Article IMRAD VF
Article IMRAD VF
CANDIDAT A CANDIDAT B
76 89
RÉSUMÉ :
Objectif : Malgré des résultats dans la norme aux tests habituellement réalisés, le gliome
impacte la qualité de vie des patients après sa résection. Cette étude a pour objectif de
déterminer si l’étude de la 2ème minute des fluences verbales, plutôt que celle de l’épreuve
entière, permet de mieux détecter les troubles fins langagiers et exécutifs des patients
opérés d’un gliome.
Matériels et méthode : 21 patients opérés d’un gliome, âgés de 26 à 57 ans, ont été inclus
dans cette étude. 105 sujets contrôles leur ont été appariés en fonction du sexe, de l’âge et
du nombre d’années d’études. En plus d’avoir été évalués par des tests langagiers et
exécutifs lors du bilan post-opératoire, les patients ont suivi un protocole composé de deux
fluences simples et quatre fluences complexes (deux privatives et deux alternées), puis ils
ont répondu à deux questionnaires relatifs à leur plainte langagière et à leur reprise du
travail.
Résultats : Les performances aux six fluences verbales se dégradent à mesure que le temps
d’épreuve augmente. L’analyse de la 2ème minute est plus pertinente que celle de
l’ensemble de l’épreuve pour trois fluences verbales. Certains résultats aux tests langagiers
et exécutifs sont corrélés à ceux de la 2ème minute des fluences verbales. La reprise
professionnelle n’est pas liée aux performances de la 2ème minute des fluences verbales.
Conclusion : L’analyse des performances de la 2ème minute des fluences verbales permet
d’obtenir quelques informations supplémentaires sur les capacités cognitives des patients.
Objective : Despite normal results on standard tests, glioma have an impact on patients'
quality of life after resection. The aim of this study was to determine whether analysis of
the 2nd minute of verbal fluencies, rather than the whole test, could better detect fine
language and executive disorders in patients undergoing glioma surgery.
Materials and method : 21 patients who had undergone glioma surgery, aged between 26
and 57, were included in this study. 105 control subjects were matched for gender, age and
years of education. In addition to being assessed by language and executive tests during the
post-operative check-up, the patients followed a protocol consisting of two simple and four
complex fluencies (two privative and two alternative), and then completed two
questionnaires relating to their language complaint and their return to work.
Results : Performance in all six verbal fluencies deteriorated as test time increased. The
analysis of the 2nd minute is more relevant than that of the whole test for three verbal
fluencies. Certain language and executive test results correlated with those of the 2nd
minute of verbal fluencies. The return to work was not related to performance in the 2nd
minute of verbal fluency.
Conclusion : Analysis of 2nd minute verbal fluencies performance provides some
additional information on patients' cognitive abilities.
Annexe A : Comparaisons des résultats entre la 1ère et la 2ème minute des six fluences
verbales du protocole chez les patients et chez les sujets contrôles.
Annexe B : Comparaisons des performances aux fluences verbales entre les patients et les
sujets contrôles sur le temps total d’épreuve, et sur la 2ème minute.
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II. MÉTHODE (Candidat A)
Les patients inclus dans cette étude ont été opérés d’un gliome, au sein du service de
neurochirurgie du Professeur Carpentier, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Dans ce cadre,
tous ont bénéficié de bilans neuropsychologiques en préopératoire et la plupart ont réalisé
un bilan post-opératoire à 3 mois minimum de l’intervention.
1. Participants
Ainsi, vingt-et-un patients ont été sélectionnés, dont quatorze hommes et sept femmes âgés
de 26 à 57 ans (μ = 40,86 ans ; σ = 10,13). Parmi eux, douze présentaient une tumeur
localisée dans l’hémisphère gauche et neuf dans l’hémisphère droit. Concernant la
localisation précise des gliomes, neuf se situaient dans la région frontale, cinq en région
temporale, deux en région pariétale, deux en région temporo-insulaire, un en région
fronto-temporo-insulaire, un en région insulaire et le dernier en région occipito-calleuse.
Par rapport à l’histologie de la tumeur, neuf étaient des astrocytomes, onze des
oligodendrogliomes, et une donnée était manquante pour un patient.
Au total, quatorze patients ont été opérés une fois, cinq l’ont été deux fois et deux l’ont été
trois fois. Le pourcentage de résection tumorale, malgré deux données manquantes, était
compris entre 70% et 100%, avec une moyenne de 93,95%. Un traitement adjuvant à la
chirurgie (chimiothérapie et/ou radiothérapie) a été administré à 10 patients. Enfin, 10
patients avaient repris leur activité professionnelle, les autres ne l’ayant pas reprise
(Tableau 1).
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Tableau 1 : Caractéristiques de l’échantillon de patients.
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2. Matériel
Six types de fluences verbales ont été proposés aux patients et aux sujets contrôles :
- Deux fluences simples : une sémantique (« animaux ») et une phonologique (mots
commençant par « P »), tirées du protocole de Cardebat et al. (1990).
- Deux fluences complexes privatives : une sémantique (« fruits sans noyau ») et une
phonologique (mots commençant par « R » ne contenant pas « I »).
- Deux fluences complexes alternées : une sémantique (« meuble/métier ») et une
phonologique (mot commençant par « F » / mot commençant par « T »).
