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Menaces sur les aires marines en Afrique

Étude environnementale

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Thèmes abordés

  • stratégies de résilience,
  • impact des changements climati…,
  • pêche non contrôlée,
  • engagement des parties prenant…,
  • écosystèmes côtiers,
  • ressources halieutiques,
  • approches pluridisciplinaires,
  • aires marines protégées,
  • conservation marine,
  • tourisme durable
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  • approches pluridisciplinaires,
  • aires marines protégées,
  • conservation marine,
  • tourisme durable

Menaces sur les aires marines protégées en Afrique de

l’Ouest : de la pêche non contrôlée aux changements


climatiques
Pierre Failler, Grégoire Touron-Gardic, Oumar Sadio, Marie-Suzanne Traore
Dans Mondes en développement 2019/3 (n° 187), pages 133 à 152
Éditions De Boeck Supérieur
ISSN 0302-3052
ISBN 9782807392861
DOI 10.3917/med.187.0133
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 21/03/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.82.171.197)

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DOI : 10.3917/med.187.0133

Menaces sur les aires marines protégées en Afrique


de l’Ouest : de la pêche non contrôlée aux
changements climatiques
Pierre FAILLER, Grégoire TOURON-GARDIC1,
Oumar SADIO2 et Marie-Suzanne TRAORE3
Cet article présente les menaces qui pèsent sur les aires marines protégées
(AMP) ouest-africaines telles qu’elles sont perçues par leurs gestionnaires. Il
expose la manière dont celles-ci sont prises en compte dans le processus de
gestion. Les principales menaces identifiées sont la pêche non contrôlée,
l’érosion côtière, la surexploitation des ressources terrestres (bois surtout), la
pollution et les effets des changements climatiques. Elles sont globalement peu
traduites en mesures de gestion, davantage dédiées à assurer le fonctionnement
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de base des sites qu’à endiguer des menaces de grande ampleur.
Mots-clés : Afrique de l’Ouest, aires marines protégées (AMP), mesures de
gestion, milieux naturels, pollution, surpêche, changements climatiques
Classification JEL : Q25, Q28, Q54, Q57
Threats to marine protected areas in West Africa:
From uncontrolled fishing to climate change
This article presents the threats facing West African marine protected areas as
they are perceived by those who manage them. It also outlines the way in which
these threats are taken into account in the management process. The main
threats identified are uncontrolled fishing, coastal erosion, overexploitation of
land resources (mainly wood), and pollution. They are generally poorly
translated into management measures, which are aimed more at maintaining the
basic operation of the sites than at containing large-scale threats.
Keywords: West Africa, marine protected areas (MPA), management measures,
ecosystems, pollution, overfishing, climate change

1 Université de Portsmouth, Centre pour la Gouvernance bleue, Faculté d’économie et de


droit, Royaume-Uni. [email protected], [email protected]
2 Institut de Recherches pour le développement (IRD), UMR LEMAR 195 (Laboratoire des
sciences de l'Environnement MARin), Sénégal. [email protected]
3 Réseau des aires marines protégées de l’Afrique de l’Ouest (RAMPAO), Sénégal.
[email protected]

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187 133


134 P. FAILLER, G. TOURON-GARDIC, O. SADIO et M.-S. TRAORE

L e littoral ouest-africain bénéficie d'une diversité de milieux remarquable


(Johnson et al., 2014 ; PRCM, 2012). Les zones côtières font toutefois
face à des pressions anthropiques importantes et croissantes, exacerbées par les
aspirations au développement économique (Binet et al., 2012). Supportant la
plus large part de la population, l'environnement littoral est plus
particulièrement affecté ( Johnson et al., 2014 ; Dahou et al., 2004). Dans un tel
contexte, les aires marines protégées (AMP) de la région ont été établies avec
l’objectif de conserver les ressources naturelles (ichtyofaune et mammifères
marins emblématiques, notamment) et les habitats (mangroves et plages en
priorité), et afin d’agir comme un vecteur de développement social à l’échelle
locale. Ces AMP agissent sous la supervision d’institutions nationales
spécialisées, bien que quelques sites soient gérés à l’échelon communautaire,
principalement au Sénégal. Globalement, elles peinent à atteindre leurs objectifs
de conservation (Failler et al., 2018 ; Staub et al., 2014 ; Sène, 2013), cela
d’autant plus que les capacités humaines et institutionnelles sont aussi
insuffisantes (UICN/PAPACO, 2012 ; Weigel et al., 2011) que ne le sont les
moyens financiers (PNUD/Go-Wamer, 2017 ; Kane et al., 2011).
L’objectif de l’article est de présenter les menaces qui pèsent sur les ressources
et les milieux naturels dans les AMP ouest-africaines telles qu’elles sont perçues
par leurs gestionnaires et la manière dont elles sont prises en compte dans le
processus de gestion des espaces marins et côtiers protégés. Les données et les
informations proviennent du travail d’enquête réalisé en 2017 et 2018 pour
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l’établissement de la situation de référence des 32 AMP du Réseau régional des
AMP en Afrique de l’Ouest (RAMPAO)4 (Failler et al., 2018). Si de telles
enquêtes de perception ont été effectuées en Afrique de l’Est (Kiringe et al.,
2007), en Europe (Álvarez-Fernández et al., 2016), en Australie (Fitzsimons and
Wescott, 2007) et aux Philippines (Horigue et al., 2014), elles n’avaient pas
encore été réalisées en Afrique de l’Ouest5 ; les études menées depuis 2010 dans
la région ouest-africaine s’étant limitées à une identification des menaces et des

