naissance et la seconde nationalité (Annexe 8)
Tableau 41 : P
ersonnes inscrites sur les registres consulaires de la France à Madagascar
en 2010, selon l le sexe et leur groupe sur la base du pays de naissance et la
132
seconde nationalité. A. Répartition selon la période d’arrivée à Madagascar. B.
Répartion sur les catégories socio-professionnelles
Migration à Madagascar: Profil National 2013 11
Liste des graphiques
Graphique 1 : Evolution du chiffre de la population de Madagascar de 1900 à 2012 25
Graphique 2 : Evolution de la fécondité à Madagascar (nombre moyen d’enfants par femme),
25
1950-2010
Graphique 3 : Evolution de l’espérance de vie à la naissance (1950-2010) 26
Graphique 4 : Pyramide des âges de la population de Madagascar aux recensements de 1966,
1975 et 1993 ainsi qu’en 2009 sur la base d’une estimation à partir des résultats de 26
l’enquête EDSMD-IV
Graphique 5 : Proportion relative des grands groupes d’âges dans la population totale en 1966,
27
1975, 1993 et 2009.
Graphique 6 : Evolution du chiffre de la population étrangère de Madagascar de 1921 à 2000 31
Graphique 7 : Evolution du nombre de visiteurs (non-immigrants) enregistrés à Madagascar depuis
38
1997 selon les statistiques des passages de frontières.
Graphique 8 : Structure par grands groupes d’âges des étrangers (cercle intérieur) comparés aux
46
Malagasy (cercle extérieur), au recensement de 1993
Graphique 9 : Age moyen des personnes ayant un permis de séjour valide au 1er janvier 2013 pour
47
les principaux pays de nationalité
Graphique 10 : La carte des principales ruées migratoires liées aux exploitations minières élaborée
61
par Canasevio (2010)
Graphique 11 : Carte de taux de croissance annuelle de la population à l’échelle des 22 régions
65
entre 1993 et 2012
Graphique 12 : Carte de taux de migration nette estimée à l’échelle des 22 régions entre 1993 et
65
2012
Graphique 13 : Extrait du questionnaire du recensement de 1974-1975 en ce qui concerne les
105
questions individuelles relatives à la migration (INSTAT, 1975).
Graphique 14 : Extrait du questionnaire du recensement de 1974-1975 prévu pour le recensement
106
des Malagasy résidant à l’étranger par le biais des représentations diplomatiques.
Graphique 15 : Extrait du questionnaire du recensement de 1993 en ce qui concerne les questions
106
individuelles relatives à la migration (INSTAT RGPH 1993).
Graphique 16 : Carte de la localisation des principaux projets de migration à Madagascar
133
(Ralandison et al. 2011) (Annexe 8)
Graphique 17 : Carte de densité de la population à l’échelle des 22 régions en 1993 (recensement
134
INSTAT) (Annexe 8)
Graphique 18 : Carte de densité de la population à l’échelle des 22 régions en 2013 (estimation des
135
régions)(Annexe 8)
Graphique 19 : Carte de pourcentage de réduction des forêts naturelles entre 1990 et 2005
136
(Annexe 8)
Graphique 20 : Carte de la mortalité infantile et juvénile (0-5 ans) pour 1000 naissances
137
(EDSMD-IV 2008/2009) (Annexe 8)
Graphique 21 : Carte de l’indice de développement humain des 22 régions en 2008 (Annexe 8) 138
Graphique 22 : Carte de l’indice pauvreté (intensité) des 22 régions en 2010 (EPM 2010)
139
(Annexe 8)
12 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Liste des abréviations et acronymes
BIT Bureau International du Travail
CEPED Centre Français sur la Population et le Développement
CERED Centre d’Etudes et de Recherches Economiques pour le Développement
CPGU Cellule de Prévention et de Gestion des Urgences
DAES Département des Affaires Economiques et Sociales
DOM-TOM Départements d’Outre Mer – Territoires d’Outre Mer
DRCIE Direction des Renseignements et du Contrôle de l’Immigration et de l’Emigration
EDBM Economic Development Board of Madagascar
EDSMD Enquête Démographique et de Santé réalisée à Madagascar
EPM Enquête Périodique auprès des Ménages
EPTVS Enquête sur le Permis de Travail et le Visa de Séjour
EUROSTAT Office statistique de l’Union Européenne
GELOSE Gestion Locale Sécurisée
GTTN Groupe de Travail Technique National
GUIDE Guichet Unique pour le Développement Economique
INSEE Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques
INSTAT Institut National de la Statistique de Madagascar
MADIO Madagascar-Dial-Instat-Orstom
MAE Ministère des Affaires Etrangères
MECIE Mise en Compatibilité des Investissements avec l’Environnement
MFPTLS Ministère de la Fonction Publique, du Travail et des Lois Sociales
MSI Ministère de la Sécurité Intérieure
n.d. non disponible
NU Nations Unies
OCDE Organisation de Coopération et Développement Economiques
OIM Organisation Internationale pour les Migrations
ONG Organisation Non-Gouvernementale
ONU-HABITAT Programme des Nations Unies pour les établissements humains
PAF Police de l’Air et des Frontières
PASAGE Projet d’Appui à la Gestion Economique
PIO Persons of Indian Origin
PM Profil Migratoire
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PNUEH Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains
PROJER Projet des Jeunes Entrepreneurs Ruraux
QMM Qit Madagascar Minerals
RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat
UNHCR Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
ZF Zone Franche
Migration à Madagascar: Profil National 2013 13
Remerciements
Ce profil migratoire, financé par le Fonds de Développement de l’OIM, sollicité par le Gouvernement
de la République de Madagascar et coordonné par le Bureau de l’OIM Maurice et la Cellule de
Prévention et de Gestion des Urgences à la Primature (CPGU), n’aurait pu être possible sans les
contributions de nombreuses personnes. Que tous soient vivement remerciés car sans leur apport
constructif, ce Profil Migratoire n’aurait pas vu le jour.
Nous remercions Mamy Razakanaivo (Secrétaire Exécutif, CPGU) pour son appui logistique et
technique, Lalini Veerassamy (OIM Maurice) pour la supervision de ce projet, Rudolf Anich (OIM
Genève) pour son expertise technique sur les profils migratoires et Davina Gounden (OIM Maurice)
pour le suivi et révision de ce profil migratoire.
Nous souhaiterions remercier particulièrement l’expert international, Professeur Michel Poulain
et l’expert national, Thierry Razanakoto, pour la collecte, l’analyse des données et la rédaction de ce
rapport en collaboration et sous la coordination de Laurie Etchepare, Coordinatrice de projet.
Par ailleurs, ce profil migratoire n’aurait pu être développé sans le soutien actif, à toutes les phases
du projet, des membres du Groupe de Travail Technique National, de la collecte des données aux
commentaires des résultats obtenus. Nous remercions également Anne Herm pour sa contribution à
l’analyse des données et résultats, les directeurs de l’administration générale du territoire des vingt-
deux régions pour leur investissement et la qualité de leurs rapports statistiques et administratifs,
Jaotiana Rasolomamonjy et Adish Maudho (GeoVision Ltd) pour la réalisation des cartes.
Enfin, nous aimerions exprimer notre sincère gratitude à tous les collègues et amis issus des divers
organismes nationaux et internationaux à Madagascar pour leur contribution et support dans ce
projet, plus particulièrement la Coordinatrice Résidente du Système des Nations Unies à Madagascar,
Fatma Samoura.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 15
Avant-propos
Cela fait déjà six décennies que l’OIM se situe à l’avant plan de la scène internationale pour offrir un
service de qualité à ses Etats membres dans le domaine de la gestion de la migration. Dans un contexte
où sur 7 milliards de personnes, un milliard sont en mouvement continuel, il semble aujourd’hui essentiel
que les Etats avancent leur réflexion collective sur l’Etat de la migration, les tendances migratoires, défis
ainsi que leurs implications afin de faire ressortir tous les avantages que celle-ci peut apporter sur le
développement économique, social et culturel d’un pays, voire d’une région.
Encouragé par la Commission européenne, l’élaboration de profils migratoires constitue aujourd’hui
une étape fondamentale vers la préparation de politiques de stratégies migratoires et l’incorporation
de la migration dans les stratégies de développement nationales. Ces profils aujourd’hui ont pour
but de rassembler les informations existantes et données probantes, en provenance de différentes
sources, de façon structurée pour fournir un aperçu des tendances clés en matière de migration
internationale et interne et leurs effets sur le développement socio-économique.
Dans un contexte comme Madagascar et des états insulaires de l’Océan indien, cette première
tentative a permis de définir des recommandations importantes qui permettront de renforcer la
compréhension et les capacités vers une meilleure collecte et gestion des données sur la migration
et de faire ainsi progresser le débat au niveau national et régional. Les tendances migratoires à
Madagascar et ses effets sont très diverses. Néanmoins, le phénomène de migration interne et les
effets de la migration et l’environnement combinés avec un contexte socio-économique très précaire
sont incontestablement des sujets singuliers qui devront faire partie intégrante de la réflexion vers
l’élaboration d’une politique cohérente à Madagascar.
Le profil migratoire, pour rester un outil efficace, nécessite une mise à jour régulière et d’être utilisé
pour le développement de politiques, à travers un mécanisme de coordination pérenne. Les données
probantes mais encore très limitées sur lesquelles le rapport se base et le format du rapport devront
être améliorées pour permettre une analyse plus approfondie des tendances relatives à la migration
a Madagascar. Le défi reste majeur et d’autres interventions sont nécessaires afin d’assurer que cet
instrument constitue un outil d’information régulièrement mis à jour pour le développement de
politiques nationales et régionales pour Madagascar et la région de l’Océan indien.
Ce rapport n’aurait pu être possible sans les contributions de nombreuses personnes. Nous
souhaiterions remercier particulièrement l’expert international, Professeur Michel Poulain et l’expert
national, Thierry Razanakoto pour la rédaction du rapport ; le Département de Recherche et Publications
au siège de l’OIM à Genève, l’Equipe de coordination du projet à Maurice et Madagascar et les derniers
mais non les moindres les membres du Groupe de Travail Technique National, qui ont investi leur temps
et fournit de précieux commentaires pour la préparation de ce profil migratoire à Madagascar.
Bernardo Mariano
Directeur régional
Bureau régional de l’OIM
pour l’Afrique australe
et les pays ACP de la COI
Migration à Madagascar: Profil National 2013 17
Carte de Madagascar
Source : Adish Maudho 20131.
1 L es limites administratives, les noms indiqués et les désignations employées sur ces cartes n’impliquent pas
reconnaissance ou acceptation officielle par l’Organisation internationale pour les migrations.
18 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Quelques chiffres-clés pour Madagascar
Dénomination officielle République de Madagascar
Repoblikan’i Madagasikara
Superficie en km² 587 295
Rang 47e pays le plus grand et 4eplus grande île
Latitude et longitude d‘Antananarivo, la capitale 18°55′S - 47°31′E
Climat Varié : semi-tropical au Nord-Est, aride au Sud-Ouest
Longueur des côtes 4 828 km
([Link]/overview/geography)
Date de l’indépendance 26 juin 1960
Régime semi parlementaire République démocratique présidentielle représentative
Parlement Bicaméral : le Sénat et l’Assemblée Nationale
Division administrative du territoire 22 régions (faritra) divisées en 119 districts
(fivondronampokontany ), 1 579 communes
(kaominina) et 17 485 localités (fokontany).
Principales branches d’activité Agriculture, Elevage, Pêche, Tourisme et Industries
extractives
Langues officielles Malagasy et Français
Population au dernier recensement 12 238 914 (1993)
Population estimée 22 293 914 (2012)
Densité de la population (habitants par km2) 39 (2012)
Espérance de vie à la naissance (2012) 66,9
Rapport sur le Développement Humain 2013 (Programme des
Nations Unies pour le Développement, PNUD)
Taux d’activité (2010) 90,2 % des 15-64 ans et 63,7 % des 5 ans et plus
Taux de non-emploi (%) (2010) 3,5 % pour les 15-64 ans
Taux de sous-emploi dû à la durée du travail/ dû à la situation 25,5 % / 42,2 %
d’emploi inadéquate (%) (2010)
Population urbaine (% ) (2010) 20,3 %
La Banque mondiale/Indicateurs de développement Mondiaux (2012)
Religion (principaux groupes) Christiannisme et croyances traditionnelles
Taux d’alphabétisation parmi les personnes âgées de 15 ans et 71,4 %
plus (2010)
Produit Intérieur Brut (PIB) (en dollars E.-U.) 9 975 millions de dollars E.-U.
La Banque mondiale/Indicateurs de développement Mondiaux (2012)
Taux de croissance annuel du PIB (en %) 3%
Revenu national brut per capita (RNB) (en dollars E.-U.) (2012) 950 dollars E.-U.
La Banque mondiale/Indicateurs de développement Mondiaux (2012)
Indice de Gini de la distribution des revenus (moyenne 2000-2009) 44,1 (2000-2009)
Rapport sur le Développement Humain 2013 (Programme des
Nations Unies pour le Développement, PNUD)
Indice de développement humain(2012) : valeur et rang parmi 0,483 (151e sur 186)
186 pays
Rapport sur le Développement Humain 2013 (Programme des
Nations Unies pour le Développement, PNUD)
Monnaie Malagasy Ariary (MGA)
Sources : A l’exception des sources indiquées dans le tableau ci-dessous, toutes les données sont celles produites
par l’INSTAT. Il en sera de même dans le reste du texte de ce Profil Migratoire.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 19
Résumé
Parce que le Profil Migratoire ne peut être considéré comme une fin en soi, sa compilation et sa mise
à jour doivent être envisagées comme un processus structuré qui en assure son caractère continu, avec
une remise à jour permanente des données, des tendances et des interprétations et recommandations
que celles-ci impliquent. C’est pourquoi il est demandé aux gouvernements des pays développant un
Profil Migratoire d’établir ou de renforcer les mécanismes assurant une production régulière de données
adéquates sur les migrations et une interprétation des tendances.
A Madagascar, un Groupe de Travail Technique National (GTTN) a été mis sur pied en août 2012 sous
la présidence du Secrétaire Exécutif de la Cellule de Prévention et de Gestion des Urgence (CPGU) à la
Primature. Il implique toutes les institutions touchant aux migrations internes et internationales afin
d’assurer une coordination entre elles et les conditions indispensables au développement du Profil
Migratoire. Le GTTN joue un rôle majeur afin d’interpréter les données statistiques et informations
collectées ainsi que les tendances décelées. Il veille également à obtenir un consensus lorsque des
divergences apparaissent parmi les données collectées ou que les informations rassemblées ne
concordent pas. A Madagascar, le GTTN a discuté le contenu de ce Profil Migratoire le 11 Octobre 2012,
à travers la grille de lecture développé par le consultant international, et il a validé la version préliminaire
de ce Profil Migratoire au cours de ses réunions du 17 octobre et du 4 décembre 20132.
Les institutions internationales et les autres donateurs ont été associés aux travaux du GTTN
afin d’orienter les actions de la façon la plus profitable pour le pays dans le domaine des migrations
internationales. Par ailleurs, le Profil Migratoire a été développé sous la responsabilité du gouvernement
national et les ressources indispensables à son développement doivent être assurées, afin qu’il apporte
un soutien effectif au développement d’une politique migratoire se basant sur les faits et tendances
réellement observés.
Les données statistiques dans le domaine migratoire sont rares, et si elles sont disponibles, elles ne
sont pas nécessairement fiables. A Madagascar, nous avons utilisé principalement (i) les recensements
de 1974-75 et de 1993, (ii) les enquêtes sociodémographiques, comme les Enquêtes Prioritaires auprès
des Ménages, appelées Enquête Périodique auprès des Ménages (EPM) depuis 2004, organisées
régulièrement de 1994 à 2005 puis en 2010, mais aussi l’enquête nationale démographique et sanitaire
de 1992, devenue Enquête Démographique et de Santé (EDS) en 1997 et reconduite en 2003/2004
(EDSMD-III) puis en 2008/2009 (EDSMD-IV). Enfin, nous nous sommes appuyés sur l’Enquête de Base
sur la Santé de la Reproduction et la Survie des Enfants (EBSRSE) 2003-2004, et l’Enquête sur le permis
de travail et le visa de séjour de 1999 (EPTVS99).
L’observation des migrations internationales est souvent organisée formellement par l’administration
(hors de toute visée statistique) : contrôle aux frontières, obligation d’enregistrement des étrangers. En
général, ces données souffrent d’un sous-enregistrement vraisemblablement très élevé mais, dans le cas
particulier des pays insulaires, ces données traitées statistiquement ont le double mérite de fixer une
estimation pour le niveau des migrations et de jeter quelques lumières sur certaines caractéristiques des
migrants. C’est pourquoi des méthodes innovatrices de collecte des données doivent être développées
afin de tirer un profil optimal de l’ensemble des données administratives qui touchent au domaine des
migrations internationales.
L’utilisation de ces données administratives rencontre des obstacles tels que l’accès aux données
en elles-mêmes et le souci de garder la confidentialité des données, aussi bien pour le respect de la
vie privée que pour la sécurité du pays. Néanmoins, le recours à ces données administratives s’avère
indispensable pour insuffler des données pertinentes, qui soient à la fois nouvelles et récentes, dans le
débat lié à la politique migratoire.
2 Au total, 8 réunions de travail du GTTN ont été organisées entre août 2012 et novembre 2013.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 21
Une première tentative de produire des données statistiques nouvelles à partir des bases de données
administratives a été faite dans le cadre de ce premier Profil Migratoire de Madagascar, en utilisant
les différentes bases de données relatives aux visas de divers type accordés aux étrangers, notamment
(i) les enregistrements des passages aux frontières, (ii) les bases de données concernant les visas et permis
de séjour des immigrants, gérées par des autorités différentes que sont : la Direction de l’immigration
et de l’émigration au sein du Ministère de l’intérieur (DIE), anciennement Service de l’Immigration et de
l’Emigration (SIE), l’EDBM pour les visas liés aux investissements, anciennement le Guichet Unique pour
le Développement Economique (GUIDE), et le Ministère des affaires étrangères (MAE), pour les visas
diplomatiques et de courtoisie et (iii) le registre du Consulat de France, ceux des autres représentations
diplomatiques n’étant pas disponibles. Ce Profil Migratoire doit aussi beaucoup aux nombreux rapports
et articles scientifiques qui ont pu être trouvés sur le sujet et qui sont repris dans la bibliographie. Nous y
avons puisé largement afin de regrouper dans ce volume le maximum d’informations qui puissent servir
de support efficace au développement d’une politique migratoire adéquate pour Madagascar. Dans un
contexte ou peu de politiques migratoires ont été développés, des questionnaires ont été préparés et
distribués aux différents membres du GTTN afin de récolter des éléments complémentaires sur leur
perception de la migration internationale à Madagascar.
Madagascar a toujours été concernée par d’importants courants de migrations internes, vu l’étendue
de son territoire, et pour la plupart des migrants potentiels, la mobilité interne au pays est un choix bien
souvent préféré à une expatriation plus onéreuse et risquée. Afin de suppléer à ce manque d’informations
récentes sur les migrations internes, les Directeurs de l’Administration Générale du Territoire (DAGT) des
vingt-deux régions au sein du GTTN ont ete consultés afin de percevoir les principales préoccupations
dans leurs régions respectives, en termes de migration à la fois interne et internationale, ainsi que par
rapport à la présence étrangère. La question de migration interne fait partie de questions plus larges
liées au développement économique et social et à l’aménagement du territoire. Elle soulève, en effet,
les problèmes de répartition inégale de la population sur l’ensemble de la superficie de la Grande Île, du
déséquilibre de la relation entre population et ressources dans les régions à forte densité de population,
de l’existence de régions sous-peuplées où l’on décèle de vastes terres susceptibles d’être mises en
culture, de croissance démographique, d’urbanisation croissante et du manque d’infrastructure en
moyens de communication et de transport à l’intérieur du pays.
En effet, la migration à Madagascar, comprise dans sa pluralité, n’est pas sans effets sur la societé et
l’environnement des Malagasy. Des doutes sont émis quant à savoir si les services de santé et le système
d’éducation pourront suivre l’accroissement démographique, au risque de voir une augmentation de la
précarité et de la paupérisation de la population avec des difficultés d’assurer une qualité de vie pour
tous. Les enjeux de ces migrations se posent autant en milieu urbain que rural, et les conditions de
leur réussite doivent etre posées pour que la migration constitue un levier de développement socio-
économique et culturel pour toutes les régions. Les impacts des migrations internes et internationales
sur le développement du pays sont encore peu connus et ce Profil Migratoire a donc tenté d’y pallier par
des entretiens et des analyses menées. Le Profil Migratoire pose ainsi la question de l’intégration des
étrangers et de leurs contributions au developpement de Madagascar, de la défaillance du système de
contrôle des étrangers, de l’attraction des vrais et faux investisseurs, des apatrides et « sans nationalité »,
du problème foncier, du tourisme sexuel, du rôle de la dispora malagasy, de la migration rurale-urbaine
et de la destruction de l’environnement, notamment à travers ruées pour l’exploitation minière.
Trois types de recommandations doivent etre retenus, celui de la production et de la mise à jour des
données statistiques, celui des principaux défis auxquels est confrontée la société malagasy face aux
mouvements migratoires et, enfin, celui de l’avenir de ce Profil Migratoire, qui ne peut être considéré
comme la fin d’un processus mais plutôt comme le début d’un long cheminement avec le soutien de
l’OIM et autres organisations nationales et internationales.
A cet effet, la présentation des méthodologies spécifiques à la collecte des données migratoires a fait
l’objet d’un atelier technique de formation qui s’est tenu à Antananarivo fin novembre et début décembre
2013. Il importe, en effet, que tout soit mis en œuvre pour assurer la viabilité de ces nouveaux processus
22 Migration à Madagascar: Profil National 2013
de collecte statistique afin de fournir à l’avenir les données nouvelles nécéssaires pour la mise à jour
du Profil Migratoire. Afin d’améliorer les statistiques disponibles sur la migration, il est également
recommandé une adaptation des ressources de l’INSTAT à la hauteur de sa mission statistique, ainsi
qu’une augmentation du nombre de cadres formés de l’INSTAT, en utilisant la diaspora par exemple. Par
ailleurs, le recensement général de la population doit être une priorité nationale, et toutes les conditions
de sa réalisation devront donc être assurées pour pouvoir exploiter des données pertinentes sur la
migration : préparation, détermination exacte de la résidence habituelle de chaque Malagasy, rapide
diffusion des résultats, analyse et interprétation efficace de ces résultats, dissémination, anonymat
des données pour faciliter leur accès, et suivi des recommandations scientifiques internationales.
Par ailleurs, il serait utile que l’INSTAT organise une enquête unique annuelle auprès des ménages, et
qu’un module spécifique soit destiné dans les questionnaires de base à circonscrire les mouvements
d’émigration à la fois interne et internationale. L’INSTAT devrait également consulter les nombreuses
bases de données administratives produites par les différents ministères, une collaboration étroite et
franche doit donc être établie entre l’INSTAT et les ministères concernés. L’échange des données doit
être facilité pour permettre la production de données statistiques visant l’intérêt supérieur de la nation.
De plus, les bases de données doivent faire l’objet de vérification périodique afin de détecter les données
manquantes ou erronées et de supprimer les doubles-comptes éventuels. Dans la mesure du possible,
on introduira au nombre des données collectées une ou plusieurs variables permettant d’apparier
tous les enregistrements relatifs au même individu. Enfin, le logiciel de gestion de la base de données
devra permettre l’exportation des données sous un format d’échange standard, une exportation, par
exemple, impossible actuellement à partir de la base de données des passages de frontière. Il serait aussi
souhaitable dans l’avenir que les données soient centralisées en une base de données unique.
Par ailleurs, Madagascar doit relever plusieurs défis en matière de migrations. Un effort s’impose
dans le domaine de la gestion des migrations internationales et de la population étrangère résidant
à Madagascar. Le développement de ce qu’il est convenu d’appeler un (système d’information sur la
migration) devrait permettre de rassembler dans un même environnement informatique non seulement
tous les permis de séjour, mais aussi les visas de tout type, les passages de frontière, les permis de travail
et les informations relatives à l’acquisition de la nationalité et la naturalisation.
Concernant l’ouverture aux investisseurs, la transparence et une vision politique globale de l’impact
de ces projets et ces investissements dans la recherche d’un développement soutenable et durable de la
société malagasy s’impose, afin d’éviter les cas d’injustice sociale et environnementale et de permettre
un développement économique soutenable, respectueux des communautés.
La politique migratoire du pays devra également prendre en compte la complexité et les enjeux
soulevés par la migration interne, par l’adoption de mesures, par exemple, pour freiner l’apport
migratoire nouveau vers la capitale, permettre le déploiement de villes satellites à distance respectable
mais modérée de la capitale et le développement plus soutenu des chefs-lieux des régions. Par ailleurs, le
manque de fiabilité́ du système d’enregistrement des migrants est l’une des raisons qui rendent difficile
l’évaluation de l’impact infrastructurel et environnemental des migrants vers la ville. Il convient de revoir
en profondeur la législation des changements de résidence, parallèlement à l’amélioration du système
de la carte nationale d’identité que tout citoyen Malagasy est supposé détenir. En termes d’émigration
internationale, des mesures fermes doivent être prises pour protéger les émigrants malagasy et enrayer
de nouvelles émigrations non planifiees et ne respectant pas la dignite humaine.
Ce Profil Migratoire préconise enfin différentes mesures pour assurer la viabilité du processus
concernant la mise à jour périodique du Profil Migratoire et son utilisation dans la mise en œuvre de
la politique migratoire à Madagascar : la mise en œuvre d’une politique migratoire globale, un examen
attentif du Profil Migratoire par les responsables du pays, la constitution d’un groupe de travail permanent
sur la migration (GNTM), composé d’un bureau exécutif permanent avec un nombre limité de personnes
qui se partageront les différentes tâches assignées au GNTM. Afin d’assurer un support efficace pour
la mise en œuvre d’une politique adéquate dans le domaine des migrations internationales, l’offre
et la demande en matière de données statistiques doivent correspondre et des efforts devront être
Migration à Madagascar: Profil National 2013 23
déployés dans ce sens au sein du GTNM. Dans le cadre d’un plan d’action mis au point par le GTNM, les
institutions responsables doivent être identifiées pour la production et la mise à jour régulière de chacun
de ces indicateurs. Enfin, la gestion des migrations à Madagascar passera par l’apport d’informations
complémentaires sur les migrations. Bien que ce premier Profil Migratoire comporte des imperfections,
il devra servir de référence pour les différents ministères et autres entités ayant en charge d’instaurer la
politique migratoire qui permettra d’améliorer chaque politique sectorielle et contribuera globalement
au développement du peuple malagasy.
24 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Partie A : Populations et Migrations à Madagascar
A.1 La population de Madagascar : les faits et tendances
A.1.1 : L’historique des recensements de la population
Bien que fortement marquée par son insularité, au niveau géographique et culturel, Madagascar a été
marquée par d’importants mouvements de population dans l’océan Indien (cf. Annexe 2). Le peuplement
de Madagascar résulte exclusivement d’apports migratoires successifs : Indonésiens puis Arabes
(Rakotonarivo, 2010), Tanzaniens, Mozambicains, Chinois, Indiens, puis Portugais, Anglais, Hollandais, et
Français. Les échanges commerciaux avec l’extérieur et les flux de migrations internes au pays ont permis
l’élaboration de cultures malagasy diverses portées par des groupes de populations variés, diversement
répartis sur le territoire. Aujourd’hui encore, on dénombre 18 groupes ethniques dont les membres
occupent différentes régions du pays qui correspondent encore aux anciens royaumes de Madagascar.
Comme nous le montrerons plus loin, la population de Madagascar est estimée fin 2013 à près de
25 millions d’habitants, ce qui se traduit par une densité d’environ 40 habitants au km2. Cette densité
de population reste assez faible, compte tenu de la grande superficie du pays. Toutefois, la répartition
de la population est loin d’être uniforme puisque l’on estime que plus de la moitié de la population
occupe moins d’un huitième du territoire national. Près des deux tiers de la population est âgée de
moins de 20 ans et un quart de celle-ci vit en milieu urbain. Antananarivo, la capitale, abrite près de 3
millions d’habitants avec son agglomération (Banque mondiale, 2011).
Selon Gastineau et Rakotoson (2005), il est relativement difficile d’estimer la population de
Madagascar avant le XIXe siècle. Chevalier (1952), Andriamboahangy (s.d. vers 1975) et Campbell
(1991) ont fait un relevé de nombreuses estimations de population faites au cours du XIXe siècle, mais
celles-ci varient trop pour que l’on puisse en tirer une information valable.
A la demande du Général Galliéni, la reine Ranavalona III édicte le premier ordre de recensement
le 6 novembre 1896. Ce recensement n’aboutit pas. Une autre tentative donne satisfaction en 1900 et
permet de dénombrer 2 224 2000 habitants sur la Grande Île. A partir de cette date et de façon annuelle,
la population de Madagascar a fait l’objet d’un recensement administratif réalisé de façon sommaire sur
la base de données administrative fournie à l’échelle locale. Concrètement, tous les ans, le sous-préfets
étaient tenus d’élaborer une « monographie » de leur sous-préfecture et ces rapports rédigés à partir
des renseignements collectés par les chefs de canton comprenaient deux tableaux statistiques avec des
données démographiques : (i) Ensemble de la population par sexe, trois groupes d’âges (14 ans et moins,
15 à 20 ans et 21 ans et plus), l’ethnie et la nationalité (ii) Population des villes de 500 habitants et plus
avec des détails sur la nationalité des non-autochtones (Français, Indiens, Chinois, Grecs et autres).
Ces recensements administratifs, élaborés et publiés par l’administration jusqu’en 1973, étaient
principalement organisés à des fins fiscales ou de recrutement. Selon Andrianainarivelo et Randretsa
(1985), les modalités de collecte leur enlevaient une grande partie de leur signification statistique.
Gendreau (1969) précise à ce sujet que l’organisation de ces recensements administratifs présentait
de nombreuses failles, notamment en ce qui concerne la notion de « résidence » qui était mal définie.
Ainsi, les émigrés étaient généralement maintenus dans les listes et les doubles-comptes n’étaient
pas rares. Tout cela contribuait à « gonfler » le chiffre de la population, une situation somme toute
assez favorable pour les responsables locaux pour une question de prestige. En outre, il convient de
préciser que les chiffres de ces recensements administratifs annuels qui ont été publiés ne reprenaient
généralement que la population de nationalité malagasy, en excluant les étrangers (Andriamboahangy
s.d. vers 1975, Andrianainarivelo et Randretsa, 1985). Selon Chevalier (1952), à partir de 1921, des
recensements de population au sens statistique du terme sont organisés tous les 5 ans (1921, 1926,
1936 et 1941). Le dernier recensement effectué pendant la période coloniale le fût en 1946 et, tout
comme les précédents, il incluait la population de l’Archipel des Comores qui formait avec Madagascar
une même colonie française.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 25
Avec les années 50, les opérations statistiques s’intensifient, même si on ne trouve plus de trace
d’un recensement général. En 1962, au lendemain de l’indépendance, une première grande enquête
est réalisée à l’échelle nationale, avec le soutien de l’INSEE ; elle est intitulée « Budget et alimentation
des ménages ruraux ». Comme son titre l’indique, elle ne concernait que le milieu rural. Toutefois, ces
résultats seront complétés par les recensements des communes urbaines (centres de 5.000 habitants
ou plus) faits entre 1960 et 1964. Une compilation des données statistiques de ces différentes enquêtes
a été faite par l’IFORD (Fokam et Rabetsitonta, 1974). Cet exercice a permis d’estimer la population
en 1962, au lendemain de l’indépendance, à 5 783 000 habitants (Gendreau, 1994). En 1964, les
estimations du recensement administratif donnent également des informations sur la population non-
malagasy, avec une population totale estimée à 6 104 014 individus, au sein de laquelle on dénombre
5 999 331 Malagasy (Donque, 1964).
Deux recensements de la population furent effectués à Madagascar depuis l’indépendance, en
1975 et 1993. Leurs résultats constituent une large part des informations sur les caractéristiques
de la population disponibles aujourd’hui, car depuis 1993, aucune énumération systématique de la
population n’a été faite à Madagascar. Pour combler cette lacune, l’INSTAT a mis au point en 2010 une
méthodologie d’estimation de la population par projection des données du recensement de 1993 en
introduisant des hypothèses sur l’évolution de la fécondité, de l’espérance de vie et du volume des
migrations internationales. Les chiffres sont proposés pour les années 2000, 2005, 2009 avec une
projection en 2015 et 2030 et ce, par régions et districts et de façon séparée pour les centres urbains.
Ces projections permettent d’estimer la population de la Grande Île àenviron 22 580 000 habitants en
2013.
La croissance de la population malagasy au XIXe siècle s’est sans doute révélée très faible, voire
nulle selon Sandron (2010). Les écrits démographiques de l’époque s’alarmaient d’ailleurs de la
dépopulation et considérait la faible croissance comme un « problème » (Andriamanana 1939). Au
cours de la première moitié du XXe siècle, la population croît lentement pour atteindre 4 230 000
en 1950 (Razafimanjato et al. 2001). La croissance de la population de Madagascar est nettement
plus rapide après 1950 (tableau 1 et graphique 1). Gendreau (1969) a estimé la croissance de la
population pour cette période et donne respectivement des taux de croissance annuelle de 1,8 %, 2,6 %
et 3,6 % pour les périodes 1948-1953, 1954-1959, et 1960-1965. Il précise que cet accroissement
est essentiellement dû au mouvement naturel, vu la faiblesse des migrations extérieures. Entre 1975
et 1993, la population a quasi doublé, passant de 7 603 790 à 12 238 914 habitants, soit un taux
de croissance annuel moyen de 2,7 %. Selon l’INSTAT, cette croissance démographique résulte d’une
baisse de la mortalité, alors que la fécondité se maintient à un niveau élevé.
Les projections de populations faites par Andrianainarivelo et Randretsa (1985) sur la base du
recensement de 1975 prévoyaient pour l’an 2000, selon les trois variantes de fécondité, 11,3, 14,0
et 15,6 millions d’habitants sur la Grande Île. La réalité estimée par l’INSTAT est de 15,2 millions,
soit à peine moins que l’estimation haute qui correspondait au doublement de la population en 25
ans. Même si l’on estime que la baisse de la fécondité est effective depuis quelques années, il est
certain que la population malagasy va continuer à augmenter fortement pendant plusieurs décennies
encore, par suite de l’inertie des changements démographiques. Selon les hypothèses de baisse de
la fécondité qui ont été retenues, les Nations Unies estiment que la population atteindra entre 30 à
42 millions en 2030 et entre 37 à 75 millions en 2050. Le problème démographique est donc sans
conteste une composante majeure du processus de développement à Madagascar.
26 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 1 : L
’évolution de la population de Madagascar selon les anciens recensements
Année Population Références
1900 2 242 000 Gallieni
1910 2 870 000a Statistique administrative annuelle
1921 3 292 527b Premier recensement quinquennal. Statistique Générale
1926 3 607 719b
Recensement quinquennal. Statistique Générale
1930 3 665 000a Statistique administrative annuelle
1936 3 777 951b Recensement quinquennal. Statistique Générale
1941 4 174 517b Recensement quinquennal. Statistique Générale
1950 4 207 000 Statistique administrative annuelle
1960 5 298 000 Statistique administrative annuelle
1962 5 783 000 Compilation de données statistiques d’enquêtes diverses faites par (Fokam et al. 1974)
1964 6 104 014 Statistique administrative annuelle (Donque 1964)
1966 6 252 000 c
Enquête démographique
1973 7 975 678 Dernière estimation selon la statistique administrative (Andrianainarivelo et
Randretsa 1985)
1975 7 603 790 Premier recensement de la population
1993 12 238 914 Second recensement de la population
2000 15 199 948 Estimation INSTAT
2005 17 550 626 Estimation INSTAT
2010 20 142 015 Estimation INSTAT
2012 22 293 914 Estimation INSTAT
Source : INSTAT et autres références mentionnées dans le tableau.
a. Uniquement la population malagasy.
b. Les données de ces recensements quinquennaux incluent la population de l’archipel des Comores
c. Le chiffre de la statistique administrative pour la même année est de 6 562 000 habitants.
Graphique 1. Evolution du chiffre de la population de Madagascar de 1900 à 2012
25,000,000
20,000,000
15,000,000
10,000,000
5,000,000
0
1892 1912 1932 1952 1972 1992 2012
Migration à Madagascar: Profil National 2013 27
20,000,000
15,000,000
10,000,000
5,000,000
A.1.2 : Fécondité, mortalité et croissance de la population
0
Si l’on s’en réfère aux 1892
estimations
1912des Nations
1932 Unies (Graphique
1952 1972 2), la fécondité
1992 des femmes Malagasy
2012
est très élevée au début des années 1950 et elle restera supérieure à 6 enfants par femme jusque dans
les années 1990. Les estimations plus récentes obtenues à partir de l’enquête EDSMD-IV (2009) font état
d’un niveau de fécondité qui a diminué à 4,8 enfants par femme, ce qui correspond à 2,9 en milieu urbain
et 5,2 en milieu rural. Ceci démontre que la réduction de la fécondité s’est enclenchée à Madagascar, mais
très tardivement, en commençant par les milieux urbains. Toutefois, le taux de natalité élevé contribuera
encore largement à la croissance démographique attendue pour les décennies à venir.
Graphique 2. Evolution de la fécondité à Madagascar (nombre moyen d’enfants par
femme), 1950-2010
8.00
7.00
7.30 7.30 7.30 7.30 7.30
7.00
6.00
6.10 6.30 6.10 5.80
5.00
5.30
4.80
4.00
3.00
2.00
1.00
0.00
1950-1955
1955-1960
1960-1965
1965-1970
1970-1975
1975-1980
1980-1985
1985-1990
1990-1995
1995-2000
2000-2005
2005-2010
Source: Nations Unies. Division de la Population. World Population Prospects. The 2012 Revision.
La mortalité, quant à elle, a amorcé son déclin à Madagascar dès le milieu du siècle dernier, avec
une croissance spectaculaire de l’espérance de vie de 36 à 62 ans (graphique 3). Cette croissance est
largement due aux70.00
gains enregistrés pour la mortalité juvéno-infantile, avant l’âge de 5 ans. Certes,
3.00
le niveau d’espérance de vie atteint est respectable, mais il place encore Madagascar dans le peloton
de queue à l’échelle65.00
mondiale (179e rang sur un total de 227 pays selon le site web 2.50de comparaison
[Link]).
60.00 Sans nul doute, les gains en matière de mortalité à tous âges escomptés dans
les années à venir vont contribuer à maintenir le niveau actuel de la croissance de la2.00
population.
55.00
50.00 1.50
45.00
Hommes 1.00
40.00
Femmes 0.50
35.00
Difference entre les sexe
30.00 0.00
1950-1955
1955-1960
1960-1965
1965-1970
1970-1975
1975-1980
1980-1985
1985-1990
1990-1995
1995-2000
2000-2005
2005-2010
Espérance Difference entre
de vie les sexe
28 Migration à Madagascar: Profil National 2013
1966
0.00
1950-1955
1955-1960
1960-1965
1965-1970
1970-1975
1975-1980
1980-1985
1985-1990
1990-1995
1995-2000
2000-2005
2005-2010
Graphique 3. Evolution de l’espérance de vie à la naissance (1950-2010)
70.00 3.00
65.00
2.50
60.00
2.00
55.00
50.00 1.50
45.00
Hommes 1.00
40.00
Femmes 0.50
35.00
Difference entre les sexe
30.00 0.00
1950-1955
1955-1960
1960-1965
1965-1970
1970-1975
1975-1980
1980-1985
1985-1990
1990-1995
1995-2000
2000-2005
2005-2010
Espérance Difference entre
de vie les sexe
Source: Nations Unies. Division de la Population. World Population Prospects. The 2012 Revision.
A.1.3 : La structure de la population par âge et sexe
L’évolution de la pyramide des âges de la population
1966 malagasy entre 1966, 1975, 1993 et 2009 donne
une perception de l’importante croissance de la population, alors que ces pyramides gardent la forme
classique d’une population très jeune Hommes
à fortes natalité et mortalité.
Femmes Seule le rétrécissement de la base de
la pyramide en 2003 laisse percevoir les effets de la réduction de la fécondité (graphique 4).
70+
Le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 1993 (RGPH, 1993) a dénombré
12.238.914 habitants dont 50,3 % de sexe féminin60-64 et 49,7 % de sexe masculin, soit un rapport de masculinité
de 99 %. On y compte un pourcentage important d’enfants et de jeunes, et une faible proportion de personnes
âgées puisque les jeunes de moins de 15 ans50-54 constituent 45 % de la population totale, tandis que les enfants
de moins de 5 ans en représentent 18 %. La part de la population âgée, celle des 65 ans et plus, est, quant à
elle, de 3 % (graphique 5, effectué a partir de40-44
données compilées dans les tableaux 30 et 31 de l’Annexe 8).
La population féminine en âge de procréer (15-49 ans) constitue 23 % de la population totale et
30-34
47 % de la population féminine totale. L’enquête EDSMD-IV de 2009 donne de précieuses estimations
sur les tendances récentes. Le nombre des aînés augmente, certes, mais leur part relative reste à 3 %.
Par contre, celle des jeunes de moins de 20-24
15 ans s’accroît de 45 à 47 % ce qui contribuera à maintenir le
niveau de la natalité à l’avenir, même si la fécondité des femmes diminue.
10-14
0-4
-1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000
1975
Hommes Femmes
70+
60-64 Migration à Madagascar: Profil National 2013 29
50-54
40-44
50.00 1.50 10-14
20-24
45.00 40-44
Hommes 1.00 0-4
40.00 10-14
Femmes -1800000 -1300000 -800000 30-34
-300000 200000 700000 1200000 1700000
0.50
35.00 0-4 Difference entre les sexe
20-24
30.00
-1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000 0.00
1950-1955
1955-1960
1960-1965
1965-1970
1970-1975
1975-1980
1980-1985
1985-1990
1990-1995
1995-2000
2000-2005
2005-2010
Espérance Difference entre 10-14
de vie les sexe
0-4
1993
Graphique 4. Pyramide 1975des âges de la population de Madagascar
-1800000 -1300000 aux
-800000 -300000 200000 recensements
700000 1200000 1700000 de
1966, 1975 et 1993 Hommes
ainsi qu’en Femmes
2009 sur la base d’une estimation à partir
Hommes Femmes
des résultats de
70+
l’enquête EDSMD-IV 70+
60-64 1975
60-641966
Hommes Femmes Hommes
50-54 Femmes
50-54
70+ 70+
40-44
40-44
60-64 60-64
30-34
30-34
50-54 50-54
20-24
20-24
40-44 40-44
10-14
10-14
30-34 30-34
0-4
0-4
20-24 -1800000 -1300000 -80000020-24
-300000 200000 700000 1200000 1700000
-1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000
10-14 10-14
0-4 0-4
-1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000 -1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000
1993 2009
Hommes Femmes
Hommes Femmes
80+
70+ 1975
Hommes Femmes 70-74
60-64 1993
70+ 60-64
Hommes Femmes
50-54
60-64 50-5470+
40-44
50-54 40-4460-64
30-34
40-44 30-34 50-54
20-24
20-24 40-44
30-34
10-14
10-14 30-34
20-24
0-4 0-4
10-14 20-24
-1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000 -1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000
0-4 10-14
Source: INSTAT Recensements de 1966, 1975 et 1993 et EDSMD-IV
-1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000
0-4 2009.
-1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000
A.1.4 : La population active
2009
Hommes Femmes 1966
Il convient, à ce stade, de mesurer l’impact de l’évolution démographique sur le marché de l’emploi et
80+1993
plus spécifiquement, sur le poids relatif de la population d’âges actifs qui, selon la définition des Nations
4%
Unies, correspond auxHommes
personnes
70-74
Femmes
âgées de 15 à 64 ans inclus1. Le rapport de2009
dépendance démographique
70+
est le résultat de la division
60-64 du nombre de personnes considérées
16%
comme
Hommes non actives,
Femmes les moins de 15
ans et les 65 ans et plus, 60-64
par le nombre de personnes d’âges actifs, celles âgées de 15 à 640-14ans.