Au cours de ces épreuves, les sujets devaient énoncer le plus de mots possible selon une
consigne donnée, en un temps limité (Henry & Crawford, 2004). Dans la pratique
orthophonique, la durée des passations varie d’une à deux minutes (Cardebat et al., 1990;
Norrelgen et al., 2020). Nous avons décidé de réaliser les fluences verbales en deux
minutes puisque, selon le modèle d’organisation lexicale de Crowe (1998), il existerait un
lexique à long terme appelé “topicon”, facilement accessible, et un lexique plus étendu et
recherché une fois le topicon épuisé. Ainsi, le fait d’attribuer un temps plus long à la tâche
permettrait d’engager des processus cognitifs de haut niveau et donc de constater des
difficultés plus fines non décelables sur une minute.
Pour toutes les fluences, nous avons comptabilisé le nombre de mots corrects produits sur
la première et la deuxième minute, ainsi que sur l’ensemble de l'épreuve. Cette analyse
nous permettait d’avoir des informations concernant la vitesse d’accès lexical selon
Moritz-Gasser et al., (2012). Toutefois, selon Henry & Crawford (2004), les mots sont
produits par groupes temporels avec un court intervalle de temps entre les mots du même
groupe et une pause plus longue entre les groupes. En conséquence, le nombre de mots
corrects ne permet pas, à lui-seul, de rendre compte de l’organisation du lexique mental
ainsi que des stratégies de recherche mises en œuvre (Troyer et al., 1997). De ce fait, nous
avons également relevé le nombre de clusters (groupes de mots appartenant à la même
catégorie sémantique), la taille du plus long cluster, ainsi que le nombre de switches
(passage d’une catégorie sémantique à une autre). Par ailleurs, nous avons aussi relevé le
nombre de répétitions et d’erreurs commises.
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b. Les tests langagiers et les tests cognitifs
Afin d’avoir une référence standardisée des compétences langagières et exécutives des
patients, également sollicitées lors de l’épreuve des fluences verbales, nous avons retenu :
- Leur score et temps à la DO-80 (Deloche & Hannequin, 1997)
- Leur score aux épreuves de synonymie et d’antonymie du Test de Langage Élaboré
(Rousseaux & Dei Cas, 2012)
- Leur temps et nombre d’erreurs commises au Stroop (flexibilité et inhibition)
(Chatelois et al., 1996)
- Leur temps et nombre d’erreurs commises au Trail Making Test – B (Reitan, 1958)
- Leur nombre d’erreurs et de persévérations commises au Wisconsin Card Sorting
Test (Godefroy, 2008)
Tous ces tests ont été soumis aux patients dans le cadre du bilan post-opératoire habituel.
c. Questionnaires descriptifs
3. Procédures expérimentales
Les bilans neuropsychologiques ont été réalisés par Viviane Luherne-du Boullay,
psychologue-neuropsychologue (PhD) et orthophoniste en pré, per et post-opératoire.
Le bilan post-opératoire a été réalisé pour la plupart des patients en respectant un délai de 3
mois après l’opération. Lorsque cela était possible, notre protocole était proposé aux
patients à la suite de ce bilan post-opératoire. Dans le cas contraire, ils étaient de nouveau
convoqués, généralement le même jour qu’un autre rendez-vous médical déjà planifié.
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Les passations se sont déroulées en présentiel, dans une pièce calme, sans distraction et ont
duré environ quarante-cinq minutes. Pour des raisons d'éloignement géographique, seule la
passation de l’un des vingt-et-un patients a été effectuée en visio-conférence.
Concernant les sujets contrôles, le recrutement a été effectué suivant une participation libre
et basée sur du volontariat. Leur passation s’est déroulée en présentiel ou en
visio-conférence.
Tout d'abord, la passation des épreuves de fluences verbales et des questionnaires a été
effectuée de manière standardisée, avec des consignes identiques données à chaque
participant, garantissant ainsi la cohérence des évaluations et la même opportunité de
réussite pour tous les participants. Cette standardisation des consignes visait également à
assurer la reproductibilité intra et inter-évaluateur, renforçant ainsi la fiabilité des résultats.
Afin de réduire de potentiels biais, une randomisation des fluences verbales a été effectuée
en générant une séquence pseudo-aléatoire pour déterminer l'ordre de passation des
épreuves. Cette randomisation a été planifiée à l'avance pour varier l'ordre des consignes
de manière équilibrée entre les participants, éviter toute influence systématique de l'ordre
de passation sur les performances, et réduire les effets de fatigabilité et d'apprentissage. Par
ailleurs, l’appariement en sexe, âge et niveau d’études de cinq sujets contrôles pour chaque
patient a permis de limiter un potentiel biais de sélection.
Ces mesures visaient également à garantir une meilleure fiabilité des résultats, assurant
ainsi une qualité méthodologique satisfaisante de l'étude.
Du point de vue éthique, les patients et les sujets contrôles ont été informés des objectifs de
la recherche et ont donné leur consentement éclairé, avant leur participation à l'étude, via
un formulaire dédié. Enfin, toutes les données ont été anonymisées pour garantir la
confidentialité des participants.
c. Analyses statistiques
Le logiciel JMP PRO® (version 17.2.0) a été utilisé pour réaliser les différentes analyses
statistiques des données recueillies.
