Interactions Rayonnement et Matière
Interactions Rayonnement et Matière
Cours d’Interactions
Rayonnement Matière
Enseignant :
Dr. ADJIA Robert
CIGE I
Contenu du cours
Chapitre 1 : Rayonnements électromagnétiques et Structure de la matière
Chapitre 2 : Interaction rayonnement-matière
Chapitre 3 : Applications en spectroscopie moléculaire
Bibliographie
1. Francis Rouessac et Annick Rouessac, 2004. Analyse chimique. Méthodes et techniques instrumentales
modernes. Cours et exercices corrigés. Dunod, Paris. 6e édition. 481p
2. Douglas A. Skoog, F. James Holler. Fundamentals of Analytical Chemistry. 9e éd. 1090p
3. Vincent MAKOKHA. Procédés de séparation et techniques électro-analytiques et spectrochimiques.
African Virtual university Université Virtuelle Africaine Universidade Virtual Africana. 163p
4. Hooshang Nikjoo, Shuzo Uehara, Dimitris Emfietzoglou, 2012. Interaction of Radiation with Matter. CRC
Press 361p
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Chapitre 1
RAYONNEMENTSELECTROMAGNETIQUES
ET STRUCTURE DE LA MATIERE
1. Rayonnements
1.1. Définition
On entend par rayonnement ou radiation, la propagation d’énergie à travers l’espace sous forme d’onde
ou de particule.
1.2. Classification des rayonnements
On classe les rayonnements selon leur nature ou selon leur effet sur la matière.
1.2.1. Selon leur nature
On distingue :
- les Rayonnement particulaires ou corpusculaires (rp)
- le Rayonnements Electromagnétiques (rem).
1.2.1.1. Rayonnement particulaires (corpusculaires)
Les particules en mouvement à grande vitesse se comportent comme des ondes connues sous le nom de
« ondes de Broglie ». Il est possible de les faire interférer et diffracter de la même façon que les ondes
électromagnétiques. Il y a des particules chargées, comme les électrons, les protons, les radiations (He2+),
+ et - et des particules non chargées (neutrons). Les rayonnements corpusculaires sont caractérisés par :
- masse : m 0 ;
- sa longueur d’onde : = h/P = h/mv ;
- énergie E portée par une onde : E = 1/2mv2 ;
- Sa quantité de mouvement : P = mv ;
- Vecteur d’onde : k = 2/ ;
- La formule de Broglie : P = hk/2
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sa période T ou durée d'une vibration entière (exprimée en seconde (s)) ou le temps (en secondes)
nécessaire pour le passage de deux maxima successifs à un point donné ;
sa fréquence ou nombre de vibration par seconde (exprimée en hertz (Hz) ou en s-1) ;
sa longueur d’onde (exprimée en mètre (m)) ou la distance entre deux maxima
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Tableau : Les rayonnements ionisants
Particules chargées Particules non chargées rem
Electrons e- Neutrons RX
Protons p+
Radiations +, +, - Rayon
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Comme rem, nous avons:
- les rayonnements γ
Ils sont produits par la radioactivité lors de la désexcitation d'un noyau. Ils sont donc en particulier émis
par les matériaux radioactifs et les réacteurs nucléaires. Ils sont dangereux pour les cellules humaines. Les
spectres des rayons γ sont caractéristiques de l’espèce nucléaire.
- les rayons X
Ils sont produits lors des transitions électroniques de haute énergie. Ils correspondent à des modifications
dans l’état des électrons internes.
- l’UV et le visible
Les Ultraviolets (UV), entre 100 et 400 nm (invisible). Ils peuvent provoquer, sans que nous ressentions de
chaleur, des dommages sur les cellules et entraîner à court terme des brûlures de la peau et des yeux. Le
spectre U.V. se divise en 4 bandes :
UVA : 400 à 315 nm >> Pigmentation de la peau
UVB : 315 à 280 nm >> Production de vitamine D antirachitique
UVC : 280 à 200 nm >> Cette région du spectre U.V. est utilisée pour son pouvoir micro biocide,
avec une action germicide maximale à d = 253,7 nm (265 nm selon certains auteurs).
U.V. < 200 nm >> Les rayonnements de cette partie du spectre U.V. induisent la production
d'ozone à partir d'oxygène, et sont absorbées par la plupart des substances, y compris l'air.
La radiation visible (entre 400 et 800 nm) est la partie de la radiation qui peut être perçue par l’œil humain.
