Art Et Politique
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Ève Lamoureux
art et politique
Nouvelles formes d’engagement artistique
au Québec
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financier.
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Remerciements 7
Note de l’auteure 10
Introduction 11
Chapitre 1
Regard historique sur l’art engagé au Québec 27
Courant automatiste (1945-1960) :
émergence de l’engagement 28
Art d’animation et art militant (1960-1980) :
âge d’or de l’engagement 37
Art alternatif et art féministe (1975-1990) :
remise en cause de l’engagement 58
Fin de l’art engagé ? 75
Chapitre 2
Milieu des arts visuels 77
Grandes dynamiques à l’œuvre 77
Portrait du milieu des arts visuels 86
Chapitre 3
Analyse d’œuvres :
modes d’inscription d’une dimension politique en art 91
1. ATSA : L’État d’urgence 92
2. Folie/culture : Manifestation pour le droit au bonheur 104
3. Devora Neumark : Entre Nous 119
Chapitre 4
Définition et paramètres de l’engagement 129
Définition de l’engagement dans et par l’art 129
Préoccupation à l’égard des questions sociales ou politiques 135
Objectifs poursuivis 140
Stratégies formelles et relationnelles 143
Liberté et responsabilité sociale des artistes 145
Engagement transformé 148
Chapitre 5
Cibles, trajectoires et effets de l’art engagé 166
Réception 166
Rôle et impact social et politique 176
Chapitre 6
Positionnement institutionnel des artistes 193
Lieux de la pratique 193
Répercussions de l’intervention gouvernementale 206
Positionnement critique et engagement dans le milieu de l’art 207
Art contestataire n’impliquant plus la marge 211
Conclusion 215
Les caractéristiques de l’art engagé actuel 219
Art micropolitique 230
Conception alternative et autonomiste du pouvoir 237
Bibliographie 246
Annexe 1
Brefs portraits d’artistes 261
Première génération d’artistes (1975-1980) 261
Deuxième génération d’artistes (1985-1990) 264
Troisième génération d’artistes (1995-2000) 266
Annexe 2
Liste des œuvres 269
Remerciements
Extrait de la publication
Extrait de la publication
Note de l’auteure
Introduction
L’objet de ce livre porte sur les caractéristiques de l’art engagé chez les
artistes en arts visuels, au Québec (1990-2006), qui adoptent des pratiques
artistiques relevant de l’installation, de la performance et de l’intervention.
Plusieurs questions sous-tendent cette entreprise. Est-il possible, aujour
d’hui, de parler d’art engagé ? Si oui, en quoi celui-ci est-il différent de ce
qui s’est fait précédemment ? Comment, socialement, politiquement, cultu-
rellement et artistiquement, pouvons-nous expliquer ces éventuels change-
ments ? Comment les artistes définissent-ils l’engagement actuel et ses
principales composantes ? Comment les artistes qui sont réputés, dans leur
milieu, être interpellés par des questions sociales et politiques nomment-ils
et conçoivent-ils leurs représentations et pratiques ? Comment leur vision
du rôle sociopolitique de l’art modèle‑t‑elle leur esthétique ? Finalement,
que nous apprend l’engagement artistique sur les formes contemporaines
de l’engagement politique ?
Nous explorerons donc les caractéristiques théoriques (le modèle) et
pratiques (les expériences) de l’engagement et de l’art engagé dans l’histoire
québécoise. Nous nous interrogerons aussi sur les raisons des transforma-
tions dans les formes de l’engagement : les causes sociales et politiques, les
changements institutionnels et les mutations culturelles et artistiques. En
outre, nous analyserons les caractéristiques actuelles de l’art engagé : sa ou
ses définitions, ses principales balises, ses liens avec les spectateurs et les
résultats recherchés, son impact sociopolitique, son rapport aux lieux
d’exposition et aux institutions artistiques, économiques et étatiques. Cela
nous permettra d’étayer notre intuition que l’art engagé révèle des informa-
tions pertinentes au sujet de l’engagement actuel, de ses mutations et de ses
enjeux.
Extrait de la publication
découpent des espaces et des temps, des sujets et des objets, du commun et du
singulier.
