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Fiche Argumentation

Fiche argumentation

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Thèmes abordés

  • argumentation directe,
  • justice sociale,
  • engagement,
  • dithyrambe,
  • évolution des genres,
  • argumentation,
  • Victor Hugo,
  • exemple,
  • genres de l'argumentation,
  • raisonnement inductif
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Thèmes abordés

  • argumentation directe,
  • justice sociale,
  • engagement,
  • dithyrambe,
  • évolution des genres,
  • argumentation,
  • Victor Hugo,
  • exemple,
  • genres de l'argumentation,
  • raisonnement inductif

Français - 2de et 1ère FICHE - L’ARGUMENTATION Synthèse établie par M.

Larousse

Argumentation : ensemble des actions et techniques mises en oeuvre pour Pour convaincre :
défendre, critiquer ou réfuter une thèse au moyen de raisonnements.
• raisonnement par l’absurde : montre que la thèse contradictoire à celle que
L’argumentation a une visée pragmatique : chercher, par le discours, à amener un l’on défend conduit à une contradiction, à un non-sens ou à une thèse
lecteur, un auditeur ou un auditoire donné à adhérer à une idée, une position ou à manifestement fausse.
une certaine action. • raisonnement par analogie : établit un lien entre une idée complexe et un
domaine plus familier, afin d’éclaircir la thèse. Il repose sur une association
I. Stratégies argumentatives d’idées entre deux situations.
• raisonnement par concession : admet ou feint d’admettre un argument
Démontrer : prouver. Produire un raisonnement fondé, qui vise l’objectivité et la adverse pour mieux réfuter la thèse ensuite.
certitude. Il s’agit d’établir quelque chose comme vrai et fondé de façon universelle
et nécessaire, à partir d’idées de départ ou de principes eux-mêmes reconnus ou Pour persuader (un raisonnement involontairement invalide est un paralogisme, un
tenus pour vrais. C’est une marche discursive qui produit des chaînes de raisons raisonnement volontairement abusif un sophisme) :
aboutissant à une conclusion valide et nécessaire.
• raisonnement fondé sur un argument d’autorité : fait appel à une référence
Convaincre : raisonner. Chercher à obtenir l’adhésion de son interlocuteur par la voie ou à l’avis d’une personnalité reconnue
de la raison et en s’adressant prioritairement à son intelligence. Il faut s’appuyer sur • raisonnement fondé sur un argument de valeur : se réfère à des normes ou
des arguments logiques présentés dans une argumentation rigoureuse. valeurs morales communément admises, qui donnent une légitimité à
l’argument.
Persuader : séduire. Chercher à obtenir l’adhésion de son interlocuteur par la voie de
• raisonnement fondé sur un argument ad hominem : s’attaque à un individu
l’émotion et des sentiments, en s’adressant à sa sensibilité (plaire, choquer, faire peur,
particulier plutôt qu’à ses idées, en usant souvent de la mauvaise foi, pour le
etc.).
discréditer.
II. Principaux modes de raisonnement • raisonnement fondé sur une fausse alternative : limite le choix à deux
positions extrêmes, sans permettre d’adopter un parti pris nuancé.
Pour démontrer : • raisonnement fondé sur un appel à la pitié : plaider des circonstances
atténuantes ou particulières qui suscitent de la sympathie et donc cherchent à
• raisonnement déductif : part d’une idée ou proposition générale pour en endormir les critères d’évaluation de l’interlocuteur.
déduire une vérité particulière. • raisonnement fondé sur un appel à la popularité : invoquer le grand
• raisonnement inductif : part d’observations particulières, de faits particuliers, nombre de personnes qui adhèrent à une idée.
pour aboutir à une conclusion/loi générale.
• raisonnement fondé sur un appel à l’ignorance : prétendre que quelque
• syllogisme : forme valide de raisonnement permettant, à partir de deux
chose est vrai seulement parce qu’il n’a pas été démontré que c’était faux, ou
prémisses, de déduire nécessairement une conclusion : « Tous les hommes
que c’est faux parce qu’il n’a pas été démontré que c’était vrai.
sont mortels, or tous les Grecs sont des hommes, donc tous les Grecs sont
mortels ». • raisonnement fondé sur un déshonneur par association : disqualifier un
adversaire en le comparant à un personnage unanimement détesté.
Français - 2de et 1ère FICHE - L’ARGUMENTATION Synthèse établie par M. Larousse

