Analyse Des Systèmes Continus
Analyse Des Systèmes Continus
I NTRODUCTION
Les systèmes de contrôle sont utilisés partout dans la vie courante : dans les automobiles, les fours, la
robotique, l’aérospatiale, avions, etc...
Le contrôle de systèmes est un partie importante des procédés industriels et manufacturiers : pression,
vitesse, température, humidité, viscosité, etc...
L’évolution de ce domaine permet d’atteindre des performances de plus en plus optimales et augmente la
précision du contrôle de ces systèmes.
1.1 D ÉFINITION
Un système de contrôle est composé d’un ensemble de sous-systèmes et procédés as- semblés pour
contrôler la sortie de procédés. Par exemple, un système simple est un thermomètre qui contrôle la
température d’une pièce.
Avantages
Les systèmes de contrôle permettent d’atteindre des précisions qui seraient autrement impossible. Ils
permettent aussi de faire des opérations à distance. On peut aussi transformer la forme d’une entrée (ex
: un thermomètre a comme entrée une position, et comme sortie la chaleur). Ils sont aussi utilisés pour
compenser lorsqu’un système est soumis à des perturbations.
Historique
Parmi les premiers à utiliser du contrôle, il y a les anciens Grecs. On note aussi ici certains travaux
importants :
• Watt : 18e siècle, réglage de la vitesse d’une locomotive
• Minorsky : 1922, Stabilité selon les équations différentielles
• Nyquist : 1932, Stabilité dans le domaine fréquentiel
• Huzen : 1934, Servo-mécanismes
• 1940 – 1950 : Réponse en fréquence
• 1960 : Variables d’état
1
1.1. DÉFINITION CHAPTER 1. INTRODUCTION
Types de systèmes
Comme mentionné plus haut, un système de contrôle produit une sortie ou réponse pour une entrée (ou
stimulus) donnée.
Deux facteurs font que la sortie est différente de l’entrée. On prend l’exemple de la figure 1.1 :
La sortie ne change pas instantanément ; c’est le temps de réponse du système. Pendant ce temps de
réponse, le système a un comportement bien particulier : la réponse transi- toire. La précision de la
réponse détermine l’erreur en régime permanent. Dans certains cas, on peut tolérer une erreur en régime
permanent non-nulle, alors que dans d’autre cas, elle doit être nulle.
Il y a deux types de système : en boucle ouverte, et en boucle fermée. En boucle ouverte, le système est
de la forme donné à la figure 1.2.
Un système en boucle ouverte ne peut pas corriger pour des perturbations. Par contre, en boucle fermée, il
y a du feedback entre la sortie et l’entrée, comme à la figure 1.3.
La réponse transitoire est importante. Dans certains cas, il est important d’atteindre le régime permanent
le plus rapidement possible, tandis que dans d’autres cas on ne peut pas osciller.
Comme exemple : un ascenseur. Lorsqu’on monte d’étage et que l’ascenseur s’arrête, la décélération est
graduelle. L’ascenseur n’oscille pas non plus autour de la position finale avant de s’arrêter.
L’erreur en régime permanent est un paramètre important aussi. Un deuxième objectif de design sera de
minimiser l’erreur en régime permanent.
Exemple : Lorsqu’un ascenseur s’arrête à un étage, on veut que le bas de l’ascenseur soit au même niveau
que le plancher, et pas 30 cm plus haut (ou plus bas).
1.2.3 S TABILITÉ
Un bon design des paramètres en régime transitoire et permanent sert à rien si le système n’est pas stable.
Pour expliquer la stabilité, on commence en premier par le fait que la réponse totale d’un système est la
somme d’une réponse naturelle et une réponse forcée.
La réponse naturelle dépend seulement du système, et pas de l’entrée, tandis que la réponse forcée dépend
de l’entrée.
Pour qu’un système de contrôle soit utile, la réponse naturelle doit (1) éventuellement devenir zéro
ou (2) osciller. Dans certains systèmes, la réponse naturelle augmente sans arrêt au lieu de s’atténuer.
Éventuellement, la réponse naturelle est beaucoup plus grande que la réponse forcée et le système n’est
plus contrôlable. Cette condition, l’instabilité, peut détruire la composantes physiques du système.
On veut donc faire le design d’un système stable.
Autres considérations
Il y a d’autre facteurs à considérer lors du design de système de contrôle :
• Dimensionnement : la taille des composants aura un impact sur le design.
• Coût : La précision requise du système de contrôle affectera beaucoup les coûts. Même si un
système donne un contrôle excellent, des coût exhorbitants peuvent dérailler le projet.
• Robustesse : Le système de contrôle devrait être capable de fonctionner même si les paramètres
du système changent. Les changements entre les paramètres et la valeur de sortie ne sont pas
nécessairement linéaires, ce qui rend l’impact d’une variation des paramètres difficile à prévoir. Un
système robuste sera mieux en mesure de fonctionner face à ces variations.
Par contre, dans le cadre de ce cours, on se limitera au trois paramètres principaux présentés.
1. Modélisation du système : Dans tous les cas, afin d’étudier un système, on doit être en mesure de
modéliser ce système par une série d’équation, et ensuite y for- muler une fonction de transfert pour
chacun des éléments du système. Une bonne connaissance des outils mathématiques est nécessaire
pour transformer les fonctions de transfert en formes utiles. Un système de contrôle ne fonctionnera
pas correcte- ment si le modèle utilisé est faux. Il faut aussi faire un choix approprié de la techno-
logie : système analogique vs numérique, méthode de contrôle, etc.[Ch.2, Ch.10]
2. Réduction et caractérisation: La prochaine étape consiste à réduire l’ensemble des sous-systèmes
à un système équivalent. L’algèbre des blocs et les équations relatives aux systèmes de premier et
second ordre sont utilisées ici pour simplifier les calculs. [Ch.3, Ch.4, Ch.8]
3. Analyse du design : On analyse ensuite le système par rapport à certains critères, notamment la
stabilité, la réponse transitoire, et l’erreur statique. [Ch.5, Ch.6]
4. Contrôle : Il s’agit de concevoir les contrôleurs pour obtenir la caractéristique vou- lue du système.
Plusieurs méthodes sont possible, comme l’analyse par diagramme de Bode, pour les contrôleurs
Les méthodes empiriques sont les pires méthodes à utiliser : il y a risque de briser le système en essayant de
trouver la loi de commande appropriée. On se limitera dans ce cours aux méthodes classiques analogiques.
L’asservissement n’est pas limité aux systèmes mécaniques ; on peut aussi faire de l’as- servissement sur
les systèmes vivants. Comme exemple, les vaches : l’entrée est la nour- riture, et le produit est le lait. Un
autre exemple est la croissance d’algues marines pour la production de bio-diésel ; le système asservit
peut modifier la quantité de nourriture fournie aux algues en mesurant la production de CO2 .
Dans le design, on peut parfois sauter l’étape de simulation et passer directement à l’implantation pour
les petits systèmes, sans danger de perte d’argent ou de vie. L’intérêt de la simulation se manifeste sous
plusieurs formes.
1. La simulation peut être utilisée pour fins d’apprentissage et d’enseignement
2. L’expérimentation du système réel peut être très coûteuse, dangereuse, demander beaucoup de
temps, impossible, ou moralement inacceptable (ex : médical, nucléaire).
3. Permet d’étudier la sensibilité du système aux changements de paramètres, de la structure du
système ou de la commande.
4. La récolte de données sur le comportement du système peut être plus facile.
Pour faire une analyse quantitative de ce système, il faut définir le modèle du système. Le modèle n’est
autre que la fonction mathématique qui relie les différentes variables du système.
Pour simplifier l’analyse, on suppose que le système est linéaire et représenté par la figure 1.7.
On peut calculer la sortie du système pour différentes entrées, comme au tableau 1.1. On voit bien que
l’erreur est nulle lorsque la pente est nulle, mais aussitôt que la pente augmente, une erreur apparait.
L’erreur augmente plus la pente augmente.
Le résultat dépend du gain 1/10 du régulateur. Ce gain est égal à l’inverse du gain du système. En pratique,
la connaissance du gain exact du système peut être difficile à déterminer. De plus, le gain peut être sujet à
des changements. Donc s’il y a erreur dans la détermination du gain K, il y aura aussi erreur à la sortie.