Les spectres de l’UV/visible dépendent essentiellement de la structure électronique des couches externes.
Cette région est concernée par divers types de spectroscopies atomiques et moléculaires :
Spectroscopies atomiques
Les spectres de particules atomiques analysées par un spectroscope permettent de caractériser
l’espèce en présence à l’aide des raies caractéristiques. Ces spectres sont utilisés en astronomie.
Exemples : spectre d’émission de l’hydrogène ou des alcalins.
Il y a aussi les spectres d’émission atomique (spectres de flamme) ou d’émission ionique (spectres
d’étincelles), les spectres d’absorption atomique ou de fluorescence atomique. Ils sont utilisés pour
l’analyse qualitative et quantitative des éléments.
Spectroscopies moléculaires
On distingue les spectroscopies d’absorption UV-visible et de fluorescence UV-visible. Elles permettent
l’étude qualitative et quantitative de certains composés moléculaires.
- Le rayonnement infrarouge
Les Infrarouges, entre 800 et 1400 nm (invisible). Ils chauffent la matière qu'ils rencontrent et maintiennent à
la surface de la terre une température moyenne de 17° Celsius environ.
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Il est divisé en trois régions : le proche, le moyen et le lointain infrarouges, nommés en relation avec le
spectre visible. Comme pour toutes les techniques de spectroscopie, la spectroscopie infrarouge est
employée pour l'identification de composés ou pour déterminer la composition d'un échantillon. Les
spectres sont dus à des modifications dans l’état de rotation et de vibration des molécules.
- Les micro-ondes
Ils sont de longueur d'onde intermédiaire entre l'infrarouge et les ondes de radiodiffusion. Le terme de
micro-onde provient du fait que ces ondes ont une longueur d'onde plus courte que celles de la bande VHF,
utilisée par les radars pendant la seconde guerre mondiale. On peut citer dans cette catégorie la
spectroscopie de rotation en micro-onde qui est concernée par les mouvements de rotation des molécules.
- Les ondes radio
Elles sont produites par des courants électriques de haute fréquence. Une spectroscopie se rattachant à cette
région est la résonance magnétique nucléaire (RMN). La technique consiste à induire des transitions entre
les niveaux énergétiques que peuvent occuper les spins de certains noyaux sous l’action d’un champ
magnétique intense.
L’existence des interférences lumineuses (fente de YOUNG) prouve le caractère ondulatoire de la lumière.
On peut donc considérer l’onde lumineuse comme formée d'un champ électrique et d'un champ magnétique
périodiques en phase, perpendiculaires entre eux et perpendiculaires à la direction de propagation de l'onde.
La propagation se fait de manière sinusoïdale en restant perpendiculaire. Le champ électrique est
responsable des phénomènes tels que la transmission, la réflexion, la réfraction alors que le champ
magnétique est responsable des phénomènes tels que la résonance magnétique (nucléaire ou électronique).
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La représentation dans un plan à deux dimensions de la propagation de l’onde électromagnétique se
présente sous la forme suivante :
longueur d'onde , distance qui sépare deux maxima successifs, est liée à la fréquence par la relation :
c/
Remarques :
- Une onde électromagnétique monochromatique, c’est-à-dire présentant une seule fréquence est aussi
appelée onde sinusoïdale. Elle se propage en créant une perturbation (ou déformation) dans l’espace. Le
passage de cette perturbation peut être entièrement décrit par une fonction appelée « fonction d’onde » qui
dépend de la position du point de l’espace considéré et du temps.
- Une onde électromagnétique permet le transport de l’énergie sans aucun support matériel (propagation
dans le vide).
- L’onde électromagnétique est une onde plane (c’est-à-dire que sa propagation dans le vide se fait
dans une direction perpendiculaire au plan définit par E et B).
- Dans le vide, la propagation de l’onde électromagnétique se fait à vitesse constante (vitesse de la
lumière) : c = 3 · 108 m/s
La théorie corpusculaire du rayonnement électromagnétique
La propagation de l’onde est bien décrite par la théorie ondulatoire. Cependant, l’interaction du
rayonnement avec la matière a conduit à attribuer également une nature corpusculaire à l’onde
électromagnétique.
Le rayonnement électromagnétique se comporte comme un flux de particules, les photons ou quanta, se
déplaçant à la vitesse de la lumière. La notion de « photon » permet d’interpréter cette caractéristique de la
lumière et en particulier les échanges d’énergie qu’elle peut opérer avec la matière.