III. Circuit argumentatif • Essai : Texte de réflexion en prose sur un sujet précis qui se caractérise par sa forme
libre, développée et son refus de l’exhaustivité.
• Thème : ce sur quoi porte la discussion, son objet, envisagé de manière générale. • Lettre ouverte : Lettre destinée à être publiée dans la presse et adressée aux
• Problème : difficulté, contradiction ou paradoxe qui rend nécessaire la réflexion, lecteurs du journal
ainsi qu’une prise de position argumentée. • Manifeste : Déclaration solennelle par laquelle une personnalité ou un groupe
• Thèse : idée principale, et prise de position, explicite ou implicite, que le expose et défend de façon souvent polémique son programme dans les domaines
raisonnement a pour but de défendre, critiquer ou réfuter. politique, social ou artistique
• Argument : élément de raisonnement utilisé comme preuve pour soutenir une • Maxime : Formule brève au présent de vérité générale qui énonce une réflexion
thèse. morale ou philosophique et dont le message court et vif doit frapper
immédiatement le lecteur.
• Exemple : donnée concrète (expérience personnelle, statistiques, références
• Oraison funèbre : Discours d’hommage prononcé au moment des funérailles d’une
culturelles...) utilisée pour illustrer un argument.
personne reconnue.
• Connecteur logique : mot ou groupe de mots qui établit la liaison entre des
• Pamphlet : Forme violente de la satire. Défense énergique d’idées de manière
phrases, qui assure l'organisation générale d'un texte en marquant son articulation
polémique et ironique, voire violente.
logique (cause, conséquence, but, opposition, hypothèse, addition, etc.). • Panégyrique : Discours à la louange d’une personne illustre, d’une nation, d’une
• Modalisateurs : expressions qui révèlent la subjectivité du locuteur par rapport à cité, d’un saint.
son énoncé. Elles peuvent exprimer différentes modalisations : affective (émotions, • Philippique : Discours violent et accusateur contre une personne
sentiments) et évaluative (jugement - bien-mal/beau-laid/vrai-faux/certain-incertain). • Plaidoyer : Discours qui défend de façon souvent passionnée une personne, une
idée, une institution
IV. Genres de l’argumentation directe • Préface : texte présent au début d’un ouvrage qui permet à un auteur d’exprimer
ses intentions concernant l’œuvre en particulier ou de préciser ses partis pris
• Argumentation directe : enchaînement explicite d’arguments ou de raisons à esthétiques, politiques.
l’appui d’une affirmation ou d’une thèse en vue d’emporter l’adhésion d’une • Réquisitoire : Discours ou texte qui accuse une personne, une institution en
personne ou d’un auditoire. Elle relève exclusivement du discours argumentatif. énumérant ses torts, ses imperfections.
• Apologie : Discours qui vise à défendre une personne en en faisant l’éloge • Satire : Texte qui attaque les vices, les ridicules des contemporains de l’auteur
• Article : Texte court qui définit une notion tout en exprimant le point de vue de (individus, classes sociales, comportements sociaux) ou qui contient une critique
l’auteur. politique sociale, religieuse, idéologique.
• Diatribe : Critique amère, souvent violente et injurieuse • Sermon : Écrit par des hommes d’Église, c’est un exposé qui développe une
• Discours : Présentation orale où l’orateur déploie des techniques destinées à argumentation morale, religieuse ou sociale, à l’occasion d’un événement (fête
communiquer le plus énergiquement et efficacement possible la thèse défendue religieuse, commémoration, etc.)
• Dithyrambe : Louange enthousiaste et excessive • Traité : Ouvrage didactique qui aborde de façon systématique et exhaustive tous
• Éditorial : Article qui exprime le point de vue de la direction d’un journal. les aspects d’un sujet.
Français - 2de et 1ère FICHE - L’ARGUMENTATION Synthèse établie par M. Larousse

