Chap 1 - Prérequis Et Complément
Chap 1 - Prérequis Et Complément
Prérequis et compléments
L’objectif de ce chapitre est de préciser et completer des notions dont les étudiants ont déjà
des représentations au moins intuitives. Il y a un grand intérêt à introduire immédiatement les
quantificateurs, les notions du langage ensembliste et les principales méthodes de raisonnement
comme le raisonnement par l’absurde, par contraposée ou le raisonnement par récurrence. Ces
différentes notions sont fondamentales et constituent la base même du travail mathématique ; il est
plus que nécessaire, de maîtriser le vocabulaire et les outils qui concernent toute ses notions. Il
s’agit, dans cet premier chapitre, de faire un récapitulatif des concepts fondamentaux qui sont en
liaison avec le cours d’analyse de la licence 1.
Un même objet mathématique peut avoir diverses expressions ou écritures, par exemple :
p 1
2, 4, p sont diverses écritures du même objet.
cos
3
Alphabet grec
Les mathématiciens ont besoin, pour bien distinguer les différents objets qu’ils manipulent de
notations variées. Des notations bien choisies, en harmonie avec ce qu’elles doivent représenter et
avec les traditions, permettent des économies de pensée considérables.
En plus des lettres de l’alphabet latin, on utilise les lettres de l’alphabet grec que nous rappelons :
9
10 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
1.2 Propositions
Définition 1.2.1. Une proposition ou un énoncé (mathématique) est une phrase faisant intervenir
des objets mathématiques et ayant un sens mathématique précis, et à laquelle on peut attribuer une
valeur de vérité, soit « vrai » , soit « faux »
Une proposition fait toujours intervenir un verbe, souvent sous la forme d’un symbole de relation,
comme =, , ⇢, ? .
Exemple 1.2.3 : 3 + 5 est un objet mathématique, 3 + 5 = 8 est une proposition mathématique dont
la valeur de vérité est vraie.
P (x, y) : xy = 1
et sa valeur de vérité dépend alors des valeurs données aux variables (dans l’exemple ci dessus,
P(2, 1/2) est vrai alors que P(2, 2) est faux)
À partir de propositions P et Q données, on peut définir de nouvelles propositions (non P), (P et
Q), (P ou Q), (P ) Q), (P () Q), dont on connait la valeur de vérité dès que l’on connait celles
de P et Q.
1.2.1 Négation
Définition 1.2.4. Soit P une proposition. La négation de P est une proposition notée (nonP). Elle
est vraie lorsque P est fausse et fausse lorsque P est vraie.
On obtient la table de vérité suivante (où V est mis pour vraie et F pour fausse) :
P (non P)
V F
F V
Exemple 1.2.5 : – Soit x un réel. La proposition (non (x = 2)) est notée (x 6= 2).
– Soit x un réel. La proposition (non (x > 2)) est notée (x 2).
Remarque :
Si P est une assertion, alors non (non P) est P.
P Q (P et Q)
V V V
V F F
F V F
F F F
— La disjonction des deux propositions P et Q est une proposition notée (P ou Q). Elle est vraie
lorsque l’une au moins des deux propositions P ou Q est vraie et elle est fausse lorsque les deux
propositions P et Q sont fausses.
On obtient la table de vérité :
P Q (P ou Q)
V V V
V F V
F V V
F F F
Exemple 1.2.7 : Soient n un entier naturel, P la proposition “n est un carré parfait” et Q la proposi-
tion “n est divisible par 3”.
Alors lorsque n est égal à 9, la proposition (P et Q) est vraie et lorsque n est égal à 18, la proposition
(P ou Q) est vraie.
Proposition 1.2.8. Soient P et Q deux propositions. Alors :
– non (P ou Q) a même valeur de vérité que (non P) et (non Q)
– non (P et Q) a même valeur vérité que (non P) ou (non Q).
Pour démontrer cette proposition, il suffit d’établir la table de vérité des assertions considérées.
Par exemple les tables de vérité de non (P ou Q) et (non P) et (non Q) coïncident et sont données
par :
non(P ou Q) P vraie P fausse (non P) et (non Q) P vraie P fausse
Q vraie F F Q vraie F F
Q fausse F V Q fausse F V
Exercice 1.2.1 : Déterminer l’ensemble des réels x vérifiant la proposition :
✓ ◆
2 2
(x > 1 et x < 3) ou (x < 4 et x < 0)
1.2.3 Implication
Définition 1.2.9. Soient P et Q deux propositions. Alors (P =) Q) est une proposition qui est fausse
lorsque P est vraie et Q est fausse. Elle est vraie dans tous les autres cas. On l’énonce “P implique Q”
ou “si P, alors Q”. Elle s’énonce aussi “P entraine Q”, ou encore “pour que P, ou encore il faut que Q”,
ou “pour que Q, il suffit que P”, oubien “une condition nécessaire pour que P est que Q” ou “une
condition suffisante pour que Q est que P”.
1.2. PROPOSITIONS 13
P Q P =) Q
V V V
V F F
F V V
F F V
P Q non P (non P) ou Q
V V F V
V F F F
F V V V
F F V V
1.2.4 Equivalence
Définition 1.2.15. Soient P et Q deux propositions. La proposition (P () Q) qui s’énonce “P
est équivalente à Q” ou “P et Q sont équivalentes” est la conjonction de l’implication et de sa
réciproque : ((P ) Q) et (Q ) P)) . Elle est vraie lorsque les propositions P et Q sont toutes les
deux vraies ou toutes les deux fausses. Elle est fausse dans les autres cas.
Cette proposition s’énonce aussi “P si et seulement si Q”, ou bien “pour que P, il faut et il suffit que
Q”, ou encore “une condition nécessaire et suffisante pour que Q est que P”.
Dire que P et Q sont équivalentes, c’est donc dire que ces propositions ont mêmes valeurs de
vérité, c’est-à-dire qu’elles signifient la même chose.
