Cours de Biomethanisation
Cours de Biomethanisation
INTRODUCTION
Il s’avère que depuis quelques années, le monde connaît une très grande crise énergétique
provoquée par la consommation rapide et brutale du pétrole. Certes, nos descendants jugeront
sévèrement cette ère industrielle où nous avons laissé occasionner et peut être favorisé des
dégâts parfois irréversibles à notre milieu de vie. Il est grand temps pour nous de songer à
d’autres sources de remplacement du pétrole et surtout moins polluantes. Une de sources de
remplacement la plus sure est la fermentation méthanique (digestion anaérobie).
L’utilisation du biométhane comme source d’énergie renouvelable ne datte pas de nos jours.
Déjà vers 1667, volta a découvert le biométhane, gaz issus de la biométhanisation. Il est alors
connu sous le nom de gaz des marais en raison de sa présence en abondance dans le fond
des eaux stagnantes. En 1884, Ulysse Gayon, élève de Louis pasteur présente ses travaux sur
la fermentation et conclut déjà que le gaz issus de la fermentation serait une source utilisable
d’énergie pour le chauffage et l’éclairage (3).
Dans une étude faite sur le pouvoir calorique du biogaz (biométhane), on note que 1 m3 de
biométhane peut atteindre en brûlant une température de 1400°c et dégager une quantité
d’énergie équivalente à celle de 0,7 litre de pétrole ou 0,6 litre de gasoil (4).
Ainsi, le biogaz peut servir à la production de la chaleur susceptible d’être utilisée dans la
cuisson, le séchage, le chauffage. Il peut aussi être utilisé comme carburant dans le
fonctionnement des moteurs diesels, des moteurs essences des véhicules et des groupes
électrogènes, etc (5).
Nous devons savoir que l’utilisation de cette source d’énergie renouvelable et non polluante
peut être une des solutions apportée à la grande crise énergétique provoquée par la
consommation rapide et brutale du pétrole (6).
On se souviendra qu’en 1884, LOUIS PASTEUR présenta les travaux de son élève ULYSSE et
conclut que la fermentation méthanique pouvait devenir une source d’énergie utilisable pour le
chauffage et l’éclairage. Ainsi, le biogaz issu de la fermentation méthanique peut être utilisé
La digestion anaérobie est aussi utilisée comme une technique de dépollution ou d’épuration
des eaux usées et des effluents industriels du fait des différentes réactions biologiques qu’elle
met en jeu et entraine ainsi une diminution de la charge organique donc, de la charge polluante.
On peut d’une manière générale, considérer que le taux de réduction de la demande chimique
en oxygène (DCO) est voisin de 50 à 60% pour les effluents d’élevage et de 80 à 85 % pour les
effluents industriels et des industries agro-alimentaires.
Les eaux usées et plus spécialement les effluents industriels peuvent contenir des composés
qui sont toxiques aux bactéries méthanogènes.
Ces composés toxiques sont soit certains des composés organiques soit des ions métalliques.
Le traitement anaérobique de ces effluents peut être limité par la toxicité méthanogénique
exercée par ce type des composés.
Le biogaz peut être employé comme un combustible et comme carburant pour moteurs à
combustion internes et moteurs à explosion. Cette filière énergétique est très adaptée pour les
pays en voie de développement pour des raisons suivantes :
Elle peut être réalisée avec des matériaux qu’on trouve sur place ;
Elle emploie comme matières premières, les déchets qu’on trouve partout ;
couts réduits de réalisation et d’exploitation par rapport à d’autres solutions ;
applicable au niveau tant domestiques qu’industriel, dans les milieux ruraux comme
urbains ;
Elle permet de résoudre des problèmes agricoles par la production d’un engrais
organique d’une très haute qualité.
I.1. Méthane
I.1.1. Classification chimique
Représentation de Cram :
Le méthane est le composant principal du gaz naturel. C'est le principal constituant du biogaz
issu de la fermentation de matières organiques animales ou végétales en l'absence d'oxygène.
Il est fabriqué par des bactéries méthanogènes qui vivent dans des milieux anaérobiques c'est-
à-dire sans oxygène.
Le méthane est ainsi le seul hydrocarbure classique qui peut être obtenu grâce à un processus
biologique naturel. Nous utilisons principalement du gaz naturel et donc du méthane fossile,
mais l'utilisation du méthane renouvelable, aussi appelé biogaz, est en développement : Suède,
Allemagne, Danemark, Viet-Nam, Cambodge, Chine, Inde...
Le méthane se dégage naturellement des zones humides peu oxygénées comme les marais et
les terres inondées. Il se forme aussi dans l'estomac des mammifères. C'est d'ailleurs le gaz
principal des flatulences.
Des quantités importantes de méthane sont piégées sous forme d'hydrates de méthane au fond
des océans. Mais attention : le carbone de ce méthane fossile n'est plus (du fait de la
désintégration isotopique survenue sur des dizaines de milliers d'années), le plus souvent, du
C14 (carbone 14) mais son isotope : le C12 (carbone 12). En cas de réchauffement climatique
important, ce C12, pourrait être largement relargué, ce qui ne serait pas sans poser de
nombreux problèmes écologiques supplémentaires. De plus il en irait de même du CO2 fossile
piégé en encore plus grandes quantités au fond des océans sous forme de sels (principalement
des bicarbonates)...
I.1.2.Quelques propriétés
Aux conditions normales de température et de pression, c'est un gaz plus léger que l'air,
incolore et inodore. Il se liquéfie à -161,4 °C et se solidifie à -182,6 °C.
La densité du méthane liquide est de 0,415 à -164 °C.
Sa solubilité dans l'eau est de 0,4 ml pour 100 ml d'eau à la température de 20 °C, cette
solubilité dans l'alcool est de 47 ml à la même température et de 104 ml à 10 °C dans
l'éther, toujours pour le même volume de 100 ml.
Le méthane est un combustible. Il s'enflamme à 667 °C en présence d'oxygène. La
réaction de combustion du méthane s'écrit :
1 m³ de méthane à 15 °C (gaz naturel) libère une énergie de 9,89 kWh (35,6 MJ)
Le méthane (en fait, le gaz naturel, constitué à plus de 90% de méthane) est transporté
par navires (méthaniers) à une température de -162 °C et à une pression voisine de la
pression atmosphérique. Les réservoirs sont construits sur le principe de la « bouteille
thermos » et leur capacité peut aller jusqu'à 40 ou 50 000 m³ de gaz liquide par
réservoir. Un méthanier comportant plusieurs réservoirs, sa cargaison peut actuellement
atteindre 154 000 m³ de GNL, Gaz Naturel Liquéfié, composé à plus de 90% de
méthane. Les futurs méthaniers pourront transporter jusqu'à 260 000 m³ de GNL. Le
volume du méthane à l'état gazeux est égal à 600 fois son volume à l'état liquide, à
pression atmosphérique.
Le méthane est considéré comme très dangereux, car il explose facilement, dans les
raffineries. Les torchères le brûlent pour éviter les problèmes. Ce point doit être modifié
pour récupérer le méthane dans des conditions de sécurité correctes. C'est une
explosion due au méthane qui a soufflé la raffinerie Total de chateauneuf les martigues
en 1992.
I.1.3.Historique
Alessandro Volta découvre le méthane en 1776 en s'intéressant au « gaz des marais » (l'ancien
nom du méthane).
C'est à cause du grisou, responsable (encore de nos jours) de trop nombreuses catastrophes
minières que furent mises au point, les lampes de sécurité dans les mines de charbon, et
notamment la lampe à acétylène.
Jusqu'aux années 1970, l'impact du méthane sur le climat était inconnu. En 1976, il a été
démontré que le méthane était un gaz à effet de serre.
Ce n’est qu’avec la conquête spatiale que l’on a découvert l’omniprésence de ce corps dans
l’Univers.
I.1.4.Utilisation
Les gisements fossiles de gaz naturel comportent entre 50 et 60 % de méthane, le gaz naturel
brut est épuré avant d'être injecté sur le réseau de distribution. La proportion de méthane
présent dans le gaz naturel que nous utilisons est supérieure à 90% dans la plupart des gaz.
Le méthane biologique, ou biogaz, qui est produit par la fermentation anaérobie de matière
organique comporte 50 à 80 % de méthane, (60-65% généralement.
Le biogaz produit dans les décharges pourrait être (bien davantage) récupéré et valorisé sous
forme d'électricité, de chaleur ou comme carburant automobile. Pour l'instant, seules quelques
expériences isolées (dans des fermes, des déchetteries...) ont vu le jour, spécialement dans les
régions les plus froides (nord de l'Allemagne, de la France, Scandinavie...), mais la rentabilité
économique de ces installations est loin d'être acquise.(voir l'expérience en prison rwandaise ).
Selon les théories scientifiques les plus couramment admises, les premiers organismes vivants
apparaissent il y a plus de 3 milliards d'années, à partir de la ''soupe primitive'' : ce sont les
procaryotes.
Dotés d'un génome, capable de se reproduire et de muter, ce sont les premières bactéries, que
l'on appelle aujourd'hui les ''archées''.
Elles sont dites ''hétérotrophes'' car incapables d'utiliser l'énergie solaire directement, comme le
seront plus tard les cellules autotrophes, qui donneront naissance aux végétaux. Elles se
nourrissent des molécules organiques présentes dans leur environnement.
L'atmosphère d'alors ne contient pas d'oxygène. Les archées puisent celui dont elles ont besoin
dans les molécules oxydées, comme le gaz carbonique.
