Réussir son BUT GEA
Semestre 2 – Ressources Humaines
SEMESTRE 2 – RESSOURCES HUMAINES
Fiche 3 : Évaluation des Risques Professionnels (ERP)
1) Les enjeux de l’évaluation des risques professionnels
La prévention des risques professionnels consiste à éviter un accident ou une maladie
d’origine professionnelle.
Lorsqu’un risque ne peut pas être évité, son objectif sera de mettre en place des mesures pour
en limiter les conséquences sur la sécurité et la santé des salariés.
Exemple : Métier en contact avec des produits chimiques, avec la mise en place de matériel
spécifique pour limiter les risques.
A) Enjeux économiques et financiers
Un des enjeux de la prévention est de diminuer les couts liés aux accidents du travail (AT) et
aux maladies professionnelles (MP). On distingue deux types de coûts :
- Les coûts directs comprennent tout ce qui est lié aux frais médicaux (hospitalisation,
rééducation…) et les indemnités journalières de la sécurité sociale (lorsque le salarié
est arrêté chez lui). Toutefois, il y a 3 jours de carence pour les arrêts non dus à
l’activité professionnelle (la sécurité sociale ne paye pas si l’arrêt est de 3 jours ou
moins, afin d’éviter les arrêts dits de « confort »). Si l’accident est d’origine
professionnelle, l’entreprise versera le salaire pendant ces jours de carence. Le taux
de cotisation des entreprises augmente en fonction du nombre d’AT et de MP (plus
l’entreprise fait de la prévention, moins elle devrait normalement verser de
cotisations). En France, les AT et le MP (de causes professionnelles) représentent 45
millions de journées de travail perdues par an.
- Les coûts indirects comprennent le coût de remplacement du salarié (recrutement),
le coût éventuel de remplacement du matériel (si l’AT a provoqué la casse de matériel),
le coût administratif, le coût lié à la perte de production, ou encore le coût
psychologique pour les autres salariés.
B) Enjeux juridiques
En France, l’employeur est responsable de la sécurité et de la santé de ses employés sur le
temps de travail, sur le plan civil (versement d’un capital ou d’une rente) et pénal (prison,
amende). L’employeur peut être condamné pour avoir mis en danger ses salariés, même s’il
n’y a pas eu d’accident.
Le Document Unique, qui recense tous les risques professionnels et les mesures préventives,
doit être rédigé chaque année. De plus, l’employeur doit former ses salariés dans les
compétences qui leur sont attribuées, et leur fournir le matériel de protection obligatoire (les
sanctions sont proportionnelles au contexte).
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C) Enjeu humain
Enjeu le plus important, qui est de préserver la santé des salariés et leur bien-être au travail.
Il regroupe donc les conditions de travail et la santé des salariés.
La prévention des risques consiste à éviter un accident ou une maladie professionnelle.
Lorsqu’un risque ne peut pas être évité, l’employeur doit mettre en place des mesures dont
le but sera de limiter les conséquences de ce risque sur la sécurité des employés.
2) La méthode d’évaluation des risques professionnels
5 étapes sont à respecter :
- Préparation de l’évaluation (réunir une équipe projet afin de répartir les rôles, et
choisir la méthode d’évaluation des risques).
- Identification des risques auxquels sont confrontés les salariés (observer les employés
sur le terrain et leur poser des questions, se renseigner sur Internet sur les produits
chimiques ou autres utilisés…).
- Classement des risques : le but est de mettre en avant les risques à traiter en priorité
(dus à leur gravité potentielle, et à la fréquence avec laquelle ces risques se
produisent).
- Mise en place des mesures préventives : ces mesures peuvent être collectives (le plus
souvent), individuelles, techniques (matériel, formation) ou encore organisationnelles
(rotation de poste pour éviter qu’une seule personne soit soumise à ce risque). Les
mesures collectives sont privilégiés.
Exemple : Isolation phonique.
- Évaluation des mesures mises en place : l’année suivant leur mise en place, il faut
vérifier si ces mesures ont été efficaces pour les corriger si besoin.
3) Les familles de risques
A) Contraintes psychologiques
Risques que l’employeur doit traiter de la même manière que tous les autres risques. Il a les
mêmes responsabilités civiles et pénales (il peut aller au tribunal et en prison pour un risque
psychosocial non traité).
Un risque psychosocial est un risque lié à un environnement au travail qui va générer du stress
de manière anormale.