4 Ce réseau est un organisme qui rassemble les AMP de la région en un ensemble représentatif
et cohérent. Il vise à appuyer les équipes de gestion par un soutien logistique, scientifique et
financier (sans toutefois se substituer aux administrations). Sa zone d’influence s’étend sur
sept pays côtiers d’Afrique de l’Ouest : Mauritanie, Sénégal, Cap Vert, Gambie, Guinée-
Bissau, Guinée et Sierra Leone.
5 Seule une enquête de ce type a été menée par la coopération américaine à Bamboung, Cayar

et Joal au Sénégal (Sène, 2013). Il existe aussi, de façon sporadique, des enquêtes de
perception et des analyses pluridisciplinaires à l’échelle d’un site (par exemple Bamboung,
Alban et al., 2011). Par ailleurs, les AMP du réseau font régulièrement l’objet, dans le cadre
d’un diagnostic interne, d’évaluations participatives portant sur l’efficacité de gestion.
Celles-ci suivent toutefois un protocole fixe (le RAPPAM, voir infra), se basant sur une
« carte à points » : un grand nombre de questions sont posées concernant l’ensemble de la
gestion du site, dont la réponse consiste en une note qualitative comprise entre 0 et 4. Ces
réponses doivent reposer sur des données quantitatives ou, le cas échéant, sur les
impressions des gestionnaires. L’agrégation de ces résultats détermine l’état de gestion du
site.

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


Menaces sur les aires marines protégées en Afrique de l’Ouest 135

pressions sans faire intervenir la perception des gestionnaires (PNUD/Go-


wamer, 2017 ; PNUD/Go-Wamer and WWF, 2014 ; Kane et al., 2011 ;
RAMPAO, 2010).
Aussi, le présent article contribue-t-il à élargir le champ géographique de
l’analyse de la perception des menaces par les gestionnaires des AMP. Il apporte
de plus, par la démarche innovante suivie – à savoir une enquête de perception
à l’échelle d’un réseau d’AMP qui concerne tous les gestionnaires – une
contribution à l’étude de la formulation des actions de gestion dans un contexte
d’insuffisance de moyens techniques, financiers et parfois humains. Sachant que
la perception des parties prenantes des aires protégées est décisive pour
l’orientation des politiques publiques et l’élaboration des mesures de gestion
(Cook et al., 2014 ; Fitzsimons and Wescott, 2007), un tel travail s’avère
déterminant pour l’appréhension des effets des changements globaux
(climatiques et autres, tels que l’érosion) sur le littoral ouest-africain.
L’article est structuré en trois parties. La nature des données, leur mode de
collecte et de traitement est décrit dans la première partie. Les différentes
menaces identifiées par les gestionnaires ainsi que les mesures de gestion
afférentes sont exposées dans la deuxième. L’examen des menaces, à l’aune des
travaux scientifiques réalisés dans la région, fait l’objet de la dernière partie qui
aborde, également, sous forme de discussion, la cohérence des mesures de
gestion en fonction des menaces, de même que les opportunités entrevues par
les gestionnaires pour améliorer l’efficacité de leur AMP.
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1. MÉTHODE

1.1 Collecte de données


La perception des gestionnaires vis-à-vis des menaces pesant sur
l’environnement et les ressources au sein de leur AMP a été recensée lors de la
réalisation de l’état de référence des 32 AMP du RAMPAO (figure 1) entre juin
2017 et mai 2018 (Failler et al., 2018). Tous les gestionnaires des AMP membres
du réseau ont été contactés afin de compléter un questionnaire devant
permettre de définir l’état de santé des écosystèmes protégés, les menaces qui
pèsent sur leur viabilité et les opportunités qui se présentent pour en assurer
l’équilibre écologique6. Le questionnaire devait, de plus, permettre de recenser
les mesures de gestion et de protection qui sont mises en place par les
gestionnaires, en précisant les phénomènes qu’elles tentent de contrecarrer. Les
menaces étaient classées selon leur origine anthropique ou naturelle et leur
niveau de sévérité (inexistant, peu sévère, sévère, très sévère). Les
questionnaires relatifs à 28 AMP ont été renseignés sur un total de 32 AMP

6 Des copies du questionnaire peuvent être obtenues en s’adressant aux auteurs de cet article.

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


136 P. FAILLER, G. TOURON-GARDIC, O. SADIO et M.-S. TRAORE

membres du RAMPAO, soit un taux de réponse de 87%7. Pour les 4 AMP


restantes, la perception des menaces par les gestionnaires et leur degré de
sévérité n’a pas pu être qualifiée. En revanche, les mesures de gestion
entreprises ont pu être prises en compte à l’aide de la documentation disponible
sur ces aires protégées (plan de gestion, rapport RAMSAR, etc.).

Figure 1 : Liste et contours des AMP interrogées lors de l’état de référence des
AMP en Afrique de l'Ouest
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Source : élaboration des auteurs.

7 Les questionnaires des Parcs nationaux du Djoudj et du Delta du Saloum (Sénégal), la


Réserve satellite de Cap-Blanc (Mauritanie) et du Parc national d’Orango (Guinée-Bissau)
n’ont pas été renseignés.