L'air devient irrespirable pour les archées anaérobies. Elles sont dés lors confinées dans les
rares espaces encore favorables : certaines deviennent des composants des eucaryotes (les
cellules véritables), d'autres subsistent près les sources hydrothermales des océans, aux fonds
des lacs, puis - mais bien plus tard - dans les systèmes digestifs des animaux. L'homme vit en
symbiose avec des archées présentes dans ses intestins, ce sont elles qui lui permettent de
digérer ses aliments. Ce sont ces mêmes archées méthanogènes qui sont responsables des
fermentations entériques et des émissions de méthane générées par les ruminants.
On s'est aperçu très tôt que vase et marais généraient des gaz combustibles. Van Lemond,
vers 1630, découvre que la fermentation de matière organique dégage du gaz inflammable.
C'est Volta, au XVIII° Siècle qui, sans doute le premier, a identifié le méthane comme le
composant combustible. L'usage du biogaz a probablement débuté en Chine, à des époques
très anciennes. En 1808, l'anglais Sir Humphrey Davy expérimente la fermentation de fumier. Il
produit du biogaz et identifie lui aussi le méthane. Mais ce qui l’intéresse alors n’est pas de
produire de l’énergie, mais d’obtenir du fumier maturé. En Europe, quelques tentatives ont été
faites, début XIX°, pour récolter ce gaz de marais pour l'éclairage public.
Pasteur et ses élèves, au milieu du XIX° Siècle, montrent que l'origine de ce gaz est une
fermentation bactérienne. Les mécanismes biologiques seront décrits dans le détail par Buswell
dans les années 1930. Ce n'est qu'en 1977 que Carl Woese identifie le groupe des Archées,
auquel appartiennent les bactéries méthanogènes, comme une famille distincte à la fois des
bactéries proprement dites et des eucaryotes.
Dans la seconde moitié du XIX° Siècle, le mouvement ''hygiéniste'' conduit à la création des
premières stations d'épuration des eaux usées.
Collecter les eaux usées des villes, les évacuer en rivière : cette solution se révèle insuffisante.
A Londres, un navire qui remonte la Tamise fait naufrage. L'enquête montre que les victimes ne
sont pas mortes par noyade : elles ont été asphyxiées par le dégagement d'hydrogène sulfuré
provoqué par les fermentations des eaux usées…
On va donc installer des systèmes de décantation, pour récupérer les matières décantables : ce
sont les boues urbaines, les ''gadoues''. Celles-ci sont utilisées comme fertilisant, au même titre
que les déjections d'élevage. Mais on s'aperçoit qu'il est possible de provoquer leur
fermentation dans des cuves fermées, étanches à l'air, ce qui supprime les fermentations
incontrôlées lors du stockage et de l'épandage. Au passage, la fermentation produit du biogaz,
qui sera utilisé au départ pour l'éclairage public.
Les plus anciens digesteurs connus sont ceux de la ville d’Exeter, en Angleterre (1895) – qui
utilise le biogaz comme gaz d’éclairage-, et de la léproserie de Mantunga près de Bombay
(1897). Il s’agit plus de digestion septique que de méthanisation proprement dite, dont
l’aboutissement sera la célèbre « fosse Imhoff » (1907) qui assure la décantation et la digestion
des eaux usées.
La digestion des boues, dans des ouvrages séparés de la ligne de traitement des eaux usées,
comme nous la connaissons aujourd’hui, date du tournant du siècle (stations d’épuration de
Lawrence, USA, 1899 ; Birmingham, Angleterre et Allemagne, 1906) . Le procédé devient
continu (1911). Pour bien digérer, il faut brasser les boues (on préfèrera le brassage par
injection de gaz plutôt que le brassage mécanique à cause des filasses qui s’emmêlent dans les
hélices), et les chauffer : ce sera mis en pratique sur une station d’épuration en Allemagne dès
1913, et les stations d’épuration commencent à produire de l’électricité grâce au gaz de
digestion. En 1920, une station d’épuration en Allemagne livre son surplus de gaz au réseau
municipal de gaz. Dans les années 1940, on s’aperçoit que l’ajout de résidus gras augmente la
production de biogaz.
I.3.PROCESSUS DE LA METHANISATION
La fermentation méthanique, aussi appelée fermentation méthanogène, digestion anaérobie,
méthanisation, fermentation anaérobie ou biométhanisation, est le processus de dégradation
des substances organiques à l'aide des micro-organismes dites anaérobies. Dans ce manuscrit,
nous employons indifféremment ces mots car ils sont synonymes.
I.3.1. BIODEGRADATION DE LA BIOMASSE
I.3.1.1. Définition
La biodégradation est la décomposition des matières organiques par des microorganiques
comme les bactéries, les champignons ou les algues. Ainsi, la biodégradabilité est la qualité
d’une substance biodégradable.
Elle s’apprécie en tenant compte, à la fois de degré de décomposition d’une substance et le
temps nécessaire pour obtenir cette décomposition. Une substance est dite biodégradable, si
sous l’action d’organismes vivants, elle peut se décomposer en élément divers dépourvus
d’effets dommageable sur le milieu naturel.
Ainsi, les objectifs de ces traitements peuvent être une valorisation énergétique (récupérations
d’une partie de l’énergie solaire, stockée dans les déchets sous forme d’énergie chimique) et/ou
une valorisation de matière organique (récupération du carbone et des éléments nutritifs).
a) Décomposition anaérobie.
Les microorganismes anaérobies (spécifiques aux environnements sans oxygène) sont choisis
pour leur capacité à dégrader la matière organique présente dans les effluents industriels, plus
précisément, les polluants organiques sont transformés en biogaz (méthane plus dioxyde de
carbone) et en une petite quantité de biosolides.
Les biogaz riches en énergie peuvent ensuite être utilisés dans le fonctionnement de l’usine,
pour l’alimentation des chaudières et dans les générateurs pour produire de l’électricité et de la
chaleur « verte ».
Nous signalons que ce processus peut se faire naturellement sous l’eau, dans l’organisme
animal.
Il peut se faire artificiellement dans un digesteur ou réacteur clos.
Elle se réalise dans les Rebuts végétaux et animaux, dans le fumier en tas. Les deux types de
décomposition, nous permettent de faire un schéma qui montre comment cette décomposition
se passe et les produits obtenus à partir des matières organiques.
Dans ce schéma, ce qui nous intéresse c’est la décomposition anaérobie (sans oxygène) qui
nous permet d’obtenir le Biogaz ou gaz méthane qui sera utilisé comme combustible et les
boues digérées utilisées comme engrais organique (schéma 2.).
Matière organique
En 1776, VOLTA montrait l'existence de « l'air combustible » des marécages : c'est le méthane
contenu dans ce gaz qui est inflammable.
Ce n'est que beaucoup plus tard que l'on apprit que ce gaz des marais était produit par des
micro-organismes, les bactéries méthanogènes.
Les bactéries méthanogènes sont les seules bactéries anaérobies strictes qui produisent du
méthane à partir de H2+C02, formate, acétate, méthanol, méthylamines et alcools secondaires +
CO2.
Les bactéries méthanogènes sont très largement distribuées dans la nature en fonction de leur
adaptation aux différentes conditions de température, pH et salinité, mais restent cependant
confinées aux environnements strictement anaérobies (mares, marais, rizières, lacs, étangs,
mers et océans, tractus digestif de l'homme et des animaux, digesteurs méthanogènes, dépôts
d'ordures, sources chaudes, tapis d'algues en décomposition).
L'énergie et le pouvoir réducteur proviennent d'une réaction chimique réalisée à partir des
substances minérales. On parle de chimiolithotrophie.
Les deux types de méthanogenèse sont liés à des bactéries du groupe des Archaebactéries.
La formation de méthane est liée à des systèmes biologiques coopératifs qui procurent en
continu de l'hydrogène et du gaz carbonique ou des acides organiques.
Notez enfin que, sur les fonds océaniques, les suintements de méthane abritent des
communautés biologiques très riches, notamment au niveau des zones de subduction ou des
grands deltas sous-marins des fleuves terrestres. Des bactéries, dites méthanotrophes celles-
là, peuvent tirer leur énergie de l'oxydation du méthane produit : elles sont les producteurs
primaires de chaînes trophiques variées. On trouve là de nombreuses espèces animales
notamment, vivantes souvent en symbiose avec ces bactéries. Pour ces écosystèmes privés de
lumière, le méthane est une source d'énergie indispensable.
I.4.1. La température
Les taux de croissance optimaux des trois populations méthanogènes augmentent de la zone
psychrophile à celle thermophile (Figure 3).
Les températures faibles ralentissent les activités bactériennes. Il semble également que la
température puisse influencer les équilibres entre les différentes microflores présentes. Par
ailleurs, la température agit sur les équilibres des espèces chimiques en solution, notamment
des formes de l’azote ammoniacal, des sulfures et des AGV.
Dans la plus part des processus biologiques, l’élévation de la température entraine une
augmentation de la vitesse de dégradation en particulier de la phase d’hydrolyse affectant ainsi
le rendement de production du biogaz.
Il double pour une élévation de température de 10°C. C’est la raison pour laquelle le
démarrage d’un digesteur méthanique s’effectue généralement en condition mésophile et
thermophile plutôt qu’en condition psychrophile. La production du gaz méthane devient faible
au delà de 65°C.
Même dans la zone mésophile la plus courante, certains digesteurs travaillent aux environs de
30oC plutôt qu’à 35oC qui plus est que la digestion anaérobie en zone mésophile a été
améliorée surtout en température ambiante (20-30oC). En effet, la plupart des bactéries
méthanogènes atteignent quand bien même le maximum de production du méthane aux
alentours de 35oC dans la zone mésophile et 55oC dans la zone thermophile.