Proposition 1.2.16. Soient P et Q deux propositions. La proposition (P () Q) est vraie quand P
et Q ont la même valeur de vérité, fausse sinon.
Pour le voir, on peut écrire la table dev érité suivante :
P Q P)Q Q)P P () Q
V V V V V
V F F V F
F V V F F
F F V V V
1.2. PROPOSITIONS 15
Proposition 1.2.17. Soient P et Q deux propositions. Les équivalences suivantes sont toujours
vraies :
1. (non(non P))()P.
2. (non(P et Q))() ((nonP) ou (nonQ)).
3. (non(P ou Q))() ((nonP) et (nonQ)).
4. (non(P ) Q))() ((nonQ) ) (nonP)).
5. (P ) Q)() ((nonQ) ) (nonP)).
1.2.5 Quantificateurs.
Soit P(x) une proposition qui contient une variable x, où x désigne un élément d’un ensemble E.
La valeur de vérité de P(x) peut dépendre de x et il est souvent important de savoir si elle est vraie
pour tous les éléments x de E, pour au moins un, pour un et un seul. Les quantificateurs sevent à
indiquer la quantité d’éléments qui interviennent dans une proposition.
Il y en a deux :
le quantificateur universel, noté 8 et le quantificateur existentiel, noté 9
Définition 1.2.18. Soient E un ensemble et P(x) une proposition qui contient une variable x, où x
désigne un élément de E.
— La proposition « 8x 2 E, P(x) » est vraie si la proposition P(x) est vraie pour tous les éléments
x de E ; elle est fausse sinon. Elle se lit “quelque soit x de E, on a P(x)”, ou “pour tout x de E,
on a P(x)”.
— La proposition « 9x 2 E, P(x) » est vraie s’il existe au moins un élément x de E tel P(x) soit
vraie ; elle est fausse sinon. Elle se lit “il existe au moins un x de E, tel que P(x)”.
— La proposition « 9!x 2 E, P(x) » est vraie s’il existe un élément x de E et un seul tel P(x) soit
vraie ; elle est fausse sinon. Elle se lit “il existe un et un seul x de E, tel que P(x)”.
Remarque 1.2.20. Une variable qui a été quantifiée devient ”muette” : son écriture peut être
remplacée par n’importe quel symbole (sauf ceux figurant ailleurs dans l’énoncé).
16 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
La phrase « l’équation cos x = 0 possède au moins une solution réelle » se traduit en langage
formalisé par :
9x 2 R, cos x = 0
ou encore par
9a 2 R, cos a = 0
L’énoncé « l’entier n est un multiple de 3 » se traduit en langage formalisé par :
9k 2 Z, n = 3k
Dans cet énoncé, on peut remplacer k par n’importe quelle variable autre que n, ainsi on pourrait
écrire
9t 2 Z, n = 3t.
Remarque 1.2.21. Il résulte de la définition que toute proposition de la forme « 8x 2 0,/ P(x) » est
toujours vraie, tandis que toute proposition de la forme « 9x 2 0,
/ P(x) » est toujours fausse. Cette
remarque est très utile pour trancher des cas litigieux dans des définitions ou des théorèmes.
Remarque 1.2.22. Si on utilise deux fois le même quantificateur, l’ordre n’a pas d’importance. On
peut donc échanger des quantificateurs est lorsqu’ils sont de même type et successifs. Ainsi les
propositions « 8x 2 E 8y 2 E, P(x, y) » est équivalente à og 8y 2 E 8x 2 E, P(x, y) ».
Mais on ne peut pas toujours intervertir 8 et 9 dans une proposition. Par exemple, dans l’écriture
« 8x 2 E 9y 2 E, P(x, y) » y dépend de x, par contre dans l’écriture « 9x 2 E 8y 2 E, P(x, y) » y est
indépendant de x.
Proposition 1.2.26. Soient E un ensemble et P(x) une proposition qui contient une variable x, où x
désigne un élément de E. On a les équivalences suivantes :
1. (non(8x 2 E, P(x))) est équivalente à la proposition (9x 2 E, ( non P(x))).
2. (non(9x 2 E, P(x))) est équivalente à la proposition (8x 2 E, ( non P(x))).
1.3. RAISONNEMENT MATHÉMATIQUE 17
Exemple 1.3.1 :
Voici un énoncé : Montrer que si un entier est pair, alors le carré de cet entier est aussi pair.
18 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
Supposons que n est pair. Par définition d’un nombre pair, il existe k 2 Z tel que n = 2k. On en
déduit que n2 = 4k2 , donc n2 = 2k0 avec k0 = 2k2 2 Z. Par suite n2 est pair.
On vient donc de montrer que si un entier est pair, alors le carré de cet entier est aussi pair.
Dans cet exemple on est à amener à montrer une proposition du type (8x 2 E, P(x)).
Dans la pratique, on commence en écrivant une expression du style « Soit x un élément de E », ou
« Considérons un élément x de E », puis on écrit une démonstration de P(x)
En résumé :
— on choisit une lettre x qui n’a pas déjà été utilisée ailleurs et on ajoute la donnée x 2 E ;
— on démontre ensuite que P(x) est vraie.
Exemple 1.3.2 :
Démontrer que pour tout réel x, on a (x > 2 =) 2ex + x2 3x > 0).
Soit x 2 R tel que x > 2. Montrons que 2ex + x2 3x > 0.
Comme x > 2, donc ex > 1. on en déduit que 2ex > 2. Par suite 2ex + x2 3x > x2 3x + 2.
Or x2 3x + 2 = (x 1)(x 2), comme x > 2, on a x 1 > 0 et x 2 > 0, donc x2 3x + 2 > 0.
On a 2ex + x2 3x > x2 3x + 2 et x2 3x + 2 > 0, donc 2ex + x2 3x > 0.
