Plan du travail
1. Les différents types de résistances et soulèvement
1. 1 les résistances
1 . 2 le soulèvement
2 . Les causes et conséquences de résistances et soulèvement dans l'Est
nigérien
2 . 1 les causes de résistances et soulèvement
2 . 2 les conséquences de résistances et soulèvement dans l'Est nigérien
Conclusion
Introduction
À
la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle l'espace compris entre le
fleuve Niger et le lac Tchad va connaître une conquête par les puissances
européennes. Cette mise en conquête a pour origine à partir de la
conférence du Berlin qui s'est déroulée entre novembre 1884 en février 1885
pour déterminer les modalités d'occupation du continent africain. C'est en ce
sens que des missions ont été dépêchées par la France sur l'ensemble de
l'espace nigérien, en général, mais en particulier Celles conduites dans l'Est de
l'espace nigérien. Néanmoins, dans cet espace l'Est nigérien où l'on trouve les
Etats du Damagaram, du Damargu, le Mangari et un peu dans la partie
bornouane.
Alors comment les populations de l'Est de l'espace nigérien se sont opposées et
se soulevées contre la conquête coloniale ?
Quelles en sont les résistances face à la conquête coloniale dans l'Est nigérien?
A-t-il y eu un soulèvement dans l'Est de l'espace nigérien?
Quelles sont les causes et conséquences de ces derniers dans l'Est nigérien
contre la conquête coloniale ?
Nous allons essayer avec notre faible connaissance de parcourir ces questions.
1 . Les résistances et soulèvement dans l'Est nigérien
1 . 1 les résistances
Au Damagaram, au moment du déferlement des français au Soudan central, le
Damagaram connaît une situation politique stable. Les premières missions françaises ont
éteint le pays sous le règne d'amadou kuran Daga( le l'hyène mâle), 1893 1899, ( Issa:2006).
Avides des terres africaines, les français ont envoyés d'abord une mission dans l'Est nigérien
conduite par le capitaine Cazemajou et son interprète Olive pour s'enquerir des intentions et
de la puissance militaire de Rabah, l'homme qui constituait une épine dorsale pour les
français de l'époque. À leur arrivée à Zinder, les français ont reçu de la part des autorités
zinderoise un accueil chaleureux. Par la suite le sultan invita au palais les ces deux Français le
5 Mai 1898, le chef de la mission, Cazemajou refuse de se conformer aux prescriptions du
protocole. Son arrogance lui a valu le châtiment suprême et son interprète a suivi le même
sort. Selon une autre version, l'exécution de ces deux Français a été motivée par le refus de
l'Aristocratie zinderoise de voir les << infidèles>> envahi son pays.
L'exécution du capitaine Cazemajou et de son interprète Olive montre la détermination
des autorités du Damagaram à s'opposer à la présence étrangère. Mais l'échec de cette
mission ne va pour autant freiner l'ambition des français qui dépêchent, peu après, d'autres
missions de conquête dans la région. Leur passage a donné à des affrontements sanglants.
Dans la poursuite de leur opération, après l'exécution du capitaine Cazemajou, une mission
est dépêchée sous les ordres de Pallier qui prend la route de Zinder. À son arrivée à la
hauteur de Tirmini, ils reçuerent des tirs des flèches et fusils envoyés par l'armée du
Damagaram sous le commandement du sultan Amadou kuran Daga en personne. Cette
bataille a donné la preuve inlassable de l'audace du sultan mais aussi de sa détermination de
préserver son rayaume de la domination étrangère. Après de violent combat les français
dotés d'un armement lourd ont contraint les résistants à la retraite. Le Sultan, réfugié à
Rumdji, sera pris et assassiné le 15 septembre 1898.
La defaite d'Amadou kuran Daga a permis, aux français, une infiltration dans la ville de
Zinder. Cette ville désertée par les populations sera la cible des pillages pour les français.
Après cette victoire par les français, ils vont nommer un très jeune Amadou Dan Bassa ou
Amadou ll.
Une page de l'histoire du Damagaram vient d'être tournée. Elle ouvre la route pour le Tchad.
La conquête française a prise son allure vers la région du Tchad où une bataille sera livrée
contre la présence étrangère dans leur territoire. La bataille du Tchad a été marquée par une
série d'affrontements meurtriers, certes les patriotes sont défaits mais le commandant Lamy,
à l'instar de Rabih ou Rabah, a véritablement trouvé la mort le 22 avril 1900, lors de la
bataille de Kuseri. Cette victoire consacre la main mise sur les territoires qui leur sont
reconnus par les autres puissances européennes. Peu temps après, le 23 juillet 1900, est créé
le territoire militaire de Zinder, placé sous la dépendance du Haut Sénégal Niger. Mais il faut
encore du temps pour contrôler le Sahel et le Sahara nigérien, vaincre les résistances dont les
manifestations persistent jusque dans l'entre deux guerres mondiales. Le Damargu sera un
des foyers actifs.
