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Biosécurité

Quelques notions de biosécurité

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MANUEL DE BIOSÉCURITÉ

DANS LES EXPLOITATIONS


AVICOLES
MANUEL
DE BIOSÉCURITÉ
DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

Essodina TALAKI et Yawovi Agbenoxevi KOHOE

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture


Lomé, 2024
Citer comme suit:
Talaki, E. et Kohoe, Y.A. 2024. Manuel de biosécurité dans les exploitations avicoles. Lomé,
FAO. [Link]

Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des données qui y figurent
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être adressées à: copyright@[Link].

Photographie de couverture: ©TALAKI


iii

Table des matières


Remerciements ................................................................................................................. v
Reconnaissance ............................................................................................................... vi
Définitions ............................................................................................................................. 1

1. Principes de la biosécurité 3

1.1. Isolement .......................................................................................................... 4


1.2. Contrôle des mouvements ......................................................................... 5

1.3. Assainissement .............................................................................................. 5


1.3.1. Nettoyage ................................................................................................ 5
1.3.2. Désinfection ............................................................................................ 5

2. Pratiques de la biosécurité 7

2.1. Zone d’implantation ....................................................................................... 8


2.2. Bâtiments d’exploitation avicole .............................................................. 8
2.3. Limitation de l’accès de l’enceinte des exploitations
avicoles ............................................................................................................. 9
2.3.1. Barrières sanitaires ............................................................................... 9
[Link]. Pédiluve ..................................................................................................... 9
[Link]. Rotoluve ....................................................................................................10
[Link]. Vestiaire ....................................................................................................10

2.4. Contrôle des entrées et de la circulation dans


l’exploitation avicole .................................................................................... 11
2.4.1. Conduite à adopter par les visiteurs ................................................... 11
2.4.2. Conduite à adopter par le personnel de la ferme .............................12
2.4.3. Mesures concernant les véhicules et le matériel ............................13
2.4.4. Circulation dans l’exploitation avicole ...............................................14
2.5. Gestion de la propreté d’une ferme avicole .........................................15
2.5.1. Gestion des aliments .............................................................................15
2.5.2. Gestion des eaux ....................................................................................16
2.5.3. Gestion des litières ...............................................................................16
2.5.4. Nettoyage et désinfection des poulaillers entre les bandes ......... 17
2.5.5. Lutte contre les nuisibles ....................................................................18
2.6. Application de bonnes pratiques d’élevage ........................................ 18
2.6.1. Approvisionner correctement les volailles en eau et en aliments 19
2.6.2. Gérer des animaux malades et morts ................................................19

3. Références bibliographiques 20
iv

Figures
Figure 1: Oiseaux sensibles à la grippe aviaire .............................................................2
Figure 2: Sources de contamination d'une exploitation avicole..................................4
Figure 3: Exploitation avicole isolée............................................................................4
Figure 4: Matériel de désinfection ............................................................................... 6
Figure 5: Préparation d’une solution désinfectante .................................................... 6
Figure 6: Une personne lave les cageots et l'autre les désinfecte
après le nettoyage des matières organiques ............................................................... 6
Figure 7: Trempage des pieds dans le pédiluve (dispositif en bac) .............................. 9
Figure 8: Passage dans le rotoluve .............................................................................10
Figure 9: Interdiction d’entrée au marchand de volailles............................................ 11
Figure 10: Ne pas vendre les œufs à l’entrée de la ferme ............................................ 11
Figure 11: Arrivée des ouvriers au travail ....................................................................12
Figure 12: Lavage des mains et pieds puis changements de
vêtements par les ouvriers..........................................................................................12
Figure 13: Lavage des mains et chaussures puis désinfection dans le
pédiluve avant d’entrer dans le poulailler ....................................................................13
Figure 14: Virus restant en dehors de la ferme après lavage et
changement de vêtement ..........................................................................................13
Figure 15: Lavage et désinfection du matériel d’élevage ............................................13
Figure 16: Lavage et désinfection de la camionnette .................................................13
Figure 17: Nettoyage du poulailler après une bande ...................................................18
v

Remerciements

Nos sincères remerciements à toutes les structures qui ont contribué à


la réalisation de ce travail. Il s’agit principalement de:

● Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et


l’alimentation (FAO);
● Ministère de l’agriculture, de l’élevage et du développement rural
(MAEDR) du Togo;
● Direction de l’élevage (DE) du Togo.

