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Instrumentations

cours instrumentation

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Interaction rayonnements-matière

1. Introduction
L’interaction des rayonnements ionisants conduit à un transfert d’énergie dans la matière,
cette interaction ce fait soit avec les électrons du cortège électronique ou avec le noyau.

2. Définition du rayonnement
On appelle rayonnement ou radiation le processus d’émission ou de transmission d’énergie
sous la forme d’ondes électromagnétiques ou de particules, et selon la valeur de l’énergie on peut
les classer en deux catégories.

3. Classification des rayonnements


Selon leurs énergies (selon leur effet sur la matière), les rayonnements peuvent être classés en
deux catégories.
 Rayonnements non ionisants;
 Rayonnements ionisants.

3.1 Rayonnements non ionisants


Ce sont des rayonnements qui renferment les ondes électromagnétiques les moins
énergétiques, dont la longueur d’onde est supérieure à 100 nm.

3.2 Rayonnements ionisants


Les rayonnements ionisants consistent en particules, y compris des photons, qui arrachent des
électrons à des atomes et des molécules. Toutefois, certains rayonnements d’énergie relativement
faible, comme les rayons ultraviolets, peuvent être ionisants dans des conditions particulières. Pour
les distinguer des rayonnements qui provoquent toujours l’ionisation, on définit un seuil arbitraire
d’énergie, en général 10 kilo-électronvolts (k eV), à partir duquel les rayonnements sont dits
ionisants. Exemples : les particules chargées (e-, e+, protons, α).

3.2.1 Classification des rayonnements ionisants selon leurs modes d'ionisation


Les rayonnements ionisants se distinguent en deux catégories:
 Rayonnements directement ionisants;
 Rayonnements indirectement ionisants.
3.2.1.1 Rayonnements directement ionisants
Ce sont toutes les particules chargées ; électrons, protons, particules α et ions lourds. Ils
cèdent directement leurs énergies aux électrons atomiques du milieu (ou moins probablement au
noyau) a travers l'interaction coulombienne.

3.2.1.2 Rayonnements indirectement ionisants


Ce sont les rayonnements neutres ; neutrons, photons γ et X. Ils transfèrent leurs énergies en
deux étapes :
 En première étape, le rayonnement libère une particule chargée dans le milieu (les photons
relâchent des électrons ou des positons. Les neutrons libèrent des protons ou ions lourds).
 Dans la deuxième étape, les particules chargées libérées déposent leurs énergies au
milieu a travers l'interaction coulombienne.

Rayonnements

Non ionisants Ionisants

Electromagnétiques (λ >100 nm) Directement ionisants Indirectement ionisants

Particules chargées Electromagnétiques (λ<100 nm)

Fig. 01 : Classification des rayonnements selon leurs modes d'ionisation

3.2.2 Classification des rayonnements ionisants selon leurs natures


Les rayonnements ionisant peuvent être classifiés en deux classes selon leur nature:
 Rayonnements particulaires.
 Rayonnements électromagnétiques.

3.2.2.1 Rayonnements particulaires:


Ils représentent les particules possédant une masse au repos. Elles peuvent être :
 Chargées : électrons, positons, protons, ions (particules chargées lourdes). Elles interagissent
avec le milieu par interactions coulombiennes, principalement avec les électrons atomiques
(interaction plus probables) et moins fréquemment avec les noyaux.
 Neutres : les neutrons. Lors de leurs passage dans le milieu, les neutrons perdent de
l’énergie, soit, par ralentissement, par collisions sur les noyaux du milieu traversé (interaction
favorable pour les neutrons rapides), soit par capture neutronique et réactions nucléaires
(interactions très probables pour les neutrons lents et thermiques).

3.2.2.2 Rayonnements électromagnétiques :


Ce sont les photons γ résultant de transitions nucléaires, les rayons X caractéristiques émis
lors des transitions des électrons en orbites atomiques et les rayonnements de freinage
(Bremsstrahlung) envoyés lors des interactions coulombiennes des électrons rapides avec le noyau
atomique (décélération des électrons rapides au voisinage du noyau). Les rayonnements
électromagnétiques interagissent avec la matière par différents processus : effet photoélectrique,
diffusion Compton, production des paires électron-positron, …
 Ondes radio ;
R Electromagnétiques  UV ;
A Non ionisants
λ > 100 nm  Visible ;
Y  IR ;
O  Micro ondes.
N
N
E Electromagnétiques  Photons X ;
M λ < 100 nm  Photons γ.
E
N
T Ionisants
S Non chargées Neutron
s

Particules Légère Electrons


s

Chargées
 ;
 ;
Lourde  ;
s  ;
 Alpha.

Fig. 02 : Classification des rayonnements selon leur nature

4. Interaction des particules chargées avec la matière


4.1 Interaction électron - matière
Les électrons sont des particules chargées légères possédant une charge négative. Lorsque ces
électrons traversent un milieu matériel ils interagissent avec les atomes du milieu traversé, ils vont
perdre leur énergie cinétique. Cette interaction se fait soit avec les électrons du cortège
électronique, soit avec le noyau des atomes où l’énergie de l’électron incident est suffisamment
élevée. Dans le cas d’une interaction électron-électron on parle de collision. Il se produit alors
l’ionisation et l’excitation alors que dans le cas d’une interaction électron - noyau on parle de
phénomène de freinage.