L’énergie d’un photon est donnée par l’équation de Bohr : E = hν.
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où h = 6,624.10-34 J.s est la constante de Planck et ν est la fréquence classique de l’onde.
D’après la relation d’équivalence masse-énergie, l’énergie transportée par un photon est égale à :
E = mc2 , avec m : la masse fictive du photon (dont la masse au repos est nulle). Nous venons aussi
𝒉𝒄
de voir que : E = h =
𝒉
On déduit que : =
𝒎𝒄
Cette expression traduit le double aspect ondulatoire (λ) et corpusculaire (m) de la lumière.
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2. La matière
On désigne par le terme de matière tout ce qui compose les corps qui nous entourent, tout ce qui a une
masse et un volume. Il existe différentes familles de matière, comme :
- la matière organique qui constitue les êtres vivants (animaux ou végétaux) ou morts ;
- matière inorganique qui intègre généralement un ou plusieurs atomes métalliques dans leur structure ;
- la matière azotée, qui est le résultat de transformations de l'azote, etc
2.1. Les états de la matière
La matière possède de nombreux niveaux d’organisation et existe selon trois états principaux :
- Solide : C’est un état de la matière qui possède une forme propre. Il possède une masse et une forme qui
ne changent pas. Les particules sont très proches les unes des autres. Il y a une grande force d’attraction
entre les particules.
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2.2.2. Changement chimique
Un changement chimique est une transformation qui change la nature d’une substance au moyen d’une
réaction chimique.
Exemple : Corrosion du fer donne la rouille.
Le bois brule (combustion) pour donner de la cendre et des gaz.
On peut reconnaitre un changement chimique à certains indices :
Formation d’un gaz,
Formation d’un précipité,
Changement de couleur,
Production de l’énergie sous forme de lumière et de chaleur.
2.3. Classification de la matière
Un corps pur est un corps constitué d’une seule sorte d’entité chimique ou d’un seul type de constituant
(atome, ion ou molécule). Un corps pur est soit un élément (corps pur simple), soit un composé (corps pur
composé).
Un Corps pur simple est un corps constitué d’un seul type d’atomes, associés ou non en molécules (par
exemple, Cu, Fe, H2, O2).
Un Corps pur composé est un corps formé à partir d’atomes de nature différente (par exemple, H2O,
NaCl).
Un mélange est un corps constitué de plusieurs sortes d’entités chimiques. Les mélanges sont soit
homogènes, soit hétérogènes.
Un Mélange est dit hétérogène s’il est constitué de différentes parties que l’on peut facilement distinguer
(deux ou plusieurs phases distinctes).
Exemple : mélange d’eau et d’huile, simplement séparé par différence de densités.
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Un Mélange est dit homogène lorsque les propriétés physicochimiques sont les mêmes en tout point de
l’espace.
Exemple : l’eau et le sel…; on peut séparer par distillation pour obtenir sel et l’eau.
On appelle phase une forme de la matière qui est uniforme en tout point par sa composition chimique et
par son état physique.
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Figure : la structure de l'atome
Par convention, on a adopté l’écriture suivante : ZAX
Exemple: La représentation 168O est celle du noyau d'un atome d'oxygène comportant 8 protons et 16 - 8
= 8 neutrons.
2.6. Les unités de la physique atomique
2.6.1. Nombre d’Avogadro
C’est le nombre d’atomes contenus dans 12g de l’isotope de carbone (12C). NA = 6,02252.1023
Par ailleurs, on définit une mole comme étant la quantité de matière contenue dans 12g de l’isotope 12C.
1 mole d’atomes = NA atomes
2.6.2. Masse molaire atomique
C’est la masse d’une mole d’atomes (NA atomes).
La masse molaire atomique de 12C = 12g/mol
La masse d’un atome de 12C = 12/NA g = 1,99.10-23 g
2.6.3. Unité de masse atomique (uma)
C’est 1/12 de la masse d’un atome de carbone 12C : La masse d’un atome de carbone 12C est égale à 12
uma
1 12 1 1
1 uma = 12 x 𝑁 = 𝑁 = 6,02252.1023
𝐴 𝐴
-24
1 uma = 1,66.10 g = 1,66.10-27 g
2.6.4. Propriétés physiques des constituants de l’atome
– la masse de l’électron me = 9,101.10-31 kg
– La charge de l’électron est négative. qe = -e = -1,6.10-19 C
– La charge du proton est positive, elle est égale en valeur absolue à la charge de l’électron
qp = +e = +1,6.10-19 C.