Aussi, nos remerciements à tous ceux qui de près ou de loin ont aidés
dans ce travail.
vi

Reconnaissance

Marcel BOKA
Expert régional en épidémiologie, ECTAD/FAO-RAF
Oyétoundé DJIWA
Chargé de programme FAO-Togo
1

Définitions

Biosécurité

Biosécurité = bio + sécurité.

Bio = vie.

Sécurité = protéger.

Biosécurité = protéger la vie.

Le mot biosécurité signifie «protéger la vie». Protéger vos volailles des


maladies est fondamental pour le succès de votre exploitation.

La biosécurité est un ensemble de bonnes pratiques mis en œuvre pour


empêcher l’introduction et la propagation d’une maladie dans une
exploitation avicole.

En adoptant ces bonnes pratiques de biosécurité, l’éleveur améliore la


santé de ses animaux, réduit les dépenses de traitements et augmente
la rentabilité de son exploitation.

Grippe aviaire
La grippe aviaire encore appelée influenza aviaire (IA) ou «peste aviaire»
est une maladie virale, très contagieuse, causées chez les oiseaux par un
virus. Elle ressemble à la maladie de Newcastle, mais peut provoquer
une forte mortalité pouvant atteindre 80 à 100% en quelques jours.

La maladie attaque les volailles domestiques (poulet, dinde, pintade,


caille et l’autruche).
2 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

Le canard peut être un «porteur sain» de la grippe aviaire, c’est-à-dire


que lorsqu’il contracte la maladie, il n’exprime pas de symptômes. Le
canard peut donc transmettre la maladie aux volailles domestiques.

La grippe aviaire peut aussi contaminer l’homme.

En cas de fortes mortalités ou de mortalités inexpliquées de volailles,


informer l’agent vétérinaire le plus proche.

Figure 1: Oiseaux sensibles à la grippe aviaire


Source Fig 1: conception de l’auteur.
3

1. PRINCIPES DE LA BIOSÉCURITÉ

1
Principes de
la biosécurité
4 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

La biosécurité comporte trois éléments ou principes majeurs. Il s’agit de:

● l’isolement;
● le contrôle des mouvements;
● l’assainissement.

1.1. ISOLEMENT

C’est le premier principe, le plus importante et la plus efficace. Elle


consiste en la mise en place et au maintien de barrières visant à limiter
les possibilités d’introduction d’animaux infectés ou d’objets contaminés
dans une unité de production non infectée. Elle aide à protéger les
volailles de l’exposition aux agents pathogènes (figures 2 et 3). Les
maladies peuvent s’introduire dans une exploitation avicole à travers des
personnes, de nouvelles volailles, du matériel ou des oiseaux sauvages,
les véhicules, l’air.

Figure 2: Sources de contamination d'une Figure 3: Exploitation avicole isolée


exploitation avicole
Source Fig 2: Conception de l’auteur. Source Fig3: FAO. 2020. Manuel de
biosécurité dans les élevages avicoles.
LES PRINCIPES DE LA BIOSÉCURITÉ 5

1.2. CONTRÔLE DES MOUVEMENTS

C’est la limitation des entrées et de la circulation au sein de la ferme et


du contrôle des mouvements d’équipements, de véhicules, de personnes,
d’aliments, d’oiseaux et d’œufs afin de prévenir l’exposition à la maladie.

1.3. ASSAINISSEMENT

Le troisième principe comporte deux points clés à savoir le nettoyage


et la désinfection.

1.3.1. Nettoyage
Le nettoyage consiste à enlever toutes les saletés.

Tous les véhicules (voitures, tricycles, motos…) et tout matériel acquis


doivent être bien nettoyé avant d’entrer dans la ferme avec du savon
(détergent), de l’eau et une brosse. Les locaux et le matériel d’élevage
doivent être maintenus propres.

1.3.2. Désinfection
La désinfection est l’application d’une solution de désinfectant sur une
surface préalablement nettoyée dans le but d’éliminer les germes.