80+
50-54
15-39
L’évolution de cet 40-44
indice,
50-54 exprimé en nombre de personnes d’âges non actifs
70-74 47% pour 100 personnes
40-64
d’âges actifs, est présentée
40-44
sur le tableau 32 de l’Annexe 8. En 1966, ces
60-64 deux groupes65+de personnes
étaient similaires, de
30-34telle sorte qu’on dénombrait une personne non active pour chaque personne
50-54
active. Cette charge20-24
de la pression démographique a diminué33%à la fin du siècle dernier et s’était réduite
30-34
de 10 % à l’époque 20-24
du recensement de 1993. Depuis lors, le phénomène s’est inversé pour en revenir à
40-44
10-14
un équilibre entre les deux sous-groupes de la population. 30-34
0-4 10-14
20-24
1 A
Madagascar,
0-4 certains indices décrivant la structure par âge de la population active incluent les enfants
-1800000 -1300000 -800000
-300000 200000 700000 1200000 1700000
dès l’âge de 5 ans. 10-14
-1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000 1976
30 Migration à Madagascar: Profil National 2013 0-4
4% -300000
-1800000 -1300000 -800000 200000 700000 1200000 1700000
16%
1966 0-14
2009 44% 15-39
Hommes Femmes
15-39
10-14 33% 47%
36% 40-64
0-4 65+
-1800000 -1300000 -800000 -300000 200000 700000 1200000 1700000
33%
1976
Graphique 5. Proportion relative des grands groupes d’âges dans la population totale
1993
en1966, 1975, 1993et 2009.
4%
1966 3% 1976
16%
13%
0-14
4% 4%
44% 15-39 0-14
16% 16%
40-64 45% 15-39
0-14
65+ 0-14
40-64
15-39 44% 15-39
65+
47%
36% 40-64 40-64
39%
65+ 65+
33%
36%
1993 2009
3% 1976 3%
13% 15% 1993
4%
0-14 3% 0-14
16%
45% 15-39 13% 15-39
47%
0-14
40-64 40-64
44% 15-39
65+ 0-14
65+
39%
40-64
35% 45% 15-39
65+ 40-64
65+
36%
39%
Source: Calculs des auteurs sur la base des données de l’INSTAT.
2009
120000
C’est cette tendance récente, marquée par l’accroissement de la pression démographique, qui joue
et continuera de jouer3%à l’avenir un rôle majeur sur le100000 développement socio-économique de la société
malagasy. Pour15%les décennies1993
à venir, il faut s’attendre à une augmentation de ce2009 rapport de dépendance
80000
démographique, vu l’augmentation attendue du poids relatif des enfants dans l’ensemble de la population.
Rappelons que cette 3%augmentation se fera 0-14 en dépit60000
de la diminution3%prévue de la fécondité, tout
simplement par13% suite de l’augmentation du nombre 15-39 de femmes en âge de mettre au monde. Les processus
47% 40000 15%
démographiques sont lents et les modifications de comportement se marquent très progressivement sur
40-64
les structures démographiques de la population. 0-14 Néanmoins,
65+
20000 leurs effets perdurent bien longtemps 0-14après
qu’ils soient apparus. Le vieillissement
45%
de la population,
15-39 qui caractérise largement toutes les populations
15-39
0
des sociétés 35%
post-industrielles de par le monde, 40-64
ne devrait1920pas1930
concerner
1940 la population
1950 1960
47%
1970 malagasy
1980 1990 dans
40-64 2000
l’immédiat. Mais le problème étant inéluctable 65+ dans un avenir plus lointain, il convient donc de le considérer,
65+
dès à présent, dans les prévisions à long terme et le processus de développement.
39% 35%
En comparant la taille des groupes d’âges qui vont entrer dans les âges actifs, le 5-14 ans avec ceux qui
vont en sortir, les 55-64 ans, on peut estimer l’indice de pression
400000 démographique sur le marché de l’emploi.
Ce rapport entre les générations de jeunes qui vont entrer sur le marché de l’emploi et les générations plus
350000
âgées qui vont le quitter, selon les règles d’âges édictées300000
120000 par les Nations Unies, est largement à l’avantage
des100000
jeunes à Madagascar. En 2009, ce rapport était de 250000 8 et, par rapport aux chiffres antérieurs, il est en
hausse certaine. Cette tendance démontre l’importance de l’évolution démographique sur le marché de
2009 200000
l’emploi
80000 et l’obligation de prendre celle-ci en considération
120000dans toute planification économique.
150000
60000 100000
3% Migration
100000à Madagascar: Profil National 2013 31
40000 15% 80000
50000
20000 0
0-14 60000
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
15-39
0 47% 40000
1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990
40-64 2000
Par ailleurs, en considérant la dimension du genre (tableau 32 de l’Annexe 8), on constate que le
nombre de femmes aux âges actifs est légèrement supérieur à celui des hommes. Ce déséquilibre a
tendance à s’accentuer, un élément qui doit également être pris en considération, tant l’emploi des
femmes est un élément clé du développement de la société malagasy.
Concernant la population d’âges actifs, celle âgée de 15 à 64 ans, elle peut être décomposée en deux
groupes selon que les personnes concernées sont effectivement actives, ou à l’inverse non actives. Parmi
les actifs, on distinguera également deux sous-groupes selon que les personnes actives sont employées ou
non–employées, c’est-à-dire pour ces dernières qu’elles sont au chômage. Les informations sur le volume
et les caractéristiques de la population active, employée et non-employée proviennent du recensement
de 1993 et par la suite des enquêtes périodiques sur les ménages. Le tableau 33 en Annexe 8 propose une
comparaison des chiffres se basant sur le recensement et les enquêtes de 2001, 2005 et 2010.
Les tableaux 34 à 36, assignés dans l’Annexe 8, permettent de caractériser plus précisement la
population active de Madagascar selon la branche d’activité, la catégorie socioprofessionnelle et le niveau
d’instruction à l’occasion du recensement de 1993 et à travers les enquêtes EMP de 2001, 2005 et 2010.
Ces données confirment la prédominance de l’agriculture avec des valeurs qui ne laissent apparaître
aucun fléchissement dans la tendance (tableau 34). La répartition par catégorie socioprofessionnelle
donne deux groupes importants à part égale, les indépendants et les aides familiales (tableau 35). Enfin la
répartition de la population d’âges actifs par niveau d’éducation est assez malaisée puisqu’elle concerne
les personnes âgées de 5 ans et plus. La seule tendance qui ressort est une légère diminution du taux
de chômage parmi les diplômés de l’enseignement supérieur (tableau 36), ce qui pourrait s’expliquer de
manière diverse, y compris en considérant l’exode des personnes hautement qualifiées.
A.2 La population étrangère à Madagascar
A.2.1 : L’évolution historique de la population étrangère
A l’époque de la colonie, la politique migratoire se développe dans deux directions : d’une part, la
recherche de main d’œuvre et de colons étrangers et, d’autre part, le contrôle de l’immigration étrangère
libre (Romeuf-Salomone 1990). Dès 1902, Ravelonahina parle des causes de dépopulation à Madagascar
et des moyens d’y remédier. L’immigration apparaît comme étant le remède miracle à la dépopulation.
Deschamps (1959) précise que « l’insuffisance de la main-d’œuvre à Madagascar a été, depuis 1895, un
des refrains les plus lancinants de la colonisation européenne ». Il explique que « l’administration coloniale
a tout essayé pour recruter des travailleurs à l’étranger, indiens, chinois, indonésiens, africains, somaliens,
arabes, créoles et mêmes les polonais, italiens, hollandais, les personnes déplacées et le malheureux peuple
d’Israël… » Selon Gastineau et Rakotoson (2005), avant et pendant la colonisation jusque dans les années 70,
les autorités ont mis en place des politiques pro-natalistes, mais aussi des incitants à l’immigration, car elles
considéraient que l’île était sous-peuplée compte tenu des ressources et de l’ampleur des terres à mettre en
valeur. La politique stimulant l’immigration mise en œuvre par le colonisateur et poursuivie par les premiers
dirigeants de la République de Madagascar tient en considération le raisonnement suivant : la population
de Madagascar est si disséminée dans un pays d’une telle étendue qu’elle n’est pas assez nombreuse pour
pouvoir assurer une main d’œuvre suffisante pour une utilisation optimale de ses ressources.
La population étrangère dans un pays donné est le plus souvent identifiée comme étant composée de
l’ensemble des personnes qui y résident habituellement, sans être porteur de la nationalité de ce pays.
Plus rarement, on considérera la population née à l’étranger. A Madagascar, on parlera, à l’époque de la
colonisation française, des non-autochtones pour désigner les étrangers alors que la nationalité malagasy
n’existait pas. Grenier (1957), propose les premières estimations suivantes pour les non-autochtones de
Madagascar et des Comores réunis : 27 500 en 1921, 58 600 en 1946 et 67 100 en 1951.
Les chiffres de 1951, obtenus par un recensement spécifique de la population non-autochtone, sont
plus détaillés. Ils font état de 37 123 Français de souche métropolitaine et de 10 533 naturalisés, auxquels
s’ajoutent 10 902 Indiens ou Pakistanais et 4 900 Chinois.
32 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Une décennie plus tard, Bardonnet (1964) estime la présence sur le sol malagasy de 46 000 Français,
33 800 Comoriens, 16 000 Indiens et 8 500 Chinois et environ 5 000 autres nationalités dont 376 Grecs et
des Britanniques originaires de l’île Maurice. Il s’agit d’un relevé au 1er Janvier 1963 fait par le Ministère
des Finances de la jeune République. Donque (1964) donne des chiffres quelque peu différents pour la
même date: 42 953 Français, 34 239 Comoriens, 14 342 Indiens et 8 066 Chinois auxquels s’ajoutent 596
Britanniques, 559 U.A.M.3, 335 Grecs, 1 448 autres non asiatiques et 2 145 autres asiatiques.
Les différences entre ces deux relevés sont minimes, et ce qui en ressort, c’est une estimation de
l’importance relative de la population étrangère aux premiers jours de la nouvelle nation: plus de
100 000 individus, soit près de 2 % de la population de Madagascar. Il s’agira très vraisemblablement d’un
maximum absolu même si les chiffres et estimations ultérieures se feront beaucoup plus rares et seront
surtout, beaucoup moins précis (tableau 2 et graphique 6). Jusqu’aux années 70, la présence française
à Madagascar représente environ la moitié de la population étrangère. Les Comoriens, second groupe en
importance, ne ressort qu’à partir de l’indépendance puisque depuis 1913, les Comores et Madagascar formait
la même colonie. Les Chinois et les Indiens, quant à eux, ont immigré à Madagascar à différents moments de
son histoire.
Tableau 2. Evolution de la population étrangère (non-autochtone) de Madagascar de 1896
à 2000 selon différentes sources et auteurs
Total de la
Source Autres population
des données Français Comoriens Indiens Chinois Nationalités étrangère
1896 (Bardonnet) n .d. n .d. 800 190 n .d. n .d.
1905 (Bardonnet) n .d. n .d. 1 560 460 n .d. n .d.
1921 (Grenier) n .d. n .d. n .d. n .d. n .d. 27 500
1926 (Bardonnet) n .d. n.d.* 7 070 1 208 n .d. n .d.
1936 (Bardonnet) n .d. n.d.* 8 000 2 780 n .d. n .d.
1941 (Bardonnet) n .d. n.d.* 9 200 3 630 n .d. n .d.
1946 (Grenier) n .d. n.d.* n .d. n .d. n .d. 58 600
1951 (Grenier) 37 123 n.d.* 10 902 4 900 n .d. 67 100
1958 (Bardonnet) n .d. n.d.* 13 000 7 900 n .d. n .d.
1959 (Deschamps) n .d. 46 597 n .d. n .d. n .d. n .d.
1963 (Donque) 42 953 34 239 14 342 8 066 5 073 104 673
1963 (Bardonnet) 46 000 33 800 16 000 8 500 5 000 109 300
1975 (recensement) 37 082 12 381 4 179 4 039 8 780 66 441**
(Russell et al. 1990)
1990 (Docquier) 5 675 1 032 2 662 2 195 5 142 16 706
1993 (recensement) 5 489 2 970 2 367 1 516 6 132 18 474
1998 (EPTSV 99) 8 125 3 000*** 3 975 4 700 n .d. 25 000***
2000 (Docquier) 7 905 2 298 2 173 1 498 5 947 19 821
* P
our ces années, les Comores et Madagascar faisaient partie de la même colonie de telle sorte que les
Comoriens résidant à Madagascar n’étaient pas considérés comme étant des non-autochtones.
** Ce total comprend les Comoriens estimés par Russell et al. (1990) qui ne sont pas repris dans le stock de la
population étrangère par l‘INSTAT (RGPH, 1975).
*** L’enquête EPTSV99 effectuée dans le cadre du projet MADIO donne une fourchette variant entre 20 000
et 30.000 pour le nombre d’étrangers à Madagascar. Le nombre estimé de 3 000 pour les Comoriens
provient d’une estimation des ressortissants de l’Océan Indien dont la grande majorité sont des Comoriens
(Razafindrakoto et Roubaud, 1999).
3 U.A.M. signifie l’Union Africaine et Malagasy qui regroupe les pays africains francophones.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 33
0-14
15-39
47%
40-64
65+
35%
Le graphique 6 se base sur les estimations proposées au tableau 2. Il met en évidence un accroissement
de la présence étrangère jusqu’à l’indépendance suivi d’une diminution très nette jusque dans les années
’90. Depuis lors, bien que les données disponibles soient fragiles, on décèle un certain statu quo à un
niveau quatre fois moindre de celui enregistré à l’époque de l’indépendance.
Graphique 6. Evolution du chiffre de la population étrangère de Madagascar de 1921 à 2000
120000
100000
80000
60000
40000
20000
0
1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000
Sources diverses : voir les données au tableau 2.
Les estimations concernant
400000
l’importance de la communauté comorienne à Madagascar laissent à
penser que les chiffres avancés sont bien en dessous de la réalité. Des chiffres circulent4 faisant état
d’une forte communauté d’environ 3 000 étudiants répartie entre les 22 régions de Madagascar et au
350000
moins 8 000 Comoriens300000
qui résideraient dans la région de Mahajanga, sur la côte nord-ouest de la Grande
Île. Toutefois, ces mêmes sources indiquent que seulement 5 000 d’entre eux sont enregistrés auprès de
leur ambassade. Les estimations
250000 du consulat de France sont, quant à elles nettement plus élevées avec
30 000 immigrants comoriens,
200000 ce qui pourrait se justifier quand on connaît l’importance de l’émigration
au départ des Comores vers la côte de Madagascar à l’époque de la colonisation française. Toutefois, il est
utile de mentionner que, suite aux émeutes orientées contre la communauté comorienne de Mahajanga
150000
en 1976 qui ont fait 1 500 victimes, de nombreux Comoriens de Madagascar ont opéré un mouvement
100000
de retour vers les Comores. On estime que 17 000 Comoriens rentrèrent dans leur pays d’origine ; ils
furent appelés les « sabenas
50000 » en considération de la compagnie aérienne belge qui participa activement
aux rapatriements (Vivier, 1996).
0
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
L’implantation de la communauté chinoise à Madagascar débute à l’époque des grands
navigateurs, dans le cadre des échanges commerciaux au sein de l’océan indien. Plus récemment elle
s’est développée en trois grandes vagues migratoires. La première, marquant le début des relations
entre les deux peuples, Malagasy et chinois, remonte au temps du Général Gallieni, époque à laquelle
les immigrés chinois assuraient la main-d’œuvre dans la construction des infrastructures routières. A
cette première génération vient s’ajouter une nouvelle vague chinoise au lendemain de la Deuxième
Guerre mondiale jusqu’aux années 60. A l’aube du nouveau millénaire, une toute autre génération de
marchands et opérateurs économiques chinois commencent à s’intéresser à nouveau à Madagascar.
Mais la dernière décennie a été également dominée par l’arrivée des grands investisseurs chinois dans
le secteur minier. Selon l’enquête EPSTV99, les Chinois représentaient vers le tournant du siècle près
5%
18%
4 Le site [Link] a été visité le 25 octobre 2013.
0-4 ans
34 Migration à Madagascar: Profil National
15% 9%2013
15%
5-14 ans
15-59 ans
50%
61% 27%
de 30 % des nouveaux arrivants, autant que les Français (Razafindrakoto et Roubaud 1999). Certaines
estimations donnent pour les membres de la communauté chinoise, métis compris, le nombre de
20 000 individus. Néanmoins Raveloarimanana (2001) qui a étudié cette communauté, pense que
ce chiffre est sous-évalué, notamment si l’on considère la vague de «nouveaux Chinois» qui se sont
installés dans le pays plus récemment. Clairet (2012), de son côté, donne une estimation plus plausible
avec une fourchette entre 40 000 et 60 000, ce qui rejoint les chiffres avancés par le consulat de France
à Madagascar (2010).
Le début de l’immigration indienne remonte à un minimum de cinq siècles. Tout comme les
premiers immigrants chinois, les indiens se cantonnèrent pendant longtemps sur les côtes nord-est de
Madagascar. On mentionne un flux d’immigrants sur l’île de Nosy-Be à la fin du XIXe siècle fuyant la
crise démographique, les disettes, les famines, les sècheresses et les épidémies qui frappèrent l’Inde à
cette époque (Blanchy, 1995). Ces Indiens sont appelés « Indo-pakistanais » car leurs ancêtres étaient
notamment originaires d’une région, qui est à la frontière de l’actuel Pakistan et de l’Inde à l’époque
où l’Empire des Indes anglaises comprenait le futur Pakistan et l’Inde. Mais leur vie communautaire en
vase clos ont fait d’eux «des boucs émissaires naturellement trouvés» (Karimbhay, 2010). Le métissage
serait un des points positifs de leur intégration. Toutefois, ce métissage est ralenti de nos jours par un
état d’esprit communautaire. Il est très difficile d’estimer l’importance de la communauté indienne à
Madagascar. L’Ambassade de l’Inde dénombre 2 500 personnes de nationalité indienne, mais elle
a délivré en outre des cartes d’identité spéciale à ceux qui sont dénommés les Personnes d’Origine
Indienne (Persons of Indian Origin, PIO). Enfin, Il existe aussi des Citoyens de l’Inde d’Outremer (Overseas
Citizens of India, OCI). Toutes ces personnes d’origine indienne sont comptabilisées par l’Ambassade qui
les estime à environ 19 500 à Madagascar. Ajoutés aux 2 500 citoyens indiens résidant sur le territoire
malagasy, le nombre estimé d’Indiens toutes catégories confondues est de 22 000 personnes. Une
statistique récente sur le nombre d’Indiens résidant à l’étranger de par le monde fait, quant à lui, état
de 30 000 personnes d’origine indienne à Madagascar5. L’enquête EPSTV99 a permis de vérifier que
l’immigration indo-pakistanaise était de loin la plus ancienne actuellement avec 82 % d’entre eux nés à
Madagascar et la moitié d’entre eux fixés dans le pays dès avant l’indépendance. Par contre, à l’inverse
des Chinois, l’immigration indienne s’est tarie depuis déjà plusieurs d’années, ne représentant pas plus
que quelques pourcents de l’ensemble estimé des entrées à Madagascar (Razafindrakoto et Roubaud,
1999).
Enfin, la communauté française de Madagascar est essentiellement le fait de la colonisation.
Colons et fonctionnaires de la colonie virent leur nombre s’amplifier dès le début du XXe
siècle pour atteindre le chiffre maximum de 50 000 au moment de l’indépendance. Depuis
lors, ce nombre s’est fortement réduit suite au départ des fonctionnaires et au faible taux de
renouvellement des colons à l’intérieur du pays. Toutefois, durant les années récentes, on note
l’arrivée d’hommes d’affaires réunionnais ou métropolitains établis au titre de sociétés françaises,
mais également de Français d’origine comorienne ou malagasy. Les binationaux représentent
plus de 53 % de cette communauté française (voir les données du tableau 39 (Annexe 8)).
A.2.2 : Le cadre législatif et institutionnel en vigueur concernant les migrations
internationales et la population d’origine étrangère
Selon le décret n° 94-652 du 11 octobre 1994 fixant les modalités d’application de la loi n° 62 - 006 du
6 juin 1962 sur l’organisation et le contrôle de l’immigration et modifié par le décret n° 97-1154 du 19
septembre 1997 et selon arrêté interministériel n° 5069/2005-MAE/MIRA/SESP du 17 mai 2005 :
5 L e site NRIOL (Non Resident Indian On Line) avançant ces estimations a été visité le 23 octobre 2013 ([Link]
com/indiandiaspora/[Link])
Migration à Madagascar: Profil National 2013 35
Sont considérés comme étrangers tous les individus qui n’ont pas la nationalité malagasy. Les étrangers
séjournant à Madagascar sont classés en quatre catégories:
• les non-immigrants sont les étrangers entrant à Madagascar pour une période n’excédant pas trois
mois.
• les immigrants sont les étrangers séjournant à Madagascar durant une période supérieure à trois
mois.
• les apatrides sont les personnes qu’aucun Etat ne considère comme ses propres ressortissants.
Les personnes qui n’ont pas de nationalité connue sont également considérées comme apatrides.
• les réfugiés sont les étrangers qui, pour des raisons politiques ou autres, ont été admis comme tels
sur le territoire de la République de Madagascar par décision du Ministre de l’Intérieur.
L’étranger non-immigrant entrant à Madagascar pour une période n’excédant pas trois mois doit être
titulaire d’un passeport en cours de validité de plus de six mois un moment de l’entree sur le territoire et
d’un visa d’entrée et de séjour délivré :
• s oit par le Commissaire chargé de l’immigration (Police de l’air et des frontières PAF) directement
dans les ports ou aéroports de débarquement ;
• soit par les représentations diplomatiques ou consulaires de la République de Madagascar à l’étranger ;
• soit, exceptionnellement, par correspondance auprès du Ministère des Affaires Etrangères.
Les visas d’entrée et de séjour pour non-immigrants sont délivrés pour des raisons multiples (tourisme,
conférence, séminaire, évènements familiaux, manifestations sportives, culturelles ou religieuses,
visite médicale, recherche scientifique, plaisancier, tournage film, croisière, voyages d’affaires) ne sont
ni prorogeables, ni transformables en visa de long séjour. Ils ne confèrent pas le droit à l’étranger non-
immigrant d’exercer dans le pays un emploi rémunéré ou de se livrer à une activité lucrative quelconque.
Tout étranger non-immigrant doit quitter le territoire à l’expiration du délai de séjour accordé. Une
prolongation de ce délai pourrait être accordée pour des cas de force majeure laissés à l’appréciation des
autorités compétentes. Cette prolongation ne saurait cependant excéder trente jours.
L’étranger souhaitant se rendre à Madagascar en qualité d’immigrant pour une période supérieure
à trois mois doit être titulaire d’un passeport en cours de validité de plus de six mois un moment de
l’entree sur le territoire et d’un visa d’entrée et de séjour d’un mois prorogeable et transformable en
visa de long séjour délivré soit par les représentations diplomatiques ou consulaires de Madagascar,
soit exceptionnellement par correspondance auprès du Ministère des Affaires Etrangères (MAE). Ce
visa a une durée de validité d’un mois à daté de l’entrée à Madagascar, et doit être transformé en visa
de long séjour pour l’un des motifs suivants : investisseur, travailleur expatrié, stage, mission, retraité,
regroupement familial. L’octroi d’un visa de long séjour relève de la compétence du Ministère de l’Intérieur
(Direction de l’Immigration et de l’Emigration, DIE, en collaboration avec l’Economic Development Board
of Madagascar (EDBM)6 pour les visas de type économique.
L’étranger titulaire d’un visa de long séjour devient ainsi un résident et doit posséder une carte de séjour
selon la loi précitée. Les cartes de séjour sont délivrées, selon les cas, par le MININTER. Les dossiers de
demande de carte de séjour doivent être déposés par les requérants auprès de l’autorité administrative
du lieu de leur résidence. A l’occasion de chaque changement de domicile, l’étranger doit en faire porter
la mention sur sa carte de séjour par l’autorité administrative du lieu qu’il quitte et dans les trois jours par
l’autorité administrative et par le commissariat de police du lieu où il fixe son nouveau domicile. La carte de
séjour est valable pendant la durée de validité du visa.
En application de l’Article 43 du Code de Travail, les étrangers salariés ne peuvent occuper un emploi
à Madagascar sans l’autorisation du Ministre chargé de l’Emploi. Ainsi, en sus de la carte de séjour, le
6 L ’EDBM est un établissement à caractère EPIC (Entreprise Publique à Industriel et Commercial) créé en 2007 pour rendre
le climat des affaires attractif et propice aux investissements à Madagascar. Il instruit les dossiers de demandes de visas
dits ‘professionnels’ avec une durée de validité de trois ans renouvelable. Le site internet de l’EDBM [Link]
a été visité le 11 novembre 2013.
36 Migration à Madagascar: Profil National 2013
salarié étranger doit être titulaire d’une carte de travail indiquant sa catégorie professionnelle délivrée
par le Ministère de la Fonction Publique, du Travail et des Lois sociales. Aucun étranger ne peut exercer à
Madagascar un commerce, une industrie ou une profession sujette à la patente, s’il n’est pas titulaire de
la carte professionnelle délivrée par le ministère compétent et s’il n’a pas fait une déclaration à cet effet à
l’autorité administrative du lieu où il envisage de s’installer.
La loi N° 2007036 du 14 janvier 2008 sur les investissements à Madagascar confirme que toute
personne physique ou morale, malagasy ou étrangère, est libre d’investir et de s’installer sur le territoire
national, dans le respect des lois et règlements en vigueur. Un investisseur y est défini comme étant toute
personne physique ou morale contribuant à un investissement à Madagascar en apportant des ressources
financières affectées à la réalisation d’un projet économique. Les investisseurs étrangers reçoivent le
même traitement que celui donné aux investisseurs de nationalité malagasy. Enfin, l’Etat garantit le respect
des droits de propriété individuelle ou collective et s’engage à instaurer et à maintenir un environnement
favorable à l’investissement. Pour la mise en œuvre effective de cette loi, et pour assurer l’instauration et
le maintien d’un environnement des investissements favorable à Madagascar, une structure dénommée
Economic Developement Board of Madagascar (EDBM) a été mise en place. Elle est chargée de promouvoir,
de faciliter et d’accélérer l’approbation de tous les projets d’investissements. Elle reçoit, traite et délivre les
différentes pièces administratives nécessaires aux investissements et notamment les demandes relatives
à la délivrance des visas d’entrée et de séjour prorogeables et transformables en visas long séjour pour les
personnes impliquées dans ces investissements.
Les apatrides et réfugiés résidant à Madagascar sont soumis aux mêmes dispositions que les
étrangers immigrants. L’arrêté nº 1236 du 1er juillet 1961 du MAE prévoit la création d’une Commission
interministérielle chargée de l’examen des problèmes de l’apatridie à Madagascar pour statuer sur la
reconnaissance des apatrides à Madagascar. L’admission d’un apatride sur le territoire de la République de
Madagascar est soumise préalablement à l’autorisation de cette commission interministérielle composée
de représentants du Ministère de la Justice, du Ministère des Affaires Etrangères et du Ministère de
l’Intérieur. Quant à lui, le décret n° 1962-001 du 13 janvier 1962 crée le Bureau des apatrides et réfugiés
au MI afin d’exercer la protection juridique et administrative de cette catégorie d’étrangers, en lien avec les
divers départements ministériels intéressés. Toutefois, ni la Commission interministérielle, ni le Bureau des
apatrides et réfugiés n’ont été opérationnels depuis leur création.
Enfin, les visas diplomatiques et de courtoisie sont délivrés par le MAE. Le visa diplomatique est
délivré aux diplomates étrangers en résidence à Madagascar, ainsi qu’aux membres de leurs familles, aux
officiels de haut rang étrangers de passage à Madagascar et aux premiers responsables des organisations
internationales. Le visa diplomatique peut être demandé auprès des représentations extérieures de
Madagascar et sa prolongation se fait au Service des visas, au sein de la Direction du protocole du MAE.
Sa durée de validité est de 3 ans. Quant au visa de courtoisie, qui est souvent apposé sur un passeport de
service, il est également délivré par le MAE au personnel administratif et technique des ambassades, aux
employés de service et aux expatriés des Organisations non Gouvernementales. Sa durée est de un an
renouvelable.
L’ordonnance n° 60-064 du 22 juillet 1960 portant sur le Code de la nationalité malagasy détermine
quels individus ont, à leur naissance, la nationalité, à titre de nationalité d’origine. Ainsi, l’enfant légitime né
de mère malagasy et d’un père de nationalité étrangère pourra, jusqu’à sa majorité, réclamer la nationalité
malagasy. La même faculté appartiendra à l’enfant né hors mariage. L’enfant adopté par une personne
de nationalité malagasy pourra, jusqu’à sa majorité, réclamer la qualité de Malagasy, à condition qu’il ait,
au moment de la déclaration, résidé à Madagascar depuis cinq ans. La femme étrangère ou apatride qui
épouse un Malagasy peut acquérir la nationalité malagasy, mais ceci ne s’applique pas pour les hommes
étrangers.
La naturalisation ne pourra être accordée qu’aux étrangers remplissant les conditions suivantes:
• Avoir dix-huit ans révolus ;
• Etre sain d’esprit ;
Migration à Madagascar: Profil National 2013 37
• N
e pas présenter de danger pour la collectivité en raison de son état de santé physique, à moins que
l’affection n’ait été contractée au service ou dans l’intérêt de Madagascar;
• Etre de bonne vie et mœurs et n’avoir encouru aucune condamnation supérieure à une année (…)
• A voir eu sa résidence habituelle à Madagascar pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la
demande et l’avoir conservée au moment de la signature du décret de naturalisation;
• J ustifier de son assimilation à la communauté Malagasy, notamment par une connaissance suffisante,
selon sa condition, de la langue malagasy.
Toutefois, les personnes suivantes pourront être naturalisées sans condition:
• L ’étranger qui a rendu des services importants à Madagascar;
• L a femme de l’étranger qui acquiert la nationalité malagasy.
Selon le Titre III article 42 de ce Code, un Malagasy ne peut perdre sa nationalité que si l’Etat malagasy
démontre qu’il a une autre nationalité7. Toutefois, en application de l’article 45 du Titre III, un Malagasy
peut renoncer à sa nationalité malagasy s’il le demande8.
A partir de 1997, les dossiers de naturalisation ont été suspendus et un seul décret de naturalisation a
été pris en 2009. Depuis, plusieurs centaines de dossiers de naturalisation s’accumulent au Ministère de
la Justice, sans décision, la plupart d’entre eux étant devenus obsolètes et nécessitant une actualisation9.
Tableau 3. Nombre des personnes naturalisées Malagasy depuis l’introduction du Code
de la nationalité malagasy, le 26 juin 1960, jusqu’en 1997*
Nationalité d’origine présumée
(déduite à partir du nom de famille)11 Nombre de décrets de naturalisation pris
Malagasy 27
Européenne 107
Indienne 743
Chinoise 722
Source : Service des naturalisations. Ministère de la Justice.
(*) A partir de 1997, la quasi-totalité des demandes sont restées sans suite puisqu’une seule naturalisation a été
accordée.10
Selon les membres du GTTN, le code de la nationalité est en cours de réforme, afin de mieux l’adapter aux
conventions internationales. Il a également été question d’interdire la double nationalité. Ceci permettrait
d’éviter que des Franco-Malagasy rentrent dans le pays en tant que Malagasy et en ressortent en tant que
Français, ce qui rend plus malaisé l’analyse des passages de frontière puisque les entrées et sorties d’un
même individu ne peuvent être mises ensemble.
7 En réunion du GTTN, il a été affirmé que comme ceci n’est jamais vérifié, la double nationalité est acceptée de fait.
8 D
epuis 2009, des demandes de renonciation à la nationalité malagasy ont été introduites par des personnes voulant
solliciter la nationalité d’un pays qui ne reconnait pas la double nationalité et qui doivent donc préalablement renoncer
à leur nationalité malagasy pour postuler (Inde, Chine, autres pays d’Asie et d’ex URSS).
9 S elon le service des naturalisations au Ministère de la Justice, il y a entre 50 et 100 nouvelles demandes de naturalisation
par an et ce nombre reste stable. Un seul dossier de naturalisation a été traité et accepté depuis 1997. Les autres dossiers
en attente n’ont pas été refusés pour autant, ils n’ont tout simplement pas été traités.
10
38 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Selon la loi, les personnes de nationalité indéterminée sont considérées comme apatrides mais il semble
que cette règle ne soit pas appliquée, puisque la DIE a délivré des cartes de « nationalité indéterminée »
aux personnes dont la nationalité est inconnue, pour ceux qui se sont manifestés.
Principaux textes internationaux ratifiés par Madagascar :
1963 : Convention Internationale pour la répression de la Traite des femmes et des enfants
1997 : C onvention 144 de l’OIT sur les consultations tripartites relatives aux normes internationales du
travail
2000 : Convention 138 de l’OIT sur l’âge minimum d’admission à l’emploi (15 ans à Madagascar)
2001 : C onvention 97 de l’OIT sur les travailleurs migrants, mais a exclu les dispositions de l’Annexe III,
relative à l’importation des effets personnels, outils et équipement des travailleurs migrants.
2009 : P rotocole additionnel à la Convention contre la criminalité transnationale organisée visant à
prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants
2013 : L a Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des
membres de leur famille de 1990
Accords bilatéraux
8 mai 1967 : C
onvention générale de sécurité sociale entre le Gouvernement de la République française
et le Gouvernement de la République Malgache.
8 novembre 1969 : A
ccord complémentaire à la convention de sécurité sociale franco malgache du 8
mai 1967 relatif au régime de sécurité sociale des marins. Fait à Antananarivo.
4 août 1973 : A
ccords de coopération entre le Gouvernement de la République Française et le
Gouvernement de la République Malgache, signés à Paris et de l’échange de lettres
concernant le maintien en vigueur d’accords franco-malgaches.
E n cours de préparation : Accord entre le gouvernement du Royaume de l’Arabie Saoudite et le
gouvernement de la République de Madagascar relatif à la migration des travailleurs domestiques.
A.2.3 : Les passages aux frontières et les flux de migration internationale
Les données statistiques relevées à partir des cartes de débarquement et embarquement, remplies
par les nouveaux arrivés ou ceux qui partent, distinguent les résidents des non-résidents et les distribuent
selon leur pays de nationalité. Le tableau 4 propose ces statistiques pour le seul aéroport international
d’Antananarivo, situé à Ivato.
Bien que l’on observe des entrées sur le territoire national à partir d’autres aéroports régionaux, c’est
par Ivato qu’entrent et sortent la très grande majorité des touristes et des migrants internationaux. Une
extrême prudence s’impose dans l’interprétation de ces chiffres car ils se basent sur la déclaration des
intéressés, même si un contrôle est opéré de la part des autorités en charge du contrôle des frontières,
la PAF. Selon ces statistiques, le solde des entrées moins les sorties serait négatif pour les Malagasy, mais
également, et même plus largement pour les étrangers résidant à Madagascar. Les visiteurs étrangers
non-résidents, principalement des touristes et des hommes d’affaires, présentent également un solde
négatif alors que, pour eux, un bilan nul serait attendu. Les chiffres relatifs aux Français sont largement
problématiques, puisque le nombre d’entrée de résidents dépasse le nombre total pour toutes les
nationalités confondues. Par ailleurs, on notera un déséquilibre flagrant entre les entrées et sorties de
résidents et non-résidents.
11 Il peut y avoir des apatrides parmi ces personnes car la nationalité d’origine n’est pas connue.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 39
Tableau 4. Statistiques relatives aux passages des frontières à l’aéroport d’Ivato des
années 2007 à 2012. Entrées et sorties selon le pays de nationalité et la distinction entre
résidents et non-résidents.
Entrées Entrées Sorties
Pays de de de non- Sorties de de non- Solde Solde non- Solde
nationalité résidents résidents résidents résidents résidents résidents total
Malagasy 396 295 404 014 -7 719
Total 209 537 631 274 219 982 635 722 -10 445 -4 448 -14 893
ETRANGER
France 78 250 268 111 224 676* 211 134 -146 426 56 977 -89 449
Maurice 5 618 16 922 6 630 15 688 -1 012 1 234 222
Italie 2 902 18 408 6 521 16 374 -3 619 2 034 -1 585
Chine 8 484 14 140 11 542 9 228 -3 058 4 912 1 854
Etats-Unis 3 450 14 048 3 401 14 987 49 -939 -890
d’Amérique
Afrique du Sud 3 319 14 775 3 506 14 214 -187 561 374
Royaume-Uni 1 612 16 467 2 174 14 684 -562 1 783 1 221
Inde 5 569 7 170 6 320 10 787 -751 -3 617 -4 368
Allemagne 1 975 11 498 1 982 11 532 -7 -34 -41
Belgique 2 235 9 658 2 309 9 810 -74 -152 -226
Suisse 1 298 7 623 2 121 8 990 -823 -1 367 -2 190
Comores 1 188 8 272 2 041 7 733 -853 539 -314
Canada 3 533 6 341 3 419 4 536 114 1 805 1 919
Japon 1 049 6 072 1 573 5 824 -524 248 -276
Sri Lanka 2 106 3 561 2 630 5 418 -524 -1 857 -2 381
Source : DRCIE / PAF.
(*) Cette valeur est manifestement erronée puisqu’elle est supérieure au total de 219.982 incluant toutes les
nationalités.
Une partie de ces discordances pourrait s’expliquer par le fait que certaines personnes rentrent à
Madagascar comme étant non-résidents alors qu’ils en sortent comme résidents, une situatio.n qui
nécessite une investigation particulière. On notera, enfin, que pour de nombreux étrangers tels que les
Chinois, Mauriciens, Italiens, Sud-africains et Britanniques, le bilan des entrées-sorties des résidents est
négatif alors que celui des non-résidents est positif. Ceci pourrait indiquer que le séjour de ces étrangers
sur le sol malagasy est devenu plus temporaire. Enfin, les bilans relatifs aux Indiens sont différents et
négatifs, ceci pouvant signifier un moindre attrait de Madagascar pour cette nationalité d’ancienne
immigration. Mais on ne saurait trop le répéter, ces données de passages de frontière sont d’une fiabilité
toute relative et seule l’évolution temporelle des entrées proposée sur la graphique 7 peut apporter des
informations intéressantes : une variation du nombre de visiteurs en étroit parallèle avec la situation
politique du pays et une diminution marquée notamment en 2002 et 2009.
40 Migration à Madagascar: Profil National 2013
40000
20000
0
1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000
Graphique 7. Evolution du nombre de visiteurs (non-immigrants) enregistrés à
Madagascar depuis 1997 selon les statistiques des passages de frontières.
400000
350000
300000
250000
200000
150000
100000
50000
0
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Source : M
inistère du Tourisme - Service de statistiques – Direction du système d’information, Statistiques du
Tourisme 1997-2012, 3p.
A.2.4 : Les flux de migration internationale de la population étrangère
L’utilisation de la base de données des visas permet d’identifier les immigrants et émigrants étrangers
sur la base des dates de délivrance des premiers visas et des dates d’expiration des visas non renouvelés. Le
tableau 5 présente ces résultats par nationalité, séparément par sexe et pour les années 2011 et 2012. Les
taux de migration nette (nombre d’immigrants
5%
18%
moins celui des émigrants, divisé par la population totale
relative à cette nationalité) et taux de migration totale (nombre d’immigrants plus celui des émigrants,
0-4 ans
divisé par la population totale relative à cette nationalité) permettent de caractériser le sens et l’intensité
des mouvements migratoires par 15% 9%
nationalité. 5-14 ans 15%
15-59 ans
50%
61% 27%
60 ans et plus
60
50
40
30
20
10 Migration à Madagascar: Profil National 2013 41
0
d-Africaine
omorienne
Américaine
Guinéenne
Indienne
akistanaise
Chinoise
Sri lankaise
auricienne
haïlandaise
Belge
Coréenne
Suisse
Philippine
Britannique
Tous
anadienne
Allemande
Française
Italienne
Tableau 5. Nombre d’immigrants et d’émigrants de nationalité étrangère à Madagascar
pendant les années 2011 et 2012 et bilan migratoire selon le pays de nationalité
2011 2012 Bilan migratoire Taux de
Nationalité IMMI* EMI** IMMI* EMI** 2011-2012 migration nette***
Française 1 887 629 1 114 1 129 1 243 19,6 %
Chinoise 1 355 646 1 038 590 1 157 27,5 %
Indienne 291 131 241 134 267 24,5 %
Américaine 467 87 221 291 310 57,5 %
Comorienne 380 231 241 542 -152 -29,0 %
Sri Lankais 50 48 121 19 104 25,6 %
Italienne 73 35 76 59 55 14,1 %
Guinéenne 98 12 79 16 149 39,3 %
Mauricienne 66 81 46 56 -25 -6,8 %
Philippine 383 399 160 596 -452 -142,6 %
Belge 111 35 51 58 69 26,2 %
Sud-Africaine 178 102 58 95 39 17,4 %
Pakistanaise 56 19 76 22 91 40,8 %
Canadienne 106 116 34 111 -87 -42,6 %
Britannique 92 33 45 70 34 18,9 %
Suisse 56 17 29 48 20 11,3 %
Thaïlandaise 470 200 14 735 -451 -263,7 %
Coréenne 38 78 25 46 -61 -43,6 %
Allemande 59 26 30 49 14 10,2 %
Japonaise 76 15 32 39 54 56,3 %
Russe 57 5 45 30 67 70,5 %
Camerounaise 27 22 48 52 1 1,1 %
Autres nationalités 638 227 375 422 364 21,0 %
Total 7 014 3 194 4 199 5 209 2 810 15,6 %
Source : Calculs des auteurs à partir de la base de données regroupant toutes les données sur les visas.
* Immigration.
** Emigration.
*** Le taux de migration nette correspond au rapport entre le bilan migratoire (immigrations – émigrations) et
l’effectif de la population concernée.
Les chiffres du tableau 5 font état d’un gain pour la population étrangère par migration internationale
de près de 3 000 personnes et ce sont les Français et les Chinois qui y contribuent le plus largement, à
l’inverse des Philippins et des Thaïlandais dont le bilan migratoire est négatif. Le taux de migration nette,
qui tient compte de l’importance de la population déjà en place, est nettement positif pour les Russes,
les Américains et les Japonais, mais aussi pour les Pakistanais et les Guinéens. Pour les taux négatifs, les
Thaïlandais et les Philippins se démarquent très nettement.
Ces mêmes données sur les visas fournissent des détails intéressants sur l’âge des migrants (tableau 6).
Ces chiffres confirment que les flux migratoires sont positifs pour tous les âges, mais bien plus favorables
pour les jeunes générations.
42 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 6. Nombre d’immigrants et d’émigrants étrangers pendant les années 2011 et
2012 et bilan et efficience migratoires selon la décennie de naissance
Groupes d’années 2011 2012 Bilan migratoire Efficience
de naissance IMMI EMI IMMI EMI 2011-2012 migratoire (en %)*
Avant 1930 59 31 32 57 3 1,7
1940-1949 302 152 191 233 108 12,3
1950-1959 805 355 478 542 386 17,7
1960-1969 1 387 733 731 1 031 354 9,1
1970-1979 1 607 980 888 1 269 246 5,2
1980-1989 1 892 865 1 226 1 564 689 12,4
1990-1999 503 47 393 281 568 46,4
2000 et après 464 31 260 232 461 46,7
Total 7 014 3 194 4 199 5 209 2 810 14,3
Age moyen 34,8 38,0 34,0 35,4
Source: Calculs des auteurs à partir des différentes bases de données administratives relatives aux visas.
(*) L’efficience migratoire rapporte le bilan migratoire au volume total des immigrations et émigrations.
L’âge moyen des immigrants (34,5) est quelque peu inférieur à celui des émigrants (36,4). Parmi les
motifs d’immigration présentés au tableau 7, les visas de courtoisie émergent avec ceux délivrés aux
travailleurs et aux investisseurs. On notera la faible part relative aux immigrations par regroupement
familial, en ce compris ceux liés aux mariages mixtes, et les chiffres relativement significatifs pour les
retraités et les missionnaires et autres religieux.
