Morphologie Latine Handout
Morphologie Latine Handout
Langue latine
1. Périodisation
On peut répartir les 1200 ans de l’histoire du latin en les cinq périodes suivantes :
1. latin archaïque : des débuts jusqu’à la fin de l’époque préclassique (Caton, Énnius,
Plaute)
2. latin classique (âge dit d’or) : depuis les premiers discours de Cicéron (-81) jusqu’à la
mort d’Auguste (14 p.C.)
3. période impériale (âge dit d’argent) : jusqu’à la mort de Trajan (117)
4. période archaïsante : 2e s. jusqu’à la mort de Marc-Aurèle (180)
5. latin tardive ou bas-latin : jusqu’au 7e s. de notre ère
2. Transmission
L’alphabet latin (cf. tableau de la page suivante) dérive de l’alphabet étrusque, comme le
prouve la lettre C à valeur phonétique de /k/ ; les phonèmes B, D, O – inconnus aux Etrusques
– und X (/ks/ = 24) semblent avoir été empruntés à l’alphabet grec. On écrit de gauche à
droite, alors que tous les modèles emploient l’écriture de droite à gauche. Vers le milieu du 3e
s. a.C., la lettre zèta (7) est remplacée par un nouveau signe pour la gutturale sonore /g/ (—>
G : c’est très probablement l’œuvre d’un affranchi du nom de Spurius Carvilius). Ce n’est
qu’au cours du premier siècle a.C. qu’on ajouta les signes Y et Z pour retranscrire les mots
empruntés au grec (ex. gr. Hyacinthus).
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3. Écriture et prononciation
3.1. L’orthographe
3.1.1. Comme celui de leurs voisins étrusques ou grecs doriens, l’alphabet latin ne permet pas
de distinguer la longueur d’une voyelle. Vers la fin de la République, on observe quelques
essais pour remédier à ce problème, sans que pour autant on n’arrive à imposer une norme :
a) réduplication des voyelles (attestée env. -140 à -75)
b) I long, attesté depuis -100 (cf. cependant la blague chez PLAUT. Aul. 77-8 où Staphila
menace de se pendre : uti (= dès) iam faciam litteram, / I longum, laqueo collum
quando obstrinxero) ; parfois on place un accent aigu au-dessus de la voyelle.
c) diphtongaison : jusqu’aux alentours de -70 la graphie EI était employée pour le /ī/,
qu’il soit effectivement issu d’une diphtongue ei̯ ou pas (la diphtongue ei̯ se ferma en
/ē/ vers le début du 3e s. a.C., puis, vers le milieu du 2e s. a.C. en ī). S’il y a
effectivement une diphtongue à l’origine, on parle d’‚orthographe renversée‘.
d) on appliquait le même procédé que celui décrit sous c) au phonème /ū/ (< /ō/ < oṷ), de
sorte qu’un ū d’origine fut (faussement) transcrit par OU (depuis fin 3e s. a.C.).
3.1.2. Des consonnes doubles apparaissent dès le 3e s. a.C., mais elles ne seront usuelles qu’à
partir du 1er s. a.C. (cf. consonne simple dans le Senatus Consultum de Bacchanalibus de -186
ESENT, HABUISE).
3.1.3. –m ou –s finals s’amenuisent très tôt déjà ; c’est la raison pour laquelle ils manquent
souvent dans les inscriptions.
3.1.4. La géminée en sandhi – c’est-à-dire la rencontre de deux lettres identiques à la frontière
des deux parties d’un composé – est simplifiée, ce qui peut rendre compliquée l’interprétation
d’une inscription (p.ex. l’inscription dite de Duenos : ASTED = 3 sg. subj. prés. de adstare ou
bien AST TED ? MANOMEINOM = MANOM EINOM ou bien MANOM MEINOM ? MANOSTATOD =
MANOS TATOD ou bien MANOS STATOD ?).
3.1.5. En général, l’orthographie est plus conservatrice que la langue parlée ; p.ex. on
continue à écrire ei, bien qu’on prononce déjà i, voire on transcrit un i long par ei, même si
étymologiquement c’est faux (CIL 1837 VEIVAM pour VIVAM < vīvo).
3.2. Prononciation
Nous savons qu’on prononçait ›C‹ devant voyelle toujours comme /k/, cf. CIL 445 KERI (gén.
du nom propre Cērus), le sarde kentu < lat. centum, le nom de Cicéron en grec : Κικέρων, des
mots d’emprunt comme all. ‚Keller‘ < lat. cellarium (plus jeune est ‚Zelle‘ < cella!),
l’allitération recherchée LIV. 1,32,13 censuit consensit conscrivit.
L’élision métrique d’une syllabe finale en –m devant voyelle plaide pour une nasalisation.
L’absence fréquente de cette consonne finale sur des inscriptions n’est pas pour contredire
cela.
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La graphie –AI pour –AE à l’époque classique prouve que la prononciation /e/ n’existe pas
avant l’époque chrétienne.
3.2.1. Les paires minimales
mālus ‚pommier‘ malus ‚mauvais‘
3.3. Accent
- règle de la paenultima : si l’avant-dernière syllabe d’un mot est longue, elle porte l’accent,
sinon c’est l’antépénultième.
