ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET UNIVERSITAIRE
UNIVERSITÉ OFFICIELLE DE MBUJIMAYI (UOM)
Av. Kalonji, n° 27, Q/Kansele, C/Muya, Mbujimayi, Kasaï-Oriental
Courriel:
[email protected] Téléphone/WhatsApp : +243 853 886 663
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République Démocratique du Congo
FACULTE DE SCIENCE SOCIALE
DEPARTEMENT DES SCIENCES POLITIQUES
TRAVAIL PARTIQUE DU COURS
D’ANTHROPOLOGIEPOLITIQUE
Présenté par : KONGOLO KITENGE Léon
Dirigé par : LUBANZA MUKENDI André
Professeur Ordinaire
Promotion : Bac+3 SPO
Année Académique 2023-2024
L’ORGANISATION DU POUVOIR POLITIQUE CHEZ LES BAKWA KALONJI
CHAPITRE I. Données géographiques et administratives
1. Localisation
Notre chefferie est au centre de la République Démocratique du Congo, dans la
province du Kasaï-Oriental, territoire de Tshilenge, sa superficie est de 2012 Km 2.
- Au nord par le groupement de Bakwa Ndaba dans le territoire de Katanda.
- Au sud par le groupement de Kanyiki Kapangu dans le territoire le Lomami.
- A l’Est par le secteur de Tshiyamba et la Chefferie de Bakwa Mulumba,
territoire de Ngandajika et aussi le bena Mwemba et bakwa Kanda, du secteur
de Baluba Lubilanji, territoire de Katanda, il y a aussi la minière de Tshilemba.
- A l’Ouest la rivière Lubilanji qui le sépare en amont de territoire des Miabi,
Kamiji, Lupatapata et Ville de Mbujimayi.
2. Divisions territoriales
Cette chefferie est composée de 29 groupements qui sont :
1. Le groupement de Bakwa Lukusa
2. Le groupement de Bena Tshimanga
3. Le groupement de Bena Kalala
4. Le goupement de Bena Kayembe
5. Le groupement de de Bena Mukendi
6. Le groupement de Bajilanga
7. Le groupement de Bakwa Kashila
8. Le groupement de Bena Kadima
9. Le groupement de Bena Kalubi
10. Le groupement de Kalenda l
11. Le goupement de Bakuo Dila
12. Le groupement de bena Mpunga
13. Le groupement de Bakwa Malaba
14. Le groupement de bakwa Bikayi
15. Le groupement de Bena Kanyana
16. Le groupement de Bakwa Nkolela
17. Le groupement de Bena Kanangila
18. Le groupement de Bena Kabundi
19. Le groupement de Bena Tshisuaka
20. Le groupement de Bena Tshimonya
21. Le groupement de Bena Tshitala
22. Le groupement de Bena Lua Beya
23. Le groupement de bena tshisamba
24. Le goupement de bena tshimpuma
25. Le groupement de Bena Tshilobo
26. Le groupement de Bakwa Hoyi
27. Le groupement de Bena Nkongolo
28. Le groupement de Bena Kanyana 2
29. Le groupement de Bena Kalenda II.
CHAPITRE II. Données socio-Historique
2.1. Origine et histoire de la communauté
L’histoire de notre chefferie se présente comme suit :
Traditionnellement la chefferie existe avant la colonisation étant qu’ethnie, ainsi notre
ancêtre commun s’appelle KALONJI qui est fils de TSHIMANGA LUASAMBUTA fils
de KASONGA ce dernier est venu de Sanga Lubangu s’installé chez Bena Kanyioka
cela qu’il se marie et eût un enfant à qui il donna le nom de KALONJI à son tour se
marié à la fille de ILUNGA roi Kanyika celle-ci répondait au nom de KABEDI.
KABEDI a connu une stérilité ce pourquoi et KALONJI est aller voir son beau-père et
ces derniers lui donnant d’autres femmes dont TSHIBUABUA qui donnant naissance
à Hodila et NGADU KASHALA, une autre femme qui donnant naissance à ODIA
KANKANA, TSHIMANGA, MALABA et TSHITALA enfin, NYIEMBA qui donnant
naissance à HOYI et TSHISAMBA c’est après que KABEDI conçoit pour la première
fois qui donna naissance à un fils qui s’appela LUKUSA et un second du nom de
KAJA lorsque ces deux fils eût grandit c’est alors que le père de KABEDI, le roi
ILUNGA décida de céder cette partie de terre dont la dimension à la famille de
KABEDI dont KABEDI préféra donné la gestion à son second fils KABEYA et c’est
dès là qu’on trouve l’origine du nom de Bakwa Kalonji, parce que KABEYA avait
préférait immortalisé le nom de son père KALONJI de qui émane tous les occupants
de cette géo néologie et c’est KABEYA qui devient le 1 er Chef de cette chefferie de
Bakwa Kalonji.