Tableau 7. Nombre d’immigrants des années 2011 et 2012 selon le motif de séjour
2011 2012 Répartition proportionnelle
Visa de courtoisie 2 481 1 116 32,1 %
Travailleur 1 947 922 25,6 %
Investisseur & Entreprise individuelle 1 064 968 18,1 %
Regroupement Familial 527 455 8,8 %
Etudiant 405 261 5,9 %
Missionnaire & Religieux 206 173 3,4 %
Retraité 223 177 3,6 %
Visa diplomatique 161 127 2,6 %
Total 7 014 4 199 100,0 %
Source: Calculs des auteurs à partir des différentes bases de données administratives relatives aux visas.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 43
A.2.5 : La population étrangère actuelle et ses caractéristiques
En ce qui concerne la situation actuelle et les données statistiques courantes sur la population étrangère
à Madagascar, elles font particulièrement défaut. Comme expliqué plus haut, les bases de données des
différentes institutions délivrant les visas et permis de séjour permettent d’estimer le stock de la population
étrangère résidant dans le pays à un moment donné. Pour ce faire, on calcule le nombre de porteurs d’un permis
de résidence valable à la date choisie. En appliquant ces règles aux données de Madagascar, on dénombre au
1er janvier 2013 un total de 18.038 personnes étrangères (ne détenant pas la nationalité malagasy) porteuses
d’un permis de séjour valide. Le tableau 8 propose une distribution de ces porteurs de visa valide au 1er janvier
2013, par institution ayant délivré le visa et le pays de nationalité des porteurs.
Tableau 8. Distribution des visas valides au 1er janvier 2013 par pays de nationalité et
selon l’institution ayant délivré ou renouvelé le visa
Institution ayant délivré le permis de séjour
Nationalité DIE* SIE* EDBM** GUIDE** MAE*** Tous visas
Française 2 960 215 1 826 145 1 206 6 352
Chinoise 496 152 3 017 112 427 4 204
Indienne 474 85 483 10 36 1 088
Américaine 86 0 46 0 407 539
Comorienne 494 3 9 0 19 525
Sri Lankaise 19 11 367 9 0 406
Italienne 195 12 133 18 32 390
Guinéenne 30 56 262 20 11 379
Mauricienne 72 10 251 27 10 370
Philippine 62 0 254 0 1 317
Belge 98 0 84 2 79 263
Sud-Africaine 38 0 164 4 18 224
Pakistanaise 57 7 154 5 0 223
Canadienne 39 3 134 0 28 204
Britannique 55 6 52 1 66 180
Suisse 87 7 34 3 46 177
Thaïlandaise 19 5 129 11 7 171
Coréenne 41 4 79 4 12 140
Autres nationalités 573 93 513 24 546 1 749
Total 5 956 674 8 018 401 2 989 18 038
Source : Calculs des auteurs à partir des différentes bases de données administratives notées sous le tableau.
* L a Direction de l’Immigration et de l’Emigration (DIE) instruit les dossiers de la majorité des visas de séjour. Cette
institution a été précédée par le Service de l’Immigration et de l’Emigration (SIE) qui a instruit les dossiers de visas
respectivement avant 2007.
** E DBM (Economic Development Board of Madagascar) est l’autre entité qui instruit les dossiers de visas (surtout
les investisseurs et leurs regroupements familiaux). Cette institution a succédé au Guichet Unique pour le
Développement Economique (GUIDE) qui a instruit les dossiers de visas entre 2001 et 2007.
*** Le Ministère des Affaires Etrangères (MAE) délivre les visas diplomatiques et les visas de service ou de courtoisie.
44 Migration à Madagascar: Profil National 2013
La distribution de la population étrangère, ainsi identifiée à partir des permis de séjour valides, peut
être comparée avec les estimations disponibles par ailleurs (tableau 9). L’origine de ces estimations
est la suivante :
• L ’INSTAT a fourni le détail de la population étrangère par nationalité au dernier recensement de 1993.
• D OCQUIER propose plusieurs bases de données sur son site internet [Link]
[Link]/. Dans le cadre d’un rapport réalisé en collaboration avec la Banque mondiale,
intitulé « A global assessment of human capital mobility: the role of non-OECD destinations » (Artuc
et al. 2013), on y trouve les données sur les stocks de migrants résidants dans 100 pays différents en
2000, dont Madagascar.
• L a Banque mondiale, de son côté, a mis en ligne une base de données donnant le même type
de données pour l’année 2007 (Banque mondiale, Base de données bilatérale sur les migrations
accessible à l’adresse [Link]/data-catalog/global-bilateral-migration-database)
• E nfin, le Consulat de France, dans un document intitulé « Caractéristiques de la Communauté
Française à Madagascar (2010) », propose également des estimations relatives à la présence
étrangère à Madagascar.
Tableau 9. Diverses estimations de population étrangère par pays de nationalité entre
1993 et 2013, selon différentes sources
INSTAT Banque Consulat de Permis de
Recensement de Docquier Mondiale France* séjour valides
Nationalité 1993 (2000) (2007) (2010) (2013)
France 5 489 7 905 12 365 23 065 6 352
Comores 2 970 2 298 6 692 30 000 525
Chine 1 516 1 498 3 417 50 000 4 204
Inde 2 367 2 173 5 331 20 000 1 088
Italie 127 237 288 647 390
Suisse 84 155 189 418 177
Belgique 42 86 95 400 263
Royaume-Uni 84 123 194 380 180
Allemagne 142 225 320 285 137
Etats-Unis
92 85 207 n.d. 539
d’Amérique
Sri Lanka n.d. 0 n.d. n.d. 406
Guinée n.d. 6 n.d. n.d. 379
Algérie 1 592 1 972 3 586 n.d. 33
Fédération de
66 83 160 n.d. 95
Russie
Maurice 168 293 378 n.d. 370
Philippines n.d. 4 n.d. n.d. 317
Afrique du Sud 33 33 n.d. n.d. 224
Pakistan 1 212 1 591 2 728 n.d. 223
Canada 58 92 133 n.d. 204
Autres pays 2 432 962 1 679 n.d. 1 932
Total 18 474 19 821 37 762 120 000 et plus 18 038
*C
onsulat de France (2010), document intitulé « Caractéristiques de la Communauté Française à Madagascar
(2010) ».
Migration à Madagascar: Profil National 2013 45
Beaucoup de précautions s’imposent pour interpréter ces chiffres qui convergent sur certains points,
mais diffèrent largement sur d’autres, tel que celui relatif au nombre total d’étrangers vivant sur le sol
malagasy. S’il est vrai que la base de données des permis de séjour peut surestimer le nombre d’étrangers
vivant effectivement sur le territoire national, parce que certains étrangers ayant un permis encore valide
pourraient avoir déjà quitté le pays, les risques de sous-estimation sont nettement plus réels. Les raisons
potentielles pour rendre compte d’une telle sous-estimation sont au nombre de trois :
1) t out d’abord, il y a la présence irrégulière lorsqu’un étranger a dépassé la limite de validité de son
permis de séjour et prolonge son séjour dans le pays sans avoir demandé le renouvellement de ce
permis ;
2) ensuite, on note l’existence d’une population dite « sans nationalité », sans pour autant qu’elle soit
couverte par le statut d’apatride, ce qui la rend difficilement dénombrable ;
3) enfin, il ressort des différents entretiens en marge du développement de ce Profil Migratoire que de
nombreux enfants d’anciens immigrants chinois, comoriens ou indiens ou d’ex-colons français ne soient
pas porteurs d’un permis de résidence, sans que pour autant ils n’aient acquis la nationalité malagasy.
Les estimations fournies par l’INSTAT sur la base du recensement de 1993 et par Docquier, pour 2000, sont
du même ordre de grandeur que celles obtenues à partir des permis de séjour valides au 1er janvier 2013.
Néanmoins, cette similitude cache des différences importantes. Les plus flagrantes touchent la communauté
chinoise,qui est vraisemblablement largement sous-estimée par les différentes sources, exceptées selon
l’estimation du Consulat de France. La base de données des visas fournit pour 2013 une estimation
supérieure à celle du recensement de 1993 et celle proposée par Docquier, ce qui pourrait s’expliquer par
l’importance de l’immigration chinoise récente. A l’inverse, les chiffres relatifs aux communautés indienne et
comorienne sont plus faibles sur la base des visas. Ceci est probablement lié à l’ancienneté de l’immigration
au sein de ces communautés. En outre, une part non négligeable de ces Indiens et Comoriens ne détiennent
probablement pas de permis de séjour en bonne et due forme qui soit délivré par les autorités malagasy.
Enfin, la situation des Algériens et des Pakistanais mériterait d’être clarifiée.
Somme toute, le chiffre de 30 000 ressortissants constitue une estimation assez réaliste de l’importance
de la population étrangère à Madagascar en 2013.
Parmi la population étrangère résident à Madagascar l’UNHCR permet de connaître le nombre de réfugiés
et demandeurs d’asile à Madagascar11. Ceux-ci sont en nombre très restreint puisque l’on compte un total
de 10 réfugiés (deux Pakistanais et quatre Pakistanaises, un Rwandais, un Ethiopien, un Palestinien et un
venant de la République Démocratique du Congo) et un seul demandeur d’asile de nationalité ivoirienne.
Les tableaux 10 à 13 donnent plus de détails sur l’évolution récente et les caractéristiques par âge,
sexe, nationalité et raison du séjour relatives à la population étrangère à Madagascar identifiée sur la base
des permis de séjour. Par rapport à 2011, les chiffres de 2013 laissent apparaître une augmentation des
Français, Chinois, Indiens et Américains et une diminution des Comoriens et des Philippins (tableau 10).
On examinera avec un intérêt particulier les différences marquantes du rapport de masculinité selon les
pays de nationalité (tableau 11). Ainsi pour les Français on dénombre 396 hommes pour 100 femmes. Pour
toutes les nationalités, le nombre des hommes dépasse souvent largement le double de celui des femmes.
Ce déséquilibre est particulièrement manifeste pour les Sri Lankais, les Guinéens et les Philippins tandis que
pour les Mauriciens, Américains et Comoriens, les chiffres par sexe sont moins disproportionnés.
12 Le site internet du UNHCR ([Link] a été visité le 18 Octobre 2013.
46 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 10. Nombre de personnes ayant un permis de séjour valide au 1er janvier des années
2011, 2012 et 2013 par pays de nationalité (par ordre de taille décroissante en 2013)
Nationalité 2011 2012 2013
Française 5 102 6 363 6 352
Chinoise 3 056 3 756 4 204
Indienne 820 979 1 088
Américaine 236 610 539
Comorienne 678 826 525
Sri Lankaise 302 304 406
Italienne 335 374 390
Guinéenne 230 316 379
Mauricienne 395 380 370
Philippine 768 752 317
Belge 192 268 263
Sud-Africaine 191 261 224
Pakistanaise 132 169 223
Canadienne 292 284 204
Autres nationalités 2 511 3 401 2 554
Total 15 240 19 043 18 038
Source : Calculs des auteurs à partir de la base de données regroupant toutes les données sur les visas.
Tableau 11. Nombre de personnes ayant un permis de séjour valide au 1er janvier 2013 par
groupe d’âges et rapport de masculinité*
* Le rapport de masculinité correspond au nombre d’hommes pour 100 femmes.
Moins 70 et Rapport de
Nationalité de 20 20-29 30-39 40-49 50-59 60-69 plus Total masculinité*
Française 430 453 702 1 203 1 326 1 601 635 6 350 396
Chinoise 119 1 103 1 095 1 170 559 125 33 4 204 295
Indienne 49 331 288 234 124 44 18 1 088 245
Américaine 84 209 92 58 58 31 7 539 222
Comorienne 12 439 42 15 10 3 3 524 274
Sri Lankaise 1 71 115 138 71 9 1 406 8 020
Italienne 4 27 40 88 100 84 47 390 331
Guinéenne 15 76 151 110 26 1 0 379 651
Mauricienne 9 41 102 130 64 20 4 370 221
Philippine 2 39 123 116 33 4 0 317 545
Belge 29 15 35 51 64 47 22 263 534
Sud-Africaine 4 21 50 63 65 21 0 224 428
Pakistanaise 5 44 90 53 21 8 2 223 374
Canadienne 9 16 36 37 68 30 8 204 329
Autres nationalités 185 344 608 619 475 229 93 2 553 279
Total 957 3 229 3 569 4 085 3 064 2 257 873 18 034 337
Source : Calculs des auteurs à partir de la base de données regroupant toutes les données sur les visas.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 47
Ces différences traduisent des situations très différentes notamment quant au motif de séjour à
Madagascar, ce que montrent les données du tableau 12. On y note l’importance des Comoriens pour
motif d’études, celui des Français et Italiens parmi les missionnaires et religieux, le nombre relativement
plus grand des investisseurs parmi les ressortissants Sri Lankais et Guinéens et, dans une mesure moindre,
les Chinois et les Français et, enfin, la prédominance des Français et des Italiens parmi les retraités.
Tableau 12. Nombre de personnes détenant un permis de séjour valide au 1er janvier
2013 selon le motif du séjour, par nationalité
Diplomatique
entrepreneur
ment familial
Missionnaire
Nationalité
Investisseur
& religieux
Travailleur
Courtoisie
Regroupe-
Etudiant
Retraité
Visa de
Total
Visa
ou
Française 1 169 36 43 757 1 348 189 1 574 1 234 6 350
Chinoise 403 24 17 1 214 1 971 3 570 2 4 204
Indienne 28 8 11 348 170 95 427 1 1 088
Américaine 330 77 5 36 15 54 20 2 539
Comorienne 11 8 480 6 4 1 11 3 524
Sri Lankais 0 0 0 18 373 2 13 0 406
Italienne 32 0 0 22 131 117 53 35 390
Guinéenne 11 0 1 5 311 3 48 0 379
Mauricienne 10 0 5 182 64 12 95 2 370
Philippine 1 0 0 305 0 6 5 0 317
Belge 74 5 0 32 57 4 61 30 263
Sud-Africaine 13 5 0 143 25 13 23 2 224
Pakistanaise 0 0 3 39 106 17 58 0 223
Canadienne 28 0 0 110 12 24 29 1 204
Autres nationalités 608 108 50 434 521 344 425 63 2 553
Total 2 718 271 615 3 651 5 108 884 3 412 1 375 18 034
Source : Calculs des auteurs à partir de la base de données regroupant toutes les données sur les visas.
48 Migration à Madagascar: Profil National 2013
400000
200000
350000
150000
300000
100000
250000
50000
200000
0
La structure par150000
grand groupe
1997 1998 d’âges de2001
1999 2000 la population
2002 2003 2004étrangère peut2008être
2005 2006 2007 2009comparée à celle de la
2010 2011 2012
population malagasy lors du recensement de 1993 (graphique 8). Les enfants de moins de 15 ans sont
100000
en nombre relativement deux fois moindre parmi la population étrangère alors que les aînés de plus de
65 ans sont trois fois50000
plus importants parmi la population étrangère.
0
Graphique 8. Structure1997
par1998grands groupes
1999 2000 2001 2002 d’âges
2003 2004 des
2005 étrangers
2006 2007 2008(cercle
2009 2010 intérieur)
2011 2012
comparés aux Malagasy (cercle extérieur), au recensement de 1993
5%
18%
0-4 ans
15% 9%
15%
5-14 ans
5%
18% 15-59 ans
50% 0-4 ans
61% 27%
60 ans et plus
15% 9%
15%
5-14 ans
15-59 ans
50%
61% 27%
Source : INSTAT, RGPH 1993. 60 ans et plus
La comparaison des âges moyens par nationalité en 2013, proposée sur le graphique 9 à partir des
données des visas, laisse apparaître des différences allant quasi du simple au double. Les Comoriens
sont les plus jeunes avec un âge moyen de moins de 30 ans devant les Chinois et les Indiens, alors que
les Français et autres Européens présentent une structure par âge nettement plus vieillie, les Italiens
dépassant même 50 ans,60 en moyenne.
50
Graphique 9. Age moyen
40
des personnes ayant un permis de séjour valide au 1er janvier
2013 pour les principaux pays de nationalité
30
20
60
10
50
0
40
Sud-Africaine
Comorienne
Américaine
Guinéenne
Indienne
Pakistanaise
Chinoise
Sri lankaise
Mauricienne
Thaïlandaise
Philippine
Britannique
Tous
Belge
Coréenne
Canadienne
Allemande
Française
Suisse
Italienne
30
20
10
0
Sud-Africaine
Comorienne
Américaine
Guinéenne
Indienne
Pakistanaise
Chinoise
Sri lankaise
Mauricienne
Thaïlandaise
Philippine
Britannique
Tous
Belge
Coréenne
Canadienne
Allemande
Française
Suisse
Italienne
Source : Calculs des auteurs à partir de la base de données regroupant toutes les données sur les visas.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 49
Parmi les étrangers détenant un permis de séjour valide au 1er janvier 2013 (tableau 13), un étranger
sur sept détient un permis permanent. Comme le montre les données du tableau 23, 60 % de ces visas
permanents ont été attribués depuis 2010. Par comparaison au nombre de permis de séjour valides au 1er
janvier, ces porteurs d’un visa permanent sont relativement plus importants parmi les Indiens, les Chinois
et les Pakistanais, ils le sont moins parmi les Belges, les Mauriciens, les Coréens et les autres nationalités.
Tableau 13. Nombre de personnes détenant un permis de séjour permanent au 1er
janvier 2013 selon la période d’attribution et les principales nationalités. Proportion de
visas permanents par rapport à l’ensemble des visas valides au 1er janvier 2013
Nombre de Nombre de Nombre Ensemble des Proportion de
permis permis total de permis valides porteurs d’un
permanents permanents issus permis au 1er janvier permis
Nationalité issus avant 2010 depuis 2010 permanents 2013 permanent
Française 305 615 920 6 532 14,1 %
Chinoise 341 502 843 4 204 20,1 %
Indienne 150 153 303 1 088 27,8 %
Guinéenne 22 45 67 379 17,7 %
Italienne 18 52 70 390 17,9 %
Mauricienne 14 29 43 370 11,6 %
Pakistanaise 10 33 43 223 19,3 %
Suisse 9 14 23 177 13,0 %
Coréenne 4 13 17 140 12,1 %
Belge 1 21 22 263 8,4 %
Autres
113 156 269 4 272 6,3 %
nationalités
Total 987 1 633 2 620 18 038 14,5 %
Source : Calculs des auteurs à partir de la base de données regroupant toutes les données sur les visas.
Quelques résultats intéressants peuvent être extraits de l’enquête EPSTV99 (Razafindrakoto et Roubaud
1999). Selon les auteurs du rapport final, le statut social des étrangers présents dans le pays remet en
question l’idée fausse largement véhiculée par les médias, selon laquelle Madagascar tendrait à devenir un
sanctuaire pour les individus en difficulté dans leur pays d’origine. En fait, les résidents étrangers sont en
moyenne non seulement mieux dotés que les Malagasy, mais aussi, ils forment une population relativement
privilégiée par rapport à la population du pays de provenance. Qui plus est, il apparaît que, dans leur grande
majorité, les étrangers réussissent bien leur insertion professionnelle à Madagascar puisque 90 % des
étrangers occupent le haut de la hiérarchie sociale, avec une prédilection pour les postes de direction dans
des entreprises dont ils sont le plus souvent les investigateurs. De façon générale, le séjour à Madagascar
semble profitable aux étrangers qui y suivent une mobilité sociale ascendante selon la même enquête. Le
tableau 38 (Annexe 8) présente quelques résultats de l’enquête EPSTV99, afin de caractériser la population
étrangère selon le motif de leur présence à Madagascar et par nationalité, en distinguant les intéressés
selon leur statut d’activité.
50 Migration à Madagascar: Profil National 2013
A.2.6 : Le cas particulier des ressortissants français
Le registre du Consulat de France à Madagascar donne un éclairage très intéressant sur la population de
nationalité étrangère résidant sur la Grande Île. Certes, la complétude de ce registre n’est pas exhaustive et
les autorités françaises estime qu’un quart des personnes de nationalité française ne sont pas enregistrées
au Consulat, notamment celles qui ne résident pas dans les principales villes du pays. Il est fort probable
que ce taux d’enregistrement soit plus faible pour les Franco-Malagasy qui, lorsqu’ils sont dans leur pays
d’origine, se perçoivent avant tout comme étant Malagasy.
Parmi les 18 867 personnes enregistrées et non radiées à la date du 1er janvier 2010, un quart sont
des Français nés en France et ne possédant pas la nationalité malagasy tandis que près de la moitié sont
des Franco-Malagasy nés à Madagascar, ce qui signifie qu’ils sont des Malagasy de naissance qui ont
été naturalisés français (tableau 14). Enfin, un cinquième des personnes sont des citoyens français né à
Madagascar et ne détenant pas la nationalité malagasy. Nous considérerons ces trois groupes dans les
analyses ultérieures. La proportion des double-nationaux dépasse la moitié, de telle sorte que dans des
tableaux statistiques basés sur la nationalité (principale), seulement 8 913 Français doivent être considérés.
Les secondes nationalités reportées sont en large majorité la nationalité malagasy (94 %) et parmi les
autres, on trouve 2 % d’Indiens et 0,5 % de Pakistanais (tableau 39 de l’Annexe 8).
Tableau 14. Répartition croisée des personnes inscrites sur les registres consulaires de la
France à Madagascar en 2010, selon leur nationalité et leur pays de naissance
Franco- Citoyens français Français avec double
Malagasy uniquement nationalité non Malagasy Total
Né en France 4,2 % 25,6 % 0,3 % 30,1 %
Né à Madagascar 45,5 % 19,1 % 1,7 % 66,3 %
Né ailleurs 0,2 % 2,5 % 0,9 % 3,6 %
Total 49,9 % 47,2 % 2,9 % 100,0 %
Source : Consulat de France à Antananarivo, registre consulaire.
Par âge et sexe, il y a des différences marquées sur les groupes concernés. Les moins de 15 ans
représentent la moitié des Français nés à Madagascar, alors qu’ils ne dépassent pas le tiers pour les autres
groupes (tableau 40 de l’Annexe 8). Les Français nés en France âgés de 15 à 64 ans sont caractérisés par un
nombre double d’hommes par comparaison à celui des femmes, tandis que les Français nés en France âgés
de 65 ans sont quatre fois plus nombreux que les femmes dans la même situation. Ces derniers chiffres
peuvent s’expliquer par le nombre de ‘vieux colons’, ou plus vraisemblablement, par celui de retraités
français préférant passer leurs vieux jours à Madagascar. La distribution par année d’arrivée à Madagascar
et celle par catégorie socio-professionnelle proposée au tableau 41 (annexe 8 confirment cela avec 78%
des Français né en France arrivés au cours de la dernière décennie et, parmi ceux-ci, 571 retraités (17,9%).
A.3 La diaspora malagasy
Les travaux sur la genèse et le développement des différentes vagues d’émigrations qui sont à la base
de la diaspora malagasy ont fait l’objet de nombreux travaux (Rakotomalala, 2009a et 2009b, Rakotonarivo,
2006 et 2008, Rakotondramanitra, 2009). Nous emprunterons à ces différents auteurs le bref historique
qui suit.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 51
A.3.1 : Historique de l’émigration malagasy
L’ère des relations des Malagasy avec l’étranger s’ouvre principalement avec la colonisation à Madagascar12
et voit les premiers départs de Malagasy vers l’Occident, et notamment la France. Dans l’histoire de
l’émigration internationale des Malagasy, plusieurs phases peuvent être distinguées, en fonction des projets
migratoires, des itinéraires et de la stratégie d’intégration au sein de la société d’accueil.
La première vague migratoire des Malagasy s’est effectuée vers la France pendant la première guerre
mondiale avec 40 000 « poilus » Malagasy enrôlés dans les combats au sein des troupes françaises. Entre les
deux guerres, on enregistre des migrations pour faire des études supérieures, un mouvement notamment
stimulé à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931. Les Malagasy qui émigrent à cette époque étaient
principalement des étudiants issus des classes aisées de la société malagasy, le plus souvent en lien avec les
colons, ou des fonctionnaires malagasy désireux de se perfectionner dans leurs domaines. L’immigration
en France était temporaire à l’époque, l’idée prédominante étant alors de venir y acquérir un savoir et des
techniques allant permettre aux intéressés d’occuper des postes à responsabilité à leur retour au pays.
La seconde guerre mondiale verra une nouvelle vague migratoire de tirailleurs et de gradés vers la France.
Certains devenus Français se sont installés en métropole. Ainsi, les débuts de la diaspora malagasy sont les
résultats de plusieurs flux de ce qui s’est avéré plus une émigration de savoir qu’une émigration de travail.
Contrairement aux migrants de l’Afrique et du Maghreb qui, à l’origine, se sont expatriés en masse pour
répondre à des besoins de main-d’œuvre des industries et des services des pays développés du nord, le
migrant Malagasy partait en Europe pour y acquérir une formation supérieure propre à satisfaire ses
aspirations sociales dans une société malagasy qui a traditionnellement toujours considéré le savoir comme
valeur essentielle.
A l’approche de l’indépendance, cette émigration d’étudiants et d’apprentis s’accompagne du départ de
jeunes nationalistes, exilés en France par le pouvoir colonial qui considère leur présence comme source
d’instabilité.́ Ces militants se voient ainsi contraints de poursuivre leurs études en métropole. Le contexte
politique tendu de l’époque incitait les parents des étudiants malagasy à privilégier la « réussite scolaire »
de leurs enfants et l’émigration vers la France était alors un passage obligé avant de revenir au pays. Ainsi,
les jeunes malagasy ne manifestaient qu’un intérêt minime pour l’intégration au sein de la société française.
L’émigration s’élargit au lendemain de la colonisation. Jusque-là réservée à des jeunes issus des familles
aisées de la société malagasy, le gouvernement permet à un plus large éventail de jeunes provenant de
régions diverses de Madagascar de poursuivre leurs études en France. La formation de ces derniers en
France, ainsi que leur retour à Madagascar avaient pour objectif d’atténuer le monopole tenu par les
jeunes issus des Hautes Terres dans l’occupation des postes importants de l’Etat. Dix années après la fin
de la colonie française, la situation sociale et économique à Madagascar se dégrade et une crise politique
éclate en 1972, sur fond de crise économique mondiale. Les premières années du socialisme dans le pays
se traduisent par la fermeture à l’Occident associée à des difficultés économiques grandissantes. Ces
circonstances vont changer radicalement les projets migratoires des étudiants en partance pour la France.
L’émigration devient le moyen qui permet de contourner les difficultés économiques et sociales rencontrées
au pays. Le souhait est donc pour ces migrants de s’installer, et de s’intégrer dans la société française, avec
laquelle ils cherchent à entretenir des liens plus étroits, contrairement aux premières générations d’émigrés.
A partir de 1990, face aux problèmes économiques qui s’aggravent au pays, les familles encouragent le
départ de leurs enfants vers la France et, au-delà vers d’autres pays européens. Emigrer, étudier à l’étranger
et s’y construire une situation professionnelle devient le mot d’ordre des parents. Partir est la condition
12 A
vant même la colonisation, des princes des différents royaumes de Madagascar ont été envoyé à l’étranger pour y
étudier et ce, plus particulièrement en Angleterre. De même, la mise en esclavage s’est traduite par des émigrations
forcées également avant la colonisation.
52 Migration à Madagascar: Profil National 2013
d’une vie meilleure, d’un meilleur niveau social, et le retour au pays ne fait plus partie du projet migratoire. A
côté́ de cette tradition d’immigration estudiantine des malagasy, la vague migratoire actuelle est caractérisée
par la venue en France de ressortissants malagasy pour le motif de regroupement familial : les membres
de la communauté malagasy déjà installés définitivement en France font venir leurs familles, et dans la
plupart des cas, celles-ci viennent pour s’installer durablement. De nos jours, contrairement à leurs parents,
ces jeunes malagasy ne placent pas en la France des idéaux intellectuels et humanistes. Ils y voient une
société qui leur ferme ses portes, synonyme de vie rapide, d’anonymat, de manque de solidarité́ et même
de racisme. Cependant, l’avenir sur la Grande Île étant assombri par les crises continuelles et les difficultés
perdurant de la vie économique, beaucoup de jeunes se résignent encore à rejoindre la France. Le départ est
plus difficile pour ces jeunes ; ils le savent définitif et l’intégration dans une société étrangère marquée de
plus en plus par l’individualisme et l’égoïsme devient plus difficile.
Majoritairement installée en France (métropole et DOM-TOM, à la Réunion en particulier), la diaspora
malagasy s’est également étendue en Allemagne, Suisse, Belgique, Italie et Norvège. Plus récemment, c’est
au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique, nouveaux espaces symboliques de succès, ou sur le continent
africain, que se développe cette diaspora.
A.3.2 : La diaspora malagasy de nos jours
La taille et les caractéristiques de cette diaspora sont mal connues, compte tenu de l’inexistence de
statistiques ou d’enquêtes les concernant. Ce constat constitue en soi une caractéristique de cette diaspora
considérée comme parfaitement intégrée aux yeux des pays d’accueil et sans problème. Les chiffres sont rares
et ceux dont on dispose varient largement. Ainsi, on trouve des estimations allant de « 25 000 ou 50 000 …
à 150 000 malagasy en France » (Rakotomalala, 2009b). Les différentes estimations disponibles à partir des
bases de données internationales montrent bien cette difficulté d’évaluer la taille de la diaspora (tableau 15).
Tableau 15. Estimation de l’importance de la présence malagasy à l’étranger selon
différentes bases de données
Pays d’accueil Docquier*(2000) OCDE**(2000) Banque mondiale***(2007)
Belgique 728 885 1 608
Canada 1 600 1865 2 363
Comores 3 551 618 10 401
Etats-Unis d’Amérique 1 517 1 127 1 496
France 22 285 69 396 54 841
Italie 340 1 031 1 279
Maurice 409 548 1 174
Norvège 303 316 551
Royaume-Uni 691 762 1 045
Suisse 702 838 1 102
Autres pays 3 152 1 194 3 951
Total 35 278 78 580 79 811
*A
rtuc E., Docquier F. , Ozden C. et Parsons Ch., (2013). A global asessment of human capital mobility: the role of
non-OECD destinations. Le site internet [Link] a été visité le 10 octobre 2013.
** O
CED Base de données sur le site internet [Link] visité
le 10 octobre 2013.
*** B
anque mondiale, Base de données bilatérale sur les migrations accessible à l’adresse [Link]/
data-catalog/global-bilateral-migration-database.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 53
Ces données peuvent être complétées par les données relatives à la diaspora malagasy vivant sur le
territoire de l’Union Européenne, chiffres compilés par Eurostat sur la base des données fournies par
les institutions statistiques des différents pays membres (tableau 16). Tous les indicateurs s’accordent
sur le fait que plus de la moitié de la diaspora malagasy est localisée en France. Les chiffres officiels du
recensement français de 2005 avançait un effectif de plus de 100 000 personnes nées à Madagascar
et résidant habituellement sur le sol français à cette date, en ce compris ceux des territoires des
TOM que sont Mayotte et La Réunion. Toutefois, ce chiffre sera revu à la baisse dans des statistiques
plus récentes puisqu’il est estimé en 2010 par l’INSEE à 46 309 natifs de Madagascar et vivant dans
la métropole alors que 17 638 malagasy sont dénombrés qui n’ont pas la nationalité française. La
différence entre ces deux estimations s’explique parce que, d’une part, des Français qui ne sont pas
d’origine malagasy sont nés à Madagascar, le plus souvent pendant la colonisation, et que la plupart
des malagasy vivant en France ont acquis la nationalité française.
Tableau 16. Différentes mesures de la présence malagasy au sein des principaux pays de
l’Union Européenne : données récentes
Premiers
Population par pays de Population par pays de permis
nationalité en 2011 naissance en 2011 de séjour Immigrations Emigrations
2008-2012
1998-2011
1998-2011
Hommes
Hommes
Femmes
Femmes
Total
Total
PAYS
Allemagne 1 108 457 651 n.d. n.d. n.d. 153 574 390
Autriche 31 5 26 63 15 48 6 64 31
Belgique 507 142 365 1 970 569 1 401 164 200 36
Danemark 25 6 19 53 21 32 30 32 9
Espagne 138 26 112 411 142 269 84 211 n.d.
France 18 135 6 788 11 347 107 223 45 424 61 800 12 796 1 527 n.d.
Grèce 42 17 25 n.d. n.d. n.d. 4 8 n.d.
Hongrie 10 2 8 33 15 18 8 12 n.d.
Italie 1 266 370 896 1 798 608 1 190 717 1 308 244
Luxembourg 11 1 10 39 12 27 18 55 9
Norvège 70 30 40 449 216 233 51 139 68
Pays Bas 20 4 16 175 73 102 0 34 5
Portugal 10 4 6 27 16 11 5 n.d. n.d.
République
27 18 9 28 17 11 14 20 2
Tchèque
Royaume n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. 420 230 n.d.
Uni
Suède 12 5 7 93 34 59 19 21 38
Suisse 577 220 357 1 613 596 1 017 27 1 148 9
Source : Base de données EUROSTAT.
54 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Les chiffres proposés par Docquier sur son site internet et proposés au tableau 17 donnent à penser
que la taille de la diaspora malagasy est en forte croissance mais tout comme la répartition selon les
pays, ces chiffres doivent être analysés avec beaucoup de prudence. Les statistiques basées sur la
nationalité sous-estiment largement la taille de la diaspora du fait des double-nationalités. Ceux par lieu
de naissance sont plus réalistes mais ils n’incluent pas la descendance née dans le pays d’accueil. Ainsi
tous les chiffres sous-évalue la dimension d’une diaspora qu’il n’est d’ailleurs pas facile de cerner dans
ses contours. Une seule chose paraît certaine, les malagasy de la diaspora doivent avoisiner la centaine
de mille et on peut penser que plus des trois quarts de celle-ci réside en France métropolitaine.
Tableau 17. Evolution de l’importance de la présence malagasy à l’étranger selon
Docquier (2013).
Pays de résidence 1990 2000
Afrique du Sud 115 167
Allemagne 168 355
Australie 127 148
Autres pays 380 670
Belgique 299 728
Canada 890 1 600
Comores 1 633 3 551
Côte d’Ivoire 333 398
Etats-Unis d’Amérique 614 1 517
France 13 753 22 285
Italie 197 340
Malawi 106 147
Maurice 18 409
Norvège 225 303
Royaume-Uni 331 691
Seychelles 3 298
Soudan 229 518
Suisse 483 702
Zimbabwe 349 451
Total 20 253 35 278
Source : Artuc E., Docquier F. , Ozden C. et Parsons Ch., (2013). A global assessment of human capital mobility: the
role of non-OECD destinations. Le site internet [Link] a été visité le 10
octobre 2013.
A.3.3 : La mobilité des jeunes et des professionnels malagasy
Poursuivre des études à l’étranger a, de tout temps, constitué un moteur pour l’émigration malagasy,
même si de nos jours les possibilités sont réduites a cause d’un contexte économique défavorable,
aussi bien à Madagascar qu’à l’échelle internationale. Les données du tableau 18 ventilent le nombre
de bourses attribuées au cours des années récentes, que ce soit par les pays étrangers ou par l’Etat
Malagasy. Ces chiffres restent, somme toute, assez faibles avec une part importante des Malagasy
poursuivant des études en France et en Chine et, dans une mesure moindre, au Maroc et en Indonésie.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 55
Tableau 18. Distribution des visas valides au 1er Janvier 2013 par pays de nationalité et
selon l’institution ayant délivré ou renouvelé le visa
Institution ayant delivré le permis de sejour MAE*** Tous visas
Nationalites
DIE* SIE* EDBM** GUIDE**
Française 2960 215 1826 145 1206 6352
Chinoise 496 152 3017 112 427 4204
Indienne 474 85 483 10 36 1088
Américaine 86 0 46 0 407 539
Comorienne 494 3 9 0 19 525
Sri Lankais 19 11 367 9 0 406
Italienne 195 12 133 18 32 390
Guinéenne 30 56 262 20 11 379
Mauricienne 72 10 251 27 10 370
Philippine 62 0 254 0 1 317
Belge 98 0 84 2 79 263
Sud-Africaine 38 0 164 4 18 224
Pakistanaise 57 7 154 5 0 223
Canadienne 39 3 134 0 28 204
Britannique 55 6 52 1 66 180
Suisse 87 7 34 3 46 177
Thaïlandaise 19 5 129 11 7 171
Coréenne 41 4 79 4 12 140
Autres nationalités 573 93 513 24 546 1749
Total 5956 674 8018 401 2989 18038
Source : CONABEX/Ministère de l’Enseignement Supérieuret de la Recherche Scientifique (MESUPRES).
* L a Direction de l’Immigration et de l’Emigration (DIE) instruit les dossiers de la majorité des visas de séjour.
Cette institution a été précédée par le Service de l’Immigration et de l’Emigration (SIE) qui ont instruit les
dossiers de visas respectivement de 1998 à 2006 et de 1970 à 1998.
** E DBM (Economic Development Board of Madagascar) est l’autre entité qui instruit les dossiers de visas
(surtout les investisseurs et leurs regroupements familiaux). Cette institution a succédé au Guichet Unique
pour le Développement Economique (GUIDE) qui a instruit les dossiers de visas entre 2001 et 2007.
Toutefois c’est le Ministère de l’Intérieur (MI) qui délivre les visas de long séjour de type économique
*** Le Ministère des Affaires Etrangères (MAE) délivre les visas diplomatiques et les visas de service ou de
courtoisie (cette base de données est informatisée depuis 2010).
La mobilité est inévitable dans le contexte actuel pour tous ces jeunes malagasy formés à l’étranger mais
aussi ceux restés sur place. Le tableau 19 en donne une illustration à partir des estimations du nombre de
médecins et infirmer(ère)s malagasy selon qu’ils exercent à Madagascar ou dans l’un des cinq pays de l’OCDE
où l’on trouve la plus grande partie de la diaspora. Pour interpréter ces chiffres, on considérera les prévisions
qui avaient été faites sur la base de la situation observée en 1975 par Andrianainarivelo et Randretsa (1985).
Selon leur scenario intermédiaire ‘variante II’, le nombre d’infirmiers nécessaires en 2000 aurait été de 2 947.
Au vu des chiffres, ces prévisions ont donc été réalisées et le surplus d’infirmiers malagasy reste à l’étranger.
Toutefois, ce nombre avait été prévu avec un taux constant d’un infirmier(ère) pour 4 750 habitants. En ce
qui concerne le nombre de médecins, les mêmes auteurs prévoyaient deux taux différents, le premier à
raison d’un médecin pour 11 600 habitants, situation observée en 1975, le second avec un médecin pour
5 000 habitants, valeur observée sur La Réunion à l’époque. Leurs prévisions des besoins en 2000 selon le
scenario intermédiaire étaient respectivement de 1 197 et 2 800 médecins exerçant à Madagascar.
Les chiffres de 2000 mettent en évidence le caractère critique de la situation puisque on comptait à
la même époque 1 428 médecins sur la Grande Île et près de mille exerçant leur profession à l’étranger.
Ainsi, même en rapatriant ceux pratiquant à l’étranger, les chiffres resteraient inférieurs au taux de
couverture médicale de La Réunion en 1975.
56 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Ces analyses nous rappellent l’importance de l’adequation entre l’offre et la demande sur le marché
du travail, afin d’eviter la « fuite des cerveaux » des jeunes et des professionnels malagasy, mais aussi
le sous emploi à Madagascar dans des secteurs clés du developpement tels que la santé.
Tableau 19. Médecins et infirmier(ière)s originaires de Madagascar qui exercent leur
profession dans quelques pays étrangers vers l’an 2000. Données de comparaison pour
l’ensemble des pays de l’Afrique sub-saharienne
Nombre de médecins Nombre d’infirmier(ère)s
Madagascar Afrique Sub-Saharienne Madagascar Afrique Sub-Saharienne
Nombre total 2 348 133 058 4 259 467 903
Ceux exerçant à Madagascar 1 428 96 405 3 088 414 605
Ceux exerçant à l’étranger*
France 878 4 199 1 096 4 297
Etats-Unis d’Amérique 30 8 558 43 19 545
Royaume-Uni 6 13 350 4 20 372
Belgique 6 696 17 2 294
Canada 0 2 800 10 1 690
Total pour ces 5 pays 920 36 653 1 171 53 298
Proportion dans ces 5 pays* 39 % 28 % 28 % 11 %
Source: Clemens et Pettersson (2006).
* L e nombre de médecins et infirmier(ière)s exerçant leur profession à l’étranger en dehors des 5 pays mentionnés est
considéré comme étant négligeable.
A.3.4 : Les transferts de fonds
Les transferts de fonds faits par les émigrants de la diaspora à leur famille restée au pays sont une
composante importante du processus migratoire. Le tableau 20 propose la répartition des fonds par pays
d’origine et confirme la place considérable de la diaspora en France avec trois quarts des envois de fonds,
loin devant les Etats-Unis d’Amérique et la Suisse. On notera ensuite en 4e position les transferts de fonds
en provenance du Liban, à mettre en relation avec les femmes domestiques malagasy dans ce pays.
Tableau 20. Remise de fonds par les Malagasy à l’étranger, selon le pays de provenance
(moyenne annuelle pour les années 2010, 2011 et 2012, en millions d’ariary)
Pays d’origine Entrée de fonds Pays d’origine (suite) Entrée de fonds
France 309 941 Côte d’Ivoire 773
Etats-Unis d’Amérique 37 570 Espagne 736
Suisse 17 318 Gabon 699
Liban 7 532 Koweït 679
Italie 5 712 Congo (RDC) 663
Royaume-Uni 5 333 Seychelles 585
Belgique 5 197 Luxembourg 572
Maurice 4 669 Réunion 564
Canada 3 927 Norvège 564
Allemagne 3 380 Emirats arabes unis 554
Japon 2 180 Fédération de Russie 535
Comores 1 634 Ouganda 527
Afrique du Sud 845 Autres pays 9 327
Chine 822 Total 422 839
Source : Calculs des auteurs à partir des données de la Banque Centrale de Madagascar.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 57
Les données du tableau 21 montre que les fonds sont transférés à part égale par Western Union et
les banques13, mais il n’y est pas fait mention des transferts faits en liquide ou les sommes rapportées au
pays lors des retours des expatriés. Compte tenu de l’importance de la population malagasy, ces remises
de fonds exprimées en dollars E.-U. n’atteignent pas le seuil de 10 dollars E.-U. par tête d’habitant, ce qui
est relativement faible par comparaison avec d’autres pays proches geographiquement comme l’Union
de Comores14. Toutefois, on notera une forte croissance dans les années récentes qui n’apparait pas dans
les données publiées par la Banque mondiale jusqu’en 2010 (2011a).
Tableau 21. Remise de fonds par années et moyen de transfert en million d’ariary
Valeur approximative en
Type de transfert Moyenne millions de US dollars
de fonds 2010 2011 2012 annuelle (1 dollar E.-U. = 2100 MGA)
Transfert par les banques 157 888 230 079 235 858 207 942 99,0
Transfert via Western Union 188 183 207 292 249 215 214 897 102,3
Total 346 071 437 371 485 073 422 839 201,3
Source : Banque Centrale de Madagascar.
A.3.5 : Autres groupes spécifiques d’émigrants
Le tableau 22 fait état du nombre d’adoption d’enfants malagasy par des étrangers avec une
moyenne annuelle relativement faible de 50 adoptions. La quasi-totalité des enfants malagasy quittent
le pays par ce biais.
Tableau 22. Nombre d’enfants adoptés ayant été autorisé à obtenir des documents de voyage,
2010-2012 (Nationalité des parents adopteurs: allemande, américaine, anglaise, belge, danoise, espagnole,
finlandaise, française, guinéenne, italienne, ivorienne, norvégienne, slovène, suédoise, suisse).
Années Total Garçons Filles
2010 47 18 29
2011 55 27 28
2012 56 32 24
Total 158 76 82
Source : M
inistère de la Sécurité Intérieure. Statistique des adoptions internationales (nombre d’enfants
adoptés ayant été autorisé à obtenir des documents de voyage) 2010-2012.
Le tableau 23 est spécifique au sujet des travailleurs et domestiques qui émigrent le plus souvent
vers les pays du Golfe et qui nécessite un certificat de moralité et un visa de sortie pour émigrer.
Les chiffres le démontrent, ce sont le Koweït, le Liban et Maurice qui attirent le plus ces travailleurs,
avec toutefois une différence nette selon le sexe. Les émigrants vers les deux premiers pays sont
exclusivement des femmes, tandis que les nombres de départ selon le sexe vers Maurice sont
équilibrés. Nous reviendrons sur les problèmes liés au respect des droits des émigrants malagasy dans
les pays du Golfe dans la dernière section de ce Profil Migratoire.
13 Y compris les transferts par Money Gram.
14 P
our l’Union des Comores, on estime le volume des remises de fonds en 2012 à 800 dollars E.-U. par tête d’habitants. Ce
montant élevé s’explique notamment par le fait qu’un quart de la population comorienne est expatriée.