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


Menaces sur les aires marines protégées en Afrique de l’Ouest 137

1.2 Classification des réponses


Les réponses relatives aux menaces présentaient un fort degré d’hétérogénéité,
tant pour la quantité que pour la qualité des informations fournies. Néanmoins,
après un travail de classification, les diverses réponses relatives aux menaces
d’origine anthropiques ont été réparties en 11 domaines (cités par ordre
d’occurrence) : pêche non contrôlée, surexploitation des ressources naturelles
terrestres, pollution, industrie, agriculture, chasse, perte d’habitats,
infrastructures, démographie, tourisme et transports. Les menaces d’origine
naturelle ont, quant à elles, été classées en fonction des réponses des
gestionnaires en 8 domaines : érosion, changement climatique, espèces
invasives, salinisation, ensablement, modification des habitats, intrusion marine
et feux de brousse.
Les mesures de gestion et les phénomènes qu’elles souhaitent contrecarrer ont
également été classés en plusieurs domaines distincts, suivant au mieux les
réponses des gestionnaires. De la sorte, les mesures de gestion ont été classées
en 14 domaines : suivi/études, sensibilisation, surveillance, mesures biologiques,
régulation de l’espace, reboisement, contact avec les communautés locales,
infrastructures, mesures physiques (maintenance et petites infrastructures),
tourisme, gestion des ressources, protection, consultation et autres8. Quant aux
phénomènes à endiguer, ils ont été répartis en 11 domaines : pêche non
contrôlée, perte des habitats, surexploitation des ressources terrestres, perte de
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biodiversité, érosion, agriculture, pollution, modification des habitats,
exploitation industrielle, transports et autres.

1.3 Traitement de données


Les menaces ont été répertoriées pour chaque site selon leur domaine et leur
importance. Les mesures de gestion ont également été triées selon leur domaine
d’application et en fonction des phénomènes sur lesquels ces dernières tentent
d’agir. Cela a permis de relier les domaines d’application des mesures de gestion
aux menaces à contrecarrer. Une agrégation à l’échelle du réseau a ensuite été
réalisée afin de disposer d’une vue d’ensemble et de proposer un schéma global
de perceptions des menaces et des réponses en matière de gestion.
La perception des gestionnaires a, ensuite, été confrontée aux résultats des
évaluations portant sur l’efficacité de gestion des AMP de la région, réalisées
entre 2010 et 2017 : celle effectuée par le RAMPAO en 2010 sur les 19 AMP
membres du RAMPAO (RAMPAO, 2010) ; celle conduite par le WWF (World
Wildlife Fund) en 2011 sur 12 AMP sénégalaises (Kane et al., 2011) ; celle du
programme Go-Wamer en 2014 sur 23 AMP du RAMPAO (PNUD/Go-
Wamer and WWF, 2014) et celle du même programme portant sur les mêmes

8 Les principales mesures de gestion sont décrites dans la partie « Résultats ».

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


138 P. FAILLER, G. TOURON-GARDIC, O. SADIO et M.-S. TRAORE

AMP en 2017 (PNUD/Go-Wamer, 2017). Les trois premières évaluations ont


utilisé la méthode Rapid Assesment and Prioritization of Protected Areas Management
(RAPPAM), qui se base sur des questionnaires recouvrant l’ensemble des
phases de la gestion d’un site9. La quatrième a eu recours à l’outil « Rose des
vents », afin d’appréhender l’état de maturité d’une aire protégée, complétée par
les outils RAPPAM et IMET (Integrated Management Effectiveness Tool)10.

2. RÉSULTATS

2.1 Menaces d’origine anthropique


La pêche non contrôlée constitue la menace qui affecte le plus grand nombre
d’AMP (figure 2) : 86% des gestionnaires estiment que leur AMP est touchée
par les pratiques de pêche qui ne figurent pas parmi la liste de celles qui y sont
autorisées. En Afrique de l’Ouest, où 70% de la population vit à proximité du
littoral (Gemenne et al., 2017), la satisfaction des besoins nutritionnels en
protéine d’origine animale dépend en grande partie de la pêche non contrôlée
(Binet et al., 2013). Les incursions des unités de pêche migrante dans les AMP,
voire des navires de pêche industrielle et la pose des filets dans les bolongs
(canaux de ces mangroves) et autres chenaux, sont les formes les plus courantes
de pêche illégale (Binet et al., 2012).
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Avec la surpêche et la pêche illégale, la surexploitation des ressources naturelles
terrestres (bois surtout), la pollution, l’agriculture et les industries (usines et, dès
2022, exploitation pétrolière et gazière) composent l’essentiel du panorama des
menaces anthropiques dont l’occurrence est la plus forte. Les mangroves des
AMP du réseau sises le long du littoral et dans les estuaires font l’objet de
coupes de bois à des fins domestiques (constructions en tous genres, feux de
cuisson, fumage) (Sarr, 2005) et à des fins de récolte des huîtres (Joyeux et al.,
2010a). Si l’exploitation incontrôlée des ressources naturelles terrestres et
marines fait figure de menace de longue date, celles liées à l’exploitation des

9 À savoir les six étapes suivantes : Contexte, Planification, Intrants, Processus, Résultats,
Effets/Impacts (Leverington et al., 2010). Les pressions et les menaces font l’objet d’une
analyse en préambule de l’évaluation de ce cycle de gestion.
10 Les méthodes RAPPAM, IMET et Rose des vents sont des outils d’évaluation de l’efficacité

de gestion des aires protégées. Ces évaluations sont consensuelles et participatives. Elles
sont conduites par des consultants extérieurs en collaboration avec l’équipe de gestion d’une
aire protégée. Elles se présentent sous forme de questionnaires couvrant l’intégralité du
cycle de gestion d’un site protégé. La méthode de la Rose des vents n’aborde pas les
pressions exercées sur les sites. Le RAPPAM, en raison de sa structure rigide et peu
exhaustive, n’est pas assimilable à une enquête de perception. Seul l’IMET – qui est une
amélioration du RAPPAM – s’en approche ; toutefois, ce dernier outil n’a été utilisé que sur
trois sites (PNUD/Go-Wamer, 2017).

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


Menaces sur les aires marines protégées en Afrique de l’Ouest 139

gisements d’hydrocarbures au large des côtes ouest-africaines est relativement


nouvelle du fait d’une exploration récente (PNUD/Go-Wamer, 2017).

