1
0. INTRODUCTION
0.1 PROBLEMATIQUE
Le concept de la diversification économique tire son origine à partir du débat
qui a débuté aux Etats-Unis et en Amérique latine, lors de la crise de l’entre-guerre
avec la chute spectaculaire du cours de matières premières 1. Les arguments en faveur
de la diversification ont alimenté les politiques régionales, commerciales et
industrielles, et même, de manière plus larges, les politiques de développement de
nombreux pays jusqu’à nos jours. De nombreuses contributions économiques ont
montré les avantages procurés par la diversification économique en termes de dilution
des risques ; de même que les théories de la croissance et du développement ont mis en
évidence l’apport de la diversification au processus de développement.2
Diversifier une économie, c’est-à-dire procéder à une transition vers une
structure plus variée de la production nationale et des échanges en vue
d’augmenter la productivité, de créer des emplois et de jeter les bases d’une
croissance soutenue permettant de réduire la pauvreté ; est une nécessité grâce à
laquelle un pays s’oriente vers son développement global. De ce fait, une
diversification économique restreinte se traduit, très souvent, par une vulnérabilité des
conditions socioéconomique de la population, face aux chocs extérieurs qui peuvent
compromettre les perspectives de croissance économique à long terme.
Un pays ou une région dont l’activité économique est diversifiée est moins
sensible aux aléas conjoncturels, dès lors que les aléas qui frappent les différents
secteurs ne sont pas parfaitement corrélés positivement. Cet argument est
particulièrement important pour les pays qui exportent les matières premières, dont les
fluctuations des cours sont très fortes et constituent le motif le plus évident de
recherche de plus grande diversification de ceux-ci. Les succès des pays en
développement sont sans doute en partie imputables à leur progrès significatif sur la
voie de la diversification.
La diversification économique reste un défi pour la plupart des pays en
développement et, sans doute pour les pays ayant les plus faibles revenus, notamment
les petits pays sans littoral ou ceux dont l’économie est très dépendante des produits de
base. Pour ces pays, la diversification économique est inextricablement liée à la
transformation structurelle de leurs économies à l’intérieur des différents secteurs et à
l’élévation des niveaux de productivité résultants de la circulation des ressources
économiques à l’intérieur des différents secteurs de l’économie et entre ces secteurs.
1
P. Brenton, I. Gillson et P. Sauvé , Diversification économique : les notions de l’expérience. Ed. OCDE, OMC
2020
2
J.C. BARTHELEMY, Revue d’économie Politique. Ed Université de Paris, vol 155(5), 2005, p591-611
2
La RDC, dont l’économie est très dépendante du secteur minier (95% de ses
exportations sont des matières premières, principalement le cuivre et le colbat dont
40% destinée à la Chine), soumis aux aléas des cours internationaux, est un Etat qui
reste en situation de fragilité.3 Le modèle économique de la RDC est resté extravertie,
comme du temps de la colonisation. Les ressources minières sont extraites et exportées
à l’état brut sur le marché international.
Longtemps considéré comme un pays à vocation minière, au regard de ses
potentialités naturelles, la RDC est avant tout une puissance agricole ; secteur par
excellence pour la diversification de son économie.
Son potentiel en ressources naturelles est tel que, bien gérées, chaque congolais
devrait trouver sa place au soleil. En effet, différentes études ou sources renseignent
que le pays regorge d’abondantes ressources naturelles en quantité et en qualité. A
cela, on peut citer notamment :4
ses 80 millions d’hectares de terres arables dont à peine 10% sont mises
en valeurs. Complètement aménagée en termes de terres cultures, la
RDC, 2ième pays de la planète en terme de terres cultivables après le
Brésil, serait capable, grâce à la diversité des climats et à la densité du
réseau hydrographique dont elle regorge, de nourrir près de deux
milliards de personnes dans le monde et faire ainsi face à la crise
alimentaire mondiale ;
ses 120 millions d’hectares de forêts denses qui constituent le deuxième
poumon de la planète autant qu’elles recyclent le dioxyde de carbone et
libèrent l’oxygène dont l’humanité a besoin pour sa survie ;
ses plans d’eau qui représentent 35% du territoire national vaste de
2 345 409 Km2, se prêtant ainsi à la pêche artisanale et industrielle ainsi
qu’à l’hydroélectricité.
son coltant qui fait prospérer l’informatique et la communication dans le
monde ;
son colbat qui sera abondamment réutilisé dans la fabrication des
véhicules électriques ;
son cuivre, son diamant, son or, son uranium, son mercure, ses blocs
pétroliers, son gaz méthane, etc.
Malheureusement, la vie du congolais moyen ne cadre pas avec la réalité de ses
potentialités. Elle est marquée par une pauvreté indescriptible de la population. Cette
pauvreté est plus accentuée par une forte croissance démographie qui pèse sur la
demande de services sociaux, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. (Kabuya
KABEYA 2016). De plus, les successions des conflits inter éthiques ou tribaux,
l’instabilité politique, l’insécurité qui persiste au pays, notamment dans la partie Est,
3
www. Panorama de l’aide pour le commerce 2019 : diversification et autonomisation économique
4
H. ; KABUYA Kabeya, la gestion des forêts en RDC ; étude écologique, économique et juridique, Ed. ,
L’harmattan, Paris, 2016, pp15-16.
3
constituent des contraintes majeures pour l’essor de la croissance économique aux
travers sa diversification.
Ce qui entraine comme conséquence, le manque de diversification dans ce
secteur en termes de transformation des produits miniers afin de générer une valeur
ajoutée. De plus, l’exploitation illicite des minerais en RDC, notamment dans sa partie
Est, fait l’objet de beaucoup des conflits en telle enseigne que le pays ne parvient pas à
contrôler l’exploitation de ces minerais en terme d’impôt et taxe afin d’accroitre les
ressources financières du pays, gage d’une croissance économique soutenue.
Eu égard à ce qui précède, la présente étude cherche à savoir quels sont les
mécanismes ou stratégies à mettre en place pour diversifier l’économie congolaise afin
d’améliorer le bien-être de sa population ?
0.2. HYPOTHES
Une hypothèse sert de fil conducteur dans une recherche scientifique P.
Rongere la définie comme « la proposition des réponses aux questions que l’on se pose
à propos de l’objet de la recherche formulée en des termes tels que l’observation et
l’analyse puissent fournir une réponse ».5Ainsi, partant des préoccupations soulevées
dans la problématique, nous émettons l’hypothèse selon laquelle, en plus de la création
de la valeur ajoutée aux activités minières en cours d’exploitation, c’est-à-dire la
transformation locale des minerais ; la diversification de l’économie congolaise
passerait par l’exploitation d’autres potentialités que regorge le pays, notamment dans
le secteur agricole, touristique et autre.
0.3. CHOIX ET INTERET DU SUJET
Le choix porté sur le sujet se justifie par le fait que l’économie congolaise ayant
centrée son activité essentiellement dans le secteur minier, l’exploitation d’autres
secteurs, notamment touristique, sportif et surtout agricole, par un soutien efficace du
pouvoir public, favoriserait, à coup sûr, une croissance inclusive et réduirait la
pauvreté qui caractérise la population congolaise.