I.4.2. Le pH
Toutefois, la méthanisation peut se produire dans des milieux légèrement acides ou alcalins. La
plupart des microorganismes se développent de façon optimale dans les conditions de pH
neutre. Les milieux acides ou basiques altèrent l’équilibre chimique des réactions
enzymatiques ou détruisent les enzymes. Les conditions optimales de pH sont différentes
pour les flores anaérobies facultatives et celles anaérobies strictes du processus de digestion
anaérobie.
Les processus de méthanisation reposent sur l’équilibre entre la production d’AVG, de CO2 et
de protons H+ qui ont tendance à baisser le pH et leur capture par les bactéries méthanogènes.
Dans les lisiers, des pH compris en 6,5 et 8,5 sont fréquents. Ainsi, les valeurs acides
peuvent potentiellement limiter la méthanogénèse mais les conditions de pH restent en général
plutôt favorables à ce processus.
Le pH peut également avoir un effet inhibiteur par son rôle indirect sur les équilibres
chimiques en solution de l’azote ammoniacal, des sulfures et des acides
Généralement, on considère que les variations doivent être maintenues dans une fourchette
située entre 6,4 et 7,8 pour que les fermentations soient stables.
La digestion anaérobie est plus efficace lorsque le processus de biométhanisation n'est pas
limité par des substances toxiques à la croissance et à l'activité des bactéries impliquées.
Pour leurs activités, les micro-organismes ont besoin d’un apport équilibré entre les différents
éléments (C, N, P, S) et les éléments traces intervenant dans les réactions enzymatiques
(minéraux, vitamines).
Les besoins en nutriments sont souvent évalués en utilisant le rapport Demande Chimique en
Oxygène/Azote (DCO/N) ou (DCO/N/P). Le minimum requis pour ce rapport est de 350/7 pour
DCO/N et 7 pour N/P. D’autres éléments sont aussi essentiels pour garantir un bon
déroulement du processus anaérobie, à savoir : Fe++, Ni++, Mg++, Ca++, Ba++, Co++ etc.
En général, on considère les proportions en rapport avec les taux de matières organiques. Ces
éléments se retrouvent dans la plupart des déchets traités.
La toxicité est la mesure de la capacité d’une substance à provoquer des effets néfastes et
mauvais pour la santé sur toute forme de vie, telles qu’un être humain, une bactérie ou une
plante ou une sous structure de cet organisme telle que le foie.
Le concept central est que la toxicité dépend de la dose, il existe un seuil pour des substances
toxiques.
La digestion anaérobie est plus efficace lorsque le processus de biométhanisation n’est pas
limité par ces substances toxiques.
Certains composés sont inhibiteurs de la fermentation méthanique soit par leur simple
présence, soit par leur concentration trop importante : les minéraux, les acides gras à longue
chaine, les antibiotiques ou désinfectants, les métaux lourds et les composés aromatiques.
Les produits toxiques tels que les oxydants, les acides gras volatils, les antibiotiques,
l’ammoniac, les détergents, les composes aromatiques, etc. présentent des effets inhibiteurs
sur la fermentation anaérobie. Ils freinent ou interrompent la croissance bactérienne et affectent
négativement le rendement en biogaz.
Les micro-organismes actifs sont des bactéries anaérobies. Tous les corps organiques ne se
décomposent pas de manière identique. Les substrats peu polymérisés comme les sucres, les
amidons se décomposent rapidement donnant des acides organiques. L’accumulation de ces
acides dans le milieu peut entrainer sa stérilisation. Aucune autre fermentation ne peut alors se
produire. Par contre, les matières fortement polymérisées se décomposent assez lentement
pour que les acides formés soient à leur tour décomposés en méthane au fur et à mesure de
leur production. On peut alors obtenir du méthane en quantité importante et de façon continue.
La fermentation méthanogénique est un procédé qui s’applique sur une multiplicité des
substrats qui ne donnent pas forcement le même rendement de production du biogaz. Quelques
exemples repris dans le tableau 2 ci-dessous confirment cette hypothèse.
Ainsi, le potentiel redox doit être inferieur à -330mv, c'est-à-dire la croissance normale des
bactéries s’effectue dans un milieu très réducteur.
Elle a pour but la destruction de molécules peu polymérisée ( sucre, amidons, etc.) qui seraient
susceptibles d’acidifier trop rapidement le milieu et bloquer la fermentation méthanogène.
I .5.1. L’hydrolyse
L’hydrolyse est la première étape de conversion de la matière organique (Figure 2). Elle a
pour objectif de dépolymériser la matière organique au moyen d’hydrolases extracellulaires.
Les produits solubles issus des dépolymérisations s’ajoutent à la fraction déjà soluble de la
matière organique. La taille des particules et leur mise en solution permet leur assimilation par
les micro-organismes. Selon le substrat utilisé, les produits d’hydrolyse sont différents.
I.5.2. L’acidogenèse
La production des différentes espèces d’AGV est conditionnée par le substrat et par la
pression en H2.
Les micro-organismes impliqués dans l’acidogenèse sont généralement des mêmes genres que
ceux de la phase d’hydrolyse.
I.5.3. L’acétogenèse
L’acétogenèse est l’ensemble des réactions qui conduit à la production d’acétate (Figure 2).
Cette étape est réalisée par deux groupes microbiens consommant respectivement le CO2 et
les AGV.
Tableau 3 : Réactions de biodégradation des acides gras volatil (AGV) en condition anaérobie
(6).
Produits finaux
AGV Acétate Propionate n-Butyrate CO2 H2 CH4
Acétate x x
Propionate X x 3x
n- Butyrate 2x 2x
n- Valérate X x 2x
Elles ont lieu si l’hydrogène produit est consommé conjointement à sa production. Pour cela,
une syntrophie étroite avec d’autres micro-organismes, notamment les méthanogènes, est
nécessaire.
I.5.4. La méthanogenèse
La fermentation méthanogénique est l’une des méthodes utilisée pour l’épuration des déchets
industriels et municipaux à savoir :
Les eaux usées urbaines
Les déchets provenant des industries agro–alimentaires et de la pate à papier
Les ordures ménagères
L’épuration des eaux usées urbaines par voies aérobie produit des boues activées récupérées
au niveau du décanteur et qui alimentent des réacteurs ou digesteurs anaérobies. Bien que ces
boues puissent parfois donner lieu à une valorisation intéressante surtout en agriculture,
l’objectif du traitement anaérobique est avant tout l’obtention d’une meilleure stabilisation en
particulier afin de réduire la nuisance olfactive. Mais, la valorisation de ces boues est en fait le
plus souvent une charge important que la méthanisation ne contribue qu’à réduire partiellement.
Le dosage de la demande biologique en oxygène est une mesure empirique des besoins en
oxygène dans les effluents et les eaux résiduaires municipaux et industriels. Les résultats du
dosage sont utilisés pour calculer l’effet des décharges des déchets sur les ressources en
oxygène des eaux réceptrices. La demande biologique en oxygène est la quantité d’oxygène
consommée par les micro-organismes aérobies présents dans l’échantillon pour réaliser la
dégradation de tous les composés biodégradables. En outre, la demande biologique en
Par convention, la demande biologique en oxygène (DBO5) est la valeur obtenue après 5 jours
d’incubation. C’est pour cette raison que la demande chimique en oxygène est plus employée
que la demande biologique en oxygène dans l’évaluation de la pollution de la matière organique
et des effluents.
Compte tenu des teneurs en matières sèches (MS) des fractions fermentescibles (environ 55%
pour le mélange des matières putrescibles et des papiers à carton.), les procédés de
fermentation méthanique à haute teneur en matières sèches (MS) semblent les mieux adaptés
pour des raisons évidentes de réduction des volumes des digesteurs.
Une fois que le substrat a épuisé son potentiel en gaz, il reste dans le réacteur une boue et un
liquide épuisé. Ces 2 éléments constituent un engrais organique d'une très haute qualité. Il est
meilleur fertilisant que les engrais produits par le compostage. Des tests faits aux laboratoires
universitaires en Inde, ont démontré qu'il contient 3 fois plus d'azote que le meilleur compost fait
en plein air. Par exemple pour le fumier de poule, 1, 58 à 2 % contre 6%.
La différence provient du fait qu'en plein air, l’ammoniac s’évapore tandis que dans le réacteur,
tout se conserve, rien ne se perd.
En tant que groupe, les archéobactéries (du grec archaios qui signifie ancien) sont très
diverses, aussi bien en morphologie qu’en physiologie. A la coloration de gram, elles sont soit
positives soit négatives et leur forme peut être sphérique, en bâtonnet, spiralée, lobée ou
aplatie. Certaines sont des cellules isolées tandis que d’autres forment des filaments ou des
agrégats.
Les méthanogènes sont des anaérobies stricts qui obtiennent l’énergie en convertissant le CO2,
l’eau, le formate, le méthanol, l’acétate et d’autres substances en méthane et CO2. Ils sont
autotrophes s’ils se développent sur hydrogène et le dioxyde de carbone. C’est le plus grand
groupe d’archéobactéries, il comprend au moins 3 ordres et 13 genres qui diffèrent fortement
l’un de l’autre par la forme, la séquence de l’ARN 16s, la chimie et la structure de la paroi, les
lipides membranaires et d’autres caractères.
II.2.1. INTRODUCTION
Les responsables de ce processus naturel sont les bactéries méthanogènes et sont strictement
anaérobies. Les voies métaboliques simplifiées, décrivant le processus de cette transformation
ont été exposées dans un modèle aujourd’hui largement accepté. Le modèle fait intervenir
plusieurs types de micro-organismes classés dans trois classes distinctes :
Ces trois communautés doivent constituer un écosystème équilibré pour que l’essentiel des
équivalents réducteurs produits comme déchets au cours de l’anabolisme bactérien se
retrouvent finalement dans le méthane.
L’étape d’hydrolyse est réalisée par plusieurs groupes d’Eubactéries anaérobies strictes et
facultatives dont la nature dépend de la composition qualitative et quantitative de l’alimentation.
