Structure des Systèmes Téléinformatiques
Structure des Systèmes Téléinformatiques
Sellami
Chapitre 1
Structure des systèmes téléinformatiques
Donc un réseau de transmission de données est défini par l’ensemble des périphériques
informatiques interconnectées et permettant l’échange des données entre les terminaux distants.
L’information est traitée dans les terminaux sous la forme numérique. Lorsqu’on désire
transmettre cette information, on aura besoin de l’adapter aux supports de transmission. De plus
les équipements de raccordement vont devoir la mémoriser, la coder selon un codage
compréhensible par les systèmes communicants.
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Les éléments des systèmes téléinformatiques peuvent être regroupés en trois catégories
principales :
1.1 Equipements Terminaux de Traitement de Données (ETTD)
Les ETTD se trouvent à proximité immédiate des utilisateurs et facilitent l'accès aux ressources
du réseau. Cette catégorie comprend :
Les ETTD sont connectés aux systèmes de télécommunication via des dispositifs spécifiques
appelés ETCD, qui gèrent l'accès des équipements terminaux aux lignes de communication. Deux
types principaux sont identifiés :
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Ces équipements facilitent la connexion entre deux ou plusieurs équipements terminaux. Les sous-
catégories comprennent :
En décomposant ainsi les composants des systèmes téléinformatiques en ces trois familles, il est
possible de mieux comprendre leur fonctionnement et leur rôle crucial dans la mise en place et le
bon fonctionnement des réseaux de communication modernes.
Les éléments du réseau, tels que les ETTD, sont connectés entre eux par des lignes de transmission
adaptées à différentes distances. Les Lignes Directes Privées (L) sont utilisées pour des
connexions sur de courtes distances, directes et privées entre deux points spécifiques. Tandis que
les Lignes Téléphoniques Spécialisées (LS) sont Louées auprès des services de
télécommunications pour des connexions à longue distance, offrant une qualité de service garantie.
Pour les Lignes Téléphoniques Commutées (LC), elles sont souvent utilisées pour des
communications temporaires et des connexions ponctuelles.
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Un réseau local, présenté sur la figure 1.4, permet la communication entre des équipements
informatiques dans un espace géographique restreint tel qu'un bâtiment. Les LAN sont
généralement utilisés pour connecter des périphériques situés à proximité les uns des autres. Ils
offrent des vitesses élevées de transfert de données et une sécurité relativement facile à gérer. Les
réseaux locaux peuvent être filaires ou sans fil (Wi-Fi), offrant une connectivité flexible et adaptée
aux besoins des utilisateurs.
Un réseau métropolitain relie plusieurs LAN situés dans une même zone urbaine étendue, comme
une ville. Les MAN permettent la communication entre des sites distants au sein d'une région
métropolitaine. Ils offrent des vitesses de transmission élevées et une connectivité fiable pour les
organisations ayant des bureaux dispersés dans une même zone géographique.
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Un réseau étendu relie des ordinateurs et des réseaux sur de très grandes distances, souvent à
l'échelle mondiale. Internet est l'exemple le plus vaste de réseau WAN, permettant la
communication entre des dispositifs situés dans le monde entier. Les WAN utilisent des
technologies de transmission diverses, telles que des lignes louées, des réseaux privés virtuels
(VPN) et des connexions Internet publiques pour permettre la communication efficace et sécurisée
sur de longues distances.
En résumé, la classification des réseaux en LAN, MAN et WAN permet de définir la portée
géographique et l'étendue des communications possibles, allant des environnements locaux
restreints aux vastes réseaux interconnectés à l'échelle mondiale, offrant ainsi des solutions de
connectivité adaptées aux besoins spécifiques des utilisateurs et des organisations.
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Un réseau WLAN, est un type de réseau local qui utilise des ondes radio pour connecter des
périphériques sans fil dans un espace géographique restreint, tel qu'une maison, un bureau, un
campus universitaire ou un café.
Connectivité sans Fil : Les réseaux WLAN éliminent le besoin de câbles physiques en
utilisant des technologies sans fil telles que le Wi-Fi (Wireless Fidelity) pour permettre la
communication entre les dispositifs.
Flexibilité et Mobilité : Les utilisateurs peuvent se déplacer librement tout en restant
connectés au réseau, offrant une flexibilité et une mobilité accrues par rapport aux réseaux
filaires traditionnels.
Facilité de Configuration : Les réseaux WLAN sont généralement faciles à configurer et à
étendre, ce qui les rend idéaux pour les environnements où le câblage physique peut être
difficile ou coûteux à mettre en place.