4.1.1 Phénomène d’ionisation :


Ces interactions sont les plus probables. L’électron incident transfère une partie de son
énergie cinétique à l’électron atomique (dans le cas de l’ionisation l’énergie transférée par l’électron
incident doit être supérieure à l’énergie de liaison de l’électron atomique). Ce dernier est extrait de
son orbite.

4.1.2 Phénomène d’excitation :


Si l'énergie transférée par l'électron incident est supérieure ou égal à l’énergie de liaison de
deux couches électroniques de l'atome cible, l’électron atomique passe d’une couche électronique à
une autre plus élevée, c’est le phénomène d’excitation. Cet atome va chercher à retrouver son état
original. Lors de son retour à la couche interne l’énergie est libérée sous forme d’un photon dont la
valeur d’énergie dépendra de la différence entre les deux niveaux énergétiques, on parle de
réarrangement du cortège électronique.

4.1.3 Phénomène de freinage :


C’est un phénomène très rare où les électrons vont interagir avec les noyaux atomiques, ces
électrons vont être déviés en cédant une partie de leur énergie au noyau sous l’effet de champ
coulombien de ce noyau. L’énergie perdue est émise sous la forme de rayonnement X, dit rayon de
"freinage".

4.2 Interaction des positrons :


Les positrons sont des particules chargées légères qui portent une charge électrique
élémentaire positive. L’interaction entre un positron et la matière conduit au phénomène de
l’annihilation de la matière qui consiste à une association d’un (positron et un électron négatif, lors
de cette dématérialisation deux rayonnements électromagnétiques vont êtres émis sous forme de
photon d’énergie 511 K eV et de direction opposés (angle de 180°).

5. Interaction des rayonnements électromagnétiques (X, γ) avec la matière :


Les rayonnements électromagnétiques sont des rayonnements très pénétrants dans la matière
puisqu’ils ne possèdent pas une masse ainsi que leurs parcours dans l’air est très important de
l’ordre de plusieurs mètres tout dépend de leurs énergie. L’interaction de ce type de rayonnement
avec la matière induit un mouvement des électrons qui vont ioniser la matière selon les phénomènes
d’interaction. Donc les rayonnements électromagnétiques sont des rayonnements indirectement
ionisants, les plus courants étant les photons de plus de 10 k eV (rayons X et gamma). Les photons
des rayons X et gamma provoquent l’ionisation de la matière d’au moins trois manières différentes:

 Les photons de faible énergie agissent essentiellement par effet photoélectrique, chacun
d’eux cédant toute son énergie à un électron, qu’il détache de l’atome ou de la molécule. Le photon
incident disparaît.
Fig. 03 : Effet photoélectrique

 Les photons d’énergie intermédiaire agissent surtout par effet Compton: photons et électrons
entrent essentiellement en collision en tant que particules. Le photon poursuit sa course dans une
direction différente avec une énergie réduite, tandis que l’électron libéré s’éloigne après avoir
acquis le reste de l’énergie du photon (moins l’énergie de liaison de l’électron à l’atome ou à la
molécule).

Fig. 04 : Effet Compton


 La production de paires n’est possible qu’en présence de photons dont l’énergie dépasse
1,02 MeV (toutefois, à cette valeur, l’effet Compton continue à dominer, la production de paires ne
devenant prépondérante qu’à des valeurs d’énergie supérieures). Le photon se désintègre, laissant à
sa place une paire électron-positon (ce qui ne se produit qu’au voisinage d’un noyau, par suite du
principe de la conservation de l’impulsion et de l’énergie). L’énergie cinétique totale de la paire
électron-positon est égale à l’énergie du photon moins la somme des énergies correspondant à la
masse au repos de l’électron et du positon (1,02 MeV). Les paires électron-positon poursuivent
ensuite leur course en tant que rayonnements directement ionisants. Après avoir perdu une partie de
son énergie cinétique, le positon finit par rencontrer un électron, ce qui entraîne l’annihilation des
deux particules avec émission (en général) de deux photons de 0,511 MeV d’énergie à 180 degrés
l’un de l’autre.
Un photon donné peut produire n’importe laquelle des formes d’ionisation mentionnées ci-dessus,
sauf que la production de paires n’est possible que si son énergie est supérieure à 1,02 MeV.
L’énergie du photon et la matière sur laquelle il agit déterminent le genre d’ionisation le plus
susceptible de se produire.

Fig. 05 : Production de paire électron-positon

La figure 06 montre les régions dans lesquelles chaque type d’interaction domine en fonction de
l’énergie du photon et du numéro atomique de la cible.

