0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
140 vues39 pages

Introduction au Droit Commercial et des Affaires

Droit

Transféré par

felemouberenice
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
140 vues39 pages

Introduction au Droit Commercial et des Affaires

Droit

Transféré par

felemouberenice
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1

INP HB de Yamoussoukro Année académique 2022-2023

ESCAE - DTS/Filière CAE

Classes: ASS2, GC2 & LOG2

Support de cours n° | destiné aux étudiants.

COURS DE DROIT COMMERCIAL

Introduction

I - La définition du droit commercial

Le droit commercial est l'ensemble des règles juridiques qui s'appliquent de façon spéciale aux
commerçants (personnes physiques et morales) (par exemple la capacité pour faire le commerce,
l'inscription au registre du commerce, la tenue de livres de commerce, les règles de preuve, la
compétence des tribunaux de commerce, les règles sur les sociétés commerciales, la faillite, etc.) et
aux opérations commerciales (exemples, contrats sur fonds de commerce, baux commerciaux, ventes
commerciales, etc.). Ces opérations qui se rapportent à l'exercice du commerce sont dites actes de
commerce. Le droit commercial régit les opérations juridiques faites par les commerçants entre eux ou
avec leurs clients. L'activité commerciale désigne en effet l'ensemble des actes ou opérations
juridiques réalisés par les commerçants dans l'exercice de leur profession.

Le droit commercial s'applique aux commerçants et aux actes de commerce. De cette


définition découle une double conception du droit commercial : la première dite subjective, la seconde
dite objective. Selon une conception subjective, le droit commercial est le droit des commerçants.
Selon une conception objective, il est le droit des actes de commerce. De cette dualité résulte un droit
au contour imprécis qui peut concerner des personnes non commerçantes.

Le droit commercial est un droit d'exception, par rapport au droit civil car il déroge aux règles
du droit civil qui est le droit commun des relations privées. Le droit commercial s'applique aux
commerçants et aux actes de commerce. Le droit civil, quant à lui, est applicable aux professions non
commerciales (artisanales, agricoles, libérales, salariées, etc.) et aux contrats civils.

1
2

Les actes de commerce s'opposent aux actes civils. Ainsi, selon que l'acte envisagé est civil ou
commercial ou selon que son auteur est un commerçant ou un simple particulier, on fera application
soit des règles du droit civil qui constitue le droit commun soit des règles du droit commercial qui a un
caractère exceptionnel.

Remarque : il ne faudrait cependant pas croire que toutes les activités du commerçant sont
régies par les règles du droit commercial, car ces règles spéciales ne s'appliquent qu'à un certain
nombre de matières intéressant les commerçants et entreprises commerciales (par exemple
capacité pour faire le commerce, inscription au registre du commerce, tenue de livres de commerce,
règles sur les sociétés commerciales, règles sur la faillite des entreprises, etc.) et les contrats et
opérations commerciales (contrats sur fonds de commerce, baux commerciaux, ventes et gages
commerciaux, règles de preuve, compétence des tribunaux de commerce, etc.).Et dans les domaines où
il n'en existe pas, ce sont les règles du droit civil qui s'appliquent, même à l'égard des commerçants.

Ainsi les règles du Code civil sur les contrats s'appliquent aux contrats commerciaux, à défaut
de dispositions particulières à ces contrats et il en est particulièrement ainsi pour les contrats de société
(Code civil, art. 1873) ou de vente (Code civil, art. 1582).

De même les textes du Code civil sur la propriété mobilière s'appliquent à la propriété des
meubles servant au commerce sous réserve des règles du commerce, par exemple, de celles relatives
au fonds de commerce ou à la faillite.

Justifications du particularisme du droit commercial. Le caractère exceptionnel du droit


commercial se justifie par des exigences propres à la vie des affaires, notamment :

1° le besoin de rapidité dans la conclusion et l'exécution des contrats car plus les capitaux
circulent vite, plus les bénéfices s'accroissent. Il lui faut donc un droit plus simple que le droit civil.

Exemple 1: la conclusion des contrats commerciaux n'est pas subordonnée en général à la


rédaction d'un écrit, soit à titre de validité, soit à titre de preuve.

Exemple 2: le besoin de rapidité dans la conclusion et l'exécution des contrats a aussi permis
au droit commercial de créer des « titres » qui représentent des créances ou des marchandises, par
exemple les effets de commerce, les valeurs mobilières ou les connaissements... Ces titres
commerciaux représentent la créance ou la propriété de la marchandise et leur simple remise à la main
suffit à transmettre cette créance ou cette propriété,

2
3

sans avoir à observer les formes plus compliquées du droit civil. C'est ce qui justilie, dans une certaine
mesure. L’existence des tribunaux de commerce dont la procédure est plus simple et plus rapide que
celle des tribunaux civils.

2° le commerce a besoin de plus de rigueur dans l'exécution des engagements. En effet, il repose
sur le crédit, c'est-l-dire sur la confiance : crédit des fournisseurs, crédit des banquiers. Il faut que le
débiteur tienne parole et cela d'autant plus qu'on a été moins exigeant sur les formes dans lesquelles
cette parole a été donnée. Le droit commercial protège plus le créancier que le débiteur parce qu'il
entend favoriser le crédit et le dynamisme de la vie économique : le droit civil, plus conservateur, est
moins rigoureux pour le débiteur et moins favorable au créancier.

Ainsi le commerçant qui cesse ses paiements est soumis à la procédure collective du redressement
judiciaire ou de la liquidation des biens; il perd l'administration de ses biens et subit des déchéances
rigoureuses, notamment celle de faire le commerce; et la procédure assure une protection égalitaire de
tous les créanciers; tandis que le droit civil se contente de saisies pratiquées par certains créanciers sur
certains biens.

De même les sûretés commerciales, par exemple le gage commercial, peuvent être réalisées par le
créancier dans des conditions plus simples, plus rapides que les sûretés civiles.

De même encore les titres commerciaux, représentatifs de créances, donnent plus de sécurité à leur
porteur car celui-ci peut exiger le paiement sans que le débiteur puisse obtenir des délais de grâce ou
puisse lui opposer la nullité ou l'extinction de la créance.

II. - Le domaine d'application du droit commercial

La définition du terme « commerce ». Pour déterminer l'étendue du droit commercial, il convient de


bien définir le terme « commerce ». Le mot commerce, dans le langage juridique, a un sens beaucoup
plus large que celui qu'on lui donne dans le langage courant. Il englobe non seulement l'activité de
ceux qui se bornent à acheter des marchandises pour les revendre, mais aussi celle des industriels, des
banquiers, des assureurs, des transporteurs, des courtiers, des commissionnaires, etc.

L'extension du domaine du droit commercial. Le droit commercial a considérablement étendu son


domaine. Pratiquement, il s'étend à toutes les activités économiques : même les entreprises publiques,
industrielles et commerciales y sont largement soumises, à l'exception des entreprises artisanales, des
exploitations agricoles, des professions libérales ou

3
4

salariées, qui sont régies par le droit civil ou le droit du travail. Quant aux fonctionnaires. ils sont
soumis au Statut général de la fonction publique qui constitue un ensemble de régles du droit
administratif.

Le droit commercial a tellement étendu son domaine qu'on l'appelle volontiers, Droit des affaires,
Droit économique ou encore Droit de l'entreprise.

La définition du droit des affaires. Le droit des affaires est l'ensemble des règles applicables aux
activités de production et de services réalisées par les entreprises (personne physique commerçante,
non commerçante, personne morale). Le droit des affaires constitue une dénomination neuve ou
moderne du droit commercial. Le droit des affaires embrasse ainsi toutes les opérations qui ont pour
objet de faire circuler les richesses : c'est un droit à caractère économique. Tout comme son ancêtre le
droit commercial, le droit des affaires fait partie du droit privé, lui-même dominé par le droit civil qui
constitue le droit commun privé.

Le droit des affaires comprend plusieurs branches dont le droit commercial général, le droit

des sociétés, le droit des procédures collectives (encore appelé droit des entreprises en difficulté) ou
encore le droit pénal des affaires, etc. En tant que droit de l'entreprise, le droit des affaires englobe des
questions relevant du droit social, du droit pénal, du droit administratif, du droit fiscal, du droit
comptable, du droit de la concurrence, du droit de la consommation, etc.

Le droit des affaires de l'OHADA. Dans les pays d'Afrique francophone, cette évolution s'est traduite
par une importante réforme du droit des affaires conduite par l'OHADA.

L'OHADA, c'est-à-dire l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires, est une
organisation internationale d'intégration juridique en Afrique créée le 17 octobre 1993 par le Traité du
même nom signé à Port-Louis en Ile-Maurice. Elle comprend à ce jour dix-sept États membres'. Sa
mission initiale était l'harmonisation du droit des affaires des États membres par l'élaboration et
l'adoption « de règles communes simples, modernes et adaptées à la situation de leurs économies »
(art. 1er du Traité OHADA). Mais cette idée a très vite été dépassée pour faire place à une véritable
uniformisation. L'art. 5 du Traité OHADA précise que les actes pris pour l'adoption des règles
communes sont qualifiés Actes uniformes.

' Les dix-sept Etats actuellement membres de l'OHADA sont : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique,
Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée Bissau, Guinée Équatoriale, Mali, Niger, RDC, Tchad,

4
5

L'OHADA a adopté à ce jour dix Actes uniformes dans les différentes matières incluses dans le
domaine d'application du droit des affaires.

Le domaine d'application du droit des affaires de l’OHADA. L'art. 2 du Traité OHADA qui définit
le domaine d'application du droit des affaires de l'OH/ADA, énumère de manière non exhaustive les
matières qui y sont incluses. Il s'agit notamment : du droit des sociétés et du statut juridique des
commerçants, du recouvrement des créances, des sûretés et des voies d'exécution, du régime du
redressement des entreprises et de la liquidation des biens, du droit de l'arbitrage, du droit du travail,
du droit comptable, du droit de la vente, du droit des transports, etc.

