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Oiseaux Doronjia

Cette livre montre la descritption de la Nouvelle Aire Protégée d'Oronjia situé dans le Nord de Madagascar
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TABLE DES MATIERES

RESUME .............................................................................................................. 1
INTRODUCTION ............................................................................................... 1
METHODOLOGIE ............................................................................................ 2
Site d’étude ............................................................................................................................. 2
Collecte des données .............................................................................................................. 3
Observations générales ....................................................................................................... 3
Lignes de l’itinéraire échantillon ou lignes de transect ..................................................... 4
Comptage direct .................................................................................................................. 4
Taxinomie et terminologie...................................................................................................... 5

RESULTATS ....................................................................................................... 5
Composition spécifique .......................................................................................................... 5
Richesse spécifique................................................................................................................. 5
Endémicité........................................................................................................................... 5
Statut de l’IUCN ................................................................................................................. 5
Spécificité au niveau de l’habitat............................................................................................ 6
Espèces sylvicoles ............................................................................................................... 6
Espèces de l’habitat ouvert ................................................................................................. 6
Espèces des zones humides, limicoles et marines ............................................................... 6
Abondance relative ................................................................................................................. 6
Les oiseaux du milieu forestier ........................................................................................... 6
Phaethon lepturus ou Paille en queue ................................................................................. 6
Pressions et menaces sur les oiseaux et leur habitat ............................................................. 12

DISCUSSION .................................................................................................... 13
Potentiels écotouristiques de la région ................................................................................. 15
Les Oiseaux ....................................................................................................................... 15
Les autres attractions........................................................................................................ 16

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS POUR LA RECHERCHE ET


LA CONSERVATION...................................................................................... 17
REMERCIEMENTS......................................................................................... 19
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES........................................................ 19
ANNEXES ............................................................................................................. i
Annexe 1 : Méthode proposée pour le suivi-écologique des oiseaux...................................... i
Annexe 2 : Quelques illustrations concernant l’Oronjia. ....................................................... ii
RESUME
La forêt sèche de la NAP d’Oronjia, Antsiranana a fait l’objet d’un inventaire rapide
entre le 7 et 22 mars 2015. Trois méthodes complémentaires ont été utilisées, à savoir les
observations générales, les lignes d’itinéraire échantillon et le comptage direct. Bien que les
résultats ne présentent qu’une partie des informations sur l’avifaune de la région à cause de la
période tardive de l’inventaire, ils ont montré que 52 espèces ont été rencontrées incluant les
34 espèces trouvées dans le milieu forestier. Le taux d’endémisme est élevé car sur les 34
espèces trouvées au sein de cette aire protégée, 28 (82,35 %) sont endémiques. La présence
des 15 espèces des habitats ouverts en plein milieu forestier semble refléter l’état perturbé de
ce dernier. Dans l’ensemble, la NAP d’Oronjia n’a ni une espèce d’oiseau propre au site, ni
des espèces menacées. Les formes présentes sont communes et à large distribution, déjà
représentées dans le système des aires protégées malgaches. Avec la régénération progressive
de la forêt, le suivi périodique et à long terme de la tendance évolutive de la taille des espèces
d’habitat ouvert et la recolonisation progressive dans les temps et dans l’espace des espèces
forestières de cette aire protégée serait très intéressant aussi bien pour leur conservation que
pour la science.

INTRODUCTION
L’île de Madagascar est connue mondialement par sa richesse en biodiversité avec un
taux d’endémisme exceptionnellement élevé. Pourtant, cette biodiversité unique est soumise à
des pressions anthropiques considérables (Mittermeier et al., 2005) et un certain nombre
d’espèces, surtout celles qui sont dépendantes des habitats naturels seraient menacées
d’extinction.
Les oiseaux constituent un groupe très diversifié comportant des espèces aux
exigences variées. Certaines sont spécialistes de milieu naturel et d’autres sont très
généralistes. La plupart des espèces sont souvent considérées comme des indicateurs de l’état
de santé d’un milieu et constituent une source d’informations particulièrement précieuse lors
de l’évaluation des milieux naturels (Blondel, 1975). L’étude de l’avifaune fournit donc des
renseignements sur la structure du paysage et la richesse de l’écosystème.
La région d’Oronjia avait servi d’une base militaire française pendant la colonisation.
Après le départ de la troupe française en 1972, le système forestier a été fortement modifié dû
aux pressions anthropiques intenses. Selon les populations riveraines, la production de
charbon pour alimenter la ville d’Antsiranana et les villages aux alentours était à son comble
provoquant la destruction quasiment totale de la forêt. Cette pratique était accentuée par
l’exploitation sélective des grands arbres pour la construction et le bois de chauffe et la
chasse, ainsi que la collecte des produits forestiers secondaires comme le miel et les racines
d’ignames. Comme une grande partie de la biodiversité malgache est dépendante d’un
système forestier, cette dégradation intense avait provoqué une extirpation locale des espèces
typiquement forestières (Raherilalao & Goodman, 2011). Actuellement, la forêt est en phase

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 1


de régénération progressive et grâce aux actions de conservations entamées par Missouri
Botanical Garden (MBG) et l’inclusion de cette forêt dans le système des aires protégées, les
pressions anthropiques ont beaucoup diminuées.
La région d’étude et ses environs avaient déjà fait l’objet des explorations
ornithologiques et plusieurs spécimens de références ont été collectes dans cette région et
déposés dans des musées à l’extérieur de Madagascar. Ensuite, dans le cadre de l’élaboration
du Plan d’Aménagement et de Gestion pour la mise en place de la Nouvelle Aire Protégée
(NAP), elle a fait également l’objet des inventaires biologiques au cours desquels, 63 espèces
d’oiseaux sont trouvées (Rabenandrasana et al, 2008). Pourtant, ces informations ont encore
besoin d’être complétées afin d’avoir une base de données solides. Cette recherche dans la
forêt d’Oronjia a été associée à la formation des jeunes biologistes qui entre dans la nouvelle
orientation de la Fondation pour la Biodiversité de Madagascar, l’un des bailleurs potentiels
des aires protégées malgaches et Missouri Botanical Garden, gestionnaire de cette aire
protégée. Basé sur des inventaires ornithologiques, les objectifs principaux de la présente
étude sont d’apporter des informations fiables et à jour sur l’avifaune de la région et de
déterminer les espèces d’oiseaux clés de la NAP d’Oronjia pour suivre leur évolution dans le
temps parallèlement à la tendance évolutive de la qualité de la forêt et pour la promotion d’un
éventuel programme pour l’écotourisme dans la région.
Les objectifs spécifiques sont de :
– Dresser la liste des espèces d’oiseaux de la région ;
– Déterminer son niveau d’importance en termes de diversité spécifique, de taux
d’endémisme des espèces et de leurs statuts de conservation ;
– Identifier les espèces clés pour le suivi écologique et l’écotourisme ;
– Relever les formes de menace sur les oiseaux et leur habitat.
La connaissance de la valeur ornithologique de cette aire protégée est importante pour
le projet de gestion et de conservation dans le futur.