Selon Habermas, les formes symboliques opèrent dans, et sur, le « monde
vécu » et affectent les sphères de représentation de la communauté en
ébranlant les cadres de l’existence et les modes de perception quotidiens.
Ainsi, elles (ré)organisent, du moins potentiellement, les significations,
influencent les plans cognitifs et normatifs de l’existence et enrichissent les
structures du monde vécu.
L’artiste est un acteur social intéressant à analyser lorsqu’on tente de
comprendre la question de la redéfinition de l’engagement puisque la par-
ticularité de l’art est de favoriser des « manières d’être sensibles », comme
l’explique Rancière. L’artiste détient une compétence singulière : celle de
faire preuve de sensibilité dans son regard sur le monde et sur les autres et
de la diffuser dans l’espace public. Il peut donc attirer notre attention sur
des éléments d’actualité. En outre, les expériences d’engagement artistico-
politique sont réalisées avec une assez grande autonomie, dans d’autres
cadres et avec d’autres outils que les façons de faire généralement définies
comme politiques, et en faisant largement appel à la créativité. Elles peuvent
ainsi rendre plus visibles, plus claires, certaines des caractéristiques de
l’engagement des acteurs sociaux actuels. L’idée ici n’est aucunement que
les artistes anticiperaient des tendances, qu’ils seraient des précurseurs, mais
bien qu’ils peuvent nous permettre d’approfondir certaines questions
puisque, dans le propre de leur pratique, celles-ci ressortent de façon plus
aisément repérables.
En troisième lieu, rappelons-nous qu’art, société et politique ont toujours
été intrinsèquement liés. Et contrairement à l’image très répandue de l’ar-
tiste contestataire, épris de liberté et réfractaire au monde dans lequel il
s’insère, la figure historiquement la plus répandue est celle d’un artiste
partie prenante de sa collectivité. Ce dernier en renforce la culture com-
mune et les représentations symboliques porteuses de sens pour le vivre-
ensemble. Il n’est pas anodin que les gouvernements, dans les sociétés
démocratiques au xxe siècle, aient largement contribué au développement
du milieu des arts.
Sans entrer dans les détails de l’historique des liens entre art et politique,
il est instructif de rappeler brièvement ses principales étapes. De l’Antiquité
à la Renaissance, il existe une jonction très étroite entre le pouvoir, l’art et
l’ordre cosmogonique et religieux. Dans le cas de l’art tribal et de l’art reli-
gieux, cette proximité rend impossibles des liens conflictuels entre l’art et le
pouvoir puisque l’art est trop solidaire des structures hiérarchiques de
l’ordre social. Il ne réfléchit pas sur la politique, ne se questionne pas sur la
Extrait de la publication
nature du pouvoir et sur sa mise en œuvre pratique. Dans l’art grec, cet
impossible est un peu relativisé par le rôle du théâtre à Athènes, ce dernier
faisant partie de la vie politique de la Cité. Il sert surtout, par contre, à
renforcer l’ordre collectif : « Dans ce milieu particulier, en effet, il advient le
plus souvent que l’art tient le rôle de langage civique, module spécifique
d’expression du code commun et occasion d’une célébration collective sans
droit à l’hubris, — bref, une sorte de catéchisme laïc ajouté au cérémonial
rituel et complémentaire à celui-ci. »
À la Renaissance, la dissociation entre l’art et les pouvoirs politiques et
religieux favorise une certaine autonomie des artistes, permettant l’appari-
tion d’un art politique. Cependant, le mécénat, seul mode possible de
financement des arts, pipe les dés en instaurant une prise en charge directe
de l’art par le pouvoir, n’autorisant ainsi qu’un art de valorisation du pouvoir
et des hommes de prestige. Ce phénomène se perpétue d’ailleurs au xxe siècle
dans les régimes autoritaires.
Avec la Révolution française naissent les conditions d’avènement d’un
art pouvant influencer le cours de l’histoire et participer aux bouleverse-
ments de l’ordre social et politique. Cependant, la politisation massive de
l’art ne s’opère réellement qu’au xxe siècle, grâce aux progrès démocratiques
et technologiques et à l’importance que revêt la subjectivité de l’artiste dans
l’œuvre. La figure de l’artiste contestataire prend alors tout son allant.