– La masse du proton vaut 1836 fois la masse de l’électron mp = 1,67252.10-27 kg.
– La charge du neutron est nulle qn = 0.
– La masse du neutron est légèrement supérieure à celle du proton, elle vaut 1839 fois la masse de
l’électron mn = 1,67482.10-27 kg.
Remarque :
- La densité d’un noyau ne dépend pas de A.
- La distribution des protons et des neutrons est uniforme.
- Si A est sans unité ; A = nombre de nucléons du noyau
- Si A est en g ; A = masse d’une mole d’atomes
- Si A est en u.m.a ; A = masse d’un atome.
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Connaissant A pour un atome quelconque, on peut donc en déduire le nombre de nucléons, la masse d’une
mole et la masse d’un atome.
6.8. Le défaut de masse
La formation d’un noyau Z
AX à partir de ses nucléons séparés s’accompagne d’une perte de masse ∆m
encore appelée défaut de masse. Le défaut de masse est toujours positif. Son expression est :
Δm = (Zmp + (A-Z)mn) – mnoyau
7. Stabilité des noyaux
7.1. Energie de liaison
L’énergie de liaison est l’énergie nécessaire à la formation d’un noyau quelconque à partir de particules
avec El = ∆m.C2
El: énergie de liaison du noyau (en J, eV ou MeV) ; ∆m: défaut de masse du noyau (en kg) ; C: célérité de
la lumière dans le vide (en m /s)
C’est l’énergie que doit fournir le milieu extérieur pour séparer ce noyau au repos en ses constituants
libres au repos : El = ∆m.C2 > 0
Cette énergie est positive puisqu’elle est reçue par le système considéré (noyau).
7.2. Equivalent énergétique de l’uma en Joule et MeV
Rappelons que 1 eV = 1,6. 10-19 J et 1 MeV = 106 Ev
∆E (J) = ∆m(kg) x C2(m2/s2)
∆E (J) = ∆m(uma) x 1,66. 10-27 x (3.108)2
∆E (J) = ∆m(uma) x 1,492. 10-10 x (3.108)2
∆E (MeV) = ∆m(uma) x 1,66. 10-27 x 934
7.3. Energie de cohésion
L’énergie de cohésion est l’énergie nécessaire à la destruction d’un noyau en neutrons et en protons. Cette
énergie est négative et on peut écrire : Ec = - El
C’est l’énergie de formation d’un noyau à partir de ses constituants. Elle est fournie par ces derniers
sous forme d’une faible fraction de leur masse.
7.4. Energie d’ionisation
C’est l’énergie qu’il faut fournir à l’atome pour l’ioniser à partir du niveau fondamental n = 1
Ei =0 - (- 13,6)
Ei = E0 = 13,6 Ev
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Chapitre 2
Interaction rayonnement-matière
1. Généralités
Tout phénomène se produisant lorsqu’un rayonnement traverse un milieu quel qu’il soit se manifeste par
des échanges d’énergies.
La présence d’un tel ou tel phénomène est fonction de la nature du rayonnement (rem ou particule) des
propriétés du rayonnement (chargé ou non) et des caractéristiques de la matière traversée.
Dans notre vie quotidienne, nous sommes régulièrement confrontés à des interactions entre la matière (en
fait des atomes) et la lumière (un rayonnement électromagnétique). Par exemple, un morceau de fer chauffé
va changer de couleur, donc va émettre un rayonnement électromagnétique différent en fonction de la
température à laquelle il est porté. On parlera de fer « chauffé au rouge » ou « chauffé à blanc ». Il s’agit
d’une émission de rayonnement. On peut aussi voir le contraire, c'est-à-dire non pas l’émission mais
l’absorption de rayonnement. Lors d’une radiographie au rayons X, certaines parties de notre corps
absorbent les rayons X et apparaissent alors en blanc sur une plaque photographique (les os bien), alors que
les tissus mous (peau, graisse, muscles) sont quasiment transparents aux rayons X.
