1
Albert ROUSSEL
(1869-1937)
(Pour les classes de Première
Année Académique 2023-2024)
Albert ROUSSEL est un compositeur français né à Tourcoing le 5 avril 1869
et mort le 23 août 1937.
Membre d’une famille de la bourgeoisie industrielle tourquennoise, dans
laquelle on compte plusieurs artistes amateurs de bon niveau, Albert Roussel
fait ses études secondaires à l’Institution libre du Sacré-Cœur de Tourcoing.
Orphelin à l’âge de sept ans, il est recueilli par son grand-père, maire de
Tourcoing, puis par sa tante maternelle. Il intègre le collège Stanislas de Paris,
où l’organiste Jules Stoltz lui fait découvrir Bach, Beethoven et Mozart. La lecture des romans
Jules Verne le décide à devenir marin.
Il est admis à l’Ecole navale en 1887 et sert quelques années dans la Marine nationale. Il
naviguera beaucoup et ses nombreux voyages seront une source d’inspiration pour ses œuvres
musicales.
Il démissionne de la Marine en 1894 pour se consacrer exclusivement à la musique. Julien
Koszul, grand-père d’Henri Dutilleux, lui donne des leçons d’harmonie à Roubaix et
l’encourage à se rendre à Paris pour étudier le contrepoint et la fugue avec Eugène Gigout.
Il s’inscrit en 1898 à la Schola Cantorum. Lui-même y enseigne le contrepoint entre 1902 et
1913, comptant parmi ses élèves Guy de Lioncourt, Jean Henry, Lucien Lambotte, Marcel
Orban, Paul le Flem, Roland-Manuel, Stan Golestan, Ladislas de Rohozinski, Erik Satie,
Edgard Varèze.
Ancien officier de marine, à 45 ans, il reprend du service pendant la Première Guerre mondiale.
Démobilisé, il continue d’enseigner en privé ; viennent solliciter ses conseils : Bohuslas
Martinu, Emile Goué, Jaroslav Kricka, Hans Krasa, Julie Reisserova, Josef Palenicek, Piotr
Perkovski, Pedro Petridis, Conrad Beck, Cesare Brero, Luigi Cortese, Jean Martinon, Jacque
Leguerney, Joseph Vals, Jorgen Jersild, Knudage Riisager, Suzanne Rokseth, Alexandre
Voormolen, etc. Son influence sur les jeunes musiciens de l’entre-deux guerres qui le
considéraient comme un chef de file est capitale.
Bien qu’influencé au début de sa carrière par Claude Debussy et Vincent d’Indy son professeur
d’orchestration, Roussel fit preuve assez vite d’une grande originalité. Sa musique se distingue
par le raffinement de l’harmonie, les audaces rythmiques et la richesse du coloris toujours au
service d’une musique pure libérée de tout pittoresque ou de références folkloriques. Il a laissé
entre autres des mélodies, de la musique de chambre, diverses pièces pour piano, deux
concertos (pour piano et pour violoncelle), quatre symphonies (la troisième, en sol mineur, est
considérée comme l’un des chefs-d’œuvre du genre), les ballets Le Festin de l’araignée,
Bacchus et Ariane et Aeneas. L’opéra ballet Padmâvatt et le triptique symphonique avec
solistes et chœur Evocations furent inspirés par son voyage de noces aux Indes
2
Il a vécu au no2 du square Gabriel Fauré dans le 17e arrondissement de Paris de 1929 à sa mort
survenue à Royan des suites d’un malaise cardiaque. Il meurt le 23 août 1937, la même année
que les musiciens Charles-Marie Widor, Louis Vierne, gabriel Pierné, Henri Libert et Maurice
Ravel.
Il est enterré dans le petit cimetière marin de Varengeville-sur-Mer, près de Dieppe (Seine-
Maritime) avec son épouse Blanche Preisach (15 mars 1880 – 6 février 1962). Son tombeau,
sculpté par Marcel Gaumont porte l’inscription suivante : C’est en face de la mer que nous
finirons nos existences et que nous irons dormir pour entendre encore au loin son éternel
murmure … (Albert Roussel).
La bibliothèque-musée de l’opéra de Paris conserve son portrait peint par Claude-René Martin.
Un timbre à son effigie a été émis par la Poste française pour le centenaire de sa naissance en
1969.