Chapitre 6
Chapitre 6
Intégralesgénéralisées
5
6 CHAPITRE 1. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
Vous connaissez déjà un cas simple de cette formule : pour n = 0, c’est le théorème des ac-
croissements finis. Cette formule de Taylor-Lagrange peut donc se comprendre comme un
théorème des accroissements finis généralisé.
Une conséquence utile de cette formule est l’inégalité de Taylor-Lagrange ci-dessous, qui
Xn f (k) (x )
0
permet de majorer l’écart le graphe de f et l’approximation donnée par le polynôme (x°
k=0 k!
x 0 )k . Sous les hypothèses du théorème 2 :
Ø √ !Ø
Ø Xn f (k) (x ) Ø (x ° x )n+1
Ø 0 k Ø 0
Ø f (x) ° (x ° x 0 ) Ø ∑ sup | f (n+1) (c)|. (I.3)
Ø k=0 k! Ø (n + 1)! c2I
x2 xn
ex = 1 + x + +···+ + x n ≤(x).
2! n!
1
Utilisons l’inégalité de Taylor-Lagrange pour estimer une valeur de e 2 . Comme la fonction
exponentielle est croissante, nous voyons que (pour x positif)
Ø √ !Ø
Ø n xn Ø
X x n+1 x n+1 x
Ø x Ø
Øe ° Ø∑ sup e c = e .
Ø k=0 n!
Ø (n + 1)! c2[0,x] (n + 1)!
1 1 p
Pour x = , comme nous savons que e < 3, nous pouvons majorer e 2 par 3, donc par 1.74.
2
Ainsi, la formule ci-dessus donne l’estimation suivante :
Ø √ !Ø
Ø 1 Xn ( 1 )n Ø 1
Ø 2 2 Ø
Øe ° Ø ∑ 1.74 ( .
Ø k=0 n!
Ø 2 n + 1)(n + 1)!
1
n
X 1
Ceci montre que si on remplace e 2 par le nombre (que l’on peut calculer avec juste
k=0 2n · n!
les opérations +, §, /), on a une précision de l’ordre de 5.10°3 pour n = 3, de 4.10°5 pour n = 5,
de 3.10°11 pour n = 10, etc. Nous avons donc non seulement une approximation du nombre
1
e 2 mais aussi une majoration de l’erreur commise dans cette approximation.
Une autre estimation du reste est donné par la formule de Taylor avec reste intégral ci-
dessous.
Théorème 3 (Taylor-reste intégral). Soit I un intervalle ouvert de R et soit x 0 2 I . Soit n 2 N
un entier. Si f est de classe C n+1 sur I alors, pour tout x 2 I :
n f (k) (x ) Zx
X 0 k (x ° t )n ) (n+1)
f (x) = (x ° x 0 ) + f (t ) d t . (I.4)
k=0 k! x0 n!
Dans ce cas, on dit aussi que f (x) est dominée par x n au voisinage de 0.
Les cas typiques d’utilisation sont les suivants. ° ¢
Quand f (x) = x n ≤(x) avec lim ≤(x) = 0, on a f = o x n .
x!0 ° ¢
Quand f (x) = x n (a + ≤(x)), on a f = O x n .
Naturellement, µon∂peut remplacer x n par (x ° x 0 )n si on travaille au voisinage d’un réel x 0
1 n
non nul (et par si on travaille au voisinage de +1).
x
Définition 1.2. Soit x 0 un réel et f une fonction définie au voisinage de x 0 . On dit que f admet
un développement limité d’ordre n au voisinage de x 0 s’il existe un intervalle I contenant x 0
et n + 1 nombres a 0 , a 1 , . . . , a n tels que :
n
X ° ¢
8x 2 I , f (x) = a k (x ° x 0 )k + o (x ° x 0 )n .
