Université THOMAS SANKARA Année académique 2021-2022
Licence MP
Enseignant Dr Ibrahime KONATÉ
Travaux dirigés de Modélisation mathématique
Exercice 1
Une population de bactéries p(t) croı̂t de manière logistique. On suppose que sa taille initiale est de 5mg,
que sa capacité biotique K est de 100mg et que son taux de croissance intrinsèque est de 0.3mg par heure.
1. Ecrire l’équation différentielle satisfaite par p(t).
2. (a) Montrer que la solution de cette équation différentielle est la forme
P (0)K
P (t) =
P (0) + e−rt (K − P (0))
où P(0) est la condition initial.
(b) En remplaçant par leurs valeurs, indiquer de quelle fonction il s’agit ici, puis calculer sa valeurs
aux temps t = 10 et t = 20.
(c) Donner, sans calcul, une valeur approchée en t = 50.
3. Esqusser le graphe de cette solution.
4. Calculer le temps nécessaire pour que la population de bactéries passe de 5 à 50 (détailler vos calculs).
5. (a) Si, au lieu de choisir un modèle logistique pour cette population de bactéries on avait préferé un
0 (t)
modèle exponentielle au taux de croissance PP (t) = 0.3.
(b) Quelle serait, dans ce cas, la fonction P (t) ?
(c) Calculer sa valeur au temps t = 10 et t = 20.
(d) Esquisser le graphe de cette solution.
(e) Calculer le temps nécessaire pour que de bactéries passe de 5 à 50 dans ce modèle.
6. Comparer la valeur atteinte pour la population de bactéries pour des temps grands dans le modèle
logistique et dans le modèle exponentiel. Qu’en pensez vous ?
0
7. Déduire de l’équation logistique, la valeur du taux de croissance PP (t)
(t)
et indiquer sa limite lorque t
tend vers l’infini. Pourquoi ce comportement du taux de croissance est-il plus réaliste que celui du
modèle exponentiel ?
8. Qu’advient-il à cette population si sa taille initiale est de 105mg dans le modèle logistique ? dans le
modèle exponentiel ? Même question si sa tailleest 100mg.
Exercice 2
On considère le système dynamique non liéaire suivant
0
x = x[1 − (x2 + y 2 )] + y
y 0 = −x + y[1 − (x2 + y 2 )]
1. Montrer que le système admet (0,0) comme unique point d’équilibre.
2. Etudier la stabilité et le type cet équilibre.
Exercice 3
1
On étudie un modèle simplifié de la dynamique des populations. Notons N (t) la population d’une espèce à
un temps t.
L’évolution de cette population est modélisée par l’équation :
N (t)
N (t)0 = rN (t)(1 − )
K
où N est la fonction inconnue de variable réelle t, les constantes strictement positives r, K désignent respec-
tivement le taux de croissance et la capacité biotique de la population.
Faire une étude qualitative de ce problème (portrait de phase, points d’équilibre, limites, tracé des trajec-
toires) puis interpréter les résultats.
Exercice 4
On modélise la dynamique en compétition pour la même ressource disponible en quantité limitée. Dans cet
exercice, les lapins et les moutons se battent pour l’herbe. on fait les hypothèses suivantes :
• La population de chacune des espèces croı̂trait jusqu’à sa capacité limite en l’absence de l’autre.
• Les lapins se reproduisent plus vite que les moutons, leur taux de croissance est donc supposé plus élevé.
• On suppose que les conflits surviennent proportionnellement à la taille de chaque population ; s’il y a deux
fois plus de lapins, les chances de rencontre entre un lapin et un mouton seraient deux fois plus élevées. On
suppose que ces conflits affectent le taux de croissance de chacune des espèces mais plus sévèrement pour
les lapins.
On modélise cette compétition par l’équation
0
x = x(3 − x − 2y)
(S)
0
y = y(2 − x − y),
où x(t), y(t) représentent respectivement les nombres de lapins et de moutons.
Déterminer les points d’équilibre et leur type de stabilité, puis esquisser un portrait de phase du système
différentiel.
Exercice 5 (Equation de Lokta-Volterra)
On présente un système proie-prédateur. Désignons par x(t), y(t) le nombre de proies et de prédateurs
respectivement au temps t. L’évolution de ces fonctions se modélise par le système différentiel suivant :
0
x = (a − by)x
(S)
0
y = (cx − d)y,
où a, b, c, d sont des paramètres strictement positifs.
