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1. OBJECTIFS
1.1. Finalité de l’enseignement au Congo
L’enseignement national a pour finalité la formation harmonieuse de
l’homme congolais, citoyen responsable, utile à lui-même et à la société, capable de
promouvoir le développement du pays et la culture nationale.
L’école doit donc former des citoyens producteurs, créatifs, cultivés,
consciencieux, libres et responsables, ouverts aux valeurs sociales, culturelles et
esthétiques, spirituelles et républiques. La formation de l’homme congolais doit être
totale, cohérente, équilibrée et complète. En d’autres mots, cette formation intégrale
doit tenir compte de savoir-savoir (cognition), savoir-être (affectivité) et savoir-faire
(psychomotricité).
1.2. Objectifs institutionnels
Conformément à l’esprit de la décision n° 09/CC du 8 juin 1981 sur
l’enseignement supérieur et universitaire précisant l’orientation générale de chaque
niveau d’enseignement ; ce cours poursuit comme dans toutes les institutions
supérieures les objectifs assignés à l’ISP-MBANZA NGUNGU en général, à savoir :
- Assurer la formation des cadres dans le domaine plus divers, de la vie
nationale et pour ce qui nous concerne Enseignement supérieur pédagogique, à ce
titre, les enseignements sont conçus de manière à favoriser l’éclosion des idées
neuves et le développement des aptitudes professionnelles. Les citoyens ainsi formés
doivent être immédiatement utilisables pour le développement social et économique
du pays ;
- Organiser la recherche scientifique fondamentale et appliquée, orientée
vers la solution des problèmes spécifiques au Congo compte tenu néanmoins de
l’évolution de la science, des techniques et de la technologie dans le monde ;
- Stimuler chez le futur enseignant une prise de conscience à son rôle
d’encadreur politique, de la noblesse de sa mission, de la dignité de sa personnalité
et de l’honneur de sa profession.
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Donc, l’Institut Supérieur Pédagogique a pour finalité deux missions
essentielles : d’une part assurer l’enseignement et la recherche appliquée qui est le
soutien même de cet enseignement et d’autre part souligner la nécessité qu’il y a de
déterminer ce mode d’enseignement approprié ; autrement dit un finaliste de l’ISP
est à la fois éducateur et chercheur qui peut mener des petites enquêtes ponctuelles
et pratiques.
1.3. Objectifs généraux du cours
Les objectifs généraux de ce cours comme ceux des autres cours d’un
enseignement supérieur sont à chercher dans l’administration, l’organisation et la
législation relatives aux études supérieures en RD Congo. Ce cours vise à :
- Initier les étudiants futurs cadres de l’enseignement aux problèmes de
l’administration, de l’organisation et de la législation scolaires ;
- Montrer l’importance de l’administration, de l’organisation et de la
législation scolaire sur le plan régional et national ;
- Relever les aspects historiques, géographiques et organisationnels de
l’enseignement au Congo ;
- Situer l’organisation et la législation dans le système scolaire.
1.4. Objectifs spécifiques
Le cours d’Administration, d’organisation et de législation scolaire dispensé
à l’intention de l’étudiant de deuxième licence LMD à l’ISP Mbanza-Ngungu poursuit
quelques objectifs importants. En effet, à la fin de ce cours, l’étudiant inscrit en
L2/LMD qui aurait suivi avec attention sera à mesure de :
a) Sur le plan du savoir
- Compléter sa formation générale et spécialisée d’enseignant de très haut
niveau par les notions des lois et des principes de législation ;
- Définir certains concepts clés tels que : organisation, législation, arrêté,
loi, etc.
- Expliquer l’organisation de notre enseignement dans le temps ;
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- Expliquer et interpréter les lois qui régissent notre système éducatif de la
colonisation à nos jours ;
- Donner l’utilité de l’étude des lois et leur source ;
- Avoir les connaissances approfondies sur la loi cadre.
b) Sur le plan du savoir-faire
- Appliquer les lois qui régissent notre système éducatif ;
- Analyser les textes, les arrêtés, les circulaires préparés pour la bonne
marche des secteurs de l’enseignement ;
- Fournir au niveau de l’école un texte sur le règlement d’ordre intérieur
« ROI ».
c) Sur le plan du savoir-être
- Etre sensible aux problèmes qui touchent à l’organisation et à la
législation scolaire ;
- Etablir des contacts humains avec ceux qui appliquent et subissent les
effets de la loi ou des textes ;
- Fournir l’aide demandée en matière de l’organisation scolaire dans la
mesure de ses compétences.
1.5. Directives méthodologiques :
Le cours est donné sous forme d’exposé du professeur suivi d’échange
fructueux entre les étudiants et le professeur. Les étudiants doivent participer
activement au cours, en prêtant toute leur attention aux informations leur apportées
et en posant des questions. Il sera demandé aux étudiants d’approfondir les
informations par les lectures personnelles, suivant la bibliographie du cours.
4
PREMIER CHAPITRE: DROITS DE L’HOMME A L’EDUCATION
1.1. Introduction :
L’époque n’est pas très éloignée où des enfants, bien jeunes encore
devaient fournir de longues journées de travail. Les revendications de la classe
laborieuse ont contribué à créer une prise de conscience du droit de chacun à
l’éducation. Ce droit est inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme
proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies à Paris, le 10 Décembre 1948.
Il est contenu dans l’article 26. Mais qu’est – ce qu’on veut entendre par le concept
droit et par l’expression droit à l’éducation ?
1.2. Définition des concepts et des expressions
a) Concept droit :
Le droit est l’ensemble des lois (ou règles juridiques) que doit observer
l’homme vivant en société, dont la violation est sanctionné au besoin par la
contrainte organisée, c'est-à-dire la force publique. Les règles fondamentales du droit
sont établies en vue du bien tant individuel que collectif.
b) Droit des Etats en matière d’éducation :
Aucune société, si rudimentaire soit-elle, ne peut vivre sans certaines règles
qui coordonnent les rapports de ses membres entre eux et avec l’autorité directrice
du groupe. Ainsi en est-il de cette société que constitue un Etat. Celui – ci a
nécessairement ses règles qui forment son droit. Parfois très complexes, parfois
rudimentaires, elles varient selon le degré et la nature de son développement, mais
avec un fond commun, propre à la nature même de l’homme. Ces règles obligent
(devoir) les Etats à assurer la sécurité des personnes et des biens, et à permettre à
leurs citoyens de se développer, de s’épanouir chacun selon ses possibilités et ses
moyens.
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c) Branches du droit
1. Droit Naturel
Il est dicté par la morale naturelle qui est constituée par les religions, les
mœurs, les coutumes, les habitudes et les règles usuelles. Cette notion se précise au
fur et à mesure que se développe la civilisation du pays auquel on appartient. La
civilisation occidentale, par exemple, est fondée sur un ensemble des conceptions
grecques (amour du beau), romaines (respect des lois, de l’autorité, de l’ordre
publique) et chrétienne (humanité, amour du prochain, philanthropique).
2. Droit positif
Le droit positif est l’ensemble des règles de conduite extérieures édictées
par le législateur. On distingue plusieurs droits positifs.
Droit National public
C’est une branche du droit, qui règle les rapports entre les individus et les
groupements sociaux qui représentent et exercent la force publique. Il comprend le
droit constitutionnel, le droit administratif, le droit pénal, le droit fiscal.
Droit National Privé
C’est l’ensemble des droits qui s’appliquent aux relations des citoyens entre eux. Il
comprend :
- Le droit civil ou droit commun
En 1804, c’est le code civil promulgué en 1804 sous l’impulsion de
BONAPARTE : code de NAPOLEON en 1807. Le droit civil traite de personne :
naissance, mariage, filiation, divorce, décès, incapacité, domicile ; de biens et de
différentes modifications de la propriété ; de différentes manières d’acquérir la
propriété.
- Le droit commercial :
Traite de tout ce qui a trait au négoce.
- Le droit social
Il s’agit de rapport entre employeurs et employés. Il traite de contrat de
travail : règlement d’ateliers, repos dominical ou hebdomadaire, sécurité sociale,
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accident du travail, conseil de prud’homme. Le prud’homme est le magistrat de
l’ordre juridictionnel, membre élu d’un tribunal d’exception dit «Conseil de
prud’homme» et chargé essentiellement de juger les différends d’ordre professionnel
entre employeur et employés. Il s’occupe aussi de salaire, de congés payés annuels,
d’allocations familiales, du conseil d’entreprise, du conseil de prud’homme, de la
commission paritaire. Il s’agit d’une assemblée où employeurs et salariés ont un
nombre égal de représentants élus.
Droit International public
Il règle les relations entre les états.
Droit International Privé
Il règle les rapports entre les citoyens des Etats différents : mariage, succession, etc.
Procédure
C’est le moyen de faire reconnaître et sanctionner, par les tribunaux, les droits des
citoyens ou de l’Etat, quand ceux –ci sont violés ou méconnus. Elle fixe les règles
suivies devant les tribunaux et la manière de procéder.
Jurisprudence
Chez les anciens romains, elle signifiait la science du droit et des lois. Dans l’acception
moderne du terme, c’est l’ensemble des décisions rendues par les tribunaux
interprétant la loi en vue de son application. C’est la partie la plus mouvante du droit.
Selon ROBERT METHODIQUE (1985, p. 2138), la jurisprudence est l’ensemble des
décisions des juridictions sur une matière ou dans un pays, autant qu’elles
constituent une sorte de droit. Ce sont les principes juridiques qui s’en dégagent
(coutume)
d) Droit à l’organisation de l’Education
La responsabilité de l’Etat en matière de l’éducation de la jeunesse se
matérialise par ses droits et ses devoirs (Acte constitutionnel de la Transition, art. 21,
2004). 1.3. Evolution des constitutions en RDC. Le Congo indépendant est né le 30
juin 1960. Le nouvel Etat obtient son admission aux Nations – Unies, le 7 juillet 1960.
Son emblème est hérité directement du drapeau bleu ciel, étoilé d’or, adopté le 21
7
juin 1877au lendemain de la Conférence Internationale de géographie de Bruxelles et
qui avait flotté, pendant près de quatre – vingt ans, sous les hampes de l’Etat
Indépendant du Congo, puis du Congo Belge. La continuité historique était donc
assurée à cette nuance près que l’emblème du Congo Indépendant possède, en plus,
six petites étoiles jaunes rangées longitudinalement et symbolisant six provinces de
l’époque.
1.3.1. Au temps Colonial :
C’est à VIVI, la première capitale du pays, le 1er juillet 1855, que se réalise la
proclamation d’indépendance de cet Etat fictif, propriété privée du roi des Belges,
Léopold II. Pendant 23ans, il fonctionne sous ce régime. Mais en 1908, Léopold II
accepte de la céder à la Belgique. L’Etat Indépendant du Congo se transforme en
Congo Belge. Depuis cette date et jusqu’en 1960, les Belges ont dirigé le pays de la
même manière que les Anglais gouvernaient le Soudan et la Zambie, les Français le
Congo Brazzaville et le Centrafrique, et les Portugais l’Angola. Sous la colonisation,
c’est le gouvernement Belge et, en particulier, son ministre des Colonies, qui était
responsable de l’administration du Congo Belge. La charte coloniale, votée par le
Parlement belge, faisait office de constitution, c'est-à-dire de loi principale. Au Congo,
la Belgique était représentée par gouverneur général qui était le Chef et le vrai
responsable de la colonie.
1.3.2. La déclaration en marche :
Il fallait une nouvelle disposition constitutionnelle, en remplacement de la
charte coloniale, pour permettre au futur Congo Indépendant de fonctionner. Le 19
Mai 1960, est promulguée cette disposition sous le nom de « Loi Fondamentale »
Première constitution du Congo Indépendant, cette loi présentait l’inconvénient
d’être une œuvre du parlement belge et d’être à l’image de sa constitution. Dans son
contenu, le roi était simplement remplacé par un président de la République désigné
par le Parlement. Comme le roi des Belges, ce président représentait le pays mais ne
gouvernait pas. La gestion du pays est confiée aux ministres, conduits par le Premier
Ministre, et responsables, comme lui devant le parlement.
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1.3.3. Constitution de la décolonisation
Durant cette période de grande tension et malgré les conflits intérieurs et la
poursuite de la contestation lumumbiste sous le signe des rebelles, la commission
constitutionnelle mise en place à Luluabourg (aujourd’hui Kananga) par le Président
Kasa – Vubu travaille. Elle prépare la première et véritable constitution du pays qui
doit remplacer la Loi Fondamentale.
Soumise au Référendum, cette disposition est promulguée le 1er Août 1964,
sous l’appellation de « La Constitution du Luluabourg ». Elle consacre pour la
première fois, l’appellation de la République Démocratique du Congo, et est fort
différente de la précédente en ce qu’elle prônait l’existence d’un Etat fédéral dans
lequel les provinces avaient beaucoup à dire.
1.3.4. Avènement de la Deuxième République
De 1965 à 1970, MOBUTU dirige le pays sur décision du haut
commandement de l’armée. C’est seulement en 1970 qu’il est élu Président de la
République pour la première fois. Mais avant cela, la constitution de Luluabourg de
1964 avait été remplacée. Promulguée, le 24 Juin 1967, sous l’appellation de « La
Constitution de la Deuxième République ». La nouvelle disposition constitutionnelle
était fort différente de la précédente puisqu’elle était unitaire.
9
1.3.5. Vers la Troisième République :
En 1990, On est loin de penser que le changement amorcé allait être si long,
avec tant d’imprévus, qu’il allait durer plus de dix ans et connaître au moins deux
phases distinctes : celle dominée par la Conférence Nationale, celle de la guerre pour
la défense de l’unité du Congo.
a) Première transition :
La première étape est celle de la Conférence Nationale Souveraine. Elle a
pour objectif, après la suspension de la constitution de la deuxième République,
d’élaborer le projet de la constitution de la troisième République à soumettre au
référendum, mais aussi de définir les principes fondamentaux de la gestion de l’Etat
durant cette période de transition, avant la nouvelle période constitutionnelle.
S’agissant de la transition, l’accord intervenu le 31 Juillet 1992 et connu
sous le nom de « Compromis politique global », avait adopté quelques principes de
base pour la gestion politique de cette période. Il portait notamment sur
l’irresponsabilité politique de la fonction présidentielle, sur la plénitude des pouvoirs
de gestion reconnue au gouvernement et sur l’indépendance des cours et tribunaux.
Cet accord a rendu possible la mise au point, par la CNS, le 2 Août 1992, la Charte de
la transition, connue sous l’appellation de « L’acte portant dispositions
constitutionnelles relatives à la transition »
Au lieu de le promulguer, le chef de l’Etat fit procéder à sa révision et rendit
publique la version remaniée, qualifiée de « Acte harmonisé de la Transition ». Après
des tractations, un texte de compromis fut finalement mis au point. C’est l’ « Acte
Constitutionnel de la Transition », promulgué le 9 Avril 1994.
b) Deuxième transition
Préoccupée par ses problèmes internes, la classe politique du Zaïre ne s’est
pas rendue compte à temps que la guerre qui sévissait au Rwanda depuis 1994
pouvait, à tout moment, déborder sur le territoire national. Ce danger était présent
car la rive gauche du lac Kivu avait, non seulement, servi de repli à l’armée vaincue de
l’ancien régime rwandais, mais abritait aussi de nombreuse camps de réfugiés hutu.
10
Ces derniers, pour des raisons de sécurité, avait fui le théâtre de la guerre.
Le débordement de la guerre Rwanda – Rwandaise, qui était à craindre, s’est réalisée
finalement à partir d’octobre 1996, avec l’attaque d’Uvira et de Bukavu. Laurent –
Désiré Kabila conçut alors le projet nationaliste de procéder à la réquisition de la
guerre rwandaise qui, à ce stade, n’était plus qu’une opération de poursuite des
vaincus sur le territoire congolais afin de les anéantir.
Recyclée par KABILA, la guerre prend un tout autre objectif : en finir avec le
régime de MOBUTU et instaurer un nouvel ordre politique. Le projet allait réussir
avec le renfort des anciens gendarmes Katangais et de jeunes recrus (Kadogos). Des
villes et provinces du pays tombèrent, une par une sous son pouvoir. Le 17 Mai 1997,
il devient Président de la République. Après avoir suspendu les dispositions
constitutionnelles préexistantes, notamment l’Acte Constitutionnel de la Transition, il
promulgue le « Décret – loi du 28 Mai 1997 relatif à l’Organisation et à l’Exercice du
Pouvoir en RDC » Sur cette base, il prête le serment constitutionnel, le 29 Mai 1997.
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c) Troisième transition de 1+4
Dès que le Président Laurent Désiré Kabila chercha à se défaire des
mercenaires africains, rwandais et Ougandais, qui l’avaient aidé à renverser le régime
de MOBUTU, il se retrouva aux prises avec une nouvelle guerre. Effectivement, de
nouvelles hostilités éclatèrent, le 2Août 1998. Le Rwanda et l’Ouganda, sous prétexte
d’impératifs sécuritaires, se mirent à appuyer les rebellions sur le territoire congolais,
alimentant par là un climat de violence propice au pillage des richesses du sol et du
sous - sol congolais.
Finalement, deux rébellions se partagèrent les régions du pays, le
Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) et le Mouvement de Libération
de Congo (MLC) Revenant à la raison, les Congolais en conflit ont fini par se mettre
d’accord pour refaire l’unité nationale, parachever le processus de mise en place des
institutions démocratiques en harmonie avec les pays voisins et reconstruire
ensemble leur pays. Le Dialogue Inter-Congolais de Sun City a manqué le démarrage
de ce processus qui s’est poursuivi par la signature de l’ACCORD GLOBAL ET INCLUSIF
SUR LA TRANSITION EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, voulu comme la
seule source du pouvoir pendant la transition de 1+4. Assassiné la 16 Janvier 2001,
Laurent Désiré Kabila, auquel aillait succéder son fils Joseph KABILA, n’assistera pas à
la réconciliation nationale des Congolais.
