LA VERSIFICATION
PRESENTÉ PAR : ASMAE SOUALI
FATIMA EZZAHRA ABOU AMAMA
ASSIA MEDKOUR
AICHA AIT OULALLA
PLAN DU COURS
• Introduction
• L’étude des vers
• Du vers à la strophe
• Les rimes
• Les images poétiques
INTRODUCTION
La versification est l’ensemble des règles et des techniques concernant l’écriture du
poè[Link] le milieu du XIXe siècle, les poètes se sont affranchis de ces règles et ont
créé leurs propres normes poétiques.
Dans le langage ordinaire, les sons des mots sont secondaires : c’est leur sens qui
compte. Les poètes, eux, travaillent les sonorités pour qu’elles contribuent à la création
du sens et à la musique des vers.
la poésie veut être une puissance d’enchantement qui charme profondément l’auditeur
ou le lecteur. C’est pourquoi la poésie est conçue, dès son apparition, pour être chantée
ou récitée, comme le font au Moyen Âge. Elle entraîne l’élaboration d’un nouveau
langage qui repose sur le rythme et les sonorités, l’unité du vers et celle de la strophe…
Enfin, le langage poétique a souvent recours à des comparaisons et des métaphores. Ces
images rapprochent deux réalités plus ou moins éloignées ; elles s’adressent à
l’imagination du lecteur.
L’ÉTUDE DES VERS
La mesure des vers
Pour mesurer un vers, il faut compter les syllabes prononcées (ou mètre) :
Exemple : C’était l’heure tranquille où les lions vont boire. (Victor Hugo)
► c’é / tait / l’heu / re / tran / qui / lle où / les / li / ons / vont / boire.
Cependant, il faut tenir compte de trois particularités :
1)- la règle du «e» muet
2)- La synérèse
3)- la diérèse.
LA RÈGLE DU – E – MUET
À l’intérieur d’un vers, on compte la syllabe qui se termine par un « e » muet si
la syllabe suivante commence par une consonne, on ne la compte pas si la
syllabe suivante commence par une voyelle. À la fin d’un vers, on ne compte
jamais le « e » muet.
Exemple : Il tire, traine, geint, tire encore et s’arrête. (Victor Hugo)
— Les –e– colorés en bleu sont comptés
— Les –e– colorés en rouge ne sont pas comptés
LA DIÉRÈSE
Deux sons habituellement prononcés groupés doivent parfois se prononcer
séparément, en deux syllabes : c’est la diérèse qui, en ralentissant la prononciation
du mot, l’adoucit.
Exemple : million → | mi | lli | on|, nation → | na | ti | on|
LA SYNÉRÈSE
Deux sons habituellement prononcés séparément doivent parfois se prononcer en
une syllabe : c’est la synérèse, qui abrège le mot, le durcit.
Exemple : lion → | lion |
Les différents types de vers
La désignation de la plupart des vers provient du décompte des syllabes :
Monomètre (vers d’une syllabe), Dissyllabe (vers de deux syllabes), Trisyllabe
(vers de trois syllabes), Quadrisyllabe (vers de quatre syllabes), Pentamètre (vers
de cinq syllabes), Hexamètre (vers de six syllabes), Heptamètre (vers de sept
syllabes), Octomètre (vers de huit syllabes), Ennéasyllabe ( vers de neuf syllabes),
Décasyllabe (vers de dix syllabes), Hendécasyllabe (vers de onze syllabe),
Alexandrins (vers de douze syllabes)
Les vers ont le plus souvent un mètre pair (les plus fréquents ont douze, dix, huit
syllabes) :
Le vers de douze syllabes, l’alexandrin. C’est le plus long vers régulier. Il peut
donner du calme ou de la majesté au sujet traité.
Le vers de dix syllabes, le décasyllabe. C’est le vers le plus couramment
employé. C’est un alerte, léger, qui convient surtout à des poèmes courts.
Le vers de huit syllabes, l’octosyllabe. On l’emploie encore aujourd’hui pour la
poésie légère, pour les chansonnettes.
Les vers de six, quatre, deux syllabes s’emploient rarement en série continue.
Ces vers très courts sont utilisés pour contraster avec des vers plus longs et
créer ainsi un effet de surprise, de brièveté. Dans tous les autres cas, on parle de
vers impairs.
DU VERS À LA STROPHE
Dans un poème , on ne parle jamais de paragraphes , mais de strophes . Chaque strophe a un nom
spécifique en fonction du nombre de vers qu’elle contient :
1°) La strophe de deux vers ou distique :
La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
2°) La strophe de trois vers ou tercet :
Cycles, vivement divins des mers viriles,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux;
3°) La strophe de quatre vers ou quatrain.
Midi, roi des étés, éperdu sur la plaine,
Tombe en nappes d' argent des hauteurs du ciel bleu.
Tout se tait. L' air flamboie et brûle sans haleine:
La terre est assoupie en sa robe de feu.
• Douze vers est une limite qui n'a été dépassée que rarement notamment par Pierre De Ronsard et André
Chénier
• Une strophe est dite isométrique quand elle ne comporte que des vers d'une même longueur.
Exemples : L' immense mer sommeille. Elle hausse et balance
Métrique : 3 1 2 Ces 2 1 1 2 (6/6) =12
Ses houles où le ciel met d'éclatants îlots.
Métrique : 1 2 1 1 1 Ces 1 3 2 (6/6) =12
Une nuit d'or emplit d'un magique silence
Métrique : 2 1 1 2 Ces 1 3 2 (6/6) =12
La merveilleuse horreur de l'espace et des flots.