Elle joue un rôle important dans la prévention et dans la lutte contre la


maladie, car la plupart des germes sont détruits par les désinfectants
modernes. La désinfection des surfaces permet notamment de lutter
contre des virus capables de survivre dans le milieu en l’absence des
animaux infectés. La préparation de la solution de désinfection doit se
faire conformément aux prescriptions du fabricant (figures 4, 5 et 6).
Il est par ailleurs recommandé d’utiliser les désinfectants homologués.
6 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

Figure 4: Matériel de désinfection Figure 5: Préparation d’une solution


désinfectante

Source Fig 4 et 5: FAO, 2011: Mesures de biosécurité pour les vendeurs de volailles dans le
cadre de la lutte contre la grippe aviaire.

Figure 6: Une personne lave les cageots et l'autre les désinfecte après le nettoyage
des matières organiques

Source Fig 6: FAO. 2020. Manuel de biosécurité dans les élevages avicoles.

Il est recommandé de toujours faire un bon nettoyage avant


toute désinfection.
LES PRINCIPES DE LA BIOSÉCURITÉ 7

2. PRATIQUES DE LA BIOSÉCURITÉ

2
Pratiques de
la biosécurité
8 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

2.1. ZONE D’IMPLANTATION

La zone d’implantation doit avoir les caractéristiques suivantes:

● isolée des élevages et des habitations humaines;


● viabilisée (eau, lumière…);
● proche d’une source d’approvisionnement en aliments et en
produits vétérinaires;
● terrain plat, perméable, non inondable et accessible à tout moment.

2.2. BÂTIMENTS D’EXPLOITATION AVICOLE

Le poulailler doit répondre aux critères suivants:

● Tous les bâtiments d’élevage doivent être conçus et entretenus de


manière que les oiseaux sauvages en particulier, mais aussi les
rongeurs, les lézards, les cafards, etc. ne puissent s’y introduire grâce
à l’installation des grillages de protection.
● Les matériaux de construction doivent être facilement désinfectables.
● Le sol doit être bétonné, et légèrement en pente ne permettant pas
l’entrée d’agents pathogènes dans sa profondeur, l’intérieur doit être
lisse afin qu’il soit facilement nettoyable et désinfectable.
● Les ouvertures doivent être grillagées.
● Lorsqu’il y a plusieurs bâtiments d’élevage, une distance minimum
de 15 mètres entre les bâtiments est recommandée afin de réduire la
charge microbienne de l’air circulant.
● Il est recommandé d’orienter l’axe du bâtiment en Est-Ouest pour
limiter la pénétration des rayons du soleil et des vents violents
dans le bâtiment.
LES PRATIQUES DE LA BIOSÉCURITÉ 9

2.3. LIMITATION DE L’ACCÈS DE L’ENCEINTE DES


EXPLOITATIONS AVICOLES

Il faudrait clôturer les bâtiments de l’exploitation et installer un portail.


L’espace alloué aux volailles doit l’être également.

2.3.1. Barrières sanitaires

[Link]. Pédiluve
C’est un dispositif (bassin, bac, mousse…) contenant un désinfectant et
placé à l’entrée du local d’élevage pour la désinfection des pieds. Dans
le cas d’une fréquentation habituelle sur la ferme, la solution doit être
changée tous les deux jours, plus en cas de fort passage. Le trempage
dans le pédiluve doit durer au moins 30 secondes, voire 1 à 2 minutes.

Figure 7: Trempage des pieds dans le pédiluve (dispositif en bac)

Source Fig 7: [Link]


[Link]
10 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

[Link]. Rotoluve
C’est un espace construit de manière à y faire passer les roues des
véhicules dans un bain désinfectant (figure 9). Ce bain désinfectant est
complété ou renouvelé tant que besoin. Un traitement complémentaire
par pulvérisation (sur le côté des roues, châssis ou les garde-boues, voire
tout le véhicule) peut compléter et terminer la désinfection du véhicule.
La profondeur est supérieure aux rayons du pneu d’un tracteur et la
longueur supérieure à la circonférence du pneu du tracteur.

Figure 8: Passage dans le rotoluve


Source Fig 8: FAO. 2016. Guide de biosécurité pour les marchés de volailles vivantes.

[Link]. Vestiaire
C’est le lieu où sont déposés provisoirement les vêtements de ville pour
revêtir une tenue de travail (blouse, bottes, casques, etc.). Le vestiaire
doit être muni des toilettes et des WC.
LES PRATIQUES DE LA BIOSÉCURITÉ 11

2.4. CONTRÔLE DES ENTRÉES ET DE LA CIRCULATION


DANS L’EXPLOITATION AVICOLE

Certaines règles de conduite sont importantes à respecter.