KABEYA donnant naissance à son premier fils qui donna le nom à son grand frère
LUKUSA, puis TSHIMANGA, KALENDA, KALALA, MUKENDI et enfin MUJILANGA
et ses six enfants représentés en six groupement qui gérer cette ethnie devenue
chefferie après l’avènement de l’homme blanc avec la colonisation.
2. 2. Ordre social de la communauté
(Lignages ou claniques)
KALONJI avec ses 4 femmes dont :
- La 1ère KABEDI a ILUNGA
- La 2ème TSHIBUABUA
- La 3ème ODIA
- 4ème NYIEMBA
CHAPITRE III. STRUCTURE ET ORGANISATION DU POUVOIR
3.1. Les structures du pouvoir et leurs fonctions
Notre chefferie est sous la direction du grand chef appelé Ilunga Mbidi dont
la fonction est d’assurer le bon fonctionnement du pouvoir conformément aux us et
coutumes traditionnelles, il est entouré de notables qui sont des dignitaires ayant la
conscience historique de la chefferie. Ces cinq notables qui constituent les cinq
structures du pouvoir sont :
Shinga Hemba dont le rôle consiste à maquiller le chef avant toute cérémonie
coutumière ;
Le Tshikala dont le rôle consiste d’arranger l’habillement traditionnel du chef ;
Le Muadia Mvita chargé de la défense du chef et son corps ;
Le tshikuma Mbila chargé d’annoncer toute sortie du chef et il annonce à la
foule immense constituée de la délégation de l’Etat moderne pour prendre
acte et les gens de la chefferie.
Le Tshinkonga nkonga chargé de relations extérieures de la chefferie.
3.2. Les relations entre les structures du pouvoir
Les relations entre les structures du pouvoir sont déterminées par
l’appartenance lignage. Ainsi, pour être grand chef, il faut au départ être de lignage
de Kabeya tandis que pour être Tshikuma Mbila il faut être de lignage de l’un des
enfants d’autres femmes de Kalonji. Il ne peut jamais avoir usurpation du pouvoir.
Donc, il s’agit des rapports d’équilibre structurel du pouvoir.
3.3. Les conflits du pouvoir (causes, conséquences, mode de résolutions)
3.3.1. Le règne de Kabeya
Lorsque le Roi Ilunga père de Kabedi voulut donner le pouvoir à sa fille
Kabedi, celle-ci refusa et demanda que le pouvoir soit donné à ses enfants et le
pouvoir fut légué à Kabeya qui remplissait les conditions d’accessions au pouvoir,
notamment être rassembleur plutôt que de le léguer à Lukusa l’ainé, car la grande
famille accusait ce dernier d’être conflictuel et agressif envers les frères de sa mère
Kabedi.
Après le règne de Kabeya, le pouvoir fut confié à son fils Lukusa qui
d’ailleurs n’a pas trainé au trône à cause de son inconscience historique. Puis le
pouvoir fut confié à son jeune frère Cimanga qui à son tour le confia à son fils et
celui-ci à son fils qui à son tour déprave les mœurs, us et coutumes.
Ainsi, le pouvoir fut confié à Kayembe le troisième fils de de Kabeya et à sa
mort, son fils Cibangu le succède et de Cibangu à son fils Ngeleka.
Pendant son règne, Ngeleka fut consulté par Cisuaka l’un de fils à Lukusa
wa Kabedi-a-Ilunga grand frère de Kabeya pour le dauphiner ; en même temps
Kalala le fils de Kabeya posa le même problème.
Ayant jugé bon de céder le pouvoir à l’un de fils de Kabeya petit frère de
Kayemba du nom de Kalala, sans vouloir le décevoir Cisuaka, il demande à ce
dernier une chose qu’il croyait difficile de lui dauphiner; l’hippopotame (Nguvu), c’est
de là qu’est venu l’appellation « KANGUVU » ; tandis qu’à Kalala il demanda les
noix de palme.
Tous deux apportèrent chacun ce qui lui était exigé; malgré cela, Ngeleka
decida de donner le pouvoir à Kalala parce qu’ils étaient de la même lignée des
enfants de Kabeya.
C’est ainsi que certains fils de Cisuaka wa Kabedi quittèrent la chefferie pour
aller s’installer à Nsona, dans le secteur de Tshiyamba, Territoire de Ngandajika,
dans l’actuelle Province de Lomami.