La politisation de l’art peut alors être comprise selon deux acceptions :
l’art comme « objet politique » et l’art comme « initiateur d’une action
politique ». Dans le premier cas, le pouvoir politique prend en charge le
monde de l’art, et ce, de plusieurs façons : en le soutenant par le biais d’une
politique culturelle et d’investissements importants ; en l’accaparant pour
en faire un organe de propagande au service du pouvoir (on n’a qu’à penser
ici au nazisme et au communisme d’URSS) ou, encore, en le réprimant, car
il est considéré comme un contre-pouvoir menaçant.
Dans le deuxième cas, l’art devient « l’initiateur d’une action politique ».
Il est considéré comme potentiellement efficace, puisqu’il est une activité
symbolique publique, et que les artistes sont des acteurs sociaux influents du
fait de leur popularité et de leur autorité. Comme les intellectuels, les artistes
sont perçus comme compétents à s’exprimer sur les enjeux sociopolitiques.
Ils peuvent légitimer ou délégitimer le pouvoir. Les liens entre ce dernier et
l’art prennent alors la forme non pas d’un exercice concret du pouvoir, mais
celle d’une influence sur l’opinion citoyenne. Dans les sociétés démocrati-
ques, cette influence est diffuse et moins saisissable que dans les régimes
autoritaires. Il n’empêche qu’elle existe puisque les détenteurs du pouvoir
redoutent les prises de position des artistes et leurs œuvres et cherchent à les
. Paul Ardenne, L’art dans son moment politique : Écrits de circonstance, Bruxelles, La Lettre
volée, 1999, p. 25.
avoir à leur côté. Cela dit, tout comme pour l’action politique, lorsque l’art
s’engage sur le terrain du politique, rien n’assure qu’il se place du côté des
forces progressistes ou émancipatrices. Les expériences d’engagement des
artistes au xxe siècle ne laissent aucun doute sur cette question.
Quelques repères
L’analyse du lien entre art et politique au xxe siècle nous amène au constat
suivant : l’engagement, tant politique qu’artistique, se déploie, d’abord,
selon une conception avant-gardiste. Celle-ci est ensuite remise en cause par
les mutations culturelles, sociales, institutionnelles et politiques provoquées
par la crise de la modernité, et en raison des changements dans les concep-
tions de l’art liés à l’avènement de la postmodernité artistique. Qu’en
résulte-t-il ? Un engagement par l’art qui, du moins nous semble-t-il, prend,
entre autres, la forme d’une action micropolitique visant à rendre actif le
spectateur.
Art d’avant-garde
Durant une bonne partie du xxe siècle, la réflexion sur le lien entre art et
politique se situe dans un contexte d’avancées technologiques assez vertigi-
neuses, d’expansion du marché culturel et d’interventions étatiques de plus
en plus nombreuses et importantes. Ces éléments donnent lieu à une
transformation majeure des arts et de la culture en matière de conceptuali-
sation, de création, de production, d’apparition de nouveaux moyens
d’expression, de diffusion et d’accessibilité.
Le prix à payer pour cet essor est, selon certains, assez élevé, puisqu’il
entraîne une crise de la culture savante et une commercialisation de l’art.
Arendt, Adorno et Horkheimer de l’École de Francfort verront ainsi dans
l’expansion de la culture de masse une gestion technicienne de la culture,
une standardisation des arts, une transformation de l’œuvre en « produit »,
une mutation de la pensée en raison instrumentale et un abrutissement du
peuple, qu’ils dénonceront vivement. Debord, entre autres, reprendra ces
inquiétudes et s’attaquera à la marchandisation du monde, lequel fonc-
tionne selon le principe de l’aliénation, à travers la non-intervention et la
non‑participation : les êtres humains sont devenus les spectateurs passifs de
leur propre vie.
