Relations économiques
internationales
Chapitre 1
Les « fondations » du corpus des
théories du commerce international
Sylvain Petit, professeur des universités, ISH, UPHF
L3 AES et économie
2024 - 2025
Analyse classique et analyse néo-classique
Une question simple, réponses diverses
Pourquoi les pays commercent-ils ?
➢ Analyse classique (David Ricardo) : la loi des coûts
comparatifs
= parce que les coûts comparatifs sont différents (section 1)
➢ Néo-classiques (B. OHLIN) : la loi des proportions de
facteurs
= parce que les pays sont différemment dotés en facteurs de
production (section 2)
1772-1823
Le modèle de Ricardo
2 contributions majeures
Ricardo explique la structure du commerce international (il
décrit et explique le processus de spécialisation)
= Analyse ricardienne dans sa version Positive
Ricardo démontre que le libre-échange améliore la situation
(welfare) de chaque pays simultanément
D’où un bénéfice mondial
= Analyse ricardienne dans sa version Normative
Le modèle de Ricardo
Trois questions
Les hypothèses du modèle ricardien
L’explication ricardienne du commerce international
= quelles sont les causes du commerce international ?
= Principe de l’avantage comparatif (version positive)
Le « gain issu de l’échange » (gain from trade)
= Quelles sont les conséquences du commerce international ?
(version normative)
Le modèle de Ricardo
Les hypothèses
2 pays (Angleterre et Portugal) produisant 2 biens (vin, drap)
Les facteurs de production (capital et travail) sont mobiles à
l’intérieur de chaque pays, mais ils ne peuvent pas se déplacer d’un
pays à l’autre
Le modèle de Ricardo
Qu’est-ce qu’une nation ?
Biens
nationale
La nation est : Facteurs
un parc Facteurs
à bestiaux
ou un filtre
Le modèle de Ricardo
Qu’est-ce qu’une nation ?
- Pourquoi cette différence dans la mobilité intra/inter des facteurs ?
► Langue, réglementation, politique migratoire, etc.
- Hypothèse réaliste ?
► Peut-être à l’époque
► Pas vraiment aujourd’hui (surtout pour le capital)
Le modèle de Ricardo
Les hypothèses
Hypothèse de la « valeur travail » (les prix sont déterminés par les
coûts de production qui, eux-mêmes sont constitués principalement de
coût en travail)
Il n’existe qu’une technologie pour produire chacun des deux biens
Le modèle de Ricardo
La technologie dans le modèle ricardien
Isoquant
= ensemble des combinaisons de travail
Capital
une 10 unités de drap, il faut
Pour produire
et de capital permettant de produire
combiner OL 1 heures de travail et OK 1
K2 A quantité donnée du bien
unités de capital (point E)
Gaspillage de capital
(exemple : 10 unités de Si
drap)
l’on emploie plus de capital avec le
même nombre d’heures de travail (point
A), on gaspille AE unités de capital,
puisque l’output reste le même
De même, au point B, on gaspille EB
E B heures de travail
K1
Travail et capital sont strictement
Gaspillage de travail
complémentaires (= non substituables)
O L1 L2 Travail
Le modèle de Ricardo
L’explication ricardienne du commerce international
L'exemple du commerce entre le Portugal et l’Angleterre
Portugal Angleterre
Vin 80 120
Drap 90 100
Coût moyen de production (en heures de travail par unité produite)
Portugal Angleterre
Le modèle de Ricardo
Vin 80 120
Drap 90 100
Portugal et l’Angleterre
Que constate-t-on ?
→ Les 2 biens sont produits à moindre coût au Portugal
(= « avantage absolu » du Portugal dans les deux productions)
➢ Apparemment le commerce est impossible
➢ Apport de Ricardo : le commerce est possible et bénéfique pour les deux
pays
Comment le commerce va-t-il s’établir ?