La Constitution de la Transition de 1+4 est donc le point d’aboutissement de
ces efforts. Non seulement elle marque le retour à l’unité nationale, mais fixe, en 205
articles, les règlements de fonctionnement des institutions, en même temps qu’elle
garantit leur légitimité.
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Chacune de ces constitutions réserve quelque chose sur le droit à l’éducation.
1.3.6. La Constitution de la République Démocratique du Congo
Adoptée par le Parlement le 16 Mai 2005, soumise le 18 Décembre 2005
au référendum dont les résultats officiels ont été publiés par la commission Electorale
Indépendante le 11 Janvier 2006, « La Constitution de la 3ème République » a été
solennellement promulguée par le Président de la République le 18 Février 2006.
Commencent maintenant pour l’épreuve de l’effectivité et le test de l’efficacité au
contact quotidien des réalités de la vie des congolais. La constitution d’un pays est le
texte fondamental, la loi des valeurs sociales essentielles, les règles suprêmes
fondant l’autorité étatique, organisant ses pouvoirs et ses institutions, lui imposant
des limitations spécifiques en garantissant les libertés aux particuliers.
a) Devoirs du citoyen vis – à – vis de la constitution :
Le Citoyen congolais a le devoir de la préserver, de la mûrir et de lui donner
effet en la reconnaissant comme la norme juridique de base et de référence dans
l’édification de l’état de droit auquel toutes et tous aspirent. Le congolais doit
prendre conscience que sa constitution engage la RDC vers la formulation d’un
nouveau projet de société, porteur de nouveaux repères axiologiques pour l’action.
L’Etat de droit, la démocratie et la bonne gouvernance, le respect de la
dignité humaine avec une attention particulière pour les personnes les plus
vulnérables, notamment les enfants, les femmes, les vieillards, les minorités, les
prisonniers, les étrangers, les réfugiés, etc., la protection des libertés publiques et les
droits fondamentaux de la personne et de la famille, la paix, la sécurité, l’unité
nationale et l’intégrité du territoire nationale, le développement socio-économique,
la libre entreprise et la juste redistribution des richesses nationales, la justice et la
lutte contre la corruption et l’impunité, etc. sont autant de valeurs socioculturelles,
économiques et politiques que la nouvelle constitution pose comme fondement de la
République et de la Société Congolaise.
Les fondements référentiels que donne la constitution doivent permettre
non seulement d’améliorer les règles du jeu, mais aussi et peut - être davantage, de
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mettre en place un jeu d’une autre nature, puisque obéissante à des modèles
différents. Ces modèles sont, dans l’Etat de droit, l’œuvre de législation et des
réglementations enracinées dans la constitution et prenant appui sur elle pour élever
à partir d’elle une architecture d’ordonnancement juridique, encadrant par le droit, la
reconstruction de la communauté congolaise.
La constitution de la 3é république mentionne elle – même un nombre
important de textes d’application : lois organiques, lois ordinaires ou autres textes
réglementaires qui sont utiles et nécessaires à son bon fonctionnement.
b) Hiérarchie des normes juridiques :
La hiérarchie des normes que définit la construction se présente formellement de la
manière suivante :
Tableau N°1 : Hiérarchie des Nature Siège Catégorie
normes juridiques Source
Bloc de Constitution Constitution Droit National
Constitutionna - Constituant Traités et Article 215 de Droit
lité congolais Accords la constitutionne
internationaux constitution l international
- Accords
bilatéraux ou
multilatéraux
ratifiés par la
RDC
Bloc législatif Loi organique Art. 124 de la Droit interne
- Assemblée Loi ordinaire const. Art. national
Nationale et Ordonnance loi 100 de la
Sénat Edit ou loi const. Art.
- Assemblée provinciale 129 de la
Nationale const.
Art.203, 204,
- 205 de la
Gouvernement constitution.
14
- Assemblée
provincialE
Bloc réglementaire Ordonnance Art. 79 de la
- Président de Décret constitut. Art.
la République Règlement 92 de la
intérieur constit. Art.
- Premier 120 de la
Ministre constitution
- Assemblée
Nationale et
Sénat
Arrêté Art. 93 de la const. Doctrine
- Ministre - Règlement sur la hiérarchie des normes
d‟administra- juridiques et les sources de
- Gouvernement/ Administration tion droit.
(centrale et provincial) - Circulaires
- Instruction
- Directives
- Décisions
Coutumes Tradition Coutumes Art. 153 et 207 de la
constitution.
Cette hiérarchie organise une pyramide juridique qui est source de légalité,
sous le contrôle et la garantie de la constitution. La protection assurée par cette
pyramide fonctionne sur base du principe suivant lequel « chaque disposition est
d’autant plus protégée qu’elle est inscrit dans une norme aussi proche que possible
de la constitution et la force de la norme supérieure rejaillit sur la norme inférieure
15
dans la mesure où cette dernière se conforme à celle – là en respectant les
contraintes de forme et de fonds qui lui sont prescrites.
1. La Constitution
La force de la constitution résulte de sa nature de « contrat social initial »,
expression de l’ensemble des valeurs fondamentales et de modes d’organisation et
d’action socio – politiques, économiques et culturelles qui emportent l’adhésion et
l’accord de tous les citoyens
2. Les traités et les accords internationaux
Après la constitution viennent les traités et les accords internationaux
régulièrement conclus. La constitution leur reconnaît une autorité supérieure à celle
des lois, sous réserve pour chaque traité ou accord de son application par l’autre
partie (Article 215).
Parmi ces traités et accords, la constitution elle-même fait une mention
spéciale, dans son préambule, à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, à
la Charte Africaine des Droit de l’Homme et des peuples, aux conventions des Nations
Unies sur les Droits de l’Enfant et sur les Droits de la femme, particulièrement à
l’objectif de représentation homme femme au sein des Institutions du pays, ainsi
qu’aux instruments internationaux relatifs à la protection et à la promotion des droits
humains.
3. Les lois
Il y a ensuite les lois, normes votées par le Parlement exerçant le pouvoir
législatif (art.100 de la constitution). La constitution distingue entre lois organiques et
les lois ordinaires ; lois nationales et lois provinciales ou des Assemblées locales (ou
Edits) ; lois formant principes et formant règles.
Lois organiques :
Les lois organiques sont supérieures aux lois ordinaires. Elles s’entendent
des lois qui fixent, dans le cadre de la constitution, les règles relatives aux pouvoirs
publics et qui sont soumises pour leur adoption à la procédure spéciale prévue par
16
l’article 124 de la constitution. Elles sont votées et modifiées à la majorité absolue
des membres composant l’Assemblée Nationale et le Sénat.
Faute d’accord entre les deux chambres, il revient à l’Assemblée Nationale
d’adopter le texte en dernière lecture à la majorité absolue de ses membres. Les lois
organiques ne peuvent être promulguées qu’après déclaration par la Cours
Constitutionnelle, obligatoirement dans un délai de 15 jours.
Lois ordinaires
Les lois ordinaires sont les textes votés par le parlement dans les conditions normales
de majorité et de procédure fixées par les règlements d’ordre intérieur de
l’Assemblée Nationale et du Sénat.
Lois Nationales
Les lois nationales ou lois émanant du pouvoir central priment sur les lois
provinciales ou édits, lois produites au niveau des Provinces (art.205in fine, 206 de la
constitution) ; les lois formant principes aux lois formant règles. Leurs domaines de
compétence respectifs sont tantôt exclusifs (articles 202 et 204 de la constitution),
tantôt concurrents (article 203de la constitution).
Lois formant principe
Les lois formant principe sont celles qui déterminent les principes
fondamentaux concernant les matières énumérées à l’article 123 de la constitution.
Lois formant règles
Les lois formant règles sont celles qui fixent les règles concernant les matières
déterminée par l’article 122 de la constitution.
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Le rapport hiérarchique entre ces deux lois tient à la nature des normes
qu’elles portent : les règles de principe s’imposent normalement aux règles de fond,
surtout lorsqu’elles interviennent dans le même domaine et traitent de la même
matière.
Ordonnance- lois
Contrairement aux lois, les ordonnances - lois sont l’œuvre du
gouvernement, celui-ci intervenant dans le domaine de la loi et agissant de son
programme d’action, pendant un délai limité et sur les matières déterminées.
Délibérées en conseil des ministres, les ordonnances-loi entrent en vigueur dès leur
publication et deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé
au parlement au plus tard à la date limite fixée par la loi d’habilitation. Si le
parlement ne les ratifie pas, elles cessent de plein droit de produire leurs effets.
Ratifiées, elles ne peuvent pas être modifiées dans leurs dispositions que par la loi
(Article 129 de la constitution)
4. Les règlements
Le règlement est un texte de portée générale émanent d’une autorité
exécutive ou administrative (par opposition à la loi qui est votée par les assemblées
législatives) et ayant pour objet, soit de disposer dans les domaines non réservés au
législateur, soit de développer les règles posées par une loi en vue d’en assurer
l’application ou de le compléter.
Les actes réglementaires se présentent sous différentes formes suivant
l’autorité qui les prend : Ordonnance (Président de la République), Décret (Premier
ministre), Arrêté (Ministres et Gouverneurs) ; circulaires, instructions, directives,
décision (chef hiérarchique au sein d’une administration).
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Il convient de distinguer ces actes réglementaires du règlement intérieur et du
règlement d’administration.
Règlement intérieur
Le règlement intérieur est une résolution qui détermine les méthodes et les
règles intérieures de travail qui doivent être observées dans le fonctionnement d’une
assemblée, d’un conseil, d’un organe complexe ou d’un ordre (exemple articles 112,
120 de la constitution). Avant d’être mis en application, le règlement intérieur est
communiqué à la cour constitutionnelle appelée à se prononcer sur sa conformité à
la constitution.
Règlement d’Administration
Le règlement d’Administration publique est un règlement que le Président
de la République, le Premier Ministre ou le Ministre de la Fonction Publique sont
tenus de prendre à l’invitation du législateur en vue de compléter une loi et dont le
texte doit au préalable être obligatoirement soumis à l’avis du conseil d’Etat.
5. Les Coutumes
La constitution ne parle des coutumes comme source de normativité ou de
légalité qu’en ses articles 153, alinéa 4 et, de la façon incidente, à l’article 207
consacré à l’autorité coutumière.
Ce manquement est sans aucun doute l’un des défauts majeurs de la nouvelle
constitution. Il n’est pas normal que dans un pays qui connaît un système juridique
hybride associant le droit écrit ou le droit moderne d’expression écrite au droit
coutumier d’expression orale, la constitution ne traite pas spécifiquement des
conditions de la reconnaissance de normativité coutumière.
La recherche de l’articulation entre la tribu et les institutions est une des questions
fondamentales dans la construction de la démocratie au Congo. Formellement, la
tribu est marginalisée sur la scène politique au profit des partis politiques. Dans la
réalité, tous les jeux politiques sont faits en fonction des tribus, des ethnies et des
alliances (ou mésalliances) inter-tribales ou ethniques. Il en est résulté une
19
bipolarisation ethnico-politique « Cotérique» laissant dans l’indifférence les autres
tribus qui forment la nation et la République.
On se souviendra de la violence invective du Professeur Marcel LIHAU,
compagnon d’Etienne Tshisekedi, contre la « coterie », au plus fort de la Conférence
Nationale Souveraine, introduisant à cette occasion ce mot dans le vocabulaire
politique Zaïro-Congolais. Les partis politiques sont constitués à partir des noyaux
tribaux ou claniques. Certains affichent nettement leur tribalité. Les tribus
fonctionnent politiquement sur le monde des partis uniques. Il y a là un cercle vicieux
qui piège la démocratie
1.4. Droits Humains et libertés fondamentales
Comme dans tous les Etats démocratiques, la Constitution de la IIIème
République reconnaît aux gens un certain nombre de droits et de libertés que
personne, pas même le Président, ni le Parlement, ni le Gouvernement, ne peut leur
enlever (articles 16 et 17 de la constitution). Ce sont les droits de l’homme et les
libertés fondamentales.
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La constitution affirme tout d’abord que « Tous les Congolais sont égaux
devant la loi » (art.12). Cela signifie que les lois et les règles s’appliquent à tout le
monde de la même manière. Il est interdit de favoriser quelqu’un parce qu’il
appartient au même clan ou à la même tribu que vous, ou parce qu’il est le fils ou la
fille de tel personnage important. De même celui qui commet une faute sera puni
comme le prévoit la loi et toute autre personne qui commet la même faute sera
punie exactement de la même manière, c'est-à-dire en respectant la même loi. Elle
prévoit aussi qu’en République Démocratique du Congo, chacun peut choisir sa
religion et la pratiquer librement (art.22), que tout le monde peut dire, écrire ou
dessiner ce qu’il pense et que personne ne peut être arrêté ou inquiété parce qu’il
n’a pas les mêmes idées politiques que, par exemple, le Président ou les ministres. La
Constitution garantit encore d’autre droits et libertés aux Congolais comme le droit
de publier des journaux, le droit de se réunir, celui de bénéficier de l’enseignement
national, d’aller partout en RDC et y habiter (art. 23). Cependant, la constitution
prévoit également que l’exercice par une personne de ses droits et libertés ne peut
être un obstacle à l’exercice de ces mêmes droits par une autre personne. Cela
signifie que « ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre » art.25. C’est
pourquoi, par exemple, si la constitution reconnaît aux congolais le droit de se réunir,
c’est à condition qu’ils le fassent pacifiquement. De même, ma liberté de religion ne
m’autorise pas à priver les habitants de mon quartier de leur liberté de dormir en
diffusant, par hauts parleurs, l’expression de mes convictions religieuses.
21
Afin de veiller à une bonne organisation de la vie entre les citoyens, la
constitution prévoit que des lois devront dire comment certains droits garantis aux
congolais pourront être exercés par eux. C’est le cas du droit de fonder des
associations ou des sociétés, du droit de grève, du droit de faire le commerce dans
tout le pays. Pour protéger la vie privée de tous, la Constitution prévoit que personne
ne peut entrer dans la maison de quelqu’un sans son accord et que personne ne peut
lire le courrier ou écouter les conversations téléphoniques d’autres personnes, sauf
dans des conditions particulières qui doivent être prévues par la loi. La Constitution
prévoit enfin le droit d’asile, c’est- à –dire le droit de venir habiter en RDC, pour les
étrangers qui souffrent injustement dans leur pays parce que ils sont persécutés par
ceux qui les dirigent en raison de leurs opinions, de leur appartenance ethnique, de
leur croyance religieuse.
1.5. Droits de l’homme à l’Education
En même temps que se développent et se modernisent les techniques, les
Conditions de travail évoluent aussi. Après s’être libérés de l’esclavage et des
survivances du régime féodal, les hommes sont parvenus à conquérir les avantages
sociaux dont un des plus importants est, sans conteste, la protection et la
réglementation du travail des enfants.
L’époque n’est pas très éloignée où les enfants, bien jeunes encore,
devaient fournir de longues journées de travail. Les revendications de la classe
laborieuse ont contribué à créer une prise de conscience du droit de chacun à
l’éducation. Ce droit est inscrit dans la « Déclaration universelle des droits de
l’homme » proclamée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies, à Paris, le 10
décembre 1948. Ce droit figure également dans la Déclaration des droits de l’enfant
adoptée par les Nations- Unies le 20 Novembre 1959.
22
1.5.1. Déclaration Universelle des droits de l’homme
Le droit de chacun à l’éducation est contenu dans l’article 26 de la
Déclaration Universelle des droits de l’homme. L’article est ainsi libellé : « Toute
personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui
concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire
est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ;
l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous, en fonction
du mérite.
L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personne humaine et
au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre les nations et tous
les groupes raciaux et religieux ainsi que le développement des activités des Nations-
Unies pour le maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit choisir le
genre d’éducation à donner à leurs enfants.» Ce droit a été formulé par [Link]
(1956, pp. 24-55) sous la forme d’une triade, droit : « - pour chacun, de recevoir le
maximum de développement intellectuel et culturel qu’il est susceptible d’atteindre ;
« -pour chacun, de recevoir la plus haute qualification technique qu’il est capable
d’acquérir et, en conséquence, d’accéder au plus haut niveau professionnel et
économique possible ;
« - pour la société, de voir tenir par les plus dignes, donc les plus efficaces, les leviers
de commande et occuper par eux les positions de cadre, en vue d’une meilleure
productivité sociale et politique dans le sens le plus large du terme.» PIAGET (1950,
pp. 24-64), en a remarquablement souligné les conséquences. ‟ Affirmer que toute
personne a droit à l’éducation, c’est s’engager à garantir à chacun le développement
de ses fonctions mentales ; c’est reconnaître le respect de ses possibilités. C’est
s’engager à rechercher des méthodes fondées sur les données les plus récentes de la
science.
Dire que l’enseignement est gratuit suppose, de la part des nations, des
efforts considérables. La gratuité ne peut se borner en effet à l’exonération du droit
23
d’inscription. Elle suppose la mise à la disposition des élèves du matériel nécessaire.
La généralisation de l’enseignement technique et professionnel et l’accès généralisé
aux études supérieures sont liés.
Ils supposent un enseignement secondaire de valeur égale pour tous. Il
s’agit donc : « 1°. Du point de vue social et économique… d’assurer une prolongation
de la scolarité indépendamment des conditions de fortune et de la famille, puisque le
mérité de l’élève et ses aptitudes peuvent se trouver en conflit avec sa situation
matérielle ; « 2° Du point de vue de la transmission des valeurs collectives… de
concilier une culture générale suffisante avec une spécialisation professionnelle… « 3°
Du point de vue de la formation professionnelle de l’élève… de lui assurer une
formation physique, intellectuelle et morale aussi complète que possible, tout en
l’orientant convenablement…»
Les moyens de l’école traditionnelle ne peuvent suffire pour atteindre les objectifs
que la Déclaration des droits de l’homme lui assigne.