D’autres, comme Benjamin et Brecht, analyseront différemment les effets
de l’essor technologique dans l’art. Sans faire l’apologie de son développe-
ment économiciste et commercial — bien au contraire —, ils y verront une
. « Actif » étant entendu en opposition à la passivité décriée par Debord, parce qu’associée à
la consommation et au divertissement.
Extrait de la publication
Extrait de la publication
entre autres par Adorno, met plutôt de l’avant une séparation radicale de
l’art et de la politique, puisque l’art est pensé comme « une puissance sin-
gulière de présence, d’apparition et d’inscription, déchirant l’ordinaire de
l’expérience. » Elle crée ainsi l’illusion d’une autonomie complète de la
création artistique par rapport aux autres sphères d’activité humaine.
Comme l’explique Rancière, aussi opposées que ces positions puissent
être, elles partagent la même « utopie esthétique », celle d’avoir une inci-
dence politique : « La première identifie les formes de l’expérience esthétique
aux formes d’une vie autre. Elle donne comme finalité à l’art la construction
de nouvelles formes de la vie commune, donc son autosuppression comme
réalité séparée. L’autre enclot au contraire la promesse politique de l’expé-
rience esthétique dans la séparation même de l’art, dans la résistance dans
sa forme à toute transformation en forme de vie. »
Peu importe la définition adoptée, la modernité culturelle promeut, à
l’encontre de la tradition et des façons antérieures de concevoir l’art, la
nouveauté et la rupture brusque. Les avant-gardes artistiques et artisticopo-
litiques se succèdent donc, les artistes « marchant en avant des troupes »,
jouant un rôle de pionniers et de guides. Dans le cas de l’art engagé, ce rôle
avant-gardiste se présente comme une sensibilité particulière qui permet
aux artistes de lire et de dévoiler avant et mieux que les autres les conditions
politiques essentielles du changement. Ce principe se jumelle à la croyance
que l’art engendre un monde, une vie, une humanité meilleure. Comme le
rappelle Thomas en parlant du projet des surréalistes, le « transformer le
monde » de Marx et le « changer la vie » de Rimbaud se conjuguent.
Quelles sont les caractéristiques de l’avant-garde artisticopolitique ?
L’idée de progrès ouvre la porte aux grandes idéologies universalisantes et
émancipatrices où, au nom d’une conscience universelle du beau, du juste
et du bien, les individus sont appelés à lutter afin d’accélérer le mouvement
de l’Histoire vers un mieux-être. Elle suppose un rapport particulier au
temps, à la fois long et marqué par les ruptures. Expliquons-nous. L’idée
d’avant-garde et la croyance dans le progrès impliquent que le temps soit
envisagé dans le sens d’une durée féconde, d’une historicité qui définit
« l’homme en tant qu’être-dans-le-temps » et « l’homme en tant qu’être-
pour-les-autres ». Ce dernier se réalise donc grâce à la création de liens
sociaux et à son appartenance au monde. Simultanément, l’avant-garde
implique l’idée d’une transformation radicale des choses : renverser les
institutions artistiques et les façons de concevoir l’art, renverser les condi-
tions de vie et les structures politiques et économiques qui assurent l’ordre.
. Ibid., p. 32.
. Ibid., p. 62.
. Antoine Prost, « Changer le siècle », Vingtième siècle : Revue d’histoire, vol. 60, no 60 (octobre/
décembre), 1998, p. 25.
Extrait de la publication
Crise de la modernité
Nous associons les transformations dans l’engagement aux diverses muta-
tions que subissent les grands vecteurs de la culture avec la crise de la
modernité, ainsi qu’au passage du modernisme au postmodernisme en art.
Bien qu’il s’agisse de deux phénomènes distincts, nous les analyserons ici
simultanément, puisque non seulement ceux-ci permettent de comprendre
les mutations de l’art engagé, mais ils s’éclairent mutuellement.