➢ Portugal se spécialise dans l’activité où sa supériorité est la plus grande
➢ Angleterre se spécialise dans l’activité où son infériorité est la moins
importante
Il faut comparer les coûts relatifs (comparatifs) et non les coûts absolus
Portugal Angleterre
Le modèle de Ricardo
Vin 80 120
Drap 90 100
Portugal et Angleterre
Au Portugal :
Le coût comparatif du vin par rapport au drap est égal à :
Coût de production du vin 80
= = 0.88
Coût de production du drap 90
En Angleterre :
ce ratio est égal à :
120
= 1.2
100
Le coût comparatif du vin par rapport au drap est inférieur au Portugal à ce
qu’il est en Angleterre (le vin est comparativement meilleur marché au
Portugal). C’est pourquoi le Portugal se spécialise dans le vin
Le modèle de Ricardo
Portugal et Angleterre
Portugal Angleterre
Vin 80 120
Drap 90 100
Coût comparatif
du vin % drap 0.88 < 1.2
N.B. : les coûts comparatifs sont aussi égaux aux prix relatifs (en isolement)
➢ Supériorité portugaise relativement plus importante dans le vin et infériorité britannique
relativement moins forte dans le drap
Le modèle de Ricardo
Théorème des coûts comparatifs (version positive)
La condition nécessaire et suffisante à l’établissement du commerce
international est qu’il existe une différence des coûts comparatifs de
production (ou entre les prix relatifs des biens) d’un pays à l’autre
(ici : 80/90 120/100)
Chaque pays tend alors à se spécialiser dans l’activité pour laquelle son
coût comparatif est le plus bas
➢ Le Portugal se spécialise dans la production pour laquelle sa
supériorité relative est la plus forte (= viticulture)
➢ L’Angleterre se spécialise dans la production pour laquelle son
infériorité est relativement est la plus faible (= production drapière)
Le modèle de Ricardo
Deux corollaires
Le marché mondial est hospitalier. Il offre une place à tous les
pays, aussi faibles qu’ils puissent être
Pour exporter un bien, il n’est pas nécessaire de pouvoir le
produire moins cher qu’à l’étranger. Il suffit que son coût relatif de
production soit plus bas
Le commerce international n’est pas déterminé par le niveau des
coûts absolus de production (80, 90, 120, 100), mais par les coûts
relatifs (80/90, 120/100)
Exemple de P. Samuelson (avocat, dactylo)
Le modèle de Ricardo
Portugal et Angleterre
Portugal Angleterre
Vin 80 120
Drap 90 135
Coût comparatif
du vin % drap
0.88 = 120/135 = 0.88
Les coûts absolus sont différents, mais les coûts comparatifs sont les mêmes
➢ Le commerce international est impossible
Portugal Angleterre
Le modèle de Ricardo
Vin 80 120
Drap 90 100
Le gain à l'échange (analyse normative)
En autarcie :
Au Portugal :
✓ 1 tonneau de vin (valant 80 heures) s’échange contre 80/90 = 0.88 unité
de drap (valant aussi 80 heures)
✓ ou inversement : 1 drap s’échange contre 90/80 = 1,125 tonneau de vin
En Angleterre :
✓ 1 tonneau de vin (valant 120 heures) s’échange contre 120/100 = 1,2 unité
de drap (valant aussi 120 heures)
✓ inversement : 1 drap s’échange contre 100/120 = 0,83 tonneau de vin
➢ Les prix relatifs en autarcie sont différents
DONC le commerce international peut se développer
Portugal Angleterre
Le modèle de Ricardo
Vin 80 120
Drap 90 100
Le gain à l'échange (analyse normative) Portugal : 1V = 0.88D
1D = 1,125 V
En libre-échange : Angleterre : 1V = 1.2 D
1D = 0.83 V
Au Portugal :
1 vin peut être exporté vers l’Angleterre à un prix supérieur à 0.88 drap (jusqu’à
1.2 drap).