3.3.2. Le règne de kalala (1820-1911)
Le règne de Kalala fut confronté au début par des sérieux conflits et
difficultés de la part de chefs voisins notamment Lumpungu de Kabinda et Ngongo
Lutete.
3.3.3. Fuite de Bakwa kalonji
Ngongo Lutete et Lumpungu étaient en contact avec les arabes qui leur avaient
donné des armes à feu en échange des esclaves et matières premières
(Tipotipo, commerce triangulaire), ils se servaient de ces armes pour envahir d’autres
chefferies et captiver leurs populations en esclaves.
Ayant appris l’avènement de leur homologue Kalala à la tête de la chefferie,
ces deux chefs décidèrent de lui rendre visite. Sachant que ces deux chefs étaient
meurtriers à l’égard d’autres peuples, Kalala effrayé par la nouvelle, resta préoccupé
par quelle solution y remédier.
Ainsi, il consulta les divins (les ancêtres) qui lui recommandèrent de
métamorphoser une vierge du nom de Ciyamba wa Kaci en femme blanche qui
disparut dans la maison de Ngongo Lutete et ce dernier fut tuer par les blancs qui
l’accusaient d’avoir tué une femme blanche. C’est ainsi que prit fin le règne de
Ngongo Lutete et la paix régna chez le bakua Kalonji et les restes de Baluba
Lubilanji.
CHAPITRE IV. LES INTERVENTIONS DU POUVOIR ÉTATIQUE DANS LES
AFFAIRES COUTUMIÈRES (GOUVERNEMENT CENTRAL)
Dans notre chefferie règne la démocratie participative dans le sens que ce
n’est pas l’Etat congolais qui donne le pouvoir au grand chef, mais ce sont les
ancêtres et les notables (notables appelés grands électeurs) issus de six chefs de six
groupements gérés par les descendants de Kabeya qui donnent le pouvoir; tandis
que l’Etat, pour raison de sauvegarder la paix et la sécurité du territoire national
congolais et assurer la cohésion nationale, reconnait le chef en établissant le procès-
verbal et en lui remettant la lettre de reconnaissance. De plus, étant donné la
chefferie est une entité territoriale décentralisée, le chef est vêtu d’une double
casquette fonctionnelle.
D’abord comme chef traditionnel, puis comme fonctionnaire de l’Etat congolais, et un
numéro matricule lui est attribué et jouit de certains privilèges de l’Etat. Notamment
avoir la possibilité d’être copté à l’ensemble provinciale, recevoir de dons et legs de
la part des partenaires dans le cadre de la coopération décentralisée…
En raison de ceci, ses rapports arrivent au ministère de l’intérieur sur l’état de
lieu de la chefferie, en suivant l’itinéraire, du territoire à la division de l’intérieur, en
passant par le gouvernement provincial.
4.1. Relations avec les chefferies voisines
4.1.1. Avec la chefferie de Bakwa Mulumba
Dans notre chefferie partage ses limites avec une seule chefferie qui est la
chefferie de Bakwa mulumba avec laquelle elle partage les relations de bon
voisinage actuellement, car les Bakwa kalonji selon l’histoire et selon les réalités,
préfèrent se marier aux femmes de Bakwa Mulumba pour hériter de leur race
humaine élancée, bronzée et intelligente car le mukua mulumba est un homme
bronzé, élancé sage et intelligent.
Reste à noter que ; selon l’histoire vraie, les Bakwa Kalonji avaient colonisé
les Bakwa Mulumba pendant 50 ans, c’est la raison pour laquelle, certains chefs qui
ne voulaient pas de cette dépendance avaient choisi de migrer vers d’autres terres
telle que ; à Bakwa Nsumpi, les autres vers le Territoire de Miabi, etc.
Actuellement notre chefferie entretient de bonnes relations avec ses voisins,
à l’exception du secteur de Nganda nganda, de la province de Lomami ou il y a les
conflits des limites
CHAPITRE V. DÉTERMINANTS SOCIAUX DU POUVOIR COUTUMIER
5.1. La parenté et l’accession au pouvoir
Le lignage implique toujours entre tous ceux qui en font partie, un lien de
parenté par le sang qui remonte à un ancêtre commun plus ou moins éloigné.
A sa mort, Kabeya légua le pouvoir à ses fils et petits-fils, ces derniers se
succèdent jusqu’à aujourd’hui avec KANGUVU IV descendant de Kayembe le
troisième fils de Kabeya.