k=0
Dans les cas d’applications des formules de Taylor, le membre de droite de la formule donne
donc °un ¢développement limité de f . Remarquons que, pour un polynôme P de degré n, si
P = o x n alors nécessairement P = 0 (c’est le polynôme nul). Ceci montre le résultat impor-
tant suivant d’unicité du développement limité :
Lemme 1.3. Soit x 0 un réel et f une fonction définie au voisinage de x 0 . Supposons que l’on
Xn ° ¢ Xn
trouve deux développement limités f (x) = a k (x ° x 0 )k + o (x ° x 0 )n et f (x) = b k (x °
° ¢ k=0 k=0
x 0 )k + o (x ° x 0 )n . Alors, pour tout k 2 {0, . . . , n}, on a a k = b k . Autrement dit, il y a unicité du
développement limité (s’il existe).
Remarque : Si f est suffisamment dérivable, alors la formule de Taylor donne un développe-
ment limité. Mais la réciproque n’est pas vraie : une fonction peut admettre un développe-
5
ment limité sans être °dérivable.
¢ Par exemple, pour f (x) = x 2 sin(1/x) (pour x 2 R? ), on peut
montrer que f (x) = o x 2 (faites le) mais f n’est pas dérivable en 0.
Exemple : On sait (somme des termes d’une suite géométrique) que
1 ° x n+1 1 x
1 + x + x2 + · · · + xn = = ° xn
1°x 1°x 1°x
8 CHAPITRE 1. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
x 1
Si on pose ≤(x) = , on voit qu’on a = 1 + x + x 2 + · · · + x n + x n ≤(x) avec lim ≤(x) = 0.
1°x 1°x x!0
Le lemme 1.3 ci-dessus montre donc que 1 + x + x 2 + · · · + x n + x n ≤(x) est le développement
1
limité de au voisinage de 0.
1°x
Les trois développements limités ci-dessous sont à connaître par coeur impérativement.
1 ° ¢
= 1 + x + x2 + x3 + ··· + xn + o xn
1°x
x x2 x3 xn ° ¢
e = 1 + x + + + ··· + + o xn
2 6 n!
Æ(Æ ° 1) 2 Æ(Æ ° 1)(Æ ° 2) 3 Æ(Æ ° 1) · · · (Æ ° n + 1) n ° ¢
(1 + x)Æ = 1 + Æx + x + x + ··· + x + o xn
2! 3! n!
Une fois qu’on connait des développement limités, on peut les additionner, les multiplier,
les dériver et les intégrer. Nous allons préciser ça.
n
X ° ¢ n
X ° ¢
A DDITION : Si f (x) = a k (x ° x 0 )k + o (x ° x 0 )n et g (x) = b k (x ° x 0 )k + o (x ° x 0 )n
k=0 k=0
alors, pour un réel ∏,
n
X ° ¢
f (x) + ∏g (x) = (a k + ∏b k )(x ° x 0 )k + o (x ° x 0 )n .
k=0
1 x 1
Exemple : les fonctions hyperboliques sinh(x) = (e ° e °x ) et cosh(x) = (e x + e °x ). En
2 2
utilisant le développement limité de e x et e °x , on obtient
1 1 5 ° ¢
sinh (x) = x + x 3 + x + o x6
6 120
1 2 1 4 1 6 ° ¢
cosh (x) = 1 + x + x + x + o x6
2 24 720
Il ne vous reste plus qu’à écrire la formule générale.
Lemme 1.4. Si f est une fonction paire (resp. impaire), alors son développement limité au
voisinage de 0 n’a que des termes de degré pair (resp. impair).
D ÉMONSTRATION- En cours.
I.. APPROXIMATION DES FONCTIONS, DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS 9
P RODUIT : Pour obtenir le développement limité de f (x) · g (x) à l’ordre n, on multiplie les
n
X n
X
polynômes a k (x ° x 0 )k et b k (x ° x 0 )k en ne gardant que les termes de degré inférieur
k=0 k=0
Si on a deux développement limités d’ordres différents et qu’on les multiplie ou qu’on les
ou égal à n dans ce produit.