V. Principaux genres de l’argumentation indirecte

• Roman à thèse : roman dont l’intrigue sert avant tout à illustrer une thèse
• Argumentation indirecte : défense, critique ou réfutation d’une thèse au moyen
philosophique ou politique. L’argumentation peut être présente dans tout roman de
d’une fiction et non d’un enchaînement explicite d’arguments ou de raisons. Elle ne
façon intermittente, notamment à travers les interventions du narrateur. Celles-ci
relève donc pas exclusivement du discours argumentatif. Elle y est tout de même
peuvent indiquer au lecteur quel enseignement il est censé tirer de l’histoire
associé en ce que la fiction y est avant tout un masque, un voile que le lecteur est
racontée.
invité à lever pour découvrir la leçon que l’on cherche à lui inculquer.
• Utopie : récit dont le propos est de présenter un pays imaginaire remarquable par
• Anecdote : récit court d’un fait particulier intégré dans une démonstration.
son organisation politique et sociale. Elle permet de mesurer par contraste tous les
• Apologue : court récit en vers ou en prose à visée didactique ou morale explicite
défauts et les dysfonctionnements du monde réel dans lequel vit le lecteur.
qui met en scène des animaux, voire des végétaux ou des objets, éventuellement à
côté de personnages humains. Le terme est préféré à celui de fable quand on
souhaite insister sur l’aspect argumentatif du texte.
• Conte philosophique : Récit fictif, court et plaisant mis au service de
problématiques philosophiques. Il fait appel à la fois à l’imagination et à la raison et
utilise tous les ressorts du conte pour incarner une doctrine et la vulgariser.
• Dystopie (contre-utopie) : récit dont le propos est de présenter un pays imaginaire
effrayant, totalitaire, où l’individu est nié, conditionné ; elle vise le plus souvent à
mettre en garde contre les conséquences d’une idéologie.
• Fable : court récit en vers ou en prose à visée didactique ou morale qui met en
scène des animaux, voire des végétaux ou des objets, éventuellement à côté de
personnages humains. Le terme est préféré à celui d’apologue quand on souhaite
insister sur l’aspect narratif, poétique et fictif du texte.
• Fabliaux : pratiqué entre le début du XIIe siècle et le milieu du XIIIe siècle, il s’agit
d’un court récit de deux cents à cinq cents vers octosyllabiques à rime plate, de ton
comique voire satirique.
• Mythe : récit sacré prétendant révéler une vérité et expliquer à l’homme son
origine et sa place dans l’univers.
• Parabole : récit allégorique et symbolique des livres saints (Ancien et Nouveau
Testament…)
• Poésie engagée : prise de position dans un texte ciselé (rimes, jeux de mots…)
pour une transmission subtile ou particulièrement frappante.
Français - 2de et 1ère FICHE - L’ARGUMENTATION Synthèse établie par M. Larousse