58 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 23. Nombre de visas de sortie (2006-2012) délivrés aux travailleurs émigrants
par sexe et par pays de destination
Proportion de femmes Part relative à chaque
Pays Hommes Femmes (en %) pays (en %)
Arabie Saoudite 0 361 100 4,1
Dubaï 0 2 100 0,0
Egypte 108 0 0 1,2
France 2 23 84 0,2
Jordanie 132 221 58 5,8
Koweït 0 1 914 100 23,3
Liban 2 5 063 100 32,3
Maurice 1 417 1 019 51 25,4
Mayotte 34 2 4 0,3
Seychelles 203 533 63 6,6
Autres pays 6 118 95 0,8
Total 1 904 9 256 81 100,0
Source : MFPTLS (données fournies en octobre 2013).
Sous un angle particulier, l’émigration Malagasy à travers le monde peut être appréhendée à travers
les demandes d’asile faites par les malagasy dans des pays étrangers (tableau 24) et le nombre de
réfugiés politiques malagasy résidant à l’étranger (tableau 25).
Tableau 24. Demandes d’asile faites par des citoyens malagasy dans un pays étranger.
Total pour les années 2006 à 2012
Pays d’introduction Nombre Décisions Demandes Nombre total
de la demande d’applications positives rejetées de décisions*
France 1 001 151 870 1 053
Etats-Unis d’Amérique 20 10 7 32
Belgique 26 8 10 19
Canada 27 9 2 13
Italie 12 6 7 13
Suisse 10 4 9 13
Pologne 5 4 5
Nouvelle-Zélande 4 4 4
Suède 5 4 4
Allemagne 3 1 2 3
Liban 14 2 3
Autres pays 27 4 11 22
Total 1 154 197 928 1 184
Source: UNHCR, le site [Link]/statistics/populationdatabase a été visité le 18 octobre 2013.
(*) Ce nombre total comprend les demandes abandonnées par les intéressés en cours de procédure et inclut
des demandes introduites avant 2006, ce qui le rend supérieur au nombre de demandes faites pendant les
années considérées.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 59
Tableau 25. Nombre de réfugiés originaires de Madagascar selon leur pays de résidence
au 1er janvier des années 2000 à 2012
Pays de résidence 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012
France 36 31 108 194 216 212 239
Etats-Unis d’Amérique 10 0 7 18 16 18 17
Allemagne 0 8 7 23 21 9 13
Canada 5 8 4 9 10 10 10
Italie 0 0 0 0 0 4 *
Nouvelle-Zélande 0 3 3 3 3 7 *
Suisse 0 0 0 4 3 3 *
Autriche 0 0 0 2 2 2 5
Belgique 0 0 1 4 3 *
Autres pays 3 3 5 3 3 5 *
Total 54 53 135 260 277 270 284
Source: UNHCR, le site [Link]/statistics/populationdatabase a été visité le 18 octobre 2013.
(*) Moins de 5 réfugiés.
Selon les statistiques tenues par l’UNHCR, 1 154 demandes d’asile ont été faites par des Malagasy
à étranger, au cours des années 2006 à 2012. 80 % d’entre elle le furent en France et seulement 17 %
d’entre elles ont débouché sur une décision positive. Pour le nombre de réfugiés politiques, la répartition
spatiale est semblable. Leur nombre reste faible par comparaison avec d’autres pays mais il subit une
forte augmentation au milieu de la dernière décennie avec un doublement entre 2004 et 2006.
Enfin, on ne peut ignorer l’existence de mouvements de d’émigration internationale clandestine,
mouvements qui ne peuvent cependant être chiffrés. Ainsi, depuis la décision du conseil du gouvernement
du 6 août 2013 suspendant l’envoi de travailleurs migrants vers les pays dits à haut risque, dont l’Arabie
Saoudite et le Koweït, de nombreuses personnes qui tentaient d’émigrer15 vers ces pays ont été arrêtées.
A.4 La migration interne à Madagascar
A.4.1 : La toile de fond des migrations internes
Madagascar a un long passé de migrations internes. Dès 1963, G. Roy posait le problème à partir
des composantes suivantes :
• La répartition inégale de la population sur l’ensemble de la superficie de la Grande Île.
• L e déséquilibre de la relation entre population et ressources dans les régions à forte densité de
population.
• L’existence de régions sous-peuplées où l’on décèle de vastes terres susceptibles d’être mises
en culture.
15 C
es candidat(e)s à l’émigration s’embarquent soit pour les Comores afin d’y trouver des agences de placement qui leur
proposent des postes de domestiques dans les pays arabes (plus de 50 arrestations en novembre 2013), soit via Maurice
pour continuer avant de poursuivre leur voyage vers les pays du Golfe.
60 Migration à Madagascar: Profil National 2013
A la lumière de la situation actuelle, il convient d’y adjoindre les tendances suivantes :
• L a croissance démographique qui se traduit par une évolution exponentielle de la population
malagasy et conduit au surpeuplement de certaines régions.
• Une urbanisation qui s’accroît également même si, en dehors de la capitale Antananarivo, le
réseau urbain reste faiblement développé.
• Une infrastructure pauvre en moyens de communication et de transport à l’intérieur du pays,
ce qui limite la mobilité interrégionale basée principalement sur l’utilisation des taxi-brousses.
On considère généralement que les courants migratoires existants sont la réaction à un surpeuplement
relatif dans les régions de départ, accentuée par des incitations de type économique en relation avec la
politique d’aménagement du territoire. Toutefois, ceci serait ignorer que la société malagasy a été́ façonnée,
historiquement par une propension à la migration et au mouvement, autant en groupes qu’individuellement.
Selon Bloch (1999), les motivations des migrations ne sont pas simplement économiques : il y a également
un élément de défi personnel et le désir de vivre quelque chose de nouveau dans des régions inconnues,
ce qui est considéré́ comme typique des jeunes hommes malagasy. L’utilisation d’une langue commune
dans tout Madagascar, quoique avec différents dialectes, est dans une certaine mesure le résultat de
ces mouvements migratoires, mais aussi un facteur qui, de nos jours, encourage la migration et facilite
l’intégration des migrants. Enfin, il convient de rappeler que la Constitution malagasy donne à tout citoyen
le droit de circuler et de s’établir librement sur tout le territoire national.
A.4.2 : Les divers types de migrations internes
La question des migrations internes à Madagascar est de fait mal connue : on sait peu de choses sur
la fréquence, les causes et les conséquences des migrations. C’est un phénomène relativement difficile à
observer et que, comme le confirme Rakotonarivo (2006), il manque cruellement de données chiffrées.
Selon Ramialison (2008a et 2008b), les rares informations dont nous disposons laissent penser que, durant
les décennies passées, les migrations internes furent limitées dans leur intensité. Certes, il admet qu’il existe
des migrations régionales, mais précise qu’elles restent principalement saisonnières et que la majorité́
d’entre elles sont des déplacements des zones rurales vers d’autres zones rurales. Contrairement à la plupart
des pays d’Afrique subsaharienne, l’urbanisation de la Grande Île ne progresse que très lentement et l’exode
rural reste faible. Ce même auteur émet toutefois l’hypothèse que les migrations internes à Madagascar
– des zones rurales vers les villes – devraient s’intensifier dans les années à venir, du fait de la saturation
foncière dans certaines régions, ce que confirme une étude récente de la Banque mondiale (2011b).
Sur le plan géographique, la population malagasy est inégalement répartie sur le territoire national.
Les cartes proposées aux graphiques 17 et 18 (Annexe 8) comparent la densité dela population à l’échelle
régionale en 1993 et en 2012. Elles montrent qu’en parallèle avec un doublement de cette densité au
niveau national en l’espace de vingt années, la distribution spatiale de la population est restée relativement
la même. La côte Est et les Hautes Terres centrales sont densément peuplées, tandis que la partie Ouest
de l’île connaît des densités de population plus faibles. Par suite du maintien d’une fécondité élevée,
certaines régions rurales des Hautes Terres connaissent de très forts taux d’accroissement de la population.
La population en âge d’activité́ est de plus en plus nombreuse, tandis que la surface de terres cultivables et
les techniques de production restent globalement inchangées. Comme la terre est généralement héritée
à parts égales au sein des fratries, il suffit de quelques générations pour qu’une étendue de terre,
autrefois suffisante pour subvenir aux besoins d’une famille sur toute l’année, devienne si morcelée
qu’elle suffit à peine à la nourrir pendant quelques mois. Qui plus est, ces exploitations agricoles ne
permettent plus de donner du travail à l’ensemble des membres du ménage.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 61
La migration peut constituer un moyen pour atténuer ce problème, les partants laissant souvent leurs
terres à la disposition des membres de la famille restants. Ainsi, le plus souvent, l’émigration devient la
seule solution pour améliorer le quotidien : vers des régions agricoles moins densément peuplée, vers la
ville dans l’espoir d’y trouver un emploi hors de l’agriculture ou vers l’étranger. A Madagascar, ces problèmes
de migration interne font partie de questions plus larges liées au développement économique et social et
à l’aménagement du territoire.
Les seules données statistiques sur les mouvements de migration interne dont on dispose à l’échelle
nationale furent collectées dans le cadre des EPM en 2001, 2004 et 2005, sur la base de la question sur
le district de résidence antérieur des enquêtés. Les résultats qui en furent tirés montrent que la migration
interne à Madagascar est avant tout économique, la première cause étant la recherche d’emploi. La
migration est d’abord le fait des actifs. Le rapport de masculinité des migrants est de 97 hommes pour 100
femmes, le déséquilibre entre hommes et femmes étant dans l’ensemble négligeable. La mobilité́ féminine
est légèrement plus forte entre 15 et 34 ans par comparaison à celles des hommes. Cette situation est liée au
fait que les filles se marient à un âge jeune et se déplacent donc davantage pour des raisons matrimoniales,
mais également à la confirmation de la différence de traitement entre filles et garçons. En effet, les parents
traitent les filles différemment au regard de la scolarisation, de l’activité́ et du travail productif, celui des
filles restant considéré́ comme un « supplément » par rapport à celui fourni par les garçons. Ceci favorise
donc la mobilité́ des filles aux âges jeunes.
Au-delà̀ de 35 ans, la tendance se renverse : la migration des individus de sexe masculin devenant
plus importante que celle des femmes à partir de cet âge, cela correspond aux âges théoriques d’intense
activité́ rémunératrice chez les hommes. Toujours selon les rapports des enquêtes EPM, la migration inter-
régionale concerne surtout les personnes les plus instruites et son intensité croît avec le niveau d’éducation
des individus. La comparaison de la population migrante et non migrante montre que cette dernière avait
en moyenne deux années de fréquentation de l’enseignement général de plus que la première. Pour les
mieux formés, l’éducation est un capital à accumuler avant le départ vers la ville.
Au nombre des causes de la migration, on trouve deux éléments de la pauvreté́ rurale : le manque
de terres et la faible fertilité́ des sols. La culture intensive du riz, qui caractérise une grande partie des
hauts plateaux de Madagascar, a donné lieu à de très fortes densités de population (Raison, 1984). La
migration d’espace rural à espace rural n’est pas un phénomène nouveau à Madagascar : elle s’inscrit dans
la continuité́ de migrations traditionnelles, temporaires ou permanentes qui existent depuis la mise en
valeur coloniale. Par suite de l’accroissement de la population dans les régions agricoles traditionnelles,
la recherche de nouvelles terres agricoles s’est avérée indispensable. Elle est également liée à des raisons
climatiques qui peuvent donner lieu à des migrations permanentes, dans le but d’exploiter de nouveaux
espaces plus appropriés, compte tenu des caprices du climat.
Les raisons d’émigration sont assez diverses selon les individus, mais un trait commun ressort : celui qui
consiste à rechercher dans la région d’accueil une meilleure situation économique et financière par rapport
à celle existant dans la région de départ. Parmi les migrants interrégionaux qui bougent d’une région vers
une autre, on peut distinguer deux grands types de migrations : les migrations spontanées et les migrations
organisées. L’analyse des rapports demandés aux 22 régions, combinée à celle des auteurs précedemment
cités, permet de relever la typologie suivante.
Nous pouvons classer les migrations spontanées en plusieurs types:
1. L a migration estudiantine, qui se dirige vers les chefs-lieux de province qui sont dotés d’infrastructure
universitaire publique16 et privées. En effet, depuis la réorganisation administrative de Madagascar
16 Il s’agit des régions Analamanga, Haute Matsiatra, Atsimo Andrefana, Boeny, Diana, Atsinanana.
62 Migration à Madagascar: Profil National 2013
donnant naissance aux régions, la majorité d’entre elles ne possèdent pas d’infrastructures adéquates
pour permettre à ses natifs de continuer leurs études supérieures sur place. Les étudiants sont alors
obligés de se déplacer dans les chefs-lieux des régions voisines. D’autres régions, comme celle de
Vakinankaratra, connaissent également ce phénomène de migration estudiantine à cause de la
présence de plusieurs universités privées de renommée.
2. L a migration saisonnière, liée à la culture de subsistance afin de répondre notamment à la demande
de main-d’œuvre des régions productrices de riz. Il s’agit principalement de la migration saisonnière
d’une main-d’œuvre agricole à destination des grandes plaines rizicoles de l’Alaotra17 et de Marovoay,
au départ des Hautes Terres dont celles du Vakinankaratra, de Manjakandriana et de l’Amoron’i Mania.
Cette migration saisonnière touche également les cultures de rente que sont la vanille, le café, le girofle.
Ceci induit également des mouvements saisonniers dans le secteur du commerce ambulant, afin de
profiter de la situation économique florissante durant les périodes de récolte. Le secteur de la pêche
est également touché par la migration saisonnière, sous sa forme traditionnelle. Ainsi les régions de
Melaky, Menabe et Androy accueillent les Vezo natifs de la région Atsimo Andrefana.
3. L a migration à la recherche de nouvelles terres agricoles tient une place importante à Madagascar
et elle concerne trois quarts des régions. soit parce qu’elles sont des lieux de départ ou des lieux
de destination de ces migrants. Les régions à vocation agricole ayant une densité de la population
supérieure à la moyenne nationale, telles que celles d’Atsimo Atsinanana, Haute Matsiatra, Itasy,
Vatovavy Fitovinany et, dans une moindre mesure, Androy, sont des foyers de départ des migrants
agricoles. Actuellement, ces migrations sont pour la plupart spontanées mais elles ont été initiées par
les grandes exploitations agricoles qui recherchaient de la main-d’œuvre qualifiée. Ces émigrants à la
recherche de terres plus fertiles à cultiver se rendent dans les régions offrant plus d’opportunités que
dans leur région d’origine.
4. L a migration liée à l’élevage. Un autre type de migration d’espace rural à espace rural est associée à
l’élevage des zébus et concerne des populations du Sud et de l’Ouest de l’île. Les régions réputées dans
le secteur de l’élevage sont celles d’Ihorombe, d’Androy et d’Atsimo Atsinanana. Pour comprendre la
situation dans ces régions, il faut préciser que pour les agro-pasteurs, la richesse est liée au nombre
de zébus et ce, dans le cadre d’aspects coutumiers importants. En plus d’être une richesse de façon
générale pour les Malagasy, le troupeau de zébus est considéré, en quelque sorte, comme leur
« banque » où ils investissent pour constituer leurs épargnes. Pour optimaliser le rendement de
l’élevage, ces agro-pasteurs pratiquent la transhumance induisant de fréquents déplacements vers
de nouveaux espaces de pâturage visant à l’accroissement de leur cheptel (Fauroux et Koto, 1993).
Ces mouvements peuvent être assimilés à des migrations circulaires entre différentes régions de
pâturage, mais pour certains, ces migrations deviendront permanentes.
5. L a migration engendrée par des causes climatiques. Les principales causes climatiques de la
migration à Madagascar sont les cyclones, les inondations et la sécheresse. Les cyclones accompagnés
d’inondations frappent les côtes de l’île (en particulier la côte est) chaque année de janvier à mars,
détruisant les récoltes et endommageant les habitations. Ces calamités forcent de nombreux paysans
à se réfugier auprès de leur famille installée en ville. Toutefois, ils n’y restent généralement que
quelques mois, jusqu’à ce que la situation dans leur région d’origine se stabilise. La sécheresse, quant
à elle, se remarque essentiellement dans le sud de l’île, et plus spécifiquement dans la région Androy,
caractérisée par un climat semi-aride. Dans une étude à paraître, Canavesio (2014) démontre que
l’argumentaire environnementaliste souvent avancé, qui prétend que l’émigration de ces régions soit
17 P
ar exemple, la Région Alaotra Mangoro accueille chaque saison de repiquage et de moisson près de 20 000 individus
en provenance des hauts plateaux.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 63
liée à des périodes de sécheresse, est utilisé de façon excessive. Il confirme, en revanche, que la
sécheresse du début des années 90 a bien été un moteur important des migrations dans les années
qui suivirent. Selon lui, les grands épisodes migratoires connus dans la région depuis les années 20
sont, avant tout, impulsés par la situation économique et politique, et le facteur climatique reste un
facteur secondaire dans le déclenchement des crises migratoires.
6. L a migration induite par les exploitations minières. La quasi-totalité des régions indique l’arrivée de
migrants travaillant dans le secteur minier. C’est un secteur qui attire beaucoup de personnes, du fait
de son exploitation encore artisanale et de la possibilité de l’exploitation illicite de l’or et de différents
types de pierres précieuses. Ce phénomène, qu’il est convenu d’appeler « des ruées », a été étudié
dans les détails en 2010 par Canasevio, dans sa thèse de doctorat. Nous lui avons empruté la carte
du graphique 10 qui met en exergue les ruées les plus importantes avec les régions d’origine et de
destination de ces migrants. Les phénomènes migratoires, liés aux fronts pionniers, sont spécifiques
à bien des égards. Les migrations de survie, générées par la recherche des pierres précieuses (or,
diamants, saphirs, émeraudes, etc.) sont souvent plus brutales et anarchiques que les mouvements
de population produits par la mise en valeur de terres destinées à l’agriculture. Une forme de
compétition s’exerce entre les migrants pour mettre la main sur les premières pierres, les meilleurs
gisements, etc. Le déroulement du phénomène migratoire, les caractéristiques (structures familiales
notamment) et les objectifs des migrants ne peuvent pas être assimilés à ce que l’on observe dans
les grandes régions de défrichement du Sud. Dans les lieux concernés comme l’Ilakaka, les autorités
furent rapidement débordées par cet afflux de migrants, laissant plus ou moins volontairement
se constituer un nouveau système marqué par des dynamiques informelles. Ce système, basé sur
l’extraction artisanale des pierres précieuses à grande échelle, a provoqué l’apparition de plusieurs
dizaines de villages à proximité des gisements. Les hommes et les femmes qui ont alimenté ce vaste
mouvement migratoire poursuivent un même objectif : celui d’améliorer leurs conditions de vie dans
un espace profondément transformé par l’extraction minière (Canasevio, 2010).
D
ans les régions d’Anosy et Alaotra Mangoro, où sont implantées les grandes entreprises d’extraction
minières, l’appel de main-d’œuvre qualifié est tout aussi important et il ne peut être satisfait par
l’offre locale. Partout. l’arrivée des migrants constitue, en outre, un attrait pour d’autres migrants
attirés par les profits et bénéfices induits par cette exploitation des ressources du sous-sol. De nos
jours, de nouveaux courants migratoires s’amplifient, qui font suite à l’ouverture de nouveaux sites
miniers de grande ampleur à proximité́ des villes moyennes telles que Moramanga, Tamatave, Fort
Dauphin et Tuléar. Malgré́ leur caractère extrêmement récent, il est probable que les emplois directs
ou induits par ces nouvelles activités conféreront à ces pôles urbains un pouvoir attractif accru selon
Ramialison (2008a et 2008b).
7. L a migration des fonctionnaires, qui occupent différents postes dans les différentes régions, est
aussi évoquée par les rapports régionaux, mais celle-ci est difficilement quantifiable sans le suivi des
différentes affectations dans chacune des régions. Traditionnellement, on observait que la majorité
de ces fonctionnaires étaient des gens des Hautes Terres qui occupaient ces postes qualifiés à cause
de leur accès à l’éducation plus élevé. Toutefois, les tendances plus récentes montrent que l’on y
trouve aussi des gens en provenance des régions côtières.
64 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Graphique 10. La carte des principales ruées migratoires liées aux exploitations minières
élaborée par Canasevio (2010)
8. L a migration liée au travail domestique. Ce type de migration est surtout pratiqué par les jeunes
filles et femmes et dirigé vers les grandes villes et plus particulièrement la capitale. Deux régions sont
des zones de départ des jeunes filles pour aller travailler dans les ménages à la capitale : celles de
Amoron’i Mania et Vakinankaratra.
9. L a migration forcée, liée à l’insécurité notamment et notamment par crainte des voleurs de zébus,
dits « dahalos ». C’est le cas de milliers de personnes déplacées près de Betioka, mais aussi plus
généralement dans le grand Sud, qui vivraient dans des zones inaccessibles de la montagne, pour des
raisons de sécurité.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 65
D’autres migrations forcées sont également liées aux expulsions des paysans dépossédés de leurs terres
par de grands investissements de type agro-alimenaire, l’implantation d’exploitation minières, de complexes
touristiques ou l’extension du périmètre des aires protégées. L’ensemble de ces migrations, qui ne sont
ni spontanées ni organisées dans le but d’améliorer les conditions de vie des intéressés, s’inscrivent dans
la problématique de l’accaparement des terres qui, sous couvert d’un développement économique voire
écologique, déstructure totalement les sociétés rurales concernées.
La migration organisée, quant à elle, répond à des politiques d’aménagement du territoire et vise
à redistribuer les populations rurales pour désengorger les régions de forte densité et les diriger vers les
régions de mise en culture. Il s’agit de migrations à des fins essentiellement agricoles, qui sont stimulées par
l’Etat, des ONGs ou autres associations. Compte tenu du difficile équilibre entre population et ressources,
des opportunités d’emplois inégalement réparties sur l’ensemble du territoire (création d’emplois dans les
zones minières, très peu d’emplois non agricoles en zone rurale, création de pôles de croissance intégrée,
développement de l’emploi dans le secteur du tourisme), une politique de migration interne s’impose
en parallèle avec la politique d’aménagement du territoire. La migration interrégionale peut être un
élément moteur, mais aussi un frein pour tous les secteurs de l’économie malagasy et le développement à
Madagascar, comme le conclut Ramialison (2008b). La problématique du lien entre la pauvreté et la mobilité,
et inversement les effets possibles de cette mobilité sur la pauvreté, se posent avec acuité. Les régions en
difficulté́ apparaissent comme étant délaissées au profit de régions plus attractives, et un rééquilibrage à
l’échelle nationale est indispensable.
Ces migrations planifiées sont très anciennes à Madagascar, puisqu’elles virent le jour dès 1896 avec
l’entrée du pays dans l’empire colonial français. L’administration de l’époque déplaça, sous la contrainte, des
milliers de travailleurs vers les grandes plantations de sucre et de tabac du nord et du nord-ouest ou encore
des grandes plaines rizicoles du centre-est de l’île (Le Bourdiec, 1978). Dès 1974, le gouvernement a procédé
à la première vague de migration organisée vers le Bongolava et cette politique se poursuit. Il s’agit de la plus
importante migration agricole à ce jour, et 80 % de la population de la région Bongolava est constituée de
migrants provenant des Hautes Terres et de la partie sud de l’île.
Afin de profiter des vastes espaces agricoles arables que cette région dispose, des migrations organisées
ont été mise en œuvre par les administrations successives pour tenter d’équilibrer la répartition spatiale de
la population. Plus récemment, avec l’accroissement de la taille de la capitale Antananarivo et l’augmentation
du nombre des sans-abris et des mal-logés, l’Etat a lancé, en 1990, un projet de relogement dans les zones
rurales voisines18. D’autres initiatives, comme le Projet des Jeunes Entrepreneurs Ruraux (PROJER) et le
Projet d’Appui à la Gestion Economique (PASAGE) organisent des migrations (Ralandison et al., 2011). Ils
ont pour objectif d’installer de jeunes professionnels dans des fermes équipées et plus modernes que les
exploitations agricoles traditionnelles. Les effectifs concernés par ces projets restent toutefois limités19 et le
bilan de ces projets s’avère très mitigé, car souvent contraires aux dynamiques migratoires spontanées qui
sont observées ailleurs (Ramialison, 2008b). Le graphique 16 (Annexe 8) répertorie les principaux projets de
migration a Madagascar en 2011.
18 En 2003, Le Ministère de la Population a recensé plus de 4 000 familles relogées dans ces zones.
19 300 agriculteurs installés dans le Moyen-Ouest dans le cadre du projet PASAGE.
66 Migration à Madagascar: Profil National 2013
A.4.3 : Les migrations rurales-urbaines et l’urbanisation croissante
Aujourd’hui, les migrations d’espace rural à espace rural semblent encore être majoritaires, mais les
mouvements migratoires du milieu rural vers le milieu urbain s’intensifient, avec pour effet le renforcement
d’une armature urbaine initialement assez faible à Madagascar. Des observations récentes (Freeman et al.,
2010), faites sur la base d’enquêtes menées à Antananarivo, confirment que le pays connaît de nos jours
d’importants mouvements migratoires en direction des centres urbains. Comme en atteste les données
du tableau 26, la part de la population urbaine s’est accrue depuis le début de l’ère coloniale, avec un
doublement du taux d’urbanisation et une croissance même supérieure pour l’agglomération de la capitale
(Banque mondiale, 2011b).
On ne peut ignorer l’attrait de la ville, qui offre un large éventail d’opportunités économiques, par
opposition à la dépendance quasi-exclusive à l’agriculture en zone rurale. En considérant des données déjà
anciennes20, Rakotonarivo (2008) montre que la migration à destination des zones urbaines a suivi une
tendance à la baisse, entre 1983 et 1993. Avec ses collègues, Rakotonarivo (2010) conclut qu’il n’y a pas
d’exode rural important ni d’urbanisation rapide sur la Grande Île. Ils précisent que les migrations internes ne
s’effectuent pas exclusivement des zones rurales vers les zones urbaines, estimant que la moitié des migrants
originaires des milieux ruraux vont s’installer dans un autre milieu rural. Le manque de logements en ville et
la difficulté́ d’y trouver un emploi stable pourraient, selon ces auteurs, être à l’origine de ce fléchissement.
Toutefois, un rapport plus récent de la Banque mondiale (2011b) dépeint une situation différente avec une
accélération du processus d’urbanisation à Madagascar.
Bien entendu, si l’urbanisation s’intensifie à Madagascar, son évolution n’est guère aisée à quantifier, car
il n’y a pas eu de suivi systématique au cours du temps. On peut toutefois extrapoler certaines tendances et
montrer que l’urbanisation s’accélère et qu’elle est parmi les plus rapides en Afrique, contrairement aux avis
qui précédaient.
Le tableau 26 tente de mettre en évidence les tendances en matière d’urbanisation. La comparabilité de
ces chiffres dans le temps n’est pas chose aisée. Ainsi, les centres urbains sont généralement définis dans
les anciens recensements comme ceux dépassant un chiffre de population de 5 000 habitants, critère repris
récemment dans le Code de l’Urbanisme. Différemment, au recensement de 1975, c’est le seuil de 4 000
habitants qui fût retenu et plus récemment, en 1993, ce sont les chefs-lieux de districts qui sont considérés
comme étant urbains ainsi que les entités faisant partie de l’agglomération des grandes villes.
Pour ce qui est de la capitale Antananarivo, la comparaison se base sur les six districts formant le territoire
de la capitale, bien que certaines communes jouxtant ces territoires doivent également être considérés
comme urbaines. Ces estimations portent le chiffre de la population de la capitale et son hinterland urbain à
trois millions d’habitants. Malgré les limites statistiques évidentes, on constate une augmentation très nette
de l’accroissement de la population urbaine jusqu’en l’an 2000, avec une certaine stagnation pour les années
récentes, fait que seul le futur recensement de la population pourra confirmer. Pour la capitale, la croissance
ne fléchit pas : alors que la population du pays a presque doublé depuis 1993, la population de l’ensemble
des centres urbains hors Antananarivo n’a augmenté que de moitié et celle de la capitale, par contre, s’est
accrue de 150 %.
20 Les dernières données détaillées disponibles sur la migration interne le furent à l’occasion du recensement de 1993.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 67
Tableau 26. Evolution de la population urbaine, de celle d’Antananarivo et taux
d’urbanisation 1900 – 2010
Proportion de
la population
Population Proportion de Population d’Antananarivo
Population des centres la population de la capitale dans la population
Années totale urbains* urbaine Antananarivo totale
1900 2 242 000 50 000 2,3 % 43 000 2,0 %
1920 3 119 000 150 000 4,8 % 63 000 2,1 %
1940 4 016 000 272 000 6,8 % 112 000 2,8 %
1960 5 298 000 588 000 11,3 % 232 000 5,1 %
1975 7 603 790 1 239 000** 16,4 % ** 451 808 5,9 %
1993 12 238 914 2 800 229*** 22,9 % 1 036 809 8,5 %
2000 15 199 948 4 139 043*** 27,2 % 1 532 519 10,1 %
2005 17 550 626 4 557 666*** 26,0 % 1 907 527 10,9 %
(EPM, 2005) (projection
INSTAT)
2010 (Banque 20 016 700 4 976 290**** 20,3 % 2 385 368 11,9 %
mondiale 2011b (projection
et EPM 2010) INSTAT pour
2009)
Sources : A
ndriamboahangy 1975, INSTAT - Recensement de la population de 1975 et 1993, EPM 2001 et EPM
2005, Banque mondiale (2011b).
(*) Dans les récensements antérieurs à l’indépendance, la définition de la population urbaine était celle des
centres habités de plus de 5 000 habitants.
(**) Centres habités de plus de 4 000 habitants, définition utilisée au recensement de 1975.
(***) La définition de la population urbaine au recensement RGPH 1993 est celle des chefs-lieux des districts
à l’exception de ceux faisant partie des agglomérations des grandes villes.
(****) Chiffre calculé sur la base de la zone urbaine de densité supérieure à 300 habitants au km2 (Banque
mondiale, 2011b).
A.4.4 : Une analyse des migrations interrégionales depuis 1993
Une analyse plus approfondie réalisée dans le cadre de ce Profil Migratoire permet de mettre en
évidence les facteurs qui rendent compte de la variabilité du bilan migratoire de chacune des 22 régions.
La méthodologie utilisée pour estimer la migration nette de chaque région est détaillée dans l’Annexe 4.
Comme le montre les cartes des graphiques 17 et 18 de l’annexe 8, le peuplement de Madagascar
est loin d’être uniformément distribué sur tout le territoire. Celui-ci se caractérise actuellement par une
asymétrie Est/Ouest :
ne côte Est densément peuplée avec un accroissement de cette densité́ avec l’altitude jusqu’aux
• U
Hautes Terres centrales où l’on trouve les densités de peuplement les plus fortes, coïncidant avec
la présence de la capitale Antananarivo ;
• D
es Hautes terres en redescendant vers l’Ouest, les densités s’affaiblissent jusqu’à des espaces
quasi vides d’hommes. A quelques rares exceptions essentiellement côtières, la moitié Ouest du
pays reste très peu peuplée.
68 Migration à Madagascar: Profil National 2013
La croissance de la population des régions depuis le recensement de 1993 s’est traduite par un
doublement de la population. Toutefois cette croissance est loin d’être identique pour toutes les régions
(graphique 11). Trois régions affichent plus de 5 % de croissance annuelle moyenne, Androy, Melaky et
Bongolava. D’autres, par contre, font preuve d’une croissance relativement plus modérée tels qu’Anosy et
Sava. Le principal moteur de ces différences est les migrations internes que la méthodologie mise en œuvre
a permis d’estimer à l’échelle des bilans régionaux. La carte du taux de migration nette estimée entre 1993
et 2012 présente une presque symétrie de la grande île de Madagascar (graphique 12). Les régions du
grand Sud sont tous des zones de départ au profit des régions du grand Nord de Madagascar. Les régions
de la Haute Matsiatra et Atsimo Andrefana ont le plus fort taux de départ. Tandis que les régions Melaky et
Bongolava ont le plus fort taux d’accueil de migrants. Cette situation peut s’expliquer par le fait que les deux
régions du moyen ouest offrent encore de vastes espaces arables attirant les agriculteurs d’autres régions.
Un ensemble de variables ont été collectées qui permettent de caractériser les différentes régions. Nous
avons retenu quatre d’entre elles afin de mettre en évidence leur variabilité entre les régions dans les
graphiques 19 à 22 de l’annexe 8. Il s’agit de la réduction de la forêt naturelle entre 1990 et 2005, l’indice de
développement humain, l’indice de pauvreté et le niveau de mortalité infantile et juvénile. Chacune de ces
variables peuvent être des facteurs associés à une plus forte attractivité ou répulsion des régions par rapport
aux migrations internes. A titre d’exemple, c’est dans le grand sud de Madagascar que nous rencontrons le
plus fort taux de pauvreté avec un indice culminant à 609 pour la région Androy. En comparant le taux de
migration nette entre 1993 et 2012 et l’indice de pauvreté en 2010, nous constatons que les régions avec
un indice de pauvreté plus élevé sont les régions de départ des migrants montrant une migration nette
négative. La pauvreté est donc un des facteurs répulsifs de la population les menant à l’émigration.
Dans l’analyse proposée ici une vingtaine de variables explicatives, ou tout du moins suceptibles d’être
associées aux mouvements migratoires ont été considérées et chacune d’entre elles a été corrélée avec
le taux de migration nette de chaque région. L’interprétation des coefficients de corrélation présentés au
tableau 27 peuvent se faire comme suit. Plus le coefficient de corrélation est négatif et plus les facteurs
concernés sont associés à un bilan migratoire négatif des régions entre 1993 et 2012. A l’inverse, plus
la corrélation est positive et plus les facteurs en question sont favorables à un bilan migratoire positif
des régions. Chacune d’entre elles a été corrélée avec le taux de migration nette de chaque région.
L’interprétation des coefficients de corrélation présentés au tableau 27 peuvent se faire comme suit. Plus
le coefficient de corrélation est négatif et plus les facteurs concernés sont associés à un bilan migratoire
négatif des régions entre 1993 et 2013. A l’inverse, plus la corrélation est positive et plus les facteurs en
question sont favorables à un bilan migratoire positif des régions.
Ainsi le bilan migration des régions est négatif et ce, d’autant plus que :
• le niveau de fécondité et celui de mortalité infantile et juvénile sont élevés ;
• le niveau de pauvreté est fort ;
• la taille des ménages est grande ;
• le niveau de sous-emploi, sous ses deux indices, par emploi inadéquat ou durée du temps de travail,
est important ;
• d
’autres facteurs sont également associés, dans une moindre mesure, à un bilan migratoire négatif, ce
sont la faible altitude du chef-lieu de la région, la forte part de la superficie de la région occupée par la
culture de subsistance, la grande proportion de ménages impliqués dans l’agriculture, la haute densité
de population et la proportion relativement élevée de la population touchée par les catastrophes.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 69
Graphique 11. Carte de taux de croissance annuelle de la population à l’échelle des 22
régions entre 1993 et 2012
Sources : calculs des auteurs, voir Annexe 7.
70 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Graphique 12. Carte de taux de migration nette estimée à l’échelle des 22 régions entre
1993 et 2012
Sources : calculs des auteurs, voir Annexe 7
Migration à Madagascar: Profil National 2013 71
Bien évidemment, ces mêmes facteurs inversés sont associés à un bilan migratoire relativement plus
positif et ce, au même titre que les variables suivantes qui influencent positivement le bilan migratoire :
• l’importance du revenu non agricole et celle du revenu global par tête d’habitants ;
• la proportion de la population urbaine ;
• le niveau de la consommation des ménages ;
• l’indice de développement humain calculé par l’INSTAT sur la base régionale ;
• le taux d’alphabétisation et d’activité de la population ;
• la pluviométrie liée au rendement agricole et le nombre de bovins par tête d’habitants sont également
favorables à la croissance migratoire ;
• la réduction de la part de la forêt naturelle est associée à la croissance migratoire de par la pression
démographique sur l’environnement ;
• e nfin, le chômage est également lié à la croissance migratoire, mais il faut considérer cet effet comme
une conséquence des migrations plutôt qu’une cause les favorisant.
La corrélation entre les différentes variables qui sont associées à la variation de la migration nette par
région est forte. Ceci nous montre que les facteurs les plus favorables à l’émigration sont ceux liés au niveau
de pauvreté (graphique 22 en Annexe 8), de sous-emploi, de forte fécondité associée à une importante
mortalité infantile et juvénile (graphique 20 en Annexe 8), ainsi qu’à une plus grande taille des ménages.
Les émigrations sont également plus fortes au départ des régions à forte vocation agricole, et plutôt celles
située en basse altitude et ne jouissant que d’une faible pluviométrie. A l’inverse, les régions à revenu
élévé, et plus précisément le revenu non agricole, celle présentant un indice de développement plus
élevé (graphique 21 en Annexe 8) avec des taux d’analphabétisme, d’activité et d’urbanisation plus élevés
sont associées à des bilans migratoires positifs. On notera, enfin, que les régions qui attirent les migrants
présentent un taux de chômage plus élevé et une plus forte réduction des forêts naturelles entre 1990 et
2005 (graphique 19 en Annexe 8). Ce sont là les revers classiques de l’attractivité migratoire.
Bien qu’incomplètes, les connaissances sur les migrations à Madagascar mettent en évidence que,
malgré l’importance des échanges migratoires inter-régionaux, le rééquilibrage du territoire ne se fait pas
« spontanément ». Il n’existe pas à Madagascar de réels mouvements migratoires massifs susceptibles de
modifier les structures anciennes du peuplement, si ce n’est par accroissement de la population urbaine.
Les facteurs associés aux mouvements de migration interne sont, pour les plus défavorables, le niveau
de pauvreté corrélé à une forte fécondité des mères, une taille des ménages plus large et une mortalité
infantile et juvénile qui reste importante, le niveau de sous-emploi et la proportion des ménages impliqués
dans les activités agricoles tout comme ceux touchés par les calamités climatiques. Par contre, les facteurs
d’attractivité pour les migrations internes sont principalement le taux d’urbanisation, un plus haut niveau
d’alphabétisation, de revenu non agricole et de consommation mais aussi un plus fort taux de chômage et
d’impact sur la réduction de la forêt naturelle.
Madagascar se trouve aujourd’hui confrontée à une situation inédite, avec des densités de population
qui augmentent rapidement dans certaines zones rurales et des superficies agricoles par ménage qui
diminuent, au point que les jeunes ruraux ne peuvent espérer vivre de l’agriculture. Il conviendrait dès lors
de repenser concrètement à la migration interne comme moyen de réduire la pression démographique
et le sous-emploi agricole dans certaines régions, et parallèlement comme moyen de mettre en culture
des espaces agricoles aujourd’hui vierges faute d’exploitants agricoles dans d’autres régions. La migration
interne stimulée par une action politique soutenue liée à l’aménagement du territoire peut être la solution
à ce que Dabat et al. (2008) appellent l’impasse démo-économique.
72 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 27. Résultats de l’analyse exploratoire considérant un ensemble de variables
appréhendées à l’échelle des régions et susceptibles de rendre compte de l’importance
de leur bilan migratoire entre 1993 et 2012
Coefficient de corrélation avec Niveau de signification
Variables explicatives l’accroissement migratoire statistique
Facteurs défavorables à la croissance migratoire
Indice synthétique de fécondité -81,7 % ***
Taux de mortalité infantile et juvénile (0 à 5 ans) -54,4 % **
Niveau de pauvreté (intensité) -52,3 % **
Sous emploi par emploi inadéquat -44,3 % **
Taille des ménages -44,9 % **
Niveau de pauvreté (ratio) -47,6 % **
Sous emploi par temps -30,4 % *
de travail partiel
Part de la superficie occupée par les cultures de -22,0 % *
subsistance
Proportion de ménages impliqués dans les -21,6 %
activités agricoles
Proportion de la population touchée par des -18,1 %
catastrophes naturelles
Altitude du chef-lieu de région -18,0 %
Facteurs favorables à la croissance migratoire
Nombre de bovins par habitant 10,5 %
Taux d’activité 16,4 %
Pluviométrie 17,1 %
Taux d’alphabétisation 22,3 % *
Taux de chômage 25,9 % *
Réduction de superficie des forêts naturelles 38,0 % **
entre 1990 et 2005
Revenu moyen par habitant 42,6 % **
Indice de développement humain en 2008 46,5 % **
Revenu non agricole moyen 48,9 % **
Proportion de population urbaine 49,7 % **
Consommation 53,2 % **
Sources : calculs des auteurs sur la base des données du et des indices régionaux de l’Annexe 3.
* C
orrélation significative statistiquement parlant au niveau de 90 %.
** idem au niveau de 95 %.
*** idem au niveau de 99 %.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 73
Partie B : Effets et défis de la migration
Cette partie du PM se base sur trois sources d’information : (i) les interviews menées auprès
d’acteurs clés (Annexe 9), (ii) les opinions recueillies à partir de questionnaires anonymes envoyés
aux membres du GTTN et à des experts internation aux résidents à Madagascar21 et (iii) les analyses
scientifiques faites par des experts internationaux et les recommandations faites par les institutions
internationales et diverses ONGs dans les différents rapports consacrés à Madagascar. Les opinions
recueillies lors des interviews et à travers cette enquête de taille limitée apportent un éclairage
complémentaire sur les différents problèmes liés aux migrations à Madagascar identifiés à travers les
différents rapports consultés.
B.1 Migration, pression démographique et développement
Les estimations sont nettes, la population a doublé en l’espace de 20 ans. Cette croissance est
principalement due à l’importante fécondité des femmes malagasy et, dans une mesure moindre, au
recul de la mortalité. Les migrations internationales, quant à elles, ne jouent qu’un rôle négligeable
tant les immigrations et émigrations internationales sont négligeables par rapport à la croissance
naturelle de la population. Ce constat ne s’applique toutefois pas aux migrations internes puisque la
croissance de certaines régions laisse une part belle à la balance migratoire inter-régionale.
Les avis sont partagés sur les conséquences de cette croissance. Parmi les aspects positifs de la
croissance, l’élargissement de la main d’œuvre disponible ressort des interviews et de l’enquête. Cet
élargissement, dans un pays de faible densité, est considéré comme un potentiel de développement
important compte tenu de la disponibilité des terres et des ressources naturelles du pays. Au nombre
des aspects négatifs relatifs à cette croissance, on trouve l’insuffisance relative de la population active
(le nombre des 15-64 ans par rapport aux moins de 15 ans), la difficile adéquation entre une croissance
démographique exponentielle et une croissance économique, plutôt linéaire sur le moyen et long
terme. Des doutes sont émis quant à savoir si les services de santé et le système d’éducation pourront
suivre cet accroissement démographique au risque de voir une augmentation de la précarité et de la
paupérisation de la population avec des difficultés d’assurer une qualité de vie pour tous.
Près de la moitié de la population est âgée de moins de 15 ans. Ceci est-il favorable ou non au
développement du pays ?
Parmi les aspects favorables liés à la forte proportion de jeunes émerge tout d’abord l’opinion que
l’avenir appartient aux jeunes, car ils représentent l’avenir et la force physique et morale du pays.
Par ailleurs, on signale que la structure par âge à Madagascar est très favorable en ce qui concerne
le soutien aux aînés puisqu’à chaque personne âgée correspond un grand nombre de personnes
susceptible de les soutenir. Même en cas d’émigration des enfants vers la ville, il reste toujours au
village un enfant qui prendra soin des parents âgés.
Plusieurs aspects défavorables liés à la forte proportion de jeunes sont abordés. Ainsi, une
population à forte proportion de jeunes donne lieu à des besoins croissants en terme d’éducation,
avec un doublement prévu pour les écoles et les enseignants de 2008 à 2020, si l’on garde le niveau
de fréquentation scolaire actuel, selon la Banque mondiale (2011) ; plus si ce niveau de fréquentation
augmente. A défaut de pouvoir développer une politique visant à une meilleure valorisation de la
21 B
ien évidemment, il ne peut être question de tirer des conclusions statistiques à partir des 15 questionnaires remplis par
les représentants nationaux dans le GTTN et les 10 experts internationaux qui ont accepté de répondre à cette enquête
d’opinion. Précisons que les réponses de ces questionnaires ont été analysées de façon anonyme.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 75
jeunesse, la plus grande part de la population des jeunes pourrait être associée à une oisiveté croissante
et plus de débauche et d’insécurité, notamment par manque d’emplois. Toutefois, cet accroissement
du nombre de jeunes serait un élément très favorable s’ils étaient parfaitement encadrés et si l’on
trouvait des solutions idoines aux problèmes récurrents d’éducation, de santé et d’emploi.
