DROIT PENAL GENERAL
EXERCICES : Cas pratique
Mme AZDDOU
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METHODE DU CAS PRATIQUE
Le cas pratique est un exercice qui demande à l’étudiant de résoudre des problèmes
juridiques posés par une situation de fait.
Le cas pratique nécessite une lecture attentive (2 ou 3 fois) des faits donnés en
soulignant tout ce qui peut avoir de l’importance. Par la suite, il faut respecter 3
étapes obligatoires :
1) La qualification juridique des faits : il faut filtrer les informations et
rattacher les faits à une notion juridique. Autrement dit, il faut leur donner
un sens et une terminologie juridique.
2) La question de droit : Il s’agit des problèmes de droit posés par le cas pratique.
Généralement, l’enseignant pose un cas pratique fermé c’est-à-dire il pose les
questions auxquelles il faut répondre. Il suffit donc de reprendre les questions
posées en les reformulant autrement.
Toutefois, il arrive que l’enseignant pose un cas pratique ouvert laissant ainsi
aux étudiants le soin de ressortir la ou les questions de droit à partir des
faits. Exemple, il pose la question « Qu’en pensez-vous ? »
3) Résolution du cas pratique : La résolution du cas pratique nécessite
l’utilisation du syllogisme c’est-à-dire un raisonnement juridique déductif qui se
déroule en 3 étapes :
- La Majeure : il faut identifier et exposer les éléments théoriques qui
intéressent la question posée. Autrement dit, l’étudiant doit exposer de façon
claire les connaissances acquises en cours magistral. (Exemple : Selon l’article
x du code pénal, le vol est une soustraction ….Il faut trois éléments pour que
l’infraction de vol soit constituée. En effet, il faut d’abord, un élément légal
….Ensuite, il faut un élément matériel qui consiste à….Et enfin, il faut un
moral. Notons, que le vol est réprimé qu’il ait été tenté ou consommé...La peine
prévue est de …Toutefois,…. )
- La Mineure : Il s’agit cette fois, en faisant le lien avec ce qui précède, de
vérifier si les solutions théoriques visées plus haut (dans la majeure) sont, en
l’espèce, c’est-à-dire compte tenu des faits du cas pratique, applicables et pour
quelles raisons. (Il faut aller à la ligne et commencer cette nouvelle rubrique par
« En l’espèce, ….)
- La Solution : Cette dernière rubrique est brève. Il s’agit de conclure et de
répondre de façon très synthétique à la question de droit posée : « En
conclusion, Mme DUPONT a commis l’infraction de vol qualifié crime au sens
de l’article …du code pénal et risque une réclusion de ….. »
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CAS PRATIQUE N°1
Monsieur LAPOISSE doit faire face à de graves difficultés financières suite à la mise
en liquidation judiciaire de son entreprise. Afin d’améliorer sa situation financière, il
demande à Mme MAUVAISEFOI son ex épouse de lui prêter la somme de 200 000 dh
qu’il s’engage à lui restituer dans quelques mois.
Se souvenant de toutes les infidélités de son ex mari, Mme MAUVAISEFOI refuse de
lui accorder le prêt.
Furieux, Monsieur LAPOISSE se souvient qu’il a gardé les clés de la maison de son ex
conjointe et qu’il dispose du code du coffre situé dans sa chambre à coucher. Il se
souvient aussi que Mme MAUVAISEFOI garde toujours du liquide et ses bijoux de
famille dans son coffre.
Ainsi, il décide de faire appel à un vieux ami Monsieur IMBECILE pour s’introduire
chez son ex épouse et soustraire le contenu du coffre. Il lui garantit qu’il ne court
aucun risque dans la mesure où Mme LAPOISSE, souffrant d’insomnie sévère, prend
toujours des somnifères pour s’endormir.
Au cours de la nuit, Monsieur IMBECILE passe à l’acte. Il réussit à entrer dans la
maison grâce aux clés remis par M. LAPOISSE. Toutefois, lorsqu’il essaye d’ouvrir le
coffre avec le code communiqué par son ami, il échoue. Indéniablement Mme
MAUVAISEFOI a modifié celui-ci.
Ainsi, il décide d’abandonner l’ouverture du coffre et de rentrer chez lui.
Que pensez-vous de la situation de Messieurs LAPOISSE et IMBECILE ?
Extraits du code pénal
Article 505 : Quiconque soustrait frauduleusement une chose appartenant à autrui est
coupable de vol et puni de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 200 à
500 dirhams.