2.4.1. Conduite à adopter par les visiteurs


L’entrée des visiteurs dans une ferme ne doit se faire qu’en cas de nécessité.

● Les visiteurs, les propriétaires, les agents d’appui technique et


financier, les partenaires (figures 9 et 10), les familles proches et
amies doivent porter des tenues dédiées (vêtements, chaussures,
coiffe et des gants) avant d’entrer dans l’enceinte même de la ferme.
● Un registre des visiteurs est nécessaire pour la traçabilité afin de
faciliter une réponse rapide en cas d’apparition d’une maladie dans
l’exploitation. Même si les visites sont permises (en cas de nécessité), il
reste cependant très important de limiter, dans la mesure du possible,
le nombre de personnes entrant dans les unités de production.

Figure 9: Interdiction d’entrée au Figure 10: Ne pas vendre les œufs à


marchand de volailles l’entrée de la ferme

Source Fig 9 et 10: FAO. 2020. Manuel de biosécurité dans les élevages avicoles.
12 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

2.4.2. Conduite à adopter par le personnel de la ferme


● Il est interdit aux employés avicoles d’élever des oiseaux chez eux
(volailles ou oiseaux de compagnie).
● Il est déconseillé d’introduire dans la ferme du matériel et équipements
usagés provenant de l’extérieur (alvéoles, sacs d’aliments, abreuvoirs,
mangeoires, etc.).
● Il est recommandé l’usage exclusif de vêtements et chaussures
réservés au travail dans l’exploitation.
● Les ouvriers sont encouragés à se doucher avant et après le travail
mais aussi doivent se laver les mains et les pieds avant de pénétrer
dans l’exploitation.
● Dans les élevages de souches à haute valeur génétique (souches
parentales et grand-parentales, par exemple), le personnel doit se
doucher chaque fois qu’il entre et sort de l’exploitation.

Figure 11: Arrivée des ouvriers Figure 12: Lavage des mains et pieds
au travail puis changements de vêtements par
les ouvriers
Source Fig 11 au 12: FAO. 2020. Manuel de biosécurité dans les élevages avicoles.
LES PRATIQUES DE LA BIOSÉCURITÉ 13

Figure 13: Lavage des mains et Figure 14: Virus restant en dehors de la
chaussures puis désinfection dans le ferme après lavage et changement de
pédiluve avant d’entrer dans le poulailler vêtement
Source Fig 13 et 14: FAO. 2020. Manuel de biosécurité dans les élevages avicoles.

2.4.3. Mesures concernant les véhicules et le matériel


● Tous les véhicules (voitures, camions, bicyclettes, motos, brouettes),
les charrettes et le matériel qui ne sont pas utilisés pour le travail ou
les activités de l’exploitation doivent rester à l’extérieur de celle-ci.
● Les véhicules et le matériel utilisés pour des tâches avicoles
(alimentation et ramassage des animaux en âge d’être commercialisé
ou collecte des œufs) doivent être obligatoirement nettoyés et
désinfectés à l’entrée de l’exploitation afin d’en retirer toute matière
organique (fientes, plumes, litière, salissures, etc.) ou d’autres agents
vecteurs de maladies.
● Ne pas entreposer ni conserver des cartons, des caisses ou autre
matériel là où ils peuvent être exposés à des canards, à des oies ou
à d’autres oiseaux aquatiques.

Figure 15: Lavage et désinfection Figure 16: Lavage et désinfection


du matériel d’élevage de la camionnette

Source Fig 15 et 16: FAO. 2020. Manuel de biosécurité dans les élevages avicoles.
14 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