Figure 2 : Occurrence et degré de sévérité des menaces anthropiques identifiées


par les gestionnaires
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Source : élaboration des auteurs.

En termes de sévérité, la pollution constitue la menace qui a reçu le plus de


mentions « très sévère » en raison de ses effets visibles et à court terme, tant sur
les habitats, la faune et la flore (mortalité, arrêt de croissance) que sur les
populations qui dépendent de ces ressources (intoxication et contamination,
entre autres) (Toure et al., 2016). Les infrastructures, surtout les barrages sur les
cours d’eau, et le tourisme, bien qu’étant des menaces relativement peu
récurrentes, sont considérées comme impactant de façon tangible les sites qui y
sont exposés. De ce fait, la modification hydrologique résultant des barrages,
notamment la baisse du débit des rivières et des fleuves, se traduit par des
déficits en eau douce, modifiant irrémédiablement les habitats estuariens et
côtiers (Sakho et al., 2011). Le déficit sédimentaire induit par ces infrastructures
s’exprime, de son côté, par une érosion des berges et du littoral adjacent.
Certaines AMP font face à plusieurs menaces dont l’impact est très sévère
(tableau 1). C’est le cas pour le Parc national des îles de la Madeleine, qui borde
la côte de Dakar. Pour l’AMP d’Abéné, la double menace qualifiée de très
sévère par le gestionnaire est liée aux eaux polluées qui s’écoulent dans l’aire
protégée depuis une zone industrielle proche et en expansion.

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


140 P. FAILLER, G. TOURON-GARDIC, O. SADIO et M.-S. TRAORE

Tableau 1 : Occurrence et degré de sévérité des menaces anthropiques


identifiées par les gestionnaires

Surexploitation

Infrastructures

Démographie
Perte habitats
Agriculture

Transports
Pêche non

ressources

Tourisme
contrôlée

Pollution
terrestres

Industrie

Chasse
Diawling
Banc d’Arguin
Bamboung
Saint-Louis
Sangomar
Cayar
Kawawana
Joal-Fadiouth
Langue de Barbarie
Palmarin
Popenguine
Îles de la Madeleine
Abéné
Gandoul
Somone
Santa Luzia
Boa Vista
Bao Bolong
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Nuimi
Tanbi
Tanji
Rio Cacheu
Cantanhez
Joao Poilao Vieira
Urok
Tristao
Alcatraz
Loos

Menaces Menaces Menaces Menaces


inexistantes peu sévères sévères très sévères
Source : élaboration des auteurs.

Selon les gestionnaires, les sites qui subissent la pollution de façon la plus sévère
sont les AMP dont l’emplacement est proche des grandes villes : le Parc
national des îles de la Madeleine situé le long des côtes de Dakar (Sénégal), les
sites de Tanbi et Tanji à proximité de Banjul (Gambie) et la réserve de Bao
Bolon (Gambie), bordée par une route nationale à proximité de l’agglomération
de Farafenni. L’APAC de Kawawana/Mangagoulack, est, pour le moment, le
seul site dont le gestionnaire ne déplore aucune menace : son emplacement en
Casamance, le long de bolongs retirés et éloignés de sites industriels et urbains
expliquerait cela.

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


Menaces sur les aires marines protégées en Afrique de l’Ouest 141

Bien que l’ensemble des menaces soient distribuées de façon homogène au sein
du réseau d’AMP, au Sénégal, les AMP semblent, selon les gestionnaires,
significativement moins sujettes aux menaces d’origine anthropique (figure 3).
En attribuant un score à chaque type de menace pour chaque site, il apparaît
que les AMP au Sénégal obtiennent un score moyen nettement inférieur à la
moyenne de celles des autres pays du littoral ouest-africain, traduisant une
vulnérabilité plus faible aux menaces d’origine anthropique.

Figure 3 : Scores moyens des menaces d’origine anthropique


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Note : La moyenne de toutes les menaces d’origine anthropique pour les sites
correspondant à ces deux échantillons a été calculée à partir de leurs scores (0 pour une
menace inexistante ; 1 pour une menace peu sévère ; 2 pour une menace sévère et 3
pour une menace très sévère). Nombre de sites au Sénégal = 13 ; nombre de sites pour
les autres pays = 15. Pour les deux « boîtes », la barre centrale en gras indique le score
médian et la croix indique le score moyen. Un test statistique de Wilcoxon-Mann-
Whitney a permis de déterminer que les moyennes des deux groupes (« Sénégal » versus
« Autres pays ») sont significativement différentes (valeur p de 0.021).
Source : élaboration des auteurs.

La pression plus basse constatée dans les sites sénégalais vient essentiellement
du fait que la menace « surexploitation des ressources terrestres » est beaucoup
moins présente. Néanmoins, il existe au Sénégal plusieurs AMP qui sont
exclusivement marines, ce qui fait baisser le score national moyen pour cette
menace. En outre, l’implication des communautés locales au sein de la gestion
des AMP communautaires au Sénégal peut expliquer la meilleure préservation
des mangroves dans ce pays (Failler et Ba, 2017).

2.2 Menaces d’origine naturelle


Les menaces d’origine naturelle qui présentent la plus forte occurrence sont,
selon les gestionnaires, l’érosion et les changements climatiques (figure 4). Les

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


142 P. FAILLER, G. TOURON-GARDIC, O. SADIO et M.-S. TRAORE

AMP étant toutes situées le long des côtes (aucune AMP hauturière), en milieu
insulaire et dans les estuaires, l’érosion du littoral ou des berges constitue une
menace systématique. Son effet est accéléré par la multiplicité des causes
aggravantes, opérant en cascade : les changements climatiques induisent une
baisse des précipitations (Descroix et al., 2015), responsable, à son tour, du
déficit sédimentaire qui fragilise le trait de côte (Faye, 2010) et favorise les
intrusions d’eau marine à l’intérieur des terres. Les menaces d’origine humaine
amplifient, par ailleurs, les effets de celles qui sont d’origine naturelle. Les
barrages sur les fleuves, les digues, les remblaiements et autres artefacts, ainsi
que la coupe du bois, exacerbent, par exemple, la détérioration du cordon
littoral.