Les exceptions ne sont qu’apparentes :
- adhúc < adhūce (cf. illác < illāce)
- ṷidēn ‚vois-tu ?‘ : ṷidēsne > ṷidēzne > ṷidēne > ṷidēn
- en latin vulgaire, muta cum liquida (sourde + liquide, p.ex. bl, tr, etc.) font position :
té-ne-bras ‚ténèbres‘ > vulg. te-néb-ras > esp. tinieblas
íntegrum ‚intègre‘ > vulg. in-tég-rum > esp. entero
De vieilles formules religieuses avec la recherche d’allitération montrent cependant que
l’accent devait initialement se trouver sur la première syllabe du mot, et cela même s’il
s’agissait d’un mot plurisyllabique :
CATO, Agr. 141 fruges frumenta vineta virgultaque… pastores pecuaque salva servassis.
Les comiques (Plaute, etc.) prononcent fácilius, et l’apophonie voire la syncope de voyelles
internes pointent également vers l’accent initial, p.ex. fácio – perficio (< *pérficio), déxter <
*déxiter (cf. gr. δεξιτερός), exérceo < *éxerceo < *éxarceo.
Il devait s’agir d’un accent expiratoire (cf. vulg. veclus < *vetlus < class. vetulus [= ital.
vecchio]).
4. Changements phonétiques
1. période proto-italique (ca. 4e millénaire – 1800 a.C.) :
a) disparition des laryngales avec coloration vocalique (/e/, /a/, /o/) ou allongement
compensatoire
b) vocalisation des résonants syllabiques r̥ l̥ (> or/ur/ar, ol/al)
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En premier, on représente le changement phonétique en tant que tel, par l’opérateur ‚>‘ ou
‚<‘. Cet opérateur de dérivation indique la direction du changement phonétique : p > f (/p/
devient /f/). Suit l’indication de l’environnement phonétique, dans lequel le changement a
lieu. Le symbole # indique la limite du mot, à gauche (—> début du mot) ou à droite (—> fin
de mot) : #_f (au début du mot, devant /f/).
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Langue latine
Exercice 1
Établir les formules correspondantes :
- gnosco > nosco
- abrègement de la voyelle longue dans la syllabe finale fermée (sauf devant –s) : cela
explique notamment la syllabe finale brève d’un verbe à la troisième personne du
singulier (p. ex. audĭt ; arăt ; etc.), mais aussi la finale brève –or au nominatif de noms
comme auctŏr, auctōris ; uxŏr, uxōris ; etc.
- comme le montre l’abréviation COS pour consul, la nasale /n/ devant /s/ ne fut
articulée que très faiblement en rendant nasale la voyelle précédente, mais toujours
très faiblement. Enfin, cette nasalisation disparut tout autant que la consonne elle-
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- dans beaucoup d’inscriptions du 3e s. av. J.-C. on trouve p.ex. oino ou optimo pour
ūnum et optimum ou encore Kornelio pour Cornelius et Fourio pour Fūrius. De
même, la poésie latine archaïque néglige souvent le –s final (pas d’allongement de la
syllabe pourtant fermée), ce qui semble indiquer une prononciation faible des ces
consonnes finales. La grammaire les a ensuite définitivement restituées, car elles
possèdent une fonction morphologique importante, à savoir la distinction entre le nom.
sg. m. et l’acc. sg. m.
- l’occlusive sonore /d/ finale s’amenuise après une voyelle longue et disparaît. C’est
notamment le cas à l’abl. sg. (sententiād, magistrātūd), dans des formes verbales (imp.
3 sg./pl. : datōd, suntōd) et à l’acc. de pronoms personnels (mēd, tēd).
- fermeture du /o/ en /u/ dans des syllabes finales fermées : *dominos > dominus.
- le rhotacisme touche le phonème /s/ entre deux voyelles. Déjà sonorisée en période
proto-italique (en trouve parfois en osque /z/, notamment au gén. pl. -azum), le
changement /s/ > /r/ s’effectue au cours du 4e s. a.C. Ainsi, Lucius Papisius Crassus,
dictateur en -340, s’appelle dorénavant Papirius, et Appius Claudius, le censeur de
-312 suggère aux familles des Valesii et des Fusii de s’appeler dorénavant Valerii
respectivement Furii. Les grammairiens de la fin de l’époque républicaine citent de
nombreuses formes qui ont gardé l’état antérieur, puisant probablement dans des
documents sacrés ou officiels. Ce changement phonologique est encore préservé dans
de nombreuses constellations morphologiques, p.ex. gero gestus, careo castus, genus
generis, iūs iūris iūstus, etc.
- syncope et apocope : la perte d’une voyelle brève, que ce soit entre deux consonnes (=
syncope —> perte de la syllabe intérieure, p. ex. l’adv. suprā < *superā) ou à la fin du
mot (= apocope —> surtout les impératifs dic, duc, fac, fer, qui, en vieux latin,
apparaissent parfois dans la forme pleine).