Fig. 06 : Zones des principales formes d'interaction des photons avec la matière

6. Interaction des particules non chargées avec la matière (neutrons)


Les interactions les plus courantes des neutrons sont les chocs inélastiques, la capture de
neutrons (ou activation) et la fission. Il s’agit dans tous les cas d’interactions avec des noyaux. A la
suite d’un choc inélastique avec un neutron, un noyau passe à un niveau supérieur d’énergie. Il peut
libérer cette énergie en émettant un rayonnement gamma, une particule bêta ou les deux. En cas de
capture du neutron, le noyau touché peut absorber le neutron incident et libérer de l’énergie sous
forme de rayons X ou gamma, de particules bêta ou les deux. Les particules secondaires provoquent
ensuite l’ionisation, comme on l’a expliqué plus haut. Dans le cas de la fission, un noyau lourd
absorbe le neutron incident puis se divise en deux noyaux plus légers qui sont presque toujours
radioactifs.
Détecteurs de rayonnements

1. Introduction

Le principe de fonctionnement des détecteurs de rayonnements repose sur la détection de


particules. Par détection, nous entendons la plupart du temps connaître :
 La nature de la particule.
 Mesurer sa vitesse ou sa quantité de mouvement ou son énergie.
 Eventuellement la positionner dans l’espace à un instant donné (mesure de la position
et de l’instant de passage). Si cela est fait à plusieurs instants, on peut reconstruire
la trajectoire de la particule.
 Compter la particule.

2. Principe de la détection
Le principe de base de la détection consiste à faire interagir la particule d’intérêt avec de la
matière pour lui prélever l’ensemble ou une partie de son énergie initiale. Celle-ci est la plupart du
temps transformée en un signal électrique qui va être ensuite utilisé pour obtenir toutes les
informations citées ci-dessus.

Milieu détecteur

Rayonnement Signal de
incident Energie cédée sortie

Fig. 01 : Principe de la détection de rayonnement

3. Détecteur de rayonnements
Un détecteur va donc être avant tout constitué de matière qui sera mis sur le parcours de la
particule. Cette matière pourra être sous toutes les formes physiques connues solide, liquide ou
gazeuse. Le choix et la nature de la matière ne dépendront pas que des différents rayonnements à
étudier mais aussi de leurs grandeurs physiques à mesurer. Le processus de transformation de
l’énergie cinétique laissée par la particule en un signal électrique impose aussi le choix des
matériaux utilisés pour construire les détecteurs.
Trois grands types de détecteurs sont à considérer:
 Les détecteurs à gaz;
 Les détecteurs à base de semi-conducteurs;
 Les scintillateurs.

Milieu détecteur
Fenêtre
Signal
Rayonnement direct Traitement :
incident Energie cédée Mise en forme;
Transformation…
Protection

Signal exploitable

Analyse, comptage,
image, dose …

Fig. 02 : Modèle d’un détecteur de rayonnement

4. Propriétés générales des détecteurs


4.1 Introduction
En général tout détecteur fournit un signal électrique dont on tire habituellement deux
informations:
 La hauteur (ou amplitude) en volt du signal. Nous verrons que cette hauteur est reliée en
moyenne linéairement à l’énergie laissée par la particule dans le détecteur. Le signal fourni par le
détecteur est en général trop faible pour être utilisé directement. Il est donc amplifié par une chaîne
d’amplification analogique pour ensuite être numérisé par un Convertisseur Analogique Numérique
(CAN). Le nombre ainsi obtenu est souvent appelé canal. C’est sous cette forme qu’il peut être
ensuite traité informatiquement.
 L’instant d’arrivée du signal. Pratiquement, un signal logique est généré juste après l’arrivée
du signal. Celui-ci peut être utilisé pour mesurer le temps de vol de la particule détectée entre
l’endroit où elle est produite et le détecteur. Il peut aussi servir à prendre des décisions en
conditionnant l’étude d’un événement physique par une coïncidence de détection de deux détecteurs
par exemple ou d’anti-coïncidence.
Maintenant, il est aussi possible d’échantillonner et de numériser non plus seulement la hauteur
mais le signal complet juste après un préamplificateur avec des CAN extrêmement rapides (dits
Flash ADC). Les fréquences d’échantillonnage peuvent être de quelques G hz. Nous pouvons ainsi
conserver la forme complète de signaux, même de quelques nanosecondes.

4.2 Principe de fonctionnement des détecteurs


Comment peut-on obtenir un signal électrique à la sortie du détecteur ?
Les détecteurs fonctionnent soit:
 Soit sur l’ionisation d’atomes ou de molécules puis la collection à l’aide d’un champ
électrique des électrons et des ions (ou des trous) produits. Ce sont des détecteurs à signal primaire.
 Soit sur l’excitation d’atomes ou de molécules suivie d’émissions de photons de
désexcitation puis la transformation en signal électrique des photons ainsi créés. Ce sont des
détecteurs à signal secondaire.
Le temps d’arrêt des particules et le phénomène d’ionisation dans les détecteurs sont relativement
courts quelques nanosecondes (10 à 9s) dans les gaz et quelques picosecondes (10 à 12s) dans les
solides. Nous pourrons donc considérer en général qu’une charge totale Q est créée au temps 0 dans
le détecteur. Nous verrons que cette charge totale Q dépend de la quantité d’énergie nécessaire
à la création des paires de particules chargées ou des photons et bien évidemment de l’énergie
déposée par la particule étudiée dans le détecteur.
La forme du signal dépend essentiellement de l’endroit, où les différentes charges élémentaires
ont été créées, et de leur mouvement lors de la collection. Le temps de collection tc de ces charges,
lui, varie fortement d’un détecteur à l’autre. Par exemple, dans une chambre d’ionisation (détecteur
à gaz), le temps de collection est de l’ordre de quelques millisecondes. Dans un détecteur à semi-
conducteur, on a seulement un temps de quelques nanosecondes. Ces temps reflètent la mobilité des
porteurs de charge dans le détecteur et la distance moyenne, qu’ils ont à parcourir. Il dépend donc
de la disposition géométrique du détecteur. Cette charge totale Q, produite par le passage de la
particule dans le détecteur puis collectée, peut être utilisée de différentes façons, ce qui donne lieu à
des modes différents de fonctionnement des détecteurs.