Exemple : charge de travail trop lourde, mauvaise organisation, harcèlement moral ou sexuel
au travail, violences physiques ou verbales de la part des collègues ou des clients…
Ces risques sont actuellement très médiatisées. De plus, on a globalement aujourd'hui plus
de stress au travail que ce n’était le cas il y a 50 ans, et donc plus de pathologies (mentales et
cardio-vasculaires) liées au stress. Cela s’explique par les nouvelles organisations du travail :
- Flux tendu : on se fixe avec la demande, on limite donc les stocks et les délais de
production sont raccourcis (plus de pression).
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- Chaines de production (Taylorisme, Fordisme…), dont souffrent plus les ouvriers.
- Nouvelles technologies, dont souffrent plus les cadres, qui sont toujours connectés au
travail et ensevelis d’informations (droit à la déconnexion).
Pour prévenir les pathologies mentales (anxiété, dépression, burn-out), certaines entreprises
ont recours à la formation pour prendre du recul sur l’importance de son travail, et mettent
en place un soutien psychologique (que les gens ont plus de mal à accepter), ou encore des
activités internes à l’entreprise.
B) Risques biologiques
Les risques biologiques viennent du fait que l’on soit contaminé par des agents biologiques
(bactéries, virus, parasites, champignons, toxines…). Certains sont inoffensifs, d’autres vont
être pathogènes.
Plus de 15 % des travailleurs sont concernés par ces risques biologiques. Les principaux
secteurs concernés sont :
- Santé (médical, maisons de retraite…).
- Traitement de l’eau et des déchets.
- Laboratoires de recherche.
- Métiers au contact d’animaux vivants ou morts (abattoirs).
- Agriculteurs et horticulteurs, qui sont au contact d’éléments qui véhiculent beaucoup
d’agents biologiques.
- Services à la personne.
On analyse la chaine de transmission, c'est-à-dire la chaine de contamination. On va d’abord
analyser la source qui a l’agent biologique, appelé le "réservoir". Ensuite, on va étudier le
mode de transmission. Cette transmission peut être due à une ingestion (salive), à une
l’inhalation (respiration), par voie oculaire, par voie cutanée... Enfin, on regarde par quel
moyen le salarié est contaminé.
On peut grâce à cette analyse mettre en place les actions pour éviter cette contamination.
Exemple : Masques pour éviter l’ingestion ou l’inhalation, gants pour voie cutanée, gestes
barrières Covid, formation…
C) Risques chimiques
On ne risque pas d’être contaminé mais intoxiqué. L’intoxication peut être aigue, ou
chronique :
- Aigue : contact bref avec un produit dangereux.
- Chronique : contact répété avec un produit dangereux.
On a aussi les risques d’explosion (deux produits chimiques entrant en contact), de brulures…
Les substances concernées sont : les colles, résines, dégraissants, colorants, peintures,
pesticides…
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Les métiers concernés sont : la plupart des secteurs d’activité, mais en particulier la
métallurgie, la chimie, la construction, l’automobile…
Les mesures préventives vont être :
- On remplace les produits par un autre, moins toxique (on ne peut pas toujours).
- On regarde ensuite par quel biais la personne s’intoxique (même biais que pour les
risques biologiques).
- On met en place des réponses adaptées au mode d’intoxication (ex : masques,
lunettes, combinaisons intégrales…) et on essaye de limiter le nombre de personnes
ayant accès à ce produit.
- On forme les salariés : savoir manipuler et mélanger les produits, les stocker (le
stockage des produits chimiques étant très réglementé).
Les risques chimiques ne concernent pas que les produits chimiques.
Exemple : La poussière de bois ou de cuir sont concernés.
D) Risques liés aux phénomènes physiques
1. Le bruit
Un bruit peut être continu, et intense (s’il dépasse 85 décibels). En France, plus de 3 millions
de personnes sont exposées quotidiennement à des bruits intenses sur leur lieu de travail. Les
entreprises doivent évaluer l’exposition de leurs salariés au bruit : son intensité et le temps
d’exposition.
Remarque : Être exposé pendant 8 heures à 85 décibels (tondeuse, tronçonneuse) équivaut à
être exposé à 89 décibels pendant 1 heure.
Les entreprises doivent doit agir pour y remédier :
- Sur les chantiers extérieurs, on équipe les salariés avec des casques ou des bouchons
qui sont moulés à la forme de l’oreille et on limite le temps d’exposition avec une
rotation des équipes.
- Sur les chantiers intérieurs, on a plus de possibilités (rabaisser les plafonds, isoler…).