- apophonie (changement de qualité d’une voyelle), surtout liée à l’accent du mot qui,
initialement, devait se trouver sur la première syllabe. Ainsi, /a/ dans les syllabes non
accentuées (sauf dans la finale absolue) est fermée en /e/ (et le reste, si la syllabe est
fermée ou suivie de /r/), puis en /i/ ; de même /o/ dans des syllabes ouvertes non
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accentuées, sauf devant /l/ palatalisé. De plus, /ĕ/ se ferme régulièrement en /i/ dans
les syllabes finales. L’entourage consonantique peut également influencer cette
évolution : ainsi /u/ se change en /i/ devant C, alors que /i/ se change en /u/ devant ṷ
(valable aussi pour /a/, qui en outre connaît la même évolution devant [l]). De même,
/ĕ/ se ferme régulièrement en /i/ dans les syllabes finales.
Ex. *ád-taŋgō (“toucher, atteindre”) > assimilation *áttaŋgō > apophonie * átteŋgō >
apophonie * áttiŋgō; *káputes (gén. sg.) > *kápites > *kápitis —> cápitis ; *péparī >
péperī (“j’ai donné naissance”) ; *dē-saltor > *dēseltor > *dēsoltor > *dēsultor —>
dēsúltor (“quelqu’un qui saute d’un objet vers un autre”).
- l’assimilation est très répandue. Elle concerne toute sorte de consonnes et peut être
progressive (vers l’avant : X…Y > X…X, p.ex. ferre < *fer-se) comme régressive
(vers l’arrière : Y…X > X…X, p.ex. illūstris de in-lūstrō “répandre la lumière”).
P.ex., derrière une consonne sonore, une consonne sourde se sonorise, tandis que
devant une sourde, une consonne sonore s’assourdit. Prenant l’infinitif velle : le
suffixe original de l’infinitif est –se (cf. es-se). Cela amène à postuler l’évolution
suivante pour velle : *vel-se > *vel-ze (après /l/ sonore) > *velle (on peut relever ici la
vélarisation de /e/ en /o/ devant /l/ pour volō). Ou pour le participe parfait passif :
*skrīb-tus > scrīp-tus (en lat. vulg. > *scrittus).
- les géminées sont simplifiées à l’intérieur du mot après une voyelle longue /
diphtongue (p.ex. prōt-sum > prōssum > prōsum), devant consonne (dis-stō > distō),
après liquide ou nasale (*uorssos > *uorsos > *uersos > versus).
De même, une syllabe finale ne peut comporter deux consonnes. Ainsi *farr > far
“épeautre” (comme il resulte du gén. farris). La même chose est vraie pour hod-ke >
hoc.
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- quelques groupes de consonnes initiales se sont simplifiés, dont notamment [dṷ] qui
devient labial [b] (autour du milieu du 3e s. a.C. : Dṷellonai —> Bellona) et [dj] qui se
réduit à la semi-voyelle [j] (Diouos [gén.] > Iovis).
- l’anaptyxe est l’apparition d’un élément vocalique /i/ ou /u/ entre une occlusive + /l/,
en particulier avec les suffixes -klo-, -blo-/-bli-, cf. perīculum, extempulō, Herculēs /
hercle (juron commun), facul-tās (facli-tās > facl-tās), etc. La poésie classique utilise
encore saeclum à côté de saeculum, perīclum à côté de perīculum, etc. Quant à
populus, la forme sans anaptyxe (cf. le gén. archaïque popliosio) a entièrement
disparu.
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Exercice 2
Indiquer les lois phonétiques :
vieux latin latin classique processus
konsol consul
fūerim fuerim
modōd modo
vŏlŭptātēs vŏluptātēs
fidēī fideī
īerō ierō
iŭvĕntūte iŭventūte
magistratūd magistratū
ojno ūnum
tēd tē
*kords cor
ad-tangō attingō
ămătōrī ămātōrī
Exercice 3
1. Justifier la voyelle longue de hōc nom./acc. n. sg. :
*hodke > *hotke > *hokke > hokk > hoc —> formule?
2. Comment peut-on expliquer le fait que Plaute et Térence scandent la terminaison du nom.
sg. de miles et la forme verbale es “tu es” (et non pas “tu manges”) toujours comme une
longue ?
*mīlets > mīless > mīles —> formule?
3. Dans des inscriptions anciennes, on trouve la forme sakros, mais le latin classique n’a plus
que sacer. Que s’est-il passé ? (cf. aussi macer “maigre” qu’il faut rapprocher du grec μακρός
[makros]).
4. Donner toutes les étapes qui mènent de *ád-kapiō à accípiō.
5. Que dire de Mamartei > *mamort- > *mauort- > Mart-is ?
6. Qu’est-ce qui s’est passé avec sacerdōs, si la forme de départ est le composé
*sackro-dhōt-s ?
7. Quelle valeur syllabique correspond à la 3e p. sg. d’un verbe ?
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B. Inscriptions archaïques
DIEHL, Altlat. Inschr., Nr. 719; ERNOUT, Recueil, 3-4; HARTMANN, Frühlat. Inschr., 67-106; LEUMANN,
Gramm., 6; WACHTER, Altlat. Inschr., 63-65; WARMINGTON, Archaic Inscr., 196-197.