I NTÉGRATION :
Lemme 1.5. Soit f une fonction dérivable dans un voisinage de 0. Si f 0 admet au voisinage
n
X ° ¢
de 0 le développement limité d’ordre n f 0 (x) = a k x k + o x n alors f admet au voisinage de
k=0
0 le développement limité d’ordre n + 1
n+1
X a k°1 k ° ¢
f (x) = f (0) + x + o x n+1 .
k=1 k
D ÉMONSTRATION- En cours.
Autrement dit, on peut intégrer terme à terme un développement limité (et ça fait monter
l’ordre du développement).
Exemple : Développement limité de ln(1 ° x)
D ÉRIVATION :
Lemme 1.6. Soit f une fonction dérivable dans un voisinage de 0. Si f admet au voisinage
n
X ° ¢
de 0 le développement limité d’ordre n f (x) = a k x k + o x n et si sa dérivée f 0 admet au
k=0
voisinage de 0 un développement limité d’ordre n ° 1, alors ce développement limité est :
n°1
X ° ¢
f (x) = (k + 1)a k+1 x k + o x n°1 .
k=0
D ÉMONSTRATION- En cours.
C OMPOSITION :
Lemme 1.7. Soit f une fonction définie au voisinage de 0 et vérifiant f (0) = 0. On suppose
n
X ° ¢ ° ¢
que f admet le développement limité f (x) = a k x k + o x n = xP (x) + o x n , où P est un
k=1
polynôme de degré au plus n ° 1.
Soit g une fonction définie au voisinage de 0 admettant un développement limité g (x) =
Xn ° ¢
b k x k + o x n . Posons F (x) = g ± f (x) = g ( f (x)).
k=0
10 CHAPITRE 1. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
n
X
Alors le développement limité de F d’ordre n au voisinage de 0 s’obtient en calculant b k x k P (x)k
k=0
et en ne gardant que les termes de degré inférieur ou égal à n ° k dans le calcul de P (x)k .
D ÉMONSTRATION- En cours.
D IVISION : Soit f une fonction définie au voisinage de 0 et telle que f (0) 6= 0. On suppose
que f (0) = 1. Supposons que f admet un développement limité de la forme
n
X ° ¢ ° ¢
f (x) = 1 + a k x k + o x n = 1 ° x P (x) + o x n
k=1
où, comme ci-dessus, l’on ne garde que les termes de degré inférieur ou égal à n ° k dans le
calcul de P (x)k .
1 1 ° ¢ 1 1 ° ¢
Exemple : On sait que cos(x) = 1 ° x 2 + x 4 + o x 5 = 1 ° x 2 ( ° x 2 ) + o x 5 . Donc
2 24 2 24
1 2 1 1 2 4 1 1 22 ° 5¢ 1 1
= 1 + x ( ° x ) + x ( ° x ) + o x . On calcule facilement ( + x 2 )2 (mo-
cos(x) 2 24 2 24 2 24
1 1 5 ° ¢
dulo x 5 ) et on obtient = 1 + x 2 + x 4 + o x 5 . On multiplie ce développement par
cos(x) 2 24
1 3 1 5 ° ¢
celui du sinus (sin(x) = x ° x + x + o x 5 ) et on trouve le développement de tan(x) à
6 120
l’ordre 5.
Une autre méthode consiste à procéder par division suivant les puissances croissantes comme
dans l’exemple ci-dessous.
Exemple : Calculons encore un développement limité de tan(x) au voisinage de 0. On sait
1 1 5 ° ¢ 1 1 1 6 ° ¢
que sin (x) = x ° x 3 + x + o x 6 et cos (x) = 1 ° x 2 + x 4 ° x + o x 6 . Comme
6 120 2 24 720
la fonction tangente est impaire, son développement limité n’aura ° 6¢ que des termes de degré
3 5
impair et sera donc de la forme tan(x) = c 1 x + c 3 x + c 5 x + O x . On a donc
1 1 5 ° ¢ 1 1 1 6 ° ¢
x ° x3 + x + o x 6 = (1 ° x 2 + x 4 ° x )(c 1 x + c 3 x 3 + c 5 x 5 ) + o x 6
6 120 2 24 720
Le terme de degré 1 dans cette égalité montre que c 1 = 1. On a donc
1 1 1 ° ¢
(c 3 x 3 + c 5 x 5 )(1 ° x 2 ) = sin(x) ° x cos(x) = x 3 ° x 5 + o x 6
2 3 30
1
On en déduit que c 3 = . On poursuit le processus de division :
3
1 2 ° ¢
c 5 x 5 = sin(x) ° x cos(x) ° x 3 cos(x) = x 5 + o x 6
3 15
I.. APPROXIMATION DES FONCTIONS, DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS 11
1 2 ° ¢
d’où tan (x) = x + x 3 + x 5 + o x 6 .
