2023/
2024
LES MÉTHODES DE
RECHERCHE
rédigé par :
Kawtar Farouq sociologie urbaine
« Pour comprendre la conduite
d’un individu, on doit savoir
comment il percevait la situation,
les obstacles qu’il croyait devoir
affronter, les alternatives qu’il
voyait s’ouvrir devant lui ; on ne
peut comprendre les effets du
champ des possibilités, des sous-
cultures de la délinquance, des
normes sociales et d’autres
explications de comportement
communément invoquées qu’en
les considérant du point de vue de
l’acteur. »
nom : Farouq
L. Bernard
prénom : Kawtar
classe : Groupe 4
fiche de lecture :
Titre du livre : L’école de Chicago Date d’édition : 9 avril 2012
Auteur : Alain Coulon Date de publication originale : 1979
genre : Sociologie Langue originale : français
éditeur : PRESSES UNIVERSITAIRES DE Collection : Que sais-je ?
FRANCE - PUF Nombre de pages : 128 pages
discipline : Sociologie et Sciences de
l’éducation
L'auteur :
Alain Coulon (né le 12 octobre 19471) est un sociologue français, professeur à l'Université Paris 8
Vincennes Saint-Denis en sciences de l'éducation. Son approche s'inscrit dans la sociologie qualitative,
École de Chicago et ethnométhodologie, courants de la sociologie qu'il a contribué à faire connaître en
France2. Ses travaux ont porté principalement sur l'enseignement supérieur et l'éducation
Résumé bref :
Ce n’est pas par hasard si les étudiants et enseignants dont les recherches allaient donner naissance à
un grand courant de sociologie urbaine étaient de l’université de Chicago : en 1900, cette ville est la
troisième des États-Unis par sa population, largement accrue à la fin du XIXe siècle par l’arrivée en
masse de migrants américains et d’immigrants étrangers.
Ces données originelles expliquent pourquoi l’homogénéité de l’École de Chicago ne réside pas
seulement dans ses méthodes sociologiques, qui laissent la part belle à la démarche empirique, mais
aussi dans les sujets de ses travaux : principalement l’immigration et la criminalité.
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Résumé du Chapitre IV : Les méthodes de recherche
La ville de Chicago a subi une urbanisation remarquablement rapide qui s'est produite dans un
contexte marqué par de nombreux bouleversements, Chicago est également devenue
l'épicentre de la rencontre entre différentes origines et cultures, devenant ainsi le symbole
même de la délinquance et du crime organisé. Pour les sociologues de l'université de la ville,
Chicago constituait un lieu d'observation privilégié, ou, mieux encore, pour reprendre le mot de
Robert E. Park, un véritable « laboratoire social ».
Les recherches développées par l’école de Chicago sont des recherches pratique et directe, le
travail concret sur le terrain est ce qui a caractérisé la sociologie de Chicago et a évoluée sa
réputation et son influence sur la sociologie mondiale avec l’utilisation des documents
personnels (auto biographie, le courrier privé, les journaux quantitatif et récits fait par les
individus) .
• Dans ce contexte, Park recommande clairement l'utilisation de diverses méthodes
d'observation. Dans cette partie du chapitre ils ont examiné les méthodologies de collecte de
données qualitatives utilisées dans plusieurs des œuvres de l'École de Chicago,
Avec l’ouvrage de William I. Thomas et Florian Znaniecki "The Polish Peasant in Europe and in
America", qui vise à étudier empiriquement la vie sociale des paysans polonais vivant en
Pologne ou ayant émigré en Amérique. Il a marqué un tournant dans la sociologie américaine
en introduisant une approche de recherche sur le terrain plutôt que la simple recherche en
bibliothèque.
Thomas a principalement utilisé comme méthode de recherche pour son étude des "documents
inhabituels" tels que des lettres, des articles de journaux, des archives de tribunaux, des
sermons de prêtres, des brochures de partis politiques, etc., Une autre technique de collecte de
données était l'histoire de vie Cette approche permettait de comprendre le monde de l'acteur
de l'intérieur. Cependant, Thomas n'a pas utilisé d'entretiens en raison de sa vision
"naturaliste" de la sociologie
La troisième méthodologie de collecte de données qualitatives utilisées est une méthode
d’interactionnisme sociologique utilisé par Sutherland pour étudier les voleurs professionnels.