Sécurité : Les réseaux WLAN offrent des mécanismes de sécurité tels que le chiffrement
des données et l'authentification pour protéger les informations sensibles des utilisateurs
contre les accès non autorisés.
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Haute Vitesse : Les réseaux WLAN modernes peuvent offrir des vitesses de connexion
élevées, permettant le transfert rapide de données et la prise en charge d'applications
gourmandes en bande passante.
Les réseaux WLAN sont largement utilisés dans les environnements résidentiels, commerciaux et
institutionnels en raison de leur commodité, de leur flexibilité et de leur capacité à répondre aux
besoins croissants en connectivité sans fil.
Un réseau personnel (PAN), abrégé en Personal Area Network, est un type de réseau qui couvre
une zone très restreinte, généralement la distance entre des appareils personnels tels que
smartphones, tablettes ou ordinateurs portables.
Un exemple courant de technologie PAN est Bluetooth. Cette technologie sans fil permet à des
appareils à courte portée de se connecter et de communiquer les uns avec les autres de manière
pratique et efficace. Les réseaux PAN sont utilisés pour des applications telles que le partage de
fichiers entre appareils personnels, la connexion d'accessoires sans fil (comme des écouteurs ou
des claviers) et d'autres interactions sans fil entre dispositifs proches les uns des autres.
Grâce à leur portée limitée et à leur facilité d'utilisation, les réseaux PAN offrent une solution
pratique pour connecter des appareils personnels et créer des environnements de communication
sans fil simples et efficaces.
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Les modes de transmission dans les communications informatiques définissent la manière dont les
données sont échangées entre les appareils connectés.
Pour une transmission donnée sur une voie de communication entre deux machines la
communication peut s'effectuer de différentes manières. La transmission est caractérisée par :
La liaison simplex caractérise une liaison dans laquelle les données circulent dans un seul
sens (figure 1.7), c'est-à-dire de l'émetteur vers le récepteur. Ce genre de liaison est utile
lorsque les données n'ont pas besoin de circuler dans les deux sens (par exemple de votre
ordinateur vers l'imprimante ou de la souris vers l'ordinateur...).
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La liaison full-duplex (appelée aussi duplex intégral) caractérise une liaison dans laquelle
les données circulent de façon bidirectionnelle et simultanément (figure 1.9). Ainsi, chaque
extrémité de la ligne peut émettre et recevoir en même temps, ce qui signifie que la bande
passante est divisée par deux pour chaque sens d'émission des données si un même support
de transmission est utilisé pour les deux transmissions.
On désigne par transmission parallèle, présenté sur la figure 1.10, la transmission simultanée
de N bits. Ces bits sont envoyés simultanément sur N voies différentes (une voie étant par exemple
un fil, un câble ou tout autre support physique). La liaison parallèle des ordinateurs de type PC
nécessite généralement 10 fils.
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N lignes physiques : auquel cas chaque bit est envoyé sur une ligne physique (c'est la raison
pour laquelle les câbles parallèles sont composés de plusieurs fils en nappe).
Une ligne physique divisées en plusieurs sous-canaux par division de la bande passante.
Ainsi chaque bit est transmis sur une fréquence différente...
b) Transmission série
La transmission série consiste à envoyer une série de bits sont émis les uns à la suite des autres sur
un même canal de transmission. Cette technique est utilisée lorsque les distances entre les
terminaux du réseau sont importantes. Dans ce cas le temps de propagation est plus important par
rapport à celui de la transmission en parallèle.
Les bits des caractères émis sont envoyés de deux manières différentes : soit d’une façon régulière,
et dans ce cas on parle du mode synchrone, ou bien d’une façon aléatoire ce qui correspond à une
transmission en mode asynchrone.
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Les modes de transmission synchrone et asynchrone offrent des méthodes qui permettent de
reconstruire le message chez le récepteur. Chacune a son principe :
La liaison synchrone, dans laquelle émetteur et récepteur sont cadencés à la même horloge.
Le récepteur reçoit de façon continue (même lorsque aucun bit n'est transmis) les
informations au rythme où l'émetteur les envoie. C'est pourquoi il est nécessaire
qu'émetteur et récepteur soient cadencés à la même vitesse. De plus, des informations
supplémentaires sont insérées afin de garantir l'absence d'erreurs lors de la transmission.
La liaison asynchrone, dans laquelle chaque caractère est émis de façon irrégulière dans le
temps (par exemple un utilisateur envoyant en temps réel des caractères saisis au clavier).
Ainsi, imaginons qu'un seul bit soit transmis pendant une longue période de silence... le
récepteur ne pourrait savoir s'il s'agit de 00010000, ou 10000000 ou encore 00000100...