Les principales espèces appartiennent aux genres Clostridium, Bacillus, Ruminococcus,
Enterobactéroides, Propionibactérium et Butivibrio
Au cours de cette étape, l’oxydation des substrats (surtout les acides propioniques et butyriques
et l’éthanol) est couplée à la formation d’hydrogène, de dioxyde de carbone et d’acétate. Elle
représente l’activité de trois groupes de bactéries qui sont :
Les bactéries actives de cette dernière étape sont réunies dans un groupe qui leur est propre,
celui des Archae. Elles possèdent, en effet, des caractéristiques spécifiques par rapport aux
Eubactéries et aux Eucaryotes, notamment en ce qui concerne leurs coenzymes. Les Archae
constituent un de 3 statuts de règne primaire, avec les Eubactéries et les Eucaryotes.
les plus anaérobies c’est-à-dire capables de vivre en l’absence d’oxygène de toutes les
bactéries ; elles vivent sur les débris végétaux qui se décomposent en anaérobiose comme
dans les étangs, dans la terre et dans l’appareil digestif des vaches et autres ruminants. Dans
les stations d’épuration des eaux usées, elles interviennent au cours des étapes finales du
traitement des boues. Elles sont difficiles à étudier en raison de leur sensibilité à l'oxygène et
d'autres besoins liés à l'environnement très précis.
Méthanospirillum hungatei
Méthanobrevibacter smithii
Méthanosarcina mazei
Méthanobacterium bryantii
Méthanogenium marisnigri
Le gaz naturel est un combustible fossile, il s'agit d'un mélange d'hydrocarbures présent
naturellement dans des roches poreuses sous forme gazeuse.
Avec 23 % de l'énergie consommée en 2005, le gaz naturel est la troisième source d'énergie la
plus utilisée dans le monde après le pétrole (37 % en 2005) et le charbon (24 % en 2005).
L'usage du gaz naturel dans l'industrie, les usages domestiques puis la production d'électricité,
se développait rapidement depuis les années 1970 et était sur le point de devancer le charbon.
Cependant, avec le renchérissement observé depuis le début du XXIe siècle, les tassements
dans la consommation des pays développés, les besoins des pays émergents et les progrès
réalisés dans le traitement du charbon, ce dernier tend à retrouver un certain essor.
Il existe plusieurs formes de gaz naturel, se distinguant par leur origine, leur composition et le
type de réservoirs dans lesquels ils se trouvent. Néanmoins, le gaz est toujours composé
principalement de méthane et issu de la désagrégation d'anciens organismes vivants.
Aux différents types de gaz naturels cités ci-après, on pourrait adjoindre le biogaz, un substitut
renouvelable issu de la décomposition de certains déchets de l'activité anthropique.
C'est la forme la plus exploitée de gaz naturel. Son processus de formation est similaire à celui
du pétrole. On distingue le gaz thermogénique primaire, issu directement de la pyrolyse du
kérogène, et le gaz thermogénique secondaire, formé par la pyrolyse du pétrole. Le gaz
thermogénique comprend, outre le méthane, un taux variable d'hydrocarbures plus lourds,
pouvant aller jusqu'à l'heptane (C7H16). On peut y trouver aussi du dioxyde de carbone (CO2),
du sulfure d'hydrogène appelé aussi « gaz acide » (H2S), et parfois de l'azote (N2) et de petites
quantités d'hélium (He).
C'est principalement ce type de gaz conventionnel non associé qui alimente le marché
international du gaz naturel et ses réseaux de transport par gazoducs et méthaniers (voir
section Industrie du gaz).
Il s'agit de gaz présent en solution dans le pétrole. Il est séparé lors de l'extraction de ce
dernier. Pendant longtemps, il était considéré comme un déchet et détruit en torchère, ce qui
constitue un gaspillage de ressources énergétiques non renouvelables et une pollution inutile.
Aujourd'hui, une partie est soit réinjectée dans les gisements de pétrole (contribuant à y
maintenir la pression et à maximiser l'extraction du pétrole), soit valorisée. La destruction en
torchère représentait toujours 150 Gm3 par an en 2007[1].
Le gaz biogénique est issu de la fermentation par des bactéries de sédiments organiques. À
l'instar de la tourbe, c'est un combustible fossile mais dont le cycle est relativement rapide. Les
gisements biogéniques sont en général petits et situés à faible profondeur. Ils représentent
environ 20 % des réserves connues de gaz conventionnel. Le gaz biogénique a moins de valeur
par mètre cube que le gaz thermogénique, car il contient une part non négligeable de gaz non
combustibles (notamment du dioxyde de carbone) et ne fournit pas d'hydrocarbures plus lourds
que le méthane.
C'est principalement du gaz naturel dit « conventionnel non associé » qui alimente le marché
européen de production du gaz naturel et ses réseaux de transport par gazoducs et méthaniers
puis de distribution.
Le gaz naturel traité, en vue d'être commercialisé, est incolore, inodore, insipide, sans forme
particulière. Il contient entre 81 et 97 % de méthane. Il est moins dense que l'air : sa densité est
de 0,6 par rapport à l'air et sa masse volumique est d'environ 0,8 kgm-3. Il se présente sous sa
forme gazeuse au-delà de -161 °C environ, à pression atmosphérique.
Son pouvoir calorifique supérieur (PCS) est d'environ 11,5 kWhm-3 en France, pour le gaz le
plus couramment consommé, dit « H » (pour « haut pouvoir calorifique »).
Pour des raisons de sécurité depuis l'accident de 1937 à New London au Texas, qui causa la
mort de 295 personnes dans une école, un odorisant chimique, à base de tétrahydrothiophène
(THT) ou de mercaptan (composé soufré), lui donne une odeur particulière afin de permettre sa
détection lors d'une fuite.
Le gaz naturel et le pétrole brut sont souvent associés et extraits simultanément des mêmes
gisements, ou encore des mêmes zones de production. Les hydrocarbures liquides proviennent
du pétrole brut pour une proportion moyenne de l'ordre de 80 % ; les 20 % restants, parmi les
fractions les plus légères, le propane et le butane sont presque toujours liquéfiés pour en
faciliter le transport.
gaz naturel » correspondent à un pétrole extrêmement léger, de très haute valeur (donnant de
l'essence et du naphta). Tout le reste (hydrocarbures C1 à C4, dioxyde de carbone, sulfure
d'hydrogène et hélium) est gazeux à température ambiante et acheminé par gazoduc vers une
usine de traitement de gaz. Il faut donc deux réseaux de collecte, un pour le gaz et un pour les
condensats.
Dans cette usine (qui peut être proche des gisements, ou proche des lieux de consommation),
le gaz subit ensuite une déshydratation par point de rosée, puis les différents composants sont
séparés. Les hydrocarbures C2 à C4 sont vendus sous le nom de gaz de pétrole liquéfié (GPL et
non pas GNL). Le dioxyde de carbone est le plus souvent simplement rejeté dans l'atmosphère,
sauf s'il y a un utilisateur proche. Parfois, on le réinjecte dans une formation souterraine
(séquestration du CO2) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le gaz acide est
vendu à l'industrie chimique ou séquestré. L'hélium est séparé et commercialisé, s'il est présent
en quantité suffisante - dans certains cas, il représente une addition très importante aux
revenus générés par le gisement.
Les condensats et les GPL ont une telle valeur marchande que certains gisements sont
exploités uniquement pour eux, le « gaz pauvre » (méthane) étant réinjecté au fur et à mesure,
faute de débouchés locaux. Même lorsque l'essentiel du gaz pauvre est vendu, on en réinjecte
souvent une partie dans le gisement, pour ralentir la baisse de pression, et récupérer au final
une plus grande partie des condensats et du GPL.
L'autre partie (la plus grande) est transporté par gazoduc ou par méthanier vers les lieux de
consommation.
Lors de sa liquéfaction, le gaz naturel est fractionné, si nécessaire, pour le séparer de l'éthane,
du propane et du butane. À l'arrivée près des lieux de consommation, le GNL est
éventuellement stocké sous forme liquide puis vaporisé dans des terminaux méthaniers. Il est
alors émis sur un réseau de transport classique. Ici encore, il faut des investissements
importants pour la réception, le stockage et la vaporisation. Ces investissements sont
cependant moindres que pour la liquéfaction ou le transport par méthanier.
Pour le traitement, et si l'on veut séparer les GPL avant le transport, à partir des gisements de
gaz et de condensats (si ceux-ci sont proches), on installe deux réseaux de collecte, un pour le
gaz naturel et un autre pour les condensats. Le gaz et les condensats sont dirigés vers des
installations de traitement et de désulfurisation.
Articles détaillés : Gaz naturel liquéfié et Gazoduc.
III.1.3 Utilisations
Le gaz naturel est l'un des moyens énergétiques les moins polluants. En théorie, si sa
combustion était parfaite et complète, il n'émettrait que de l'eau et du dioxyde de carbone selon
la réaction :
CH4 + 2O2 + 8N2 → CO2 + 2H2O + 8N2
S'il ne produit jamais de suies (particules de 10 à 100 nm), une étude publiée en 2008[5] montre
qu'un brûleur normal de chauffe-eau au gaz ou de gazinière (cuisinière à gaz) produit des
particules ultrafines ou des nanoparticules (de 1 à 10 nanomètres de diamètre). Dans une
chaudière à condensation, leur taux est plus bas (0,1 mgNm-3 ou milligramme par normo-mètre
cube ) grâce à une combustion optimisée, mais un brûleur normal de gazinière engendre des
taux particulaires bien plus élevés (5 mgNm-3) ainsi d'ailleurs qu'une «quantité significative»
d’hydrocarbures aromatiques polycycliques qui pourraient peut-être interagir avec ces
nanoparticules.