1.5.2. Droit de l’Etat dans l’organisation de l’Education
La responsabilité de l’Etat en matière de l’éducation de la jeunesse se
matérialise par ses droits et ses devoirs (Article 43 de la constitution IIIème
République). Aucune société, si rudimentaire soit-elle, ne peut vivre sans certaines
règles qui coordonnent les rapports de ses membres entre eux et avec l’autorité
directrice du groupe. Ainsi en est-il de cette société que constitue un Etat. Celui-ci a
nécessairement ses règles qui forment son droit.
Parfois très complexes, parfois rudimentaires, elles varient selon le degré et
la nature de son développement, mais avec un fond commun, propre à la nature
même de l’homme. Ces règles obligent (devoirs) les Etats à assurer la sécurité des
personnes et des biens et à permettre à leurs citoyens de se développer, de
s’épanouir chacun selon ses possibilités et ses moyens. Les pouvoirs publics ont
l’obligation de protéger la jeunesse contre toute atteinte à sa santé, à son éducation
et à son développement intégral (art. 42 de la constitution).
24
a) Droit et devoirs de l’Etat :
1.5.3. Droits et Devoirs des Parents
La famille, l’Etat et l’Eglise constituent les trois organiques et partenaires
inséparables pour pourvoir à l’Education Nationale. Les soins et l’éducation à donner
aux enfants constituent pour les parents un droit et un devoir qu’ils exercent sous
l’autorité et avec l’aide de l’Etat. C’est pourquoi ils doivent confier leurs enfants, aux
écoles de leur choix. Pour mieux suivre la formation de leurs enfants, tous les parents
du Congo ont créé une association dénommée « Association Nationale des Parents
des Elèves et Etudiants du Congo », en sigle ANAPECO. Elle est représentée à tous les
échelons : National, provincial, district, territorial, municipal, scolaire et
collectivité/Localité.
1.5.4. Droits et Devoirs de l’enfant
a. Pourquoi les droits de l’enfant ?
Les enfants sont souvent victimes de mauvais traitements : viol, travaux
forcés, abandons, exploitations diverses, alors qu’ils sont par nature vulnérables,
délicats et indépendants. La communauté internationale a donc jugé salutaire de
définir un cadre juridique pour les protéger contre ces abus. UNICEF, organisme des
Nations Unies chargé de l’enfance, estime qu’il est indispensable d’accorder une
priorité absolue à la satisfaction des besoins fondamentaux des enfants afin de ne pas
compromettre leur avenir.
b. Déclaration des droits de l’enfant
La Convention relative aux Droits de l’enfant est un texte juridique
comprenant 54 articles sur les droits humains fondamentaux. Cette convention a été
adoptée le 20 Novembre 1959 par l’Assemblée Générale des Nations-Unies. La
République Démocratique du Congo l’a ratifiée le 27 Septembre 1990. La ratification
fait obligation à chaque signataire d’appliquer les dispositions y relatives.
25
c. Catégories des droits de l’enfant
Les droits de l’enfant sont regroupés en quatre catégories : 1. Droits relatifs
à la suivie : Sont ceux qui concourent à la satisfaction des besoins fondamentaux de
l’enfant : - niveau de vie décent ; logement ; nutrition ; soins médicaux. 2. Droits
relatifs au développement : Ce sont les droits qui permettent le développement
intégral de l’enfant, tels que l’éducation, la culture, l’information. L’enfant a donc le
droit de : - recevoir le maximum de développement intellectuel et culturel ; - recevoir
la plus haute qualification technique qu’il est capable d’acquérir ; - au respect ; - au
matériel nécessaire pour sa formation ; - à la prolongation de scolarité ; - lui assurer
une formation intégrale, complète (physique, intellectuelle, morale). 3. Droits à la
protection : Ce sont les droits qui garantissent la protection de l’enfant contre toutes
formes d’exploitation : torture, viol, travail des enfants, prostitutions ; qui protègent
son intimité et assurent le respect de sa dignité humaine. 4. Droits à la participation :
Les droits de l’enfant à la participation sont ceux qui permettent à l’enfant de donner
son point de vue sur toutes les questions concernant sa vie et de voir ce point de vue
être pris en compte par les adultes. Ceci permet à l’enfant de jouer un rôle actif dans
sa communauté et dans son pays.
Il s’agit notamment de la liberté de l’enfant d’exprimer son opinion, de
donner son avis sur les questions qui l’intéressent, d’adhérer à des associations,
d’organiser des réunions pacifiques.
d. Domaines d’application
La convention attache la plus grande valeur à l’éducation. Il est évident que
la discipline doit régner dans une école si l’on veut que les enfants tirent le plus grand
profit de l’enseignement. Mais discipline ne veut pas dire usage de la violence. La
convention spécifie que toute forme de discipline scolaire devrait tenir compte de la
dignité de l’enfant, bannir toute pratique impliquant la violence mentale ou physique,
les abus, la négligence. Les droits de l’enfant peuvent trouver plusieurs domaines
d’application. Nous pouvons citer pour exemple :
26
1. L’élaboration du règlement intérieur de l’école, en vertus de l’article 3,
paragraphe1 de la convention qui stipule « Dans toutes les décisions qui concernent
les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection
sociale, des tribunaux, des autorités administratives, des organes législatifs, l’intérêt
supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».
Conformément à ces dispositions, il conviendrait d’associer les enfants à l’élaboration
des règles de fonctionnement de l’école comprenant leurs droits, les obligations et
les activités de rachat.
2. La liberté d’expression tant au sein qu’en dehors de l’école, en vertu de l’article 13
qui donne à l’enfant le droit d’exprimer ses vues, d’obtenir des informations et de
faire connaître ses idées. Les seules restrictions à cette liberté sont celles liées au
respect des droits et de la réputation d’autrui, à la sauvegarde de la sécurité
nationale, de l’ordre public, de la santé et de la moralité publique.
3. L’obligation faite à l’Etat d’organiser le système éducatif et de donner à tous les
enfants la chance d’y accéder et de s’y épanouir dans le respect de leur dignité,
conformément à l’article 28. Cet article en appelle également à la coopération
internationale dans la lutte contre l’ignorance et l’analphabétisme, ainsi que dans
l’échange (transfert) des connaissances scientifiques et techniques.
4. Les objectifs de l’éducation. L’article 29 fixe comme objectifs à l’éducation :
l’épanouissent de la personnalité de l’enfant, le développement de ses dons et de ses
aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de ses potentialités.
27
DEUXIEME CHAPITREI : ORGANISATION ET LEGISLATION SCOLAIRES AVANT
L’INDEPENDANCE
2.1. OLS A L’EPOQUE PRECOLONIALE
L’éducation n’a pas de limite, elle est de tout le temps et existait dans le
milieu traditionnel avec les parents qui procréaient des enfants et s’occupaient de
leur éducation.
A partir du 26 Février 1885 à la Conférence de Berlin article six, le roi LEOPOLD II
réussi à s’approprier du Congo. Cette vaste étendue de l’Afrique centrale. Suite à
leurs richesses, les pays de l’Afrique centrale avaient été disputés par les grandes
puissances. Le mécanisme de la colonisation éducative de roi LEOPOLD II était basé
sur :
La liberté de la navigation,
La prédiction,
La liberté du commerce,
La protection des biens et des personnes.
Cette politique du roi LEOPOLD II était soutenue par :
- Les Jésuites à MULLER qui avaient comme principe « mettre en valeur l’humanité
malgré l’incapacité du peuple noir, c’est la prédestination providentielle de tien de ce
monde » ;
- Les Jules frères, pour ces derniers : « les races supérieures ont un droit vis-à-vis des
races inférieures ».
Avec méfiances aux missionnaires non belges, la politique du roi LEOPOLD II
en matière d’éducation était considérée comme l’un des mécanismes pour le
développement de ces pupilles (orphelin de guerre).
Par décrets et arrêtés royaux, le roi LEOPOLD II organise l’enseignement dans les
colonies du 26 Février 1885, c’est le début de l’éducation par les missionnaires.
28
2.1.1. Les colonies scolaires œuvre humanitaire
Par le décret royal du 12 Juillet 1892 modifié par celui du 03 Janvier 1911, le
gouvernement organise les colonies d’enfants indigènes placés sous la tutelle. A
l’Etat, le décret de faire la tutelle des enfants délaissés, abandonnés, orphelins et à
ceux à l’égard desquels les parents ne remplissent pas les conditions d’entretien et
d’éducation. Ces enfants recevaient une éducation et un enseignement professionnel
à la colonie (BOMA ou MWANDA).
Dans la colonie scolaire, les enfants sont logés dans l’internat, nourris et
soignés aux frais de l’Etat. Dès leur entrée à la colonie, tous les enfants sont placés
sous la tutelle de l’Etat ; ils restent soumis aux travaux de l’Etat jusqu’à la
18ème année moyennant l’entretien, la nourriture, le logement et les soins médicaux
gratuits.
L’âge d’admission à la colonie est administré par l’Etat. C’est le médecin membre de
la commission d’admission qui délivre un certificat qui consiste à l’âge approximatif
de l’enfant lorsqu’il n’a pas l’acte de naissance.
Le décret du 04 Mars 1892, va autoriser aux représentants légaux des
associations philanthropiques à accueillir dans leurs colonies agricoles
professionnelles les catégories d’enfants dont la tutelle n’est pas assurée. Celles-ci au
nom de l’Etat sur requête adressée au gouvernement général s’occuperont aussi de
ces enfants.
Les règlements du gouverneur général du 03/04/1982 est appelé l’organisation
intérieure de colonie d’enfants de l’Etat. L’horaire journalier du travail se répartit de
la manière suivante :
- Trois heures concentrées aux instructions militaires ;
- Trois heures concentrées au cours de la lecture, écriture, français et exercices
religieux ;
- Deux heures d’activités agricoles, manuelles et professionnelles.
29
La colonie scolaire avait comme objectif savoir à la sortie de l’école lire et écrire une
langue indigène et connaître les quatre opérations fondamentales de l’arithmétique
et les théories militaires et administratives.
Ces écoles avaient une allure des écoles militaires avec la présence de
l’officier de la force publique. Les élèves qui étaient destinés au service militaire
devraient en outre avoir assimilé des connaissances théoriques et pratiques requises
d’un sergent de la force publique.
Les premières colonies scolaires commencèrent à fonctionner effectivement à BOMA
et à MWANDA. Ces écoles appartenaient à l’Etat mais confiées aux congrégations
religieuses pour leur direction.
Pour réaliser leur objectif principal qui est de propager la foi catholique, les
missionnaires font fonder des écoles parallèles aux colonies scolaires. Il s’agit des
colonies agricoles et professionnelles puis de faire des chapelles qui céderont place
aux écoles chapelles plus tard.
D’autres écoles étaient fondées pour essayer de satisfaire aux besoins fondamentaux
du Congo :
1. L’école des candidats commis en Février 1906. L’enseignement dure 2 ans faisant
suite à celui donné à la colonie scolaire. L’objectif de cette école était strictement
utilitaire : formation des auxiliaires et créer une main d’œuvre pour l’administration.
2. Des écoles professionnelles en juin 1906 à BOMA. Ces écoles étaient accessibles
aux enfants de 12 à 20 ans, la formation était de 2 ans, pratique et visant directement
le métier à acquérir.
3. Ecole professionnelle pour infirmer. La durée des études était de 3 ans. On
insistait sur la connaissance des médicaments les plus usuels et les notions générales
concernant les soins immédiats à administrer aux malades.
4. L’école d’agriculture de EALA créée en juillet 1908. Son but était d’initier des
enfants aux travaux d’agriculture et la récolte de caoutchouc. La formation s’étendait
sur la durée de 2 ans.
30
A partir de 1910, c’est le régime officiel congrégations qui prévalu. Toutes les charges
financières incombaient à l’état mais la direction des écoles chrétiennes passaient à
l’école de congrégation religieuse :
− Les frères des écoles chrétiennes à BOMA et à KINSHASA en 1910
− Les frères de la charité de GAND à LUSAMBO en 1911 et à KABINDA en 1912
− Les frères maristes à KINSAGANI, en 1911 et à KABINDA en 1912
− Les frères salésiens à LUBUMBASHI EN 1911.
Cette passation avait été sanctionnée par la signature de la première convention
entre le Saint Siège et l’Etat Indépendant du Congo (E.I.C) en 1906.
Cette convention donne droit à chaque établissement d mission dans la mesure de
leurs ressources à créer les écoles où les indigènes devraient recevoir l’instruction.
Les programmes devraient comporter un ensemble de formations professionnelles
pratique et métier. Ces programmes de cours et des études devraient être soumis au
gouverneur général et les branches à enseigner devraient être fixées de commun
accord. L’enseignement des langues nationales Belges devrait faire partie essentielle.
2.2. O.L.S A L’EPOQUE COLONIALE DU 18 OCT 1908 au JUIN 1960
2.2.1. Travaux préparatoires
A cette époque le Congo n’avait pas encore un statut politique. La politique
du Congo Belge en matière d’éducation c’est la liberté de l’enseignement au Congo
Belgique pris possession du Congo, la réalisation scolaire état minime.
L’enseignement donné dans écoles de l’E.I.C était médiocre, la matière était
rudimentaire. Comme conséquence, il fallait donc mener des études sérieuses pour
partir des bases solides plus larges. C’est ainsi que le 05 Juillet 1909 un comité
consultatif d’enseignement fut crée à BOMA pour émettre un avis pour tous.
La nécessité de faire mieux que l’E.I.C poussant la colonie à organiser l’argument des
écoles tenues par émissaires. Cet agrément comportant entre autre l’adoption du
programme fixé par le gouvernement. En matière de l’éducation :
− Du point de vue objectif, nous distinguons deux périodes :
31
a) La période d’efforts non coordonnés caractérisés par l’évangélisation et
b) La période de l’enseignement réglementaire avec l’amélioration graduelle des
mais indigènes.
− Du point de vue collaboration, il y eut la liberté de l’enseignement et la
collaboration des missionnaires même étrangers d’où l’importance des partis
politiques en matière d’enseignement.
Pour étendre l’enseignement au sein de sa colonie, la Belgique doit choisir le système
de subside aux écoles des missions en imposant à celle-ci un programme et en les
soumettant à un contrôle. D’où la création de nombreuses écoles officielles. En plus,
il n’est plus question de tâtonner de créer les écoles au hasard sans une organisation
d’ensemble préétablie ni connaissances exactes des besoins réels.
C’est ainsi que ces missions scientifiques ont été déployées sur le territoire de la
colonie pour toucher du doigt les réalités locales et proposer des solutions
adéquates. Parmi ces missions retenons les rapports ci-après :
1. LAPHELPS en Stockes Fund (1921)
C’est une fondation américaine ayant pour but d’améliorer le logement des familles
pauvres et de favoriser l’éducation des noirs d’Amérique ainsi bien que l’Afrique.
(Grâce) des fonds laissés à sa mort par une noire américaine Miss Caroline Phelps
STOCKES)
2. Enquête RENKIN
Pendant la période de 1906 à 1920, l’enseignement au Congo-Belge fait peu de
progrès en raison de première guerre mondiale. Une enquête est alors initiée par
monsieur RENKIN ministre de la colonie. Cette enquête était faite sur les objectifs, les
structures, les méthodes et les programmes scolaires. Il était question de déterminer
les besoins réels de la société et de rechercher le moyen de former rapidement le
personnel congolais qui pouvant valablement remplacer les agents subalternes
belges.
32
A l’issu de cette enquête commencée en 1916, de très bons projets ont été faits pour
recruter des enseignants, construire les locaux, acheter les fournitures de classes et
matériel d’atelier mais ces projets n’étaient pas réalisés à cause de la guerre.
3. Les bureaux permanents du congrès colonial national.
Ces bureaux permanents avaient pour but :
− La formation de l’élite congolaise
− L’imposition du minerval
− L’organisation scolaire
4. Commission FRANCK
La crise économique et financière provoqué par la guerre influe
négativement sur le développement de l’école. Les travaux sur l’enseignement
restent au stade préparatoire, en ce qui concerne l’organisation de programme, de
type d’écoles créées le 10 juillet 1922, la commission FRANCK créée et dirigée par
FRANCK alors ministre belge ministre belge de la colonie s’est mise au travail pour
élaborer un enseignement libre du programme subsidié.
Les principes suivants président à l’élaboration du projet :
− Nécessité de l’adaptation de l’enseignement aux milieux indigènes
essentiellement agricoles ;
− Nécessité d’avantager l’éducation par rapport à l’instruction avec la religion
chrétienne en tête du programme et même de l’horaire du cours ;
− Nécessité d’enseigner en langue indigène pour la première formation de l’âme
indigène;
− Nécessité de s’orienter vers la collaboration étroite avec les missions
religieuses ;
− Nécessité de créer l’inspection de corps spécialisé de contrôle de
l’enseignement ;
− Développement des écoles normales pour accroître l’effectif du personnel
enseignant indigène ;
− Veiller à l’éducation de la femme.
33
2.2.2. L’organisation scolaire
Le fascicule intitulé « Projet de l’organisation de l’enseignement libre du Congo, école
avec le concours de missions de missions nationales », rapports issus des travaux
préparatoires renferme la première réglementation de l’enseignement. Cette
réglementation tient compte de la Charte coloniale qui fixe les objectifs généraux, le
type d’écoles, le programme et l’organisation générale. Les missions assument la
responsabilité des écoles suivant un programme d’enseignement, un système
d’inspection et un barème de subsides arrêté par le gouvernement général.