Le travail poursuit un double intérêt, à la fois scientifique et pratique. L’intérêt
scientifique de cette étude est de permettre aux futurs chercheurs, pouvant menés leurs
recherches dans la diversification économique ou dans une thématique similaire, de
s’imprégner du résultat de cette étude afin d’éclairer leurs lanternes. Quant à son
intérêt pratique, l’étude permettra aux gestionnaires de l’économie nationale de bien
pratiquer les principes et/ou mécanismes de diversification afin d’accroître la
productivité économique dans tous les secteurs et booster ainsi le développement du
pays.
5
RONGERE, P., Méthode des sciences sociales, Ed. Dolloz, Paris, 1970, p20
4
0.4. METHODOLOGIE
Il sied de noter que l’élaboration de tout travail scientifique exige que l’on
recoure à une démarche précise et déterminée en fonction des objectifs poursuivis et
exigence du sujet à traiter. Une méthode est une manière de conduire sa pensée, de
dire, ou de faire quelque chose suivant certains principes et avec un certain ordre
(dictionnaire Robert). Nous retiendrons avec Pinto et Grawitz que « la méthode est
l’ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à
atteindre la réalité qu’elle poursuit ou en démontre la vérité.6
Vu la nature du sujet traité, ainsi que le cadre théorique de l’étude, nous avons
utilisé la méthode descriptive, appuyée par les techniques documentaires et
d’interviews. Cette méthode nous permettra à décortiquer le fonctionnement de
l’économie congolaise afin de démontrer sa faible croissance suite à la non
diversification de son économie. La technique documentaire quant à elle, nous servira
à consulter différents ouvrages, revues, rapports, etc. dans le but de déceler les
contours de l’économie du pays. En fin la technique d’interviews nous mettra en
contact avec les personnes éprouvées d’une connaissance remarquable dans le secteur
économique afin de nous entretenir sur la question de la diversification de l’économie
nationale.
0.5 DELIMITATION DU SUJET
La rationalité scientifique oblige tout chercheur à délimiter son étude dans le
temps et dans l’espace. La dimension spatiale de cette étude couvre toute l’étendue du
territoire national, vu l’importance et la nécessité qu’éprouve les différents secteurs de
la vie économique pour sa diversification. Quant à la dimension temporelle, la présente
étude couvre la période allant de 2016 à 2020.
0.3. CANEVAS
Hormis l’introduction et la conclusion, le travail se subdivise en trois chapitres,
dont le premier fait une revue de littérature sur les concepts de la
diversification économique. Le deuxième chapitre traite de la nécessité de diversifier
l’économie congolaise afin de permettre le développement du pays et le bien-être de la
population. Et enfin le troisième aborde les contraintes ou difficultés que freinent le
processus de diversification de l’économie du pays et propose quelques pistes de
solution en termes des perspectives.
CHAP I : GENERALITES CONCEPTUELLES
6
GRAWITZ. M, : Méthode des sciences sociales, Dolloz, Paris, 1974, pp331-333
5
La diversification économique est une composante essentielle du
développement d’un pays grâce à laquelle, ce dernier s’oriente vers une structure de
production plus diversifiée et renforce ainsi sa résistance aux chocs extérieurs tout en
s’engageant sur la voie d’une croissance soutenue. Favoriser la diversification d’une
économie en appuyant la croissance de tous les secteurs et en établissant des cibles de
diversification dans chaque secteur est un procédé complexe.
Le présent chapitre va expliciter les enjeux de la diversification économique, en
suite va passer en revue les déterminants de la diversification ainsi que son coût ; tout
en disant un mot sur la croissance économique, concept clé de la diversification.
I.1. ENJEUX DE LA DIVERSIFICATION ECONOMIQUE
La diversification nécessite l’utilisation d’un nouvel ensemble de savoir-faire
propre au nouvel environnement concurrentiel de l’activité dans laquelle l’entreprise
pénètre. Autrement dit, la diversification correspond aux mouvements stratégiques qui
se concrétisent par un changement de segment stratégique, c’est-à-dire par la prise en
compte d’un nouvel ensemble des facteurs clés de succès. Parmi les enjeux d’une
diversification, il y a lieu de citer les différents types de diversifications ainsi que
leurs dimensions.
I.1.1 Typologie de la diversification
Des multiples essais typologiques mettant ainsi en évidence l’existence de
plusieurs types de diversification ont été élaborés.7
Parmi les typologies, on retrouve :
La typologie d’Ansoff
La typologie de Rumelt
La typologie de Salter et Weinhold
La typologie de Michael Porter
I.1.1.1 Typologie d’Ansoff
Les différentes typologies de stratégie de diversification les plus couramment
utilisées sont celles proposées par H.I. Ansoff en 1957, qui propose de croiser le
couple produit/marché. Les changements apportés à l’un des composants de cette
relation conduit à distinguer quatre types de stratégies de croissance allant de la
spécialisation à la diversification totale, en passant par le développement de produits
nouveaux et l’expansion géographique. Ce qui fait que chaque couple produit/marché
constitue un domaine d’activité pour l’entreprise.
7
S. KHELIL : Diversification stratégique : l’expérience du développement diversifié de l’ERGR Djurdjura. Ed.
Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, pp7-8, 2017
6
A. Spécialisation (Market penetration)
L’entreprise spécialisée est celle qui concentre son activité et ses ressources sur
un seul métier. A travers cette stratégie, la société garde ses produits et ses clients.
Cependant, tout en restant sur un même marché, il est toujours possible de connaître et
de gagner des parts de marché.
Anssoff propose trois approches :
Encourager les clients déjà existants à acheter plus soit par en les accordant
des marchandises à crédit, soit les réductions ;
Attirer les clients des concurrents, c’est-à-dire faire détourner l’intention des
clients des clients du concourent à acheter tes produits ;
Convaincre ceux qui n’utilisent pas le produit de l’utiliser, soit par la
politique de la publicité ou soit de la différentiation du produit.
B. Développement de produits nouveaux (product development)
Dans le cas du développement nouveau, l’entreprise garde ses clients, soit en
commercialisant de nouveaux produits ou bien en changeant les caractéristiques du
produit actuel (diversification marketing).
Une alternative à cette stratégie est d’utiliser les licences ou brevets déposés par
d’autres sociétés pour vendre les produits de ces sociétés mais sous sa propre marque.
Cela oblige l’entreprise à lier des alliances stratégiques.
C. Expansion géographique (Market development)
L’entreprise développe son activité grâce à la vente du produit actuel sur de
nouveaux marchés, comme l’expansion géographique, l’utilisation d’un nouveau canal
de distribution, l’exploitation d’un nouveau segment de clientèle, etc.
L’exportation de produit ou sa mise en vente dans une nouvelle région sont des
exemples de développement du marché.
Il s’agit aussi d’une stratégie de diversification marketing qui nécessite d’avoir
une bonne politique de vente afin de promouvoir les produits dans des nouveaux pays
ou régions du monde.
D. La diversification totale
L’entreprise développe son activité en se lançant sur de nouveaux marchés avec de
nouveaux produits.
I.1.1.2 La typologie de Rumelt
7
Rumelt, au même titre que Wrigley (1970) introduit le concept de degré de parenté
entre activités comme paramètre autours duquel s’articulent les logiques possibles de
diversification. Il propose ainsi trois formes de diversification : par contrainte, reliée et
non reliée.