Comme tous les combustibles fossiles, sa combustion rejette du dioxyde de carbone ; mais
seulement 55 kg par gigajoule de chaleur produite (contre 75 pour le pétrole brut, et 100 environ
pour le charbon).
Par rapport aux autres énergies non renouvelables, l'avantage du gaz naturel est encore plus
grand si l'on tient compte des émissions sur le cycle complet « du puits au brûleur » et pas
seulement de celles résultant de l'usage final du combustible : en effet, l'extraction et le
traitement du gaz naturel consomment beaucoup moins d'énergie.
L'utilisation du gaz naturel ne produit pas de poussières, presque pas d'oxydes d'azote (NOx) et
ne laisse pas de cendres, et s'il a été correctement désoufré quasiment aucune pollution locale
par les oxydes de soufre, etc. Cet intérêt a une conséquence économique directe par rapport
aux autres énergies fossiles : une installation (centrale électrique, chaufferie, cimenterie ou
autre) brûlant du charbon a besoin de dispositifs de dépollution, pour extraire le soufre, les NOx
et les poussières des fumées. Ces installations sont très coûteuses à construire et à entretenir.
Avec le gaz naturel, ces appareillages sont inutiles, d'où une économie importante.
C'est une source d'énergie de plus en plus utilisée par l'industrie pour produire de la chaleur
(chauffage, fours…) et de l'électricité, éventuellement en cogénération ou tri-génération. En
2006, au niveau mondial, plus de 30 % de l'électricité est produite à partir de gaz naturel, et
cette part ne cesse d'augmenter. Chez les particuliers, le gaz naturel est utilisé pour le
chauffage, l'eau chaude et la cuisson des aliments. Enfin, depuis quelques années, le gaz
naturel comprimé en bouteilles est utilisé en France comme carburant pour les véhicules
(GNV). Mais déjà plus d'un million de véhicules au gaz naturel roulent dans le monde, dans des
pays comme l'Argentine et l'Italie.
En 2006, globalement, l'usage du gaz naturel est en expansion, la plupart des pays favorisant
son usage accru partout où il peut se substituer au pétrole. Il présente en effet plusieurs
avantages en comparaison avec ce dernier : moins cher en général, moins polluant, il permet
également une diversification des approvisionnements énergétiques des pays importateurs
(géopolitique), même si la crise entre l'Ukraine et la Russie au début de l'année 2006 montre
que ce n'est pas la solution miracle. Dans certains pays, comme la Russie ou l'Argentine,
l'usage du gaz naturel a même dépassé celui du pétrole.
Le gaz naturel est devenu une industrie globale, ce qui tranche singulièrement avec l'époque
(jusqu'aux années 1950, bien plus tard dans certains pays), où il était avant tout perçu comme
un coproduit encombrant et dangereux des puits de pétrole.
Le gaz naturel est aujourd'hui la matière première d'une bonne partie de l'industrie chimique et
pétrochimique : à la quasi-totalité de la production d'hydrogène, de méthanol et d'ammoniac,
trois produits de base, qui à leur tour servent dans diverses industries :
engrais,
résines,
plastiques,
solvants.
raffinage du pétrole
C'est aussi à partir du méthane qu'on synthétise l'ammoniac (NH3) et l'urée (CO(NH2)2), qui sont
le point de départ de l'industrie des engrais.
Le pouvoir calorifique d'un combustible est la quantité de chaleur exprimée en kWh ou MJ, qui
serait dégagée par la combustion complète de un (1) mètre cube normal (m³(n)) de gaz sec
dans l'air à une pression absolue constante et égale à 1,01325 bar, le gaz et l'air étant à une
température initiale de 0 °C (zéro degré Celsius), tous les produits de combustion étant
ramenés à 0 °C et une pression de 1,01325 bar.
Le gaz naturel contient cependant plus d'hydrogène, par conséquent, la déperdition d'énergie
est plus importante lors de la combustion en raison de la formation de vapeur d'eau évacuée
par la cheminée. Environ 10 % de l'énergie disponible est perdue dans ce cas.
Pour la plupart des appareils domestiques, ces deux types de gaz sont interchangeables,
certains appareils nécessiteront cependant un réglage.
Le lac Kivu entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo, renferme une énorme
quantité de méthane dissous.
L'origine du méthane du lac Kivu n'est pas très bien connue. Plusieurs hypothèses ont été faites
sur le processus qui conduit à la formation et l'enrichissement des eaux profondes du lac en
méthane et dioxyde de carbone. Le méthane proviendrait d'un processus géologique et
biologique. Le dioxyde de carbone magmatique (vieux carbone) serait directement réduit par
une bactérie anaérobique, qui se prolifère dans les eaux profondes stagnantes du lac. La même
bactérie causerait également la décomposition et la fermentation de la substance organique
accumulée dans le sédiment entraînant ainsi la formation du dioxyde de carbone et du
méthane. Dû au caractère volcanique de la région, la température du lac augmente avec la
profondeur; les minéraux sont plus solubles dans la couche inférieure des eaux du lac que dans
la couche supérieure et la masse des minéraux dissous rend la couche inférieure plus dense
que la couche supérieure (malgré sa température élevée). La convection, mouvement normal
ascendant des fluides de haute température et descendant des fluides de basse température,
est alors évitée ce qui entraîne une stabilité élevée. En dessous d'une profondeur d'environ 270
mètres, les températures et pressions sont telles que des quantités de méthane et autres gaz
sont emprisonnés dans les eaux profondes.
Modèle simplifié prenant en compte deux modes parallèles de formation du méthane dans le lac
Kivu (K. Tietze, 1974 - 75).
Les eaux du lac Kivu présentent une structure stratifiée " en escalier " particulièrement évidente
au vu des variations de ses paramètres physico-chimiques avec la profondeur.
L'explication précise de ce phénomène de stratification est complexe. Les eaux du lac se
caractérisent par des couches homogènes - où le mixage par convexion se fait facilement -
séparées par des couches à haut gradient de densité qui jouent le rôle de barrière au processus
de mélange.
Le lac Kivu présente une spécificité unique au monde : ses eaux profondes contiennent
une énorme quantité de gaz dissout. C'est en effet 65 milliards de m3 de méthane, soit
l'équivalent de 50 millions de tonnes équivalent pétrole (tep), qui dorment sous 250 m
d'eau au fond du lac.
Cette manne énergétique, si elle était exploitée, donnerait au Congo une source d'énergie
quasi inépuisable lui permettant de ne plus se soucier des besoins énergétiques liés à ses
projets de développement.
La formation de bulles peut se produire soit en augmentant la quantité de gaz dissout dans
l'eau soit en diminuant la pression (c'est-à-dire la profondeur). Si l'une de ces deux conditions
est remplie, et si la courbe de saturation est atteinte, il se forme alors dans l'eau de petites
bulles de gaz qui vont remonter vers la surface.
Ces petites bulles entraînent vers le haut du liquide déjà sursaturé en gaz. De nouvelles bulles
apparaissent au sein de ce liquide. Au cours de leur ascension, la taille des bulles augmente.
Une réaction en chaîne est amorcée. L'ex-solution, une fois enclenchée, va se développer
rapidement par un processus en avalanche.
Si le phénomène n'est pas contrôlé, il se produit à la surface du liquide une véritable explosion
d'une émulsion d'eau et de gaz. C'est exactement ce phénomène qui peut être observé
lorsqu'on débouche une bouteille de champagne ou de limonade : en faisant chuter la pression
à l'intérieur de la bouteille les bulles du gaz qui était dissout se forment brutalement et
remontent à la surface en entraînant le liquide.
C'est aussi, à grande échelle, le phénomène qui a produit la catastrophe du lac Nyos
(Cameroun) dans la nuit du 21 août 1986. Dans les eaux profondes du lac, la limite de
saturation s'est trouvée dépassée ; le processus d'ex-solution s'est amorcé et s'est développé
dans l'ensemble des eaux du lac par une réaction en chaîne. Une explosion gazeuse a projeté
dans les airs une colonne d'eau à une hauteur dépassant 80 m. Il y a eu retournement violent
de l'ensemble des eaux du lac.
L'énorme quantité de gaz carbonique libéré, étant plus dense que l'air, a ensuite " coulé " dans
les vallées avoisinantes en asphyxiant toute forme de vie jusqu'à 30 km du lac. 1800 personnes
on ainsi péri du fait de cette catastrophe.
Les eaux du lac Kivu présentent une structure stratifiée " en escalier " particulièrement évidente
au vu des variations de ses paramètres physico-chimiques avec la profondeur.
L'explication précise de ce phénomène de stratification est complexe. Les eaux du lac se
caractérisent par des couches homogènes - où le mixage par convexion se fait facilement -
séparées par des couches à haut gradient de densité qui jouent le rôle de barrière au processus
de mélange.
L'éruption volcanique du Nyiragongo en janvier 2002 présente un caractère unique dans les
anales de la volcanologie car elle a été provoquée par un phénomène de fracture tectonique
entre les plaques actives du rift africain.
Dans son état statique, ce lac, fortement stratifié, est stable et inoffensif. Une perturbation
importante provenant de l'activité volcanique du Nyiragongo situé sur la rive nord du lac pourrait
provoquer une remontée des eaux profondes chargées en gaz dissout. Ces eaux relâcheraient
alors, soit sous forme d'émanations limitées et localisées, soit sous une explosion cataclysmale
concernant une forte partie du lac, une quantité de gaz asphyxiant menaçant la sécurité des
populations avoisinantes.