METHODOLOGIE
Site d’étude
La zone d’étude d’une superficie de 1.648 hectares, fait partie du « Complexe
Ramena », avec la Montagne des Français et la baie d’Ambodivahabe. Elle est localisée dans
l’extrême Nord de Madagascar, dans la Région de DIANA, District Antsiranana II, Commune
rurale de Ramena et touche le Fokontany de Ramena au Nord-ouest et celui d’Ankorikihely
au Sud-ouest. Elle se situe entre 12°14’ et 12°18,8’ S et 49°22,7’ et 49°23,5’ E, l’altitude
varie entre 0-50 m. Elle est incluse dans le domaine du Régiment Militaire 7. Le campement
se situe aux coordonnées géographiques : 12°14’20,2"S et 49°21’ 58,3"E à 51 m.

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 2


Selon la classification phytogéographique d’Humbert (1955), la forêt appartient au
Domaine de l’Ouest et secteur Nord dans la série à Dalbergia, Commiphora et Hildegardia
ou à un type de forêt sèche de l’Ouest (Moat & Smith, 2007). Elle s’installe sur un substrat
sablonneux et calcaire à polypiers dans le bassin de Diègo (Besairie, 1972) sous un climat de
type sec (Donques, 1975). Les grands arbres sont presque disparus, sauf quelques espèces
comme Commiphora et Tamarindus. La zone d’étude est caractérisée par une formation
végétale sèche dégradée mais les essences forestières commencent à se développer
progressivement.

Figure 1 : Limite de la Nouvelle Aire Protégée de l’Oronjia et localisation de la forêt


(Source : Google Earth, modifiée par Herivololona Mbola Rakotondratsimba)

Collecte des données


Une reconnaissance d’une grande partie de la forêt a été faite pour voir les habitats
représentatifs de la zone d’étude. Cette phase de reconnaissance est nécessaire afin de bien
cibler les différents habitats à échantillonner pour avoir des résultats aussi représentatifs que
possible du site prospecté.
Pour inventorier l’avifaune du site, trois méthodes complémentaires ont été utilisées, à
savoir les observations générales, les lignes d’itinéraire échantillon ou lignes de transect
(Bibby et al., 1992) et le comptage direct.

Observations générales
Les observations consistent à marcher le long des sentiers dans la forêt, sur des
itinéraires non standardisés et à noter tous les oiseaux vus ou entendus. Comme la plupart des

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 3


oiseaux sont matinaux, des recherches actives ont été généralement conduites tous les jours
entre 5 h 30 et 10 h 30 mais des observations à n’importe qu’elle heure de la journée a aussi
été considérées. Elles ont été utilisées pour pouvoir documenter la présence des espèces non
trouvées au cours du recensement standardisé. Elles fournissent donc des données qualitatives
qui complèteront les données obtenues sur les lignes de transect.

Lignes de l’itinéraire échantillon ou lignes de transect


Trois lignes de transect de 1 km chacune ont été utilisées pour estimer la densité
relative des oiseaux (Bibby et al., 1992) et pour obtenir des données qualitatives. Ces lignes
ont été superposées avec le système des pistes et d’accès préexistant. Les coordonnées
géographiques de début et de la fin de chaque ligne sont données dans le Tableau 1. Cette
méthode consiste à marcher sur la ligne d’itinéraire échantillon pendant deux heures et à noter
tous les oiseaux vus ou entendus dans une bande de 20 m à gauche et à droite de la ligne
d’échantillonnage. On note également la distance de détection de chaque individu par rapport
à cette piste (distance perpendiculaire entre l’oiseau et la piste).
Comme la plupart des oiseaux sont matinaux, les comptages ont été effectués entre 5 h
30 et 10 h 30. La conduite de l'inventaire des oiseaux en utilisant cette méthode a été réalisée
pendant six jours consécutifs.

Tableau 1. Coordonnées géographiques des lignes de transect.

Début Fin
Lignes de
Lat S Long E Lat S Long E
transect
Transect 1 12°14'22,0'' 49°22'00,4'' 12°14'29,9'' 49°22'31,4''
Transect 2 12°14'14,0'' 49°21'56,1'' 12°14'23,8'' 49°22'19,7''
Transect 3 12°14'18,2'' 49°21'54,1'' 12°14'28,6'' 49°21'39,6''

Comptage direct
Il s’agit de rester pendant un certain moment au cours de la matinée sur un point où on
peut avoir une meilleure vue afin de compter tous les individus de l’espèce cible. Au cours de
cette mission, l’effectif de Phaethon lepturus a été estimé à partir de ce comptage direct
pendant cinq jours. Des inspections des endroits ou nids où les oiseaux se reposent pour la
collecte des informations sur la phase de la reproduction ont été également faites. Notons que
l’agrégation maximale des individus aux alentours des lieux de nidification de cette espèce au
cours de cet inventaire a lieu entre 9h30 et 10h30 du matin.