1. Déterminer les points d’équilibre de (S), et si possible, déterminer leur type stabilité.
2. Montrer que les axes sont invariants par le système (S) i.e si x(0) = 0 (resp. y(0) = 0) alors la solution
associée vérifie x(t) = 0 (resp. y(t) = 0) pour tout t dans son intervalle de définition.
Exercice 6
Soit K > 0. Donner le portrait de phase de l’équation x(t)0 = x2 (t)(1 − Kx(t)), où x(t) ∈ R.
Préciser si les équilibres sont attractifs, répulsifs ou ni l’un ni l’autre.
Exercice 7
On considère le modèle de Gompertz :
y
y 0 = −αy ln( )
K
où α > 0, K > 0.
1. Déterminer les points d’équilibre puis étudier leur stabilité.
2
2. Donner l’expression explicite de la solution.
3. comparer ce modèle au modèle logistique.
Exercice 8
Les coûts de production d’un monopole sont : CT = q 2 + 4q + 100.
Les demandes du bien au niveau du sous marché I et II sont :
Sous marché I : q1 = 12 − 5/20p.
Sous marché II : q2 = 12 − 3/20p.
Avec q = q1 + q2 et p = p1 + p2 .
1. Déterminer l’équilibre du monopole.
2. Déterminer l’équilibre en appliquant la politique de la discrimination par prix.
Exercice 9
Un monopole produit un bien X dans deux usines les coûts de production dans les deux usines sont :
CT1 = 2q12 + 80, CT2 = q22 + 360.
La demande du bien X sur le marché est p = 60 − q sachant que q = q1 + q2 .
1. Déterminer les quantités optimales dans chaque usine.
2. Que se passerait-il si le monopole décide de fermer l’usine 2.
Exercice 10 modèle de Cournot
Le marché d’un bien comporte deux vendeurs confrontés à une multitude d’acheteurs, dont la demande est
XD = −P + 100. Les deux entreprises ont les fonctions de coût suivantes :
CT1 = 2X12 + 20 et CT2 = 3X22 + 10.
1. Déterminer le prix du marché, les quantités produites et le profits des entreprises lorsque celles-ci se
comportent comme si elles étaient en situation de concurrence pure et parfaite.
2. Même question si on suppose que chaque entreprise prend sa décision en considérant la production
de l’autre comme donnée.
Déterminer les équations des courbes de réactions de ces deux entreprises, le prix du marché et les
profits respectifs.
Exercice 11
L’évolution de la taille N (t) d’une population au cours du temps t est par l’équation différentielle suivante :
0 N
N = rN 1 −
K
1. Que signifient les paramètres strictement positifs r et K ?
2. Faire une étude qualitative de ce prolème (portrait de phase, ponits d’équilibre, limites, tracé des
trajectoire).
3. Interpréter les résultats de la question 2).
4. Déterminer le niveau de développement maximum de cette population.
5. On suppose N(t) est la taille d’une population de poisson qui subit une limitation dûe à l’effort
constant de pêche noté E > 0.
Déterminer le modèle régissant la dynamique de cette population exploitée puis déterminer les points
d’équilibre lorsque E < r.
Exercice 12
3
I
1. La population en France métropolitaine en 2006 était de 61,4 millions et la population en France
métropolitaine en 2013 était de 63,7 millions.
(a) Quel est le taux de variation de la population entre 2006 et 2013 ?
(b) En se plaçant dans le modèle de Malthus, évaluer la population française en 2020.
2. La population française vivant dans les départements d’Outre-Mer (DOM) était de 1,787 millions en
2006 et elle a augmenté de 4,2 % en 7 ans.
(a) Déterminer la population des DOM en 2013.
(b) En se plaçant dans le modèle de Mathus, évaluer la population des DOM en 2020. item Cette
population était en réalité de 2,172 millions d’habitants. Que peut-on en déduire ?
II
1. En Argentine, la population totale est de 45,6 millions d’habitants. Dans cette population,on estime
que le taux de natalité est de 16,5 pour mille et que le taux de mortalité est de 7,6 pour mille .
(a) Calculer le taux de variation de la population argentine.
(b) En suivant le modèle de Malthus, à combien peut-on évaluer la population argentine en 2030.
2. Au Japon, le taux de variation de la population est de -3,5 pour mille pour une population totale de
126 millions d’habitants. En suivant le modèle de Malthus, estimer la population japonaise en 2030.