Pour réduire cette erreur, on ajoute du feedback au système. Le système en boucle fermée est montré à la
figure 1.8
y = 1000r − 1000y − 5w
ce qui donne :
y = 0.999r − 0.005w
Si on applique maintenant différentes pentes au système, avec la même entrée de référence, on obtient les
résultats du tableau 1.2.
On voit bien, dans le tableau 1.2, que l’erreur augmente de façon beaucoup moins significative avec le
système en boucle fermée. L’erreur est beaucoup plus petite en boucle fermée pour la même vitesse de
référence et la même pente. Un gain plus élevé réduira cette erreur encore plus. Cependant, il y a une
erreur avec une pente nulle : on a amélioré l’erreur de façon globale, mais au détriment d’un peu de
précision.
M ODÉLISATION
Le but de ce chapitre est d’apprendre à écrire des fonctions de transfert pour différents types de systèmes :
électriques, mécaniques et électromécaniques. Pour appliquer du contrôle à un système, on doit être en
mesure de décrire son comportement de façon mathématique.
Pour modéliser ces systèmes, on se sert de la transformée de Laplace. Ceci permet de décrire le
comportement des systèmes et les analyser de façon assez simple.
On verra aussi comment linéariser des équations.
9
2.1. TRANSFORMÉE DE LAPLACE CHAPTER 2. MODÉLISATION
Exemple 1
Le tableau 2.1 montre quelques fonctions les plus utilisées. Une liste plus complète de transformées est
disponible à la fin du chapitre.
Propriétés
La transformée de Laplace a plusieurs propriétés intéressantes qui rendent le calcul de fonctions complexes
plus simple. On note entre autre la linéarité (pr.2), dérivée (pr.7-9) et les théorèmes de valeur finales et
initiales (pr.11,12). Le tableau 2.2 montre ces propriétés.
Exemple 2
Calculer la transformée inverse de :
1
F (s) =
(s + 3)2
Pour des fonctions de transfert complexes, il peut être difficile de trouver la trans- formée inverse. On se
sert donc de l’expansion en fractions partielles. On utilisera des exemples pour démontrer les principes.
Soit une fonction
s3 + 2s2 + 6s + 7
F (s) =
s2 + s + 5
Il n’existe pas de transformée inverse directe à cette fonction. Dans ce cas, il faut faire la division, si
l’ordre du numérateur est plus grand que l’ordre du dénominateur.
On obtient donc :
s3 + 2s2 + 6s + 7 2
F (s) = 2
=s+1+ 2
s +s+5 s +s+5
Il reste cependant le troisième terme à déterminer. On utilisera l’expansion en fractions partielles pour
trouver
Il faut factoriser le dénominateur en une somme de termes et ensuite trouver la transformée inverse de
chaque terme. Il y a trois différentes façon de faire, selon la valeur des racines : réelles et distinctes,
réelles et répétées, ou complexes.
1. Racines réelles et distinctes.
Exemple :
2
F (s) =
(s + 1)(s + 2)
On peut écrire :
2 k1 k2
F (s) = = +
(s + 1)(s + 2) (s + 1) (s + 2)
2 (s + 1)k2
= k1 +
(s + 2) (s + 2)
Si on prend s = −1,
2
k1 (s = −1) = =2
(s + 2)
Pour trouver K2 , on fait le même processus, sauf qu’on multiplie par (s + 2) cette fois.
2
k2 (s = −2) = = −2
(s + 1)
Donc,
2 2 −2
F (s) = = +
(s + 1)(s + 2) (s + 1) (s + 2)
Note : La fonction u(t) doit être appliquée à toute transformée inverse. Cependant, pour alléger le
texte, on n’écrira plus le u(t).
De façon générale, pour une fonction de transfert
N (s) N (s)
F (s) = =
D(s) (s + p1 )(s + p2 ) · · · (s + pi ) · · · (s + pn )
k1 k1 k1 k1 k1
F (s) = + + ··· + + ··· +
s + p1 s + p2 s + pi s + pi s + pn
La constante ki peut être déterminée selon la relation suivante :
(s + pi )N (s)
ki (s = −pi ) =
(s + p1 )(s + p2 ) · · · (s + pi ) · · · (s + pn )
2 k1 k2 k3
F (s) = = + +
(s + 1)(s + 2)2 (s + 1) (s + 2)2 (s + 2)
La constante K1 peut être trouvée en utilisant la première méthode montrée plus haut (ce qui donne
K1 = 2. Pour trouver K2 , on multiplie par (s + 2)2 :
2 (s + 2)2
= k1 + k2 + k3 (s + 2)
(s + 1) (s + 1)
On évalue à s = −2,
2
k2 (s = −2) = = −2
(s + 1)
−2 (s + 2)s
= K1 + K3
(s + 1)2 (s + 1)2
De même, si s = −2,
−2
k3 (s = −2) = = −2
(s + 1)2
N (s) N (s)
F (s) = = r
D(s) (s + p1 ) (s + p2 ) · · · (s + pn )
1 di−1 F (s)
ki (s = −pi ) =
(i − 1)! dsi−1
3
F (s) =
s(s2 + 2s + 5)
On peut écrire
k1 k2
F (s) = + 2
s (s + 2s + 5)
Le coefficient K1 est obtenu de la façon habituelle ; K1 = 0.6. Pour K2 et K3 , on multiplie les
deux côtés par le dénominateur, s(s2 + 2s + 5). On obtient :
3 = K1 (s2 + 2s + 5) + (K2 s + K3 )s
= (K1 + K2 )s2 + (2K1 + K3 )s + 5K1
K1 + K2 = 0
2K1 + K3 = 0
5K1 = 3
La démonstration de cette dernière équation est donnée en annexe. On peut aussi faire ce type de
problème avec des nombres complexes :
On utilise la première technique pour résoudre, K 1 = 0.6. Les autre coefficients sont
Elle permet de relier la sortie d’un système à son entrée. Pour les expressions de modélisation,
Habituellement, n ≥ m.
La fonction de transfert est une représentation mathématique d’un système. Cette fonction peut être une
représentation de divers systèmes (mécanique, électrique, etc..).
On obtient la fonction de transfert d’un système à partir des équations différentielles qui décrivent ce
système, avec des conditions initiales nulles. C’est un modèle du système, indépendant du signal d’entrée
et de l’amplitude (et donc un système linéaire).
On peut appliquer un signal d’entrée quelconque et mesurer le signal à la sortie et ainsi déterminer la
fonction de transfert du système. Quelle fonction facilitera la détermination de la fonction de transfert du
système ?
Par conséquent, la fonction de transfert d’un système est exactement la transformée de Laplace de la sortie
si l’entrée est une impulsion δ(t).
Les éléments des systèmes électriques sont donnés dans le tableau 2.3.
Pour résoudre des problèmes de circuits électriques, on se sert de trois lois principales :
1. Loi d’Ohm, ν = Ri
2. Loi de Kirchhoff, courant : somme des courants à un noeud est zéro.
3. Loi de Kirchhoff, tension : somme des tensions dans une maille est zéro.
Exemple 3
Soit le circuit suivant. Calculer la fonction de transfert qui relie la tension Vc (s)V (s).
On peut simplifier l’analyse de circuits en utilisant la méthode des mailles ou des noeuds.
Méthode des mailles
Soit le circuit suivant :
R1 i1 + R2 (i1 − i2 ) + R4 i1 = e1
R3 i2 + R5 i2 + R2 (i2 − i1 ) = −e2
(R1 + R2 + R4 )i1 − R2 i2 = e1
−R2 i1 + (R2 + R3 + R5 )i2 = −e2
De façon matricielle,
Si on analyse la dernière équation de plus près, on remarque que l’élément (1,1) de la matrice des
résistances est la somme dans éléments contenus dans la maille 1. L’élément (2,2) représente la somme
des élément de la maille 2. Les éléments (1,2) et (2,1) sont les éléments communs aux mailles 1 et 2, avec
un signe négatif.
La forme générale est :
On utilise les techniques de résolution matricielles pour résoudre le problème et trouver la fonction de
transfert voulue.
