Cours de Sociolinguistique Envoi 1
Cours de Sociolinguistique Envoi 1
Présentation
Le cours vise à retracer, de manière concise et interprétative, les conditions historiques d’émergence
de la sociolinguistique. Ce parcours rétrospectif sera jalonné par la présentation des diverses approches
(variationniste, interactionnelle, conversationnelle, critique, urbaine, etc.) ayant émaillé l’histoire de la
sociolinguistique durant son évolution. Une triple composante, à la fois théorique, méthodologique et
épistémologique, permettra de souder l’articulation de ce cours. L’aspect théorique abordera les
concepts de base en sociolinguistique entre autres : variation, variété(s), variables, communauté
linguistique, bi/plurilinguisme, diglossie, marché linguistique, code switching, etc. avec leur
acception dans les diverses approches de la sociolinguistique. Des outils méthodologiques seront
exposés en vue de mettre en évidence comme les sociolinguistes traitent la matière langagière :
enquêtes, observation, questionnaires, interviews, et cela dans une perspective qualitative et/ou
quantitative.
Epistémologie : Ce qu’une langue veut dire : Pour () quoi la décrire et comment ? Approche
émique ? Ou étique ? Quelques postures de recherche en sociolinguistique
Compétences visées
- Offrir aux étudiant.e.s des repères théoriques, méthodologiques et épistémologiques sur les
façons dont la diversité linguistique a été appréhendée en sociolinguistique ;
- Développer son esprit critique, d’analyse et de synthèse sur la manière de décrire et
d’interpréter la variation sociolinguistique, sous toutes ses configurations.
- Conférences et exposé théorique en Cours Magistral (CM) ; d’où la nécessité pour les
étudiant.e.s de prendre des notes quand l’enseignant explique, expose ou illustre oralement des
éléments pertinents, sans être forcément repris dans le polycopié ;
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- Polycopié téléversé sur une classroom (Google), dédiée spécialement au CM, sur plusieurs
envois en fonction de la progression du programme. Il y sera question de thématiques en lien
avec les chapitres annoncés, permettant de compléter sa compréhension en présentiel mais
sans que cela soit nécessairement juste des redites des éléments expliqués en CM.
- Travaux dirigés (TD) : applications proposées à la suite d’exposés
théoriques/méthodologiques : Commentaire de textes scientifiques (articles, chapitres
d’ouvrages, etc.) pouvant reprendre des éléments du CM mais sans forcément s’y restreindre.
Evaluation
Coefficient : 2
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Préambule
Il y a dans la Bible une histoire intéressante, un moment de l’histoire sainte qui est à
l’origine de la notion de schibboleth, ces pièges linguistiques qui comme nous allons le voir
peuvent parfois être mortels. Il s’agit d’une guerre entre deux tribus d’Israël. La tribu de
Galaad avait défait celle d’Ephraïm. Or, le mot qui signifie en hébreu un épi n’était pas
prononcé de la même façon par les membres des deux tribus, ce qui permettait de les
reconnaître. Voici le passage de la Bible qui narre ce qui arriva :
Puis Galaad s’empara des gués du Jourdain, vers Ephraïm. Lors donc qu’un des fuyards
d’Ephraïm disait : « Je veux passer ! », les hommes de Galaad lui disaient : « Es-tu
d’Ephraïm ? » Et s’il disait : Non ! Ils lui disaient : « Prononce donc Shibboléth ! » et il
prononçait Sibboléth, car il ne réussissait pas à parler correctement. Alors on le saisissait et
on l’égorgeait aux gués du Jourdain. Il tomba, en ce temps-là, quarante- deux mille hommes
d’Ephraïm. (Les Juges, XII, 5-6)
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Du seul fait qu’il se trouve en société (groupe, tribu, communauté, etc.), l’homme sent le besoin de
tendre vers autrui en vue d’être ce qu’il est, de satisfaire ses manques, d’accomplir des tâches, etc. Il
peut exprimer ces différentes actions ou états par différents moyens : langues, gestes, écritures. Or, la
langue semble être non seulement le moyen le plus économique de communiquer entre humains
(besoins, sentiments, pensées) mais aussi le milieu dans lequel se forment les messages et intentions.
L’interrelation entre homme et langue fait que celle-ci imprime au locuteur des façons de penser et de
parler spécifiques dont le locuteur n’est pas dupe puisqu’il s’en sert lui aussi pour marquer sa
singularité et instaurer des frontières :
« La langue est un moyen de communication servant aux humains. Il faut donc s’attendre à ce qu’elle
soit affectée par les différent besoins humains : besoin de communication rationnelle, de
communication affective, d’intellection, nécessité de pouvoir appréhender le monde de la manière la
plus adéquate, besoin de survie, de reconnaissance, de pouvoir, etc. En retour, il faut aussi s’attendre
à ce que la langue affecte les individus et les groupes, par exemple en leur donnant un statut social qui
les sert (ou qui les handicape), en leur imposant certains réflexes » (Klinkenberg, 2010 : 29).