On vient de montrer que pour tout réel x, on a (x > 2 =) 2ex + x2 3x > 0).
Pour démontrer une proposition P, on peut vouloir se servir d’une proposition déjà démontrée
de la forme (A ou B). Pour cela :
— on suppose A vraie et on démontre P ;
— on suppose B vraie et on démontre P.
Exemple 1.3.3 :
Démontrer que pour tout entier naturel n, n2 + 3n est pair.
Soit n un entier naturel. Soit n est pair ou n est impairs, il ya donc deux cas.
Premier cas : Supposons que n est pair.
Par définition, il existe un entier k tel que n = 2k. On en déduit que n2 + 3n = 4k2 + 6k, donc
n2 + 3n = 2k0 où k0 = 2k2 + 3k est un entier. Par suite n2 + 3n est pair.
Deuxième cas : Supposons que n est impair.
Par définition, il existe un entier k tel que n = 2k + 1. On en déduit que n2 + 3n = 4k2 + 8k + 4,
donc n2 + 3n = 2k0 où k0 = 2k2 + 4k + 2 est un entier. Par suite n2 + 3n est pair.
Dans tous les cas n2 + 3n est pair, donc on vient de montrer que pour tout entier naturel n,
2
n + 3n est pair.
1.3. RAISONNEMENT MATHÉMATIQUE 19
Exemple 1.3.4 :
Montrons qu’il n’existe pas d’entier naturel supérieur à tous les autres entiers.
Supposons, par l’absurde, qu’il y ait un plus grand nombre entier, et appelons le n0 . Alors, n0 + 1
est un nombre entier, et n0 + 1 > n0 , ce qui est absurde de par notre choix de n0 . Ceci montre donc
qu’il n’y a pas de plus grand nombre entier naturel.
Exemple 1.3.5 :
x+1
Montrons que pour tout réel x 6= 2, on a 6= 1.
x+2
x0 + 1
Supposons qu’il existe un nombre réel x0 6= 2 tel que = 1. On a
x0 + 2
x0 + 1
= 1 () x0 + 1 = x0 + 2
x0 + 2
() 1 = 2
ce qui absurde.
x+1
Donc pour tout réel x 6= 2, on a 6= 1.
x+2
Exemple 1.3.6 :
Soit a et b deux nombres réels. Montrer que
Nous allons donc montrer cette propriété par contraposition : la contraposée de « (8e > 0, a <
b + e) =) (a b) » est « (a > b) =) (9e > 0, a b + e). »
20 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
Soit a et b deux nombres réels tels que a > b. On a donc a b > 0. En prenant e = a b, on a
b + e = a et donc
a b + e.
C’est-à-dire que « (a > b) =) (9e > 0, a b + e). » et donc (8e > 0, a < b + e) =) (a b).
Récurrence simple
1 cn+1
1 + c + c2 + · · · + cn = .
1 c
1 cn+1 00
Solution : Considérons la formule P(n) :00 1 + c + c2 + · · · + cn = .
1 c
1 c2
Pour n = 1, on a 1 + c = , donc P(1) est vraie.
1 c
1.3. RAISONNEMENT MATHÉMATIQUE 21
1 + c + c2 + · · · + cn + cn+1 = (1 + c + c2 + · · · + cn ) + cn+1
cn+1
1
= + cn+1 car P(n) est vraie
1 c
1 cn+1 + (1 c)cn+1
=
1 c
1 cn+2
= .
1 c
Récurrence forte
C’est la forme la plus générale du raisonnement par récurrence.
Pour montrer que P(n) est vrai pour tout entier naturel n n0 , il suffit de prouver que :
— P(n0 ) est vrai,
— Pour tout entier k n0 , si P(n0 ), P(n0 + 1), · · · P(k) sont vrais alors P(k + 1) est vrai
Solution : Soit x une solution de l’équation. En élevant au carré chaque membre de l’équation, on
obtient x + 6 = x2 .
1 5
L’équation du second degré x2 x 6 = 0 admet pour discriminant D = 25, donc x = = 2
2
1+5
ou x = = 3.
2
On teste maintenant
p les valeurs de x trouvées :
– Pour 2, on p a 2 + 6 = 2 6= 2. 2 n’est donc pas solution de l’équation.
– Pour 3, on a 3 + 6 = 3. 3 est donc solution de l’équation.
Conclusion : L’équation admet 3 comme unique solution ; S = {3}.
Plus généralement, pour toute famille (xi )i2I de nombres réels indexée par un ensemble fini I,
la somme de tous les éléments xi , i décrivant I, sera noté Â xi . Par exemple, si I = {1, 4, 6} :
i2I
 xi = x1 + x4 + x6.
i2I
Exemple 1.4.2 : On a pour tout entier n, on a
n n
 k = 0+1+2+···+n et  rk = r0 + r + r2 + · · · + rn où r 2 R.
k=0 k=0
n m n
– Relation de Chasles : Â ai = Â ai + Â ai pour tout entier m tel que p m < n.
i=p i=p i=m+1
n n n
– Linéarité :  (aai + b bi) = a  ai + b  bi pour toutes suites (ai)i et (bi)i et pour tous
i=p i=p i=p
réels a et b .
– Changement d’indice :
1.5. ENSEMBLES 23
1.5 Ensembles
Premières définitions
La notion d’ensemble est considérée comme primitive. Étant donné un ensemble X, on doit être
capable de dire sans ambiguité qu’un objet x est dans X ou non. Plus précisement,
Définition 1.5.1. Un ensemble est une collection d’objets appélés éléments ou membres. Un en-
semble sans objets est appélé ensemble vide et est noté 0/ (ou parfois {}).
Soit E un ensemble non vide. Si a est un élément de E, on écrit a 2 E et on dit aussi que a appartient
à E. Pour dire qu’un objet b n’appartient pas à E, on écrit b 62 E.