Figure 4 : Occurrence et degré de sévérité des menaces naturelles identifiées par


les gestionnaires
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Source : élaboration des auteurs.

Les changements climatiques, bien qu’étant moins cités que l’érosion, sont
considérés avec la plus grande attention par les gestionnaires car ils induisent,
selon eux, des effets diffus, alors que leurs origines sont souvent difficiles à
identifier (tableau 2). Les liens entre les phénomènes naturels eux-mêmes sont
globalement soulignés par les gestionnaires des AMP, pour qui l’érosion, la
salinisation et les intrusions marines sont intimement liées, de même pour la
modification des habitats – essentiellement un phénomène de désertification –
et les changements climatiques.

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


Menaces sur les aires marines protégées en Afrique de l’Ouest 143

Tableau 2 : Occurrence et degré de sévérité des menaces naturelles identifiées


par les gestionnaires

Changements

Ensablement

Modification
Salinisation
climatiques

Intrusions
invasives
Espèces
Erosion

Feux de
marines
habitats

brousse
Diawling
Banc d’Arguin
Bamboung
Saint-Louis
Sangomar
Cayar
Kawawana
Joal-Fadiouth
Langue de Barbarie
Palmarin
Popenguine
Îles de la Madeleine
Abéné
Gandoul
Somone
Santa Luzia
Boa Vista
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Bao Bolong
Niumi
Tanbi
Tanji
Rio Cacheu
Cantanhez
Joao Vieira Poilao
Urok
Tristao
Alcatraz
Iles Loos

Menaces Menaces peu Menaces sévères Menaces très


inexistantes sévères sévères
Source : élaboration propre.

Globalement, les sites les moins touchés par les menaces naturelles sont les
AMP insulaires (Urok, Loos, Santa Luzia) et celles abritées dans le fond des
estuaires et constituées de mangroves (Bamboung, Kawawana). Le fort apport
sédimentaire de certains fleuves comme le Rio Geba en Guinée-Bissau, par
exemple, garantit une certaine stabilité du trait de côte.

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


144 P. FAILLER, G. TOURON-GARDIC, O. SADIO et M.-S. TRAORE

2.3 Mesures de gestion


Les mesures de gestion énoncées par les gestionnaires sont reliées aux menaces
d’origine anthropique et naturelle qu’elles visent à contrecarrer. En dehors des
mesures routinières liées au suivi/étude (évaluation), la sensibilisation et la
surveillance, les activités plus courantes consistent à réguler les activités de
pêche, à instaurer des périodes de repos biologique et à réguler l’espace marin et
terrestre (zonage, zones tampons, etc.). Plus spécifiquement :
- Le suivi est, pour l’essentiel, une action de recensement de la faune et
de la flore. Il peut reposer sur des indicateurs tels que le nombre d’oiseaux ou
de nids, l’abondance de poissons, le niveau trophique, la surface d’un type
d’habitat, etc. Lorsque ce suivi s’opère sur une échelle de temps assez longue
(plus d’une décennie), il est possible d’y déceler des tendances.
- La surveillance : certaines entités réalisant la surveillance sont
habilitées à arrêter les personnes en situation irrégulière, à confisquer leur
matériel, à donner des amendes, etc. Le cas échéant, les organismes de l’État
peuvent être prévenus lors de toute détection d’infractions.
- La sensibilisation : activité essentielle et basique dans le cahier des
charges des gestionnaires. Elle est largement répandue en raison de son faible
coût. Certaines AMP investissent dans des moyens de communication et de
sensibilisation avancés (radios communautaires, sites internet, etc.).
- L’amélioration des connaissances : de nombreux gestionnaires
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regrettent le manque de connaissances en lien avec certains habitats ou espèces
clés (Cormier-Salem and Panfili, 2016), qui seraient susceptibles d’améliorer la
qualité du suivi. L’absence d’état de référence est aussi préjudiciable, selon eux,
car les actions de gestion ne peuvent pas être entreprises sur les bases de
données robustes. Le manque d’instruction de certaines équipes de gestion
complique, d’autre part, leur appropriation des documents produits dans la
région (Kane et al., 2011). En conséquence, certains gestionnaires n’hésitent pas
à accueillir des scientifiques ou des étudiants, afin de produire des documents
scientifiques de référence pour l’AMP.
- Les mesures biologiques. Celles-ci sont multiples : restrictions
temporelles (repos biologique), restrictions relatives à certaines espèces ou à des
modes de prélèvements, lutte contre les espèces envahissantes (prélèvements,
chasse/pêche).
- Le reboisement. Ce type de mesure concerne essentiellement les zones
de mangroves, mais aussi les flèches sableuses (Langue de Barbarie, Cayar,
Saint-Louis, etc.).
Ces mesures visent principalement à combattre la pêche non contrôlée, la
surexploitation des ressources terrestres et la perte des habitats (figure 5). Bien
qu’étant la cible d’un nombre élevé de mesures de gestion, cette dernière
menace n’a pourtant pas été identifiée par les gestionnaires comme une menace
principale (figure 2 supra). À l’inverse, certaines menaces comme l’érosion et la
pollution ne sont que peu visées par des mesures de gestion. La menace

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


Menaces sur les aires marines protégées en Afrique de l’Ouest 145

« changements climatiques » ne fait l’objet d’aucune mesure de gestion


spécifique (ce qui explique l’absence de cercle la représentant dans la figure 5,
dont le but est de mettre en évidence une sélection des principaux phénomènes
à contrecarrer par les mesures de gestion les plus courantes).