Les salariés exposés disposent d’un suivi de leur audition avec le médecin du travail.
2. Les températures extrêmes
Les personnes exposées à de très fortes températures sont appelées les "hauts-fourneaux"
(les cuisiniers, les BTP…).
Les températures très élevées causent plus d’accidents, de maux de têtes et vertiges (qui
peuvent annoncer des hyperthermies notamment).
Concernant le froid, on retrouve les personnes travaillant dans des chambres froides
(agroalimentaire, logistique…), le BTP et les agriculteurs. Les intempéries viennent s’ajouter
au froid (humidité).
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Le froid cause lui aussi plus d’accidents (glissades, engourdissements…), plus de blessures,
risque d’hypothermie…
Des techniques sont mises en place, notamment les Algeco (petits mobil homes équipés de
clim et d’eau froide, où les salariés doivent aller régulièrement).
3. Les vibrations
Les vibrations peuvent porter sur un membre, ou sur l’ensemble du corps.
Exemple : Ponceuse, marteaupiquer…
À long terme, cela cause des pathologies sévères, notamment le "syndrome du bras", ou
encore des déformations du dos. Ce sont des troubles musculosquelettiques.
Là-aussi, la réglementation oblige à évaluer le temps d’exposition et l’intensité d’exposition,
et elle fixe des limites.
Pour les mesures préventives, on retrouve à nouveau un suivi médical renforcé, on peut
réduire les vibrations avec des outils de meilleure qualité (ce n’est pas toujours possible), on
met en place une rotation des postes pour limiter le temps d’exposition.
4. La pression
Certains ouvriers travaillent sous l’eau (plongeurs), ce qui peut causer des pathologies graves.
Exemple : Œdèmes, troubles du cerveau…
Pour éviter cela, la réglementation exige de limiter l’exposition aux milieux hyperbares, et de
respecter des paliers.
Les mêmes règles s’appliquent pour la haute altitude.
5. Les rayonnements
Certains rayonnements ne sont pas dangereux, d’autres oui (la radioactivité notamment).
Pour limiter l’exposition, des seuils à ne pas dépasser sont fixés (20 millisievert, MSV).
On retrouve les rayonnements dans la santé (radios), dans le nucléaire, ou encore dans
l’agroalimentaire.
6. L’électricité
Ce risque est assez bien maitrisé : on observe peu d’accidents du travail d’origine électrique,
grâce à la réglementation, mais ils sont en général lourds de conséquences (une dizaine de
morts par an).
En effet, il faut une formation pour pouvoir manipuler, et il existe du matériel isolant
obligatoire (chaussures de sécurité).
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E) Risques liés à l’activité physique
Les contraintes sont :
- La répétition des gestes (qui causent de troubles musculosquelettique).
- Les positions de travail (mauvaise en salle de classe, plombier qui avoir de mauvaises
postures…).
- Les efforts prolongés (BTP).
- Port de charge.
Les conséquences sont la fatigue, les douleurs, les lumbagos, les chutes, les troubles
musculosquelettiques…
De nombreux secteurs d’activité sont touchés, en particulier le BTP.
Pour limiter ces risques, on forme les salariés aux gestes et postures, on adapte les postes de
travail (bureau amovible), on met en place des aides à la manutention… On peut également
réduire les risques et embaucher plus de personnel pour cela, mais c’est rarement le cas.
Aussi, le matériel va être adapté.
Exemple : Sacs de ciments moins lourds, tapis roulants en caisse, codes barre détachables des
produits lourds en magasin…
F) Risques liés aux déplacements
Les déplacements peuvent être à pied, en hauteur, sur un vélo… Il y a des risques de se faire
écraser par un véhicule, de chuter…
Les conséquences sont très variables et peuvent aller jusqu’au décès.
Les mesures mises en place sont le permis, la formation, des plans de circulation (qui est
obligatoire dans certains établissements)…
G) Risques liés aux équipements de travail
En France, 8% des accidents du travail avec arrêt sont liés à l’équipement.
Les causes sont souvent les mêmes :
- Problème de conception.
- Machine utilisée de manière inadaptée (problème de formation).
- Machine utilisée pour une tâche qui n’est pas prévue (pour gagner du temps).
- Machine utilisée par un intérimaire ou un travailleur temporaire, qui est donc moins
formé que les autres salariés.
- Intervention pendant le fonctionnement de la machine (pour gagner du temps). Le
problème vient alors de l’organisation du travail, qui impose de réduire les délais.