Définition 1.5.2.
— Un ensemble contenant un seul élément est appelé singleton. Si l’élément est a, on notera
l’ensemble correspondant {a}.
— Un ensemble contenant que deux éléments est appelé paire. Si ces élément sont a et b, on notera
l’ensemble correspondant {a, b}.
Définition 1.5.3.
(i) Un ensemble A est un sous-ensemble (ou une partie) d’un ensemble B si x 2 A implique
x 2 B, et on écrit A ⇢ B. On dit aussi que l’ensemble A est inclus dans l’ensemble B.
(ii) Deux ensembles A and B sont égaux si A ⇢ B et B ⇢ A. On écrit A = B. Ce qui signifie que , A
et B ont exactement les mêmes éléments. Si A and B ne sont pas égaux, alors on écrit A 6= B.
(iii) Un ensemble A est un sous-ensemble propre d’un ensemble B si A ⇢ B et A 6= B. On écrit
A ( B.
(iv) L’ensemble des parties d’un ensemble B est noté P(B). Dire que A 2 P(B) signifie que
A ⇢ B.
Remarque 1.5.4.
— Définition en extension : on peut définir un ensemble fini (c’est un ensemble qui a un nombre
fini d’éléments) en énumérant les éléments qui le constituent. Par exemple :
{1, 2, 3, 4, 5} est un ensemble constitué des 5 éléments 1, 2, 3, 4 et 5.
On utilisera des accolades pour délimiter les éléments de l’ensemble. L’ordre des éléments, et le
fait qu’ils soient redoublés n’a aucune importance dans la définition de l’ensemble. Ainsi, les
ensembles {4, 2, 1, 4} et {1, 2, 3, 4, 1, 4} sont-ils égaux à l’ensemble ci-dessus.
— Définition en compréhension : on s’appuie sur un ensemble déjà existant, dont on sélectionne
les éléments vérifiant une certaine propriété. Par exemple :
(i) L’ensemble des entiers naturels, N := {0, 1, 2, 3, . . .}.
(ii) L’ensemble des entiers relatifs, Z, est constitué des entiers naturels et de leurs opposés.
24 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
⇢
m
(iii) L’ensemble des nombres rationels , Q := : m, n 2 Z and n 6= 0 , c’est l’ensemble des
n
nombres qui s’écrivent sous la forme de quotient d’un entier relatif par un entier relatif
non nul.
(iv) L’ensemble des entiers naturels pairs, 2N = {2m : m 2 N}.
(v) L’ensemble des nombres réels, R.
Remarque 1.5.5. Notons que N ⇢ Z ⇢ Q ⇢ R.
A [ B := {x : x 2 A or x 2 B}.
A \ B := {x 2 X : x 2 A and x 2 B}.
Bc := {x 2 X and x 2
/ B}.
/ B} = A \ Bc .
A \ B := {x 2 X : x 2 A et x 2
A4B := {x 2 X : (x 2 A et x 2
/ B) ou (x 2
/ A et x 2 B)} = (A \ B) [ (B \ A).
1. A \ B et A [ B. 4. A [ Bc .
2. Ac et B \ A. 5. (A \ Bc )c .
3. Ac \ B 6. (Bc [ A)c .
Proposition 1.5.8.
Soient E un ensemble, et A, B et C des parties de E.
— A\B ⇢ A
— A ⇢ A[B
— A [ B = B [ A (commutativité)
— A \ B = B \ A (commutativité)
— (A [ B) [C = A [ (B [C) (associativité)
— (A \ B) \C = A \ (B \C) (associativité)
— A [ 0/ = A (0/ est l’élément neutre de [)
— A \ E = A (E est l’élément neutre de \)
— (Ac )c = A
— A [ Ac = E
— A \ Ac = 0/
— (A \ B) [C = (A [C) \ (B [C) (distributivité de \ par rapport à [)
— (A [ B) \C = (A \C) [ (B \C) (distributivité de [ par rapport à \)
Démonstration. — x 2 A , x 2 / AC , x 2 (AC )C par définition du complémentaire.
/ A i.e. x 2 AC . D’où A [ AC = E.
— soit x 2 E. On a soit x 2 A, soit x 2
— Supposons l’existence d’un x dans l’intersection. On a alors x 2 A et x 2
/ A, ce qui est absurde.
Théorème 1.5.9 (Lois de De Morgan). Soient A, B,C des sous ensembles d’un ensemble E. Alors
(B [C)c = Bc \Cc ,
(B \C)c = Bc [Cc ,
plus généralement,
A \ (B [C) = (A \ B) \ (A \C),
A \ (B \C) = (A \ B) [ (A \C).
Démonstration. Dans un premier temps, nous prouvons la deuxième assertion.
Montrons que A \ (B [C) = (A \ B) \ (A \C) :
– Soit x 2 A\(B[C). Alors x appartient à A, mais n’appartient pas à B[C. Comme x n’appartient
pas à B [C, donc x 2/ B et x 2
/ C. Par suite x 2 A et x 2
/ B, c’est à dire, x 2 A \ B. De même x 2 A \C.
D’où x 2 (A \ B) \ (A \C). Par conséquent A \ (B [C) ⇢ (A \ B) \ (A \C)
26 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
A B A B
A[B A\B
A B B
A\B Bc
A ⇥ B = {(x, y) | x 2 A, y 2 B}
avec la convention A ⇥ B = 0/ si A = 0/ ou B = 0.
/
Soit A , B et C trois ensembles. On définit de la même manière l’ensemble
A ⇥ B ⇥C := {(x, y, z) | x 2 A, y 2 B, z 2 C}.
1 2 3 4
(1, 1) (1, 2) (1, 3) (2, 1) (2, 2) (2, 3) (3, 1) (3, 2) (3, 3) (4, 1) (4, 2) (4, 3)
[ +•
[ \ +•
\
Xi = Xi et Xi = Xi .
i2N i=0 i2N i=0
Partition
Définition 1.5.14.