Article 509 : Sont punis de la réclusion de dix à vingt ans les individus coupables de
vol commis avec deux au moins des circonstances suivantes :
- Si le vol a été commis avec violences, ou menaces de violences, ou port illégal
d'uniforme, ou usurpation d'une fonction d'autorité ;
-Si le vol a été commis la nuit ;
-Si le vol a été commis en réunion par deux ou plusieurs personnes ;
-Si le vol a été commis à l'aide (…) de fausses clés (même de vrais clés gardées
sans droit)…..
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CORRIGE DU CAS PRATIQUE N°1
-Est-ce que le comportement de M. LAPOISSE constitue un acte de complicité ?
-Est-ce que le comportement de M. IMBECILE constitue une tentative punissable ?
I- Situation de M. LAPOISSE
LA MAJEURE : Pour que la complicité soit constituée, il faut la réunion d’une
infraction principale punissable, d’un élément matériel et d’un élément moral.
-l’exigence d’une infraction principale punissable : toute complicité suppose
une infraction commise (criminelle ou délictuelle), à titre principal, par une autre
personne que le complice. Notons que l’infraction principale à laquelle se rattache la
complicité peut consister en une simple tentative.
-Elément matériel de la complicité : L’acte de complicité doit être antérieur
ou concomitant à la commission de l’infraction. A ce titre, l’article 129 du CP énumère
une série d’actes pouvant constituer la complicité. Il en est ainsi du fait de provoquer
l’infraction ou de donner des instructions pour la commettre (l’auteur moral ou
intellectuel) ; du fait d’aider ou d’assister l'auteur ou les auteurs de l'action, dans les
faits qui l'ont préparée ou facilitée ; du fait de procurer des armes, des instruments ou
tout autre moyen qui aura servi à l'action ; du fait d’habituellement fournir logement,
lieu de retraite ou de réunions à un ou plusieurs malfaiteurs exerçant des brigandages
ou des violences contre la sûreté de l'État, la paix publique, les personnes ou les
propriétés
-Elément moral : La complicité doit être intentionnelle. L'élément matériel ne
pourrait être le seul critère exigé. Ainsi, une personne ne peut être complice que
lorsqu’elle agit en connaissance de cause. Le complice doit être au courant du but de
celui qu'il aide et doit adhérer à son projet.
En vertu des dispositions de l’article 130 du CP, le complice d'un crime ou d'un délit
est punissable de la peine réprimant ce crime ou ce délit.
Les circonstances personnelles d'où résultent aggravation, atténuation ou exemption de
peine n'ont d'effet qu'à l'égard du seul participant auquel elles se rapportent.
Toutefois, les circonstances objectives, inhérentes à l'infraction, qui aggravent ou
diminuent la peine, même si elles ne sont pas connues de tous ceux qui ont participé à
cette infraction, ont effet à leur charge ou en leur faveur.
LA MINEURE : En l’espèce, indéniablement, M. LAPOISSE a commis un acte de
complicité dans la mesure où tous les éléments de celle-ci sont réunis à savoir :
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-l’infraction préalable punissable est constituée, en l’espèce, par
la tentative. En effet, il est indifférent que M. IMBECILE après s’être introduit dans la
maison abandonne l’ouverture du coffre car le code communiqué par M. LAPOISSE
ne fonctionne pas. Il s’agit ici d’un désistement qui n’est pas spontané et volontaire. Il
intervient à cause d’un évènement extérieur et indépendant à savoir le code qui ne
fonctionne pas. En outre, il s’agit d’une tentative de commettre une infraction
criminelle car le comportement de M. IMBECILE constitue un vol commis avec deux
circonstances aggravantes prévues dans l’article 509 à savoir la nuit et les fausses clés
-Elément matériel de la complicité : il est constitué, d’une part, par le fait
que M. LAPOISSE en demandant à son ami M. IMBECILE de cambrioler la maison
de son ex épouse commandite un vol et, d’autre part, par les moyens fournis à M.
IMBECILE pour réussir cette tâche à savoir les clés de la maison et le code du coffre.
-Elément moral de la complicité : Il est constitué car M. LAPOISSE agit
en connaissance de cause lorsqu’il commandite le vol et fournit les clés de la maison
ainsi que le code du coffre.
Solution : M. LAPOISSE sera poursuivie pour complicité et risque la même peine que
l’auteur de l’infraction de vol avec circonstances aggravantes à savoir la réclusion de
10 à 20 ans.