A. La diversification «Par contrainte »
La diversification par contrainte caractérise les firmes dont les diverses activités
partagent toutes une même base de compétences ou des ressources c’est dire ici les
firmes ont les mêmes connaissances ou capacités mais elles sont sensés diversifier
leurs activités.
B. La diversification reliée ou en chaîne
La composition du portefeuille d’activité émerge progressivement sur la base
d’une activité initiale. Autrement dit, chaque activité nouvelle étant reliée à la
précédente au plan commercial ou technologique mais l’ensemble ne reposant pas sur
une compétence unique.
C. La diversification non reliée
L’entreprise se positionne sur un ensemble d’activités sans liens entre elles, et
aucune n’est par ailleurs dominante dans la composition du chiffre d’affaires.
La caractérisation du portefeuille d’activités d’une entreprise dans cette
perspective repose sur l’analyse de la composition de son chiffre d’affaires et sur le
calcul de différents ratios. La démarche peut être résumée en quelques étapes
principales :
L’inventaire des activités discrètes composant le chiffre d’affaire c’est-à-dire
voir quelles sont les activités qui ont une part importante dans le chiffre
d’affaire ;
Le calcul de ratios significatifs : Comme par exemple le calcul du ration de la
solvabilité générale qui permet de voir si l’entreprise est capable de règles ses
dettes à court terme, ou soit le calcul du ratio d’autofinancement qui permet de
voir si l’entreprise est capable le financer ses activités par son capital propre ;
I.1.1.3 La typologie de Salter et Weinhold
Salter et Weinhold (1979)8 se concentrent sur la diversification par la croissance
externe. D’après eux, les acquisitions sont qualifiées de liées si elles partagent au
moins l’une des caractéristiques suivantes :
des technologies de production similaires ;
des champs de recherche et développement similaires ;
des produits ou marché similaires.
8
Voir Salter malcolm-wolf weinhold-« strategic management », vol 1, Paris, 2008, pp78-92
8
La typologie de Salter et Weinhold distingue la diversification liée, de la
diversification non liée. Cependant, elle apporte une précision en introduisant deux
profils au sein de la catégorie diversification liée ; à savoir la diversification liée-
complémentaire et la diversification liée-supplémentaire.
A. La diversification liée-complémentaire
Dans cette catégorie de diversification, étend son activité vers des couples
produit/marché demandant des compétences fonctionnelles identiques à celles déjà
obtenues. Sa représentation la plus pure correspond à l’intégration verticale,
représentative d’une expansion orientée vers la même industrie.
B. La diversification liée supplémentaire
La diversification liée-supplémentaire renvoie l’entreprise à se tourne vers un
nouveau secteur qui nécessite que l’entreprise adjoigne de nouvelles compétences
fonctionnelles à celles déjà existantes et que celle-ci induise des changements minimes
sur le produit et le marché initial. Sa forme extrême est l’intégration horizontale.
I.1.1.4. La typologie de Michael Porter
Porter (1992)9 présente deux logiques de diversification distinctes : la logique de
portefeuille et la stratégie horizontale.
A. La logique de portefeuille
Lorsque les managers choisissent la logique de portefeuille, l’entreprise est gérée
comme un établissement des titres financiers. Ainsi, on est dans la logique où l’on
considère que la réalisation des ressources par les différentes unités s’effectue de
manière indépendante sans qu’une collaboration visant à produire de la valeur ne soit
recherchée.
B. La stratégie horizontale
Cette stratégie est à l’opposé de la précédente. La stratégie horizontale contrait
l’entreprise à rechercher des synergies opérationnelles censées résulter de la
collaboration des unités, chacune étant représentative des activités sur lesquelles
l’entreprise se positionne.
L’organisation sur laquelle s’appuie la stratégie de portefeuille est totalement
différente puisqu’elle prône l’indépendance de l’action des unités.
I.1.2 Dimensions de la diversification
9
PORTER Michel, « Avantage concurrentiel », Economica, Paris, 2000, p93
9
La diversification économique, s’effectue à des différentes dimensions ;
notamment géographique, horizontale, verticale et conglomérale.
I.1.2.1 Diversification Géographique
Dans une diversification géographique, l’entreprise cherche à s’attaquer à une
nouvelle zone (géographique) dans laquelle les facteurs clés de succès sont différents
de ceux de son marché pertinent.
Diversifier vos actifs géographiquement signifie que le portefeuille
d’investissement est réparti sur plusieurs régions du monde pour réduire les risques et
d’améliorer les rendements.
D’après Monique COPT, une diversification géographique présente plusieurs
avantages, notamment l’approche holistique en matière de placements, des
opportunités que présentent les économies fortes et stables ainsi que les équilibres
économiques10. Cependant, l’auteur souligne que la diversification géographique coûte
chère en temps et en capital.
A. Une approche Holistique en matière de placements
L’un des principaux avantages d’une diversification géographique des actifs est
que, cela permet d’atteindre plusieurs objectifs à la fois. Les placements alternatifs
dans différentes régions du monde sont par exemple un excellent moyen pour, non
seulement garantir une diversification du portefeuille, mais aussi apporter une valeur
réelle et tangible. Contrairement à d’autres solutions, comme le marché boursier, le
placement faisant partie du marché dispensé permet d’accéder à des opportunités
exclusives que n’auriez pas d’autres moyens ; l’on peut ainsi prendre part, par
exemple, à d’importants projets financiers dans les endroits géographiquement
dispersés partout dans le monde.
B. Profiter des économies fortes
Un autre avantage de la diversification géographique est que, grâce à elle, limitez
les risques en profitant des économies stables ailleurs dans le monde.
C. Une question d’équilibre
L’un des bénéfices importants de la diversification géographique est qu’elle offre
un équilibre indispensable que recherchent tous les investisseurs. Si l’un des actifs se
situe dans une région du monde, particulièrement vulnérable, les actifs placés ailleurs
permettront de compenser des pertes inattendues.
Sans diversification géographique, on ne peut pas atteindre l’équilibre avec succès sur
toute la ligne.
I.1.2.2 Diversification Horizontale
10
MONIQUE Copti : « Trois avantages de la diversification géographique ». 2016
10
La diversification horizontale suppose que l’entreprise cherche à entrer dans un
domaine d’activité différent de son activité principale, mais sur lequel elle possède un
minimum de savoir-faire.
Cette diversification se traduit par la production et le développement de
nouveaux produits. Cependant, les technologies et moyens de production restent
identiques. Ainsi, l’entreprise élargit sa gamme de production. De plus, la clientèle
reste inchangée. La diversification horizontale assure une certaine sécurité à
l’entreprise. En effet, ayant déjà une certaine connaissance, voire maitrise de son
marché et de sa clientèle, elle assure une meilleure distribution des risques.
I.1.2.3. Diversification verticale
Cette diversification se traduit par l’acquisition d’un maximum de maillons ou
d’acteurs d’une même filière. Une entreprise peut être tentée d’éviter la dépendance
vis-à-vis de ses fournisseurs en englobant, dans ses activités, les tâches habituellement
réalisées par des sous-traitants. On parle d’intégration en aval.A l’inverse, elle
privilégier un contact direct avec ses clients, notamment en se passant de distributeurs
ou les intégrant à son activité. C’est ce qu’on appelle l’intégration en amont. La figure
ci-après illustre le processus d’intégration en amont et en aval
Composants Equipement Bureau d’étude
Matières Premières
Logistique
amont Diversification Horizontale
Produits Entreprise industrielle Produits annexes
Logistique Aval
Bureau de Maintenance
Etudes marketing SAV
distribution
Source: Gerry Johnson, Richard Whittington, Kevan Scholes, 1Oe edition, 2014
I.1.2.4. La diversification Concentrique
11
Cette forme de diversification se caractérise par différentes étapes successives.