Soit E un ensemble, et P ⇢ P(E) un ensemble de sous-ensembles de E. On dit que P est une
partition de E si et seulement si on a les trois propriétés suivantes :
— 0/ 2 / P (aucun élément de P n’est vide)
[
— X = E (P est un recouvrement de E)
X2P
— 8(X,Y ) 2 P2 , X 6= Y ) X \Y = 0/ (les éléments de P sont deux-à-deux disjoints)
Exemple 1.5.15 :
— Considérons l’ensemble E = {0, 1, 2}. Les partitions de cet ensemble sont {{0, 1}, {2}}, {{0, 2}, {1}},
{{1, 2}, {0}}, {{0}, {1}, {2}} et {E}.
— {Q, R\Q} est une partition de R. Plus généralement, si A est une partie de E non non vide et
différente de E, alors {A, AC } est une partition de E.
— Soit 2N l’ensemble des entiers pairs, et 2N + 1 l’ensemble des entiers impairs. {2N, 2N + 1} est
une partition de N
Exercice 1.5.5 : Soit E = {a, b, c, d, e, f , g} ; dans chacun des cas suivants, dire si la famille de parties est
une partition de E.
1. A1 = {a, b, e}, A2 = {c, g} et A3 = {d}.
1.6. FONCTIONS 29
1.6 Fonctions
1.6.1 Définition, graphe, image, antécédent
Définition 1.6.1. Soit E et F deux ensembles.
Une fonction f : E ! F (de E dans F) est définie par un sous-ensemble de G f ✓ E ⇥ F (appelé
graphe de f ) tel que pour tout x 2 E, il existe au plus un y 2 F tel que (x, y) 2 G f , on note y = f (x).
L’ensemble E est l’ensemble de départ et l’ensemble F est l’ensemble d’arrivée de la fonction f .
Une fonction f de E dans F se note :
f: E ! F
,
x 7 ! f (x)
cela signifie qu’à tout élément de x de départ E, la fonction f associe s’il existe l’élément f (x) de
l’ensemble d’arrivée F. Plus précisement, dans cette notation :
— la première flèche reliant E à F qui s’écrit ! sans barre verticale à l’extrémité gauche se lit :
“dans”. (on lit donc f va de E dans F).
— la deuxième flèche reliant x à f (x) possède, elle, une barre verticale à l’extrémité gauche et se
lit : “a pour image” (on lit donc x a pour image f (x)).
Remarque 1.6.2. Le fait que chaque élément de E possède au plus une image dans F signifie que
certains éléments de E peuvent ne pas avoir d’éléments dans F du tout. Mais d’un autre côté, cela
veut également dire que les éléments de E ne peuvent pas avoir plus d’une image dans F.
Définition 1.6.3. Soit f une fonction d’un ensemble E dans un ensemble F.
— Soit x 2 E. Si f (x) existe alors f (x) est appelé l’image de x par f .
— Soit y 2 F. S’il existe x 2 E vérifiant f (x) = y alors x est appelé l’antécédent de y par f .
Exemple 1.6.4 : On donne la représentation d’une fonction f : E ! F par son diagramme de
Venn où E = {a, b, c, d, e, f } et F = {1, 2, 3, 4, 5}
— dans l’ensemble de départ E l’élément f n’a pas d’image dans l’ensemble d’arrivée F par f ;
— 1 admet deux antécédents qui sont b et e ;
— dans l’ensemble d’arrivée F l’élément 5 n’a pas d’antécédent dans de départ E par f
Exemple 1.6.5 : 1. Un exemple de fonction définie par son graphe.
Soit E = {1, 2, 3, 4} et F = {a, b, c}. On définit la fonction f par le graphe :
G f = {(1, a), (2, c), (4, a)} ⇢ E ⇥ F
30 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
1
⇥
e b 2
⇥ ⇥ ⇥
f a
⇥ d ⇥ 4
⇥ c ⇥
⇥ 3
⇥ 5
⇥
E
Autrement dit f: E ! F
1 7 ! a
2 7 ! c
4 7 ! a
f: R ! R
x 7 ! 3x2 + 2x 5
Remarque 1.6.6. On prendra garde à ne pas confondre la fonction f et f (x) qui est l’image de
l’élément x de l’ensemble de départ.
Remarque 1.6.7. On notera que deux fonctions f et g sont égales si et seulement si elles ont le même
ensemble de départ E, le même ensemble d’arrivée F et que pour tout x appartenant à l’ensemble
de départ E, on a f (x) = g(x).
Comme exemple, les fonctions f : R ! R et g : R ! R+ sont des fonctions
x 7 ! x2 x 7 ! x2
différentes.
n(n + 1)(n + 5)
Exercice 1.6.1 : On considère la relation f de N dans N qui à tout n 2 N associe f (n) = ).
3
Cette relation définit-elle une fonction ?
1.6. FONCTIONS 31
e
a • b
b • •a
• •
g d
• • c
•
f
E F
Proposition 1.6.14. Soient E et F deux ensembles et f : E ! F une fonction. Alors f est injective
si et seulement si 8x, y 2 E, x 6= y ) f (x) 6= f (y).
Définition 1.6.15. Soient E et F deux ensembles et f : E ! F une fonction. On dit que f est
surjective si tout y 2 F admet au moins un antécédent.
Autrement dit : f est surjective si Im( f ) = F.
1
•
e b
• •a 2
d • • 4
• c •
•
3
•
g
E F
Définition 1.6.16. Soient E et F deux ensembles et f : E ! F une fonction. On dit que f est
bijective si tout y 2 F admet exactement un antécédent.
Autrement dit : f est surjective si f est une application injective et surjective.