Métrique : 1 3 2 Ces 1 2 1 1 1 (6/6) =12
• Une strophe est dite antisymétrique dans le cas contraire.
Exemples : Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau,
Métrique : 3 1 1 1 Ces. 2 1 1 2 (6/6) =12
Que mes tâches sont terminées;
Métrique : 1 1 2 Ces. 1 3 (4/4) =8
Maintenant que voici que je touche au tombeau
Métrique : 3 1 2 1 1 1 1 2 (6/6) =12
Par les deuils et par les années,
Métrique : 1 1 1 Ces. 1 1 1 2 (3/5) =8
• une strophe carrée (autant de vers que de syllabes dans chaque vers, par exemple un
quatrain de vers de 4 syllabes) ;
• une strophe horizontale (un nombre de vers inférieur au nombre de syllabes de chaque
vers) ou verticale (l'inverse) ;
• une strophe hétérométrique est généralement en forme de cône renversé qui va des
vers longs aux verts courts
LES RIMES
La rime est un élément sonore qui ponctue la fin de chaque vers et forme des
échos entre deux ou plusieurs vers.
1) Parmi les dispositions les plus fréquentes de rimes, on trouve:
- Les rimes plates ou suivies : AA BB
Le temps, qui s'en va nuit et jour, A
Sans repos prendre, sans séjour, A
Qui nous fuit d'un pas si feutré, B
Qu'il semble toujours arrêté. B
- Les rimes embrassées: A B B A
Des portes du matin l'amante de Céphale A
Ses roses épandait dans le milieu des airs, B
Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts B
Ces traits d'or et d'azur qu'en naissant elle étale A
- Les rimes croisées: A B A B
Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre A
Animent la fin d'un beau jour, B
Au pied de l'échafaud, j'essaye encor ma lyre. A
Peut-être est-ce bientôt mon tour. B
la disposition des rimes se plie à la règle de l'alternance des rimes féminines et des rimes masculines.
Rappelons qu'une rime féminine est terminée par un emuet, qui ne se prononce pas, tandis que la rime
masculine est terminée par une syllabe qui se prononce.
2) La Pureté
Il faut différencier la « rime pour l’oreille » de la « rime pour l'œil ».
La « rime pour l'oreille » est fondée sur L'homophonie, c'est-à-dire la reprise de sons identiques.
Ex: bière et pierre / maitre et mettre.
La « rime pour l'œil » est fondée non seulement sur L’homophonie ,mais également sur 'homographie,
c’est-a-dire l'écriture identique des sons.
Ex: bière et prière / maitre et disparaitre.
C'est la « rime pour l’ œil » qui est considérée comme la plus pure.
3) Richesse
La richesse de la rime se calcule en fonction du nombre de sonorités vocaliques ou
consonantiques homophones, c'est-à-dire qui se prononcent de façon identique.
Rime riche: lorsqu’elle possède trois sonorités ou plus, soit vocaliques, soit consonantiques
soient les mots de rimes: retrait et j'entrais
-le son vocalique è (1):retrait j'entrais
-le son consonantique r (2) : retrait, j'entrais
-le son consonantique t (3): retrait ,j'entrais.
IIs ont donc en commun 3 sonorités
Rime suffisante: lorsqu’elle possède deux sonorités, soit vocaliques, soit consonantiques
soient les mots de rimes :bizarre et phare.
Les e muets finaux de « bizarre » et de « phare »ne comptent pas et constituent la rime féminine.
- le son consonantique : r (1)
-le son vocalique : a (2).
IIs ont donc en commun 2 sonorités.
Rime Pauvre :lorsqu'elle possède une sonorité, soit vocalique,soit consonantique
Ex : levé et tirer
Les deux mots n'ont en commun que la sonorité é.
LES IMAGES POÉTIQUES
La comparaison en poésie : La comparaison rapproche deux réalités à partir d’une caractéristique
commune : le comparé, ce dont il est question, et le comparant, ce dont on rapproche le comparé. Elle
est une image explicite, marquée par un mot précis indiquant la comparaison.
Exemple : J’aime la lune, ardente et rouge comme l’or
La métaphore en poésie
● La métaphore avec présence du comparé. Elle met en rapport direct le comparé et le comparant au
moyen d’une attribution (A est B)
Cet employé est un vrai requin. → le comparé : l’employé / le comparant : le requin
● La métaphore avec absence du comparé. seul reste le comparant qui lui laisse deviner ce qu’il
représente. Plus difficile à repérer . On peut prendre l’exemple de Victor Hugo, « l’or du soir », pour
désigner le soleil couchant : le comparé, le soleil, n’est pas présent.
LA PERSONNIFICATION
C’est un procédé consistant à faire d’un être inanimé ou d’une idée abstraite un personnage réel, doué de
vie et de sentiments. Elle crée l’impression que les choses vivent et pensent, que les idées ont une
existence autonome, indépendamment des hommes.
Exemple : Mes rêveuses pensées pieds nus vont en soirée. (Guillaume Apollinaire)
L’ALLÉGORIE
C’est un procédé consistant à représenter une idée, une abstraction, sous une forme concrète, le plus
souvent un personnage ou un animal. L’allégorie rend les idées moins abstraites, plus accessibles ; elle
donne un sens symbolique ou allusif au poème.
Exemple : Ô douleur ! ô douleur ! Le temps mange la vie… (Charles Baudelaire)