L’entreprise suit un schéma logique de diversification progressive. Elle propose de
nouveaux produits ou services pour une clientèle identique.
Bien souvent, ces produits ont une technologie complémentaire aux activités
existantes, puis, par la suite, assimilant de nouveaux métiers, vise une nouvelle
clientèle. Il y a transfert de compétences clés.
I.[Link]. Diversification Conglomérale
Ce type de diversification se traduit par un engagement dans des activités de plus
en plus distinctes. Les activités développées n’ont généralement aucun lien entre elles.
De ce fait, elle vise des marchés très séparés. L’entreprise s’engage sur un marché dont
elle n’a aucune expérience.
Cette stratégie assure une limitation des risques. Elle réduit tout risque de
propagation en cas de difficultés sur une activité. De plus, une compensation peut
s’opérer entre activités. Une activité à faible rentabilité peut se voir sauvée par la
réussite d’une autre.
I.2. DETERMINANTS DE LA DIVERSIFIACTION ECONOMIQUE
Parmi les différents déterminants de la diversification économique, il y a lieu de
citer entre autre les facteurs physiques, institutionnels, les variables
macroéconomiques, les choix politiques ainsi que l’accès aux marchés.
I.2.1. Facteurs physiques
Les éléments constitutifs des facteurs physiques qui déterminent la
diversification économique sont notamment l’investissement, la croissance, et le
capital humain.
I.2.1.1 Investissement
L’investissement est une dépense destinée à augmenter la richesse de celui qui
l’engage. Un investissement est une dépense immédiate dont l’objectif est d’obtenir un
effet positif quantifiable à long terme. Une entreprise investit :
pour augmenter sa productivité (investir dans des machines-outils
supplémentaires,…) ;
pour gagner de nouveaux clients ou soigner son image de marque (investir dans
une campagne de communication,…) ;
pour à terme, baisser les coûts, c’est-à-dire augmenter son bénéfice (investir
dans un outil de suivi de sa consommation d’énergie, par exemple pour trouver
où et comment faire des économies…).
12
L’investissement peut aussi être nécessaire pour maintenir un chiffre d’affaires
(renouvellement des équipements obsolètes) ou pour moderniser des équipements :
plus récents et plus efficaces ou plus écologiques11,…
En effet, l’investissement est un déterminant de la diversification économique dans le
sens que cette dernière est un moyen par lequel une économie s’oriente dans de
nouveaux secteurs plus variés. Ainsi, dans ce sens, diversifier une activité c’est
chercher à avoir des nouveaux clients. C’est qui a été justifié par l’investissement.
I.2.1.2. Croissance
Mesurant la variation (positive) de la production de biens et services dans une
économie sur une période donnée, généralement une longue période ; la croissance est
un déterminant de la diversification économique car, en, diversifiant une économie, on
cherche à atteindre la croissance même jusqu’au niveau de l’expansion économique.
I.2.1.3. Capital humain
Le capital humain est l’ensemble des connaissances, aptitudes, expériences,
talents, et qualités accumulées par une personne, une organisation, ou un groupe
d’organisation, et qui détermine en partie leur capacité à travailler12.
Le capital humain est un déterminant de la diversification économique car une
entreprise ou une économie ne peut pas s’orienter dans un autre domaine ou secteur
d’activité sans avoir un capital humain, c’est-à-dire la capacité de pouvoir réussir à
s’orienter dans un nouveau domaine d’activité.
I.2.2. Choix politiques
Le choix de la politique est un déterminant de la diversification économique car
c’est à partir de cette politique choisie qu’on peut réussir à diversifier une économie.
D’où le choix d’une politique est un facteur déterminant de la diversification
économique.
L’Etat doit disposer à chaque secteur un budget suffisant pour son
fonctionnement, c’est qui oblige l’Etat à avoir une bonne politique de financement des
différents secteurs, car sans cette politique de financement, certains secteurs ne
connaissent pas de diversification. Cas du secteur agricole où le budget alloué à ce
secteur n’a pas atteint 3% entre 2003 et 2013, avec c’est 3% il est quasiment
impossible que le secteur agricole se diversifie. Seulement dans les previsions
budgétaires de 2021 où le gouvernement a prévu un accroissement de 1,57% pendant
que ce secteur contribue à 19,4 dans la formation du PIB à cette même année.
11
[Link]
12
[Link]
13
I.2.3. Variables macroéconomiques
Parmi les variables macroéconomiques de diversification, nous avons :
[Link] de change
L’évolution du taux de change peut permettre de rééquilibrer la balance
commerciale, redynamiser le potentiel des exportations à travers de nouveaux
marchés, et ainsi, réduire la forte dépendance vis-à-vis des produits manufacturés. 13
Le taux de change est un déterminant macroéconomique de la diversification
économique car, dans un pays où le taux de change flotte à tout moment, la réussite de
la diversification dans ce pays pose problème.
[Link] d’inflation
Au niveau des facteurs macroéconomiques, une forte instabilité de
l’environnement économique marquée, par exemple, par une forte inflation ne favorise
ni la création et le développement de nouveaux secteurs d’activité, ni l’instauration
d’un climat d’affaire favorable au processus de la diversification.
Toutefois, dans le cas des motivations de portefeuille, on peut raisonnablement
s’attendre à ce qu’une forte inflation puisse conduire à la diversification à mesure que
l’économie se diversifie pour éviter les chocs. Mais, ce processus ne peut être que
transitoire et volatile.
Le taux d’inflation est un élément déterminant de la diversification économique
car avant de réussir la diversification, on doit d’abord maîtriser le taux d’inflation.
I.2.4. Facteurs ou variables institutionnelles
Les facteurs institutionnels qui concourent à la diversification économique sont
notamment la qualité de la gouvernance ainsi que la paix et la sécurité nationale.
I.2.4.1 Gouvernance
La gouvernance est un facteur déterminant de la diversification économique car
cette dernière demande un bon climat des affaires pour sa réussite. D’où l’implication
des pouvoirs publics est importante pour diversifier une économie. Et cette dernière
oblige les pouvoirs publics d’avoir une bonne gestion de recettes publiques qui interdit
le détournement.
I.2.4.2 Conflits et environnement de l’investissement.
Sont deux facteurs aussi déterminants de la diversification économique car en
diversifiant une économie, on tient aussi compte des éléments extérieurs et intérieurs.
Dans un milieu conflictuel, la diversification n’est pas facile.
I.2.5. Accès aux marchés
13
KAMGNA, Severin Yves : Economic diversification in central Africa. MPRA, pp3-6, 2 octobre 2007
14
Elimination des barrières tarifaires
Le développement du marché financier
I.3. COUT DE LA DIVERSIFICATION ECONOMIQUE
La diversification d’une économie nécessite la mise en place des ressources
matériels, humaines et financières afin d’atteindre le résultat escompté. De ce fait, le
gain attendu de la diversification économique serait accru si la production des
différents secteurs économiques est corrélée au reste du monde. Ceci implique que la
diversification économique correspond, non seulement à la migration vers des
nouveaux secteurs mais favorise également les secteurs plus compétitifs et le reste de
l’économie.