Exemple 4
Soit le circuit suivant.
Par inspection :
On peut utiliser la méthode des noeuds pour solutionner des circuits. La technique d’analyse est la même,
sauf qu’on utilise les admittances au lieu des impédances.
Exemple 5
Dans les systèmes mécaniques, il y a deux types de mouvement : translation et rotation. On verra chacun
de ces systèmes séparément. Pour résoudre, on utilise les lois de Newton : la somme des forces sur un
corps est nulle (pour les systèmes en translation) et la somme des moments est nulle (pour les systèmes en
rotation).
Les éléments du système de translation sont présentés dans le tableau 2.4.
Exemple 6
Soit le système suivant :
Exemple 7
Système de rotation
Les éléments du système de rotation sont présentés dans le tableau 2.5.
Engrenages
Les engrenages sont très souvent utilisés dans les systèmes avec moteurs. Ils permettent d’échanger de
la vitesse pour un couple, ou vice-versa. Le comportement idéal d’engrenages est donné par la relation
suivante :
θ2 r1 N1
= = (2.1)
θ1 r2 N2
où θ est le déplacement angulaire, r est le rayon de l’engrenage, et N est le nombre de dents de l’engrenage.
La relation entre les couples est :
T2 θ1 N1
= = (2.2)
T1 θ2 N2
Les systèmes électromécaniques sont une combinaison des systèmes mécaniques et électriques, où le
couplage se fait par champ magnétique. On parle ici principalement des moteurs.
Modèle de la machine à courant continu
On utilise la machine à courant continu comme exemple.
Les constantes du moteur peuvent être obtenues à partir de la courbe de couple en fonction de la vitesse
du moteur. Un exemple est montré à la figure 2.3, où Tdec représente le couple de décrochage, et ωsc est
la vitesse du moteur sans charge.
Kt Tdec
=
Ra ea
et
ea
Kb =
ωsc
2.4 L INÉARISATION
Dans plusieurs systèmes, le comportement de un ou plusieurs composantes n’est pas linéaire. Toutes les
méthodes et techniques vues précédemment supposent que les systèmes sont linéaires.
Que faire alors si certains composants non-linéaires sont présents dans le système ?
Pour appliquer les méthodes vues ici, il faudra linéariser le système. Lorsqu’on linéarise un système, on
le fait seulement pour une entrée spécifique.
Soit la fonction f (x) de la figure 2.4. Le système opère au point A.
On prend la pente au point A pour créer une ligne droite. La pente est ma . Si on fait varier (faiblement)
la point A le long de cette ligne, la différence entre la valeur réelle et la valeur ”linéarisée” sera faible.
Exemple 8
Linéariser f (x) = 5 cos x au point x = π2 .
On prend la dérivée de la fonction au point recherché pour trouver la pente.
Sur la figure 2.5, on voit bien que la fonction ressemble à la ligne droite au point recherché.
On étudie ici le comportement des systèmes de premier et second ordre et leur réponse en fonction du
temps. Les caractéristiques de ces systèmes sont étudiés en détail, ainsi que leur réponse, et certaines
techniques d’analyse.
On verra aussi comment approximer des systèmes d’ordre supérieur en systèmes de deuxième ordre.
am sm + am−1 sm−1 + · · · + a0
F (S) =
bn sn + bn−1 sn−1 + · · · + b0
Où
(s − z1 )(s − z2 ) · · · (s − zm )
(3.1)
(s − p1 )(s − p2 ) · · · (s − pn )
ou n ≥ m.
Définition :
Zéro : Cause la fonction de transfert à devenir zéro (z1 , z2 , · · · , zm ).
Pôle : Où la fonction de transfert devient infinie (p1 , p2 , · · · , pn ).
On peut représenter les pôles et zéros par un diagramme. Ce diagramme donne de l’information sur le
type de système et le type de réponse du système, et peut être une façon rapide d’analyser un système.
On démontre par un exemple. Soit la fonction suivante :
s+2
G(s) =
s+5
Le zéro est z1 = −2 et le pôle est p1 = −5. Le diagramme des pôles est donné dans la figure 3.1. Le zéro
est représenté par un cercle ("o"), et le pôle par une croix ("x").
26
3.2. SYSTÈME DE PREMIER ORDRECHAPTER 3. RÉPONSE DANS LE DOMAINE TEMPOREL
Pour montrer l’effet des pôles sur un système, on prend la réponse échelon à G(s).
1 (s + 2) A B
C(s) = G(s) = = +
s s(s + 5) s s+5
Les coefficients sont :
Commentaires :
• Le pôle à l’entrée génère la réponse forcée (le terme 0.4 s ).
• Le pôle de la fonction de transfert génère la réponse naturelle.
• Les pôles et zéros génèrent les amplitudes des deux réponses.
a 1
Y (s) = .
s+a s
et dans le domaine du temps,
y(t) = 1 − e−at = yf (t) + yn (t)
On peut générer la réponse de ce système. Un exemple est montré à la figure 3.3, pour a = 1.2.
Constante de temps
La constante de temps est le temps requis pour que e−at diminue jusqu’à 37% de la valeur initiale. Ou, en
d’autre mots, c’est le temps nécessaire pour que y(t) atteigne 67% de sa valeur finale. La constante de
temps est donc :
1
t0 = (3.2)
a
Puisque la pente initiale est a, la constante de temps est un indicateur de la vitesse de réponse du système.
Temps de montée Le temps de montée est définit comme le temps requis pour que la fonction passe de
10% à 90% de sa valeur finale. Ce qui veut dire :
Tr = t0 .9 − t0 .1
On trouve les deux valeurs de temps :
2.31
0.9 = 1 − e−at =⇒ t0 .9 = (3.3)
a
0.11
0.1 = 1 − e−at =⇒ t0 .1 = (3.4)
a
b
G(s) =
s2 + sa + b
On va examiner de plus près les différentes réponses possibles et comment elles sont reliées au pôles. Les
réponses décrites plus bas sont tous des réponses à une entrée échelon. Pour chaque type de réponse, on
utilise un exemple pour montrer le comportement.
Il faut noter qu’on étudie ici une fonction de deuxième ordre sans zéro. Le terme au numérateur ne
sert qu’à modifier l’amplitude de la réponse. On regardera l’effet d’un zéro sur ces systèmes à la fin du
chapitre.
a. Sur-amorti
Soit la fonction suivante :
9 9
C(s) = =
s(s2 + 9s + 9) s(s + 7.854)(s + 1.146)
On obtient le diagramme des pôles et la réponse du système à une entrée échelon à la figure 3.4. Les pôles
sont p1 = 7 − .854 et p2 = −1.146.
Note :
• Chacun des pôles du système génère un exponentiel.
• Il n’y a aucune oscillation.
b. Sous-amorti
Soit la fonction suivante :
9
C(s) =
s(s2 + 9s + 9)
On obtient le diagramme
√ des pôles et la
√réponse du système à une entrée échelon à la figure 3.5. Les pôles
sont p1 = −1 + j 8 et p2 = −1 − j 8. On remarque dans la figure 3.5 qu’il y a un peu d’oscillations
dans la réponse. En effet, l’exponentiel présent atténue les oscillations après un certain temps.
La réponse de ce système est
Note :
• La partie réelle des pôles représente la fréquence de l’exponentiel et la partie ima- ginaire est la
fréquence du cosinus.
c. Amortissement critique
Soit la fonction suivante :
9 9
C(s) = =
s(s2 + 9s + 9) s(s + 3)2
On obtient le diagramme des pôles et la réponse du système à une entrée échelon à la figure 3.6. Les pôles
sont p1,2 = −3. Il n’y a pas d’oscillations dans ce type de système.
La réponse de ce système est
Note :
• Chacun des pôles du système génère un exponentiel, sauf qu’un des exponentiel est multiplié par t.
• Il n’y a pas d’oscillations.
d. Sans amortissement
Soit la fonction suivante :
9
s(s2 + 9)
On obtient le diagramme des pôles et la réponse du système à une entrée échelon de la figure 3.7. Les
pôles sont p1,2 = ±j3. Puisque les parties réelles sont nulles, il n’y a aucun exponentiel pour atténuer les
oscillations. Le système oscille donc sans s’atténuer.