Il est à noter que l’organisation de l’enseignement n’est pas l’œuvre du
législateur colonial. L’intervention du législateur se limite aux notes de crédit
budgétaire attribuées par le parlement belge en Belgique. L’administrateur colonial
évite ainsi d’assurer la formation de la jeunesse congolaise sous prétexte qu’aucun
texte juridique ne l’y oblige. L’administration se contente de diriger indirectement
l’éducation entreprise par les missionnaires dans des écoles subsidiées.
En 1945, le socialiste GODDING, Ministre des colonies fait accepter le
principe d’aide financière aux écoles des missions protestantes. Il instaure en 1946
l’enseignement officiel laïc pour les enfants blancs. Il faut attendre 1954 pour voir
l’organisation de l’enseignement officiel pour les enfants congolais. Grâce au Ministre
socialiste Auguste BUISSERET, des écoles pour les enfants congolais ont été créées à
Kinshasa à Kisangani, à Kananga, à Lubumbashi.
La formation des cadres moyens et supérieurs, d’une élite intellectuelle
nationale n’est pas la chose la plus rapidement souhaitée. Car la politique coloniale
doit éviter de former trop vite les cadres supérieures qui pourraient être la cause de
multiples ennuis pour administration publique. On le dit couramment à l’époque
« pas d’élite, pas d’ennuis ».
2.2.3 Les programmes scolaires
L’enseignement colonial a connu des programmes selon les périodes :
1. Programme de 1929
Ce programme met l’accent sur le travail manuel
34
La structure des écoles est repartie de la manière ci-après :
L’école du 1er degré confiée au catéchiste ;
L’école du 2ème degré avec 3 ans d’études ;
L’école spéciale pour la formation des commis et des instituteurs ;
L’école secondaire et supérieure : le petit et le grand séminaire.
L’objectif de ces écoles est :
De former les auxiliaires pour l’œuvre de l’évangélisation ;
La formation des maîtres par rapport aux élèves de l’école primaire et aux
conditions de vie des enseignants ;
La formation doit s’adapter au milieu.
2. Programme de 1938
Suite au progrès constaté dans l’enseignement et au développement quantitatif des
écoles, après neuf ans le programme revu en 1938. C’est ainsi qu’on a donc :
− Ecole rurale avec une priorité au travail manuel ;
− 2ème degré primaire jusqu’à 5 ans d’études, amélioration des conditions de vie
par formation suffisante ;
− 6ème primaire attachée à une classe spéciale pour les élèves les plus doués ;
− Les écoles des candidats commis furent supprimées et remplacées par les écoles
moyennes dont le but était de préparer :
1) Les élèves de l’enseignement professionnel spécialisé ;
2) A la profession d’employés des bureaux.
3. Programme de 1941
Ce programme se caractérise par :
− L’enseignement professionnel technique des métiers ;
− L’enseignement agricole.
On trouve :
− L’école moyenne agricole et
− L’école professionnelle agricole.
35
Il est à noter qu’il y avait aussi l’enseignement post scolaire qui se donnait après
l’enseignement scolaire non formalisé et l’enseignement extra-scolaire qui se donnait
dans de centres qui n’étaient pas officiellement reconnus et touchaient une catégorie
de gens. On y distinguait :
− Le centre d’enseignement pratique et agricole ;
− Le cours de perfectionnement et d’entretien ;
− Les écoles artisanales et les écoles techniques.
− Ecole gardienne sur deux ans ;
− Ecole préparatoire 2 ou 3 ans ;
− Ecole primaire du 1 er degré : 2 ans pour tous les enfants avec la 3 3ème année
facultative ;
− Ecole primaire du 2éme ordinaire avec 5 ans d’études (pour les enfants moins
doués) conduisant au certificat qui donne accès uniquement aux enseignements
post-primaire et péri-primaire ;
− Ecole primaire du 2ème degré sélectionne avec 6 ans d’études pour les enfants
doués, le certificat délivré à l’issu de ce cycle, donne accès à l’enseignement
secondaire.
Les élèves doués qui terminent le 2ème degré ordinaire, étaient admis en
6ème et 7ème préparatoire pour être admis ensuite dans les secondaires.
L’avantage de cette conception pédagogique est de permettre à chaque élève de
choisir le degré d’enseignement adapté à ses aptitudes intellectuelles et de faciliter
l’alphabétisation de la population en langue locale. L’inconvénient est la sortie
prématurée après 2 ou 3 ans l’enfant s’inventait d’avoir accompli un cycle complet ;
et suite aux effectifs, la structure induisait les chercheurs en erreur. Il y avait aussi la
complexité des écoles primaires.
b) Au niveau de l’enseignement ou péri-primaire
En terme de réglementation, l’appellation « post-primaire et péri-primaire »
n’équivaut pas au secondaire. Ces termes ne visent que des écoles à finalité
immédiate. La structure se présente comme suit :
36
Ecole d’apprentissage avec 2 ans d’études pour la formation des artisans ;
Ecole d’auxiliaire avec 2 ans d’études pour former des clercs de collectivités rurales et
des petits commis de bureaux ;
Ecole d’apprentissage pédagogique (E.A.P) avec 2 ans d’études qui forme
l’enseignement pour les écoles rurales de 1ère et 2ème primaire ;
Ecole ménagère avec 3 ans d’études pour la formation des épouses des évolués
congolais.
c) Enseignement secondaire du cycle court
Dans cette filière on distingue :
− Ecole professionnelle avec 4 ans d’études qui forme les ouvriers qualités ;
− Ecole moyenne de garçons avec 4 ans d’études qui forme les employés
subalternes des bureaux ;
− Ecole de moniteurs (E.M) avec 3 ou 4 ans pour la formation d’instituteurs ou
institutrices du primaire du degré ordinaire provisoire ou sélectionné ;
− Ecole moyenne ménagère (E.M) avec 4 ans et quatre sections d’enseignement
secondaire proprement dit avec deux cycles ;
− Ecole secondaire générale avec 6 ans d’études préparant à l’enseignement
supérieur. Elle comprend deux sections : une section latine et une section moderne
scientifique. Il y avait 3 ans d’enseignement général et 3 ans d’enseignement spécial
qui se donnait au niveau de la 4ème année. Les sections organisées étaient :
1. La section générale qui formait les instituteurs pour le degré sélectionné de l’école
primaire.
2. La section des sciences qui formait les assistants médicaux et agricoles ;
3. La section administrative et commerciale qui formait les agents du bureau ;
4. La section de géomètres arpenteurs qui devraient former les géomètres et
5. La section d’éducation physique qui formait les moniteurs d’éducation physique.
d) Enseignement supérieur et universitaire
Pour cet enseignement supérieur et universitaire, on devrait tout attendre de
l’initiative privée : FORMULAC et CONDULAC et des initiatives des missionnaires
37
catholiques proposaient au gouvernement Belge la création des institutions
d’enseignement supérieur au Congo. C’est ainsi que l’arrêté royal du 21 Février 1949,
le roi belge autorisant l’ouverture de l’université dénommé LOVANIUM solennelle et
historique de la 1ère année académique au Congo. Par son décret du 28 octobre
1955, le roi belge créant l’université officielle du Congo-belge et du Rwanda Urundi.
Cette université ouvre ses portes aux congolais et aux étrangers à Lubumbashi le 12
octobre 1956. Cette dernière étant parrainée à l’Université de LIEGE, alors que
Lovanium était parrainée par l’université de LOUIVAIN.
Dans chaque université étaient créées une ou plusieurs écoles préparatoires, pré-
université « PREU » en sigle. Cette classe du régime congolais de 1948. Le certificat
délivré aux lauréats après un an à l’issu du « PREU » donne accès à l’université.
Par défaut du 25 novembre 1958, la loi sur la collation des grades académiques et
l’équivalence de diplôme a été promulgué.
e) Amendement de la réglementation du changement de 1948 au programme de
1952.
Ces amendements se sont montrés exigeants vis-à-vis de la qualification du
personnel. Il consiste en ceci :
1. Que les missionnaires inspecteurs de l’enseignement soient qualifiés (posséder
au 1er niveau de diplôme universitaire)
2. Que le professeur de pédagogie et de psychologie soient licencié ou docteur.
f) La formulation du Jury Central et la création des écoles officielles de 1950 à 1954.
Comme conséquence, l’épiscopat catholique belge se protestant et l’état reculant en
donnant un délai de 5 ans. Mais à cette période il y a eu des événements d’ordre
socio-politique entre les évolués et l’homme blanc et pour calmer l’esprit des
évolués, le gouvernement créant les cartes de mérite civique attribuées aux évolués.
En 1952 fut instauré le système de matriculation c'est-à-dire l’inscription sur le
système officiel de tous les blancs, personnel enseignant et certains noirs y étaient
assimilés.
38
Dans le souci d’augmenter le nombre d’associés de diplômes d’étude secondaire
(homologation), les examens extra-scolaires ont été organisés dans chaque chef-lieu
de Province. En 1954, le ministre de colonie BUISSERET instaurant l’enseignement
officiel pour les enfants congolais et c’est le coup d’envoi de ce qu’on appelé la
guerre scolaire.
En 1956, les écoles catholiques créèrent un organisme décentralisé appelé « Bureau
des enseignants catholiques » BC en sigle. Dans la suite, les Protestants et les
Kimbanguistes créèrent aussi les leurs. Tous ces bureaux ont été supprimés à partir
de 1974 et remplacés par les « coordinations nationales des écoles conventionnées ».
En 1958, fut adopté effectivement le programme métropolitain dans les écoles
secondaires congolaises. Ce programme donnait accès à l’université sans autre
formes des préparations préalables.
Quant aux études supérieures, juste en 1954, les seules institutions d’enseignement
étaient les grands séminaires. Après la création de l’université de Lovanium et de
Lubumbashi, l’université libre au Congo (ULC) a été créée en 1964 par les protestants.
C’est l’actuelle Université de Kisangani.
39
TROISIEME CHAPITRE : ORGANISATION ET LEGISLATION SCOLAIRES A L’EPOQUE DE
L’INDEPENDANCE
3.0. INTRODUCTION
La forme est une modification radicale d’un système éducatif. En appelées
EVOLUES. Ces évolués formaient des associations des anciens élèves qui se
transformaient en parti politique qui formulaient plusieurs revendications entre
autres : la réforme de l’enseignement au Congo.
Malgré les efforts manifestés durant la colonisation en matière de
formation des congolais, le Congo se trouvait à l’indépendance avec une pénurie des
cadres. Les premières années de l’indépendance ont été marquées par l’absence des
cadres formés au niveau de l’armée, du gouvernement et de l’administration
publique.
Les statistiques de l’UNSCO montrent qu’au lendemain de l’indépendance,
le taux de la scolarisation de l’enseignement primaire était de 81% au Congo.
Le Congo occupait ainsi la 3ème place en Afrique. Les quelques rares pays à
avoir eu une scolarisation de 100% sont : Congo Brazzaville, Gabon, Cameroun etc.…
par contre, le taux de scolarisation de l’enseignement secondaire était non significatif
et le pays occupait presque la 6ème place parmi les pays francophones c'est-à-dire
après le Gabon, le Congo Brazza, le Madagascar, le Cameroun et le Sénégal. Ainsi,
pour 1000 élèves à l’école secondaire, le Congo ne comptait que 23 seulement…
Quant à l’enseignement supérieur, le jour de la proclamation de
l’indépendance, le pays ne comptait en tout que 17 diplômes universitaires et moins
de 200 étudiants. Cette situation a eu comme conséquence absence des cadres et des
destinées du pays furent confiées aux hommes politiques en majeure partie,
incapables, incompétents, ignorant de certains cas et aventuriers.
Devant cette difficulté, les nouveaux responsables du pays confiant à
l’institution scolaire la lourde et urgente tâche de former et de produire des cadres
nationaux dont le jeune pays a besoin. La priorité fut alors accordée aux enseignants
40
secondaire, supérieur et universitaire d’où la nécessité absolue de la reforme pour
former les cadres.
3.1. REFORME DE L’ENSEIGNEMENT
3.1.1. Définition
Une réforme est un changement qui porte un jugement des valeurs
négatives et qui crée en même temps les valeurs nouvelles. C’est « la rénovation ».
C’est tout changement causé par une certaine inadéquation entre certains aspects du
système éducatifs et nécessité l’introduction des nouveaux éléments. C’est
l’ « innovation »
3.1.2. Réorganisation
L’organisation de l’enseignement d’après les législations de cette période,
se trouve dans deux textes constitutionnels :
− La loi fondamentale du 15 Mai 1960 dans son article 7 ;
− La constitution de Luluabourg (Kananga) en 1964 dans les articles 33 et
38
Les notions importantes développées dans ces textes peuvent se résumer
dans ceci :
− Le droit à l’éducation : c’est un des droits fondamentaux de la personne
humaine consignés dans la déclaration internationale des droits de l’homme ;
− La liberté de l’enseignement en ce qui concerne la liberté de création des
écoles, toute personne physique ou morale disposant des moyens les possibilités
d’ouvrir une école ;
− L’obligation et la gratitude de l’enseignement ;
− L’enseignement national est un ensemble qui englobe les établissements
organisés par l’état et par les particuliers ;
− La qualification scolaire est le processus par lequel un pays prévoit à
court, moyen et à long terme les objectifs à atteindre dans tout le domaine de la vie
nationale et met les moyens adéquats pour atteindre les objectifs ;
41
− La création d’une école, c’est l’acte par lequel le pouvoir public agrée
officiellement une école comme équivalente aux autres écoles publiques en fonction
des critères ci-après : niveau d’études, la qualification du personnel enseignant et la
fréquentation suffisante de l’établissement pour justifier l’investissement consenti
par l’état ;
− L’enseignement secondaire sera organisé en conséquence enfin de
fournir les étudiants au supérieur ;
− L’enseignement primaire sera unifié sur base des nouvelles structures,
bien que les programmes et structures soient toujours modérés sur les écoles dites :
métropolitaines.
3.1.3. Vagues de reformes
De 1960 à 1965, la jeune République a connu beaucoup de perturbations.
Dès 1961, s’annonça une vague de réforme qui allaient révolutionner le système de
l’enseignement hérité de la colonisation.
Cette réforme est importante parce que :
− Le Congo a besoin de former les cadres pour remplacer ;
− Il a besoin d’adapter l’enseignement aux réalités culturelles et sociales du
pays.
Deux reformes eurent lieu à cette époque dont les principaux acteurs sont
l’UNESCO et l’homme politique. Ces deux reforment (de l’école secondaire et de
l’école primaire) traceront le profil d’un nouveau type d’homme. Les idées générales
de la réforme de 1960 à 1965 sont consignées dans les réalités ci-après :
− Adapter l’enseignement au milieu congolais ;
− Unifier la structure et le programme générale d’un grand nombre de
jeunes ;
− Démocratisation de l’enseignement et
− Former les cadres moyens et supérieurs
A. La réforme de l’enseignement de 1961
1. Enseignement primaire :
42
Une commission de l’enseignement primaire a été constituée par
l’ordonnance n°45 du 24 Avril 1962 et avait comme tâche de préparer les dispositions
pratiques de la réforme. La fixation des structures et des programmes de
l’enseignement primaire fut effectivement sanctionnée par l’ordonnance n°174 du 17
Octobre 1962. Toutes les instructions parurent en 1963 dans une brochure intitulée :
« Programme National de l’Enseignement Primaire »
Principes adoptés :
− L’éducation doit être fonctionnelle, adaptée au niveau de congolais ;
− Le Français est adopté comme langue d’enseignement à l’école
primaire et l’âge d’être est fixé à 6 ans.
Projets de réforme :
En 1968, le ministre de l’éducation nommant une commission pour étudier
un projet de réforme. Les orientations communiquées étaient les suivantes :
l’enseignement primaire doit être un instrument uniforme pour préparer tous les
jeunes du pays à accéder aux études secondaires du niveau international. Pour cela, il
faut :
Adopter un programme unique ;
Avoir une structure unique de 6 ans ayant trois degrés de deux ans ;
Etablir un lien étroit entre milieu et l’école ;
Prendre le français comme langue de l’enseignement au degré supérieur
c'est-à-dire 2ème et 3ème et la langue congolaise au 1er degré.
2. Enseignement secondaire
La reforme fut annoncée par l’ordonnance du 17 Juillet 1961. L’année
scolaire 1961-1962 a débuté par la suppression de 6ème année modèle et la
remplacée par la 1ère année de cycle d’orientation (C.O). C’est la première
promotion de ce programme qui passera aussi le tout premier examen d’Etat en
1967. Le cycle d’orientation est constitué par deux années successives communes à
tous les enfants. La diversité de sections n’apparaît qu’à partir de 3ème secondaire.
Le second cycle comportait :
43
Les sections d’enseignement général (scientifique et littéraire) ;
Les sections d’enseignement normal avec la formation générale (section
pédagogique) ;
Les sections d’enseignement professionnel (commercial, technique et
agricole).
Ces buts sont :
− Démocratisation de l’enseignement pour tous les nationaux ;
− Dispenser un enseignement général du type humaniste ;
− Adapter l’enseignement aux réalités du pays ;
− Lutter contre la spécialisation prématurée et le caractère trop sélectif du
système et
− Former les cadres techniques moyens et inférieurs.
3. Enseignement supérieur et universitaire
De 1960 à 1965, il n’y avait pas de réformes à proprement parlées. Mais les
mesures avaient été prises pour multiplier et diversifier les établissements supérieurs
et universitaires (c’est une innovation).
En 5 ans, il eut la création de l’université libre du Congo et d’une dizaine
d’établissements supérieurs. On peut citer :
− Les écoles normales moyennes (E.N.M) ;
− L’institut national de mine (INM) ;
− L’institut de bâtiments et des travaux publics (IBTP) ;
− L’institut de l’enseignement médical (ITEM).