Travail à faire : rechercher les dix Actes uniformes actuellement en vigueur dans l’espace
OHADA.

III - Les sources du droit commercial

On distinguera les sources internationales des sources internes.

A. - Les sources internationales

Le droit commercial tend vers l'unification internationale. Elle tend à se reconstituer sous la pression
des besoins du commerce international, grâce à des conventions interétatiques qui, tantôt aboutissent à
l'uniformisation des diverses législations nationales (par exemple, les Conventions de Geneviève de
1930 et de 1931 en matière d'effets de commerce et de chèque; les Conventions de Paris et de Berne
sur la protection internationale des droits de propriété industrielle et commerciale ou littéraire et
artistique), tantôt se bornent à rédiger des règles uniformes qui ne s'appliquent qu'aux relations
internationales, les relations internes demeurant soumises aux lois internes (par exemple la Convention
de Varsovie de 1929 sur le transport aérien).

En dehors de ces conventions entre États, des organismes professionnels internationaux prennent
souvent l'initiative de rédiger des règles uniformes que les contractants ont la faculté d'insérer dans
leurs contrats (exemple, les banquiers observent presque toujours les règles et usances du crédit
documentaire rédigées par la Chambre de commerce internationale).

5
6

B. - Les sources internes

Compte tenu de son très large domaine, le droit des affaires puise à d'autres sources que les Actes
uniformes de l'OHADA. Il est notamment régi par des dispositions contenues dans le Code civil (droit
des obligations, de la responsabilité), dans le Code de la propriété intellectuelle (marques, brevets...),
dans le Code du travail (ex. statut des salariés de l'entreprise), etc.

Il faut également signaler le rôle très important que jouent les usages dans l'élaboration du droit
commercial. Les origines du droit commercial proviennent dans une large mesure des usages des
professions commerciales. Les usages commerciaux résultent généralement de pratiques observées par
les commerçants pendant de nombreuses années. On citera par exemple, comme règle d'origine
coutumière, la possibilité de mettre en demeure le débiteur commerçant par une simple lettre
recommandée, ou encore la présomption de solidarité en matière commerciale, par dérogation aux
dispositions du Code civil.

La délimitation du champ de l'étude. L'étendue du droit des affaires de l'OHADA rend inopportune
une étude d'ensemble de la réforme. Dans une perspective d'enseignement et par souci pédagogique, il
convient de limiter cette étude au droit commercial stricto sensu. Dans ce cadre, nous étudierons l'Acte
uniforme relatif au droit commercial général révisé à Lomé le 15 décembre 2010 et l'Acte uniforme
relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique adopté le 30 janvier
20214 à Ouagadougou.

L'annonce du plan. L'ensemble des règles qui régissent l'activité commerciale repose sur trois notions
fondamentales à savoir :

- le commerçant;

- les actes de commerce et

-le fonds de commerce.

La première partie de ce cours portera sur le commerçant. Cette étude englobera celle des actes de
commerce car le commerçant se définit d'abord et avant tout par l'exercice d'une activité commerciale.
La seconde partie quant à elle sera consacrée aux instruments de l'activité commerciale. L'enjeu de
cette étude est de délimiter la frontière entre le droit commercial et le droit civil.

6
7

PREMIÈRE PARTIE. - Le commerçant

Nous tenterons d'identifier dans un premier temps les commerçants personnes physiques oui
constituent toujours le groupe le plus nombreux (chapitre 1) puis, dans un second temps, les
commerçants personnes morales, 'est-à-dire les sociétés commerciales (chapitre 2).

7
8

CHAPITRE 1. - Les commerçants personnes physiques

Pendant longtemps, et jusqu'au Code de commerce français de 1807, le terme commerçant se


rapportait presque uniquement aux personnes physiques. On désignait ainsi le petit boutiquier du
quartier ou le petit industriel. Cette vision des choses a changé avec l'avènement de l'économie
moderne qui exige de plus en plus de capitaux, de recherches et de moyens de vente qu'une personne
physique ne peut réunir toute seule. Les commerçants ont donc du se regrouper au sein de sociétés
commerciales dont la puissance économique et financière est parfois considérable.

Nous analyserons d'abord la définition juridique du commerçant (section 1), ensuite les conditions
d'accès à la profession commerciale (section 2) et enfin les conséquences juridiques de la qualité de
commerçant, c'est-à-dire les droits et les obligations du commerçant (section

3).

Section 1. - La définition juridique du commerçant

La définition du commerçant inclura celle des actes de commerce car le commerçant personne
physique se définit d'abord et avant tout par les actes de son activité. c'est-à-dire l'accomplissement
d'actes de commerce.

L'ancien art. 2 de l'AUDCG disposait que « sont commerçants, ceux qui accomplissent des actes de
commerce et en font leur profession habituelle ».

Le nouvel AUDCG adopté le 15 décembre 2010 à Lomé reprend, en la modernisant, la définition


classique du commerçant. Le nouvel art. 2 énonce qu'« est commerçant, celui qui fait de
l'accomplissement d'acte de commerce par nature sa profession ».

Le nouvel art. 2 a reformulé la définition classique du commerçant. Cette définition est nouvelle mais
elle ne bouleverse pas les principes déià connus. En effet, elle précise les actes dont l'accomplissement
confère la qualité de commercant. Il s'agit, comme par le passé. des actes de commerce par nature. La
nouvelle définition du commercant ne fait plus référence au Terme « habituelle » qui qualifie la
profession car l'habitude est incluse dans la profession. La profession induit (implique) l'habitude.

Toujours est-il que pour avoir la qualité de commerçant. il faut accomplir comme par le passé des
actes de commerce par nature à titre de profession. À cette définition. la jurisprudence

8
9

et la doctrine ont ajouté une condition supplémentaire : il faut que le commerce soit exercé de manière
indépendante.

Ainsi, trois éléments caractérisent le commerçant et l'oppose au simple particulier :

- l'accomplissement d'acte de commerce par nature (§ l) ;

- l'exercice du commerce à titre de profession (§ 2) et

-l'exercice de la profession à titre personnel et indépendant (§ 3).

§1. - L'accomplissement d'acte de commerce par nature

L'Acte uniforme portant sur le droit commercial général (AUDCG) souligne que c'est
l'accomplissement d'actes de commerce par nature à titre professionnel qui confère la qualité de
commerçant. En d'autres termes, la qualité de commerçant résulte de l'activité exercée. Il n'y a pas
d'autres critères du commercant.

Cette règle vaut pour les commerçants personnes physiques car en ce qui concerne les sociétés, à
l'exception de quelques-unes, notamment de la société en participation, elles sont commerciales par la
forme.

La qualité de commerçant (personne physique) résulte donc de l'activité exercée. Celui qui

n'accomplit pas d'actes de commerce ne peut être considéré comme un commerçant. Sont en principe
exclus de la qualité de commerçant, les artisans, les agriculteurs et les professions libérales.

On distingue classiquement trois catégories d'actes de commerce :

- les actes de commerce par nature (1);

- les actes de commerce par la forme (2) ;

- les actes de commerce par accessoire (3) et

- les actes mixtes (4).

Enjeu : la détermination des actes de commerce permet de leur appliquer un régime

dérogatoire à celui des actes civils.

A. - Les actes de commerce par nature

Seul l'accomplissement d'acte de commerce par nature fait de son auteur un commerçant.

9
10

actes de commerce par nature sont des actes juridiques qui, par essence, sont le reflet de l'activité
commerciale. Ce sont des actes de commerce en eux-mêmes, à raison de leur obier.

L'AUDCG en donne une liste indicative en son art. 3 que la doctrine a classé par catégorie.

1 - La définition de l'acte de commerce par nature

L'AUDCG ne définit pas l'acte de commerce, mais innove en consacrant une définition de l'acte de
commerce par nature.

Le nouvel art. 3 de l'Acte uniforme précité définit l'acte de commerce par nature comme « celui par
lequel une personne s'entremet dans la circulation des biens qu'elle produit ou achète ou par lequel elle
fournit des prestations de service avec l'intention d'en tirer un profit pecuniaire ».

Il ressort de cette définition, deux critères de l'acte de commerce par nature : 1° l'acte de commerce par
nature serait un acte d'entremise dans la circulation des biens produits ou achetés ou 2° un acte de
fourniture de prestations de service, fait dans le but de réaliser des bénéfices.

La doctrine a dégagé un troisième critère à partir des actes énumérés par l'art. 3 de l'AUDC : les actes
de commerce en raison de leur auteur (voir Annexe 1 : Tableau récapitulatif des actes de commerce
par nature)..

2 - L'énumération légale des actes de commerce par nature

L'AUDCG consacre ses art. 3 et 4 à l'énumération des actes de commerce, à travers la distinction entre
d'une part, les actes de commerce par nature et, d'autre part, les actes de commerce par la forme.

Ont notamment le caractère d'actes de commerce par nature, c'est-à-dire qu'ils sont réputés comme
tels, à raison de leur seul objet :

- l'achat de biens meubles ou immeubles en vue de leur revente;

- les opérations de banque, de bourse, de change, de courtage, d'assurance, et de transit;

- les contrats entre commerçants pour les besoins de leur commerce;

- l'exploitation industrielle des mines, carrières et de tout gisement de ressources naturelles;

- les opérations de location de meubles;

- les opérations de manufacture, de transport et de télécommunication;

- les opérations des intermédiaires de commerce telles que commission, courtages, agences ainsi que
les opérations d'intermédiaire pour l'achat, la souscription, la vente ou la location

10
11

immeubles, de fonds de commerce. d'actions on de Part de coelnia commerciale a

immobilières;

- les actes effectués par les sociétés commerciales

Toute personne physique ou morale effectuant une des etivitie énumérées ci lesus d'une maniere
habituelle et pour ses affaires est présumée commerçante.