N. B : Les descendants de Kabeya sont appelés : « MUANA KABEYA ou
MUENA KABEYA. »
5.2. La place de la femme dans les structures du pouvoir
La femme dans notre chefferie joue un rôle de femme de ménage, et elle est
l’unité de procréation et ne peut en aucun cas penser accéder au pouvoir, d’autant
plus que notre chefferie est d’un régime patrilinéaire et non matrilinéaire comme
toute communauté Luba.
5.3. Les droits et privilèges réservés aux aînés
Oui, il y a des droits et privilèges réservés aux ainés, car, lorsqu’il s’est agi
aux enfants de Kabeya d’accéder au Trône de leur père ; ils sont allés chercher leur
frère ainé Lukusa qui était parti avec leur à Bena Mpuka, pour être le premier à
accéder à Trône.
Il y a aussi les responsabilités entre tous les enfants de Kalonji selon leurs
âges et rangs de leurs mamans pour l’équilibre du pouvoir.
CHAPITRE VI. DÉTERMINANTS CULTURELS DU POUVOIR COUTUMIER
6.1. Mythe fondateur de la communauté
Le mythe fondateur dans notre chefferie se résume en ces termes :
«cinanu wa mua nyema wa mahondu, muena mua Mbuyi wa kawungidia
nganyi miela, ya cinanu nganyi wa taangana nayi, wudi muena nsawu, muena
mpunda, muena luwula muena katoyi, muena cibangu wa bakalenga, cinanu
mutumba bua kabila wuvwila »
Ce résumé veut dire tout simplement que le mukua Kalonji est un peuple
guerrier, résistant et qui s’auto-suffit dans le domaine d’armes à feu et traditionnelles,
il est fécond et à le sens du pouvoir et donc il est un peuple dominant.
Ce mythe a une cause profonde; la résistance de mukua kalonji; il avait
chassé le Musangana wa Kua Tshiaba de son sol; il a résisté à l’invasion de Ngongo
Lutete en complicité avec les portugais (résistance) sans recourir à une force
extérieure
(l’autosuffisance), il a colonisé le peuple de la chefferie de bakua Mulumba (la
domination ou l’hégémonie).
6.2. LES ASPECTS SACRÉS DU POUVOIR COUTUMIER
6.2.1. Pendant le règne
Le chef au pouvoir est lié au respect de certains interdits, au cas où il ne
respecte pas ses interdits, les tenanciers du pouvoir qui sont les cinq lignées issues
de six enfants de kabeya se réunissent et discutent sur la lignée qui doit prendre le
pouvoir puis délibèrent; (cas du dernier descendant de Cimanga et de Kalala wa
Mwela « Katshi IV). Ils se réunissent à cinq parce qu’on suppose que toute la lignée
du chef qui a abusé du pouvoir est totalement impliquée, et le pouvoir doit passer à
un autre fils de la lignée de Kabeya.
Parmi ces abus nous pouvons citer : l’effusion du sang, l’adultère, le vol, le
viol sur mineur ou toute autre infraction grave condamnée par les us et coutumes
6.2.2. A la mort du Chef
Dès qu’il est constaté qu’il est réellement mort, à l’insu de tous, Il est isolé
d’abord de ses sujets dans la hutte, et les notables chargés du corps du chef le sort
nuitamment pour l’enterrer en posant certaines conditions, pour ce faire. Il peut
demander le bouc (Mpumbua) et le coq (citala) puis on enterre Ilunga Mbidi
nuitamment.
Au bras du chef on attache le mobolu symbolisant les biens faits du chef durant
son vivant et pour l’immortaliser. Cet arbre doit croitre, servir de la mort d’autres
chefs, mais au cas contraire, le chef, croit-on, subit de punition parmi les morts. Cela
signifie qu’il était mauvais durant son règne.
6.2.3. L’intronisation du nouveau chef
Avant l’intronisation, le nouveau chef est isolé du public pendant trois jours
dans la hutte mystique au coin accroupi, sans boire ni manger ni se laver non plus, et
les yeux dirigés vers le sol. Cela veut dire qu’il est en contact avec les divins qui lui
dictent la ligne de conduite donc l’éthique et la déontologie mystiques appropriées au
chef dont l’état du corps va être bientôt sacré.
Ainsi donc, après les trois jours de concentration et consultations de dieux et
ancêtres de la chefferie, le chef sort de la hutte mystique en corps sacré. Et cela en
présence de cinq notables appelés par le ntita luabanya makalenga. Ces cinq
notables sont :
Shinga Hemba dont le rôle consiste à maquiller le chef avant toute cérémonie
coutumière ;
Le Tshikala dont le rôle consiste d’arranger l’habillement traditionnel du chef ;
Le Muadia Mvita chargé de la défense du chef et son corps ;
Le tshikuma Mbila chargé d’annoncer toute sortie du chef et il annonce à la
foule immense constituée de la délégation de l’Etat moderne pour prendre
acte et les gens de la chefferie.