3 15
Exercice 1.1. Z
Retrouver les valeurs de c 1 , c 3 , c 5 de ce développement limité en utilisant la rela-
x
tion tan(x) = (1 + tan(t )2 )d t et en procédant par identification.
0
Exercice 1.2. Développement limité de arctan(x) au voisinage de 0 par (au moins) deux mé-
1
thodes : d’une part en utilisant la relation arctan0 (x) = , d’autre part en utilisant le dé-
1 + x2
veloppement de la tangente et la relation arctan(tan(x)) = x.
En pratique, il est toujours plus commode de calculer des développements limités au voisi-
nage de 0.
Au voisinage d’un point x 0 2 R, on pose donc x = x 0 + h puis f (x) = f (x 0 + h) et on la regarde
comme une fonction en h dont on calcule un développement limité au voisinage de h = 0.
Au voisinage de +1, on pose x = 1/h, donc f (x) = f (1/h) et on la regarde comme une fonc-
tion en h dont on calcule un développement limité au voisinage de h = 0.
Définition 1.8. Soit f et g deux fonctions définies au voisinage de x 0 2 R. On dit que f est
f (x)
équivalente à g au voisinage de x 0 quand lim = 1. On le note f ª g .
x!x 0 g (x) x0
x6=x 0
Lemme 1.9. Soit f et g deux fonctions définies au voisinage de x 0 , non nulles au voisinage
de x 0 et équivalentes au voisinage de x 0 . Alors elles sont de même signe au voisinage de x 0 .
D ÉMONSTRATION- En cours.
Æ u(Æ)
où f est continue respectivement sur les intervalles ouverts ou semi-ouverts d’extrémités des
nombres finis ou infinis. Ces intégrales sont parfois appelées intégrales “impropres”.
Dans un premier temps, nous verrons le cas des intervalles semi-ouverts où nous distin-
guerons les cas des intervalles semi-ouverts bornés des intervalles semi-ouverts non bornés.
Ensuite, nous étudierons les cas restants comme des combinaisons des premiers.
Exercice 1.4. Donner des exemples de fonctions bornées et non bornées sur des intervalles de
type [a, b[ et [a, +1[.
Les intervalles semi-ouverts bornés sont de la forme ]a, b] ou [a, b[ où a et b sont des nombres
réels.
Soit f :]a, b] ! R une fonction continue. Alors, pour tout c 2 ]a, b], le nombre
Zb
I (c) = f (x) d x est bien défini et cela, de façon unique (pourquoi ?).
c
Définition 1.10. On dit que la fonction f :]a, b] ! R est intégrable sur l’intervalle ]a, b] (ou
Zb
que f (x) d x converge) si la limite de la fonction I ci-dessus existe lorsque c tend vers a.
a
Cette limite est alors appelée intégrale de f sur l’intervalle ]a, b] et on écrit
Zb
f (x) d x = lim+ I (c).
a c!a
Exercice 1.5. Transposer la définition (1.10) aux intervalles de la forme [a, b[.
Z1
1
Exercice 1.6. Quelle est la nature de l’intégrale p dx ?
0 1°x
1
Notation : dans l’exemple ci-dessus, la fonction x 7! p est définie sur [0, 1[. Pour souli-
1°x
gner le fait qu’il y a un problème quand x tend vers 1, on pourra la noter
Z!1
1
p d x.