L’analyse des émissions ou absorptions du rayonnement par les atomes a permis de déterminer leur
structure, ou du moins d’en donner une représentation qui jusqu’à nos jours n’a pas été démentie. La
spectroscopie est un outil qui permet de mesurer l’absorption ou l’émission d’un rayonnement de longueur
d’onde fixée par un corps. Réaliser un spectre consiste à étudier les propriétés d’absorption ou d’émission
d’un corps sur une gamme étendue de longueur d’onde. Il en existe deux grands types : les spectres continus
et les spectres discontinus. Sur un spectre continu en émission, le corps émet un rayonnement continu dans
la zone de longueur d’onde considérée (exemple de la lumière naturelle). Au contraire, sur un spectre
discontinu, on observera des raies indiquant que seules certaines longueurs d’onde sont émises par le corps
étudié (exemple de la lampe à vapeur de sodium qui émet un rayonnement jaune quasi monochromatique).
C’est précisément ce type de spectre que l’on obtient en faisant le spectre d’un composé constitué d’un seul
type d’atome.
2. Propagation d’une onde électromagnétique dans la matière
Les ondes électromagnétiques peuvent se propager dans certains milieux matériels et pas dans d’autres.
Suivant leurs fréquences une matière peut se montrer:
- transparente (propagation possible) ;
- opaque (pas de propagation, les ondes sont totalement absorbées, diffusées ou réfléchies).
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Dans un milieu transparent la célérité est variable, elle dépend de la nature chimique du milieu mais aussi
de paramètre physiques tels que la température, la pression, la densité….
Chaque milieu transparent est caractérisé par son indice de réfraction « n » qui dépend parfois de la
fréquence, et qui permet d’exprimer la célérité dans le milieu: cmilieu = cvide/n.
3. Principes généraux
Lorsqu’un rayonnement pénètre dans la matière, il se produit des interactions caractérisées par des échanges
d’énergies entre le rayonnement et les atomes du milieu.
Le rayonnement dépose de l’énergie dans les matières irradiées ce qui contribue à changer les propriétés
de la matière (chaleur, ionisation). Cette énergie est prélevée de l’énergie du rayonnement. L’interaction
rem-mat se fait soit directement ou indirectement. Les particules α, ß+, ß- (ions lourds chargés) seront
électrostatiquement attirées ou repoussés par le milieu (e-, proton), donc l’interaction est obligatoire et on
dit que la particule est « directement ionisante ».
Pour les particules non chargées comme les neutrons et les photons (rem), elles sont dites « indirectement
ionisantes », l’interaction n’est plus obligatoire, elle est déterminée par le hasard de rencontre entre les
particules et la matière. L’effet se fera par l’intermédiaire d’autres molécules.
L’interaction d’un rem avec la matière engendre de multiples phénomènes physiques pouvant être observés,
à l’instar de la réflexion, la diffraction, la réfraction et l’absorption. La figure ci-dessous, illustre les
différents modes d’interaction :
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Un spectre d’émission ou d’absorption représente l’intensité de lumière (émise ou absorbée) en fonction de
la longueur d’onde de cette lumière. Un électron ne peut absorber ou libérer de l’énergie, c'est-à-dire,
rayonné qu’en passant d’un niveau énergétique (orbite) à un autre.
Exemple : Diagramme d’énergie de l’atome d’hydrogène
Un atome est dit dans un état excité quand il reçoit de l’énergie qui le fait passer de l’état fondamental à
l’état excité. L’excitation d’un atome résulte d’un gain d’énergie. Les états excités sont au-dessus du niveau
fondamental. La durée de l’état excité est très courte et l’atome reprend son état fondamental qui est un état
stable. Le passage d’un électron d’un niveau p à un niveau supérieur n est provoqué par l’absorption
d’énergie En - Ep = h
Quand l’atome revient vers un état stable il libère l’énergie emmagasinée en émettant de la lumière.
Le passage de l’électron d’un niveau supérieur n a un niveau inférieur p est accompagnée par l’émission
d’énergie En - Ep = h.
Dans l’état fondamental l’électron est, en moyenne plus proche du noyau que dans les états excités.
Le spectre de l'hydrogène est l'ensemble des longueurs d'onde présentes dans la lumière que l'atome
d'hydrogène est capable d'émettre.
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Figure V-3: Spectre de l’atome d’hydrogène.
Remarques:
- L’énergie de l’électron de l’atome d’hydrogène est quantifiée : elle ne peut prendre que certaines
valeurs bien définies,
- L’énergie d’un niveau est donnée par la formule :
𝑬𝟎
En = -
𝒏𝟐
n : nombre quantique principal ou numéro de la couche occupée par l'électron.