4.3 Modes de fonctionnement du détecteur.


Deux modes sont principalement utilisés :
 Le mode Courant;
 Le mode Impulsion.
C’est ce dernier qui est le plus couramment utilisé. Il permet d’enregistrer le passage de chaque
particule individuellement dans le détecteur. La charge collectée est directement reliée à l’énergie
déposée dans le détecteur par la particule. Nous pourrons donc avec un tel mode de fonctionnement
faire de la spectrométrie des particules. Par contre si le flux de particules arrivant sur le détecteur
devient trop grand, le temps entre deux détections successives devient trop court alors ce mode de
fonctionnement n’est plus valide pour faire de la spectrométrie. Nous devons passer en mode
Courant.

4.3.1 Mode Courant


C’est le mode de fonctionnement le plus simple. Il suffit de connecter un ampèremètre au
détecteur. Si le courant est trop faible, il faut utiliser un amplificateur de courant linéaire et sensible.

i (t)

Détecteur A

Fig. 03 : Détecteur en mode Courant

Il mesure un courant moyen qui va permettre de mesurer l’énergie moyenne laissée par un flux de
particules. Nous recueillons une information moyenne sur une série de signaux pendant une fraction
de seconde. Cela permet de minimiser les fluctuations mais nous perdons l’information véhiculée
par chaque signal.

Avec :
 r : Taux d'événements par seconde (taux de particules détectées par seconde);
 Q : Charge moyenne produite par événement;
 E : Energie moyenne déposée par événement;
 e : Charge de l'électron;
 w : Energie moyenne requise pour produire une paire chargée.

Il s’agit dans ce cas de faire de la débitmétrie (mesure de flux de particules). C’est important dans
l’industrie nucléaire pour surveiller le fonctionnement des réacteurs nucléaires pour lesquels la
connaissance des flux de neutrons est fondamentale. Nous l’utilisons aussi pour faire de la
radioprotection et de la dosimétrie (mesure de dose).
4.3.2 Mode Impulsion
Ce mode permet d’étudier chaque événement individuellement. La forme et les
caractéristiques de l’impulsion dépendent du détecteur et du circuit auquel est connecté ce dernier.
Le détecteur est en général connecté à un préamplificateur de charge. Dès lors, le circuit détecteur
plus le préamplificateur et les câblages associés est équivalent à un circuit RC parallèle.
R est appelée résistance d’entrée du circuit de mesure (ou résistance de charge).

i (t)

C R v (t)

Fig. 04 : Détecteur en mode impulsion

C est la capacité équivalente due au détecteur, au préamplificateur et au câblage entre les deux.
On peut envisager deux cas extrêmes suivant la valeur de la constante de temps τ du circuit de
mesure. On rappelle que: τ = RC,
 τ << t c : avec t c est le temps de collection des charges créées par la particule dans le détecteur.
Le courant qui circule dans la résistance de charge est équivalent à la valeur instantanée du courant
dans le détecteur.
L’évolution, de la tension V (t) en fonction du temps a la même forme que le courant i(t), car dans
ce cas V (t) = Ri(t).

Fig. 05 : Signal de sortie d'un détecteur


à constante de temps courte

Dans ce cas la réponse du détecteur est rapide, il peut être utilisé pour faire des mesures de temps.
Ce mode de fonctionnement, intéressant à haut débit de signaux, est difficile à mettre en œuvre car
la mesure du maximum de tension de chaque signal est délicate et la sensibilité aux fluctuations de
signaux est faible. En effet, un dépôt d’énergie multiplié par 2, donne une multiplication par 2 de
l’intégrale du signal mais pas une multiplication par 2 de l’amplitude.
 τ >> t c : c’est le cas le plus fréquent.
Dans ce cas, la capacité se charge doucement pendant le temps de collection et ainsi intègre tout au
long de la collection le courant. Pendant ce temps là, peu de courant passe dans la résistance de
charge. Une fois toute la charge collectée, la capacité se décharge dans la résistance en suivant une
évolution temporelle en e− t / RC et la tension retourne à 0.