La crise de la modernité prend la forme d’une méfiance à l’égard de
l’universalisme propre à la pensée des Lumières. Ce phénomène est carac-
térisé par Lyotard comme la « fin des métarécits ». Les atrocités commises
au xxe siècle au nom des grands principes universalistes montrent que la
culture, l’art et la pensée ont failli dans leur tâche d’apporter le beau, le vrai,
le juste. La croyance dans le progrès technologique et social (le mieux-être)
et dans les idéologies émancipatrices et révolutionnaires (qui, selon certains,
contiendraient en leur sein un germe de totalitarisme) est ainsi fortement
ébranlée.
En outre, le rapport au savoir, à la vérité, à l’essence des choses, est pro-
fondément modifié et, par ricochet, l’autorité des gens détenteurs de ceux-
ci. Foucault, entre autres, s’attaque aux questions de la représentation, de la
vérité et du savoir. Il montre que les cadres généraux de la pensée et du
savoir évoluent au cours du temps en fonction des « conditions de possibi-
lité » de la vérité, de la connaissance, qui encadrent ce qui est possible et
acceptable au sein des sociétés. Explorant le discours, il révèle comment la
réalité ne prend forme qu’à travers celui‑ci. Et comment la « volonté de
vérité » est profondément traversée par des enjeux de pouvoir, qu’elle joue
un rôle normatif et met en « œuvre des mécanismes d’organisation du réel
Extrait de la publication
. Michel Foucault, « Les intellectuels et le pouvoir », entretien avec Gilles Deleuze, L’Arc, no 49
(2e trimestre), 1972, p. 42.
. Lucille Beaudry, « Du politique à propos de l’art : De la modernité à la postmodernité », Note
de recherche no 43, Montréal, Université du Québec à Montréal, Département de science politique,
1993, p. 20.
10. Daniel Vander Gucht, Art et politique : Pour une redéfinition de l’art engagé, Bruxelles,
Labor, 2004, p. 25.
Extrait de la publication
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Annexe 2
Liste des œuvres
. Toutes les œuvres reproduites dans ce livre l’ont été avec l’aimable autorisation des artistes.
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Extrait de la publication
ÈVE LAMOUREUX ÈVE LAMOUREUX
POLITIQUE
ÈVE LAMOUREUX
Les artistes contemporains délaissent les grandes luttes communes,
les partis politiques, et acceptent les subventions de l’État. Ils refu-
sent les étiquettes et se moquent du mythe de l’artiste guidant le
peuple. Peut-on alors encore parler d’engagement et de portée
politique de l’art ?
Les nostalgiques pleurent la disparition de l’art engagé. Pour
Nouvelles formes d’engagement
Ève Lamoureux, l’art engagé n’a jamais cédé ; il résiste d’une autre artistique au Québec
manière, à un autre pouvoir, sur d’autres terrains. Exit la division
entre l’art pour l’art et l’art au service d’une idée. Exit la conception
avant-gardiste militante de l’art engagé. L’engagement actuel passe
par une action micropolitique multiforme, une création soucieuse
de l’Autre, à la fois autonome et collective, misant sur le processus
et la participation.
Cet essai analyse la démarche d’artistes québécois contempo-
rains comme l’ATSA, BGL, Doyon/Demers, Danyèle Alain, Sylvie
Cotton, Nicole Jolicœur, Devora Neumark, Alain-Martin Richard,
Art et politique
Jean-Claude St-Hilaire et Raphaëlle de Groot. En prolongeant, sur
le plan théorique, des créations souvent performatives et éphé- TH
mères (décors, manifestations, dialogues, œuvres à compléter soi-
même, etc.), ce livre les situe dans l’histoire récente de l’art et met
en lumière leur rôle politique.
03
Un détour par l’engagement en art révèle au politique, de façon convain-
cante, l’importance que revêtent aujourd’hui l’expressivité, l’émotion,
l’affect dans la contestation sociopolitique. Il montre la façon dont,
au-delà d’un discours, la critique prend souvent la forme d’expériences
alternatives concrètes (même si très éphémères) à l’occasion desquelles
l’autre devient partie prenante dans l’expérimentation d’autres façons
de voir et de faire. Enfin, il témoigne aussi de l’importance qu’accor-
dent les artistes au plaisir, au ludisme, à la fête comme vecteurs d’une
contestation ou d’une subversion de l’ordre établi.
Extrait de la publication