MANIOS:MED:FHE:FHAKED:NVMASIOI
2. La cruche de Tita Vendia (CIL I2, 1= ILLRP 378, Imagines 378) / 6e s. a.C.
ecō urna Titā Vendiās Māmar[kos…… m]ēd fē[ced/id ?] Salvetod Tita (que tita soit salué)
—> Class. :
3. Inscription du Forum (CIL I2, 1= ILLRP 378, Imagines 378) / 1er moitié 5e s. a.C.
DIEHL, Altlat. Inschr., Nr. 254; ERNOUT, Recueil, 4-7; VINE, Archaic Latin, 31-64; WACHTER, Altlat. Inschr.,
66-69; WARMINGTON, Archaic Inscr., 242-45.
QVOI HO[…] /2[…]SAKROS : ES/3ED SORM≥[…] /4[…]A[.]H≥AS /5RECEI […] /6[…]EYAM /7QVOS :
RẸ[…] /8[…]M : KALATO/9REM : HA[…] /10[…]OD : IOVXMEN/11TA : KAPIA : DOTAV[…] /12M : ITE
: RI[…] /13[…]M : QVOI HA/VELOD : NEQV≥[…] /14[…]OD IOVESTOD /15LOI{V≥}QVIOD QỌ
kwoi̯ ho[...]sakros esed sorm(-ra?)[...]h≥as rēgei̯ io[...]euam kwōs : rẹx[...]m quōs re[...]m
kalatōrem ha[...]ōd i̯ougsmenta kapi̯ād dōtāu[...]m iter ri[...]m kwoi̯ havelōd nequ[...]ōd i̯ovestōd
loi̯kwi̯ōd (?) ko[...
—> Class. :
4. La base d’un autel de Tivoli (CIL I2 2658 = ILLRP 5, Imagines 118) / 6e s. a.C.
HARTMANN, Frühlat. Inschr., 131-137; VINE, Archaic Latin 85-95; WACHTER, Altlat. Inschr., 80-85.
—> Class. :
„… me donne en cadeau Gaius [?]monius Cetius pour (la naissance de) son fils“
5. Éloge pour L. Cornelius Scipio Barbatus (CIL I2 6/7 = ILLRP 309, Imagines 132) / 3e s. a.C. ?
DIEHL, Altlat. Inschr., Nr. 539; ERNOUT, Recueil, 12-14; P. KRUSCHWITZ, ZPE 122 (1998) 273-285; ID.,
Carmina Saturnia epigraphica. Einleitung, Text und Kommentar zu den Saturnischen Versinschriften, Stuttgart,
2002, 33-48; SCHUMACHER, Röm. Inschr., Nr. 162; WACHTER, Altlat. Inschr., 301-342; WARMINGTON, Archaic
Inscr., 3.
Sarcophage en pierre, trouvé à l’extérieur de la Porta Capena, le long de la Via Appia, où se trouvaient les
tombes des Scipions. C’est la tombe de Lucius Cornelius Scipio Barbatus, qui fut consul en -298 et censeur en
-280 a.C. ; il est sans doute mort aux environs de -270. Sur le couvercle du sarcophage, on a peint en rouge le
titulus. Au côté opposé, on a gravé un éloge en six saturniens, répartis sur quatre lignes.
Transcription en vers :
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Langue latine
Les détails :
CORNELIO(S) (praescriptum) / CORNELIVS : nom. sg. m. -os généralement jusqu’au 3e s. a.C.
Affaiblissement du –s final = période du latin archaïque du 3e et 2e s. a.C. La coexistence de l’ancienne finale -os
avec la terminaison plus jeune -us- est possible au plus tard au milieu du 3e s. a.C. (cf. KRUSCHWITZ, S. 279).
o > u / _C#
GNAIVOD : abl. sg. m. régulier, du radical *Gnaiṷ-. Le -d final suivant une voyelle longue disparaît avant le
milieu du 3e s. a.C., mais est parfois conservé comme archaïsme jusqu’au 2e s. (MEISER, §73.3). En revanche, la
diphtongue -ai- reste généralement inchangée dans les plus vieilles inscriptions (SOMMER-PFISTER, Handbuch
63). Remarquable est la présence du V = /ṷ/, car il aurait dû disparaître au cours du 3e s. a.C. dans cette position
intermédiaire devant une voyelle sombre (MEISER, §67.2) ; est également remarquable la présence de G, qui
n’apparaît qu’au cours de la deuxième moitié du 2e s. a.C. (cf. WACHTER, S. 324-333).
d > Ø / Ṽ_# ; ṷ > Ø / _V (o, u)
PROGNATVS : le PPP (g)nātus (< *gnh1-to-), de gignō, d’un radical *genh1- ‚accoucher, produire‘ (cf. geni-
tor [avec abrègement en –i, cf. MEISER, §57.6]); très tôt, ce PPP devient indépendant et apparaîtra en latin sous
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la forme natus (cf. MEISER, §76.6). A l’intérieur d’un mot ou après préfixe, -gn- est conservé en latin aussi
(LEUMANN, Gramm., 188).
o > u / _C#
QVOIVS : issu de <*kṷosi̯ o- +-s du gén., (cf. MEISER, §113.4).
s > Ø / V_V ; ṷ > Ø / _V (o, u) ; o > u / _C#
VIRTVTEI : en lat. class. —> dat.sg. en -ī < –ei̯ (monophtongaison, cf. MEISER, §96.5). Cf. supra REGEI.
ei̯ > ī / _# (monophtong. ≠ effectuée, ou bien orthographe inversée ?)