Il sied de noter que la diversification d’une économie a un coût. En effet, le
processus devient contreproductif si le(s) secteur(s) est (sont) dépouillé(s) des
ressources au profit des autres secteurs, accusant une contreperformance. Afin de
rendre le secteur moins performant, moins compétitif la diversification exige des
ressources supplémentaires au profit des secteurs moins compétitifs.
Pour ce faire, la diversification économique exige l’extension de la gamme de
production, la motivation des secteurs et la notion du temps.
I.3.1. Extension de la gamme de produit
La diversification économique permet de ne pas être excessivement tributaire des
secteurs économiques fondés sur l’exploitation et l’exportation des ressources
naturelles. Elle réclame à la fois l’extension de la gamme des marchandises et services
produits en vue de l’exportation, mais aussi un secteur privé dynamique ayant accès à
une main d’œuvre qualifiée et évoluant dans un environnement économique adéquat.
I.3.2. Motivation de secteurs
La diversification économique requiert des motivations appropriées pour l’essor de la
transformation et des services, y compris des prix stables qui protégeront d’une
surévaluation nuisible aux exportations et des mesures destinées à brider les formes de
concurrence socialement perturbatrices en ce qui concerne l’accès à l’exploitation des
ressources naturelles, qui ont pour corollaires la corruption, l’absence de démocratie et
le non-respect des droits de l’homme.
I.3.3. Notion du temps dans la diversification
15
La diversification économique est un processus qui demande du temps. En général, il
convient de pallier les fluctuations des cours avec des instruments efficaces à court
terme (fonds de stabilisation budgétaire, marché dérivés, technique d’assurance,
financement compensatoire, etc.) qui présentent chacune des difficultés de mise en
œuvre et des coûts variés, et inscrire la diversification au nombre des réformes
structurelles.
I.4. CROISSANCE ECONOMIQUE
La croissance économique désigne la variation positive de la production de biens
et services dans une économie sur une période donnée.
Afin de bien appréhender ce concept, il sera question, dans le cadre de cette
étude, de passer en revue quelques indications de la croissance économique,
notamment la mesure de la croissance ; ses déterminants, selon qu’il s’agit de
l’approche classique ou néoclassique ; et enfin la croissance inclusive.
I.4.1. Mesure de la croissance
L’indicateur le plus utilisé pour mesurer la croissance économique est le Produit
Intérieur Brut (PIB). Ce dernier, est mesuré en « volume » ou à « prix constant » pour
corriger les effets de l’inflation. Le taux de croissance, lui, est le taux de variation du
PIB. On utilise souvent la croissance du PIB par habitant comme indication de
l’augmentation de la richesse individuelle, assimilée au niveau de vie. 14
Le PIB offre une certaine mesure quantitative du volume de la production afin
d’effectuer des comparaisons internationales. On utilise aussi la parité de la monnaie,
qui permet d’exprimer le pouvoir d’achat dans une monnaie de référence. Au niveau
international, cette monnaie de référence est le dollar Américain. Pour comparer la
situation d’un pays à des époques différentes, on peut également raisonner en monnaie
constante en se référant aux prix d’une date antérieure appelée date de référence enfin
d’éviter les effets de l’inflation.
L’indicateur du PIB reste cependant imparfait comme mesure de la croissance
économique. Il est pour cela l’objet des plusieurs critiques :
Le PIB ne mesure que partiellement l’économie informelle ;
Le PIB ne mesure que de façon imparfaite les productions qui ne sont pas
commercialisées : ainsi, la production des administrations est supposée égale
aux salaires des fonctionnaires ;
Le PIB ne mesure que les apports de la valeur ajoutée dans l’immédiat (sur
une année) ;
14
[Link]:official-document
Robert Solow, « A contribution to the theory of economic growth » Quarterly journal of economic, 1956
Jean Arrous : les théories de la croissance, seuil, 265p (ISBN 978-2-02-021506-0)
16
Le PIB ne mesure que la valeur ajoutée produite par les agents économiques
résidents. Il ne prend donc pas en compte les transferts de ressources
internationales.
I.4.3. Déterminants de la croissance économique
L’analyse des déterminants de la croissance économique a largement évolué
depuis les premières théories classiques et le modèle canonique de Robert Solow pour
aboutir aux nouvelles théories de la croissance qui permettent de comprendre comment
influencer le progrès technique à travers les théories de la croissance endogène15.
I.4.3.1. Les théories Classiques
A l’exception de Jean Baptiste Say, les auteurs de la fin du XIII ème et du XIXème
siècle partagent une vision pessimiste de la croissance économique. Les auteurs
classiques considèrent que les déterminants de la croissance économique sont
essentiellement le travail, le capital et la terre. Or, ces facteurs de production sont
soumis à une malédiction : celle de des rendements décroissants.
En effet, l’accroissement de la production généré par une utilisation
supplémentaire des facteurs de production est de plus en plus faible. Pour David
Ricardo, ce qui conditionne la croissance est l’agriculture. Or, les rendements de la
terre sont décroissants.
Les prix agricoles doivent croître engendre une diminution des taux de profit car
les salaires, indexé sur les prix des produits de première nécessité, augmentent. Cette
réduction du profit entraîne une stabilisation de la croissance à long terme car le
moteur de la croissance, l’investissement est gelé.
I.4.3.2. La théorie néoclassique de la croissance
En 1956, l’économiste américain Robert Solow a élaboré, en effet, un modèle de
croissance qui échappe à la malédiction des rendements décroissants. Prolongeant les
travaux des économistes de la pensée Keynésienne Evsy Domar, Roy Forbes Harrod et
Nicholas Kaldor, il s’intéresse aux conditions permettant de garantir une croissance
stable. Les auteurs avaient établi que la croissance pouvait être stable si
l’accroissement de la production était égal au ratio entre le taux d’épargne et le
coefficient de capital qui est le ratio du capital sur le facteur travail.
Solow reprend leurs hypothèses sauf celle de la fixité du capital et du travail. Ces
facteurs de production peuvent varier notamment pour s’adapter au progrès technique
qui peut modifier les techniques de production. La fonction de production retenue par
Robert Solow est néoclassique : le capital et le travail sont substituables. La
15
[Link]
17
productivité marginale du capital est décroissante. L’épargne est intégralement
investie.
Si le rapport entre le taux d’épargne et le coefficient de capital est inférieur au
taux de croissance de la population, il y a sous-emploi ; les salaires vont diminuer. Les
entrepreneurs vont alors substituer du travail au capital. Le coefficient du capital va
diminuer.
Si le rapport entre le taux d’épargne et le coefficient de capital est supérieur au
taux de croissance de la population, cela signifie qu’il y a une pénurie de main
d’œuvre, les salaires vont augmenter. Pour préserver leur profit les entrepreneurs vont
substituer le capital au travail. Le coefficient de capital va augmenter. Les forces de
marchés ont un effet stabilisant.
Dans le modèle de Solow, potentiellement, la croissance est illimitée, uniquement
régie par la croissance démographique et le progrès technique qui gouverne la
productivité des facteurs de production et la substitution du capital au travail destinée à
préserver les profits.