A Madagascar, la croissance de la population du monde rural peut inquiéter. Sa répartition inégale
sur l’espace agricole et le risque de surpopulation par endroit sont le fruit de l’histoire et le résultat
de l’aménagement du territoire malagasy. L’évolution future des courants de migration et celle des
effectifs des populations rurales restent difficile à prévoir d’autant plus que de nombreux ruraux
d’aujourd’hui pourraient devenir les urbains de demain.
Dabat et Gastineau (2010) constatent qu’au cours des années à venir, chaque année, en moyenne
entre 400 000 et 450 000 individus (hommes et femmes) vont entrer en âge d’activité (16 ans), en
milieu rural. Or, les emplois auxquels pourraient prétendre les jeunes ruraux sont rares. Si le milieu
rural ne leur fournit pas suffisamment d’emplois, ces futurs jeunes actifs devront quitter leur village
d’origine pour migrer vers les villes, alors qu’en milieu urbain, les créations d’emploi plafonnent. Alors,
selon ces auteurs, des solutions pourraient être recherchées, du moins dans un premier temps, dans
le secteur agricole lui-même.
En plus de l’introduction d’innovations techniques et institutionnelles dans les régions à forte
pression foncière, la mise en valeur de nouveaux espaces, grâce à la migration des jeunes ruraux
venant de régions densément peuplées, s’impose comme solution. Ainsi, Gastineau et Rakotoson
(2006) concluent que les migrations peuvent jouer un rôle important dans la répartition de la
population rurale et dans le développement de la production agricole, d’une part, en diminuant la
pression démographique dans certaines régions et y favorisant l’émergence de grandes exploitations
plus productives et, d’autre part, en mettant en culture des surfaces jusqu’à maintenant inexploitées
ou en améliorant la productivité dans des exploitations qui manquent de main-d’œuvre.
Toutefois, la migration à Madagascar dépend de facteurs économiques, sociaux et culturels, et
il est difficile de susciter ou d’orienter ces migrations pour qu’elles correspondent à des objectifs
d’aménagement du territoire. Des migrations de grande ampleur qui mettraient en valeur des zones
sous-peuplées à l’aide d’une main-d’œuvre venant d’autres régions sont-elles concevables ?
Pour que la migration puisse être un levier du développement économique en général et de
l’agriculture en particulier, il faut que les conditions d’accueil soient bonnes. Et, dans les faits, les
populations des régions d’accueil ne sont pas toujours favorables à l’arrivée de ces nouveaux
agriculteurs qui suscitent souvent des conflits fonciers. De plus, il s’avère que les migrants ne sont pas
suffisamment formés aux techniques agricoles productives et innovantes. Plus généralement, pour
que des migrants prennent l’initiative de partir vers les zones sous-peuplées, les expériences récentes
montrent que les politiques mises en œuvre doivent permettre aux migrants potentiels de dépasser
les obstacles sociaux et culturels liés à cette migration, tels que l’attachement à la terre ancestrale22.
Sur la question de savoir si les migrations internes ont un impact sur le développement des régions
d’origine, Rakotonarivo (2006) se demande si la migration est source de distorsions pour l’économie
locale ou, au contraire, si elle exerce un effet de levier pour le développement local. Tout comme
pour l’émigration internationale, il existe des apports positifs pour les régions d’origine (accroissement
de la possibilité d’épargne pour les migrants et actions des associations de migrants qui contribuent
annuellement à de nombreuses actions sociales dans leur village d’origine). Les avantages liés à
l’éducation reçue dans les régions d’accueil est réelle avec le transfert de nouvelles compétences lors
22 L ’attachement à la terre ancestrale représente une composante importante de la migration, chaque émigré cherchant à
revenir dans son village d’origine en fin de vie, ne fusse que pour y être enterré dans le tombeau familial.
76 Migration à Madagascar: Profil National 2013
du retour au pays. Par ailleurs, une grosse part de ces apports consiste dans les remises d’argent
effectuées par les migrants au bénéfice de leur famille restée au village.
Ces envois permettent de lutter de manière productive contre la pauvreté au village, mais, assez
paradoxalement, ils limitent également les actions visant à réduire cette même pauvreté. Il se peut
qu’une grande part des sommes reçues soient affectées à des dépenses non productives et trop
peu aux investissements dans de nouveaux outils de production. Dans certains cas, l’émigration des
zones rurales peut se traduire par un ralentissement de l’activité économique faisant suite au départ
des forces vives et des personnes les plus qualifiées. Cette fuite des cerveaux peut donner lieu à un
glissement du système vers une «économie de rente», les habitants cessant progressivement leurs
activités et commençant à vivre d’un revenu dont l’origine n’est pas le travail local, mais celui des
migrants.
Somme toute, l’émigration au départ des zones rurales pourrait n’être favorable qu’en apparence, en
assurant la survie de ceux restés au village, mais sans induire le développement économique attendu.
B.2 : Immigration, population d’origine étrangère et
développement à Madagascar
B.2.1 : La présence étrangère et son intégration
La population étrangère à Madagascar est très mal connue à travers les statistiques disponibles.
Elle est vraisemblablement sous-estimée car, à travers les interviews et l’enquête effectuée, elle
s’éléverait, en moyenne pour les répondants, à 80 000 personnes, largement au-dessus des estimations
statistiques. Les nationalités les plus représentées seraient, dans l’ordre d’importance décroissante,
les Français, les Chinois et les Indo-pakistanais sur le même pied et enfin les Comoriens. La part de
la population étrangère est considérée comme acceptable par les nationaux alors que les acteurs du
developpement internationaux la trouve assez faible, dans le contexte mondial.
Les entretiens menés auprès des personnes ressources ont permis d’identifier plusieurs types
d’étrangers présents à Madagascar :
• L es travailleurs engagés dans les exploitations minières, les industries textiles et la construction
qui sont majoritairement des Chinois, des Sri Lankais, de Thaïlandais, des Népalais, des Philippins
et les Mauriciens, ces derniers étant majoritairement dans l’industrie textile.
• Les experts internationaux et coopérants techniques rattachés aux organisations internationales
et nombreuses ONGs actives à Madagascar.
• Les petits commerçants dans le commerce de détail ou le commerce import-export, principalement
des Indo-Pakistanais et des Chinois.
• Les retraités, en majorité des Français et des hommes, dont certains sont mariés avec des
femmes malagasy. Ils sont généralement établis dans les régions côtières.
• Les investisseurs et cadres exerçant leur activité dans différents secteurs comme l’hôtellerie
et le tourisme, et quelques branches du secteur tertiaire. Ce sont également en majorité des
Français, Italiens et autres européens.
• Enfin, il existe une proportion marginale d’étrangers en situation humanitaire précaire,
notamment des demandeurs d’asile et des refugiés.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 77
En ce qui concerne l’impact des étrangers sur le développement de Madagascar, l’opinion générale
considère que la population étrangère a contribué assez bien au développement du pays. Toutefois,
personne ne perçoit cette contribution comme majeure, ni comme une situation qui prévaut encore de
nos jours. En fait, si on pouvait faire le bilan actuel de la présence étrangère, on mettrait probablement
en évidence un impact freinant le développement national et privilégiant leurs propres intérêts et leur
croissance économique au détriment du développement de la société malagasy.
La majorité des étrangers sont parfaitement intégrés. La plupart des responsables dans les grandes
sociétés et ONG étrangères implantées à Madagascar sont des étrangers et surtout des Français. Parmi
les facteurs favorables à l’intégration, on cite la proximité géographique pour les Comoriens, Mauriciens
et Réunionnais et leur histoire commune. La connaissance de la langue malagasy, l’engagement dans
des activités commerciales, les mariages mixtes et le fait d’investir dans le commerce et l’industrie
sont autant de facteurs favorables à l’intégration des étrangers. Excepté pour les Chinois arrivés
récemment, aucun signe distinctif tel que la religion ou la couleur de peau ne constitue une raison
pour la non intégration des étrangers à Madagascar.
Alors que les Comoriens et Africains peuvent générer des hostilités et rassemblent le plus de
discrimination, les anciens colonisateurs et immigrants qui occupent des postes-clés sont aussi
mentionnés comme source de problèmes associés à des comportement post-colonialiste.
Les facteurs défavorables à l’intégration sont plutôt rares dans l’ensemble. Toutefois des éléments
ressortent çà et là telle la problématique de l’accroissement de la présence de l’Islam dans certains
endroits côtiers liée à la présence comorienne, et le fait que la présence des étrangers soit associé à
l’essor de la prostitution dans certaines régions de Madagascar. Ce fait est surtout constaté au niveau
des régions où sont implantées les grandes sociétés minières ainsi que dans les régions touristiques.
Sur le marché de l’emploi qualifié, l’opinion que les étrangers prennent la place des Malagasy est
largement répandue. Par ailleurs, les Malagasy formés à l’étranger sont plus facilement recrutés par
les entreprises étrangères à Madagascar, par rapport à ceux formés au pays. La question se pose de
savoir si cela est un problème de compétence ou de discrimination négative à l’égard de ceux formés
au pays. Ainsi, la présence de différentes entreprises étrangères sur le territoire ne résout que très
partiellement le problème du chômage et contribue en partie au sous emploi à Madagascar.
Enfin, bien que la plupart des étrangers soient parfaitement intégrés à Madagascar, il est rapporté que
certains d’entre eux ne respectent pas les mœurs et coutumes malagasy, et ceci dans divers domaines,
ce qui provoque parfois des tensions au niveau de la communauté où l’étranger est établi. Ainsi des
problèmes ont émergé avec les Chinois arrivés depuis 1990. Alors que la première vague d’immigrants
chinois concernait des personnes très bien intégrées dans la société malagasy, la nouvelle immigration
chinoise, principalement à Antananarivo, pose de réels problèmes d’intégration (Fourner-Guérin, 2006).
B.2.2 : Un contrôle de l’entrée des étrangers défaillant
Tout d’abord, il ressort de l’enquête et des interviews que la situation en matière de gestion de
migration est actuellement préoccupante à Madagascar. L’administration présente des failles dans la
régulation et le contrôle des étrangers, ceci à tous les niveaux et dans tous les ministères concernés23. La
loi sur la gestion de la migration à Madagascar est désuète et est en cours de révision. La circulation de
l’information entre les différents départements ministériels qui traitent des données liées à la migration
internationale n’est pas nécessairement fluide et on constate un cloisonnement des informations sur la
23 P
lusieurs personnes ressources rencontrées ont évoqué « la corruption » au niveau de plusieurs départements
ministériels.
78 Migration à Madagascar: Profil National 2013
gestion de la migration à Madagascar. Le fait que différents départements s’occupent de l’octroi de visas
de séjour, alors que d’autres s’occupent du contrôle de la population étrangère rend les tâches de suivi
assez difficiles, s’il y a un manque de communication. Le suivi et le contrôle des étrangers à Madagascar
deviennent alors un défi majeur, surtout lorsque les moyens de l’Etat font défaut.
Connaissant cette défaillance, plusieurs étrangers ne respectent pas les dispositions relatives à la
migration. Certains étrangers ne signalent pas leur changement d’adresse. Dans beaucoup de villages, il est
bien connu que les étrangers qui y vivent ne sont pas tous en situation régulière. Pour les Chinois, par exemple,
beaucoup de nos interlocuteurs se demandent combien ils sont en réalité, sachant que sachant qu’un seul
passeport peut servir pour différentes personnes. Somme toute, comme le confirme Rakotomalala (1999),
la régulation de l’entrée des étrangers à Madagascar est défaillante du fait de la non-adoption de différentes
mesures, du manque de moyens et d’organisation qui rend le contrôle de l’administration inefficace.
Selon l’opinion des personnes rencontrées, des étrangers profitent egalement des faiblesses de
l’administration malagasy pour faire de Madagascar un tremplin vers l’Europe et l’espace Schengen,
avec de faux passeports. Les nationalités concernées sont surtout chinoise, irakienne, philippine,
indienne, sri-lankaise, congolaise et égyptienne, mais les données chiffrées manquent. Les passagers
arrivent principalement de Bangkok, mais également de Nairobi, et suivent des réseaux structurés
de trafic de personnes. Des Comoriens passeraient aussi par Madagascar pour tenter d’entrer en
France. Beaucoup d’entre eux sont en situation de clandestinité à Madagascar : ils entrent avec un
visa touristique puis négocient avec des universités privées pour poursuivre leurs études à l’étranger.
B.2.3 : Attraction des investisseurs étrangers et le problème des faux investisseurs
L’enquête EPTSV99 menée par MADIO en 1999 (Razafindrakoto et Roubaud, 1999) démontre
que Madagascar s’est engagé dans la voie de l’ouverture des frontières aux étrangers afin d’attirer
les investisseurs étrangers, ceci afin de pallier l’insuffisance de la mobilisation de l’épargne interne.
Mais le constat est que les mesures adéquates devant accompagner cette politique n’ont pas été
prises, et cela a entrainé des soucis du fait que l’entrée à Madagascar est devenue trop libre et
est qualifiée même de « sauvage » par les interlocuteurs. Les faux investisseurs sont le résultat du
manque de contrôle à l’entrée. Ils sont souvent qualifiés de « faux investisseurs », « petits investisseurs
aventuriers », « investisseurs sac à dos » ou « brigands d’affaires ». Ils investissent le plus souvent
dans le petit commerce de bar, restaurants ou dans les exploitations illicites des ressources naturelles.
Le laxisme en matière de délivrance des visas pour les investisseurs ne permet pas d’appliquer de
mesures effectives. Des étrangers profitent de cette politique d’ouverture pour les investisseurs pour
venir s’installer dans le pays et y exercer une activité professionnelle.
Bien qu’interdit par les textes, il est possible de fait de proroger ou de transformer un visa de séjour non
transformable au début du séjour en visa long séjour, surtout pour les investisseurs. Ainsi, des personnes
originaires de pays où des représentations diplomatiques existent se font délivrer un visa long séjour auprès
du MAE, une fois à Madagascar. Dans les faits, les personnes qui veulent se rendre à Madagascar entrent
au pays avec un visa tourisme et, une fois entrées dans la Grande Île, elles entament les procédures pour se
faire délivrer un visa long séjour dès qu’elles peuvent justifier qu’elles vont investir à Madagascar.
Pour l’investissement, aucun seuil financier minimal n’est requis et ceci facilite alors l’entrée de
toute personne voulant « investir » à Madagascar24. La majorité de ces « investisseurs » ne sont pas
des investisseurs sérieux et ils ne font qu’augmenter le rang des clandestins après l’échec de leurs
investissements ou de leurs entreprises, car ils perdent alors leur titre de séjour.
24 Cette mesure visait à gagner des places dans le classement « Doing Business » de la Banque mondiale.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 79
En outre, certains étrangers font des fausses déclarations sur les activités qu’ils mènent dans
le pays pour bénéficier du regroupement familial, alors qu’elles ne sont pas enregistrées dans la
catégorie des travailleurs. Ceci concerne surtout les Chinois qui sont dans le secteur du commerce
et de l’importation. Leur famille, une fois regroupée, assure la quasi-totalité des activités que mène
l’entreprise. Ces Chinois dominent le secteur du petit commerce. Ce sont les plus grands importateurs
à Madagascar et les produits « made in China » qu’ils vendent à très bas prix concurrencent les
produits locaux, étouffent l’économie malagasy et mettent en péril les industries nationales ainsi que
les activités de plusieurs opérateurs nationaux.
Des problèmes sont également signalés pour la délivrance des visas de courtoisie. Il est constaté
que plusieurs travailleurs bénéficient du visa de courtoisie alors qu’ils ne le devraient pas. En effet, les
ONGs, les associations et les autres organismes peuvent délivrer une attestation de complaisance à
une de leurs connaissances entrée avec un visa tourisme à Madagascar, pour lui permettre d’obtenir
un visa de courtoisie. Cette procédure ne nécessite pas beaucoup de pièces justificatives et le visa est
gratuit, alors que pour un grand nombre d`entre eux, ils ne devraient pas y avoir droit.
Dans la Grande Île, nos interlocuteurs estiment que, faute de contrôle adéquat, une large part
des travailleurs étrangers le font dans la clandestinité, car beaucoup n’ont pas de permis de travail
officiel. Des Africains, et notamment des Camerounais, sont impliqués dans des affaires de faux et
usage de faux. Des Comoriens sont également « prêts à tout » pour avoir la nationalité malagasy,
jusqu’à fabriquer des faux papiers d’état civil. Enfin, comme expliqué plus haut, d’autres étrangers font
expressément des fausses déclarations en tant qu’investisseurs pour pouvoir s’installer à Madagascar,
afin de mener des activités illicites.
B.2.4 : Des dizaines de milliers d’apatrides ou de « sans nationalité »
En ce qui concerne les apatrides, l’arrêté nº 1236 du 1er juillet 1961 prévoit la création d’un comité
pour statuer sur les cas d’apatridie à Madagascar, composé du Ministère de la Justice, du Ministère
des Affaires Etrangères et du Ministère de l’Intérieur. Ce comité n’aurait cependant jamais été
opérationnel. Pourtant, il semblerait que des cartes d’apatride aient été délivrées.
Il faut savoir que la naturalisation malagasy est actuellement quasi impossible à obtenir. Il faut
pouvoir prouver que l’un de ses parents est malagasy, au regard du droit civil malagasy. De plus,
un nombre marginal seulement d’apatrides déposent un dossier de demande de naturalisation au
Ministère de la Justice sachant qu’aucune suite ne leur sera donnée. Néanmoins une amélioration de
cette situation pourrait voir le jour puisque l’Ordonnance n°60-064 du 22 juillet 1960 portant sur le
code la nationalité malagasy est actuellement en processus de révision au niveau du Ministère de la
Justice, en collaboration avec d’autres ministères.
Des milliers de personnes d’origine indienne, comorienne et chinoise vivant à Madagascar depuis
plusieurs générations n’ont pas de nationalité reconnue. La DIE délivre des cartes de nationalité
indéterminée aux personnes dont la nationalité est inconnue et qui la demande.
L’Ambassade de l’Inde est consciente de cette situation puisque les Personnes d’Origine Indienne
(Persons of Indian Origin, PIO) ont une carte spéciale qui leur est délivrée. Il existe aussi des Citoyens
de l’Inde d’Outremer (Overseas Citizens of India, OCI). Toutes ces personnes d’origine indienne sont
comptabilisées par l’Ambassade qui les estime à environ 19 50025 à Madagascar. Les Malagasy les
appellent les « Karana ». Ils sont souvent perçus par les Malagasy comme des businessmen qui
25 A
joutés aux 2 500 citoyens indiens résidant sur le territoire malagasy, le nombre estimé d’Indiens toute catégorie
confondue est de 22 000 personnes.
80 Migration à Madagascar: Profil National 2013
s’enrichissent sur leur dos. Pour d’autres, les Karana ne sont pas des Malagasy. Ils sont en tout cas
perçus comme formant une communauté fermée, qui garde sa religion, sa culture et sa langue et ne
redistribue pas ses richesses au pays.
Leur permettre d’obtenir la nationalité malagasy est un enjeu majeur car il permettrait peut-être de faire
changer leur comportement, en leur donnant un sentiment d’appartenance à la nation malagasy et un
signe d’acceptation aussi. Selon l’Ambassade de l’Inde à Antananarivo, 99 % des Indiens (Karana compris)
sont dans le secteur tertiaire. Ces personnes apatrides rencontrent des difficultés à faire reconnaitre leur
nationalité d’origine. L’Ambassade de l’Inde permet de remonter jusqu’à quatre générations pour prouver
leur nationalité indienne, mais elle n’autorise pas la double nationalité. De son côté, la Chine ne reconnait
pas non plus la double nationalité, et même si nous ne disposons pas des chiffres, nous pouvons imaginer
un nombre au moins égal d’apatrides parmi eux à celui des apatrides indiens, étant donné que selon
plusieurs sources, les Chinois sont les plus nombreux à Madagascar.
Alors que Madagascar avait ratifiée en 1962 la Convention des Nations Unies de 1954 sur le statut des
apatrides, elle l’a dénoncée dès 1965. La question de leur statut et de leur accès a la nationalité malagasy
est donc toujours ouverte.
B.2.5 : L’accaparement des terres par les investisseurs étrangers
Un récent rapport, produit conjointement par trois organisations de la société civile : l’ONG italienne
« Re:Common », la plateforme malagasy « Solidarité des Intervenants sur le Foncier » (SIF) , et le « Collectif
pour la Défense des Terres Malgaches » (TANY), permet de faire le point sur ce problème crucial qui n’est
pas sans effet sur la mobilité des populations rurales et les migrations internes à Madagascar.
L’accaparement des terres ne date pas d’aujourd’hui. Il a commencé avec la colonisation mais le
processus s’accélère actuellement, avec des sociétés d’investissement qui achètent des terres laissées en
friches et profitent de la demande accrue de surfaces cultivables pour spéculer.
Des instances internationales, telles que la Banque mondiale et le FMI, ont encouragé l’Etat Malagasy à
permettre aux investisseurs d’acquérir des propriétés foncières.
En 2003, le code de nationalité a autorisé les achats de terres par les étrangers, à condition que le
montant investi soit au minimum de 500 000 dollars E.-U.
La loi 2007-036 sur les investissements qui a créé l’EDBM a plus encore favorisé ce genre de transactions.
En effet, cette loi stipule que des compagnies étrangères ou des investisseurs étrangers (des personnes
physiques qui ont obtenu un visa d’investisseur) peuvent acquérir des terres aux conditions suivantes :
• les terres doivent être exclusivement utilisées pour une exploitation professionnelle. Toute
utilisation personnelle et différente de l’exploitation convenue avec le gouvernement malagasy
est interdite. Si ces conditions ne sont pas respectées, le gouvernement peut légalement résilier
le titre de propriété ;
• l’investisseur ou la société étrangère doivent présenter un business plan de leur projet à l’EDBM.
Ce projet doit décrire précisément les objectifs et les investissements prévus à Madagascar.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 81
La célèbre affaire Daewoo (1,3 millions d’ha) est devenue emblématique du problème de
l’accaparement des terres. Grâce à la mobilisation nationale et internationale, ce projet n’a pas pu
se réaliser. L’investissement proposé par le Sud Coréen Daewoo à Madagascar était le plus important
qui ait jamais été vu : il s’agissait de louer pour 99 ans à Madagascar des terres, d’une superficie qui
d’environ 1 000 km2, pour cultiver du maïs et l’huile de palme et couvrir pas moins de la moitié de la
consommation nationale coréenne.
La circulaire 2010-321-10 du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation
a renforcé la procédure à suivre en matière de demande de terrain, notamment si la superficie est
supérieure à 2 500 ha. Cette circulaire permet au gouvernement de centraliser les informations
et d’avoir la main-mise pour favoriser les projets en cours, aussi bien en agro-éconmie que pour
l’exploitation des richesses du sous-sol (Clayton et al., 2011). Notons, au passage, que les investisseurs
qui souhaitent acquérir une superficie de plus de 1 000 ha doivent, en outre, obtenir au préalable
une licence environnementale afin de préserver les zones naturelles protégées (Décret MECIE, 2004).
Il semble clair, selon les personnes interviewées, que la situation n’est pas favorable à la petite
paysannerie qui constitue la majorité de la population malagasy. Il est impossible d’estimer le nombre
de familles touchées, faute de données. Dans les faits, par suite des investissements étrangers réalisés
depuis, des déplacements de populations ont eu lieu au départ de certaines régions. Ces paysans
dépossédés de leurs terres peuvent soit migrer vers les villes, ou rester sur place et devenir alors des
ouvriers agricoles ou saisonniers aux droits souvent précaires. Dans certains cas, les paysans sont
tout simplement déplacés de force, avec ou sans indemnisation. La compensation financière, s’il elle
existe, est souvent dérisoire par rapport aux préjudices subis. Plusieurs cas montrent que les nouvelles
terres attribuées aux paysans spoliés de leurs propres terres ne sont pas propices aux cultures. Aussi
se battent-ils souvent pour demeurer sur leurs terres fertiles près des points d’eau, sur les terres qu’ils
ont héritées de leurs ancêtres, où ils ont vécu pendant des décennies.
Les populations touchées s’expriment peu parce que des avantages à court terme leur sont
proposés. Mais il est indispensable d’évaluer toutes ces propositions sur le long terme. Le foncier est
un sujet très sensible et les familles malagasy ne cèdent leurs terres que si elles y sont obligées. La
mise en place d’une politique foncière et agricole favorable aux petits paysans constituerait, face à
l’agrobusiness, une alternative efficace pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et contribuerait à
la paix sociale ainsi qu’au bien être.
En définitive, la perception générale est que les investisseurs qui arrivent à Madagascar aujourd’hui
n’ont que rarement une vision durable du développement pour leur pays d’accueil. Leurs activités
n’amènent pas nécessairement des bienfaits économiques en termes de création d’emploi et de
revenus pour la population malagasy. Comme c’est le cas pour les activités qui tournent autour de
la filière des pierres précieuses, les profits des investissements sont le plus souvent rapatriés dans
d’autres pays et ne sont aucunement réinvestis à Madagascar au développement duquel ils ne
contribuent guère. Le pays regorge de richesses souterraines insoupçonnables, mais des voix s’élèvent
pour demander ce qui sera laissé en héritage aux générations futures.
De nos jours, par suite de la quête effrénée du pétrole, les deux tiers de l’ouest du pays sont en
passe de devenir un véritable « gruyère pétrolifère ». Comme le rappelle Ramambazafy (2008),
Madagascar se trouve à un tournant crucial de son histoire : va-t-il devenir réellement le dragon
économique de l’océan Indien, avec le risque de créer des conflits d’intérêts au même titre que les
gros pays exportateurs de pétrole, ou va-t-il finir en éternel pays en voie de développement ? Une
troisième voie plus sage est-elle possible, qui respecte à la fois le peuple malagasy et le territoire qui
lui appartient ?
82 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Le défi de l’or noir est neuf et crucial pour Madagascar. Il importe de mettre en place dès
maintenant des politiques publiques et sectorielles qui permettent d’atteindre une croissance
économique régionale et nationale soutenable, aussi bien écologiquement, économiquement que
socioculturellement, et d’éviter ainsi les situations d’exploitation, de corruption et de paupérisation
denoncées par Harel (2006).
B.2.6 : L’immigration et le tourisme sexuel
Dans un registre différent, il ressort de nos entretiens que le tourisme qualifié de sexuel est également
associé à l’immigration étrangère, même s’il concerne également les Malagasy. Ce tourisme sexuel pose
problème, dans la mesure où il déstructure le marché du travail et la société locale et viole les textes
législatifs nationaux prohibant le tourisme sexuel et l’ordonnance relative à la protection de l’enfance.
Peu de personnes sont inculpées de pédophilie dans le cadre du tourisme sexuel. Toutefois, il faut
savoir que les cas rapportés par les victimes sont rares parce que les parents refusent que l’affaire
passe en justice, pour des raisons d’honneur ou d’argent. Le plus souvent, ils préfèrent négocier avec
le coupable ou se font acheter leur silence. A Madagascar, plus de 50 % des travailleuses du sexe sont
des mineures, et 40 % des enfants âgés de 15 ans sont enfermés dans la prostitution dans certaines
régions selon UNICEF26, qui note également une baisse de l’âge des enfants qui se prostituent : 8 ans
à Mahajanga et 11 ans à Nosy Be.
Des accords de coopération judiciaire entre Madagascar et certains pays ont été signés ou sont en
projet de signature, afin de mieux lutter contre l’exploitation des enfants. Ainsi, un accord pour les
extraditions de coupables de pédophilie a été signé avec la France et des projets de coopération sont
en cours avec la Thaïlande et la Birmanie, pays également très concernés par le problème du tourisme
sexuel. Par ailleurs, une charte a été signée le 18 juillet 2013 par tous les hôteliers à Nosy-Be, lors d’un
atelier UNICEF-BIT pour s’engager contre l’exploitation sexuelle des enfants.
Malgré l’existence de textes législatifs (la loi 2007-038 du 14 janvier 2008 prohibant le tourisme
sexuel et l’ordonnance n°62-038 du 19 septembre 1962 relative à la protection de l’enfance), son
application reste difficile en raison de la persistance d’us et coutumes malagasy, comme le « marché
des jeunes filles » dans la région Sofia, des contrats de pré-mariages, ou l’offre de « couverture pays »
dans le Sud27, qui mettent à mal à l’intégrité physique des jeunes filles. Comme on peut s’en rendre
compte, ces problèmes ne concernent pas seulement les immigrés étrangers.
Dans le secteur minier, le comportement de certains étrangers a été dénoncé parce qu’ils
fréquentaient des prostituées mineures et qu’ils alimentaient la pédophilie et l’exploitation sexuelle
des enfants dans la région. Toutefois, même si des liens peuvent être trouvés entre immigration et
exploitation sexuelle des enfants, il ressort de notre analyse que ce problème n’est pas l’apanage des
seuls étrangers et qu’il doit être abordé de façon globale.
26 h
ttp://[Link]/Madagascar-La-prostitution-des-jeunes-filles-mineures-denoncee-par-l-UNICEF_
[Link].
27 Des jeunes filles sont « offertes » aux invités en guise de cadeau de bienvenue.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 83
B.3 : L’émigration des Malagasy et la diaspora
Tout d’abord, il est important de retenir que pour l’émigration des Malagasy, le voyage coûte cher
et que cela limite, par conséquent, la propension à émigrer pour les nationaux. Seules les classes
aisées ainsi que ceux dont les frais de voyages sont pris en charge (comme les travailleurs et surtout
les femmes domestiques) peuvent se le permettre. A Madagascar, les raisons d’émigrer pour les
importantes populations rurales sont les mêmes que par ailleurs, mais l’émigration vers la ville ou vers
d’autres régions rurales est préférée par rapport à l’émigration internationale et ce, pour des raisons
financières évidentes mais aussi par peur de l’inconnu.
Selon nos interlocuteurs, les principales raisons de l’émigration sont, dans l’ordre d’importance
décroissante, la recherche d’un travail, les études, les raisons familiales (regroupement familial
et mariage mixte) et enfin les raison de santé. Les aspects positifs liés à l’émigration sont mis en
évidence par les répondants malagasy tandis que les experts extérieurs mettent plutôt en évidence
les aspects défavorables. Parmi les aspects favorables, on retrouve bien évidemment les transferts de
fonds, avec l’aide aux familles que ces fonds apportent. On signale également l’expérience positive
et les compétences acquises par les émigrants, pour autant qu’ils rentrent au pays. Parmi les aspects
défavorables, on retrouve les problèmes liés à la traite des femmes et au non-respect des droits
fondamentaux des travailleurs migrants, la fuite des cerveaux et le faible taux de retour aux pays.
Beaucoup de personnes interviewées sont d’avis que l’émigration est favorable exclusivement pour
les intéressés et non pas pour leur pays d’origine. De même, les remises de fonds sont très utiles
pour les familles des émigrants, mais contribuent très peu au développement du pays. Madagascar
a besoin de compétence pour assurer son développement à l’échelle nationale et on estime que
seulement la moitié de ceux qui poursuivent des études supérieures à l’étranger reviennent au pays.
De nombreux Malagasy bénéficient de bourses pour suivre des études et des formations à l’étranger.
Ces étudiants s’adaptent assez facilement au contexte et à l’environnement où ils se trouvent même
si ce sont surtout les problèmes financiers qui handicapent les étudiants malagasy à l’étranger. Pour
la plupart d’entre eux, les boursiers se sont engagés à retourner au pays après leurs études. Mais la
réalité est différente et peu y reviennent. Madagascar souffre d’une importante fuite de cerveau. Dans
le contexte socio-politique actuel, la majorité des étudiants cherchent à l’étranger d’autres horizons
plus viables et adéquats à leurs aspirations professionnelles.
Quelle action politique prendre à l’encontre de l’émigration des Malagasy vers l’étranger ? Pour
une courte majorité des réponses, le gouvernement devrait limiter l’émigration, tandis que les autres
interlocuteurs, un peu plus nombreux, considèrent qu’il faut l’encourager. La plupart s’accordent sur
le fait qu’il faut respecter le droit des Malagasy qui veulent émigrer et, parallèlement, faire respecter
les droits des émigrants à l’étranger en établissant des accords bilatéraux avec les pays d’accueil. Sur
ce point, l’Etat Malagasy n’est pas suffisamment actif selon nos interlocuteurs. En fait, la protection
assurée par l’Etat à ses ressortissants à l’étranger est quasi inexistante, du fait du nombre restreint
de représentations de Madagascar dans le monde. Il n’existe alors pas de moyens d’action en cas de
nécessité. La majorité de nos interlocuteurs soutiennent la décision récente visant à suspendre l’envoi
des travailleurs vers les pays à haut risque.
Par ailleurs, les travailleurs émigrants ont besoin d’une formation au préalable et un encadrement
effectif de tout ce qui touche à l’émigration et au séjour à l’étranger. Le plus grand problème relatif à
l’émigration des travailleurs est la situation des jeunes filles qui émigrent comme domestiques dans
des pays à haut risque, c’est-à-dire les pays du Golfe, qui ne respectent pas les conventions sur le
respect des droits humains qu’ils n’ont d’ailleurs pas ratifiées. Beaucoup de ces jeunes filles se sont
84 Migration à Madagascar: Profil National 2013
plaintes de mauvais traitements et sévices qui leur ont été infligés. Ces problèmes sont notamment
dus au mode de recrutement et le manque de suivi par les agences de placement.
En 2011, face à une situation devenue dramatique, le gouvernement a décidé d’interdire l’envoi
de femmes domestiques vers les pays arabes. Toutefois, l’envoi de femmes à l’étranger s’est poursuivi
malgré les différents problèmes évoqués, via des dérogations spéciales permettant aux agences
de placement de contourner l’interdiction d’émigrer vers les pays arabes, dérogations uniquement
vérifiées par la PAF, lors du départ. Pour parer à cette situation, un comité interministériel a été
mis en place pour réguler, contrôler et assurer le suivi des travailleurs émigrants mais, selon nos
interlocuteurs, il n’a jamais été opérationnel (une seule réunion depuis janvier 2013).
Le 25 juillet 2013, le Premier Ministre de la Transition a annoncé la création d’un nouveau Comité
interministériel, dirigé par la Primature et non plus par le MFPTLS, ce qui marque un premier pas vers
une proposition de solutions concrètes pour ces femmes domestiques victimes de mauvais traitements.
Un cahier d’enregistrement des femmes qui partent et de celles qui reviennent est tenu à jour par la
PAF. Les chiffres que l’on peut y collecter montrent que le nombre des candidat(e) à l’émigration est en
augmentation. Entre 2009 et 2010, le nombre de femmes malagasy qui ont émigré au Liban est passé
de 657 à 3 919 (MFPTLS). Suite à l’interdiction de 2011, ce chiffre est retombé à zéro, mais on note en
même temps une augmentation notoire de l’émigration tout d’abord vers le Koweït (1 626 en 2012
contre 165 en 2011) et plus récemment vers l’Arabie Saoudite. Dans ce domaine, il importe de préciser
que Madagascar n’a pas encore ratifié toutes les conventions internationales, ce qui rend difficile la
prise de mesures face aux problèmes rencontrés au niveau international.
En ratifiant en novembre 2013, la convention internationale sur la protection des droits de tous les
travailleurs migrants et des membres de leur famille du 18 décembre 1990, Madagascar marque un
pas dans la reconnaissance des problèmes de ses ressortissants expatriés.
Enfin, de l’avis général, le meilleur moyen de freiner l’émigration est le développement du pays et
plus particulièrement celui des zones de départ des émigrants. Il convient d’intensifier les efforts de
développement local afin de fournir des opportunités locales aux jeunes et d’éviter l’émigration et
développer le tourisme, afin de garder les jeunes à Madagascar.
De l’avis de nos interlocuteurs, les Malagasy sont plus de 200 000 de par le monde, ce qui dépasse
largement les estimations statistiques que nous avons pu faire dans ce Profil Migratoire. Les principaux
pays d’émigration sont la France largement en tête, y compris La Réunion. Viennent ensuite dans
l’ordre d’importance décroissante le Canada, les Etats-Unis d’Amérique, le Liban et Maurice. La France
vient en première position, ce qui s’explique en partie par la relation historique de ce pays avec la
grande île et le fait qu’ils partagent la langue française.
Mais le constat général est que les Malagasy à l’extérieur n’entretiennent pas vraiment de relations
avec leur pays d’origine. Les transferts financiers sont moindres par rapport à d’autres pays d’émigration.
De même, les investissements des expatriés dans leur pays d’origine ne sont pas aussi importants. Quand
il y a transfert de fonds, dans la majorité des cas, c’est pour faire face à un problème ponctuel de la
famille, ou pour monter des petits commerces de détail. Très peu nombreux sont les Malagasy expatriés
qui investissent dans de grands projets. Vu sous un autre angle, ceci peut s’expliquer par la morosité
de l’environnement économique de Madagascar qui amène ses ressortissants à l’étranger à tourner le
dos au pays. En réalité, la majorité de ceux qui arrivent à s’installer convenablement dans d’autres pays
essayent d’y attirer leurs familles et ne reviennent pas. Mais, dans tous les cas, ces émigrés et leurs
descendants resteront toujours des Malagasy, sur le papier comme dans la société malagasy.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 85
B.4 : Migration interne et urbanisation
Le rapport de la Banque mondiale sur le défi urbain (2011) constate que la plupart des engagements
pris sur la période 2007-2015 dans le Madagascar Action Plan 2006 sont consacrés au développement
rural et à l’environnement, et qu’il n’y a que peu d’engagements spécifiques sur l’urbain.
L’urbanisation croissante du pays offre une opportunité pour la société malagasy. L’attirance
des villes répond à l’émergence d’opportunités économiques, offre en outre des marchés de
consommateurs qui attirent les opérateurs économiques, qui peuvent tirer eux-mêmes des avantages
de leur proximité. Pourtant l’urbanisation est aussi un défi. Les pertes des repères traditionnels sont
une réalité qui laissent la place à un vide culturel où se cultivent l’envie et la peur. Non seulement
les inégalités deviennent alors plus visibles en ville qu’à la campagne, mais la misère se développe,
surtout parmi les jeunes, ce qui mènent à l’exclusion et aux violences qui sont devenues une réalité
dans les grandes villes du pays.
Les villes malagasy sont mal préparées face à leur avenir. Les opportunités économiques sont
freinées par de nombreux obstacles, l’habitat y est précaire et guère soutenu par une gestion foncière
opaque, le transport rendu difficile par les congestions et le manque d’infrastructure, l’accès à
l’éducation perturbé par l’arrivée continue de nouveaux élèves et les réseaux d’eau et d’assainissement
tant délabrés que la capitale Antananarivo est perçue comme une des villes les plus sales du monde.
L’émergence et l’essor des centres urbains sont la combinaison de multiples facteurs au nombre
desquels la migration rurale-urbaine joue un rôle essentiel. A Madagascar, l’analyse de la Banque
mondiale suggère que l’attirance pour les villes est associée à (i) la présence d’établissements scolaires,
(ii) de réseaux de communications (internet et téléphone), (iii) l’accès aux services d’électricité et
d’eau et (iv) l’accès au crédit. Les villes produisent le meilleur et le pire. Pour beaucoup de ménages,
elles offrent des opportunités d’éducation et donc d’emplois. Pour d’autres, elles précipitent la
marginalisation et l’exclusion car les mécanismes traditionnels de solidarité sociale ont tendance à
disparaître.
Les enquêtes Mc RAM (2011) ont démontré que l’immigration urbaine pendant la crise impliquait
plus les jeunes, les personnes à un niveau d’instruction élevé et vivant dans les ménages aisés. La
migration rurale-urbaine a proprement parler ne représente qu’à peine un cinquième de l’ensemble
des immigrants à Antananarivo, les autres venant de la banlieue proche ou d’autres villes du pays.
Par ailleurs, les motifs de migration des personnes originaires du milieu rural sont avant tout d’ordre
économique et ensuite les études. Il s’avère que les coûts initiaux nécessaires pour le déplacement
et frais relatifs à l’installation en ville limitent le mouvement migratoire des personnes vivant dans les
ménages très pauvres.
Face à la misère urbaine, les groupes vulnérables, ceux qui n’ont pas de terres ou de domicile
fixe, rassemblent de plus en plus de migrants, qui s’installent dans les bas quartiers de la ville et
dans les banlieues en raison des loyers plus modérés. Ces familles sont exposées à un fort risque
d’insécurité alimentaire faute de pouvoir exercer les activités agricoles auxquelles ils se consacraient
en zone de départ. La terre est l’unique richesse pour la majorité des Malagasy. C’est pourquoi elle
est convoitée par de nombreux acteurs dans les centres urbains, y compris l’Etat et les entreprises
attirées par la présence d’un marché potentiel de consommateurs. Très vite, les migrants aspirent
à devenir propriétaire de leur logement pour sécuriser leur habitat et léguer une richesse à leurs
descendants. Mais la terre est une source d’enjeu auquel ils sont confrontés. La gestion du foncier
étant loin d’être optimale, ils éprouvent souvent des difficultés à identifier un terrain, à le sécuriser
par un titre foncier et à l’aménager. Il y a donc un besoin urgent de revoir le système foncier actuel
86 Migration à Madagascar: Profil National 2013
qui est une des barrières essentielles au développement harmonieux des villes à Madagascar et à
l’intégration des migrants.
L’une des conséquence de la migration urbaine est certainement la perte de terres agricoles due à
l’expansion urbaine. Les terres dans la périphérie semi-rurale d’Antananarivo gagnent en valeur à mesure
que la demande de terrains constructibles augmente. De nombreux propriétaires fonciers constatent
dès lors que les revenus; agricoles qu’ils tirent de leurs terres sont inférieurs à ce qu’ils gagneraient
en cédant les terrains à des promoteurs immobiliers. Ceci conduit au déplacement de ces populations
originalement rurales, dont un grand nombre sont des locataires et perdent dès lors leur moyen de
subsistance, une fois que la terre est vendue.
Si la pauvreté rurale et le bouleversement climatique peuvent avoir un effet qui poussent les gens
à la migration rurale urbaine, il y a aussi dans la vie à Antananarivo des éléments importants qui ont
un effet d’attraction sur les populations rurales. Parmi ces facteurs importants, il y a un large éventail
d’opportunités économiques disponibles en ville par opposition à la dépendance quasi-exclusive à
l’agriculture. Bon nombre de ces opportunités se trouvent dans le secteur informel. Le commerce de
rue, la main d’œuvre occasionnelle, le portage, la lessive, la domesticité, la mendicité et la prostitution
sont autant de stratégies de génération de revenus que les migrants suivent et qu’ils ne trouvent pas en
milieu rural.
Il est important de préciser que la migration vers la ville n’est pas forcément synonyme de misère. En
fait, de nombreux migrants sont relativement mieux éduqués, ce qui facilite leur insertion. L’urbanisation
de Madagascar suit une logique, similaire à d’autres pays : les villes attirent les ménages qui, en moyenne,
y vivent mieux que dans les campagnes, même si les inégalités et les risques de basculer dans la misère
y sont plus grands. Ainsi, les migrants risquent de basculer dans la misère lorsqu’ils ne peuvent pas
compter sur un appui familial ou ethnique lors de leur arrivée ou sur des liens forts avec la famille restée
au lieu d’origine.
L’impact de la migration rurale-urbaine sur l’environnement et les infrastructures urbains est
indéniable. L’afflux de migrants dans une agglomération urbaine, s’il est mal géré, provoque des
congestions qui peuvent aller jusqu’à nuire voire éliminer les avantages attendus de l’urbanisation. Seule
l’agglomération d’Antananarivo est aujourd’hui concernée par les problèmes de congestion car les autres
villes de Madagascar n’ont pas encore atteint une densité démographique suffisante. Toutefois, si le
problème de la congestion urbaine à Antananarivo est visible, il n’est pas encore critique en comparaison
de nombreuses villes de taille similaire de par le monde.
Bon nombre des défis associés à l’environnement et aux infrastructures d’Antananarivo sont dus à
l’accroissement de la densité de population. Il est à noter que cet accroissement n’est pas uniquement
imputable à la migration rurale-urbaine, vu que la ville présente également un taux élevé de croissance
démographique endogène. Toutefois, cette croissance endogène est également en partie attribuable aux
générations précédentes de migrants, dont les enfants ont vu le jour en ville. Il est clair, par ailleurs, que
de nombreux migrants considèrent leur présence dans la capitale comme temporaire. Etant donné que
ces migrants font commerce avec des personnes de leur lieu d’origine et que ce commerce exige d’eux
qu’ils y retournent fréquemment, bon nombre d’entre eux ne considèrent pas Antananarivo comme leur
lieu de résidence permanent, même s’ils y passent le plus clair de leur temps.