Pour servir des facteurs multiplicateurs, la plus part d’entre eux étaient
chargés de formation de formateurs.
4. Structure globale du système d’enseignement de la 1ère République
Démocratique du Congo 1965
La réforme de l’enseignement primaire de 1963 instituant une structure
unique de 6 ans. Pour l’enseignement secondaire nous avons :
− Cycle d’orientation : 2 ans d’études
44
− Cycle court (2ans, 4 ans) d’études
− Cycle long (4 ans, 6 ans) d’études
Le cycle court était pour les élèves moins doués, tandis que les écoles
secondaires visaient l’accès aux études supérieures. Cette structure globale peut être
schématisée comme suit :
3
Cette structure unifiée et diversifiée a permis de scolariser un grand nombre de
jeunes. Mais la réforme de 1961 était trop précipitée, cet état de chise poussant à un
retour pur et simple aux anciennes structures en 1962. Les effets les plus sensibles de
la 1ère réforme du système d’enseignement congolais furent ceux de l’explosion de
l’effectif scolaire dans tout le niveau d’étude.
Mais sur le plan qualitatif, il reste encore beaucoup à faire. Les reformes ont
été imposées à tout le pays sans :
- Une expérimentation préalable ;
- Une évaluation préétablie ;
- Une diffusion des manuels adaptés au Congo et
- Une préparation du personnel enseignant.
3.2. SITUATION SCOLAIRE DE LA [Link] (ZAIRE) 1966-1984
3.2.1. Finalité et buts
Les grandes réformes qui avaient touché profondément es finalités,
structures et les programmes furent celles de 1961-1963. Elles furent aussi
complétées par d’autres quand les besoins se faisaient sentir.
3.2.2. Enseignement primaire
De 1961 à 1984, il y a environ six reformes :
1. La réforme de 1966 :
Elle se préoccupait de la finalité des études primaires. La troisième
conférence nationale des responsables tenue en août 1966 fixant deux finalités :
- Préparer l’enfant à s’intégrer dans la société et le transformer ;
- Préparer à la poursuite d’études supérieures.
Elle a aussi recommandé l’utilisation de la langue congolaise comme
instrument de transmission des connaissances. Mais le programme et la structure
restèrent les mêmes que ceux de la réforme de 1963. Les deux buts visés par les
45
reformes se sont entrés en contraction, de même l’introduction des langues
vernaculaires a posé des problèmes scolaires sérieux.
2. La réforme de 1968
Cette réforme visait :
- La poursuite de la finalité 1966, en modifiant progressivement le
programme ;
- La suppression des examens scolaires sauf en fin de cycle primaire enfin
d’éviter la sélection précoce.
Malgré ces bonnes intentions, ce sont les programmes de 1963 qui ont
continué à fonctionner et le système de formation automatique s’est stoppé de lui-
même faute de précision réaliste.
3. La réforme de 1974
Inspiré par le discours prononcé par le président MOBUTU le 30 novembre
et qui adressant quelques griefs (reproches) au système d’enseignement congolais
(zaïrois) tels que :
- Manque d’adaptation à la croissance économique ;
- L’importance trop grande accordée diplôme et
- La tendance de tous les jeunes à aller à l’université.
Les finalités visées sont :
- Concevoir un autre système pour développer nos potentialités ;
- Réduction de l’influence religieuse sur le système scolaire ;
- L’instauration d’un service civique où les travaux agricoles auraient une
partie importante.
Cette réforme a conduit à la suppression de l’enseignement national. Les
cours de religions furent remplacés par l’éducation civique et politique.
La brusque décision de l’Etatisation de l’enseignement national avait créé
un véritable choc qui désarticulant profondément le système éducatif congolais
(zaïrois) le plongeant dans une situation de crise qui conduisit à la réforme de 1997.
46
4. La réforme de 1997
Elle posait sur une convention entre l’Etat et l’Eglise signée en février 1997
et visait la remise des écoles nationales aux réseaux confessionnels et libres.
La convention visait à :
- Remonter la pente de la crise et de la dégradation à notre système de
l’enseignement ;
- Redonner priorité aux éléments qui forment les caractères et la
personnalité ;
- Réorganiser l’infrastructure matérielle et pédagogique.
Les seuls changements à intervenir sont :
- La remise des écoles entre la gestion des églises ;
- Le renforcement de cours de religion, éducation civique et morale dans
l’horaire de l’enseignement.
5. La réforme de 1979
Elle avait comme finalité la formation d’un type d’homme nouveau
(congolais) qui devrait
Etre un acteur principal de développement de la nation. Bref, il s’agit d’un
nouveau type d’homme congolais (Zaïrois) pratique, utile et utilisable d’où il y a eu
l’élaboration d’un nouveau programme tout en maintenant effectivement les langues
congolaises à l’école.
6. La réforme de 1980
Cette réforme a eu lieu dont les finalités étaient :
- Conférer à tout cycle d’enseignement une finalité professionnelle ;
- Dresser une programmation nouvelle de la formation du maitre ;
- Améliorer l’enseignement didactique.
3.2.3. L’enseignement secondaire (1966-1984)
Au niveau secondaire, il y a eu plusieurs reformes de 1966 à 1984.
Mais ces reformes n’ont pas produit d’effets attendus.
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1o Innovation de 1967 : qui avait pour but de passer au vote pour la
suppression de cycle d’orientation (C.O)
2o Le premier congrès ordinaire du M.P.R : réuni en 1972 ; ce congrès
proposant aussi quelques changements :
- Le développement de l’enseignement technique ;
- L’obligation de travail manuel (T.M) à tous les niveaux d’enseignement ;
- Plus d’examens sélectifs au niveau d primaire et du C.O ;
- L’étude scientifique de langues congolaises ainsi que leurs apprentissages
à tous les niveaux.
3. Discours politique prononcé le 30 Décembre 1973.
Ce discours conduit à une série d’innovations partielles de 1974 à 1979. En
1974, le Bureau Politique affirme la nécessité de concevoir un autre système
d’enseignement propre à développer nos potentielles autrement orientées vers le
développement. Le profil d’un homme formé est celui d’un homme productif,
militant du M.P.R.
4. La réforme de 1980
L’objectif de cette réforme est la professionnalisation de l’enseignement
secondaire. Mais, le nouveau programme entrant en application que pendant l’année
1980 à 1981.
Dans l’enseignement, on a fixé le but sans prévoir les moyens :
- Les programmes des autres années non prévus ;
- Les enseignants non formés et non recyclés ;
- La diffusion des manuels n’a pas eu lieu et
- L’horaire n’était pas bien organisé.
Donc, cette réforme a été précipitée et il y a eu manque d’expérimentation,
d’où échec.
5. Le projet de réforme de 1981-1982
Ce projet fut proposé par le comité Central, qui pour former un jeune,
définissant également plusieurs buts :
48
- Ouverts à l’acquisition des connaissances scientifiques techniques tout en
ayant l’esprit de recherche ;
- Un développement intégral et harmonieux de sa personnalité ;
- Capable de s’adapter au changement ;
- A l’esprit de communauté et au sens aigu de responsabilité ;
- Orienter vers la valorisation et le respect d’autrui, des biens communs et
de respect humain de soi-même.
Cette réforme est le premier qui :
- Etait soumise à l’expérimentation et
- Envisageait la formation et le recyclage des enseignants et des
administrateurs scolaires.
3.2.4. Enseignement supérieur et universitaire
La plupart de reformes ne concernaient que l’enseignement primaire et
secondaire et l’enseignement supérieur et universitaire était touché que d’une façon
indirecte dans la considération générale.
La première réforme de l’enseignement supérieur et universitaire s’est
opérée en 1971. Vers les années 1970, d’innombrables préjugés négatifs ont conduit
à la réforme de l’université. L’enseignement universitaire avait des lacunes telles
que :
- L’absence d’organisation globale : les trois universités étant d’inégale
importance, l’université de LOVANIUM avait une supériorité sur les autres suite à :
a) Son ancienneté(1974) ;
b) Ses multiples dons provenant des organismes ;
c) Son établissement dans la capitale.
- L’inadéquation entre les fins et les moyens : l’université forme des cadres
supérieurs alors que le pays a besoins des cadres moyens pour la production et
- Le gaspillage des ressources qui était remarqué à trois niveaux :
a) Le choix des mauvaises infrastructures matérielles ;
b) L’inflation de la bureaucratie universitaire et
49
c) L’utilisation des ressources humaines très coûteuses.
L’ordonnance lois no71/075 du 06 Août 1971 annonçant la réforme qui
devrait mettre fin au système d’enseignement créé d’après le modèle étranger. Donc,
on doit adapter l’université aux besoins réels du pays.
La réaction à toutes ces lacunes est la création en 1972 de l’UNAZA
(Université Nationale du Zaïre). Et les trois universités deviennent campus
universitaires qui regroupent, chacun un certain nombre de facultés.
Les trois campus, les instituts supérieurs pédagogiques (ISP) et les instituts
supérieurs techniques (IST) sont tous dirigés par un seul conseil d’administration et
un rectorat. TSHIBANGU est le premier recteur ; vers les années 1981, les universités
sont reformées, les trois campus redeviennent les universités autonomes et les
institutions supérieures recouvrent leur autonomie financière, administrative et
académique.
50
QUATRIEME CHAPITRE : ADMINISTRATION ET INSPECTION SCOLAIRES
4.0. INTRODUCTION
Le concept administration n’est pas une nouvelle conception. Il existe
depuis que les êtres humains travaillent en groupe. Il est né de souci de l’homme de
mettre de l’ordre au sein d’une organisation.
Selon DWIGT WALDO, l’administration est une sorte d’efforts coopératifs de
l’homme, l’effort ayant un degré rationaliste.
Paul LAMBERT défini l’administration comme étant la pratique efficace de
toute technique, méthodes et sciences permettant d’améliorer le fonctionnement
dans le rendement de l’entreprise.
Pour Henri FAYOL, administrer au sens large et précis c’est tout à la fois :
prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler (PROCOCOCO).
- Prévoir : c’est établir un plan du travail et s’appliquer à le réaliser en y
apportant de modifications que l’expérience et les faits nouveaux suggéreront ;
- Organiser : c’est concevoir la forme à imposer au groupe pour la
bonne organisation à faire.
C’est pratiquer la version du travail et déterminer la hiérarchie ;
C’est garnir le cadre conçu, recruter le personnel, achever de l’instruire en
faire avancer l’élite ;
C’est éliminer les non valeurs tout en garantissant la stabilité de
l’ensemble.
- Commander : c’est faire entrer en fonction la machine par la mise en jeu
de l’autorité, de la responsabilité, de l’initiation de la discipline.
Le commandement se répartit entre ceux qui ont de l’autorité u divers
degré de la hiérarchie pour obtenir des subordonnées de meilleur rendement. C’est
pour cela, celui qui commande doit :
51
1. Avoir une connaissance approfondie de son personnel (maitriser le
psychologie différentielle) ;
2. Eliminer les incapables ;
3. Bien connaître les conventions qui lient l’entreprises à ses agents ;
4. Donner les bons exemples ;
5. Faire des visites périodiques.
C’est aussi réunir ses principaux collaborateurs à des conférences où se
prépare l’unité. C’est chercher à faire régner dans le personnel l’activité, l’initiative et
le dévouement. Dans ce cadre FAYOL a limité en six (maximum) le nombre de
subordonnées directs au chef.
- Coordonner : c’est faire fonctionner les relations extra-hiérarchiques des
liaisons avec l’extérieur et liaison avec l’intérieur du corps social
- Contrôler : c’est exercer une surveillance générale et particulière afin que
les activités se déroulent selon le plan prévu et que les règles dictées soient
judicieusement appliquées.
A la lumière de toutes ces définitions, on peut comprendre que
l’administration scolaire est l’ensemble des techniques et des méthodes mises en
œuvre pour fonctionner une organisation scolaire en vue de la réalité maximale des
objectifs poursuivis au sein de cette organisation.
4.1. LA STRUCTURE DE L’ECOLE
La structure d’une organisation définit la nature de relation des membres et
des organes faisant partie de cette organisation. Cette structure est basée sur des
éléments tels que :
- Autorité ;
- Responsable ;
- Division ;
- Spécialité et
- Interdépendance.
52
A l’école, on trouve des membres de spécialités différentes groupés dans
trois catégories de services différentes mais interdépendants. Ces membres sont :
- L’administration ;
- L’enseignement et
- Le service de soutien à l’enseignement.
Chacune de ces entités joue un rôle spécifique mais tous concourent à un
seul objectif à savoir : l’épanouissement de la personnalité de l’élève. Pour cela :
- L’administration doit jouer le rôle de la gestion (cfr. Les cinq verbes
fayoliens : PROCOCO) ;
- L’enseignement doit remplir le rôle de transmission de connaissances et
de l’éducation et
- Les services de soutien à l’enseignement ou les services connexes doivent
servir à soutenir l’action de l’éducative en maîtrisant tous les facteurs pouvant faire
obstacle à l’acquisition des connaissances par l’enfant ; on peut citer à cette catégorie
par exemple : service (pédagogique) psychologique, médical, guidance etc.
4.2. LE PERSONNEL DE L’ECOLE
Tous les membres œuvrant dans les différentes entités de la structure de
l’école forment le personnel de l’école. Le rôle de chacun d’eux est bien défini, mais
dans le cadre de cours, nous allons élucider spécialement le rôle du chef
d’établissement et celui de l’enseignement
4.2.1. Le rôle du chef d’établissement
Au sein d’une école, le chef d’établissement joue le rôle de la tête.
C’est lui qui pense, qui fait agir l’intérêt du corps entier qui est l’école. Le
chef d’établissement est un cadre d’enseignement, une autorité scolaire, un
responsable de l’éducation au sein de son école.
1. Il est cadre pare qu’il possède des larges connaissances techniques,
juridiques, administratives, commerciales susceptibles d’assurer le bon
fonctionnement de l’école.
53
2. Il est autorité scolaire parce qu’il est investi légalement de droit de
commander les agents de l’éducation mis sous surveillance.
3. Il est responsable parce qu’il porte garant des conséquences possibles de
l’action éducative qu’il est appelé à planifier, à faire exécuter et accepté que la
réussite ou l’échec de l’acte entrepris lui incombe. Le chef d’établissement doit
accomplir les tâches administratives et pédagogiques.
Est appelée tâche administrative celle ayant trait à l’ordre et à la
discipline. En tant qu’administratif, le chef d’établissement tient les documents divers
en jour.
T.P : Descendez dans une école secondaire et répertoriez tous les
documents administratif. Donnez en les rubriques et leur raison d’être.
Une tâche pédagogique : c’est celle qui vise le processus
Enseignement-Apprentissage, le changement du comportement de l’éduqué.
Le chef d’établissement doit être un très bon enseignant. Il doit
entreprendre des visites des classes pour contrôler les actes pédagogiques posés par
les enseignants et contrôler les comportements des élèves.
4.2.2. Le rôle de l’enseignant
Si l’école est conçue comme un lieu d’épanouissement de la personnalité de
l’enfant, l’enseignant y joue essentiellement le rôle d’éducateur. C’est-à-dire le rôle
de celui qui aide l’enfant à se développer, à épanouir toutes ses potentialités
physiques, intellectuelles, morales et spirituelles.
Ainsi la première qualité qu’on attend de l’enseignant et la compétence
dans les disciplines qu’il est chargé d’enseigner. Plus l’enfant est jeune, plus il importe
de lui proposer les enseignants compétents qui sont excellents pédagogues et vrais
psychologues, capables de communiquer, d’établir un dialogue constant avec leurs
élèves et capables de veiller à leurs action et de répondre avec exactitude aux
questions qu’ils posent.
54
Il faudra qu’ils puissent trouver chez leurs formateurs, non seulement un
grand savoir, une vaste culture et un bon équilibre mais aussi une constante
sympathie, une compréhension intelligente et rassurante de la dignité et de
l’honnêteté.
C’est qu’auprès des enseignants, la compétence ne sera jamais suffisante, il
faut également de la bonne moralité. Le professeur est au contraire, un homme avec
tout ce qu’il a et peut avoir d’humain. Un homme appelé ) assumer plusieurs rôles : il
est pédagogue, communicateur, gestionnaire, catalyseur social, décideur et
conseiller.
4.3. LE CONTROLE DE L’ENSEIGNEMENT
L’école est une institution, qui poursuit les objectifs fixés au préalable par
l’Etat, pour l’intérêt de toute la communauté nationale. L’Etat édite des instructions
et formules de directives et les dispositions des écoles. Chaque membre du personnel
de l’école doit en ce qui le concerne utiliser les instructions et les directives de l’Etat
dans l’exercice de ses fonctions.
CONTROLE DE L’ENSEIGNEMENT NATIONAL
Les établissements publics ou privés de l’enseignement sont soumis au
contrôle pédagogique, administratif, financier et médical de l’Etat.
Le contrôle dont question est exercé par un corps des inspecteurs de
l’enseignement.
Le contrôle :
a) Pédagogique porte sur les programmes, les méthodes d’enseignement et
d’évaluation ainsi que sur la valeur pédagogique du personnel enseignant.
b) Administratif porte sur les structures, la gestion du personnel, la tenue
des documents administratifs et l’exécution des instructions du département de
tutelle.
c) Médical concerne notamment la salubrité des locaux, les conditions
d’hygiène, l’état de santé du personnel, des élèves et des étudiants ainsi que
l’application des mesures générales de prévention sanitaire. Il veille au dépistage
55
d’éventuelles maladies endémiques, épidémiques et infectieuses. Il ordonne des
examens prophylactiques périodiques.
Toutefois, l’Inspecteur médical peut ordonner la fermeture temporaire d’un
établissement s’il y a risque majeur d’épidémie.