I.4.3.3. Croissance inclusive
Ce concept a fait son apparition à la fin des années 2000. Il désigne, de manière
générale, l’idéal selon lequel chacun devrait avoir la possibilité de contribuer à
l’augmentation de la prospérité ainsi que d’en bénéficier.
La croissance est inclusive lorsqu’elle permet de réduire les inégalités sociales
au sein d’un pays ou d’un groupe de pays. C’est une approche qui permet de comparer
la croissance de pays développés et émergents. Elle est le résultat d’un modèle qui ne
fait pas seulement appel à une politique de redistribution pour réduire les inégalités
sociales, car elle se projette également dans la durée grâce à un modèle de
développement qui associe tous les types de profits et de compétences.16
I.5. Différents secteurs économiques
Un secteur économique est un regroupement de différentes branches d’activités.
C’est la classification la plus large pour définir l’activité principale d’une entreprise.
Un secteur économique regroupe des entreprises avec des spécialisations très
différentes, mais, dont l’activité économique est de même nature.
Les secteurs économiques classiques sont de trois catégories :
1. Secteur primaire : Ce secteur regorge les activités touchant à l’extraction des
matières premières. On peut citer, entre autres, l’agriculture, l’élevage,… ;
16
Mustapha Sadni Jallai (2012) : Développement récents en économie et finances internationale. Pp339-354
18
2. Secteur secondaire : Il regroupe toutes les entreprises exerçant dans le domaine
de la transformation des matières premières en produits finis (directement
consommables) ou semi-finis ;
3. Secteur tertiaire : Il regorge toutes les entreprises exerçant dans le domaine de
service marchand (restauration, immobilier,…) et non marchands
(enseignements, santé,…)17.
CHAP II : ANALYSE EMPIRIQUE DE LA DIVERSIFICATION DE
L’ECONOMIE CONGOLAISE
Après avoir passé en revue un certain nombre de concepts en rapport avec le
thème de la recherche, le présent chapitre va permettre à recueillir des informations
(données) afin d’appréhender le niveau de la diversification de l’économie congolaise.
17
[Link]
19
Pour ce faire, ce chapitre est structuré en trois sections, dont la première analyse
la contribution des différents secteurs économiques à la croissance du PIB, la
deuxième section traite de la production nationale de différents secteurs ; la troisième
section aborde la balance commerciale.
II.1 Contribution des différents secteurs à la croissance du PIB
L’objectif de cette section est d’analyser le niveau ou le poids de contribution
de chaque secteur économique à la croissance du PIB et de détecter le secteur qui
contribue plus.
Tableau 1 Contribution des différents secteurs à la croissance du PIB
Branches d'activité 2016 2017 2018 2019 2020
Secteur Primaire 0,4 2,2 4,7 0,77 3,09
Secteur Secondaire 0,4 1,2 0,7 1,55 -0,82
Secteur Tertiaire 1,7 1,2 0,5 2,12 0,08
Source rapport banque centrale du Congo 202018
Secteur Primaire
5
4.5
4
3.5
3
2.5
2
1.5
1
0.5
0
2016 2017 2018 2019 2020
La tendance de ce graphique montre qu’en 2016 jusqu’à 2018 la contribution du
secteur primaire à la croissance du PIB était à la hausse mais en 2019 il y a eu baisse
qui a été due suite à l’avènement du covid19 ; en 2020 suite à la maitrise du covid19,
la contribution du secteur primaire a commencé à accroitre petit à petit.
Secteur Secondaire
2
1.5
18
Rapport banque centrale du Congo 2020
1
0.5
0
2016 2017 2018 2019 2020
-0.5
-1
20
La tendance montre que de 2016 en 2017 il y a eu un accroissement de la
contribution du secteur secondaire dans le PIB, et 2017 en 2018 il y a eu une
diminution de la contribution de ce secteur, de 2018 à 2019 il y a eu un
accroissement ; mais de 2019 à 2020 il y a eu une forte diminution jusqu’à atteindre
une croissance négative de -0,82.
Secteur Tertiaire
2.5
1.5
0.5
0
2016 2017 2018 2019 2020
La tendance montre que seulement de 2018 à 2019 où il y a eu un accroissement
de la contribution du secteur tertiaire à la croissance du PIB.
L’utilisation de l’outil statistique donne les résultats suivants :
En étudiant la corrélation entre le secteur primaire et secondaire, le coefficient
de corrélation r est égal à -0,3144 ce qui indique la relation linéaire décroissante
du secteur primaire au secteur secondaire.
21
En étudiant la corrélation entre le secteur primaire et tertiaire, le coefficient de
corrélation est égal à -0,919 ce qui indique la relation linéaire décroissant du
secteur primaire au secteur tertiaire.
Vu les résultats de cette années, les différents secteurs ne sont pas fortement
corrélés est c’est ce qui implique la diversification de l’économie congolaise sur la
base de la contribution des différents secteurs à la croissance du PIB.
II.2. Produit National Brut et Revenu National (en millions de CDF courant)
L’objectif de cette section est que, à partir du produit intérieur brut qu’on déduit
le revenu national brut, à partir du revenir national brut on déduit le revenu national
net afin de bien capter la production nationale nette.
Tableau 2 : Production national brut et revenu national
2016 2017 2018 2019 2020
Produit intérieur brut 37517392,4 55124325,3 75984953,3 83048338,6 92313558,6
Revenu national brut 36897618,6 54091841 73212512,3 80983648 89954078,8
Revenu national net 35649833,7 52280842,7 70718010 78407791,6 87090849
Source : rapport banque centrale du Congo, d’après les résultats des travaux de la
C.E.S.C.N
Le tableau ci-dessus montre le niveau de la production nationale et sur base des
données de ce tableau, on peut déterminer la part de la production nationale dans le
PIB est dont le résultat est le suivant : la part de la production nationale dans le PIB est
de 94,2%. Donc le pays a opté une stratégie de la production locale.
Chart Title
100000000
22
90000000
80000000
70000000
60000000
50000000
40000000
30000000
20000000
10000000
0
2016 2017 2018 2019 2020
Produit intérieur brut Revenu national brut Revenu national net
Ce graphique montre que production nationale est croissante : en 2016 cette
production était de 35649833,4 ; en 2017 cette production est passée de 52280842,7 ;
en 2018, elle est passée à 70718010. Donc la production nationale est croissante.
II.3. La balance commerciale
L’analyse de cette section permet de comprendre comment s’est comportée la
balance commerciale au cours de la période sous examen et de vérifier si l’économie
de la RDC est diversifiée à l’aide de son balance commerciale
Tableau 3 Croissance annuelle de la balance commerciale en pourcentage.
Indicateurs du commerce extérieur 2017 2018 2019 2020
Exportations de biens et services 7 14 1 8
Importances de biens et services 39 23 -15 12
Source : Organisation Mondiale du Commerce
Exportations de biens et services
16
14
23
12
10
0
2017 2018 2019 2020
Importances de biens et services
50
40
30
20
10
0
2017 2018 2019 2020
-10
-20
Le premier graphique de l’évolution de la croissance annuelle de l’exportation
montre que, de 2017 à 2018 il y a eu une croissance, de 2018 à 2019 le taux de
croissance a diminué suite à la fermeture des frontières due à l’apparition du covid19.
Le second graphique de l’évolution de l’évolution de la croissance annuelle
d’importation montre que, en 2017 le taux de croissance des importations a atteint un
niveau plus élevé, mais en 2018 ce taux a commencé a diminué jusqu’à atteindre un
niveau négatif.