Cependant, cette énumération n'est pas exhaustive elle cet indicative laiurisprudence a tente de la
compléter en interprétant très largement les textes légaux, ou en en les étendant par analogie aux
situations voisines. C'est ainsi que les hôtels-restaurants et les maisons d'edition ont été considérés
comme accomplissant à titre de profession habituelle, des actes d'achat pour revendre.

La notion d'acte de commerce s'est élargie sans cesse, en englobant notamment les actes relatifs aux
immeubles y compris la vente depuis 1967, ou les délits civils commis par le commerçant à l'occasion
de l'exercice de son commerce (acte de commerce par accessoire).

3 - La classification des actes de commerce par nature

La doctrine a classé les actes de commerce par nature énumérés par l'article 3 de l'AUDCG révisé en
trois grandes catégories : 1° les actes d'entremise dans la circulation des biens achetés ou produits, 2°
les actes de fourniture de prestation de services. dans les deux cas avec l'intention de spéculer et 3° les
actes de commerce en raison de leur auteur.

Ces actes de commerce peuvent aussi être regroupés en sous-catégories que nous allons examiner ici.

a) L'activité d'échange ou de négoce

- L'achat de biens meubles ou immeubles en vue de leur revente

L'achat de biens meubles ou immeubles en vue de leur revente constitue l'acte de commerce type.
Trois conditions sont requises pour qu'une telle opération soit qualifiée d'acte

de commerce par nature:

1° Il faut d'abord qu'il s'agisse d'un achat.

Ainsi ne sont pas être considérés comme des actes de commerce, les ventes ne comprenant pas d'achat
initial. Exemple : vente par un cultivateur ou un agriculteur, de denrées provenant de sa production
(producteur agricole); l'auteur d'une œuvre littéraire ou artistique ou l'inventeur (producteurs
intellectuels) qui vendent ou concèdent leur

ouvrage ne font pas d'acte de commerce.

11
12

Cependant, il en est différemment de l'éditeur ou du directeur d'un journal ou producteur de films, car
ils spéculent sur le travail d'autrui. Leurs actes sont des actes de commerce.

En matière d'élevage, lorsque les animaux sont nourris en totalité ou en majeure partie avec les
produits de la ferme, il n'y a pas d'achat pour revendre et l'opération demeure civile.

Mais lorsque l'éleveur achète de jeunes animaux et les nourrit avec les produits achetés en totalité ou
en majeure partie à l'extérieur, il y a achat pour revendre après transformation et l'opération est alors
commerciale : on parle dans ce cas d'élevage industriel.

2° L'achat doit être effectué avec intention de revendre.

L'opération d'achat n'est commerciale que si elle est pratiquée avec l'intention d'une revente ultérieure
(tel n'est pas le cas du consommateur qui achète un bien sans intention de le revendre). Par la revente,
il faut entendre l'intention de réaliser un bénéfice.

Il faut et il suffit que cette intention ait existé lors de l'achat et elle peut se prouver par tous

moyens, notamment par le caractère professionnel de l'activité de celui qui accomplit l'acte. Si la
revente ne se réalise pas, cet échec ne transforme pas la nature commerciale de l'acte d'achat.

Seule compte l'intention de revendre.

Enfin, la chose peut être revendue en l'état ou après transformation.

3° L'acte peut porter indifféremment sur un meuble ou un immeuble.

L'opération peut porter sur des meubles quelle que soit leur nature (corporelle ou incorporelle), qu'ils
soient ou non transformés (activité des industriels). Mais les activités artisanales restent civiles. Elle
peut également porter sur des immeubles.

- Les opérations de location de meubles ou immeubles

La location de biens de consommation courante (automobile, matériel informatique...) est une activité
commerciale au contraire de la location d'immeubles qui demeurent civile.

Toutefois, la location d'immeuble devient une activité commerciale si elle faite par le biais d'un
intermédiaire de commerce.

- Les opérations de fourniture

Initialement conçues comme la fourniture de biens (gaz, électricité, eau...), l'activité concerne
aujourd'hui la fourniture de services (servies d'entretien, d'abonnement aux journaux, d'enlèvement des
ordures...).

12
13

- Les opérations de transport et de télécommunication

Les opérations de transport sont très variées : transport par terre, air, eaux... Peu importe qu'il s'agisse de
personnes ou de marchandises.

Les opérations de télécommunications ne figuraient pas dans le Code de commerce de

1807. Les moyens de communication à distance se sont tellement développés aujourd'hui avec des enjeux
économiques tellement importants que leur commercialité a été admise.

Il s'agit de tous les actes liés aux moyens modernes de communication que sont le téléphone, le fax, la télécopie,
le téléphone cellulaire, l'internet, etc. Ces opérations ont un caractère commercial qu'elles soient privées ou
publiques.

b) L'activité d'industrie

- La manufacture

Cette notion recouvre de nombreuses activités, essentiellement industrielles : métallurgie, chimie, textile, etc.
Ces opérations doivent être faites en entreprise, c'est-à-dire professionnellement. Les plus modestes (artisanales)
ne sont pas commerciales.

- L'exploitation industrielle des mines, carrières et de tout gisement de ressources

naturelles

Les activités extractives sont en principe civiles par nature, sauf si l'exploitation est

effectuée sous la forme d'une société commerciale.

-L'édition et le spectacle public

La jurisprudence a admis les entreprises d'édition et les entreprises de production de spectacles publics (théâtres,
cinémas, spectacles de danse ou de cirque) comme des entreprises commerciales.

c) L'activité de finance

-La banque, le change, la bourse

Sont considérées comme des opérations de banque, les opérations de banque privées ou publiques, les opérations
de dépôt et de retrait de fonds, de crédit ou de placement effectuées par les banques, la mise à disposition et la
gestion des moyens de paiement.

Quant aux opérations de change, elles consistent moyennant rémunération, à échanger la monnaie d'un État
contre celle d'un autre État. Elles portent donc sur les devises étrangères.

Les opérations de bourse sont assimilées aux opérations de banque. Ce sont des transactions qui sont effectuées
sur un marché public spécialisé dans les opérations d'achat et

13
14

de vente de valeurs mobilières; dans les États de l'UEMOA, il s'agit de la Bourse Régionale des Valeurs
Mobilières (BRVM).

- L'assurance

L'AUDCG vise toutes les activités d'assurance. Cependant les mutuelles ont une activité civile car elles ne
cherchent pas à faire des bénéfices.

d) L'activité d'intermédiaire de commerce

> Les opérations des intermédiaires de commerce

Les opérations effectuées par ces professionnels ont le caractère d'actes de commerce.

Aux termes de l'art. 169 de l'AUDCG « l'intermédiaire de commerce est une personne physique ou morale qui a
le pouvoir d'agir, ou entend agir, habituellement et professionnellement pour le compte d'une autre personne,
commerçante ou non, afin de conclure avec un tiers un acte juridique à caractère commercial ».

Il s'agit de l'activité des personnes qui s'entremettent dans le commerce en fournissant des services intellectuels.
Sont intermédiaires de commerce, les commissionnaires, les courtiers et les agents commerciaux (AUDCG, art.
171 in fine). L'art. 170 AUDCG dispose que l'intermédiaire de commerce est un commerçant.

- Le commissionnaire

Le commissionnaire est un professionnel qui, moyennant le versement d'une commission se charge de conclure
tout acte juridique en son propre nom mais pour le compte du commettant qui lui en donne mandat (AUDCG,
art. 192). À la différence du courtier, il conclut le contrat en son nom pour le compte de son client. Le
commissionnaire est responsable de l'exécution de ce contrat à l'égard des tiers avec lesquels il contracte; Il l'est
aussi à l'égard de son commettant s'il se porte ducroire.

Le mandataire ducroire : en principe, le mandataire répond de l'accomplissement de son mandat, mais ne garantit
pas l'exécution du contrat conclu avec le tiers-contractant. Par exemple, il est responsable s'il choisit un
acquéreur insolvable, mais non du seul fait que l'acquéreur ne paie pas.

La clause ducroire a pour objet de mettre à sa charge une telle garantie : le mandataire devient alors garant
envers son mandant de la bonne exécution du contrat conclu avec le tiers-

contractant.

Il existe des commissionnaires en marchandises (notamment pour l'importation et

l'exportation), des commissionnaires en valeurs mobilières (agents de change), des

14
15

commissionnaires en transports... Peu importe que les contrats conclus par le commissionnaire soient
commerciaux ou civils; ce qui est commercial. c'est son activité de représentation.

Remarque : les représentants salariés qui sont liés par un contrat de travail notamment cEux qu'on appelle les
VRP (voyageurs-représentants-placiers) ne sont pas commercants.

Concrètement le VRP travaille pour le compte d'un ou plusieurs employeurs. Il exerce d'une façon exclusive ct
constante sa prestation de représentant. Il ne fait aucune opération commerciale pour son compte personnel. Il est
lié à son employeur ou à ses employeurs par des engagements qui déterminent la nature des prestations de
service ou des marchandises offertes à l'avance ou à l'achat, la région dans laquelle il doit exercer son activité,
les catégories de clients qu'il est chargé de visiter ainsi que le taux des rémunérations : c'est un auxiliaire interne
de l'entreprise.

- Le courtier

Le courtier est un professionnel qui met en rapport des personnes en vue de faciliter ou faire aboutir la
conclusion de conventions entre ces personnes (AUDCG, art.208). Il les met en présence, les conseille, mais
n'intervient pas en tant que partie au contrat ou en tant que représentant de l'une ou l'autre d'entre elles (exemple :
courtier en assurance, courtier en vin).

-L'agent commercial

L'agent commercial est un mandataire professionnel chargé de façon permanente de négocier, et éventuellement,
de conclure des contrats de vente, d'achat, de location ou de prestations de services, au nom et pour le compte de
producteurs, d'industriels, de commerçants, ou d'autres agents commerciaux, sans être lié envers eux par un
contrat de travail

(AUDCG, art. 216).