VI. L’évolution des genres argumentatifs


et de la question de l’homme Le XVIIe
La question de la morale
« Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés » La Rochefoucauld
Le XVIe
La question de la perfectibilité de l’homme Dans le Discours de la méthode (1637), le philosophe René Descartes définit la raison
« Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition » Montaigne comme une spécificité humaine. L’exercice de la pensée suppose une méthode fondée sur la
remise en question des vérités admises. Le libertinage, plus radical, du philosophe Gassendi,
remet en question les conventions sociales, mais aussi les règles de la vie chrétiennes, voire
Au XVIe, la question de la perfectibilité de l’homme est au centre des l’existence de Dieu. La contestation sociale ou politique demeure toutefois rare à cette époque
: elle se trouve du côté du conte utopiste et du roman didactique avec L'Histoire comique
préoccupations. Des penseurs optimistes disent leur foi en la nature de l’homme : Pic
des États et Empires de la Lune du libertin Cyrano de Bergerac et Les Aventures de
de la Mirandole dans son Discours de la dignité de l’homme affirme qu’« on ne peut
Télémaque de Fénelon.
rien voir de plus admirable que l’homme ». Pour les humanistes, l’homme doit faire
l’effort de déployer toutes les qualités propres à sa nature grâce à un effort constant ; Le XVIIe pose avant tout la question de la morale, sous un angle volontiers pessimiste.
c’est pourquoi le thème de l’éducation, mais plus largement les moyens dont La place que l’homme occupe est remise en question : il n’est plus le centre du monde, mais
l’homme dispose pour devenir meilleur sont très largement débattus. diminué et perdu dans un univers qui se révèle infini. Blaise Pascal définit ainsi dans ses
pensées la nature et la condition de l’homme : « un milieu entre rien et tout (…) également
incapable de voir le néant d’où il est tiré, et l’infini où il est englouti »
Le dialogue fictif, qui peut s’ouvrir à tous les sujets, connaît une vogue
Les auteurs évoquant la – faible – nature humaine mettent la forme au service de leurs
considérable : Des Périers évoque la religion, Henri Estienne le langage, Louise Labé idées. Afin de plaire et de frapper le lecteur, les auteurs privilégient les formes courtes de la
la société et l’amour. Les romans satiriques de Rabelais traitent de plusieurs thèmes maxime (La Rochefoucauld), de la pensée (Pascal), de la fable (La Fontaine) ou du portrait
chers aux humanistes : l’éducation, l’exercice du pouvoir et la guerre, dénoncée (Les Caractères de La Bruyère). En adoptant la forme de la lettre dans les Provinciales, Pascal
comme contraire à l’Évangile. L’essai fait son apparition sous la plume de Montaigne. rend plus accessibles les questions de théologie. La religion est d’ailleurs un sujet central au
Ce genre libre convient à cet auteur qui ne croit pas aux vérités établies et souhaite siècle des moralistes, et l’éloquence religieuse prend une importance considérable : les fidèles
se pressent aux sermons des prédicateurs Bourdaloue ou Bossuet. Le théâtre, genre majeur
suivre librement les vagabondages de sa pensée.
du Grand Siècle, permet aussi d’aborder des questions morales, développées dans les tirades
des tragédies mais aussi des grandes comédies.

Enfin les humanistes posent la question de l’exercice du pouvoir afin de Face aux faiblesses et aux vices de l’âme humaine se construit un nouvel idéal social,
fonder une société idéale. Le Prince de Machiavel et le Discours de la servitude celui de l’honnête homme, qui ne se laisse pas abuser par l’amour-propre : l’honnête homme
volontaire de La Boétie repensent l’exercice du pouvoir, L’Anglais Thomas More est un être tempéré qui fuit toute démesure, même dans le bien. La condamnation des excès
et le souci permanent de l’équilibre, dans le domaine moral comme ailleurs, est le fondement
invente le genre de l’utopie, description d’un monde parfait, et Rabelais, reprenant
de la pensée classique : on la retrouve chez la Bruyère, La Rochefoucauld mais aussi dans les
cette idée, imagine dans Gargantua l’abbaye de Thélème, dont la devise est Fais ce comédies de Molière, qui condamnent par exemple l’excès de misanthropie ou de religiosité...
que voudras. La découverte du Nouveau Monde conduit aussi les penseurs de ce Cet idéal de tempérance s’applique aussi à la réflexion politique mais sans jamais remettre en
siècle à s’interroger sur la diversité des sociétés humaines. Peu, hormis Montaigne, question les pouvoirs établis.
reconnaissent leurs semblables dans ces « sauvages ».
Français - 2de et 1ère FICHE - L’ARGUMENTATION Synthèse établie par M. Larousse
Le XVIIIe
La question de la liberté de l’homme mœurs en dénonçant la supposée supériorité des unes sur les autres. Cette littérature de
« La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en voyage permet aussi de repenser le rapport que l’homme entretient avec la nature : Rousseau
jouir aussitôt qu’il jouit de la raison » Diderot condamne la civilisation corruptrice et vante l’idéal perdu du « bon sauvage », Diderot se
prononce pour une meilleure harmonie avec la nature.
Au XVIIIe les écrivains mobilisent tous les genres afin de les mettre au service du
combat des Lumières. Il s’agit en effet pour les philosophes des Lumières de toucher tous les Enfin, la monarchie absolue, fondée sur une vision fondamentalement inégalitaire de
publics, depuis l’aristocratie jusqu’au peuple, afin de diffuser partout l’esprit d’une liberté la société, ne peut plus apparaître comme juste et légitime : Montesquieu et Rousseau,
nouvelle. notamment, proposent de nouveaux modèles politiques.