Le Tshinkonga nkonga chargé de relations extérieures de la chefferie.
Puis le chef fait sa sortie à pas de tortue, le visage métamorphosé soit en un
Veil homme soit en un lion ou n’importe quel animal. Symbole de l’acceptation de
son pouvoir par les ancêtres et les divinités.
CHAPITRE VII. CHANT QUI ACCOMPAGNE L’INTRONISATION DU CHEF
Le Tshikuma Mbila lui dédie une chanson dont l’extrait est :
« Ilunga Mbidi wa Bakwa kalonji nyawu, ne mu baluma ne mu bakaji bonso ba
mu musoko jukayi ne numuakidila, misongolo ne muela ne mbiku
kanumukuaci yeya ne nkuatayi mema, buloba mbueba enda muendenda
ntambua ne nkashama… »
Traduction française : « le grand chef de la chefferie de Bakwa kalonji arrive,
ainsi les hommes et les femmes de la chefferie de Bakwa kalonji réservez-lui un
accueil chaleureux, les lances et les flèches lui soient nuls et sans effet, ne vous
attaquez pas à lui, mais à moi, ce territoire t’appartient et marche en lion et léopard »
Cette chanson traduit la légitimité dont jouit le nouveau chef vis-à-vis des
mortels et des immortels de la chefferie. Vis-à-vis de ces derniers, la métamorphose
du chef en est encore un signe de légitimité.
7.1. LES SYMBOLES DU POUVOIR
Muwunga : il consiste à laver les linges sales en famille. Au cas où deux ou
trois membres de la chefferie sont en conflit, pour se réconcilier ; ils consultent
le chef et comme le chef est sa Majesté et donc sacré de corps, il utilise le
muwunga pour leur enlever les péchés commis par les paroles blessantes
dans leur conflit ;
Mukombo : c’est la Canne. C’est un instrument sur lequel s’appuie le chef
pour qu’il ne trébuche lorsqu’il marche.
Nsesu wa ku diaha : c’est un instrument avec lequel le chef ceint son bras
droit pour signifier qu’il est porteur d’un pouvoir supérieur à d’autres de la
chefferie dans sa diversité ;
Tshifunda : c’est un habit que le chef porte à sa hanche lors de cérémonies
dans la chefferie. Cet habit, on ne nous en avait pas donné la signification.
Lukanu : c’est un instrument que le chef porte au bras selon le nombre de
chefs de sa lignée qui ont déjà accédé au pouvoir. Par exemple, l’actuel chef
est de la lignée de kayemba à qui les bena Cisuaka (fils de Lukusa ainé de
Kabeya) avait dauphiné le nguvu (l’hippopotame et il est quatrième grand chef
pour cette lignée c’est pourquoi il a quatre nkanu à son bras.
Masanga : en lieu et place de chaine artificielle, le chef porte le Masanga pour
signifier qu’il est naturel.
7.2. Le totem de la communauté ou des clans
Notre chefferie n’a pas de totem.
BIBLIOGRAPHIE
1. OUVRAGES
Shambuyi Mutombo Kalala, regard sur l’histoire et la spiritualité des Baluba
Lubilanji, mai 2017.
2. ARCHIVES ET DOCUMENTS DIVERS
Archives de la chefferie de bakwa kalonji division provinciale de la
décentralisation Mbujimayi 2024.
Enquête menée auprès d’un habitant de Cinanu sous l’anonymat, le
20/Mai/2023 à 12h30
Enquête menée auprès de l’habitant de Cinanu sous l’anonymat.
Rapport annuel de la chefferie, 2014, p.11
Rapport administratif sur les conflits du pouvoir coutumier dans la collectivité
de Bakwa Kalonji PV de circonstance cité par la division provinciale de
l’intérieur et affaire coutumière 2012 archive Mnujimayi.
LISTE DES PERSONNES INTERVIEWEES
N° Nom, Prénom Sexe Fonction
01 KADIMA LADISLAS M Grand Chef de la chefferie de
Bakwa Kalonji
02 MBUYI TSHISUAKA M Ex Chef de groupement de
Bajilanga
03 MBIAYI MUTOKA M Député Provincial
04 MUKENDI NKUBA M résidant dans la chefferie de
Bakua Kalonji dans le
groupement de Cinanu,