On peut écrire l’équation générale d’un système de deuxième ordre en fonction de ces nouveaux coeffi-
cients :
On a déjà 2 paramètres pour définir les systèmes de deuxième ordre. On va ajouter 4 autres paramètres :
1. Tp : Temps requis pour atteindre le premier maximum.
2. Mp : Pourcentage de dépassement. Le montant de dépassement maximal de la valeur finale.
3. Ts : Temps de stabilisation. Temps requis pour que la réponse soit à 2% de la valeur finale.
4. Tr : Temps de montée. Temps nécessaire pour aller de 10% à 90% de la valeur finale.
On peut montrer ces quatre paramètres dans la figure 3.9.
Les paramètres Tp , Tr et Ts donnent une indication de la vitesse de la réponse. On démontre plus bas
comment calculer ces paramètres :
Temps de pointe, Tp
On trouve Tp en prenant la dérivée de c(t) et en trouvant le premier zéro. On obtient :
Dépassement, Mp
Le pourcentage de dépassement est définit comme :
Temps de stabilisation, Ts
Le temps de stabilisation, par définition, est le temps requis pour que l’exponentiel ait diminué jusqu’à
0.02% de sa valeur initiale. Ce qui veut dire :
Temps de montée, Tr
Il n’y a pas de solution analytique pour trouver le temps de montée Tr . Par contre, la figure 4.16 p.181
donne une relation entre Tr .ωn et ψ. Il existe aussi une relation empirique pour trouver le temps de montée
:
On peut se servir du diagramme des pôles et zéros pour obtenir de l’information sur le système. La figure
3.10 montre les pôles d’une fonction de deuxième ordre.
=⇒ Ts est inversement proportionnel à la partie réelle du pôle. On voit aussi, selon l’équation 3.28, que
Mp dépend seulement de ψ.
On peut montrer ces relations dans un diagramme de pôles et zéros (figure 3.11).
Si on résume la figure :
• Si on se déplace en vertical, on conserve la même enveloppe : Ts est constant.
• Si on se déplace de façon horizontale, la fréquence ne change pas : Tp est constant.
• Si on se déplace en ligne droite, avec ψ constant, et Mp est constant.
On peut faire de façon semblable au systèmes de premier ordre pour déterminer expérimentalement les
paramètres d’un système. Il suffit de mesurer Mp , Tr , Tp . Les autres paramètres peuvent alors être déduits
de ces mesures.
Si les pôles supérieurs sont plus grands que 5 fois les pôles plus faibles, leur contribution à la réponse du
système est négligeable.
De la même façon, si un système a un zéro, l’effet de ce zéro est négligeable s’il est très grand. Si le zéro
est positif, le type de réponse change, et la fonction commence par un négatif (exemple à la figure 3.12).
Ce type de réponse est habituellement indésirable : par exemple, si ce type de système modéliserait la
direction d’un avion, ça voudrait dire qu’un avion tournerait initialement vers la gauche lorsqu’on tourne
vers la droite !
Jusqu’à présent on a travaillé avec des systèmes simples composés d’un seul bloc (une fonction de transfert).
Mais les systèmes réels sont bien plus complexes : ils sont composés de plusieurs sous-systèmes, branchés
ensemble de différentes façons.
On va donc essayer de réduire ces systèmes complexes à une seule fonction de transfert.
On peut représenter des systèmes en utilisant l’une de deux méthodes : les schémas blocs, ou les
diagrammes de fluence. Habituellement, on se sert des schémas blocs pour l’analyse dans le domaine
fréquentiel, et les diagrammes de fluence pour l’analyse par équations d’état.
Règle 2 : Parallèle
Pour des blocs en parallèle, on fait la somme (ou la soustraction) des blocs, comme montré à la figure 4.2.
40
CHAPTER 4. RÉDUCTION DE SYSTÈMES MULTIPLES
C(s) G(s)
=
R(s) 1 + G(s)H(s)
Note : C’est une règle importante : elle est utilisée souvent. La démonstration est comme suit :
Au point a,
A(s) = R(s) − C(s)H(s)
Au point b,
C(s) = A(s)G(s)
= G(s)[R(s) − C(s)H(s)]
= G(s)R(s) − G(s)C(s)H(s)
Ce qui donne
C(s) G(s)
=
R(s) 1 + G(s)H(s)
Autre simplifications
D’autres types de simplifications sont montrées aux figures 4.4, 4.5, 4.6 et 4.7.
Gain de boucle : Le produit des gains dans un parcours qui débute et finit au même noeud.
Dans le circuit de la figure 4.10, on a 4 boucles. Les gains des 4 boucles sont :
1. G2 H1
2. G4 H2
3. G4 G5 H3
4. G4 G6 H3
Gain en parcours direct : Le produit des gains d’un parcours allant du noeud du début au noeud de fin
(sans revenir en arrière).
Dans l’exemple précédent, les gains en parcours direct sont :
1. G1 G2 G3 G4 G5 G7
2. G1 G2 G3 G4 G6 G7
Boucles sans contact : Des boucles qui n’ont aucun noeud en commun. Dans le circuit de la figure 4.10,
la boucle G2 H1 n’a aucun noeud en commun avec les autres boucles.
Gain des boucles sans contact : Le produit des gains des boucles qui ne se touchent pas pris 2, 3, 4, etc
à la fois.
Dans l’exemple précédent, les gains prit deux à la fois sont :
1. [G2 H1 ].[G4 H2 ]
2. [G2 H1 ].[G4 G5 H3 ]
3. [G2 H1 ].[G4 G6 H3 ]
Il n’y pas trois boucles indépendantes dans l’exemple.
Règle de Mason
S TABILITÉ
• Un système linéaire invariant dans le temps est instable si sa réponse naturelle évolue sans limites
pour t → ∞.
• Un système linéaire invariant dans le temps est marginalement (critiquement) stable si sa réponse
naturelle ne décroit ni ne croit en fonction du temps (demeure constant).
Physiquement, un système instable dont la réponse naturelle croit sans limites peut causer des dommages
au système lui-même, à des systèmes adjacents, ou causer des bles- sures à des personnes. =⇒ Il faut
toujours vérifier la stabilité d’un système.
46
5.1. DÉTERMINATION DE LA STABILITÉ CHAPTER 5. STABILITÉ
Diverses méthodes peuvent être utilisées pour déterminer la stabilité des systèmes :
1. Calcul des pôles de la fonction de transfert
2. Critère de Routh-Hurwitz
3. Critère de Nyquist
4. Diagramme de Bode
5. Lieu des racines en fonction des paramètres du système
Dans ce chapitre, on se limite aux deux premières méthodes. On verra les méthodes 3 et 4 dans d’autre
chapitres.
Dans certains cas, il peut être difficile de calculer les racines sans logiciel. On utilise alors la prochaine
méthode, le Critère de Routh-Hurwitz.
N (s)
F (s) =
a4 s4 + a3 s 3 + a2 s 2 + a1 s + a0
Interprétation [Critère de Routh-Hurwitz] : Les racines de l’équation caractéristique sont tous dans la
partie gauche du plan s (système stable) si tous les éléments de la première colonne de la table de Routh
ont le même signe.
Le nombre de changements de signe est égal au nombre de racines situées dans la partie droite du plan s.
Exemple 1
Soit le système suivant :
Note : On a deux changements de signe dans la première colonne, donc deux racines réelles positives
=⇒ instable.
5.5 C AS PARTICULIERS
Il y a quelques cas particuliers à étudier.
1. Zéro dans la première colonne.
Dans ce cas, on remplace le zéro par une variable �, et on prend la limite lorsque � tend vers 0+ (ou
0− ).
Exemple 2
Soit le système suivant :
10
T (s) =
s5 + 2s4 + 3s3 + 6s2 + 5s + 3
Calculer la table de Routh
Exemple 3
A(s) = s4 + 6s2 + 8
et on dérive :
dA(s)
= 4s3 + 12s + 0
ds
Trouver les valeurs de K pour rendre le système stable, instable, et marginalement stable. (K > 0).