Afin de remédier à ce problème, chaque caractère est précédé d'une information indiquant
le début de la transmission du caractère (l'information de début d'émission est appelée bit
START) et terminé par l'envoi d'une information de fin de transmission (appelée bit STOP,
il peut éventuellement y avoir plusieurs bits STOP).
Lors de la transmission d’un signal numérique, un paramètre important pour le caractériser est
la quantité de données qu’il véhicule par unité de temps. On définit alors le débit binaire, qui
correspond au nombre de bits transmis par seconde.
Pour une transmission de n bits pendant un temps (en seconde), le débit binaire D est :
Il est exprimé en bit par seconde, ce qui se note bit/s ou bps. On dispose également des multiples
: kilobit par seconde (kbit/s) : , mégabit par seconde (Mbit/s) : , gigabit par
seconde (Gbit/s) : , térabit par seconde (Tbit/s) : .
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Comme un octet correspond à 8 bits, on exprime aussi un débit en octet par seconde, ou avec ses
multiples :
Le délai de transmission des données est un aspect crucial dans les communications numériques.
Il englobe le temps nécessaire pour que les informations soient envoyées d'un point à un autre à
travers un réseau de communication. Ce délai peut être influencé par plusieurs facteurs, tels que la
distance physique, la vitesse de transmission, la congestion du réseau, et les protocoles de
communication utilisés.
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Le délai de transmission des données est un élément essentiel à considérer dans la conception et
l'optimisation des réseaux de communication. En comprenant les facteurs qui influent sur ce délai
et en mettant en œuvre des stratégies pour le minimiser, il est possible d'améliorer l'efficacité et la
fiabilité des transmissions de données dans divers contextes.
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Délai de Traitement : Lorsque les données sont reçues par un équipement de réseau, un
certain temps est nécessaire pour les traiter. Cela peut inclure la vérification de l'intégrité
des données, la vérification des erreurs, la mise en file d'attente pour le traitement ultérieur,
etc.
Délai de File d'Attente : Dans les réseaux où plusieurs demandes de transmission peuvent
arriver simultanément, des files d'attente peuvent se former. Le délai de file d'attente est le
temps passé en attente avant qu'une transmission puisse commencer.
Délai de Transmission Réseau : Ce délai englobe le temps nécessaire pour que les
données soient transmises à travers les différents nœuds du réseau, y compris les routeurs,
les commutateurs, et autres équipements intermédiaires.
Calcul du Délai de Transmission : Le délai de transmission total peut être calculé en
additionnant les différents éléments de délai mentionnés ci-dessus. La formule générale
pour le calcul du délai de transmission est :
En comprenant en détail les différents aspects du délai de transmission des données et en mettant
en œuvre des stratégies appropriées, il est possible d'assurer des communications efficaces,
rapides, et fiables à travers les réseaux de communication modernes.
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1. Notion de couches
Le traitement des communications est effectué à travers différents sous-systèmes, L’ensemble des
sous-systèmes de mêmes rangs N, constitue la couche (N) du modèle de communication.
Chaque couche exerce une fonction spécifique. Les éléments actifs d’un sous-système sont appelés
entités, une entité peut être logicielle (programme...) ou matérielle (puce de silicium), Les entités
réalisent un «Service» (implémenté par software ou hardware). Une couche N est fournisseur de
service pour la couche N+1 et utilisateur de service de la couche N-1.
L’accès aux services s’effectue en des points nommés SAP (Service Access Point), chaque SAP
est identifié par une adresse unique.
Deux couches communiquent à travers une interface. L’interface est matérialisée par des IDU
(Interface Data Unit). Un IDU comprend des éléments de contrôles ICI (Interface Control
Information) et des données de service SDU (Service Data Unit). Par exemple un IDU comportera
un ensemble de données telles que longueur des SDU, et paramètres décrivant le type de service
utilisé. La description d’une interface se présente généralement sous la forme d’une spécification
d’un ensemble de commandes (exprimées parfois en langage C).
Pour transmettre un SDU une couche peut devoir le découper en plusieurs morceaux. Chaque
tronçon reçoit un en-tête, on obtient alors un PDU qui comporte donc un en-tête et une portion de
SDU. Une couche N reçoit des SDU et produit des PDU.
La couche N d’un système gère les échanges avec une couche externe homologue. L’ensemble des
règles utilisées est appelé protocole de la couche N.
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2. Notion de protocoles
Les protocoles jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des réseaux de communication. Ils
définissent les règles et les conventions qui régissent l'échange de données entre les appareils
connectés. Ces protocoles garantissent une communication fiable et cohérente en spécifiant les
formats de données, les procédures de contrôle d'erreurs, les méthodes d'authentification et d'autres
aspects critiques de la communication réseau.