Cette relation écologique entre l’homme et la langue se ressent dans tous les contextes de la vie
quotidienne à telle enseigne que Robillard (2005), en revendiquant une approche écolinguistique, a filé
la métaphore significative pour souligner l’intrication entre les deux entités « dans le sens où l’on peut
penser que les langues et les sociétés (et les sciences) se modèlent mutuellement, en constituant un
milieu ambiant l’un pour l’autre, en se co-configurant, comme la main polit, use le manche de l’outil,
et l’outil rend la main calleuse, la modèle même parfois » (Robillard, 2005 : 133)
L’intérêt porté aux différentes langues naturelles et surtout à la nature de ces différences devient de
plus en plus accru depuis le moment où l’on découvrit, suite à des déplacements et migrations
d’hommes, d’un continent à un autre, que les langues peuvent provenir d’un ancêtre commun. Cette
hypothèse fut développée notamment lorsqu’on s’est aperçu que certaines langues européennes
(germaniques et néolatines) avaient des affinités apparentes avec des langues indiennes (sanskrit). La
naissance de la linguistique historique et comparée fut le fruit de travaux de linguistes (frères Grim,
Schlegel, Bopp) qui ont tenté de systématiser les recherches sur la parenté des langues en proposant
des lois qui régissent le changement linguistique d’une langue à une autre.
Théologique : conséquence d’un châtiment divin (le récit de Babel dans la Bible : Descendons et
confondons leurs langues) ;
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partie1, élabore une théorie scientifique originale en ce qu’il prend pour objet la langue, « envisagée en
elle-même et pour elle-même » et une méthode synchronique étudiant la langue à un moment donné de
son évolution. Cet effort saussurien de n’envisager que la langue, produit social et déposé dans la
mémoire individuelle de manière stable et homogène, a eu pour effet d’évacuer aux marges l’intérêt
aux paroles, réputées être idiosyncrasiques, labiles et singulières. On assiste alors à une subdivision de
la linguistique en :
Il peut sembler étrange voire surprenant que, malgré l’évidence du fait que les gens constatent au
quotidien les différences entre leurs façons de parler, les études systématiques sur les dialectes n’aient
véritablement commencé que vers la seconde moitié du XIXe siècle. Si l’on prend l’exemple de la
France, la première division dialectale y était due au poète Bernart d’Auriac vers 1284. Cette
séparation était d’ordre géographique dans la mesure où les gens du Nord pratiquaient les langues
d’oil et ceux du Sud, les langues d’oc en raison de leur prononciation différente du mot « oui »,
respectivement oil et oc.
Toutefois, ces études sur les dialectes n’étaient pas fondées sur des théories bien établies ou fondées
sur des principes clairement posés ; elles n’étaient le fait d’hypothèses intuitive=s et de travaux
spontanés. L’une des tentatives pionnières pour expliquer ces différences linguistiques fut celle des
Néogrammairiens qui ont trouvé aux changements phonétiques, notamment de certaines langues
germaniques, des « lois » qui réfutaient l’hypothèse « de l’exception du changement, ayant eu cours à
l’époque.
Cependant, l’usage d’enquêteurs qualifiés a eu un début heureux avec les études de terrain en France,
commencées en 1896. En voulant améliorer les méthodes utilisées par Wenker, le dialectologue suisse
Jules Gilliéron a choisi un enquêteur pour enregistrer les réponses données à chaque interview. Cet
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Il a été connu pour ses travaux comparatistes sur les langues indoeuropéennes, entre autres son « Mémoire sur
le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes », Leipsick, 1879.
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enquêteur s’appelait Edmond Edmond. Exerçant le métier d’épicier, Edmond, possédant une oreille
assez aigue, fut formé à la notation phonétique. De 1896 à 1900, il avait sillonné toutes les compagnes
françaises en sélectionnant des informateurs précis et en conduisant avec eux des interviews. Les
résultats étaient systématiquement envoyés en Suisse à Gilliéron qui en avait fait progressivement les
sept volumes d’Atlas linguistique de la France.
Si je mentionne ici ces faits historiques sur le développement de la dialectologie, ce n’est pas
seulement pour rappel ; tant s’en faut. Ces travaux dialectologiques ont conduit ultérieurement à
l’émergence de la sociolinguistique.