Il est très difficile, dans ce contexte, d’établir des données fiables sur la contribution économique
effective des migrants à l’économie de la capitale. Les migrants travaillent à tous les niveaux de l’économie,
dans le secteur formel comme informel, et apportent donc tous, plus ou moins, une contribution.
Beaucoup de ces migrants se trouvent en ville, non pas parce que leurs terres ne suffisent pas à subvenir à
leurs besoins, mais parce qu’elles sont fertiles et génèrent des surplus exportables. Ceci crée une relation
Migration à Madagascar: Profil National 2013 87
économique très dynamique entre la ville et la campagne. Tout en générant des activités économiques
à Antananarivo, le commerce crée également des opportunités dans les régions d’origine des migrants,
étant donné que les camions qui transportent les produits à Antananarivo reviennent chargés de biens
de consommation à vendre dans les villes rurales et les villages.
Le cas particulier des zones franches (ZF) est à relever. Leur implantation à Madagascar, et plus
spécifiquement à Antananarivo, dès 1991 visait à relancer un développement économique où les
exportations joueraient un rôle moteur, en permettant aux sociétés de réduire le coût de production des
biens de consommation, à l’aide de mesures incitatives telles que l’exonération d’impôts. Ces ZF se sont
avérées très sensibles au climat économique national et international, connaissant un essor pendant
les années de stabilité politique et de croissance économique mondiale et un déclin dans le contexte de
crise politique et de récession mondiale (Cling, Razafindrakoto et Roubaud, 2007).
L’existence de ces ZF a favorisé des taux élevés de migration rurale-urbaine, notamment parmi les
femmes. Ces migrants étaient attiré par la perspective d’un travail salarié, même si le salaire mensuel
moyen y était plus faible que ceux offerts par les autres types de sociétés industrielles. L’aspect positif des
ZF est qu’elles offrent des opportunités d’emploi à certains des migrants qui ne jouissent généralement
pas des réseaux de soutien nécessaires pour obtenir un emploi salarié régulier. Toutefois, ces personnes
se retrouvent paradoxalement dans une position extrêmement vulnérable à la perte de leur emploi, ce
qui, en période de conjoncture économique moins favorable, atténue le caractère positif des ZF pour les
immigrants en provenance des régions rurales du pays.
B.5 : Migration, utilisation du sol et effets néfastes sur
l’environnement
Les liens entre migration, utilisation du sol et environnement sont multiples et complexes. D’une
part, la plupart des projets développés par les investisseurs étrangers ont un impact indéniable sur
l’environnement, cet impact devant être évalué dans le contexte de l’accaparement des terres abordé
précedemment. D’autre part, les ruées ou migrations massives intérieures au pays en quête d’une
exploitation artisanale des ressources du sous-sol perturbent également largement l’environnement
dans les zones concernées. Mais l’environnement est mis à mal dans bien d’autres contextes. Ainsi,
les migrations rurales entre zones surchargées et zones mises en culture exercent une pression
démesurée sur les zones en expansion. Le comportement même des paysans et éleveurs malagasy
cherchant à accumuler des terres nouvelles et à accroître leur cheptel n’est pas sans impact néfaste
sur la nature. Enfin, la politique de protection des aires protégées et de la biodiversité peut elle-même
engendrer des situations qui, par manque de prise en compte des réalités locales et des traditions des
populations concernées, peuvent contrarier la réalisation des objectifs initiaux.
Le secteur minier, sous sa forme artisanale par des exploitations à petite échelle ou par de
grandes entreprises soutenues par des investissements étrangers, y compris pour l’exploitation
pétrolifère, mérite une reconsidration particulière au regard de ses impacts destructeurs sur la forêt
et la biodiversité. Sa règlementation difficile, couplée aux phénomènes de ruées qui se manifestent
à chaque fois que de nouveaux gisements d’or ou de pierres précieuses sont découverts, souvent
dans les forêts et les aires protégées ou à proximité, font tout autant de ravages irréversibles sur
l’environnement (Canavesio, 2010 ; Cook et Healy, 2012). A tout cela s’ajoute une exploitation illicite
des bois précieux qui serait le fait d’étrangers installés à Madagascar depuis quelques générations,
qui les réalisent avec une mobilisation des devises étrangères et une main d’oeuvre locale. Les
conséquences de la déforestation sur le plan bio-physique sont immédiates : la disparition très rapide
88 Migration à Madagascar: Profil National 2013
des couverts forestiers sur de grandes surfaces entraîne (i) une perte très importante de la biodiversité
(floristique et faunistique) au demeurant unique au monde; (ii) un problème de pénurie de bois
d’œuvre et d’énergie dans le moyen terme pour les populations urbaines et (iii) une dégradation des
sols associée à une perturbation de l’équilibre écologique.
Il ne faut pas perdre de vue qu’en plus de ces impacts majeurs sur l’environnement physique et
naturel, l’exploitation démesurée des ressources du sous-sol entraine des impacts sociaux plus larges.
Ainsi, dans la majorité des cas, les communautés de base ne bénéficient pas réellement des retombées
des grands investissements dans leurs régions. L’inflation, la délinquance et la prostitution, y compris
infantile, autour des sites miniers sont des phénomènes souvent constatés que l’on ne peut dissocier
du problème du respect de l’environnement humain, au sens le plus large.
Par ailleurs, l’installation de nouveaux immigrants, même temporaires, suppose des stratégies
foncières qui, dans un espace en cours de rapide réduction, ne peuvent manquer de déboucher sur
des tensions et des affrontements. Désormais, on ne défriche plus seulement pour produire du maïs,
mais aussi pour marquer ses droits fonciers et contenir ceux d’éventuels rivaux. De telles pratiques se
doivent d’être réglementées afin de garder la situation sous contrôle, en parfaite harmonie avec les
pratiques traditionnelles et la situation socio-économique dans les régions concernées.
Selon Razanaka et al (2001), Madagascar traverse une crise écologique alarmante, dont la portée
sur l’environnement est particulièrement catastrophique, compte tenu de la fragilité de l’île sur
plusieurs plans, milieu physique et milieu biologique. L’île subit un phénomène de déforestation qui
touche plus de 100 000 ha de ses forêts par an. La situation est particulièrement grave dans l’Ouest
et le Sud-Ouest. Cette zone s’avère plus fragile que celle de la région orientale, du fait des conditions
climatiques plus sévères de type semi-aride qui y prévalent. Madagascar est identifiée comme une des
priorités de conservation de la biodiversité dans le monde, considérant la diversité de ses ressources,
leur endémisme et la menace qui pèse sur elles (Sarassin, 2006). Selon Aubert et al. (2013), l’impératif
de la conservation de la biodiversité comme patrimoine commun de l’humanité focalise l’attention
de la communauté internationale sur Madagascar. Mais force est de constater que la mise en place
du système d’aires protégées de Madagascar relève davantage de la gestion de la biodiversité en
termes de bien public mondial, les populations locales étant exclues le plus souvent des décisions. Les
limitations d’accès dans les aires protégées, et ceci pour des populations en dépendance traditionnelle
par rapport aux ressources naturelles renouvelables, risque fort de renforcer l’exploitation illicite des
produits forestiers et la culture sur brûlis (Ramamonjisoa, 2004). Et en ce qui nous concerne, elles
pourraient favoriser leur départ de la terre ancestrale, avec tout ce que cela signifie en terme de
rupture.
Durant cette dernière décennie, et bien que l’on manque d’indicateurs précis, on estime que
la dégradation de la forêt s’est accélérée en raison de l’afflux de migrants. L’immigration rurale,
phénomène ancien et structurel, s’est amplifiée dans la période récente, et l’extension des
défrichements y est spectaculaire et largement incontrôlée. Ces conditions ont incité le gouvernement
malagasy à élaborer et à mettre en œuvre depuis la fin des années 1980, avec notamment l’appui
financier et technique de la Banque mondiale, un plan d’action environnemental visant à freiner cette
dégradation. Avec la persistance des flux d’immigration dans certaines régions, l’espace continue à
se rétrécir et les concurrences territoriales à s’aggraver. Les stratégies de survie ou, simplement, de
poursuite des processus d’accumulation de richesse, passent désormais par la forêt. La forêt, «maillon
faible» du système, est maintenant saccagée par tout le monde, y compris par les autochtones qui en
étaient, il y a peu encore, les défenseurs naturels (Muttenzer, 2006).
Migration à Madagascar: Profil National 2013 89
Le récent rapport de la Banque mondiale (2013) dresse le tableau de la situation, en reconnaissant
que les ressources naturelles sont un élé́ment déterminant de l’avenir du pays. Le capital naturel de
Madagascar, y compris les forêts, aires protégées et terres agricoles, représente l’essentiel de la richesse
du pays. Cependant, les ressources exportables, notamment minières et pétrolifères, sont encore peu
valorisées. Le développement humain proviendra de la transformation efficace de ce capital naturel
en capital productif et humain. L’efficacité de cette transformation dépend de la bonne gouvernance
des ressources naturelles. Ce même rapport conclut que la politique de croissance économique du
pays ne doit pas perdre de vue la gestion des ressources renouvelables (et de leurs revenus) et celle
de l’environnement, sans oublier la prévention des dégâts dus aux événements climatiques. La venue
de chercheurs internationaux dans le domaine de l’environnement peut contribuer à améliorer sa
gestion, encore faut-il que les résultats des recherches soient valorisés à Madagascar.
Dans un contexte international de pression pour intégrer Madagascar dans l’économie mondiale, les
investissements étrangers apparaissent aujourd’hui comme une condition nécessaire à la croissance
économique, malgré de nombreuses réserves formulées à cet égard. Dès lors, il convient de réfléchir
quel modèle de développement non seulement économique mais humain il faut prôner. Ce modèle
de développement doit se reposer sur l’équation voulant que la croissance économique et celle des
exportations contribue au développement humain à Madagascar, en faisant reculer la pauvreté tout
en protégeant l’environnement et la biodiversité.
90 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Partie C : Evaluation de la situation relative aux
migrations à Madagascar
C.1 : Améliorer les statistiques disponibles sur la migration
Le premier constat touche aux données statistiques disponibles. Rappelons que ces données
doivent constituer l’ossature d’un Profil Migratoire, afin de fournir les données objectives en termes
de niveaux et de tendances pour soutenir le développement d’une politique migratoire et permettre
d’en estimer, a posteriori, son efficacité. A Madagascar, force est de constater que de nombreuses
lacunes existent sous cet aspect.
• C
.1.1. Selon le Décret n° 95-596 du 12 septembre 1995, l’Institut National de la Statistique
(INSTAT) a pour mission de concevoir et de coordonner la mise en œuvre de la politique nationale
en matière de statistique et de ses divers champs d’application dans les domaines économique,
démographique et social et ce, en optimalisant les ressources dont il dispose tant du point de vue
humain, que du point de vue financier et matériel. Afin d’accomplir cette mission, il est indéniable
que les ressources de l’INSTAT doivent être adaptées à la hauteur des exigences d’une autorité
statistique. Ceci devrait permettre de remédier à l’insuffisance du nombre de cadres formés en
statistique par rapport aux tâches à venir. A cet effet, un appel aux compétences de la diaspora
malagasy de par le monde pourrait être approprié. Il convient de ne pas négliger que la tenue
d’un recensement doit se baser sur une structure statistique solide à l’échelle des 22 régions et,
encourager la formation dans le domaine statistique est primordial.
• C.1.2. Considérons les données produites par l’INSTAT dans le domaine démographique et plus
spécifiquement celui des migrations. L’examen des données disponibles est relativement maigre.
Tout d’abord, le recensement qui représente généralement la source première de données chiffrées
à l’échelle nationale et régionale dans un pays n’a plus été organisé depuis 1993 alors que la
population dénombrée était de moitié moindre de celle estimée actuellement. La non organisation
du futur recensement n’est pas uniquement la faute des autorités locales ou régionales, ni celle de
l’INSTAT, ni non plus celle de la communauté internationale, ni enfin, comme tout le monde veut le
croire, celle des crises politiques. Dans la société malagasy, nous avons perçu qu’il n’existe que peu
de volonté politique de mener un recensement. Le recensement doit être une priorité nationale
car ceci aiderait à mettre en œuvre une politique de population et de développement avec une
portée à la fois nationale et régionale, politique.
• C
.1.3. Une attention particulière doit être portée aux préparatifs du futur recensement. Ceci
comprend la cartographie pré-censitaire qui, parce qu’elle a été faite en 2008, nécessitera une sérieuse
révision. L’établissement du questionnaire ne pourra être négligé et nous donnerons ci-dessous des
suggestions concrètes en ce qui concerne l’appréhension des migrations et la caractérisation des
personnes issues de l’immigration internationale. La conscientisation de la population malagasy à
l’importance du recensement et l’assurance qu’aucun trouble ne vienne en perturber l’organisation
sont des points à ne pas négliger.
• C
.1.4. Outre tous les aspects logistiques traditionnels, il conviendra d’attacher une attention
particulière à la détermination la résidence habituelle de chaque Malagasy, selon les
recommandations internationales en la matière. Ceci devrait permettre d’éviter les doubles-
comptes et de maximiser le taux de couverture de la population énumérée.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 91
• C
.1.5. Par ailleurs, tout doit être mis en œuvre pour qu’une première série de résultats qualifiés
de préliminaires soit produite rapidement. Il conviendra également de ne pas minimiser le besoin
en termes d’analyse et d’interprétation de ceux-ci. Sur ce point précis, des sessions de travail avec
chacun des ministères ou institutions concernées peut contribuer au succès de l’opération, au
même titre que l’implication d’experts compétents dans les domaines étudiés.
• C.1.6. La moindre des tâches attendues à l’issue d’un recensement n’est pas celle de disséminer
les résultats de la façon la plus adéquate possible. Ceci se fera en gardant à l’esprit l’indispensable
simplicité de langage qui doit être utilisé dans les publications destinées au grand public. Le site internet
de l’INSTAT déjà largement opérationnel pourra servir de vecteur de diffusion de façon pertinente.
• C
.1.7. Il est important et utile également que les données individuelles anonymisées du recensement
soient accessibles ultérieurement pour les équipes scientifiques qui souhaiteraient, aussi bien dans
le pays qu’à l’étranger, parfaire les analyses et contribuer activement à l’élaboration de politiques
visant à sortir le pays de la spirale de la pauvreté, avec pour objectif un développement soutenable
et durable de la société malagasy.
• C
.1.8. Dans le domaine des migrations, outre l’exigence du suivi des recommandations scientifiques
internationales en matière d’identification de la résidence habituelle, nous recommandons
d’introduire dans le questionnaire du futur recensement les questions suivantes :
1. Le lieu de naissance y compris le détail du pays étranger pour ceux nés hors de Madagascar.
2. La nationalité à la naissance, la nationalité actuelle et la seconde nationalité éventuelle.
3. Le lieu de résidence habituelle un an avant la date du recensement en précisant s’il s’agit
du même logement, d’un autre logement dans la même localité, d’un autre logement dans
le même district, d’un logement dans un autre district à préciser, ou d’un pays étranger à
préciser. Cette question s’est révélée être la plus appropriée pour la mesure des mouvements
migratoires internes et internationaux, notamment par comparaison à la question sur le lieu
de résidence antérieur.
4. Pour chaque mère, demander outre le sexe, la date de naissance et la survie de ses enfants,
leur lieu de résidence habituelle (district).
• C
.1.9. La tâche principale de l’INSTAT consiste actuellement dans l’organisation d’enquêtes spécifiques
qui s’inscrivent dans des campagnes d’enquêtes à l’échelle internationale et sont donc le plus
souvent financées à partir d’un financement international. Les deux principales enquêtes, l’enquête
périodique auprès des ménages (EPM) et l’enquête démographique et de santé (EDSMD) ont une
périodicité peu régulière. La dernière EPM date de 2010 et elle fut précédée de la dernière EDSMD
organisée en 2008/2009. Les thèmes abordés dans ces deux types d’enquêtes étaient assez divers et
détaillés mais on note une certaine redondance des questions posées dans l’une et l’autre enquête.
La situation idéale serait d’organiser une enquête unique annuelle auprès des ménages touchant
aux points qui leur sont communs et d’adjoindre, selon les années, des modules supplémentaires
proposant des questionnements sur les sujets sensibles du moment. Le caractère annuel de ce
type d’enquête et sa représentativité à l’échelle des 22 régions sont des points essentiels pour leur
utilisation afin de mettre en évidence des tendances et des variations régionales.
• C
.1.10. Le questionnaire de base de ce type d’enquête devrait inclure chacune des variables
mentionnées ci-dessus dans le cadre du recensement ainsi qu’un module spécifique destiné
à circonscrire les mouvements d’émigration à la fois interne et internationale. Le module
« émigration » dans sa forme la plus simple vise à identifier les membres du ménage enquêté qui
92 Migration à Madagascar: Profil National 2013
ont quitté celui-ci dans les douze mois qui précèdent l’enquête. Pour chacun des émigrés récents,
on cernera les caractéristiques d’âge, de sexe et d’éducation, le lieu de résidence à l’étranger et
l’occupation ainsi que la raison de l’émigration (à choisir dans une liste préétablie de raisons testées
à l’occasion d’une enquête pilote). Une question sur l’envoi de fonds pour soutenir le ménage
enquêté pourra être adjointe. Ce module « émigration » couvre à la fois les émigrants partis vers
d’autres régions du pays, vers les principales villes du pays ou à l’étranger. En outre, pour chacun
des membres présents dans le ménage, on identifiera les immigrants de retour à travers la question
sur le lieu de résidence un an auparavant. De telle sorte, un bilan migratoire pourra être dressé à
l’échelle de chaque ménage, en comparant les émigrants et les immigrants.
• C
.1.11. L’INSTAT devrait également insérer au sein de la liste de ses tâches courantes la collecte
des données à partir des nombreuses bases de données administratives gérées par les différents
ministères. Dans le domaine des migrations internationales, nous pensons plus particulièrement à la
base de données des passages de frontière et à différentes bases de données relatives à la délivrance
des visas et des permis de séjour temporaires ou permanents. D’autres bases de données plus
limitées mentionnées dans le cadre de ce Profil Migratoire devrait également recevoir le support
de l’INSTAT en matière de traitement statistique. A partir de chacune de ces bases de données, il
convient de tirer le maximum de statistiques pertinentes et fiables et d’établir les indicateurs qui
s’avéreront utiles également dans le cadre du suivi de l’activité des institutions concernées.
• C
.1.12. Afin de produire des données statistiques pertinentes à partir des bases de données
administratives plusieurs obstacles doivent être aplanis. Tout d’abord, un climat de collaboration
étroite doit être établi entre l’INSTAT et les ministères concernés. Les règles de conduite qui
assureront cette collaboration optimale se basent la reconnaissance des compétences spécifiques
de chaque institution : l’INSTAT dispose du savoir-faire statistique et le ministère concerné maîtrise
l’ensemble des procédures administratives sous sa compétence. Dans certains cas, la meilleure
façon d’assurer cette collaboration étroite consistera pour l’INSTAT de détacher un statisticien pour
travailler au sein du ministère en question.
• C
.1.13. Les autres obstacles à surmonter sont liés à l’échange des données sous forme
d’enregistrements individuels, afin de produire les tableaux statistiques souhaités. La teneur de ceux-
ci fera, par ailleurs, l’objet d’un consensus entre les partenaires impliqués dans l’objectif de fournir
les indicateurs les plus appropriés pour le suivi des politiques couvertes par ce ministère. L’accès aux
données individuelles peut soulever des problèmes de susceptibilitépar le souci du respect de la vie
privée ou le celui de la sécurité de l’Etat. Dans aucun cas de Graphique, ces obstacles ne sauraient
empêcher la production de données statistiques visant l’intérêt supérieur de la nation.
• C
.1.14. Afin de pouvoir être utilisées à des fins statistiques, les bases de données administratives
doivent suivre quelques règles de base qui sont les suivantes. La collecte des données doit être
exhaustive et la plus fiable possible. A cet effet, toutes les variables collectées seront codifiées de
façon stricte et des procédures de vérification seront incorporées dans les logiciels de saisie afin
d’identifier les erreurs systématiques. Dans le cas spécifique de la saisie des passages de frontière,
le recours aux passeports biométriques est un gage de fiabilité des données encodées. De façon
périodique, les bases de données doivent faire l’objet de vérification afin de détecter les données
manquantes ou erronées et de supprimer les doubles-comptes éventuels.
• C
.1.15. Dans la mesure du possible, on introduira au nombre des données collectées une ou
plusieurs variables permettant d’apparier tous les enregistrements relatifs au même individu. Dans
le cas des passages de frontière, cela permettra de déterminer la durée de présence dans le pays
ou la durée d’absence à l’étranger. Pour les visas et permis de séjour, cet appariement permettra de
Migration à Madagascar: Profil National 2013 93
regrouper tous les permis successifs délivrés à une personne donnée et d’identifier les premiers et
derniers permis synonymes d’immigration ou d’émigration.
• C
.1.16. Enfin, le logiciel de gestion de la base de données devra permettre l’exportation des données
sous un format d’échange standard, une exportation, par exemple, impossible actuellement à
partir de la base de données des passages de frontière, compte tenu des possibilités très réduites
d’interrogations du logiciel utilisé. Les statistiques actuellement produites par la PAF sur l’ensemble
des passages de frontières sont d’une fiabilité qui pose problème comme nous avons pu le montrer
dans le cadre de ce Profil Migratoire (tableau 4) et la situation requiert une attention particulière.
• C
.1.17. En matière de gestion des visas et permis de séjour, la situation à Madagascar est complexe
puisque pas moins de deux institutions sont en charge de la délivrance des permis pour des groupes
de personnes distinctes : la DIE, l’EDBM sous le Ministère de l’Intérieur et le MAE. Chacune de
ces institutions gère une base de données distincte. Dans le cadre des analyses développées au
cours du développement de ce Profil Migratoire, ces trois bases de données ont été intégrées en
une base de données unique après avoir harmonisé les variables considérées et leur codification.
Ensuite, une tâche extrêmement délicate a consisté à regrouper les différents permis attribués à
une personne donnée et ce, sur la base de paramètres divers mais sans avoir recours aux noms
des personnes concernées. Les différentes institutions nous ont aidé dans cette entreprise qui n’est
pas sans risque d’erreur. Une méthodologie spécifique a été développée qui pourra être utilisée
à l’avenir pour identifier les immigrants à partir des premiers permis délivrés et les étrangers
détenant un permis de séjour valide à une date donnée dans le passé. Le présent Profil Migratoire
a tiré un profit optimal de la base de données ainsi reconstituée mais il va sans dire qu’à l’avenir la
centralisation de ces données en une base de données unique s’impose.
C.2 : Relever les défis auxquels fait face Madagascar dans le
domaine des migrations
• C
.2.1. Au cours du développement de ce Profil Migratoire nous avons perçu le peu de préoccupation
attaché par les autorités de Madagascar au suivi de la population de nationalité étrangère, thème
dont la responsabilité est partagée entre plusieurs ministères. La méconnaissance du chiffre de la
population étrangère résidant actuellement à Madagascar et ses caractéristiques, le flou juridique
touchant le problème des apatrides et celui des personnes sans nationalité reconnue, la situation
des dossiers de naturalisation accumulés depuis 1997 et laissés sans suite, la non application
stricte de la legislation dans le domaine de la migration, la non ratification d’accords internationaux
touchant les thèmes liés à la migration internationales et à la protection des migrants, la non
existence d’accords bilatéraux avec les principaux pays d’accueil de la diaspora malagasy sont
autant de signaux démontrant qu’un effort s’impose dans le domaine de la gestion des migrations
internationales et de la population étrangère résidant à Madagascar.
• C
.2.2. Plus précisément, la dispersion du contrôle de la population étrangère et de la délivrance
des permis de séjour entre différentes institutions ne facilite guère le contrôle des frontiè[Link]
développement de ce qu’il est convenu d’appeler un « Migration Information System » devrait
permettre de rassembler dans un même environnement informatique non seulement tous
les permis de séjour, mais aussi les visas de tout type, les passages de frontière, les permis
de travail et les informations relatives à l’acquisition de la nationalité et la naturalisation. Ce
système d’information unifié pourrait également inclure des informations sur les enfants
adoptés par des étrangers, les personnes rejetées aux frontières ainsi que les demandes d’asile
94 Migration à Madagascar: Profil National 2013
et les refugiés reconnus par la convention de Genève de 1951. Un tel outil devrait être placé sous
la responsabilité d’une entité administrative unique qui le développerait et le tiendrait à jour en
concertation avec tous les ministères et institutions impliquées. En outre, cette base de donnée
centralisée faciliterait largement la tâche des statisticiens chargé de caractériser tout ce qui
concerne la migration.
• C
.2.3. Le souci d’ouverture favorisant les investissements étrangers n’est pas sans créer des
situations peu favorables au développement et au bien-être du peuple malagasy. Les faveurs
accordées aux étrangers peuvent être perçues comme étant discriminatoires par rapport aux
nationaux à bien des égards. Un problème, qui n’est pas le moindre, est celui de l’accaparement
des terres. Madagascar, un des pays les plus pauvres au monde, hautement doté en biodiversité
et ressources naturelles, fait partie des pays les plus courtisés au monde. Le partenariat entre
l’Etat et les investisseurs doit permettre un partage équitable des bénéfices issus des ressources
naturelles, en concertation avec les communautés locales, afin de contribuer significativement
au développement durable de Madagascar.
• C
.2.4. La politique migratoire à mettre en œuvre à Madagascar devrait être plus responsable,
pour encourager un développement économique soutenable. La croissance de la population
malagasy est inéluctable, tant les tendances démographiques sont lentes à infléchir. Même en
encourageant une planification stricte des naissances et en parvenant à ramener le nombre
moyen d’enfants au niveau de deux enfants par femme, la croissance de la population restera
élevée pendant une ou deux générations, tant les rangs des mères à venir sont fournis.
• C.2.5. En matière de migration interne, quelle politique migratoire proposer pour une population
rurale en si forte croissance? Réduire les mouvements de migration interne relève de l’utopie
pour une population qui, de son histoire, a toujours bougé énormément dans un pays dont la
taille n’est pas contraignante. Toutefois, toutes les régions du pays ne permettent pas de procurer
aux populations qui les occupent un même niveau de qualité de vie pour des raisons diverses : les
conditions climatiques, le niveau de production du sol et des ressources du sous-sol, la disponibilité
d’emplois non agricoles, les potentialités en matière d’éducation, les moyens de communications
et les richesses naturelles que l’on réussit à y maintenir. Il convient, par conséquent, de poursuivre
la politique de migration organisée afin de favoriser la mise en culture de région à faible densité
de population. Néanmoins, le choix individuel d’émigrer ou de rester dans son village d’origine
doit rester un choix individuel entièrement libre. Ainsi, les responsables nationaux et locaux
veilleront à minimiser les migrations de masse dépeuplant certaines régions au profit d’autres
pour des raisons communes à la plupart des émigrants et qui sont connues et vécues par tous,
dans les populations concernées. Dans ces situations, des actions s’imposent afin d’assurer la
rétention des populations rurales en créant les conditions locales d’un développement humain
à la hauteur des espérances de chacun des émigrants potentiels.
• C
.2.6. Même si l’urbanisation de Madagascar est moindre par rapport à d’autres pays africains
ou asiatiques, ceci est principalement dû à la faiblesse de l’armature urbaine et à la difficulté
des communications entre les quelques grandes villes du pays. Seule la capitale Antananarivo
échappe à cette faible croissance urbaine, avec un chiffre de population qui frise les trois millions
d’habitants. Dans le contexte actuel et les conditions de vie assez précaires que l’on retrouve
dans l’agglomération de la capitale, tout doit être mis en œuvre pour freiner l’apport migratoire
nouveau vers la capitale. La croissance de la population de celle-ci est déjà conséquente sur
la base de l’accroissement naturel, même si c’est là que le niveau de fécondité des mères y
atteint son niveau le plus bas (2,9 enfants par mère). D’une part, la planification urbaine de
la métropole doit permettre d’assurer à ses habitants un niveau de vie à la hauteur de leurs
Migration à Madagascar: Profil National 2013 95
espérances, mais d’autre part, des alternatives attrayantes doivent être déployées afin de contrer
le mouvement migratoire massif vers la capitale. Nous pensons notamment au déploiement
de villes satellites à distance respectable mais modérée de la capitale, villes qui seraient bien
desservies par des moyens de communication rapides et possèderaient des attraits majeurs en
termes d’environnement de vie, d’accès à l’éducation, à la culture et fournisseuses d’emplois
situés principalement dans le secteur tertiaire. On peut également penser au développement
plus soutenu des chefs-lieux de régions qui devraient jouer le rôle de villes secondaires dans
un réseau de villes plus étendu et diversifié sur l’ensemble du territoire malagasy. Chacune
de ces 21 villes/chefs-lieux pourrait représenter des alternatives de choix pour les émigrants
potentiels qui souhaitent se diriger vers la capitale en voie de surpeuplement. Somme toute,
la règle d’or en matière de politique de migration interne n’est pas de freiner ces mouvements
mais de les rediriger de façon attractive, afin de mieux répartir la croissance urbaine inévitable
sur l’ensemble du territoire et de tirer un profit, au sens noble du terme, de tous les atouts
spécifiques à chacune des 22 régions si diversifiées.
• C
.2.7. Plus spécifiquement, le manque de fiabilité du système d’enregistrement des migrants est
l’une des raisons qui rendent difficile l’évaluation de l’impact infrastructurel et environnemental
des migrants vers la ville. Au moment où ils quittent leur lieu de résidence d’origine, les migrants
sont tenus de retirer auprès du fokontany un document qu’ils présenteront aux autorités locales
de leur ville d’arrivée. Ce système hérité de la période coloniale n’est guère plus usité, que
cela soit dans le lieu d’origine que celui de destination des migrants. Le chiffre des arrivées
dans la capitale appréhendé de la sorte est incroyablement faible et le système ne semble
pas être adapté à la nature extrêmement fluide de la migration rurale-urbaine. Il convient
donc de revoir en profondeur la législation des changements de résidence en l’adaptant à la
mobilité contemporaine et en s’assurant que les régles administratives qui seront éductées
soient opérationnelles. Une campagne d’information devra se faire sur la procédure civique
administrative de base à suivre en cas de changement de résidence. Cette opération pourrait se
faire parallèlement à l’amélioration du système de la carte nationale d’identité que tout citoyen
malagasy est supposé détenir.
• C
.2.8. En termes d’émigration internationale, des mesures fermes doivent être prises pour
protéger les travailleurs émigrants et faciliter une meilleure gestion de la migration du travail,
respectueuse des droits et de la dignité des candidats à l’émigrants. Il est urgent de mettre
en place des pratiques de recrutement conformes aux standarts internationaux et un système
de poursuite effectif pour les agences de placement qui dérogent aux règles promulguées.
La proposition d’alternatives économiques concrêtes et d’activités génératrices de revenus
à Madagascar permettra d’eviter ces expériences malheureuses d’émigration, mais aussi
d’endiguer la fuite des personnes les plus qualifiées vers l’extéxieur.
• C
.2.9. Pour les Malagasy hautement qualifiés, il convient de garder le souci constant de favoriser
le retour au pays de ceux qui, après leurs études poursuivies à l’étranger, ne sont pas rentrés
au pays, faute d’y trouver un emploi à la hauteur des compétences qu’ils ont acquises et une
réponse à leurs espérances en termes de qualité de vie. Toutefois, il convient de minimiser
l’importance de la diaspora malagasy qui n’atteint pas les niveaux enregistrés par la plupart des
pays africains et asiatiques, avec seulement 1 % de la population malagasy vivant à l’étranger.
L’émigration des Malagasy vers l’étranger ne doit pas être considérée comme un problème
majeur et la liberté individuelle de chacun doit être préservée, afin que chacun puisse réaliser
son objectif de vie à Madagascar ou ailleurs.
96 Migration à Madagascar: Profil National 2013
C.3 : Assurer la viabilité du processus concernant la mise à
jour périodique du Profil Migratoire et son utilisation dans la
mise en œuvre de la politique migratoire à Madagascar
• C
.3.1. La publication de ce Profil Migratoire n’est pas une fin en soi, c’est le début d’un processus
de mise en œuvre d’une politique migratoire globale pour Madagascar, une politique qui
implique les différents ministères concernés et la société civile, une politique qui associe dans
une même problématique les migrations internes, les migrations internationales, la population
d’origine étrangère résident à Madagascar et la diaspora malagasy à travers le monde.
• C
.3.2. Ce Profil Migratoire apporte un ensemble de données objectives, propose une interprétation
des niveaux et des tendances observées et émet une ensemble de recommandations sur la base
d’une identification des défis auxquels Madagascar fait face en ce qui concerne les migration.
L’ensemble de ces éléments doit faire l’objet d’un examen attentif par les responsables du pays
afin d’en tirer les enseignements qui permettront d’orienter la politique migratoire.
• C
.3.3. A cet effet, un groupe de travail permanent devrait être constitué par les autorités
du pays dans la continuation du GTTN instauré pour la mise en œuvre de ce Profil Migratoire.
Ce groupe de travail national sur la migration (GTNM) devrait rassembler des représentants
des différents ministères impliqués dans la problématique migratoire, de l’INSTAT, les decideurs
politique, du monde académique et de la société civile.
• C
.3.4. Afin d’atteindre pleinement ses objectifs, ce GTNM devrait être rattaché aux plus hauts
niveaux de décision du pays. De façon opérationelle, il comprendra en son sein un bureau
exécutif permanent composé d’un nombre limité de personnes qui se partagera la mise en
application des différentes tâches assignées au GTNM. Celles-ci sont diverses et la liste, non
exhaustive, comprend l’organisation et le suivi des réunions périodiques du GTNM, la mise à jour
annuelle des données statistiques intégrées dans le Profil Migratoire, leur analyse en termes
de niveaux et de tendances, les investigations diverses permettant de suivre la conjoncture et
le contexte dans lequel s’inscrit la migration, la rédaction de rapports de synthèse sectoriels
qui feront l’objet de discussions au sein du GTNM et leur suivi ex post dans la perspective
d’actions politiques à prendre et, enfin, la mise à jour régulière et l’amplification du présent
Profil Migratoire, avec une périodicité idéale tous les deux ans.
• C
.3.5. Afin d’assurer un support efficace pour la mise en œuvre d’une politique adéquate
dans le domaine des migrations internationales, l’offre et la demande en matière de données
statistiques doivent correspondre et des efforts devront être déployés dans ce sens au sein
du GTNM. C’est pourquoi une collaboration étroite doit être établie entre les institutions
productrices de données et celles qui les utilisent, et ce afin de déterminer les indicateurs
qui puissent au mieux décrire les tendances et les processus en cours dans le domaine des
migrations.
• C
.3.6. Dans le cadre d’un plan d’action mis au point par le GTNM, les institutions responsables
doivent être identifiées pour la production et la mise à jour régulière de chacun de ces
indicateurs, avec une planification concrète des dates de livraison. La comparaison des niveaux
de chacun de ces indicateurs et plus encore, de leur tendance d’évolution, doit constituer une
composante majeure de la mise en œuvre de politique. Le recours à des méthodes appropriées
pour l’interprétation correcte des données et des tendances est un point crucial, tout en
gardant à l’esprit que ces données doivent être fiables et produites dans les meilleurs délais, afin
Migration à Madagascar: Profil National 2013 97
d’apporter un soutien réel aux prises de décision politique. Le Profil Migratoire périodiquement
mis à jour sera dès lors une aide précieuse pour la mise en oeuvre et l’évaluation de la politique
migratoire de Madagascar.
Malgré les efforts consentis par les auteurs et les membres du GTTN, ce premier PM comporte des
imperfections, il devra servir de référence pour les différentes ministères et autres entités ayant en
charge d’instaurer la politique migratoire qui permettra d’améliorer chaque politique sectorielle et
contribuera globalement au développement du peuple malagasy.
98 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Annexes
Annexe 1 : Concepts et définitions proposées par les
recommandations internationales dans le domaine des
statistiques de la migration
De façon générale, lorsqu’on désire élaborer des statistiques dans le domaine des migrations
internationales, il importe de faire une différence claire entre le concept de flux de migration et celui de
stock de population en relation avec les migrations internationales. Les données de flux sont relatives à des
évènements qui sont observés de façon continue pendant une période donnée, le plus souvent annuelle.
Le stock de population, quant à lui, présente la situation d’une population à un moment donné. C’est en
quelque sorte une photo de la population alors que les flux de migrations seront, quant à eux, appréhendés
par un film en continu. Les données de flux comprennent les caractéristiques des évènements (immigrations
et émigrations internationales) et celles des personnes qui y sont associées (immigrants et émigrants
internationaux). Les données sur les stocks populations en relation avec les migrations internationales
caractérisent, à un moment donné, les personnes issues de la migration internationale.
Les flux d’immigrations et d’émigrations internationales sont définis comme étant le nombre
d’immigrations ou d’émigrations internationales observées dans un pays donné au cours d’une
période donnée. Selon les recommandations des Nations Unies (1998), la personne effectuant une
immigration internationale à long terme, l’immigrant international, est définie selon les critères
suivants: il convient pour cette personne :
• d ’entrer sur le territoire du pays concerné en franchissant la frontière nationale ;
• d’être considéré comme résidant habituellement dans un autre pays ;
• de souhaiter transférer cette résidence habituelle dans le pays concerné pour une durée d’au
moins 12 mois.
De façon similaire, un émigrant international est défini selon les critères suivants: il convient pour
cette personne :
• d e sortir du territoire du pays concerné en franchissant la frontière nationale ;
• d’être considéré comme résident habituellement dans le pays ;
• de souhaiter transférer cette résidence habituelle en dehors du pays pour une durée d’au moins
12 mois.
Le concept de résidence habituelle dans un pays donné est également défini dans les
recommandations des Nations Unies (2010) comme étant le pays dans lequel l’intéressé passe la plus
grande partie de ses nuits (ou période journalière de repos) à l’exclusion des visites faites à l’étranger,
des pèlerinages, des périodes de vacances et des voyages d’affaires. La définition des migrants
internationaux proposée ci-dessus se base idéalement sur ce concept de résidence habituelle, lequel
n’est généralement pas pris en compte lors du contrôle des passages aux frontières nationales. C’est
pourquoi l’identification à des fins statistiques de ces migrants internationaux engendre des problèmes
qui sont très souvent difficiles à résoudre, comme nous le verrons ultérieurement.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 99
Aux côtés des migrants internationaux à long terme, les Nations Unies définissent également les
migrants à court terme dont la durée de séjour ou d’absence par rapport à un pays est comprise
entre trois et douze mois. Toutefois très peu de pays utilisent cette définition dans la pratique. Plus
récemment, un concept nouveau, celui de migrant circulaire, a été introduit pour identifier une
catégorie de migrants internationaux qui, pour des raisons liées à l’éducation ou à l’emploi, effectuent
pendant une période donnée plusieurs migrations aller-retour entre le pays d’origine et un pays
étranger où ils poursuivent des études ou occupent un emploi. Même si ces migrants circulaires ne
sont pas considérés comme des migrants à long terme au sens strict, ils convient de prendre en compte
qu’ils passent généralement la plus grande partie de leur temps en dehors du pays. Une définition
statistique du migrant circulaire est à l’examen sous les auspices de la Division Statistique des Nations
Unies.
La définition du stock de population relatif aux migrations internationales se base sur des critères
divers relatifs à la migration internationale. Les deux principales variables prises en compte sont le
pays de naissance et la nationalité. Le pays de naissance permet d’identifier les personnes nées à
l’étranger (‘foreign born’ en anglais) et de les opposer aux natifs. La nationalité, de son côté, permet
de distinguer les nationaux de ceux qui ne détiennent pas la nationalité du pays concerné et sont
généralement appelés les étrangers.
La durée de résidence est un critère essentiel pour identifier le stock de population de résidence
habituelle dans le pays avec ses caractéristiques relatives aux migrations internationales, ainsi que les
migrants internationaux qui changent leur pays de résidence habituelle. Les outils statistiques dont
dispose un pays, tels que les recensements, les enquêtes ou les formulaires statistiques complétés au
passage des frontières permettent difficilement d’appliquer ce critère temporel de façon fiable car il se
base sur les déclarations des intéressés ou doivent suivre les règles administratives en vigueur.
100 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Annexe 2 : Madagascar : brève description géographique et
historique
Séparée de l’Afrique par seulement les 400 kilomètres du canal du Mozambique, Madagascar est
également appelée la “Grande Île” ou l’ “Île Rouge” en raison de la couleur de la latérite qui couvre une
grande partie du territoire. Quatrième île du monde de par sa superficie (587 295 km2), elle mesure
1 580 kilomètres du nord au sud et 570 kilomètres d’est en ouest, dans sa partie la plus large. Le pays
est coupé par une chaîne montagneuse parsemée de massifs dans le sens nord-sud à une altitude
moyenne de 1 200 à 1 500 mètres. Cette région en altitude est dénommée les Hautes Terres et
représentent 70 % de la superficie du pays. Les paysages de Madagascar sont extrêmement variés: des
forêts des terres basses de l’est aux monts escarpés et volcans des Hautes Terres, au centre. La côte
nord-ouest fait place à de larges plaines à l’intérieur des terres tandis que le sud-ouest se caractérise
quant à lui par des paysages désertiques. Trois zones climatiques sont retrouvées: les Hautes Terres au
climat tempéré, les régions tropicales du nord et de la côte orientale ainsi que les zones plus arides du
sud. Située sur une route de cyclones tropicaux, cette position géographique expose Madagascar aux
effets des cataclysmes naturels et la partie orientale est régulièrement la proie de cyclones.
Le peuplement de Madagascar résulte exclusivement d’apports migratoires successifs. Les premiers
découvreurs de l’Ile seraient des navigateurs venus du sud de Bornéo où on trouve toujours aujourd’hui
des langues très apparentées à celles parlées à Madagascar. Par vagues successives tout au cours d’une
période qui a duré quelques siècles, les immigrants se sont établis par petits groupes sur les côtes. Ces
premiers occupants ne formèrent pas immédiatement un seul et même peuple, mais de nombreux petits
royaumes distincts participant, chacun à leur façon, au commerce de l’océan indien. A la fin du premier
millénaire, des Arabes islamisés développant le commerce dans l’océan indien créèrent de nombreux
comptoirs sur la Grande Île et supplantèrent les Indonésiens qui occupèrent progressivement les hautes
terres (Rakotonarivo, 2010). De la traite d’esclaves sur les côtes de l’Afrique de l’Est naît une immigration
africaine le long de la côte ouest et nord-ouest de l’Ile avec l’arrivée de Bantous originaires de la Tanzanie
et du Mozambique actuels. En 1500, le Portugais Diego Diaz est le premier Européen à aborder, par
hasard, l’Île rouge. Par la suite, l’Ile fait également l’objet de nombreuses tentatives d’implantation
successives des Portugais, des Hollandais et des Anglais. La présence française sur la Grande Île remonte
à l’an 1642, lorsque Jacques de Pronis, commis de la Compagnie française de l’Orient, s’installa avec
quelques Français au sud-est de l’île, à Fort-Dauphin, et fût officiellement chargé par le Roi de France de
« prendre possession de l’île ». En 1674, la colonie française de Madagascar périclita suite au massacre de
la garnison de Fort-Dauphin par les populations locales. Les survivants français s’embarquèrent pour l’île
Bourbon (l’actuelle île de La Réunion) alors déserte. Ainsi, avec l’abandon de Madagascar, l’effort français
dans l’océan indien fut reporté sur l’île Bourbon. Quoi qu’il en soit, toutes ces différentes tentatives de
colonisation échouèrent face à la forte résistance des royaumes indigènes qui, jusqu’au début du XVIIIe
siècle, se partageaient le sol de Madagascar. L’unification du pays fut réalisée progressivement par les
souverains de la lignée Merina qui établirent une véritable législation et développèrent l’administration
du pays en choisissant Antananarivo comme capitale. Au début du XIXe siècle l’Angleterre reconnaît le
Royaume unifié de Madagascar, elle lui apporte une coopération militaire, culturelle et religieuse en
contrepartie de la fin de l’esclavage.
