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Devoir À Rendre: A Crise de La Alifornie Quelques Leçons À Retenir

Devoir D0042 CEJM - EFC

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ÉCONOMIE – DEVOIR D0042

DEVOIR À RENDRE

LA CRISE DE LA CALIFORNIE : QUELQUES LEÇONS À RETENIR


Par Philippe U. Dunsky, directeur du Centre de recherches en énergie Hélios, publié dans
ElectriNet (2001)
Cinq ans seulement après avoir embarqué dans une restructuration complète de son marché
électrique, la Californie fait face à des augmentations faramineuses des prix du gros, à des
pannes de courant et à la menace de faillite des principaux distributeurs d’énergie.(...)

Dit simplement, la crise concerne l’offre et la demande. En effet, c’est un marché de vendeurs
- dans lequel la demande dépasse l’offre - qui est responsable du chaos qui afflige l’économie
de cet État de 30 millions de personnes. (...) L’essentiel du déséquilibre, semble trouver ses
origines dans le pouvoir de marché qu’exercent plusieurs producteurs et, plus concrètement,
dans leur capacité de retirer leur production du marché systématiquement, artificiellement et
en toute impunité. Les résultats de ce pouvoir de marché - et d’une collusion possible - sont
ensuite aggravés par des obstacles à la sensibilité de la demande, c’est-à-dire la capacité et
l’intérêt des consommateurs de réduire leur consommation en conséquence, un ingrédient
essentiel au bon fonctionnement de tout marché concurrentiel. (...) La vente des actifs de
production s’est faite à un nombre insuffisant de joueurs. De plus, l’État a négligé d’accorder
aux arbitres les pouvoirs et les capacités humaines nécessaires pour faire respecter les lois.
(...) Puis, comme pour aggraver la situation, le coordonnateur du marché - l’opérateur
indépendant du réseau - a choisi de publier systématiquement les quantités d’énergie
vendues par chaque producteur, facilitant ainsi la collusion en permettant aux producteurs de
vérifier le respect de leurs engagements illicites respectifs. Tous ces problèmes, mis
ensemble, ont permis aux producteurs de réduire l’offre et d’augmenter les prix de manière
outrageuse, à un point tel que les distributeurs, incapables d’en retransmettre les coûts en
raison du plafonnement temporaire des prix, ont dû accumuler des pertes de quelque 20
milliards de dollars (CAN) en l’espace de quelques mois.

Mais au-delà des problèmes générés par une baisse artificielle de l’offre, la crise à laquelle
fait face aujourd’hui la Californie est sensiblement aggravée par une demande artificiellement
élevée. Le concept même d’un marché libre implique que la demande veuille et puisse réagir
aux prix. En Californie, un gel temporaire des tarifs empêchait les distributeurs de transmettre
les vrais coûts - hauts ou bas - aux clients, créant ainsi une disjonction entre la demande et
les prix. Aveuglés par les prix, eux-mêmes fonction du niveau de la demande relativement à
l’offre (aussi artificiellement basse qu’elle puisse l’être), les consommateurs n’ont pas modifié
leur demande. Lorsque la demande ne peut répondre adéquatement aux prix, les marchés,
par définition, feront échec (...) Il est donc essentiel que la gestion de la demande soit
habilitée à jouer pleinement son rôle dans le théâtre des marchés concurrentiels d’électricité.
(En fait, trop de commentateurs continuent de croire que l’offre doit être augmentée pour
répondre à la demande, alors que le but d’un marché libre ou de tout autre régulateur de prix
est d’assurer que l’offre et la demande s’ajustent à elles-mêmes.) (...)

Dans la même veine, la demande doit avoir accès aux encans du lendemain (« dayahead »)
qui déterminent les prix du marché. En effet, le cœur des marchés concurrentiels d’électricité
est typiquement la Bourse d’électricité, à laquelle les producteurs envoient leurs soumissions

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(quantités et prix) pour répondre aux prévisions les plus récentes de la demande du
lendemain. Pourtant, les gestionnaires de la demande se voient souvent refuser l’accès à ces
encans. Les concepteurs de marchés concurrentiels doivent dorénavant s’assurer que les
règles du marché permettent aux gestionnaires de la demande de soumettre leurs
« mégawatts » aux bourses d’électricité, de sorte que c’est l’option la plus économique -
réduction de la demande ou augmentation de la production - qui soit privilégiée en tout temps.

Enfin, les résultats de la vaste majorité des recherches réalisées à ce sujet depuis plus de 25
ans démontrent, de façon on ne peut plus claire, l’importance de prévoir des investissements
considérables en vue d’améliorer l’efficacité énergétique du parc d’équipements de
consommation. En effet, ces résultats font état de pannes significatives dans le marché à cet
égard, de coûts sensiblement moins élevés que pour produire et livrer des quantités
équivalentes d’énergie, et d’effets nets positifs tant sur la croissance économique et la
position concurrentielle des entreprises que sur la création d’emplois et, bien entendu, la
protection de l’environnement. Parmi les mauvaises décisions prises lors de l’ouverture du
marché californien à la concurrence, il y a celle de couper de 54 % les investissements en
efficacité énergétique. (...)

En dernière analyse, les décideurs qui songent à ouvrir leurs marchés de l’électricité à la
concurrence devront procéder prudemment. Car l’électricité n’est pas une denrée comme les
autres : elle est essentielle, sa production et sa consommation doivent se faire de façon
simultanée ; elle est non stockable et elle externalise une partie importante de ses coûts. Pour
toutes ces raisons, la marge d’erreur acceptable est trop mince pour que des concessions
soient faites aux grands producteurs, que des obstacles aux nouvelles technologies et aux
nouveaux concurrents soient maintenus ou que les investissements en efficacité énergétique
ne soient pas réalisés. Faute de quoi les conséquences, comme le constatent aujourd’hui les
Californiens, peuvent s’avérer désastreuses.

Question
Sous l'impulsion des institutions européennes, le marché français aux particuliers de
l'énergie est ouvert à la concurrence (privatisation partielle d'EDF et de GDF).
Après avoir rappelé le fonctionnement des marchés en concurrence parfaite et imparfaite
dont il est question dans le texte, vous présenterez les arguments en faveur de la
libéralisation du secteur de l'énergie. Vous vous demanderez également si l'électricité est
un bien comme un autre, et quels pourraient être les limites et les inconvénients de
l'ouverture du secteur électrique à la concurrence.
Le texte ci-dessus doit vous servir à appuyer votre réflexion.

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