III
Au Canada, le taux de natalité est estimé à 10,2 pour mille et le taux de mortalité à 7,9 pour mille.
1. Calculer le taux de variation de la population en suivant la méthode de Malthus.
2. Le taux de variation de la population canadienne est estimé à 8,5 pour mille.
(a) Comparer cette valeur au résultat du calcul précédent. Que constate-t-on ?
(b) Proposer une explication
Exercice 13
Les parties A et B peuvent être abordées de façon indépendante. Deux groupes de scientifiques, des
spécialistes en environnement et les biologistes, étudient l’évolution d’une population de grenouilles au-
tour d’un étang.
Étude d’un modèle discret d’évolution
Le groupe des spécialistes en environnement étudie le taux de disponibilité des ressources nécessaires pour
le développement de la population de grenouilles autour de l’étang. Ce taux dépend notamment du nombre
de grenouilles présentent sur les lieux, de la quantité de nourriture à disposition, de l’espace disponible et
de la qualité de l’environnement. Une étude, menée en 2018 par ce premier groupe de scientifiques, a permis
d’estimer le taux de disponibilité des ressources à 0,9 ; cela signifie que 90% des ressources sont disponibles.
On modélise le taux de disponibilité des ressources par la suite (Tn ) qui, à tout entier naturel n, associe le
taux de disponibilité des ressources n années après 2018. On a ainsi T0 = 0, 9.
Le modèle choisi est tel que, pour tout entier naturel n, on a : Tn+1 = Tn − 0, 1Tn .
1. Certains spécialistes en environnement estime qu’en 2022, le taux de disponibilité des ressources sera
proche de 0,4. Cette affirmation est-elle conforme au modèle ? Pourquoi ?
2. On définit la fonction f sur l’intervalle [0 ;1] par f (x) = x − 0, 1x2 . Ainsi la suite (Tn ) vérifie pour
tout entier naturel n, Tn+1 = f (Tn ).
(a) Étudier les variations de la fonction f sur l’intervalle [0 ;1].
(b) . Montrer que pour tout entier naturel n, on a : 0 6 Tn+1 6 Tn 6 1.
(c) La suite (Tn ) est-elle convergente ? Justifier la réponse.
(d) Le groupe de spécialistes de l’environnement affirme que, selon ce modèle le taux de disponibilité
des ressources peut être inférieur à 0,4 au cours des vingt premières années qui suivent le début de
l’étude et qu’il est capable de déterminer en quelle année, ce seuil serait atteint pour la première
fois.
Cette affirmation est-elle conforme au modèle ? Pourquoi ?
4
Partie B
Le groupe de biologistes a choisi une autre option et travaille sur le nombre de grenouilles peuplant l’étang.
Au 1er janvier 2018, il y avait été dénombré 250 grenouilles. Les biologistes estiment que le nombre de
grenouilles présentes autour de l’étang peut être modélisé par la fonction P définie sur l’intervalle [0; +∞[
1000
par P (t) = 0,4+3,6e −0,5t où t est le temps, mesuré en années, écoulé depuis le 1er janvier 2018 (cette fonction
découle d’un modèle continu, usuel en biologie, le modèle de Verhulst).
1. Calculer P 0 (t) où P 0 est une fonction dérivée de P puis étudier le signe de P 0 (t) pour t appartenant
à l’intervalle [0; +∞[ .
2. Déterminer la limite de la fonction P en +∞ puis dresser le tableau de variation de la fonction P sur
l’intervalle [0; +∞[.
3. Montrer qu’il existe une unique valeur t0 ∈ [0; +∞[ telle que P (t0 ) = 2000. Déterminer cette valeur
à 10−1 près.
4. Selon ce modèle, déterminer au cours de quelle année la population de l’étang aura dépassé pour la
première fois les 2000 grenouilles.
Exercice 14
Deux firmes se partagent le marché d’un bien X. La firme 1 produit une quantité X1 et sa fonction de coût
total a pour expression :
CT1 = 20X12 + 50X1 + 100
La firme 2 produit une quantité X2 et a pour fonction de coût total :
5
CT2 = − X22 + 140X2 + 10
2
La fonction de demande globale du marché s’exprime de la manière suivante : P = −5X + 200 (avec
X = X1 + X2 )
1. On suppose que chaque entreprise ignore la présence de l’autre. Déterminer dans cette hypothèse les
valeurs d’équilibre.