Les formes directes de l’essai, du traité et du discours servent bien sûr les thèses des Le XIXe
auteurs qui favorisent néanmoins les ouvrages à visée didactique ou informative dont La question du progrès et de la justice sociale
L’Encyclopédie, fruit de la collaboration de plus de 150 auteurs, est la plus belle illustration. « Je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à
Les dialogues d’idées (Le Neveu de Rameau de Diderot) participent de cette même volonté ce but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère ! » Victor Hugo.
de clarté pédagogique. La correspondance, privée ou non, joue également un rôle important
dans la diffusion des idées parmi les écrivains de l’époque. Mais c’est l’utilisation de la fiction Au XIXe la complexité croissante des savoirs conduit à une spécialisation des
et donc de l’argumentation indirecte comme arme au service des Lumières qui caractérise ce domaines de connaissance : la science et la philosophie sont maintenant distinctes de la
siècle : déjouant la censure, les romans épistolaires (Les Lettres persanes de Montesquieu), littérature. L’essai et le traité deviennent de plus en plus l’apanage de philosophes et de
les contes philosophiques (Candide, Zadig, Micromégas de Voltaire), amusent le lecteur et scientifiques comme Ernest Renan, Auguste Comte ou Claude Bernard. l’ensemble des
l’invitent à la réflexion en remettant en cause les préjugés. Cette variété des genres permet aux avancées dans tous les domaines de la connaissance font croire en un avenir meilleur, possible
auteurs de jouer sur tous les registres susceptibles de convaincre et de persuader : l’alternance grâce au pouvoir de la science, que l’on pense propre à tout résoudre. Le positivisme
de pathétique et d’ironie caractérise par exemple le style de l’homme du siècle, Voltaire. A la d’Auguste Comte s’attend, grâce au progrès de l’esprit humain, à voir disparaître les
fin du siècle, le théâtre de Beaumarchais se fait l’écho des revendications d’un Tiers-État prêt croyances théologiques et les explications métaphysiques ; le scientisme, idéologie également
à conduire la Révolution. nouvelle, conçoit la science comme supérieure à toute autre forme d’interprétation du monde.

Fondamentalement, le siècle des Lumières remet en cause un ordre ancien au profit Les progrès techniques font naître une nouvelle classe sociale, celle des ouvriers. La
de l’individu et son épanouissement : la notion de bonheur terrestre apparaît. Les écrivains des misère dans laquelle ils sont tenus, alors même qu’ils contribuent à la prospérité, scandalise :
Lumières se remettent à croire en la perfectibilité humaine, qui doit se conquérir au prix d’une pour y remédier, Fourier et Proudhon imaginent de nouvelles utopies sociales. De nombreux
lutte contre les préjugés et l’ignorance, grâce à l’exercice de la raison. écrivains s’engagent par ailleurs dans tous les débats de leur temps : Victor Hugo mène un
combat contre l’injustice qui se traduit dans ses poèmes et ses romans mais aussi dans ses
Une vision universaliste de la nature de l’homme apparaît ainsi : la liberté et la dignité discours à l’Assemblée, en tant que député. Zola choisit aussi, par le biais d’une lettre
humaine sont des biens irréductibles, par-delà les différences, et il est donc impératif ouverte, de faire appel à l’opinion publique lors de l’affaire Dreyfus. La force et la netteté de
d’interdire l’esclavage, l’arbitraire, la torture... Au nom de cette même égalité, certains tels engagements donnent naissance à la figure de l’intellectuel. Chateaubriand, Madame de
écrivains contestent l’idée de l’infériorité intellectuelle et morale de la femme et lui réclament Staël ou encore Benjamin Constant, prenant acte de la fin de la monarchie absolue de droit
des droits égaux à ceux des hommes. divin, cherchent à établir de nouveaux modes de pensée, dans le domaine social ou politique.
Les notions nouvelles de liberté d’opinion, d’auto-détermination des individus, de
Le pouvoir de l’Église et le poids de la religion sont critiqués car perçus comme des gouvernement des peuples sont accueillies avec enthousiasme ou scepticisme.
facteurs de division et d’intolérance entre les hommes : Voltaire ne cesse dans ses œuvres de
dénoncer les crimes et les injustices commis en leur nom, Diderot prône le respect de toute La critique littéraire devient un genre argumentatif à part entière : tous les journaux
croyance et religion. Cet universalisme se retrouve dans les œuvres nées de récits de s’attribuent les services d’un journaliste qui commente les romans, les recueils de poésie et les
voyages : des explorateurs comme Bougainville ou La Pérouse critiquent les valeurs premières théâtrales. La critique d’art, incarnée notamment par des auteurs comme
européennes, remettent en question la notion de propriété et relativisent ainsi la question des Baudelaire, Zola, Huysmans ou Mirbeau prend également de l’importance et participe à
l’avènement d’un renouveau pictural représenté par Manet, Monet, Degas ou Gauguin.
Français - 2de et 1ère FICHE - L’ARGUMENTATION Synthèse établie par M. Larousse