Les protocoles peuvent être classés en différentes catégories en fonction de leur rôle et de leur
position dans la pile de protocoles réseau. Certains protocoles couramment utilisés incluent
TCP/IP, HTTP, FTP, SMTP, SNMP, et bien d'autres. Chaque protocole est conçu pour des tâches
spécifiques, comme le transfert de fichiers, la navigation web, l'envoi de courriels, la gestion du
réseau, etc.
Le modèle OSI constitue un cadre de référence qui nous permet de comprendre comment les
informations circulent dans un réseau. C’est aussi un modèle conceptuel d'architecture de réseau
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qui facilite la compréhension théorique du fonctionnement des réseaux. Il est constitué de sept
couches, chacune définissant des fonctions particulières du réseau.
La première version du modèle OSI repose sur une série de normes publiées par l’Organisation
internationale de normalisation en 1978. Une seconde version apparaît en 1984. Cette dernière
s’est à son tour établie en tant que standard reconnu au niveau international puisqu’elle intègre la
quasi-totalité des cartes réseau et des protocoles.
Toute personne dont l’activité a un rapport avec les réseaux doit connaître les principes de base de
ce modèle, car c’est sur eux que repose l’appellation des composants. Ainsi, dans le jargon des
professionnels des réseaux, un commutateur de couche 3 (switch layer 3) est un commutateur
fonctionnant au niveau 3 du modèle OSI.
Le modèle OSI se subdivise en sept couches (layers), ou niveaux. Chaque couche traite une tâche,
un protocole ou un composant matériel, repose sur les couches sousjacentes, et communique avec
les autres couches.
Cette communication entre les couches s’effectue au travers d’interfaces définies. En principe,
seules deux couches adjacentes peuvent communiquer, dans la mesure où la famille de protocoles
utilisée les exploite. Il n’est pas possible de « sauter » une couche. La couche la plus élevée (couche
application) est la plus proche de l'utilisateur ; la couche inférieure (couche physique) est la plus
proche des médias de transmission.
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a) La couche physique
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Le MAC (Medium Access Control), qui organise les trains binaires sous forme de trame ou
encore paquet.
Le niveau LLC (Layer Link Control) qui fournit des services avec ou sans connexion, qui
peut assurer des fonctions de contrôle de flux (régulation des transferts de trame pour éviter
une saturation du récepteur) et de correction d’erreur (par retransmission des trames non
reçues ou erronées).
c) La couche Réseau
La couche réseau assure le routage de données (les T_SDU) jusqu’à leur destinataire, et adapte ses
P_SDU à la taille maximale des paquets supportée par le niveau MAC (segmentation). Un relais
est un système qui ne comporte que les trois premières couches du modèle OSI, et qui est essentiel
quant au bon acheminement d’un paquet vers son destinataire.
d) La couche Transport
Le service de transport assure un transfert de données transparent entre entités de session en les
déchargeant complètement des détails d’exécution d’un transfert de données fiable et d’un bon
rapport qualité/prix. La couche transport optimise l’utilisation des services réseau disponibles afin
d’assurer au moindre coût les performances requises par chacune des entités de session. » On
trouvera dans cette couche les services suivants : Contrôle de flux. Contrôle/récupération
d’erreurs. Séquencement des messages (flux séquentiel d’octets vers la couche session).
Fragmentation des messages de la couche session.
e) La couche session
Le rôle de la couche session est de fournir aux entités de présentation coopérantes les moyens
nécessaires pour organiser et synchroniser leur dialogue et pour gérer leurs échanges de données.
A cet effet, la couche session fournit les services nécessaires à l’établissement d’une connexion de
session entre deux entités de présentation et à la prise en charge des interactions ordonnées
d’échanges de données.
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f) La couche présentation
g) La couche application
Application La couche application fournit à l’utilisateur un service qui s’appuie sur l’ensemble des
couches OSI.
TCP/IP désigne communément une architecture réseau, mais cet acronyme désigne en fait 2
protocoles étroitement liés : un protocole de transport, TCP (Transmission Control Protocol)
qu’on utilise « par-dessus » un protocole réseau, IP (Internet Protocol). Ce qu’on entend par
« modèle TCPIP », c’est en fait une architecture réseau en 4 couches dans laquelle les protocoles
TCP et IP jouent un rôle prédominant, car ils en constituent l’implémentation la plus courante. Par
abus de langage, TCP/IP peut donc désigner deux choses : le modèle TCP/IP et la suite de deux
protocoles TCP et IP.