Cependant pour vérifier la diversification ou le niveau de la spécialisation de
l’économie congolaise au niveau de la balance commerciale, l’indice agrégatif de
spécialisation est le plus approprié.
Ainsi donc, le tableau ci-dessous, permet de déterminer l’indice agrégatif de
spécialisation noté SPE.
Tableau 4 Croissance annuelle d’importance et exportation en millions USD
Indicateurs de commerce 2017 2018 2019 2020
24
extérieur
Importation de biens et
Services 6679 10595 10957 9159
Importation de biens 4900 7930 8825 6663
Importation de services 1779 2665 2132 2496
Exportation de biens et
services 7959 20093 13508 14237
Exportation de biens 7900 20004 13382 14122
Exportation de services 59 89 126 115
Source : Organisation Mondiale de Commerce
Le calcul effectué montre que SPE est de 0,9974. Or, si :
SPE tend vers 1, on est en présence d’un seul produit d’exportation (niveau
élevé de spécialisation) ;
SPE tend vers 0 : niveau élevé de diversification des exportations
SPE= 1 /N : la part des exportations est équitablement répartie.
Donc le résultat montre que, il y a un niveau élevé de la spécialisation et c’est
ce qui interdit par contre la diversification des exportations au niveau de la balance
commerciale.
CHAP III DISCUSSION ET ANALYSE DU RESULTAT
Eu égard les études menés, le modèle économique de la RDC est resté extraverti
comme du temps de la colonisation. Les ressources minières sont extraites et exportées
à l’état brut sur le marché international.
Effet, sur l’horizon temporel choisi, les études montre que c’est le secteur
extractif contribue à 38% aux recettes du budget national. Cependant, la RDC,
25
longtemps considéré comme un pays à vocation minière dans le sol et sous-sol. Elle
est avant tout une puissance agricole avec 88 millions de terres arables et une
superficie de 2345409 Km2, et une population estimée à plus de de 80 millions
d’habitants qui constitue un marché potentiel pour écouler les produits agricoles19.
Ainsi, ces études ont permis de relever quelques pistes de solutions pour la
diversification de l’économie congolaise.
III.1. La mécanisation et industrialisation de l’agriculture
L’objectif poursuivi à l’analyse de ce point est de voir comme si la RDC
industrialisait son agriculture cela aurait permis la création des industries localement
pour la transformation des produits mais aussi il y aurait une création de la valeur
ajoutée.
C’est ainsi que, au premier point nous parlerons de la définition de
l’industrialisation et mécanisation de l’agriculture, le deuxième parlera de comment
industrialiser et mécaniser l’agriculture en RDC ?
III.1.1 Définition
La mécanisation d’agriculture est le fait de passer de l’agriculture traditionnelle
c’est-à-dire une agriculture basée sur les outils rudimentaires, à une agriculture
moderne en adoptant des méthodes culturelles modernes de manière à augmenter le
rendement.20 Et l’industrialisation implique la transformation locale des produits
agricoles.
III.1.2. Comment industrialiser l’agriculture en RDC ?
L’industrialisation, elle-même coûte chère ; les autorités de la RDC sont sensés
allouées un budget suffisant au secteur agricole pouvant permettre la réussite de
l’industrialisation. C’est pourquoi le financement du secteur agricole est d’une grande
importance.
Une fois le secteur agricole financé, le ministère chargé procèdera à la
mécanisation de l’agriculture c’est-à-dire fournir aux agriculteurs les outils modernes
pour rendre l’agriculture plus productive. Et créera des industries de transformation
locale des produits agricoles dans le but d’avoir une valeur ajoutée et il y aura l’entré
des capitaux.
Exemple de Coton-Graines. Seulement avec les cotons et graines, on peut avoir
plusieurs industries :
1. Egrenage Coton fibre Industrie de filature Industrie de tissage
2. La production de tissus vendus sur le marché
3. L’industrie de trituration des grains
19
H. KABUYA KABEYA : La gestion des forêts en RDC, étude écologique, économique et juridique. Ed.
L’Harmattan, Paris, 2016
20
Cours d’économie rurale générale destine aux étudiants de G3 Economie/UNIKIN 2021-2022
26
On remarque que seul avec les cotons, on peut avoir plus de dix industries et à
chaque étape on aura besoin des travailleurs et c’est ce qui va diminuer le taux de
chômage.
III.2. L’AGROFORESTERIE
Dans cette partie, on parlera au premier de la définition de l’agroforesterie, au
deuxième point on parler de types de cultures applicable dans une agroforesterie si la
RDC décide de diversifier son économie par l’agroforesterie ; au troisième point on
parlera de l’impact de l’agroforesterie.
L’agroforesterie est un terme générique servant à désigne les systèmes
d’utilisation des terres et les pratiques dans lesquelles les plantes ligneuses vivaces
sont délibérément intégrées aux cultures agricoles et /ou à l’élevage pour une variété
de bénéfices et de services.21
III.2.1 Types de cultures pour la diversification de l’économie de la RDC par
l’agroforesterie
Les facteurs qui influencent la performance de l’agroforesterie sont les types et
les mélanges de cultures agricoles, d’élevage et d’arbres, le matériel génétique, le
nombre et la répartition des arbres, l’âge des arbres, la gestion des cultures, de
l’élevage, des arbres et de climat.
A. Les systèmes de parcs agroforestiers
Sont principalement des zones cultivées avec des arbres dispersés (souvent
indigènes). Les caractéristiques des parcs agroforestiers traditionnels sont la diversité
des espèces d’arbres qui les composent, la variété des produits et de leurs utilisations
(comprenant les fruits, le fourrage, etc.).
Ces systèmes sont importants pour la sécurité alimentaire, la création de revenus et
la protection de l’environnement.
B. Les systèmes multi-étages
Sont des groupes d’arbres ou d’arbustes plantés ou existant, gérés comme un étage
supérieur de plantes ligneuses avec un à plusieurs étages inférieures de
cultures.22L’objectif est d’utiliser les différentes strates et d’améliorer la diversité des
cultures grâce à des cultures mixtes mais compatibles à différentes hauteurs sur une
même zone ; de protéger les sols et de fournir un microclimat favorable ; d’améliorer
la qualité des sols en recyclant les éléments nutritifs et en maintenant ou augmentant la
matière organique du sol; d’augmenter le stockage du carbone dans la biomasse
végétale et le sol.
C. Banques fourragères
21
JM. BOFA, Agroforestry parklands in Sub-Saharan Africa. FAO conservation guide no.34,Rome,230pp, 1999
22
H. LINIGER, La grande diversité dans un système agroforestier en Ethiopie.
27
Les arbres et arbustes à feuilles et/ou à gousses appétences sont attrayants pour les
agriculteurs en tant que compléments alimentaires pour le bétail parce que ceux-ci
nécessitent peu ou pas d’apport de trésorerie.
D. Les jachères améliorées
Sont composées d’espèces d’arbres ligneux plantées afin de restaurer la fertilité à
court terme. Traditionnellement, les jachères prennent plusieurs années. La végétation
naturelle est lente à restaurer la productivité des sols. Par contraste, les arbres et
arbustes légumineux à croissance rapide s’ils sont correctement identifiés et
sélectionnés peuvent améliorer la fertilité du sol en faisant montrer les éléments
nutritifs des couches inférieures du sol, en fournissant de la litière et en fixant l’azote.