Remarque : en droit français, les agents commerciaux sont traditionnellement considérés

comme des mandataires indépendants, chargés, de façon permanente, de négocier, et éventuellement de conclure
des contrats au nom et pour le compte de l'entreprise qu'ils représentent. La jurisprudence française considère
qu'ils exercent une profession civile au motif qu'ils n'agissent pas pour leur compte, mais pour celui de leur
mandant.

> Les opérations des autres intermédiaires

Ces autres intermédiaires ne sont pas nécessairement des commerçants comme le sont les intermédiaires de
commerce; mais les actes qu'ils accomplissent ont un caractère commercial.

Ces actes sont énumérés par l'AUDCG. Il s'agit de l'achat, de la souscription, de la vente ou

15
16

de la location d'immeubles, de fonds de commerce, d'actions ou de parts de société commerciale ou immobilière.

En la matière, il s'agit des actes accomplis par les personnes qui se charge professionnellement de gérer les
intérêts d'autrui, d'administrer ses biens, notamment les agences immobilières pour les opérations concernant
l'achat, la vente ou la location d'immeubles; les prestataires de services qui interviennent dans ces transactions
comme les agences de renseignements commerciaux, les cabinets de recouvrement ou les agents d'affaires pour
la conclusion des contrats d'achat ou de vente d'actions, de parts sociales ou de parts d'intérêt pour le compte de
leurs clients.

• Les opérations de transit

Ce sont celles effectuées par les commissionnaires en douane ou transitaires, qui sont des professionnels chargés
d'accomplir, pour le compte du client, toutes les formalités d'entrée et de sortie des marchandises quant à
l'application des règles douanières.

e) Les actes de commerce en raison de leur auteur

Ce sont :

- les actes effectués par les sociétés commerciales et

- les contrats entre commerçants.

Les actes des sociétés commerciales par la forme (société en nom collectif, société en commandite simple,
société à responsabilité limitée, société anonyme) sont toujours des actes de commerce par nature, y compris
ceux qui ceux rapportent à la constitution et à la dissolution de ces sociétés.

De même le contrat passé entre deux commerçants est un acte de commerce par nature.

Exemple : la vente commerciale.

B. - Les actes de commerce par la forme

Les actes de commerce par la forme ont toujours le caractère commercial quels que soient l'objet et le but de ces
actes et quel que soit la personne qui les accomplit. Ils sont peu nombreux.

Ce sont : la lettre de change, le billet à ordre et le warrant.

La signature de ces actes est un acte de commerce quel que soit leur objet. Elle ne peut donc être donnée que par
une personne ayant la capacité de faire des actes de commerce, mais il n'est pas nécessaire d'être commerçant. La
lettre de change, le billet à ordre et le warrant constituent des instruments de paiement et de crédit. Ce sont des
effets de commerce.

16
17

Les actes de commerce par la forme sont des actes soumis au droit commercial. indépendamment des personnes
qui les accomplissent qu'elles soient ou non des commerçants

Leur exercice, mème répété. ne donne pas la qualité de commerçant.

1 - La lettre de change (ou traite)

Il s'agit d'un titre de paiement ou de crédit par lequel une personne (le tireur) donne l'ordre à l'un de ses débiteurs
(le tiré) de payer une somme déterminée à une date fixe appelée échéance, à un tiers (le bénéficiaire ou porteur).
C'est parce que le tireur est créancier du tiré qu'il émet la traite sur lui. Cette créance qui sert de base à la traite
s'appelle la provision. Ex le tireur remet la lettre au bénéficiaire parce que celui-ci a une créance contre lui qu'on
appelle la valeur fournie. Dans la pratique, on parle de valeur fournie en marchandises lorsque le bénéficiaire est
un fournisseur qui est créancier du prix des marchandises qu'il a livrées au tireur. Mais il peut aussi y avoir une
valeur fournie en compte lorsque par exemple. le bénéficiaire est un banquier qui a fait un prêt au tireur inscrit au
compte de celui-ci.

Le traitement d'une lettre de change classique suppose un nombre considérable de manipulations. La pratique
bancaire a profité des possibilités offertes par l'informatisation pour diminuer les coûts de traitement de cet effet
de commerce. Ainsi, il y a aujourd'hui un procédé de dématérialisation majoritairement employé appelé lettre de
change relevé (LCR) selon lequel les lettres de change ne circulent plus entre les banques que sous forme de
bandes magnétiques.

Avec la lettre de change relevé, ce sont donc les informations elles-mêmes qui circulent par des techniques de
l'informatique.

2- Le billet à ordre

C'est un écrit par lequel une personne (le souscripteur) s'engage à payer à une autre personne (le bénéficiaire) ou
à son ordre, une somme d'argent à une date déterminée. Le billet à ordre ne comprend donc que deux personnes à
l'origine, à la différence de la lettre de change qui en comprend trois. Le souscripteur du billet à ordre joue le rôle
à la fois de tireur et de tiré.

3- Le warrant

Il s'agit d'un titre négociable constatant la mise en gage de marchandises déposées dans les magasins généraux
(docks, entrepôts) et pouvant être utilisé comme effet de commerce au même titre que la lettre de change et le
billet à ordre. Sur demande écrite, le commerçant qui a déposé des marchandises dans les magasins généraux
reçoit un récépissé warrant. Ce récépissé

17
18

est le titre de propricté des marchandises déposées aux magasins généraux. C'est un titre de

gage.

Le commerçant qui dépose des marchandises dans un magasin général peut emprunter en donnant ces
marchandises en gage. L'exigence de la dépossession du débiteur est bien remplic.

puisque la marchandise est en la possession d'un organisme responsable.

La technique de la mise en gage repose sur un document émis par les magasins généraux et appelé
récépissé-warrant. En cas de non-paiement à l'échéance, le titulaire du warrant peut faire vendre aux
enchères publiques les biens qui constituent son gage huit jours après sommation de payer adressée au
débiteur.

C. - Les actes de commerce par accessoire

Les actes de commerce par accessoire sont des actes de nature civile qui deviennent actes de
commerce parce qu'accomplis par un commerçant pour les besoins de son commerce. Ces actes
deviennent commerciaux parce qu'ils sont l'accessoire de la profession commerciale.

Par exemple, un commerçant qui achète un véhicule pour son usage personnel accomplit un acte civil.
Si le même véhicule est acheté pour assurer les livraisons ou l'exploitation commerciale, il ne s'agirait
plus d'un acte de civil, mais d'un acte de commerce par accessoire, si le contrat a été conclu avec une
personne dont l'activité ne consiste pas en la vente professionnelle de véhicule. En effet, si le contrat
est conclu avec un concessionnaire de vente de véhicules, il sera commercial par nature.

L'achat effectué ici sans intention de revendre est un acte civil. Mais il devient commercial

si l'achat est effectué pour les besoins de l'exploitation commerciale.

Par application de la théorie de l'accessoire, tous les actes passés par un commerçant sont présumés
faits pour les besoins de son commerce et sont par conséquent des actes de commerce. Il s'agira d'une
commercialité par accessoire si le contrat est conclu avec un non commerçant et d'une commercialité
par nature si le contrat est conclu avec un commercant.

La présomption que cette théorie énonce est une présomption simple (qui peut être écartée

par une preuve contraire)

Pratiquement, les actes que le commerçant accomplit ne sont pas tous des actes de commerce, car un
commerçant peut passer un acte non pas pour les besoins de son commerce, mais pour lui
personnellement. Exemple: un commerçant qui achète des vivres pour son alimentation. Cet acte
d'achat est relatif à la vie civile du commerçant; c'est un acte civil.

18
19

Inversement, les actes de commerce par nature deviennent des actes civils par accessoire lorsqu'ils
sont exercés par une personne non commerçante (personne civile) pour les besoins de son activité
civile. Ainsi le médecin exerçant une profession libérale qui achète pour revendre d ses patients des
vaccins qu'il prescrits accomplit des actes civils par accessoire.
La commercialité par accessoire se retrouve aussi bien en matière contractuelle qu'en
matière extracontractuelle.
1 - L'application de la règle de l'accessolre aux obligations contractuelles
En principe, tous les actes passés par un commerçant (personne physique ou morale) le sont pour les
besoins de son commerce. Peuvent être qualifiés de commerciaux des contrats aussi divers que la
vente, le louage, le contrat de cautionnement, le contrat d'assurance, le contrat de transport, le contrat
de travail conclu avec un salarié, etc. lorsqu'ils sont souscrits par le commercant dans l'exercice de son
activité.
Il s'agira d'une commercialité par accessoire si le contrat est conclu avec un non
commerçant et d'une commercialité par nature si le contrat est conclu avec un commerçant.
2 - L'application de la règle de l'accessoire aux obligations extracontractuelles
En principe, la commercialité par accessoire s'étend aux délits imputables aux commerçants. La
responsabilité délictuelle ou quasi-délictuelle que peut encourir un commerçant est commerciale
lorsqu'un préjudice causé à une tierce personne l'a été à l'occasion de l'exercice du commerce par le
commerçant lui-même, un de ses préposés ou par le fait d'une chose qu'il a sous sa garde. Ainsi la
concurrence déloyale est-elle une faute commise dans l'exercice du commerce.
D. - Les actes mixtes
Les actes mixtes ne sont pas une catégorie d'acte de commerce mais une modalité des actes
juridiques. En effet, la plupart des actes de la vie courante sont commerciaux pour l'une des parties (le
commerçant) et civils pour l'autre (le client du commerçant). De tels actes sont qualifiés d'actes
mixtes.
1 - Définition
L'acte mixte est celui qui est conelu entre un commerçant et une personne non commercante. Il a par
conséquent le caractère d'acte de commerce pour le commerçant, mais demeure un acte civil pour son
cocontractant (le non commerçant).