1.6. FONCTIONS 33
1
b •
• 2
a • 4
• •
d c
• • 3
•
g
E F
e 1
a • b •
b • •a 2 4
• • •
g d c•
• • • 3
•
f g
E F G
g f
f (x) = f (y)
g( f (x)) = g( f (y))
(g f )(x) = (g f )(y)
IdE (x) = IdE (y)
x = y.
Remarque 1.6.25. Si une application f : E ! F est une bijection alors sa bijection réciproque f 1
x
5 4 3 2 1 1 2 3 4
1
8x 2 I \ D( f ), f (x) f (x0 ),
8x 2 I \ D( f ), f (x) f (x0 ).
Remarque 1.6.33. Ont dit que f admet un extremum local si f admet un maximum local ou un
minimum local.
Ont dit que f admet un extremumsi f admet un maximum ou un minimum.
Fonctions monotones
Soit f : E ! R une fonction réelle et I un sous-ensemble de l’ensemble de définition D( f ) de
f.
x y =) f (x) f (y),
x y =) f (x) f (y),
Remarque 1.6.36. On dira que f est croissante (décroissante) si f est croissante (décroissante) sur
D( f ).
Définition 1.6.37.
— On dit que f est monotone sur I si elle soit croissante sur I, soit décroissante sur I.
— On dit que f est strictement monotone sur I si elle soit strictement croissante sur I, soit
strictement décroissante sur I.
Remarque 1.6.38. Étudier les variations d’une fonction c’est partager son ensemble de définition en
intervalles tels que sur chacun d’eux, f y soit monotone.
Remarque 1.6.41. Dans un repère orthonormé (O,~i, ~j), la représentation graphique d’une fonction
paire est une courbe symétrique par rapport à l’axe des ordonnées (O, ~j) tandis que celle d’une
fonction impaire est une courbe symétrique par rapport à l’origine du repère O.
Fonctions périodiques
Définition 1.6.42. Soit f une fonction réelle. On dit que f est périodique s’il existe un réel T 2 R⇤
tel que :
40 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
— pour tout x 2 D( f ), on a x + T 2 D( f ) et x T 2 D( f )
— pour tout x 2 D( f ), f (x + T ) = f (x).
Le nombre réel T est appelé une période de la fonction f et f est T - périodique.
Remarque 1.6.43. Soit f une fonction réelle périodique. Si l’ensemble des périodes strictement
positives de f a un plus petit élément P, celui-ci est appelé la période de f (la notion de plus pétit
n’étant pas encore définie, on peut donc croire que la période est une période qui est plus petite que
toutes les autres). Toutes les périodes de f sont alors de la forme nP, où n est un entier relatif.
Remarque 1.6.44. Si une fonction f est périodique et de période T alors sa courbe représentative
est invariante par les translations de vecteurs nT~i, où n 2 Z.
Fonctions lipschitziennes
Définition 1.6.45. Soit f une fonction réelle et I un sous ensemble de D( f ). On dit que f est
lipschitzienne sur I s’il existe un réel k tel que :
8x 2 I 8y 2 I, | f (x) f (y)| k|x y|.
On dit aussi que f est k-lipschitzienne ou lipschitzienne de rapport k.
Exemple 1.6.46 :
1. Toute fonction affine sur R est lipschitzienne : En effet si pour tout x 2 R, f (x) = ax + b (a 2 R
et b 2 R) alors pour tout (x, y) 2 R2 , on a
| f (x) f (y)| = |ax + b ay b|
= |ax ay|
| f (x) f (y)| |a||x y|.
f est donc lipschitzienne de rapport |a|.
2. La somme de deux fonctions lipschitziennes est lipschitzienne. En effet, soit f et g deux fonctions
lipschitzienne sur un ensemble I. Il existe des réels k1 et k2 tels que pour pour tout (x, y) 2 I 2 , on
ait
| f (x) f (y)| k1 |x y| et |g(x) g(y)| k2 |x y|.
Donc
|( f + g)(x) ( f + g)(y)| = | f (x) + g(x) f (y) g(y)|
= |( f (x) f (y)) + (g(x) g(y))|
| f (x) f (y)| + |g(x) g(y)|
k1 |x y| + k2 |x y|
|( f + g)(x) ( f + g)(y)|(k1 + k2 )|x y|.
Par suite f + g est lipschitzienne de rapport k1 + k2 .
1.6. FONCTIONS 41
Fonctions usuelles
Les fonctions usuelles telles que les polynômes, le sinus, le cosinus, le logarithme népérien,
l’exponentiel népérien doivent être familières dès le début du calcul. Nous pouvons faire référence à
certaines de leurs propriétés au besoin, même si celles ci n’ont pas été prouvées rigoureusement
pour le moment. Nous présenterons des preuves rigoureuses au fur et à mesure du développement
de cet cours.
f (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + · · · + an xn .
Remarque 1.6.48. Les fonctions polynômes sont définies, continues et dérivables sur R.
Remarque 1.6.49. Une fonction affine est une fonction polynôme de degré 1 et une fonction
polynôme f définie pour tout x 2 R par f (x) = ax avec a 2 R est appelée une fonction linéaire.
Un cas particulier est celui des fonctions polynômes de degré 2 : il s’agit des fonctions définies pour
tout x 2 R par f (x) = ax2 + bx + c où a, b, c sont trois réels donnés, a étant différent de zéro.
Rappelons la définition
Définition 1.6.50. Soit f (x) = ax2 + bx + c une fonction polynôme de degré 2 de la variable réelle
x.
— Le nombre D = b2 4ac est appelé discriminant f (x) = ax2 + bx + c.
"✓ ◆ #
b 2 b2 4ac
— L’expression f (x) = a x + est appelée la forme canonique de f (x).
2a 4a2
L’étude des polynôme de degré 2 permet de résoudre dans R les équations du second degré
ax2 + bx + c = 0
Théorème 1.6.51.