L’analyse de la distribution de toutes les variables quantitatives a été réalisée avec le test de
Shapiro-Wilk afin de déterminer si elles suivaient une loi normale. Puisqu’aucune variable
n’avait de répartition gaussienne, le choix des tests les plus appropriés afin de valider ou de
réfuter nos différentes hypothèses de recherche a été basé sur le dénombrement de chaque
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effectif étudié : des tests non-paramétriques ont été utilisés lorsque l’effectif était inférieur
à 30, et les analyses statistiques réalisées sur des effectifs supérieurs à 30 ont été effectuées
à l’aide de tests paramétriques.
Concernant les comparaisons réalisées sur des effectifs supérieurs à 30, le test de Student
indépendant a été utilisé pour les groupes indépendants, tandis que le test de Student (ou
test T) a été utilisé pour les groupes appariés. Lorsque les effectifs étaient inférieurs à 30,
le test de Wilcoxon a été retenu pour l’analyse de groupes appariés, et le test de
Mann-Whitney pour l’analyse des groupes indépendants.
Les corrélations ont été effectuées grâce au test de rang de Spearman. Ce test donnait un
coefficient noté ρ qui, lorsqu’il était proche de 1 ou de -1, suggérait une forte relation
linéaire positive ou négative entre deux variables, et qui proche de 0, indiquait l’absence de
relation linéaire entre les variables.
Les hypothèses nulles (H0), exprimant nos différentes questions de recherche, ont été
acceptées ou rejetées en fonction de la p-value obtenue lors des différents tests : le résultat
était significatif lorsque p < 0,005 et suggestif lorsque p < 0,05.
Par rapport au nombre de répétitions, une différence significative est observée pour la
fluence privative phonologique entre la 1ère et la 2ème minute chez les patients, avec un
nombre de répétitions plus important lors de la 2ème minute (t(20) = 2,55 ; p = 0,0024).
Cette même différence est suggestive chez les sujets contrôles (t(102) = 2,23 ; p = 0,028).
Une différence suggestive du nombre de répétitions est également constatée entre les deux
minutes de la fluence alternée phonologique chez les patients (t(20) = 2,22 ; p = 0,0466).
A l’inverse, la moyenne du nombre de répétitions des patients et des sujets contrôles est
plus élevée lors de la 1ère minute pour la fluence alternée sémantique, sans que cette
différence ne soit significative ou suggestive (Annexe A).
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En ce qui concerne le nombre d’erreurs commises, une différence suggestive est
observée chez les sujets contrôles entre la 1ère et la 2ème minute de la fluence simple
phonologique, et indique qu’ils en produisent davantage lors de la 2ème minute (t(104) =
2,23 ; p = 0,0278). Une différence suggestive est également observée de la même manière
chez les patients lors de la fluence alternée sémantique (t(20) = 1,6 ; p = 0,0394). En
revanche, les moyennes du nombre d’erreurs commises sont plus importantes lors de la
1ère minute pour toutes les autres fluences, excepté pour la fluence simple phonologique
chez les patients, et la fluence alternée phonologique chez les sujets contrôles. Néanmoins,
ces différences ne sont ni suggestives ni significatives.
Concernant, la moyenne du nombre de clusters produits, elle est toujours plus élevée lors
de la 1ère minute par rapport à la 2ème minute. Pour toutes les fluences, cette différence
est significative, chez les patients comme chez les sujets contrôles, excepté pour la fluence
privative phonologique chez les patients (Annexe A).
Par rapport à la taille du plus long cluster, une différence significative existe entre la 1ère
et la 2ème minute, uniquement pour la fluence simple sémantique chez les patients (t(18) =
-2,93 ; p = 0,0059) et les sujets contrôles (t(99) = -3,55 ; p = 0,0006) indiquant des
clusters plus longs lors de la 1ère minute. Par ailleurs, la taille du plus long cluster est plus
importante lors de la 2ème minute pour la fluence privative phonologique chez les patients,
mais cette différence n’est ni suggestive ni significative (Annexe A).
Enfin, concernant la moyenne du nombre de switches, elle est toujours plus élevée lors de
la 1ère minute, et nous observons une différence significative entre les deux minutes de
chaque fluence verbale, chez les patients comme chez les sujets contrôles (Annexe A).
2. Comparaisons des performances aux fluences verbales entre les patients et les
sujets contrôles sur l'ensemble de l'épreuve et sur la 2ème minute
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0,0008) ainsi que sur la 2ème minute (μ_patients = 9,57 ; μ_contrôles = 13,63 ; p =
0,0015). Par ailleurs, nous observons une différence significative du nombre d’erreurs
entre les patients et les sujets contrôles, uniquement sur le temps total de l’épreuve
(μ_patients = 0,29 ; μ_contrôles = 0,08 ; p = 0,0094). En revanche, concernant le nombre
de répétitions et la taille du cluster le plus long, nous observons des différences suggestives
entre les deux groupes seulement pour la 2ème minute (μRépét_patients = 0,9 ;
μRépét_contrôles = 0,47 ; p = 0,0476 / μTailleClu_patients = 3,21 ; μTailleClu_contrôles
= 4,21 ; p = 0,0269). Enfin, concernant le nombre de clusters produits, la p value de la
2ème minute est inférieure à celle de l’ensemble de l’épreuve (Annexe B).