Il n'existe que trois lacs au monde renfermant de fortes concentrations de gaz dissout. Les lacs
Nyos et Monoun au Cameroun ont été le lieu d'explosions gazeuses qui ont fait 40 victimes en
1984 à Monoun et 1800 victimes en 1986 à Nyos. Le troisième lac est le lac Kivu qui renferme
mille fois plus de gaz que le lac Nyos.
On a identifié récemment l'existence d'anciens volcans situés sur le plancher du lac, en plein
dans les couches d'eau chargées en gaz dissous. Une nouvelle éruption sub-lacustre, ou une
intrusion magmatique en profondeur, déclencherait immanquablement, par réaction en chaîne,
le dégagement d'une énorme quantité de gaz dont les conséquences seraient probablement
catastrophiques pour toute la région. Une population de plusieurs millions d'habitants (Goma,
Bukavu, Gisenyi, voire Bujumbura) vit sous cette menace.
Le gaz méthane extrait du lac Kivu peut aussi être un excellent carburant pour alimenter les
véhicules routiers. Le méthane en tant que carburant est connu en France sous le nom de GNV
: gaz naturel véhicule
Il doit être comprimé à 200 bars dans des réservoirs spécifiques. Il est utilisé et stocké sous
forme gazeuse. La quantité de gaz occupant 1m3 pour une pression de 1 bar et une
température de 20°C correspond à environ 1 litre de gazole.
Pouvoir calorifique du gaz 8,9 à 12,8 Kwh/m3 Selon la quantité d'autres gaz en mélange avec le
méthane : surtout du CO2.
En raison de la haute pression de stockage, une taille raisonnable des réservoirs limite les
véhicules au méthane à un usage ne demandant pas une grande autonomie.
Le méthane offre une alternative très intéressante au gazole et à l'essence pour les autobus,
les taxis, les véhicules utilitaires : artisans, livraison, administration, ….
IV.2.Attrait environnemental :
La combustion du gaz naturel dégage moins de polluant toxiques Absence de soufre, de plomb
et de benzène Absence de particules (à la limite du mesurable)
La possibilité de réduire les émissions globales de CO2 car ce carburant est l'hydrocarbure
contenant le moins de carbone dans sa formule.
Equation chimique de la combustion du méthane avec l'air : CH4 +2(O2 + 3,76 N2) = 2 H2O +
CO2 +2 ( 3,76 N2)+ Energie
Le gaz méthane possède un très fort indice d'octane (120 à 130) ce qui permet de fonctionner
avec un très bon rendement dans les moteurs à allumage commandé.
A titre de comparaison, l'indice d'octane de l'essence courante en France est de 95.
L'indice d'octane mesure la résistance à l'auto-inflammation lorsque ce dernier est comprimé et
chauffé. Plus cette valeur est élevée plus l'utilisation du carburant est possible dans des
moteurs à haut rendement.
Les véhicules légers fonctionnant au gaz naturel ont des moteurs à essence équipés d'une
injection de gaz.
Afin que le fonctionnement soit possible avec les deux carburants, le rapport volumétrique est
adapté à l'essence. Mais ceci ne permet pas d'exploiter le potentiel du gaz au niveau de son
indice d'octane, la consommation pourrait être plus faible avec un moteur spécifique gaz.
Les véhicules lourds sont équipés de groupes à l'origine diesel transformés en moteur à
allumage commandé : abaissement du rapport volumétrique, système d'allumage et d'injection
gaz spécifique (le moteur ne fonctionne plus du tout selon le cycle diesel, mais bien selon le
cycle à allumage commandé). Dans ce cas le potentiel du gaz est bien exploité mais la
bicarburation est impossible.
Moteur de bus transformé pour le GNV. On aperçoit les injecteurs en amont des soupapes
d'admission et les bougies d'allumage implantées à la place des injecteurs du moteur diesel
d'origine
Les réservoirs de bus urbain en service en France sont groupés par 7 (9 sur option) pour un
volume total de 882 litres (volume unitaire de 126litres) à 200 bars, ce qui donne l'équivalent de
210m3 de gaz à la pression atmosphérique. Ce volume équivaut à 210 litres de gazole et donne
à l'autobus une autonomie de 300 à 400 km.
Ces réservoirs en fibres de carbone et résine époxy (ou aluminium) ont une pression maximum
de service de 288 bars et une pression minimum de fonctionnement de 20 bars.
La pression d'essai est de 600 bars
Les véhicules légers sont équipé d'un réservoir monté derrière les sièges avants. Certains ont
des réservoirs implantés sous le plancher préservant ainsi l'espace utile (voir fourgon en haut
de page).
Une station service de gaz naturel est plus complexe que son homologue traditionnel car le gaz
doit être comprimé.
Il y a deux possibilités de station service :
La compression simple (200 bars). Le remplissage est alors assez lent (plusieurs heures). Il est
donc nécessaire de créer des emplacements de parking dédiés à la recharge.
La surcompression suivie d'un stockage à haute pression (250 bars) permettant un remplissage
rapide sur des pistes dédiées. Cette solution est évidemment plus chère que la précédente.
Une station de grande capacité (500 véhicules) coûte environ 500K€. Une station de moyenne
capacité (50 véhicules) coûte 80 K€.
Un raccordement sécurisé
Cet appareil de taille réduite permet un remplissage en quelques heures du réservoir d'un VP à
partir du réseau (en 5 heures environ). Il est destiné aux petites flottes. En France son coût est
d'environ 5000 €.
V.1. Définition
L’activité méthanogénique est la capacité que possèdent les bactéries méthanisantes d’un
inoculum ( semence ) donné, de transformer les matières organiques (M.O) en méthane (CH4).
L’activité méthanogénique spécifique est l’activité méthanogénique d’un inoculum (bactéries
méthanogènes) par unité de masse de matières organiques. Elle est exprimée soit en mg DCO-
CH4 /g. s v. inoc. jour ou en ml CH4 /g. s v. inoc. jour.
L’inoculum d’un réacteur est très simple, on n’a pas vraiment besoin des conditions anaérobie,
elle peut le devenir en moins d’un jour par consommation de l’oxygène par les bactéries
aérobies qui sont présentes dans l’inoculum. Au laboratoire, il peut être nécessaire d’utiliser
l’eau exempte d’oxygène.
Pour ce faire, on insuffle l’azote gazeux pendant 5 minutes à travers le liquide, ensuite le
réacteur est fermé. Pour augmenter les conditions anaérobies, il suffit d’ajouter une solution de
sulfure (Na2S. 2 H2O (0,5mM)) pour baisser le potentiel redox.
L’inoculum doit avoir une certaine activité méthanogénique. Plus cette dernière est élevée, plus
le temps de démarrage de la fermentation méthanogénique est court et plus la production du
méthane (biogaz) est importante. Ainsi il est recommandé d’utiliser un inoculum provenant d’un
réacteur anaérobie industriel comme le réacteur Upflow Anaérobic Sludge Blanket (UASB
réactor ou réacteur à flux ascendant).
Cependant, il n’est pas toujours possibles d’obtenir un tel inoculum, dans ce cas, on choisit
dans la nature quelque chose qui contient les bactéries méthanisantes telles que les fumiers,
les lisiers des animaux, les boues de marais ou de lacs, les boues biologiques de stations
d’épuration d’eau, etc...
*boue provenant d’autres types de réacteurs tels que : Anaerobic filter reactor, Biofilm reactor,
etc.
** boue provenant des réacteurs traitant des effluents ou eaux usées par la fermentation
aérobie bien qu’elle ait une faible activité, est utilisée pour démarrer les réacteurs.
Après avoir chargé et ensemencé le réacteur avec un inoculum, si tous les paramètres sont
respectés, on peut s’attendre au démarrage de la fermentation et la production du biogaz.
Il existe une phase latente plus ou moins longue, avant la production du biométhane. Cette
période peut être de 2 semaines, un mois voire même plusieurs mois, suivant les conditions qui
prévalent dans le réacteur.
En effet, même si les bactéries méthanisantes sont présentes dans tous les fumiers (et lisiers),
elles requièrent une longue période de reproduction pour atteindre une population suffisante
afin de permettre une production efficace de gaz.
Afin de réduire la période requise pour l'établissement des bactéries dans un nouveau
digesteur, il convient d'utiliser une colonie microbienne obtenue d'une autre source (inoculum)
pour favoriser le départ de la fermentation. A cette fin, on peut employer un vieux fumier, une
boue des marées ou d’épuration etc…
Mais quelque soit le type de substrat (fumier, lisiers, paille, broussailles, feuilles...),
l'ensemencement du milieu par un "'pied de cuve' de la fermentation précédente, assure un
démarrage quasi immédiat de la méthanogenèse, on ne note plus de phase latente. La
production de gaz atteint son maximum et le pourcentage du méthane dans le gaz dépasse
50%, dès là première semaine.
Le temps de digestion est appelé temps de rétention pour le système continu et temps
d'encuvage, pour le système discontinu.
Le temps nécessaire pour une méthanisation totale est souvent long et dépend de la nature du
substrat et de la température expérimentale.
Le temps d'encuvage (en discontinu) est pour la plupart des substrats de 5 à 6 semaines, avec
une récupération de 75 à 85 % de gaz attendu, pour une température de 35o C, il est beaucoup
plus long pour des températures inférieures à 35o C tandis que si on travaille à 40 ou 45o C , le
cycle se réduit à 3 à 4 semaines.
L’alimentation du réacteur est discontinue. Ils fonctionnent selon les cycles de 30 à 45 jours et
sont bien adaptés aux déchets à forte teneur en matières sèches (M.S) supérieur à 15 %.
On retire périodiquement une fraction du digestat que l’on remplace par un substrat frais. Le
temps de séjour varie de 10 à 20 jours.
Actuellement, les réacteurs ou digesteurs sont classés selon le nombre de phases qu’ils
possèdent.