Pendant la seconde de moitié du XIXe siècle, la France réinvestit l’île et impose son protectorat à l’île
par le traité de 1885, lui donnant ainsi le contrôle de l’économie et les relations extérieures de l’île. La
répression de la résistance populaire aboutira à la création d’une colonie française en 1896 et à l’abolition
de la monarchie en 1897. Les gouverneurs français mirent en place une administration coloniale efficace et
entreprirent le développement économique de l’Ile qui entraînera un fort accroissement démographique.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 101
Toutefois, cette mise en valeur de la Grande Île ne profitera qu’à une poignée d’Européens et à une petite
minorité de Malagasy (fonctionnaires, gros commerçants, etc.) et le mécontentement des Malagasy fera
gagner du terrain aux idées nationalistes. A partir de 1946, le combat pour la restauration de l’indépendance
est lancé et donne lieu en mars 1947 à une insurrection suivie d’une terrible répression. Après la défaite
de la France en Indochine en 1954, l’acheminement vers l’indépendance s’accélère. En octobre 1958, un
Congrès national proclame l’autonomie de la République malagasy et adopte le drapeau, le blason et
l’hymne du pays. Le 26 juin 1960, l’indépendance du pays est proclamée. Depuis lors, quatre républiques
se sont succédées sur le sol malagasy. Durant la première République, le pays bénéficia d’une stabilité
politique relative mais en 1972, une crise politique éclate sur fond de crise économique mondiale. Elle
amènera au pouvoir un régime socialiste dit « révolutionnaire » opposé à toute influence occidentale qui
instaura en 1975 la République Démocratique de Madagascar. L’année 1991 marqua le retour à un régime
pluraliste plus modéré, dans le cadre de la IIIe République qui prit le nom de République de Madagascar. En
2002, l’île fut à nouveau troublée par une crise politique à l’issue de laquelle s’est mis en place un nouveau
régime sans changement de constitution ni de dénomination. Une dernière crise politique intervient en
2009 avec l’instauration d’un gouvernement de la transition. La IVe République vit le jour pendant cette
période transitoire, avec une dernière révision de la constitution en 2010.
Fortement marquée par son insularité, au niveau géographique et culturel, Madagascar a
été marquée par d’importants mouvements de population dans l’océan Indien. Les échanges
commerciaux avec l’extérieur et les flux de migrations internes au pays ont permis l’élaboration de
cultures malagasy diverses portées par des groupes de populations variés, diversement répartis sur le
territoire. Aujourd’hui encore, on dénombre encore 18 groupes ethniques dont les membres occupent
différentes régions du pays qui correspondent encore aux anciens royaumes de Madagascar. La langue
malagasy (malgache) qui provient du maanyan, langue du Sud de Bornéo, est parlée par l’ensemble de
la population et sert de trait d’union entre toutes les ethnies. Le français, importé par la colonisation,
n’est parlé que par une partie seulement de la population.
La population de Madagascar est estimée fin 2013 à près de 25 millions d’habitants, ce qui se
traduit par une densité d’environ 40 habitants au km2. Cette densité de population reste assez faible,
compte tenu de la grande superficie du pays. Toutefois, la répartition de la population est loin d’être
uniforme puisque l’on estime que plus de la moitié de la population occupe moins d’un huitième
du territoire national. Près des deux tiers de la population est âgée de moins de 20 ans et un quart
de celle-ci vit en milieu urbain. Antananarivo, la capitale, abrite près de 3 millions d’habitants avec
son agglomération (Banque mondiale, 2011). Aux côtés de la communauté malagasy d’origine afro-
asiatique, on trouve une communauté d’origine comorienne, quasimment confondue dans la société
malagasy, une communauté indienne, d’origine principalement pakistanaise et immigrée à la fin du
siècle dernier, et une communauté chinoise d’origine cantonaise, qui est surtout installée dans les
villes et sur la côte où elle s’occupe du commerce de détail. La communauté européenne, en grande
majorité française, est formée par des coopérants techniques et des missionnaires, mais on y note
de plus en plus d’hommes d’affaires et d’investisseurs ainsi que des retraités. Cette communauté
européenne est principalement installée dans les villes.
Quatre-vingt pourcent des habitants vivent de l’agriculture de subsistance destinée à couvrir leurs
propres besoins et de l’élevage, ce qui conduit par endroit la population à surexploiter les ressources
pour survivre et ce, au détriment de la nature. Ainsi, la déforestation est importante avec, pour
conséquence,une dégradation du sol et la sécheresse dans certaines régions. De nombreux Malagasy
vivent également du tourisme, de l’industrie textile et autres industries légères et de l’exploitation
minière. Toutefois, une pauvreté importante sévit dans le pays avec des taux élevés de mortalité
infantile et d’analphabétisme qui ralentissent considérablement le développement du pays.
102 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Hormis pendant la crise politique de l’année 2002, le pays a connu une croissance économique
quasi ininterrompue de 1995 jusqu’en 2008, croissance économique portée, en partie, par les grands
projets miniers. Le secteur primaire représente 20 % des exportations avec principalement les produits
de la mer, les fruits tropicaux et les cultures de rente telle que vanille, girofle, cacao, café, poivre. Sous
la IIIe République, le gouvernement a développé l’exploitation des ressources minières dont le pétrole,
le fer, la bauxite, l’uranium et le charbon et le secteur touristique a bénéficié d’une augmentation
appréciable. Néanmoins, depuis le début de 2009, la crise politique interne a contribué à amplifier les
effets de la crise économique mondiale. Ceci a paralysé l’activité et provoqué une importante récession
dans le pays. Aujourd’hui, les faiblesses structurelles de l’économie résident dans les infrastructures
et la plupart des potentiels économiques (agriculture, secteur minier, tourisme, etc.) sont largement
sous-exploitées. Depuis 2009, le pays vit dans une période de transition politique et, la communauté
internationale n’ayant pas reconnu le nouveau régime, ce dernier a été privé des aides internationales
qui finançaient la moitié du budget de l’île. Cette instabilité politique, alliée aux aléas climatiques des
dernières années qui ont entrainé une baisse de la production rizicole, place Madagascar parmi les
pays les plus pauvres du monde sur l’échelle du développement humain, avec une 151e place sur 186
pays en 2012.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 103
Annexe 3 : Les sources de données statistiques sur les
migrations à Madagascar
L’investigation approfondie des sources de données statistiques disponibles est essentielle dans le
développement du Profil Migratoire et la mise en œuvre d’une politique migratoire basée sur les faits.
Au préalable, nous proposons ci-dessous un rappel des principaux concepts utilisés et des définitions
retenues dans le cadre des recommandations internationales afin de faciliter une interprétation
correcte des chiffres qui seront présentés.
Il existe plusieurs types de sources de données qui permettent d’appréhender de façon chiffrée les
flux de migrations internationales et de caractériser les stocks de la population issue de la migration.
Le recensement reste le principal outil statistique dont on dispose dans la plupart des pays, aux côtés
d’enquêtes plus spécifiques auprès des ménages ou sur la population active, pour autant que ces
enquêtes incluent les questions qui permettent de saisir les migrations internationales. D’autre part,
les sources de données administratives sont nombreuses. Il s’agit plus particulièrement :
• des bases de données relatives à l’attribution des cartes d’identité nationale ou des passeports ;
• des bases de données relatives à la délivrance de visas de type divers, soit via les ambassades et
consulats à l’étranger ou à l’entrée dans le pays ;
• des bases de données permettant la gestion des permis de séjour, des permis de travail ou plus
spécifiquement de l’asile politique et de l’accueil des réfugiés internationaux ;
• des bases de données relatives au contrôle des frontières et à la sécurité du territoire.
A priori la plupart de ces sources de données administratives donnent lieu à peu de traitement statistique.
Tout au plus trouve-t-on quelques comptages sommaires ou des éléments chiffrés permettant d’évaluer
l’activité des ministères et services concernés. Toutefois, en l’absence de données statistiques fiables
et récentes sur les migrations internationales, ces sources de données administratives représentent une
potentialité unique à prendre en compte. Ce souhait ne va pas sans créer quelques obstacles majeurs que nous
résumerons comme suit. Tout d’abord, les bases de données administratives comprennent essentiellement
des données individuelles qui peuvent être sensibles et doivent être protégées, selon les règles du respect
de la vie privée. C’est pourquoi des règles strictes liées au transfert de ces données individuelles doivent être
prises en compte. Par ailleurs, hormis les problèmes liés au respect de la vie privée, on constate souvent
que le transfert des données individuelles entre institutions différentes est difficile, soit par suite de raisons
techniques et informatiques, soit parce que ces institutions sont peu disposées à communiquer de telles
données pour des raisons évidentes28 . Pour un ensemble de ces « bonnes » raisons, on rencontre souvent
de fortes difficultés pour assurer le transfert de données individuelles entre les ministères et l’institution
statistique où se trouvent les compétences en matière de traitement des données chiffrées.
Les recensements de la population
Le recensement peut s’avérer être un outil de collecte statistique important dans le domaine des
migrations internationales. Il y a toutefois deux limites à cette affirmation. Tout d’abord, le recensement
ne collectant des informations que sur les personnes énumérées présentes sur le territoire du pays
le jour du recensement, il ignore tous les émigrants. Par ailleurs, le recensement ne s’effectue que
périodiquement, voire même sporadiquement. Il est donc assez difficile de mettre en évidence des
28 E n premier lieu, ces données représentent en quelque sorte une force ou valeur que l’on accepte de partager que très
difficilement. En second lieu, le fait de donner une copie de telles données pourrait mettre en évidence des lacunes
et des erreurs de gestion de celles-ci qui viendraient dévaloriser la qualité du travail réalisé par le ministère concerné.
104 Migration à Madagascar: Profil National 2013
tendances et de suivre celle-ci de très près afin de soutenir valablement la mise en œuvre de politiques.
Si les informations sur l’émigration ne sont généralement pas disponibles, on pourra toutefois les
collecter en questionnant les membres du ménage restés au pays, ou en procédant à un recensement
complémentaire de la diaspora par les biais des ambassades et consulats à l ‘étranger. En revanche, le
recensement apportera quelques informations sur l’immigration à partir du pays de naissance, de la
nationalité (à la naissance ou au moment du recensement), du lieu de résidence à une date antérieure
et/ou de l’année de la première entrée dans le pays et du pays de provenance.
A Madagascar, Galliéni organise le premier recensement de la population en 1900. La population de
la Grande Île est alors estimée à un peu plus de deux millions d’habitants. Par la suite, des opérations
de dénombrement administratif seront menées de façon sommaire tous les ans, tandis que des
recensements détaillés sont organisés de façon quinquennale à partir de 1921 et notamment en
1926, 1936 et 1941 (Chevalier, 1952).
A l’indépendance, on observe un appui fort de la coopération internationale pour le développement
de la collecte d’informations démographiques et statistiques sur la population. Cet appui se
concrétisera par la mise en œuvre de la première grande enquête démographique organisée en
1966 et du premier recensement général de la population qui se déroulera en 1974-1975. Toutefois,
Madagascar n’effectuera qu’un seul autre recensement en 1993. Un troisième planifié dès l’année
2003 (INSTAT, 2006) n’aura très vraisemblablement lieu qu’en 2015, par suite de nombreux retards et
de l’absence de fonds liés à l’évolution de la situation politique.
Le recensement de 1974-1975 a posé un ensemble très complet de questions permettant
d’appréhender les mouvements migratoires et de caractériser les populations issues de la migration
(graphique 13). On y demande le pays de naissance à l’étranger, la nationalité ou citoyenneté,
et l’origine ethnique, le lieu de résidence antérieure avec la date d’entrée dans le district
(fivondronampokontany). Fort malheureusement, ces deux dernières questions ne permettent pas
de cerner toutes les immigrations internationales puisque si l’intéressé a effectué un changement de
fivondronampokontany à la suite de son immigration dans le pays, seul ce dernier mouvement interne
au pays sera perçu et l’immigration internationale qui précède sera ignorée.
Graphique 13. Extrait du questionnaire du recensement de 1974-1975 en ce qui
concerne les questions individuelles relatives à la migration (INSTAT, 1975).
Migration à Madagascar: Profil National 2013 105
Une feuille spécifique du questionnaire du recensement de 1975 avait pour objectif de recenser
les Malagasy vivant à l’étranger et ce, par le biais des représentations diplomatiques et consulats à
l’étranger (graphique 14). De nombreuses informations y étaient demandées pour chaque expatrié:
date et lieu précis de naissance, adresse, raison de l’expatriation, profession et durée de séjour à
l’étranger. Nous n’avons pas pu mettre la main sur ces précieuses données et, de façon plus générale,
les résultats du recensement de 1975 sont difficilement accessibles29.
Graphique 14. Extrait du questionnaire du recensement de 1974-1975 prévu pour
le recensement des Malagasy résidant à l’étranger par le biais des représentations
diplomatiques.
Source : INSTAT, RGPH 1975.
Le recensement général de la population de 1993 est le dernier en date. Le questionnaire comporte les
questions individuelles relatives à l’âge, le sexe, le lieu de naissance, le lieu de résidence antérieure et le pays
de nationalité, tout comme celui de 1975 (graphique 15). Toutefois, le questionnaire destiné à énumérer les
Malagasy résidant à l’étranger a été supprimé, vraisemblablement parce que celui-ci n’avait pas donné de
résultats satisfaisants en 1975 ; ceci expliquerait pourquoi ces derniers ne furent probablement pas diffusés.
Graphique 15. Extrait du questionnaire du recensement de 1993 en ce qui concerne les
questions individuelles relatives à la migration (INSTAT RGPH 1993).
Comme élément préparatoire au futur recensement de la population décidé par décret promulgué
29 Ils le sont sous forme papier dans quelques bibliothèques françaises seulement et ne peuvent se trouver sous forme
électronique sur le site internet de l’INSTAT ([Link]).
106 Migration à Madagascar: Profil National 2013
le 9 décembre 2003, une cartographie censitaire a été élaborée par l’INSTAT. Il s’agissait de collecter
des informations monographiques, démographiques et économiques afin de brosser un état des lieux
qui servira de base à la conduite du recensement et ce, afin de découper le territoire national en zones
de dénombrement, de manière à ce que celui-ci soit représentatif du pays. Cet exercice mené́ entre
2008 et début 2010 a permis de collecter des informations récentes sur l’effectif de la population et
l’infrastructure scolaire et sanitaire au niveau national. Les informations démographiques proviennent
du nombre des ménages et individus enregistrés auprès des fokontany et des mairies. Ces données sont
donc indicatives et ne peuvent remplacer celles d’un recensement qui est encore à venir. Toutefois,
selon une enquête récente, cette cartographie censitaire serait déjà obsolète et devrait être revue en
préalable au futur recensement (McDonald, 2013).
Les enquêtes sociodémographiques
Les enquêtes par sondage collectent des données sur un nombre limité de personnes qui sont
censées constituer un échantillon représentatif de la population du pays, ou d’une sous-population
bien spécifique, comme c’est le cas pour les enquêtes sur la force de travail.
Le principal avantage des enquêtes, hormis leur coût nettement moindre par comparaison à celui
d’un recensement, consiste dans la diversité des questions qui peuvent être posées, afin de répondre
avec plus de flexibilité au nombre grandissant de questions posées en termes statistiques sur les
migrations internationales.
Tout comme le recensement, l’enquête va permettre de décrire avec précision les caractéristiques
des populations issues de la migration. On peut également y cerner les circonstances liées à
l’immigration de la population étrangère, mais aussi le retour des nationaux expatriés. Tout comme
pour les recensements, les enquêtes sont moins adéquates pour appréhender les émigrants car,
par définition, ces derniers ne sont pas couverts. Toutefois, l’introduction d’un module spécial sur
l’émigration permet de mesurer et caractériser celle-ci par des questions posées aux membres du
ménage restés au pays30. Dans la pratique, ceci ne permet toutefois pas de connaître les ménages dont
tous les membres ont émigré.
Les principales limitations des enquêtes sont liées à la taille limitée de l’échantillon qui ne permet pas
de proposer des croisements détaillés, surtout à l’échelle régionale. Qui plus est, il convient d’assurer
la représentativité de l’échantillon, ce qui représente une tâche malaisée pour les immigrés récents
qui risquent d’être sous-représentés dans l’enquête. Enfin, les enquêtes se doivent d’être périodiques
afin de proposer des tendances claires, pour autant que les méthodologies utilisées soient restées les
mêmes au cours du temps.
A Madagascar, l’enquête la plus utile en ce qui concerne la migration est l’Enquête Prioritaire auprès
des Ménages (EPM). Organisée régulièrement jusqu’en 2005 (en 1994, 1997, 2001, 2002, 2004 et 2005),
cette enquête socio-économique a pris le nom d’Enquête Périodique auprès des Ménages depuis 2004.
Elle n’a été effectuée qu’une seule fois depuis, en 2010. Seules les enquêtes des années 2001, 2004 et
2005 ont inclus une question pour appréhender les migrations à travers l’information sur le district de
résidence précédent, celui où les intéressés ont résidé un minimum de six mois. Les réponses à cette
question permettent de caractériser les migrations internes selon l’âge et le sexe des migrants ainsi que
leurs caractéristiques socio-économiques et les motifs de migration, selon la province de résidence.
L’enquête nationale démographique et sanitaire de 1992, devenue Enquête Démographique et de
Santé (EDS) en 1997, a été reconduite en 2003/2004 (EDSMD-III) et en 2008/2009 (EDSMD-IV). Cette
30 U
n module permettant de saisir l’émigration dans le cadre d’une enquête auprès des ménages a été élaboré dans le
cadre du projet européen MEDSTAT II (Cantisani et al., 2009).
Migration à Madagascar: Profil National 2013 107
enquête très détaillée sur les caractéristiques sociodémographiques de la population, la fécondité, la santé
reproductive, le SIDA et le statut de la femme ne comporte aucune question permettant d’apporter des
informations en relation avec les migrations internes ou internationales. Par contre, cette enquête fournit
l’estimation la plus récente de la structure par âge de la population et donne un ensemble d’indicateurs
variés à l’échelle des 22 régions. Ceux-ci permettront de cerner la spécificité de chacune d’entre elles et de
mettre en évidence les facteurs susceptibles de favoriser l’immigration ou l’émigration interne.
L’Enquête de Base sur la Santé de la Reproduction et la Survie des Enfants (EBSRSE) 2003-2004,
réalisée à la même époque, n’apporte aucun élément qui puissent être relié aux migrations, qu’elles
soient internes au pays ou internationales.
Enfin, on signalera une enquête un peu plus ancienne mais proche de nos préoccupations. L’Enquête
sur le permis de travail et le visa de séjour (EPTVS99) a concerné 1 300 étrangers résidant à Madagascar et
sélectionnés à partir des données administratives du Ministère de l’Intérieur. Il s’agissait d’une première
et unique enquête portant sur les étrangers à Madagascar. Elle fût confiée par le Gouvernement au
groupe MADIO31 afin de faire le point sur les nouvelles procédures d’octroi des visas en vue de promouvoir
les investissements étrangers. Cette enquête a permis d’appréhender les principales caractéristiques des
étrangers résidant sur le sol malagasy (Razafindrakoto et Roubaud, 1999).
Le recours aux bases de données administratives
Aux côtés des outils statistiques traditionnels, que sont les recensements et les enquêtes par sondage,
les bases de données administratives représentent une source de données potentielles qu’il convient de
ne pas négliger lorsque les données statistiques traditionnelles font défaut. Ces bases de données couvrent
différents aspects de la procédure administrative. La base de données des passages de frontière est
censée enregistrer tous les entrées et sorties aux différents points de passage des frontières nationales
que sont les aéroports internationaux ou les ports maritimes. L’enregistrement de la population nationale
peut être associé à la délivrance des cartes d’identité nationales ou à la mise à disposition de passeports
ou documents de voyage pour partir à l’étranger. Enfin, le séjour des étrangers sur le territoire national
fait l’objet de bases de données reprenant tous les visas et permis de séjours accordés aux personnes de
nationalité étrangère, avec les différents renouvellements de leur validité et l’attribution éventuelle d’un
permis de séjour permanent. Selon les pays, on trouvera également des bases de données administratives
pour les permis de travail, pour les naturalisations et acquisitions de la nationalité, pour les étudiants
étrangers ou les nationaux travaillant ou étudiant à l’étranger. Plus rarement, il existe des bases de données
relatives aux membres de la population expatriée qui sont enregistrés via les registres consulaires.
Le passage d’une frontière nationale constitue le premier évènement qui puisse amener à identifier
un migrant international, que ce soit pour un immigrant à l’entrée dans le pays ou un émigrant à la
sortie. Dans la plupart des pays, le recours à des cartes d’embarquement ou de débarquement répond
à un objectif à la fois statistique et administratif. Ces cartes font l’objet d’une analyse statistique qui
s’inscrit le plus souvent dans la problématique des statistiques du tourisme, plutôt que celle des
migrations internationales. Les informations collectées sont les suivantes: le motif du séjour ou de
l’absence et le pays d’origine ou de destination. Dans les pays ou la durée prévue de présence est
demandée aux nouveaux arrivants et la durée prévue de l’absence aux partants, il est possible de
distinguer les visiteurs (moins de 90 jours), les migrants à court terme (de 90 à une année) et les
migrants à long terme qui souhaitent rester au moins une année dans le pays ou en dehors de celui-ci.
Toutefois, il convient de prendre ces données avec tout le niveau de précaution qu’elles nécessitent,
31 L e projet MADIO (Madagascar-Dial-Instat-Orstom) a été mis en place en 1994 et co-financé par l’Union Européenne,
l’ORSTOM et le Ministère français de la Coopération et du Développement.
108 Migration à Madagascar: Profil National 2013
car il s’agit de la durée prévue et pas nécessairement la durée effective qui sera collectée. Qui plus est,
il convient de s’assurer de l’exhaustivité de la collecte de données et de son encodage par la suite pour
pouvoir utiliser valablement ces données à des fins statistiques.
Concrètement seuls les migrants à long terme qui souhaitent rester dans le pays une année au
moins ou en sortent pour une période d’au moins une année devront être pris en compte pour établir
les statistiques des flux de migration. Si le pays est considéré comme entièrement fermé par des
frontières nationales contrôlées, ceci devrait permettre d’estimer la migration nette du pays pendant
une période déterminée d’une année, par exemple. Toutefois, l’expérience issue des investigations
scientifiques démontre qu’en confrontant ces estimations avec celles provenant d’autres sources de
données, telles que l’accroissement intercensitaire de la population, on aboutit à des estimations bien
souvent faussées qui peuvent conduire, par exemple, à sous-estimer les mouvements d’immigrations
dans certains pays et ceux d’émigrations, dans d’autres. Il n’empêche qu’en l’absence d’autres données,
comme c’est le cas pour appréhender les mouvements migratoires des nationaux, tout doit être mis
en œuvre pour tirer un parti maximal de cette collecte de données. Pour ce faire, une collaboration
avec les services de sécurité assurant le contrôle des frontières s’impose.
Concrètement, pour identifier les migrants internationaux à partir du passage de frontières, on
suivra les règles suivantes :
Un immigrant international est une personne :
• qui passe la frontière nationale pour entrer dans le pays et cumuler un minimum de 183 jours
de résidence dans les 12 mois qui suivent cette entrée ;
• non residente dans le pays a l’entrée, ce qui signifie qu’il a passé plus de 183 jours en dehors du
pays pendant les 12 mois qui ont précédé cette entrée.
De même, un émigrant international sera une personne :
• q ui passe la frontière nationale pour sortir du pays et cumuler un minimum de 183 jours de
résidence en dehors du pays dans les 12 mois qui suivent cette sortie ;
• tout en étant résident du pays au moment de cette sortie, ce qui signifie qu’il a passé plus de 183
jours dans le pays pendant les 12 mois qui ont précédé cette sortie.
Les autorités en charge de la délivrance des visas d’entrée sur le territoire national et des permis
de séjour gèrent des bases de données qui peuvent s’avérer très utiles pour générer des statistiques
caractérisant les flux de migration internationale des étrangers et le stock de population de nationalité
étrangère. Le recours aux visas et permis de séjour pour identifier les migrants internationaux se base
sur les hypothèses suivantes :
• T oute personne ne détenant pas la nationalité du pays concerné qui a obtenu un premier visa ou
permis de séjour dont la validité est d’au moins 6 mois, est un immigrant international.
• Toute personne qui détient un visa ou permis de séjour de plus de 6 mois qui a atteint la fin de sa
période de validité, en considérant tous les renouvellements éventuels, et qui n’a pas introduit
de demande de prolongation dans les six mois suivant cette date d’expiration, est considéré
comme un émigrant international.
• Le stock de la population étrangère d’un pays comprend tous les personnes ne détenant pas
la nationalité du pays et possédant un visa ou permis de séjour en cours de validité à la date à
laquelle le stock de population est considéré.
Dans quelle mesure de telles hypothèses sont-elles exactes? Elles le seront si l’intéressé entre sur
Migration à Madagascar: Profil National 2013 109
le territoire au même moment où il se voit délivré un premier permis de résidence et le quitte lorsque
celui-ci expire et qu’il n’a pas fait l’objet d’une demande de prolongation. L’hypothèse n’est pas valable
si l’intéressé a quitté le territoire avant la fin de la période de validité de son permis, ou s’il outrepasse
cette période sans demander la prolongation de son permis. Il y a toute raison de croire que l’impact
de ces deux groupes de personnes sur les estimations statistiques peut être considérée comme étant
négligeable, sachant par ailleurs que ces deux groupes peuvent se compenser partiellement en termes
numériques. En outre, il convient de considérer les règles en vigueur dans le pays concerné quant à la
durée des visas ou permis accordés. On sera également attentifs à l’existence de certaines personnes
ayant obtenu un permis, mais ne l’utilisant pas dans les faits. Enfin, comme toute base de données, on
veillera à exclure les doubles-comptes et autres enregistrements erronés.
L’utilisation de la base de données des visas et permis de séjour pour produire des statistiques de
migration internationale et caractériser la population de nationalité étrangère nécessitent la mise en
œuvre d’une méthodologie appropriée pour laquelle un savoir-faire en statistique est indispensable. A
cet effet, une collaboration étroite entre les ministères concernés et l’institution en charge de produire
les statistiques est indispensable.
A Madagascar, les visas et permis de séjour sont gérés par plusieurs institutions différentes : La
Direction de l’immigration et de l’émigration au sein du Ministère de l’intérieur (DIE), anciennement
Service de l’Immigration et de l’Emigration (SIE), l’EDBM pour les visas liés aux investissements au sein
du Ministère de l’Intérieur, anciennement le Guichet Unique pour le Développement Economique
(GUIDE) et le Ministère des affaires étrangères (MAE), pour les visas diplomatiques et de courtoisie.
Le regroupement en un seul fichier de tous les visas accordés par ces différentes institutions a
permis d’identifier 55 408 enregistrements distincts (Tableau 28). Après regroupement des permis
successifs accordés à une même personne pendant la période d’analyse et le nettoyage du fichier,
nous avons pu identifier 36 823 personnes différentes de nationalité étrangère et nées à l’étranger
(expatriés) ou des étrangers nés à Madagascar (natifs). Il s’agit de personnes distinctes de nationalité
étrangère ayant eu au moins un permis dont la période de validité recouvre au moins partiellement la
période d’analyse (ce qui inclut des personnes ayant reçu ce permis avant le 1er janvier 2007 dont la
période de validité du permis se prolonge après le 1er janvier 2007).
Le tableau suivant propose une distribution des permis de résidence attribués par année et par
type de permis. Rappelons que le nombre total de permis délivrés par année par ces différentes
institutions est inférieur à celui que l’on obtiendrait sur la base des données originales puisque les
doubles-comptes et enregistrements erronés ont été supprimés et que seuls les permis valides à partir
de 2007 ont été considérés.
110 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 28 : Nombre de visas ou permis de séjour délivrés à Madagascar par
institution et par année de 2007 à 2013
DIE* SIE* EDBM** GUIDE** MAE*** Total
avant 2007 1 518 566 347 782 47 3 260
2007 2 810 3 2 824 255 0 5 892
2008 3 259 3 4 759 2 1 8 024
2009 2 235 1 4 167 0 3 6 406
2010 2 522 0 4 574 0 732 7 828
2011 2 924 1 5 802 0 4 103 12 832
2012 1 956 1 3 200 0 3 472 8 630
2013* 60 0 94 0 2 382 2 536
Total 17 284 575 25 767 1 039 10 740 55 408
Nombre de personnes 11 159 561 17 778 981 6 344 36 823
distinctes
* Il s’agit de données partielles couvrant une période variable selon les institutions.
* L a Direction de l’Immigration et de l’Emigration (DIE) instruit les dossiers de la majorité des visas de séjour.
Cette institution a été précédée par le Service de l’Immigration et de l’Emigration (SIE) qui ont instruit les
dossiers de visas respectivement de 1998 à 2006 et de 1970 à 1998.
** E DBM (Economic Development Board of Madagascar) est l’autre entité qui instruit les dossiers de visas
(surtout les investisseurs et leurs regroupements familiaux). Cette institution a succédé au Guichet Unique
pour le Développement Economique (GUIDE) qui a instruit les dossiers de visas entre 2001 et 2007.
Toutefois c’est le Ministère de l’Intérieur (MI) qui délivre les visas de long séjour de type économique
*** L e Ministère des Affaires Etrangères (MAE) délivre les visas diplomatiques et les visas de service ou de
courtoisie (cette base de données est informatisée depuis 2010).
Afin de générer des tableaux statistiques sur les migrations internationales et la population étrangère
à partir de ces données, nous avons retenu la méthodologie suivante. Pour chaque personne, on
dispose de la date de première entrée qui correspondant à la délivrance du premier permis. Le stock
de la population étrangère au 1er janvier 2007 comprend tous les étrangers possédant un permis de
résidence en cours de validité à cette date. Toutefois, il est fort probable que ce chiffre sous-estime
l’importance de la population étrangère résidant à Madagascar au 1er janvier 2007. Plus précisément,
il n’est pas certain que tous les étrangers ayant un permis en cours de validité à cette date soient
repris, et notamment les étrangers dont le dernier permis fût délivré avant le 1er janvier 2007, mais
dont la période de validité chevauche celle de l’analyse32.
Les critères permettant d’appréhender le stock de la population étrangère et le flux des migrants de
nationalité étrangère à partie de la base de données des permis de séjour sont les suivants :
• L e flux des personnes étrangères immigrant pendant une année donnée (entre 2007 et 2012) :
nombre de personnes dont la date de première entrée est comprise dans l’année considérée.
Une définition plus restrictive des immigrants est celle du nombre de premiers permis attribués.
La différence par rapport au chiffre des nouveaux arrivés de l’année s’explique par le fait que
des personnes sont déclarées être rentrées à Madagascar pendant une année donnée mais
32 C
eux-ci pourraient à priori ne pas être inclus dans la base de données car ils n’ont pas eu de permis renouvelé pendant
la période d’observation. C’est notamment le cas de ceux ayant un permis permanent et qui ne nécessitent pas de
renouvellement de ce permis, par la suite.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 111
n’ont pas fait l’objet de la délivrance d’un premier permis au cours de cette année. Ceci ne peut
s’expliquer par le délai d’un mois avant l’attribution de ce premier permis.
• L e flux des personnes étrangères émigrant pendant une année donnée (entre 2007 et 2012) :
nombre de personnes dont la date d’expiration du permis est comprise dans l’année considérée
et que le permis n’a pas été renouvelé (dernier permis attribué).
• L e stock de la population étrangère au 1er janvier de chaque année entre 2008 et 2013 est défini
par les personnes dont la date de délivrance du premier permis est antérieure à cette date et la
date d’expiration du dernier permis est, quant à elle, postérieure.
Des tentatives ont été faites pour extraire des données statistiques à partir d’autres bases de
données administratives, telles que celles couvrant le passage des frontières et le fichier électoral.
Malheureusement, elles n’ont pu aboutir dans les délais impartis33. Elles devraient néanmoins être
considérées pour les versions ultérieures de ce Profil Migratoire.
Enfin, nous avons eu la possibilité de produire des tableaux statistiques détaillés caractérisant la
population de nationalité française résidant à Madagascar et inscrite sur les registres consulaires.
L’intérêt plus particulier de ces données consiste en la possibilité de croiser les informations sur le pays
de naissance et la seconde nationalité éventuelle des personnes enregistrées. Toutefois, le taux de
couverture de cette base de données est difficile à établir et, selon les estimations faite par le Consulat
de France, on peut estimer qu’un quart du nombre de ressortissants français n’y sont pas inscrits.
Les bases de données internationales
Lorsque les données relatives aux migrations internationales manquent à l’échelle nationale, on
peut se tourner vers les bases de données internationales. Ces données se classent en deux groupes,
les données brutes, d’une part, les indicateurs, d’autre part. Ces derniers sont calculés à partir des
données brutes qui ne sont pas nécessairement disponibles. Les données brutes sont généralement
rassemblées à partir des données nationales des différents pays ou estimées par le biais de modèles
lorsque celles-ci font défaut. Le recours à des modèles est rendu nécessaire pour estimer les données
manquantes afin de pouvoir proposer des chiffres pour l’ensemble des pays de la planète et calculer
de la sorte des totaux par entités géographiques.
Les données des bases de données internationales concernant un pays donné peuvent différer
de celles produites par le pays en question pour des raisons diverses qu’il n’est pas toujours aisé de
comprendre. Toutefois, elles deviennent très utiles lorsqu’il s’agit de rassembler des données plus
difficiles à cerner, car elles concernent l’émigration et la diaspora, deux domaines de statistiques
que les outils traditionnels ne peuvent pas appréhender. Ainsi, les bases de données internationales
permettent de dénombrer les flux d’émigrations à partir des chiffres d’immigrations dans les pays
d’accueil, mais aussi d’appréhender les caractéristiques de la diaspora définies sur la base du critère
de nationalité ou du pays de naissance. Elles sont également utiles pour estimer les transferts de fonds
faits par les migrants au profit de leur pays d’origine ainsi que pour dénombrer à travers le monde les
réfugiés et demandeurs d’asile originaires du pays concerné.
33 L a DRCIE/MSI nous a refusé l’accès au logiciel de traitement de leurs données aux frontières, mais nous a permis de
consulter les données déjà extraites par la PAF.
112 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Les principales bases de données des institutions internationales auxquelles il convient d’avoir
recours sont les suivantes :
1. L a DSNU (Division des Statistiques des Nations Unies, New York) collecte des données sur les flux
de migration internationale et les stocks de migrants dans tous les pays du monde. Ces données
sont regroupées dans une base de données unique dénommé UNdata accessible sur le site
internet [Link] Afin de présenter une vue d’ensemble de la migration à l’échelle
planétaire, les Nations Unies prépare annuellement un ensemble d’estimations sur les stocks de
migrants, soit à partir des données fournies par les instituts de statistique des pays concernés,
soit en ayant recours à des modèles.
2. L a DPNU (Division de la Population de l’Organisation des Nations Unies, New York) publie un
tableau annuel de synthèse intitulé « International Migration 2013 Wall Chart» qui est accessible
à l’adresse internet suivante : [Link]/unmigration/[Link].
3. Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement, New York) publie chaque
année, le Rapport sur le Développement Humain qui inclut une mine d’informations statistiques
sur différents aspects du développement humain. Toutes ces données sont disponibles et
peuvent être téléchargées à l’adresse internet suivante : [Link].
4. L ’OIT (Organisation Internationale du Travail, Genève) rassemble et analyse un ensemble de
statistiques sur la migration de travail pour tous les pays du monde. Cette base de donnée est
accessible à l’adresse internet suivante : [Link]
5. Le UNHCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, Genève) rassemble et
analyse également un éventail de statistique concernant l’asile, les réfugiés et les personnes
déplacées dans tous les pays du monde. Cette base de données est accessible à l’adresse
internet suivante : [Link]
6. La Banque mondiale (Washington) s’intéresse plus particulièrement aux remises de fonds
envoyées par les migrants dans leur pays d’origine et produit une panoplie d’indicateurs de
développement. La base de données dénommée Global Bilateral Migration Database (GBMD)
comprend des données croisant les stocks de migrants par pays d’origine et pays d’accueil des
migrants. Elle est accessible à l’adresse internet suivante [Link]/data-catalog/
global-bilateral-migration-database. Les remises de fond des migrants peuvent être trouvées
sur le site Migration and Remittances Factbook 2011 à l’adresse suivante : [Link].
7. E UROSTAT (Office statistique de l’Union Européenne, Luxembourg) collecte un ensemble de
données sur la plupart des pays européens membres de l’Espace Economique Européen et
autres candidats à l’entrée dans l’Union Européenne. Elle est accessible à l’adresse internet
suivante :
[Link]
On y trouve plus spécifiquement les données statistiques suivantes :
• L es données relatives à la migration et à la citoyenneté, y compris les informations sur
la population, ventilées par nationalité et par pays de naissance, sur les flux migratoires
par nationalité, pays de naissance et précédent/prochain pays de résidence, ainsi que sur
l’acquisition de nationalité ;
• Les permis de séjour octroyés à des ressortissants d’Etats non membres de l’Union
européenne, ventilés par nationalité, durée de validité et motifs d’octroi ;
Migration à Madagascar: Profil National 2013 113
• L es statistiques sur l’asile, y compris les données sur les demandeurs d’asile, les décisions
prises au premier stade de la procédure de demande d’asile et à l’issue de celle-ci, et la
reprise ou la prise en charge des demandeurs d’asile («statistiques de Dublin») ;
• Les statistiques sur la mise en œuvre de la législation relative à l’immigration, qui fournissent
des données sur les ressortissants d’Etats non membres de l’Union européenne qui se sont
vu refuser l’accès au territoire de l’Union aux frontières extérieures de celle-ci ou étaient
présents illégalement, et sur les rapatriements de ressortissants d’Etats non membres de
l’Union dont la présence n’était pas autorisée.
8. L ’OCDE (Organisation de coopération et développement économique, Paris) met également à la
disposition du public une base de données concernant les immigrants dans les différents pays
membres et celle-ci est accessible à l’adresse internet suivante :
h
ttp://[Link]/els/mig/[Link]. La base de données dénommée
(DIOC-E) inclut aussi des données sur 68 pays qui ne sont pas membres de l’OCDE et au nombre
desquels on trouve les Comores, Maurice et Seychelles.
114 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Annexe 4 : Méthodologie utilisée pour estimer le taux de
migration nette de chacun des 22 régions
Les responsables de chacune des régions ont fourni des estimations du chiffre de la population de
leur région et ce, sur la base des rapports annuels des chefs de districts. Pour chaque région, le chiffre
le plus récent a été retenu dans le tableau 29 ci-dessous (colonne A), en prenant soin d’écarter de
l’analyse les estimations qui nous sont apparues comme étant non fiables. Les estimations obtenues
de la sorte ont été confrontées à celles faites à partir des projections de l’INSTAT pour l’année 2012
(colonne B dans le tableau ci dessous).
Le rapport entre les deux estimations précédentes est présenté en colonne C de ce même tableau.
Les chiffres proposés par les responsables des régions est, pour l’ensemble de Madagascar, de
20,5 % supérieur par rapport à celui de l’INSTAT. Le chiffre proposé par les régions n’est inférieur
aux prévisions de l’INSTAT que pour la région d’Ihorombe. Même si on peut supposer une certaine
tendance à exagérer leurs chiffres de la part des responsables des régions, il nous a paru important de
prendre en compte ces estimations car elles ont été produites à partir de données récentes collectées
sur le terrain. En outre, elles incluent les importants mouvements migratoires internes qui ont eu lieu
depuis 1993, éléments qui n’ont pas été considérés dans les projections de l’INSTAT. Ce faisant, les
chiffres estimés par les responsables des régions seront à la base du calcul de la croissance migratoire
de chacune d’entre elles.
La méthodologie retenue pour calculer le taux annuel de migration nette des régions est la
suivante. Tout d’abord, le taux annuel de croissance de la population entre 1993 et 2012 est calculé
en considérant les chiffres avancé par les régions en 2012 et ceux du recensement de l’INSTAT en
1993. Il s’obtient en prenant la racine 19e (car il y a 19 années entre 1993 et 2012) du rapport entre
les populations estimées par les régions en 2012 (colonne A) et la population de ces régions au
recensement de 1993 (colonne C). Le taux de croissance correspond au résultat de ce calcul diminué
d’une unité et exprimé en pourcent (colonne D). A l’échelle nationale, ce taux de croissance annuelle
est de 3,99 %, ce qui correspondant bien à un doublement de la population en moins de 20 ans.
Ce taux de croissance est la somme de la croissance naturelle, déterminée par la différence
entre les naissances et les décès, et la croissance migratoire correspondant à la différence entre les
immigrations et les émigrations par rapport à chaque région. En considérant un taux brut de mortalité
moyen pour la période de 10 décès pour mille habitants ou 1 %, cela donne un taux brut de natalité
de 49,9 naissances pour mille habitants si l’on suppose que l’impact des migrations internationales
est négligeable. Ce dernier taux peut être comparé avec l’indice synthétique de fécondité estimé
en moyenne pour la période considérée à 5,3 enfants par femme. Le taux de mortalité infantile et
juvénile, de 0 à 5 ans, pour l’ensemble de la population de Madagascar est estimé à 83 décès pour mille
naissances. De la sorte, le taux de mortalité peut être décomposé en un taux de mortalité jusque 5 ans
de 49,9 x 0,083, soit 4,14 et un taux de mortalité à partir de 5 ans équivalant à la différence entre 10,0
et 4,14, soit 5,86 pour mille. Les données spécifiques dont on dispose à l’échelle régionale, à partir de
la dernière enquête EPM 2010, sont l’indice de fécondité et le taux de mortalité infantile et juvénile.
En faisant l’hypothèse d’un ratio constant entre l’indice de fécondité et le taux brut de natalité, et
en considérant que le taux de mortalité à partir de 5 ans est similaire pour toutes les régions, on
peut calculer l’accroissement naturel spécifique à chacune. Par différence entre l’accroissement total
calculé entre 1993 et 2012 et cet accroissement naturel, on en déduit l’accroissement migratoire
annuel moyen pour la période concernée (colonne E), accroissement supposé nul à l’échelle nationale
étant donné que les migrations internationales sont négligeables.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 115
Tableau 29 : Estimation du chiffre de population des régions selon les estimations faites
par les responsables régionaux (colonne A) et les projections de l’INSTAT (colonne B).
Calcul du bilan migratoire des régions (taux annuel de migration nette pour la période
1993 à 2012)
Croissance Taux
INSTAT Comparaison annuelle annuel de
Régions (estimation) Région/ Recensement moyenne migration
2012 2012 INSTAT INSTAT 1993 (%) nette (%)
A B A/B C D E
Alaotra Mangoro 1 251 206 1 002 593 1,248 611 954 3,84 -0,39
Amoron'i Mania 927 040 697 959 1,328 472 677 3,61 -1,56
Analamanga 4 106 804 3 268 856 1,256 1 754 749 4,58 1,80
Analanjirofo 1 225 000 1 010 422 1,212 600 138 3,83 -0,09
Androy 863 832 716 414 1,206 346 695 4,92 -0,63
Anosy 657 254 655 769 1,002 396 016 2,70 -1,79
Atsimo Andrefana 1 399 177 1 285 324 1,089 741 243 3,40 -1,97
Atsimo 974 545 877 249 1,111 423 757 4,48 -0,68
Atsinanana
Atsinanana 1 622 034 1 240 348 1,308 778 630 3,94 1,57
Betsiboka 399 960 286 515 1,396 169 770 4,61 0,75
Boeny 986 425 780 586 1,264 390 138 5,00 1,36
Bongolava 616 150 446 451 1,380 234 531 5,22 2,01
Diana 902 785 683 311 1,321 358 374 4,98 1,93
Haute Matsiatra 1 374 000 1 170 558 1,174 769 882 3,10 -2,29
Ihorombe 295 920 304 853 0,971 129 136 4,46 -0,42
Itasy 909 543 715 341 1,271 461 697 3,63 -1,03
Melaky 381 497 282 682 1,350 126 054 6,00 2,01
Menabe 582 421 577 978 1,008 284 447 3,84 -0,11
Sava 957 394 957 394 1,000 594 091 2,54 -1,24
Sofia 1 630 703 1 217 269 1,340 675 588 4,75 1,06
Vakinankaratra 2 143 046 1 760 261 1,217 1 141 598 3,37 -1,12
Vatovavy 1 481 349 1 382 647 1,071 748 682 3,66 -1,24
Fitovinany
MADAGASCAR 25 688 085 21 320 775 1,205 12 209 846 3,99 0,00
Sources : Rapports régionaux, INSTAT et calculs des auteurs (voir l’explication dans le texte ci-dessus).