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 4


Taxinomie et terminologie
La taxinomie et les noms scientifiques sont conformes à ceux utilisés par Goodman &
Hawkins (2008).
La classification des espèces forestières suivant leur tolérance à la qualité de l’habitat
a été adaptée aux différentes guildes proposées par Wilmé (1996) avec quelques
modifications.
Etant donné que le comptage standardisé des oiseaux a été conduit en milieu forestier,
l’estimation de l’abondance relative des espèces concernent seulement les oiseaux notés sur
les lignes de transect.

RESULTATS
Composition spécifique
L’avifaune de la forêt d’Oronjia est composée surtout des espèces communes,
ubiquistes et à large distribution. Peu de formes spécifiques des forêts sèches malgaches ont
été répertoriées au cours de cette mission, sauf quelques unes seulement, confinées dans le
biome sec de Madagascar, tels que Oena capensis, Falculea palliata et Ploceus sakalava. La
composition spécifique du site ne serait pas ainsi exceptionnelle pour un système forestier.

Richesse spécifique
Un total de 52 espèces a été observé dans la région d’Oronjia au cours de cet
inventaire dont 34 dans l’aire protégée et 18 en dehors de cette zone.

Endémicité
Sur les 34 espèces d’oiseaux recensées dans la forêt, 27 (82,35 %) sont endémiques
dont 17 (41,17 %) sont de Madagascar et 10 (29,41 %) endémiques de la région, c’est-à-dire,
endémiques de Madagascar et des îles voisines (Comores, Seychelles, Mascareignes).
Parmi les 17 espèces sylvicoles, neuf (53 %) seulement sont endémiques.
Quatre membres des Vangidae, une famille endémique de Madagascar et une espèce
des Couinae qui est une sous-famille endémique de Madagascar, représentent les taxons
endémiques au niveau supérieur (Famille ou sous-famille) sur l’île (Tableau 2).

Statut de l’IUCN
Aucune espèce classée comme étant menacée n’a été recensée au cours de cette
mission, ni avec la méthode standardisée, ni pendant les observations actives. Toutes les
espèces rencontrées sont à Préoccupation mineure (IUCN, 2015).

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Spécificité au niveau de l’habitat
Espèces sylvicoles
Sur les 34 espèces trouvées au cours de l’inventaire dans le milieu forestier, 17 sont
forestières, c’est-à-dire, espèces dont une partie au moins de leur cycle biologique nécessite la
présence d’une forêt plus ou moins intacte, représentant 50 % de l’ensemble de la
communauté de cette forêt d’Oronjia.

Espèces de l’habitat ouvert


Quinze espèces (44,12 %) ont été inventoriées pour cette catégorie dont la plupart ont
été trouvées à l’intérieure et dans la lisière de la forêt, et d’autres encore dans les parcelles
auparavant occupées ou cultivées (Tableau 2).

Espèces des zones humides, limicoles et marines


Les zones humides et marines n’ont pas été systématiquement prospectées aux cours
de cet inventaire. Les informations obtenues proviennent des recherches actives et des
observations occasionnelles le long des côtes, surtout à la limite est de l’aire protégée et dans
les zones marécageuses dans la région. Treize espèces ont été notées dont deux (5,88 %) dans
l’aire protégée (Phaethon lepturus et Alcedo vintsioides).

Abondance relative
Les oiseaux du milieu forestier
Six espèces sont abondantes. Par ordre d’importance, il s’agit d’Hypsipetes
madagascariensis, Ploceus sakalava, Nectarinia souimanga, Falculea palliata, Centropus
toulou et Terpsiphone mutata. Les autres ont été rarement relevés pendant l’application des
méthodes standardisées comme Streptopelia picturata, Cuculus rochii et Vanga curvirostris
(Tableau 3).

Phaethon lepturus ou Paille en queue


La taille de la population qui niche sur le récif dans la partie Nord-est de l’aire
protégée d’Oronjia a été comptée journalièrement pendant cinq jours. L’effectif maximal
trouvé est de 32 individus. Basé sur la taille de chaque individu observé, tous semblent être
des adultes.

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Tableau 2. Distribution et caractéristiques des espèces d’oiseaux de la région d’Oronjia, Antsiranana. Le chiffre 1 indique la présence de
l’espèce.

Statut des espèces


Taxon NAP Oronjia A l'extérieur de la NAP Endémicité Habitat
menacées (IUCN, 2015)
Phaethontidae
Phaethon lepturus 1 Marin
Ardeidae
Bubulcus ibis 1 Zones humides
Egretta dimorpha 1 E Zones humides
Ardea cinerea 1 Zones humides
Accipitridae
Milvus aegyptius 1 Habitat ouvert
Buteo brachypterus 1 E Forêt
Falconidae
Falco newtoni 1 Habitat ouvert
Numididae
Numida meleagris 1 Habitat ouvert
Turnicidae
Turnix nigricollis 1 E Habitat ouvert
Dromadidae
Dromas ardeola 1 Marin
Charadriidae
Charadrius pecuarius 1 Rivages
Charadrius marginatus 1 Rivages
Scolopacidae
Actitis hypoleucos 1 Zones humides
Arenaria interpretes 1 Rivages
Calidris ferruginea 1 Rivages

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Statut des espèces
Taxon NAP Oronjia A l'extérieur de la NAP Endémicité Habitat
menacées (IUCN, 2015)
Sternidae
Sterna bergii 1 Marin
Sterna benghalensis 1 Marin
Columbidae
Streptopelia picturata 1 Er Forêt
Treron australis 1 Er Forêt
Oena capensis 1 Habitat ouvert
Psittacidae
Agapornis cana 1 E Habitat ouvert
Cuculidae
Cuculus rochii 1 Forêt
Coua cristata 1 E Forêt
Centropus toulou 1 Er Habitat ouvert
Tytonidae
Tyto alba 1 Habitat ouvert
Strigidae
Otus rutilus 1 Er Forêt
Caprimulgidae
Caprimulgus madagascariensis 1 Er Habitat ouvert
Apodidae
Cypsiurus parvus 1 Habitat ouvert
Apus balstoni 1 Habitat ouvert
Alcedinidae
Alcedo vintsioides 1 Er Zones humides
Meropidae
Merops superciliosus 1 Habitat ouvert
Coraciidae
Eurystomus glaucurus 1 Habitat ouvert