➔ Les viticulteurs portugais s’enrichissent plus en exportant qu’en
approvisionnant le marché domestique
En Angleterre :
1 drap peut être vendu au Portugal à un prix plus élevé que 0.83 vin (jusqu’à
1,125 vin)
➔ Les manufacturiers britanniques s’enrichissent plus en exportant au
Portugal
Portugal et Angleterre améliorent tous deux (simultanément) leur situation
en s’engageant dans le libre-échange
Le modèle de Ricardo
Le gain à l'échange (analyse normative)
En autarcie, les prix sont différents
p Prix du vin relativement
au drap
0.88 1.2
En libre échange, les deux marchés nationaux (avec des prix relatifs
différents en isolement) fusionnent en un marché mondial unique avec un
prix relatif mondial unique (p), compris entre les deux prix d’isolement : 0.88
et 1.2
Ce prix relatif mondial s’appelle les « TERMES DE L’ECHANGE »
Le modèle de Ricardo
Les termes de l'échange
Les termes de l’échange (p) sont nécessairement compris entre 0.88
et 1.2, sinon le commerce international ne pourrait pas s’établir :
p p p p p
Prix du vin
% drap
Les viticulteurs 0.88 Seul Les deux
Seule bénéficie 1.2 Les manufacturiers
pays
l’Angleterre
le Portugal
portugais refusent commercent
dubénéficie
commerce. du Situation
commerce.de anglais refusent
d’exporter en (tous deux améliorent
Situation
l’Angleterre du Portugal
inchangée d’exporter au Portugal
Angleterre leurinchangée
situation)
Le modèle de Ricardo
Théorème des coûts comparatifs (version normative)
Théorème :
Le libre échange ne peut porter préjudice aux pays partenaires. Il
ne peut que leur être bénéfique.
Il conduit chacun d’eux à une situation au moins aussi avantageuse
qu’en isolement
Le libre échange améliore le bien être à l’échelle mondiale
Les termes de l’échange jouent un rôle décisif dans le partage
du gain à l’échange entre les pays
Le modèle de Ricardo
La répartition du « gain à l’échange »
0,88 1,2
Le modèle de Ricardo
La répartition du « gain à l’échange »
0,88 1,2
Le modèle de Ricardo
La répartition du « gain à l’échange »
0,88 1,2
Le modèle de Ricardo
Dynamique du commerce et interrogations sur le libre-échange
Premières contestations :
➢ Maurice Bye : distinction « avantage comparatif court » et « avantage comparatif long »
- Les deux peuvent diverger si on abandonne l’hypothèse ricardienne de coûts constants
(rendements d’échelle constants), dans ce cas, le libre-échange n’est pas la meilleure
politique
- L’argument des « industries dans l’enfance » se fonde précisément sur ce cas de figure
➢ Paradoxe de F.D. Graham : configuration de rendements croissants dans certaines activités et
décroissants dans d’autre, alors le libre-échange peut être néfaste au(x) pays qui se spécialise(nt)
dans les activités à rendements d’échelle décroissants, voire être globalement préjudiciable
Le modèle de Ricardo
Ce que Ricardo pourrait nous dire...
sur 3 interrogations courantes
Le modèle de Ricardo
Ce que Ricardo pourrait nous dire...
sur 3 interrogations courantes
Question n° 1 : Le libre-échange est-il souhaitable pour un pays qui n’est pas
compétitif ?
Une réponse fréquente : « Le libre-échange ne peut être bénéfique pour un pays que s’il est à la hauteur
de la concurrence internationale »
Deux déclinaisons :
➢ Les pays moins développés doivent d’abord se mettre à la hauteur (« mise à niveau »)
« Beaucoup de petits pays n’ont d’avantage comparatif en rien… Ils ne peuvent que perdre à la
libéralisation des échanges » (Wall Street Journal)
➢ La peur des pays développés face à la montée en puissance des NPI
Le libre-échange serait source de perte pour les pays industriels du fait des différences
de coût de production (risque de délocalisations par exemple)
Le modèle de Ricardo
Ce que Ricardo pourrait nous dire...
sur 3 interrogations courantes
Réponse de RICARDO :
Dans les deux déclinaisons, il y a confusion entre coûts absolus et coûts
comparatifs
Le chroniqueur du Wall Street Journal gagnerait donc à se recycler en économie…
Le modèle de Ricardo
Ce que Ricardo pourrait nous dire...
sur 3 interrogations courantes
Question n° 2 : Faut-il craindre la concurrence des pays à bas
salaires ?