2. On considère maintenant que chaque entreprise tient compte de l’offre faite par son concurrent. On
admet que la recherche de l’équilibre d’une entreprise se fait en supposant que l’autre entreprise ne
changera pas son offre. Calculer les quantités qui seront offertes à l’équilibre par chaque entreprise et
les profits respectifs.
3. Représenter graphiquement les courbes de réaction de chaque entreprise et montrer comment s’opère
le cheminement vers l’équilibre
Exercice 15
Le but de l’exercice est d’étudier le modèle épidémiologique SIS, qui s’applique notamment pour des maladies
assez bénignes comme le rhume, dont l’issue est rarement fatale, mais o‘u les individus guéris peuvent être
infectés à nouveau. On note N la population totale, supposée constante, et y(t) le nombre total d’individus
infectés au temps t. On suppose que la variation dy de y, rapportée à un temps infinitésimal dt provient de
deux sources :
• les nouvelles contaminations que l’on suppose proportionnelles au produit y(N − y) (avec un coefficient α
positif),
• les guérisons que l’on suppose proportionnelles à y (avec un coefficient β positif, supposé constant).
1. Discuter les hypothèse ci-dessus et notamment la raison d’être du terme y(N − y).
2. Montrer que l’équation différentielle en y qui traduit ces hypothèse est la suivante :
y 0 = (αN − β)y − αy 2 .
3. Intégrer cette équation. Discuter le signe de αN − β. Indiquer rapidement l’allure du graphe de y
dans le cas αN − β > 0.
5
4. Le tableau ci-dessous indique le nombre total de cas dans une petite ville pendant les mois de
décembre-janvier en fonction du nombre de jours écoulés (ainsi, le 28-ième jour, il y avait eu, en
tout, 1940 cas). En supposant que le modèle étudié ci-dessus est pertinent, utiliser ce tableau pour
donner une prévision (approximative) du maximum de cas d’infection.
20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44
480 697 1000 1408 1940 2600 3366 4194 5014 5791 6452 6986 7396
On donne α = 2, 382.10−5 et β = 0, 1572. Donner une estimation de la population de la ville.
Le modèle permet-il de rendre compte de ce qui se passera au printemps ?
Exercice 16
Une population de lapins est introduite dans une petite ı̂le. On appelle p(t) la population de lapins au temps
t (l’unité de temps est l’année). On suppose que les lapins n’ont pas de prédateurs, mais, qu’en raison de la
limitation
de la quantité de nourriture disponible, il y a une quantité maximum m de lapins qui peut survivre sur
l’ı̂le. Le modèle proposé pour étudier l’évolution de cette population consiste à dire que l’accroissement de
la population pendant un petit intervalle de temps est proportionnel à la fois à l’intervalle de temps, à la
quantité de lapins présente p(t) (plus il y a de lapins, plus ils peuvent faire de petits), mais aussi ‘a l’écart
entre population théorique maximum et population actuelle m − p(t) (quand on approche du maximum de
la population, la nourriture disponible devient rare et la mortalité augmente). Ce modèle conduit donc ‘a
l’équation différentielle (1) : p0 = ap(m − p) où a est une constante positive. On suppose que p(t) et m − p(t)
sont des nombres réels (et pas seulement des entiers) > 0.
1
1. On pose g(t) = p(t) . Montrer que g vérifie une équation différentielle (2) de la forme g 0 = αg + β où
α et β sont deux réels que l’on précisera.
2. Résoudre l’équation (2) et en déduire que les solutions de l’équation (1) sont de la forme : p(t) =
m
1+λe−amt
où λ est un réel > 0.
3. Etudier les variations de la fonction p : signe de la dérivée p0 , variation de p0 (on s’intéressera en
particulier aux points où p00 s’annule), limite de p quand t tend vers l’infini (on pourra utiliser
l’équation (1)). Donner l’allure du graphe de p.
4. Voici le tableau des valeurs de p aux alentours de la troisième année :
2,5 2,6 2,7 2,8 2,9 3 3,1 3,2 33
347 377 408 440 473 507 539 570 600
Comment ce tableau permet-il, en supposant que le modèle est pertinent, d’avoir une idée approxi-
mative de la valeur maximum m ?
5. On suppose qu’on a m = 1000, p(0) = 20 et p(1) = 70. Calculer a et λ. Au bout de combien de temps
aura-t’on atteint la moitié de la population limite ? la population limite à une unité près ?