19
20

Ainsi, le contrat de travail est commercial pour l'employeur et civil pour le salarie.

En effet, tous les actes de commerce par nature ou par accessoire peuvent être mixtes.

L'intérêt que présentent les actes mixtes réside dans la détermination de leur regime

Juridique.

2 - Régime juridique

Le problème soulevé par les actes mixtes est de savoir s'il faut leur appliquer les règles du droit civil ou celles du
droit commercial. Les solutions qui ont généralement été dégagées par la jurisprudence, varient selon l'objet de
ces règles.

a) La compétence juridictionnelle

Pour déterminer le juge compétent, il faut tenir compte du défendeur à l'action :

- si le défendeur est celui pour qui l'acte est commercial (le commerçant), le demandeur

a l'option entre la compétence du tribunal de commerce ou celle du tribunal civil;

si au contraire, le défendeur est celui pour qui l'acte est civil (le civil), la compétence

appartient exclusivement au tribunal civil.

Cependant un acte mixte peut valablement contenir une clause attribuant

compétence au tribunal de commerce (ou une clause attributive de juridiction en faveur du tribunal de
commerce).

b) La preuve

Pour la preuve, on retient la qualité de celui contre qui cette preuve doit être faite. Ainsi :

- si la preuve est faite contre la personne pour qui l'acte est commercial (le commerçant).

l'autre partie (le civil) peut utiliser toutes les formes de preuve du droit commercial. En matière commerciale, la
preuve se fait par tous moyens, c'est-à-dire qu'elle est libre (preuve par écrit, témoignage, présomption, facture,
etc.);

- si au contraire, la preuve doit être faite contre la partie pour qui l'acte est civil, les règles de preuve du droit
civil s'imposent : « Il doit être passé acte devant notaire ou sous signature privée (seing privé) de toute chose
excédant la somme de 500 f[...] » (Code civil, art. 1341).

c) Le délai de prescription

L'art. 18 de l'AUDCG prescrit que les obligations nées à l'occasion de leur commerce

entre commerçants ou entre commerçants et non commerçants se prescrivent par cing ans si

elles ne sont pas soumises à des prescriptions plus courtes.

20
21

21
22

d) La clause compromissoire

La clause compromissoire est une convention spéciale par laquelle deux personnes décident que les difficultés
relatives à l'exécution de leur contrat seront soumises non pas aux juridictions de droit commun (juridictions de
l'État) mais au jugement d'un ou plusieurs arbitres qu'elles désignent ou se réservent de désigner. La clause
compromissoire n'est possible que seulement dans les contrats entre commerçants. Elle est donc nulle en matière
d'actes mixtes.

Remarque : la clause compromissoire porte sur les différends qui viendraient à s'élever entre les parties à un
contrat à l'occasion de ce contrat. Elle se rapporte à une contestation éventuelle et doit être distinguée du
compromis qui est une convention en vertu de laquelle les parties en litige s'accordent pour faire juger par des
arbitres de leur choix le litige qui les oppose effectivement.

Pour recevoir la force exécutoire, la sentence arbitrale doit être assortie d'une ordonnance d'exequatur du
président du tribunal de première instance ou de la section du tribunal.

La sentence arbitrale n'est pas susceptible d'opposition, d'appel et de pourvoi en cassation.

Elle peut faire l'objet d'un recours en annulation qui doit être porté devant le juge compétent dans l'État partie au
Traité OHADA.

La décision de ce juge, quant à elle, n'est susceptible que de pourvoi en cassation devant la Cour commune de
justice et d'arbitrage de l'OHADA (CCJA) dont le siège se trouve à

Abidjan (RCI).

e) La solidarité

La solidarité ne se présume pas entre codébiteurs civils d'un commerçant. Par contre, elle

se présume entre codébiteurs commercants d'un créancier civil.

f) La mise en demeure

Le commerçant qui entend mettre le non commerçant en demeure doit le faire suivant les modes du droit civil.
Par contre le non commerçant peut mettre le commerçant en demeure par

tous moyens.

§ 2. - L'exercice du commerce à titre de profession

Des actes de commerce accomplis par un individu de façon isolée ne lui confère pas la qualité de commerçant.
Celle-ci suppose l'exercice du commerce de manière habituelle et à titre professionnel.

22
23

L'habitude comporte un élément matériel et volontaire. Elle implique la répétition volontaire d'actes de
commerce. Mais elle ne suffit pas à elle seule pour confèrer la qualité de commerçant. La qualité de commerçant
suppose, en plus, que les actes de commerce accomplis

habituellement le core dene le catre d'une profession, c'est-à-dire d'une u acrivié. présentam une continuité
suffisante pour permettre à l'individu d'en retirer les moyens ou une partie des moyens nécessaires à l'existence
». La profession implique l'accomplissement d'actes de commerce en vue d'en tirer les ressources nécessaires à
l'existence.

L'activité commerciale doit aussi être réelle, et pas seulement formelle. Il ne suffit pas de se déclarer commerçant
ou d'accomplir certaines obligations statutaires des commerçants, telles que le paiement de la patente, ou
l'immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), pour être considéré comme tel.

Enfin, il n'est pas nécessaire que la profession commerciale soit exclusive, car le cumul avec une autre
profession est toujours possible, sauf incompatibilité. Ainsi, l'étudiant qui achète pour revendre des chemises en
vue d'assurer sa subsistance et financer ses études est un commercant.

§ 3. - L'exercice de la profession à titre personnel et indépendant

Celui qui exerce une activité commerciale doit le faire en maître, à ses risques et périls.

Pour ce faire, il est nécessaire qu'il soit indépendant, c'est-à-dire qu'il agisse en son nom et pour son propre
compte. Les personnes qui participent à une activité commerciale sans jouir d'une indépendance suffisante ne
sont donc pas considérées comme des commerçants. C'est le cas:

- des salariés du commercant ou des sociétés commerciales : ils sont liés par un contrat de travail à un employeur
et ne sont pas des commerçants quelle que soit la part qu'ils prennent à l'activité de l'entreprise. Il en est ainsi non
seulement des ouvriers, des employés, des vendeurs, mais aussi des directeurs techniques, ou chefs de services;

- des dirigeants des sociétés commerciales: ce sont des organes représentatifs de la personne morale; ils agissent
au nom et pour le compte de la personne morale qu'ils représentent;

_ des mandataires et représentants des commerçants: ils sont liés par un contrat de mandat et ne sont pas non
plus des commerçants. C'est le mandant pour le compte de qui ils agissent qui est commerçant. Toutefois, le
prête-nom qui dissimule l'activité d'une autre personne est considéré comme commerçant en même temps que
celle-ci;

23
24

- du conjoint qui collabore simplement à l'activité de l'autre: il n'a pas la qualité de commerçant, que cette
collaboration soit ou non rémunérée. En revanche, ce conjoint devient commercant en cas d'exploitation en
commun du fonds de commerce, ou lorsqu'il est propriétaire d'un fonds qu'il exploite personnellement (voir
AUDCG, nouvel art. 7 in fine).

A. - L'exercice d'un commerce séparé par des conioints

L'analyse de la condition d'indépendance conduit souvent à évoquer la situation du conjoint du commerçant.

L'art. 6 de l'AUDCG, autorisant l'accès au commerce à toute personne juridiquement capable. Cette règle
s'applique de facto et de jure aux époux capables, soit à raison de leur age, soit à la suite de leur émancipation
consécutive au mariage.

L'art. 7 in fine de l'AUDCG vise la situation particulière du conjoint ayant une activité distincte, quand il précise
que le conioint du commerçant n'acquière la qualité de commerçant que s'il accomplit personnellement les actes
de commerce de manière séparée et à titre de profession habituelle.

Du reste, la condition d'indépendance ne concerne plus uniquement la femme, dans les rapport du couple. Elle
vaut désormais pour les deux époux dans la mesure où l'Acte uniforme utilise l'expression neutre de conjoint du
commerçant.

B. - L'exploitation conjointe d'un fonds de commerce par des époux

Lorsque deux époux exploitent en commun un fonds de commerce en accomplissant chacun tous les actes
professionnels habituels dans une telle exploitation, ils acquièrent chacun la qualité de commerçant.

L'exploitation conjointe qui confère aux deux époux la qualité de commerçant, leur impose alors l'obligation de
prendre individuellement une inscription au RCCM. Elle aura également pour conséquence de permettre
l'extension à l'un de la procédure collective ouverte contre l'autre. Le tribunal n'aura pas à rechercher, en pareil
cas, l'existence d'une société créée de fait entre les époux. L'exploitation du même fonds de commerce suffit à
justifier cette solution.

Au plan des relations patrimoniales des époux, l'exploitation conjointe aura pour conséquence d'engager les trois
masses composant la communauté, à savoir les biens communs et les biens propres respectifs des conjoints.
L'exercice en commun d'une activité commerciale fait aussi présumer la solidarité entre les époux commerçants,
quel que soit leur régime

24
25

matrimonial. Cette solidarité augmentera l'assiette des saisies de leurs éventuels créanciers, en cas d'ouverture
d'une procédure collective conjointe.

Section 2. - Les conditions d'accès à la profession commerciale

En vertu du principe de la liberté du commerce et de l'industric, toute personne a le droit d'exercer l'activité
commerciale de son choix, en se conformant simplement aux lois et reglements en vigueur. Sauf dans certains
cas exceptionnels, l'accès au commerce ne nécessite aucune autorisation administrative.

Toutefois, vu que l'exercice du commerce comporte des dangers, à la fois pour celui qui se livre à cette activité
sans une expérience suffisante, et pour le public qui pourrait souffrir de cette inexpérience ou simplement de
l'immoralité du commerçant, certaines conditions sont exigées pour protéger la personne qui veut entreprendre le
commerce et protéger l'intérêt general.

§ 1. - La capacité d'exercer le commerce

L'art. 6 du nouvel AUDCG dispose que « Nul ne peut accomplir des actes de commerce à titre de profession, s'il
n'est juridiquement capable d'exercer le commerce ».