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Pour la fluence alternative sémantique, nous observons des différences significatives du
nombre de mots corrects entre les deux groupes aussi bien sur l’ensemble de l’épreuve
(μ_patients = 17,14 ; μ_contrôles = 21,02 ; p = 0,001) que pour la 2ème minute
(μ_patients = 5,67 ; μ_contrôles = 7,58 ; p = 0,0046). Enfin, une différence significative
du nombre d’erreurs est constatée entre les patients et les sujets contrôles, uniquement pour
la 2ème minute (μ_patients = 0,905 ; μ_contrôles = 0,33 ; p = 0,0079).
Seul le nombre de mots corrects produits lors de la 2ème minute de chaque fluence verbale
a été analysé pour déterminer si des corrélations existaient avec les épreuves langagières,
exécutives et le questionnaire de l’ECVB.
Nous observons tout d’abord que les scores de la fluence simple phonologique sont
corrélés suggestivement au nombre de persévérations du WCST (p = 0,0377 ; ρ = -0,54)
ainsi qu’au nombre d’erreurs à cette même épreuve (p = 0,0321 ; ρ = -0,5539). Aucune
autre corrélation significative ou suggestive n’est constatée entre cette fluence et les autres
tests.
Concernant la fluence simple sémantique, le nombre de mots produits se trouve corrélé
significativement au score de l’épreuve de synonymie du TLE (p = 0,0029 ; ρ = 0,7779),
au temps d’épreuve d’inhibition du Stroop (p = 0,0072 ; ρ = -0,6619), ainsi que
suggestivement au temps d’épreuve de flexibilité du Stroop (p = 0,0152 ; ρ = -0,6327).
Ensuite, les scores en fluence privative phonologique sont, quant à eux, corrélés
significativement au score de l’épreuve d’antonymie du TLE (p = 0,0041 ; ρ = 0,7359), et
suggestivement au nombre d’erreurs commises lors de l’épreuve de flexibilité du Stroop (p
= 0,0402 ; ρ = -0,5532).
Quant à la fluence privative sémantique, les performances ne se trouvent corrélées
significativement ou suggestivement à aucun test langagier ou exécutif.
Par ailleurs, les scores aux fluences alternées phonologique et sémantique se retrouvent
corrélés significativement au temps mis à l’épreuve de la DO-80 (FCAP : p = 0,0028 ; ρ =
-0,7334 : FCAS : p < 0,0001 ; ρ = -0,8788).
Pour la fluence alternée phonologique, aucune autre corrélation n’est observée avec les
autres tests. En revanche, les performances en fluence alternée sémantique se trouvent
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également corrélées suggestivement au score obtenu lors de l’épreuve de la DO-80 (p =
0,0275 ; ρ = 0,5866).
Tableau 3 : Corrélations entre les scores obtenues à la 2ème minute des fluences et les
tests langagiers, neuropsychologiques et au questionnaire de communication.
FSP : fluence simple phonologique ; FSS : fluence simple sémantique ; FCPP : fluence
complexe privative phonologique ; FCPS : fluence complexe privative sémantique ; FCAP
: fluence complexe alternative phonologique ; FCAS : fluence complexe alternée
sémantique ; Corr : nombre de mots corrects produits ; tps : temps chronométré à
l’épreuve ; syn : synonymie ; ant : antonymie ; inhib : inhibition ; flex : flexibilité ; err :
nombre d’erreurs relevées ; pers : nombre de persévérations relevées ; orange : significatif
; rouge : suggestif.
Seule une différence suggestive en faveur du groupe de patients ayant repris une activité
professionnelle a été observée entre les deux groupes pour la taille du plus long cluster de
la fluence simple phonologique (μPatient_R = 3,29 ; μPatient_NR = 2,2 ; p = 0,0305).
Même si les résultats ne sont ni significatifs ni suggestifs, nous observons néanmoins une
production de mots supérieure de 18,58% chez les patients ayant repris une activité
professionnelle. Cependant pour les fluences privative phonologique (μPatient_R = 4,5 ;
μPatient_NR = 5,18 ; p = 0,5943) et alternée sémantique (μPatient_R = 5,4 ; μPatient_NR
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= 5,91 ; p = 0,645), les patients ayant repris le travail produisent moins de mots que ceux
n’ayant pas repris d’activité professionnelle.
Nous constatons, pour la majorité des fluences, que les patients n’ayant pas repris
d’activité professionnelle effectuent en moyenne 53,29% de répétitions de moins lors de la
2ème minute que ceux l’ayant reprise, excepté pour la fluence alternée sémantique
(μPatient_R = 0,1 ; μPatient_NR = 0,27 ; p = 0,352).