II- Situation de Monsieur IMBECILE
Entraînez-vous à résoudre la situation de M. IMBECILE
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CAS PRATIQUE N°2
Désireux de favoriser la future union de sa fille avec le jeune ROMEO, M. FORTUNE
a prêté à celui-ci une importante somme d'argent destinée à contribuer au financement
de son entreprise. Peu après, M. FORTUNE a appris par sa fille que ROMEO avait
brutalement mis fin à leur relation.
Furieux, M. FORTUNE a décidé de se rendre au domicile de ROMEO pour récupérer
son argent. L’entretien a vite dégénéré et M. FORTUNE a violemment frappé
ROMEO pour qu'il restitue l'argent prêté.
M. FORTUNE l'a en outre menacé de le tuer s'il ne renouait pas avec sa fille.
Les blessures occasionnées à ROMEO ne lui ont causé aucune maladie ou incapacité.
Que pensez-vous de la situation de M. FORTUNE ?
EXTRAITS DU CODE PENAL
Article 400 : Quiconque, volontairement, fait des blessures ou porte des coups à autrui
ou commet toutes autres violences ou voies de fait, soit qu'ils n'ont causé ni maladie, ni
incapacité, soit qu'ils ont entraîné une maladie ou une incapacité de travail personnel
n'excédant pas vingt jours, est puni d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une
amende de 200 à 500 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement.
Article 425 : Quiconque, par écrit anonyme ou signé, image, symbole ou emblème,
menace d'un crime contre les personnes ou les propriétés, est puni de
l'emprisonnement d'un à trois ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams.
Article 427 : Si la menace prévue à l'article 425 faite avec ordre ou sous condition a
été verbale, la peine est l'emprisonnement de six mois à deux ans et l'amende de 200 à
250 dirhams.
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CAS PRATIQUE N°3
M. CANNABIS est en colère après ses parents car ils ne veulent plus lui donner
d’argent pour acheter des stupéfiants. Ainsi, il décide de leur régler leur compte pour
pouvoir hériter et profiter pleinement de la fortune familiale.
Au cours de la nuit, M. CANNABIS s’empare d’un couteau posé sur la table de la
cuisine et égorge ses parents.
Que pensez -vous de la situation de Monsieur CANNABIS ?
EXTRAITS DU CODE PENAL
Article 392 : Quiconque donne intentionnellement la mort à autrui est coupable de
meurtre et puni de la réclusion perpétuelle.
Article 396 : Quiconque donne intentionnellement la mort à son père, à sa mère ou à
tout autre ascendant est coupable de parricide et puni de la peine de mort
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CAS PRATIQUE N°4
Il y a deux mois, M. BONNEFOI a été licencié pour motif économique. Le 7 janvier
2021, aux alentours de 20h, sa femme l’appelle pour lui demander de venir en urgence
pour emmener son fils âgé de 4 ans à la clinique à cause d’une forte fièvre qui persiste
malgré l’administration du paracétamol.
Ayant épuisé toutes ses économies depuis son licenciement, M. BONNEFOI est affolé
car il ne dispose pas des fonds nécessaires pour payer la clinique. Ne savant pas quoi
faire, il circule en scooter dans une rue du centre-ville. Apercevant une personne âgée
retirer l’argent du distributeur automatique et le mettre à l’intérieur de son sac à main
en bandoulière, il ralentit son allure, jusqu’à arriver à hauteur de celle-ci. Il tend alors
son bras en direction du sac de la piétonne pour le lui dérober. Mais, apercevant un peu
plus loin des fonctionnaires de police, il ramène immédiatement son bras le long de
son corps (sans être parvenu à saisir auparavant le sac à main), puis fait brutalement
demi-tour avec son véhicule.
Sur le fondement de quelle qualification pénale pensez-vous qu’il soit
envisageable de poursuivre M. BONNEFOI ?
EXTRAITS CODE PENAL
Article 505 : Quiconque soustrait frauduleusement une chose appartenant à autrui est
coupable de vol et puni de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 200 à
500 dirhams.
Article 509 : Sont punis de la réclusion de dix à vingt ans les individus coupables de
vol commis avec deux au moins des circonstances suivantes :
-(…)
- Si le vol a été commis la nuit ;
(…)
- Si les auteurs du vol se sont assurés la disposition d'un véhicule motorisé en vue
de faciliter leur entreprise ou de favoriser leur fuite ;
(...)