Il faut premièrement trouver la fonction de transfert en boucle fermée :
Pour que le système soit stable, il ne doit pas y avoir de changement de signe dans la première colonne.
1386 − K
> 0 =⇒ K < 1386
18
Pour que le système soit instable,
1386 − K
< 0 =⇒ K > 1386
18
Si K = 1386, on a une rangée de zéros. Pour compléter la table,
d(18s2 + K)
= 36s
ds
s1 36 0
0
s K = 1386 0
E RREUR STATIQUE
On considère ici le troisième paramètre de design, soit l’erreur statique. L’erreur statique est la différence
entre l’entrée et la sortie d’un système lorsque t → ∞ pour une entrée de contrôle.
On utilise une entrée connue, comme un échelon, une rampe, ou une parabole pour caractériser la réponse
du système et son erreur statique.
Le calcul de l’erreur statique n’est valide que si le système est stable. Il faut donc s’assurer de stabiliser le
système étudié avant toute considération de l’erreur statique.
6.1 D ÉFINITION
Soit un système de contrôle de la forme suivante (figure 6.1) :
Note : L’erreur statique est définie pour un système à boucle de retour unitaire.
Selon le système de la figure 6.1,
53
6.2. TYPES DE SYSTÈMES CHAPTER 6. ERREUR STATIQUE
L’erreur statique dépend de R(s) et G(s). Puisqu’elle dépend de R(s), l’erreur statique est différente
selon l’entrée utilisée.
Si le système sous étude a une boucle de retour non unitaire (H(s) �= 1), il faut transformer le système
avant de pouvoir appliquer les équations de l’erreur statique.
Soit le système à boucle de retour non-unitaire de la figure 6.2.
En utilisant l’algèbre des blocs, on obtient le système à boucle de retour unitaire de la figure 6.3.
On définit alors
G(s)
G0 (S) = (6.1)
1 + G(s)[H(s) − 1]
la fonction de transfert en boucle ouverte avec retour unitaire. erreur statique devient donc,
où K est une constante et m et n sont des entiers. L’exponentiel q est un entier, et représente le type du
système. Par exemple, si q = 0, le système est de type 0 ; si q = 2, le système est de type 2.
Exemple 1
onner le type des systèmes suivants.
Kp = lim Go (s)
s−>∞
lim Go (s) = Kp
s−>∞
une valeur finie. Par contre, pour les systèmes de type 1 et plus,
lim Go (s) = ∞
s−>∞
Ce qui donne
kr
ess =
Kp
Pour un système de type 0,
lim sGo (s) = 0
s−>∞
et donc ess = ∞.
Pour un système de type 1,
lim sGo (s) = Kν
s−>∞
2
Pour une entrée parabolique,r(t) = kr t2 u(t), et
kr
R(s) = (6.2)
s3
L’erreur statique dans ce cas est :
Ka = lim s2 Go (s)
s−>∞
kr
ess =
Ka
Pour des systèmes dont l’ordre est plus petit que 2,
lim s2 Go (s) = 0
s−>∞
lim s2 Go (s) = Ka
s−>∞
lim s2 Go (s) = 0
s−>∞
6.3.4 R ÉCAPITULATION
L’erreur statique pour différents systèmes est résumée dans le tableau 6.1.
C ONTRÔLEURS
On a vu dans les chapitres précédents les différents types de systèmes ainsi que les paramètres qui les
définissent. Souvent, pour des systèmes sous étude, il y a quelques paramètres dont on désire améliorer,
comme le dépassement maximal, ou réduire l’erreur statique, ou améliorer le temps de réponse.
Pour améliorer la réponse des systèmes, on se sert de contrôleurs. Ces contrôleurs seront placés avant le
système sous étude afin de modifier la caractéristique globale du système.
On verra aussi en fin de chapitre comment implanter ces contrôleurs à l’aide de circuits composés
d’ampli-op, de résistances et condensateurs.
59
7.2. CONTRÔLEUR INTÉGRAL (I) CHAPTER 7. CONTRÔLEURS
ou
Ki
Gc (s) =
s
La fonction de transfert en boucle ouverte est :
Ki
Go (s) = Gc (s)G(s) = G(s)
s
On voit, selon l’équation 7.4, qu’on a ajouté un pôle au système et augmenté le type du système. Ce qui
veut dire que si le système est de type 0, avec une erreur statique, cette erreur statique sera nulle puisque
le système est maintenant de type 1. Par contre, le contrôleur intégral peut rendre un système instable, et
il est rarement utilisé seul.
1
Donc un zéro à τi et un pôle à zéro ont été ajoutés au système.
Gc (s) = Kd s
et en boucle fermée,
Kd sG(s)
T (s) =
1 + Kd sG(s)
On utilise généralement le contrôleur D avec d’autre composantes (PD ou PID). De façon pratique, le
contrôleur D peut présenter certains inconvénients, et on utilise plutôt un compensateur à avance de phase
(Ch.9).
Ki
Gc (s) = Kprop + + Kd s
s
ou
1
Gc (s) = Kprop (1 + + τd s)
τi s
Il y a donc deux zéros de plus et un pôle de plus au système. Le facteur aussi le type du système.
Le tableau 7.1 résume l’effet de chacun des types de contrôleurs sur les caractéristiques d’un système.
Le contrôleur P va réduire le temps de montée et réduire l’erreur statique, sans pour autant l’éliminer
complètement. Un contrôleur I éliminera l’erreur statique, mais peut rendre la réponse transitoire pire. Le
contrôleur D augmentera la stabilité d’un système, réduira le dépassement et peut améliorer la réponse
transitoire.
Il faut noter que ce résumé n’est que général ; l’effet de modifier la valeur d’un contrôleur peut affecter
l’effet des deux autres.
Cette méthode s’applique plutôt à des systèmes ayant un délai dont le comportement ressemble celui
d’un système de premier ordre. Ce type de réponse est souvent retrouvé dans les procédés chimiques et
thermiques.
Soit un système dont la réponse est donnée à la figure 7.3.
Remarque : Les paramètres sont pour un PID dont la fonction de transfert est de la forme donnée à
l’équation 7.11.
Pour cette méthode, on se sert de la stabilité critique. Soit le système de la figure 7.4.
On ajuste le gain K à une valeur faible. On augmente ensuite le gain K jusqu’à ce que le système soit
marginalement stable (limite de stabilité). On note le gain critique, Ku .
On doit aussi mesurer la période des oscillations, Tu , comme à la figure 7.5.
Par après, on utilise les valeurs du tableau 7.4 pour calculer les paramètres des contrôleurs.
Il faut noter que les paramètres donnés dans les tableaux 7.2, 7.3 et 7.4 ne sont que des valeurs nominales,
et non pas optimales. Il peut être nécessaire de varier ces paramètres quelque peu afin d’obtenir une
meilleur réponse. De plus, d’autres méthodes peuvent donner de meilleurs résultats, mais elles sont plus
complexes.
Gain
Z1 = R1
Z2 = R2
d’où on obtient
R2
Kprop =
R1
Il faudra ajouter un inverseur pour obtenir un gain positif.
Intégrateur
Ici,
Z1 = R
Z2 = C
Z1 = C
Z2 = R
d’où on obtient
Kd = RC
Contrôleur PI
Z1 = R1
Z2 = R2 + C
Contrôleur PID
On combine les trois contrôleurs de base :
Z1 = R1 //C1
Z2 = R2 + C2
Note : Dans la réalisation pratique des contrôleurs, on a une inconnue de plus que le nombre de paramètres
connus. Par exemple, dans le cas du contrôleur PID, on a trois paramètres connus (Kprop , Ki etKd ), mais
quatre inconnues (R1 , R2 , C1 et C2 ). Il faudra donc choisir arbitrairement une valeur, puis calculer les
autres. On choisit habituellement un condensateur en premier.
R ÉPONSE EN FRÉQUENCE
On se sert de la réponse en fréquence des systèmes principalement pour des systèmes dont on ne connait
pas la fonction de transfert. Elle offre des avantages lorsqu’on modélise des systèmes avec des données
expérimentales, lorsqu’on design des compensateurs à avance de phase, ou lorsqu’on cherche la stabilité
de systèmes non-linéaires.