Fig. 06 : Signal de sortie d'un détecteur


à constante de temps longue
Remarque :
 Le temps requis pour que l’impulsion atteigne son maximum, est uniquement déterminé
par le temps de collection intrinsèque du détecteur.
 En revanche, le temps de décroissance du signal lui ne dépend que des caractéristiques
du circuit de charge. On considère souvent que le temps de retour à 0 est de l’ordre de 5τ .
 Si Q est proportionnelle à l’énergie déposée par la particule dans le détecteur. Alors la
hauteur de l’impulsion reflète directement cette énergie.
 La distribution de la hauteur de l’impulsion donnera donc la distribution en énergie de la
radiation incidente. Cela reste vrai uniquement si la capacité reste constante lors de la collection, ce
qui est vrai pour la plupart des détecteurs à l’exception des semi-conducteurs. Pour ces derniers, on
utilise des préamplificateurs ”sensible” à la charge”, qui éliminent la dépendance en V de la
capacité.
 Ce mode de fonctionnement peut s’avérer impraticable à haut taux de signaux à cause du
temps de décroissance engendré par la grande valeur de RC qui favorise l’apparition d’empilement
d’impulsions. En pratique, on recherche une constante de temps RC qui soit le meilleur compromis
possible entre une spectrométrie très précise et la mesure de taux d’interactions suffisamment
élevés.
4.4 Fonction de réponse et résolution en énergie
4.4.1 Fonction de réponse
La spectrométrie peut être faite, en mode Impulsion, c’est à dire que les particules sont
classées en fonction de leur nature puis ensuite en fonction de leur énergie cinétique (ou vitesse ou
impulsion). Pour pouvoir faire de la spectrométrie, il faut utiliser des détecteurs dit proportionnels.
Pour ces détecteurs, la hauteur de l’impulsion est proportionnelle à l’énergie déposée dans le
détecteur aux fluctuations près. Cette proportionnalité doit être valable pour une gamme en énergie
suffisamment étendue. On est amené à étudier la linéarité de la chaîne de détection pour vérifier la
bonne proportionnalité entre l’énergie et le canal mesuré (donc l’amplitude du signal obtenu).
Si la particule s’arrête complètement dans le détecteur, l’énergie déposée est obligatoirement
l’énergie cinétique initiale de la particule. Si ensuite, on compte les signaux en fonction de
l’amplitude de l’impulsion, nous pouvons construire ce qu’on appelle un spectre (c’est à dire un
histogramme, pour lequel, on a en abscisse l’amplitude du signal et en ordonnée le nombre de fois
où une telle amplitude a été observée). Nous montrons sur la figure 07 un spectre γ typique. Ce
spectre représente donc la distribution d’énergie déposée par des rayons γ monoénergétiques dans
un détecteur donné (un scintillateur).
En raison du caractère aléatoire des processus discrets d’échange d’énergie entre les particules
et le détecteur, ainsi que des processus physiques éventuellement utilisés pour l’amplification du
signal, on est amené à se préoccuper de ce qu’on appelle les fluctuations statistiques. Une énergie
donnée déposée dans le détecteur ne conduira pas toujours aux mêmes nombres de porteurs de
charge.
De plus dans le cas des particules neutres, la détection n’est jamais directe, elle passe par
une première interaction de ce rayonnement avec la matière qui va donner un rayonnement
secondaire chargé qui est celui effectivement détecté. On obtiendra donc des spectres beaucoup
plus complexes avec les rayonnements neutres comme celui qui vous est présenté sur la figure 07.
Pour les électrons, les spectres obtenus ne sont pas non plus obligatoirement très simples à cause de
phénomènes comme la rétrodiffusion ou le Bremsstrahlung.
Ceci nous amène à définir la notion de réponse du détecteur à une source monoénergétique
d’un type de particule que nous appellerons la fonction de réponse du détecteur.
Fig. 07 : Spectre typique du Césium 137 obtenue
par détection à l’aide d’un scintillateur

4.4.2 Résolution en énergie d’un détecteur


Dans le cas des particules chargées monocinétiques ou du pic photoélectrique comme celui de
la figure 07 obtenu pour des gammas, nous pouvons définir ce que nous appelons le pouvoir de
résolution du détecteur qui sert ici de spectromètre.
Nous parlons aussi de résolution du détecteur obtenue à partir de la largeur à mi-hauteur du
pic ΔE (en anglais Full Width at Half Maximum, que l’on abrège par FWHM).
On la calcule de la manière suivante, on fait le rapport de la largeur à mi-hauteur de la distribution
sur l’énergie moyenne correspondante :

Si on mesure des photons de 1 MeV environ, on obtient avec des scintillateurs (cristal
d’iodure de sodium) un pouvoir de résolution au mieux de 5 % à 10 %.
Avec des semi-conducteurs courants, on a de l’ordre de 1 % et on peut aller jusqu’à
0,05 % à 0,1 % avec des jonctions PIN de Germanium.

Fig. 08 : Notion de résolution en énergie


Une règle empirique dit que l’on peut différentier deux pics d’énergie voisine que s’ils sont
séparés d’au moins un ΔE. Nous pouvons essayer de comprendre théoriquement cette largeur en
supposant que la création de chaque couple de porteurs de charge suit une loi binomiale. Nous
considérons que les créations sont indépendantes les unes des autres. Par contre la probabilité de
création est faible p ≪ 1, dans ce cas la loi binomiale tend vers la loi de probabilité de Poisson.
Nous savons que si le processus de création des porteurs de charge obéit à une loi de
Poisson alors l’écart-type σ est égal à √N lorsque nous avons N couples de porteurs en moyenne
créés.
En général N est très grand, ce qui explique la forme gaussienne des pics obtenus.
Nous savons qu’une distribution de Poisson tend vers une distribution de Gauss lorsque N
devient grand. Pour une gaussienne, nous savons que la largeur à mi-hauteur prend la forme
suivante :