Lorsque D < 0, l’équation n’a pas de racine réelle.
b
Lorsque D = 0, l’équation a une racine double, x0 = et pour tout réel x 2 R, on a
2a
ax2 + bx + c = a(x x0 )2 .
42 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
De plus le signe de ax2 + bx + c est égal à celui du coefficient a pour tout x 2] •, x1 [[]x2 , +•[, et
égal au signe contraire de celui du coefficient a pour tout x 2]x1 , x2 [ ( si on suppose par exemple
que x1 < x2 .)
On résume cela par le tableau de signes suivant :
x • x1 x2 +•
x x1 0 + +
x x2 0 +
(x x1 )(x x2 ) + 0 0 +
ax2 + bx + c signe de a 0 signe de a 0 signe de a
Définition 1.6.52. Une fonction rationnelle est un quotient de deux fonctions polynômes.
Remarque 1.6.53. Les fonctions rationnelles sont définies et dérivables en tout point de R où le
dénominateur ne s’annule pas.
Les limites à connaître des fonctions polynômes et rationnelles sont :
– Si n 2 N⇤ alors
• lim xn = +• 1
x!+• • lim =0
( x!+• xn
n +• si n est pair 1
• lim x = • lim =0
x! • • si n est impair x! • xn
– Fonction logarithmique
Définition 1.6.54. La fonction logarithme népérien, notée ln, est définie sur ]0, +•[ et c’est la
1
primitive de la fonction x 7 ! qui s’annule en 1. Plus précisement, ln est une fonction dérivable
x
sur ]0, +•[, telle que
1
8x 2]0, +•[, (ln)0 (x) = et ln(1) = 0.
x
Proposition 1.6.55. Pour tout réel strictement positif x et y et pour tout nombre rationnel a on a :
x
• ln(xy) = ln x + ln y • ln = ln x ln y • ln(xa ) = a ln x
y
La fonction logarithmique est strictement croissante et c’est une bijection de ]0, +•[ vers R .
Notons que e est l’unique réel strictement positif tel que ln e = 1. La représentation graphique de la
fonction logarithme est donnée ci-dessous
44 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
1 0 1 2 e3 4 5 x
1
– Fonction exponentielle
Définition 1.6.56. La fonction exponentielle, notée exp, est définie sur R. C’est la fonction réci-
proque de la fonction logarithme. On a pour tout x 2 R, exp(x) = ex . Elle est dérivable sur R et
l’on a
8 x 2 R, (exp)0 (x) = exp(x), exp(0) = 1 et exp(x) > 0.
On a la relation fondamentale avec la fonction logarithme :
8x 2 R, 8y 2 R⇤+ , exp(x) = y () x = ln y.
1 exp(x)
• exp( x) = • exp(x y) =
exp(x) exp(y)
• exp(x + y) = exp(x) exp(y) • exp(ax) = (exp(x))a
3
e
2
5 4 3 2 1 0 1 2 3 4 5 x
1
fa (x) = xa := ea ln x .
La propriété suivante est donnée pour x > 0 et y > 0 afin qu’elle soit vraie pour toute valeur de
a, b 2 R. Il suffit donc de l’adapter pour les autres valeurs de x et y dans R lorsqu’on peut écrire
xa et xb .
Proposition 1.6.60 (Propriétés). Soient x > 0 et y > 0, et a 2 R et b 2 R. Alors
• ln(xa ) = a ln(x).
1 xa
• xa xb = xa+b , x a = a et b = xa b .
x x
• (xa )b = xab et (xy)a = xa yb .
1
• Pour a 6= 0, y = xa () x = y a .
Exercice 1.6.4 : Démontrer la proposition 1.6.60.
✓ ◆
1 x
Exercice 1.6.5 : Calculer lim 1 +
x!+• x
1.6. FONCTIONS 47
1
En posant X = , on a X ! 0 quand x ! +•, par conséquent
x
✓ ◆
1 ln 1 + 1x ln(1 + X)
lim x ln 1 + = lim 1
= lim = 1.
x!+• x x!+•
x
X!0 X
✓ ◆
1 x
En conclusion lim 1 + = e.
x!+• x
Proposition 1.6.61 (Croissance comparée).
• Si a et b sont des réels strictement positifs alors
(ln x)a
lim xb | ln x|a = 0 et lim = 0.
x!0+ x!+• xb
• Si a 2 R et b > 0 alors
xa
lim = 0.
x!+• eb x
5 4 3 2 1 0 1 2 3 4 5 x
1
p
F IGURE 1.10 – Courbe des fonctions : x ! 3
x
48 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
– Fonctions trigonométriques
Définition 1.6.62 (Cercle trigonométrique). On appelle cercle trigonométrique tout cercle dont le
rayon est égal à l’unité de longueur et sur lequel on a choisi un sens de rotation direct ou sens positif
(contraire à celui des aiguilles d’une montre).
Les fonctions trigonométriques sont définies à partir des points du cercle trigonométrique. On
considère dans un repère orthonormé direct (O;~i; ~j) le cercle trigonométrique centré en O et on
note A(0, 1) comme le montre la figure 1.11.
[ !
Soient a un nombre réel et M le point du cercle trigonométrique tel que (~i, OM) = a, a est exprimé
en radian.. On appelle H et K les projétés de M respectivement sur les axes (O,~i) et (O, ~j). On pose
alors
OH = cos a et OK = sin a.
En fait sin a et cos a sont respectivement l’abscisse et l’ordonnée du point M dans le repère (O;~i; ~j).
p
Si le réel a n’est pas de la forme + kp, k 2 Z, alors la perpendiculaire en A à l’axe (O,~i) coupe la
2
droite (OM) en T et on pose
tan a = AT .
M T
K
sin a
sin a tan a =
cos a
a x
1 1 0 cos a H 1A
2
1
2
⇢
p
D(sin) = R, D(cos) = R et D(tan) = R \ + kp ; k 2 Z .