PARISVMA : l’ancienne terminaison du superlatif est –umus : toutes les voyelles brèves devant labial
apparaissent dans les inscriptions archaïques comme u ou i. Pour le superlatif, on trouve généralement -umus (cf.
LEUMANN, Gramm. S. 87-88). La gémination consonantique -issu- n’a pas encore eu lieu.
u > i (superl.) ; ≠ gémination
CONSOL, CENSOR : prononciation standard, restitution de la nasale selon l’emploi de l’écriture, mais avec
maintien de l’allongement compensatoire. Pour la disparition du nasal, cf. les langues romanes (p.ex. en ital.
mese ‚mois‘, cf. MEISER, §69.2).
n > Ø / _s, avec allongement compensatoire
AIDILIS : pour le maintien de -ai- dans les plus anciennes inscriptions, cf. ci-dessus GNAIVOD (SOMMER-
PFISTER, Handbuch, 63).
ai̯ > ae (≠ effectué)
QVEI: à l’origine, on distinguait le pronom interrogatif et indéfini *kwi- (quis, quid) du pronom interrogatif
*kwo- qui, lui, servit aussi de pronom relatif (cf. MEISER, §113.1). Ce QVEI représente alors quī, issu de *kwo-i
(avec la particule déictique -i à la place du –s du nominatif, cf. MEISER, §113.3). C’est donc un hybride de
l’‚orthographe inversée‘ (-ei pour - ī, qui est bien issu d’une diphtongue, mais pas de –ei, sinon comme étape
supposée du changement vocalique).
ei̯ > ī / _# (orthographe inversée, ≠ étape intermédiaire oi̯ > ī / _#)
TAVRASIA CISAVNA : on néglige le -m final (cf. MEISER, §69.1).
m > Ø / _# ; o > u / _C#
OMNE LOVCANAM : le -m final généralement négligé (cf. MEISER, §69.1) réapparaît. La monophtongaison de
la diphtongue -ou- encore présente dans des formes très archaïques (pour i.-e. -eu-) commence vers le 3e s. a.C.
(cf. LEUMANN, Gramm., 70-71), mais -ou- reste malgré tout employé jusque vers 120 a.C. (vgl. KRUSCHWITZ, S.
281).
m > Ø / _#
OPSIDES : il ne s’agit pas du p original de la préposition (cf. gr. ἀπό, ἐπί, ὑπό), mais de l’assimilation du
bilabial sonore b devant un environnement sourd (cf. LEUMANN, Gramm., 157).
b > p / _C (sourde)
ABDOVCIT : le radical du verbe est *dewk-e/o, ici avec la diphtongue archaïque -ou-, tandis que la finale
verbale de la 3e pers. sg. –t (< ti) remplace le –d de l’évolution linéaire (cf. MEISER, §140.3).
ti > t > d / _# ; oṷ > u / _C (occl.)
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Exercices
A. Inscription ‘Duenos’
ioṷesāt deiṷōs, kṷoi mēd mītāt : nei tēd endo kosmis ṷirgō siēd,
ast tēd noisiopetoit esiāi pākā rīṷōis
dṷenos mēd fēked enmānom(m)einom dṷenōi; nē mēd malos tātōd.
mitat et endo sont des formes archaïques sans correspondances directes en latin classique !
ast “et d’un autre côté” est relié à at, mais nous ne savons comment.
siēd est un ancien optatif, régularisé plus tard à sim, sis, etc.
mēd —> mē :
nei —> nī :
tēd —> tē :
B. Éloge de L. Cornelius Scipio, le fils (CIL I2 8/9 = ILLRP 310, Imagines 133) / 3e s. a.C. ?
DIEHL, Altlat. Inschr., Nr. 540-541; ERNOUT, Recueil, 14-18; P. KRUSCHWITZ, ZPE 122 (1998) 273-285; ID.,
Carmina Saturnia epigraphica, 58-69; SCHUMACHER, Röm. Inschr., Nr. 163; WACHTER, Altlat. Inschr., 301-
342; WARMINGTON, Archaic Inscr., 4.
CORNELIO(S) (praescriptum) :
AIDILES :
COSOL, CESOR :
HONC :
OINO :
PLOIRVME :
COSENTIONT :
DVONORO :
OPTUMO .. VIRO :
BARBATI :
HIC / HEC :
MERETO(D) :
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b) Gonlegium quod est aciptum aetatei age‹n›d[ai] Collēgium, quod est acceptum aetātī agendae,
opiparum a[d] veitam quolundam festosque dies opipārum ad vītam colendam festosque diēs,
quei soveis a[st]utieis opidque Volgani quī suīs astutiīs opeque Volcanī
gondecorant sai[pi]sume comvivia loidosque condecorant saepissime convīvia ludosque,
ququei huc dederu[nt i]nperatoribus summeis coquī hōc dedērunt imperātōribus summīs,
utei sesed lubent[es be]ne iovent optantis. uti sēsē libentēs bene iuvent optantēs.
Iovei :
Iunonei :
Minervai :
Falesce :
quei :
magistreis :
Voltai :
coiraveront :
gonlegium :
aciptum :
aetatei :
agendai :
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veitam :
quolundam :
soveis :
opid :
loidos :
ququei :
huc :
inperatoribus :
summeis :
utei :
sesed :
iovent :
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6. Le ‚Senatus consultum de Bacchanalibus (SCB)‘ (CIL I2 581 = ILLRP 511) / 186 a.C.
