Introduction à la physique du laser
Matière : Physique Classe : PC2
1 Présentation
☞ Le mot laser est l’acronyme anglais de Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation signi-
fiant amplification de la lumière par émission stimulée de radiation.
2 Interactions rayonnement-matière
c t
☞ Niveau d’énergie
p e rfe
Un niveau d’énergie de la matière est caractérisé par :
➠ e s
ak
son énergie Ei
➠
➠ m
sa population Ni , nombre d’atomes par unité de volume possédant cette énergie
e
sa durée de vie τi , caractéristique du dépeuplement de ce niveau
c
ti
I
c
L
ra Á retenir
I
P
RJ
❀ Un système à deux niveaux E1 et E2 ne peut interagir qu’avec un rayonnement de
♡ fréquence ν0 telle que :
0 2 2
d
2 E2 − E1 = h ν0
M e
0 21
✌ On observe en fait un élargissement
2
spectral des fréquences de transi-
tion possibles (élargissement Dop-
pler principalement), et le système
peut interagir avec un rayonnement
de fréquence ν avec une loi de pro-
babilité g(ν) centrée en ν0 de largeur
∆ν.
☞ Absorption
Lors d’un processus d’absorption, un
atome passe d’un état E1 à un état excité
E2 en absorbant un photon de fréquence
ν0 = E2 −h E1 .
1
Á retenir
❀ Le taux de variation de la population du niveau E2 par absorption d’un photon de
fréquence ν0 est donné par :
♡ dN2
( )abs = B12 u(ν0 ) N1 (t)
dt
où B12 est le coefficient d’Einstein pour l’absorption et u(ν0 ) la densité spectrale
d’énergie volumique.
✌ L’énergie volumique portée par le rayonnement sur l’intervalle de fréquence [ν, ν + dν] est donnée
par : dU = u(ν)dν.
✌ En tenant compte de l’élargissement spectral de la transition, le taux de variation de la population par
absorption d’un photon de fréquence comprise sans la bande [ν, ν + dν] s’écrit :
c t
(
dN2
dt
p e
)abs = B12 g(ν) u(ν) N1 (t) d ν rfe
e s
☞ Émission spontanée
m ak
i c e
Lors d’un processus d’émission spontanée, un atome
t
I
c
passe d’un excité E2 à un état de plus basse énergie
L
ra
E1 en émettant un photon de fréquence ν0 = E2 −h E1 ,
I
P
RJ
possédant :
➠ une direction aléatoire
0 2 2
d
➠ une polarisation aléatoire
2
e
➠
M
une phase aléatoire.
0 21
Á retenir
2
❀ Le taux de variation de la population du niveau E2 par émission spontanée est donné
par :
dN2
( )sp = − A21 N2 (t)
dt
♡ où A21 est le coefficient d’Einstein pour l’émission spontanée.
t
❀ N2 (t) évolue selon N2 (t) = N2 (0) e− τ , la durée de vie de ce niveau étant donnée par :
1
τ =
A21
2
☞ Émission stimulée
Sous l’effet d’un photon de fréquence ν0 = E2 −h E1 ,
un atome dans l’état excité E2 peut revenir dans l’état
E1 en émettant un photon identique au photon inci-
dent, ayant :
➠ même direction
➠ même polarisation
➠ même phase.
✌ L’émission stimulée fait apparaître un photon identique à celui de l’onde incidente : l’onde est ampli-
fiée.
c t
❀
p e rfe Á retenir
Le taux de variation de la population du niveau E2 par émission stimulée est donné
par :
e s
ak
♡ dN2
( )st = − B21 u(ν0 ) N2 (t)
dt
e m
où B21 est le coefficient d’Einstein pour l’émission stimulée.
c
ti
I
c
L
ra
I
P
RJ
✌
0 2 2
Dans le cas d’un système à deux niveaux non dégénérés, l’absorption et l’émission stimulée se pro-
duisent avec la même probabilité : B21 = B21
d
2
M e
0 21
3 Inversion de population
2
✌ 1 dI(z)
Le coefficient de gain par unité de longueur est : α = I(z) hν0
dz = [N2 −N1 ]B21 c ➠ Le gain après la traversée
I(0)
d’une longueur l du milieu est : G(l) = I(l) = eαl .
3
Á retenir
❀ Pour avoir un milieu amplificateur (G(l) > 1 donc α > 0), il faut que N2 > N1 .
❀ Cependant, à l’équilibre thermique, on a :
N2 E −E
− 2 1
♡ = e kB T
N1
➠ La condition d’amplification n’est pas vérifiée à l’équilibre thermique.