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Statut des espèces
Taxon NAP Oronjia A l'extérieur de la NAP Endémicité Habitat
menacées (IUCN, 2015)
Upupidae
Upupa marginata 1 E Habitat ouvert
Alaudidae
Mirafra hova 1 Habitat ouvert
Hirundinidae
Phedina borbonica 1 E Habitat ouvert
Motacillidae
Motacilla flaviventris 1 E Habitat ouvert
Pycnonotidae
Hypsipetes madagascariensis 1 Forêt
Turdidae
Copsychus albospecularis 1 E Forêt
Sylviidae
Neomixis tenella 1 E Forêt
Monarchidae
Terpsiphone mutata 1 Er Forêt
Nectariniidae
Nectarinia notata 1 Er Forêt
Nectarinia souimanga 1 Er Forêt
Vangidae
Vanga curvirostris 1 E Forêt
Leptopterus chabert 1 E Forêt
Falculea palliata 1 E Forêt
Newtonia brunneicauda 1 E Forêt
Dicruridae
Dicrurus forficatus 1 Er Forêt
Corvidae
Corvus albus 1 Habitat ouvert

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Statut des espèces
Taxon NAP Oronjia A l'extérieur de la NAP Endémicité Habitat
menacées (IUCN, 2015)
Sturnidae
Acridotheres stristis 1 Habitat ouvert
Ploceidae
Ploceus sakalava 1 E Habitat ouvert
Foudia madagascariensis 1 E Habitat ouvert
Estrildidae
Loncura nana 1 E Habitat ouvert

Nombre d'espèces 34 18
Nombre d'espèces forestières 17 0
Nombre d'espèces d’habitat ouvert 15 7
Nombre d'espèces dans d'autres habitats 2 11
Nombre d'espèces endémiques de Madagascar 17 5
Nombre d'espèces endémiques de la région 10 0
Total des espèces endémiques 27 5

E : Endémique de Madagascar, Er: Endémique de la région.

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Tableau 3. Effectifs d’oiseaux recensés sur chaque ligne de transect et abondance relative de chaque espèce dans la forêt d’Oronjia.

Taxon Transect 1 Transect 2 Transect 3 Effectifs sur les lignes de transect Abondance relative (N indiv/km)

Turnix nigricollis 2 1 4 7 2,33


Streptpelia picturata 2 2 0,67
Oena capensis 2 2 4 1,33
Cuculus rochii 1 1 0,33
Coua cristata 2 2 5 9 3,00
Centropus toulou 7 7 2 16 5,33
Caprimulgus madagascariensis 2 2 0,67
Upupa marginata 1 2 3 1,00
Hypsipetes madagascariensis 7 17 17 41 13,67
Copsychus albospecularis 5 3 8 2,67
Neomixis tenella 1 1 2 4 1,33
Terpsiphone mutata 1 4 10 15 5,00
Nectarinia souimanga 12 10 9 31 10,33
Vanga curvirostris 2 2 0,67
Leptopterus chabert 4 2 6 2,00
Falculea palliata 11 11 22 7,33
Newtonia brunneicauda 3 1 5 9 3,00
Dicrurus forficatus 1 4 6 11 3,67
Ploceus sakalava 15 8 12 35 11,67
Foudia madagascariensis 2 3 5 1,67
Total individus 61 82 90 233

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Pressions et menaces sur les oiseaux et leur habitat
Les principaux types de pression anthropique constatés dans la forêt sont les suivants :
- Des divagations des bœufs et des chèvres, surtout dans les environs des cases
d’habitation existent. Ces animaux détruisent la végétation de la strate inférieure
qui est le principal habitat des oiseaux de sous-bois et terrestres. Ils participent
également à la dissémination des graines de plantes des habitats ouverts à partir de
leurs matières fécales, favorisant ainsi un envahissement des plantes compétitrices
dans le milieu forestier ;
- Les tubercules d’ignames qui constituent un complément de nourriture pour
beaucoup de gens sont fortement récoltés dans la forêt. Des grands trous causés par
la collecte de ces racines sont trouvées partout dans la forêt. Ces dégâts détruisent
également le sous-bois, ce qui n’est pas favorable pour les espèces fréquentant
cette strate inférieure de la forêt.
- Bien que des preuves directes d’un braconnage ne soient pas trouvées lors de la
mission, les différents échanges avec des personnes, vivant dans la région avancent
que les oiseaux de grande taille de la forêt sont chassés dans la région, tels que
Phaethon lepturus, Lophotibis cristata et Turnix nigricollis, etc. Pour Phaethon
lepturus, selon les villageois, il avait fait l’objet d’une chasse intensive avant le
programme de protection de la NAP d’Oronjia. Tous les stades de développement
étaient les cibles du braconnage : les œufs, les juvéniles et les adultes. L’habileté
des chasseurs à escalader la falaise pour les capturer directement dans leurs nids
les exposait davantage aux pressions. Actuellement, le braconnage de cette espèce
a fortement diminué. Pourtant, d’autres prédateurs tels que les rapaces chassent
également les jeunes. Ces rapaces se cantonnent sur la falaise et attendent que les
parents quittent leur nid pour s’attaquer à leurs proies. Au cours de nos
observations, Buteo brachypterus, Falco newtoni et Milvus aegyptius sont trouvés
sur cette falaise. A part le phaéton, la viande de Lophotibis cristata est également
appréciée par la population locale. Rabenandrasana et ses collaborateurs (2008) ont
rapporté sa présence dans la forêt d’Oronjia. Mais malgré les recherches actives
effectuées, aucun signe de cette espèce n’a été trouvé, ce qui semble indiquer
qu’elle serait rare dans la forêt. En outre, des frits et des brochettes de Turnix
nigricollis et même des petits oiseaux sont vendus à la bifurcation vers la Baie de
Sakalava, surtout le week-end. Même s’il s’agit des oiseaux communs et peuvent
se rencontrer également dans les milieux dégradés, la chasse excessive pourrait
diminuer rapidement la taille de leurs populations et entrainerait un déséquilibre
écologique important, étant donné leur rôle fondamental (surtout dans la chaine
trophique) dans le fonctionnement écologique.