Une réponse fréquente : « La concurrence internationale est injuste et
déloyale et nuit aux pays développés lorsqu’elle est basée sur des bas
salaires » (thèse de CULBERTSON, Université du Wisconsin)
(peu différent de la 2e déclinaison de la 1e affirmation)
➔ Même réponse
Le modèle de Ricardo
Ce que Ricardo pourrait nous dire...
sur 3 interrogations courantes
La compétitivité ne dépend pas que des écarts de
salaires. Trois autres éléments entrent en ligne de
compte :
➢ la productivité physique des facteurs
➢ l’évolution du taux de change
➢ la hausse des salaires et des charges sociales dans
les pays émergents
Le modèle de Ricardo
Ce que Ricardo pourrait nous dire...
sur 3 interrogations courantes
4 mécanismes d’ajustement
(d’adaptation aux écarts des taux de salaires entre le Nord et le Sud)
1. Par la dépréciation du change dans les pays du Nord
2. Par l’élévation de la productivité dans les pays du Nord
3. Par la compression des salaires dans les pays du Nord
4. Par la hausse des salaires dans les pays du Sud
Problème : certains de ces ajustements prennent du temps…
Le modèle de Ricardo
Ce que Ricardo pourrait nous dire...
sur 3 interrogations courantes
Question n° 3 : Les pays les moins développés ne doivent-ils
pas craindre la concurrence des pays riches ?
Une réponse courante : « Le libre-échange entre pays inégaux serait, lui
aussi, inéluctablement inégal »
Il serait nuisible aux pays les plus pauvres et bénéfique uniquement
aux pays riches
= théorie de l’échange inégal (Arghiri Emmanuel, 1972)
Quantités de travail incorporées dans les X)
Si : > 1 le pays est exploité
Quantités de travail incorporées dans les M)
Le modèle de Ricardo
Ce que Ricardo pourrait nous dire...
sur 3 interrogations courantes
RÉPONSE de Ricardo :
➢ On ne peut pas comparer le travail au Sri Lanka et aux USA
Ils n’ont pas la même nature (on ne peut donc pas comparer numérateur
et dénominateur)
➢ Ce qui compte ce sont les quantités (et la variété) des biens que l’on
peut obtenir grâce au commerce international
Exerçons nous
Partie 1:
Supposons que le pays domestique dispose de 1 200 unités de travail. Il
peut produire deux biens : des pommes et des bananes. La quantité de
travail unitaire nécessaire à la production de pommes est de 3, et celle
nécessaire à la production de bananes est de 2.
a. Représentez graphiquement la frontière des possibilités de
production du pays domestique.
b. Quel est le coût d’opportunité des pommes en termes de bananes ?
c. En l’absence de commerce, quel serait le prix des pommes exprimé
en termes de bananes ? Pourquoi ?
Exerçons nous
Partie 2 :
Les caractéristiques du pays domestique sont décrites dans la partie
précédente. Considérons maintenant un pays étranger qui dispose
d’une force de travail de 800 unités. La quantité de travail unitaire
nécessaire à la production de pommes y est de 5, et celle nécessaire à
la production de bananes est de 1.
a. Représentez graphiquement la frontière des possibilités de
production du pays étranger.
b. Construisez la courbe d’offre relative mondiale.
Exerçons nous
Partie 3 :
Imaginons que la demande relative mondiale prenne la forme suivante
: demande de pommes / demande de bananes = prix des bananes /
prix des pommes.
a. Représentez graphiquement les courbes de demande et d’offre
relatives mondiales.
b. Quel est le prix relatif d’équilibre des pommes sur le marché mondial
?
c. Quelle est la structure des échanges ?
d. Montrez que les deux pays gagnent à l’échange.
Exerçons nous
Partie 4 :
Supposons qu’au lieu de 1 200 travailleurs, le pays domestique en
accueille 2 400. Quel est le prix relatif d’équilibre sur le marché mondial
? Comment se répartissent dans ce cas les gains à l’échange entre les
deux pays ?
Partie 5 :
Considérons toujours que le pays domestique dispose de 2 400
travailleurs, mais que leur productivité soit divisée par deux dans
chaque secteur. Construisez la courbe d’offre relative mondiale et
déterminez le prix relatif d’équilibre. Comparez les gains à l’échange
avec ceux obtenus à l’exercice précédent.