DIEHL, Altlat. Inschr., Nr. 262; ERNOUT, Recueil, 58-68; SCHUMACHER, Röm. Inschr., Nr. 11; WACHTER, Altlat.
Inschr., 289-298; WARMINGTON, Archaic Inscr., 26.
[Q]·MARCIVS·L·F·S·POSTVMIVS·L·F·COS·SENATVM·CONSOLVERVNT·N·OCTOB·APVD·AEDEM
DVELONAI·SC·ARF·M·CLAVDI·M·F·L·VALERI· P·F·Q·MINVCI·C·F· DE·BACCHANALIBVS·QVEI·FOIDERATEI
ESENT·ITA·EXDEICENDVM·CENSVERE·NEIQVIS·EORVM·B≥ACANAL·HABVISE·VELET·SEI·QVES
ESENT·QVEI·SIBEI·DEICERENT·NECESVS·ESE·BACANAL·HABERE·EEIS·VTEI·AD·PR·VRBANVM
5 ROMAM·VENIRENT·DEQVE·EEIS·REBVS·VBEI·EORVM·VE≥RB≥A·AVDITA·ESENT·VTEI·SENAT
VS
NOSTER·DECERNERET·DVM·NEMINVS·SENATOR‹I›BVS·C·ADESENT·‹QVOM·E›A·RES·COSOLERETVR
BACAS·VIR·NEQVIS·ADIESE·VELET·CEIVIS·ROMANVS·NEVE·NOMINVS·LATINI·NEVE·SOCIVM
QVISQVAM·NISEI·PR·VRBANVM·ADIESENT·ISQVE·DE·SENATVOS·SENTENTIAD·DVM·NE
10 MINVS·SENATORIBVS·C·ADESENT·QVOM·EA·RES·COSOLERETVR·IOVSISENT·CENSVERE
SACERDOS·NEQVIS·VIR·ESET·MAGISTER·NEQVE·VIR·NEQVE·MVLIER·QVISQVAM·ESET
NEVE·PECVNIAM·QVISQVAM·EORVM·COMOINE[M·H]ABVISE·VELET·NEVE·MAGISTRATVM
NEVE·PRO·MAGISTRATVD≥·NEQVE·VIRVM·[NEQVE·MV]LIEREM·QVI‹S›QVAM·FECISE·VELET
NEVE·POSTHAC·INTER·SED·CONIOVRA·[SE·NEV]E·COMVOVISE·NEVE·CONSPONDISE
15 NEVE·CONPROMESISE·VELET·NEVE·QVISQVAM·FIDEM·INTER·SED·DEDISE·VELET
SACRA·IN·O≥QVOLTOD·NE·QVISQVAM·FECISE·VELET·NEVE·IN·POPLICOD·NEVE·IN
PREIVATOD·NEVE·EXSTRAD·VRBEM·SACRA·QVISQVAM·FECISE·VELET·NISEI
PR·VR[BANVM]ADIESET·ISQVE·DE·SENATVOS·SENTENTIAD·DVM·NE·MINVS
SENATORIBVS·C·ADESENT·QVOM·EA·RES·COSOLERETVR·IOVSISENT·CENSVERE
20 HOMINES·PLOVS·V·OINVORSEI·VIREI·ATQVE·MVLIERES·SACRA·NE·QVISQVAM
FECISE·VELET·NEVE·INTER·IBEI·VIREI·PLOVS·DVOBVS·MVLIERIBVS·PLOVS·TRIBVS
ARFVISE·VELENT·NISEI·DE·PR·VRBANI·SENATVOSQVE·SENTENTIAD·VTEI·SVPRAD
SCRIPTVM·EST. HAICE·VTEI·IN·COVENTIONID·EXDEICATIS·NE·MINVS·TRINVM
NOVNDINVM····SENATVOSQVE·SENTENTIAM·VTEI·SCIENTES·ESETIS,·EORVM
25 SENTENTIA·ITA·FVIT:·SEI·QVES·ESENT·QVEI·ARVORSVM·EAD·FECISENT·QVAM·SVPRAD
SCRIPTVM·EST·EEIS·REM·CAPVTALEM·FACIENDAM·CENSVERE·ATQVE·VTEI
HOCE·IN·TABOLAM· AHENAM·INCEIDERETIS·ITA·SENATVS·AIQVOM·CENSVIT
VTEIQVE·EAM·FIGIER·IOVBEATIS·VBEI·FACILVMED·GNOSCIER·POTISIT·ATQVE
VTEI·EA·BACANALIA·SEI·QVA·SVNT·EXSTRAD·QVAM·SEI·QVID·IBEI·SACRI·EST
30 ITA·VTEI·SVPRAD·SCRIPTVM·EST·IN·DIEBVS·X·QVIBVS·VOBEIS·TABELAI·DATAI
ERVNT·FACIATIS·VTEI·DISMOTA·SIENT IN·AGRO·TEVRANO
[Q(uintus)] Marcius L(uci) f(ilius) S(purius) Postu- [Quintus] Marcius Lūcī fīlius Spurius Postumius Lūcī
mius L(uci) f(ilius) co(n)s(ules) senatum consolu- fīlius cōnsules senātum cōnsuluērunt nōnīs octōbri-
2
erunt n(onis) octob(ribus) apud aedem / Duelonai bus apud aedem /2 Bellōnae scribendō adfuērunt Mar-
sc(ribundo) arf(uerunt) M(arcus) Claudi(us) M(arci) cus Claudius Marcī fīlius Lūcius Valērius Publī fīlius
f(ilius) L(ucius) Valeri(us) P(ubli) f(ilius) Q(uintus) Quintus Minūcius Gāī fīlius. Dē Bacchānālibus, quī
Minuci(us) G(ai) f(ilius). De Bacanalibus, quei foide- foederātī /3 essent, ita exdīcendum cēnsuēre:
Uni FR 20 Semestre de printemps
Langue latine Morphologie