Figure 5 : Principales mesures de gestion (foncé) et phénomènes sur lesquels


elles tentent d'agir (clair)
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Note : la taille des cercles clairs est proportionnelle au nombre de mesures prises (et
non pas proportionnel à leur occurrence) ; la taille des cercles foncés est
proportionnelle au nombre de mentions de la mesure qu’ils représentent. L’épaisseur
des flèches reliant les menaces aux mesures mises en place est également
proportionnelle au nombre de mentions. Les éléments, comme les changements
climatiques, qui n’ont pas fait l’objet de mesures de gestion spécifique, ne figurent pas.
Source : élaboration propre.

De ce fait, la perte des habitats, l’érosion et la pollution ne font pas l’objet de


suivi continu ou d’études ponctuelles et, globalement, très peu d’attention leur
est accordée, puisque seules de rares actions sont entreprises à leur encontre.
Accaparant toute l’attention des gestionnaires des AMP ouest-africaines, la lutte
contre la pêche non contrôlée ne laisse que peu de place à des mesures de
gestion venant contrecarrer des menaces toutes aussi importantes, comme
peuvent l’être les effets des changements climatiques. En outre, la pêche non
contrôlée ne fait pas l’objet d’études, ce qui est préjudiciable pour la gestion de
cette menace prépondérante. Enfin, la surveillance – bien qu’étant l’une des
mesures de gestion les plus courantes – ne se concentre que sur deux domaines
(pêche non contrôlée et surexploitation des ressources naturelles terrestres),
alors que cette activité devrait être répliquée à tous les types de menaces.

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


146 P. FAILLER, G. TOURON-GARDIC, O. SADIO et M.-S. TRAORE

Globalement, les connexions entre les mesures de gestion (en gris foncé) et les
phénomènes à contrecarrer (en gris clair) sont donc incomplètes et
déséquilibrées.

3. DISCUSSION

Pour comprendre les enjeux afférents aux AMP en Afrique de l’Ouest, les
enquêtes de perceptions sont des outils précieux, complémentaires des analyses
et de suivis quantitatifs classiques (Álvarez-Berastegui et al., 2014 ; Fatori and
Morén-Alegret, 2013). Les connaissances in situ des parties prenantes sont en
effet essentielles à l’amélioration du savoir (UICN/PAPACO, 2012) ainsi qu’à
la valorisation du travail des gestionnaires et à leur intégration effective dans le
processus plus large de gouvernance des AMP ouest-africaines (Rodriguez-
Rodriguez and Martinez-Vega, 2016).
Les résultats énoncés précédemment sont toutefois partiaux en raison de
l’aspect subjectif de la perception des parties prenantes interrogées (Carbutt and
Goodman, 2013). La hiérarchisation des menaces peut être influencée, par
exemple, par la façon dont sont posées les questions ou par différents facteurs
tels que l’inadéquation des échelles de temps (Kiringe et al., 2007), la position
géographique ou les opinions des gestionnaires et des chargés d’enquêtes (Lu et
al., 2012). L’homogénéité des réponses obtenues dans le présent travail pour
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l’ensemble des AMP du réseau garantit toutefois un bon niveau de fiabilité.
Celles-ci sont, de plus, corroborées par les évaluations relatives à l’efficacité de
gestion effectuées dans la région depuis 2010.

Tableau 3 : Comparatif des principales menaces et des pressions identifiées


dans les évaluations de l'efficacité de gestion des AMP en Afrique de l'Ouest
RAPPAM RAPPAM RAPPAM RAPPAM/ Rose Enquête de
(RAMPAO, 2010) (Kane et al., (PNUD/Go- des vents/IMET perception
2011) Wamer and (PNUD/Go- (Failler et al.,
WWF, 2014) Wamer, 2017) 2018)
Menaces Pressions & Menaces Pressions Menaces
Menaces anthropiques
1. Pêche non 1. Pêche 1. Pêche 1. Pêche 1. Pêche non
contrôlée 2. Érosion 2. Érosion contrôlée
2. Coupe ligneuse 3. Exploitation 3. Pollution 2. Surexploitation
3. Modification forestière 4. Industrie des ressources
des habitats 4. Pollution naturelles (bois
4. Érosion essentiellement)
3. Pollution
Pressions Pressions Menaces
1. Pollution 1. Pêche naturelles
2. Surexploitation 1. Érosion
des ressources 2. Changements
naturelles (bois climatiques
essentiellement)
Sources : voir la première ligne du tableau.