L’alimentation du digesteur se fait par le sommet ou latéralement. Une partie du résidu au bas
du réacteur est recirculée de manière à favoriser une homogénéisation de la matière au sein du
réacteur. Les petites installations de biométhanisation fonctionnent généralement suivant ce
principe.
Les systèmes de digestion en batch fonctionnent par alimentation discontinue. Le réacteur est
inoculé, chargé et fermé et gardé durant le temps de la digestion. Le percolât de digestion est
recirculé au sommet dans le but de maintenir un contenu en humidité homogène. Une fois la
digestion terminée, le réacteur est ouvert, vidé et rempli à nouveau avec du substrat. Le
système a l’avantage d’être simple mais il nécessite un post – traitement poussé des effluents.
Ces systèmes sont actuellement abandonnés. Seules quelques très petites installations
fonctionnent encore selon ce principe, notamment en Chine, au Bengladesh et en Afrique.
La fermentation à phases séparées n’est à présent employée que pour des cas de
fermentation à forte charge. Elle est généralement conçue de façon à réaliser en continu les
phases acidogenèse (hydrolyse et acidification) et de méthanogenèse dans deux réacteurs
différents montés en série. On parle de fermentation à deux phases. Chacune des phases est
optimisée séparément. La phase de méthanogenèse est usuellement réalisée par un filtre
anaérobie ou un réacteur à lit de boue (réacteur USB).
Le principe est séduisant puisqu’il permet une meilleure maîtrise de la méthanogenèse. C’est
à juste titre qu’il est pressenti comme solution de l’heure aux problèmes d’accumulation des
acides gras volatils en réacteurs unique à forte charge.
Les digesteurs à phases séparées concernent principalement les installations de traitement des
déchets solides comme la fraction organique des déchets ménagers ou certains résidus
d’industries agroalimentaires.
Il est bon de signaler qu’un système mettant en œuvre une fermentation anaérobie à forte
charge suivie d’un compostage aérobie a été développé au début des années 80 aux USA. Le
principe du traitement consiste à faire subir au substrat organique une digestion anaérobie. Le
sous produit de digestion est ensuite stabilisé par l’étape de compostage. Cette seconde étape
permet également la dégradation de la fraction de substrat peu digestible pour voie anaérobie.
Réduction de moyens à mettre en œuvre pour le traitement du liquide issue du
digesteur anaérobie, celui-ci étant en grande partie utilisé pour l’humification du
compost ;
On peut retenir des systèmes mixtes qu’ils ont l’avantage de récupérer de l’énergie par rapport
au compostage seul et qu’ils permettent une bonne stabilisation aérée des résidus des
digesteurs anaérobies.
Le brassage du contenu d'un réacteur peut être réalisé à l’aide d`un agitateur à hélice ou à vis
d'Archimède. Mais il est préférable de le faire par recirculation du liquide du réacteur ou en
recyclant une partie de gaz produit par l'entremise des diffuseurs au fond de la cuve du
digesteur.
VI.3.2. Chauffage
Le chauffage du réacteur peut être réalisé, par l'entremise d'un serpentin, avec une chaudière à
fuel, à bois ,à courant électrique ou bien à l'aide du gaz du réacteur. Les expériences faites en
France, dans le cas où l'emploie le gaz lui-même pour maintenir la température du réacteur
entre 30 et 35°C, montrent une consommation d'environ 20 % de l’énergie produite pour un
cycle de 6 semaines.
On peut aussi réaliser le chauffage par une fermentation aérobie. Mais étant donné que nous
sommes dans un pays à chaud, la méthanisation peut se faire à la température ambiante. J’ai
fais beaucoup des publications scientifiques qui démontrent que, dans notre pays, la digestion
anaérobie peut se faire avec un très bon rendement, sans des systèmes chauffage.
Malgré cela, les inconvénients ne manquent pas. Les avantages et les inconvénients de la
biométhanisation sont présentés dans les lignes qui suivent :
L’énergie thermique peut être utilisée pour couvrir les besoins énergétiques en cuisson dans les
ménages et les structures sociales (école, hôpitaux, prisons, …), l’électricité produite peut être
auto consommée ou revendue.
Lors de la biométhanisation, le méthane qui est 21 fois plus nocif que le CO2, n’est plus libéré
de façon incontrôlée dans l’atmosphère.
Une double économie est réalisée d’une part en récupérant le méthane et d’autre part en
évitant les émissions en CO2 résultant de la combustion d’énergie fossile.
La biométhanisation produit un résidu qui peut être valorisé comme amendement organique. La
valeur fertilisante des effluents d’élevage méthanisés n’est pas affectée, et est même parfois
améliorée : l’azote s’y retrouve en concentration souvent plus élevée et sous forme plus
assimilable par les plantes et les éléments minéraux nutritifs persistent. En outre, la viscosité
moindre de ce résidu facilite son épandage.
La dimension chimique de la réaction peut parfois constituer un frein quant à la volonté d’un
exploitant à mettre en place un méthaniseur.
Les conditions de la réaction sont à contrôler avec attention d’une part pour des raisons de
sécurité car le processus peut être explosif, et d’ autre part pour des raisons de rendement. En
effet, pour que la réaction se déroule dans de bonnes conditions, il faut assurer une bonne
homogénéité de la température dans le digesteur et une bonne répartition de la flore
bactérienne à l’origine du processus de méthanisation. Le pH est aussi essentiel, les bactéries
anaérobies et notamment les bactéries méthanogènes sont sensibles aux variations de pH. Le
pH optimal du processus de méthanisation se situe entre 6,7 à 7,5. L’accumulation d’acides
gras volatils lors d’une surcharge du digesteur entraine une chute rapide du pH à des valeurs
inferieurs à 5,0 ce qui entraine une inhibition du processus de méthanisation. Des valeurs de pH
supérieurs à 7,5 induites notamment par l’accumulation d’ammoniac entrainent une inhibition
microbienne et des risques de précipitation de composés minéraux et donc de prise en masse
de l’intérieur du réacteur biologique. Sur certaines unités de méthanisation une régulation du pH
à base de soude peut être mise en place.
Par ailleurs, un taux de charge trop élevé peut amener à l’arrêt de la digestion anaérobie due à
une présence trop importante d’acide gras.
b. Entretien nécessaire
En plus de l’aspect chimique à surveiller, il est nécessaire de bien suivre l’état matériel de
l’installation.
Ainsi, l’étanchéité du biogaz du digesteur est primordiale pour des raisons évidentes de sécurité
et de rendement. De plus, une importante manutention est à prévoir, due aux remplissage et
vidanges manuels successifs de digesteur.
En plus de devoir gérer la saisonnalité des apports, l’exploitant du méthaniseur doit gérer la
qualité des déchets organiques dont il dispose au cours de l’année. En effet, des déchets
organiques n’ont pas tous le même pouvoir méthanogène. Il peut alors s’avérer nécessaire de
faire des mélanges pour assurer un rendement suffisant de la méthanisation
Le gaz résultant de la fermentation méthanogénique est connu sous le nom de gaz de marais,
gaz des égouts ou biogaz.
Le biogaz est un gaz produit par la fermentation des matières organiques animales ou
végétales en absence de l’oxygène. Cette méthanisation se produit naturellement (ex. le gaz de
marais – lieu de décomposition de matières végétales et animales où l’on peut observer la
formation des bulles à la surface de l’eau) ou spontanément dans les décharges des
immondices, des lisiers ou fumiers mais, on peut aussi la provoquer artificiellement dans des
digesteurs.
Le biogaz se caractérise en premier lieu par sa composition chimique et par les caractéristiques
physiques qui en découlent. Il est essentiellement un mélange de méthane (CH4) et de gaz
carbonique (CO2) inerte. Cependant le nom « biogaz » regroupe une grande variété de gaz
issus de procédés de traitements spécifiques, à partir des déchets organiques divers
Industriels, d’origine animale, ménagère, etc.
Déchets de
Ordures Boues de Déchets
Composants l’industrie agro-
ménagères STEP agricoles
alimentaire
CH4 % vol 50-60 60-75 60-75 68
CO2 % vol 38-34 33-19 33-19 26
N2 % vol 5-0 1-0 1-0 -
O2 % vol 1-0 < 0,5 < 0,5 -
6 (à 40 ° 6 (à 40 °
H2O % vol 6 (à 40 ° C) 6 (à 40 ° C)
C) C)
Total % vol 100 100 100 100
Selon sa composition, le biogaz présente des caractéristiques qu’il est intéressant de comparer
au gaz naturel (Tableau 8). Le biogaz est un gaz sensiblement plus léger que l’air, il produit
deux fois moins de calories par combustion à volume égal que le gaz naturel.
Biogaz 1 Biogaz 2
Types de gaz Ordures Industrie agro Gaz naturel
ménagères alimentaire
60% CH4 68% CH4 97,0% CH4
33 % CO2 26 % CO2 2,2% C2
Composition 1% N2 1% N2 0,3% C3
0% O2 0% O2 0,1% C4
6% H2O 5 % H2O 0,4% N2
PCS(kWh/m )3 6,6 7,5 11,3
PCI(kWh/m3) 6 6,8 10,3
Densité 0,93 0,85 0,57
3
Masse volumique (kg/m ) 1,21 1,11 0,73
ndice de Wobbe 6,9 8,1 14,9
L’énergie du biogaz provient uniquement du méthane : le biogaz est ainsi la forme renouvelable
de l’énergie fossile très courant qu’est le gaz naturel qui lui contient essentiellement du méthane
mais aussi d’autres éléments en traces.
Dans les mêmes conditions de température et de pression et à volume égal, le biogaz est plus
léger que l’air, sa densité par rapport à l’air est environ égale à 0,7.