Pour s’acquérir de l’utilisation effective à bonne échéance, des instructions
et des directives établies, l’Etat a mis en place le service d’inspection de
l’enseignement.
4.3.1. Bref aperçu historique
L’inspection scolaire au Congo n’est pas un fruit du hasard. Elle a un passé.
C’est un ensemble des circonstances concrètes et tangibles dans le domaine de
l’enseignement congolais, ce qui a abouti à la création officielle de cette institution.
L’inspection de l’enseignement comme entité organisée a commencé vers Décembre
1929. Avant cette date, l’inspection se faisait d’une façon sporadique et était l’œuvre
de certains chefs d’établissement et de certains vicariats.
Donc l’inspection des premières écoles entre 1908-1960 était du type
religieux et reconnu d’une façon informelle. Entre temps, l’Etat créant ses écoles
(Boma, MAnkanza,…)
Le décret du 04 mars 1892 ordonnant d’une manière philanthropique et
religieuse la possibilité d’occuper les enfants abandonnés dont la tutelle était assurée
par l’Etat. Le décret du 03 août 1892 obligeait les missionnaires à se conformer à
l’éducation des ces enfants en suivant le programme de l’Etat ou un autre
programme approuvé par le gouverneur. C’est le début d’une forme d’inspection
scolaire officielle.
L’inspection publique du Congo dépendait du département de justice et
culture ; d’où les liens entre les missions et les écoles. Et l’inspection des missions
vers 1895 se faisait par les fonctionnaires de département de la justice. Ces derniers
n’étaient pas formés pour l’inspection scolaire.
Donc, l’inspection s’agissait d’un simple contrôle administratif. Le contrôle
des écoles n’étaient pas une activité bien définie. Elle faisait partie d’un ensemble
56
d’activités de contrôle de différents postes de l’E.I.C. ces inspections avaient comme
mission de vérifier si l’orientation agricole et professionnelle était présente dans des
écoles. Aucune allusion n’était faite :
- A un contrôle pédagogique ;
- A une action qui viserait l’amélioration de l’enseignement au Congo.
4.3.2. Définition des concepts
Dans ce paragraphe, nous allons définir les termes conseiller pédagogique
et inspecteur.
1. L’inspecteur :
C’est un envoyé de l’Etat ayant pour rôle d’examiner le travail accompli
pour évaluer leur degré de concordance entre ce qui a été projeté et ce qui a été fait.
Il s’occupe de deux activités différentes :
- Le contrôle et la surveillance d’une part (fonction traditionnelle) et
- L’effort de progrès d’autre part (fonction formelle).
La première activité est complémentaire à la seconde. D’où les deux
principes de FAYOL : la conservation et le développement.
BREF HISTORIQUE DE L’INSPECTION
ENSEIGNEMENT PRIMAIRE
Après la réforme de 1963 interviendra la nomination par ordonnance
présidentielle (du Président Joseph KASAVUBU) des premiers inspecteurs nationaux,
pour assurer le contrôle pédagogique de notre système d’enseignement.
ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
En 1964, le Ministre de l’éducation fait appel à 13 cadres nationaux (régents
et universitaires) pour (constituer) former le noyau des inspecteurs de
l’enseignement secondaire.
En 1974, l’ordonnance présidentielle de nomination des inspecteurs de
l’enseignement secondaire est signée par le président de le République.
En 1976, une nouvelle vague de nomination des inspecteurs de
l’enseignement secondaire a eu lieu par l’ordonnance présidentielle.
57
En 1978, la signature de l’ordonnance no78/375 du 06/9/1978 portant
création du CORPS DES INSPECTEURS de l’enseignement primaire et secondaire.
En 1983, l’adoption de l’actuel organigramme de l’inspection générale et
celui de l’inspection régionale par la fonction publique.
La mission principale sera de combattre la routine et de favoriser de bonnes
initiatives.
Pour l’Etat, l’inspecteur est le surveillant technique chargé de mesurer le
rendement du travail scolaire et d’éviter les infractions aux lois. A l’école, il est l’œil
et l’oreille de l’Etat.
2 le conseiller pédagogique
Dans notre pays, le conseiller pédagogique est substitut de l’inspecteur, il
doit chercher le respect des normes pour libérer l’enfant, d’où les deux principes de
FAYOL :
- L’autonomie et
- La responsabilité de chef d’établissement.
Le conseiller pédagogique est ;
- Le chef hiérarchique des enseignants ;
- Le contrôleur de l’Etat ;
- Le représentant des familles.
Sa mission est :
- D’être éducateur des éducateurs ;
- D’observer et de comparer ;
- De suggérer, d’inspirer et de protéger.
Le conseiller pédagogique doit devenir une magistrature qui sert ni l’Etat, ni
l’individu, ni même la classe mais elle sert plutôt la justice sociale. Donc, l’Etat confie
à nos institutions d’enseignement une œuvre de justice. Pour cela, l’Etat doit
protéger et surveiller l’éducation en lui procurant des moyens financiers pour son
développement et pour son encadrement pédagogique.
58
5.3.4. Documents de l’inspecteur
Les documents du travail de l’inspecteur sont constitués de différentes
fiches des rapports. Les sigles ci-après désignent ces rapports :
A : Administration interne
C : contrôle de l’enseignement (avec module)
F : Formation en cours de l’emploi
E : Evaluation de l’enseignement
AO (formule) : tableau synoptique.
Pour le module 1, c’est-à-dire administration interne, nous avons huit
formules dont deux sans canevas :
A1 : Fiche signalétique
A2 : Plan trimestriel d’activités
A3 : Relevé trimestriel d’activités
A4 : Relevé annuel
A5 : Constat d’absence
A6 : Bordereau de transmission
A7 : Lettres (sans canevas)
A8 : Rapports d’activités autres (sans canevas)
Pour le module 2, c’est-à-dire contrôle de l’enseignement, nous
avons huit formules dont deux sans canevas :
C1 : Premier visite
C2 : Inspection administrative
C3 : Inspection pédagogique
C4 : Inspection financière
C5 : Inspection d’un adjoint
C6 : Enquêtes
C7 : Inspection des dossiers (des élèves)
C8 : Autres activités de contrôle
59
Pour le module 3, c’est-à-dire formation en cours d’emploi, nous avons cinq
formules dont deux sans canevas.
F1 : Inspection de la formation
F2 : Action de formation
F3 : Action d’encadrement (d’un chef d’établissement d’un enseignant etc…)
F4 : Outil de formation (ex : sernafor)
F5 : Autres activités de formation.
Pour le module 4, c’est-à-dire évaluation de l’enseignement (testing), nous
avons deux formules. (la pochette avec 23 formules dont six sans canevas).
E73 : Analyse de fiches d’items
E74 : Contrôle de dossiers des finalités.
4.4.5. Encadrement des écoles expérimentales
Par la circulaire NoEPS/IG/423/85/2732/79 du 03/Oct./1979 ayant pour
tâche et pour objet : « la formation des sous qualifiés réservée aux inspecteurs
reconnaît encore aux inspecteurs du Congo, de mener front la formation des
enseignants ne service et en collaboration avec les chefs d’établissement scolaire.
Cet encadrement consiste non seulement à faire un contrat entre
l’inspecteur et l’inspecté, mais cependant il s’étendra durant l’année scolaire sur
l’action systématique. Les réunions pédagogiques qui se tiennent après les visites
d’inspection pédagogiques couvrent aussi cet encadrement des écoles
expérimentales. L’encadrement des écoles expérimentales par l’inspecteur est une
activité importante dans la mise en œuvre de la réforme scolaire au Congo. La tâche
revient essentiellement à l’inspecteur de l’EPSP plus précisément aux inspecteurs
désignés animateurs et encadreurs de ces écoles. Cet encadrement des écoles
expérimentales et la réforme scolaire s’effectuera par :
a) Des visites d’inspection administrative
b) Des visites d’inspection pédagogique
c) Des réunions et des séances de travail, de concentration regroupant
enseignant et chefs d’établissement.
60
Cet encadrement par les réunions et séances du travail, consiste à :
1) Assurer, conformément à l’arrêté départemental portant sur les écoles
pilotes de la réforme, l’application expérimental effective du programme scolaire du
système scolaire expérimental décentralisé moyennant le nouveau type de gestion.
2) Assister par des recommandations et des contrôles, les chefs
d’établissements des écoles pilotes dans la mise en pratique de directives et
enseignements reçus au cours de formation suivie concernant le domaine de
direction.
3) Fournir aux enseignants des explications, directives et conseils
concernant la prise en charge de leur classe en référence avec les enseignements
reçus en cours de la session de la pédagogie et de la didactique.
4) Renseigner par des rapports précis issus des contacts techniques
recueillis par des témoins sûrs au sujet du déroulement de l’évolution de la réforme
en cours.
61
CINQUIEME CHAPITRE : GESTION D’UNE INSTITUTION SCOLAIRE
Selon le Than Khoi (1974), l’école peut être considérée comme une
entreprise de production de savoir. Il convient dans ce contexte de commencer
d’abord par définir une entreprise. Celle-ci est considérée comme un lieu où il y a
risque, soit de perdre l’argent, soit si tout semble bien marcher de fructifier au
centuple. Cette notion est donc associée à la notion de risque.
L’entreprise est différente d’un établissement qui possède une unité de
production mais ne dispose pas d’une autonomie suffisante comme une entreprise. Il
convient de noter que dans une usine ou dans un établissement, il existe un double
aspect : la production et la consommation. Ici on peut distinguer des dirigeants et des
tâches à réaliser nécessitant un degré de technicité dans le sens de production, de
financer et d’administration.
On peut aussi différencier un établissement d’une firme et d’une société.
L’établissement n’est qu’un cas tout à fait particulier du premier terme. Il signifie le
groupe. L’établissement est à prendre sous la dimension individuelle et est dirigé par
un responsable appelé patron alors qu’une entreprise au sens de l’école ne peut pas
être prise comme une entreprise au sens large. Car le créateur ne peut pas toujours
la diriger sans faire appel aux personnes spécialistes, aux techniciens pour une bonne
gestion.
La notion de gestion est définie comme une simple exécution des affaires
quotidiennes dans une organisation dite entreprise.
Gérer en un mot c’est administrer les affaires, diriger en tant que
responsable d’affaire d’une autre entreprise. Le gestionnaire est le mandataire, est le
gérant. Ce qui implique tout un ensemble d’acte ayant pour fin de chercher la
cohérence, l’honnêteté, l’efficacité, l’organisation et la prise des décisions dans
l’exercice des fonctions administratives ; pédagogiques voire financières.
62
Dans la gestion administrative d’une école, le gérant (directeur ou chef
d’établissement) devra accueillir sans distinction d’origine, de race, de tribu, de
religion et rendre service à tout le monde sans préjugé ni arrière-pensée.
5.1. LES ASPECTS DE LA GESTION SCOLAIRE
Les aspects de cette gestion scolaire comportent plusieurs facettes:
- Gestion pédagogique : le chef d’établissement est le premier responsable
de la gestion pédagogique d’une école. Pour son efficacité, il devra régulièrement
procéder à des visites des classes. Ces visites doivent être bien planifiées et
contrôlées. Cette facette est la partie importante de la gestion dans une école et il est
recommander au chef d’établissement de la privilégier au détriment des autres
facettes ;
-Gestion financière : le chef d’établissement est appelé à coordonner les
recettes et les dépenses en tenant compte des objectifs qu’il s’est assigné dans son
mode de gestion. Un rapport sera toujours adressé à la hiérarchie et la tenue du
document comptable (registre financier) est requis pour la gestion d’une institution
scolaire. Un service financier de l’école doit fonctionner sous la direction du premier
responsable surtout en ce qui concerne les entrées et les sorties des fonds ;
-Gestion administrative : l’administrateur scolaire doit être une personne
pleine de dévouement et dotées des capacités nécessaires. Il doit avoir des
connaissances suffisantes pour maintenir la vie de l’entreprise scolaire.
LES ROLES ET LES TACHES ADMINISTRATIVES D’UN CHEF D’ETABLISSEMENT
La définition des tâches dans une organisation est un processus essentiel
mais il convient de les structurer en fonction de leur complémentarité et de leur
indépendance, de les hiérarchiser (planifier) car les objectifs de l’organisation
impliquent l’accomplissement des tâches planifiées.
Parmi toute une panoplie des tâches requises pour l’exercice de fonction de
chef d’établissement, citons celles que nous considérons comme les principales :
- Elaborer l’horaire des cours,
63
- Tenir des réunions pédagogiques, administratives et de parents,
- Faire des visites des classes,
- Tenir la correspondance avec la hiérarchie et la communauté.
Ainsi donc, il lui est reconnu le rôle d’organisateur, communicateur,
évaluateur, chercheur, formateur.
5.2.1. Elaboration de l’horaire scolaire
Par définition, un horaire scolaire est l’instrument essentiel qui indique la
répartition quotidienne et hebdomadaire du travail scolaire. Son importance réside
au fait qu’il permet au personnel enseignant d’arrêter à l’avance le travail à réaliser.
C’est un outil qui sert à planifier les tâches quotidiennes voire hebdomadaire. Sans ce
document l’on est exposé à des tâtonnements et à des erreurs dans les prestations
scolaires.
Son élaboration nécessite une certaine initiation et la connaissance des
règles pratiques. Il convient de souligner que lors de l’élaboration de l’horaire, le
gestionnaire doit tenir compte de certains facteurs :
-Le nombre d’heures prévues au programme national ;
-Précision en ce qui concerne le début et la fin des activités journalières ;
-Facteurs psychologiques et sanitaires : importance relative de chaque
matière, c'est-à-dire beaucoup d’heures aux branches d’option, les disciplines
nécessitant un effort d’intelligence au début et les autres à la fin, alterner les cours en
fonction de l’attention et de la fatigue des élèves.
Son avantage est qu’il apporte l’ordre et une bonne succession des activités
en classe. Il introduit la variété et le mouvement, permet donner d’une manière
équilibrée toutes les matières prévues au programme, impose une contrainte
salutaire aux prestations de l’enseignant (ce dernier ne peut plus se donner
uniquement au cours de son choix).
64
5.2.3. Démarche à suivre dans l’élaboration d’un horaire
Pour qu’une école fonctionne normalement, elle doit disposer d’un horaire
ou des horaires des cours pour chaque enseignant, le chef d’établissement doit
porter cela à la connaissance des enseignants et des élèves.
L’horaire doit être élaboré à l’avantage des élèves, il doit au maximum
utiliser les enseignants. Dans notre pays, la prestation hebdomadaire d’un enseignant
varie entre 22 heures minimum, 24 heures plus de plus 2 heures de titulariat.
Pour élaborer un horaire, il faut :
- Connaître les programmes des cours,
- Déterminer le nombre total d’heures de cours pour toutes les classes,
- Déterminer le nombre d’enseignants en temps plein et en temps partiel ;
- Diviser le total d’heures par le nombre d’heures qu’il faut pour un
enseignant ;
- Déterminer le nombre des enseignants (à temps pleins) ;
- Elaborer un horaire pour chaque enseignant.
Ici, il faut tenir compte de journée de congé (1 jour off). Pour ce faire, il faut
couper plus cartons de différentes couleurs, ainsi que chaque enseignant aura sa
couleur et sur chaque carton sera écrit le nom de l’enseignant et le cours qu’il
dispense.
NB : Ne pas se plier aux caprices des enseignants, après établissement de
l’horaire on remet à chaque enseignant son horaire, et l’horaire général est affiché ou
a moins deux avant l’ouverture d’année scolaire. Le chef d’établissement invitera ses
enseignants à respecter l’horaire. L’enseignement doit être informé de son horaire,
48 heures avant son entrée en activité. Les disciplines enseignées en 1ère année et
en deuxième année secondaire sont partout elles sont douze.
NB : Nous prenons 24 heures pour le maximum d’heures par enseignant
puisqu’à ce niveau le G3 sont qualifiés les heures supplémentaires sont payées par
l’école.
65
Total d’heures : 175 heures + 10 heures de titulariat = 185 heures nombre
d’heures au minimum pour un enseignant = 24 heures. Nombres d’enseignants = 185
heures : 24.
Exemple : Total général = 141 heures
4 classes = 4x2 heures titulariat = 8 heures
TG = 141 + 8 = 149 heures.
Pour plus d’efficacité, il est souhaitable que le chef demande le désidérata
de chaque enseignant pour la journée off.
5.2.2. Correspondance administrative
Une des tâches essentielles d’un chef d’établissement est d’assurer la
correspondance administrative. D’où la nécessité de donner quelques orientations
pratiques.
1. Disposition
Adresse de l’Ets Lieu et date
d’expédition
N° Réf : …………./……../20……
Objet : A Monsieur le ………………………….
Monsieur le …………………………………………………..
Nous avons l’honneur de vous informer que le
Conseil de l’école a décidé au cours de sa réunion ordinaire du
14 Septembre 2013 vous attribuer la charge horaire ci-dessous
pour l’année scolaire 2013-2014.
Vous voudriez bien prendre soin de déposer en deux
exemplaires à l’école le cahier de prévision de votre
enseignement.
Veuillez agréer, Monsieur l’enseignant, l’expression
66
de nos sentiments de franche collaboration.
Le Chef d’Etablissement
Nom et Post-nom
CI : - S/PROV
- Inspool
- Cl
5. QUELQUES REGLES PRATIQUES
1. Dans la formule d’appel : Monsieur le …………….. (+ grade de l’intéressé=
ne pas écrire la lettre en utilisant la formule : Cher Monsieur, pour une
correspondance administrative et officielle. Cette formule est employée lorsqu’on a
un lien d’intimité avec la personne. Quant à l’officier supérieur, on écrira, Mon
général, mon Colonel et non Monsieur le Colonel ;
2. Phrase introductive : on utilisera la formule suivante : j’ai l’honneur de
venir très…………, on évitera des phrases très longues. S’il faut réserver une réponse à
une lettre administrative, on préfère commencer par rappeler l’objet de la lettre
reçue : en réponse à votre lettre N° du … janvier, relative à …. J’ai l’honneur de ……….