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


Menaces sur les aires marines protégées en Afrique de l’Ouest 147

Globalement, parmi les sources de nuisance identifiées dans les évaluations de


l’efficacité des AMP réalisées depuis 2010 dans la région, toutes présentent la
pêche non contrôlée, la coupe ligneuse, la modification des habitats et l’érosion
comme les plus courantes (tableau 3), renforçant leur caractère récurrent au fil
du temps.
La principale raison expliquant la récurrence de la pêche non contrôlée parmi
les principales menaces réside dans l’absence de mesures drastiques prises à
l’encontre des pêcheurs illégaux. Le littoral de la zone d’étude subit l’afflux
massif de pêcheurs venant parfois de très loin (Ghana, Côte d’Ivoire) (Binet et
al., 2010). En outre, une part toujours croissante de la population se masse le
long des côtes (Gemenne et al., 2017), dépendant des ressources halieutiques
pour leur apport en protéines.
La coupe de bois est inscrite dans les pratiques courantes des populations
côtières. Un changement de ces pratiques implique la mise en place
d’alternatives et une inertie dans le temps. Toutefois il n’existe que peu de
projets généralisés permettant des économies de bois (cultures ostréicoles sur
cordes, fours solaires, saliculture solaire, etc.) (PRCM, 2012). En revanche, les
actions de reforestation sont répandues, avec des résultats souvent mitigés
(Cormier-Salem and Panfili, 2016 ; Ndour et al., 2012), tandis que l’état des
forêts semble s’améliorer légèrement dans les AMP du réseau (Failler et al.,
2018).
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La désertification consécutive à un déficit pluviométrique dans les années 1970-
1980 a conduit à une modification drastique des écosystèmes au sein de
certaines AMP : pertes de surface de forêts, pertes de mangroves ou encore
asséchements de certaines vasières. En outre, la réduction des apports en eau
douce, accentuée par la réalisation de barrages et de digues, a entraîné une
salinisation de certaines zones à l’interface entre eaux marines et continentales.
En réponse à ces modifications structurelles des habitats, les AMP du réseau
tentent de contenir ce phénomène en plantant des pieds de mangrove, ce qui
est, somme toute, insuffisant au regard de l’avancée croissante de la salinisation.
En l’absence de connaissances précises et localisées des conséquences des
changements climatiques (Duncan et al., 2018 ; Galetti et Chaboud, 2015),
aucun des gestionnaires ne peut caractériser leurs impacts. Par conséquent, les
gestionnaires attribuent le phénomène de l’érosion au déficit sédimentaire
consécutif aux ouvrages hydrauliques et à la baisse des précipitations. Par
ailleurs, les changements climatiques n’ont pas été cités dans les évaluations de
l’efficacité de gestion des AMP effectuées entre 2010 et 2017, bien qu’ils soient
à l’origine de nombreuses sources de nuisances (érosion, désertification, espèces
invasives, etc.). La mention régulière des changements climatiques par les
gestionnaires lors de cette enquête démontre que la prise de conscience est en
train de se faire.
Les gestionnaires mentionnent, en outre, la pollution de manière générale
comme menace majeure. Consécutive à l’absence de mesures de confinement
des rejets domestiques liés à l’accroissement rapide de la population (Borrini-

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


148 P. FAILLER, G. TOURON-GARDIC, O. SADIO et M.-S. TRAORE

Feyerabend et al., 2010) et des rejets industriels relatifs au développement


d’activités de transformation des matières premières et d’activités
manufacturières (Joyeux et al., 2010b), ce phénomène paraît tout aussi diffus
que l’érosion. Le déficit informationnel est également conséquent, d’autant plus
que la pollution due aux macro- et micro-plastiques, pourtant présente tout le
long du littoral et engendrant des perturbations majeures, sont ignorées des
gestionnaires (Failler et Ba, 2017).
Les mesures de gestion se concentrent sur les phénomènes qu’il est plus facile
de contrer avec des moyens relativement faibles (la pêche non contrôlée, la
surexploitation des ressources naturelles terrestres et la perte des habitats),
négligeant les changements climatiques, l’érosion et la pollution, malgré leur
nombreuses occurrences et leur sévérité très élevées. Ces mesures de gestion ne
suivent pas toujours les objectifs de gestion et ne coïncident pas de façon
optimale avec les menaces et les enjeux recensés. Globalement, les mesures de
protection les plus souvent citées sont celles associées au « travail de fond »
élémentaire de toute AMP. Les gestionnaires tentent généralement de parer au
plus pressé avec des moyens limités. D’autant plus que les causes multiples et
les dégâts diffus des pollutions et des changements climatiques sont difficiles à
appréhender, surtout dans un contexte de faibles capacités humaines,
logistiques et financières (Sène, 2013). Enfin, les menaces directes sont
généralement perçues comme étant plus sévères que les menaces latentes, dont
les effets ne sont visibles que sur le long terme (Kiringe et al., 2007).
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Bien que les enjeux de pêche et d’exploitation du bois apparaissent accessibles,
ces problématiques se retrouvent année après année parmi les menaces les plus
importantes, posant la question de l’efficacité des AMP. Plusieurs études ont
déjà été réalisées dans des aires protégées du réseau au sujet de l’évolution
positive des ressources halieutiques (Guénette et al., 2014). En revanche, l’état
des forêts et des mangroves s’avère varier fortement d’une AMP à l’autre
(Failler et al., 2018). Il semble que les pressions croissantes sur ces AMP
dépassent leur capacité d’intervention.
Malgré le constat de l’insuffisance des capacités de gestion au regard des
menaces, l’identification de certaines opportunités des AMP de la région permet
d’atténuer le pessimisme de celui-ci. D’après les gestionnaires, la principale
opportunité est avant tout la richesse écologique de la sous-région. Les AMP de
la sous-région induisent, de plus, selon eux, des effets positifs vis-à-vis de
l’environnement à l’intérieur de leurs frontières (Galetti et Chaboud, 2015 ;
Sadio et al., 2015). L’éco-tourisme raisonné – de l’avis des gestionnaires –
pourrait, de surcroît, impulser un renforcement des capacités locales (Joyeux et
al., 2010a), en s’affirmant comme un moyen alternatif de générer des revenus et
de permettre dès lors aux populations de se prémunir, voire de s’affranchir de
certaines menaces. Constituée d’organisations non gouvernementales appuyées
par plusieurs organismes de protection de l’environnement (RAMPAO, PRCM,
Wetland International, etc.), de centres de recherches nationaux et de projets et de
programmes d’appui financés par la coopération internationale, la communauté
dévolue à la conservation constitue un levier déterminant pour l’amélioration de

Mondes en Développement Vol.47-2019/3-n°187


Menaces sur les aires marines protégées en Afrique de l’Ouest 149

la condition des AMP en Afrique de l’Ouest (PRCM, 2012). Ce canal pourrait


être emprunté pour améliorer globalement l’efficacité des mesures de gestion
des AMP en accordant plus d’attention à la rigueur de la planification, à
l’environnement institutionnel et politique, de même qu’à l’engagement des
populations locales (Féral, 2007). Cela présenterait, de plus, l’intérêt de pouvoir
réaliser des actions de grande envergure afin de pouvoir conserver la capacité de
résilience des écosystèmes des AMP (Bonnin et al., 2015).