«neiquis eorum Bacanal habuise velet; sei ques /4 «nē quis eōrum Bacchānal habuisse vellet; sī quis /4
esent, quei sibei deicerent necesus ese Bacanal ha- essent, quī sibī dīcerent necesse esse Bacchānal
5
bere, eeis utei ad pr(aitorem) urbanum / Romam ve- habēre, iī/iīs ut ad praetōrem urbānum /5 Rōmam
nirent, deque eeis rebus, ubei eorum v[e]r[b]a audita venirent, dēque iīs rēbus, ubi eōrum verba audīta
6
esent, utei senatus / noster decerneret, dum ne minus essent, ut senātus /6 noster dēcerneret, dum nē minus
senator‹i›bus C adesent, ‹quom e›a res cosoleretur. /7 senātōr‹i›bus C adessēnt, ‹cum e›a rēs cōnsulerētur. /7
Bacas vir nequis adiese velet ceivis Romanus neve Bacchās vir nēquis adiisse vellet cīvis Rōmānus nēve
8
nominus Latini neve socium / quisquam, nisei nōminis Latīnī nēve sociōrum /8 quisquam, nisī
pr(aitorem) urbanum adiesent isque de senatuos praetōrem urbānum adiissent isque dē senātūs
9
sententiad, dum ne / minus senatoribus C adesent, sententiā, dum nē /9 minus senātōribus C adessent,
quom ea res cosoleretur, iousisent. Censuere. /10 cum ea rēs cōnsulerētur, iussissent (?). Cēnsuēre. /10
Sacerdos nequis vir eset; magister neque vir neque Sacerdōs nēquis vir esset; magister neque vir neque
11
mulier quisquam eset; / neve pecuniam quisquam mulier quisquam esset; /11 nēve pecūniam quisquam
eorum comoine[m h]abuise velet; neve magistratum eōrum commūnem habuisse vellet; nēve magistrātum
12
/ neve pro magistratu[d] neque virum [neque mu]li- /12 nēve prō magistrātū neque virum neque mulierem
erem qui‹s›quam fecise velet; /13 neve posthac inter qui‹s›quam fēcisse vellet; /13 nēve posthāc inter sē
sed conioura[se nev]e comvovise neve conspondise coniūra‹vi›sse nēve convōvisse nēve conspondisse /14
/14 neve conpromesise. Velet neve quisquam fidem nēve conpromīsisse. Vellet nēve quisquam fīdem
15
inter sed dedise velet. / Sacra in [o]quoltod ne quis- inter sē dedisse vellet. /15 Sacra in occultō nē
quam fecise velet, neve in poplicod neve in /16 prei- quisquam fēcisse vellet, nēve in publicō nēve in /16
vatod neve exstrad urbem sacra quisquam fecise prīvātō nēve extrā urbem sacra quisquam fēcisse
17
velet, nisei / p(raitorem) urbanum adieset isque de vellet, nisī /17 praetōrem urbānum adiisset isque dē
senatuos sententiad, dum ne minus /18 senatoribus C senātūs sententiā, dum nē minus /18 senātōribus C ad-
adesent, quom ea res cosoleretur, iousisent. Censuere. essent, cum ea rēs consulerētur, iussissent. Cēnsuēre.
19
/ Homines plous V oinuorsei virei atque mulieres /19 Hominēs plūs V universī virī atque mulierēs sacra
sacra ne quisquam /20 fecise velet neve inter ibei virei nē quisquam /20 fēcisse vellet nēve inter ibī virī plūs
plous duobus, mulieribus plous tribus /21 arfuise ve- duōbus, mulieribus plūs tribus /21 adfuisse vellent,
lent, nisei de pr(aitoris) urbani senatuosque senten- nisī dē praetōris urbānī senātūsque sententiā, ut suprā
22
tiad, utei suprad / scriptum est. /22 scriptum est.