2.4.4. Circulation dans l’exploitation avicole


● Principe de marche en avant: le travail se fait en commençant par
les oiseaux en bonne santé vers les malades et des jeunes vers
les plus âgés.
● Lors d’un déplacement entre des poulaillers, les personnels doivent
se laver les mains et les désinfecter et faire de même pour leurs
chaussures ou mettre des chaussures réservées au bâtiment dans
lequel ils entrent.
● Dans tous les élevages modernes, quelle que soit leur taille, il est
préférable d’adopter le système d’élevage en bande unique ou système
«all in all out» qui consiste à renouveler intégralement les bandes au
même moment. L’achat des lots complets de volailles en même temps
et provenant de préférence d’une même source permet de réduire
le risque d’introduction de germes pathogènes dans une ferme. Par
exemple, ces volailles ne doivent pas provenir d’une région ou d’une
exploitation infectée.
● Ne jamais ajouter de nouvelles volailles à un cheptel déjà existant.
● Ne pas élever sur un même site des espèces aviaires différentes.
● Une espèce peut être une source de maladie pour les autres. Par
exemple, les canards peuvent être infectés par l’IAHP (Influenza
Aviaire Hautement Pathogène) H5N1 sans montrer aucun symptôme
de la maladie puis transmettre le virus à d’autres exploitations.
● Les nouvelles volailles feront l’objet d’une mise en quarantaine
d’au moins deux semaines dans une exploitation séparée de celle
de la production.
● Il est conseillé de s’approvisionner auprès d’un fournisseur fiable qui
puisse fournir des garanties sur l’état sanitaire de la volaille.
● Le vide sanitaire est l’un des principaux avantages du système
«all in all out».
● Les bâtiments et le matériel doivent être nettoyés et désinfectés
entre chaque bande.
LES PRATIQUES DE LA BIOSÉCURITÉ 15

● Tous les poulaillers, et même le site entier, doivent être dépeuplés


au même moment.
● Parfois, il peut être difficile, surtout dans les élevages à petite échelle,
pour les producteurs de viande de trouver un marché ayant la capacité
d’écouler des lots importants de volailles. De même, dans certaines
situations, les producteurs d’œufs risquent de perdre des clients
s’ils interrompent leur production. Dans ce cas, on peut envisager
d’adopter un cycle dit «all in, gradual out», autrement dit toutes les
volailles sont introduites au même moment, mais elles sont vendues
par lots séparés sur une certaine période. Cette pratique n’offre une
meilleure sécurité que si les personnes chargées de l’enlèvement des
volailles sont celles qui travaillent sur le site.
● Il est formellement déconseillé de vendre les volailles et produits de
volailles (œufs notamment) à la ferme. La vente devra se faire dans
un magasin complètement détaché de la ferme. Les clients seront
reçus à l’extérieur et redigérés au magasin de vente.
● La commercialisation des œufs devra se faire dans des alvéoles neuves
pour limiter la propagation du virus. Le commerce d’alvéoles usagées
ou leur utilisation est à proscrire. Les alvéoles usagées pourraient en
effet être recyclées par les unités de fabrication d’alvéoles.

2.5. GESTION DE LA PROPRETÉ D’UNE FERME


AVICOLE

La propreté d’une ferme peut être assurée à plusieurs niveaux tels que la
gestion des aliments, de l’eau et des litières, le nettoyage et la désinfection
des poulaillers entre les bandes, et la lutte contre les rongeurs.

2.5.1. Gestion des aliments


● Ces aliments doivent aussi être transportés et stockés de manière à les
protéger d’une contamination par contact avec des matières fécales
ou d’autres matières infectées.
16 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

● Les animaux nuisibles ne doivent pas y avoir accès.


● Tous les restes d’aliments, lors de la distribution, doivent être
immédiatement ramassés.
● Une fois par mois, les distributeurs automatiques feront l’objet
d’un nettoyage.
Il est conseillé de ne pas réutiliser les sacs d’aliments.

2.5.2. Gestion des eaux


● Laver les abreuvoirs avec du détergent et les rincer à l’eau désinfectante
tous les jours.
● Laver et désinfecter quotidiennement le réservoir collecteur d’eau.
● Le traitement régulier de l’eau avec le chlore et le contrôle régulier (2
fois par an) de la qualité de l’eau par les laboratoires sont nécessaires
dans la conduite d’une bande de volaille.
● Il faut mettre en place un bac à eau, une fosse septique et des
canalisations qui relient le poulailler, la fosse septique et le bac à eau.
Il faut éviter les eaux stagnantes dans l’exploitation, car ces dernières
peuvent abriter des agents pathogènes et peuvent servir de sources
de réinfection de l’exploitation après le nettoyage et la désinfection.

2.5.3. Gestion des litières


La litière constitue un foyer favorable pour le développement d’un
grand nombre de contaminants (virus, bactéries, champignons et autres
parasites) surtout lorsqu’elle est de mauvaise qualité et mal préparée.