- L'énergie de l'atome de l'hydrogène est donnée par la relation:
− 𝟏𝟑,𝟔
E= (eV)
𝒏𝟐
- Le passage de l'atome de l'hydrogène d'un niveau supérieur n à un niveau inférieur p
s'accompagne d'une émission de photon d'énergie:
𝟏 𝟏
𝑬𝒏 − 𝑬𝒑 = −𝟏𝟑, 𝟔( − )
𝒏𝟐 𝒑𝟐
Cette valeur représente aussi l'énergie qu'il faut fournir à l'atome pour l'exciter du niveau Ep au
niveau supérieur En .
- L'énergie d'ionisation Ei est l'énergie qu'il faut fournir à l'atome pour l'ioniser à partir
du niveau fondamental n =1: Ei = 13,6 eV
- La longueur d'onde de la radiation émise au cours d'une émission d'un photon obéit à
la relation empirique :
𝟏 𝟏 𝟏
= 𝑹𝑯 (𝒑𝟐 − 𝒏𝟐 )
𝒏,𝒑
Plus cette énergie cinétique sera importante, plus l’électron sera éjecté de l’atome avec une vitesse
importante (on se rappelle que EC = ½ mv²).
20
5.2. Émission
Nous avons vu précédemment que la nature à tendance à minimiser l’énergie des systèmes qui la
composent. C’est exactement ce qui se passe pour un électron qui vient d’être envoyé dans un état d’énergie
supérieure à celle de l’état fondamental. L’électron va avoir naturellement tendance à évoluer vers son état
d’énergie la plus faible, à savoir E1. Pour cela, l’électron doit perdre de l’énergie. On parlera de
désexcitation électronique. Là encore la monnaie d’échange est le photon. Lors du passage d’un niveau
supérieur n’ vers un état n de plus basse énergie, l’électron va donc perdre de l’énergie en éjectant un
photon qui possède exactement la différence d’énergie entre les deux états. On parlera d’émission
lumineuse.
𝟏 𝟏
𝑬𝒉 = |𝜟𝑬𝒏′𝒏 | = |𝑬𝒏 − 𝑬𝒏′ | = 𝟏𝟑, 𝟔𝒁𝟐 (𝒏𝟐 − 𝒏′𝟐 )
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L'énergie du photon incident est insuffisante pour extraire un électron du métal : l'effet photoélectrique ne
se produit pas.
(3) L'énergie du photon est supérieure au travail de sortie h > Ws > s
L'électron capte l'énergie h. Une partie, Ws de cette énergie sert à libérer l'électron du réseau métallique;
l'électron conserve l'excédent sous forme d'énergie cinétique Ec correspondant à la différence entre
l’énergie hν apportée par le photon et le travail d’extraction cédé pour arracher l’électron:
𝟏
E = h- Ws = h - hs = h(-s) = 𝟐mv2
On appelle effet photoélectrique, l'extraction d'électrons de la matière sous l'action d'un rayonnement
électromagnétique.
La longueur d'onde maximale λ0 produisant l'effet photoélectrique est appelée seuil de longueur d'onde de
l’atome. La fréquence 0 = C/0 est la fréquence seuil.
L'effet photoélectrique se produit si: 0 ou 0.
Applications
Une cellule photoélectrique permet de convertir l’énergie d’un rayonnement lumineux en énergie
électrique. Elle est composée d’un circuit comprenant un générateur qui applique une certaine tension entre
la cathode et l’anode d’une ampoule à vide.
L’effet photovoltaïque, semblable à l’effet photoélectrique, repose sur l’utilisation de matériaux appelés
semi-conducteurs. Lorsqu’on éclaire un semi-conducteur avec un rayonnement électromagnétique
d’énergie suffisante, un courant électrique s’installe dans le matériau : c’est l’effet photovoltaïque.
Une diode électroluminescente (DEL) fonctionne à l’inverse de la cellule photovoltaïque : les électrons,
qui se désexcitent pour revenir à leur état fondamental dans la bande de valence, émettent un photon
lumineux. Il y a conversion d’énergie électrique en énergie lumineuse.
Les techniques de spectroscopie UV-visible et infrarouge (IR) reposent sur l’interaction lumière matière.
La spectroscopie UV-visible permet d’identifier les transitions électroniques en jeu dans l’échantillon
analysé (donc sa couleur). La spectroscopie IR met en jeu des énergies de vibration et rotation des liaisons
chimiques, offrant une information quant à la nature des liaisons chimiques présentes dans l’échantillon
analysé.