Il existe d’autres formules introductives :
- J’ai l’honneur de vous prier de vouloir,
- J’ai l’honneur de vous faire connaître,
- J’ai l’honneur de vous faire savoir,
- J’ai l’honneur de vous exprimer,
- L’honneur m’échoit de venir très respectivement.
3. Style attestant le respect et autorité : un supérieur doit utiliser cette
formule pour faire connaître un fait au subalterne ; je vous fais savoir….d, je vous fais
remarquer…., j’appelle votre attention sur ……
Tandis que pour adresser un document à son subordonné, il écrira : je vous
adresse, je vous envoie, je vous prie de me réserver… je vous transmets…
67
Par ailleurs, s’il veut donner un ordre, il écrira : je décide que…, je désire
que vous … je vous serai obligé de …. ;
Quant à soumettre une proposition au supérieur, le subalterne va écrire :
Je propose que …, je suggère …, je soumets à votre appréciation …
4. Formule de courtoisie de la fin de la correspondance : ici, la courtoisie,
le respect, le dévouement sont des termes clés mettant fin à une correspondance
administrative. Exemple : je vous prie d’agréer, Monsieur le S/Proved,… ; on peut
aussi recourir aux termes tels que : recevez, veuillez, agréer, croyez.
NB : On emploie le terme :
Recevez que quand on s’adresse à un subordonné, on peut le remplacer
par : je vous prie….
Agréer est utilisé entre égaux ;
Croyez c’est un terme amical. On ne peut pas dire : veillez croire,
Monsieur à l’expression de mes sentiments distingués mais on peut écrire : croire à
mes sentiments respectueux ;
Considération : on adresse à un supérieur ; veuillez agréer, Monsieur le
Proved, l’expression de ma considération distinguée ou agréer, Monsieur, l’assurance
de ma considération distinguée.
NB : Ce concept est d’usage en s’associant au terme accorder (pour les
égaux) et exprimer (pour les supérieurs : exemple : veuillez agréer, Monsieur…,
l’expression de ma considération distinguée) ;
Sentiments : on peut dire, à mes sentiments affectueux, sentiments
cordiaux pour les égaux mais sentiments respectueux, dévoués pour les supérieurs ;
Dévouement : lorsque l’on écrit à une personne avec laquelle on a de
liens affectueux. Exemple : veuillez agréer, MR…,d l’expression de mon entier et
respectueux dévouement.
Estime : d’usage commercial et privé mais rarement employé dans
l’administration. Exemple : vous savez, Monsieur… que toute ma confiance vous est
acquise ainsi que mon estime affectueuse.
68
Gratitude : c’est un terme de remerciement à un correspondant ;
exemple : veuillez agréer, Monsieur l’assurance de ma profonde gratitude ;
Hommage : pour une lettre destinée au chef de l’Etat, à un souverain.
[Link].2. REGLES DE PRESENTATION DE LA CORRESPONDANCE ADMINISTRATIVE
1. Ne saisissiez que sur la page et non recto verso ;
2. Utilisez les interlignes simples ;
3. Mettez l’en-tête que sur la première page ;
4. Séparez les paragraphes par une double interligne ;
5. Evitez les ratures et surcharges ;
6. Le papier devra être propre et adapté à la correspondance.
[Link]. TYPOLOGIE DES LETTRES ADMINISTRATIVES
1. LETTRE D’ACCUSE DE RECEPTION
Généralement, la règle est qu’il n’y ait pas d’accusé de réception pour une
lettre à moins que le correspondant la demande, ou si la réponse nécessite une
enquête à réaliser, soit encore s’il y a réacheminement d’une réponse mal adressé.
2. LETTRE DE TRANSMISSION
A pour but de faire parvenir un document ou un dossier à un tiers. On
recourt au bordereau de transmission si la correspondance est importante ou parce
que l’on voudrait garder les traces.
3. LETTRES DE REACHEMINEMENT D’UNE CORRESPONDANCE MAL
ADRESSEE
C’est quand on reçoit une correspondance destinée à une autre personne.
4. LETTRE D’INFORMATION : celle que l’on tient informer l’autorité ou
d’un particulier. Le style est : j’ai l’honneur de vous rendre compte de ce que… ; ou
soit j’ai l’honneur de porter cette information à votre connaissance….
5. LETTRE DE DEMANDE D’AVIS OU D’INSTRUCTION : formule : j’ai
l’honneur de vous prier de bien vouloir me faire connaître la suite à réserver à cette
demande.
69
6. LETTRE D’ATTENTE : je fais des enquêtes sur le sujet et je ne manquerai
pas de vous connaître dès que possible la suite…
7. LETTRE DE PROPOSITION : elle nécessite une prise de décision d’où il
faudrait que l’on rassemble des informations importantes capables d’éclairer la
décision à prendre.
8. LETTRE DE RAPPEL DE CORRESPONDANCE : Exemple : je vous serai gré
de vouloir bien donner d’urgence la suite qu’elle comporte … veuillez agréer…
Notons qu’il existe deux catégories des lettres : lettre administratives
personnelles (l’individu écrit à l’administration) et celle qui consiste à un échange
entre les services (lettre administrative ou de service).
[Link]. AUTRES DOCUMENTS ADMINISTRATIFS
1. Le procès-verbal : c’est le récit précis d’un exposé fait par une personne
compétente. Il est dressé à la demande d’un chef compétent, par un agent habile de
le faire ; exemple : procès-verbal de remise et reprise.
Le contenu d’un PV
- Un préambule qui contient l’énoncé de circonstance de temps, des
personnes et d’action ;
- Un développement dans lequel sont relatés les faits qui font l’objet du
PV ;
- Une conclusion indiquant la date, la signature (à droite pour le chef et à
gauche pour le secrétaire.
Pour ce qui est des PV des réunions et des séances, les éléments suivants
sont les importants : la nature, la date, le lieu de la réunion, l’heure du début et de la
fin.
2. Compte rendu : a pour mission de porter à la connaissance du chef un
incident peu important ou grave en attendant la rédaction d’un rapport détaillé.
Il comporte les étapes suivantes :
- Titre : compte rendu de la réunion du 25 Mars 2013 du Conseil de
l’établissement ;
70
- Une phrase liminaire rappelant le lieu, la date, le nom et la qualité de celui
qui préside la réunion, les noms et la qualité des membres présents et absents et
excusés.
Exemple : le quinzième jour du mois de novembre deux mille treize, à 8
heures s’est tenue la réunion du conseil de l’école sous la président du chef
d’établissement.
Etaient présents :………………………………………………………………………
Etaient absents :………………………………………………………………………
3. Les visiteurs des classes (ce point ayant des liens avec l’inspection, nous
avons jugé propice de considérer comme faisant de la deuxième partie.
71
SIXIEME CHAPITRE : DOCUMENTS DE LA GESTION D’UNE ECOLE PAR LE CHEF
D’ETABLISSEMENT
I. LA GESTION ADMINISTRATIVE
I.1. Loi cadre n° 86-05 : C’est un document qui contient les lois règlementant
l’enseignement primaire, secondaire, professionnel, supérieurs, universitaires et
recherche scientifique.
I.2. Instructions officielles : c’est le recueil des instructions officielles ;
I.3. Calendriers officiels : C’est un document qui détermine le nombre de jours de
classe réparti en période, trimestre, semestre et détermine aussi les jours fériés. C’est
le gouvernement qui le met à la disposition des écoles.
I.4. Règlement intérieur : C’est un document que chaque école doit élaborer en
tenant compte des réalités du milieu.
I.5. Dossier : voir si tous les dossiers existent.
I.6. Acte juridique : Document officiel justifiant ou autorisant l’existence et le
fonctionnement d’une école : Arrêté d’agrément ou titre de propreté.
I.7. Remise et reprise : c’est un document de passation de pouvoir entre deux chefs
d’établissement ; entrant et sortant.
I.8. Inventaire : ici on voit l’inventaire du patrimoine de l’école ; c'est-à-dire tous les
biens, équipements, immobiliers, mobiliers, technique et autres,…
I.9. Note de service : Concerne la communication aux enseignants et leur prise de
connaissance.
I.10. Affichage : Concerne le système et un lien d’affichage.
I.11. Courrier : indique les courriers reçus et expédiés ainsi que leur classement.
I.12. Rapports administratifs : Classement des rapports de la rentrée et de fin
d’année, trimestriel, semestriel.
I.13. Rapports des réunions : concerne les PV de toutes les réunions tenues à l’école.
I.14. Assurance scolaire : C’est un document qui stipule l’assurance des élèves et des
enseignants à la SONAS avec les pièces justificatives des paiements des frais.
72
I.15. Palmarès : concerne les résultats de toute l’école et cela doit être transmis à la
hiérarchie et aussi parfois échanges avec d’autres écoles.
I.16. Dossiers médical : est un registre pour les cas spécifiques des maladies des
élèves.
I.17. Inspection administrative : contient les rapports des inspections administratives.
I.18. Mise en place du personnel : C’est un document élaboré en faveur des
enseignants effectifs ; cela doit être classé et expédiée à la hiérarchie.
I.19. Dossier individuel du personnel : chaque personnel doit en avoir et aussi bien
classe.
4. I.20. Attribution du personnel : c’est un système de la décentralisation du pouvoir
faisant que chacun s’occupe de sa tâche.
I.21. Absence du personnel : Toute absence motivée ou non motivée doit être
signifiée dans ce document.
I.22. Registre d’inscription : C’est un document pour tout élève qui s’inscrit dans une
année scolaire dans une école.
I.23. Registre matricule : C’est un document qui prévoit un numéro d’ordre à tout
élève et la date de sortie.
I.24. Dossiers individuels écoliers/élèves : chaque élève doit avoir un dossier complet
et classé au bureau.
I.25. Fichiers : sont des petites boîtes chacune par classe contenant des fiches de
renseignement de chaque élève.
I.26. Liste par classe : Existe dès le premier jour de la rentrée.
I.27. Registre d’appel : Pour le personnel et par classe pour les élèves et aussi les
moyennes de présences qui doivent être calculées.
I.28. Conseil de discipline : Document qui contient toutes les procédures du
redressement de la conduite des élèves.
I.29. Retenu, exclusion, absence : C’est un registre pour chaque cas et signifier le
motif.
I.30. PV de délibération : ayant trait à la délibération et signé par tous les participants.
73
I.31. Copies des bulletins : sont des bulletins brouillons qui doivent être bien classés.
I.32. Emission de titre : c’est un registre pour délibérer les certificats ou diplôme aux
lauréats.
I.33. Retrait des pièces : au cas de changement d’une école à l’autre.
I.34. Prévision budgétaire : document qui concerne les estimations des recettes et
dépenses.
I.35. Perception des contributions : conforme aux instructions officielles et les
différents taux.
I.36. Autres recettes : Document pour d’autres sources des recettes.
I.37. Versements imposés : voir le livre de caisse et pièces justificatives.
I.38. Stagiaire : c’est un registre de prestation des stagiaires : leurs notes
d’affectations, leurs cotations, suivie.
I.39. Paiement du personnel : C’est une liste de paie, montant et signatures des
bénéficiaires.
I.40. Rapports comptables : Doivent être élaborés avec beaucoup plus des soins et
pour expédition à la hiérarchie.
I.41. Gestion financière : ceci concerne le niveau des dépenses.
I.42. Gestion comptable : Document qui concerne l’uniformité correcte des écritures
dans le livre de caisse (sans rature ni surcharge).
I.43. Autofinancement : Concerne les ressources qui font entrer les recettes à l’école
à part les frais reconnus officiellement.
I.44. Plan d’opération : planification des activités d’une manière hebdomadaire,
mensuelle ou annuelle.
I.45. Agenda ou journal d’activité : Il est en même titre pour un Chef d’établissement
comme le journal de classe pour un enseignant.
I.46. Ordre et classement : autorise à l’inspecteur de voir si les documents sont
classés en ordre.
I.47. Esprit de collaboration : concerne la décentralisation des tâches par le chef
d’établissement envers ses collaborateurs.
74
I.48. Assiduité du personnel : concerne la prestation des enseignants et était de
service.
I.49. Discipline des écoles : vise l’atmosphère et l’ambiance générale de travail.
I.50. Port de l’uniforme : à observer pendant le rassemblement aux activités
matinales.
I.51. Relation avec autorités politiques : voir les correspondances, conflits, contacts.
I.52. Relation avec autorités administratives : vise le degré de collaboration envers les
inspecteurs, coordinateur, sous proved etc., et le chef d’établissement.
I.53. Relation avec les collègues : concerne la relation avec les autres collègues chefs
d’établissements.
I.54. Relation avec les parents : cela se remarque à partir des PV des réunions des
assemblées générales, les cahiers de communication,…
I.55. Recueil des visiteurs : les billets des visites, livres d’or ou avis du visiteur, les
billets d’audience, constituent ce document.
I.56. Ponctualité : des registres des présences et autres documents.
I.57. Disponibilité : le chef arrive le premier et quitte le dernier à l’école.
I.58. Responsabilité : elle concerne la réalisation des différentes activités prévues
dans son plan d’activité.
I.59. Imagination constructive : le chef d’établissement doit avoir l’esprit de créativité
ou d’initiative.
I.60. Sens du commandement : vise comment le chef d’établissement donne les
ordres.
II. GESTION DE LA PEDAGOGIE
II.1. Programmes : chaque cours inscrit au programme doit en avoir.
II.2. Instructions officielles : les différentes circulaires ministérielles représentées par
l’autorité locale.
II.3. Revue inspecteur : sont exploitées si elles existent.
II.4. Revue inspecteur : (vois p. 3).
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II.5. Semaine de la rentrée : consiste à organiser les réunions de la rentrée avec les
enseignants.
II.6. Prévisions des matières : sont élaborées en, conformité avec le programme.
II.7. Attribution des enseignants : chaque enseignant avec une portion de
responsabilité selon leurs capacités.
II.8. Horaire : élaboré en conformité avec le programme et en respectant les heures
par discipline.
II.9. Listes des manuels : Le répertoire des manuels utilisés par les élèves et par les
enseignants.
II.10. Liste des matériels : en rapport avec ceux qui existent.
II.11. Sujets devoirs/interrogation : cahier de question-réponse.
II.12. Copies devoirs/interrogation : Se conservent pour les recours des élèves et
certains parents.
II.13. Questions d’examen : Sont puisées dans le p.11 ; c’est la banque des questions.
II.14. Copies d’examen : sont conservées pour une éventuelle réclamation.
II.15. Inspection pédagogique : farde spécifique pour classer les copies d’inspection
pédagogique.
II.16. Activité parascolaire : Plan de jeux organisés, cultures, théâtres…
II.17. Cellule de base de formation : construction des unités pédagogiques.
II.18. Réunion pédagogique : classement des PV des réunions pédagogiques et les
thèmes développés.
II.19. Conseils de maître de classe : les maîtres des mêmes classes et les professeurs
de même discipline peuvent se réunir.
II.20. Contrôle des documents : le chef d’établissement contrôle les documents des
élèves, des maîtres, des professeurs des disciplines.
II.21. Visites des classes : classement des copies des visites des classes par semaine,
par mois, …
II.22. leçon de démonstration : c’est une commission organisée par les unités
pédagogiques.
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II.23. Encadrement des sous-qualifiés : le C.E insiste sur les aspects méthodologiques
et pédagogiques.
II.24. Formation continue des qualifiés : les stages et séminaires de formation sont
visés.
II.25. Outils de formations : consistent à l’exploitation des documents pour une
bonne évolution des matières.
II.26. Inspection de formation : Farde pour classer cette inspection de formation.
II.27. Discipline de travail : est une circulaire des répartitions des travaux.
II.28. Esprit de collégialité : vise la collaboration entre les qualifiés et les sous-
qualifiés.
II.29. Imagination pédagogique : fabrication des matériels pour former les écoliers,
suggestions des innovations.
II.30. Valeur pédagogique des sanctions imposées : on voit la valeur des
performances des apprenants.
II.31. Objectivité de l’évaluation : les notes attribuées aux élèves doivent être
méritoires. La réussite ou l’échec dépendent de certains critères.
II.32. Adéquation de l’orientation : Les élèves sont orientés en fonction de leur
performance.
II.33. Rendement interne : concerne les résultats des efforts communs des
enseignants et enseignés.
II.34. Rayonnement externe : la répartition de l’école, son attrait dans le milieu.
II.35. Développement communautaire : l’action d’éducation et d’instruction doit
contribuer au milieu où est implantée l’école.
SEPTIEME CHAPITRE : Déontologie de l’enseignant : définition et principes
77
Les enseignants, ces artisans de la pensée, ont une mission cruciale dans la
formation des jeunes esprits. Pour exercer leur métier avec excellence et intégrité, ils
doivent suivre une déontologie stricte. En effet, cette dernière doit comprendre un
préambule puissant qui énonce les missions de l’enseignant et les valeurs
professionnelles qui guident leur pratique.
Imaginez un instant un enseignant qui incarne la sagesse, l’expertise et la
passion pour l’enseignement, un enseignant qui établit les normes les plus élevées
pour lui-même et pour les autres. C’est cette vision ambitieuse qui doit être reflétée
dans la déontologie de chaque enseignant, pour leur permettre d’atteindre les
sommets de leur art et d’inspirer leurs élèves à faire de même. Ainsi, la déontologie
de l’enseignant est un élément clé de sa pratique, qui doit être constamment revisité
et perfectionné pour assurer une formation de qualité et une éducation éthique pour
tous les apprenants.