Concernant le nombre d’erreurs, les patients ayant repris une activité professionnelle en
produisent, en moyenne, davantage lors de la 2ème minute, que ceux n’en n’ayant pas
repris, pour les fluences privative phonologique (μPatient_R = 0,5 ; μPatient_NR = 0,45 ;
p = 0,6367), privative sémantique (μPatient_R = 0,625 ; μPatient_NR = 0,25 ; p =
0,9447) et alternée sémantique (μPatient_R = 1 ; μPatient_NR = 0,82 ; p = 0,8471). En
revanche, ils en produisent, en moyenne, moins lors des fluences simple phonologique
(μPatient_R = 0,2 ; μPatient_NR = 0,45 ; p = 0,3824), simple sémantique (μPatient_R = 0
; μPatient_NR = 0,2 ; p = 0,1675) et alternée phonologique (μPatient_R = 0,2 ;
μPatient_NR = 0,45 ; p = 0,6025).
Quant au nombre de clusters produits, il est en moyenne plus élevé de 30,61% chez les
patients n’ayant pas repris d’activité professionnelle, excepté pour la fluence privative
sémantique pour laquelle les moyennes sont égales entre les deux groupes.
Les moyennes de la taille du plus long cluster sont, quant à elles, toujours plus élevées de
37,40% chez les patients ayant repris leur activité professionnelle.
Par rapport au nombre de switches, les moyennes sont plus élevées chez les patients ayant
repris leur activité professionnelle que chez ceux ne l’ayant pas reprise pour les fluences
simples (FSP : μPatient_R = 7 ; μPatient_NR = 6,27 ; p = 0,5699 / FSS : μPatient_R =
7,1 ; μPatient_NR = 6 ; p = 0,4224), et inversement pour les fluences privatives (FCPP :
μPatient_R = 3,2 ; μPatient_NR = 3,82 ; p = 0,5679 / FCPS : μPatient_R = 2,875 ;
μPatient_NR = 3,125 ; p = 0,572).
Enfin, même si la différence n’est ni significative, ni suggestive, les patients ayant repris le
travail obtiennent une moyenne plus élevée à l’ECVB que ceux ne l’ayant pas repris
(μPatient_R = 88,3 ; μPatient_NR = 79,18 ; p = 0,1128).
5. Analyses complémentaires
L’objectif de notre mémoire était d’étudier la 2ème minute du test des fluences verbales,
afin de déterminer si cette analyse permettait de mieux détecter les troubles fins langagiers
et exécutifs chez les patients opérés d’un gliome, puisqu’ils ne sont pas toujours objectivés
par les tests classiquement réalisés. Il semble que l’étude de la 2ème minute des fluences
verbales apporte des informations supplémentaires par rapport à l’analyse de l’ensemble de
l’épreuve.
Nos résultats démontrent qu’il existe une différence significative, chez les patients comme
chez les sujets contrôles, concernant le nombre de mots produits entre la 1ère et la 2ème
minute de chaque fluence verbale. En effet, les individus produisent toujours moins de
mots lors de la 2ème minute de chaque fluence verbale. Il a été démontré chez des
individus tout-venant que plus le temps d’épreuve d’une minute augmente, plus la
production de mots s'amenuise (Crowe, 1998; Hurks et al., 2006). Nous faisons ce même
constat chez les patients opérés d’un gliome, sur deux minutes d’épreuve. La fluence
privative sémantique semble être celle qui creuse le plus d’écart chez les patients, puisque
ces derniers produisent 70,86% de mots de moins lors de la 2ème minute.
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De plus, le nombre de répétitions est plus élevé lors de la 2ème minute, chez les patients
comme chez les sujets contrôles, pour cinq des six fluences verbales. Mais cette différence
n’est significative ou suggestive que pour les fluences privative phonologique et alternée
phonologique. Cela confirme l’observation des chercheurs selon laquelle les fluences
complexes nécessitent davantage de capacités exécutives que les simples (Hedman et al.,
2022; Hughes & Bryan, 2002).
Concernant le nombre d’erreurs commises lors de la 2ème minute, il ne semble pas être un
bon indicateur dans la détection des troubles fins, puisque pour la plupart des fluences, ce
chiffre est quasiment identique entre les deux minutes chez les deux groupes.
Notre étude met également en évidence l’intérêt du nombre de clusters et de switches dans
l’analyse temporelle des fluences verbales. En effet, pour chaque fluence verbale, il existe
des différences significatives entre la 1ère et la 2ème minute, avec des performances
moindres lors de la 2ème minute. Cette diminution du nombre de clusters et de switches
amène à constater que le stock sémantique et les capacités en mémoire verbale de
l’individu (évalués par le nombre de clusters), ainsi que sa flexibilité cognitive (évaluée par
le nombre de switches), s’amoindrissent et se détériorent à mesure que le temps d’épreuve
s’allonge. Nous rejoignons les conclusions de l’étude menée par Troyer et al. (1997),
attestant que la cotation du nombre de mots produits ne suffirait pas à elle-seule pour
analyser les résultats des fluences verbales. Néanmoins, l’indicateur de la taille du plus
long cluster ne semble pertinent que pour la fluence simple sémantique, pour laquelle il
existe une différence significative chez les deux groupes, entre les deux minutes.
Globalement, nos résultats démontrent bien que les performances aux fluences verbales se
dégradent à mesure que le temps d’épreuve augmente.