Effet Auger
Tous les phénomènes extrayant un électron d’une couche atomique sont suivis du réarrangement
électronique de l’atome, comblant la lacune. Il y aura alors l’émission des photons de fluorescence ou
d’électrons Auger dont l’énergie est caractéristique de l’élément :
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L’effet Auger, c’est l’interaction d’un photon de fluorescence issu d’un réarrangement électronique avec
un électron du même atome, lorsque ce photon à une énergie supérieure à EL. Il s’en suit l’éjection d’un
électron Auger.
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Ce mécanisme est prépondérant pour des photons de grandes énergies interagissant avec les électrons
périphériques.
6.3. La création de paire
Ce processus consiste en la conversion de l’énergie d’un photon en une paire photon-électron sous l’action
de l’intense champ coulombien qui entoure le noyau de l’atome. Ce processus n’est énergiquement
possible que si l’énergie incidente est supérieure à la somme des masses de l’électron et du positon, soit
Eseuil = 2mec2 = 1,022 MeV.
Donc, lorsque le photon incident d’énergie supérieure à 1,022 MeV passe au voisinage du noyau d’un
atome, il peut se créer une paire d’ions : un positon et un négaton.
6.4. La diffusion
La diffusion est le phénomène par lequel un rayonnement, comme la lumière, le son ou une particule en
mouvement, est dévié dans de multiples directions par une interaction avec d'autres objets.
25
La diffusion élastique transfère une énergie négligeable à l’atome, le photon est dévié de sa trajectoire
initiale sans perdre d’énergie. Ce type d’interaction n’a pas de répercussion sur les spectres.
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Chapitre 3
Applications en spectroscopie moléculaire
Absorption Diffusion
On définit la spectroscopie comme l’étude des interactions entre les ondes électromagnétiques et la matière.
Les interactions impliquent que la matière effectue une transition d’un état quantique à un autre état
quantique.
2. Niveaux d’énergie des molécules
Il existe plusieurs types de niveaux énergétiques au niveau microscopique :
L’interactivité lumière – matière se produit donc dans des domaines énergétiques variés, et donc à des
fréquences et énergies variées.
La notion de niveaux d’énergie s’applique à tout système microscopique : noyau, atomes, molécules.
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Pour un atome, l’énergie provient de l’interaction des électrons entre eux et avec le noyau. Cette énergie
d’interaction et l’énergie cinétique des électrons constituent l’énergie électronique de l’atome.
Pour une molécule :
E = énergie électronique + énergie des noyaux
Eélectronique > Enoyau
Enoyau = Evib + Erot avec Evib > Erot
Les niveaux d’énergie sont quantifiés :
Situation stable : molécules à l’état fondamental
Excitation par une onde : absorption possible
ΔEabs = habs = hc/abs
Retour vers l’équilibre :
Perte d’énergie par collision de molécules
Emission de fluorescence
ΔEfluo = hfluo = hc/fluo
ΔEabs > ΔEfluo, donc abs < fluo
Le passage vers un niveau d’énergie plus élevée nécessite un gain d’énergie et donc l’absorption d’une
onde électromagnétique.
Le passage vers un niveau d’énergie plus bas permet de libérer de l’énergie et donc d’émettre une onde
électromagnétique.
Il existe différentes transitions entre niveau d’énergie :
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Transitions radiatives
Absorption : apport d’énergie par une onde em ;
Un atome peut absorber un photon, si celui-ci fait passer un de ses électrons sur un niveau d’énergie
existant, en lui apportant exactement le quantum d’énergie requis pour effectuer la transition.
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Cas de la Spectroscopie de fluorescence
L’expression qui relie l’intensité de fluorescence If(t) et le temps écoulé t après l’excitation :
If(t) = If(0)·exp [-kt]
Emission stimulée
Il existe une troisième possibilité de transition, prédite en 1917 par Albert Einstein (1879-1955). Quand
un photon ayant exactement la différence d’énergie entre deux états E1 et E2 passe à proximité d’un électron
dans l’état E2, il peut faciliter la transition de l’électron vers l’état E1. Il y a alors émission
d’un nouveau photon d’énergie. Ce photon est en tout point identique au photon incident. Ils
ont même énergie, ils ont même fréquence et même longueur d’onde. De plus, ils ont aussi même phase
(pas de décalage temporel). Ce phénomène porte le nom d’émission stimulée. Le terme stimulé souligne
le fait que ce type de rayonnement n'existe que si un photon incident est présent pour "stimuler l'émission".
L'amplification vient des similitudes entre le photon incident et le photon émis.