Dans toute société, il peut se trouver différentes classes (bourgeoise, moyenne, prolétaire, etc.) qui
usent chacune de parlers différents ou du moins hétérogènes, à des niveaux différents. Il est clair que
la notion de classe n’est pas facilement délimitable du moment que les individus peuvent facilement
passer d’une classe à une autre, mobilité ascendante (vers la classe supérieure) ou descendante (vers la
classe inférieure). Ces faits d’hétérogénéité sociale rendent la tâche du linguiste qui veut étudier les
variétés de langue qui s’y trouvent imbriquées particulièrement délicate. L’on assiste alors à deux
types de réactions possibles :
1. Ignorer cette complexité : Le linguiste s’intéresse alors à un seul parler, l’idiolecte de l’individu, à
un moment donné dans un seul style. Cet idiolecte a été perçu à tort comme plus régulier que celui de
la communauté dans sa globalité.
2. Etudier cette hétérogénéité mais dans des lieux moins complexes comme les villages. Ce fut le cas
des dialectologues, qui s’intéressent aux parlers d’informateurs ruraux, particulièrement ceux qui n’ont
pas eu une éducation avancée, dans des villages isolés. C’est notamment la deuxième voie qui a donné
plus tard naissance à la sociolinguistique.
En effet, si les dialectologues ont ciblé les informateurs ruraux, particulièrement ceux qui répondent à
l’acronyme « NORMS » (non -mobile older rural males), créé par le linguiste canadien Chambers,
c’est qu’ils voulaient, d’un côté, capturer les traits de dialectes perdus avant leur disparition et de
l’autre, avoir accès au dialecte « pur », « idéal », « non corrompu » par les variétés standard et cela,
auprès de personnes âgées et de peu d’éducation. Toutefois, les dialectologues vont progressivement
s’apercevoir que l’investigation d’aires géographiques limitées telles que les villages ne pouvait pas
donner une vision assez réelle et complète des usages dialectaux. C’est alors que les facteurs
d’éducation et d’espace ont commencé à être pris en compte dans les enquêtes. L’atlas linguistique des
Etats Unis et du Canada a intégré par exemple ces deux dimensions en répartissant les informateurs
selon leur niveau d’éducation et en investissant les lieux urbains.
Après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les linguistes se rendent finalement compte que l’étude
des dialectes, confinés dans les localités rurales, ignoraient beaucoup de ce qui se parle dans les
grandes agglomérations urbaines, là où vit la majorité des gens : les villes.
A peine certains travaux ont-ils commencé à s’intéresser au parler de New York, San Francisco, etc.
que des problèmes méthodologiques ont vite fait de poindre. Comment peut-on enquêter dans une ville
dont le nombre d’habitants avoisine les 8 millions ? Quelle serait la rigueur d’un travail basé sur un
échantillon de parler de quelques individus seulement issus d’une mégapole comme New York ? Est-
il légitime ou digne d’appliquer les recettes de la dialectologie rurale traditionnelle dans les grandes
zones urbaines ? La réponse ne pouvait qu’être négative.
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Ceux qui investiguaient les parlers des gens dans les villes, les dialectologues urbains, étaient donc
contraints de déterminer comment ils pouvaient accéder à ces parlers, dans quelles conditions, quelles
personnes interroger, etc. Ce que Fishman (1965) a résumé dans son article « Who Speaks What
Language to Whom and When? Et c’est en réponse à ces préoccupations que la dialectologie urbaine a
évolué vers la sociolinguistique.
Le parler de locuteurs individuels (idiolectes) peut énormément différer de ceux d’autres personnes
comme eux. Il peut aussi de l’intérieur être inconsistant. Le parler de la majorité des New Yorkais
varie de manière complètement aléatoire et imprédictible. Parfois, ils peuvent dire « guard » avec /r/,
parfois sans ; tantôt, ils peuvent dire « beard » et « bad » de la même manière, tantôt ils peuvent
accuser la différence. Les dialectologues expliquaient ces faits en recourant au terme de « variation
libre » c’est-à-dire que le locuteur est libre et non contraint par aucun facteur de dire indifféremment
les mots de telle ou telle manière. En revanche, Labov a montré que la variation n’était pas libre mais
contrainte, déterminée par des facteurs extralinguistiques (classe sociale, âge, sexe) qui peuvent en
prédire l’orientation. A cet effet, si on ne peut prédire, à un moment, si les locuteurs diraient cash ou
car, on peut, par contre, montrer que s’ils sont d’une certaine classe sociale, d’un âge ou sexe
déterminés, ils pourraient utiliser l’une ou l’autre variante, avec approximativement un x pourcentage
à un certain moment, en moyenne, dans une situation donnée.