L’analyse néo-classique
La loi des proportions de facteurs et théorème HOS
La théorie néo-classique vise à développer le modèle
ricardien à deux niveaux :
Analyse positive Analyse normative
Elle approfondit la notion d’avantage comparatif
D’où viennent les différences de coûts comparatifs ?
Réponse néo-classique = des différences de dotations factorielles
= Loi des proportions de facteurs (Bertil OHLIN)
Elle analyse les conséquences du commerce international sur la répartition des
revenus au sein de chaque pays :
Quelles conséquences sur le niveau des salaires ?
Quelles conséquences sur les taux de profit ?
= Théorème Heckscher/Ohlin/Samuelson (théorème HOS)
L’analyse néo-classique
Le théorème HOS
Eli HECKSCHER Bertil OHLIN Paul SAMUELSON
Suède Suède USA MIT
(1879-1952) Prix Nobel 1979 Prix Nobel 1970
(1899-1979) (1915-2009)
L’analyse néo-classique
La loi des proportions de facteurs : les hypothèses
Les mêmes que le modèle ricardien, sauf que :
➢ Les prix ne sont pas seulement déterminés par les coûts de
production (valeur travail), mais aussi par la demande (utilité
des biens)
✓ Un bien a un prix élevé non pas seulement parce qu’il coûte
à produire, mais parce qu’il est fortement demandé
✓ La valeur utilité remplace la valeur travail
➢ Dans chaque pays, existent plusieurs technologies
(combinaisons des facteurs) possibles pour produire un bien
L’analyse néo-classique
La technologie dans le modèle néo-classique
Capital Capital
K2 A
A (technologie
K2 capital intensive)
E B B (technologie
K1 labor intensive)
K1
O L1 L2 Travail O L1 L2 Travail
Le modèle ricardien : Le modèle néo-classique :
Les facteurs sont complémentaires Les facteurs sont substituables
L’analyse néo-classique
La loi des proportions de facteurs
Exemple : Angleterre et Portugal
➢ Le Portugal est riche en travail comparé à l’Angleterre (riche en
capital)
➢ L’industrie textile nécessite une forte proportion de capital
= activité capitalistique (capital intensive)
➢ La viticulture nécessite relativement beaucoup de travail
= activité travaillistique (labor intensive)
DONC le Portugal a un avantage comparatif dans la viticulture
L’Angleterre a un avantage comparatif dans l’industrie drapière
L’analyse néo-classique
La loi des proportions de facteurs
Enoncé de la loi
Chaque pays dispose d’un avantage comparatif (et par
conséquent se spécialise) dans la production du bien qui
nécessite relativement le plus le (ou les facteurs) dont ce pays
est relativement le mieux doté
➔ Il faut donc faire deux comparaisons :
➢ Comparer les dotations factorielles des pays
➢ Comparer les intensités factorielles des activités
L’analyse néo-classique
La loi des proportions de facteurs
Chine et France
Chine France
Terres cultivables (T)
(km2)
1 151 635 > 185 989
Population (L) 1,07 milliard >> 53,6 millions
Ratio
T/L 0,0015 < 0,0034
Abondance (ou rareté) une question de … prix
L’analyse néo-classique
La loi des proportions de facteurs
Un facteur est (relativement) abondant si son prix est
(relativement) bas
Il est (relativement) rare si son prix est (relativement)
élevé
Un pays riche en travail est donc un pays à bas salaire
(exemple : Taïwan, Chine…)
Ce pays a donc un avantage comparatif dans les
activités à haute intensité en travail (travaillistiques)
L’analyse néo-classique
La loi des proportions de facteurs
La chaîne de causalité
Explication néo-classique
Différence de Différence de Différence
dotations rémunération de coûts
en facteurs de des facteurs comparatifs
production
Différence des Avantage
prix des biens comparatif
en autarcie
Explication ricardienne
L’analyse néo-classique
Le théorème HOS
Le théorème HOS énonce que :
Le libre-échange tend à égaliser les rémunérations de chacun
des facteurs de production d’un pays à l’autre.
Sous certaines conditions (mises en évidence par P. SAMUELSON),
Les rémunérations réelles des facteurs s’égalisent
complètement.