● Renouveler la litière après chaque bande ou au cours d’une bande


lorsqu’elle est dégradée.
● Décaper la litière usagée dans les quarante-huit heures et
immédiatement la sortir du site de production.
● Faire le compostage des litières usagées hors du site.
● Stocker la litière dans une zone couverte et à l’abri de la pluie.
LES PRATIQUES DE LA BIOSÉCURITÉ 17

2.5.4. Nettoyage et désinfection des poulaillers entre les bandes


Un nettoyage suivi d’une désinfection à l’aide d’un produit reconnu
bactéricide et/ou virucide et/ou fongicide (Eau de javel, crésyl,
ammonium quaternaire, sel inorganique à sulfate, etc.), devra être réalisé
après la sortie de chaque bande avec l’appui d’un spécialiste.

Un bon programme de désinfection des bâtiments doit comprendre


la désinfection finale, la désinfection continue, le vide sanitaire et
l’emploi de pédiluve.

La désinfection finale: après la sortie de chaque bande de poulets

● Enlèvement de la litière.
● Nettoyage avec de l’eau sous pression additionnée du détergent.
● Désinfection proprement dite au cours de laquelle toutes les surfaces
du bâtiment sont couvertes de désinfectant.
● Les désinfectants doivent disposer de suffisamment de temps de
contact (selon le désinfectant utilisé) avec la surface sur laquelle ils
sont appliqués de manière à permettre la destruction des microbes.
● La dernière étape consiste en une thermonébulisation ou fumigation
finale ou le badigeonnage des surfaces avec de la chaux vive.

Le vide sanitaire: est le prolongement logique de la désinfection. Il


doit durer un minimum de quinze jours pour un bâtiment d’élevage.
18 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

Figure 17: Nettoyage du poulailler après une bande

Source Fig 17: FAO. 2020. Manuel de biosécurité dans les élevages avicoles.

2.5.5. Lutte contre les nuisibles


Pour avoir un contrôle des animaux nuisibles, il est nécessaire de:

● Garder les aliments dans des récipients ou dans des zones sécurisées.
● Ne laisser aucun détritus, ni herbe autour des poulaillers; cela aide
à éliminer les zones dans lesquelles les nuisibles peuvent se cacher.
● Préserver la propreté et l’ordre dans les vestiaires.
● Mettre en place un programme de dératisation et de désinsectisation
des bâtiments (utiliser avec prudence des pièges ou appâts appropriés).

2.6. APPLICATION DE BONNES PRATIQUES


D’ÉLEVAGE

Une grande importance doit être accordée à l’application de bonnes


pratiques d’élevage qui feront en sorte que les volailles soient en
bonne santé et résistent à la maladie. Ces bonnes pratiques consistent
entre autres à:
LES PRATIQUES DE LA BIOSÉCURITÉ 19

2.6.1. Approvisionner correctement les volailles en eau et en


aliments
Des aliments et l’eau en quantité et qualité suffisantes garantissent la
santé et la croissance rapide des volailles ainsi que le taux de production.

L’eau ne doit pas être issue de points d’eau non traités avec désinfectant
ou d’eaux de surface pouvant être contaminées par les matières fécales
de volailles domestiques ou d’oiseaux sauvages ou encore d’autres
matières organiques d’origine aviaire dont des carcasses.

2.6.2. Gérer des animaux malades et morts


● Éliminer correctement les cadavres par incinération ou enfouissement.
● Isoler les animaux malades du troupeau et les traiter, les abattre et
se débarrasser des cadavres en les enterrant ou en les brûlant.
● Contrôler et noter les conditions de santé du cheptel.
● Disposer des registres bien tenus aidera à détecter précocement les
problèmes de maladies et de production facilitant ainsi les soins
et la correction.
20 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES

3. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Références
3
bibliographiques
LES PRATIQUES DE LA BIOSÉCURITÉ 21

1. FAO. 2011. Mesures de biosécurité pour les vendeurs de volailles


dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire.
2. FAO. 2016. Guide de biosécurité pour les marchés de volailles vivantes.
3. FAO. 2020. Manuel de biosécurité dans les élevages avicoles.
4. KOHOE Y.A. 2019. Pratiques de biosécurité dans les exploitations
avicoles dans la région maritime au Togo. Mémoire de master, 58p.
22 MANUEL DE BIOSÉCURITÉ DANS LES EXPLOITATIONS AVICOLES
Ministère de l’agriculture, de l’élevage
et du développement rural CC8868FR/1/01.24

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