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 12


DISCUSSION
L’avifaune de la région, incluant celle de la forêt n’est constituée que des espèces
généralistes, adaptées pour la plupart aux conditions défavorables du milieu. Elles sont donc
communes et à large distribution et sont quasiment rencontrées dans toutes les autres aires
protégées. De plus, les espèces forestières rencontrées souvent dans les autres forêts sèches
environnantes sont absentes à Oronjia. La dégradation du milieu forestier a probablement
conduit à l’extirpation locale de ces espèces. L’état actuel de la forêt qui n’est pas encore
« mature », son isolement et l’absence des corridors biologiques la connectant avec les autres
blocs forestiers se trouvant à proximité ne favorisent pas la recolonisation progressive des
espèces, même celles qui sont aptes aux déplacements à des distances relativement longues,
comme les oiseaux de canopées. En outre, les effets de la proximité de la mer qui engendre
souvent une forte insolation, une atmosphère chargée en sels minéraux, des vents souvent plus
forts qu’à l’intérieur des terres, etc. s’expriment probablement sur la composition spécifique
de l’avifaune de cette aire protégée. Cette forêt abrite également de nombreuses espèces
d’habitat ouvert, tels que Oena capensis, Centropus toulou, Caprimulgus madagascariensis et
Foudia madagascariensis, indiquant son état dégradé.
Une espèce introduite, Acridotheres tristis a été également rencontrée lors des
observations générales dans les habitats ouverts de la NAP. Pour cette espèce, deux
introductions à partir de l’Inde et du Sud-est de l’Asie avaient été effectuées respectivement
au cours de la première moitié du XIXe siècle sur la côte est (Milon, 1951) et en 1875
également sur la côte est pour lutter contre les nuages de criquets. L’expansion de la
distribution de la population de cette espèce est très rapide. A part son envahissement vers
l’intérieur des terres et vers le Sud, plusieurs couples ont été introduits à Ambanja en 1958,
ensuite un peu plus tard à Nosy Be. A la fin des années 1980, l’espèce étai connue dans le
Nord et le Nord-ouest : Nosy Be, Ambanja et Vohémar (Goodman & Hawkins, 2008).
Actuellement, le Martin triste se répand sur la quasi-totalité de Madagascar. Elle se trouve en
abondance dans les zones ouvertes, dans les bois clairsemés, le champ de culture et autours
des habitations. Au cours de cette mission, elle a été observée fréquemment dans les zones
ouvertes et dans l’écotone entre forêt-habitat ouvert, ainsi que dans les endroits où il y a eu
des anciennes cases d’habitation au sein même de l’aire protégée. Cette espèce qui a une
capacité d’adaptation très élevée entre en compétition avec les espèces autochtones, surtout
pour la nourriture et le territoire et cause des dégâts sur les cultures fruitières. Comme son
régime alimentaire est très varié, incluant les fruits des plantes exotiques ou envahissantes, A.
tristis pourrait être un disséminateur important dans les forêts dégradées et clairsemées.
Aucune espèce menacée n’est trouvée au cours de l’inventaire. Pourtant, Lophotibis
cristata, une espèce Quasi menacée (IUCN, 2015) était auparavant rapportée de cette forêt
mais lors de cette mission, sa présence n’a pas été relevée. Son absence pourrait être associée
à la taille de sa population souvent très faible dans les différentes forêts à travers l’île et à la
chasse (Raselimanana et al., 2013 ; Goodman & Raherilalao, 2013). Selon les villageois, elle

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 13


existe encore dans cette forêt mais elle ne se rencontre que très rarement. Pourtant, l’espèce
est aussi chassée. L’absence des espèces à statut de conservation menacées pourrait indiquer
que soit aucune d’enter-elles n’était présente dans la région même avant la modification du
milieu, soit leur vulnérabilité les a conduit à leur extirpation locale.
Une comparaison de l’avifaune d’Oronjia avec celles des autres blocs de forêt sèche de
l’Ouest dans la partie du nord de Madagascar nous a permis de comprendre l’importance
ornithologique de cette région. Elle révèle que la forêt et ses environs n’hébergent que 52
espèces, alors que la Montagne de Français (63 espèces) (Green et al., 2007), Andavakoera
(62 espèces) et Analamerana (57 espèces) (Projet Zicoma, 1999) ont une diversité aviaire plus
riche. Cette faible richesse spécifique serait également en rapport avec l’état de la forêt
susmentionné combinée à la topographie peu variée du site.
En général, la densité relative des oiseaux recensés dans le système forestier au cours
de cette saison est faible. Ces résultats semblent montrer la dominance des espèces ubiquistes
et l’absence des conditions écologiques favorables pour l’installation des espèces forestières.
Pour les espèces faiblement représentées au cours de cet inventaire, les résultats obtenus au
cours des méthodes standardisées ne signifient possiblement pas qu’elles sont rares ou peu
abondantes. La plupart entrent déjà dans la phase post-reproduction, ils sont peu actifs et leur
détection est difficile. De plus, la majorité des techniques utilisées pour estimer les données
quantitatives, incluant les lignes de transect est principalement basée sur l’identification des
chants et cris. De ce fait, la méthode elle-même ne s’avérerait pas efficace au cours de cette
période post-reproduction pour la plupart des oiseaux. Il serait donc nécessaire de faire des
comptages au cours de la saison de reproduction pour compléter la liste des espèces et pour
bien estimer l’abondance relative de ces populations d’oiseaux.
De par ces résultats obtenus et les différents caractères de la communauté aviaire
(richesse spécifique assez faible, avifaune dominée par des espèces ubiquistes et à large
distribution, absence des espèces menacées, etc.), la forêt d’Oronjia et ses environs ne seraient
pas un site potentiel pour l’exploration d’un grand nombre d’espèces endémiques de
Madagascar et celles exclusives des forêts relativement intactes.
Les différentes pressions anthropiques s’exercent à la fois sur les habitats et les
espèces aviaires dans la région. Même si elles ne sont pas flagrantes, elles s’observent encore
au sein même du noyau de l’aire protégée. D’abord, elles auront certainement des impacts sur
la qualité des habitats naturels ce qui n’assurera probablement pas la survie à long terme de la
biodiversité dépendant d’une forêt, y compris les populations d’oiseaux forestières. Ensuite,
même si la chasse ne cible que quelques espèces, elle pourrait induire un déséquilibre dans un
écosystème en contribuant à la diminution progressive de la taille de ces espèces cibles,
comme celle de la population de Lophotibis cristata dans la NAP.