Le modèle TCP/IP, comme nous le verrons plus bas, s’est progressivement imposé comme modèle
de référence en lieu et place du modèle OSI. Cela tient tout simplement à son histoire. En effet,
contrairement au modèle OSI, le modèle TCP/IP est né d’une implémentation ; la normalisation
est venue ensuite. Cet historique fait toute la particularité de ce modèle, ses avantages et ses
inconvénients.
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Le modèle TCP/IP peut en effet être décrit comme une architecture réseau à 4 couches :
Le modèle OSI a été mis à côté pour faciliter la comparaison entre les deux modèles.
b) Accès réseau
Cette couche est assez « étrange ». En effet, elle semble « regrouper » les couches physique et
liaison de données du modèle OSI. En fait, cette couche n’a pas vraiment été spécifiée ; la seule
contrainte de cette couche, c’est de permettre un hôte d’envoyer des paquets IP sur le réseau.
L’implémentation de cette couche est laissée libre. De manière plus concrète, cette implémentation
est typique de la technologie utilisée sur le réseau local. Par exemple, beaucoup de réseaux locaux
utilisent Ethernet ; Ethernet est une implémentation de la couche hôte-réseau.
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c) La couche internet
Cette couche est la clé de voûte de l’architecture. Cette couche réalise l’interconnexion des réseaux
(hétérogènes) distants sans connexion. Son rôle est de permettre l’injection de paquets dans
n’importe quel réseau et l’acheminement des ces paquets indépendamment les uns des autres
jusqu’à destination. Comme aucune connexion n’est établie au préalable, les paquets peuvent
arriver dans le désordre ; le contrôle de l’ordre de remise est éventuellement la tâche des couches
supérieures.
Du fait du rôle imminent de cette couche dans l’acheminement des paquets, le point critique de
cette couche est le routage. C’est en ce sens que l’on peut se permettre de comparer cette couche
avec la couche réseau du modèle OSI.
Remarquons que le nom de la couche (« internet ») est écrit avec un i minuscule, pour la simple et
bonne raison que le mot internet est pris ici au sens large (littéralement, « interconnexion de
réseaux »), même si l’Internet (avec un grand I) utilise cette couche.
d) La couche transport
Son rôle est le même que celui de la couche transport du modèle OSI : permettre à des entités
paires de soutenir une conversation.
Officiellement, cette couche n’a que deux implémentations : le protocole TCP (Transmission
Control Protocol) et le protocole UDP (User Datagram Protocol). TCP est un protocole fiable,
orienté connexion, qui permet l’acheminement sans erreur de paquets issus d’une machine d’un
internet à une autre machine du même internet. Son rôle est de fragmenter le message à transmettre
de manière à pouvoir le faire passer sur la couche internet. A l’inverse, sur la machine destination,
TCP replace dans l’ordre les fragments transmis sur la couche internet pour reconstruire le message
initial. TCP s’occupe également du contrôle de flux de la connexion.
UDP est en revanche un protocole plus simple que TCP : il est non fiable et sans connexion. Son
utilisation présuppose que l’on n’a pas besoin ni du contrôle de flux, ni de la conservation de
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l’ordre de remise des paquets. Par exemple, on l’utilise lorsque la couche application se charge de
la remise en ordre des messages. On se souvient que dans le modèle OSI, plusieurs couches ont à
charge la vérification de l’ordre de remise des messages. C’est là une avantage du modèle TCP/IP
sur le modèle OSI, mais nous y reviendrons plus tard. Une autre utilisation d’UDP : la transmission
de la voix. En effet, l’inversion de 2 phonèmes ne gêne en rien la compréhension du message final.
De manière plus générale, UDP intervient lorsque le temps de remise des paquets est prédominant.
e) La couche application
Cette couche contient tous les protocoles de haut niveau, comme par exemple Telnet, TFTP (trivial
File Transfer Protocol), SMTP (Simple Mail Transfer Protocol), HTTP (HyperText Transfer
Protocol). Le point important pour cette couche est le choix du protocole de transport à utiliser.
Par exemple, TFTP (surtout utilisé sur réseaux locaux) utilisera UDP, car on part du principe que
les liaisons physiques sont suffisamment fiables et les temps de transmission suffisamment courts
pour qu’il n’y ait pas d’inversion de paquets à l’arrivée. Ce choix rend TFTP plus rapide que le
protocole FTP qui utilise TCP. A l’inverse, SMTP utilise TCP, car pour la remise du courrier
électronique, on veut que tous les messages parviennent intégralement et sans erreurs.
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