La réponse des détecteurs est approximativement linéaire, donc E0 ≈ K×N avec K une constante,
représentant l’énergie moyenne nécessaire pour créer un couple de particules.
Nous en déduisons que:

Nous voyons donc que R diminue si N augmente donc R diminue si K diminue. Nous
comprenons donc mieux la bonne résolution obtenue avec les semi-conducteurs car dans ce cas N
est très grand, en effet l’énergie moyenne nécessaire K pour créer une paire de porteurs de charge
pour ce type de détecteur est faible.
En réalité, expérimentalement, on montre que la résolution obtenue est meilleure que la
résolution prévue ci-dessus en suivant des considérations purement statistiques. En fait, c’est
l’hypothèse d’une création purement Poissonnienne qui est inexacte. Les créations successives de
porteurs de charge ne sont pas indépendantes. On sait très bien que le ralentissement de la particule
à un instant t conditionne la production des porteurs de charge à l’instant t+dt. Ce phénomène a été
mis en évidence expérimentalement par Fano.
Il a créé pour tenir compte de ceci un facteur dit Facteur de Fano, qui a la définition empirique
suivante :

Nous avons alors la résolution suivante :

Les facteurs de Fano varient selon le type de détecteur.


Pour des Siliciums ou des Germaniums, il vaut de l’ordre de 0,1 à 0,15. Pour les gaz, il varie 0,04 à
0,2. Pour des scintillateurs, ce facteur est très proche de 1. La résolution de ce type de détecteur peut
donc être obtenue à partir de considérations purement statistiques.
Remarques :
 De façon globale, d’autres fluctuations se rajoutent aux fluctuations statistiques (bruit
électronique, dérive électronique..etc). Ces fluctuations sont indépendantes les unes des autres et la
réponse finale à toujours une forme gaussienne. La largeur de la distribution en énergie s’obtient en
faisant une somme quadratique des différentes contributions aux fluctuations.

Pour des détecteurs de très faible épaisseur, fonctionnant la plupart du temps en transmission donc
en mode dit ΔE, c’est à dire que le rayonnement ne laisse qu’une partie de son énergie cinétique
dans ce détecteur. Les fluctuations sur les énergies déposées n’obéissent plus à la statistique de
Poisson mais celles-ci présentent une forme dissymétrique dite de distribution de Landau. De ce
fait, dans ce cas la notion de facteur de Fano perd aussi de son sens.

4.5 Efficacités de détection


Nous allons d’abord donner quelques définitions avant d’aborder le problème de l’efficacité
de détection.
Pour construire des spectres, nous faisons donc des comptages d’impulsions.
Le nombre d’impulsions délivrées par le détecteur durant le temps unité (par seconde)
est appelé le taux de comptage.
Indépendamment du phénomène que nous voulons caractériser, il peut y avoir des impulsions
dans notre détecteur dues à la détection de rayonnements d’origine cosmique ou dues à la
radioactivité naturelle de l’ensemble de détection et de la salle d’expérimentation.
Nous définirons donc le bruit de fond (ou mouvement propre) comme le taux de comptage en
l’absence du phénomène à détecter. Un bruit de fond trop important et systématique peut être le
signe d’impulsions parasites, qui indiquent une détérioration de l’ensemble de détection.
L’efficacité intrinsèque de détection est le rapport du taux de comptage (après soustraction du
bruit de fond) au nombre réel de particules ayant traversé le détecteur par unité de temps. Elle est
définie pour des particules de nature et d’énergie données. On l’exprime souvent en % du nombre
de particules incidentes. Pour les particules chargées, l’efficacité peut atteindre des valeurs proches
de 100 % (il y a toujours un seuil énergétique de détection : une énergie minimum déposée pour
avoir un signal électrique observable).
Par contre pour les particules neutres (photons ou neutrons), il est très difficile d’obtenir des
pourcentages importants.
On parle aussi d’efficacité absolue de détection. Il s’agit dans ce cas du rapport du taux de
comptage (après soustraction du bruit de fond) au nombre de particules émises par la source de
rayonnement par unité de temps.
Pour les gammas, on parle encore d’efficacité totale (en considérant tout le spectre) et
d’efficacité dans le pic photoélectrique. La première est difficile à déterminer car l’ensemble du
spectre est pollué par des photons indirects dus à l’effet Compton. Pour caractériser la détection des
photons, nous considérerons donc plutôt la deuxième qui tient compte uniquement des photons
détectés directement par effet photoélectrique. C’est d’ailleurs celle-ci que l’on trouve le plus
souvent dans les tables.
On définit aussi l’efficacité relative d’un détecteur, qui représente le rapport du nombre
d’impulsions correspondant à une absorption totale entre ce détecteur et un détecteur à scintillation
cylindrique de 3 pouces de long et de 3 pouces de diamètre (7,62 cm × 7,62 cm), soumis à une
source de 60Co placée à 25 cm. Ce dernier détecteur, dans ces conditions expérimentales, a une
efficacité absolue de 1,2×10−3 pour le pic photoélectrique de 1,3 MeV. Il s’agit d’une grandeur un
peu particulière mais encore très utilisée par les fabricants de détecteurs Germanium.
On définit aussi le rapport Photo pic /Compton, qui se réfère en général à une source de 60 Co
(gammas de 1,3 MeV) et correspond au rapport entre le nombre maximal de coups du pic
photoélectrique et le nombre moyen de coups du plateau Compton (entre 1,04 et 1,096 MeV). Ce
rapport renseigne sur la capacité du détecteur à absorber efficacement le rayonnement.
Le rapport entre l’efficacité absolue et l’efficacité intrinsèque est proportionnel à l’angle
solide couvert par le détecteur depuis la source du rayonnement.
Pour redéfinir ce qu’est l’angle solide, supposons que nous ayons une source ponctuelle
qui émet de façon isotrope dans l’espace, l’angle solide est la zone de l’espace qui sera couverte par
le détecteur à partir de la source (Voir sur la figure 10 par exemple).
Un détecteur sphérique entourant la source verrait l’ensemble des particules émises par la
source. L’angle solide correspondant à cette situation est 4π stéradians.
Un détecteur ayant une surface limitée S présentera donc un angle solide de détection Ω.
Connaissant Ω, nous pouvons établir la relation existant entre l’efficacité absolue εabs et l’efficacité
intrinsèque εint.