7.1 C’est quoi la déontologie de l’enseignant ?
La question éthique et déontologique est fondamentalement liée au métier
d’enseignant. Ce métier n’a pas été défini par des compétences précises, ce qui
explique peut-être son lien étroit avec l’éthique et la déontologie. Pendant
longtemps, posséder une connaissance académique semblait suffisant pour
enseigner, mais cela ne permettait pas de distinguer l’enseignant du savant ou de la
personne cultivée. Cette antinomie a conduit à la nécessité de considérer
l’enseignement comme une profession à part entière, tout en lui refusant les
attributs habituels des professions, tels que les savoir-faire et les habiletés
techniques.
L’éthique apparaît alors comme la solution pour résoudre cette antinomie.
L’enseignant se distingue par des exigences morales et une attitude existentielle axée
sur son rapport à autrui, plutôt que sur la possession ou l’acquisition de
connaissances, comme c’est le cas pour les chercheurs ou les ingénieurs. La
déontologie a longtemps remplacé le manque de compétences strictement
professionnelles et a constitué une sorte de « professionnalisation par défaut » de la
pratique enseignante.
Aujourd’hui, alors que la professionnalisation de l’enseignement est devenue
primordiale (en particulier depuis la création des IUFM), la référence à la déontologie
78
et à l’éthique a évolué. Elle n’est plus considérée comme un complément d’âme ou
un substitut à une absence de professionnalité, mais au contraire, elle s’intègre aux
compétences exigées de l’enseignant. Par conséquent, la distinction entre technique
et éthique, entre les moyens et les fins, est remise en question à travers le concept
de pédagogie tel qu’il doit fonctionner aujourd’hui.
7.2. Définition simple de la déontologie de l’enseignant
La déontologie peut être décrite comme la théorie des obligations
professionnelles. Elle se concentre sur l’inventaire concret des obligations d’un
professionnel dans l’exercice de son travail plutôt que sur la fondation philosophique
de la notion d’obligation. Les dictionnaires modernes définissent la déontologie
comme l’ensemble des règles et des devoirs qui gouvernent une profession, la
conduite de ceux qui l’exercent et les relations avec le public ou les clients.
La déontologie a pour but de fournir une base commune de règles, de
recommandations et de procédures pour une pratique professionnelle donnée, en se
basant sur son axiologie. Cependant, la multitude actuelle de codes de conduite, de
chartes et de listes de « devoirs » dans le monde du commerce, souvent émanant des
employeurs ou des décideurs économiques pour contrôler les employés, obscurcit et
déforme l’idée déontologique.
Les règles déontologiques proviennent des groupes professionnels qui les
établissent par l’intermédiaire de leurs propres institutions, ordres professionnels,
associations ou syndicats, ce qui correspond à un phénomène d’autorégulation. La
déontologie reflète toujours le désir d’une profession de s’autoréguler. Pour
comprendre vraiment ce qu’est une déontologie professionnelle, il faut également
réfléchir à ses fonctions. À quoi sert une déontologie et quelles sont les grandes
fonctions qu’elle remplit dans une profession ?
7.3. Quelles sont les valeurs d’éthique et déontologie ?
79
Voici les principes d’éthique et les valeurs de déontologie :
L’empathie
L’empathie est un concept qui englobe la compassion, l’acceptation, l’intérêt
et le jugement nécessaires à la croissance et au développement de l’étudiant. Les
membres du corps enseignant montrent leur engagement envers le bien-être et
l’apprentissage de leurs élèves grâce à leur influence positive, leur jugement
professionnel et leur préoccupation pour le bien-être des autres.
Le respect
Le respect implique la confiance et l’objectivité. Les membres du corps
enseignant respectent la dignité humaine, le bien-être émotionnel et le
développement intellectuel. Leur façon de pratiquer leur profession reflète leur
respect des valeurs spirituelles et culturelles, de la justice sociale, de la
confidentialité, de la liberté, de la démocratie et de l’environnement.
La confiance
La confiance représente l’objectivité, l’ouverture d’esprit et l’honnêteté. Les
interactions professionnelles des membres avec les élèves, les collègues, les parents,
les tuteurs et le public sont fondées sur la confiance.
L’intégrité
L’intégrité implique l’honnêteté, la fiabilité et la moralité. La réflexion
constante aide les membres à agir avec intégrité dans toutes leurs activités et
responsabilités professionnelles.
En outre, les normes de pratique de la profession mettent en avant
l’engagement des enseignants envers les élèves et leur apprentissage ainsi que la
coopération avec d’autres intervenants pour créer des communautés
d’apprentissage. En somme, les valeurs fondamentales promues dans les codes de
déontologie des enseignants du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario incluent
l’intégrité, l’empathie, le respect, la confiance, la dignité, la liberté, la
confidentialité, la responsabilité et la collaboration.
7.4. Quel est le rôle de la déontologie ?
Chaque lieu de travail a son propre ensemble de codes éthiques – mais
pourquoi? Pourquoi la déontologie professionnelle est-elle si importante au travail?
80
Une bonne éthique peut aider à gagner la confiance des supérieurs tout en
promouvant l’intégrité, ce qui signifie continuer à faire les bonnes choses même
lorsqu’elles ne sont pas surveillées. Bien que l’importance de l’éthique dans la vie
professionnelle puisse être démontrée par plusieurs cas de défaillance des
entreprises, il est préférable de le montrer à travers la lentille de la positivité.
La déontologie professionnelle promeut l’égalité, l’impartialité et un état
d’esprit collaboratif dans un environnement de travail. Le maintien des normes
éthiques garantit que toutes les personnes au travail sont traitées de manière égale
et respectueuse, et cela est essentiel pour la prospérité de cette école ou
organisation ainsi que pour le développement de la personnalité d’une personne.
Une bonne éthique aidera également à maintenir l’image honnête de l’école ou de
l’organisation. Cela aidera à éviter les activités qui discréditent la profession et, par
conséquent, l’institution dans son ensemble. Ainsi, l’adhésion à l’éthique consiste à
laisser la conscience prendre les commandes en tout temps.
Une déontologie remplit trois grandes fonctions :
Faciliter l’engagement et la décision
La déontologie a pour but de faciliter les décisions et les engagements en
fournissant un cadre pour la prise de décision en situations complexes et difficiles.
Elle sert à éclairer les professionnels dans leur pratique, en leur offrant une
orientation plutôt qu’un carcan limitant. Elle devient alors une référence à des
valeurs plutôt qu’une source de faute et de sanction. La déontologie aide les
décideurs à prendre des décisions en toute connaissance de cause et à naviguer dans
des contextes incertains.
Définir l’identité d’une profession
Une déontologie est un document qui vise toujours à répondre à la question
« quoi? » – Qu’est-ce que signifie construire pour un architecte ? Qu’est-ce que
signifie informer pour un journaliste ? Que signifie prodiguer des soins pour un
médecin ? Une déontologie définit une identité professionnelle. Les motifs d’un
nouveau code pour les psychologues en sont un exemple clair. « Cette refonte, selon
le texte, est encore plus nécessaire car l’exercice professionnel de la psychologie s’est
considérablement diversifié. Plus l’inscription sociale de la discipline est confirmée,
81
plus les responsabilités sont grandes, rendant difficile le maintien d’une réflexion
éthique, qui fonde cependant l’essence même de la compétence.
La loi de 1985 a concrétisé l’existence d’une communauté professionnelle aux
contours flous en raison des spécialisations et de leur cloisonnement. Il s’agit donc
d’adapter à une nouvelle donne socio juridique, mais surtout de redéfinir une
identité professionnelle en clarifiant la spécificité d’un champ et la finalité des
missions assignées.
7.5. Améliorer la moralité des pratiques professionnelles.
Enfin, une déontologie définit les bonnes et les mauvaises pratiques. Il ne s’agit
pas de critiquer certaines pratiques pédagogiques, mais plutôt de fournir des critères
socio-éthiques pour juger de la validité ou de la réjection de ces pratiques. Elle
identifie les pratiques douteuses, ambiguës ou illégales du point de vue de la morale
sociale, afin de ne retenir que celles qui sont dignes d’être pratiquées. En fait, une
déontologie ne crée rien de nouveau, elle ne fait que réglementer ou valider les
normes déjà en place dans les pratiques professionnelles. Dans toutes les
professions, il y a des actions à effectuer et à éviter. Ainsi, elle représente une sorte
de sagesse collective issue des débats qui animent une profession.
7.7. Qu’est-ce que l’éthique professorale ?
La différence entre l’éthique et la morale réside dans le fait que l’éthique se
concentre sur les actions considérées comme bonnes dans la vie, tandis que la
morale concerne les obligations et les interdictions qui ont une exigence
d’universalité et qui impliquent une contrainte.
C’est à l’éthique et à sa fonction délibérative de déterminer la direction de la
conduite dans les différentes situations qui se présentent dans la réalité complexe qui
dépasse toujours les limites du normatif.
L’éthique et morale sont donc complémentaires dans la mise en œuvre d’une
éthique personnelle et professionnelle. Ethique et morale reposent également sur le
choix d’une base de valeurs qui orientent les relations avec les autres, ces valeurs
deviennent normatives dans une perspective morale. Au niveau professionnel, ces
deux aspects de la réflexion axiologique se traduisent par deux formes d’éthique :
82
une éthique réflexive et appliquée et un cadre éthique normatif qui fait partie d’une
déontologie professionnelle.
7.8. Quelle est la différence entre éthique de la profession enseignante et morale ?
Dans le métier d’enseignant, il est difficile de faire la distinction entre la
déontologie professionnelle et la morale, car c’est le seul métier où il est impossible
de séparer la vie privée et publique. L’enseignant doit être irréprochable dans sa vie
personnelle, car il représente toujours son métier, même en dehors de la classe. Les
termes utilisés pour décrire l’enseignement sont similaires à ceux utilisés pour le
sacerdoce, montrant la nature religieuse et sacerdotale de l’enseignement.
La déontologie implique généralement des devoirs professionnels spécifiques
ainsi que des droits corrélatifs associés. Cependant, dans le cas de l’enseignement,
cette relation classique ne s’applique pas. Le Code Soleil se termine en donnant un
conseil aux jeunes enseignants, les invitant à ne pas trop se concentrer sur leurs
droits et à se rappeler que l’exercice inconsidéré d’un droit peut entraîner une faute.
L’enseignant doit suivre une éthique « sacrificielle », qui le pousse à se consacrer
entièrement à sa tâche, à faire des sacrifices personnels sans rien attendre en retour,
et à se mettre complètement de côté.
On considère l’éthique comme une morale professionnelle, tandis que les
employeurs définissent la déontologie comme un ensemble de principes, de règles et
d’obligations destiné à guider le comportement des travailleurs ou des
fonctionnaires. Pour les enseignants, une déontologie rigoureuse est nécessaire en
raison de la nature sensible des enfants sur lesquels ils travaillent.
7.9. Pourquoi une éthique et une déontologie liées à la profession d’enseignant ?
L’éthique et la déontologie ont une importance cruciale pour la profession
d’enseignant, car elles fournissent un cadre moral pour la pratique professionnelle.
Elles aident les enseignants à faire des choix éthiques en matière d’enseignement,
d’interactions avec les élèves, les parents, les collègues et les autres parties
prenantes, et à résoudre les dilemmes éthiques qui peuvent survenir dans leur
travail.
83
En outre, l’éthique et la déontologie sont des garanties pour les élèves, les
parents et la société en général que les enseignants exercent leur métier de manière
qualifiée et éthique. Ils sont également des garanties pour les enseignants eux-
mêmes que leur travail est en adéquation avec les normes professionnelles éthiques,
ce qui peut renforcer leur confiance en leur travail et en eux-mêmes.
Enfin, l’adoption d’une éthique et d’une déontologie solides peut aider à
renforcer la crédibilité et la légitimité de la profession d’enseignant en général, ce qui
peut contribuer à renforcer son rôle et sa place dans la société.
7.10. Quels principes éthiques respecter pour être un bon prof ?
Le Code Soleil, un livre de référence pour les instituteurs pendant des
décennies, montre la place privilégiée de l’exigence éthique dans le métier
d’enseignant. Le livre ouvre avec un chapitre consacré à la morale professionnelle,
montrant l’importance de celle-ci dans la définition même du métier.
L’école vise moins l’inculcation de connaissances que la réalisation d’une
éducation morale et civique, et de même, le maître enseigne plus par sa personne
que par ses connaissances.
L’enseignant est un modèle
Le maître doit d’abord maîtriser soi-même, en s’imposant des disciplines
telles que la ponctualité, la patience, le sens de l’effort et le goût de l’ordre. Cela fait
partie de ses obligations déontologiques car il ne peut enseigner des vertus à ses
élèves s’il ne les pratique pas lui-même. L’enseignant se considère comme un modèle
et enseigne plus par son comportement que par ses paroles et ses actions.
Une présence charismatique
Le second aspect important pour un éducateur est d’avoir du dynamisme et
une présence charismatique qui peut inspirer la classe tout entière. Enseigner n’est
pas seulement une question de connaissances et de techniques, mais une relation
mimétique impliquant une influence et une séduction. Par conséquent, on considère
qu’un enseignant doit avoir du charisme pour être compétent dans son métier. Si un
enseignant ne possède pas cette qualité, on peut le considérer comme incompétent.
84
Nouvelles transformations et leurs effets
Est-ce que le modèle traditionnel de l’enseignement est toujours en vigueur
aujourd’hui ? Oui, pour une minorité de professeurs qui sont nostalgiques de l’âge
d’or de leur profession. Ils déplorent l’influence des techniques issues des sciences de
l’éducation et des nouvelles technologies sur le métier d’enseignement. Ils réclament
une réforme qui conférerait une éthique et une déontologie au métier d’enseignant,
car on peut considérer ce dernier comme un simple « technicien de l’éducation » ou
un « professionnel » évalué uniquement en fonction de ses compétences et de ses
connaissances, plutôt que de sa personnalité et de ses valeurs morales.
La loi d’orientation sur l’éducation de 1989
La loi d’orientation sur l’éducation de 1989 a apporté une modification
importante au statut de l’enseignant. On a redéfini les finalités du système éducatif
pour inclure non seulement l’acquisition d’une culture générale et le développement
de la personnalité de l’élève, mais également pour permettre à l’élève de s’insérer
dans la vie sociale et professionnelle et contribuer à l’égalité des chances.
Les contraintes de ce changement
Ce changement pose un problème de contradiction entre l’égalité formelle
et l’égalité réelle. L’enseignant ne peut plus être impartial et doit faire des choix pour
favoriser les défavorisés. Les exigences déontologiques concernent non seulement
l’enseignant en tant que personne, mais aussi sa relation aux élèves et à leur milieu
familial et social. Il doit avoir des compétences relationnelles et des capacités de
gestion des conflits pour soutenir l’égalité en tant que combat quotidien.
L’insertion sociale et professionnelle de l’élève est importante. Il ne s’agit
plus seulement d’une simple socialisation mais d’un accès à l’autonomie dans toutes
ses composantes. Pour que l’enseignement ne se réduise pas à la juxtaposition de
disciplines, l’enseignant doit être au courant des évolutions de la société moderne et
ne pas faire de distinction entre des apprentissages nobles et subalternes. La
déontologie enseignante comporte deux aspects, ce qui est réglementairement
exigible de l’enseignant et ce qui varie selon le titre. Par exemple, un enseignant peut
refuser de prendre en charge la lecture pour des élèves de 6ème qui sont de mauvais
lecteurs s’il n’est pas formé pour le faire.
Les compétences à acquérir et les exigences déontologiques sont désormais
indissociables dans le domaine de l’enseignement. On peut considérer
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l’incompétence d’un enseignant du service public comme une faute morale, car la loi
d’orientation de 1989 exige des qualifications particulières pour le service public
d’enseignement. Les compétences en question concernent la gestion de
l’hétérogénéité socioculturelle et scolaire des élèves et la lutte contre l’échec scolaire
considéré comme un scandale moral et un gaspillage des ressources publiques.
7.11. Nouvelle déontologie de l’enseignant
La nouvelle déontologie de l’enseignant est formulée de manière précise
dans la circulaire du 29 mai 1997 relative à la mission du professeur en collège, lycée
d’enseignement général et technologique ou lycée professionnel. Les exigences se
regroupent en trois composantes essentielles: une composante relationnelle, où le
professeur doit considérer ses élèves comme des personnes capables d’apprendre et
de progresser; une obligation d’individualisation de l’enseignement; et un débat
éthique entre égalité et équité en matière d’éducation. Les personnes qui s’opposent
à l’individualisation de l’enseignement argumentent que cela contreviendrait à
l’égalité absolue que le professeur doit maintenir entre les élèves.
Le rapport Meirieu
Selon le rapport Meirieu, le professeur d’aujourd’hui doit être un individu qui
travaille en équipe avec ses collègues et qui a une responsabilité dans l’acquisition de
la langue française et des capacités d’expression des élèves. Il doit également être
capable de comprendre le sens social, culturel et historique de sa pratique et de
poursuivre sa propre formation tout au long de sa carrière. Le rapport Meirieu a
proposé de rendre obligatoire une formation pour les enseignants, mais les décideurs
n’ont pas adopté cette mesure, laissant ainsi le métier d’enseignant encadré par un
modèle libéral.
Rendre la formation continue une obligation déontologique, reconnaître que
l’institution ou au moins l’équipe éducative peut définir des priorités, imposer des
méthodes ou des stratégies définies collectivement, et exiger en conséquence que le
personnel acquière la maîtrise, c’est sortir du modèle libéral et individualiste encore
largement ancré dans les mentalités. La notion de projet d’établissement, reconnue
aujourd’hui comme une obligation institutionnelle, va dans ce sens, mais nous
sommes loin de tirer toutes les implications statutaires et déontologiques.