Ce texte autorise l'accès au commerce à toute personne juridiquement capable. L'âge de la majorité étant
désormais fixée à dix-huit en CI, toute personne ayant atteint dix-huit ans révolus non frappée d'une altération de
ses facultés mentales est désormais capable d'exercer le commerce.

En règle générale, les personnes frappées d'une incapacité d'exercice en droit civil sont également incapables en
droit commercial. Il s'agit des majeurs incapables (aliénés, prodigues et faibles d'esprit), ainsi que des mineurs.
La femme mariée jouit aujourd'hui d'une pleine capacité.

L'exigence de la capacité commerciale se justifie par le fait que les professions commerciales sont plus risquées
que les professionnelles civiles. Cela veut dire qu'habituellement, le commerçant s'enrichit plus vite que le
salarié, mais il peut aussi être conduit rapidement à la ruine. Il est donc normal de décider que toute personne ne
peut faire le commerce. Un auteur du 18° siècle, THALLER, avait bien souligné le caractère sélectif du
commerce en disant que le droit commercial est le droit des forts. En conséquence, certaines personnes vont se
trouver exclues des professions commerciales.

25
26

A. - Les majeurs incapables

Le majeur dont les facultés mentales sont altérées, c'est-à-dire qui est dans un état habituel d'imbécilité, de
démence ou de fureur, est incapable, au sens des art. 489 et 509 du Code civil, et assimilé au mineur, pour sa
personne et pour ses biens. Cela signifie qu'il doit être représenté d'une façon continue pour tous les actes de la
vie juridique. Il ne peut donc pas être commerçant ni faire des actes de commerce isoles.

De même, les prodigues, bien que n'étant pas hors d'état d'agir eux-mêmes ne peuvent Pas exercer une activité
commerciale. Parce que leur prodigalité, leur intempérance ou leur oisiveté les expose à tomber dans le besoin et
à compromettre l'exécution de leurs obligations, il peut leur être défendu de transiger, d'emprunter, de recevoir
un capital mobilier et d'en donner décharge, d'aliéner ou de grever leurs biens d'hypothèques, sans l'assistance
d'un conseil (Code civil, art. 513). Toutefois, un acte de commerce isolé, accompli avec l'assistance du conseil ou
à défaut avec l'autorisation du juge des tutelles serait valable.

B. - Les mineurs

D'après l'art. 7, al. J°r de l'AUDCG, « le mineur ; sauf s'il est émancipé, ne peut avoir la qualité de commerçant
ni effectuer des actes de commerce ».

L'AUDCG distingue selon que le mineur est ou non émancipé.

1 - Le mineur non émancipé

Le mineur non émancipé ne peut pas faire le commerce, quel que soit son âge. Son père, sa mère ou son tuteur ne
peut pas non plus le faire en son nom. Si néanmoins le mineur faisait le commerce, il n'aurait pas la qualité de
commerçant, et les actes de commerce accomplis par lui sont annulables sur sa demande sans qu'il ait à établir
une lésion.

Cette solution est établie depuis une jurisprudence ancienne (Cass. civ. 7 mars 1922. D. 1922. 1. 169), et résulte
de l'application des règles du droit commun de la validité des contrats.

2- Le mineur émancipé

En vertu de l'art. 7, al. 1° précité, le mineur émancipé peut devenir commerçant.

L'émancipation est définie par le nouvel art. 119 de la loi n° 2019-572 du 26 juin 2019 relative à la minorité
comme « l'état du mineur qui est affranchi de l'autorité parentale ou de la tutelle Il devient capable d'accomplir
tous les actes de la vie civile, et de faire le commerce sous les réserves ci-après ».

26
27

Le mineur peut être émancipé par ses père et mère ou parents adoptifs, lorsqu'il aura atteint l'äge de seize ans
révolus. L'émancipation peut résulter de plein droit du mariage de l'enfant mineur, ou d'une déclaration conjointe
de ses parents ou de l'un d'eux en cas de désaccord.Cette déclaration est reçue par le juge des tutelles.

S'agissant du mineur émancipé, la question se pose de savoir si l'on peut soutenir que la seule émancipation
confère à ce dernier la capacité commerciale.

La doctrine est partagée sur cette question. Certains auteurs soutiennent que l'émancipation suffit à conférer la
capacité d'exercer le commerce au mineur comme le prévoit l'art. 7, al. 1° de l'AUDCG.

D'autres auteurs soulignent que la question de capacité relève de la compétence des droits nationaux. L'art. 3, al.
3 du Code civil ivoirien précise en ce sens que « les lois concernant l'état et la capacité régissent les ivoiriens,
même résidant à l'étranger ». Aussi, est-il indiqué d'interroger le droit national ivoirien pour savoir ce qu'il dit de
la capacité commerciale du mineur émancipé.

La capacité commerciale du mineur émancipé est régie par les art. 119 précité et 125 de la loi n° 2019-572 du 26
juin 2019 relative à la minorité.

Il résulte de l'art. 119 précité que l'émancipation du mineur est soumise à certaines conditions quand il s'agit de
faire le commerce.

Ces conditions sont précisées par l'art. 125 de la loi de 2019 précitée. Ce texte dispose que « le mineur émancipé
peut faire le commerce s'il y a été autorisé par celui de ses père et mère, ou par celui qui exerce l'autorité
parentale ou par le conseil de famille. L’autorisation de faire le commerce est donnée soit dans la décision
d'émancipation, soit dans un acte postérieur pris dans les mêmes formes. Elle doit être inscrite au registre du
commerce et du crédit mobilier ».

Il s'en suit que l'autorisation spéciale de faire le commerce donné par les parents doit faire l'objet d'une publicité
par une inscription au registre du commerce et du crédit mobilier.

En définitive, nous pouvons retenir qu'en droit ivoirien, l'émancipation du mineur est une condition nécessaire
mais non suffisante pour l'exercice d'une activité commerciale.

27
28

C. - La femme mariée

L'art. 7, al. 2 de l'AUDCG dispose que « le conjoint du commerçant n'a la qualité de commerçant que s'il
accomplit les actes visés aux articles 3 et 4 ci-dessus, à titre de profession et séparément de ceux de l'autre
conjoint ».

Cette disposition marque une évolution notable dans la situation de la femme mariée, par rapport au Code de
commerce de 1807, en ne mentionnant plus le droit d'opposition du mari. La seule condition requise désormais
est l'exercice d'un commerce séparé de celui du

conjoint.

La femme mariée est pleinement capable, elle peut donc exercer une profession séparée de celle de son mari,
notamment être commerçante sans l'autorisation préalable de celui-ci.

De même, le texte ne vise plus de manière spécifique la femme mariée, mais le conjointe du commerçant. Cela
consacre implicitement une parfaite égalité des époux quant à l'exercice d'une activité commerciale.

Le Code civil reconnait toutefois à chacun des époux le droit de s'opposer à l'exercice par l'autre, d'une
profession séparée (art. 67 nouveau du Code civil issu de la loi n° 2013-33 du 25 janvier 2013 modifiant la loi de
1964 sur le mariage).

Remarque - L'exploitation conjointe d'un fonds de commerce par des époux : lorsque deux époux exploitent en
commun un fonds de commerce en accomplissant chacun tous les actes professionnels habituels dans une telle
exploitation, ils acquièrent chacun la qualité de commerçant..

§ 2. - Les incompatibilités légales

Aux termes de l'art. 8, al. 1er de l'AUDCG, « Nul ne peut exercer une activité commerciale lorsqu'il est soumis à
un statut particulier établissant une incompatibilité », et l'al. 2 précise qu'il n'y a pas d'incompatibilité sans texte.
C'est donc tout naturellement que l'art. 9 de l'AUDCG énumère les fonctions ou professions incompatibles avec
l'exercice du commerce.

Il s'agit des :

- fonctionnaires et personnels des collectivités publiques et des entreprises à participation publique;

- officiers ministériels et auxiliaires de justice : avocat, huissier, commissaire-priseur, agent de change, notaire,
greffier, administrateurs et liquidateurs judiciaires;

28
29

- experts comptables agréées et comptables agréés, commissaires aux comptes et aux apports, conseil juridique,
courtier maritime;

Plus généralement, de toute profession dont l'exercice fait l'objet d'une réglementation interdisant le cumul avec
l'exercice d'une activité commerciale. L'énumération de l'AUDCG n'étant pas exhaustive, les législateurs
nationaux pourront édicter de nouvelles incompatibilités dans la réglementation particulière de certaines
professions.

Justification des incompatibilités : les incompatibilités se justifient principalement par le souci de préserver chez
les professionnels concernés, un minimum de conscience professionnelle. En effet, le commerce est une activité
suffisamment absorbante pour être menée seule. Par ailleurs, la satisfaction de l'intérêt général, les exigences
éthiques ou le désintéressement qui caractérisent certaines professions, s'accommoderaient mal de la recherche
permanente du gain qui anime le commerçant.

§ 3. - Les interdictions d'exercer le commerce

Les interdictions se justifient généralement par le souci d'assainir la profession commerciale, à travers la mise à
l'écart des personnes ayant subi des condamnations pénales, pour des infractions telles que le vol, l'abus de
confiance, l'escroquerie, la banqueroute frauduleuse, l'émission de chèque sans provision, ou pour des délits
économiques ou fiscaux.

Elles s'appliquent non seulement à l'exercice du commerce proprement dit, mais aussi à toute fonction de
direction, gérance ou administration dans les sociétés commerciales, ainsi qu'aux fonctions de commissaires aux
comptes.

L'art. 10 de l'AUDCG constitue le fondement légal des interdictions d'exercer le commerce. Celles-ci peuvent
être générales ou spéciales, définitives ou temporaires.

L'interdiction générale, définitive ou temporaire peut être prononcée par une juridiction nationale à titre de peine
principale ou complémentaire.