La réponse en fréquence d’un système représente la réponse en régime permanent de ce système à une
entrée sinusoidale, qu’on mesure à plusieurs fréquences.
G(jω) = G(s)
On ré-arrange l’expression de la fonction de transfert pour séparer la partie réelle de la partie imaginaire,
pour mieux calculer l’amplitude et la phase.
Exemple 1
Soit la fonction suivante :
1
G(s) =
s+2
1
G(jω) =
jω + 2
On transforme pour séparer la partie imaginaire de la partie réelle : on multiplie par (2 − jω) pour éliminer
la partie imaginaire au dénominateur.
67
8.1. FONCTION DE TRANSFERT CHAPTER 8. RÉPONSE EN FRÉQUENCE
L’amplitude est :
Donc, si on sépare une fonction de transfert en plusieurs éléments de base, il est plus facile de trouver la
réponse globale.
Soit
alors
Les simplifications, en domaine fréquentiel, sont plus faciles si on réécrit la fonction de transfert de la
forme suivante :
Kb (1 + c1 s)(1 + c2 s) · · · (1 + cm s)
G(s) =
sq (1 + d1 s)(1 + d2 s) · · · (1 + dn s)
|G(jω)| = K
LG(jω) = 0
Élément 2 :
1
G(s) =
1 + sτ
Si on substitue s = jω,
1 1 − jωτ
G(jω) = =
1 + jωτ 1 + ω2τ 2
et on a :
F IGURE 8.1
Diagramme de Bode
Élément 3 : G(s) = 1 + sτ
Ceci est l’inverse de l’élément précédent.
G(jω) = 1 + jωτ
et
�
|G(jω)| = 1 + ω2τ 2
G(jω) = tan−1 (ωτ )
F IGURE 8.2
Diagramme de Bode pour l’élément 1 + s
Élément 4 : G(s) = 1
s
1 j
G(jω) = =−
jω ω
et l’amplitude et la phase sont
1
|G(jω)| =
jω
G(jω) = −90degre
F IGURE 8.3
Diagramme de Bode pour l’élément 1/s
Élément 5 : G(s) = 1
s2
F IGURE 8.4
Diagramme de Bode d’un système de 2e ordre
• ω=0
• ω=∞
• où la courbe croise l’axe imaginaire, ϕ = ±90
• où la courbe croise l’axe réel, ϕ = ±180
Exemple 2
8.4 S TABILITÉ
Critère de stabilité de Nyquist : Un système est stable si l’amplitude est plus petite que 1 lorsque la
phase est 180.
On obtient aussi de l’information sur la stabilité d’un système par le diagramme de Nyquist. En effet,
lorsqu’on trace la courbe sur le diagramme de Nyquist, si le point (-1,0) est à la gauche du contour tracé
par la courbe, le système est stable. Par exemple, dans la figure 8.5, la courbe a indique un système stable,
tandis que la courbe b indique un système instable.
Kc
GM =
K
où Kc est le gain critique qui cause l’instabilité, et K est le gain actuel du système.
Marge de phase ΦM : C’est l’angle par lequel le système peut être déphasé avec de rendre le système
instable.
On peut observer plus clairement ces deux paramètres sur le diagramme de Nyquist ou des diagrammes
de Bode.
Dans la figure 8.6, la marge de gain est :
GM = 20loga[dB]
et la marge de phase est
ΦM = α
et la marge de phase est
F IGURE 8.5
Diagramme de Nyquist: marge de gain et marge de phase
Les diagrammes de Nyquist peuvent présenter certaines ambiguité quand à la marge de gain. En effet, la
courbe traverse parfois l’axe réel à plusieurs endroits, et il est alors difficile de trouver la marge de gain.
Le diagramme de Bode permet souvent d’enrayer cette ambiguité. La figure 8.7 montre la marge de gain
et la marge de phase dans un diagramme de Bode.
Dans le diagramme de Bode, pour trouver la marge de gain, on trouve la fréquence ω g où la phase coupe
l’axe de -180 degre. La marge de gain est la différence entre l’amplitude |G(jωg)| =Gg et la ligne de 0dB.
Si la marge de gain est négative (quand la courbe est plus grande que 0dB à ωg ), le système est instable.
GM = 0 − Gg = −Gg [dB]
Pour trouver la marge de phase, on trouve la fréquence ωp où la courbe d’amplitude traverse la ligne de
0dB. La marge de phase est alors la différence entre la phase actuelle ϕp et la ligne de -180. Si la marge
de phase est négative, le système est instable.
ΦM = ϕp − (−180) = ϕ + 180
Comme exemple, la marge de gain est environ 20dB et la marge de phase environ 60 degre dans la figure
8.7.
Certaines ambiguite peuvent se présenter quand on essaie de déterminer la stabilité en utilisant les
diagrammes de Bode.
F IGURE 8.6
Diagramme de Bode : marge de gain et marge de phase
(1 + s)
G(s) =
s2 (1 + 0.1s)
Dans la figure 8.8, on a une marge de phase de 45 environ. Par contre, la phase ne traverse pas l’axe de
-180. On a donc pas de marge de gain. La marge de phase est positive, donc le système est stable. On peut
vérifier à l’aide d’une table de Routh.
On considère maintenant un deuxième cas ambigue, dont la fonction de transfert est :
(1 + s)(1 + 0.01s)
G(s) =
s3 (1 + 0.0001s)(1 + 0.00001s)
Le diagramme de Bode est donné à la figure 8.7. On voit dans cette figure que la phase traverse le point
-180 à deux reprises. On a donc deux marges de gain.
F IGURE 8.7
Exemple de diagramme de Bode ambigue
D OMAINE FRÉQUENTIEL
Dans ce chapitre, on se sert des diagrammes de Bode pour designer des compensateurs pour améliorer la
stabilité, la réponse transitoire, et l’erreur statique.
1. Le critère de Nyquist (et la marge de phase) permet de déterminer la stabilité d’un système.
2. Le dépassement maximal (Mp ) est réduit en augmentant la marge de phase, et la vitesse de réponse
est améliorée en augmentant la largeur de bande.
3. L’erreur statique est réduite en augmentant l’amplitude de la réponse à basses fréquences.
Les techniques utilisées pour améliorer les caractéristiques des systèmes à l’aide des diagrammes de Bode
sont des méthodes empiriques. Il n’y a pas de méthode exacte au design de compensateurs à avance de
phase, à retard de phase ou à avance-retard de phase. On présente ici une méthode, celle du livre de Nise,
mais il en existe d’autre.
Lors du design des compensateurs, il faut faire des approximations ; on suppose que le système sous
étude se comporte de façon assez près d’un système de deuxième ordre. Plus cette supposition est vraie,
plus les calculs obtenus seront corrects à la première itération. En effet, dans les méthodes présentées
ici, il n’existe pas de solution exacte ; il faudra souvent recommencer ou modifier le design parce qu’une
contrainte n’est pas atteinte.
77
9.2. COMPENSATEUR À RETARD DE PHASE CHAPTER 9. DOMAINE FRÉQUENTIEL
Puisqu’il existe une relation directe entre l’amortissement et le dépassement maximal, on peut ajuster le
dépassement en changeant la marge de phase.
Selon la figure 9.1, si on ajuste ΦM , ceci équivaut à augmenter le gain.
Pour avoir une marge de phase de CD, il faut augmenter le gain d’un facteur AB.
La procédure pour améliorer la réponse transitoire en ajustant la marge de phase est :
1. Tracer le diagramme de Bode.
2. Déterminer la marge de phase nécessaire pour obtenir le dépassement maximal Mp voulu (Équations
3.29 et 9.2).
3. Trouver la fréquence ωpc qui donne la marge de phase calculée en 2.
4. Trouver le gain à la fréquence ωpc . Ajouter ce gain au gain du système.
(s + T1 )
Gc (s) = Kc
(s + α T1 )
où α > 1.
Le diagramme de Bode pour le compensateur à retard de phase pour trois valeurs de z/p est donné à la
figure 9.2.
F IGURE 9.1
Diagramme de Bode pour le compensateur à retard de phase
Processus de design
1. Ajuster le gain K à une valeur qui satisfait la contrainte de l’erreur statique.
2. Tracer le diagramme de Bode.
3. Selon la réponse transitoire voulue, calculer la marge de phase ΦM . On ajoute 5 à 12 pour
compenser l’erreur de phase introduite par le compensateur lui-même.