La comparaison des performances aux fluences verbales, sur l'ensemble de l'épreuve puis
sur la 2ème minute, démontre qu’il existe une plus grande différence lors de la 2ème
minute entre les deux groupes, pour un tiers des analyses réalisées. Nous retrouvons une
majorité de différences significatives et suggestives dans le nombre de mots produits, le
nombre de répétitions et le nombre d’erreurs, pour la fluence simple sémantique, et les
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deux fluences complexes alternées. Dans d’autres cas, une différence plus importante lors
de la 2ème minute est présente, sans qu’elle soit forcément significative ou suggestive.
Néanmoins, nous avons constaté que la fluence simple phonologique ne permettait
finalement pas de mieux détecter les troubles fins des patients, que ce soit lors de l’étude
de l’ensemble de l’épreuve ou bien celle de la 2ème minute uniquement. En effet, aucune
différence significative ou suggestive n’a été retrouvée entre les patients et les sujets
contrôles. De plus, nous observons pour cette même fluence que la moyenne des résultats
des patients se trouve dans la norme établie par Cardebat et al. (1990), ce qui rejoint le
constat de Norrelgen et al. (2020), indiquant que les résultats aux épreuves langagières de
patients opérés d’un gliome pouvaient se trouver dans les normes, alors qu’ils éprouvent
tout de même des difficultés langagières dans la vie quotidienne.
Par ailleurs, nous ne retrouvons, pour la fluence privative phonologique, qu’une différence
suggestive entre les patients et les sujets contrôles lors de la 2ème minute, sur le nombre de
répétitions, et qu’une différence suggestive également, lors de l’ensemble de l’épreuve sur
le nombre de mots produits.
Concernant la fluence privative sémantique, l’étude de l’ensemble de l’épreuve semble
plus pertinente. Nous y trouvons en effet davantage de différences significatives et
suggestives entre les patients et les sujets contrôles, alors que nous n’en constatons qu’une
suggestive lors de la 2ème minute notamment au niveau du nombre de mots produits.
Ainsi selon nos résultats, l’étude de la 2ème minute de la fluence simple sémantique et des
deux fluences complexes alternées semble davantage pertinente que celle de l’ensemble de
l’épreuve pour détecter les troubles fins langagiers et exécutifs des patients opérés d’un
gliome. De plus, le nombre de répétitions commises semble être un indicateur important,
puisqu’il se trouve souvent plus révélateur lors de la 2ème minute des fluences verbales
(pour quatre des six fluences). Enfin, l’étude du nombre de clusters se trouve, elle aussi,
davantage révélatrice de difficultés lors de la 2ème minute des fluences simples.
Hypothèse 3 : Les scores à la 2ème minute des fluences verbales seraient corrélés aux
résultats des tests langagiers et neuropsychologiques, ainsi qu’à la plainte des patients
mesurée via l’ECVB.
Nos résultats permettent d’observer quelques corrélations entre les performances obtenues
lors de la 2ème minute des fluences verbales et certains tests langagiers et
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neuropsychologiques pour cinq fluences sur six. Cela confirme que ces performances
dépendent aussi bien des capacités langagières qu’exécutives.
En outre, la littérature indique que les fluences complexes exigeraient un contrôle exécutif
plus élevé que les fluences simples (Hedman et al., 2022; Hughes & Bryan, 2002). Or,
nous constatons dans notre étude que les fluences complexes sont davantage corrélées aux
épreuves langagières. En effet, les performances à la 2ème minute des fluences alternatives
phonologique et sémantique sont corrélées de façon significative au temps d’épreuve de la
DO-80, test reflétant selon Moritz-Gasser et al. (2012), la vitesse d’accès lexical. Toutefois,
il existerait une influence sous-jacente des capacités en mémoire de travail verbale ainsi
que du contrôle exécutif sur la vitesse d’accès lexical (Moritz-Gasser et al., 2012). De plus,
la fluence alternative sémantique est corrélée suggestivement au score de la DO-80,
reflétant principalement les capacités d’accès lexical ainsi que l’intégrité du stock
sémantique (Moritz-Gasser et al., 2012).
Les fluences complexes ne sont finalement corrélées à aucun des tests exécutifs, excepté la
fluence privative phonologique qui est corrélée au nombre d’erreurs commises lors de
l’épreuve de flexibilité du Stroop.
Selon nos résultats, seules les performances aux fluences simple sémantique et privative
phonologique sont corrélées avec une épreuve exécutive et une épreuve langagière. De
plus, la recherche de mots devient plus difficile lors de la 2ème minute et fait davantage
appel à la composante exécutive (Hurks et al., 2006). Par conséquent, nous nous attendions
à plus de corrélations entre les performances lors de la 2ème minute des fluences verbales
et les résultats aux tests neuropsychologiques. Cependant, nous retrouvons des corrélations
entre la fluence simple phonologique et le nombre d’erreurs et de persévérations à
l’épreuve du WCST, confirmant l’implication des capacités de stratégie de recherche et de
planification lors de cette épreuve (Aita et al., 2018). Il en va de même pour la fluence
simple sémantique, qui est corrélée au temps d’épreuve d’inhibition et de flexibilité du
Stroop. Il existerait donc un chevauchement important entre les processus impliqués dans
les fluences verbales, ce qui corrobore les observations de Shao et al. (2014).