Par conséquent, en cas de fuite, le biométhane aura tendance à s’échapper vers le haut
contrairement au butane et au propane, ce qui évite les risques d’accidents.
Le méthane brûle avec une flamme bleue lorsque sa combustion est complète. Celle-ci
s’accompagne d’un fort dégagement de chaleur. Dans ces conditions, 1 m3 de méthane peut
atteindre en brûlant une température de 1400°C et dégage une quantité de chaleur de 8500 à
9500 Kcal.
La comparaison du pouvoir calorifique du biogaz avec celui des combustibles usuels permet
d’énoncer les équivalents approximatifs suivants :
1 m3 de biogaz équivaut du point de vue énergétique à 1,25 Kilowattheure
Sa combustion produit une quantité d’énergie équivalente à celle de 0,7 litre de pétrole
ou 0,6 litre de gasoil.
Le biogaz épuré par des moyens décrits ci-après arrive à de teneurs de plus de 95 % de
méthane et devient équivalent au gaz naturel (voir tableau II). I.4.5.1 Systèmes d’épuration
rencontrés (14)
L'utilisation du biogaz dans des moteurs à combustion interne exige une teneur en H2S soit
maintenue â moins de 1, 5 g/m3 afin d'éviter la corrosion.
Pour l’éliminer, on fait passer le biogaz à travers un filtre de l'oxyde de fer (Fe2O3, rouille) ou à
défaut à travers de la limaille (pailles de fer) qui pourront -être régénérés par simple exposition à
l'air libre, avec départ du soufre. Le charbon de bois peut aussi servir de matériau filtrant.
On -peut employer des gazomètres souples en butyl ou en polystyrène pour stockage à basse
pression. On emploie couramment des cloches gazométriques. Ces cloches peuvent même
être construites de façon à flotter à la surface du liquide même du digesteur ou bien elles
peuvent flotter dans un autre récipient contenant un liquide.
VI.7.3 Carburant.
C'est de loin l'utilisation la plus spectaculaire de ce gaz dont les propriétés antidétonantes en
font un supercarburant sans additifs.
Le biogaz brut ou épuré convient parfaitement à l'alimentation des moteurs diesels ou essence.
Des moteurs diesels fonctionnant au gaz sont couramment commercialisés. Les moteurs à
essence demandent une simple modification du carburateur et de l'avance à l'allumage. En
France, plus 5 millions des véhicules fonctionnent au gaz méthane.
Les moteurs fixes (groupes électrogènes, motopompes, moulins, machines agricoles fixes, etc.)
peuvent être alimenté avec le biométhane non épuré, à basse pression avec un simple robinet
et un mélangeur avant les soupapes.
Les tableaux 9 et 10 reprennent le pouvoir calorifique des différents gaz et leurs utilisations du
biogaz.
No Utilisation Volume m3
1 Cuisine 2 /jour pour 5 à 6 personnes par heure et par
0,56 – 0,70 bruleur.
2 Eclairage 0,10 – 0,15 /heure et par point d’éclairage.
3 Refroidissement 0,8 Refroidissement de 55 litres de lait.
1,00 Refroidissement de 90 litres de lait.
1,25 Refroidissement de 150 litres de lait.
4 Frigo 0,034 / heure et par m3 de volume de frigo.
5 Couveuse 0,014 – 0,02 / heure et par m3 de volume de couveuse
6 Moteur à explosion 0,45 – 0,50 / cheval – vapeur et par heure
7 CH4 1,00 – 1,20 / litre
8 Biogaz 1,30 – 1,80 / litre
Comparé au carburant diesel
9 CH4 1,10 – 1,40 / litre
10 Biogaz 1,80 – 2,00 /litre
Le méthane peut évidemment servir dans tous les cas où l’on utilise les gaz naturels.
L’utilisation plus intéressante semble être l’alimentation de moteur fixe, ce qui économise les
frais de compression et de conditionnement et permet de récupérer une partie de la chaleur que
gaspille le moteur thermique pour le chauffage. Cette forme d’utilisation est encore plus
intéressante pour le biogaz à cause des gaz inertes qui s’y trouvent et qui devraient être
éliminés avant ou pendant la compression
On peut produire de l’électricité comme l’a fait JOHN FRY (Afrique du Sud) dans son moteur
diesel accouplé à une génératrice. Un pas de plus permettrait l’alimentation des voitures
électriques en chargeant les batteries d’accumulation près du digesteur.
Inconvénients du biogaz :
réduction du rayon d’action
trop peu de stations de distribution
il faut transporter des lourdes bouteilles en acier
manque de services techniques
contrôle périodique de bombonnes
production trop peu importante.
Les processus de biométhanisation actuels, qui utilisent comme matières premières : le fumier
de bovins, excrément, effluents des industries agro-alimentaires etc... sont très inefficaces, car
les calories disponibles et la valeur nutritive pour les bactéries de ces substances sont très
faibles. En effet, les calories présentes dans l'alimentation ont déjà été utilisées par le bétail, les
humains ou les procédés de fermentation.
Le bon sens dit que la production d'énergie d'un système doit correspondre à l'entrée. Le
méthane à un pouvoir calorifique de 11.000 kcal/m3. Pour obtenir un haut rendement
énergétique, le processus de méthanisation devrait recevoir un apport calorique élevé.
Aujourd’hui, les déchets solides municipaux (DSM) sont également utilisés comme source
méthane. Les déchets alimentaires ont une teneur calorifique élevée, mais dans le processus
actuel, appelé le système de fermentation en deux phases, les déchets sont soumis à une
première fermentation aérobie afin de réduire sa teneur en amidon et alors seulement, ayant
laissé très peu des calories, ils peuvent être alimentés aux réacteurs anaérobies de méthane.
Ces systèmes de production traditionnels de biogaz permettent de produire environ 15 m3 de
méthane par tonne de matière première (en poids sec) dans un processus achevé en 40 jours.
VI.8.2. La nouvelle technologie de production des biogaz par des réacteurs compacts et à
haut rendement.
La nouvelle technologie de production de biogaz utilise des matières premières à haute teneur
calorique, composées de féculents ou des matières sucrées. Cette haute teneur en calories
dans le substrat permet de produire 400m3 de méthane par tonne de matière première (en
poids sec) dans un temps de traitement d'une journée.
Ce qui signifie que pour couvrir le besoin en méthane d'un ménage pour cuire 3 repas par jour,
il faudra ajouter 2 kg de matériaux par jour à l'unité de méthane (réacteur). Les matières
premières utilisées peuvent être aussi variées que les déchets végétaux ménagers tels que les
pelures et peaux des fruits ou légumes ,les aliments périmés ou qui moisissent déjà,' les sous-
produits des transformations agro-alimentaire : production de la bière (drèche), production
d'huile, d'alcools, des farines, les déchets de céréales, les semences d'espèces végétales, les
tourteaux de graines oléagineuses non comestibles, les fruits non comestibles ou non
marchandes (fruit sauvages, les mangues et les bananes trop ou pas assez mûres...). Les
restes de nourritures (foufou, riz, pain, chikuanga, etc...) ou huile de cuisson usée, même de la
farine balayée du plancher d'un moulin à farine peuvent être utilisés comme matière première
pour le réacteur de production de biogaz.
Le digesteur compact peut être utilisé tant en milieu urbain que le milieu rural. Le méthane brûle
avec une flamme bleue, sans produire de la fumée ou de la suie. C'est donc un système de
cuisson respectueux de l'environnement. Ainsi, l'introduction de la nouvelle unité compacte de
production du biogaz n'aide pas seulement les ménages à utiliser leurs déchets organiques,
mais aussi aide à prévenir des millions de décès prématurés de femmes et d'enfants des
ménages ruraux en raison de la pollution de l'air causée par la fumée et la suie du bois de
chauffage traditionnel, ce qui a un impact positif sur la santé de la population. Par ailleurs, ce
système permet de réduire l'utilisation de bois et donc la déforestation, ainsi que l'utilisation et le
transport de gaz du pétrole liquéfié (GPL). La petite quantité de résidus solides (digestat)
produits par l'unité est un bon engrais organique pour l'agriculture ou la pisciculture.
Les eaux du lac Kivu présentent une structure stratifiée " en escalier " particulièrement évidente
au vu des variations de ses paramètres physico-chimiques avec la profondeur.
L'explication précise de ce phénomène de stratification est complexe. Les eaux du lac se
caractérisent par des couches homogènes - où le mixage par convexion se fait facilement -
séparées par des couches à haut gradient de densité qui jouent le rôle de barrière au processus
de mélange.
Le gaz résultant de la fermentation méthanogénique est connu sous le nom de gaz de marais,
gaz des égouts ou biogaz.
Dans les mêmes conditions de température et de pression et à volume égal, le biogaz est plus
léger que l’air, sa densité par rapport à l’air est environ égale à 0,7.
Par conséquent, en cas de fuite, le biométhane aura tendance à s’échapper vers le haut
contrairement au butane et au propane, ce qui évite les risques d’accidents.
Le méthane brûle avec une flamme bleue lorsque sa combustion est complète. Celle-ci
s’accompagne d’un fort dégagement de chaleur. Dans ces conditions, 1 m3 de méthane peut
atteindre en brûlant une température de 1400°C et dégage une quantité de chaleur de 8500 à
9500 Kcal.
La comparaison du pouvoir calorifique du biogaz avec celui des combustibles usuels permet
d’énoncer les équivalents approximatifs suivants :
1 m3 de biogaz équivaut du point de vue énergétique à 1,25 Kilowattheure
Sa combustion produit une quantité d’énergie équivalente à celle de 0,7 litre de pétrole
ou 0,6 litre de gasoil.
INTRODUCTION ......................................................................................................................... 1
ANNEXES ................................................................................................................................. 76
ANNEXES