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4. Couleur des espèces chimiques
4.1. Décomposer la lumière blanche :
Expérience : on éclaire une fente avec une lumière blanche et on envoie le faisceau obtenu sur la face
d’un prisme.
Observations :
- La lumière est déviée par le prisme. De plus le faisceau qui émerge du prisme est étalé et présente
les différentes couleurs de l’arc-en-ciel (rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet).
Conclusion :
- Le prisme dévie et décompose la lumière blanche en lumières colorées du rouge au violet. C'est un
phénomène de dispersion. L'ensemble des couleurs obtenues constitue le spectre de la lumière blanche. Le
spectre est continu du rouge au violet.
- La lumière blanche est une superposition de plusieurs lumières colorées appelées aussi « radiations
lumineuses ».
- Une lumière monochromatique formée d’une seule radiation ne subit pas de décomposition et la tache
obtenue sur l’écran a la même couleur que la lumière émise.
- L’œil humain n’est sensible qu’aux radiations dont les longueurs d’onde sont comprises entre 400 nm
et 800 nm.
Si le maximum d'absorbance correspond à une longueur d'onde appartenant au domaine des ultraviolets
(200 - 400 nm), alors l'espèce chimique est incolore.
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Si λmax appartient au domaine du visible (400 - 800 nm) alors l'espèce chimique possède la couleur
complémentaire de celle correspondant à λmax.
Couleur
Longueur d'onde
(1 nm = 10-9 m)
ultra-violet <400 nm
infra-rouge 670 nm
Il absorbe les radiations bleues-violettes. Sa couleur se lit donc « en face » : c’est le jaune-orangé.
C’est bien la teinte de ce pigment.
Remarque : certaines molécules organiques possédant 1 à 6 doubles liaisons conjuguées (molécules
incolores) absorbent des radiations dans l’UV proche (les courts alcènes et les courtes cétones par
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exemple), mais c’est aussi le cas de certaines molécules colorées inorganiques telles que les ions
Cuivre II (Cu2+) ou ions permanganate (MnO4-).
5. Spectre
5.1. Définition
C'est un diagramme à deux dimensions :
Les abscisses :
On porte
- soit la longueur d'onde en cm pour le domaine micro-onde, en m pour l'IR et en nm pour
l'UV-visible ;
- soit le nombre d'onde en cm-1 quel que soit le domaine concerné.
Les ordonnées :
En absorption : deux grandeurs peuvent être utilisées : la transmission et l'absorbance.
Spectres de bandes
Théoriquement, le spectre d’une molécule est un spectre de raies (quantification, valeurs discrètes
d’énergie). Cependant expérimentalement une transition entre deux niveaux électroniques peut conduire à
une modification des énergies à la fois de vibration et de rotation, donc à un ensemble de transitions
d’énergies très voisines ce qui conduit à un spectre de bandes.
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6. Dosage indirect
Fluorescence
La fluorimétrie étudie l’émission de lumière par des molécules, en solution ou à l’état solide, après
excitation par des photons appartenant au domaine du visible ou du proche ultraviolet.
Le spectre de fluorescence est caractéristique de l’élément qui fluoresce et dépend beaucoup de son
environnement. Les informations sont recueillies à partir de la forme du spectre, de l’intensité de chaque
raie et de l’intensité globale en fonction du temps.
Le spectre d’excitation d’une substance est obtenu en mesurant la fluorescence émise à une longueur
d’onde fixe et en laissant varier la longueur d’onde d’excitation.
Le spectre d’émission d’une substance est obtenu en mesurant la fluorescence émise aux différentes
longueurs d’onde d’émission, en excitant avec une longueur d’onde fixe.
Il y a une possibilité de marquer des protéines, des lipides l’ADN,… par des petites molécules fluorescentes
qui se lient aux molécules d’intérêt.
Chimiluminescence
Les molécules excitées sont directement produites au cours d’une réaction chimique.
Le fluor, dans l’exemple ci-dessus, agit comme un oxydant puissant pour transformer le diméthylsulfure.
Une partie de l’énergie libérée par cette réaction est émise sous forme de lumière.
Certains réactifs spécialement préparés libèrent sous l’action d’un enzyme spécifique des intermédiaires
instables dont la décomposition est accompagnée d’une émission de lumière. On peut ainsi quantifier avec
précision les phosphatases alcalines ou la beta-galactosidase.
La chimiluminescence est utilisée pour l’étude des atmosphères polluées, le dosage de la quantité d’azote
totale dans un échantillon organique.
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