0 1°x
1
Proposition 4 (intégrale de Riemann en 0). Soit f :]0, 1] ! R définie par f (x) = Æ .
Z1 x
1
L’intégrale d x converge si Æ < 1 et diverge si Æ ∏ 1.
!0 x
Æ
Soit
Zc f : [a, +1[! R une fonction continue. Alors, pour tout c 2 [a, +1[, le nombre I (c) =
f (x) d x est bien défini et cela, de façon unique.
a
Définition 1.11. On dit que la fonction f : [a, +1[! R est intégrable sur [a, +1[ (ou que
Z +1
f (x) d x converge) si la limite de la fonction I existe lorsque c tend vers +1. Cette limite
a
est alors appelée intégrale de f sur l’intervalle [a, +1[ et on écrit
Z+1
f (x) d x = lim I (c).
a c!1
Proposition 6 (intégrale
Z+1de Riemann en +1). Soit f : [1, +1] ! R la fonction définie par
1 1
f (x) = Æ . L’intégrale d x converge si Æ > 1 et diverge pour Æ ∑ 1.
x 1 xÆ
D ÉMONSTRATION- voir la proposition (4).
Exercice 1.8. Reprendre la définition précédente pour l’intervalle de type ] ° 1, a].
Z°1
1
Exercice 1.9. Trouver la nature de l’intégrale 2
dx .
°1 x (1 ° x)
III.. INTÉGRALE GÉNÉRALISÉE 15
D ÉMONSTRATION- En Zcours.
1 1
Dans le cas d’une intégrale généralisée sur un intervalle ouvert, il faut donc traiter les deux
Exemple L’intégrale p d x est convergente (pourquoi ?).
°1 1 ° x2
Un intervalle ouvert non borné est de la forme ] ° 1, b[, ]a, +1[ ou ] ° 1, +1[.
Exercice 1.10. Transposer cette définition aux cas des intervalles ] ° 1, a[ ou ] ° 1, +1[.
Exemple La fonction f :]0, +1[! R définie par f (x) = e °x est intégrable (cours).
Z+1
dx
Exercice 1.11. Montrer que l’intégrale converge. En est-il de même pour l’inté-
Z+1 °1 1 + x2
grale e °x d x ?
°1
Terminologie Une fonction f : I ! R est dite intégrable sur l’intervalle I (ouvert, fermé ou
semi-ouvert) si son intégrale converge.
16 CHAPITRE 1. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
converge, il faut et il suffit que la fonction définie sur [a, b[ par t 7! f (x) d x soit majorée.
a
D ÉMONSTRATION- En cours.
Exercice 1.12. Trancrire le théorème précédent aux autres cas d’intervalles semi-ouverts et
ouverts.
Théorème 9. Soient f , g : [a, b[! R deux fonctions continues et positives telles que f ∑ g .
Alors,
Zt Zt
1. Si l’intégrale g (x) d x converge, l’intégrale f (x) d x converge aussi.
a a
Zt Zt
2. Si l’intégrale f (x) d x diverge, l’intégrale g (x) d x diverge aussi.
a a
D ÉMONSTRATION- En cours.
IV.. PROPRIÉTÉS DES INTÉGRALES CONVERGENTES 17
Remarque : Soit f une fonction réelle ou complexe, définie dans l’intervalle [a, +1[. Suppo-
Z +1
sons que lim f (x) = l 6= 0. Alors l’intégrale f (x)d x diverge. Une condition nécessaire
x!1
Z+1a
(mais pas suffisante) de convergence de f (x)d x est que lim f (x) = 0.
a x!1
En effet, supposons (par exemple) que l > 0 et choisissons un ≤ > 0 tel que ≤ < l . Par hypo-
thèse,
Zx il existe
Zun nombre A tel que, pour tout x > A, on ait f (x) > l ° ≤ > 0. Alors,
Zx pour x > A,
x
f (t )d t > (l °≤)d t = (l °≤)(x ° A). Comme lim (x ° A) = +1, on a lim f (t )d t = +1
A A x!1 x!1 A
donc l’intégrale diverge.