Les différentes façons de dire plus ou moins la même chose peuvent survenir à n’importe quel niveau
de la grammaire d’une langue, d’une variété d’une langue, d’un style, dialecte et registre d’une langue,
pour n’importe quel locuteur. Cela peut parfois arriver au sein d’un même énoncé, dans le même
discours. C’est la variation est un processus de changement qui affecte un système linguistique à un
niveau particulier (phonétique, morphologique, syntaxique, sémantique), la variable est une
représentation abstraite de la source de variation, alors que la variante est la réalisation concrète de la
variable. En d’autres termes, « on entendra par variable l’ensemble constitué par les différentes façons
de réaliser la même chose (un phonème, un signe …) et par variante chacune de ces façons de réaliser
la même chose » (Calvet, 2017, 61).
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Myerhoff (2006 : 8) donne un exemple de variable phonétique à partir d’un échange entre deux
locuteurs à Bequia :
« Quelques amis étaient assis un soir à Bequia (une île de Saint-Vincent et les Grenadines) où ils
allaient regarder une vidéo et boire quelque chose. Une personne a soulevé son verre et dit :
« Cheers ! » (À la vôtre), ce à quoi leur voisin a répondu « Chairs and tables » (chaises et tables). Ces
deux mots se prononcent parfois de la même manière à Bequia. La variable (le trait qui varie) est la
voyelle – dans ce cas la diphtongue centralisée – et les différentes variantes en jeu dans la
communauté dans son ensemble sont les réalisations de la diphtongue avec un point de départ [tʃiəz]
qui sonne comme des acclamations en anglais standard ou un point de départ plus ouvert [tʃeəz] qui
sonne plus come des chaises en anglais standard. »
Calvet (2017 : 71-72) a fourni l’illustration ci-dessous (voir encadré infra) d’un type de variable
lexicale en français :
Il y a donc variable linguistique lorsque deux formes différentes permettent de dire « la même
chose », c’est-à-dire lorsque deux signifiants ont le même signifié et que les différences qu’ils
entretiennent ont une fonction autre, stylistique ou sociale. Dire par exemple en français les toilettes,
les lieux, les chiottes, les W.- C. ou les petits coins manifeste bien évidemment une variable, mais le
problème est alors de savoir à quelle fonction correspondent ces différentes [Link] c’est là que
commencent les difficultés…
En effet, on peut considérer que ces différents mots se répartissent dans leur usage sur une échelle de
classe d’âge : les jeunes diraient peits coins, leurs parents toilettes et leus grands-parents lieux, par
exemple. On peut aussi imaginer qu’ils se répartissent selon le sexe des locuteurs, les hommes disant
plutôt chiottes et W.-C. et les femmes toilettes et petits [Link] peut encore imaginer qu’ils se
répartissent selon une échelle sociale, les classes aisées utilisant plutôt toilettes et les classes
défavorisées petits coins, etc. On aurait ainsi un usage contraint, et le fait d’utiliser tel ou tel mot
indiquerait que le locuteur se trouverait dans telle ou telle catégorie sociale (femme, jeune, classe
aisée, etc.). Une descritpion sociolinguistique consiste précisément à rechercher ce type de corrélations
entre variantes linguistiques et catégories sociales en effectuant systémayiquement des tris croisés et
en interprétant les croisements significatifs. Mais il est aussi possible que, dans un milieu social donné,
un locuteur utilise chiottes alors que les gens qui l’entourent utilisent et attendent que l’on utilise lieux
ou toilettes, dans l’unique but de choquer, d’enfreindre la norme, de se révolter, etc. Dans un cas,
l’utilisation de telle ou telle forme est inconsciente, non choisie, mais elle nous apprend quelque chose
sur la catégorie sociale du locuteur, dans l’autre, elle est consciente, volontaire, et elle nous dit quelque
chose sur le comportement du locuteur qui utilise la langue pour agir.
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APPLICATION
- Comment exprimez-vous l’idée que quelqu’un est mort ? Le fait d’être indifférent à quelqu’un
ou quelque chose ? Qu’est-ce qui détermine votre usage de telle ou telle façon de dire la même
chose
- Essayez de penser à un mot (ou ensemble de mots) que vous prononcez parfois de différentes
manières. Qu’est-ce qui déterminent ces différentes prononciations ? Est-ce qu’il y a des
facteurs sociaux qui entrent en ligne de compte dans votre choix de prononciation ? Lesquels ?
Pour les différents exemples cités plus haut, dites quelle est la variable et quelles sont les
variantes
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