CONCLUSION

D’après les gestionnaires interrogés, la pêche non contrôlée constitue la


principale menace pesant sur les AMP du littoral ouest-africain. L’érosion, la
pollution, la surexploitation des ressources naturelles terrestres (coupes de bois,
essentiellement) et les changements climatiques complètent l’inventaire des
menaces les plus importantes identifiées par les gestionnaires des AMP du
réseau. Leur caractère récurrent pose la question de l’efficacité des mesures de
gestion mises en œuvre pour les contenir et les contrer depuis plusieurs années.
Ce que les études successives d’évaluation de l’efficacité de la gestion des AMP
soulignent depuis le début de la décennie en cours.
Orientées vers la pêche non contrôlée et la surexploitation des ressources
biologiques hors pêche, les mesures de gestion délaissent l’érosion, la pollution
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et les changements climatiques, malgré l’importance de leurs impacts. Leur
distribution, en fonction des phénomènes à contrecarrer, est donc incomplète
et déséquilibrée. Les mesures se limitent, en outre, à des actions de suivi, de
surveillance et de sensibilisation. Faciles à mettre en place, celles-ci
s’apparentent davantage au fonctionnement élémentaire des AMP plutôt qu’à
des actions adaptées à la situation actuelle qui requiert un effort bien plus
soutenu et coordonné à l’échelle du réseau pour conserver la capacité de
résilience des écosystèmes face aux changements climatiques. Dès lors, des
mesures davantage axées sur la nature des menaces, ainsi que des actions de
réhabilitation des écosystèmes ciblées sur ces menaces identifiées devraient
venir compléter la palette d’action des gestionnaires.

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© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 21/03/2024 sur www.cairn.info (IP: 41.82.171.197)

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Common questions

Alimenté par l’IA

Tools like IMET and RAPPAM help assess management effectiveness, providing a framework for understanding and improving management strategies. IMET, a more flexible and perception-aligned tool compared to RAPPAM, aids in analyzing the entire management cycle, thereby facilitating informed decision-making and prioritization of threats. However, their impact is limited by the number of sites they have been applied to .

Current management interventions are largely ineffective in addressing climate change as they focus on more easily tackled issues, neglecting significant threats. The lack of specific studies and continuous monitoring exacerbates this disparity. Consequently, impacts such as erosion, desertification, and invasive species remain inadequately managed, highlighting a critical gap in climate change mitigation strategies .

Stakeholder perceptions heavily influence the hierarchy of threats due to subjective biases, leading to varied prioritization based on geographical and personal factors. This subjectivity can result in the underestimation of less visible threats like pollution while overemphasizing more immediately apparent issues, potentially skewing management priorities and strategies .

The primary anthropogenic threats to marine protected areas in West Africa include uncontrolled fishing, overexploitation of terrestrial resources, pollution, agriculture, and industrial activities. Uncontrolled fishing, which affects 86% of MPAs, often involves illegal practices not on the authorized list and is driven by the need for animal protein by the coastal population. This exploitation leads to resource depletion, negatively impacting the ecosystem's sustainability. Other threats include deforestation of mangroves for domestic use, exacerbating habitat loss and biodiversity decline .

The historical deficit in precipitation, especially during the 1970s-1980s, induced desertification and altered ecosystem structures by reducing vegetated areas like forests and mangroves. This led to increased salinization, loss of habitat, and biodiversity within MPAs, challenging their ecological integrity and resilience .

The focus on combating uncontrolled fishing is due to its prevalence and impact on meeting nutritional needs, as 70% of West Africa's population lives near the coast and relies heavily on marine resources. This prioritization, however, diverts attention from other significant threats such as climate change, erosion, and pollution, which are not adequately managed. Consequently, these threats continue to pose severe risks to the MPAs, as they do not receive sufficient resources and attention for effective mitigation .

Pollution significantly degrades MPAs through domestic and industrial waste, including macro- and micro-plastics, yet remains under-addressed due to limited resources and focus on more immediate threats like uncontrolled fishing. The diffuse nature of pollution and inadequate measures complicate its management despite its high occurrence and impact .

The lack of continuous monitoring for threats such as habitat loss and pollution results in poor understanding of their extent and severity, leading to insufficient management responses. This gap inhibits the ability of MPAs to proactively adapt and implement effective conservation strategies, thereby allowing these threats to persist and exacerbate ecosystem degradation .

Integrating local ecological knowledge into management strategies is challenged by subjective biases and the non-quantitative nature of this knowledge. Perceptions of threats vary based on geographical position and personal opinions of stakeholders. This inconsistency complicates decision-making and prioritization of threats, affecting the effectiveness of MPA governance .

Salinization, exacerbated by reduced freshwater inflows due to dams and reduced rainfall, alters ecosystems by increasing soil and water salinity. This change negatively affects mangrove ecosystems, leading to habitat degradation and loss of biodiversity. Attempts to address this include mangrove reforestation, which has been insufficient in counteracting the extensive salinization advancements .

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