L'interdiction spéciale est prononcée par une juridiction professionnelle et ne s'applique qu'à l'activité
commerciale considérée.

L'interdiction peut résulter d'une condamnation définitive à une peine privative de liberté pour un crime de droit
commun, ou à une peine d'au moins trois mois d'emprisonnement ferme, pour un délité contre les biens, ou une
infraction en matière économique ou financière (c'est la déchéance).

29
30

La déchéance et l'interdiction s'opposent à l'exercice de toute activité commerenale le déchu ou l'interdit ne peut
faire le commerce pour lui-même, ni par personne interposée. ni pour le compte d'autrui comme mandataire.

L'interdiction à titre temporaire d'une durée de plus de cinq ans et l'interdiction à titre définitif peuvent être
levées par la juridiction qui l'a prononcée; mais la requête n'est recevable qu'après l'expiration d'un délai de cinq
ans à compter du jour où la décision prononçant l'interdiction est devenue définitive.

Remarque: la déchéance est attachée automatiquement au jugement de condamnation,

c'est-à-dire que le tribunal n'a pas besoin de la prononcer.

§ 4. - Les activités interdites ou soumises à autorisation administrative

Certaines activités sont interdites soit dans un but d'hygiène, de morale ou de police (exemple: fabrication de
jouets dangereux ou de liqueur à base d'essence d'absinthe, les maisons de tolérance, etc.), soit en raison d'un
monopole de l'État.

D'autres activités sont subordonnées à une autorisation, une licence, délivrée après vérification de certaines
conditions de sécurité, de moralité et de compétence (exemples : les débits de boissons, les entreprises de
spectacles, les agences de recherche, les laboratoires d'analyse médicale et les pharmacies...).

Quant aux groupements de personnes dotés de la personnalité morale, ils ne sont autorisés par la loi à exercer des
actes juridiques que dans la limite de leur objet : c'est le principe de spécialité des personnes morales. Ainsi,
seules les sociétés commerciales constituées dans les conditions prévues par la loi peuvent se livrer à une activité
commerciale.

§ 5. - Les commerçants étrangers

Pour exercer le commerce en CI, l'étranger doit satisfaire à deux conditions : la réciprocité et la carte de
commerçant.

- La réciprocité : un étranger ne peut exercer le commerce en CI que dans la mesure où les ivoiriens jouissent
dans son pays d'origine de la même faculté. Cette règle résulte de l'art.11 du Code civil qui prescrit : « l'étranger
jouira en CI des mêmes droits civils que ceux qui sont ou seront accordés aux ivoiriens par les traités de la nation
à laquelle cet étranger appartiendra »

30
31

La carte de commerçant : chaque commerçant étranger exerçant en CI doit être titulaire d'une carte de
commerçant.

Section 3. - Les conséquences de la qualité de commerçant

§ 1. - Les droits du commerçant

A. - Election des membres des chambres de commerce et d'industrie

Les commerçants participent à l'élection des membres titulaires et des délégués consulaires des chambres de
commerce et d'industrie, lesquels élisent à leur tour les juges des tribunaux de commerce.

Les tribunaux de commerce composés de commerçants élus et de juges professionnels, règlent les litiges entre
commerçants. Ils comprennent un président, des juges titulaires et des Juges suppléants.

Les chambres de commerce et d'industrie sont des établissements publics qui représentent les intérêts généraux
des commerçants et participent au développement économique de leur région, en créant des services d'intérêt
général et en suscitant des activités nouvelles. Elles informent, conseillent et assistent leurs membres sur les
problèmes juridiques, économiques, fiscaux, financiers, etc.

B. - La propriété commerciale

Les commerçants locataires de l'immeuble dans lequel est exercé le commerce peuvent exiger le renouvellement
de leur bail commercial (désormais dénommé bail à usage professionnel) lorsque celui-ci arrive à expiration; à
défaut de renouvellement, ils peuvent obtenir une indemnité d'éviction pour couvrir le préjudice subi. C'est ce
qu'on appelle le droit à la propriété commerciale.

On appelle « propriété commerciale » le droit donné au locataire qui exploite dans

l'immeuble un fonds de commerce d'exiger de son bailleur à l'expiration du bail :

- soit le renouvellement du bail;

- soit le versement d'une indemnité d'éviction en cas de non-renouvellement du bail.

§2. - Les obligations du commerçant

Le commerçant, personne physique ou morale est soumis à une série d'obligations légales dont les principales
sont l'immatriculation au RCCM (A) et la tenue des livres de commerce

31
32

(B). Nous présenterons aussi une liste non exhaustive des autres obligations du commerçant (C).

A. - L'immatriculation au RCCM

L'immatriculation des commerçants au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier

(RCCM) est une obligation commune aux personnes physiques et morales.

1 - La procédure d'immatriculation

L'Acte uniforme distinguent les règles applicables aux commerçants personnes physiques, de celles gouvernant
l'immatriculation des sociétés commerciales.

a) L'immatriculation des commerçants, personnes physiques (art. 44 AUDCG)

Toute personne physique ayant la qualité de commerçant doit, dans le premier mois d'exploitation de son
commerce, requérir son immatriculation au RCCM, au greffe de la juridiction compétente dans le ressort de
laquelle ce commerce est exploité.

b) L'immatriculation des commerçants, personnes morales (art. 46 AUDCG)

Les sociétés commerciales et les groupements d'intérêt économique (GIE) doivent demander leur
immatriculation au RCCM, c'est-à-dire au greffe de la juridiction compétente dans le ressort de laquelle est situé
leur siège social (AUDCG, art. 97). L'art. 27 de l'AUDSC précise que cette immatriculation doit intervenir dans
le mois qui suit la constitution de la société.

Aux termes de l'art. 101 AUDSC : "Toute société est constituée à compter de la signature

de ses statuts ou, le cas échéant, de leur adoption par l'assemblée générale constitutive"

c) Les modalités communes aux personnes physiques et morales commerçantes

L'immatriculation ayant un caractère personnel, nul peut être immatriculé à titre principal à plusieurs registres ou
même à un même registre sous plusieurs numéros.

Le commercant qui sollicite son immatriculation au RCCM doit présenter sa demande au

greffier du tribunal compétent en matière commerciale (tribunal de commerce).

Dès réception du formulaire de demande d'immatriculation dûment rempli et des pièces

prévues par le nouvel AUDCG, le greffe lui délivre un accusé d'enregistrement sur lequel est mentionné le
numéro d'immatriculation. Il transmet ensuite au fichier national un exemplaire du dossier individuel avec toutes
les pièces déposées par le requérant.

32
33

Le greffier dispose d'un délai de trois mois pour exercer son contrôle tel que prévu par l'art.

66 de l'AUDCG et le cas échéant notifier à la partie intéressée le retrait de son immatriculation et procéder à sa
radiation (AUDCG, art. 50).

2 - Les inscriptions modificatives, complémentaires et secondaires

Si la situation de l'assujetti subie ultérieurement des modifications qui exigent la rectification ou le complément
des énonciations portées au RCCM, celui-ci doit formuler dans les 30 jours de cette modification, une demande
de mention rectificative ou complémentaire.

L'art. 53 de l'AUDCG ajoute qu'en cas d'immatriculation en CI, la personne physique ou morale commerçante
qui exploite des établissements commerciaux secondaires ou des succursales doit souscrire, dans le délai d'un
mois à compter du début de l'exploitation, une déclaration d'immatriculation secondaire au RCCM du lieu
d'exploitation de l'activité.

Cette déclaration doit mentionner la référence à l'immatriculation principale.

3- La radiation du registre du commerce

L'AUDCG a prévu deux hypothèses de radiation de l'inscription.

La première concerne les commerçants ayant déplacé le lieu d'exploitation de leur fonds de commerce et tenus à
ce titre, de demander leur radiation du RCCM du tribunal compétent, du ressort duquel ils étaient initialement
immatriculés, afin de pouvoir solliciter une nouvelle immatriculation au lieu de transfert de l'exploitation.
L'article 31 de l'AUDCG leur accorde un délai d'un mois pour l'accomplissement de cette double formalité.

En cas de transfert du lieu d'exploitation du fonds de commerce ou du siège d'une personne morale dans le
ressort territorial d'une autre juridiction, les assujettis doivent demander :

- leur radiation du RCCM dans le ressort duquel ils étaient immatriculés;

- une nouvelle immatriculation au RCCM de la juridiction dans le ressort de laquelle le lieu d'exploitation du
commerce où le siège social est transféré.

Le second cas de radiation concerne les commerçants qui ont cessé leur activité, tenu de demander leur radiation
dans le même délai d'un mois, faute de quoi le greffier en charge du registre y procédera sur décision du juge
saisi à sa requête ou à celle de toute personne intéressée. Un cas voisin à celui de la cessation d'activité est celui
du décès du commerçant dont la radiation doit être demandée dans un délai d'un mois également à compter du
décès, par ses ayants droit.

33
34

A l'instar des modifications, les radiations doivent faire l'objet d'une publicité dans un journal d'annonces légales,
conformément à l'article 36 alinéa 4 de l'AUDCG.

4 - Les effets de l'immatriculation et les sanctions applicables

a) À l'égard des personnes physiques

L'immatriculation fait présumer la qualité de commerçant mais cette présomption peut être combattue par la
preuve contraire. Du fait de l'immatriculation, le commerçant bénéficie de tous les avantages liés à la profession
de commerçant. De même, il en assume toutes les

obligations.

b) À l'égard des personnes morales

L'immatriculation confère aux sociétés (commerciales ou civiles) et aux GIE la personnalité morale. À compter
de son immatriculation, la société devient un sujet de droit, c'est-à-dire qu'au plan juridique, la société devient
une personne juridique distincte de la personne des associés. La personnalité juridique permet à la société qui en
jouit d'avoir un patrimoine distinct de celui des associés, une identité propre et une pleine capacité juridique.