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 14


Potentiels écotouristiques de la région
La NAP d’Oronjia possède des potentiels écotouristiques grâce à son paysage
écologique remarquable, qui ensemble avec sa position géographique par rapport au circuit
touristique de la partie nord de l’île donne une excellente perspective pour sa mise en valeur
au profit du développement économique et social des populations riveraines mais aussi de la
conservation. En outre, bien que le présent rapport soit axé principalement sur les oiseaux,
nous pensons que les autres curiosités dans cette forêt et ses alentours méritent d’être
proposées ici car elles renforcent davantage la valeur de la NAP.

Les Oiseaux
- Même si Phaethon lepturus n’est pas endémique à Madagascar, la présence d’une
population de grande taille dans cette région pourrait constituer une attraction
touristique intéressante.
- Certaines espèces d’oiseaux sont souvent faciles à trouver, d’autres discrètes mais
elles sont toutes jolies et fascinantes. Il s’agit par exemple de Coua cristata et
Falculea paliatta. Les informations sur ces trois espèces ci-après pourraient aider
les lecteurs à les connaître encore un peu plus et à les apprécier.

 Phaethon lepturus ou Paille en queue


Cette espèce d’une couleur blanche, sauf des tâches noires sur certaines parties du
corps (en avant et en arrière de l’œil ainsi que sur les ailes) ne présente pas un dimorphisme
sexuel chez les deux sexes. Avec sa queue très blanche prolongée par les deux rectrices
médianes très longues, fines et rigides, elle est facilement reconnaissable même de loin. Avec
ses ailes longues et étroites, son vol est puissant et gracieux. Plusieurs individus survolent au
dessus de la mer et peuvent se disperser sur de longues distances en quête de leurs proies qui
sont constituées généralement des petits poissons nageant à la surface, des petits crabes et de
calmars. Les Pailles en queue nichent en colonie sur des falaises bordant la mer, nidifiant à
même le sol sur des brindilles qu’elles ont amassées dans des cavités rocheuses.
Les zones de reproduction de cette espèce migratrice régionale autour de Madagascar
sont les îles autours de la Grande île, entre autres Seychelles, Comores, Europa, Aldabra,
Maurice et La Réunion. Une petite population reste sur quelques îlots du Nord-ouest
malgaches (Noy Be, Nosy Tanikely et Nosy Mitsio) et sur la falaise du Nord-est de l’Oronjia
pendant toute l’année (Langrand, 1995 ; Safford & Hawkins, 2013). L’absence des œufs, des
oisillons dans les nids et la présence des individus adultes observés semblent indiquer que la
période de la mission ne coïncide pas encore avec la saison de reproduction de l’espèce. Selon
Langrand (1995), cette phase de son cycle biologique se situe entre mars et septembre. De
recherche ultérieure serait intéressante pour connaître la biologie de l’espèce, incluant les
différentes phases de son cycle biologique.

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 15


Phaethon lepturus n’est pas globalement menacé. Son statut de conservation est
« Préoccupation mineure » suivant l’IUCN (2015). En 2009, Le Corre & Bemanaja ont
compilé les informations disponibles sur cette espèce et ont trouvé 50 couples dans la côte
orientale de la région d’Antsiranana, particulièrement autour d’Oronjia, et moins de 100
couples (environ 70 pairs) au niveau national.

 Coua cristata ou Coua huppé


Cette espèce de taille moyenne appartient à une sous-famille endémique de
Madagascar. Une longue huppe, à barbes très lâches et d’un beau gris cendré, orne sa tête. La
peau nue autour de l’œil, commune aux différentes espèces de Coua mais la nuance de sa
couleur varie d’une espèce à l’autre, est d’un bleu violacée tout autour et en avant de l’œil
mais d’un bleu ciel nacré dans l’angle externe. Sa queue est relativement longue. Sa période
de reproduction a lieu entre mi-septembre et décembre. Elle construit son nid en forme de
coupe entre les branches d’un arbre à partir de 2-15 m au-dessus du sol, dans lequel deux
œufs d’une couleur blanchâtre sont pondus (Safford & Hawkins, 2013). Elle saute de branche
en branche à la recherche de sa nourriture qui est composée d’insectes, de mollusques et
occasionnellement de fruits. Cette espèce forestière est commune dans les forêts de
Madagascar, même dans les forêts dégradées. Dans la forêt d’Oronjia, on la rencontre
fréquemment, surtout le long de la piste qui longe la côte orientale de la NAP.

 Falculea palliata ou Falculie


Cette espèce appartient à la famille des Vangidae, endémique de la région malgache.
D’une taille assez moyenne, son corps est d’une couleur blanche avec des ailes et de queue
noires. Elle est caractérisée par un long bec recourbé et comprimé latéralement servant à
capturer les proies dans les fissures, les trous et sous l’écorce de troncs d’arbre (Langrand,
1995 ; Safford & Hawkins, 2013). Falculea palliata est très grégaire et vit souvent en troupes
de 10 à 15 individus et quelquefois jusqu’à 30 individus composés d’au moins deux
générations. Les parents nourrissent leurs trois ou quatre petits longtemps encore après qu’ils
ont quitté le nid. Elles émettent en concert des cris forts et plaintifs répétés plusieurs fois, qui
ressemblent aux pleurs d’un nouveau-né d’où vient son nom vernaculaire « Voron-jaza »
(Raherilalao & Goodman, 2011). La forêt d’Oronjia héberge au moins deux colonies de cette
espèce dont l’une est de 11 individus au moins. On l’a rencontré à maintes reprises sur la piste
longeant la partie est de la NAP.