Φ�M = ΦM + δφ
• Ajuster le gain K pour obtenir l’erreur statique voulue. Le compensateur va atténuer la réponse
du système et il faut compenser.
(s + T1 )
Gc (s) = Kc
(s + β T1 )
où β < 1. Le diagramme de Bode (normalisé pour avoir un gain de 1 à hautes fréquences) pour le
compensateur à avance de phase est donné à la figure 9.3 pour différentes valeurs de z/p.
On peut démontrer que la marge de phase maximale du compensateur est :
1−β
φmax = sin−1 ( )
1+β
H]
F IGURE 9.2
Diagramme de Bode pour le compensateur à avance de phase
Processus de design
1. Calculer la largeur de bande nécessaire pour satisfaire aux exigences de Ts , Tp ou Tr . On peut
démontrer que :
où ΦMa est la marge de phase actuelle du système, et δϕ est un facteur de sécurité, de 5 à 12.
5. Calculer la valeur de β (selon l’équation 9.10).
6. Calculer l’amplitude à la fréquence ωmax .
1
|G(jωmax | = √
β
où δϕ est 5 à 12.
Pour les compensateurs à avance de phase et retard de phase, les impédances de la figure 9.4 sont :
Z1 = R1 //C1
Z2 = R2 //C2
V0 (s) R1 s + R21C
= 1
Vi (s) R1 + R2 s + (R +R )C
1 2
V0 (s) s + R11C
=
Vi (s) s + R11C R21C
Jusqu’à présent, on a modélisé le comportement des systèmes à l’aide de fonctions de transfert, en utilisant
la transformée de Laplace.
Principalement, le désavantage de cette méthode est qu’elle n’est valide que pour des systèmes linéaires
invariables. Un avantage majeur, par contre, est que ces fonctions de transfert donnent rapidement de
l’information sur la stabilité et la réponse transitoire.
Avec le développement de systèmes plus complexes, les approximations de systèmes linéaires ne sont
plus valides. Il faut une méthode plus robuste pour faire l’analyse. On doit aussi avoir une méthode qui
peut facilement analyser plusieurs entrées et plusieurs sorties.
10.1 D ÉFINITION
On va démontrer, à l’aide d’un exemple de circuit électrique, que pour un système à plusieurs variables,
des équations différentielles ne sont nécessaires que pour résoudre un sous-ensemble des variables du
système.
Les autres variables peuvent alors être calculée à partir de ce sous-ensemble.
On a donc la procédure suivante :
1. Choisir un sous-ensemble de toutes les variables possibles du système. On appelle ce sous-ensemble
les variables d’état.
2. Pour un système d’ordre n, on écrit n équations différentielles de premier ordre. On appelle ce
groupe d’équations les équations d’état.
3. Si on connait les conditions initiales de toutes les variables d’état à t0 , et l’entrée du système pour
t ≥ t0 , on peut solutionner les équations d’état.
4. On combine les variables d’état avec l’entrée au système pour trouver toutes les autre variables.
5. Les équations d’état et les équations de sortie forment une représentation valide du système. On
appelle cette représentation l’espace d’état ("state-space").
84
10.2. APPLICATION DE LA MÉTHODE
CHAPTER 10. ÉTUDE DES SYSTÈMES PAR ÉQUATIONS D’ÉTAT
Exemple 1
Soit le circuit suivant :
di
L + Ri = v(t)
dt
i(t) est un sous-ensemble de toutes les variables possibles du circuit, et donc si on connait i(0) et
v(t), on peut trouver les autres variables. i(t) est une variable d’état, et l’équation 10.1 est une
équation d’état.
4. . On peut trouver le reste des variables en fonction de i(t) et v(t). Soit :
vR (t) = Ri(t)
vL (t) = v(t) − vR (t) = v(t) − Ri(t)
di 1
= [v(t) − Ri(t)]
dt L
L’équation 10.1 et les équations de sortie forment l’espace d’état.
sn + an−1 sn−1 + · · · + a1 s + a0 = b0 u
dn y dn−1 y dy
n
+ an−1 n−1 + · · · + a1 + a0 = b0 u (10.1)
dt dt dt
On choisit la sortie y(t) et les (n − 1) dérivées comme variables d’état. Donc :
x1 = y
dy
x2 =
dt
...
dn−1
xn =
dtn−1
puis, on dérive de chaque côté :
dy
ẋ1 =
dt
d2
ẋ2 = ...
dt2
dn
ẋn = n
dt
et la sortie,
x1
x2
y = [1 0 0 · · · 0]
···
xn−1
xn
Exemple 2
Convertir la fonction de transfert suivante en espace d’état :
C(s) 24
= 3 2
R(s) s + 9 + 26s + 24
On a (s3 + 9s2 + 26s + 24)C(s) = 24R(s). En forme différentielle, si les conditions initiales sont nulles
:
On peut représenter ce système par un schéma bloc. On trace en premier les trois blocs d’intégration, puis
on relie le tout avec les gains appropriés.
Si l’ordre du numérateur est plus petit que l’ordre du dénominateur, on peut séparer la fonction de transfert
en deux termes ; le premier est le dénominateur, et le deuxième est le numérateur, comme montré à la
figure 10.3. Le dénominateur de la fonction de transfert représente les équations d’état, tandis que le
numérateur représente l’équation de sortie.
ẋ = Ax + Bu (10.2)
y = Cx + Du (10.3)
On applique la transformée de Laplace de chaque côté, et avec des conditions initiales nulles :
Où I est la matrice identité. En substituant l’équation 10.4.5 dans l’équation 10.4.4, on obtient :
Exemple 3
Calculer la fonction de transfert du système suivant :
Et ensuite on inverse :
La figure 10.5 montre une représentation en diagrammes bloc du système précédent, où les termes de la
fonction de transfert sont en cascade. La sortie de chaque système de premier ordre est une variable d’état
(ce ne sont pas les variables de phase).
On va maintenant démontrer comment le graphe de fluence peut être utilisé pour obtenir une représentation
en espace d’état pour le système. Soit un système de premier ordre de la forme :
Ci (s) 1
=
Ri (s) s + ai
F IGURE 10.1
Représentation d’un système en cascade
On peut appliquer cette méthode au système de l’équation 10.29 ; on obtient le diagramme de fluence de
la figure 10.6.
F IGURE 10.2
Représentation d’un système en cascade
À partir de la figure 10.2, on peut rapidement écrire les équations d’état du système. Puisque le terme 1/s
représente un intégrateur, le noeud avant cet intégrateur représente la dérivée de la variable, et donc une
variable d’état. Pour le diagramme de fluence de la figure 10.2, on obtient :
ẋ1 = −4x1 + x2
ẋ2 = −3x2 + x3
ẋ3 = −3x3 + 24r
Sous cette forme, on voit bien que la sortie est la somme de trois termes qui multiplient l’entrée. La
représentation à l’aide de diagramme de fluence est donnée à la figure 10.7.
On peut utiliser le diagramme de fluence pour écrire les équations d’état. Par inspection,
et l’équation de sortie est :
y = c(t) = x1 + x2 + x3
Sous forme matricielle,
L’avantage de cette représentation du système est qu’il permet d’avoir une matrice de système, A, qui
est uniquement diagonale. Chaque équation différentielle n’est fonction que d’une seule variable : elles
peuvent être solutionnées indépendamment. Un système ayant ces propriétés est dit découplé.
Si le système a des racines répétées, la matrice du système ne sera pas diagonale. Soit le système suivant :
F IGURE 10.3
Représentation d’un système en parallèle avec racine répétées
1
y = c(t) = x1 − x2 + x3
2
F IGURE 10.4
Représentation avec variables de phase
F IGURE 10.5
Représentation contrôleur canonique
10.6 S TABILITÉ
On peut démontrer que la stabilité d’un système est obtenue à partir de :
det(sI − A) = 0 (10.9)
où I est la matrice identité et s l’opérateur de Laplace. On résout l’équation obtenue par la méthode de
Routh-Hurwitz.