En revanche, l'immatriculation est sans influence sur la qualité de commerçant de la personne morale qui lui est
attribuée en raison de sa forme ou de son obiet.

Le commerçant immatriculé est tenu d'indiquer son numéro et le lieu d'immatriculation sur ses factures, bons de
commande, tarifs et documents commerciaux, ainsi que sur toutes ses correspondances.

c) Les sanctions du défaut d'immatriculation du commercant

Des sanctions ont été prévues par les articles 60 et 61 de l'AUDCG à l'encontre de tout commerçant assujetti à la
formalité de l'immatriculation au RCCM et qui ne l'accomplirait pas dans les délais prévus.

Tout d'abord, le commerçant non immatriculé ne peut pas se prévaloir du statut de commercant (par exemple
dans un procès, il ne pourra pas faire usage de ses livres de commerce comme moyen de preuve; il ne pourra pas
donner son fonds en location-gérance...).

Par ailleurs, il ne pourra invoquer son défaut d'immatriculation pour se soustraire aux responsabilités et aux
obligations incombant aux commerçants. Ainsi, les tiers pourront les assigner devant les tribunaux de commerce,
les mettre en faillite, leur opposer tous les moyens de preuve en matière commerciale.

34
35

Ensuite, faute d'avoir été publiés au RCCM, certains faits et actes le concernant ne seront pas opposables aux
tiers, ni aux administrations publiques qui peuvent quant à eux s'en prévaloir.

La personne morale qui n'aura pas procédé à son immatriculation ne pourra se prévaloir de la personnalité
juridique jusqu'à son immatriculation.

En outre, l'art. 61 de l'AUDCG prévoit également la possibilité d'appliquer aux contrevenants, pour défaut
d'immatriculation ou pour immatriculation frauduleuse, les peines prévues par la loi pénale nationale
(emprisonnement ou amende).

Pour les sociétés, le défaut d'immatriculation est sanctionné pénalement mais pas civilement (exemple : société
en participation).

Travail à faire : rechercher les sanctions pénales du défaut d'immatriculation du

commercant

Source à consulter : Loi n° 2017-727 du 9 novembre 2017 portant répression des infractions prévues par les
Actes uniformes du Traité relatif à l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique, JORCI, n° 100 du jeudi 14
décembre 2017, p. 1393.

B. - La tenue de livres de commerce

Depuis le Code de commerce de 1807, le commerçant est soumis à l'obligation de tenir quotidiennement la
comptabilité des diverses opérations qu'il accompli dans l'exercice de son activité. Les lois commerciales,
fiscales et comptables imposent, à cette fin, la tenue obligatoire de certains livres de commerce (A). Ces livres
obéissent à des règles particulières de tenue (B) et de preuve (C).

1- Les livres à tenir

Les livres de commerce à tenir sont énumérés par les art. 13 à 17 de l'AUDCG. On distingue les livres
obligatoires (1) et les livres facultatifs (2)

35
36

a) Les livres obligatoires

L'art. 13 de l'AUDCG prescrit à tout commerçant, personne physique ou morale, la tenue obligatoire de certains
livres de commerce. Il s'agit du journal (i), du grand livre (ii). de la balance générale des comptes (iii) et du livre
d'inventaire (iv).

i) Le journal

Le journal constitue la mémoire comptable de l'entreprise. Il enregistre jour par jour les opérations de
l'entreprise, notamment les paiements effectués, les achats, les ventes, les effets de commerce tirés, etc. À défaut
de tenir ce livre au jour le jour, on peut récapituler dans le journal les mouvements enregistrés sur une période ne
pouvant excédée cinq semaines ; mais dans ce cas, il est fait obligation de conserver tous les documents
comptables permettant d'en faire la vérification.

il) Le grand-livre

Le grand-livre regroupe l'ensemble des comptes de l'entreprise. Il constitue en quelque sorte un répertoire des
inscriptions portées sur le livre journal. Chaque opération est ainsi enregistrée sur deux livres distincts, une
première fois par ordre chronologique sur le livre journal et une seconde fois, en guise de récapitulation, sur le
grand livre.

iii) La balance générale des comptes

La balance générale des comptes est un état récapitulatif faisant apparaître, à la fin de l'exercice et pour chaque
compte, le solde débiteur ou créditeur du début de l'exercice, le cumul des mouvements débiteurs et créditeurs
depuis le début de l'exercice, ainsi que le solde débiteur ou créditeur à la date considérée [date de fin de
l'exercice].

iv) Le Livre d'inventaire

Le commerçant doit faire tous les ans un inventaire des éléments actifs et passifs de son entreprise, arrêter tous
ses comptes en vue d'établir son bilan. Le livre d'inventaire sur lequel sont transcrits le bilan et le compte de
résultat de chaque exercice, est un résumé de l'opération d'inventaire qui porte sur les stocks, les
immobilisations, les titres, etc. et constitue le relevé et l'évaluation de tous les éléments actifs et passifs de
l'entreprise.

b) Les livres facultatifs

Ce sont :

- le livre de caisse : il enregistre tous les paiements effectués ou reçus;

36
37

e livre des effets: il enregistre les effets de commerce à payer ou à recevoir avec leur

échéance:

_ le livre brouillard ou main courante : c'est un brouillon du Journal. Figurent dans ce livre. les opérations qui
seront reportées sur le Journal.

2 - Les règles de tenue des livres de commerce et leurs sanctions

Les livres de commerce et tous les documents comptables annuels qu'ils permettent d'établir, doivent être tenus
conformément aux dispositions de l'Acte uniforme relatif au droit comptable et à l'information financière
(AUDCIF). Ils doivent mentionner le numéro d'immatriculation au RCCM de la personne physique ou morale
concernée. Ils sont côtés et paraphés par le président de la juridiction compétente ou par le juge délégué à cet
effet. Ils doivent être tenus sans blanc, ni rature, ni altération d'aucune sorte. En cas d'erreur, on ne peut que
passer une écriture inverse : c'est l'annulation d'écriture, suivie de l'enregistrement exact de l'opération
concernée.

Toutes ces règles ont pour but d'éviter qu'au moment d'un procès on ne retire ou remplace des pages ou qu'on ne
modifie ou complète les écritures. Elles confèrent aux livres une présomption de sincérité.

3 - La preuve par les livres de commerce

Preuve contre le commerçant : les livres de commerce font preuve contre le commercant qui les tient, c'est une
sorte d'aveu. Cependant, en application des règles de preuve en droit commercial, selon lesquelles la preuve se
fait par tous moyens, la preuve contraire peut donc être faite par tous moyens.

Preuve au profit du commerçant: le commerçant peut se servir de ses propres livres comme moyens de preuve,
mais à condition que son adversaire soit commerçant et ait donc la faculté lui aussi de produire ses propres
livres.

Preuve contre un non-commerçant : contre un non-commerçant, le livre de commerce ne valait que comme
présomption. Il n'avait dans ce cas, aucune force probante. Désormais, même face à un non-commerçant, l'usage
des livres de commerce est admis dès lors qu'aux termes des dispositions de l'art. 5, al. 2 de l'AUDCG révisé «
tout commencement de preuve par écrit autorise le commerçant à prouver par tous moyens contre un non-
commerçant ».

Remarque: les livres de commerce doivent être conservés pendant dix ans, à compter de la date de leur clôture.

37
38

C. - Les autres obligations du commerçant

Les commerçants sont tenus aux autres obligations suivantes :

- l'ouverture d'un compte en banque, dans un établissement de crédit ou dans un centre de chèques postaux;

- le dépôt du bilan en cas de cessation des paiements : tout commerçant qui cesse ses paiements est tenu d'en
faire la déclaration au greffe de la juridiction compétente de son ressort [obligation de demander l'ouverture de la
procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens en cas de cessation des paiements].

- la modification des mentions portées au RCCM en cas de besoin (modifications concernant l'état civil: divorce,
changement de régime matrimonial, etc.; modifications concernant l'exercice de l'activité commerciale : création
d'établissements secondaires, mise en location-gérance, dissolution...);

- le paiement des taxes et impôts commerciaux;

- l'obligation de loyale concurrence. Le commerçant doit exercer son activité avec loyauté et respecter la
législation sur les prix et la réglementation de la concurrence. Il ne doit pas faire usage de moyens frauduleux
(ou déloyaux) de concurrence. Il en est ainsi dans les cas suivants :

• usurpation du nom commercial ou de l'enseigne;

• dénigrement des qualités des produits vendus par un concurrent;

> publicité mensongère;

> confusion pour induire les clients en erreur. Exemple : confusion de nom commercial, de titre de journal ou de
films, de présentation de produits ou de devanture...;

> désorganisation interne de l'entreprise concurrente, notamment en s'emparant des secrets de fabrication, en
débauchant ou en corrompant son personnel, en détournant des commandes;

> désorganisation générale du marché par l'emploi de moyen nuisant à l'ensemble de la

profession. Exemple : vente sur faux rabais.

Tout commerçant qui s'estime lésé par les actes déloyaux de son concurrent peut exercer judiciairement une
action dite en concurrence déloyale. Cette action a pour but de réprimer les excès de la libre concurrence

38
39

L'action en concurrence déloyale est fondée sur les principes établis par les art. 1382 et 1383 du Code civil
relatifs à la responsabilité délictuelle. Pour exercer l'action en concurrence déloyale. trois conditions doivent être
réunies : il faut une faute, un préjudice (ou dommage) et un lien de causalité entre la faute et le préjudice. Elle est
assortie, dans certains cas d'une

sanction pénale.

Remarque : lorsque l'emploi de moyens de concurrence interdits est intentionnel et frauduleux, on parle de
concurrence déloyale; et si cet acte est simplement le résultat d'une négligence ou d'une imprudence, on parle de
concurrence illicite; mais les règles sont les mêmes pour ces deux types de concurrence.

39

Vous aimerez peut-être aussi