Quant à l’ECVB, aucune corrélation n’est retrouvée avec les performances obtenues lors
de la 2ème minute des fluences verbales. Nos résultats ne permettent donc pas de faire un
lien entre les compétences exécutives et langagières et les plaintes des patients mesurées
via cette échelle.
16
Hypothèse 4 : Les performances obtenues à la 2ème minute des fluences verbales
seraient liées à la reprise d’une activité professionnelle
Nous constatons une grande variabilité de performances entre les patients ayant repris leur
activité professionnelle et ceux ne l’ayant pas reprise. En effet, même si aucun résultat
n’est significatif, les patients ayant repris le travail produisent en moyenne plus de mots
lors de la 2ème minute des fluences verbales, que ceux ne l’ayant pas reprise. Cependant, il
serait précipité d’affirmer que les patients ayant repris le travail ont de meilleures
compétences langagières et exécutives, puisque les patients n’ayant pas repris d’activité
professionnelle produisent plus de mots sur les fluences privative phonologique et
alternative sémantique qui requièrent des compétences cognitives de haut niveau (Hedman
et al., 2022; Hughes & Bryan, 2002).
A noter que les patients ayant repris le travail ont davantage de difficultés pour les fluences
complexes que pour les fluences simples puisqu’ils commettent plus d’erreurs et effectuent
moins de switches. Ils éprouvent donc des difficultés dans les tâches plus exigeantes sur le
plan cognitif.
Par ailleurs, les patients n’ayant pas repris leur activité professionnelle font moins de
répétitions pour chacune des fluences, excepté pour la fluence alternative sémantique. Ils
produisent également plus de clusters que l’autre groupe. En revanche, leur taille de cluster
est moins importante. Cela pourrait résulter d’une fragilité du stock sémantique,
caractérisée par une difficulté à maintenir le cluster, entraînant ainsi un épuisement rapide
de la catégorie sémantique, et la nécessité de passer à un autre cluster.
Nous avons porté notre intérêt sur la reprise du travail puisqu’il a été démontré par
Moritz-Gasser et al. (2012) que la rapidité d’accès lexical était corrélée à la récupération
des capacités professionnelles antérieures. Nous pensions donc que cet indicateur
permettrait de traduire la plainte des patients et voulions l’objectiver à travers les
performances de la 2ème minute des fluences verbales. Cependant, il convient de noter que
son équipe a travaillé sur deux groupes de patients (repris et non repris) appariés en âge,
niveau d’étude et volume pré-opératoire. Ce contrôle des variables n’a pas pu être réalisé
dans notre étude, ce qui a probablement influencé nos résultats. En effet, au sein du groupe
n’ayant pas repris le travail, nous constatons des différences interindividuelles en fonction
de la localisation tumorale, du niveau d’études, du pourcentage de résection, du nombre de
chirurgies et de l’âge. Ce ne sont donc pas les performances à la 2ème minute des fluences
verbales qui détermineraient la reprise du travail, mais plutôt différents facteurs tels que
ceux cités précédemment. En revanche, même si elle n’est ni significative ni suggestive,
17
nous remarquons une différence entre ces deux groupes concernant leurs scores à l’ECVB,
indiquant une plainte plus importante des patients n’ayant pas repris le travail.
Par ailleurs, le questionnaire descriptif nous a permis d’obtenir des informations
complémentaires concernant cette plainte puisque sur 7 patients ayant repris leur travail, 4
se sentent plus fatigués qu’avant l’opération, 3 se sentent moins performants, 2 se sentent
moins compétents, 3 se sentent moins rapides et 3 se sentent moins concentrés.
Finalement, les performances à la 2ème minute des fluences verbales ne semblent pas être
un prédicteur de la reprise professionnelle des patients opérés d’un gliome, puisqu’une
multitude de variables entre en jeu.
Ainsi, notre étude montre qu’il existe une dégradation des performances aux fluences
verbales à mesure que le temps d’épreuve augmente, autant chez les patients que chez les
sujets contrôles, confirmant ainsi les observations de Crowe (1998). Comme le suggéraient
Hurks et al. (2006), la recherche de mots deviendrait de plus en plus tributaire de nos
fonctions exécutives. De plus, l’analyse détaillée de la 2ème minute confirme une
sollicitation accrue des processus cognitifs de haut niveau, caractérisée par une diminution
des switches et des clusters sur la 2ème minute par rapport à la 1ère minute.
À l'instar de ce qu’observaient Norrelgen et al. (2020), notre étude confirme la persistance
des difficultés langagières et exécutives chez les patients à plus de 3 mois post-opératoire.
Ces résultats confirment l’intérêt de l’analyse détaillée des performances des patients lors
de la 2ème minute des fluences verbales et soulignent la nécessité d’intégrer les fluences
simples et complexes dans l’évaluation de ces patients.
18
2. Limites de l’étude
Malgré notre volonté de minimiser les biais, des limitations existent dans notre étude.
Notre échantillon de 21 individus demeure relativement restreint pour conclure à des
résultats statistiquement robustes et représentatifs. Il en découle des analyses intragroupes
difficilement exploitables puisque certaines variables ne contenaient que des sous-groupes
composés d’un seul individu.