❀ Il faut donc réaliser une inversion de population pour obtenir N2 > N1 , par un apport
d’énergie peuplant le niveau E2 : c’est le principe du pompage.
4 Obtention d’un oscillateur
☞
c t
rfe
Rétroaction & Oscillateur
p e
Un oscillateur est un système pouvant délivre un signal de sortie périodique en l’absence de signal d’entrée.
s
Un oscillateur à rétroaction est constitué :
ake
➠ d’un étage amplificateur
c e m
➠
ti
d’un étage de bouclage constitué
I
c
L
d’un filtre sélectif
ra
I
P
RJ
✌
2
La condition d’oscillation s’écrit :
0 2 G( jω).B( jω) = 1
d
2
e
➠
M
L’énergie délivrée est apportée par l’alimentation de l’étage amplificateur.
1
➠ La condition Im(G( jω).B( jω)) = 0 détermine la pulsation ω0 des oscillations.
2
➠
0
La condition Re(G( jω).B( jω)) = 1 donne alors une condition sur le gain de l’étage amplificateur.
2
☞ Oscillateur électronique : à Pont de Wien
Lorsque l’AOP, supposé idéal, est en ré-
gime linéaire, on a :
R2
G0 = 1 +
R1
1
3 1
H( jω) = avec ω0 =
1+ j 13 ( ωω0 − ω0
ω)
RC
d 2 v2 d v2
2
+ (3 − G0 ) ω0 + ω20 v2 = 0
dt dt
➠ Condition de démarrage des oscillations : G0 > 3.
➠ La saturation de l’AOP si |v1 | > Vsat (phénomène linéaire) stabilise l’amplitude des oscillations.
➠ Le régime permanent est obtenu quand les gains fournis par l’étage amplificateur compensent les
pertes.
4
☞ Oscillateur optique : laser
✌ Le laser constitue un oscillateur à rétroaction :
➠ l’étage amplificateur est un milieu actif dans lequel on a réalisé une inversion de population et on
a bien une émission stimulée.
➠ la source d’énergie est assurée par le pompage
➠ une cavité optique assure le bouclage et le filtrage dans le système.
✌ L’élargissement spectral Doppler conduit à une courbe de gain de largeur ∆ν. Plusieurs modes sont
possibles dans l’intervalle de fréquence ∆ν. Seuls les modes correspondant à un gain supérieur aux
pertes peuvent osciller.
5 Propriétés optiques d’un faisceau laser
☞ Faisceau gaussien à symétrie cylindrique
c t
rfe
L’intensité du faisceau gaussien est de la forme :
w2 2 r2
I(r, z) = I0 2 0 exp(− 2 ) où w(z) = w0
s p
s
e1+
z2
avec z =
w20
w (z) w (z)
ake z2R
R π
λ
➠
waist du faisceau
c e m
w0 est appelé rayon de ceinture, rayon de pincement ou
ti
I
➠
c
L
zR est appelé longueur de Rayleigh du faisceau
➠
ra √
I
En |z| = zR , le rayon vaut w(zR ) = 2w0 : le faisceau est
P
RJ
d’autant plus divergent que zR est petit.
➠ Pour |z| ≫ zR , on a w(z) = w0 |z|
0 2 2
zR : le faisceau est conique,
d
w0 λ
d’angle : tg(θ) ≃ θ = zR = π w0 2
M e
21
Á retenir
0
On distingue deux zones :
2
❀ |z| ≪ zR, w(z) = w0 =cste, le faisceau est quasi-cylindrique, de rayon w0.
|z|
❀ |z| ≫ zR , w(z) = w0 zR , le faisceau est quasi-conique, d’angle θ = w0
zR .
✌ Plus le faisceau est pincé, plus il est divergent.
5
☞ Image d’un faisceau gaussien par une lentille convergente
Á retenir
On distingue deux cas :
❀ Si zR ≫ f ′ , la lentille transforme un faisceau cylindrique de rayon w0 en un faisceau
conique d’angle θ′ = wf 0′ = π λw′ . Le faisceau gaussien émergent ne converge pas en
0
λf′
F ′ mais il y atteint son rayon minimal w′0 = π w0
c t
♡
p e rfe
❀ Si zR ≪ f ′,
e s
la lentille transforme un faisceau conique de waist w0 et d’angle θ = λ
ak
π w0
λf′
en faisceau cylindrique de rayon w′0 = θ f ′ = et de longueur de Rayleigh z′R =
m
π w0
w′2
π λ
0
ti c e
I
c
L
ra
I
P
RJ
0 2 2
d
2
M e
0 21
2