Les autres attractions


- Le paysage écologique est fascinant avec une vue panoramique magnifique. Les
plages de baies avec leurs sables fins blancs (Baie de Sakalava, Baie de corail,
Baie de pigeon et Baie des dunes) et la couleur de la mer associées aux îlots
satellites constituent des véritables joyaux. C’est également un endroit calme et
paisible qui laisse à ses visiteurs le choix entre la beauté de la mer et la balade dans

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 16


la forêt pour découvrir d’autres curiosités (flore, faune, vestiges, etc.). Elles
méritent d’être préservées.
- Les différents vestiges historiques témoignant l’ancienne installation des militaires
français dans la forêt associés aux constructions souterraines et les restes des
armements seront un atout non négligeable dans un programme touristique.
- Pareillement, la grotte au nord du bassin d’eau de la forêt débouchant dans la
falaise où il y a le site de nidification de Phaethon lepturus, au Nord-est de la NAP
serait à inclure dans les futurs circuits touristiques. Dans cette grotte, des stalactites
remarquables qui se sont formées à partir de la cristallisation des sels calcaires
dissous par l’eau à sa voûte et des animaux cavernicoles comme des chauves-
souris s’observent.
- D’après nos connaissances, c’est la seule aire protégée terrestre malgache où il
existe des coquilles de bivalves géants subfossiles (Mollusques) d’une dimension
colossale. Ces coquilles sont bien visibles à la surface. Ces mollusques marins
indiquent que la zone forestière de la NAP faisait partie de l’écosystème marin de
la région dans le passé. Ils devraient êtres identifiés et mis en valeur car ils font
partie de notre richesse naturelle.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS POUR LA RECHERCHE ET


LA CONSERVATION
La forêt d’Oronjia est un exemple de vestige d’une forêt sèche sur substrat sablonneux
de la région Nord de Madagascar. La présente recherche a permis de faire ressortir les points
suivants :
Cinquante deux espèces sont inventoriées dans la région dont 34 sont dans le milieu
forestier. Aussi, la communauté aviaire de la forêt a une faible richesse spécifique pour
laquelle, les espèces fortement dépendantes des habitats forestiers naturels ont possiblement
subi une extirpation locale suite à la dégradation intense de cette forêt. Ce sont les populations
ayant une capacité d’adaptation élevées, surtout les généralistes qui ont persisté et celles des
habitats ouverts l’ont envahi dont certaines ont pu établir des populations à abondance relative
assez élevée. Toutefois, la reprise progressive de la végétation du milieu forestier sera
certainement bénéfique pour une possible colonisation ou recolonisation d’autres espèces
d’oiseaux dans le futur.
Une colonie relativement importante constituée visiblement des individus adultes de
Phaethon lepturus niche sur la falaise du Nord-est de l’aire protégée qui est parmi les
quelques zones de reproduction de l’espèce connues à Madagascar. Bien que la saison de
reproduction de l’oiseau s’étale de mars à septembre, aucun signe du début de cette période
n’a été remarqué pour la population d’Oronjia lors de cette recherche.

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 17


D’après les explorations menées dans la NAP et ses alentours, les propositions
suivantes seront à avancer :
- Une richesse spécifique des oiseaux élevée est souvent associée à une grande
hétérogénéité des habitats d’un milieu. Les zones marécageuses aux alentours de la
Baie de Sakalava qui est un habitat important pour les oiseaux des zones humides
méritent d’être explorées en saison humide pour compléter les informations sur
l’avifaune de la région.
- En absence des espèces dépendantes de la présence d’une forêt peu perturbée, le
suivi des espèces des habitats ouverts présents dans la forêt comme Centropus
toulou, Oena capensis, Foudia madagascariensis pourrait nous renseigner sur la
tendance évolutive de la qualité du système forestier de l’Oronjia. Parallèlement,
un suivi périodique de la communauté aviaire en général permettrait de voir une
éventuelle colonisation ou recolonisation progressive des espèces associée à la
l’évolution de la régénération de la forêt. Une proposition de méthode pour le suivi
d’une ou plusieurs populations d’oiseaux est en annexe.
- Pour compléter la liste des espèces d’oiseaux de la région, il est nécessaire de
conduire un autre inventaire pendant la saison de reproduction de ces oiseaux. La
meilleure période est entre les mois de novembre et février pour cette région.
- Pour un éventuel programme pour l’écotourisme dans la région, des formations de
guides naturalistes (axées surtout sur la connaissance de la biodiversité, les autres
curiosités de la NAP et ses alentours, etc.) pour qu’ils puissent répondre
efficacement aux besoins des visiteurs seraient à envisager.
Etant donné la fragilité des forêts sèches, les pressions humaines doivent y être
minimes pour assurer une meilleure protection de la biodiversité de cet écosystème. Nous
savons qu’étant un élément clé de la biodiversité, les oiseaux contribuent activement dans les
processus naturels de fonctionnement et de maintien des écosystèmes (dans la chaine
trophique comme prédateurs et proies, maintien en équilibre de l’abondance d’autres espèces,
recyclage permanant des nutriments, etc.). Ils procurent également des services
écosystèmiques importants, voire vitaux pour les autres espèces animales et végétales,
l’économie et l’être humain (pollinisation dans les cultures, dissémination des graines et
régénération de la forêt, l’écotourisme, source de nourriture, etc.). Même les espèces les plus
communes que nous qualifions des « banales » sont importantes dans ce sens. Aussi, le
renforcement de la sensibilisation des populations riveraines s’avère nécessaire. Cette
sensibilisation devrait également toucher aussi bien les adultes que les jeunes (les élèves des
écoles primaires et secondaires par exemple) puisque ces derniers seront les futurs décideurs
de la région et de Madagascar. Dans cette optique, des écoles vertes permettant à ces jeunes
d’être en contact fréquent avec la nature afin qu’ils puissent mieux connaître la valeur de la
biodiversité, l’apprécier et la conserver, devraient être incluses dans le programme de
conservation. La production des brochures et de posters illustrant la biodiversité d’Oronjia est

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 18


également nécessaire pour faire connaître à tout le monde la richesse naturelle de la région et
aussi pour inciter les gens à agir positivement en faveur de la préservation de la nature.