L’analyse néo-classique
Le théorème HOS
Le commerce rendrait les pays plus similaires (les différences
tendent à s’estomper)
= plausible
Mais l’égalisation complète est utopique
L’analyse néo-classique
Le théorème HOS
Au Portugal (spécialisation viticole) :
élève le niveau ce qui provoque la
L’accroissement de
de l’emploi hausse des salaires
la production de vin
du travail (initialement bas)
ce qui réduit le
La baisse de la réduit l’emploi
taux de profit
production textile... du capital...
(initialement élevé)
En Angleterre (spécialisation drapière) : Égalisation
L’accroissement augmente ce qui élève le
de la production l’emploi taux de profit
textile du capital... (initialement bas)
ce qui abaisse
La réduction de la réduit l’emploi
le taux de salaire
production de vin du travail
(initialement élevé)
L’analyse néo-classique
Quelques corollaires du théorème HOS
L’égalisation des rémunérations est paradoxale
Elle s’effectue alors que les facteurs sont immobiles internationalement
Si mobilité internationale, l’égalisation irait de soi
Or, selon HOS on obtient le même résultat, alors que les facteurs ne
peuvent pas migrer d’un pays à l’autre
Grâce à la mobilité des produits tout se passe comme si les facteurs
étaient mobiles entre les pays
La libre circulation des produits (le libre-échange) est un substitut
de la libre circulation des facteurs
L’analyse néo-classique
Quelques corollaires du théorème HOS : gagnants et perdants
Qui gagne ?
Les personnes dont le revenu augmente … Qui ?
➢ Les travailleurs portugais et les capitalistes anglais
= les propriétaires de facteurs abondants
Les perdants = personnes dont le revenu diminue Qui ?
➢ Les capitalistes portugais et les travailleurs anglais
= les propriétaires de facteurs rares
Les syndicats ouvriers anglais et les fédérations patronales portugaises devraient donc être
en faveur du protectionnisme
Exerçons nous
Supposons les données suivantes :
𝑎𝐾𝑉 = 2 ; 𝑎𝐿𝑉 = 2 ; 𝑎𝐾𝑁 = 2 et 𝑎𝐿𝑁 = 1
L’économie dispose de 3 000 unités de capital et 2 000 unités de travail.
a. Pour quelle(s) valeur(s) du prix relatif des vêtements l’économie peut-elle produire simultanément
les deux biens ? Nous supposerons à partir de maintenant que cette condition est vérifiée.
b. Écrivez le coût unitaire de production d’une unité de vêtement et d’une unité de nourriture
comme des fonctions du prix du capital, r, et du salaire, w. En rappelant qu’en concurrence parfaite,
ces coûts unitaires doivent être égaux aux prix des biens, déterminez les prix des facteurs r et w.
c. Comment évoluent les prix de facteurs lorsque le prix des vêtements augmente ? Déterminez qui
sont les gagnants et les perdants à ce changement de prix et expliquez pourquoi. Est-ce que ce
résultat est conforme à celui qu’on attend d’un modèle comparable mais qui supposerait que les
facteurs sont substituables ?
d. Supposons maintenant que le stock de capital passe de 3 000 unités à 4 000 unités. Tracez la
nouvelle frontière des possibilités de production.
e. Combien d’unités de vêtement et de nourriture l’économie produit-elle dans ce cas ?
f. Décrivez l’évolution de la répartition des facteurs de production entre les secteurs suite à ce
changement. Est-ce conforme à ce qu’on attend d’un modèle à facteurs substituables ?
Exerçons nous (encore…)
On suppose qu’aux prix des facteurs actuels, la production de
vêtements requiert 20 heures de travail par unités de capital, contre
seulement 5 heures pour celle de nourriture.
a. On suppose que les ressources totales de l’économie s’élèvent à 600
heures de travail et 60 unités de capital. Déterminez l’allocation des
ressources à l’aide d’un diagramme.
b. Supposons maintenant que l’offre de travail augmente et passe
progressivement à 800, puis à 1 000 et enfin à 1 200 heures. Tracez les
effets de ces changements successifs d’allocation des ressources.
c. Que se passerait-il si l’offre de travail augmentait encore ?