La résistance au Damargu, après la conquête du Damagaram les français entreprirent la route
vers le Damargu au Nord du Zinder qui était sous l'autorité d'un Targui de la tribu de
Immozourag, Moussa Damargouma installé dans la ville fortifiée de Tanimoune. Moussa
refusa de composer avec les français de Zinder. Pour en finir, avec les européens, poussés par
les Touareg Kel-Ewey ses adversaires, lancèrent contre Moussa un détachement de 100
hommes placés sous commandement du sergent Bouthel. Le détachement français partit de
Zinder 10 juillet 1900. Le 19 juillet, ils se présentèrent devant Tanamari ou Talmari. Moussa
avait mobilisé ses troupes et les attendait de pied ferme. Grâce à la supériorité de leur
armement, les français eurent raison sur des Touareg Immozourag dont le chef, Moussa fut
tué au cours du combat et sa capitale prise, pillée et incendiée. Par la suite, son neveu Hanjar
et son frère Danda qui décidèrent de poursuivre la lutte contre les hommes blancs et fini par
être battus à leur tour. Alors les Touareg Immozourag préfèrent de s'exciler plutôt que de se
soumettre aux français: entre 1901et 1902, ils prirent le chemin du kanem.
Après le drame de Talmari, Kaoussan aurait quitté le Damargu pour l'Est, à la même
occasion, il rencontra de Ouachenkale parmi les partisants d'Abdallah Tower, chef de Zâwiya
senoussiste du kanem que commendait le lieutenant Mourot,une large coalition des guerriers
Dagra et Touareg va attaquer la grande caravane de Kel-Away à Hawrak. L'attaque de Hawrak
a donné un puissant coup d'envoi à la lutte anti coloniale dans la région. L'action
d'intimidation par la colonne française dépêchée de Zinder, s'intensifie et se diversifie (prise
d'otage, crime crapuleu, répression sur le village entier au Damargu comme à kutus). Les
résistances se replient alors au kanem, avec d'autres résistances Kel- Geres et Kel-Ayar. Tous
répondent à l'appel de sanoussiya pour la formation d'un large front contre l'expansion
française.
De 1901 à 1903, la résistance a revêtu la forme d'un affrontement rangé au kanem et de
harcèlements de trafic caravanier au Damargu si bien que les Kel-Awey sont contraints
d'accepter une escorte humiliante de la caravane par un détachement des militaires français
va opter pour une intervention de plus en plus caractérisée dans les affaires locales, plaçant à
la tête des cantons des chefs à qui à sa cause. La population refuse de reconnaître l'autorité
de ces chefs au point où l'administration parlait d'une situation d'anarchie et d'emancipation.
Ainsi, les paysans Dagra et Haousa ont manifesté à leur manière, l'hostilite à la colonisation.
La resistance Anti coloniale dans le Mangari, qui est une localité prolonger sur la marche
septentrionale de l'empire bornouan, est constitué à la fin du XIXe siècle de principautés
autonomes dont certaines comme le Munio ou Gamou ont été annexées par le Damagaram.
Les principautés riverains de la Komadugu Yobé et du lac Tchad ont été les
foyers de résistances actives. Il en a été de même au kutus, zone du repli des
résistants Touareg du Damagaram ont bénéficié d'un soutien multiforme des
Dagra. En Avril 1902, la révolte au Munio a été sauvagement réprimée par la
troupe du commandant Levin. Il faut également signaler les troubles
provoquées par les Buduma à la suite d'un incident au poste français de
Kuloma. La population a été malmenée, certains des chefs humiliés. Le Kacyala
du Kabi a été déporté en Côte d'ivoire alors que celui de Maïna saroua sera
perdu en 1907 par les Anglais devenu les nouveaux maîtres de Komadugu.
Bien que les conquêtes ont abouti dans presque l'espace l'Est nigérien selon sa
forme et ses portées. Mais, il n'en demeure pas moins que d'autres population
vont se soulever contre ces conquérants.
1. 2 le soulèvement dans l'Est nigérien face à conquête coloniale
Après la victoire des troupes françaises contre l'Aristocratie zinderoise, les
Européens occupèrent la ville de Zinder le 30 juillet 1899 où ils nomment à la
tête du Damagaram un nouveau souverain: Amadou ll ou Dan Bassa, un
adolescent d'environ dix huit ans, demi frère d'Amadou l ou kuran Daga.
Amadou ll qui était au service de blancs eut vite à tirer de la riche histoire du
Damagaram, suffisamment des ressources pour braver les occupants. En effet, il
a organisé en 1906 une vaste conjuration pour nettoyer son pays de la présence
française.