2
Valeurs particulières
Les valeurs particulières suivantes des fonctions sin, cos et tan sont à connaitre absolument :
p p p p
x 0 p
6 4 3 2
p p
3 2 1
cos x 1 0 1
2 2 2
p p
1 2 3
sin x 0 2 1 0
2 2
1 p
tan x 0 p 1 3 k 0
3
50 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
p
2
2p p p
J 3
3 2 3
3p p p
2
4 2 4
5p 1 p
2 6
6
O
p p p p
3 2 1 1 2 3
2 2 2 2 2 2 I
p 0
1
2
5p p
6 p
2 6
2
3p p p
3
4 2 4
2p p
3 3
p
2
Premières relations
— On a les relations fondamentales suivantes :
— Les fonctions cos et sin sont 2p périodiques et la fonction tan est p périodique :
cos p
+a = sin x sin p
+ x = cos x p 1
2 2 tan 2 +x =
tan x
cos p
x = sin x sin p
x = cos x p 1
2 2 tan 2 x =
tan x
— Les fonctions cos, sin et tan sont continues et dérivables sur leur ensemble de définition et on a :
np o 1
8x 2 R\ + kp, k 2 Z , tan0 (x) = 1 + tan2 x =
2 cos2 x
— De plus : h p pi
• La restriction de la fonction sinus à , est strictement croissante.
⇥ 2 2⇤
• La restriction de la fonction cosinus à i0, p esthstrictement décroissante.
p p
• La restriction de la fonction tangente à , est strictement croissante.
2 2
Les formules qui suivent n’ont parfois pas de sens pour certaines valeurs de la variable : par
tan a + tan b
exemple, la formule tan (a + b) = n’est valable que pour tous réels a et b vérifiant
1 tan a tan b
p
a, b 2 R\ 2 + np, n 2 Z et tan a tan b 6= 1.
Formules d’addition
cos (a + b) = cos a cos b sin a sin b cos (a b) = cos a cos b + sin a sin b
sin (a + b) = sin a cos b + cos a sin b sin (a b) = sin a cos b cos a sin b
2 tan a
sin 2a = 2 sin a cos a tan 2a =
1 tan2 a
1
cos a cos b = (cos (a + b) + cos (a b))
2
1
sin a sin b = (cos (a b) cos (a + b))
2
1
sin a cos b = (sin (a + b) + sin (a b))
2
p+q p q p+q p q
cos p cos q = 2 sin sin cos p + cos q = 2 cos cos
2 2 2 2
p+q p q p+q p q
sin p + sin q = 2 sin cos sin p sin q = 2 cos sin
2 2 2 2
Limites à connaître
Pour résoudre une équation trigonomérique, on utilise généralement les équivalences suivantes :
• Pour tout x et a dans R, sin x = sin a () 9 k 2 Z ; x = a + 2kp ou x = p a + 2kp.
• Pour tout x et a dans R, cos x = cos a () 9 k 2 Z ; x = a + 2kp ou x = a + 2kp.
• Pour tout x et a dans R\ p2 + np, n 2 Z , tan x = tan a () 9 k 2 Z ; x = a + kp.
Exemple 1.6.64 :
54 CHAPITRE 1. PRÉREQUIS ET COMPLÉMENTS
x
2p p p 2p
x
2p p p 2p
x
4 3 2 1 0 1 2 3 4
1
– Fonctions hyperboliques
Définition 1.6.65. Les fonctions cosinus hyperbolique, sinus hyperbolique, tangente hyperbolique
notées respectivement ch, sh et th sont définies pour tout x 2 R par :
ex + e x ex e x shx e2x 1
chx = , shx = , thx = =
2 2 chx e2x + 1
tha + thb
ch(a + b) = cha chb + sha shb sh(a + b) = sha chb + cha shb th(a + b) =
1 + tha thb
tha thb
ch(a b) = cha chb sha shb sh(a b) = sha chb cha shb th(a b) =
1 tha thb
En particulier pour a = b,
ch2a 1 ch2a + 1
ch2a = ch2 a + sh2 a = 2ch2 a 1 = 1 + 2sh2 a sh2 x = et ch2 a =
2 2
2tha
sh2a = 2sha cha th2a =
1 + th2 a
1 1
cha chb = (ch(a + b) + ch(a b)) sha shb = (ch(a + b) ch(a b))
2 2
1 1
sha shb = (ch(a + b) ch(a b)) sha chb = (sh(a + b) + sh(a b))
2 2
a+b a b a+b a b
cha + chb = 2ch ch cha chb = 2sh sh
2 2 2 2
a+b a b sh(a + b)
sha + shb = 2sh ch tha + thb =
2 2 cha chb
Limites à connaître
y
8
7
6
5
4
3
2
1
5 4 3 2 10 1 2 3 4 5 x
1
y
5
4
3
2
1
5 4 3 2 10 1 2 3 4 5 x
1
2
3
4
5
3 2 1 0 1 2 3 x
1.7 Exercices
Exercice 1.7.1 : Si A, B et C sont des sous-ensembles d’un ensemble E, montrer que,
A \ (B \C) = (A \ B) [ (A \C)
Exercice 1.7.2 : Montrer que le principe de récurrence forte est équivalent à la récurrence simple.
Exercice 1.7.3 : Soit A, B et C sont des sous-ensembles d’un ensemble E Montrer que
a) A \ (B [C) = (A \ B) [ (A \C)
b) A [ (B \C) = (A [ B) \ (A [C)
Exercice 1.7.5 : Déterminer P(S) l’ensemble des parties de l’ensemble S dans les cas suivants :
a) S = 0,
/
b) S = {1},
c) S = {1, 2},
d) S = {1, 2, 3, 4}.
Exercice 1.7.10 : Trouver le plus petit entier n0 2 N tel que 2(n0 + 5)2 < n30 . Montrer que 2(n + 5)2 < n3
pour tout n n0 .