116 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Annexe 5 : Les flux migratoires internes les plus importants selon
les enquêtes faites auprès des représentants des 22 régions
Selon la région d’arrivée :
- L a région Alaotra Mangoro connait un afflux d’environ 20 000 migrants saisonnier qui répondent
aux besoins de la riziculture en période de culture et de récolte. Les migrants viennent plutôt des
hauts plateaux : Amoron’i Mania, Haute Matsiatra et Vakinankaratra.
- Q
uatre régions accueillent des migrations agricoles organisées par l’Etat et/ou par les sociétés
civiles et ONGs : Bongolava, Haute Matsiatra, Vakinankaratra et Ihorombe. La région de Bongolava
connait le plus important volume de migration organisée depuis les années 70.
- L es régions accueillant les grand projets miniers, Alaotra Mangoro, Anosy, Boeny sont devenus
des destinations de la majorité des migrants des autres régions.
- L a région Atsimo Andrefana connait aussi une venue massive des migrants de la région Androy
pour la culture du maïs sur brûlis ainsi que pour être tireur les pousse-pousse dans la ville de
Tuléar, chef lieu de la région Atsimo Andrefana.
- L es régions ex-chef lieux de province (Analamanga, Haute Matsiatra, Atsinanana, Atsimo
Andrefana, Diana, Boeny) ainsi que la région de Vakinankaratra accueillent les étudiants, surtout
universitaire, des autres régions.
- L a région d’Ihorombe connait un afflux massif des exploitants de saphir que la ville d’Ilakaka en
est née.
- L a région Analamanga, en tant que capitale de Madagascar, connait une arrivée non moindre des
gens de différentes régions pour divers motifs.
- L a région Melaky accueille les « Vezo », pêcheurs traditionnelle migrants de la région Atsimo
Andrefana et qui ont déjà un quartier dans la région d’accueil.
Selon la région de départ :
- L a région Androy et Atsimo Atsinanana sont les plus connus comme fournisseurs de migrants
pour toutes les autres régions.
- L es régions d’Analamanga, Androy, Atsimo Atsinanana, Haute Matsiatra, Itasy et Vatovavy
Fitovinany sont les principales régions fournisseurs de migrants travaillant dans le secteur
agricole.
- L es régions des haut plateaux : Analamanga, Vakinankaratra et Amoron’i Mania sont les régions
fournisseurs de commerçant dans la totalité des régions de Madagascar.
- Les gens des régions d’Ihorombe, Androy et Atsimo Atsinanana sont connus dans la migration
pour l’élevage de zébu.
- Régions fournisseur de main d’œuvre domestique pour la capitale : Vakinankaratra et Amoron’i
Mania.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 117
Annexe 6 : Informations collectées auprès des responsables
des 22 régions afin de caractériser la situation spécifique de
leur région par rapport à la migration
Activités immigrant: pêche maritime
Activités immigrant: agriculture
Activités immigrant: commerce
Activités immigrant: élevage
Accueil migration organisée
Activités immigrant: mines
Immigration étrangères
Emig internationale
Existence de forêts
Projets existants
Elevage (bovin)
Projets à venir
Aéroport intl
Zone côtière
Zone accueil
Zone départ
Agriculture
Régions
Mines
Ports
Alaotra Mangoro oui oui oui oui non oui non non oui oui oui non non oui non Sheritt Mines et non non
tourisme
Amoron’i Mania oui oui non oui non oui oui non non oui oui oui non oui oui n.d. n.d. non non
Analamanga oui non non non non oui oui non oui oui non non non non oui n.d. n.d. non oui
Analanjirofo oui oui oui oui oui oui oui non oui oui non non non oui oui n.d. n.d. oui non
Androy oui oui oui oui oui non oui non oui oui non non oui oui non Aide n.d. non non
humanitaire
Anosy oui oui oui oui oui oui non non oui oui oui oui non oui non QMM Tourisme, PIC oui oui
Atsimo Andrefana oui oui oui oui oui oui oui non oui oui oui oui non oui non n.d. Toliara sands (ilmé- oui oui
nite)
Atsimo Atsinanana oui oui oui oui oui non oui non oui non non non non oui non n.d. n.d. non non
Atsinanana oui oui oui oui oui oui non non oui oui oui non non oui non Sheritt n.d. oui non
Betsiboka oui oui oui oui non oui non non oui non oui oui non oui non n.d. n.d. non non
Boeny oui oui oui oui oui oui non non oui oui oui oui non oui non société gisement de fer oui oui
industrielles Soalala
Bongolava oui oui oui oui non oui non oui oui oui oui oui non non non n.d. n.d. non non
Diana oui non oui oui oui oui non non oui oui oui non non oui non n.d. n.d. oui oui
Haute Matsiatra oui oui oui oui non oui oui oui oui oui non non non oui oui n.d. n.d. non non
Ihorombe oui oui oui oui non oui oui oui oui oui oui oui non oui non Agro-busi- Pétrole non non
ness
Itasy oui non oui oui non oui oui non oui non non non non oui non n.d. n.d. non non
Melaky oui oui oui oui oui oui non non oui oui oui oui oui oui non Prospection Prospection pétro- non non
pétrolière lière
Menabe oui oui oui oui oui oui non non oui oui oui oui oui oui non Pêche et n.d. oui non
industrie
sucrière
Sava oui oui oui oui oui oui non non oui oui oui oui non oui oui n/a n/a oui non
Sofia oui oui oui oui oui oui oui non oui oui oui oui non oui non Reboisement Culture à grande oui non
industriel, échelle de Jatropha,
complexe industrie agro-ali-
hôtelier 5 mentaire
étoiles
Vakinankaratra oui oui oui oui non oui oui oui oui non oui oui non oui oui Secteur Tourisme, secteur non non
agro-alimen- agro alimentaire,
taire production d'éner-
gie
Vatovavy Fitovinany oui oui oui oui oui oui oui non oui oui non non non oui non n.d. n.d. non non
118 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Annexe 7 : Indicateurs pris en compte dans l’analyse
exploratoire des taux d’accroissement migratoire des régions
Densité de
Taux de Taux de la population Densité de la
croissance migration nette en 1993 population en
annuelle entre estimée entre (recensement 2012 (estimation
Régions 1993 et 2012 (%) 1993 et 2012 (%) INSTAT) des régions)
Alaotra Mangoro 3,84 -0,39 19,2 39,2
Amoron'i Mania 3,61 -1,56 29,3 57,4
Analamanga 4,58 1,80 103,8 233,0
Analanjirofo 3,83 -0,09 27,4 55,9
Androy 4,92 -0,63 17,9 44,7
Anosy 2,70 -1,79 15,4 25,5
Atsimo Andrefana 3,40 -1,97 11,2 21,1
Atsimo Atsinanana 4,48 -0,68 22,5 51,7
Atsinanana 3,94 1,57 35,5 74,0
Betsiboka 4,61 0,75 5,7 13,3
Boeny 5,00 1,36 12,6 31,8
Bongolava 5,22 2,01 14,1 36,9
Diana 4,98 1,93 18,6 46,9
Haute Matsiatra 3,10 -2,29 36,5 65,2
Ihorombe 4,46 -0,42 4,9 11,2
Itasy 3,63 -1,03 66,0 130,1
Melaky 6,00 2,01 3,2 9,8
Menabe 3,84 -0,11 6,2 12,6
Sava 2,54 -1,24 23,3 37,5
Sofia 4,75 1,06 13,5 32,5
Vakinankaratra 3,37 -1,12 68,8 129,1
Vatovavy Fitovinany 3,66 -1,24 38,2 75,6
MADAGASCAR 3,99 0,00 20,8 41,9
Migration à Madagascar: Profil National 2013 119
Annexe 7 (suite)
% de
personnes
touchées
Nombre par une
% % de moyen de cata-
superficie réduction bovins par strophe
par les des forêts habitant d’origine
Altitude cultures de naturelles (Statis- naturelle
du chef- subsistance entre tiques pour 1000
lieu de (moyenne 1990 et agricoles habitants
Régions la région Pluviométrie 2005-2008) 2005 2008) EDS 2008
Alaotra Mangoro 765 1 091 3,3 16,4 35 55,0
Amoron'i Mania 1 295 1 556 4,7 39,2 37 66,0
Analamanga 1 310 1 365 5,5 28,0 11 19,8
Analanjirofo 13 2 000 4,6 9,2 15 82,9
Androy 135 536 3,7 9,3 157 87,2
Anosy 90 1 500 2,4 10,8 112 42,0
Atsimo Andrefana 9 100 2,5 25,2 116 29,4
Atsimo Atsinanana 5 1 972 4,5 16,3 37 82,7
Atsinanana 6 3 168 5,7 21,3 9 78,9
Betsiboka 64 1 800 1,4 9,5 138 35,2
Boeny 244 1 564 2,6 11,5 116 21,7
Bongolava 900 1 496 5,7 0,3 93 4,5
Diana 40 1 197 2,6 11,4 75 43,3
Haute Matsiatra 1 106 1 074 4,2 25,3 33 47,3
Ihorombe 1 295 848 1,0 16,9 267 89,5
Itasy 1 330 1 353 12,0 93,0 40 36,6
Melaky 27 900 1,1 6,8 339 37,6
Menabe 8 780 2,2 8,7 106 69,0
Sava 5 2 600 3,6 8,2 44 24,1
Sofia 15 1 500 2,7 12,5 63 86,1
Vakinankaratra 1 540 1 331 8,0 69,8 27 56,5
Vatovavy Fitovinany 30 2 104 9,7 34,9 17 46,0
MADAGASCAR - - 2,8 13,5 486 49,6
120 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Annexe 7 (suite)
Taux
de sous
Taux emploi
Proportion d’activité Taux de (temps Taille
de la (pour Taux de sous emploi ; pour moyenne % de
population 1000) chômage (inadéquat ; 1000) des ménages
urbaine (%) EPM (pour pour 1000) EPM ménages agricoles
Régions EPM 2005 2010 1000) EPM 2010 2010 EPM 2010 EPM 2010
Alaotra Mangoro 16,3 624 30 435 492 47 77,3
Amoron'i Mania 10,3 613 12 435 254 49 93,9
Analamanga 31,5 658 53 402 195 44 55,8
Analanjirofo 18,2 593 29 312 299 44 89,0
Androy 26,2 678 33 643 383 57 93,5
Anosy 13,1 742 34 330 296 49 77,0
Atsimo Andrefana 26,6 653 48 571 157 48 54,9
Atsimo Atsinanana 10,3 580 6 500 192 58 93,5
Atsinanana 22,7 585 78 328 171 44 78,7
Betsiboka 16,6 657 42 511 307 54 85,6
Boeny 32,2 766 31 369 205 49 80,5
Bongolava 14,2 681 17 335 337 48 88,8
Diana 34,5 585 74 329 254 36 68,1
Haute Matsiatra 16,7 591 43 459 339 56 88,0
Ihorombe 22,6 555 86 359 268 45 77,4
Itasy 10,0 623 37 564 301 56 96,5
Melaky 30,5 673 22 349 163 50 88,2
Menabe 30,1 670 23 364 220 48 84,2
Sava 11,1 581 47 286 450 43 93,7
Sofia 11,0 650 58 365 297 47 88,2
Vakinankaratra 19,7 709 16 448 297 51 93,9
Vatovavy Fitovinany 11,7 578 18 686 299 56 87,2
MADAGASCAR 26,0 637 38 422 255 48 8,6
Migration à Madagascar: Profil National 2013 121
Annexe 7 (suite)
Revenu salarial Revenu non Consommation Indice de Indice de
moyen par agricole moyenne pauvreté pauvreté
habitant en moyen en annuelle par (ratio (intensité
milliers milliers habitant en en pour en pour
d’Ariary d’Ariary milliers d’Ariary mille) mille) EPM
Régions EPM 2010 EPM 2010 EPM 2010 EPM 2010 2010
Alaotra Mangoro 1 084 946 496 682 250
Amoron'i Mania 1 204 581 346 852 376
Analamanga 1 586 1 478 627 545 182
Analanjirofo 1 343 868 337 835 419
Androy 1 139 483 198 944 609
Anosy 1 504 460 321 835 437
Atsimo Andrefana 1 023 1 124 336 821 433
Atsimo Atsinanana 1 301 631 244 945 512
Atsinanana 1 611 690 343 821 412
Betsiboka 1 116 630 351 822 367
Boeny 1 543 981 519 626 237
Bongolava 1 217 1 965 418 768 290
Diana 1 668 1 434 560 544 208
Haute Matsiatra 1 367 642 327 747 433
Ihorombe 1 572 2 034 347 807 366
Itasy 896 834 382 799 313
Melaky 1 287 1 341 370 802 341
Menabe 1 416 1 642 308 642 246
Sava 1 497 856 397 749 331
Sofia 1 364 1 570 440 715 261
Vakinankaratra 1 047 963 443 758 295
Vatovavy Fitovinany 997 1 150 278 900 464
MADAGASCAR 1 388 1 044 404 765 349
122 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Annexe 7 (suite)
Indice
synthétique Mortalité Indice de
de fécondité infantile fécondité
(nombre et juvenile (nombre
moyen (0-5 ans) moyen Indice de
Taux d’enfants par pour 1000 d’enfants développement
d’aphabétisation femme) EDS naissances survivant à humain en 2008
Régions (%) EPM 2010 2008 EDS 2008 5 ans) (*) (INSTAT)
Alaotra Mangoro 80,8 5,0 74 4,6 551
Amoron'i Mania 81,0 6,1 92 5,5 479
Analamanga 93,6 3,4 48 3,2 628
Analanjirofo 62,9 4,6 58 4,3 509
Androy 39,0 6,4 77 5,9 393
Anosy 35,1 5,5 112 4,9 466
Atsimo Andrefana 50,4 6,2 76 5,7 425
Atsimo Atsinanana 42,5 6,3 122 5,5 406
Atsinanana 75,2 3,0 53 2,8 510
Betsiboka 69,5 4,7 89 4,3 486
Boeny 71,4 4,5 96 4,1 580
Bongolava 82,9 3,8 41 3,6 581
Diana 73,2 3,7 55 3,5 575
Haute Matsiatra 75,5 6,4 103 5,7 480
Ihorombe 65,7 5,9 109 5,3 416
Itasy 83,9 5,5 82 5,1 586
Melaky 48,7 4,7 64 4,4 474
Menabe 62,3 4,8 90 4,4 511
Sava 77,4 4,5 67 4,2 561
Sofia 64,5 4,4 65 4,1 499
Vakinankaratra 81,5 5,3 79 4,9 549
Vatovavy
Fitovinany 68,5 6,5 188 5,3 405
MADAGASCAR 71,4 5,5 72 5,1 483
(*) Le nombre moyen d’enfants survivant à 5 ans a été calculé par les auteurs en appliquant le taux de mortalité
infantile et juvénile au nombre moyen d’enfants par femme.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 123
Annexe 8 :Tableaux statistiques
La population de Madagascar
Tableau 30. Distribution relative de la population par groupes d’âges âge aux
recensements de 1975, 1993, 1966 et 2009 sur la base des résultats des enquêtes
démographiques et EDSMD-IV
1966 (enquête 1975 1993 2009 enquête
démographique) (recensement) (recensement) EDSMD-IV
Total 100,0 100,0 100,0 100,0
0-4 18,2 17,9 18,2 15,6
5-9 15,2 14,7 13,9 16,6
10-14 13,1 11,8 12,5 14,7
15-19 9,2 10,7 11,2 10,1
20-24 6,8 8,4 9,1 7,0
25-29 6,3 6,5 7,4 6,6
30-34 5,4 4,9 6,5 5,9
35-39 5,4 5,0 5,2 5,2
40-44 4,5 4,4 4,0 4,3
45-49 4,0 3,8 2,7 3,5
50-54 3,3 3,4 2,5 3,4
55-59 2,8 2,8 2,0 2,1
60-64 1,9 2,1 1,8 1,7
65-69 1,5 1,5 1,2 0,9
70+ 2,2 2,1 1,8 1,9
Source: Calculs des auteurs sur la base des données de l’INSTAT.
124 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 31. Population par âge et sexe au recensement de 1993 et en 2009 sur la base
des résultats de l’enquête EDSMD-IV
1993 (recensement) 2009 (EDSMD-IV) Accroissement
1993-2009
Hommes Femmes Sex ratio* Hommes Femmes Sex ratio* (en %)
Total 6 082 740 6 156 174 99 9 712 356 9 888 824 98 60,2
0-4 1 126 000 1 101 500 102 1 545 800 1 519 800 102 37,6
5-9 856 700 844 500 101 1 662 500 1 598 800 104 91,7
10-14 771 100 758 800 102 1 477 700 1 411 300 105 88,8
15-19 673 100 697 600 96 981 900 996 800 99 44,4
20-24 538 500 575 200 94 680 600 700 700 97 24,0
25-29 440 600 465 100 95 612 500 690 800 89 43,9
30-34 391 600 403 900 97 563 900 602 000 94 46,6
35-39 318 200 318 200 100 486 100 542 800 90 61,7
40-44 244 700 244 800 100 408 300 434 300 94 72,1
45-49 159 100 171 400 93 340 300 355 300 96 110,5
50-54 146 900 159 100 92 291 700 365 100 80 114,6
55-59 122 400 122 400 100 213 900 207 200 103 72,0
60-64 110 200 110 100 100 175 000 167 800 104 55,6
65-69 73 400 73 500 100 87 500 98 700 89 26,8
70+ 110 200 110 100 100 184 700 197 400 94 73,4
(*) Le sex ratio ou rapport de masculinité est exprimé en nombre d’hommes pour 100 femmes du même
groupe d’âges.
Source: Calculs des auteurs sur la base des données de l’INSTAT.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 125
La population active de Madagascar
Tableau 32. Evolution de la population d’âges actifs en 1966, 1975, 1993 et 2009
1966 2009
(enquête 1975 1993 enquête
démographique) (recensement) (recensement) EDSMD-IV
Population d’âges actifsa (15 ans
et +) 3 316,1 4 226,8 6 780,4 10 385,2
Population d’âges actifs (15-64 ans) 3 086,1 3 950,9 6 413,2 9 816,9
Population âgée de 65 ans et + 230,0 275,9 367,2 568,3
Rapport de dépendance
démographique :
(0-14) + (65+) / (15-64) 100,9 92,3 90,8 99,7
Rapport de dépendance des
enfants :
(0-14) / (15-64) 93,5 85,4 85,1 93,9
Rapport de dépendance des
séniors :
(65+) / (15-64) 7,5 6,9 5,7 5,8
Rapport de soutien des séniors :
(65+)/ (40-64) 22,5 21,8 23,1 19,2
Population d’âges actifs (15-39 ans) 2 061,8 2 698,8 4 822,1 6 858,1
Population d’âges actifs (40-64 ans) 1 024,3 1 252,0 1 591,1 2 958,8
Indice caractérisant la structure
par âge de la population en âges
actifsb 0,50 0,46 0,33 0,43
Population de 5 à 14 ans 1 754,7 2 014,5 3 231,1 6 150 ,3
Population de 55 à 64 ans 291,6 372,6 465,1 763 ,9
Indice de pression démographique
sur le marché de l’emploic 6,02 5,41 6,95 8,05
Femmes d’âges actifs ( 15-39 ans) 1 158,4 1 399,4 2 460,0 3 533,1
Femmes d’âges actifs ( 40-64 ans) 527,7 608,8 807,8 1 529,7
Rapport de féminité pour
personnes âgées de 15 à 39 ansd 128 108 104 106
Rapport de féminité pour les
personnes âgées de 40 à 64 ansd 106 94 103 107
a) La population d’âges actifs comprend toutes les personnes âgées de 15 à 64 ans inclus selon la définition
des Nations Unies.
b) Nombre de personnes âgées de 40 à 64 ans inclus rapporté au nombre de celles âgées de 15 à 39 ans inclus.
c) Nombre de personnes âgées de 5 à 14 ans inclus rapporté au nombre de celles âgées de 55 à 64 ans inclus.
d) Nombres de femmes âgées de 15 ou 39 ans ou 40 à 64 ans pour 100 hommes des mêmes groupes d’âges.
Source: Calculs des auteurs sur la base des données de l’INSTAT.
126 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 33. Population active en 1993, au recensement et en 2001, 2005 et 2010 sur la
base de l’enquête périodique des ménages (EPM)
1993 2001 2005 2010
(recensement) (EPM) (EPM) (EPM)
Taux d’activité (%) 63,9 66,5 64,6 63,7
Taux d’activité % (âgés 15 ans et plus en 2005 et 2010
n.d. n.d. 88,0 90,2
seulement) (%)
Taux d’activité des femmes (%) 50,5 63,6 64,0 62,4
Taux de chômage (%) 0, 8 3,6 2,8 3,8
Taux de chômage des hommes (%) 0,9 3,0 2,0 2,9
Taux de chômage des femmes (%) 0,7 4,3 3,6 4,8
Taux de chômage chez les universitaires (%) n.d. 9,2 8,4 8,0
Taux de sous-emploi dû à la durée du travail n.d. 22 25 25
Taux de sous-emploi dû à l’inadéquation du travail n.d. 34 42 42
Source: Calculs des auteurs sur la base des données de l’INSTAT.
Tableau 34. Répartition de la population active par branche d’activité en 1993
(recensement), 2001 (EPM) et 2010 (EPM) (en pourcent)
1993 2001 2005 2010
Branche d’activité
(recensement) (EPM) (EPM) (EMP)
Agriculture 81,3 75,6 82,0 80,5
Industrie alimentaire 0,6 1,0 0,2 0,3
Industrie Textile 1,6 2,4 0,8 1,1
Construction 0,8 1,0 1,2 1,2
Autre industries 2,9 2,7 1,3 2
Commerce 3,7 5,9 4,9 6,9
Transport 1,3 1,7 0,8 1
Santé privée 0,4 0,2 0,1 0,2
Education privée 1,3 0,9 0,5 0,5
Administration publique 1,3 2,6 2,1 2,4
Autres services 4,8 6,0 6,1 3,9
Total 100 100 100 100
Source: Calculs des auteurs sur la base des données de l’INSTAT.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 127
Tableau 35. Répartition de la population active par catégorie socioprofessionnelle en
2001, 2005 et 2010 selon les résultats de l’enquête périodique des ménages (EPM)
2001 (EPM) 2005 (EPM) 2010 (EMP)
Cadres supérieurs ou moyens 2,8 1,3 1,6
Employés et ouvriers qualifiés 10,6 4,6 3,1
Main d’œuvre sans qualification 3,8 7,6 4,6
Indépendants ou patrons 40,8 34,2 43,8
Aides familiales 42,0 52,3 46,7
Autres 0,0 0,1 0,5
Total 100 100 100
Source: Calculs des auteurs sur la base des données de l’INSTAT.
Tableau 36. Répartition de la population par niveau d’éducation en 2001, 2005 et 2010,
selon l’enquête sur les ménages (EPM)
Répartition de la population d’âges actifs
(il s’agit de ceux âgés de 5 ans et plus selon la définition retenue dans les enquêtes sur les ménages).
Sexe Sans instruction Primaire Secondaire Supérieur Total
Total 48,0 41,9 8,3 1,8 100,0
2001 Hommes 46,2 42,4 9,2 2,2 100,0
Femmes 49,7 41,5 7,4 1,4 100,0
Total 33,8 52,6 11,2 2,4 100,0
2005
Hommes 32,0 53,6 11,4 3,0 100,0
Femmes 35,7 51,4 11,1 1,8 100,0
2010
Total 37,0 51,3 9,6 2,1 100,0
Répartition de la population économiquement active
(à la fois employée et non-employée)
2001 Total 28,1 55,3 13,5 3,1 100,0
2010 Total 33,3 52,0 11,9 2,8 100,0
Taux de sans emploi (part de la population non-employée dans la population économiquement active)
2001 Total 2,3 n.d. n.d. 9,2 3,6
2005 Total 2,3 n.d. n.d. 8,4 2,8
Total 2,9 3,8 5,7 8,0 3,8
2010 Hommes 1,6 3,1 4,6 4,8 2,9
Femmes 3,9 4,6 7,0 12,5 4,8
Source : INSTAT EPM 2001, 2005 et 2010.
128 Migration à Madagascar: Profil National 2013
La population étrangère à Madagascar
Tableau 37. Nombre de personnes ayant fait l’objet d’une décision administrative
d’expulsion, d’interdiction d’entrée ou d’annulation de visa assortie d’une interdiction
d’entrée pendant les années 2007 à 2012 par pays de nationalité
Pays de nationalité Expulsion Interdiction Annulation de visa + Total
d’entrée Interdiction d’entrée
Française 5 41 18 64
Chinoise 4 15 7 26
Comorienne 1 17 4 22
Guinéenne 2 9 0 11
Sri Lankaise 0 11 0 11
Tunisienne 0 7 0 7
Pakistanaise 0 5 1 6
Camerounaise 0 5 0 5
Mauricienne 0 4 1 5
Russe 2 3 0 5
Seychelloise 0 5 0 5
Italienne 1 2 1 4
Belge 1 2 0 3
Indienne 0 3 0 3
Sud-africaine 0 2 1 3
Autres nationalités 7 11 2 20
Total 23 142 35 200
Source: MI /DIE.
Tableau 38. Résultats de l’enquête EPSTV99 sur le motif de présence et la nationalité
des étrangers résidant à Madagascar selon leur statut d’activité (Razafindrakoto et
Roubaud 1999)
Statut d’activité Répartition
Salariés Non salariés Inactifs Total proportionnelle
Motif de présence
Travail (salarié) 91,8 2,6 5,6 100,0 32,0
Naissance 17,3 67,7 15,0 100,0 30,7
Travail (investisseur) 7,2 85,0 7,8 100,0 13,9
Regroupement familial 21,0 25,2 53,8 100,0 9,2
Etudiant 0 2,6 97,4 100,0 8,9
Autres motifs 63,6 4,6 31,8 100,0 3,4
Tourisme 42,6 23,8 28,6 100,0 1,6
Retraité 25,0 0 75,0 100,0 0,3
Total n.d. n.d. n.d. 100,0
Migration à Madagascar: Profil National 2013 129
Tableau 38 (suite). Résultats de l’enquête EPSTV99 sur le motif de présence et
la nationalité des étrangers résidant à Madagascar selon leur statut d’activité
(Razafindrakoto et Roubaud 1999)
Statut d’activité Répartition
Salariés Non salariés Inactifs Total proportionnelle
Nationalité
Français 40,0 31,0 21,6 n.d. 32,5
Chinois 25,6 16,7 10,1 n.d. 18,8
Indo-Pakistanais 6,8 30,0 9,8 n.d. 15,9
Océan Indien 8,9 1,3 34,7 n.d. 12,0
Autres Européens 5,9 3,6 5,7 n.d. 5,0
Africains 1,7 2,7 5,7 n.d. 3,0
Autres 11,1 14,7 12,4 n.d. 12,8
Total 100,0 100,0 100,0 100,0
Tableau 39. Personnes inscrites sur les registres consulaires de la France à Madagascar,
en 2010, selon leur seconde nationalité ou leur pays de naissance
Seconde Nationalité Pays de naissance
Aucune/France 8 913 5 685
Afrique du Sud 5 2
Algérie 2 114
Allemagne 8 28
Belgique 6 16
Chine 20 6
Comores 14 16
Côte d’Ivoire 10 23
Inde 217 28
Italie 16 22
Madagascar 9 408 12 503
Maroc 2 52
Maurice 34 40
Pakistan 52 14
Royaume-Uni 7 13
Sénégal 2 20
Suisse 18 24
Tunisie 2 30
Viet Nam 6 29
Autres /Inconnu 125 202
Total 18 867 18 867
Source: Consulat de France à Antananarivo, registre consulaire.
130 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Tableau 40. Personnes inscrites sur les registres consulaires de la France à Madagascar
en 2010, selon leur groupe d’âges, le sexe et leur groupe sur la base du pays de naissance
et la seconde nationalité
Madagascar
Madagascar
Madagascar
Madagascar
Français né
Français né
en France
en France
Sex ratio
Malagasy
Malagasy
hommes
Français
Français
femmes
Franco-
Franco-
Groupe
d’âges
Total
Total
né à
né à
né à
né à
0-4 336 257 110 758 333 261 109 755 99,6
5-9 371 448 234 1 143 375 441 225 1 138 99,6
10-14 244 516 191 1 065 223 526 186 1 022 96,0
15-19 123 397 94 699 124 372 96 680 97,3
20-24 50 204 53 343 45 251 53 388 113,1
25-29 50 200 107 400 38 167 95 340 85,0
30-34 60 322 93 512 42 174 141 397 77,5
35-39 64 365 113 600 72 245 221 595 99,2
40-44 72 380 141 653 92 285 240 684 104,7
45-49 74 327 88 565 96 237 282 695 123,0
50-54 70 292 95 507 89 252 268 680 134,1
55-59 53 279 76 438 82 266 298 718 163,9
60-64 47 182 81 342 63 158 374 670 195,9
65-69 43 147 49 264 59 131 288 546 206,8
70-74 38 125 52 237 54 104 171 362 152,7
75+ 62 168 63 319 62 96 151 350 109,7
Total 1 757 4 611 1 640 8 847 1 849 3 966 3 198 10 020 113,3
0- 14 54,1 % 26,5 % 32,6 % 33,5 % 50,4 % 31,0 % 16,3 % 29,1 % 98,3
15 - 64 37,7 % 63,9 % 57,4 % 57,2 % 40,2 % 60,7 % 64,7 % 58,4 % 115,6
65 + 8,1 % 9,5 % 10,0 % 9,3 % 9,5 % 8,3 % 19,1 % 12,6 % 153,4
Source : Consulat de France à Antananarivo, registre consulaire.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 131
Tableau 41. Personnes inscrites sur les registres consulaires de la France à Madagascar
en 2010, selon l le sexe et leur groupe sur la base du pays de naissance et la seconde
nationalité. A. Répartition selon la période d’arrivée à Madagascar. B. Répartion sur les
catégories socio-professionnelles
TOTAL HOMMES
TOTAL HOMMES
TOTAL FEMMES
Franco-Malagasy
Franco-Malagasy
Franco-Malagasy
Franco-Malagasy
né à Madagascar
né à Madagascar
Français nés en
Français nés en
Français né à
Français né à
né en France
né en France
ET FEMMES
Madagascar
Madagascar
France
France
A. Répartition selon la période d'arrivée à Madagascar
Avant 1980 230 26 30 2 35 101 47 34 1 35 129
Entre 1980 et 1 449 179 405 27 74 746 176 339 18 85 703
1989
Entre 1990 et 4 784 370 1301 113 301 2 227 439 1 231 127 586 2 557
1999
Entre 2000 et 12 404 1 182 2 875 244 1 230 5 773 1 187 2 362 260 2 492 6 631
2009
Total 18 867 1 757 4 611 386 1 640 8 847 1 849 3 966 406 3 198 10 020
%arrivés 65,70% 67,30% 62,40% 63,20% 75,00% 65,30% 64,20% 59,60% 64,00% 77,90% 66,20%
depuis 2000
B. Répartition selon les catégories socio-professionnelles
Agriculteurs 6 0,00% 0,00% 0,00% 0,00% 0,00% 0,00% 0,20% 0,00% 0,00% 0,10%
exploitants
Artisans, 1 946 3,10% 5,30% 3,10% 4,50% 4,70% 16,60% 12,60% 8,40% 16,40% 15,30%
commerçants
et chefs
d'entreprise
Cadres et 1 269 1,40% 3,40% 6,20% 7,10% 3,90% 4,90% 6,60% 8,10% 14,90% 9,20%
professions
intellectuelles
supérieures
Professions 897 2,20% 2,90% 2,30% 10,70% 4,20% 2,80% 4,10% 3,00% 8,40% 5,20%
Intermédi-
aires
Employés 719 1,00% 4,20% 3,10% 2,70% 3,20% 3,00% 6,10% 5,70% 2,90% 4,30%
Ouvriers 96 0,20% 0,20% 0,00% 0,10% 0,20% 0,50% 1,50% 0,20% 0,30% 0,80%
Retraités 1 095 1,30% 2,50% 1,30% 2,70% 2,20% 3,40% 4,60% 1,70% 17,90% 9,00%
Autres per- 9 231 68,90% 65,00% 66,30% 47,80% 62,60% 44,80% 47,40% 54,90% 19,20% 36,80%
sonnes sans
activité pro-
fessionnelle
Inconnue 3 608 22,00% 16,50% 17,60% 24,40% 19,00% 24,00% 17,00% 18,00% 20,10% 19,20%
Total 18 867 100,00% 100,00% 100,00% 100,00% 100,00% 100,00% 100,00% 100,00% 100,00% 100,00%
Source : Consulat de France à Antananarivo, registre consulaire.
132 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Graphique 16. Carte de la localisation des principaux projets de migration à Madagascar
(Ralandison et al. 2011)
Migration à Madagascar: Profil National 2013 133
Graphique 17. Carte de densité de la population à l’échelle des 22 régions en 1993
(recensement INSTAT)
Source : Calculs des auteurs, voir Annexe 7.
134 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Graphique 18. Carte de densité de la population à l’échelle des 22 régions en 2012
(estimation des régions)
Source : Calculs des auteurs, voir Annexe 7.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 135
Graphique 19. Carte de pourcentage de réduction des fôrets naturelles entre 1990 et
2005
Source : Calculs des auteurs, voir Annexe 7.
136 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Graphique 20. Carte de la mortalité infantile et juvénile (0-5 ans) pour 1000 naissances
(EDSMD-IV 2008/2009)
Source : Calculs des auteurs, voir Annexe 7.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 137
Graphique 21. Carte de l’indice de développement humain des 22 régions en 2008
Réalisation : Jaotiana Rasolomamonjy selon les calculs des auteurs, voir Annexe 7.
138 Migration à Madagascar: Profil National 2013
Graphique 22. Carte de l’indice pauvreté (intensité) des 22 régions en 2010 (EPM 2010)
Réalisation : Jaotiana Rasolomamonjy selon les calculs des auteurs, voir Annexe 7.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 139
Annexe 9 : Liste des personnes rencontrées pour des entretiens
dans le cadre du projet de profil migratoire de Madagascar
• A GBOKOU, DIALLO Moustapha, RAKOTOARISOA et RANAIVOSON, Programme des Nations Unies
pour le Développement.
• ANDRIAMIADANA Jocelyne, USAID / Bureau Santek, Population et Nutrition, chargée de
programme.
• ANDRIAMIHAJA ROBSON Eric, Economic Development Board of Madagascar, Deputy CEO.
• ANDRIAMITANTSOA Tolojanahary Hajampirenena, Vice Primature en charge du Développement
et de l’Aménagement du Territoire, Directeur de l’Observatoire de l’Aménagement du Territoire.
• ANDRIANARISATA John, Banque Africaine du Développement, expert en développement social.
• ANDRIANASITERA Paul F. et M. RANDRIAMANANTENA François Xavier (Chef de service des
Affaires Juridiques), Aviation Civile de Madagascar.
• ANDRIANISA Mamy Jean Jacques, Ministère de la Sécurité Intérieure, Directeur de la Direction
des Renseignements et du Contrôle de l’Immigration et de l’Emigration.
• BAKURAMUTSA Anita Ingabire, UNICEF, Chef de section Gouvernance pour la Protection de
l’Enfant.
• BELALAHY Aubin Aurore, Banque Centrale de Madagascar, Direction des études et relations
internationales.
• BEZOKINY Iris Jacky, Ministère de l’Intérieur, Directeur de l’Immigration et de l’Emigration.
• BOINAID Salim et SAID MOHAMED BAKRI Anturia, Ambassade des Comores, respectivement
Chargé d’Affaires et Conseillère principale.
• CHILDRESS Amanda, PACT, Directrice.
• DAVIS John Uniack, CARE, Directeur.
• DE GRAEVE Laurence et VOGT Christoph, Comité International de la Croix Rouge, respectivement
Déléguée Protection et Chef de Délégation Régional.
• DJANKOU NKUISSI Gabriel, Bureau International du Travail, Représentant Adjoint.
• FIJALKOWSKI Edouard, Ambassade de France, Commandant de Police expert technique à la PAF.
• ISLA VILLAR Pablo, Délégation de l’Union Européenne, Chargé d’aide et de coopération
internationale.
• JARZAGUET Philippe, Ambassade de France, Commandant de Police expert technique à la PJ.
• JEANNODA Norotiana, Syndicat des Professionnels Diplômés en Travail Social, Présidente.
• LEMAIRE Ernest Gérard et SEWTOHUL Rajnish Amal, Ambassade de Maurice, respectivement
Ambassadeur et Premier Secrétaire.
• MADAN LAL RAIGAR, Ambassade d’Inde, chargé d’affaires a.i.
• MAERIEN Jozef, Fonds des Nations Unies pour la Population, Représentant Adjoint.
• OSWEILER Jeffrey M., Consulat des Etats-Unis d’Amérique, Consul.
• OTALLAH Nicole I. et BRETON Chantale, Ambassade des Etats-Unis d’Amérique, respectivement
Conseillère politique et économique et Experte sur les questions de droits humains.
• POLONCEAUX Laurent et PECK Catherine, Consulat de France, respectivement Consul général
et Vice-Consule.
140 Migration à Madagascar: Profil National 2013
• R AKOTOARISON Jean Jacques, du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la recherche
Scientifique, Directeur de Cabinet.
• R AKOTOARISON Monique, ONU Habitat, Manager de programme et plusieurs experts techniques.
• R AKOTOARIVELO Nathalie, Ministère de la Sécurité Intérieure, Officier de Police auprès de la PAF.
• R AKOTOARIVONY William et ANDRIAMBOAHANGY RAMANDASOA Jaona respectivement
Secrétaire Général et Directeur Général de la Protection Sociale, du Genre, de la Famille et de
l’Enfance au Ministère de la Population et des Affaires Sociales, ainsi que le Directeur de cabinet
dudit Ministère.
• R AKOTONIAINA Lucien et RAJOELISON Fanja, Ministère de la Justice / Direction des Droits
Humains et des Relations Internationales.
• R ALINIRINA Marie Simone, Ministère de la Justice / Service des Affaires Civiles, de l’Etat Civil
et de la Nationalité.
• RANAIVO RABEHAJA Gabriel, Ministère de l’Agriculture, Responsable Migration.
• R ANDIRANARIVO SOLOFONIAINA Armand, Ministère de la santé Publique, Directeur Veille
Sanitaire.
• R ANDRETSA Iarivony et RAKOTOMANANA Faly Hery, Institut National de la Statistique de
Madagascar, respectivement Directeur de la Démographie et des Statistiques Sociales et
Directeur des Statistiques des Ménages.
• R ANDRIAMAHENINA Theodore, Directeur Général de l’Administration du Territoire au Ministère
de l’Intérieur et RASITEFANOELINA Haingotian.
• RANDRIANARISON Jean Jacques et RASOARINTSALAMA Mirana du Ministère des Transports.
• R ASOLOFONIAINA Lala, Ministère de la Population et des Affaires Sociales, Coordonateur de
l’Autorité Centrale pour l’Adoption (ACA).
• R ASOLONTSALAMA Valisoa Joséphine, Secrétaire permanente de la Commission Nationale des
Bourses Extérieures.
• R ATSIMBA Lazandrainy Michel Eric, Agence Portuaire Maritime et Fluviale, Directeur régional a
Antsiranana (anciennement a Mahajanga).
• R AVELOSON ANDRIAMBOLOLONA Njakanirina David, Ministère du Tourisme, Directeur du
Système d’Information.
• RAZAFINDRAFITO Hajarijaona, Comité National de Lutte contre le Sida, Secrétaire Exécutif.
• RAZAFINTSIANDRAOFA Jean-Brunelle, Police de l’Air et des Frontières (PAF), Chef de Service
Central de la PAF.
• RAZANAZAFY Aurette Marguerite, Ministère Fonction Publique Travail et Lois Sociales, Directrice
de la Migration et de l’Information sur l’Emploi.
• SAMBALIS Jérôme et RASOLOFONIRINA Fanantenana, Agence Portuaire Maritime et Fluviale,
respectivement Directeur Général et Gestionnaire de la base de données.
• SAMBANIAINA Nomenjanahary Jean Victor, Ministère des Affaires Etrangères, Chef de Service
Visas.
• ZANDRY Maurice et MOUIGNI Hassan, Ministère de la Sécurité Intérieure / Police Judiciaire
Respectivement Chef de la Police des Mœurs et de la Protection des Mineurs et Officier de
Police.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 141
142
Organigramme de nos partenaires interministériels
impliqués dans la migration à Madagascar
Primature
MINAGRI MFPTLS MININTER MJ MSI MINTOUR MAE MSANP MPAS MT MJL MM MEF VPEI
CPGU
DPPSE
DDHRI SACECN
DGR DMIE DEFPC DGPDS ACA DJP SG INSTAT
DVSSE DPS
Migration à Madagascar: Profil National 2013
DRCIE DSI
SV SAJDH SAGC
DIE EDBM DAT BNGRC ACM APMF ATT DPPSE DGE
SCPPMPM
SCPAF SCRG SCST SCIE
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1. Recensements de 1966, 1975 :
• INSRE (1967). Enquête démographique, Madagascar 1966. INSRE, Tananarive, Aout, 169 p.
(Enquête réalisée par M. VOLLE et exploitée par F. GENDREAU).
• INSTAT (1975). Recensement général de la population et des habitats 1975. Données
démographiques. Résidence antérieure. 203 p.
2. Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 1993 (RGPH 1993) :
• Tome I : “Etat de la population “, 76 p.
• Tome IV : “Fécondité, mortalité”, 62 p.
• Tome V : “Migration”, 133 p.
• Tome VI : “Activité économique”, 184 p.
• Tome VII : “Ménage et habitat”, 174 p.
• Tome VIII : “Projection et perspectives démographiques”, 117 p.
3. Enquêtes Permanentes/Périodiques auprès des Ménages (EPM)
• Institut National de la Statistique/Direction des Statistiques des Ménages, Enquête Périodique
auprès des Ménages 2010 : Rapport principal, Antananarivo, Madagascar: Pal Prod, 2011, 372 p.
• Institut National de la Statistique/Direction des Statistiques des Ménages, Enquête Périodique
auprès des Ménages 2005 : Rapport principal, Antananarivo, Madagascar: INSTAT, 2006, 187 p.
• Institut National de la Statistique/Direction des Statistiques des Ménages, Enquête Périodique
auprès des Ménages 2004 : Rapport principal, Antananarivo, Madagascar: INSTAT, 2006, 187 p.
• Institut National de la Statistique/Direction des Statistiques des Ménages, Enquête Permanente
auprès des Ménages 2002 : Rapport principal, Antananarivo, Madagascar: INSTAT, 2003, 119 p.
• Institut National de la Statistique/Direction des Statistiques des Ménages, Enquête Permanente
auprès des Ménages 2001 : Rapport principal, Antananarivo, Madagascar: INSTAT, 2002, 167 p.
• Institut National de la Statistique/Direction des Statistiques des Ménages, Enquête Permanente
auprès des Ménages 1999 : Rapport principal, Antananarivo, Madagascar: INSTAT, 2000, 191 p.
• Institut National de la Statistique/Direction des Statistiques des Ménages, Enquête Permanente
auprès des Ménages 1997 : Rapport principal, Antananarivo, Madagascar: INSTAT, 1999, 135 p.
• Institut National de la Statistique/Direction des Statistiques des Ménages, Enquête Permanente
auprès des Ménages 1993 : Rapport principal, Antananarivo, Madagascar: INSTAT, 1995, 121 p.
Migration à Madagascar: Profil National 2013 149
4. Enquête Démographique et de Santé de Madagascar (ENDS-92, EDS 1997, EDSMD III 2003-2004,
EDSMD IV 2008-2009)
• Institut National de la Statistique (INSTAT) et ICF Macro. 2010, Enquête Démographique et de Santé
de Madagascar 2008-2009, Antananarivo, Madagascar: INSTAT et ICF Macro, 444 p
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• Institut National de la Statistique (INSTAT), Centre National de Recherches sur l’Environnement
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Démographique et Sanitaire 1992, Antananarivo, Madagascar : INSTAT CNRE et ICF Macro, 248 p.
5. Enquête de base sur la santé de la reproduction et la survie des enfants (EBSRSE) dans les zones
d’intervention, USAID : Madagascar, 2003-2004 :
• Soumaïla M. et Rabeza V. (2005). Enquête de Base sur la Santé de la Reproduction et la Survie
des Enfants dans les zones d’intervention USAID, à Madagascar - EBSRSE 2003-2004. Calverton,
Maryland, USA : INSTAT et ORC Macro.
150 Migration à Madagascar: Profil National 2013