Comment calcule-t-on un angle solide ?

Fig. 09 : Angle solide

Nous définissons l’angle solide élémentaire d2Ω sous lequel est vue depuis le point O, la surface

élémentaire de la manière suivante :

En coordonnées sphériques il devient donc :

Avec :

Pour obtenir Ω, il suffit d’intégrer l’angle solide élémentaire sur le domaine angulaire adéquat.
Prenons le cas pratique d’un détecteur cylindrique centré sur l’axe Z, sur lequel se trouve une
source supposée ponctuelle à une distance R du détecteur. La surface d’entrée du détecteur est
perpendiculaire à l’axe Z comme nous pouvons le voir sur la figure 10.

Fig. 10 : Angle solide sous lequel est vu


un détecteur depuis une source ponctuelle

Nous savons dans ce cas que ϕ varie de 0 à 2 π et θ varie de 0 à θmax.


Pour déterminer θmax, il suffit de remarquer que :

Nous avons donc :

d’où :

Si a ≪ R, alors nous pouvons écrire :

Si nous nous rappelons que le développement limité de au premier ordre lorsque que
ε est voisin de 0.

Nous en déduisons en prenant que :

C’est souvent sous cette forme simplifiée qu’est calculé l’angle solide, tant que l’approximation
est valide.
Si l’étendue de la source est telle qu’elle ne peut plus être considérée comme ponctuelle alors le
calcul devient beaucoup plus complexe et requiert l’utilisation de simulation de type Monte-Carlo.
4.6 Mise en temps de la détection
Nous avons déjà vu que nous pouvons considérer que le dépôt d’énergie résultant de
l’interaction de la particule avec le détecteur comme instantané (quelques ps à quelques ns). En
revanche, l’information délivrée par le détecteur met en général beaucoup plus de temps à survenir.
Si le détecteur délivre des impulsions électriques, le signal peut durer de quelques ns (semi-
conducteurs) à quelques ms (gaz) (temps de collection).
Il faut y ajouter la réponse de l’électronique associée, elle s’étend sur une certaine durée (RC).
Nous allons maintenant donner quelques définitions de temps qui sont importantes
lorsque le paramètre temps intervient dans la mesure.
Pour les expliquer nous supposons que nous disposons d’un détecteur Geiger-Müller.
Les impulsions s’y succèdent avec une certaine fréquence moyenne. Nous présentons sur la
figure 10 l’allure des signaux que nous aurions sur un oscilloscope.

Fig. 10 : Mise en temps typique d’un compteur Geiger-Müller.

4.6.1 Temps de latence (tl)


C'est le temps qui sépare le passage de la particule du début du signal détecté (correspondant
au seuil du circuit associé). Pour un compteur Geiger-Müller (GM), tl est de 10−7 à 10−6 secondes.
Cette définition est valable quel que soit le type de détecteur ; tl est généralement beaucoup plus
faible que dans le cas d’un compteur GM, et varie beaucoup d’un type de détecteur à l’autre.
4.6.2 Temps mort (tm)
C'est, après le passage de la particule, ou ce qui revient au même, le temps de latence étant
toujours très court, après le début du signal détecté, le temps durant lequel le détecteur reste
totalement insensible à toute nouvelle particule le traversant. Il constitue une donnée intrinsèque
dans le cas du compteur Geiger et il est de l’ordre de 10−4 s.

4.6.3 Temps de résolution (tr)


En fait, on définit un autre paramètre, le temps de résolution (tr), qui lui caractérise non
seulement le temps d’occupation du détecteur mais aussi celui de la chaîne d’électronique. C’est
donc le temps après le début du signal au bout duquel le dispositif électronique associé peut
enregistrer, à nouveau un signal. Plus long que le temps mort, il dépend de la sensibilité du circuit
associé (seuil des hauteurs d’impulsion détectables).