Par ailleurs, il manque une donnée concernant l’histologie du gliome d’un patient, et celles
concernant le pourcentage de résection de deux patients. De surcroît, 6 patients n’avaient
pas encore réalisé leur bilan post-opératoire, réduisant de facto notre échantillon lors des
analyses de corrélations avec les tests langagiers et exécutifs, et pouvant avoir entraîné un
biais d’attrition. D’autre part, même si le choix des patients se voulait aussi représentatif
que possible de la population de patients opérés d’un gliome, un biais de sélection pourrait
être observé puisque 13 patients sur 21 présentent un niveau supérieur à bac+3.
Le déroulement des épreuves était hétérogène pour les patients et les sujets contrôles,
puisque pour certains cela a été réalisé en visioconférence. Ce biais lié à l’environnement
pourrait avoir influencé leurs performances. Nous notons également un biais
d’instrumentation puisque les épreuves et questionnaires ont été administrés par deux
évaluatrices différentes.
Un autre point à considérer est l’ECVB : il s’agit d’un outil d’évaluation non normé et non
spécifiquement destiné à la population atteinte d’un gliome.
Enfin, la fatigabilité des patients pourrait avoir affecté leurs performances puisque certains
patients ont réalisé des tests et examens médicaux avant notre évaluation.
3. Perspectives
19
des composantes langagières et exécutives lors de la 2ème minute des fluences verbales.
Nous avons en effet observé un effet plafond lors des tests proposés au bilan habituel.
De plus, comparer les résultats à la 2ème minute des fluences en pré et post-opératoire
permettrait d’affirmer la sensibilité de cette analyse dans la détection des difficultés
cognitives des patients opérés d’un gliome. Cette comparaison pourrait également se faire
sur du long terme afin d’observer s’il existe une persistance de l'altération des
performances à 12 mois post-opératoire, comme ont pu le constater Norrelgen et al. (2020).
Enfin, l'étude de la fréquence des mots produits lors de la 2ème minute des fluences
verbales ainsi que l'évaluation de la fatigue mentale en lien avec la vitesse de traitement
pourraient également enrichir notre compréhension des altérations cognitives des patients.
V. CONCLUSION (Candidat B)
Notre étude conclut à une dégradation des performances, au fil des épreuves de fluences
verbales en deux minutes, que ce soit chez les patients ou chez les sujets contrôles. Par
ailleurs, l’analyse de la 2ème minute pourrait être plus discriminante que l’analyse de
l’ensemble de l’épreuve car les performances des patients apparaissent majoritairement
moindres que celles des sujets contrôles lors de la 2ème minute. Notre étude met
également en lumière l'intérêt de l’analyse qualitative des fluences verbales pour objectiver
l’intervention des processus cognitifs de haut niveau. De ce fait, l’analyse quantitative et
qualitative des performances obtenues lors de la 2ème minute semble pertinente pour
acquérir davantage de connaissances sur les processus cognitifs des patients.
En revanche, nous n’avons pas trouvé de corrélation entre les performances à la 2ème
minute et la reprise professionnelle, indiquant que d’autres facteurs interindividuels
interviennent et que l’étude de la 2ème minute ne semble pas être suffisante pour
déterminer cette orientation.
En outre, afin de confirmer l'intérêt de l’étude de la 2ème minute dans la détection des
troubles fins exécutifs et langagiers, il serait nécessaire de mener ces recherches auprès
d’échantillons plus vastes.
En conclusion, introduire l’étude de la 2ème minute des fluences verbales dans
l’évaluation des capacités cognitives pourrait permettre de détecter des troubles non
objectivés par les tests classiques. Or, cette approche reste, à notre connaissance, peu
décrite dans la littérature.
20
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ANNEXES :
Annexe A : Comparaisons des résultats entre la 1ère et la 2ème minute des six
fluences verbales du protocole chez les patients et chez les sujets contrôles.
FSP : fluence simple phonologique ; FSS : fluence simple sémantique ; FCPP : fluence
complexe privative phonologique ; FCPS : fluence complexe privative sémantique ; FCAP
: fluence complexe alternative phonologique ; FCAS : fluence complexe alternée
sémantique ; Corr : nombre de mots corrects produits ; Repet : nombre de répétitions ; Err
: nombre d’erreurs ; Clu : nombre de clusters ; TailleClu : nombre de mots produits dans
le plus long cluster ; Sw : nombre de switches ; Ddl : degré de liberté ; orange : significatif
; rouge : suggestif.
Annexe B : Comparaisons des performances aux fluences verbales entre les patients
et les sujets contrôles sur le temps total d’épreuve et sur la 2ème minute.
FSP : fluence simple phonologique ; FSS : fluence simple sémantique ; FCPP : fluence
complexe privative phonologique ; FCPS : fluence complexe privative sémantique ; FCAP
: fluence complexe alternative phonologique ; FCAS : fluence complexe alternée
sémantique ; Corr : nombre de mots corrects produits ; Repet : nombre de répétitions ; Err
: nombre d’erreurs ; Clu : nombre de clusters ; TailleClu : nombre de mots produits dans
le plus long cluster ; Sw : nombre de switches ; Ddl : degré de liberté ; orange : significatif
; rouge : suggestif.
ATTESTATIONS DE NON-PLAGIAT
Signature :
Signature :