Bref, Amadou ll assiste, impuissant, à l'agonie de son sultanat. Désireux de se
venger. Il organisa un vaste complot visant à anéantir les français du Zinder. Il
faut à ce niveau souligner le rôle glorieux des conspirateurs qu'ils ont été
mobilisés pour la réussite d'une telle conjuration. On peut citer à titre illustratif
entre autres: le sultan en personne, les marabouts conseillers à sa cour, les
négociants comme Malam Yaroh, qui est chargé de recruter une centaine de
caravaniers armés et des Yen Kama ( hommes vulnérables), l'interprete du
cercle, Ali Diallo et des ambassadeurs à titre divers. Mieux, Amadou est entré en
rapport avec Kano, Sokoto et Hadeja. Les notables de ces régions avaient tous
soutenu le projet d'Amadou Dan Bassa.
Mais, à l'issue d'une réunion, l'officier français le capitaine Lefèbvre apprend
avec le docteur Jarrigue qu'Amadou ll aurait dû l'intention de lassassiner et
d'enlever le poste. Très discrètement, l'officier commence ses investigations et
decouvre que les rumeurs qui circulent sont fondées. Il informa le chef de
bataillon Gadel. Le 30 Mars 1906, le commandant Gadel regagna Zinder et le
même jour où il a fait incarcérer Amadou ll et ses complices avant de poursuivre
l'enquête déjà largement entamée par Lefèbvre. Celle-ci confirme<< avec
certitude l'existence d'un complot>>.
Déchu de ses fonctions, le sultan est condamné à dix ans dinternement à
Dabou, en Côte d'ivoire. Ses trois conseillers ( Chetima Malam Mammadou,
Chérif Fadil et Malam Gapto), ont suivi le même sort. Mais, le négociant comme
Malam Yaroh et l'interprete Ali Diallo<<compte tenu des services rendus
autrefois par eux à la cause française>> ne sont condamné qu'à deux années de
prison chacun. Tous étaient déférés à Dabou.
2 . Les causes et conséquences de ces résistances et soulèvement dans l'Est
nigérien.
2 . 1 les causes de résistances et soulèvement
D'une manière générale on peut dire sans risque que les causes véritables de
cette révolte sont les diverses exactions du système colonial et la politique de
destruction progressive dans l'Est nigérien. En d'autres termes, de la fin du XIXe
siècle et début du XXe siècle les populations de l'Est nigérien ont manifesté
diverses formes de résistances à la pénétration coloniale: refus de signer des
traités d'allegeance, fuite devant l'avancée des troupes ennemies,
affrontements rangés, etc. Tout cela à pour but de préserver leur indépendance
politique et leurs cultures.
Ainsi, les frustrations accumulées par l'Aristocratie zinderoise l'ont conduit à
organiser un vaste soulèvement de concert avec d'autres emirs du Nord Nigeria
dont celui de Sokoto.
2 . 2 les conséquences
Au Niger en général, le mouvement des résistances anticoloniale a connu
une ampleur remarquable dans l'espace. Mais en particulier celui dans l'Est de
l'espace nigérien où la durée de cette résistance a fallu attendre en 1907 pour
installer sa dépendance. Ceci se fait la lecture des soutiens apportés par les
patriotistes que composent cet espace. Malgré leur détermination et leur
mobilisation, les résistances ont échoué.
Donc, quelles sont les raisons de cet échec ?
La raison principale est liée à l'unité politique manquée à tous les niveaux des
résistants ce qui a rendu difficile la coordination de la resistance. Après juste
l'arrestation de Amadou Dan Bassa, le sultanat du Damagaram fut divisé en
trois provinces dirigées par des notables choisis par les autorités coloniales.
Amadou Dan Bassa mourrut en 1950 à Ghezza , son village natal. Mieux encore,
la limitation de l'horizon politique en ce sens que l'intérêt particulier prend
rapidement le dessus sur l'intérêt collectif d'où l'absence d'une unité d'action.
On peut également gorge l'impact de la resistance sur le volet culturel, la
négativité du pouvoir mythique. Si au départ, il a parmi de mobilier les
combattants. Cette croyance a véritablement exposé les combattants à des
erreurs irréparables. Il y a aussi la raison d'ordre technique e militaire., la
supériorité technologique des Européens a donné contribué à l'échec des
combattants de la liberté( Issa: 2006).
Autres choses, le succès de la resistance a été surtout d'ordre psychologique. Le
mythe qui fait de l'homme blanc était imbattable ne n'a plus de fondement d'où
les patriotes sont confortés dans les valeurs de leur cultures de même que le
mythe de la supériorité blanche est tombé.
Bref, les résistances étaient tant bien que négatives pour les résistants mais
elles ont été également positives dans sa conduite.