III.2.2 Impacts de l’agroforesterie
L’agroforesterie a plusieurs impacts, qu’on qualifie des bénéfices et des
contraintes.
A. Bénéfices
Parmi ses bénéfices ou ses avantages, on peut citer :
Diversification des cultures ;
Des rendements combinés plus élevés (arbres, cultures agricoles et
élevage) ;
Fourni des produits sur l’année ;
Création de revenus en espèce additionnels ;
Amélioration de la couverture du sol ;
Réduction de l’érosion des sols (éolienne et hydrique) ;
Amélioration de la fertilité du sol ;
Utilisation plus efficace de l’eau disponible ;
Augmentation de la structure du sol,…
B. Contraintes
Les systèmes produisent de multiples produits sous des conditions
spécifiques ;
Consommation de la main d’œuvre et du temps ;
Besoins élevés en intrants
Réduction de la flexibilité aux changements des marchés liés aux
produits des arbres,…
III.3. LA PROMOTION DU TOURISME
Dans cette partie, on parlera au premier point pourquoi développer le tourisme
en RDC ? Au deuxième point qu’est ce qu’il faut pour qu’il y ait le tourisme en RDC ?
Au troisième point quel type de tourisme à développer ; et au quatrième point on
28
parlera des contributions de tourisme, et au cinquième point on parlera d’écotourisme
et ses impacts.
III.3.1. Pourquoi développer le tourisme en RDC ?
Le tourisme est le premier secteur économique de l’économie mondiale, devant
le secteur pétrolier et l’industrie automobile. Ses recettes s’élèvent à 2 milliard d’euro
par jour23.
En RDC il y a une attente de la part de la population qui n’a que trop souffert
durant ces dernières décennies : décolonisation bâclée, dictature et mal gouvernance,
corruption à tous les niveaux, pillages guerres, et forcément récession économique, etc.
Cependant la RDC reste certainement l’un des pays le plus diversifié en espèces
qui peuvent constitués les objets du tourisme. De même que des chutes d’une beauté à
couper le souffle, une faune endémique, des grottes profondes, une flore remarquable
et des rivières sauvages. La RDC à tous les atouts pour organiser son tourisme mais
tant que ces derniers ne sont pas mis en valeurs, organisés, accessibles et sécurisés, le
tourisme Congolais restera longtemps encore une illusion et les touristes continueront
à se rendre partout et non au Congo.
III.3.2. Qu’est qu’il faut pour qu’il y ait le tourisme en RDC
Quatre paramètres influencent le tourisme en RDC :
Le goût de l’exotisme, de la découverte d’autres cultures ;
De l’argent disponible pour les activités ;
Du temps libre ;
Des infrastructures et des moyens de communication sécurisants et facilitant le
voyage et le séjour.
III.3.3. Quel type de tourisme développer pour la RDC ?
Il faut éviter de développer en RDC un tourisme inadéquat, c’est-à-dire en porte
à faux par rapport à ses réalités et aux besoins de la population aujourd’hui. La RDC,
on le sait, est fragilisée par une longue période d’instabilité économique et sociale. Son
administration est défaillante, les infrastructures laissées à l’abandon, les routes en
piteux état, etc. Dans un contexte touristique international extrêmement concurrentiel,
il est impensable, et d’ailleurs non souhaitable d’envisager un tourisme de masse ; un
tourisme qui risquerait de détruire plutôt que de construire en ignorant les vrais
besoins de la population.
En revanche, la RDC devrait pouvoir se positionner sur le marché international
de tourisme comme destination africaine courue et originale. A condition de vouloir
créer un tourisme adapté qui préserve autant l’héritage naturel lié à l’environnement
que l’héritage culturel lié à l’identité et à la dignité des personnes. Plus qu’une fin en
23
P. WYVEKENS, A. HUART, L’écotourisme 2009.
29
soi, le tourisme doit être un moyen pour les congolais de se réapproprier leur pays
d’une part, et se relier avec l’extérieur d’autre part.
III.3.4. Contributions du tourisme
Le tourisme contribue à :
Assurer une gestion de l’environnement de manière durable ;
Renforcer la formation de la population et lui procurer des emplois stables et
rémunérateurs ;
Moderniser les infrastructures et les services ;
Permettre au pays de commencer à s’affranchir des aides extérieurs et des
importations agro-alimentaires ;
Obliger l’Etat à prendre ses responsabilités, etc.
III.3.5. L’écotourisme et ses impacts
L’écotourisme est une déclinaison du tourisme qui devient depuis quelques
années très prises par les touristes occidentaux. Cette forme de tourisme est
particulièrement adaptée aux pays dotés de grands espaces naturels. De plus il ne
nécessite pas obligatoirement d’infrastructures hyper modernes et énergétivores.
Bien pratiqué, l’écotouriste est un tourisme complémentaire et non substitutif
aux activités traditionnelles (élevage, pêche, agriculture). Il peut se développer au sein
du monde paysan de manière communautaire avec une juste répartition des tâches et
des bénéfices. C’est un tourisme qui combine la rentabilité économique et durabilité
sociale et environnementale. Il est capable de valoriser les moyens disponibles et il
maintient la propriété de la terre aux paysans.
L’écotourisme permet de :
Commercialiser localement les denrées agricoles, la viande d’élevage, et
de brousse et le poisson ;
Aménager des airs de logement en dur, sous huttes ou emplacements de
tentes ;
Proposer le couvert ;
Créer activités touristiques avec accompagnement des touristes ;
Fabriquer et commercialiser des objets artisanaux ;
Proposer de service de chauffeur, guide, piroguier ;
Organiser des services de location de matériels, de vélos, des bateaux,
etc.
S’il reste beaucoup à faire en matière de tourisme, on se rend compte que ce
n’est pas non plus insurmontable. Au congolais, il y a une opportunité exceptionnelle
de saisir la chance de redévelopper son tourisme sans avoir sacrifier l’environnement
et le facteur humain. Mais il est temps, car si les balises d’un tourisme d’un tourisme
responsable ne sont pas rapidement tracées, le risque est de se voir confisquer le
30
secteur par industriels du tourisme ; avec un objectif de rentabilité maximale sans
prendre en compte d’autres préoccupations.
Au Congo, pour le secteur du tourisme comme pour les autres secteurs, il va
falloir innover, imaginer, être audacieux, afin d’apporter des solutions réellement
adaptées aux problèmes, plutôt que d’emprunter des solutions usées et inadaptées
venues d’ailleurs.
III.4. LA TRANSFORMATION LOCALE DE MINERAIS
La transformation locale des minerais implique une création de la valeur
ajoutée. La RDC qui est diversifiée en ressources minières, elle est incapable de
donner même une petite valeur ajoutée à ces minerais.
L’exportation de ses ressources se fait majoritairement en état brut c’est-à-dire
sans aucune valeur ajoutée. C’est pourquoi la RDC pour réussir mieux sa
diversification économique elle doit penser à une transformation locale de ces minerai.
Exemple de l’or, la RDC exporte de l’or à l’état brut. Pour avoir même une
petite transformation à ce niveau, elle peut essayer de transformer cet or en lingot d’or
pour avoir au moins une valeur ajoutée.