Le XXe Fondamentalement, le XXe voit un nouveau recul de la foi en l’être humain et la


La question de la crise de civilisation
remise en question de l’idée même de civilisation. Les progrès techniques et
« HAMM.- On n'est pas en train de... de... signifier quelque chose ?
scientifiques qui au XIXe siècle avaient suscité tant d’espoirs ont permis des
CLOV.- Signifier ? Nous, signifier ! (Rire bref) Ah elle est bonne ! » Samuel Beckett.
massacres jusqu’à alors inimaginables, jusqu’à l’invention de l’arme ultime : la bombe
atomique. Les 50 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, la longue prise
Au cours du XXe les soubresauts de l’histoire – la Révolution russe de 1917, de conscience de l’indicible horreur de la Shoah sont des traumatismes ultimes qui
les deux guerres mondiales, la violence des affrontements idéologiques – renforcent signent la chute de l’humanisme.
le rôle de l’écrivain engagé.
Les lendemains de la Seconde Guerre mondiale voient naître l’existentialisme
L’argumentation indirecte est largement utilisée, tant les œuvres littéraires (avec Sartre comme chef de file, en France), doctrine selon laquelle notre essence
sont perçues, dans des périodes agitées, difficiles, comme un moyen d’influencer les serait illusoire, alors que notre existence est à construire, à réaliser. On remet en
débats. Ainsi, dans les années 30, les romans de Malraux (Les Conquérants, La question Dieu, on considère que l’homme se construit uniquement par ses actes.
Condition humaine) disent la nécessité de s’engager dans l’histoire ; Giraudoux tente Pour Camus, il faut relever le défi de l’absurdité de l’existence et se révolter,
dans ses pièces de théâtre de mettre en garde ses contemporains contre la montée continuer à vivre (« Il faut imaginer Sisyphe heureux ») ; cette révolte seule donne de
des périls en Europe (La Guerre de Troie n’aura pas lieu, 1934). Pendant la guerre, la grandeur et de l’intérêt à la vie. Le durcissement des affrontements idéologiques,
Aragon ou Éluard diffusent des poèmes qui appellent au combat pour la liberté. Les l’apparition du totalitarisme soviétique font naître un genre nouveau : la dystopie ou
écrivains utilisent encore, toutefois, l’essai pour manifester leurs prises de position contre-utopie ; Eugène Zamiatine, dans Nous autres, décrit en 1920 une société où
morales ou philosophiques : dans le Mythe de Sisyphe, Camus évoque l’absurdité de l’État planifie le moindre aspect de la vie de ses citoyens. Liée à l’anticolonialisme, la
la condition humaine, thème au cœur de La Peste ou de L’Étranger. La création de négritude prônée par Césaire et Senghor conteste la suprématie culturelle,
nombreuses revues littéraires ou philosophiques est un autre moyen de diffuser des économique et morale de l’homme blanc. Les combats féministes sont une autre
idées. Enfin, l’installation de régimes se réclamant du communisme et l’avènement du forme de contestation propre au XXe, notamment à travers la figure de Simone de
totalitarisme politique coïncident avec l’apparition d’un nouveau genre argumentatif : Beauvoir.
la dystopie ou contre-utopie. Ces récits de fiction, dont le Meilleur des Mondes de
Huxley est l’exemple le plus célèbre, peignent des mondes cauchemardesques où A la fin du XXe, la fin du monde bipolaire, la chute des idéologies et la
l’individu est écrasé. Ils fonctionnent comme des mises en garde. résurgence des sentiments identitaires font renaître les affrontements ethniques et
culturels, faisant craindre un repli communautaire, voire une guerre des civilisations
La fin du XXe voit le déclin de la littérature engagée, concurrencée par les nouvelles (Samuel Huntington). Cette crainte est exacerbée par les attentats du 11 septembre
tribunes que sont la radio, la télévision ou, du côté de la fiction, le cinéma. 2001. D’un autre côté, la mondialisation et les nouveaux modes de communication
facilitent et modifient les relations entre les hommes.
Français - 2de et 1ère FICHE - L’ARGUMENTATION Synthèse établie par M. Larousse