REMERCIEMENTS
Nous remercions vivement la Direction des Forêts qui a bien voulu délivrer le permis
de recherche pour cette étude et la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de
Madagascar (FAPBM) d’avoir généreusement la financé à travers les programmes de
recherche de Missouri Botanical Garden (MBG). Nous sommes reconnaissantes envers MBG
pour sa collaboration efficace, particulièrement à l’équipe de la Nouvelle Aire Protégée
d’Oronjia qui a beaucoup facilité les démarches auprès des autorités locales, pour son
assistance précieuse au cours des travaux sur le terrain. Nos sincères remerciements
s’adressent également à la Région Militaire N.7 de nous avoir donné l’autorisation d’entrer
dans sa zone d’intervention et de sa collaboration, à Herivololona Mbola Rakotondratsimba
pour la carte d’Oronjia et aux assistantes locales pour leur aide pendant le séjour dans la forêt.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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de Madagascar, 35 : 1-463.
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Paris.

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Page | 20


ANNEXES
Annexe 1 : Méthode proposée pour le suivi-écologique des oiseaux
L’utilisation de la méthode de ligne d’itinéraire échantillon passant dans les habitats
représentatifs du site cible comme celle utilisée au cours de la présente étude est facile à
appliquer pour le comptage d’une ou de plusieurs populations au cours de l’échantillonnage
(cf. Méthodologie). Elle devrait également être couplée avec des observations générales pour
récolter les informations écologiques et qualitatives non enregistrées au cours des méthodes
standardisées. Le résumé de cette méthode et du protocole est le suivant :

Lignes de transect (ou piste préexistante) : 1 ou 2 km pour chaque ligne


Nombre de lignes de transect : au moins 3 pour un transect de 1 km ou deux pour celui de 2
km et plus.
Distance entre 2 transects consécutifs : au moins 200 m pour éviter une superposition de
comptage.
Surface de comptage sur chaque ligne : 20 ou 25 m de part et d’autre de la ligne de transect.
Vitesse de comptage : 1 km/h
Oiseaux à compter : tous les individus vus ou entendus dans la surface de comptage (le
même individu est compté une seule fois seulement).
Heure de comptage : à commencer très tôt le matin (entre 5:00 et 6:00 suivant la saison).
Nombre d’échantillonnages : au moins 4 fois de comptage sur chaque ligne de transect dont
2 fois à partir du début et 2 fois à partir de la fin de la ligne pour que tous les individus aient la
chance d’être compté.
Période favorable : Octobre à février (saison de reproduction de la plupart des oiseaux).
Attention « Danger » : le protocole de suivi doit être standardisé pour les différentes sessions
de suivi pour avoir des données comparables dans le temps et dans l’espace.

Figure I. Résumé du protocole de la méthode de la ligne d’itinéraire échantillon.

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Annexe | i


Annexe 2 : Quelques illustrations concernant l’Oronjia.

Photo 1a - Vue d’ensemble de la forêt d’Oronjia. Sur cette Photo 1b : La végétation de la NAP qui est dominée par des
partie orientale, la forêt de la NAP s’étend jusqu’au bord de arbustes et des arbrisseaux par endroits est en voie de
la mer. (Cliché par Marie Jeanne Raherilalao.) régénération. (Cliché par Marie Jeanne Raherilalao.)

Photo 2 - Une partie de la falaise du Nord-est de la Nouvelle Photo 3 - Des crevasses sur la falaise servant de nids de la
Aire Protégée où se trouve la zone de nidification de Paille en queue. (Cliché par Marie Jeanne Raherilalao.)
Phaethon lepturus. (Cliché par Marie Jeanne Raherilalao.)

Photo 4 - Copsychus albospecularis, une espèce forestière, Photo 5- Un couple d’Oena capensis, une espèce des zones
exploitant le sous-bois de différents types de forêts ouvertes. Le mâle se distingue de la femelle par la gorge et
malgaches. (Cliché par Marie Jeanne Raherilalao.) la poitrine noires, le bec orange et les pattes d’un rouge
corail. (Cliché par Félix Rakotondraparany.)

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Annexe | ii


Photo 6 - Falculea palliata, une espèce de la famille Photo 7 – Phaethon lepturus nichant sur la falaise du Nord-
endémique des Vangidae. (Cliché par Marie Jeanne est de la Nouvelle Aire Protégée. (Cliché par Félix
Raherilalao.) Rakotondraparany.)

Photo 8 - La divagation des animaux domestiques, comme Photo 9 - Un trou non recouvert après la collecte de racines
les chèvres détruit la strate basse d’une forêt qui est un d’igname perturbe l’habitat des espèces terrestres. (Cliché
habitat favorable pour les espèces d’oiseaux terrestres et de par Marie Jeanne Raherilalao.)
sous-bois. (Cliché par Marie Jeanne Raherilalao.)

Photo 10 - Des plumes d’une Paille en queue chassée dans Photo 11 - La baie des Dunes, l’une des attractions
son nid par un prédateur. (Cliché par Marie Jeanne touristiques remarquables de la région. (Cliché par Marie
Raherialao.) Jeanne Raherialao.)

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Annexe | iii


Photo 12 - Vestige de la construction militaire français dans Photo 13 - L’une des cinq salles souterraines dont les
la forêt. Ce tunnel mène dans des salles souterraines occupants actuels sont les chauves-souris. (Cliché par Marie
spacieuses. (Cliché par Marie Jeanne Raherilalao.) Jeanne Raherilalao.)

Photos 14a et 14b - Les stalactites formées à partir de la cristallisation de l’eau saline ornant le plafond de la grotte au nord du
bassin d’eau de la forêt débouchant dans le site de nidification des Pailles en queue. (Cliché par Marie Jeanne Raherilalao.)

Photo 15 - Coquilles d’un Bivalve géant témoignant


l’étendue de la mer dans cette région dans le passé. (Cliché
par Marie Jeanne Raherilalao.)

Les oiseaux de la forêt sèche d’Oronjia Annexe | iv

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