Proposition 11 (Critère d’Abel). Soit f , g : [a, +1[! R deux fonctions de classe C 1 avec :
1. f est positive et décroissante vers 0 quand x tend vers +1.
ØZ x Ø
Ø Ø
Ø
2. Il existe M > 0 tel que, 8x 2 [a, +1[, on a Ø g (t )d t ØØ < M .
a
Z+1
Alors f (t )g (t )d t est convergente.
a
Théorème 12. Soit f : I ! R une fonction continue sur l’intervalle ouvert ou semi-ouvert I .
Si son intégrale est absolument convergente, alors elle est convergente.
D ÉMONSTRATION- En cours.
Z1
sin(x)
Exemple On montre facilement que l’intégrale d x est absolument convergente
1 x2
(idée : | sin(x)| ∑ 1 puis majoration par une intégrale de Riemann) ; elle est donc convergente.
Exercice Montrer que l’ensemble des fonctions continues et absolument intégrables sur un
intervalle I est stable par rapport à l’addition.
sont de même nature (ou bien elles convergent toutes les deux, ou bien elles divergent toutes
les deux).
D ÉMONSTRATION- En cours.
Z!+1
2x 2 2
Exemple la fonction f (x) = p est équivalente à l’infini à 3/2 . Comme dx
x5 + x + 1 Z!+1 x x 3/2
2x
converge (intégrales de Riemann), l’intégrale p d x converge.
x5 + x + 1
V.. CAS D’UNE FONCTION COMPLEXE DE VARIABLE RÉELLE 19
Z+1 µ ∂
1 1
Exercice 1.13. L’intégrale cos d x est divergente (pourquoi ?)
1 x x
Remarque : Le théorème précédent peut être étendu aux fonctions posistives f , g : [a, b[! R
telles que
f (x)
lim = = ∏.
x!x 0 g (x)
où ∏ est un nombre strictement positif.
En effet, sous cette condition, on peut déduire que les fonctions f et ∏g sont équivalentes,
donc de même nature et que les fonctions ∏g et g sont aussi de même nature.
Remarque : Pour une fonction f := [a, +1[! R positive, Z si on arrive à montrer que
+1
lim f (x)x Æ = l ∏ 0 avec Æ > 1, alors ces critères montrent que f (x)d x converge.
x!+1 a
Définition 1.14. Soit I un intervalle quelconque. La fonction f : I ! C est dite continue si les
parties réelle et imaginaire f 1 et f 2 sont continues.
Il suffit que l’une des deux fonctions f 1 ou f 2 soit discontinue pour que la fonction f le soit.
Cette définition regroupe tous les cas d’intervalle. Elle concerne donc les intégrales définies
comme les intégrales généralisées.
Attention : il s’agit bien ici de fonctions complexes de variable réelle car pour les fonctions
complexes de variable complexe, la définition d’intégrale est toute autre. Elle sera vue en
troisième année.
Les règles d’intégration vues précédemment s’appliquent aux fonctions aussi bien réelles
que complexes, mais de variable réelle.
20 CHAPITRE 1. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES
convergente pour Æ > 0. Le critère de comparaison montre que l’intégrale e °x x ư1 d x est
0
convergente pour Æ > 0.
Z+1
e °x x ư1 x Æ+1
Étude de e °x x ư1 d x. Comme lim = lim = 0, donc pour x assez grand,
1 x!+1 1/x 2 x!+1 e x
Z+1
1 1
on a e °x x ư1 … 2 . Comme l’intégrale d x, le critère de comparaison permet de
x Z1 1 x2
conclure que l’intégrale e °x x ư1 d x est convergente pour Æ > 0. On peut poser la défi-
0
nition suivante
Définition 1.16. On appelle fonction gamma d’Euler la fonction ° : ]0, +1[°! R donnée par
Z+1
°(Æ) = e °x x ư1 d x.
0