VII. Quelques citations

« Qui se connaît, connaît aussi les autres, car chaque homme porte en lui la forme entière de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature — L’endroit le plus
l’humaine condition » Montaigne utile d’une maison, ce sont les latrines.» Théophile Gautier

"Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. » Michel de Montaigne « L'utile, loin de circonscrire le sublime, le grandit » Victor Hugo

« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux » Étienne de La Boétie « Je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce
but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère ! » Victor Hugo.
« C’est un extrême malheur que d’être assujetti à un maître, dont on ne peut être jamais assuré
qu’il soit bon, puisqu’il est toujours en sa puissance d’être mauvais quand il voudra » Étienne « [Le romantisme] n’est autre chose que le courant de la révolution dans les idées » Victor
de La Boétie Hugo

"À l’homme rien de plus utile que l’homme. » Spinoza « l’Art ne doit servir de chaire à aucune doctrine sous peine de déchoir ! On fausse toujours la
réalité quand on veut l’amener à une conclusion » Gustave Flaubert
« Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés » La Rochefoucauld
« HAMM.- On n'est pas en train de... de... signifier quelque chose ?
(à propos de l’apologue) « C’est proprement un charme : il rend l’âme attentive. / Ou plutôt il CLOV.- Signifier ? Nous, signifier ! (Rire bref) Ah elle est bonne ! » Samuel Beckett.
la tient captive ». (Jean de La Fontaine)
« L’écrivain engagé sait que la parole est action (…) Il sait que les mots (…) sont des ‘pistolets
« La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire : et de quelques autres, c’est de
chargés’, s’il parle, il tire » Jean-Paul Sartre
n’écrire point » Jean de La Bruyère

« On ne doit parler, on ne doit écrire que pour l’instruction et s’il arrive que l’on plaise, il ne « la fonction de l’écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne
faut pas néanmoins s’en repentir, si cela sert à insinuer et à faire recevoir les vérités qui doivent puisse s’en dire innocent. » Jean-Paul Sartre
instruire » Jean de La Bruyère

« "Dans l’expérience du dialogue, il se constitue entre autrui et moi un terrain commun, ma


« L’homme est né libre et partout il est dans les fers » Jean-Jacques Rousseau
pensée et la sienne ne font qu’un. » Maurice Merleau-Ponty
« La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir
aussitôt qu’il jouit de la raison » Diderot

« Rien de ce qui est beau n’est indispensable à la vie. - On supprimerait les fleurs, le monde
n’en souffrirait pas matériellement ; qui voudrait cependant qu’il n’y eût plus de fleurs ? Je
renoncerais plutôt aux pommes de terre qu’aux roses, et je crois qu’il n’y a qu’un utilitaire au
monde capable d’arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux. À quoi sert la
beauté des femmes ? Pourvu qu’une femme soit médicalement bien conformée, en état de
faire des enfants, elle sera toujours assez bonne pour des économistes. À quoi bon la
musique ? à quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel, et Michel-
Ange à l’inventeur de la moutarde blanche ? Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir
à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de

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