On reconnaît évidemment là l’un des principes de l’interactionnisme en sociologie c’est de
comprendre ce que font les individus en accédant, de l’intérieur, à leur monde particulier, et il
s’agira d’abord de décrire les mondes particuliers des individus dont on veut comprendre et
analyser les pratiques sociales. Sutherland utilise la réflexivité, faisant du voleur professionnel
un assistant de recherche qui décrit sa vie quotidienne, ses pratiques, et sa manière d'analyser
le monde, exposant non seulement le sujet empirique, mais aussi le sujet analytique.
On trouve aussi la délinquance juvénile, proposer par Burgess qui utilise systématiquement
l'histoire de vie pour approcher les délinquants, comprendre leur vie et leurs réactions, et
même envisager des moyens de traitement. Il affirme que cela permet d'analyser le
comportement délinquant en termes de facteurs culturels et de comprendre comment les
modèles culturels influencent le comportement des délinquants.
quant à Nels Anderson qui utilise l'histoire de vie dans son étude sur les hobos, des
travailleurs migrants, en s'immergeant dans leur milieu, conversant avec eux et recueillant des
récits de vie sans révéler son rôle de chercheur, une forme d'observation participante "cachée."
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Résumé du Chapitre IV : Les méthodes de recherche
• Le travail de terrain mené par l'École de Chicago dans les années 1920 et 1930 en
sociologie urbaine aborde la question de l'observation participante et remet en question le
mythe selon lequel l'École de Chicago l'aurait principalement utilisée. En réalité, Robert Park,
prônait une approche où les chercheurs observaient sans participer activement, mettant
l'accent sur l'objectivité et le détachement.
Le texte mentionne également quelques études notables menées par les chercheurs de l'École
de Chicago, telles que celles d'Anderson sur les sans-abri, de Cressey sur les danseuses
professionnelles, de Zorbaugh sur l'opulence et la pauvreté, et de Whyte sur la structure
sociale d'un quartier italien. Ces études ont utilisé diverses techniques, y compris des
entretiens, l'observation sur le terrain, des données du recensement et des documents
historiques.
Entre 1921 et 1931, 15 recherches vont être menées sur un aspect de la vie urbaine par des
étudiants inscrits en thèse sous la direction de Park. Dans cette perspective interactionniste, les
recherches sociologiques utilisent souvent des formes d'observation participante. Certains
courants ethnographiques vont même jusqu'à placer le chercheur comme un membre intégré
dans le groupe étudié. Il existe trois rôles possibles pour le chercheur : le rôle "périphérique", le
rôle "actif" et enfin le rôle de membre "immergé".
Les grandes recherches à Chicago utilisent une méthodologie multiple, combinant diverses
techniques. Par exemple, Zorbaugh étudie un quartier de Chicago en utilisant des entretiens,
l'observation sur le terrain, des documents personnels, des données du recensement, des
documents historiques, et des contacts informels. Il effectue une analyse complète, incluant
une histoire locale, des graphiques, des études de cas, et une analyse statistique.
On distinguent aussi l’utilisation intensive de sources documentaires solides. Robert Park
a constitué un vaste fonds documentaire sur la ville de Chicago, rassemblant des données
provenant de diverses commissions municipales, agences privées, journaux et autres sources.
Cette base de données a été constamment enrichie et mise à jour au fil des années, devenant
une ressource inestimable pour les chercheurs de l'école.
Ces données documentaires ont été largement exploitées par les chercheurs de l'École de
Chicago. Par exemple, Wirth a utilisé des données de recensement pour son étude du ghetto
juif de Chicago. De même, Reckless a consulté les archives historiques, les journaux, les
dossiers judiciaires et les archives des agences sociales pour sa recherche sur les quartiers à
problèmes de la ville.
L'École de Chicago a connu une transition vers la recherche quantitative vers les années
1930. Cette transition a été en partie due à l'utilisation croissante de techniques de recherche
quantitative au sein de la Société américaine de sociologie. Bien que la tendance dominante à
Chicago reste les études qualitatives de terrain, des cours de statistiques étaient proposés dès
1908 par James Field, et William Ogburn a rejoint le département en 1927 pour renforcer les
compétences en statistiques.
Bien que la sociologie de Chicago ait toujours été associée à des études de terrain qualitatives,
les statistiques n'étaient pas ignorées. Certains chercheurs, comme Samuel Stouffer, ont
adopté une approche plus quantitative et ont publié des travaux pionniers dans ce domaine.