4.6.4 Temps de restitution (tR)


Nous définissons aussi le temps de restitution (tR), qui est le temps, après le début du signal au
bout duquel l’impulsion suivante reprend une amplitude normale.
Les temps mort, de résolution et temps de restitution définis comme ci-dessus, n’existent que
dans le cas où le phénomène créé par le passage de la particule rend impossible un processus
ultérieur : c’est le cas pour les compteurs GM et les compteurs à étincelles.
Dans les autres cas, il n’existe pas de temps mort à proprement parler, mais deux impulsions
successives à un intervalle de temps court, risquent d’être indiscernables.
Nous pouvons donc considérer que la notion de temps de résolution est une notion très
générale, caractéristique de l’ensemble de détection (détecteur + circuit associé).

Fig. 11 : Modèles de temps mort


4.6.5 Types de temps de résolution
Nous pouvons distinguer deux modèles limites de temps de résolution pour décrire un
ensemble de détection (voir figure 11).

4.6.5.1 Temps de résolution de type ”fixe”


Pendant la durée τ, le détecteur n’est pas affecté par toute interaction consécutive à celle qui
engendre la formation du signal. Le détecteur a donc une réponse en fonction du taux de particules
interagissant dans le détecteur qui tend vers une saturation (voir figure 12).
Nous pouvons chiffrer m le taux moyen par seconde de particules passant dans le détecteur
et effectivement détectées en fonction de n le taux moyen par seconde d’interactions dans le
détecteur et du temps de résolution τ .
Supposons que nous faisons une expérience pendant un intervalle de temps Δt.
Sans temps mort, nous devrions observer n×Δt signaux. Nous n’en avons observé que
m×Δt. La différence doit correspondre au nombre de particules que nous aurions dû voir
pendant le temps où le système de détection était occupé.
Le temps total, pendant lequel le système de détection, est occupé est tout simplement
égale à m × Δt × τ .
Donc le nombre de particules manquées est donc ce temps fois le nombre de particules
par seconde interagissant avec le détecteur.
C’est à dire n × m × Δt × τ.
On obtient donc l’équation suivante : n × Δt − m × Δt = n × m × Δt × τ
d’où après simplification par Δt, on obtient : n − m = n × m × τ.
On en déduit que :

Ou encore:

4.6.5.2 Temps de résolution ”reconductible” ou cumulatif


Nous considérons dans ce cas que le second événement va augmenter le temps mort sans pour
autant être pris en compte. La durée d’occupation τ du détecteur est reconduite de τ, ce dernier
restant sensible à toute interaction consécutive à celle qui vient d’engendrer le formation du signal.
Le détecteur a dans ce cas une réponse en fonction de n, taux d’interactions dans le détecteur, qui
passe par un maximum puis tend à s’annuler ; le détecteur est dit "paralysable", un même taux de
comptage m peut correspondre à deux taux d’interactions n distincts (voir figure 12 ci-après).
Le taux moyen de comptage, m, recueilli en fonction du taux moyen d’interaction dans le
détecteur, n, est :

Nous noterons qu’il n’y a pas d’expression réciproque pour n = f(m), ce qui constitue une
limite à l’utilisation de ce modèle.

Remarques :
L’électronique qui suit le détecteur et surtout le système de codage associé fonctionne
en principe suivant le modèle du temps mort fixe. Elle est bloquée lors du traitement d’un
événement. En revanche au niveau du détecteur, si le temps de collection est grand et le taux de
particule arrivant élevé, alors nous sommes plutôt dans la situation du temps mort reconductible.
C’est beaucoup plus compliqué à traiter.
De plus en plus, les modules électroniques développés permettent une mesure directe du temps
mort. Il y a deux échelles de comptage différentes dont l’une est inhibée par le temps mort.

Fig. 12 : Évolution du taux d’impulsions en fonction


du taux d’interactions réelles dans le détecteur.

4.7 Autres paramètres et caractéristiques


Plusieurs autres paramètres sont importants pour caractériser la qualité d’un détecteur et
l’adéquation de son choix à la situation de mesure, il s’agit de :
 La réponse géométrique : l’angle d’incidence des rayonnements, s’il n’est pas appelé
à être constant (cas des mesures sur le terrain) ne doit avoir que peu d’influence sur la réponse du
détecteur ; on cherchera en pratique à avoir des détecteurs aussi isotrope que possible.
 La stabilité en réponse et de l’information dans le temps : un détecteur doit avoir une
réponse qui ne varie que très peu dans le temps. Pour des détecteurs, tels que des dosimètres, qui
enregistrent une somme globale d’informations élémentaires, il est essentiel que cette information
ne se perde pas progressivement (phénomène de "fading").
 L’équivalence au milieu dans lequel nous souhaiterions véritablement faire la mesure: en
dosimétrie ou en radioprotection, nous utilisons les détecteurs constitués de matériaux dont la
composition se rapproche le plus possible de celle des tissus vivants.
 La transparence à son propre signal qui est notamment importante pour les scintillateurs qui
peuvent être, soient transparents à leur propre lumière, soient perturbés par l’ajout de substances en
leur sein (scintillation liquide phénomène de "quentching").
Plus généralement, un détecteur et sa chaîne de mesure associée, doivent avoir les mêmes qualités
que celles recherchées pour tout type de capteur physique : fidélité, justesse, rapidité, bon rapport
signal sur bruit et insensibilité aux conditions extérieures (température, humidité, lumière, champs
électromagnétiques etc.).

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