Exemple 4
Soit :
pour un système où
ẋ = Ax + Br (10.10)
y = Cx (10.11)
Exemple 5
Soit un système : Calculer l’erreur statique due à une entrée échelon et rampe.
et le déterminant :
det(sI − A) = s3 + 6s2 + 13s + 20
ẋ = Ax + Br
Si l’entrée est un échelon unitaire, alors r = 1, et une solution en régime permanent pour x est :
où Vi est une constante. En régime permanent, les dérivées sont nulles ( ẋ = 0). Si on substitue dans les
équations 10.7.1 et 10.7.2, on obtient :
0 = AV + B (10.12)
yss = CV (10.13)
V = −A−1 B (10.14)
Il y a n coefficients qui déterminent les pôles du système. Pour modifier la réponse, il faut trouver n
paramètres ajustables.
ẋ = Ax + Br (10.16)
y = Cx (10.17)
La représentation de ce système est donnée à la figure 10.10, où les lignes minces sont des scalaires, et les
lignes épaisses sont des vecteurs.
F IGURE 10.6
Représentation d’un système en espace d’état
Dans un système de contrôle typique, la sortie y est branchée à la jonction de sommation pour fournir
du feedback. Pour les contrôleurs à placement de pôles, on modifie la topologie du feedback. Au lieu
d’utiliser y pour le feedback, on utilise toutes les variables d’état. Chaque variable d’état est modifiée par
un gain ki , de sorte que les n variables d’état deviennent de paramètres contrôlables. Cette représentation
est montrée à la figure 10.7, où les gains sont représentés par un vecteur de feedback −K.
Les équations d’état du système de la figure 10.7 en boucle fermée sont :
F IGURE 10.7
Représentation d’un système en espace d’état avec feedback des variables d’état
L’implémentation pratique du système avec feedback de la figure 10.7 est montré à la figure 10.8. Le
diagramme de fluence de la figure 10.8a montre un diagramme de fluence sous forme de variables de
phase. Chaque variable d’état est ensuite branchée à l’entrée u à travers un gain ki , comme à la figure
10.8b.
Le design de systèmes à variables d’état avec feedback pour le placement des pôles consiste à comparer
l’équation du système obtenue lorsque le système est de la forme de la figure 10.8b avec l’équation
caractéristique voulue, puis en calculant les gains ki . Si le système n’est pas de la forme des variables de
phase, la solution des équations est très complexe ; il est préférable de modifier la forme du système avant
de déterminer les pôles.
Pour appliquer la méthode de design par placement de pôles, on utilise les étapes suivantes :
1. Représenter le système sous la forme des variables de phase.
2. Ajouter du feedback à chaque variable de phase, avec un gain ki .
3. Calculer l’équation caractéristique du système en boucle fermée.
4. Déterminer la position des pôles voulues et calculer une équation caractéristique équivalente.
5. Résoudre les deux équations caractéristiques pour obtenir les gains ki .
La représentation en variables de phase pour le système donné par les équations 10.8.4 et 10.8.5 est :
L’équation caractéristique du système est donc :
F IGURE 10.8
Diagramme de fluence d’un système d’état a) sous forme variable de phase et b) avec feedback
u = −Kx (10.21)
où
K = [k1 k2 · · · kn ] (10.22)
il suffit de calculer :
di = ai + ki + 1 i = 0, 1, ..., n − 1 (10.25)
et donc :
ki+1 = di − ai (10.26)
10.8.3 C ONTRÔLABILITÉ
Bien que la méthode précédente semble fonctionner pour tous les systèmes, en réalité ce n’est pas le cas.
On va vérifier les conditions qui doivent exister pour qu’un système soit contrôlable. Pour qu’un système
soit être contrôlé, on a vu qu’il faut n paramètres. Le signal de contrôle u doit être en mesure de contrôler
chaque variable d’état x. Si n’importe quelle variable d’état xi ne peut pas être contrôlée par le signal u,
on ne peut pas placer tous les pôles du système où on veut. Ce qui se résume à :
Si une entrée à un système peut être obtenue qui prend chaque variable d’état d’un état initial à un état
final voulu, le système est contrôlable ; sinon, le système ne peut pas être contrôlé.
La technique de placement des pôles est seulement vaide pour un système contrôlable.
Un système d’ordre n ayant une équation d’état de la forme
ẋ = Ax + Bu (10.27)
CM = [B A B A2 · · · An−1 B]
Une autre méthode de faire le contrôle d’un système, qui n’est pas sous la forme des variables de phase, est
de transformer le système actuel à un système en variables de phase. On utilise la matrice de contrôlabilité
pour faire la transformation.
Soit un système qui n’est pas sous la forme de variables de phase,
ż = Az + Bu (10.28)
y = Cz (10.29)
CM = [B A B A2 · · · An−1 B] (10.30)
On suppose que le système peut être transformé sous forme de variables de phase (x) à l’aide d’une
transformation linéaire
z = Px
Si on substitue, on obtient un nouveau système :
P −1 AP x + P −1 Bu (10.31)
y = CP x (10.32)
CM x = P −1 [B A B A2 · · · An−1 B] (10.33)
P = CM z CM x − 1 (10.34)
u = −Kx x + r (10.35)
(P −1 AP − P −1 BKx )x + P −1 Br (10.36)
y = CP x (10.37)
Puisque cette équation est sous la forme de variables de phase, les zéros de ce système en boucle fermée
sont donnés par les éléments de la matrice CP.
En utilisant x = P −1 z, on transforme le système de variables de phase à sa représentation originale et
obtenir :
ż = (A − BKx P −1 )z + Br (10.38)
y = Cz (10.39)
Kz = Kx P −1 (10.40)
s+4
G(s) = (10.41)
(s + 1)(s + 2)(s + 5)
qui est donné sous la forme cascade. Le diagramme de fluence est donné à la figure 10.9.
On peut maintenant écrire les équations d’état de ce système :
La matrice de contrôlabilité est :
Et puisque le déterminant de CM z = −1, le système est contrôlable.
F IGURE 10.9
Diagramme de fluence de l’exemple 8
On convertit le système à des variables de phase en trouvant l’équation caractéristique du système, puis en
utilisant cette équation pour obtenir la forme variables de phase.
L’équation caractéristique est :
On peut maintenant faire la conception du contrôleur. Selon le cahier de charges du problème, on obtient :
Les pôles du système voulu sont :
Puisque l’équation caractéristique de G(s) est de 3e ordre, il faut trouver un autre pôle. Parce que G(s) a
un zéro à −4, on peut choisir le 3e pôle de sorte qu’il annule ce zéro. L’équation caractéristique voulue
devient :
Et donc :
Avec le design complété, on peut maintenant transformer le système à sa forme originale (cascade).
Kz = Kx P −1 = [−20 10 − 2] (10.45)
s+4 1
T (s) = = 2 (10.46)
s3 + 6s2+ 13s + 20 s + 2s + 5
ce qui est la fonction de transfert voulue.
F IGURE 10.10
Diagramme de fluence de l’exemple 8 (avec feedback)
Cette section présente le design de contrôleurs afin d’éliminer l’erreur statique d’un système. La figure
10.11 montre un système avec contrôle standard, montré en pointillé, auquel on a ajouté un parcours de
feedback et un intégrateur.
F IGURE 10.11
Diagramme bloc d’un système avec contrôle intégral
Une variable d’état additionnelle, xN , a été ajoutée à la sortie de l’intégrateur de gauche. L’erreur est la
dérivée de cette variable d’état. Selon la figure 10.11,
ẋ = r − Cx (10.47)
ẋ = Ax + Bu (10.48)
ẋN = −Cx + r (10.49)
y = Cx (10.50)
On peut écrire ces équations d’état comme des matrices et vecteurs augmentés,
Puisque
en substituant, on obtient :
Le type du système a donc été augmenté, et on peut utiliser l’équation caractéristique du système augmenté
pour calculer K et Ke , selon la réponse transitoire voulue. Il y a cependant un pôle supplémentaire dans
le système, qu’il faudra déterminer pendant la conception. L’effet de ce pôle sur la réponse transitoire du
système doit être pris en considération. On peut essayer d’annuler le pôle avec un zéro, si possible.