Haice utei in coventionid exdeicatis ne minus trinum Haec ut in conventiōne exdīcātis nē minus trīn‹or›um
23
/ noundinum, senatuosque sententiam utei scientes /23 nūndinum, senatūsque sententiam ut scientēs
esetis, eorum /24 sententia ita fuit: sei ques esent, quei essētis, eōrum /24 sententia ita fuit: sī quis essent, quī
arvorsum ead fecisent, quam suprad /25 scriptum est, adversum ea fecissent, quam suprā /25 scriptum est, iīs
eeis rem caputalem faciendam censuere; atque utei /26 rem capitālem faciendam cēnsuēre; atque ut /26 hōc in
hoce in tabolam ahenam inceideretis, ita senatus tabulam aēn‹e›am incīderētis, ita senātus aequum
27
aiquom censuit, / uteique eam figier ioubeatis, ubei cēnsuit, /27 utque eam fīgī iubeātis, ubī facillimē
facilumed gnoscier potisit; atque /28 utei ea Bacana- noscī possit; atque /28 ut ea Bacchānālia, sī qua sunt,
lia, sei qua sunt, exstrad quam sei quid ibei sacri est, extrā quam sī quid ibī sacrī est, /29 ita ut suprā
/29 ita utei suprad scriptum est, in diebus X, quibus scriptum est, in diēbus X, quibus vōbīs tabellae datae
30
vobeis tabelai datai / erunt, faciatis utei dismota /30 erunt, faciātis ut dīmōta sint.»
sient.» (altera manu?) In agro Teurano. (altera manu?) In agrō Teurānō.
Quintus Marcius, Sohn des Lucius (und) Spurius Postumius, Sohn des Lucius, beriefen als Konsuln den Senat
ein an den Nonen des Oktober (7. Okt. 186 a.C.) beim Tempel /2 der Bellona. Protokoll führten Marcus
Uni FR 21 Semestre de printemps
Langue latine Morphologie
Claudius, Sohn des Marcus, Lucius Valerius, Sohn des Publius (und) Quintus Minucius, Sohn des Caius.
Bezüglich der Bacchanalienfeiern /3 beschlossen sie folgende Proklamation für die Verbündeten:
„Niemand von ihnen darf (einen Platz für) ein Bacchanal haben. Sollte es Personen /4 geben, die erklären,
(einen Platz für) ein Bacchanal nötig zu haben, müssen sie zum Stadtprätor /5 nach Rom kommen, und nach
ihrer Anhörung soll unser /6 Senat darüber entscheiden in Anwesenheit von mindestens 100 Senatoren bei
dieser Verhandlung. /7 Unter die Bacchen darf sich kein Mann mischen, (weder) ein römischer Bürger, noch
ein Bürger latinischen Rechts, noch einer /8 der Bundesgenossen, falls sie nicht (zuvor) den Stadtprätor auf-
suchen und von ihm Erlaubnis dazu erhalten mit Billigung des Senats in Anwesenheit von /9 mindestens 100
Senatoren bei der Verhandlung. (Dies) haben (die Senatoren) beschlossen. /10 Kein Mann darf Priester sein;
kein Mann und keine Frau darf Vorsteher(in) sein; /11 keiner von ihnen darf eine gemeinsame Kasse führen;
weder einen (geschäftsführenden) Beamten, /12 noch einen Stellvertreter, sei er männlich oder weiblich, darf
jemand bestellen. /13 Fortan dürfen sie untereinander weder sich durch Schwur, noch durch Gelöbnis, weder
durch Vertrag, /14 noch durch eine Zusage verbinden, noch sich gegenseitig das Wort geben. /15 Niemand darf
die Rituale im Geheimen durchführen, noch darf jemand die Rituale auf öffentlichem oder /16 privatem
Boden, noch ausserhalb der Stadt stattfinden lassen, falls er nicht (zuvor) /17 zum Stadtprätor geht und dieser
die Genehmigung erteilt mit Billigung des Senats in Anwesenheit von mindestens /18 100 Senatoren bei der
Verhandlung. (Dies) haben (die Senatoren) beschlossen. /19 Mehr als fünf Personen insgesamt, Männer und
Frauen, dürfen /20 keine Rituale veranstalten, noch dürfen unter ihnen mehr als zwei Männer (bzw.) mehr als
drei Frauen /21 (an den Ritualen) teilnehmen ohne (entsprechende) Genehmigung durch den Stadtprätor und
den Senat, /22 wie oben ausgeführt.
Dies sollt ihr in der (Volks-)Versammlung verkünden an mindestens drei /23 Markttagen (dreimal Zeit von
neun Tagen) und den Senatsbeschluss zur Kenntnis nehmen /24 mit folgendem Inhalt: Wenn jemand gegen die
oben ausgeführten /25 Bestimmungen verstösst, soll ihm der Kapitalprozess gemacht werden, (wie die Senato-
ren) beschlossen haben. Und dies /26 sollt ihr auf eine Bronzetafel gravieren – so hielt es der Senat für
angemessen – /27 und diese anbringen lassen, wo sie am besten zur Kenntnis genommen werden kann. Und /28
die (Plätze für) Bacchanalien sollen, falls es welche gibt – ausgenommen es läge ein religiöser Hinderungs-
grund vor – /29 so wie oben ausgeführt, innerhalb von zehn Tagen, nachdem euch diese Schriftstücke
übergeben /30 worden sind, beseitigt werden.“
(autre main ?) Dans la région de Teura (Terina ?)
[Teura / Terina se trouve en Calabre, dans les collines qui descendent vers la mer Tyrrhenienne,
env. 120 km NE de Rhegion (Reggio de Calabre)]
Uni FR 22 Semestre de printemps
Langue latine Morphologie
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